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V -Phénomène d’influence :

Lorsqu'un conducteur est placé dans un champ électrique, la répartition de


charge à sa surface change. On dit alors que le conducteur est influencé par la source
du champ.

1 – Influence partielle :

a – Définition :
Il y’a influence partielle entre deux conducteurs, si le conducteur influencé
n’entoure pas les charges influençantes. Autrement dit, deux conducteurs sont en
influence partielle lorsque les lignes de champ issues d’un conducteur n’arrivent pas
toutes sur l’autre.

b - Cas où le conducteur influencé est isolé (charge constante) :


Considérons un corps conducteur A initialement neutre et seul dans l’espace
(Q = 0, E = 0 et V = 0). Approchons du conducteur A un autre conducteur B chargé
(par exemple positivement). Les charges de B créent au niveau du conducteur A isolé
un champ électrique Eex que nous appelons champ influençant. Sous l’action de Eex ,
les charges mobiles du conducteur isolé vont se déplacer de telle façon que les charges
négatives seront attirées vers la face en regard avec le conducteur B laissant de l’autre
côté des charges positives.

Ligne neutre
L=0
Eex
+ -
- - ++ +
+ -
+ - +
+ -- +
+
+ - - ++
+
+
-

Conducteur B Conducteur A

Une situation d’équilibre électrostatique interviendra finalement quand les


charges superficielles de A se répartiront de façon à créer un champ Eint à l’intérieur

du conducteur A tel que Eex + Eint = 0 .

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Alors les charges du conducteur isolé ne seront soumises à aucune force
résultante et l’on aura bien un équilibre électrostatique.

c – Cas où le conducteur influencé est relié au sol :

Si pendant qu’on approche le


+ --
conducteur chargé B du conducteur isolé A, +
+ --
on met ce dernier en contact avec le sol, les + -
+ --
charges positives seront annulées par les + + - -

électrons provenant du sol (c’est comme si


Conducteur B Conducteur A sol
les charges positives s’écoulaient dans le sol).
Alors le conducteur influencé ne porte plus que des charges négatives, qui
resteront lorsqu’on l’isole de nouveau. On dit qu’il a été chargé par influence.
Lorsque deux conducteurs chargés sont en présence ensemble, ils sont en
influence l’un par rapport à l’autre (à cause des champs qu’ils créent dans leurs
voisinages) on dit qu’ils sont influencés mutuellement.

-
d – Influence d’un conducteur creux - Sext
+ -
+
mis au sol : + -
+ - Si
On considère un conducteur creux A, + -
+ + - -
initialement mis au sol (VA = 0). Si on lui
-
approche un conducteur B, chargé positivement B
sol
A
par exemple, on remarque que le champ
électrique à l’intérieur et dans la cavité est nul et que la surface intérieure ne porte
aucune charge. Il en résulte donc que l’intérieur du conducteur creux est protégé des
actions extérieures : c'est l'effet d’écran.

De ces résultats on peut conclure qu’une cavité électriquement neutre (pas de


charge) est un espace protégé par l’enveloppe conductrice puisque quelque soit le
champ électrique extérieur, le champ dans la cavité est nul. Autrement dit, le
conducteur creux en équilibre agit comme un écran électrostatique, il protège
l’intérieur des champs extérieurs et il peut aussi protéger l’extérieur des champs
intérieurs si la cavité contient des charges.

Décharge
Application : "cage de Faraday"

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La personne située à l'intérieur d'une cage métallique ne ressentira pas les effets
de la décharge, même si le potentiel atteint est très important.
Cage de Faraday

2 – Théorème des éléments correspondants :


Considérons deux
C1 C2
conducteurs C1 et C2 s’influençant +
+ -
mutuellement et soit un tube de champ -
+dS E -
1
partant du conducteur C1 au conducteur
 + 
C2. Il délimite un élément de surface dS1
sur le premier conducteur et dS2 sur le + L dS2
V1>0 -
deuxième (voir figure). + V2<0
+ -
Appliquons le théorème de Gauss
-
à la surface fermée définie par le tube de
champ de surface latérale L et les surfaces 1, 2 s’appuyant respectivement sur dS1 et
dS2 et plongeant à l’intérieur des deux conducteurs.
Le flux à travers cette surface fermée est nul, puisque le champ E est tangent
au tube de champ et le champ à l’intérieur des deux surfaces 1 et 2 est nul (propriété
d’un conducteur en équilibre) :

  
EdS   EdS   EdS   EdS  0
1 2 L

q q q on a donc q1 = - q2
 int  1  2
o o o
où q1 est la charge totale contenue sur la surface dS1 et q2 la charge contenue sur la
surface correspondante dS2.

Théorème :
Les charges électriques portées par deux éléments correspondants sont égales
et de signes contraires.

3 - influence totale :
Deux conducteurs sont en influence totale si l’influencé entour l’influençant
c'est-à-dire que l’influencé est un conducteur creux. Dans ce type d’influence, toutes

3
les lignes de champ issues d’un conducteur arrivent complètement sur l’autre
conducteur.
a) Répartition des charges sur les conducteurs :
QB
) Cas où A est initialement neutre :
Considérons deux conducteur A et B, A est creux et
QB
QB
initialement neutre (QA = 0) et B est chargé, porte la charge QB et
BB
placé dans la cavité de A.
On a influence totale, il apparaît sur la surface intérieure du A
int
conducteur A une charge Q A égale et de signe contraire à la charge
A  QB et sur la surface extérieure du conducteur A il y a la
QB, c'est-à-dire Qint
charge extérieure Qext
A . Comme le conducteur A est isolé et initialement neutre QA = 0

A + Q A d’où QA  QA  QB
= Qint ext ext int

b) Cas où le conducteur A est relié au sol :


Le conducteur B porte la charge QB et le conducteur A
porte les charges Qint ext
A et Q A .
Puisque on a influence totale (théorème des éléments QB
Q
correspondant) on a Qint A  QB et puisque le conducteur A est
B

BB
relié au sol Qext A  0 . Dans ce cas le champ électrique à
l’extérieur est nul car d’après le théorème de Gauss le flux total
à travers une surface fermée passant par le point où on veut A
Q  Qint Q  ( Q B )
calculer le champ est nul :   B A
 B  0.
o o
Dans le conducteur A le champ est nul alors que dans la cavité le champ est
différent de zéro. On dit dans ce cas que l’extérieur est protégé des action de l’intérieur
est inversement.

