Vous êtes sur la page 1sur 14

les réseaux ATM

Introduction
Le fonctionnement logique de la connexion
La théorie : le VCN
L'application pratique : VPI, VCI
La gestion du VCN par les switchs sur un exemple
Quelques remarques et un peu de vocabulaire pour conclure
L'établissement de la connexion
Le format des adresses ATM
Les interfaces
ILMI
Q2931 UNI signaling
La couche physique
Le layer ATM
La cellule ATM
L'AAL (ATM Adaptation Layer)
Interfaçage avec les couches de haut niveau en LAN : MPOA et LANE
MPOA (Multiple Protocol Over ATM) ou Classical IP
LANE (LAN Emulation)
Un beau dessin repompé sur la page de Uce pour résumer tout ça et bien situer les différentes
couches en LANE
Pour en savoir plus...
Petit lexique
Première partie : les bases du réseau, application aux réseaux ethernet/IP
Contacter l'auteur

Introduction
Le protocole ATM est né de l'idée que les réseaux destinés à la transmission de la voix (réseau
téléphonique), de la video (réseau cablé), et des données (jusqu'alors dominé par le système BISDN
pour Broadband Integrated Services over Digital Network) devaient fusionner et n'utiliser plus
qu'un réseau de câbles commun, ainsi qu'un protocole commun. Les caractéristiques du protocole
reflètent les objectifs alors visés par le forum ATM : le protocole ATM s'appuie sur la notion de
circuit virtuel, ce qui constitue un compromis entre des protocoles basés sur des circuits physiques
comme ISDN, et ceux basés sur des paquets envoyés sans qu'une connexion soit préalablement
établie (Switched Virtual Connexion) comme ethernet.

Bref, le protocole ATM est orienté connexion, ce qui signifie que deux machines qui veulent
communiquer commencent par établir une connexion avant d'envoyer leurs données, avec un risque
minimal de pertes de celles-ci, et une efficacité maximale pour leur traitement, ce qui permet
notament d'avoir une garantie sur le temps maximal qu'un paquet passera dans un switch. D'autre
part, l'ATM utilise des petits paquets (appellés cellules) de 48 octets de données et 5 d'en-tête, soit
53 octets.

Le fonctionnement logique de la connexion


La théorie : le VCN

Commençons par détailler le fonctionnement d'une connexion déjà établie entre deux machines.
Entre deux interfaces réseau, une connexion (appelée VC pour Virtual Circuit dans la terminologie
usuelle), est identifiée par un nombre, le VCN (Virtual Connection Number). Le VCN est le même
pour les deux interfaces, et restera le même tant que la connexion sera établie . Il peut cependant
changer à la traversée d'un switch. En clair :

Le numéro de connexion virtuelle (VCN)

L'application pratique : VPI, VCI

Bon, maintenant, dans la vraie vie, c'est un micropoil plus compliqué, sinon, c'est pas drôle : le
VCN se décompose en deux autres nombres : ses bits de poids fort composent le VPI (Virtual Path
Identifier), et ses bits de poids faible le VCI (Virtual Channel Identifier). Cette décomposition
permet d'obtenir une couche logique supplémentaire, qui peut s'avérer utile. On pourrait par
exemple attribuer un VPI a la Video, un autre aux transferts de données, et un troisième à la
téléphonie. Ou encore, on pourrait attribuer un VPI à un pays, un autre à un second pays, etc. Il
existe des switchs ATM qui ne routent qu'au niveau du VPI sans se soucier du VCI. Ils sont utilisés
en WAN pour leur efficacité, mais n'ont absolument aucun intérêt en LAN.

