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Crédits illustration de couverture : A4 Editions – 49 Angers

Nous remercions vivement les intervenants


pour leur aide à la préparation de ce recueil.

© ADEME Editions, Angers 2012


Référence ADEME 7603
ISBN 978 - 2-35838 – 304 - 2

Achevé d’imprimer en octobre 2012

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ainsi que les analyses et courtes citations justifiées par le caractère critique, pédagogique ou d’information
de l’œuvre à laquelle elles sont incorporées, sous réserve, toutefois, du respect des dispositions des articles
L 122-10 à L 122-12 du même Code, relatives à la reproduction par reprographie.
Sommaire

Nos colloques et journées techniques 2013

Etudes ‘Recyclage des plastiques’


proposées dans le cédérom du colloque

Atelier ‘L’innovation au service du recyclage des plastiques ‘

1ère partie : Un potentiel d’innovation à exploiter

o Programme

o Contributions écrites

2e partie : Démarches et outils pour l’innovation

o Programme

o Contributions écrites
Nos colloques
& journées techniques 2013

25 et 26 juin 2013 Prévention et Gestion des déchets


Paris dans les territoires
Colloque national

22 octobre 2013 Méthanisation


Paris Journée technique nationale
Etudes ‘Recyclage des plastiques’
proposées sur le cédérom du colloque

Enquête sur le recyclage des plastiques en 2010


Date de parution : avril 2012 - Etude réalisée par In Numeri pour l’ADEME.

Depuis 1995, l’ADEME réalise un suivi de la filière de recyclage du plastique par des enquêtes périodiques
auprès de l’ensemble des acteurs concernés. La présente enquête porte sur les chiffres 2010 et présente les
tonnages pris en charge aux différentes étapes de la filière, par type de déchets et de résines, ainsi que leur
évaluation par rapport aux années précédentes. Les importations et exportations sont également évaluées.
Enfin, des données économiques (chiffres d’affaires, emplois…) sont présentées pour chaque type d’acteurs.

Synthèse et retombées de 20 ans de travaux de recherche et développement financés par l’ADEME sur le
recyclage des plastiques
Date de parution : septembre 2011 - Etude réalisée par RDC Environnement pour l’ADEME.

Afin de faire le point sur sa politique d’aides dans le domaine du recyclage des plastiques, et de prioriser
certaines pistes de recherche pour la poursuite de ces travaux, l’ADEME a souhaité réaliser une synthèse des
projets (études, thèse, R&D) ayant fait l’objet d’un accompagnement financier dans ce domaine depuis 1990,
et évaluer leurs retombées éventuelles. Le rapport comprend un bilan de chaque projet sous forme de fiches.
Une analyse transversale a ensuite été réalisée, de façon à identifier les perspectives de recherche à court et
moyen termes dans le domaine du recyclage des plastiques.

Synthèse de la table ronde sur le recyclage des plastiques


Date de parution : mai 2011 - Synthèse réalisée par Ernst&Young pour l’ADEME.

L’ADEME a organisé, le 04 février 2011, une table ronde regroupant des acteurs nationaux intervenant pour le
recyclage des déchets de plastiques. Cette table ronde a permis d’identifier des axes prioritaires pour
l’optimisation de la valorisation des déchets plastiques, notamment en termes de RDI et de coordination au
niveau national.
Partie 1

UN POTENTIEL D’INNOVATION
Á EXPLOITER
ATELIER
L’INNOVATION AU SERVICE DU RECYCLAGE DES PLASTIQUES
PROGRAMME
Partie 1 – Un potentiel d’innovation à exploiter
Animateur : Jean-Michel LOBRY, Journaliste

9 h 00 Ouverture de la journée
Jean-Charles CAUDRON, Chef de service adjoint, Service filières REP et recyclage, ADEME
Panorama et enjeux
9 h 10 Les chiffres du recyclage des plastiques en France
Claire BOUJARD, Ingénieur, Service filières REP et recyclage, ADEME
Panorama des filières : typologie des plastiques, enjeux, stratégies
Jean-Charles CAUDRON, ADEME
Le positionnement de la France à l’échelle européenne et mondiale
Michel LOUBRY, Directeur Ouest de l’Europe, PlasticsEurope
Vos questions
9 h 40 Le point de vue des recycleurs : enjeux, difficultés rencontrées
L’émergence de la filière PET Bottle to Bottle en France
Sébastien PETITHUGUENIN, PAPREC Group, France Plastiques Recyclage
Le recyclage du polyamide des VHU : le projet PAREO
Thierry BADEL, Ingénieur R & D, Centre de recherche et technologies de Lyon, RHODIA
Le recyclage des plastiques issus des DEEE : le projet VALEEE
Frédéric VIOT, Responsable éco-conception et recyclage, Plastic Omnium AES
Vos questions
10 h 30 Pause
Evolutions des flux : contraintes et opportunités
De nouveaux flux…
11 h 00 L’extension des consignes de tri pour les plastiques d’emballage : une opportunité à saisir
Carlos DE LOS LLANOS, Directeur département recyclage, Eco-Emballages
Les impacts de la mise en place de la REP Mobilier sur les nouveaux gisements polymères
Marie-Lise ROUX, Responsable R&D du pôle ameublement, Institut technologique FCBA
Vos questions
… et de nouvelles matières : les plastiques biosourcés
Définitions et gestion en fin de vie
Luc AVÉROUS, Professeur des université, Bioteam- ECPM/LIPHT, Université de Strasbourg
De nouveaux plastiques dans l’automobile : choix stratégiques
Stéphane DELALANDE, Responsable innovation matériaux plastiques et composites,
PSA Peugeot Citroën
La vision de la filière emballages
Françoise GÉRARDI, Déléguée générale, ELIPSO
Vos questions
13 h 00 Fin de la première partie
Le recyclage des plastiques :
contexte et panorama des filières

Jean-Charles CAUDRON
Chef adjoint du Service Filières REP et Recyclage, ADEME
20, avenue du Grésillé - BP 90406 - 49004 Angers Cedex 01
Tél. : 02 41 20 82 23 - jean-charles.caudron@ademe.fr

Contexte
Présent dans de multiples applications en raison notamment de sa facilité de mise en œuvre, de sa
résistance et de sa légèreté, le plastique reste malgré tout l’un des matériaux les moins recyclés, avec un
taux d’incorporation de l’ordre de 5%.
Avant de rechercher des explications factuelles à ce faible taux de recyclage du plastique, il faut tout d’abord
préciser un point de langage : il est souvent fait usage de façon abusive du terme de plastique au singulier,
comme si il s’agissait d’un matériau universel. Il faut au contraire plutôt utiliser le terme de plastique comme
on utilise le terme métal ou pierre, ces notions recouvrant une grande hétérogénéité de matériaux aux
propriétés et usages très différents. Et de la même façon qu’il existe des alliages dans le domaine du métal,
il existe au sein d’une même famille (ou résine) une multitude de formulation à base d’additifs et de charge
diverses aussi différentes qu’incompatibles.
L’industrie du plastique est avant tout une industrie jeune et créative : de nouveaux matériaux et de
nouvelles applications apparaissent ainsi chaque jour, sans que la problématique fin de vie soit forcément
prise en compte, les avantages techniques, économiques ou de marketing pouvant être considérés par les
concepteurs comme prioritaires.
La genèse de cette filière a par ailleurs eu pour conséquence majeure un découplage complet entre ceux qui
produisent les matières plastiques et ceux qui les recyclent. C’est ainsi une exception majeure dans les
différentes filières matériaux. Il n’y a donc pas eu d’effet incitatif à anticiper la gestion des produits usagés, ni
à engager les acteurs vers une mutualisation des moyens, notamment au travers de la mise en place de
structures interprofessionnelles, type centre technique.
Cela a conduit à la mise en place d’une filière du recyclage des plastiques « artisanale », basée sur des
unités de petites tailles, sans réels liens entre elles. Les technologies mises en œuvre se sont
principalement fondées sur une des propriétés de base des plastiques, qui est la possibilité de les remettre
en forme au travers d’un « simple » réchauffage. Couplée à l’hétérogénéité des produits et à la difficulté
d’effectuer un tri suffisant de ceux-ci, cette facilité de recyclage a amené pendant longtemps les acteurs à
proposer des produits et solutions en plastique recyclé de piètre qualité et à valeur ajoutée faible, ce qui n’a
pas permis d’offrir une image attractive de cette filière et de ses produits.
Cette situation évolue toutefois rapidement sous l’effet de plusieurs facteurs :
- l’augmentation continue et inéluctable du prix du pétrole, constituant de base des plastiques
- l’amélioration des technologies de tri qui permettent aujourd’hui une séparation fine des produits
par résines, voire par sous-catégories en fonction des additifs présents
- la demande sociétale d’une meilleure prise en compte environnementale de ces produits qui
entraîne soit des évolutions rapides de comportement et de marché (disparition quasi-totale en
quelques mois des sacs sortie de caisse à usage unique) soit une volonté d’amélioration de
l’image des produits en matières plastiques par les producteurs (bouteille 100% recyclage ou
produit contenant X% de recyclé)
- l’apparition des plastiques biosourcés, introduisant une nouvelle concurrence, notamment en
termes d’image
- le déploiement des filières des produits usagés sur le principe de la REP qui a eu pour
conséquence principale une massification et une spécialisation des flux, entraînant à la fois des
besoins, mais aussi des opportunités au niveau des technologies de tri et de recyclage.
Cette évolution du contexte doit permettre aujourd’hui, par les opportunités qu’elle offre, et grâce à
l’innovation et l’investissement des acteurs dans ce domaine, de faire connaître au domaine des matières
plastiques une nouvelle étape majeure de son développement : amener l’industrie du recyclage des
plastiques à un niveau d’industrialisation qui permette d’atteindre un recyclage à haute valeur ajoutée, où le
consommateur ne se pose plus la question de savoir si un objet est en matière recyclée ou vierge, comme
c’est le cas aujourd’hui pour les bouteilles en verre ou le papier recyclé.
Au travers d’un panorama de différentes filières, sont présentés ci-dessous les enjeux et les opportunités
que présente le recyclage des plastiques pour ces filières.

VHU
 Caractérisation
La teneur en plastiques des VHU est passée de 8 kg en 1960 à 115 kg en 1990 puis 200 kg en 2008 et est
en constante augmentation. L’enjeu principal est la recherche continue d’une diminution du poids du
véhicule afin d’optimiser les consommations de carburant.
Actuellement les plastiques représentent environ 12 % de la masse du véhicule, auxquels s’ajoutent 2% de
mousses polyuréthannes. La résine la plus présente est le PP (60%), puis viennent le PE et l’ABS.
 Réglementation
er
Directive 2000/53 du 18 septembre 2000, décret du 1 août 2003.
er
Objectifs : 85 % de réutilisation/recyclage et 95 % de réutilisation/valorisation au 1 janvier 2015.
Résultats pour 2009 : 79 % de recyclage et 82 % de valorisation
 Problématique de la filière
L’atteinte de ces objectifs passe par une amélioration significative de la valorisation de la fraction non
métallique des VHU, et donc de la fraction plastique.
L’enjeu au niveau de la conception est donc de favoriser au maximum la conception de pièces mono-
matériaux et facilement identifiables, et de réduire potentiellement le nombre de résines utilisées dans un
véhicule.
Au niveau du traitement, deux scénarios se détachent :
- soit au travers d’un démontage préalable des pièces de taille importante de constitution
identifiée
- soit par un enchaînement broyage et tri post-broyage

DEEE
 Caractérisation
Le plastique représente 26 % du tonnage total des DEEE. Il est surtout présent dans les produits gris (50 %
du tonnage plastique) et le gros électroménager (25 % du tonnage plastique).
ABS, PP, PS et PU représentent plus de 70 % des plastiques des DEEE.
 Réglementation
Directive 2002/96, décret du 20 juillet 2005. Révisée par la Directive 2012/19/UE qui doit encore être
retranscrite en droit français.
Cette nouvelle directive fixe des objectifs pour la période 2015 à 2018
- Recyclage de 55 à 80 %
- Valorisation de 75 à 85 %
selon les catégories d’équipements.
Par ailleurs, la directive ROHS établit une liste de substance dont l’utilisation est interdite ou très limitée
dans la fabrication des équipements.
 Problématique de la filière
La ROHS vise notamment les retardateurs de flamme bromés, présents en particulier dans les circuits
imprimés, les casings d’ordinateurs et les enveloppes d’écrans à tube cathodique. Cette limitation
d’utilisation de certains composés pénalise donc le recyclage en boucle fermée des plastiques des DEEE
anciens, à moins de pouvoir en extraire ces additifs. Cette problématique restera forte jusqu’en 2015/2020.

Emballages ménagers
 Caractérisation
Le plastique représente 22 % en tonnage des déchets d’emballages ménagers (mais 60 % en contribution).
Les matières plastiques sont principalement utilisées dans les applications suivantes :
40% bouteilles et flacons (PEhd, PP, PET), 34 % pots et barquettes (PP, PET, PS), 26 % films et sacs
(PEbd)
 Réglementation
La directive 94/62 fixe des objectifs de recyclage par matériaux, et notamment 22,5 % pour les plastiques.
La loi Grenelle 2009 fixe quant à elle un objectif national plus global de 75 % de recyclage des emballages
ménagers
 Problématique de la filière :
Actuellement seuls les bouteilles et flacons font l’objet d’une consigne au niveau de la collecte sélective des
emballages et donc d’un recyclage.
Afin de répondre aux obligations fixées par la réglementation, et de favoriser le geste de tri des particuliers,
une expérimentation des consignes de tri à l’ensemble des emballages ménagers en plastique est en cours
sur plus de 4 millions d’habitants. Cela doit permettre de tester et de configurer à la fois les étapes de
collecte, de tri et de valorisation.
Aux côtés de ces filières REP majeures, d’autres gisements sont également en cours de mobilisation :
- Le BTP (gisement essentiellement composé de PVC et PU) notamment au travers de l’initiative
volontaire des industriels du PVC
- Les plastiques issus de l’agrofourniture (films agricoles, big-bags, emballages, ficelles…) au
travers des actions menées par ADIVALOR
- Les emballages industriels (40 % des déchets plastiques entrant dans la filière de recyclage). Ils
rentrent dans le cadre de la directive 94/62 mais ne sont pas concernés par la REP emballages.
Plusieurs structures professionnelles accompagnent les industriels (ELIPSO, ECOPSE)

Conclusions
Aujourd’hui, plus de 50 % des déchets plastiques produits sont couverts par une filière REP, et près de 80 %
sont couverts par une réglementation ou une filière volontaire.
Cette situation génère deux conséquences majeures, à la fois pour les filières, et pour le domaine des
matières plastiques :
- Améliorer le recyclage des plastiques au sein des filières REP, aussi bien au niveau du taux de
recyclage que sur la qualité de celui-ci, est un enjeu majeur pour ces filières. C’est en effet une
condition sine qua non tant pour atteindre les objectifs de recyclage fixés par les différentes
réglementations, que pour assurer une pérennité économique du dispositif.
- Offrir une réelle opportunité de développement d’une industrie novatrice en termes de recyclage
des plastiques, la mise en place de ces filières entraînant une massification des flux et une
visibilité des approvisionnements, conditions idéales pour la mise en place de stratégies
industrielles pérennes.
Toutefois, il ne faut pas forcément chercher à tout recycler. Il s’agit, pour chaque situation, de bien
appréhender, en fonction notamment des connaissances techniques du moment, les notions de bilan
environnemental et économique des hypothèses choisies. Ainsi, il apparaît que l’optimum d’une gestion
raisonnée des flux de déchets plastiques passera par un mix faisant appel au réemploi, à la réutilisation, à la
valorisation matière, mais aussi à la valorisation énergétique pour certaines fractions, par exemple au
travers des CSR.
Page de notes
Panorama et enjeux
Les chiffres du recyclage des plastiques en France
Synthèse de l’enquête sur le recyclage des plastiques en 2010

Claire BOUJARD
Ingénieur, Service filières REP et recyclage, ADEME
20, avenue du Grésillé - BP 90406 - 49004 Angers Cedex 01
Tél. : 02 41 20 41 62 - claire.boujard@ademe.fr

Introduction

Depuis 1995, l’ADEME réalise un suivi de la filière de recyclage du plastique, dans l’objectif de :
• Répondre au besoin d’informations des acteurs de la filière
• Orienter les politiques publiques
• Mesurer leur impact

La dernière enquête, publiée en 2012, porte sur les chiffres 2010. Des enquêtes semblables à celle-ci furent
réalisées en 1995, 1997, 2000, 2002, 2005 et 2007 auprès de l’ensemble des acteurs de la filière. Les
centres de tri de déchets ménagers, sans faire partie de la filière spécifique, produisent cependant des
déchets de plastiques triés. Ces centres de tri ont donc été enquêtés, ainsi que les centres de
démantèlement et de broyage des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE).

La méthodologie d'enquête est proche de celle employée lors des enquêtes précédentes : après une mise à
jour du champ des entreprises concernées, un courrier est envoyé à tous les établissements sélectionnés.
Toutefois, compte tenu de la multiplicité des enquêtes en cours, des synergies ont été opérées avec
l’enquête menée auprès des entreprises de démantèlement et de broyage des DEEE et avec l’enquête
réalisée par ELIPSO auprès des acteurs de l’emballage plastique.

1. Champ de l’enquête

L’enquête porte sur les entreprises françaises pratiquant l’une des activités suivantes :
• Collecte, enlèvement,
• Tri (y compris de collectes sélectives en mélange), conditionnement,
• Négoce de déchets triés ou broyés,
• Broyage,
• Broyage/lavage, Régénération (lavage/granulation), Recyclage direct, Micronisation
• Réutilisation (Rénovation : collecte, tri et remise à neuf)

5 métiers ont été définis pour décrire la filière, à partir de l’activité la plus « aval » décrite par l’opérateur :
• Récupérateur : tri de déchets plastiques, de déchets de collecte sélective, démantèlement /
tri de DEEE… mais ni broyage ni lavage
• Négociant : que du négoce (de trié ou de broyé)
• Broyeur : broyage, ni lavage, ni densification, ni granulation, ni extrusion, ni rénovation
• Recycleur : lavage et/ou densification et/ou granulation et/ou extrusion et/ou micronisation
• Rénovateur : rénovation (réutilisation).
Au total, 791 établissements ont été recensés dans le champ de l’enquête :

84 Nombre d'établissements
par métier (707)

Enquêtés
Rénovateurs 11
Estimés sur la base des chiffres
243 2007
Recycleurs 130
464 Pas de réponse et pas
d'historique
Broyeurs 112

Enquêtés Négociants 14

Estimés sur la base des chiffres


2007 Récupérateurs 440

464 Pas de réponse et pas


d'historique

Le taux de réponse est de 59 % en établissements, 69 % en tonnage. Ce taux est en recul par rapport aux
années précédentes ; il faut par ailleurs noter qu’un nombre important de gros établissements (plus de 3000
t) n’a pas répondu.

2. Les acteurs de la filière

Les établissements et tonnages entrants se répartissent de la façon suivante :


Nombre d'établissements
par métier (707) Tonnages entrants par
métier (1,7 Mt)
Rénovateurs 11
Rénovateurs 17kt
Recycleurs 130

Recycleurs 654kt
Broyeurs 112

Négociants 14 Broyeurs 208kt

Récupérateurs 440
Négociants 386kt

Récupérateurs 341kt

Les récupérateurs représentent la majeure partie (62%) des 707 établissements enquêtés. Cela inclut les
centres de tri qui extraient du plastique des déchets issus de la collecte sélective, ainsi que les centres de
démantèlement des DEEE.

Après avoir sensiblement baissé de 2005 à 2007, le nombre de recycleurs a augmenté par rapport à
l’enquête précédente, avec 27 établissements supplémentaires.
Le nombre d’établissements qui réalisent du broyage de déchets plastiques a lui aussi augmenté par rapport
à l’enquête précédente, avec des broyeurs liés aux plastiques issus de DEEE. Mais les tonnages concernés
sont faibles.
Le nombre de rénovateurs est inférieur à celui de 2007, malgré une hausse de tonnage entrant chez les
rénovateurs qui ont participé aux deux enquêtes. Il semble y avoir concentration de cette activité.
La baisse du nombre de récupérateurs, malgré la prise en compte de récupérateurs issus de la filière des
DEEE, est liée à des difficultés croissantes à enquêter cette catégorie d’établissements, soit du fait de
l’appartenance à un groupe qui répond au niveau négociant, soit du fait de la faible implication dans la filière,
avec peu de tonnage plastique récupéré (la plupart des récupérateurs étant multi-matériaux, le plastique
n’est qu’une part réduite de leur activité,) .
Part du plastique dans les établissements par métier

Moins de 30% 30% à 90% Plus de 90%

73 75
67
63
% d'établissements

51
46
37
33
25
20

2 3 4
0 0

Récupérateur Négociants Broyeurs Recycleurs Rénovateurs


Part du tonnage plastique dans le tonnage entrant

Pour les récupérateurs, le plastique n’est qu’une part réduite de leur activité, en général moins de 30%.
L’équipement des récupérateurs n’est pas spécifique au plastique (bennes, camions et plateformes de tri) et
leur permet ainsi d’être des collecteurs multi matériaux.
En revanche, les équipements et les techniques des recycleurs et des rénovateurs sont plus spécifiques et
justifient une spécialisation dans la filière. Le métier de broyeur est plus différencié, une partie d’entre eux
provenant d’activités de récupération et de traitements non directement liées au plastique.
Les négociants sont majoritairement des intermédiaires spécialisés dans la filière plastique. Certains
négociants sont des filiales de groupes de récupérateurs, constituées spécialement pour la
commercialisation du plastique.
3. Présentation des flux
a. Présentation globale
Douanes : Export
Douanes : Import déchets plastiques = 478 kT
déchets
plastiques=100 kT
Exportations
624 000 T Trié: 309 kT, broyé:106 kT,
broyé lavé:81 kT,
granulé/ rénové: 121 kT

Importations 264 000 T Transformateurs


Vrac, balles: 74 kT, 109 000 T
Filière
broyés: 35 kT recyclage
plastiques
Collecte
France 940 000 T 1 049 000 T 86 000 T Internes et autres
destinations

33 000 T Valorisation
énergétique

42 000 T Décharges
Environ 1 049 000 tonnes de déchets plastiques transitent par la filière de recyclage Française, dont
940 000 tonnes de déchets plastiques collectés en France.

Un tonnage important est exporté, de 624 000 tonnes, majoritairement sous forme de déchets, qu’ils soient
simplement triés (309kT) ou déjà broyés (106 kT). Les exportations se font également sous forme de matière
première de recyclage, qu’il s’agisse de paillettes (81 kT) ou de granulés (121 kT).

Le tonnage de déchets plastiques importés (109 kT) est proche du tonnage de déchets plastiques importés
déclarés aux douanes (100 kT). En revanche, le tonnage de déchets plastiques exportés, sous une forme
encore considérée comme déchets (trié ou broyé) est inférieur au tonnage exporté déclaré aux douanes :
415 kT selon l’enquête, 478 kT selon les douanes.

Des estimations de tonnages de déchets plastiques traités sont réalisées par les fédérations
professionnelles. La FNADE évalue à 1,05 million de tonnes les déchets plastiques valorisés en sortie des
entreprises de collecte ou de tri des déchets, ce qui est cohérent avec les données ci-dessus. Les
entreprises de recyclage de FEDEREC produisent 348 kt de matières plastiques recyclées, dont 150kt sont
exportées. Ces tonnages sont sensiblement inférieurs à ceux estimés par l’enquête ADEME.

b. les flux entrants

La diminution des déchets plastiques collectés est liée à la crise économique de 2009, qui s’est traduite par
une moindre demande de matières plastiques et à une réduction des débouchés des récupérateurs et
recycleurs. Dans le même temps, la mise sur le marché de matières plastiques a connu un recul encore plus
marqué, passant de 5,4 millions de tonnes à 4,5 millions de tonnes.

Nature des tonnages entrants

56%
61% Déchets post-
68% 69% consommation

Chutes de fabrication
44% 39%
32% 31%

2002 2005 2007 2010


700 KT 906 KT 1129 KT 1049 KT
La part des chutes de fabrication dans les plastiques recyclés diminue régulièrement depuis 2002, passant
de 44% en 2002 à 32% en 2007 et à 31% en 2010.

Le recul des tonnages de déchets plastiques, entre 2007 et 2010, a concerné les chutes de fabrication
davantage que les déchets post-consommation : -10% pour les chutes de fabrication et -6% pour les
déchets post-consommation. Dans le cas des chutes de fabrication, l’effet de la crise a pu se combiner avec
une baisse des chutes produites grâce à l’amélioration des procédés et à une augmentation des chutes de
production recyclées en interne.

Répartition des déchets post-consommation entrant dans les établissements

2007 Calage Sacs 2010 Calage


1% 1%
Casiers Containers 1% Casiers Containers
Bigs-bags Bigs-bags
2% 7% 2% 9% Sacs
2% 1%
2%
Films agricole Films agricole
5% 4%
VHU
VHU
5%
4%
Produits DEEE
DEEE
ménagers Produits 5%
5%
37% ménagers
40%
Bâtiment
3% Bâtiment
3%
Autres natures Autres natures
Films 3% Films 3%
d'emballage d'emballage
30% 25%

Les plastiques de déchets ménagers représentent 40% des déchets plastiques post-consommations. Avec
l’amélioration de la collecte sélective, la collecte des déchets plastiques d’emballages ménagers continue à
progresser. Selon Eco-Emballages, les déchets d’emballages ménagers plastiques sont passés de 218 kT à
227 kT entre 2007 et 2010.

La collecte des plastiques en provenance des filières spécifiques, VHU, DEEE et bâtiment, est également en
croissance, malgré la crise, même si ces déchets ne fournissent encore qu’une faible part des déchets
plastiques collectés. Les DEEE représentent 5% des déchets plastiques post-consommation, les VHU, 5%
et les déchets du bâtiment, 3%.

