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Harvard College Library


FROM THE
SUBSCRIPTION FUND,
BEGUN IN 1858.
1 Oct. /891.
QUESTIONNAIRE

DE
DE

FOLKLORE

PUBLIÉ PAR LA .

SOCIÉTÉ DU FOLKLORE WALLON

LIÉGE
IMPRIMERIE H . VAILLANT -CARMANNE
Rue St- Adalbert, 8 .

1891
262 46 . 32

D
AR
RV
HA
TRVARD COHEN
OCT 1 1891

Seebiexiblesse yined
La Société du Folklore wallon m 'a chargé de présenter son
Questionnaire de Folklore.
Ce questionnaire se distingue de tous ceux qui ont paru
jusqu'à ce jour en ce qu'il est complètement adapté au folklore
qu' il a pour but de recueillir et en ce que les questions y sont
entremêlées de documents de ce folklore.
On comprendra de suite les avantages de ce système.
Peu de gensont le courage de lire cinquante pages de questions
à point d 'interrogation continu .
Des documents intercalés dans les questions font saisir au
lecteur non préparé la nature des choses que l'on recherche et lui
apprennent indirectement à noter avec exactitude ce qu'il
observe.
C 'est la vraie méthode à employer pour tirer des gens simples
ce qu'ils savent de folklore. Demandez trop sèchement à quelque
bonne vieille ? « Que dit-on de la lune ? Que dit-on des sorcières? ),
elle se défiera, croira que vous voulez vous moquer d 'elle et ne
vous dira rien . Racontez-lui d 'abord tout ce que vous savez sur
tel ou tel point; elle prendra confiance et vous défilera tout ce
qu 'elle sait ; vous aurez à peine besoin de lui poser des questions.
Enfin , c'est la meilleure ouvre que puisse entreprendre , en pre
mier lieu, une société dont le but est de recueillir le folklore d'une
région . En ce qui nous concerne, nous sommes loin de regretter
notre travail. Nous y avons établi le cadre de nos recherches,nous
y avons appris à les faire avec plus d 'ordre, plus de précision et
- VI –

en nous assistant perpétuellement.Nous avons pu, du même coup,


offrir aux savants étrangers quelques documents du folklore
wallon , en attendant que certains d' entre nous publient quelques
monographies complètes ( ).
Si l'on veut bien comprendre la méthode que nous avons
choisie, on ne pourra pas se montrer bien sévère pour quelques
défauts de notre ouvrage.
Nous avons omis à dessein quelques questions et il y en a
auxquelles nous n 'avons même pas pensé. Au point de vue pra
tique de la récolte, ce que nous avons fait nous a paru suffire.
Ceux qui prendront intérêt à nos recherches comprendront assez
bien avec notre questionnaire en quoi consiste l'art de la collecte
pour trouver des réponses à des questions que nous n 'avons pas
faites.
Nous avons publié plus d 'un détail d'un intérêt scientifique nul
ou très mince. Nous l'avouons. Mais, c'était afin de provoquer
l'envoi de choses demême allure,mais plus importantes et que l'on
n 'aurait peut-être pas pensé à nous faire connaître sans cela.
· Notre classement est parfois assez arbitraire. Ainsi, plus d 'un
détail du chapitre sorcellerie serait scientifiquement mieux à sa
place dans le chapitre êtres merveilleux . Nous en convenons. Mais
nous sommes d 'avis que pour recueillir un folklore local, il vaut
mieux, en général, adopter l'ordre des matières tel qu'il existe
dans l'esprit du peuple de la région.
En ce qui concerne la disposition typographique de l'ouvrags,
nous avons à faire les remarques suivantes :
Nous avons,autant que possible, isolé par des numéros chaque
document et chaque question, afin de rendre plus aisées les cita
tions et les réponses.
Nous avons imprimé les documents, sauf la plupart des vers,

(0) Je compte d'ailleurs rééditer lous les documents contenus ici dans un petit volume
qui paraîtra à la fin de 1891 chez l'éditeur Rozez, à Bruxelles. Tous les membres de la
Société en recevront un exemplaire. Je serai très reconnaissant à ceux d 'entre eux qui,
d 'ici avant août 1894, voudront bien me faire parvenir quelques corrections et additions
nécessaires au texte actuel.
- VII -