La décomposition logique VPI/VCI

La gestion du VCN par les switchs sur un exemple

Voici un exemple de ce que pourraient être les connexions passant à travers un switch ATM :
Exemple de connexions traversant un switch ATM

Le switch tient à jour, pour chaque port, une table qui associe à chaque VCN source un port et un
VCN destinations. Ceux qui n'en déduisent pas immédiatement qu'il est possible d'utiliser le même
VCN sur plusieurs ports différents se voient immédiatement et irrévocablement attribuer un point
Gunther ;=)

Dans notre exemple, cette table aurait l'aspect suivant pour le port 1 :

VPI source VCI source Port destination VPI destination VCI destination
2 4 12 15
6
42 3 6 42
30 3 2 48
42
150 3 6 203

VCN Swapping

Quelques remarques et un peu de vocabulaire pour conclure

 Un VC est bidirectionnel, ce qui signifie qu'il peut servir à transmettre des données dans les
deux sens. Il est donc inutile d'utiliser deux VCN pour transmettre des données dans les
deux sens.
 Le VCN est normalement stocké sur 3 octets : 1 pour le VPI, et 2 pour le VCI.
 Il existe deux types de VCs : les PVC (Permanent VC), qui sont établis en permanence entre
deux entités ATM, et les SVC (Switched VC), qui sont établies en live quand c'est
nécessaire.
 Les VCIs 0 à 31 sont réservés. Ils sont utilisés par l'ATM pour les besoins de l'ILMI, du
Q2931, etc.
 La suite de VCIs impliqués dans la connexion d'un utilisateur terminal à un autre est appelée
VCC (Virtual Channel Connection).
 La suite de VPIs impliquée dans la connexion d'un utilisateur terminal à un autre est appelée
VPC (Virtual Path Connection).

L'établissement de la connexion
Les adresses ATM ne sont utilisées que pour établir une connexion. Une fois cette opération
effectuée, les cellules ne comportent même plus l'adresse ATM destination et ne s'appuient que sur
les VPI/VCI pour arriver à destination.

Le format des adresses ATM

Une adresse ATM comprend 20 octets organisés de manière hiérarchique. Le premier octet est
appelé AFI et indique à quel sous-format d'adresse l'adresse ATM appartient. Il peut prendre les
valeurs suivantes :
 39 pour le format DCC (Data Country Code, qui est alloué pays par pays)
 45 pour le format E-164 (correspond à un numéro ISDN ou de téléphone)
 47 pour le format ICD (International Code Designator, qui correspond à une organisation),
qui est le format par défaut chez 3com

Les 8 octets suivants sont constitués de champs spécifiques à l'AFI. Viennent ensuite deux octets
appelés RD (Route Domain : la situation géographique de l'interface sur le réseau), et deux octets
AREA (un sous-ensemble du RD). Ces 13 octets constituent ce qui est appelé le Network Prefix de
l'adresse ATM, il est spécifique à la partie du réseau où se trouve l'interface ATM et choisi par
l'administrateur système.

Les 6 octets suivants (ESI pour End Station Identifier) identifient de manière unique l'interface
réseau (ils sont comparables à l'adresse MAC des cartes ethernet). Enfin, le dernier octet est appelé
sélecteur, son rôle n'a pas encore été défini par le forum ATM. Ces 7 octets constituent ce que l'on
appelle la User Part de l'adresse ATM, elle identifie l'interface de manière unique.

Les interfaces

L'ATM distingue deux protocoles de communication : le premier est destiné aux échanges entre
deux noeuds du réseau (ie : entre deux switchs) et est appelé NNI (Network to Network Interface),
le second régit les échanges entre les noeuds du réseau et ses extrêmités (ordinateurs, switchs
ethernet, routeurs, ...) et est appelé UNI (User to Network Interface). Le protocole UNI est lui-
même composé de deux sous-protocoles : le Public UNI, destiné à relier une station au réseau d'un
fournisseur d'accès, et le Private UNI, dont la vocation est de servir en interne dans un réseau
d'entreprise.
ILMI (Interim Local Management Interface)

Ce protocole permet à une interface de s'enregistrer auprès du switch auquel elle est reliée. Il
s'appuie sur l'UNI. Comme l'indique son nom, il a été développé en attendant mieux... Il utilise en
principe le VCN 0:16 (ie VPI=0, VCI=16), bien que cette caractéristique soit configurable sur
certains équipements.

