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Droits des contrats

Introduction

I) Le contrat et les notions voisines

Contrat : article 1101 du code civil


« Le contrat est une convention par laquelle une ou plusieurs personnes s’obligent
envers une ou plusieurs autres personne à donner, à faire ou à ne pas faire quelque
chose ».
Cela fait partie de l’acte juridique car acte volontaire en vue de créer des effets de
droit.

" C’est le fruit d’un accord de volonté entre au moins 2 personnes, ces personnes
que l’on appelle « parties » au contrat (les partenaires à la transaction), ça distingue le
contrat et l’acte unilatéral de volonté (volonté que d’une personne malgré qu’elle
produit des effets de droit,
ex : - le testament,
- l’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée), c’est une
entreprise sous forme de société qui est constituée d’une seule personne, et elle
décide seule de la structure juridique de sa société.

" Une ou plusieurs personnes s’obligent envers l’autre :


9 créateur d’obligation (le contrat est …)
9 liens de droits qui lie 2 personnes ou lien patrimoniale, c'est-à-
dire lien en vertu duquel une personne : le créancier peur exiger de l’autre : le
débiteur " il exécute une obligation de faire, de ne pas faire, ou de donner quelque
chose.
Ici, - obligation de faire " positif (ex : salaire " faire une prestation pour
l’entreprise)
- obligation de ne pas faire " négatif (ex : dans les contrats de travail : clause
de non concurrence où on s’engage à ne pas travailler pour une entreprise
concurrente).

" Donner quelque chose : l’obligation de transférer la propriété d’un bien.


Ex : contrat de vente pour un achat.
Nb : donner gratuitement " là c’est une donation dans le sens commun.

" C’est un lien d’obligation au sens strict : « obligation civile », obligation que si elle
n’est pas respectée par celui qui s’est engagé à le faire, elle pourra être sanctionnée
juridiquement ou par le droit (sanction par équivalent), par réparation en nature ou
obligation forcée.
Nb : réparation par équivalent : obtenir l’équivalent monétaire (dommages et
intérêt).

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" A l’opposé, il existe des obligations naturelles non sanctionnées par le droit :
Ex 1 : les obligations de politesse, de courtoisie (relèvent de la morale collective)
Ex 2 : arrêt de la Cour de Cassation avec la pratique du covoiturage, là c’est s’engager
envers une autre personne, mais ce n’est pas un contrat selon la Cour de Cassation, le
chauffeur n’est pas responsable des dégâts reçus par la personne qu’il transporte à
titre de covoiturage.
Ex 3 : Code civil 203 : obligation alimentaire " c’est une obligation civile, par contre
il n’y a pas d’obligation alimentaire entre frères et sœurs.
Ex 4 : la pratique des lettres d’intention : c’est un engagement que prend souvent une
société mère envers le banquier de l’une de ses filiales de la soutenir financièrement.
9 Avant ce n’était pas prévu dans le Code Civil (c’était un engagement
moral" une obligation naturelle, on ne pouvait pas forcer la société mère de payer)
9 C’est un contrat né de la pratique des affaires.
D’autres lettres d’intention que l’on considère comme une obligation civile de payer.

23 mars 2006 : ordonnance qui vient encadrer légalement la lettre d’intention, cette
dernière n’est plus « sui generis », encadrement par la loi : article 2322 du Code
Civil" c’est une obligation civile.

II) Fondements et évolution du droit des contrats

A) Présentation de la théorie de l’autonomie de la volonté

Evolution prévu dans le Code Civil (CC) " fondement des relations entre personnes
privées, physiques, morales (structures qui se sont engagées juridiquement : sociétés
au sens large).

Le fondement d’appelle : la théorie d’autonomie de la volonté.


9 tout part de la volonté individuelle (la volonté des parties crée à elle seule le
contrat et tout ce qui est en découle, juridiquement toute personne est libre de
s’engager, c'est-à-dire de s’obliger… (C’est-à-dire se créer des limites, restreindre sa
liberté…)

" C'est-à-dire au respect de la parole donnée, c’est exécuter ce que l’on a promis
(judéo-chrétien) car on ne peut vouloir quelque chose alors que c’est contraire à notre
volonté.
Fouiller : « Qui dit contractuelle dit juste ».

" Explication d’ordre économique : la loi du marché impose que les relations
économiques qu’on tissent émanent de la libre négociation entre individus, volonté
d’entreprendre (loi Le Chapelier et décret d’Allarde de 1781 " texte sur la liberté
d’entreprendre, abolition des coopérations, droits des sociétés).
Cela se traduit dans le Code Civil par plusieurs principes :
- principe de la liberté contractuelle, on peut passer un contrat avec qui on
veut, quand on veut, avec les conditions.

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Dans le Code Civil : il n’y a pas de modèle unique de contrat, il existe malgré des
règles (réglementation), certains contrats (contrats spéciaux : contrat de vente,
mandat, société…)
Ces règles sont supplétives de volonté. (C’est-à-dire qu’on en peut s’en écarter, on
peut faire d’autres règles pour les contrats sociaux.
Ex 1 : contrat de vente : la vente transfère immédiatement le bien à l’acheteur mais
rien n’empêche le vendeur d’inclure une clause de réserve de propriété, c'est-à-dire
qu’elle permet de décaler le transfert de propriété au jour de paiement intégrale du
prix par l’acheteur.