Le recul des quantités collectées concerne plus particulièrement les films, films d’emballages (-22%) comme
films agricoles (-19%), ainsi que les bigs-bags et les casiers. Les films d’emballage représentent 25% des
déchets post-consommation en 2010, contre 31% en 2007. Les films agricoles passent de 5% des déchets
post-consommation en 2007 à 4% en 2010.

c. Les flux sortants


Plus de la moitié des produits qui sortent de la filière de tri et de recyclage sont destinés à l’exportation
(624 kT). Parmi ceux qui restent en France, 60% sont utilisés par des industriels plasturgistes et 20% sont
utilisés en interne ou par d’autres utilisateurs (construction routière, revêtements de centres équestres…).
16% ne font pas l’objet d’une valorisation matière. Le taux de non-valorisation est moins élevé qu’en 2007
où celui-ci atteignait 25%.

Si les tonnages exportés ont fortement diminué, les tonnages transformés ou traités en France sont restés à
un niveau comparable : 443 kT en 2010 contre 432 kT en 2007. Compte tenu du recul des mises en
décharge et des incinérations, les tonnages envoyés vers les plasturgistes Français ont progressé de 5%
par rapport à 2007, passant de 251 kT à 264 kT. Les tonnages utilisés en interne ou vendus à l’utilisateur
final à l’issue du traitement sont évalués à 86 kT, en progression également par rapport à 2007.

Destination des flux envoyés en France

Négociants 2007 Négociants 2010


Incinérateurs 3% Incinérateurs 4%
10% 7%

ISDND
9%
ISDND
15%
Industriels Industriels
plasturgistes plasturgistes
58% Internes et 60%
autres
destintions
20%

Internes et
autres
destintions
14%

La destination des déchets et produits sortants sur le marché français est cohérente avec l’activité : vers les
régénérateurs et négociants pour les récupérateurs, vers les régénérateurs pour les négociants, vers les
plasturgistes pour les recycleurs et vers une vente à l’utilisateur final pour les rénovateurs.

Les débouchés des broyeurs sont les plus diversifiés. Leurs premiers clients ne sont pas les recycleurs,
mais les négociants. Ils peuvent également envoyer les broyats directement vers les transformateurs, qui les
utilisent tels quels ou après recyclage interne. C’est également le métier où le taux de perte est le plus
important avec 28% des déchets non exportés envoyés en décharge ou en valorisation énergétique.

Les récupérateurs (centres de tri pour la plupart) extraient le plastique de déchets multi-matériaux. Les
tonnages de plastiques entrants sont alors estimés à partir des tonnages sortants et n’incluent pas le refus
de tri. Cela explique la part relativement faible des envois en décharge ou en incinérateurs par les
récupérateurs (3%).

Par rapport à 2007, les flux issus des récupérateurs se dirigent moins souvent vers les broyeurs (14% en
2007, 5% en 2010), plus souvent vers les négociants (57% en 2007, 72% en 2010).

Les autres destinations citées spontanément par les broyeurs, recycleurs et rénovateurs sont principalement
les industries utilisatrices (vers les sacheries, les industries textiles, les travaux publics…) ou la
transformation en interne dans le cas des recycleurs
Nature des résines dans les produits sortants

Autres (mélanges) PA 2007 Autres (mélanges)


ABS PA 2010
11% 1% PU ABS 5%
2% PC 2% 2%
0%
PC PU Pebd 1%
PVC Pebd
1% 0% 24% 7% 22%
PVC PSE
6% 1%
PSE PS
1% 6%
PS
5%

Pehd
15% Pehd
PET
PET 18%
22%
20%

PP
PP
14%
14%

La résine la plus présente dans les flux sortants est le PEbd (22%), utilisé dans les films et les sacs, suivie
par le PET (22%), utilisé dans les emballages ménagers. Le PEhd, utilisé notamment dans les containers et
les emballages ménagers représente 18% des résines sortantes ; le PP représente 14% des résines
valorisées, le PSE, 1%

Du fait de la diminution des plastiques en mélange dans les flux sortants, la comparaison des répartitions
des résines entre 2007 et 2010 est délicate. On note une baisse du PEBD, conséquence de la diminution
des déchets de films d’emballage. La part croissante du PVC pourrait être liée à l’amélioration de la collecte
des déchets plastiques issus du bâtiment.

4. Economie de la filière

a. Evolution du chiffre d’affaires

CA global Évolution
Métier % de répondants
(M€) 2010/2007

Récupérateurs 45% -10%


85
Négociants 86% -37%
184
Broyeurs 65% -7%
74
Recycleurs 80% +12%
420
Rénovateurs 64% +9%
23
TOTAL 55% 786 -7%

Comme dans les précédentes éditions de l’enquête, beaucoup d’établissements n’ont pas renseigné leur
chiffre d’affaires mais on note toutefois une augmentation du taux de répondants à cette question entre 2007
et 2010. On évalue globalement à 786 millions d’euros le chiffre d’affaires de la filière, à partir des réponses
des établissements enquêtés. Ce chiffre d’affaires est en baisse de 7% par rapport à 2007.

Les recycleurs réalisent 53% du chiffre d’affaires de la filière plastiques, avec un chiffre d’affaires de 420
millions d’euros. Les broyeurs ne réalisent que 9% du chiffre d’affaires de la filière, soit 74 millions d’euros.
La part du plastique dans le chiffre d’affaires total des établissements de la filière varie de manière
considérable selon le métier. Presque nulle pour les récupérateurs (2%) et les broyeurs (1%), elle
représente 56% du chiffre d’affaires des rénovateurs et 45% de celui des recycleurs. La part des déchets
plastiques dans le chiffre d’affaires confirme le taux de spécialisation de chacun des métiers dans la filière
de recyclage plastique, mesuré par la part des plastiques dans les tonnages de déchets entrants

b. Evolution des effectifs de la filière


Effectifs

2002 2005 2007 2010

19491992
1692
1477

676
600
484 427

154 160 158 136

Broyeurs Recycleurs Rénovateurs

On estime à 3 600 le nombre de personnes concernées par l’activité de recyclage du plastique dans les
entreprises enquêtées. Les recycleurs de plastiques, qui représentent le cœur de la filière, emploient près de
2 000 personnes. Les rénovateurs représentent moins de 150 salariés. Les broyeurs emploient environ 600
personnes pour l’activité plastique.

Entre 2007 et 2010, les effectifs dans les activités de broyage, recyclage et réutilisation ont légèrement
baissé (-2%), mais avec des divergences selon les métiers. Alors que les broyeurs et rénovateurs diminuent
leurs effectifs, les recycleurs emploient une cinquantaine de personnes supplémentaires.

Bilan

En 2010, la filière traite 1 050 kt de déchets plastiques, dont 940 kt collectées en France.
• Le tonnage global a diminué de 7% par rapport à 2007. La collecte France a diminué de 3%.
• La part des chutes de fabrication est en constant recul.
• La part des déchets ménagers et des déchets post-consommation des filières REP augmente, les
films sont en net recul

888 kt seront recyclées ou rénovées, dont 264 kt en France.

La filière étudiée concerne 707 établissements, pour un CA de 790 M€ et près de 4000 emplois

L’étude permet également la mise à jour d’un annuaire des acteurs de la filière, mis à la disposition du grand
public et accessible sur le site Internet de l’ADEME.
La valorisation des déchets plastiques en Europe
Focus sur la France

Michel LOUBRY
Directeur Région Ouest Europe, PlasticsEurope
Le Diamant A - 92909 Paris-La Défense Cedex
Tél. : 01.46.53.10.55 - michel.loubry@plasticseurope.org

Vers la valorisation totale des déchets plastiques


Pour valoriser totalement les déchets plastiques, il est nécessaire de conjuguer différentes options de traitement.
Les solutions varient d’un pays à l’autre en fonction de leur infrastructure, de leur stratégie nationale de gestion des
déchets et des technologies disponibles.
Une partie de la réponse à la question des déchets plastiques tient à l’acceptation par la société que les ressources
doivent être utilisées efficacement et qu’il ne devrait pas être autorisé de mettre en décharge des déchets
plastiques considérés comme ayant encore une valeur. Ce n’est pas un hasard si les neuf pays les plus
performants à cet égard imposent tous de sévères restrictions à la mise en décharge. Si ces restrictions étaient
élargies au reste de l’Europe, elles seraient de puissants moteurs qui permettraient de rapprocher les taux de
recyclage et de valorisation de 100 %.
Toute stratégie visant à améliorer la gestion des déchets doit associer recyclage et valorisation énergétique. Les
déchets plastiques impropres au recyclage, pour des raisons techniques et économiques, doivent pouvoir être
utilisés comme combustible complémentaire en vue de valoriser l’énergie qu’ils contiennent.
En 2010, la demande de la plasturgie européenne s’est élevée à 46,4 millions de tonnes. Toutefois, compte tenu
des nombreuses applications de longue durée, à peine plus de la moitié des plastiques transformés finit sous
forme de déchets chaque année. Ainsi en 2010, les pays européens (pays de l’UE 27 + Norvège et Suisse) ont
produit 24,7 millions de tonnes de déchets plastiques post consommation dont 57,9 % ont été valorisés et
ont ainsi échappé à la mise en décharge.
Ces chiffrent marquent une progression de 2,5 % du taux de valorisation global des déchets plastiques en Europe.
Ils se décomposent en un taux de recyclage de 24,1 %, soit 5,95 millions de tonnes de déchets plastiques qui ont
été recyclées et un taux de valorisation énergétique de 33.8 %, soit 8,35 millions de tonnes traitées. Par rapport à
2009, ils font état d’une progression encore plus marquée. En 2 ans, près de 10 % (9,3 %) de plus de déchets
plastiques ont été soit recyclés, soit valorisés énergétiquement en Europe !
Toutefois, les taux de recyclage et de valorisation énergétique varient encore considérablement d’un pays à l’autre.
Le taux de recyclage de la plupart des pays se situe entre 15 et 30 %, ceux de la valorisation énergétique varient
entre 0 et 75 %. Les pays qui actuellement mettent en décharge des déchets valorisables ont là une occasion de
réduire leur impact climatique, de réduire leur déficit énergétique et d’utiliser les ressources plus efficacement en
développant rapidement leurs circuits de valorisation énergétique et de recyclage.
Rappelons que le déchet plastique est une ressource, qu’il soit recyclé ou contribue à produire de la
chaleur ou de l’énergie lors de sa valorisation. Rappelons ici que les plastiques conservent le même pouvoir
calorifique que le pétrole.
Dans l’ensemble, la récupération de la valeur contenue dans les déchets plastiques progresse lentement. Le taux
de croissance du recyclage et de la valorisation énergétique est environ de 2,5 % par an. Nombreux sont les États
membres qui devront fournir de plus grands efforts pour éviter la mise en décharge de leurs plastiques d’ici 2020.
L’augmentation du taux de recyclage et de valorisation énergétique entre 2006 et 2010 varie entre les États
membres de l’UE. C’est l’Estonie qui affiche la meilleure progression du taux de valorisation avec 29 %, suivie de la
Finlande avec 27 %. Plusieurs pays ont augmenté leur taux de valorisation globale de près de 15 % : la Hongrie, la
Slovaquie, l’Allemagne, la République tchèque, la Norvège et la Lituanie.
Le Danemark, la Suisse, Malte, la France et la Suède ont amélioré leur taux de valorisation globale de moins de 5
% mais avec un accroissement du recyclage au détriment de la valorisation énergétique au Danemark, en Suède
et en Suisse où, même en 2006, peu de plastiques avaient été mis en décharge.
La France un peu en dessous de la moyenne européenne
La France fait un peu moins bien que la moyenne européenne avec un taux de valorisation globale de 57,8 %. Sur
3,2 millions de tonnes de déchets plastiques post consommation, 0,6 million de tonne, soit 17,6 %, a été recyclé, et
1,3 millions de tonnes, soit 40,2 %, ont été valorisés énergétiquement. Avec encore plus de 42 % de déchets
plastiques mis en décharge, la France reste loin du peloton de tête européen composé de neuf pays (Suisse,
Allemagne, Danemark, Suède, Autriche, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas et Norvège) qui affichent des taux de
valorisation supérieurs à 90 %.
Ces chiffres encourageants chez nos voisins européens démontrent qu’il est possible d’éviter le gaspillage que
représente la mise en décharge des plastiques. Surtout ces pays font la preuve qu’un taux élevé de recyclage
(30 % et plus) est tout à fait compatible avec une politique soutenue de valorisation énergétique.
Le secteur de l’emballage : des taux de valorisation en constante augmentation
En 2010, les emballages, produits à la durée d’utilisation courte, représentent la part la plus importante soit 62 %
des déchets plastiques générés en Europe, soit 15,4 millions de tonnes. En moyenne, l’Europe recycle 32,6 % de
ces déchets et en valorise énergétiquement 33,3 %. La valorisation totale des déchets d’emballages
plastiques a donc atteint 65,9 % en Europe en 2010.
Le taux combiné de recyclage et de valorisation énergétique des emballages plastiques est plus élevé que celui de
l’ensemble des plastiques, 66 % contre 58 %. Il témoigne des efforts déployés depuis plus longtemps dans ce
secteur pour développer les options de recyclage et de valorisation.
Les taux de recyclage et de valorisation énergétique sont similaires à ceux de l’emballage (32 vs 33 %) tandis que
la valorisation énergétique joue un plus grand rôle pour tous les plastiques (24 vs 34 %).
En France, les déchets d’emballages représentaient 2,04 millions de tonnes en 2010, soit 63,3 % des déchets
produits. La France en a recyclé 23,5 %, soit 480 KT, et valorisé énergétiquement 40,9 % (835 KT). Au total, la
valorisation des déchets d’emballages en France a atteint 64,4 % en 2010.
Ces chiffres placent le secteur de l’emballage plastique en France dans le peloton de tête des secteurs qui
atteignent les meilleurs taux de valorisation des déchets plastiques :
- 65,3 % des déchets plastiques du secteur Electrique et Electronique sont valorisés.
- 59,3 % des déchets plastiques du BTP sont valorisés ;
- 14 % seulement des déchets plastiques de l’automobile sont valorisés ;
Des pistes d’amélioration pour l’avenir
L’extension de la collecte sélective des ménages à l’ensemble des emballages plastiques et non plus aux seuls
bouteilles et flacons, dont l’expérimentation est en cours en 2012, et l’harmonisation des consignes de tri sur
l’ensemble du territoire sont des pistes qui devraient permettre des améliorations majeures des chiffres de la
valorisation, notamment énergétique, des déchets d’emballages plastiques.
D’autres pistes doivent être envisagées pour améliorer le recyclage des déchets d’emballages industriels et
commerciaux dont le taux de recyclage actuel est plus faible (21,1 %) mais qui représente un gisement très
important et plus facilement recyclable.
Par ailleurs, il est crucial que les filières de recyclage des VHU (Véhicules Hors d'Usage) et des DEE (Déchets
Electriques et Electroniques) se mettent en place très rapidement pour permettre le recyclage et la valorisation de
la part grandissante des plastiques qui les composent.
Enfin, le Comité des Plastiques pour l'Agriculture (CPA) qui réunit les producteurs de matières plastiques et les
producteurs de films, a engagé depuis 2009 une action de collecte des films agricoles qui a permis de récupérer en
2010 près de 30 000 tonnes de films qui ont ensuite été recyclées. Ces volumes sont appelés à grandir, et la
collecte à être étendue à d’autres applications plastiques utilisées en agriculture.
Pleinement consciente de ces enjeux, la filière plastique française ambitionne aujourd’hui d’atteindre l’objectif de
zéro déchet plastique en décharge en 2020, comme c’est le cas, par exemple en Allemagne. Pour ce faire elle
s’est déjà engagée avec Eco Emballages vis-à-vis des Pouvoirs Publics à étendre la collecte actuelle des
bouteilles plastiques à tous les emballages plastiques ménagers en vue d’un accroissement significatif du taux de
recyclage (de 22,5 % à 35 %). D’autres actions en vue de recyclage sont en cours, mais la valorisation
énergétique constitue un complément de valorisation indispensable d’autant que le pouvoir calorifique des
plastiques est équivalent à celui du pétrole.
En France, aujourd’hui, la valorisation énergétique des déchets plastiques est réalisée essentiellement dans les
incinérateurs municipaux d’ordures ménagères. Cependant on sait déjà que le parc d’incinérateurs ne disposera
pas de capacités supplémentaires significatives dans les années à venir, même si des aménagements devront être
effectués pour améliorer l’efficacité énergétique de certaines installations.
PlasticsEurope, en comparant les performances françaises à celles des pays leaders en matière de valorisation de
déchets plastiques, s’est rendu compte, entre autres, que la France ne dispose que d’une filière embryonnaire en
Combustibles Solides de Récupération (CSR): 90 Kt en France à comparer aux 7400 Kt en Allemagne.
Pourquoi l’Allemagne fait mieux que la France ?
Le facteur déclenchant majeur est la mise en application en 2005 de la Loi dite TASi (Technische Anleitung
Siedlungabfall) interdisant la mise en décharge des déchets carbonés encore valorisables.
Pour l’industrie allemande cette contrainte s’est rapidement transformée en opportunité, voire en aubaine pour les
utilisateurs. Le nombre d’installations pour génération de chaleur/vapeur, et dans une moindre mesure d’électricité,
a explosé que ce soit :
 en co-incinération dans les cimenteries, les centrales à charbon et surtout lignite (2,2 millions de tonnes en
2008)
 en mono-incinération dans des centrales thermiques dédiées (32 installations utilisant 5,2 millions de
tonnes de CSR en 2010 et de nombreux projets en cours ou annoncés)
Dans cette période (2005-2009) le taux de recyclage des déchets plastiques en Allemagne a augmenté de 50 %,
et celui de valorisation énergétique de +300 % grâce aux CSR.
Certes, l’exemple allemand n’est pas directement transposable à la France mais des pistes intéressantes sont à
étudier la valorisation des CSR : Les cimenteries et les centrales thermiques dédiées.
Page de notes
Le recyclage du polyamide des VHU : le projet PAREO

Thierry BADEL
Ingénieur R&D, RHODIA
RHODIA, Groupe SOLVAY, Centre de Recherches et Technologies de Lyon
85 rue des Frères Perret - BP62, F-69192 Saint-Fons
Tél. : 04 72 89 64 96 - thierry.badel@eu.rhodia.com

Sous l’impulsion des législations française et européenne, le traitement des déchets des matières plastiques
(thermoplastiques ou thermodurcissables) est devenu une préoccupation de tout premier plan tant pour les
industriels que pour les consommateurs. Il existe actuellement de nombreux gisements post-consommateurs
de déchets de matières plastiques parmi lesquels on peut citer, les déchets d’équipements électriques et
électroniques (D3E), les déchets ménagers, les déchets issus des Véhicules Hors d’Usage (VHU) ; ces
derniers font l’objet de cette étude.

Chaque année, le nombre de véhicules arrivant en fin de vie est estimé à 1,5 million en France. La forte
croissance de ces déchets, la maîtrise difficile des flux et des volumes, mais aussi leur élimination
inappropriée, cause de pollution et de perte de matières premières pour le recyclage, sont autant d’enjeux
pris en compte ces dernières années au niveau européen.

La Directive 2000/53/CE du Parlement européen et du Conseil, du 18 septembre 2000, relative aux


Véhicules hors d'usage publiée en 2001, a été transposée en droit français par le décret du 08 Août 2003 et
7 arrêtés d'application. Ces derniers décrivent pour les véhicules concernés (camionnettes, voitures
particulières, cyclomoteurs à trois roues), la collecte et le traitement des VHU. Cette directive fixe des
objectifs pour la valorisation des VHU comme suit :
- au 1er janvier 2006, 80% en masse de réutilisation et de recyclage et 85% en masse de réutilisation
et de valorisation.
- au 1er janvier 2015, 85% en masse de réutilisation et de recyclage et 95% en masse de réutilisation
et de valorisation.

Ces taux peuvent donc comprendre respectivement 5% et 10% de valorisation énergétique. D’après
[1]
l’ADEME , une partie des filières parvient à obtenir un taux de réutilisation et de recyclage supérieur à 85%,
notamment dans les contextes de démontage sélectif rigoureux des pièces pour réutilisation et recyclage et
de broyage des VHU et tri performant des résidus obtenus. On estime à 79.6% le taux de réutilisation et
[2]
recyclage et à 81% le taux de réutilisation et récupération , en phase avec l’objectif 2006. Cependant il
paraît difficile, avec les techniques actuelles (tri, conception, assemblage,..) d’obtenir un taux de valorisation
de 95% comme fixé par la Directive. A cela s’ajoute la difficulté de rentabilité économique de cette filière.

C’est dans ce cadre que s’articule le projet PAREO (PolyAmide REcycling Opportunity) qui a commencé
début 2010. Ce projet collaboratif, subventionné par l’ADEME, vise à développer une filière de recyclage des
pièces en polyamide (PA) issues des VHU. Indra SAS/ Re-source Industries assure la collecte et le
démontage des pièces. Rhodia pilote les étapes de décontamination puis de reformulation des compounds.
Les équipementiers Steep Plastiques et Mann&Hummel prennent en charge l’injection et la production de
pièces pour des applications du domaine automobile. Enfin, Renault évalue l’utilisation des pièces fabriquées
à partir de PA recyclé.

 Spécificité des gisements de PA issus des VHU


L’automobile est l’un des produits industriels qui étaient les mieux valorisés jusqu’à il y a quelques années
car elle est composée majoritairement (75%) de métaux ferreux et non ferreux (acier, aluminium, cuivre, ..)
aisément récupérables pour de nouvelles utilisations. Recycler les 25% restants, dont la proportion va
croissante suite à l’utilisation toujours plus importante de plastiques (8kg de plastiques en 1960, ~200kg de
[3]
plastique aujourd’hui ) est complexe d’un point de vue technico-économique car constitués de produits
divers comme les mousses, le verre, les tissus, les composants électroniques et les plastiques.
Actuellement, la quantité de plastique s’est stabilisée à ~14% en poids pour une voiture européenne dont le
poids moyen est estimé à 1 400 kg. Il est à noter que ce poids varie en fonction du constructeur et de la
gamme de la voiture. A titre d’exemple, une Renault super 5 pèse environ 1 112 kg, alors que la masse
d’une Citroën Xantia est de 1 458kg.
L’enjeu environnemental et économique lié au recyclage des VHU est d’autant plus important que le nombre
de véhicules en circulation croît comme le nombre de VHU. Ainsi en 2007, les ventes de véhicules en France
ont atteint 2.5 millions pour une durée de vie moyenne estimée entre 10 et 16 ans, d’où un nombre potentiel
de VHU de l’ordre de 1.5 à 1.7 million. Sur la base du nombre de véhicules commercialisés en France depuis
une dizaine d’années (1.3 à 1.5 million de véhicules) et compte tenu des masses de pièces PA recensées
par Re-Source, une évaluation du gisement de PA issu des VHU a été réalisée. Avec l’augmentation de la
proportion en PA dans les véhicules, ce gisement est amené à augmenter dans les prochaines années. Ce
volume est partiellement amputé par les ventes à l’export des moteurs et de la pièce d’occasion.

Afin de limiter les coûts de démontage et de collecte les pièces ont été recueillies suivant 3 grandes familles :
- PA chargé minéral (enjoliveurs),
- PA chargé fibre de verre (supports GMV, collecteurs admission, couvre-culasse, cache style)
- PA chargé mixte (cache-style, supports et hélices GMV et couvre-culasse,…).

Les flux sont ensuite compactés pour le transport par déchiquetage.

 Recyclage
L’enjeu de cette étape est d’être capable de produire un compound de qualité à partir de matière en fin de vie
et de nature variable. L’impact des contaminants du polyamide (autres plastiques et métaux) sur les
performances a été évalué afin d’établir un cahier des charges relatif aux étapes de préparation de la matière
secondaire (tri, démétallisation, broyage…).

Le principal verrou technique est d’atteindre un haut niveau de démétallisation (ferreux et non ferreux), d’une
part pour sauvegarder les outils de transformation, et d’autre part pour garantir les performances du
compound. Certains gisements sont, pour cette raison, inutilisables pour le moment. A noter que l’aspect
règlementaire qui est à considérer dès cette étape, n’est pas aisée car la matière secondaire est par nature
variable.

Les compounds réalisés à partir de ces matières secondaires sont destinés à 3 applications définies :
couvre-culasse, cache-style et répartiteur d’admission d’air. Ils doivent donc répondre à des cahiers des
charges préalablement discutés et validés par l’ensemble des partenaires du projet. Les formulations sont
donc ajustées en fonction des cibles à atteindre et des lots de matière secondaire utilisés.

 Tests applicatifs
Les premières évaluations sur pièces injectées industrielles (cache-style) sont très encourageantes avec
notamment un aspect de surface convenable et un comportement proche du 1er choix en analyse vibratoire
et en tenue à l’éclatement. Ces premiers résultats devront être reproduits sur des lots produits en plus
grande quantité et donc des pièces plus nombreuses, en particulier pour mieux apprécier les paramètres de
processabilité du compound à base de matière recyclée, mais aussi pour pouvoir apprécier les performances
des pièces recyclées dans l’application.

 Analyse du cycle de vie


En parallèle à la mise en place de la filière, il est réalisé une évaluation de l’impact environnemental de
l’ensemble de la filière de recyclage du polyamide des VHU. L’objectif est de déterminer de manière
scientifique et objective les impacts environnementaux (empreinte carbone, ressources non renouvelables,
santé humaine, qualité des écosystèmes) d’une pièce recyclée comparativement à une pièce standard.

Le projet PAREO va se poursuivre jusqu’à la fin 2013 pour établir la faisabilité technique, la viabilité
économique et le gain environnemental d’une filière de recyclage du polyamide issu des VHU.

Les forts enjeux du recyclage des véhicules d’une part, et d’autre part l’exercice des approches de recyclage
du polyamide des VHU pour atteindre une valorisation quasi totale de l’automobile, renforce notre conviction
qu’il est déterminant d’intégrer l’aspect recyclage d’une pièce dès sa conception.