Lorsque l'interface s'initialise, elle envoie un message au switch en lui demandant l'adresse de
réseau, elle reçoit à son tour un message du switch indiquant cette adresse, et envoie à son tour un
message contenant l'adresse ATM complète de l'interface. Les informations ainsi obtenues par le
switch sont inscrites dans sa MIB, et elles se propagent de switch en switch par SNMP quand c'est
nécessaire.

Q2931 UNI signaling

Le rôle de ce protocole, qui s'appuie lui aussi sur l'UNI, est de premettre l'établissement d'une
connexion entre deux utilisateurs terminaux du réseau, lorsque aucun PVC n'a été attribué à cette
connexion. Il permet de mettre en place des connexions point à point ou point à multi-point. Il
permet également de négocier certains paramètres de la qualité de service comme la bande passante
attribuée à la connexion et un taux maximal de pertes de cellules. Enfin, il permet de terminer une
connexion.

Pour établir une connexion, un utilisateur terminal commence par envoyer une requête "Setup",
qui est propagée jusqu'à l'utilisateur destinataire. En cas de succès de l'opération, le réseau retourne
à l'instigateur de la connexion le VCN alloué dès son premier message de réponse, qui est soit un
"Call proceeding", soit un "Connect". En cas d'échec, c'est un "Release complete" qui parvient à
l'utilisateur à l'origine de la demande de connexion. L'utilisateur destinataire, quant à lui, reçoit un
message "Setup". Il répond alors, s'il peut accepter la connexion, un message "Connect", qui peut
éventuellement être précédé d'un "Call proceeding". Dans le cas contraire, il renvoie un "Release
complete".

La couche physique
ATM est un protocole couvrant les niveaux 2 à 4, bien qu'il puisse également dans certains cas
couvrir les niveaux 1 et 5. Il est également parfois utilisé comme simple protocole de niveau 2.
ATM n'impose donc théoriquement pas de protocole physique. Le forum ATM a cependant suggéré
différents moyens d'acheminer le signal ATM d'un point à un autre. Le protocole physique n'est
donc que brièvement évoqué ici.
 Le système TAXI consiste à séparer les signaux en groupes de 4 bits et à les envoyer sous
forme de trains de données de 5 bits dont un de synchronisation. Il offre un débit de 100
Mbps, mais est très peu utilisé. Il a servi de solution à court terme en attendant mieux.
 La méthode 25.6 Mbps twisted pair est également peu répandue et offre, comme son nom
l'indique, un débit de 25.6 Mbps.
 La solution la plus répandue est l'utilisation du protocole SONET (Synchronous Optical
NETwork) qui offre les débits suivants : 51.85 Mbps pour l'OC1, 3*51.85=155.52 Mbps
pour l'OC3, 12*51.85=622.08 Mbps pour l'OC12, 48*51.85=2.5 Gbps pour l'OC48, et
192*51.85=10 Gbps pour l'OC192.

L'ATM suppose simplement qu'il a en-dessous de lui un protocole physique qui fonctionne
convenablement pour acheminer ses cellules.
Le layer ATM
La cellule ATM

La cellule ATM a une taille fixe, ce qui permet de la commuter avec un maximum d'efficacité.
Elle comporte 53 octets (5 d'en-tête et 48 de données).