en petit romain et tout ce qui était réellement questionnaire en


gaillarde, sauf quelques rares exceptions sans conséquence,
notamment les pages 61-64 imprimées en petit romain par suite
d 'un malentendu .
Tous les textes de littérature orale sont accompagnés de tra
ductions françaises munies, sauf quelques oublis,de guillemets.
Les textes sansguillemets ni original wallon en regard n 'existent
qu'en français (ex. 1309).
Sauf indication contraire dans le contexte , les mots wallons
sont toujours donnés dans leur forme liégeoise .
Tous les textes wallons ont été imprimés en italiques et en une
orthographe que nous avons imaginée.
Jusqu'à ce jour, il n'y a pas eu de transcription vulgaire du
wallon, réellement digne du nom d 'orthographe. Les différents
systèmes employés par les personnes qui écrivent ce dialecte sont
tous plus ou moins basés sur la graphie française des mots
correspondants, c'est -à -dire sur des modèles qui sont presque
toujours détestables. Beaucoup écrivent des cendres, comme en
français,ce que nous écrivons,avec plus de souci de la phone
tique, dè sin ’t ;de même, plusieurs écrivent pîd avec un d à cause
de « pieds et hureux avec h et æ à cause d 'a heureux» .
Innover était pour nous un droit et une nécessité .
Un droit, parce que les systèmes d 'orthographe actuellement
usités, notamment ceux de la Société liégeoise de Littérature wal
lonne, ne sont pas consacrés définitivement, quelques auteurs
wallons y étant peut-être habitués,mais le public pouvant tout
aussi bien comprendre notre façon d 'écrire que la leur.
Une nécessité, parce que si nous n 'avions pas adopté une ortho
graphe un peu phonétique, applicable à toutes les variétés du
dialecte wallon, nous aurions pu très difficilement établir le sens
ou la métrique de textes qui nous seraient parvenus de certaines
localités éloignées de Liége, ou nous aurions dû les donner tous
sous une forme qui les aurait rendus inutilisables dans les études
de philologie romane.
Notre système d 'orthographe n 'a d'ailleurs rien de radical. Il
VIII –

se borne à donner aux lettres et groupes de l'alphabet français


lour valeur la plus logique, par exemple, à rendre toujours la
spirante alvéolaire sonore par z comme dans lézard et jamais par
s comme dans raison .
Nous sommes arrivés par là à une exactitude relative.
Nous nous proposons d 'ailleurs de perfectionner cette ortho
graphe dans nos publication ultérieures et en attendant, nous
prions les lecteurs d'excuser les quelques inconséquences qui
suivent :
Nous avons rendu le son s entre deux voyelles par ss ou ç, le
lecteur étant habitué par le français à donner le son z à la lettre s
entre deux voyelles . A l'avenir, nous écrirons logiquement :
Lusèy et osi au lieu de Lucèy (973) et ossi (978).
Nous avons rendu o fermébref et o fermé long par ô (ex. 848 kô
dont l'o est bref et pôf dont l'o est long), sauf dans quelques cas où
o bref a été rendu par ó (ex . 1289 tro), signe excellent qui se
trouvait dans quelques-uns de nosmanuscrits et que notre impri
meur a fait fondre depuis lors. Nous adopterons à l'avenir cetó
accentué et c'est pourquoi nous avons laissé subsister ceux qui
ont été imprimés dans notre questionnaire.
Nous avons rendu, comme en français dans jeune et dans peu ,
deux sons différents par le même signe (ex. deur qui se dit comme
jeune et treu qui se dit comme peu ). Nous écrirons à l'avenir dèèr,
avec le signe de la longue, en réservant le signe , sans signe
diacritique pour la voyelle brève correspondante qui se trouve
en français dans je et wil.
Nous avons dû écrire par â (ex. Martin 1831), comme tous les
écrivains liégeois l'o ouvert long du sud-est de la province,
faute d 'un caractère spécial; nous rendrons dans la suite ce son
par Ò (Mòrtin ).
Nous avons, aussi faute d 'un signe, confondu é fermé bref et é
fermé long (ex . fé dont l'é est bref et mér dont l'é est long). Nous
écrirons désormais mér .
Enfin , pour guider des lecteurs toujours sous l'influence de
l'orthographe française, nous avons mis des apostrophes après
- IX –

quelques lettres finales qu'ils auraient pu croire muettes. Nous


les supposerons à l'avenir assez habitués à donner à chaque lettre
sa valeur pour ne plus employer l'apostrophe que dans le cas
d 'élision réelle.
Comme on le voit, ces inconséquences viennent simplement
d 'un excés de modération dans notre tentative de réforme.
Nous pourrons être plus hardis à l'avenir, parce que nos compa
triotes wallons seront, par notre questionnaire même, préparés à
une orthographe un peu plus phonétique, qui permettra d 'utiliser
toutes nos publications dans les études de dialectologie .
Les erreurs qui précèdent étaient inévitables. D ' autres peuvent
nous être plus sévèrement reprochées : elles résultent de négli
gences dans la correction des épreuves. Nous avons laissé passer
a pour a , lisez dyâl 32 , â soûmê 74, djâzrèn ' 229 ; â pour a, lisez
krach 443 ; ¿ pour ê, lisez safti 1483 ; u pour û , lisez rlühan 228,
früzyon 479; è pour ê, lisez êw 161, hêtèy (p. 15 fin ); ê pour è, lisez
ploûrè 949,mohè 125 ; ou pour oû , lisez toûr 32, koûté 142, oûhê 206 ,
boll 302, koûtrès' 433, bon djoû 449, toûbyon 475 , etc.; oû pour ou,
lisez aou 279 ; eu pour eû dans neûr 75, treûť (p . 15 fin ), peûv 610,
keûv 611, feûť 621 ; eû pour eu dans treû 1010.
Ayant voulu utiliser l'e muet français, nous avons écrit fem et
plus loin nous l'avons oublié en écrivant leun ', où nous avons la
même nuance d 'e, que nous rendrons désormais par a .
Enfin , la sonore finale des mots wallons se changeant en sourde
devant une sourde ou à la fin d 'une phrase (ex. rodjabi, rotch
tchapè, to rotch , fré-f soula , fré-v bin ), nous avons mis parfois des
sourdes (ex . wâť 620, reprint 540) où il aurait fallu des sonores
(wad', rprind').
L 'influence de l'orthographe française nous a de plus fait oublier
d 'effacer un e dans reprinť 540, un u dans aguès' 172, 457, 458, un
t dans lét 430, un accent dans à 1305 ;même explication pour le c
de crántch 441, celui de ci 74 et l'e pour é de respondu (p. 54).
Tous ceux qui ont quelques notionsde philologie romane et qui
savent avec quelle fantaisie les textes wallons ont été écrits
jusqu'à ce jour, comprendront à la fois la nécessité de notre
. X