1
Rapport ADEME, « Etat de l’art du traitement des VHU », D. Bremond, (2008)
2
Rapport ADEME, “Wastes figure for France”, (2009)
3
Recyclage Récupération, n°32, p3 , (2010)
Efficient in use
recycled parts

Processability

Efficient in use
compounds

Reliable LCA

Separate metal Economically


contaminants reachable PA parts

Sort types of sourcing

PAREO : Projet collaboratif pour résoudre les verrous techniques d’une filière de recyclage du
polyamide.
Page de notes
Le recyclage des plastiques issus des DEEE : le projet VALEEE

Frédéric VIOT
Direction Recherche et Innovation, PLASTICOMNIUM
Avenue du bois des Vernes - 01150 Ste Julie
Tél. : 04.74.40.63.63 - fviot@plasticomnium.com

Présentation du projet VALEEE (Valorisation Equipements Electriques et Electroniques)


 AAP : FUI 7
 Date de début : Septembre 2009
 Date de fin : Septembre 2013
 Budget global : 3.8 M€
 Aide : 1.8 M€
 Porteur du projet : Plastic Omnium (SITA au Global D3E)
 Labellisé par AXELERA
 Partenaires du projet : SITA, Arkema, Rhodia, Schneider, AD Majoris, IONISOS, Atanor,
Baîkowski, LGM2B, SERAM, ARMINES, IMP
+ sur fonds propres : Groupe SEB, ERDF, PPC Chemicals, Faurecia
 Prise en charge des frais scientifiques par Eco system

Contexte et objectifs initiaux du projet


 Contexte
 La réglementation augmente le pourcentage de valorisation des DEEE
 Les plastiques sont multiples et très peu valorisés

 Objectifs / enjeux
 Mettre au point une stratégie pour recycler les plastiques extraits via TRIPLE
 Valider sur pièces industrielles cette stratégie
 Trouver une solution de valorisation pour les plastiques non recyclés
 Verrous technologiques : incompatibilité des matériaux, charges, structure chimique,
impuretés
 Axes d’innovation
 Identification besoins « end users »
 Développement des procédés de compatibilisation
 Valorisation des plastiques ignifugés ( Sb, Br…)

 Retombées attendues
 Développement la filière plastiques recyclés pour les produits « fin de vie »
 Eco-conception sur nouveaux produits
Objectifs détaillés du projet :

Le projet est organisé selon le phasage suivant :

Lot 1 :
 Cahier des charges recycleur/compoundeurs
 Cahier des charges « end users »
 Cahier des charges valorisation énergétique
 Cahier des charges Récupération Alumines, Brome

Lot 2 :
 Influence des procédés sur propriétés
 Optimisation recyclage mono matière par robustesseprocédés
 Compatibilisation des mélanges / besoins « end users »

Lot 3 :
 Validation industrielle des formules et process lot 2
 Production de pièces prototypes
 Validation des pièces

Lot 4 :
 Caractérisation des charges et volumes disponibles
 Recyclage alumines et Brome
 Recyclage énergie
 Traitement résidus

Points positifs

 Connaissances des capacités et des attentes des acteurs de l’ensemble de la filière


 Quels plastiques avec quelle couleur et quelles charges peut être triés? Quel besoins
pour les recycleurs compoundeurs, qu’est ce qui peut être compoundé pur ou en mélange? Quelles
attentes des utilisateurs finaux?

 Connaissances des gisements et approches sur cadencement tri


 Quels plastiques « facilement extrayables »? Quelles méthodes?

 Connaissances sur les process de compoundage ou de tri


 Limite d’impuretés? Quels plastiques extrayables peuvent être compatibilisés ? voies
ionique, supramoléculaire, échange covalent dynamique, irradiation UV , irradiation gamma,
greffage par ozonisation? Quelles charges pour ignifuger ces recyclés?

 Connaissances sur les applications industrielles possibles


 Quels freins? Quelles matières? Quelles caractéristiques physico chimique?

 Spécificités techniques et dimensionnement d’un incinérateur pour valoriser les plastiques non
recyclable
 Quelles techniques, quelles teneurs maxi en halogènes?

 Communications scientifiques
 4 publications, 3 posters, 3 communications orales
Points négatifs ou à ajuster

 Echec du recyclage du Brome et de l’alumine


 Pollution par Antimoine, tri spécifique…

 Attentes des End users


 Respect réglementation (halogènes?), couleurs?
 Évolution matière/gisement

 Adéquations entre matériaux extradables/ compatibilisation/ attentes end users


 Gisements? Méthode de tri? Compatibilisation? Process compoundage? Besoins marché

 Dans le timing du projet, disponibilité de gros volumes de matières pour validation échelle 1
 Bouclage entre photo du gisement et des capacités tri (TRIPLE), besoins compoundeurs,
process avec ou sans compoundage et besoin end users

Et aprés?

 Valider à échelle 1 les applications visées (électrotechniques et automobiles à ce jour)

 Affiner les différentes possibilités de tri des machines du marché

 Continuer à explorer les améliorations process et les compatibilisations ou additivations possibles

 Consolider ces premiers travaux et transversaliser à d’autres types de déchets (VHU, collecte
sélective…) au travers du projet Next Plastic pour arriver à professionnaliser la filière de recyclage
plastiques
Page de notes
Evolutions des flux :
contraintes et opportunités
Extension des consignes de tri pour les emballages plastiques
ménagers : une opportunité à saisir

Carlos de LOS LLANOS


Directeur Tri et Recyclage, ECO-EMBALLAGES
50 bd Haussmann - 75009 Paris
Tél. : 01 81 69 07 05 - carlos.delosllanos@ecoemballages.fr

En synthèse
La filière emballages, pionnière du recyclage du plastique
Recycler pour préserver les ressources en matière et en énergie
Concilier environnement et économie : une démarche de progrès par étapes
Prochaine étape : élargir le champ actuel des plastiques recyclés
Simplification du geste de tri et dimension sociétale
Des entreprises très concernées par la gestion des emballages et de leurs déchets
Les comparaisons européennes actuelles montrent que la France n’est plus dans le peloton de tête
L’expérimentation plastique, un axe d’investissement majeur pour Eco-Emballages
Le projet : construire un dispositif complet associant de façon ambitieuse recyclage matière et énergie
Premières orientations sur le recyclage matière
Feuille de route, planning

La filière emballages, pionnière du recyclage du plastique.


Au lancement de la collecte sélective il y a 20 ans, la France ne comptait aucune usine de recyclage de
plastiques ménagers. L’absence de rentabilité de cette activité du fait de la concurrence des filières
d’élimination classique à faible coût (décharge, incinération) et le manque de connaissances sur les matières
à recycler empêchaient tout développement spontané du recyclage.
Le dispositif créé autour d’Eco-Emballages a financé le surcoût de la collecte sélective et du tri des
plastiques, organisé la reprise des matériaux triés, et permis de créer un approvisionnement homogène de
plastiques à recycler.
Des programmes de R&D ont été montés et des financements spécifiques ont été accordés aux premiers
industriels qui se sont lancés dans le recyclage.
Entre 1992 et 2012, la quantité de plastiques d’emballages recyclée est passée de zéro à 230 000 tonnes
par an. Aujourd’hui, une quinzaine d’entreprises vivent du recyclage des plastiques ménagers en France.

D’autres secteurs ont développé plus récemment le recyclage de produits plastiques : emballages
industriels, D3E, automobiles
Recycler pour préserver les ressources en matière et en énergie

Le recyclage des plastiques préserve le pouvoir énergétique des hydrocarbures dont ils sont issus mais
aussi l’énergie consommée pour les produire, les raffiner et les polymériser.

Exemple pour un kilo de PET

Energie contenue dans un kilo de PET : 35-39 MJ


Energie dépensée pour sa fabrication : 30-34 MJ

Ce n’est pas le cas si on se contente de les brûler car seule l’énergie contenue est alors valorisée : pour
cette raison, et parce qu’il permet de donner au matériau non pas une mais plusieurs vies supplémentaires,
le bilan environnemental du recyclage des plastiques est meilleur que celui de la valorisation énergétique,
laquelle pourra intervenir à la fin des différents cycles d’utilisation.
Doit-on pour autant viser le recyclage de tous les plastiques dès aujourd’hui ? La réponse est clairement
non, car ni la technologie, ni les paramètres économiques ne le permettent. Ainsi l’Allemagne, après 20 ans
de pratique, n’atteint toujours que 45% de taux de recyclage environ.
Pour une partie du gisement, la valorisation énergétique reste encore la meilleure solution. Moins de 2% du
gaz et du pétrole vont d’ailleurs à la production d’emballages plastiques, 2% aux autres objets plastiques et
plus de 95% sert directement à la production d’énergie. Aussi, après une première vie dans l’emballage, il
n’est pas choquant que certains déchets plastiques, dont le recyclage n’est pas encore possible, soit
valorisés en énergie et rejoignent ainsi l’application principale des produits pétroliers.
Concilier environnement et économie : une approche de progrès par étapes
Le dispositif français a choisi au départ de limiter le recyclage des plastiques à la part du gisement
relativement la plus homogène et la plus propre (les bouteilles et flacons), car tout restait à bâtir - collecte, tri
et recyclage - sur un matériau recyclé qui n’avait encore aucune valeur marchande.
Puis les premières entreprises de recyclage se sont créées, une demande à l’export est apparue, et un
marché est né, poussé par la hausse du prix du pétrole et des résines vierges : les déchets d’emballages
plastiques triés ont commencé à se vendre quelques dizaines d’euros la tonne, pour un recyclage dans des
résines régénérées considérées encore comme de deuxième choix et vendues avec une forte décote par
rapport aux prix des résines vierges.
Aujourd’hui, certaines résines recyclées sont agréées pour des applications alimentaires et atteignent le
même prix que la résine vierge. Il a fallu pour cela développer des techniques particulièrement performantes,
dont les coûts de process dépassent 500 €/T mais qui peuvent néanmoins payer entre 300 et 400 €/T leurs
approvisionnements en balles de déchets plastiques, et jusqu’à 600€/t pour la qualité de balles la plus
recherchée (PET clair).
Le pari initial de créer un nouveau métier durable est en passe d’être gagné. D’une activité initialement aidée
et soutenue sur toute la chaîne, jusque pour ses débouchés, le recyclage des bouteilles et flacons est
devenu un secteur rentable sur la partie aval. Il dégage désormais des recettes significatives qui contribuent
à financer, en amont, une partie de la collecte et du tri.
Prochaine étape : élargir le champ actuel des plastiques recyclés
Sur le million de tonnes d’emballages ménagers plastiques mis en marché chaque année, les bouteilles et
flacons représentent environ 40% : le reste, soit 60% ne fait pas encore partie des consignes de tri sélectif.
Pourtant une partie est recyclable : le polypropylène, certains autres plastiques rigides, les films en
polyéthylène, ....
La prochaine étape consiste donc à mettre en place le recyclage de 4 ou 5 nouvelles familles de plastiques
en plus du PET et du PEHD actuels.
Mais l’économie de ce recyclage passera par une phase de construction des équilibres économiques
similaire à celle décrite plus haut, avec la nécessité d’un soutien financier important au départ. Les études
réalisées soulignent l’importance de l’enjeu économique : la généralisation immédiate à l’ensemble du
territoire de la collecte sélective de tous les emballages plastiques pourrait coûter plus de 200 M€ par an,
pour un résultat non garanti. Car ces études relèvent aussi les contraintes préalables à maîtriser : la
nécessité de moderniser les centres de tri, de construire les filières, et d’avoir des débouchés suffisants, en
particulier.
Il s’agit donc d’un projet de grande ampleur, tant vis-à-vis des acteurs économiques que vis-à-vis du grand
public, qui nécessite une approche exhaustive et structurée.
Composition du gisement des emballages plastiques ménagers (1090 kT par an)

PET clair 245 kT


Bouteilles
435 kT PET foncé 55 kT
et flacons
PEhd/PP 135 kT
PP 95-105 kT
PS 75-80 kT
Total PET 60 - 65 kT
Pots,
emballages PE 15 - 20 kT
barquettes, 370-380 kT
plastiques PVC 25- 30 kT
1090 kT rigides
ménagers mis PSE 40- 45 kT
sur le marché Complexes EVOH 25 - 30 kT
chaque année Autres complexes 20 - 25 kT
PEbd 90 kT
PEhd 30 kT
Films,
280 kT PP 10 kT
souples
Complexes 50 kT
< A5 100 kT

Simplification du geste de tri, dimension sociétale


Elargir le champ de la collecte des plastiques signifie aussi simplifier le geste de tri. Dans toutes les
enquêtes sur la collecte sélective, les consommateurs interrogés désignent les emballages plastiques
comme la catégorie pour laquelle il est le plus difficile d’appliquer aujourd’hui des consignes jugées peu
intuitives. Les barquettes de fruit, par exemple, ne paraissent-elles pas plus propres et recyclables qu’une
bouteille d’huile ?
Par ailleurs le plastique est l’emballage par excellence, même si ce matériau représente moins d’un quart
du total des matériaux d’emballages ménagers, symbole de la société moderne mais aussi de ses excès :
consommation excessive, risque de pollution des milieux naturels et notamment maritimes, risques pour la
santé. Ce sujet est régulièrement traité par les médias. Au total, la possibilité d’inclure dans la collecte
sélective tous les emballages plastiques est l’objet d’une attente forte du grand public.
Des entreprises très concernées par la gestion des emballages et de leurs déchets
Pour limiter l’impact environnemental de leurs emballages, les conditionneurs multiplient les actions : ils ont
considérablement allégé les emballages plastiques, intégré la recyclabilité dans leurs critères d’éco
conception, et ils développent aujourd’hui l’utilisation de matériaux plastiques biosourcés, dont les
composants sont d’origine végétale. Ces changements influent d’ailleurs sur les techniques de recyclage,
qui sont en constante évolution.
Pour que l’approche des impacts environnementaux soit complète, les entreprises attendent aujourd’hui
d’Eco-Emballages la meilleure gestion possible de leurs déchets d’emballages plastiques.
Les comparaisons européennes actuelles montrent que la France n’est plus dans le peloton de tête
Les statistiques européennes ne sont pas forcément à prendre à la lettre dans tous les cas. Toutefois, des
pays comme l’Allemagne, l’Espagne ou la Belgique atteignent effectivement des taux de recyclage qui pour
les plus avancés se situent autour de 45%, contre 22% en France.
Ces résultats sont atteints de différentes façons, en améliorant l’efficacité du geste de tri, en recyclant
davantage de résines ou en développant la récupération sur ordures résiduelles. Eco-Emballages travaille
sur tous ces axes, sans en exclure aucun.
Taux de recyclage des emballages plastiques ménagers en Europe
(Recyclage mécanique et recyclage en aciéries (feedstock) pour l’Allemagne – source : Plastics Europe)

Estonia 55,2%
Czechia 50,8%
Germany 43,4% 3,1%
Sweden 42,9%
Spain 37,6%
Belgium 34,3%
Slovenia 30,5%
Luxembourg 30,0%
Norway 28,5%
Switzerland 28,1%
Romania 27,8%
Austria 26,4%
Italy 26,2% 0,1%
UK 24,7%
Poland 23,9%
Portugal 21,6%
France 21,4%
Greece 20,7%
Slovakia 20,7%
Lithuania 20,0%
Netherlands 19,9%
Finland 18,9%
Ireland 17,4%
Latvia 16,8%
Mechanical
Cyprus 14,4% Recycling (%)
Hungary 14,1%
Bulgaria 13,3% Feedstock
Malta 11,4% Recycling (%)
Denmark 9,3%

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60%

L’expérimentation plastique, un axe d’investissement majeur pour Eco-Emballages


Aujourd’hui, Eco-Emballages expérimente la collecte sélective de l’ensemble des emballages plastiques, en
travaillant sur toute la chaîne :
 L’éco conception avec les conditionneurs, pour que les emballages soient plus aptes au recyclage
 La collecte et le tri avec les collectivités et les opérateurs du déchet
 Le recyclage et la valorisation en énergie, avec les industriels
Cette expérimentation se déroule à grande échelle puisqu’elle porte sur une population pilote de 3,7 millions
d’habitants et elle représente un budget global de 30 M€. Ses premiers résultats seront connus fin 2013.
Carte des 51 collectivités pilotes

Le projet global: construire un dispositif complet associant de façon ambitieuse recyclage matière et
énergie

Tous les emballages plastiques ne sont pas recyclables (notamment ceux associant différentes résines et
parfois différents matériaux) mais tous peuvent être valorisés au mieux en utilisant l’éventail des techniques
disponibles et en développement : recyclage matière, chimique ou énergie. Eco-Emballages travaille
actuellement sur ces sujets dans le cadre d’études, de R&D et d’appels à projets réalisés en collaboration
avec les industriels, avec l’objectif « zéro décharge », c'est-à-dire que l’ensemble des emballages
plastiques soient recyclés matière ou énergie.

Recyclage Recyclage chimique Valorisation énergétique


mécanique

Conservation Retour au Transformation Transformation Incinération en


du polymère monomère en mélange en combustible UIOM, avec
d’hydrocarbures solide de production de
liquides récupération vapeur et
(CSR) d’électricité

Matériaux PET, PE, PP, PS « Plastic to Fuel » Tous plastiques Tous plastiques,
concernés PS, PVC PET Tous plastiques (après sans préparation
(après préparation) préparation) hors
hors PVC PVC

Procédés Lavage, Dépolymérisation Pyrolyse, Broyage et Combustion en


broyage, thermique (PS), distillation préparation pour excès d’air
extrusion, post solvolyse (PET) éventuelle cimenteries,
condensation aciéries, fours à
chaux,…

Economie
d’énergie +++++ ++++ +++ +++ ++/+
et CO2
évité
Premières orientations sur le recyclage matière

9 projets techniques ont été menés depuis 2010 pour mieux connaître les caractéristiques et l’aptitude au
recyclage des différentes catégories d’emballages plastiques concernés par l’expérimentation. Ces projets
ont fait l’objet d’un cofinancement par l’ADEME et par Eco-Emballages.

Sociétés Objectif Durée


Nord Pal Plast Identification et différentiation PET barquette / PET bouteille 9 mois
Limite PET barquette dans PET bouteille pour recyclage « bottle to bottle »

Paprec Expérimentation tri / surtri des emballages souples et rigides, 12 mois


Tests recyclage nouvelles résines

Pellenc ST Tri automatique des films 15 mois

Régéfilms Recyclage des films en PE pour produire des granulés de PEbd filmables 16 mois

Sita Apprentissage des nouveaux emballages à trier, 9 mois


Ile de France Tests recyclage nouvelles résines

Val’Aura (Sita) Séparation mécanique des films en tête de centre de tri 15 mois

Valorplast Tri / surtri / recyclage des pots et barquettes présents dans la collecte 12 mois
sélective traitée en centre de tri manuel

Véolia Ile de Apprentissage des nouveaux emballages à trier, 6 mois


France Expérimentation tri / surtri des emballages souples et rigides,
Tests recyclage nouvelles résines
Véolia Paul Apprentissage des nouveaux emballages à trier, 6 mois
Grandjouan Expérimentation tri / surtri des emballages souples et rigides

Les principales conclusions, qui viennent d’être publiées par Eco-Emballages en septembre 2012, sont les
suivantes :
- Il n’y a pas d’obstacle technique majeur au recyclage des emballages en polypropylène (PP), qui
présente par ailleurs des perspectives de débouchés à forte valeur ajoutée (pièces de carrosserie
automobile par exemple),
- Le flux « flacons en polyéthylène » (PEhd) est de meilleure qualité après séparation du polypropylène.
- Les pots, barquettes et blisters en PET peuvent perturber le recyclage des bouteilles en PET,
notamment si l’on vise le recyclage du PET dans la fabrication de nouvelles bouteilles
- Le rendement de tri / surtri des emballages en polystyrène (PS) doit être amélioré (matériau friable), et
la pureté du matériau trié augmentée
- Le polychlorure de vinyle (PVC), souvent en multicouches, doit être systématiquement isolé des
autres emballages en plastique pour ne pas perturber leur recyclage,
- Des solutions industrielles de tri et de recyclage des emballages ménagers souples en polyéthylène
(PEbd) émergent; en revanche, les films introduisent des contraintes significatives sur l’organisation
du travail et des process dans les centres de tri
- Le développement et le déploiement des technologies automatiques de reconnaissance et séparation
sont indispensables pour l’élargissement des consignes de tri,
- La réorganisation et l’optimisation des étapes de tri/séparation sera un axe de travail majeur, tant au
plan technique qu’au plan économique, car le dispositif actuel, tel qu’il existe, présente des limites
évidentes.
Les travaux se poursuivent dans le cadre de l’expérimentation, et un nouvel appel à projets est en cours
pour approfondir ces premiers résultats, avec cofinancement par l’ADEME et par Eco-Emballages.
Feuille de route, planning
La Loi Grenelle et l’agrément renouvelé fin 2010 donnent le cadre, les grands objectifs et les modalités de
gouvernance.
Eco-Emballages a défini sa feuille de route :
- approche globale de la gestion des emballages plastiques incluant prévention, écoconception, tri et
recyclage, associant l’ensemble des acteurs de l’amont à l’aval, du metteur en marché au recycleur,
à travers des études, de la R&D, des projets menés avec les acteurs industriels, …
- expérimentation à grande échelle dans les collectivités territoriales, pilotée par Eco-Emballages et
accompagnée par un comité de suivi représentant toutes les parties prenantes;
- définition des conditions nécessaires à la création des filières industrielles et des débouchés
- évaluation régulière des résultats présentés à l’ensemble des acteurs tout au long de 2012 et 2013
- Décision fin 2013 début 2014 sur les suites à donner
Page de notes
Les impacts de la mise en place de la REP Mobilier
sur les nouveaux gisements polymères

Marie-Lise ROUX
Responsable R&D du pôle Ameublement, Institut technologique FCBA,
10 avenue de Saint Mandé - 75012 Paris
Tél. : 01.40.19.49.56 - marie-lise.roux@fcba.fr

1. Le contexte

Le Grenelle de l’Environnement a mis en avant, outre la prévention des déchets, la nécessité d’augmenter le
taux de valorisation matière et de faire des déchets une réelle source de matières premières secondaires.

Parmi les déchets ménagers, les encombrants restent des déchets pondéreux et visibles sur les trottoirs, ou
au mieux, sont rassemblés sur des espaces tels que les déchetteries. Les déchets d’ameublement et de
bricolage sont les principaux contributeurs de ces encombrants. La réflexion pour la mise en place d’une
Responsabilité Elargie aux Producteurs de Déchets d’Eléments d’Ameublement a débuté avec l’article 46 de
la loi du 3 août 2009 de programmation : « les objectifs nationaux sont arrêtés de la façon suivante : [...] Un
cadre réglementaire, économique et organisationnel permettant d'améliorer la gestion de certains flux de
déchets, notamment par le développement de collectes sélectives et de filières appropriées : [...] les déchets
encombrants issus de l'ameublement et du bricolage […] ».

A partir des lois Grenelle, l’ADEME a mis en place un groupe de travail avec les différentes parties
prenantes, acteurs de l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), metteurs sur le marché de produits
d’ameublement (distributeurs, fabricants et leur fédérations professionnelles), acteurs des déchets,
représentants des collectivités locales et territoriales, …, afin de définir les axes et objectifs des études de
pré configuration pour la mise en place de la REP puis discuter et valider certains résultats des dites études.
Parmi ces études, l’étude réalisée par Ernst&Young pour le compte de l’ADEME, téléchargeable via le lien :
http://www2.ademe.fr/servlet/getDoc?cid=96&m=3&id=73566&p1=02&p2=05&ref=17597
avait pour objectif d’estimer les volumes des gisements, les flux de collecte possibles afin d’avoir des
hypothèses sur les premières estimations du coût des éco-contributions pour 3 scénarii : réutilisation via
l’ESS, valorisation matière, et valorisation énergétique. Cette étude de caractérisation réalisée d’avril 2009 à
octobre 2010 a évalué à 2,6 millions de tonnes les Déchets d’Eléments d’Ameublement dont 2,1 d'origine
ménagère et 0,5 d'origine professionnelle, car focalisée sur les encombrants des ménages.

Il est à noter que la collecte des gisements des mobiliers professionnels ne se fait pas selon les mêmes flux
même si, à terme, il faudra massifier au maximum sur les mêmes lieux autant que faire ce peut ce qui est
issu du mobilier domestique et ce qui est issu du mobilier professionnel.

Le mobilier est classé en deux grands secteurs : le mobilier domestique, en général celui qui équipe les
ménages et est géré en tant que déchets ménagers, le mobilier professionnel qui équipe les espaces de
travail (Bureau), d’éducation (scolaire) de santé (chambre des malades), de collectivité (restaurant, hôtel,
maisons de retraites, etc.) Ces mobiliers sont souvent acquis via des appels d’offres privés ou publics et via
de grands acheteurs tels que UGAP ou Camif Collectivités.

Le mobilier domestique et professionnel répondent aux même fonctions d’usages comme par exemple :
ranger, s’asseoir, dormir mais la conception des meubles, les matériaux et revêtements choisis vont tenir
compte des sollicitations auxquelles sont soumis les mobiliers.

Est paru le 8 janvier 2012, le décret n°2012-22 relatif à la gestion des déchets d'éléments d'ameublement.
L’article L. 541-10-6 du code de l'environnement précise :
« A compter du 1er janvier 2012, toute personne physique ou morale qui fabrique, importe ou
introduit sur le marché des éléments d'ameublement assure la prise en charge de la collecte, et du traitement
des déchets issus desdits produits en fin de vie soit sous la forme d'initiative individuelle, soit sous la forme
d'un financement des éco-organismes agréés qui en assurent la gestion. A partir du 1er juillet 2012, tout
émetteur sur le marché ne respectant pas cette obligation est soumis à la taxe générale sur les activités
polluantes. »
La figure 1 donne les grands principes de la REP.

Figure 1 : Les grands principes de la mise en place de la REP – Source MEDDE

Les facteurs clés de cet arrêté du 8/01/2012 sont la fixation des objectifs de réutilisation et de recyclage
pour 2015 à savoir : « Il fixe les conditions de collecte, d’enlèvement et de traitement de ces déchets ainsi
que l’organisation qui devra être mise en place pour parvenir à l’objectif de réutilisation et de recyclage de
45 % pour les déchets d’ameublement ménagers et de 75 % pour les déchets d’ameublement
professionnel ».