L'en-tête de la cellule ATM en UNI

Nombre Modifiable par un


Nom Fonction
de bits switch ?
Ces 4 bits sont destinés à faciliter le contrôle de la
Generic congestion, mais leur signification n'a pas encore été précisée
4 Oui
Flow Control par le forum ATM. Un noeud du réseau ATM incapable de
gérer le flow control doit les mettre à 0.
8 VPI VPI Oui
16 VCI VCI Oui
Ces bits donnent diverses informations : sur la nature des
données de la cellule (données utilisateur ou données de
management ATM), sur l'état de congestion du réseau et l'état
des ressources réseau, ainsi que sur la position de la cellule
dans son segment AAL 5 (ce qui sera détaillé plus tard). Ils
peuvent prendre les valeurs suivantes :
 000 données utilisateur, pas de congestion, SDU
(Service Data Unit) type 0
PTI (Payload  001 données utilisateur, pas de congestion, SDU type
3 Type 1 Oui
Indicator)  010 données utilisateur, congestion, SDU type 0
 011 données utilisateur, congestion, SDU type 1
 100 Cellule d'OAM (Operation And Maintenance)
pour SVC
 101 Cellule d'OAM pour PVC
 110 Cellule permettant le contrôle de traffic et la
gestion des ressources

 111 Réservé à un usage futur


Ce bit indique si la cellule doit être conservée de manière Oui au cas ou le VC
CLP (Cell
prioritaire au cas où le switch serait obligé d'en détruire. Il excède la bande
1 Loss
vaut 0 si la cellule doit être conservée, et 1 si elle peut être passante qui lui a été
Priority)
détruite. accordée
HEC Ces 8 bits permettent de détecter une éventuelle erreur de
(Header transmission dans le header. Ils permettent également de
8 Oui
Error corriger une telle erreur si elle porte sur 1 ou 2 bits dans 89%
Control) des cas.
En-tête de la cellule ATM en NNI
L'en-tête de la cellule ATM en NNI

Les champs de cet en-tête sont les mêmes, à la différence près que les quatre bits de GFC sont
supprimés et permettent de stocker le VPI sur 12 bits.

L'AAL (ATM Adaptation Layer)

L'AAL est une interface entre les couches logicielles élevées et le protocole de bas niveau qu'est
la transmission de cellules de 48 octets de données d'un point à l'autre du réseau. Différents types
d'AAL seront donc utilisés en fonction des besoins des couches supérieures.

L'AAL se compose de deux sous-couches : CS (Convergence Sublayer) et SAR (Segmentation


And Reassembly sublayer). La sous-couche la plus haute, CS, gère les temps de transmission, la
détection des cellules perdues et des erreurs de transmission. Pour ce faire, elle encapsule les
paquets de la couche applicative (dits PDUs) dans des CS-PDUs (Protocol Data Unit) de taille
variable et supérieure à celle de la cellule ATM. La sous-couche SAR, quant à elle, permet de
découper ces CS-PDUs pour les implanter dans les cellules ATM de 48 octets de données.

En fonction de la qualité de service nécessaire à la transmission des données, l'un des quatre
différents types d'AAL sera utilisé :

AAL 5
Type d'AAL AAL 1 AAL 2
AAL 3 AAL 4
Délai de transmission
garanti garanti non-garanti non-garanti
maximal
Débit constant variable variable variable
orienté orienté orienté
Mode de connexion sans connexion
connexion connexion connexion

L'AAL 5 regroupe l'AAL 3 et l'AAL 4, et assume leurs fonctions, ces deux AALs étant devenus
légèrement obsolètes.

Un SDU AAL 1 comporte 1 octet d'en-tête AAL.

Un SDU AAL 2 comporte 1 octet d'en-tête AAL et 2 octets de Trailer AAL.

Pour les AAL 3 et 4, le fonctionnement est légèrement différent : la première cellule du PDU
comporte l'en-tête AAL (deux octets), et l'en-tête CS (4 octets), puis viennent les données du PDU.
La dernière cellule du PDU comporte, quant à elle, le trailer AAL (2 octets) à la fin de la cellule,
précédé du trailer CS (4 octets + suffisament de zéros pour que la cellule soit remplie). La fin du
PDU est détéctée en opérant au niveau du layer ATM, à l'aide du dernier bit du Payload Type (un
champ du header de la cellule ATM), qui vaut 1 si la cellule est la dernière du PDU.