" Pas de modèle unique : tous les autres contrats ont été inventé par la pratique (ex :
la franchise qui n’est pas inscrit dans le Code Civil).
Certains contrats sont prévus " nommés.
Dans le cas contraire " innommés.
Il existe une limite d’ordre publique pour la liberté contractuelle.

" Principe de consensualiste : il suffit qu’il y ait échange et consentement.

" Pour former un contrat, il n’y a pas besoin d’écrit, certains contrats (de
consommation courante par exemple) sont des contrats non écrits, et normalement
aucun contrat ne devrait exiger de l’écrit.
Pour qu’il y ait échange de consentement : il faut un accord sans vice, c'est-à-dire
sans « erreur », « vol » ou « contrainte par la violence ». S’il y a vice : on appelle cela
par vice de consentement, ainsi ce n’est plus un consentement libre et

" Principe de la force obligatoire du contrat


9 article 1134 : il met le contrat au même niveau due la loi (contrat = loi des
parties) : « Les conventions légalement formées tiennent de loi à ceux qui les ont
faites ».

Le contrat peut être défait ou « révoqué » que par le consentement mutuel.


9 Il existe une série de déclinaisons : le droit français n’admet pas la théorie de
l’imprévision, on ne peut pas « modifier » le contrat du fait que des circonstances
économiques imprévisibles changent la condition du contrat. Ainsi le contrat doit
continuer tel quel indépendamment des conditions économiques dans lequel il
évolue.

Un contrat peut être considéré comme un objet de prévision contractuelle.


Autre conséquence : article 2 : « Une loi nouvelle n’est pas rétroactive » (pas de retour
arrière).
9 Principe de non rétroactivité sur la loi, et donc sur le contrat.
9 Si réforme (loi nouvelle meilleure qu’avant, alors application immédiate) "
pour les contrats, il existe une exception.
Pour les contrats, on n’applique pas la loi. Pour les contrats actuels : « il y a survie de
la loi ancienne parce que les parties ont voulu s’engager dans les termes de la loi
ancienne ».

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" Le contrat a force d’obligation : il n’oblige les parties et uniquement les parties du
contrat et non les tiers " effet relatif du contrat.
« Les contrats ne peuvent ni nuire ni profiter aux tiers ».

B) Causes du déclin de la théorie de la volonté

L’homme est libre de tout (Rousseau), cette idée est erronée car l’homme vit en
société, « la société préexiste par rapport à l’individu ».
C’est le juge et le législateur qui vont encadrer l’autonomie de la volonté, ce qu’on
peut faire en contrat, on ne peut le faire que le cadre de la loi. Le juge et législateur
vont essayer de trouver un équilibre entre l’intérêt général de la Société et les intérêts
particuliers propres aux parties contractants.
9 Référence à l’ordre publique limitant le champ d’action du contrat.

* Avant, on avait des déséquilibres dans les relations du travail, on avait des
désaccords entre employeur et employés (impossibilité de négocier un contrat avec
l’employeur, on n’a pas vraiment le choix).
* Déséquilibre de consommation : professionnels vs. Consommateur profane.
Aujourd’hui, les consommateurs sont plus informés qu’avant.
* Déséquilibre dans le contrat du bail : le propriétaire loue son appartement, le
locataire doit trouver un loyer, position de faiblesse par rapport au bailleur.

" Contrat d’adhésion : déjà rédigé par la partie en position de force, on n’a plus qu’à
signer ou se passer de la prestation.
Ex : le contrat de téléphone, assurance, ticket de transport…
ATTENTION : le contrat de crédit nécessite par contre un écrit, voir plus bas.

" D’un ordre public : on a vu que laisser la liberté contractuelle à un individu peut
être néfaste pour lui " source d’injustice.
9 Réaction du législateur
9 Ordre public : limite les champs d’opération des différents opérateurs.
9 Ordre public de direction : on vise à limiter le champ d’action de la
volonté individuelle car il existe des contraintes étatiques par rapport à l’économie
dans sa globalité (droit de la concurrence, taxation des prix…).
9 Ordre public de protection : vise à protéger la partie présupposée
faible dans ce rapport de force dans la négociation (droit de consommation beaucoup
plus strict pour protéger le consommateur, droit du travail avec les règles sur le
licenciement…).

Droit de consommation : c’est un droit dérogatoire en droit commun, il fait exception


au droit des contrats au nom de l’ordre public.
" La plupart du temps, il faudra un écrit à titre de règle de fond (s’il n’y a pas
d’écrit, on peut l’effacer). Cet écrit doit avoir un contenu imposé par la loi (mentions
obligatoires, durée du contrat…).
On impose le contenu du contrat par la négative (interdiction de trouver des clauses
dans le contrat comme les clauses abusives :

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9 Article L302-1 du Code de la Consommation : « Tout celles qui crée
un déséquilibre significatif des parties car au détriment des parties ».