réforme et les multiples difficultés que nous avions à vaincre pour


l'introduire.
Quelques mots sur la composition même de ce questionnaire
sont encore indispensables. C'est l'ouvre impersonnelle desmem
bres effectifs de la société et nous avons travaillé si fraternelle
ment qu'il est bien difficile de dire si telle page appartient
beaucoup plus à l'un qu'à l'autre. Toutefois, pour être aussijuste
que possible, il faut dire ce quisuit : M . J. Simon est l'auteur du
chapitre Chansons; M . O . Colson des chapitres Enfantines et
Blason ; MM . P . Marchot et G . Willame ont activement collaboré
au chapitre Contes; M . G . Doutrepont au chapitre Mours; M . De
laite aux chapitres Plantes et Médecine; M . J. Defrecheux au
chapitre Animaux. Enfin , M . J. Feller m 'a prêté le concours le
plus actif et le plus désintéressé dans la correction de nombreuses
épreuves et la rédaction de la moitié des chapitres.
Ces messieurs m 'ayant laissé pendant tout le travail pleins
pouvoirs sur les manuscrits qu'ils me communiquaient, je termine
en me déclarant responsable, soit comme auteur, soit comme
directeur, de toutes les imperfections de l'ouvrage. S 'il y a des
taches, ou elles sont demoi ou j'ai eu le tort de ne pas les effacer .

E . MONSEUR.
ABRÉVIATIONS BIBLIOGRAPHIQUES.

Hock 000 = A . Hock. - Croyances et remèdes populaires au pays de Liege.


3e édition . – Liége, Vaillant, 1888. Un volume, in -12.
Defrecheux Comparaisons nº 0 = J. Defrecheux. – Recueil des Comparaisons
populaires wallonnes. Liége, Vaillant, 1886 . – Un volume in -8° (= Bul. Soc .
lil. wal., 24 sér., I. IX ).
Defrecheux Enfantines nº () = J. Defrecheux. - Les Enfantines liégeoises.
Liége, Vaillant, 1888. — Une brochure in -8° ( = Bulletin de la Société de
lillérature wallonne, 2e série, 1. XI).
Defrecheux Faune populaire = J . Defrecheux. – Vocabulaire de la Faune
wallonne dans Bul. Soc . lil. wal. 2° sér., l. XII.
Pimpurniaux I ou II, 000 = Jérôme Pimpurniaux . – Guide du Voyageur en
Ardenne. – 2 volumes in -12, Bruxelles , 1856 (1) et 1858 (II).

ADDENDA ET CORRIGENDA .

218. Après dartres, ajoutez : autour des lèvres (mal qui s'appelle mal de
souris).
244. Comprenez : font dire unemesse.
496 . Pour la neuvaine en reculant, comparez 514.
510. Voyez page XII .
628. Lisez : wâd' et comprenez : Dieu préserve des effets de ce geste !
753. Aprèsmettre ,ajoutez: à son insu.
973 . Lisez : l'pu long'nutèy.
986. Comprenez : doit se hâter, le tonnerre indiquant que la température
s'est réchauffée et qu'il est en retard.
1137. Lisez : Charleroi.
- XII -

P . S. – Tous les membres de la Société travaillant par


fiches, nous prions les personnes qui voudront bien nous
envoyer des renseignements en réponse à nos questions de
mettre CHACUN d'eux sur UNE fiche, c'est-à -dire un carré
de papier de la grandeur d 'une demi-page de papier anglais ,
même d 'une carte postale , en inscrivant en tête le numéro
du questionnaire ou le sujet, ou les deux , et en n 'oubliant
pas de signer et d'indiquer le lieu , comme dans le modèle
ci-joint.

510 , Lumbago.

Un homme de Spa guérit le lumbago (tour di rin )


de la manière suivante : Il fait accroupir le malade
déshabillé d'unemanière suffisante, et debout, derrière
lui, le pied droit déchaussé, il lui trace une croix sur
le dos avec son orteil nu.
Il a , de plus, soin de demander au malade depuis
combien de temps il souffre. La douleur, dit-il, ne doit
disparaître qu'après un espace de temps égal à celui
qui s'est écoulé depuis son apparition. Si le malade
répond qu'il souffre depuis six heures, il lui dit qu 'il
ne sera guéri que six heures après avoir été, sègni
« signé » .
(Spa).
Cp. 727.
A. B.