En AAL 5, la dernière cellule du PDU se termine par 8 octets de trailer AAL, précédés si
nécessaire de zéros appelés PAD.
Interfaçage avec les couches de haut niveau en LAN : MPOA
et LANE
Les principaux problèmes rencontrés avec l'ATM en LAN sont que l'ATM ne permet pas
d'envoyer des paquets broadcast, ce qui est nécessaire en LAN, et que l'ATM est orienté connexion,
alors que d'autres protocoles avec lesquels il est amené à s'interfacer en LAN comme ethernet sont
des protocoles sans connexion.

Deux solutions ont été mises au point pour contourner ces problèmes : la première est appelée
MPOA et permet de connecter à un réseau IP des machines pourvues de cartes ATM, la seconde
porte le nom de LAN emulation et permet d'interfacer l'ATM avec l'ethernet.

MPOA (Multiple Protocol Over ATM) ou Classical IP

Les différentes stations présentes sur un réseau utilisant Classical IP doivent connaître l'adresse
ATM d'un serveur appelé serveur ARP. Elles établissent une connexion avec lui, et ce serveur, dès
l'établissement de la connexion, leur envoie une requête à laquelle elles répondent en envoyant leur
adresse IP, ce qui permet au serveur de construire une table ARP (table de correspondance adresse
ATM/adresse IP). Ensuite, lorsqu'une machine doit envoyer des paquets à une autre machine, elle
fait une requête ARP auprès du serveur ARP, obtient l'adresse ATM de la machine destination, et
établit une connexion avec elle. Au bout de 20 minutes d'inactivité, le serveur peut effacer une
entrée de sa table si la machine correspondante ne répond pas à une requête In_ATMARP. De
même, les clients mettent à jour une table ARP dans laquelle chaque entrée doit être conservée un
minimum de 15 minutes.

LANE (Lane Emulation)

LANE est un moyen de relier plusieurs équipements ethernet à l'aide d'un réseau ATM. Ce moyen
s'appuie sur le découpage de trames ethernet en cellules ATM, encapsulées en AAL 5.

LEC (LAN Emulation Client), LES (LAN Emulation Server) et BUS (Broadcast and
Unknown Server)

Commençons par le cas d'un réseau ethernet simple ne comportant qu'un unique VLAN. Dans ce
cas, le réseau ATM doit offrir un LES et un BUS. Tout équipement ethernet relié au réseau ATM
comporte alors un LEC, qui, lors de son intialisation, établit avec le LES et le BUS une connexion
qu'il conservera aussi longtemps qu'il le pourra. Ce LEC est l'unique moyen de communication
entre l'équipement ethernet et le réseau ATM. Un exemple typique est celui d'un switch ethernet
pourvu d'un module ATM, qu'il considère simplement comme l'un de ses ports. En général, ce port
sera configuré pour être un port backbone, c'est-à-dire un port sur lequel sont envoyés les paquets
dont l'adresse MAC destination est inconnue du switch. Ainsi, lorsque le switch reçoit un paquet, il
le redirige vers le port concerné si l'adresse MAC destination lui est connue, ou vers le LEC si elle
lui est inconnue. Il est ensuite du ressort du LEC de faire parvenir le paquet à bon port. Un autre
exemple est celui d'une simple station de travail pourvue d'une carte ATM et dont l'administrateur a
décidé pour une raison ou une autre qu'elle utiliserait LANE plutôt que MPOA. Lorsque cette
station doit envoyer un paquet sur le réseau, elle confie celui-ci à son LEC, qui prend la suite des
opérations en charge.

L'un des deux problèmes du LEC est donc le suivant : connaissant une adresse MAC, obtenir
l'adresse ATM du LEC connaissant cette adresse MAC destination. Il suffit ensuite d'établir une
connexion avec cet autre LEC et de lui envoyer le paquet. Le second problème du LEC est de faire
parvenir à tous les LECs (ne pas confondre LECs, qui est le pluriel de LEC, et LECS, dont je
parlerai plus tard) du réseau les paquets dont l'adresse MAC de destination est l'adresse de broadcast
FF:FF:FF:FF:FF:FF.