Ces objectifs considérés comme très ambitieux par les metteurs sur la marché ont été complétés dans le
Cahier des Charges par un objectif de 80 % pour la réutilisation, le recyclage et autre valorisation pour
les déchets d’ameublement ménagers et professionnels. La conséquence immédiate est la nécessité pour
les metteurs sur le marché de favoriser encore plus la mise en œuvre de l’éco-conception pour atteindre ces
objectifs.

2. Les gisements attendus

Comme montré dans la figure 2, les principales sources du mobilier domestique sont :
- Des meubles de rangements (cuisine, salle de bains, bibliothèques
- Des tables et des chaises
- Des canapés, sofas et fauteuils
- Des lits, sommiers et matelas.
Selon l’art.543-240 du décret du 8/01/12, les produits concernés sont ceux dont la fonction principale
est l’aménagement d’un lieu et qui assurent l’assise, le couchage, le rangement, le plan de pose ou
de travail.
Tous les produits rentrant dans l’une des catégories suivantes sont concernés :
- Les meubles de salon/séjour/salle à manger,
- Les meubles d’appoint,
- Les meubles de chambres à coucher,
- La literie,
- Les meubles de bureau,
- Les meubles de cuisine,
- Les meubles de salle de bain,
- Les meubles de jardin,
- Les sièges.
Figure 2 : les différents mobiliers domestiques (Source site ECOMOBILIER)

Le mobilier professionnel sera concerné par la rubrique Mobiliers techniques, commerciaux et de collectivité.
Le mobilier est multi matériaux : composants à base de bois, métaux, plastiques (PVC, PP, ABS, …),
mousses, textiles, cuirs, etc…L’objet de ce document est de se concentrer sur les matières mousses. Les
mobiliers qui contiennent des mousses de type polyuréthanne ou à base de latex sont la literie
(essentiellement les matelas) et le mobilier rembourré (canapé, sofa, banquette et fauteuil).
Dans l’étude ADEME 2010, le gisement du mobilier usagé a été estimé entre 2.2 et 3.2 millions de tonnes
pour 2009 (2.7 Mt en valeur moyenne) avec environ 22% du gisement mobilier professionnel (575 Kt). Les
Français jettent entre 1,5 et 2 millions de tonnes de meubles soit environ : 25 à 30 kg/hab/an (chiffres
ADEME) et la durée de vie d’un meuble est de plus de 15 ans, 23 ans pour une cuisine, 19 ans pour une
table. (source FNAEM - UNIFA 2010). Selon la Chambre Syndicale de la Literie, un français changerait de
matelas environ tous les 13 ans.

Selon cette même étude ADEME 2010, l’estimation de la répartition des modes de traitement des meubles
en fin de vie est :
- Réemploi et réutilisation : 4 %
- Recyclage matière : 25 %
- Valorisation avec récupération d’énergie : 33 %
- Enfouissement : 38 %

L’objectif de la REP est de limiter au maximum l’enfouissement des meubles ou éléments de meubles. Les
plus gros contributeurs de mousses polyuréthanne ou à base de latex sont la literie et le mobilier rembourré,
soit canapé, sofa, banquettes. Dans l’estimation 2010, 20 % des déchets d’ameublement sont du mobilier
rembourré soit canapé, sofas, banquettes et 12 % environ des matelas.

Pour commencer, un focus a été effectué sur la literie. Dans le cadre d’une part d’une première estimation
faite en 2010 (voir ADEME 2010) et d’une enquête auprès des acteurs de la literie, le tonnage des matériaux
issus de la literie en 2009 est présenté dans la figure 3.
Figure 3 : Estimation des répartitions des matériaux dans les sommiers et matelas
Les différents schémas de commercialisation de la literie domestique (voir tableau 1) sont dominés par
l’équipement du foyer, viennent ensuite les spécialistes de la literie qui représentent des circuits récents
et de moindre envergure (exemple Maison de la literie (~ 250 magasins), Grand Litier (~ 60 magasins),
Univers du sommeil (~20 magasins) ). Il existe une forte importation de l’ordre de 204 millions € de
plaques de mousse pour environ 103 millions € en exportation en 2007.

Tableau 1 : Les circuits de distribution

Les 7 premières marques de literie (voir tableau 2) représentent 70 % du marché français de la literie

Dunlopillo Mousse et latex


Simmons Ressorts
Treca Ressorts
Bultex Mousse
Epeda Ressorts
Mérinos ressorts
Sapsa Bedding Latex
André Renault Toutes technologies
Marques de distributeurs (ex IKEA)
Tableau 2 : Les principales marques de literie sur le marché français

Il est dénombré environ 33 producteurs, en sachant que 2 entreprises sur 3 appartiennent à un groupe.
Deux groupes français réunissent 6 grandes marques de literie, produisent 50 % du CA, et emploient la
moitié des effectifs du secteur. Les principales entreprises sont : Cie intercontinentale Simmons, Cie
Pikolin Recticel, Dunlopillo SA, Sapsa Bedding SA, Cofel et Cauval Industries.

Le tableau 4 donne une estimation de 55 000 tonnes environ de mousse polyuréthanne et 14 000 tonnes
de mousse latex, en majorité du latex synthétique avec peu de latex naturel. La mousse polyuréthanne
représente environ 27 % du tonnage de la literie et les mousses latex environ 7%. L’utilisation de
mousses latex pourrait décroître à cause de la tension sur le marché du latex.
Tableau 3 : Tonnages moyens par matériau

Figure 4 : Estimation des tonnages des matériaux constitutifs de la literie


Literie
60 000 tonnes avec 50 000 tonnes de PU et 10 000 tonnes de Latex
Sièges : 43 000 tonnes de PU environ

Figure 5 : Le gisement potentiel de literie en fin de vie en 2009


Les évolutions & tendances sur les 20 dernières années peuvent être résumées ainsi :
- Le nombre d’unités vendues est resté constant sur 20 ans
- La taille de literie 140*190 reste majoritaire soit environ 70% du marché, mais la taille 160*200 est en
plein essor
- Les sommiers tapissiers disparaissent au profit des sommiers à lattes
- Le sommier bas de gamme en carcasse métallique a été remplacé par une carcasse bois pour une
diminution du poids
- Le sommier milieu/haut de gamme tapissier bois a été remplacé par des sommiers bois latte (1/2
recouvert, ½ non recouvert) : le poids est resté constant
- L’épaisseur des matelas a augmenté donc le poids des matelas a augmenté de 5% depuis 20 ans.

Il faut noter les évolutions de la composition et des assemblages comme suit :


- Le gisement potentiel est d’environ 60 000 tonnes (50 000 t PU / 10 000 t latex) pour la literie
- La mousse est en quantité négligeable dans le sommier
- S’il y a demain une modification de la composition des mousses, peut-on imaginer un impact ?
- Des colles sont utilisées pour assembler la mousse de l’âme avec les autres composants du matelas
- La mousse dans le garnissage est plus complexe à isoler mais présente en faibles quantités
- Une tendance vers une multiplication de composants « exotiques » ou « nobles » en particulier pour
surfer sur le bio, le naturel, …

3. La stratégie de la profession

On se dirige vers l’agrément de 2 éco-organismes :


- ECOMOBILIER, société privée qui regroupe 24 actionnaires dont 12 fabricants et 12 distributeurs de
l’ameublement, va solliciter l’agrément pour le mobilier domestique (http://www.eco-mobilier.fr/)
- VALDELIA, SAS constitué par 13 entreprises industrielles du mobilier de bureau et de collectivité, a
fait les mêmes démarches pour le mobilier professionnel. (http://valdelia.org/)

Leur objectif est d’obtenir l’agrément à l’automne 2012 pour une mise en œuvre de la collecte de l’éco-
participation début 2013. Les barèmes des éco-participations sont en cours de fixation. Des expérimentations
ont été lancées en 2012 pour affiner les chiffres selon les schémas de collecte et la nature et qualité du
gisement pour améliorer les estimations réalisées lors des études de pré configuration de la mise en place
de la REP.

Concernant la literie, les industriels ont le souhait de privilégier la boucle fermée à savoir que les matières
premières secondaires reviennent dans la literie. Il reste qu’il n’est pas possible d’imaginer que 100% de ces
matières soient réutilisables selon le cahier des charges attendu : propriétés physiques, chimiques. A ce jour,
les industriels ont l’habitude d’utiliser des chutes de production mais ces dernières n’ont pas suivi le même
parcours qu’un déchet post consommation.

En conséquence, il faut trouver les marchés hors ameublement où ces matières premières secondaires
peuvent être employées. Tout naturellement les marchés du bâtiment et des transports sont évoqués, à
condition que les matières respectent les critères techniques attendus mais également des contraintes
règlementaires, de mise sur le marché dans des notions d’adéquations de volume et de prix.

Actuellement plusieurs entreprises commencent à se positionner pour valoriser de la literie (matelas en


premier lieu puis sommier). Ainsi le groupe CAUVAL a fait muter son site de l’Aveyron qui fabriquait des
matelas et qui devait fermer en site de valorisation matière des matelas soit retours distributeurs soit fin de
vie (ECOVAL). Ce travail a été réalisé sur plusieurs mois pour mettre au point plusieurs phases du process y
compris machines avec des partenaires (4 brevets déposés). D’autres, comme RECYCMATELAS
démantèlent de la literie en fin de vie pour séparer les matières en balles de mousses, de feutres, etc. pour
ensuite vendre ces matières dans différentes filières et pays.

Pour le mobilier rembourré, soit ce dernier est essentiellement composé de mousse, il est proche d’un
matelas et sera valorisé de façon similaire soit il est composé d’une ossature (bois, métal, etc..) avec de la
mousse revêtu de textile ou de cuir et suivant la complexité de l’assemblage des matériaux, des solutions
manuelles et mécaniques doivent être trouvées pour séparer les matières ou bien tout broyer puis faire de la
séparation.
La question des éventuelles convergences avec d’autres flux dont ceux issus des Véhicules Hors d’Usages
se pose. L’ameublement a commencé par regarder les pistes de séparations utilisées par ce secteur, lors
des études ADEME 2010 en particulier les technologies Möbius et Salyp. Ces dernières pouvaient être des
débuts de pistes à condition de trouver une solution en relation avec la présence des substances chimiques
dans la literie et l’ameublement, et la nécessité d’avoir une « désinfection » pour une contamination
biologique possible de la literie en fin de vie. Si malheureusement, les entreprises utilisant ces technologies
ont arrêté leur activité faute de rentabilité économique, certains y ont puisé des idées.

Si pour rester dans la logique des seuils à respecter dans la REP, il a été traité surtout la valorisation matière,
il ne fait pas oublier la valorisation énergétique, grâce au pouvoir calorifique de ces matières. Si la présence
de certaines substances chimiques peut freiner ce type de valorisation, beaucoup y voit une solution au
démantèlement en particulier du mobilier rembourré et à la contamination biologique de la literie.

Les substances chimiques contenues dans les matières composant la literie et les mobiliers rembourrés sont
suivies dans le cadre du règlement européen REACh mais beaucoup sont déjà réglementées par ailleurs. Or
comme la grande majorité des matelas mis sur le marché en France sont fabriqués en France voire en
Europe de par les attentes des consommateurs français, ce critère devrait être limité, ce qui n’est pas le cas
du mobilier rembourré. Pour le mobilier rembourré, un fort pourcentage des canapés, sofas et fauteuils mis
sur le marché par les circuits de grande distribution provient du grand import (Asie en particulier), pour ces
éléments d’ameublement, la traçabilité des composants et substances est plus difficile à assurer.

Conclusion

La mise en place de la REP Eléments d’Ameublement Usagés devrait augmenter la quantité des gisements
disponibles en mousse de polyuréthanne. Les gisements sont estimés pour la literie à 60 000 tonnes avec
50 000 tonnes de mousses de polyuréthanne et 10 000 tonnes de mousse latex.

Deux entreprises, une pour le mobilier domestique (ECOMOBILIER) et une pour le mobilier professionnel
(VALDELIA) devraient obtenir leur agrément d’éco-organismes fin 2012.

Des acteurs se positionnent sur le marché soit pour séparer les matières afin de les mettre à disposition des
filières de recyclage des matériaux soit pour fabriquer des matières premières secondaires en priorité pour le
secteur de la literie et de l’ameublement mais pas uniquement. Pour atteindre les objectifs attendus fixés
dans le décret de janvier 2012, outre trouver ou améliorer la logistique, le démantèlement et les technologies
de recyclage, tout devra être pensé dès la conception de l’élément d’ameublement tout en répondant aux
critères d’esthétique et d’aptitude à l’usage.

Remerciement à mes collègues Jean-Marc BARBIER, Emilie BOSSANNE et Nathalie SERRANT du pôle
Ameublement de FCBA qui ont contribué aux collectes et à la synthèse des informations de par leurs
connaissances des marchés de la literie et des matériaux qui la composent.

Bibliographie

Dimensionnement et cadrage de filières pour la gestion des mobiliers ménagers et professionnels usagés.
Etude réalisée par Ernst & Young pour le compte de l’ADEME – Novembre 2010

Valorisation de mousses et bois-panneaux de l’ameublement et de literie usagés – Solutions existantes ou à


développer – VALMOPAL – étude réalisée par FCBA pour le compte de l’ADEME – Juillet 2010.

Le grenelle de l’environnement et l’ameublement : une journée pour faire le point – article en ligne sur site
FCBA via le site http://www.fcba.fr/fcbainfo/pdf/grenelle_envt/Journee_Grenelle_04042012_FCBAINFO.pdf
Page de notes
Matériaux biodégradables et biosourcés : différentes fins de vie

Luc AVÉROUS
Professeur à l’Université de Strasbourg, BioTeam/ECPM-LIPHT
25 rue Becquerel - 67087 Strasbourg Cedex 2
Tél. : 03 68 85 27 84 - luc.averous@unistra.fr
www.biodeg.net

I- Introduction
Il est de plus en plus largement admis que l'utilisation de polymères à longue durée de vie pour des applications
de courte durée (emballage, restauration, chirurgie, hygiène ...) n'est pas tout à fait adéquate. Ceci est peu justifié
car il existe dans la population, une préoccupation croissante par rapport à la préservation des écosystèmes. Les
polymères durables et non-renouvelables sont actuellement une source importante de pollution de
l'environnement, lorsqu’ils sont dispersés dans la nature. Par exemple, les sacs plastiques sont bien connus pour
affecter la vie sous-marine et constituent une source de pollutions croissantes. Par ailleurs, les matières
plastiques conventionnelles affectent la gestion des déchets. Aussi, les collectivités (municipalités, organismes
régionaux ou nationaux) prennent conscience des économies importantes que permettraient des déchets
maitrisés et compostables. En effet, la valorisation classique des déchets plastiques présente certains
inconvénients. La valorisation énergétique génère certaines émissions toxiques (par exemple, dioxine) lorsqu’elle
est mal maitrisée. La valorisation matière implique certaines limitations liées aux difficultés de trouver des
débouchés économiquement viables. En outre, la phase de valorisation matière peut créer un bilan
écologiquement négatif sur l’ACV (analyse du cycle de vie) du matériau considéré en raison de la nécessité, dans
presque tous les cas, de laver les déchets de matières plastiques et des consommations d'énergie liées aux
processus de broyage et de retransformation des matières plastiques.
Aussi, le potentiel des polymères biodégradables et plus particulièrement celui de polymères obtenus à partir
d’agro-ressources telles que des polysaccharides (par exemple, de l'amidon) est reconnu depuis longtemps.
Toutefois, à ce jour, ces agro-polymères largement utilisés dans certaines applications (par exemple, l'industrie
alimentaire) n'ont pas trouvé d’applications importantes pour remplacer des matières plastiques conventionnelles,
même s’ils pourraient être une approche à retenir pour surmonter la limitation des ressources pétrochimiques à
venir (peak oil). Aussi, les ressources fossiles (pétroles, gaz ...) limitées pourraient être partiellement remplacées
par des sources plus écologiques, renouvelables et agricoles, tout en participant à la réduction des émissions de
CO2.
Il est à noter qu’un certain nombre de termes utilisés dans ce chapitre (biopolymère, biomacromolécule,
biosourcé...) ont été récemment définis par l’IUPAC (International Union of Pure and Applied Chemistry) et
présentés dans un article de référence [1].
II- Polymères biodégradables
II.1 Concepts : Biodégradabilité et renouvellement
II.1.1 Biodégradabilité et compostabilité
Il existe un certain nombre de normes telles que la norme ASTM D-5488-94d, ou la norme européenne
harmonisée EN 13432 qui définissent des termes tels que biodégradable, compostable, ... qui sont largement
utilisés, parfois mal, comme argument de promotion de matériaux dits « environnementaux ».
La norme NF EN 13432:2000 donne les exigences relatives aux emballages valorisables par compostage et
biodégradation. La norme NF EN 13432 a été acceptée par décision de la commission européenne
(2001/524/CE) et publiée au journal officiel des communautés européennes. Elle est une référence en Europe
dans le domaine. Elle définit la valorisation par compostage et biodégradation comme suit (selon que l’on se
trouve en milieu aérobie ou anaérobie) : sous l’action de micro-organismes en présence d’oxygène,
décomposition d’un composé chimique organique en dioxyde de carbone, eau, et sels minéraux (minéralisation)
avec apparition d’une nouvelle biomasse ; en l’absence d’oxygène, décomposition en dioxyde de carbone,
méthane, sels minéraux et création d’une nouvelle biomasse.
Il est à noter que « les matériaux et constituants d’emballages d’origine naturelle qui n’ont pas été modifiés par
des méthodes chimiques, tels que les ligno-cellulosiques, amidons … sont reconnus comme biodégradables
sans avoir besoin d’être soumis aux essais prévus par la norme. Ils doivent cependant être caractérisés
chimiquement (identification des constituants, teneur en métaux lourds, en carbone organique, en solides secs,
en solides volatils…) et être conformes aux critères de désintégration et de qualité du compost, notamment en
terme d’écotoxicité des résidus.
La norme NF EN 13432 a servi de base à l'élaboration de la norme NFU 52-001 « matériaux biodégradables pour
l’agriculture et l’horticulture » qui a pris effet le 20 février 2005. Il existe d’autres normes pour les matériaux
biodégradables. Certaines sont équivalentes comme la EN 14046:2003 et l’ISO 14855:1999 qui traitent de la
détermination de la biodégradabilité en compost. Une série de normes permet de définir les conditions d’essai de
biodégradabilité suivant le medium utilisé. Il s’agit par exemple des normes EN ISO 14851:2004 (aqueux,
système aérobie, mesure de l’oxygène consommé), 14852:2004 (aqueux, système aérobie, mesure du CO2
dégagé), 14853:2004 (aqueux, anaérobie), 17556 :2004 (sol) et 14855:2005 (compost). Tous ces tests sont
réalisés par comparaison avec un témoin.
> Biodégradable : Afin de qualifier un matériau d’emballage biodégradable, la norme EN 13432:2000 prévoit la
réalisation de tests :
- Conditions : (i) Tests réalisés dans un milieu défini (eau douce, eau salée, sol). (ii) Période de test de 6
mois maximum.
- Résultats physiques et effets sur le milieu : (i) La masse de départ du matériau doit être dégradée à
90% (ii) les résidus doivent donc représenter au maximum 10% de la masse de départ du matériau testé. (iii) Le
résultat de la biodégradation ne doit pas présenter d’effets écotoxiques sur le milieu.
> Compostable : Afin de qualifier un matériau d’emballage compostable, la norme EN 13432:2000 prévoit la
réalisation de tests :
- Conditions : (i) Tests réalisés dans un composteur industriel (en andain ou en tas) (ii) période test de 12
semaines maximum.
- Résultats physiques et effets sur le compost : (i) les résidus doivent représenter au maximum 10% de la
masse de départ du matériau testé, (ii) la taille des résidus doit être inférieure à 2 mm (désintégration), (iii)
l’absence d’effets négatifs sur le processus de compostage et (iv) le résultat du compostage ne doit pas présenter
d’effets écotoxiques sur le compost.
Malheureusement, en fonction de la norme utilisée (ASTM, EN), les conditions de tests (humidité, cycle de
température ...) ne sont pas les mêmes. Il est donc difficile de comparer les résultats obtenus selon diverses
normes.
Quelques règles générales permettent de prévoir l'évolution de la biodégradabilité. Par exemple, une
augmentation de facteurs tels que le caractère hydrophobe, les masses molaires, la cristallinité ou la taille des
sphérolites altèrent la biodégradabilité. Au contraire, la présence par exemple de polysaccharides (cas des
mélanges) favorise la biodégradation.
Il est à noter que la biodégradation ou le compostage représentent une des fins de vie de ces matériaux.
Comme la plupart des matériaux macromoléculaires, ces matériaux sont évidemment recyclables. Pour
cela, certains procédés spécifiques ont été développés pour ces matériaux comme le procédé LooPLA par
Galactic (Belgique) http://www.loopla.org/ pour l’acide polylactique (PLA). Cependant, en général il n’y a pas de
spécificité en terme de recyclage matière, dans la mesure où les matériaux ont été correctement identifiés et
séparés (e.g., cas du PLA vs. PET)
II.1.2 Origine du carbone et développement durable
Il est à noter que l’aspect « biodégradable » ou « compostable » d’un matériau fait référence à sa fin de vie. En
revanche l’aspect « biosourcé » ou « renouvelable » d’un matériau fait référence à son origine et notamment à la
nature du carbone (issu de la biomasse). Ceci est représenté dans le schéma de la Figure 1 par la voie directe de
synthèse (flèche oblique). Dans ce schéma la ressource fossile (pétrole...) peut être vue comme un intermédiaire
séquestrant, qui rallonge le cycle du carbone.

Plus d’un an (Biosynthèse) Biomasse,


CO2 atmosph.
plantes ...

Biotechnologie Millions
1 à 10 ans + Chimie d’années

Ressources
Polymères
fossiles (Pétrole,
Prod. chimiques Chimie Gaz ...)
Figure 1 : Cycle du carbone et voies de synthèse des polymères (directe et indirecte).
Les polymères qui sont à la fois biodégradables et biosourcés s’inscrivent donc dans une approche de
développement durable au travers d’un cycle de vie durable représenté par la figure 2. On parle d’approche
« cradle to cradle » (berceau au berceau), mais aussi de « réincarnation du carbone ». Les matériaux
compostés permettent d’amender les sols et ainsi génére une nouvelle génération de biomasse qui par la
suite se retrouve dans une unité de transformation de la biomasse (bioraffinerie), jusqu'à l’obtention ou
l’extraction du polymère biodégradable.

Figure 2 : Cycle de vie de polymères biodégradables et biosourcés (exemple : l’amidon)

II.2 Classifications des Polymères Biodégradables

Figure 3 : Classification des polymères biodégradables. Source : [2]

Les polymères biodégradables constituent un domaine en pleine expansion [3-5]. Un grand nombre de
polymères biodégradables sont synthétisés ou sont formés dans la nature lors du cycle de croissance de
tous les organismes. Certains micro-organismes et enzymes capables de les dégrader ont été identifiés [4].
Selon le processus de synthèse, différents groupes de polymères biodégradables ont été classifiés. La
figure 3 montre une proposition de classification. Nous avons quatre catégories différentes. Seules les trois
premières catégories (a à c) sont obtenues à partir de ressources renouvelables :
a- des polymères issus directement du fractionnement de la biomasse tels que les polymères d’agro-
ressources ou agro-polymères (par exemple : l'amidon, la cellulose, les protéines ...) et leurs
dérivés,
b- Les polymères obtenus par production microbienne ou fermentation (par exemple : les
polyhydroxyalcanoates),
c- Les polymères synthétisés par voie conventionnelle et dont les monomères sont obtenus à partir
agro-ressources et/ou par biotechnologie (par exemple : l'acide polylactique),
d- Les polymères dont les monomères et les polymères sont obtenus de façon classique, par synthèse
chimique à partir de ressources fossiles (par exemple : le polycaprolactone).
Nous pouvons aussi classer ces différents polymères biodégradables en deux grandes familles: les agro-
polymères (catégorie a) et les polyesters biodégradables (catégories b à d).

Références :
[1] Vert M, Doi Y, Hellwich KH, Hess M, Hodge P, Kubisa P, et al. Terminology for biorelated polymers and
applications (IUPAC Recommendations 2012). Pure Appl Chem. 2012;84(2):377-408.
[2] Avérous L. Biodegradable multiphase systems based on plasticized starch: A review. Journal of
Macromolecular Science - Polymer Reviews. 2004;44(3):231-274.
[3] Steinbuchel A. Biopolymers - General Aspects and Special Applications. Weinheim (Germany): Wiley-
VCH; 2003.
[4] Chandra R, Rustgi R. Biodegradable polymers. Prog Polym Sci. 1998;23(7):1273-1335.
[5] Avérous L, Pollet E. Biodegradable Polymers. In: Avérous L, Pollet E, editors. Environmental Silicate
Nano-Biocomposites: Springer London; 2012. p. 13-39.

Pour en savoir plus : http://www.biodeg.net

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l’usage prévu.
De nouvelles matières : les plastiques végétaux

La vision de la filière emballages

Françoise GERARDI
Délégué Général ELIPSO
5 rue de Chazelles - 75017 Paris
Tél. : 01 46 22 33 66 - f.gerardi@elipso.org

ELIPSO représente les fabricants d’emballages plastiques et d’emballages souples. Notre industrie qui
fournit des emballages pour tous les grands secteurs de l’industrie et de la distribution développe depuis 20
ans une politique forte et déterminée en matière d’environnement. Cette politique se traduit en initiatives très
opérationnelles et fait l’objet de choix, d’actions de veille et d’anticipation et s’accompagne d’un travail en
partenariat et en concertation avec l’amont et l’aval de notre chaîne.

Depuis 2007, à cette époque à la faveur des travaux du Grenelle de l’environnement, nous avons fait des
choix qui sont toujours d’actualité mais qui se sont précisés et actualisés du fait d’une part, de l’initiative
gérée par Eco-Emballages sur l’extension des consignes de tri pour les emballages plastiques ménagers,
d’autre part de l’évolution des technologies de tri et des industries du recyclage ainsi que d’une
connaissance accrue de l’impact environnemental de nos emballages. En ce qui concerne les plastiques
biosourcés, notre approche s’est précisée au fur et à mesure du développement de ces matériaux et de la
meilleure connaissance que l’on peut en avoir.