N . B . – Les fiches peuvent nous être expédiées comme


PAPIERS D 'AFFAIRES, dans une enveloppe non cachetée
et entourée d'un bout de ficelle. L'affranchissement est de
10 centimes jusqu'à 200 grammes.
I. – Êtres merveilleux. (Première partie.)
Q .Avez-vous entendu parler d 'animaux fantastiques comme une chèvre
d'or 1, une chèvre blanche 2, un chien de feu 3, un lapin blanc 4 , des poulains
de feu 5, un lièvre diabolique 6, une vache merveilleuse 7 , des dragons 8, un
loup d'eau 9, un poisson monstrueux 10 ,un serpent d 'eau 11, etc. ?
12. Entre Verviers et Renoupré, il y avait une roche appelée
lu gros' rotch ' qui venait, disait-on, boire dans la Vesdre à minuit le
jour de Noël quand elle entendait sonner . Elle s'est écroulée en 1881.
13 . Q . Ne connaissez -vouspas de légende concernant une femmemerveil
leuse qui viendrait se baigner à certains jours dans telle ou telle rivière ?
14. A St-Hubert, on dit aux enfants : “ N 'allez pas jouer près des
abreuvoirs ; Marie Crochet vous y attirerait. „
15 . A Souverain -Wandre , on recommande aux enfants de ne pas
s'approcher de la Meuse en leur disant :
L 'om o rodj din I « L 'homme aux dents rouges
Vi hyèrtchrè dvin . Vous tirera dedans. »
16 . Q . Que dit-on aux enfants pour qu'ils n'aillent pas regarder par
en dessous dans les cheminées des feux ouverts ?
17 . Q . Ne dit-on rien des filaments de suie quipendent dans les cheminées ?
18. Q . Que vous rappellent les mots Bâbou , Sin -nindin , Boublin , etc.?
19. Au commencement de ce siècle, on croyait voir passer à minuit,
sur la crête des collines qui entourent Liège, un carosse de feu.
C ' était, disait-on, un entrepreneur des boues du siècle passé qui, en
punition de ses débauches, était condamné à revenir dans cet équipage.
(Hock , Croyances et remèdes populaires, 5-6.)
Q. Connaissez-vous des légendes où il s'agirait d'une petite femme
blanche 20 ,de trois femmes blanches 21, d'une grande femme 22, d 'un homme
de feu 23, etc . ?
Le chasseur sauvage (li sâvadj tchèsseu ). '
24. A Bohan (bords de la Semois), on parle d'un seigneur du siècle
dernier qui fut en procès avec les habitants pour des bois communaux
dont il s'était emparé et l'on raconte qu'en expiation de ses rapines
il revint chasser dans la forêt de la Fargne jusqu'au jour où celle-ci
fut abattue. On cite mêmedes gens qui l'ont vu. Un jour, un habitant
de Sugny s'attarda au cabaret, à Bohan, disant qu'il n 'avait pas peur
du revenant et que, s'il le rencontrait, il le ramènerait chez lui boire le
petit verre. Lorsque, vers onze heures, il entra dans la forêt de la
Fargne, il entendit le son d'un cor, puis des aboîments de chiens qui
s'approchaient. Il prit peur et se jeta la face contre terre. Il vit alors
des centaines de chiens arriver sur lui, suivis de chasseurs montés sur
des chevaux, dont les naseaux lançaient des flammes, et au milieu du
groupe était le seigneur de Bohan, la figure comme celle d 'un cadavre
et du feu sortant de ses orbites. Pendant une heure, cette partie de la
forêt fut parcourue dans tous les sens et le malheureux, que la terreur
clouait à terre, dut attendre que la chasse se fût éloignée. Il arriva
chez luimeurtri et malade de frayeur et y resta plusieurs semaines
entre la vie et la mort. Quand il put enfin se lever, ses cheveux étaient
devenus blancs comme neige. ( Jérôme Pimpurniaux , Guide du
voyageur en Ardenne,2 , 229-234, dont nous résumons et élaguons le
récit.)
25. A Grivegnée, on croyait, il y a environ quarante ans, qu'il
apparaissait un chasseur fantastique dans les bois qui forment
aujourd'hui la propriété de M . de la Rousselière. Il passait, emporté
dans un furieux galop, accompagné de deux chiens qu'il appelait d 'une
voix bien distincte Tah et Pouha .
Le diable.
26. Un bloc de pierre isolé et d 'aspect extraordinaire est géné
ralement appelé pierre du diable. Exemples : a ) le dolmen détruit
près de Namur (Pimpurniaux 2 , 192) ; b ) la grande pierre en
- 3 -