Pour aider les LECs à mener cette tâche à bien, le réseau ATM doit, comme expliqué plus haut,
fournir un LES et un BUS. Ceux-ci peuvent faire partie d'un switch ATM ou être des équipements
séparés. Lors de son initialisation, chaque LEC établit une connexion avec le LES et s'enregistre
auprès de lui en tant que LEC. Ensuite, lorsqu'un LEC doit faire parvenir un paquet à un autre LEC,
il interroge le LES (au moyen d'une requête ARP) en lui fournissant l'adresse MAC de destination.
Le LES à son tour interroge les LECs et obtient l'adresse ATM du LEC qui connaît cette adresse
MAC, et la renvoie au LEC qui la lui a demandée. Le LEC tient ainsi à jour deux tables : la table
ARP, qui à une adresse MAC, associe une adresse ATM, et la table de connexion, qui a une adresse
MAC, associe un ou deux VCN (selon que ceux-ci sont utilisés ou non de manière bidirectionnelle).

Enfin, lorsque le LEC doit faire parvenir un paquet broadcast ou de multicast à plusieurs autres
LECs, il envoie ce paquet au BUS, qui travaille de concert avec le LES et est donc en mesure de
transmettre le paquet à tous les autres LECs. Comme l'AAL 5 ne permettrait pas de savoir à quel
paquet ethernet appartiennent les différentes cellules que le LEC recevra du BUS, le BUS attend
d'avoir reçu l'intégralité du paquet dans ses buffers avant de l'envoyer au LEC. Ce fonctionnement
permet d'éviter toute confusion entre des paquets broadcast ou multicast en provenance de LECs
différents. Un autre rôle du BUS est de transmettre les paquets unicasts lorsque la connexion entre
deux LECs n'est pas encore établie, c'est-à-dire le temps que la requête ARP soit executée, ce qui
permet de gagner du temps. Ainsi, les premiers paquets qui transitent entre deux LECs passent
d'abord par le BUS, puis, une fois que la connexion a pu être établie, l'échange entre les deux LECs
se fait directement.

Fonctionnement de LANE

Un dernier point à éclaircir est la manière dont les connexions entre le LEC et le LES et le BUS
s'établit. Le LEC a deux moyens de trouver le LES : soit son administrateur lui a donné l'adresse
ATM du LES, soit il utilise le LECS, comme je l'expliquerai au paragraphe suivant. Enfin, lorsqu'il
s'enregistre auprès du LES, celui-ci lui indique l'adresse ATM du BUS.
Le cas du réseau ethernet à plusieurs VLANs

Dans le cas où le réseau ethernet gère plusieurs VLANs, le réseau ATM qui relie les équipements
ethernet doit en général respecter cette topologie. LANE propose donc l'introduction d'une
séparation identique à celle introduite par le VLAN : l'ELAN (Emulated LAN). Chaque VLAN du
réseau ethernet correspond de manière généralement unique à un ELAN du réseau ATM. De même
que des paquets ethernet ne peuvent pas passer d'un VLAN à l'autre, les paquets ATM ne peuvent
pas passer d'un ELAN à l'autre. L'explication précédente concernant LECs, LES, et BUS reste
valable, à la différence près qu'il y a un LES et un BUS par ELAN, et que chaque équipement
ethernet utilise un LEC par ELAN.

Fonctionnement du LECS (LANE Emulation Configuration Server)

Un LECS tient à jour une table qui à un ELAN associe une adresse ATM de LES. Ainsi, les LECs
peuvent contacter le LES en demandant son adresse ATM au LECS. Ce procédé permet d'utiliser
des LES/BUS redondants : en cas de défaillance d'un LES ou du BUS associé, le LECS change de
LES, et les LECs passent donc automatiquement sur un autre LES/BUS.