VI Condensateur :
a – Définition :
On appelle condensateur tout système de deux conducteurs en influence
électrostatique. Il y a deux sortes de condensateurs :
- à armatures rapprochées
- à influence totale

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Armatures rapprochées à influence totale

Remarque :
En général, les deux armatures sont séparées par un matériau isolant (un
diélectrique), ce qui a pour effet d’accroître la capacité du condensateur. Dans ce qui
suit on suppose que cet isolant est le vide. Les expressions que nous allons obtenir
restent valable pour toutes autre condensateur à diélectrique quelconque en remplaçant
la permittivité du vide  O par celle du matériau considéré  .

b -Capacité d’un condensateur .


Soient donc deux conducteurs (A1) et (A2) portant les charges totales Q1
et Q2 et ayant les potentiels V1 et V2.
Par convention, la capacité C du condensateur est définie par le rapport de sa charge Q
et sa tension V1 - V2 entre les armatures de la façon suivante :
Q
C
V1  V2

c -Exemple de calcul de capacité de quelques condensateurs électriques :


 -Condensateur cylindrique :
Considérons un condensateur dans les
armatures sont deux cylindres coaxiaux, très longs, de rayons
R1 et R2 ( rayon interne et rayon externe ) très petits devant
leur longueur l.
Si on applique une différence de potentielle positive
(V1-V2) entre les deux armatures
( V1 étant le potentiel de l’armature interne et V2 le potentiel
de l’armature externe).
L’armature portée au potentiel supérieur V1 se charge

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positivement ave une charge Q repartie sur sa surface, et la surface interne de
l’armature externe se charge négativement avec une charge –Q.
Pour déterminer la capacité du condensateur, il faut exprimer la différence de
potentiel (V1-V2), en fonction de la charge Q. La capacité sera donc déterminée par le
Q
rapport : C  .
V1  V2
1 1
Or la différence de potentiel V1  V2   dV    Edr où E est le champ électrique
2 2

dans l’espace entre les deux armatures.


Le champ E se calcule par application du théorème de Gauss en choisissant
comme surface de Gauss  , une surface cylindrique d’axe Z’Z, de rayon r et de
hauteur h.
En effet, d’après la symétrie de la distribution des charges, les lignes de champs
(loin des bords) sont radiales, donc le champ est parallèle au vecteur normal à la
surface latérale SL de ce cylindre et orthogonal aux vecteurs normaux des surfaces de
bases Sb1 et Sb2.
Le flux du champ à travers la surface  est :

  SL
E.dS= E.SL = 2rhE

D’autre part, la charge Qint située à l’intérieur de  est :


R2
Q h Q dr
Qint = 2  hR1  = 2  hR1
2 lR 1
=Q
l
Alors : V1 – V2 =
2 l o 
R1
r

Q R 2 l o
V1 – V2 = ln 2 d’où C=
2 l o R1 R
ln 2
R1

 -Condensateur sphérique :
Soit un condensateur constitué de deux
armatures sphériques de même centre O, de rayons
respectifs R1 et R2, (R2 > R1), séparées par un vide. Par le
théorème de Gauss, le champ électrostatique en un point M
situé à un rayon r entre les deux armatures vaut:
 Q 
E u r , ce qui donne une tension:
4 o r 2

6
R2  Q  1 1 
U  V1  V2   E.dr     et fournit donc une capacité totale:
R1 4 o  R 1 R 2 

Q R1R 2
C  4 o
U R 2  R1

d – Groupement des condensateurs

 – groupement parallèle
Soient n V1
condensateurs de capacités Ci mis en
parallèle avec la même tension U = V1 - +Q1 +Q2 +Q3 +Qn
V2. La charge électrique de chacun -Q1 -Q2 -Q3 -Qn
d’entre eux est donnée par Qi = CiU. La
charge totale est simplement V2
n
 n  n
Q   Q i    C i U ce qui correspond à une capacité équivalente C   C i qui
i 1  i 1  i 1

est la somme des capacités individuelles.


 – groupement série
Soient n condensateurs de
capacités Ci mis en série les uns derrière les Vo V1 Vn
autres. On porte aux potentiels Vo et Vn les
+Q -Q +Q -Q +Q -Q
deux extrémités de la chaîne et on apporte la
charge Q sur le premier condensateur. En supposant que tous les condensateurs sont
initialement neutres, il s’établit la charge ±Q (par influence) sur les armatures des
condensateurs adjacents. La tension totale aux bornes de la chaîne de condensateurs
s’écrit alors simplement
U = Vo – Vn = (Vo – V1) + (V1 – V2) +….+ (Vn-1 – Vn) =
Q Q Q  n 1 
  ....    Q et correspond à celle d’une capacité unique C de
C1 C 2 C n  i 1 Ci 
n
1 1
capacité équivalente 
C i 1 C i