En ce qui concerne notre politique environnement, notre choix est clair : la prévention par réduction à la
source est le premier facteur d’efficacité environnementale et ce, dans toute la chaîne. Nous poursuivons
donc les initiatives et surtout les travaux d’innovation pour réduire nos emballages.

La réutilisation démontre son efficacité environnementale dans les emballages de transport et poursuit son
développement.

Le recyclage est un axe majeur de gestion de nos emballages en fin de vie et notre action vise à augmenter
le taux de recyclage de nos emballages. Le recyclage de nos emballages a atteint un niveau de
développement qui nous permet maintenant d’aller au-delà de ce qui est accompli, d’asseoir le
développement du recyclage sur plusieurs facteurs clés qui constituent des acquis.

Quels sont-ils ?
Nous disposons d’une industrie du recyclage performante qui s’est installée au cours des vingt années
écoulées, du développement de technologies de tri des matières plastiques, du déploiement de solutions
innovantes pour créer les applications qui intègrent des matières recyclées, dont l’introduction de matière
recyclée dans les applications alimentaires (PET). Nous sommes confiants que les industriels poursuivent
les recherches pour que de nouvelles techniques et même de technologies permettent d’aller encore plus
loin pour l’utilisation de matière recyclée et augmenter le niveau technique ce qui signifie la possibilité
d’entrer dans d’autres applications plus nombreuses et aux exigences techniques et aux fonctionnalités plus
pointues.

L’utilisation de matière recyclée soit en boucle dans nos emballages ou dans d’autres applications des
plastiques constituent un facteur déterminant sur le plan environnemental, économique et d’efficacité de
l’utilisation des ressources, ce facteur a un impact croissant pour la pérennité de nos industries.
Dans le domaine des emballages ménagers, l’extension du tri constitue un objectif très important pour notre
industrie afin de recycler davantage nos emballages. Anticiper la recyclabilité et la démontrer constitue un
axe fort de notre action et nos industriels sont investis dans ce sens et en ont perçu tout l’enjeu. Notre
industrie a engagé la démarche d’éco-conception en termes de recyclabilité dès 2001 en créant avec Eco-
Emballages et Valorplast le COTREP, Comité technique pour le recyclage des Emballages Plastiques. Cette
démarche destinée à toute la chaîne de l’emballage depuis les producteurs de matières plastiques, de
composants, additifs etc, les fabricants d’emballages, les conditionneurs et la distribution a permis de mettre
sur le marché des emballages qui allient innovation et recyclabilité. Cette démarche concernera à terme les
emballages issus de l’extension du tri et destinés à être recyclés.
Dans ce contexte qu’en est-il du positionnement des matériaux plastiques biosourcés ?
Tout d’abord ces matériaux qui ont commencé leur développement depuis 15 à 20 ans ont clairement
marqué une accélération les cinq dernières années. Démarrés avec le concept de matériaux biodégradables
et compostables, ils ont maintenant mis l’accent sur la ressource d’origine végétale. Ces matériaux
constituent pour notre industrie un intérêt certain et sont utilisés de façon croissante. Leur intérêt est clair, ils
constituent d’une part une diversification et un élargissement de nos sources d’approvisionnement et d’autre
part leur intérêt consiste dans leur origine végétale. L’évolution des prix du pétrole, des difficultés
d’approvisionnement qui augmenteront pour les matières plastiques d’origine pétrolière, font des plastiques
biosourcés une alternative qui ne peut être sous-estimée.
La démonstration doit être faite pour chacun de ces matériaux et ce dans la durée, quelle utilisation des
ressources est faite, quelles cultures pour les produire et quelle préservation des sols, qu’ils n’empiètent
pas sur l’alimentation humaine et animale, tous facteurs bien connus.
Très directement dans notre industrie, nous devrons disposer d’Analyse de Cycle de Vie comme nous les
avons pour les résines traditionnelles. Ces matériaux doivent répondre aux caractéristiques techniques
requises pour nos emballages, répondre aux fonctionnalités exigées.
En ce qui concerne leur fin de vie, dès lors que l’emballage considéré est destiné à être collecté et trié pour
aller au recyclage, il est nécessaire que le plastique biosourcé ait un comportement identique aux plastiques
d’origine fossile. Ceci n’entraîne pas de surtri, ne perturbe pas chez les recycleurs ni lors de l’introduction
dans les produits recyclés. Les plastiques biosourcés qui ont la même structure moléculaire que les
plastiques base fossile répondent à ces caractéristiques. Ces plastiques biosourcés existent dorénavant
avec certains polyéthylène et du PET.
D’autres plastiques biosourcés ne répondent pas à ces caractéristiques, ils peuvent être recyclés mais ne
doivent pas être mélangés à d’autres matières plastiques ou ils peuvent être compostés dès lors qu’ils sont
conformes à la norme EN 13432. Ces matériaux sont intéressants puisqu’il s’agit d’une valorisation réelle
mais pour des applications ciblées avec des produits qui seront intégrés dans des flux destinés au
compostage.
Ils devront également être produits en quantité suffisante, leur disponibilité est encore réduite. Ces
matériaux ont encore un prix supérieur à celui des matières plastiques issues du pétrole, mais cet écart se
réduit dans le temps.
Ces matériaux font l’objet de nombreux travaux notamment en normalisation. Un comité technique européen
vient d’être créé le CEN TC 411. Il se décline en cinq groupes de travail qui traitent : la terminologie – les
solvants – le contenu en biosourcé – les ACV et la durabilité – les outils de déclaration. Plusieurs méthodes
existent pour mesurer la part biosourcée, les choix feront l’objet des travaux du TC 411.
En janvier 2012, ELIPSO a adhéré à l’ACDV, Association Chimie du Végétal avec pour objectif de se mettre
en veille active sur les matériaux biosourcés, avoir une bonne connaissance de ces matériaux au fur et à
mesure de leur développement, anticiper cette connaissance, participer à un réseau actif d’industriels et de
centres de recherche sur ces matériaux.
Ces matériaux constituent une opportunité certaine pour notre industrie, ils ne sont plus une entière
nouveauté et sont de plus en plus utilisés. Pour que leur utilisation se développe, Ils doivent s’inscrire dans
une logique apparentée à celle des matières plastiques traditionnelles : remplir les conditions techniques,
de propriétés, de fonctionnalités exigées par le marché, démontrer leurs conditions de production, mettre à
disposition des utilisateurs de ces matériaux leur bilan environnemental, permettre à l’emballage fabriqué en
matière biosourcée de s’intégrer dans un mode de valorisation.
Quand il est destiné au recyclage l’emballage en plastique biosourcé ne doit pas apporter de surcoût ou de
complexité au niveau du tri et de la collecte et ne pas perturber le recyclage ni entraîner de surcoût chez le
recycleur.
L’autre option est le compostage, si le produit le permet il doit pouvoir s’insérer dans un circuit de
compostage et donc répondre à la norme EN 13432.
Les plastiques d’origine végétale constituent donc pour notre industrie une autre alternative en matières de
matériaux. Cependant les exigences auxquelles ils doivent satisfaire sont les mêmes que celles auxquelles
doivent répondre les matières plastiques d’origine fossile y compris en termes de performance
environnementale et gestion en fin de vie.
Notre approche en matière d’environnement se décline de façon globale et comporte des axes majeurs qui
dictent notre action. Cette action ne peut se faire de façon isolée mais bien avec l’amont de notre industrie et
notamment les producteurs de matériaux, avec l’aval c’est-à-dire nos clients et bien entendu des partenaires
institutionnels.
La diversité de nos matériaux qu’ils soient d’origine fossile ou végétale nous permet de répondre aux
besoins du marché dans tous els secteurs de l’industrie et dans la distribution. Ceci s’applique à l’emballage
de consommation et les emballages dans le circuit industriel.
Nous devons développer les ACV afin d’avoir une connaissance des impacts de nos emballages.
Il est nécessaire de décliner toutes les solutions en matière d’environnement adaptées à chaque emballage
pour faire le choix d’emballage pertinent pour le produit, l’utilisateur et l’environnement.
Nous sommes demandeurs de technologies et en veille sur les évolutions que ce soit pour le recyclage de
nos emballages pour lesquels rien n’est figé mais encore en évolution, également pour des solutions de
valorisation énergétique pour les emballages qui ne pourront être recyclés pour des raisons techniques et
économiques.
Depuis 3 ans ELIPSO tient un observatoire environnemental avec ses entreprises. Cet observatoire a pour
but de recenser notamment ce qui a été fait en matière de réduction à la source, d’utilisation de matières
biosourcées, d’incorporation de matières recyclées. Cet observatoire constitue une veille active de notre
industrie.

Nos partenaires de la profession sont PlasticsEurope qui représente les producteurs de matières plastiques
et Valorplast dont plasticsEurope et Elipso sont actionnaires depuis la création en 1993. Valorplast est le
partenaire d’Eco-Emballage pour la valorisation des emballages plastiques ménagers.

Les emballages industriels et commerciaux sont également un axe important de notre action. Deux
associations sont gérées par notre industrie, Ecofut et Eco Pse ainsi que les industries du film.

ELIPSO représente les fabricants d’emballages plastiques et d’emballages souples en France et compte
130 membres ce qui constitue 75 à 90% de représentativité selon les secteurs constituant ces industries.

Les industries de l’emballage plastique et de l’emballage souple en France emploient 40 000 collaborateurs
dans 320 entreprises pour un Chiffre d’Affaires annuel de 7 milliards d’euros.

Ces industries sont présentes dans tous les secteurs industriels et de la distribution (agro-alimentaire,
beauté-santé, hygiène, entretien, chimie, produits industriels, bâtiment, transport et logistique).
Page de notes
Partie 2

DÉMARCHES & OUTILS


POUR L’INNOVATION
ATELIER
L’INNOVATION AU SERVICE DU RECYCLAGE DES PLASTIQUES

PROGRAMME
Partie 2 – Démarches et outils pour l’innovation
Animateur : Jean-Michel LOBRY, Journaliste

Quels soutiens pour la recherche ?


14 h 30 Les dispositifs existants d’aide à la recherche
Erwan AUTRET, Animateur de réseaux de recherche, Service recherche et technologies
avancées, ADEME

Quel rôle pour les éco-organismes ?


Richard TOFFOLET, Directeur technique, Eco-systèmes

Monter des projets collaboratifs au travers des pôles de compétitivité


Patrick VUILLERMOZ, Directeur général, Plastipolis

Vos questions
Comment mieux partager les connaissances et les outils ?
15 h 30 L’association Alliance Chimie Recyclage : une démarche collaborative entre industriels
Jean-Jacques FLAT, Ingénieur de recherche, ARKEMA CERDATO
Marc- Antoine BELTHE, Directeur, VP France Recycling

L’initiative de la filière PVC : Bilan Vinyl 2010 et objectifs VinylPlus à l'horizon 2020
Alain RÉMY, Innovations manager, SolVin-groupe Solvay

Une nouvelle plateforme d’échanges : objectifs, cibles, fonctionnement


Claire BOUJARD, Ingénieur, Service filières REP et recyclage, ADEME

Vos questions

16 h 30 Fin du colloque – Rafraîchissements


Quels soutiens pour la recherche ?
Le recyclage des plastiques :
les dispositifs existants d’aide à la recherche

Erwan AUTRET
Animateur de réseau de recherche, ADEME
Service recherche et technologies avancées
20, avenue du Grésillé - BP 90406 - 49004 Angers Cedex 01
Tél. : 02 41 20 43 08 - erwan.autret@ademe.fr

Au niveau international et en particulier en France, le recyclage des plastiques fait l’objet d’une activité soutenue
de recherche et développement (R&D), comme en témoignent les chiffres de bibliométrie et de bilans de
programmes de recherche. Une quinzaine de dispositifs d’aide contribuent à financer cette activité. Pour autant,
les résultats de la R&D restent limités en termes de retombées industrielles. Cet article présente à l’attention de
porteurs de projets de recherche sur le recyclage de plastiques les dispositifs existants d’aide à la R&D au niveau
national, européen et régional. Il détaille les attentes des financeurs, les priorités inscrites dans les appels à
projets et les modalités de soumission.
1. Le recyclage des plastiques : une activité de R&D soutenue à l’international comme en France
Le tri des plastiques : 1er sujet mondial de publication scientifique dans le domaine de la préparation et
du tri des déchets
L’analyse bibliométrique est un outil efficace pour qualifier et caractériser les niveaux de production scientifiques
et technologiques, et mieux connaître les acteurs d’une filière à l’échelle internationale (pays, institutions, experts).
C’est ce choix d’outil qu’a fait l’ADEME avec le concours d’AJI-Europe et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée
pour mieux appréhender le domaine de la préparation et du tri des déchets1..
Les publications scientifiques analysées sont issues de la base de données Web of Science®2 de Thomson
Reuters, qui fait référence pour la bibliométrie dans les domaines des sciences de la matière et de la vie. Elle a
été utilisée dans sa version « on-line » sur abonnement. Les extractions réalisées portent sur tous les documents
présents dans la base au jour de leur dernière extraction (octobre 2011) publiés depuis l’année 2000, soit
presque 11 années.
Les brevets technologiques retenus proviennent de la base de données PATSTAT, produite et distribuée par
l’Office européen de brevets (OEB), avec l’aide de l’OCDE. Cette base reprend la base « brevets » disponible et
interrogeable sur le site « Espacenet » de l’OEB (www.epo.org). Elle est diffusée deux fois par an et constitue
actuellement la référence pour le calcul d’indicateurs, aussi bien pour les travaux menés par la recherche
académique que pour ceux concernant le pilotage des politiques publiques. Les brevets pris en compte dans
cette étude sont les demandes de brevets publiées et incluses dans la version la plus récente de la base
PATSTAT (octobre 2011) et ayant fait l’objet d’une demande de dépôt depuis 1998 dans l’un des offices de PI
(Propriété Intellectuelle) pris en compte dans la base.
Ces bases ont permis la constitution des corpus de publications scientifiques et de brevets, selon la séquence
méthodologique suivante :
1. Extraction des documents pertinents dans les bases de données à large spectre thématique ;
2. Elimination des documents extraits non pertinents (« débruitage ») ;
3. Structuration du corpus « débruité » en sous-thèmes ; 33 sous-thèmes ont été identifiés selon trois catégories
: « fin de vie », « déchets, matières, mélanges » (dont les plastiques) et « technologies ».
La bibliométrie a chiffré à 1 566 documents la production scientifique et technologiques internationale dans le
domaine de la préparation et du tri des déchets, avec 595 publications recencées dans la base de données Web
of Science® et 971 brevets (cf. tableau 1). Avec une production chiffrée à 310 documents, le tri des plastiques
représente dans le domaine de la préparation et du tri des déchets le 1er sujet de production scientifique
et technologique internationale, avec 125 publications (1er rang ex æquo avec les déchets électriques et
électroniques) et 185 brevets (en seconde place derrière les déchets de construction et démolition). En d’autres

1
Référence : ADEME, Etude bibliométrique : le tri et la préparation des matières et produits usagés, Rapport final, Etude réalisée pour
le compte de l’ADEME par AJI-Europe et l’Université Paris-Est Marne-la-Vallée (UPEMLV) / LATTS, à paraître en 2012
2
C'est une base très sélective, plutôt orientée vers l'activité scientifique académique. Elle est représentative pour les disciplines bien
internationalisées. En revanche, sa représentativité est moins bonne dans les disciplines appliquées, de «terrain», à forte tradition
nationale, ainsi que dans les disciplines (comme l'informatique ou l’ingénierie) où une part importante des informations passe par
d'autres canaux que les journaux scientifiques. Le Web of Science® ne doit donc pas être considéré comme un échantillon représentatif
de la production scientifique mondiale mais plutôt comme un recensement raisonné des meilleures revues de niveau international.
termes, dans le domaine de la préparation et du tri des déchets, le tri des plastiques fait l’objet d’une production
scientifique et technologique sur cinq.
Cinq pays produisent la moitié de la production scientifique et technologique internationale sur le tri des
plastiques, la France se classant en 5ème derrière la Corée du Sud, les USA, l’Allemagne et le Japon.
Ces résultats mériteraient d’être complétés par une analyse bibliométrique d’autres bases de données afin
d’obtenir un échantillon représentatif de la production scientifique mondiale.
Tableau 1. Résultats de la bibliométrie sur la préparation et du tri des déchets : documents scientifiques et
technologiques produits au niveau international sur la période 2000-2011
Publications Brevets Total
Publications + Brevets
Global (33 sous-thèmes) 595 971 1 566
Sous thème « Déchets, matières et 125 (21%) 185 (19%) 310 (20%)
mélanges : plastiques »

2. Le constat de l’ADEME : peu de retombées industrielles malgré un financement significatif de projets


depuis 20 ans
Quel est le bilan du programme de recherche financée par l’ADEME sur la période 1990-2009 concernant le
recyclage des plastiques ? La réponse est contrastée, d’après l’étude intitulée «Synthèse et retombées de 20 ans
d’études et travaux de recherche et développement financés par l’ADEME sur le recyclage des plastiques », hors
pneumatiques usagés, réalisée en 2011 pour le compte de l'ADEME par RDC-Environnement.
Le bilan est satisfaisant, si l’on considère les montants des aides financières versées : entre 1990 et 2009, le
montant total de l’aide financière de l’ADEME est d’environ 8,2 millions d’euros pour 106 projets, dont 60
projets de R&D, 33 thèses et 13 études. Le montant moyen par projet de l’aide financière de l’ADEME varie entre
50 000 et 100 000 € sur la période 1990-2009. 28 projets de recherche sur le recyclage des plastiques ont été
sélectionnés et aidés dans le cadre de neuf appels à projets3 lancés par ADEME. Les auteurs notent que 27%
des projets ont fait l’objet d’un cofinancement par des industriels, des centres de recherche et/ou des institutions.
Le bilan est en revanche mitigé si l’on regarde les retombées industrielles des projets de R&D et thèses. Sur la
base des résultats disponibles (environ 50% des travaux aidés), 13% des thèses et 15% des projets de R&D
ont conduit à des retombées industrielles. Les industriels prennent part à la majorité des projets ayant abouti à
des retombées industrielles : dans 42% des cas il s’agit de projets menés seul par un industriel, et dans 25% des
cas il s’agit d’un partenariat entre industriel(s) et centre(s) de recherche.
Les principaux facteurs de succès et freins à un développement industriel des résultats de la recherche ont été
mis en évidence. En ce qui concerne les facteurs en lien avec le contexte, outre l’influence des réglementations
qui encouragent ou imposent la mise en place de filières, la présence et le bon fonctionnement de ces filières de
recyclage est indispensable : les projets ayant abouti visent pour l’essentiel des déchets dont la collecte et le
traitement sont encadrés par des textes réglementaires (REP). Pour les facteurs de succès en relation avec
déchets entrants, le coût de ces déchets entrants va de paire avec la rentabilité de la technologie utilisée lors du
recyclage. Pour les facteurs de succès en relation avec les débouchés, la performance et la qualité sont
primordiales. Les facteurs en lien avec les relations dans la filière soulignent l’importance de la communication
entre les acteurs de la filière, que ce soit pour assurer un bon fonctionnement de la filière ou pour participer au
développement de technologies et débouchés répondant aux attentes des utilisateurs de matières recyclées.
Contrairement aux facteurs de succès, rares sont les freins qui sont désignés comme importants voire décisifs
pour plus de 50% des projets. Cela s’explique notamment par le caractère non-abouti de la recherche, cité
comme principal frein pour les projets couverts.
3. Une quinzaine de dispositifs d’aide pour la R&D dans le domaine du recyclage des plastiques
Les dispositifs d’aide à la recherche sont d’une façon générale adaptés à un ou plusieurs stades de
développement, depuis la recherche la plus amont jusqu’à l’étape d’expérimentation industrielle, et avant la phase
de déploiement commercial. Ils présentent des spécificités qui sont décrites ci-après.
3.1. Le programme Ecotechnologies et éco-services (ECO-TS) 2012-2014 de l’Agence Nationale de la
Recherche (ANR)
Le programme ECO‑TS est un nouveau programme qui prend le relais en 2012 du programme ECOTECH
(2009-2011). Il adopte un positionnement de recherche générique visant à renforcer la communauté française
dans le domaine en croissance des éco-innovations. Il se positionne en amont du programme Eco-Industries

3
Recyclage avec Eco-Emballages en 1996, Recyclage en 1998, Procédés de recyclage chimique des matières plastiques - phase 1 en
2002 et phase 2 en 2003, valorisation des DEEE en 2005, Tri et recyclage en 2008 et 2009
(2009-2012) porté conjointement par le Ministère de l’industrie, l’ADEME et Oséo. Il cible à la fois les notions de
recherche technologique et de services associés, afin de développer la compétitivité des éco-industries
françaises. Le programme ambitionne de prendre en compte l’essentiel des problématiques issues des impacts
sur l’environnement générés par les pressions anthropiques (pollutions, consommation des matières premières),
mais est désormais élargi aux pressions générées par le changement global (changement climatique,
préservation des ressources naturelles, risques naturels, évènements extrêmes). Le programme se décompose
en 2 axes :
- Axe thématique 1 : Vers une économie circulaire (Changements de paradigme, Boucler les flux de matières)
- Axe thématique 2 : Adaptation et remédiation face aux contraintes des changements environnementaux
(Monitoring de l’environnement, Technologies et services pour l’adaptation et la remédiation des impacts du
changement global, Remédiation des environnements pollués).
Sont attendus :
- des projets de recherche essentiellement finalisée ; certains sujets traitant d’approches relativement amont
mais à haut potentiel seront pris en compte dans le programme, et sans condition partenariale ;
- 70-80 % de projets en partenariat public-privé et 20-30 % de projets n’impliquant que des laboratoires pour
les projets de recherche plus académique ;
- des projets « tripodes », cʹest-à-dire favorisant l’insertion de PME. Ces projets associent recherche,
développement technologique et utilisateurs finaux.
Le prochain appel à projets sera ouvert en novembre 2012.
3.2. Le programme « Recherche Développement et Innovation » de l’ADEME
En tant qu’agence d’objectifs, l’ADEME est en charge de l’orientation et de l’animation de la recherche dans ses
domaines d’intervention : énergies renouvelables, air, bruit, efficacité énergétique, sol, déchets. Dans un objectif
de participation à la structuration de filières industrielles, l'ADEME mobilise son activité de recherche,
développement et innovation en synergie avec ses autres modes d'intervention (aide à l'investissement, aide à la
décision, formation, communication). En quelques chiffres, le programme « Recherche Développement et
Innovation » mobilise chaque année environ 200 ADEMiens (soit 100 équivalent temps plein) et représente :
- 300 contrats/an sélectionnés et financés d’une durée moyenne de 24 mois ;
- environ 40 millions d’euros par an de financements incitatifs pour la recherche ;
- 200 000 euros en montant d’aide moyen par projet ;
- 60 nouvelles thèses engagées par an, plus de 1000 thèses depuis 1992 ;
- 60 % des aides à destination du secteur privé.
La recherche sur le recyclage des plastiques est éligible à deux appels à projet financés dans le cadre de ce
programme : l’appel à projets « Eco-Industries » (ADEME, DGCIS et OSEO) et « Tri et recyclage des déchets
d’emballages plastiques ménagers » (Eco-Emballages et ADEME).
a) L’appel à projets « Eco-Industries » conjoint à l’ADEME, la DGCIS et OSEO
Suite au Grenelle de l’Environnement et aux conclusions du Comité d’Orientation Stratégique des Eco Industries
(COSEI), un renforcement du soutien public au développement des écotechnologies a été décidé. Cette volonté
s’est concrétisée par l’allocation d’une enveloppe de 30M€ sur 3 ans dans le cadre du Fonds de Compétitivité des
Entreprises (distribuée par la DGCIS) et la mobilisation au sein de l’ADEME de fonds dédiés au travers du
programme « Recherche Développement et Innovation ». Afin de simplifier le travail des porteurs de projet et
favoriser la lisibilité de l’action des pouvoirs publics, un appel à projets pluriannuels « Eco-Industries » commun
aux 3 organismes DGCIS, OSEO innovation et ADEME a été lancé en 2009, 2010 et 2011. Ce programme s’est
poursuivi en 2012. Cet appel à projet a été engagé en complémentarité du programme ECOTECH / ECO-TS
piloté par l’ANR, qui se focalise sur la recherche technologique plus en amont.
Sont attendus des projets d’entreprises qui conçoivent et développent des produits, des procédés et des services
innovants dans le domaine du développement durable, en particulier :
- des démonstrateurs à fort potentiel économique et environnemental, avec des perspectives de mise sur
le marché relativement proches (3 à 5 ans) ;
- des projets collaboratifs, présentés par un consortium d’industriels (grandes entreprises, PME,
entreprises de taille intermédiaire (entre 250 et 5000 personnes) et des centres de recherche ou des
laboratoires publics) ; les consortiums devront comporter au moins un laboratoire et deux entreprises ;
- des projets individuels, présentés par une PME ou une entreprise de moins de 2000 salariés.
La clôture de l’appel à projets 2012 était le 9 mai 2012.
b) L’appel à projets 2012 « Tri et recyclage des déchets d’emballages plastiques ménagers » d’Eco-
Emballages avec l’ADEME
Afin de favoriser le développement et la mise au point des technologies qui seront nécessaires à l’extension des
consignes de tri, un appel à projets auprès des industriels, opérateurs, utilisateurs des matériaux recyclés, centres
techniques et centres de recherche exerçant dans les domaines du tri et du recyclage des emballages a été lancé
en 2010. Les projets retenus ont porté sur un certain nombre des thèmes, sans pour autant traiter tous les volets
du recyclage mécanique. Ces projets, réalisés en 2011 pour la plupart, dégagent un certain nombre de sujets à
approfondir qui sont inscrits dans le texte de l’appel à projets 2012.
L’appel à projets 2011 « Trier, séparer par résines, recycler et utiliser les matériaux recyclés issus des emballages
plastiques ménagers » a été lancé auprès des metteurs en marché dans le but de développer des emballages en
plastique s’intégrant plus facilement dans les filières de recyclage, dans le cadre de l’expérimentation sur le
recyclage élargi des plastiques, et pour compléter les travaux déjà engagés à la suite du l’appel à projets 2010.
L’appel à projets 2012 « Tri et recyclage des déchets d’emballages plastiques ménagers» est lancé dans le cadre
du développement du recyclage et de la valorisation des emballages ménagers en plastique. Il a pour objectif de
poursuivre les expérimentations, les développements, les essais, … de techniques de tri et de filières de
recyclage dans la perspective de recycler la part optimale des emballages ménagers en plastique.
Sont attendus des projets :
- innovants à fort potentiel économique et environnemental, s’inscrivant dans la thématique retenue, avec des
perspectives de mise sur le marché proches, dans un délai de 2 à 3 ans maximum ;
- d’une durée comprise de préférence entre 6 et 12 mois ;
- piloté par une entreprise, quel que soit son secteur : économique, industriel ou de services.
La clôture de l’appel à projets 2012 était le 30 mars 2012.
3.3. Les appels à projets de R&D collaboratifs du fonds unique interministériel (FUI) à destination des
pôles de compétitivités
Mise en place en 2005, la politique des pôles de compétitivité a pour objectif de renforcer la compétitivité de
l’économie française et de développer la croissance et l’emploi. Elle encourage les démarches partenariales entre
trois acteurs clés de l’innovation (les entreprises, les établissements de recherche et les organismes de formation),
autour d’une stratégie commune, sur une thématique et un territoire donnés. L'État accompagne le développement
des pôles de compétitivité en octroyant, via le fonds unique interministériel (FUI), des aides financières aux meilleurs
projets de R&D sélectionnés lors d'appels à projets (deux par an). Le fonds est doté de 600 M€ sur la période 2009-
2012 dont 495 M€ pour les projets de R&D et 105 M€ pour les plates-formes d’innovation4. Ses contributeurs sont
les ministères chargés de l’Industrie, de la Défense, de l’Équipement, de l’Agriculture, de la Santé, l’Aménagement
du territoire.
Sont attendus des projets :
• innovants, devant conduire sauf exception, à une mise sur le marché à un terme de l’ordre de 5 ans à
compter de la fin du programme de R&D ;
• collaboratifs, en rassemblant au moins deux entreprises et un laboratoire ou organisme publique de
recherche ou organisme de formation ;
• piloté par une entreprise de tout secteur économique, industriel ou de services ;
• labellisés par au moins un pôle et réalisés en majorité dans les territoires du ou des pôles ;
• d’un montant d’aide de préférence supérieur à 750 000 euros ; les projets, les plus importants en termes
d’assiette, ont vocation à être préférentiellement orientés vers la procédure « projets structurants des pôles
de compétitivité (PSPC) ».
Le lancement du 15ème appel à projets de R&D collaboratifs du fonds unique interministériel (FUI15) est prévu en
septembre 2012.
3.4. Le programme du réseau Record de recherche coopérative sur les déchets et l’environnement
RECORD est une association créée en 1989 à l’initiative du Ministère de l’Environnement regroupant 12
membres : 10 industriels (EDF, Renault, VEOLIA PROPRETE, GDF-SUEZ, SITA, SOLVAY, TOTAL, TREDI,
groupe TIRU, SOCOTEC), l’ADEME et le ministère de l’environnement. RECORD a pour objet de promouvoir
une collaboration entre industriels, scientifiques et pouvoirs publics pour faire progresser les connaissances et la
recherche dans le domaine des déchets et des sols pollués. RECORD finance essentiellement des études d’état