Le fonctionnement du LECS, du LES et du BUS

Enfin, pour pouvoir contacter le LECS, un LEC tente successivement les trois opérations
suivantes :

 adresser au switch une requête ILMI, ce dernier ayant une entrée de MIB contenant l'adresse
ATM du LECS,
 essayer de joindre une adresse ATM fixe, spécifiée par le forum ATM,
 essayer d'utiliser le PVC de VCN 0:17 (ie VPI=0, VCI=17).

La première de ces trois manières de joindre le LECS offre l'avantage de pouvoir utiliser des
LECS redondants.

LANE 2

Voilà, c'est tout pour le protocole LANE 1, mesdamezémessieurs. Un nouveau protocole devrait
cependant bientôt voir le jour : LANE 2, le retour de la vengeance, qui, lui, permettra de faire de la
Quality of Service, ce qui n'est pas le cas de LANE 1. Ce protocole est d'ailleurs déjà en grande
partie au point, seuls les derniers détails de sa spécification sont encore attendus.

Un beau dessin repompé sur la page de Uce pour résumer tout


ça et bien situer les différentes couches en LANE

Pour en savoir plus...


Les spécifications du protocole ATM sont disponibles gratuitement sur
http://www.atmforum.com.

Petit lexique
25,6 Mbps Twisted Pair

C'est l'un des protocoles physiques utilisables en-dessous de l'ATM.

AFI (Authority Format Identifier)

C'est le premier octet de l'adresse ATM, il indique auquel des trois formats existants appartient ladite adresse. Il fait
partie de la network part.

AREA

C'est l'un des champs de l'adresse ATM, il identifie une sous-région de du RD. Il fait partie de la network part.

AAL (ATM Adaption Layer)

C'est l'interface entre les couches logicielles élevées et le protocole de bas niveau permettant la transmission de
cellules de 48 octets. L'AAL permet notament de gérer la qualité de service.

ATM (Asynchronous Transfer Mode)

BUS (broadcast and Unknown Server)


Serveur destiné à gérer les broadcasts et multicasts ethernet dans le cadre de LANE. C'est également lui qui trnasmet
les trames ethernet entre deux LECs lorsque la connexion entre ceux-ci n'a pas encore été établie.

CLP (Cell Loss Priority)

Bit de la cellule ATM qui indique si la cellule doit être conservée de manière prioritaire en cas de congestion ou non.

DCC (Data Country Code)

C'est l'un des trois formats d'adresses ATM existants. Il est repéré par un AFI égal à 39. Ce format d'adresses ATM est
censé attribuer les adresses en fonction du pays et de la région où l'interface est située.

ESI (End Station Identifier)

C'est le premier champ de la user part de l'adresse ATM.Il est propre à un périphérique donné, c'est l'équivalent des
adresses MAC du protocole ethernet.

E-164

C'est l'un des trois formats d'adresses ATM existants. Il est repéré par un AFI égal à 45. Ce format d'adresses
correspond aux numéros de téléphone et aux numéros ISDN.

GFC (Generic Flow Control)

Les quatre premiers bits de l'en-tête de la cellule ATM en UNI. Ils sont destinés au contrôle de la congestion, mais
leur signification exacte n'a pas encore été précisée par le forum ATM.

HEC (Header Error Control)

Champ de l'en-tête de la cellule ATM destiné à détecter et éventuellement corriger les erreurs de transmission dans ce
header.

ICD

C'est l'un des trois formats d'adresses ATM existants. Il est repéré par un AFI égal à 47. Ce format d'adresses est
hiérarchisé par organisations. C'est le format par défaut sur les équipements 3com.

ILMI (Interim Local Management Interface)

Ce protocole permet à une interface de s'enregistrer auprès du switch auquel elle est reliée. Il s'appuie sur l'UNI.
Comme l'indique son nom, il a été développé en attendant mieux... Il utilise en principe le VCN 0:16 (ie VPI=0,
VCI=16), bien que cette caractéristique soit configurable sur certains équipements.

LAN (Local Area Network)

Ce terme désigne un réseau dont l'extension géographique est peu importante, par opposition au WAN.