forme de table à demi encastrée dans la route qui conduit du village


de Sény à celui d'Ellemelle (Condroz ) ; c) le faix du diable, bloc de
grès d 'environ 800 mètres cubes , isolé dans la bruyère près de
Stavelot ; D) les murs du diable à Pepinster ; etc.
27 . Q . En connaissez -vous d'autres et quelles en sont les légendes ?
28. Le faix du diable de Stavelot a une légende que nous résumons
d 'après Pimpurniaux 1, 122-123 : Saint Remacle s'apprêtait à faire la
dédicace de l'abbaye de Stavelot qu'il venait de bâtir , lorsqu'une nuit
un ange envoyé par saint Martin lui fit savoir que le diable arrivait
chargé d 'une grosse pierre dont il voulait écraser l'abbaye. Le saint
envoya à la rencontre de Satan un de ses moines , qu'il avait chargé
d 'une hotte remplie de toutes les vieilles sandales du couvent.
Le diable, arrivant à croiser le moine qui feignait la fatigue, lui
demanda s'il était encore loin de Stavelot. Celui-ci, vidant sa hotte
par terre, lui dit : Jugez -en vous-même ; tout cela était neuf
quand j'en suis parti. Le diable découragé laissa tomber sa pierre.
(N . D 'après les versions orales que nous avons recueillies, c'est
saint Remacle lui-même qui va à la rencontre du diable, ce qui
est bien sûr la vraie forme de la légende.)
29. Q . Connaissez-vous des légendes de bâtiments construits parle diable,
comme, par exemple , celle du moulin de Quareux ?
30 . Q . Circule-t-il encore des contes dont le diable est le héros, comme,par
exemple, celui quisuit ?
31. Le diable et le paysan. Le diable aida un jour un paysan à
défricher un terrain à la condition qu 'il choisirait une partie de la
récolte . L 'homme sema du blé . Le diable choisit ce qui viendrait au
dessous de la terre et il n 'eut que des chaumes. L 'année suivante ,
l'hommesema des carottes ; le diable, se croyanttrès fin , choisit ce qui
viendrait au-dessus de la terre et il n'eut que des feuilles. Furieux
de ces deux mésaventures, il proposa alors au paysan de mesurer
leurs forces. « Faisons au plus gros fagot, » dit-il. L 'homme monta
sur un chêne et se mit à tordre une des plus hautes branches comme
s'il allait se servir de l'arbre entier pour en faire le lien de son fagot .
Le diable, craignant d'être encore trompé, prit la fuite. ( Traduction
résumée d'un conte dit par un vieillard de Louveigné.)
- 4 -

32. Q . Connaissez -vous des contes représentant le diable trompé par une
femme, en illustration du proverbe : Li fem a treu tour aprè l' dyal. « La
femme a trois tours de plus que le diable » ?
Q . Ne connaissez -vous aucune tradition dans le genre de celle-ci ?
33. On raconte à Laroche que des gens trouvèrent un jour, au
bord du chemin , un enfant emmailloté et le rapportèrent au village.
Une jeune femme en eut pitié et lui donna le sein . L ' enfant se mit à
teter,mais il tirait si fort qu'il fit mal à sa nourrice. Et elle l'arracha
de sa mamelle en s'écriant : « Tu me tirerais l'âme hors du corps »
( To m ' sètchreu l'âm foû do kwar); ce à quoi l'enfant répliqua :
« Oh ! je te tirerais jusqu 'au sang » (O ! dji ť tirreu k 'â son ). Surpris
d'entendre parler un si petit enfant, on le démaillota : Il avait les
pieds fendus; mais il disparut à l'instant même.
Le feu follet.
34. Il s'appelle, dans la province de Liège, loumroť .
35. Q. Lui connaissez-vous d'autres noms ?
36. Il est ordinairement considéré comme un esprit malfaisant
qui cherche à attirer dans un marécage ou un étang.
Sun 1

37. Q . Le peuple ne s'en fait-il pas aussi quelqu'autre idée ?


38. Pour ne pas rencontrer de loumroť , des sages -femmes, allant
la nuit exercer leur métier, mettaient leurs bas à l'envers (Herye).
39. Q . Parle -t-on d'autresmoyens de s'en garantir ?
40. Q . Raconte-t-on des histoires de personnes qui ont rencontré des
« loumerottes » ?

II. – Animaux.
Q . Connaissez-vous des dénominations curieuses, contes, croyances,
proverbes, remèdes, présages, rimos, jeux, etc., se rapportant aux animaux
dont les noms suivent :
41. ABEILLES (moh a l’ lâm ,moh a l' tchèter ,moh a l'pépin ) ?
42. Pour empêcher les abeilles de s'écarter trop des ruches, on
parcourt la campagne, le jour de la Chandeleur, avec un cierge béni
et elles ne dépassent pas le cercle tracé (St-Nicolas-Tilleur ).
43. Le jour de la Fête-Dieu , les abeilles disposent leurs ruches en
forme de St-Sacrement,
44 . ALOUETTE (alôy, âlouwèt ) ?
45. ALOUETTE HUPPÉE (koklivi) ?
45 bis. Ane ?
46 . ANGUILLE (anwèy) ?
47. Pour faire croître les cheveux d'un enfant, on les lui lie avec
de la peau d'anguille (Eneille).
48. ARAIGNÉE (arègn ')?
49. Araignée du matin , Grand dépit ( ).
Grand chagrin (“). Araignée du soir,
Araignée demidi, Grand espoir.
50. ARAIGNÉE-FAUCHEUX (kaytrès' dentellière» , klawtî, « cloutier » ,
wèlin , arègn ' di tér) ?
51. Les enfants s'amusent à arracher les longues pattes des fau
cheux. Ces pattes continuant à remuer après avoir été coupées, ils
s'imaginent que ces mouvements sont volontaires et indiquent une
direction en réponse à une question qu 'ils font à l'instant. Par
exemple, ils disent à Vottem en tenant entre le pouce et l'index la
patte arrachée : To wis' è-st-i l' gâr-champèť ? « De quel côté est le
garde-champêtre? · Et la convulsion de la patte est censée
indiquer dans quelle direction il se trouve.
52. Q . Que croit-on des fils blancs qui voltigent en l'air en automne et
qui sont formés par de petites araignées (aweûr, filè d 'avyèrj (fils de la
vierge]) ?
53. BELETTE (markoť , baskolèť (St-Hubert)]?
54. BLAIREAU (tèsson ) ?
54bis. La graisse de blaireau guérit engelures, brûlures, bles
sures, etc.
55. BLATTES (neur-è byès')?
56. Bouc (bok ,bo) ?
57. BOUSIER (byès' a l'ôl,marhâ) ?
58. Si l'on crache sur un bousier, en faisant le signe de croix ,
on croit que cet animal transpire du sang (Dinant).
59. BROCHET (brotchè)?
(1) A Mons : Ekrasé eun' aragn' o matin , s'è d ' l'ardjin .
(2, Var. Grand esprit et grand plaisi.
- 6