4
Au-delà du premier objectif d’émergence et de financement de projets de R&D collaboratifs, les projets structurants tels que des
plates-formes d’innovation cofinancées par le fonds unique interministériel (FUI) permettent de renforcer l’écosystème des pôles de
compétitivité. Deux appels à projets ont été lancés en 2008 et 2010.
de l’art et de benchmark ainsi que des projets de recherche. Dix à quinze études sont soutenues par RECORD
chaque année.
Les thématiques d’études et de recherche s’articulent autour des quatre axes :
• connaissance et caractérisation des déchets et des pollutions ;
• traitement et valorisation des déchets et des sols pollués ;
• évaluation des impacts sur la santé et sur le milieu naturel ;
• développement et intégration des connaissances issues des sciences sociales.
A ce jour, RECORD a financé plus de 100 contrats d’étude, qui ont donné lieu en particulier à 30 états de l’art, 15
thèses et 5 ouvrages.
Les appels d’offres de RECORD sont consultables en ligne sur www.record-net.org.
3.5. Le programme Investissements d’avenir
Les investissements d’avenir seront exclusivement destinés à financer des projets à haut potentiel pour
l’économie, dans les secteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche, des filières industrielles et des
PME, du développement durable et de l’économie numérique5.
Deux dispositifs de ce programme sont particulièrement adaptés au financement de projets de recherche et
d’innovation concernant le recyclage des plastiques : l’appel à manifestation d’intérêts « Collecte, tri, recyclage et
valorisation des déchets » géré par ADEME et l’appel à projets R&D structurants des pôles de compétitivité
(PSPC) géré par OSEO.
a) L’appel à manifestation d’intérêts « Collecte, tri, recyclage et valorisation des déchets » (ADEME)
L’appel à manifestation d’intérêts (AMI) « Collecte, tri, recyclage et valorisation des déchets » vise à soutenir le
développement d’innovations et de solutions industrielles afin d’augmenter la réutilisation, le recyclage et la
valorisation de matières issues de déchets6. Il contribue à renforcer le développement national ou à l’international
de l’industrie française dans ce domaine. Cet AMI couvre l’ensemble des activités économiques de la valorisation
des déchets de leur précollecte à leur valorisation et tous les types de matières hormis les déchets nucléaires, les
sédiments et les terres excavées.
Sont attendus des démonstrateurs, des expérimentations préindustrielles et des plateformes technologiques qui
développeront des solutions dont le but est de :
• mobiliser et valoriser des gisements de déchets pour lesquels le taux de recyclage ou de valorisation est
encore insuffisant ;
• faire évoluer les centres de tri vers plus de flexibilité, de modularité et de performance ;
• développer l’utilisation de matières recyclées dans les produits et matériaux;
• optimiser la production d’énergie à partir de déchets ;
• anticiper le recyclage et la valorisation de futurs déchets ;
• mieux connaître l’origine et la composition des matières sur l’ensemble des filières.
Les travaux éligibles à cet appel à manifestations d’intérêt portent non seulement sur les techniques, les
procédés, les méthodes et les produits mais aussi sur les services, les modèles d’affaire et la logistique. Sont
également ciblées les innovations organisationnelles correspondant à de nouvelles coopérations entre agents
économiques. Enfin, les projets associent dans la mesure du possible différents acteurs industriels d’une même
filière. Ils montrent la faisabilité technico-économique des solutions proposées et étudient leurs impacts et
bénéfices environnementaux et sanitaires, économiques et sociétaux. Sont instruits en priorité les projets dont le
montant total des dépenses proposées est supérieur à 2 M€.
La clôture du premier appel à manifestation d’intérêts était le 3 novembre 2011.
b) L’appel à projets R&D structurants des pôles de compétitivité (PSPC, OSEO)
Le programme Investissement d’avenir, via l’appel à projets R&D structurants des pôles de compétitivité (PSPC),
vise à faire des meilleurs pôles français les compétiteurs des grands clusters mondiaux en structurant autour de
ces pôles les filières industrielles existantes ou à venir.

5
Projet de loi de finances rectificative adopté le 9 mars 2010 (exposé des motifs)
6
Cet AMI fait parti du volet développement durable des investissements d’avenir, doté de plus de 6 Mds € consacrés au soutien des
phases de recherche et de pré-industrialisation dans les filières vertes d’avenir, dont 250 M€ pour l’économie circulaire privilégiant le
recyclage des déchets, la réhabilitation des sites et sols pollués et l’éco-conception.
Sont attendus, en plus des exigences communes aux appels à projets de R&D collaboratifs du fonds unique
interministériel (FUI, cf. 3.3 plus haut), des projets :
• qui contribuent à structurer des filières industrielles existantes ou émergentes en relation avec la recherche
publique et renforcer les positions des industries et entreprises de services sur les marchés porteurs ;
• qui contribuent à l’émergence de nouvelles filières, de manière que se conforte ou se constitue un tissu de
relations industrielles collaboratives durables et pérennes entre grandes, moyennes et petites entreprises,
autour de leaders industriels, donneurs d’ordres ou offreurs de nouveaux produits ou services très innovants
et à haute valeur ajoutée ;
• structurants qui doivent viser des retombées économiques et technologiques directes sous forme de
nouveaux produits, services et technologies, et des retombées indirectes en termes de structuration durable
de filières ;
• dont le montant de l’assiette de travaux est généralement compris dans une fourchette de 8 à 50 millions
d’euros. Leur réalisation devra comporter des phases de recherche industrielle ainsi que des phases plus
aval de développement expérimental, préalables à la mise sur le marché.
La clôture de l’appel à projets 2012 était le 15 janvier 2012.
3.6. Les aides d’OSEO à l’innovation pour les éco-entreprises et à l’innovation stratégique industrielle
(ISI)
OSEO accompagne et finance des projets innovants à composante technologique ayant des perspectives
concrètes de commercialisation, en favorisant notamment les projets collaboratifs entre entreprises et/ou entre
acteurs publics et privés. OSEO intervient spécifiquement dans le domaine dans la préservation de
l’environnement préventive ou curative, notamment sur la gestion des déchets. Sont éligibles :
• les projets d’entreprises implantées en France dont l’effectif est inférieur à 2 000 personnes et n’appartenant
pas à un groupe de plus de 2 000 personnes ;
• tout projet d’innovation (collaboratif ou non), de développement de produits, procédés ou services à contenu
technologique présentant des perspectives d’industrialisation et/ou de commercialisation ;
• les dépenses directement liées à l’étape de développement de l’innovation (travaux des activités de
recherche industrielle et de développement expérimental) ;
• notamment, la réalisation et la mise au point de prototypes, préséries, installations pilotes ou de
démonstration, les coûts de propriété intellectuelle (le dépôt et l’extension de brevet pour les PME, …) ou de
mise aux normes, les études de marchés tests, l’actualisation du plan d’affaires du lancement industriel et
commercial, ... (les coûts d’industrialisation et de commercialisation ne sont pas éligibles) ;
OSEO aide aussi les projets d’innovation stratégique industrielle (ISI). Le programme ISI concerne des projets
collaboratifs stratégiques rassemblant au moins deux entreprises et un laboratoire. Les projets doivent contribuer
à créer ou renforcer de nouveaux champions européens ou mondiaux. Ces projets collaboratifs structurants
permettent de réunir toutes les compétences utiles d'entreprises et laboratoires autour de travaux de R&D pour
mettre sur le marché des produits, procédés ou services, à forte valeur ajoutée, générateurs de croissance. Le
montant d’une aide ISI accordée par projet est compris entre 3 millions d'euros et 10 millions d'euros.
3.7. Les dispositifs d’aide de la Commission Européenne
Les dispositifs d’aide de la Commission pour la période 2007-2013 et les plus pertinents pour accompagner la
recherche sur le recyclage des plastiques sont les programmes 7ème PCRD, LIFE+, ERA-Net ECO-INNOVERA et
Eurostars. Ces dispositifs sont amenés à évoluer dans le cadre de la stratégie Europe 2020 adoptée par l’Union
Européenne pour la période 2014-2020.
a) Le 7ème PCRD, programme cadre de recherche et développement
Le 7ème PCRD (ou FP7 pour 7th framework programme) vise à soutenir des projets R&D européens portés par
des acteurs publics et/ou privés. Il comporte plusieurs volets et opportunités de financement.
• Dans le cadre du volet « coopération », il permet de soutenir des activités transnationales de R&D sur le
thème de l’environnement et de la gestion des déchets en particulier. L’appel à propositions « FP7-ENV-
2013-two-stage » comporte une rubrique spécifique « 6-3 » au soutien de projets collaboratifs de recherche
sur des innovations technologiques, de procédés et de service pour convertir les déchets en ressources. Sont
attendus des projets pour lesquels la demande d’aide de la commission pour les PME est au moins égale à
30% de l’aide total du projet.
La clôture de l’appel à propositions « FP7-ENV-2013-two-stage » est le 16 octobre 2012 pour la première
étape et le 28 février 2013 pour la seconde.
• Dans le cadre du volet « capacités », l’appel à propositions « Recherche au profit de PME, FP7-SME-2013 »
du 7ème PCRD permet à un groupement de PME d’externaliser leurs projets collaboratifs de recherche. Un
projet type comporte environ 5 à 10 partenaires, a un budget total de 500k€ à 1,5M€, et dure 12 à 24 mois.
Sont attendus des projets :
o Collaboratifs qui associent 3 PME indépendantes (dont une qui doit porter le projet) situées dans
trois états membres de l’Union Européenne ou Etat associés différents ;
o 2 prestataires de R&D indépendants des autres participants qui exécuteront en tout ou partie des
activités de R&D demandées par les PME (université, organismes de recherche, entreprises
réalisant des activités de recherche) ; ils sont alors considérés comme sous-traitant des PME
La clôture de l’appel à propositions « FP7-SME-2013 » est le 15 novembre 2012.
b) Le réseau européen ERA-Net ECO-INNOVERA
Le réseau européen ERA-Net ECO-INNOVERA auquel participent l’ADEME et l’ANR permet de financer des
projets de recherche transnationaux dans le domaine de l’éco-innovation, et du recyclage en particulier. Dans ce
cas, après un processus de sélection par appel à projets, les organismes membres de l’ERA-Net financent
directement les équipes de recherche de leur pays. Un premier appel à projets a été lancé en 2011 par les
organismes financeurs membres du réseau et émanent de 13 pays et régions7. L'objectif de cet appel à projets
était de financer des projets de recherche transnationaux sur le thème de l’éco-innovation autour des priorités
suivantes : changement de paradigme, industries et produits soutenables et recyclage. Etaient attendus des
projets qui, outre leur excellence scientifique, devaient tenir compte des impacts environnementaux et socio-
économiques avec une vision claire des marchés et des secteurs économiques concernés.
L’ouverture du second appel à projets de l’ERA-Net ECO-INNOVERA est prévue pour janvier 2013.
c) le programme LIFE+
Le programme LIFE+ finance des projets qui contribuent au développement et à la mise en œuvre de la politique
et du droit en matière d’environnement. Les projets relatifs à la réduction, au recyclage et à la gestion des déchets
sont éligibles. Les propositions doivent être déposées auprès du Ministère de l’Écologie. Le programme LIFE+ se
subdivise en trois volets thématiques : « Nature et biodiversité», «Politique et gouvernance en matière
d'environnement», et «Information et communication». Chaque année, la Commission lance un appel à
propositions tenant compte du programme stratégique pluriannuel et des éventuelles priorités nationales qui lui
ont été transmises. La Commission décide quels projets, parmi ceux qui lui sont présentés, peuvent bénéficier du
soutien financier de LIFE+.
La clôture du 6ème appel à propositions du programme LIFE+ était le 26 septembre 2012.
d) Le programme Eurostars
Le programme Eurostars, élaboré par EUREKA8 et la Commission européenne, soutient les PME innovantes et
finance leurs projets collaboratifs européens de recherche et développement de nouveaux produits, procédés ou
services orientées marché et à fort potentiel de croissance. Il cible prioritairement les entreprises qui réalisent de
forts investissements en R&D. OSEO est le financeur français du programme.
Sont attendus des projets :
• collaboratifs qui associent à minima 2 entités indépendantes situées dans deux pays membres
d’EUROSTARS différents ;
• portés par une PME ;
• devant déboucher sur une commercialisation au plus tard 2 ans après la fin du projet (proche du marché) ;
• d’une durée entre 18 et 36 mois ;
• d’un montant total des dépenses d’environ 500 k€ à 3 M€.
La clôture du prochain appel à projets est le 4 avril 2013
3.8. Les dispositifs régionaux
La liste des dispositifs d’aide ne pourrait être complète sans l’échelon régional. Nous présentons ici trois initiatives
régionales, non exhaustives et non représentatives de la diversité des spécificités locales, qui présentent l’intérêt
d’offrir un guichet unique fonctionnant par appel à projets.
• En région Aquitaine, afin de renforcer l'offre de services, de technologies et d'équipements destinés à
mesurer, prévenir, limiter et corriger les atteintes à l'environnement, le Conseil régional d'Aquitaine, Oséo
Aquitaine, l'ADEME, la DIRECCTE Aquitaine et l'Agence de l'Eau Adour-Garonne lancent avec le soutien des
fonds FEDER, en collaboration avec l'Agence de Développement Industriel (ADI) et les pôles de

7
: l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, la Finlande, la France, le Luxembourg, la Pologne, la Suède, la Suisse, la Région Basque
(Espagne), la région Flamande (Belgique), la Région Wallonne (Belgique), la Turquie)
8
Initiative intergouvernementale destinée à promouvoir la coopération en matière de R&D entre entreprises européennes associées au
cas par cas avec des instituts de recherche, EUREKA permet aux PME d'obtenir un label et d'accéder à un financement de leur projet
collaboratif de Recherche, Développement et Innovation (RDI). Le label EUREKA certifie la qualité du projet.
compétitivités ou clusters XYLOFUTUR, AVENIA et CREAHd un appel à projets visant à soutenir les
démarches innovantes individuelles ou partenariales des entreprises régionales. La gestion des déchets, la
valorisation et le recyclage font partis des thèmes prioritaires depuis la première édition en 2006.
L’appel à projet s’adresse notamment aux entreprises ou établissements situés en Aquitaine, créés avant le
1/01/2009 :
o qui souhaitent réaliser un développement éco-innovant ;
o qui se diversifient en créant de nouvelles éco-activités ;
o qui mettent au point des produits éco-conçus ;
o qui innovent dans des modes d'organisation ou de production durables.
3 dates limites de dépôt de dossier étaient possibles : 1er mars 2012, 1er juin 2012 et 1er octobre 2012.
• La Région Midi-Pyrénées, au travers de la mise en place de l’appel à projets ECO’INNOV et ENERGIE
2012, souhaite participer au développement de l’éco-innovation en soutenant des projets industriels
novateurs, rentables et exemplaires ayant pour but le développement de solutions innovantes pour la
conception, la fabrication de produits, services, procédés et systèmes, notamment dans le domaine prioritaire
de la caractérisation et du traitement des déchets.
Sont attendus des projets :
o portés par une PME de Midi-Pyrénées ;
o collaboratifs, composé a minima du porteur de projet et d’un laboratoire public de recherche de Midi-
Pyrénées ;
o dont les résultats devront être valorisés industriellement sur le territoire Midi-Pyrénées et/ou devront
présenter des retombées économiques pour le territoire Midi-Pyrénées ;
o d’une durée n’excédant pas 24 mois
La clôture de l’appel à projet était le 31 mai 2012.
• La Région Rhône-Alpes, OSEO, l’ADEME et la Caisse des Dépôts, en association avec l’INPI, l’AFNOR et
l’ARDI ont décidé de lancer un dispositif commun, dénommé INNOV’R®. Il s'agit d'un appel à projets
permanent visant à encourager les éco-innovations au sein des entreprises rhônalpines (TPE, PME/PMI)
dans les domaines des énergies renouvelables, de la construction et de l'aménagement durables (éco
matériaux, principes constructifs), des procédés, produits et services éco-innovants, de la gestion des
émissions polluantes, de la mesure et de l'évaluation environnementale.
Afin de simplifier la démarche des entreprises, ce guichet unique en Rhône-Alpes pour les éco-innovations a
été créé. Chaque fin de mois, les projets reçus sont analysés et orientés vers le financement le plus adapté
qui prend la forme soit d'une subvention, soit d'une avance remboursable, en fonction de l'état d'avancement
du projet et de sa taille.
4. Conclusion
Si les dispositifs d’aide ne manquent pas aujourd’hui pour financer la recherche dans le domaine du recyclage
des plastiques, reste à choisir le dispositif le plus pertinent et à passer l’étape de sélection.
Nous avons présenté dans cet article les différents dispositifs, aussi bien à l’échelle européenne que nationale et
régionale. Pour aller plus loin, et faciliter le choix du dispositif le plus adapté, nous recommandons aux porteurs
de projet de R&D d’anticiper le plus en amont les questions suivantes qui sont autant de critères d’éligibilité et de
sélection des appels à projets :
- nature de la recherche : connaissance nouvelle, recherche industrielle, développement expérimental, et/ou
expérimentation industrielle ?
- projet en propre ou collaboratif ?
- statut du porteur du projet et des partenaires éventuels (public, privé, PME,…) ?
- localisation géographique des bénéficiaires ?
- montant d’aide maximum ?
- durée maximum du projet ?
- potentiel économique, environnemental et social ?
- perspectives de mise sur le marché ?
L’étape de R&D n’étant pas une fin en soi, gageons que les travaux en cours et à venir ouvriront de réelles
perspectives de retombées industrielles et d’applications commerciales.
Rôle d’Eco-systèmes dans le développement des technologies
de recyclage des plastiques issus des DEEE

Richard TOFFOLET
Directeur Technique, ECO-SYSTEMES
12 place de la Défense - 92400 Courbevoie
Tél. : 01 70 91 63 74 - rtoffolet@eco-systemes.fr

En tant que représentant des producteurs et porteur de leur responsabilité sur la fin de vie des produits, Eco-
systèmes se doit de contrôler la stricte application de la réglementation sur le transport et le traitement des
fractions plastiques issues du traitement des DEEE.
1- CONSTATATION
Dans l’état actuel des solutions techniques disponibles, plusieurs dysfonctionnements majeurs peuvent être
constatés. Les fractions plastiques sont aujourd’hui gérées en majorité par des opérateurs du négoce
rendant opaque la destination finale de ces fractions. Par ailleurs, les routes empruntées par ces fractions
n’obéissent que rarement aux obligations réglementaires définies par la convention de Bâle et l’ensemble
des textes sur les transferts transfrontaliers. Enfin, il y a de fortes présomptions à ce que ces plastiques
soient traités dans certains pays asiatiques dans des conditions non acceptables vis-à-vis des orientations
réglementaires Européennes en matière d’environnement et de protection sociale.
2- OBJECTIF
L’objectif d’Eco-systèmes est d’avoir un accès direct au gisement des plastiques car ceux-ci sont
susceptibles de contenir des RFB et d’en assurer la prise en charge responsable afin de les diriger vers des
unités de traitement validées, si possible de proximité et si possible pour alimenter les producteurs en
matière recyclée dans le cadre d’un recyclage en boucle fermée. Eco-systèmes vise également à limiter la
fuite des plastiques vers des unités non contrôlées en particulier vers les pays asiatiques.
3- STRATEGIE INDUSTRIELLE
Ces préoccupations sont transmises aux acteurs de la filière par quatre moyens que nous souhaitons
privilégier :
- la participation active à la clarification de la règlementation complexe et foisonnante sur
les plastiques et en particulier la rédaction d’une circulaire précisant les modalités de
transport, de tri et de valorisation des fractions plastiques chargées en retardateurs de
flamme bromés.
- la mise en œuvre, au niveau Européen et au travers des projets de normalisation
WEEELABEX, de protocoles et d’outils d’évaluation de la conformité des fractions.
- la rédaction d’un cahier des charges spécifiant les exigences d’Eco-systèmes vis-à-vis
des modalités de prise en charge contractuelles de la fraction plastique avec RFB.
- la consultation de la profession pour créer en France deux à trois unités industrielles
dédiées au tri des plastiques de DEEE.
Devront notamment être clarifiés dans ces divers documents :
- l’exigence de la directive DEEE concernant le retrait des plastiques avec RFB,
- la notion de statut de déchet dangereux / non dangereux. Cette notion était caractérisée
par un flou au niveau de la réglementation ce qui ne permettait pas de fixer de façon non
discutable le statut dangereux ou non dangereux pour la fraction plastique avec RFB,
- la réglementation sur le transfert transfrontalier (précautions nécessitant d’être prises /
émission de document de traçabilité).
4- CAHIER DES CHARGES
Eco-systèmes a rédigé un cahier des charges fixant ses exigences quant aux modalités de prise en charge
des plastiques pour organiser une consultation de la profession. Ce cahier des charges développe les points
suivant :
1) Obligation de retrait des plastiques avec RFB en précisant la liste des RFB à retirer et les
concentrations limite à respecter suivant les catégories de danger concernées, et la conduite à tenir
sur la possibilité des retraits en mélange
2) Reprise des résultats des études du WEEE Forum pour convenir que les plastiques issus du GEMF
et du GEMHF peuvent être considérés comme ne contenant pas de RFB (suivant l’application de la
règle du principe de proportionnalité Technique/Economique et Environnementale).
3) Non mélange des plastiques PAM ou Ecrans (susceptibles de contenir des RFB) avec les plastiques
GEMF ou GEMHF (≈ sans RFB) sauf dans le cadre d’une dérogation conformément aux textes en
vigueur
4) Traçabilité totale du mixte plastique issu du PAM et des écrans :
 En France :
Ces plastiques seront suivis avec un code étoilé dans la mesure où l’ensemble des flux sont pris en charge
par Eco-systèmes lors de la collecte sous un code étoilé (PAM, Ecrans, GEMF et GEMHF). La logique veut
donc que toutes fractions dont on n’a pas extrait les éléments dangereux ou sensibles nécessitant un retrait
d’après la directive DEEE, soient suivies sous un code déchet étoilé
 A l’export :
Ces typologies de plastiques ne sont pas spécifiées (non listées) dans la réglementation WSR. Ces
plastiques sont donc soumis à l’article 36 de la réglementation WSR ce qui oblige la mise en place d’une
notification pour une exportation vers un pays au sein de l’OCDE / Interdiction d’une exportation vers un
pays hors OCDE. S’il y a extraction des plastiques avec RFB au préalable, possibilité d’exportation de la
fraction non bromée sous le code B3010 (liste verte).
Les plastiques triés concentrant les fractions contenant des RFB doivent être pris en charge sous un statut
déchet dangereux (code étoilé).
5) Réalisation d’audits dépollution : analyse des fractions plastiques afin de s’assurer que le lot ne
contient aucun fragment de plastiques avec RFB.
Cette analyse ne peut pas se faire sur la teneur moyenne en RFB du mélange mais sur une analyse
statistique d’un échantillon de fragments. Une mesure unitaire de la teneur en RFB de chaque
fragment sera alors réalisée.
Définition du devenir de la fraction plastique avec RFB :
- Si pour la fraction plastique chargée en RFB extraite, aucune opération de tri par nature
de RFB n’est possible, il est nécessaire d’attribuer les modalités de prise en charge les
plus contraignantes : destruction ou transformation irréversible.