LANE (LAN Emulation)

C'est le protocole permettant à des équipements ethernet pourvus d'interfaces ATM d'échanger des données à travers
un réseau ATM.

LEC (LAN Emulation Client)

Interface permettant à un équipement ethernet de connecter son ou ses VLANs à un ELAN d'un réseau ATM.

LECS (LANE Configuration Server)


Serveur indiquant à un LEC l'adresse à laquelle il trouvera le LES.

LES (LAN Emulation Server)

Serveur permettant à un LEC de savoir à quel autre LEC il doit envoyer un paquet ethernet, l'adresse MAC
destination de ce paquet étant donnée.

MIB (Management Information Base)

Structure de données utilisée par le protocole SNMP et dans laquelle sont stockées toutes les informations auxquelles
ce protocole permet d'accéder.

MPOA (Multi Protocol Over ATM)

C'est le protocole permettant d'implémenter le protocole IP au-dessus d'un réseau ATM.

NNI (Network to Network Interface)

C'est le protocole de bas niveau permettant d'acheminer des cellules entre deux noeuds non-extremaux du réseau
ATM. On utilise également le protocole UNI au même niveau logique entre deux noeuds dont l'un est extrêmal.

OAM (Operation And Maintenance)

Processus par lequel les VCNs sont propagés d'un noeud du réseau ATM à l'autre lors de la connexion.

PAD

Octets de bourrage de valeur 0 éventuellement ajoutés au PDU pour que le trailer AAL 5 soit effectivement en fin de
cellule.

PTI (Payload Type Indicator)

Champ de la cellule ATM indiquant la nature des données contenues par la cellule (données de management ou
données utilisateur, indication de congestion, type de SDU ou OAM,...).

PVC (Permanent Virtual Connection)

Connexion établie de manière permanente entre deux noeuds du réseau.

Q2931 UNI signaling

C'est le protocole qui permet d'établir les SVC.

RD (Route Domain)

C'est l'un des champs de l'adresse ATM. Il identifie la région géographique où est située l'interface.

SDU (SAR Data Unit), aussi dit SAR-PDU

Ce sont les 48 octets de données contenus dans une cellule ATM transportant des données utilisateur.

SEL (Selector)

Ce champ est le deuxième et dernier champ de la user part de l'adresse ATM.

SNMP (Simple Network Management Protocol)


Protocole permettant de surveiller et de configurer divers équipements informatiques via le réseau.

SONET (Synchronous Optical NETwork)

C'est le protocole physique le plus courament utilisé en-dessous de l'ATM.

SVC (Switched Virtual Connection)

Connexion établie dynamiquement entre deux utilisateurs terminaux du réseau.

TAXI

L'un des protocoles physiques utilisables en-dessous de l'ATM.

UNI (User to Network Interface)

C'est le protocole de bas niveau permettant d'acheminer des cellules d'un utilisateur terminal du réseau ATM à un
noeud non-extremal de ce réseau. On utilise également le protocole NNI au même niveau.

VC (Virtual Channel)

C'est la connexion entre deux noeuds du réseau ATM, le circuit virtuel par lequel vont transiter les données entre
deux interfaces du réseau ATM.

VCI (Virtual Channel Identifier)

Ce sont les bits de poids faible du VCN.

VCN (Virtual Connection Number)

C'est un nombre composé de deux sous-nombre, le VPI et le VCI. Il identifie un VC de manière unique pour une
interface d'un noeud du réseau ATM donnée.

VP (Virtual Path)

Les liens physiques sont décomposés en Virtual Paths, eux-mêmes décomposés en Virtual Channels. Le triplet lien
physique, Virtual Path, Virtual Channel identifie une connexion de manière unique. Il est repéré par le VCN.

VPI (Virtual Path Identifier)

Ce sont les bits de poids fort du VCN. Ils identifient le VP.

WAN (Wide Area Network)

Ce terme désigne un réseau dont l'extension géographique est importante, par opposition au LAN.