60. Le peuple compare les os de la tête du brochet aux divers


instruments qui figurent dans les représentations du supplice de
Jésus.
61. CAILLE (kway) ?
62. On interprète son cri :
Kwiť po kwiť « Quitte pour quitte
Pây tè det . Paie tes dettes. »

63. Son cri est aussi considéré comme un présage de pluie :


Kwit' po kuit « Quitte pour quitte
Sop di tchin . Soupe de chien (™) » .
64. Q. Dit-on pourquoi elle n'a pas de queue ?
65. CANARD ?
66. CARABE DORÉ (tchivâ d'ôr « cheval d'or », klâu dôr « clou
d'or », kostir (*) « couturière » ) ?
67. Quand on l'écrase , on attire la pluie .
68. CHAT (tchè) ?
69. Quand le chat passe la patte derrière l'oreille, c'est signe de
pluie.
70. S 'il tourne le dos au feu , c'est signe de froidure.
71. S 'il fait ronron, on dit qu'il fait ses prières.
72. Q . Lui coupe-t-on le bout de la queue ? Pourquoi ?
73. Pour empêcher un chat nouvellement acquis de quitter la
maison , on lui frotte un peu de beurre sous les pattes, on le prend
ensuite des deux mains et on lui fait faire trois fois le tour de la
crémaillère, puis on le fait gratter avec les pattes de devant sur le
contre-cœur (kontkoûr ) de la cheminée . (Ce rite se pratique dans
toute la province de Liège, mais dans beaucoup de villages, il se
réduit, soit à faire gratter le chat dans la cheminée, soit à lui frotter
du beurre sous les pattes.)

(1) « Soupe de chien » s'emploie couramment en wallon dans le sens de « pluie » .


(*) Le wallon appelle kostir la courtillière et le carabe doré.
- 7

74 . CHAUVE-SOURIS (tchaw sori). Les enfants lui crient à Liège :


Tchaw sori " Chauve-souris,
Viné ci ; Venez ici,
Vos arédè (pan ) rosti , Vous aurez du (pain ) rôti,
Dè nokyon, Un bout de chandelle ,
K ’è fwer bon , Qui est fort bon ,
Po v' loume, Pour vous éclairer,
Po v ' tchafė, Pour vous chauffer,
A soûmî, A la poutre,
D 'nos' tyèni. De notre étable. ,
75. On croit qu'une fois empêtrée dans les cheveux, la chauve
ouris ne peut être arrachée qu'avec les cheveux eux-mêmes.
76. CHENILLES (halèn', houyin -n ') ?
77. Moyen de faire disparaître les chenilles d'un jardin : lire
l'évangile de St-Jean à trois coins du jardin , les chenilles se sauvent
par le quatrième (Verviers).
-78. Autre moyen observé, il y a environ trente ans, à Ensival :
une femme pour débarrasser son jardin des chenilles , alla en cueillir
quelques-unes sur ses légumes, les mit dans un sac en papier, attacha
le sac à une corde de deux mètres de longueur et lia la corde à sa jupe,
puis elle partit traînant les insectes et traversa la rivière (la Vesdre).
Arrivée sur l'autre rive, elle les enterra.
79. Q . Connaissez-vous des usages superstitieux du même genre ?
80. CHEVAL ?
81.On croit que le cheval qui a un long chanfrein et par conséquent
le trempe dans l'eau en buvant, est d'un caractère ombrageux.
82. Si un cheval laisse son engrais devant votre porte, c'est signe
d'argent.
83. Le cheval quihennit annonce le beau temps.
84. Les jeunes filles disent à Liège :
Un cheval blanc, Je le verrai lundi.
Je verraimon amant. Un cheval noir,
Un cheval gris, Je le verrai ce soir.
85. Si une jeune fille compte cent chevaux blancs, elle épousera le
premier jeune homme qui lui donnera la main (Verviers, Dinant).
- 8 -