- En accord avec la directive RoHs et le règlement POP, une valorisation matière en


boucle ouverte ou en boucle fermée du plastique chargé est possible suivant le type de
RFB en présence.
- Les plastiques avec RFB recyclés intentionnellement ne peuvent être considérés comme
des impuretés.
5- SOUTIEN FINANCIER A LA RECHERCHE ET DEVELOPPEMENT
Dans le cahier des charges de leur agrément par les pouvoirs publics, les éco-organismes sont encouragés
pour soutenir la recherche, le développement et les innovations dans le domaine de la prévention, de la
collecte sélective, de l’enlèvement et du traitement des DEEE ménagers, afin de réduire l’impact de ces
activités sur l’environnement et d’améliorer les taux de recyclage/réutilisation et de valorisation des DEEE
ménagers.
Ainsi depuis le dernier agrément de 2010, les éco-organismes se sont engagés à consacrer, en moyenne
sur la durée de leur agrément au minimum 1 % du montant total des contributions qu’ils perçoivent, à des
projets de recherche et développement publics (ADEME, Agence nationale de la recherche (ANR), pôles de
compétitivité...) ou privés.
Dans ce cadre, Eco-systèmes consacre chaque année un budget à la R&D :
Les principaux projets publics soutenus par Eco-systèmes sont :
- les projets ADEME dans le cadre des appels à projets
- le projet du pôle de compétitivité AXELERA
Les principaux projets privés soutenus par Eco-systèmes sont :
- les projets relatifs à la recherche de procédé de tri et de valorisation des écrans plat et
des plastiques
- les projets relatifs à la recherche de nouvelles filières de valorisation des verres de CRT
- les projets relatifs à la recherche sur l’extraction et au recyclage des métaux
stratégiques
- les projets relatifs à la recherche sur les modes de transports alternatifs et notamment le
transport fluvial
Eco-systèmes participe également aux études techniques d’intérêt général pour la filière des DEEE
ménagers menées par l’organisme coordonnateur agréé (OCAD3E) notamment sur la mesure de
l’indicateurs carbone de la filière.
Page de notes
Comment mieux partager la connaissance
et les outils ?
Une filière de recyclage de polymères bio-sourcés :
l'exemple du Rilsan®

Jean-Jacques FLAT
Chef du Service Compoudage, Modélisation et Transformation (COMET), CERDATO
Route du Rilsan - 27470 Serquigny
Tél. : 02 32 46 51 05 - jean-jacques.flat@arkema.com

Introduction
Cette communication a pour objectif de présenter à la fois la société ARKEMA et ses activités dans le
domaine des polymères bio-sourcés. Par la suite, elle mettra en lumière l’initiative RCycle, lancée fin 2009,
afin de faire émerger une vraie filière de recyclage des polyamides, qui représente un service global fourni à
ses clients, innovant et axé sur le recyclage de ces polymères techniques en recouvrant à la fois la collecte
des déchets, leur tri, leur valorisation et le développement d’une gamme de polymères recyclés mise sur le
marché. Nous verrons enfin que ce type d’initiatives n’est pas isolée au sein d’ARKEMA avec un programme
®
de recyclage du PVDF Kynar utilisé dans les panneaux photovoltaïques.
1. Présentation de la société ARKEMA
Le groupe Arkema est né en octobre 2004 de la réorganisation de la branche Chimie de Total. Ses activités
regroupent des filières industrielles cohérentes et intégrées dont la plupart bénéficient de positions parmi les
leaders mondiaux, avec des marques et des produits internationalement reconnus. En 2006, Arkema est
introduit à la Bourse de Paris.
Présent dans plus de 40 pays avec un effectif de près de 14 000 personnes, le groupe Arkema exerce ses
activités en s’appuyant sur 80 implantations industrielles en Europe, en Amérique du Nord et en Asie, et sur
des filiales commerciales implantées dans toutes les régions du monde. Cette assise résolument
internationale, ses positions commerciales solides, sa stratégie industrielle concrétisée par des réalisations
et des projets de développement, sa structure financière saine sont autant d’atouts qui font d’Arkema un
acteur majeur de la chimie mondiale.
Les chiffres clé 2011 de la société sont les suivants :
 Chiffre d’Affaires : 5.9 milliards € dont 41% en Europe, 33% aux Amériques et 21% en Asie
 14 000 employés répartis dans 80 sites industriels et 9 centres de R&D en France, Etats-Unis et
Japon
 1 100 chercheurs avec un effort de R&D supérieur à 2.5% du Chiffre d’Affaires afin d'élaborer des
produits toujours plus innovants, plus respectueux de l'environnement et de la santé, d'optimiser les
performances des unités de fabrication et de développer de nouveaux procédés
ARKEMA est composée de la manière suivante :
Pôle Chimie Industrielle
La chimie industrielle se caractérise par la production d’intermédiaires de synthèse avec des unités de
fabrication dont la capacité est à l’échelle des continents sur lesquels elles sont implantées.
Arkema figure parmi les tout premiers acteurs mondiaux dans chacune des filières de son pôle Chimie
Industrielle : Acryliques, PMMA et Méthacryliques, Thiochimie, Fluorés, Résines de revêtements, Résines
photoréticulables et Oxygénés. Pour accroître sa présence dans le monde, Arkema entend créer de
nouvelles implantations en Asie dont le potentiel de croissance est particulièrement prometteur et réaliser
des augmentations de capacités ciblées en Europe et aux Etats-Unis, dans une logique de partenariat et de
rapprochement avec les fournisseurs et les clients locaux.
Pôle Produits de Performance
Les produits de performance constituent des activités à forte valeur ajoutée dont la croissance est
directement liée à la capacité d’innovation et aux investissements en R&D.
La majorité des activités du pôle Produits de Performance d’Arkema occupent des positions mondiales de
tout premier plan, notamment les polyamides de spécialité, les polymères fluorés, les tamis moléculaires ou
les peroxydes organiques.
La notoriété mondiale de ses produits et de ses marques, la qualité de la relation avec ses clients et la
capacité de sa R&D à proposer des solutions innovantes constituent les principaux moteurs de croissance du
pôle Produits de Performance d'Arkema.
®
2. Développer une chimie issue du végétal : le cas du Rilsan
Les plastiques bio-sourcés représentent à ce jour 30% de l’activité des polymères techniques d’Arkema et
mobilisent environ 2 tiers des efforts de R&D. Ils offrent des propriétés équivalentes ou supérieures à celles
de leurs homologues issus du pétrole.
®
L’expertise d’Arkema dans la chimie du ricin remonte à plus de 60 ans avec le Rilsan , son polyamide 11
issu à 100% de cette chimie qui a donné naissance récemment à quatre nouveaux polymères :

®
Pebax Rnew - un élastomère thermoplastique bio-sourcé issu jusqu’à 90% d’huile de ricin

®
Platamid Rnew - le premier adhésif thermofusible de source entièrement renouvelable

®
Rilsan Clear Rnew - le premier polyamide transparent bio-sourcé à 54%,

®
Rilsan HT, un polymère souple ultra résistant haute température qui apporte une réponse à la
demande générale de matériaux plus légers
Un peu d’histoire !
Juste avant la deuxième guerre mondiale, en 1938, DuPont de Nemours lance le polyamide 6.6, auquel fut
®
donné le nom de marque Nylon – une révolution pour le textile – en combinant l’hexaméthylène diamine et
®
l’acide adipique. De leur côté, les allemands mettaient au point le Perlon , polyamide 6, polymère du
caprolactame.
A cette même époque, la société française Organico transformait à Nanterre l’huile
de ricin en dérivés chimiques utilisés dans les parfums et arômes. L’idée fut
d’imaginer la transformation d’un sous-produit, l’acide undécylénique à 11 atomes
de carbone, en un aminoacide capable de polymériser pour conduire au polyamide
11. Sa production industrielle démarrera en 1947 à Serquigny (Eure), sous le nom
®
de Rilsan et aura pour premiers débouchés les applications textile, par analogie
®
avec le Nylon .
Cette activité textile cessera en 1978 au profit de l’essor du développement des
®
Rilsan sous forme de granulés et poudres pour revêtements avec un succès
rendu possible par les « trente glorieuses » et le besoin renouvelé de matières
premières pour les industries de l’automobile, de l’emballage, du sport, des
industries mécaniques et électriques en général.

Et Aujourd’hui ?
®
Depuis, les performances du Rilsan reconnues dans le monde entier ont favorisé son développement dans
les domaines suivants :
- Pétrole et gaz : câbles ombilicaux, tubes flexibles, …
- Automobile et transports : circuits d’essence, circuits de transfert de fluides (freinage, embrayage,
refroidissement), connecteurs rapides et raccords, …
®
- Industrie textile : retour du Rilsan dans les tissus techniques et haut de gamme, brosses, …
- Produits de consommation : couche supérieure des skis, pièces de boîtier de téléphone portable,
revêtements de pièces métalliques (paniers de lave-vaisselle), équipement sportif
- Médical : poches de transfusion, cathéters
®
Ces domaines exploitent les propriétés du Rilsan telles que :
- Résistance chimique
- Résistance aux chocs y compris à basse température
- Faible densité
- Résistance à l'éclatement
- Résistance à l'abrasion et aux fissures
- Flexibilité
- Résistance au vieillissement à long terme
- Perméabilité réduite
- Température de service élevée
- Résistance électrique
- Conductivité électrique
- Stabilité dimensionnelle

Des plantations de ricin aux granulés et poudres de PA11


®
Le Rilsan Polyamide 11 est produit à partir d'huile de ricin, une plante dont la culture ne nécessite pas
d’apport d’irrigation et pousse sur des sols semi-arides, contrairement au coton. De plus, il demande peu de
pesticides et n'entre pas en concurrence avec des cultures alimentaires.
®
Grâce à son origine bio-sourcée, la production de granulés de Rilsan entraîne 40% d’émission de CO2 en
moins par rapport à son homologue polyamide 12, d’origine fossile, et présente un bilan global plus
intéressant encore vis à vis de ses autres compétiteurs (selon normes ISO 14040 à 14043).

Des granulés et poudres aux applications


®
Les performances élevées du Rilsan permettent d’augmenter la durée de vie des applications tandis que sa
faible densité (20% en moins par rapport aux plastiques concurrents et 2 à 8 fois moins dense que l’acier ou
l’aluminium) permet la réduction du poids des objets fabriqués, ce qui contribue notamment à réduire les
émissions de CO2 des automobiles par exemple.
®
3. L’initiative RCycle
Depuis septembre 2009, afin de renforcer sa contribution au développement durable, Arkema a élaboré
® ®
Rcycle™, un service global innovant axé sur le recyclage de ses polyamides de spécialité Rilsan et Pebax ,
en particulier ceux d’origine renouvelable. Rcycle™ recouvre à la fois la collecte des déchets, leur tri, leur
valorisation et le développement d’une gamme de polymères recyclés.
Rcycle™, le programme de recyclage couvrant l’intégralité du cycle de vie du produit.
® ®
Le programme Rcycle™ concerne la totalité du cycle de vie des applications en Rilsan ou Pebax : il
propose, à travers une couverture mondiale, grâce à un partenariat exclusif avec la société Agiplast, à la fois
la collecte, le tri et la valorisation des déchets de production et des pièces en fin de vie.
® ®
Rcycle™ s’adosse aux gammes Rilsan et Pebax , des polymères techniques utilisés dans des applications
à forte valeur ajoutée (électronique, automobile et équipements de sports par exemple) et pour lesquelles
l’optimisation de l’impact environnemental se double d’une amélioration du calcul économique. Ainsi,
Rcycle™ s’accompagne du développement d’une gamme de produits recyclés commercialisés sous les
® ®
marques Rilsan Rcycle™ et Pebax Rcycle™.
A travers Rcycle™, Arkema s’adresse aux entreprises en quête aussi bien de solutions à la gestion de leurs
déchets que de produits techniques recyclés. Rcycle™ place ainsi Arkema comme le partenaire de leur
démarche d’éco-conception capable de prendre en charge aussi bien les déchets tout au long du cycle de vie
des applications, que d’élaborer avec eux la valorisation de ces déchets.
Arkema, partenaire de la démarche d’éco-conception de ses clients
Parce que l’éco-conception n’a de sens que lorsqu’elle intègre l’impact environnemental à toutes les phases
du développement du produit, Arkema se positionne comme un partenaire unique de par :
- Sa gamme inégalée de polymères bio-sourcés labellisés «Renewables» issus d’une expertise de
plus de 60 ans dans la chimie du végétal, qui permettent de réduire à la fois l’impact
environnemental et la consommation de ressources fossiles :
- Les propriétés uniques de ces polymères (leurs hautes performances et faibles densités), qui
contribuent à :
o Allonger la durée de vie des applications,
o Réduire le poids de celles-ci,
o Diminuer consommation et pollution (dans le secteur automobile par exemple, grâce à
des pièces plus légères et à la perméabilité réduite)
- Ses pratiques industrielles. Depuis plusieurs années, Arkema s’est engagé volontairement dans
une dynamique d’amélioration de la Sécurité et de la protection de la santé et de
®
l’environnement, notamment à travers le programme Responsible Care .
Cette offre de service globale de recyclage vient donc renforcer la position d’Arkema comme entreprise éco-
responsable qui apporte sa contribution à l’élaboration de solutions répondant aux enjeux du développement
durable.
D’un point de vue opérationnel, le dispositif RCycle s’appuie sur diverses plateformes de collecte en Europe
(France, Italie, Allemagne, Danemark), sur le continent américain (Etats-Unis, Canada, Mexique, Brésil) et
dans la zone Asie/Pacifique (Chine, Taïwan et Australie). Des actions de soutien sont déployées en terme de
formation, emballage, logistique, … Les prestations suivantes sont incluses dans l’offre RCycle :
 Démontage
 Tri
 Compoundage et re-formulation
ARKEMA propose désormais une gamme entière de PA11 mais aussi PA12 recyclés en version naturelle,
plastifiée, noire, alliée ou renforcée fibre de verre et ceci avec une capacité de 7 000 t/an.
Conclusions et perspectives
Conclusions
ARKEMA est le leader mondial dans le domaine des polyamides de spécialité à longue chaîne
hydrocarbonée et a confirmé cette position en 2012 avec le rachat des sociétés chinoises HIPRO Polymers
et CASDA Biomaterials.
®
Il produit depuis 65 ans le Rilsan B ou PA11, polymère technique 100% biosourcé obtenu à partir d’huile de
ricin. Depuis, plusieurs gammes de polyamides (dont polyphtalamides) homo- et co-polymères (dont
transparents) et polyether-bloc-amides totalement ou partiellement biosourcées sont venues compléter le
PA11.
La matière première huile de ricin présente l’avantage de représenter une ressource qui n’entre pas en
compétition avec l’alimentation humaine, obtenue sans manipulation génétique, qui pousse dans des régions
semi-arides sans forte consommation d’eau ni sans avoir recours à de fortes doses de pesticides.
Des calculs normalisés de cycle de vie ont été réalisés et communiqués à propos du PA11, depuis la
production de la graine de ricin jusqu’à la fourniture des granulés. Sur les critères d’émission totale de CO 2 et
potentiel de réchauffement global, le PA11 présente des valeurs inférieures au PA12, au PC/ABS, aux PA 6
et 6.6 et au PC.
Enfin, depuis maintenant 3 ans, ARKEMA a pris l’initiative de lancer son programme Rcycle™, qui
® ®
représente un service global innovant axé sur le recyclage de ses polymères techniques Rilsan et Pebax ,
en particulier ceux d’origine renouvelable et recouvre à la fois la collecte des déchets, leur tri, leur valorisation
et le développement d’une gamme de polymères recyclés mis sur le marché.
Perspectives
®
La mise en place de cette filière de recyclage du Rilsan n’est pas une initiative isolée au sein d’ARKEMA. En
effet, le centre de profit des polymères fluorés qui développe et commercialise les polymères de type PVDF
®
sous la marque Kynar s’est aussi intéressé à cette question.
®
Depuis quelques années maintenant, les polymères Kynar sous forme de films multicouches sont devenus
des matériaux de choix dans le domaine des panneaux photovoltaïques chez les acteurs majeurs de ce
marché. En effet, ces films techniques offrent un ensemble de performances attendu par cette application
comme une tenue exceptionnelle au vieillissement climatique associée à une opacité complète aux
rayonnements ultra-violets, de nature à protéger efficacement pendant plusieurs dizaines d’années les sous
couches de type polyester de la face arrière du panneau photovoltaïque.
®
Par ailleurs, les films Kynar offrent également une excellente barrière à l’humidité de nature, là encore, à
®
retarder l’hydrolyse des sous couches PET. Cette durabilité exceptionnelle des matériaux à base de Kynar
s’explique par la nature chimique du PVDF, son haut pourcentage d’atomes de fluor et la forte énergie de
liaison entre les atomes de carbone et de fluor.

Enfin, dans la famille des thermoplastiques et élastomères fluorés, le PVDF est le polymère possédant la
fenêtre de transformation – différence entre température de fusion et début de dégradation thermique – la
plus large, ce qui le rend compatible avec toutes les techniques de transformation de la plasturgie mais
permet aussi aux matériaux à base de PVDF d’être
refondus autant que nécessaire pour en assurer le
recyclage.
®
Du point de vue du mode de recyclage des films Kynar
contenus au sein des faces arrière des panneaux
photovoltaïques, l’incinération est envisageable dans des
conditions contrôlées qui assurent le piégeage optimal de
l’acide fluorhydrique émis.

Néanmoins, ARKEMA considère que ce mode de recyclage


n’est pas le meilleur pour des polymères aussi techniques que le PVDF et c’est la raison pour laquelle la
société a engagé des efforts de R&D importants au sein du projet VOLTAREC
sponsorisé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR).

Ce projet, dont les acteurs sont les sociétés Recupyl, Arkema, Photowatt, l’INP
de Grenoble, l’INES, la DGCIS et l’ARDI Rhones Alpes, a permis à Recupyl de
développer un procédé innovant de broyage et séparation des divers
constituants d’un panneau photovoltaïque (verre, silicium, métaux et
plastiques).

Par la suite, ARKEMA a développé un procédé innovant de récupération des


divers fractions de polymères (PET, EVA réticulé et PVDF) en jouant sur les différences de densité et de
solubilité des différents polymères, qui permet, in fine, de récupérer la fraction de PVDF ; les autres
composants plastique étant incinérés. La prochaine phase du projet consistera à extrapoler le procédé et à le
piloter à l’échelle demi-grand afin, in fine, de faire naître une filière de recyclage des polymères fluorés.
Page de notes
L’association Alliance Chimie Recyclage :
une démarche collaborative entre industriels

Marc-Antoine BELTHE
Directeur Général, Veolia Propreté France Recycling
30 rue Proudhon - 93210 Saint Denis La Plaine Cedex
Tél. : 01 43 17 86 17 - marc-antoine.belthe@veolia-proprete.fr

Association Alliance Chimie Recyclage (2ACR)


www.2ACR.eu - Contact 2ACR : cdadouwillmann@uic.fr

1) 2ACR : une alliance industrielle pour la création de valeur ajoutée en matière de recyclage des
plastiques
Les acteurs du recyclage des déchets et ceux de la chimie collaborent encore peu à la construction de nouvelles
filières de recyclage, permettant une réutilisation optimale des matériaux, ainsi qu’au renforcement de certains
maillons faibles de chaines de valeur existantes.
Conscients des enjeux d’un travail en commun au travers d’alliances industrielles en lien avec les territoires, des
industriels tant de la chimie que des services à l’environnement, ont créé, fin 2011, l’Association Alliance Chimie
Recyclage (2ACR).
Cette association concrétise ainsi la volonté d’implication des industriels de la chimie dans la création d’une
valeur ajoutée durable, à partir des « déchets ». L’ambition est d’inclure aussi les industriels « aval », partie
prenante nécessaire pour aller à l’étape suivante de l’écoconception, dans le cadre plus large d’une migration
vers une économie circulaire.
Le Comité Stratégique de Filières « Chimie et matériaux », issu de la Conférence Nationale de l’Industrie, a
constitué un cadre porteur à la genèse de 2ACR. L’UIC (Union des Industries Chimiques) a été moteur dans la
création de 2ACR. 2ACR, par son action positive sur la « structuration de la filière » est aussi complètement en
phase avec les objectifs du COSEI (Comité Stratégique des Eco-industries) et du COMES (Comité pour les
Métaux Stratégiques), tous deux soutenus par les pouvoirs publics.
2) Des membres tous porteurs de développement industriel et d’innovation
Les membres sont des industriels de la chimie (groupes, ETI et PMI), des industriels des services à
l’environnement (groupes, ETI et PMI), des industriels de l’aval « utilisateurs », des groupements d’industriels
(fédérations, associations, syndicats..), des pôles de compétitivité.
Les membres fondateurs : Veolia Environnement, Suez Environnement, Arkema, Solvay- Rhodia, TOTAL, Sarp-
Industries, SITA, Séché Environnement, BASF, Dehon, Terranova…), leurs syndicats professionnels (UIC,
PlasticsEurope, Fédération de la plasturgie, Elipso, CPA, PEDC, SNRMP) et deux pôles de compétitivité Axelera
2
et Team .
3) Visée et Ambition de l’association
La visée de 2ACR est prospective : penser « économie circulaire », c’est en même temps imaginer de nouveaux
moyens d’utiliser nos ressources territoriales, dont les déchets et sous-produits, ou encore la chaleur fatale font
partie, et réfléchir à l’écoconception et au développement de l’écologie industrielle.
2ACR a ainsi l’ambition de créer les conditions d’un recyclage durable et rentable, de contribuer à
l’approvisionnement en matières premières recyclées des industries de la chimie et de production de biens de
consommation. L’objectif ultime de 2ACR est la structuration d’une industrie du recyclage à forte valeur ajoutée
en France, s’appuyant sur ses membres industriels partageant une vision commune.
Cette nouvelle forme d’économie, encore trop peu développée dans les faits, nécessite :
- Une adaptation des modes opératoires internes aux entreprises, et entre les entreprises actrices de
la boucle « collecte et tri des déchets / préparation-traitement des matières premières de recyclage
(MPR) / conception des produits / achat-utilisation des MPR dans les process »,
- De faire émerger des projets pilotes territoriaux illustrant ce nouveau type de développement
industriel.
L’Association souhaite intervenir aux niveaux français et européen, pour :
- Identifier et traiter les enjeux communs des filières Chimie & Recyclage et s’assurer de
l’interfaçage collaboratif des acteurs (dans la chaîne de valeur et auprès des utilisateurs),
- Constituer une force de proposition et de communication, en rassemblant l’ensemble des
acteurs industriels de la chimie, du recyclage et des acteurs industriels utilisateurs,
- Représenter et promouvoir les filières de recyclage durable dans un but de valorisation des
matières à forte valeur ajoutée, notamment sur les matières plastiques, solvants, colles, peintures,
encres, etc. mais aussi les métaux non ferreux ou d’autres matériaux associés aux matières
plastiques dans les biens de consommation
- Fédérer les technologies du secteur de la chimie pour stimuler le développement des filières de
recyclage actuelles ou à créer, en s’appuyant tout particulièrement sur les Pôles de compétitivité.
L’action de 2ACR se fera au travers des missions suivantes :
- Favoriser la mise en relation d’acteurs d’horizons différents,
- Identifier et traiter les enjeux communs des filières chimie / recyclage,
- Encourager l’essor de l’innovation et du développement économique et industriel spécifique à ces
activités (feuilles de routes stratégiques dédiées)
- Développer l’image du recyclage
- Renforcer la présence des industriels français dans les instances de normalisation et de
règlementation en France et en Europe,
- Stimuler le développement territorial et en particulier le maintien et le développement d'emplois en
France, emplois non délocalisables.
4) Enjeux
A court et moyen termes :
- Changer l’image du recyclage : du déchet au produit/ ressource issu du recyclage
- Créer un environnement réglementaire et normatif, favorable au recyclage à valeur ajoutée
A moyen et long termes :
- Contribuer à créer de nouvelles chaines de collecte et recyclage, en cohérence avec un
développement économique territorial
- Entrer dans une logique d’écoconception et d’économie circulaire, sur toute la chaine de valeur
5) L’action de 2ACR
 Le groupe de travail « Verrous réglementaires et technologiques »
Le GT a débuté un travail de fond d’examen du cadre réglementaire actuel (français et européen) du recyclage
afin d’identifier des freins à la montée en puissance des filières de recyclage.
D’ores et déjà, plusieurs points ont été identifiés :
- La nécessité de partager les mêmes définitions et de formaliser celles qui manquent pour définir
précisément les cadres réglementaires et économiques,
- La sortie du statut de déchet,
- La problématique des POP’s dans les DEEE et VHU,
- Les conditions de stockage, en particulier « intermédiaires » entre deux modes de transport,
- Les conséquences pratiques des définitions & concepts liés à la hiérarchie de gestion des déchets
de la Directive Cadre Déchets
 Le groupe de travail « gisements / marchés »
La connaissance précise des gisements et de la disponibilité de ces gisements est une condition sine qua non à
de bonnes prises de décisions sur la faisabilité industrielle et économique des filières de recyclage. Ce GT a donc
pour objet de contribuer à mieux définir les matières, et surtout les marchés, où il existe réellement des
opportunités.
Ce GT s’attache, pour des matériaux considérés comme prioritaires, à :
- Quantifier les gisements (tonnages, origines)
- Qualifier ces gisements : composition (p. ex. résines pour les plastiques), modes de collecte, etc.
- Définir les demandes en MPR, actuelles et à venir, et donc évaluer le marché actuel et futur
- Relever les éventuels vides ou freins réglementaires et/ou technologiques (qui seront creusés dans
le cadre du GT « verrous technologiques et réglementaires »)
La partie de quantification des gisements consolide des données existantes, parfois éparses, parfois regroupées
mais avec aussi parfois des interrogations sur la validité des chiffres collectés.
Le GT pourra émettre des souhaits de lancement d’études auprès d’acteurs tels que l’ADEME ou les fédérations
sectorielles pour préciser un certain nombre de données.
Le GT se concentre actuellement sur une description exhaustive du gisement de déchets plastiques, et les
gisements spécifiques suivants pourraient être abordés à court terme par le GT :
- Caractérisation du gisement plastique contenu dans les encombrants et déchèteries,
- Analyse des opportunités sur le petit gisement des plastiques de câbles électriques,
- Caractérisation des polymères en provenance des VHU.
 Les perspectives
Le 14 juin 2012, 2ACR a organisé à Limay (78) un évènement de présentation de ses activités à de nombreux
acteurs industriels et publics (collectivités, institutionnels, organismes territoriaux de développement économique,
etc.). Cette journée s’est appuyée sur 2 sites industriels œuvrant concrètement à l’interface Chimie & Recyclage :
- Usine SARPI de synthèse de biocarburants à partir d’huiles alimentaires usagées
- Usine FPR de recyclage de plastiques (« bottle to bottle »)
Sur la base de cet exemple réussi, des contacts ont été engagés avec l’EPAMSA (Etablissement Public
d’AMénagement Seine Aval) pour poursuivre la réflexion d’une approche territoriale sur cette zone géographique.
Les échanges actuellement menés diront si une action locale innovante peut être envisagée.
Des réflexions complémentaires sont également engagées entre les membres de 2ACR pour contribuer à
l’émergence d’une deuxième approche territoriale.
Page de notes
La filière PVC : Bilan Vinyl 2010
et objectifs Vinyl Plus à l’horizon 2020

Alain REMY
Innovations manager, SolVin - groupe SOLVAY
25 rue de Clichy - 75009 Paris
Tél. : 01 40 75 80 00 - alain.remy@solvay.com

1. « Vinyl 2010 », une décennie d’engagement volontaire de l’industrie européenne du PVC

En 2000, l’industrie européenne du PVC crée Vinyl 2010, un engagement volontaire en faveur d’un
développement durable et aux objectifs ambitieux, en matière de collecte et de recyclage de déchets PVC post
consommation, d’arrêt de l’utilisation de certains additifs, de réduction de l’impact environnemental de la
production de PVC, et d’encouragement au dialogue entre toutes les parties prenantes de l’industrie.
Vinyl 2010 a rassemblé tous les acteurs de la chaîne de valeur du PVC : producteurs de matières premières et
fabricants de produits en PVC. Les industriels ont innové pour évoluer et améliorer leur process de fabrication et
les produits, évitant au maximum les résidus de production et les déchets liés à la production du PVC.
L’Industrie a développé des technologies plus modernes, plus économiques et plus écologiques. Notre
engagement à fait d’ailleurs des émules en Asie du Sud-est et aux USA.
Cet Engagement Volontaire a été reconnu partout comme un modèle de responsabilité sociale.
Pourquoi Vinyl 2010 ?
Le PVC est l’un des polymères les plus utilisés au monde. Très polyvalent, il est utilisé dans le bâtiment,
l’automobile, le médical, l’électronique et l’électricité, l’emballage etc. Parmi ses nombreuses propriétés, sa
durée de vie et sa légèreté en font un matériau durable pour sa contribution à un usage efficace des ressources
naturelles.
A la fin des années 1990, les qualités du PVC ont été occultées en raison de l’utilisation de certains additifs ainsi
que du manque d’options de recyclage disponibles pour ses produits en fin de vie.
C’est pourquoi en 2000, l’industrie européenne fut la première à mettre en place un plan d’actions, afin de
résoudre ces nouvelles problématiques, en se dotant d’objectifs mesurables à atteindre sur une décennie.
Quels objectifs visés ?
Les objectifs volontaires définis par l’industrie du PVC en 2000 reprenaient entre autres :
 Le recyclage à l’horizon de 2010 de 200 000 tonnes/an supplémentaires de déchets de PVC post
consommation non réglementés.
 Un plan de substitution totale des stabilisants au cadmium et d’ici 2015, des stabilisants au plomb.
 Un programme de R&D sur les nouvelles technologies de recyclage.
 La mise en application d’une charte sociale conclue avec la Fédération Européenne des employés de la
Mine, de la Chimie et de l’Energie (EMCEF) visant au développement du dialogue social, de la
formation, et des normes en matière de santé, de sécurité et de protection de l’environnement.
Pour réaliser ces objectifs, il a fallu modifier les procédés de production, mais également prendre en compte la
fin de vie du produit dans le modèle économique de la filière PVC en Europe.
Comme prévu, ces objectifs ont été révisés à mi-parcours en 2005 pour tenir compte des progrès
technologiques, de l’expérience acquise et de l’élargissement de l’Union Européenne à 27 états.
Une initiative commune à toute la chaîne de valeur du PVC
Vinyl 2010 a été créé et dirigé par les quatre associations qui représentent l’industrie européenne du PVC :
European council of vinyl manufacturers (ECVM), European plastics converters (EuPC), european stabilizer
producer association (ESPA) et European council for plasticizers and intermediates (ECPI).
Vinyl 2010 était un engagement global puisqu’il regroupait tous les acteurs de la chaîne de valeur du PVC, des
producteurs de matières premières jusqu’aux transformateurs et distributeurs de produits manufacturés. Ce sont
21 000 entreprises (PME comprises), représentant 500 000 emplois qui se sont impliquées dans le programme.
La mise en place de Vinyl 2010 a été suivie par un Comité Indépendant de suivi composé de représentants de
la Commission Européenne, du Parlement Européen, de plusieurs syndicats et associations de
consommateurs.
Depuis octobre 2004, Vinyl 2010 a fait partie des partenaires officiels du Secrétariat de la Commission des
Nations Unies pour le Développement Durable.
Réalisations
Plus de 57 millions d’euros ont été consacrés au financement de projets au cours des dix années écoulées. Ces
efforts ont mené à des résultats concrets et les objectifs établis en 2000 ont été réalisés ou dépassés en 2010.
 Une infrastructure de recyclage spécifique pour le PVC
L’infrastructure de recyclage de PVC en Europe était quasiment inexistante en 1999, époque à laquelle le PVC
était bien souvent qualifié de « non recyclable ». Des statistiques indépendantes ont comptabilisé pour 2010 un
volume de 260 842 tonnes de déchets de PVC post consommation non réglementés recyclés en Europe, soit un
chiffre bien supérieur aux 200 000 tonnes annuelles supplémentaires, visées pour 2010 par rapport à 1999.

Quantité de déchets post consommation en PVC recyclés en Europe (Source : Vinyl 2010)

 Recovinyl : une filière complète de collecte, tri et transport des déchets mixtes de PVC
La création de Recovinyl en 2005 pour faciliter la collecte, le tri et le transport de déchets mixtes de PVC post
consommation a considérablement contribué à la réalisation de cet objectif. Le taux de recyclage du PVC a
depuis connu une croissance exponentielle sur toute la seconde moitié de la décennie. Aujourd’hui Recovinyl
regroupe un réseau de plus de 150 sociétés en Europe.
 L’abandon progressif de certains additifs en dehors de toute contrainte législative
L’abandon de certains additifs est en phase avec les objectifs, à savoir :
- Abandon des stabilisants au cadmium finalisé en 2007 dans les 27 états de l’UE
- Substitution à 75 % des stabilisants au plomb en 2010, en ligne pour un abandon total en 2015.
 Le développement de la recherche sur les méthodes de recyclage du PVC
Enfin, les investissements de recherche en recyclage ont ouvert des opportunités au secteur.
C’est le cas avec Vinyloop®, une technique de recyclage mécanique à base de solvants permettant de traiter les
déchets PVC composites qui ne peuvent être recyclés de façon satisfaisante par techniques de broyage.
Pour mémoire quelques dates importantes
2000 : Lancement de Vinyl 2010
2001 : Publication du premier Rapport d’avancement
- Les stabilisants au Cadmium ne sont plus utilisés dans l’UE‐15
2002 : Statut légal d’organisation internationale sans but lucratif
- Mise en place de la technologie de recyclage Vinyloop®
2003 : De nouveaux résultats indiquent que l’engagement volontaire porte ses fruits
- 25% de déchets PVC post consommation en tubes, profilés de fenêtres et membranes d’étanchéité sont
effectivement recyclés
2004 : Partenariat avec le secrétariat de la Commission des Nations Unies pour le
Développement Durable.
2005 : Révision des objectifs à mi-parcours
- Lancement de RECOVINYL pour faciliter la collecte, le transport et le recyclage de déchets de PVC
issus des secteurs de la construction et démolition
- Les évaluations de risques Européennes des plastifiants DINP, DIDP et DBP sont finalisées
2006 : Avancement pour les additifs
- Les stabilisants au cadmium ne sont plus utilisés en UE‐25
- Les évaluations de risques Européennes des plastifiants DEHP et BBP sont finalisées
2007 : Une plus large plateforme de parties prenantes
- Création de la Vinyl Foundation
- Première édition de la Vinyl 2010 Sustainable Development Essay Competition (concours de rédaction
sur le Développement Durable)
- Les stabilisants au cadmium ne sont plus utilisés en UE‐27
2008 : Elargissement vers l’UE 27
- L’objectif de réduction de 50% d’utilisation de stabilisants au plomb dans l’UE‐15 est atteint 2 ans avant
l’étape de 2010
2009 : Encore plus d’objectifs atteints
- Mise en place de WRIC ‐ the Waste Recovery Industry Chain (Chaine Industrielle de récupération de
déchets)
- 50% de réduction d’utilisation de stabilisants au plomb est atteinte en UE‐27.
Points importants du rapport final 2010
 Production de la résine
- Les usines de tous les membres de l’ECVM, (UE 27), ont été soumises à une dernière vérification au titre de
la Charte ECVM, de laquelle il ressort un taux de conformité totale ou partielle de 94% par rapport aux
Chartes sectorielles VCM/PVC suspension et émulsion.
A l’issue de ces résultats préliminaires, le Conseil d’Administration de l’ECVM a décidé de procéder à une
nouvelle vérification des critères de conformité afin d’y inclure l’amélioration des résultats 2011.
- Dans le cadre du règlement REACH, les procédures d’enregistrement du CVM (chlorure de Vinyle
monomère) et de sa matière première le DCE (1,2-Dichloro Ethane) se sont achevées en 2010.
 Additifs
- En 2010 notre industrie a poursuivi son soutien à la recherche et à l’utilisation sûre et éco responsable des
plastifiants. En Europe en particulier, on note une substitution régulière des phtalates à faible poids
moléculaire par les phtalates, non réglementés, à poids moléculaire plus élevé (HPM) et, dans une moindre
mesure, vers les plastifiants sans phtalate.
A ce jour, les phtalates HPM (DINP, DIDP et DPHP) représentent plus de 70% du marché européen.
- L’utilisation des stabilisants au plomb dans l’UE-15 a globalement diminué de 75,9% (soit 96 440 tonnes)
entre 2000 et 2010, résultat bien au-delà de l’objectif initial de 50%. Les stabilisants au plomb ont été
remplacés principalement par des stabilisants au calcium dont l’utilisation progresse de 60 171 tonnes sur la
période. .. Les entreprises ont dû changer les formulations et trouver d’autres additifs, et de nouvelles
technologies plus performantes et plus respectueuses de l’environnement. Le remplacement du plomb
progresse plus rapidement que prévu et devrait être effectif à 100 % d’ici 2015
Conformément aux objectifs de Vinyl 2010, l’abandon progressif et total des stabilisants au cadmium a été
mené à bien en 2001 dans l’UE-15 et à fin 2007 dans l’UE-27.
 260.000 tonnes de déchets en PVC ont été recyclées en 2010 en Europe
Selon l'industrie européenne du PVC, en 2010, 260.800 tonnes de déchets en PVC ont été recyclés en Europe.
La filière a donc réussi à dépasser l'objectif qu'elle s'était fixé il y a 10 ans dans son programme Vinyl 2010 à
savoir mettre en place une filière de recyclage et atteindre les 200.000 tonnes de déchets recyclés en 2010.
"Vinyl 2010 a été un véritable succès et s'avère un exemple parfait du succès d'autorégulation d'une industrie", "
Vinyl 2010 a permis à notre secteur de rester compétitif tout en répondant aux besoins sociétaux et en
augmentant significativement la confiance accordée au PVC", a déclaré le président de Vinyl 2010 Joseph Ertl,
à l'occasion de la 11ème Conférence Internationale du PVC qui s’est tenue du 12 au 14 avril à Brighton
(Royaume‐Uni). Vinyl 2010 a également apporté son soutien à des initiatives axées sur les flux de déchets
homogènes gérés par des associations sectorielles spécifiques
 Dialogue avec les parties prenantes
Vinyl 2010 a fait appel à l’ONG « The Natural Step » pour mettre au point une nouvelle initiative de
développement durable, incluant notamment
- une consultation auprès de Parties Prenantes extérieures, pour recueillir leur avis sur les projets de
notre industrie
- et la définition des principes et des éléments-clés d’un nouveau programme décennal de
développement durable de l’industrie européenne du PVC.
 Vinyl Foundation
La Vinyl Foundation est une association indépendante sans but lucratif qui a été constituée à la fin de 2007 pour
améliorer l’efficacité de la collecte de fonds auprès de la plasturgie européenne, dans le but de soutenir
Vinyl 2010 dans la poursuite de son objectif de recyclage des déchets de post-consommation.
La liste des transformateurs de PVC ayant contribué à la Vinyl Foundation et, à ce titre, aux schémas de collecte
de Vinyl 2010, peut être consultée sur le site Internet www.vinylfoundation.org où elle est régulièrement mise à
jour.
Conclusions de l’Engagement volontaire Vinyl 2010 de l’industrie du PVC en Europe
Dix ans plus tard, tous les objectifs ont été atteints, voire dépassés, et un nouveau modèle économique durable
a été créé impliquant tous les membres de la chaîne de valeur.
L’industrie du PVC a bien l’intention de continuer sur la lancée des progrès réalisés et de stimuler de nouvelles
innovations.
Fort du succès de Vinyl 2010, un nouvel engagement volontaire VinylPlus a été présenté au mois de juin 2011.

2. L’Industrie européenne du PVC lance « VinylPlus »

L'industrie européenne du PVC a lancé le 22 Juin 2011, un ensemble ambitieux de nouveaux objectifs de
développement durable. Le programme VinylPlus (www.vinylplus.eu) s'articule autour de cinq engagements
visant à : assurer un saut quantique dans les taux de recyclage de PVC et le développement de technologies de
recyclage novatrices; examiner les problèmes relatifs aux émissions d’organochlorés; assurer l'utilisation
durable des additifs; améliorer l'efficacité énergétique et l'utilisation de l'énergie renouvelable et des matières
premières dans la production de PVC, et promouvoir la durabilité tout au long de la chaîne de valeur.
La nouvelle initiative s'appuie sur le succès des 10 ans d’engagement volontaire de Vinyl 2010 pour améliorer la
production et l'utilisation durables de PVC. Vinyl 2010 est largement considéré comme un exemple type d'une
autoréglementation de l'industrie travaillant pour obtenir des résultats concrets. Parmi ses réalisations les plus
importantes nous pouvons citer la création d'une infrastructure pour la collecte annuelle et le recyclage de plus
de 260.000 tonnes de PVC - qui, avant 2000, était considéré comme matériau non recyclable destiné à
l'enfouissement.
Vinyl Plus succède a Vinyl 2010 : Un engagement décennal renouvelé des industries européennes du
PVC.
Vinyl 2010 a contribué à l’évolution de la chaîne de valeur du PVC et les efforts de l’industrie ont été reconnus
par des partenaires externes. Suite à la présentation des résultats de Vinyl 2010, le Ministre britannique du
Commerce, de l’Innovation et des Compétences a commenté : « Il est gratifiant de savoir qu’un secteur de
l’industrie est prêt à relever un défi majeur et qu’il engage les ressources nécessaires à la réalisation d’un tel
engagement. Le travail mené par les acteurs de l’industrie du PVC a très certainement démontré la durabilité du
PVC. Des initiatives telles que Vinyl 2010 me donnent une grande confiance dans l’avenir de l’industrie et je
1
souhaite le même succès à VinylPlus. »
Au-delà des réalisations accomplies à ce jour, l’industrie européenne du PVC est bien consciente que le succès
du programme de Vinyl 2010 ne sera pas suffisant sur le long terme, si l’effort n’est pas poursuivi et accru, d’où
le lancement d’un second engagement décennal, VinylPlus.
VinylPlus, un engagement plus ambitieux en termes d’objectifs et d’envergure.
En juin 2011, l’industrie européenne du PVC a donné le coup d’envoi de VinylPlus, nouvel engagement
volontaire pour promouvoir le développement durable dans la production et l’usage du PVC d’ici 2020. A partir
des résultats de Vinyl 2010, VinylPlus vise une avancée significative du taux de recyclage, des innovations
technologiques et l’engagement des partenaires au cours de la prochaine décennie.
En créant le nouveau programme VinylPlus, l’industrie a choisi de travailler de manière transparente à un
dialogue étendu entre les parties prenantes, impliquant les industriels, des organisations non gouvernementales
(ONG), des législateurs, des fonctionnaires et des utilisateurs du PVC. Ce programme a aussi bénéficié du
regard critique de « The Natural Step » (TNS) http://www.thenaturalstep.org/our-approach#quick-overview), une
organisation non gouvernementale, internationalement reconnue en matière de développement durable.

1
Lettre adressée à la British Plastics Federation le 4 avril 2011
VinylPlus se fixe 5 objectifs (défis) encore plus ambitieux que Vinyl 2010, se concentrant davantage sur
l’innovation et met encore plus l’accent sur le dialogue entre les partenaires afin de garantir que les efforts de
l’industrie se traduisent en des bénéfices concrets et à long terme pour la société dans son ensemble.
L’industrie du PVC a proposé une certification VinylPlus pour les entreprises participant au programme de même
qu’un système d’étiquetage des produits, destiné à aider les utilisateurs à identifier et donner la priorité aux
solutions PVC « durables », tout en créant de la valeur ajoutée pour les participants de VinylPlus.
Un certificat d’adhésion officiel sera disponible avant fin 2012, et sera utilisé pour encourager de nouveaux
participants à s’inscrire à VinylPlus, tout particulièrement des transformateurs de PVC, mais aussi les utilisateurs
en aval, comme des entreprises de recyclage, des distributeurs et des grandes marques.
Le système d’étiquetage VinylPlus pour les produits PVC sera développé et lancé fin 2012, en vue de fournir
aux décisionnaires du marché une information transparente pour leur permettre de prendre des décisions
avisées et plus durables.
Méthode : Engagement, communication
L’industrie européenne du PVC s’engage à globaliser l’approche VinylPlus en partageant ses bonnes pratiques
et en encourageant des initiatives volontaires similaires ailleurs dans le monde.
Enfin, le succès de VinylPlus dépendra aussi des actions concrètes prises par les partenaires externes pour
créer les conditions nécessaires afin de faciliter la production et l’utilisation durables du PVC.
Cela inclura :
 L’implication des transformateurs et d’autres utilisateurs aval dans le soutien à des solutions de
recyclage innovantes et dans le développement des marchés nécessaires à l’utilisation du PVC recyclé
 La reconnaissance et la priorité attribuées par les décisionnaires du marché aux partenaires de
VinylPlus et à leurs produits contenant du PVC recyclé
 Le soutien des décideurs politiques dans la stimulation du recyclage, à travers des politiques efficaces
d’achats verts et de gestion des déchets, conduisant notamment à la disparition de la mise en décharge
en Europe.
Contrôle et Reporting
En plus de maintenir une relation « d’amitié vigilante » avec une ONG, VinylPlus continuera à être évalué par un
comité de contrôle indépendant composé de représentants du Parlement Européen, de la Commission
Européenne, de syndicats, de distributeurs et d’associations de consommateurs.
Comme pour Vinyl 2010, l’industrie publiera un rapport réalisé et audité par un organisme indépendant qui
rendra compte des progrès réalisés pour chacun des objectifs listés dans le programme de VinylPlus. Le
premier de ces rapports sera publié en 2012. Une révision formelle de chaque objectif est prévue en 2015.
Notre vision
L'industrie européenne du PVC croit en une vision de grande portée qui exige une approche ouverte,
collaborative et innovante. L'objectif global de VinylPlus est d'aider l'industrie à réaliser la vision suivante:" Le
PVC est un matériau de prédilection en termes de qualité, valeur et sécurité environnementale. Il aide à
atteindre les objectifs de durabilité et est considéré comme un matériau sûr offrant commodité, confort et haute
valeur sociale tout en ayant de bonnes caractéristiques environnementales. Cela a été réalisé par le leadership
et l'engagement de l'industrie à travailler ensemble d'une manière ouverte et honnête. "
L'organisation
La structure de VinylPlus prend en compte l'expérience de Vinyl 2010 , l'entité juridique mise en place pour
fournir l'infrastructure organisationnelle et financière pour gérer et surveiller la mise en œuvre de l'Engagement
volontaire que l'industrie européenne du PVC a signé en 2000.
VinylPlus maintient le système de gestion et de surveillance, ainsi que la gouvernance et l'équilibre entre les
quatre associations membres fondateurs.
VinylPlus fonctionnera en coordination avec des organisations complémentaires telles que Recovinyl, qui a été
mis en place en 2005 pour faciliter le développement de la collecte des déchets de PVC et de recyclage, et la
Fondation Vinyl, pour la collecte des contributions.
Notre engagement volontaire
Cinq défis clés contenant environ 30 objectifs dans le cadre du développement durable ont été identifiés pour le
PVC, avec un ensemble de principes de travail. Les quatre premiers défis sont de nature technique, tandis que
le cinquième défi porte sur la sensibilisation et la compréhension de l'importance du développement durable.
Défi Un : Contrôler en boucle la gestion durable des PVC
Œuvrer en faveur de l'utilisation plus efficace et le contrôle de PVC tout au long de son cycle de vie (« Economie
circulaire »).
Objectifs
 Recycler 800.000 tonnes / an de PVC d'ici 2020.
 Définitions et concepts de reporting exacts d'ici fin 2011.
 Développer et exploiter les technologies innovantes pour recycler 100.000 tonnes par an de PVC
difficile à recycler (compris dans les 800.000 tonnes/an de l’objectif de base).
 Aborder la question des additifs existants et fournir un rapport annuel par VinylPlus sur les avancées.
Défi Deux : Maîtriser les émissions de composés organochlorés
Aider à faire en sorte que les composés organiques persistants ne s'accumulent pas dans la nature et que les
autres émissions soient réduites.
Objectifs
 Elaborer un plan et engager, avec les parties prenantes externes des échanges sur les émissions
d’organochlorés.
 Respecter les chartes de l'industrie productrice de résine PVC dès 2012.
 Evaluer les risques pour le transport de matières premières importantes, en particulier VCM (Vinyl
Chloride Monomer), d'ici la fin 2013.
 Viser un taux de Zéro accident pour la libération de VCM pendant le transport.
Défi trois : Revoir l’utilisation actuelle des additifs du PVC afin de progresser vers des solutions plus
durables
Passer en revue l'utilisation des additifs pour le PVC et aller vers des systèmes plus durables de ces additifs.
Objectifs:
 Remplacer les stabilisants plomb dans l'UE-27 d'ici la fin 2015.
 Créer un groupe de travail sur les additifs afin d’élaborer des critères rigoureux pour «l'utilisation durable
des additifs» en lien avec la chaîne de valeur en aval d’ici fin 2014.
 Inviter l’ensemble des producteurs d'additifs du PVC dans cette initiative.
Défi Quatre : Réduire la consommation d’énergie et de matières premières afin de minimiser l’impact
sur le climat.
Minimiser les impacts du changement climatique par la réduction de l'énergie et l'utilisation des matières
premières (passer à des sources renouvelables et promouvoir l'innovation durable).
Objectifs
 Établir une Task Force sur l'efficacité énergétique.
 Réduire la consommation d'énergie spécifique des producteurs de résines, moins 20% d'ici 2020.
 Définir des objectifs de réduction d'énergie spécifique pour les transformateurs.
 Recommander une méthodologie apropriée de mesure de l’empreinte environnementale d’ici fin 2014.
 Établir une Task Force sur l’utilisation de matériaux renouvelables.
Défi Cinq : Sensibiliser à la durabilité
Continuer à sensibiliser à la durabilité dans la chaîne de valeur du PVC vis-à-vis des parties prenantes internes
et externes à l'industrie du PVC afin d’accélérer les progrès vers la résolution de nos défis liés à la durabilité.
Objectifs 2011/2014
 Mettre en place un portail VinylPlus en ligne.
 Mettre en place un comité de suivi VinylPlus, (réunion de celui-ci 2 fois/an).
 Elaborer un certificat d'adhésion VinylPlus.
 Etablir des rapports d’avancées VinylPlus et les publier annuellement, en faire la promotion auprès des
principaux intervenants. La première édition sera publiée en 2012.
 Réaliser des réunions annuelles des parties prenantes externes.
 Lancer un étiquetage des produits VinylPlus.
 ECVM aura un rôle actif dans la promotion de VinylPlus avec les organisations internationales de
l'industrie en PVC dans le monde entier.
 ESPA s'emploiera activement à promouvoir les principes de durabilité VinylPlus sur les marchés
extérieurs à l'UE-27.
 Augmenter le nombre de participants de 20%, par rapport à 2010 d'ici la fin 2013.
 Collaborer avec cinq titulaires de marques mondiales d’ici fin de 2013.
 Examiner l’impact des progrès générés par Vinylplus sur le plan mondial à partir de 2015.