86. Q .Le diablo a-t-il pouvoir sur les chevaux ?


87. Q . Connaissez-vous des formules et des remèdes superstitieux employés
pour certainesmaladies des chevaux (coliques, luxations, etc.)?
87 bis. CHÈVRE (gať) ?
88. CHIEN ?
89. Le chien qui hurle la nuit annonce une mort prochaine.
90. “ Le paysan croit qu'il arrive souvent à la chienne de
s'accoupler avec le loup. Dans ce cas, dit-il, la portée contienttoujours
un chien -loup (on tchin -leu ). On le reconnaît à ses instincts batail
leurs et cruels. Il faut se hâter de le faire périr , sinon il finirait par
étrangler son maître. , Defrecheux, Faune wallonne.
91. CHOUETTE (houloť ) ?
92. Q . Crucifie -t-on des chouettes sur les portes des granges ? Dit-on
pourquoi ?
93. Q.Que croit-on de son cri ?
94. CIGOGNE (sigwègn') ?
95. CLOPORTE (poursè d'kav) « pourceau de cave . ?
96 . Voir des cloportes est signe d'argent.
96 bis. COCCINELLE (vatch d ’ôr , vatch d ' Ardèn ', vatch di sin Dj'han ,
byès' a bon Dju , byès' di sin Dj'han , byès' di sin Martin , pipou ,
pipwer, sépyeûr, kostirèt di sin Mârtin ) ?
97. En écraser une, c 'est attirer la pluie .
98 . Les enfants, pour savoir s'il fera beau, font courir sur leur
main une coccinelle . C 'est bon signe, si elle s' envole après qu 'ils ont
dit la formulette :
Pitiť byès'di sin Martin , « Petite béte de Saint-Martin ,
Si vo n’mi dijé nin Si vous neme dites pas
K 'i frè bya dmin , Qu'il fera beau demain ,
Dji v'kôp li tyès' int' deu fyèrmin . Je vous coupe la tête entre deux
[haches. »
( Texte de Dinant.)
98 bis. COCHON D 'INDE ?
.99. CONTREFAISANT (djôlyè, djèn rôlê, mokeu ) ?
100. Coq ?
101. Q . A quelle époque de l'année joue-t-on chez vous à « couper la tête
au coq » kôpé l'tyès' â kok ?
- 9
102. Q . Qui joue à ce jeu ?
103 . Q . Fait-on attention à la couleur du coq ?
104. Q . Que fait-on de la tête coupée ?
105. Si le coq chante le matin entre 4 et 5 heures ou le soir entre
10 et 11 heures, le temps changera.
106. Q . Traduit-on par une petite phrase wallonne le chant du coq,
comme on le fait pour la caille (n° 62) ?
107. Question facétieuse : Pourquoi le coq ferme-t-il les yeux en chantant ?
Réponse : Parce qu'il sait sa musique par caur.
108. COQUILLAGES ?
109. Q . Y a -t- il une explication populaire du murmure que l'on entend
lorsque l'on applique l'oreille à l'ouverture d 'un coquillage?
110. CORBEAU (kwèrbâ , appelé aussi krahâ , kwâk et krôk à cause
de son cri, Kola « Nicolas » et Djâk « Jacques » ) ?
111. “ Les campagnards pensent que ses eufs éclosent pendant
la journée du Vendredi-Saint. , (Defrecheux, Faune populaire.)
112. Les enfants crient à Herstal en voyant passer des vols de
corbeaux :
Kwâk, kwak, « Couac, Couac,
Voleûr â djèy, Voleur de noix ,
I y a vos'mohon' ki broûl. Il y a votremaison quibrûle. »
113. CORNEILLE DES CLOCHERS (Kwerbâ d'Kloki, tchâw ) ?
114. Au commencement de ce siècle, on racontait qu'il y avait
dans la tour de l'église Ste-Marguerite à Liège, une corneille qui,
la nuit du Vendredi-Saint, allait pondre un cuf d 'or dans le grenier
d'un habitant de la paroisse. On expliquait ainsi certaines fortunes
rapides et chacun se gardait de fermer cette nuit toutes ses fenêtres.
(Gérard dans Bull. Soc. Lit. wal., 20 sér., 11,266.)
115 . Coucou (koukou ) ?
116 . On aura de l'argent toute l'année , si l'on en a en poche la
première fois que l'on entend chanter le coucou au printemps.
117 . A Gembloux, quand les enfants l'entendent chanter, ils font
deux cumulets de suite et ils se croient alors certains de faire une
trouvaille agréable.
' 118 . COULEUVRE (kolow ) ?
- 10 -

119. On croit que la peau que la couleuvre a dépouillée guérit les


clous si on l'applique sur la partie du corps opposée à celle où le clou
se trouve. (Defrecheux, Faune wallonne.)
120. CRAPAUD (krapô, krapô vènin ) ?
121. Les enfants sont persuadés que le crapaud est le mâle de la
grenouille.
122. Q . Ne raconte-t-on rien sur l'inimitió qu 'il y aurait entre le crapaud
et un autre animal?
123. CYGNE ?
124. ECUREUIL (spirou ) ?
125 . EPERVIER (mohê) ?
126. ESCARGOT (karakol) ?
127. FOURMS (frumih ) ?
128. GEAI (ritchâ « Richard » , kèk' à cause de son cri) ?
129. GRENOUILLE (rin -n ') ?
130. Q . Dit-on pourquoi la grenouille n 'a pas de queue ?
131. GRILLON (krikyon , krityon , kritchon ) ?
132. Pour débarrasser une maison des grillons, on en met trois
dans une boîte qu'on tient derrière soi. Il faut ensuite passer trois
fois une rivière et jeter la boîte à l'eau derrière soi, puis revenir par
un autre chemin . (Comparez Chenilles.)
133. GRIVE (tchôpin -n')?
134. GRUES ?
135. HANNETON (balow , bizaw , byès' âbalow , âbalow ) ?
136. Les enfants s'amusent à le faire voler retenu par un fil
fixé au dernier segment en pointe de l'abdomen . Ils cherchentalors à
saisir le hanneton par cette extrémité, sans interrompre son vol. En
cas de réussite , ils disent que le hanneton prèche (prétch ).
137. HANNETON DU SOLSTICE (@balow di sin Dj'han , byès' di foûr) ?
138. HERISSON (Lurson ) ?
139. HERON ?
140. HIRONDELLE (arondj) ?
141. Q . Quels surnoms luidonne-t-on ?
142. Q . Quels présages tire-t-on de son vol?
- 11 -

143. Q . Que dit-on de son chant ?


144 . Q . Que dit-on de sa queue fourchue ?
145. HUPPE (bouťboubout') ?
146. Q . Comment explique-t-on son cri ?
147. LAPIN ?
148. LEZARD (kwatpès') ?
149. LIBELLULE (mêrtê ď ' dyal « marteau de diable » , sizèť , kok
d'il,makrê a sorcier » ,molinê, koute) ?
150. On croit que si une libellule vous frappe au front, vous
devez mourir dans l'année.
151. LIÈVRE (lầv ) ?
152. On frotte les gencives des enfants qui font difficilement
leurs dents avec de la cervelle de lièvre.
153. On croit que le sang d 'une hase pleine arrête les hémor
ragies.
154. Q . Que croit-on du bec-de-lièvre ?
155 . LIMACE (lumson ) ?
156 . Écraser une limace, c'est amener la pluie.
157. Pour débarrasser un champ des limaces, on en transperce
deux et on les fiche en croix sur le sol (Dinant).
· 158. LORIOT (orimyél) ?
159. LOUP (leu ) ?
- 160. On dit d'une personne enrouée qu 'elle a vu le loup. -
161. MARTIN -PÊCHEUR (rapèheu , rwè-pèheu , mâvî d'èw , vèrdin
d 'èw ) ?
162. MRSANGE CHARBONNIÈRE (gros'mazindj, sissideu ) ?
163. A Herve, on fait de son chant la phrase suivante :
Si si deu, si si deu . Pôy tè dèt , si tu deu , “ Paie tes dettes, si tu
dois „ (1).
163bis . MOINEAU (Mohon ) ?

(1) Dji deu a je dois » s'emploie en wallon sans autre complément dans le sens de « j'ai
des dettes » .
- 12 -

164. MOUTONS ?
165. La jeune fille qui rencontre un troupeau de neuf moutons
épousera le premier jeune homme qui lui donnera la main (Liège).
165 bis. MUSARAIGNE (mizwèt) ?
166. DIE (âu ) ?
167. Q . Commenttire-t-on à l'oie dans votre village (tapé a l'âw) ?
168. Q . Croit-on qu'il y a un moyen de réussir toujours à ce jeu ?
169. PERCE-OREILLE (mous'-e-l'orèy) ?
170. PERDRIX (pyètri)
Pgur ?
171. Q . Dit-on pourquoi elle a un fer à cheval sur la poitrine ?
172. Pie [aguès' (Liège), agas (Luxembourg et Namur )]?
173. Q . Quels surnoms lui donne-t-on ? par ex . pâkèt « communiante » ,
Margo (Mons) ?
174. La pie qui chante à droite est de bon augure ; celle qui
chante à gauche, signe de malheur.
175. PIE -GRIÈCHE (moudreu d 'aguès', appelée suivant les espèces
griz' agas', krawyeu (p . g . grise), pitiť agas' (p. g . écorcheur), rous'
agas' (p. g. rousse)] ?
176 . PIGEON (kolon ) ?
177. Pour qu 'un pigeon que l'on a volé ne retourne plus chez son
ancien maître, on lui arrache la huitième penne d 'une aile et on
l'attache à une paroi du pigeonnier (Herve). ·
178. Q . Connaissez -vous desmoyens superstitioux de faire rentrer premier
un pigoon mis au concours ?
179. Certains amateurs de pigeons (kolèbeu ), assez rares, croyons
nous, pensent que la toile dont on entoure les cages d'osier (tchèv')
où se transportent les animaux de concours, n 'a pas seulement pour
but, soit de garantir leurs ailes qui pourraient se froisser, si elles
débordaient par les barreaux, soit de les empêcher de se battre, mais
qu'elle peut aussi les préserver des mauvais sorts qu'on voudrait leur
jeter (Amay).
180. PINSON (pîsson )?
181. PIVERT (bètch -fyèr,bètch -pâ, fôr-pâ) ?
181 bis. Porc (pourse) ?
- 13 -

182. Pou (pyou )?


183. Rêver de poux est présage d 'argent.
184. L 'abondance des poux chez les enfants est considérée comme
un signe de santé .
185. POULE (poy) ?
186 . Quand une poule chante comme un coq, cela signifie que le
maître de la maison laisse porter les culottes par sa femme. Pour
redevenir le maître, il n 'a qu'à égorger la poule.
187. Si les poules se nettoyent furieusement les plumes avec le bec,
c'est signe de pluie.
188. Q . Que dit-on lorsqu'elles se roulent dans la poussière ?
189. Q .Que croit-on des poules blanches ?
190. Q . Que raconte-t-on des poules noires ?
191. Q . Que pense-t-on si une poule glousse dans une maison où il y a une
personne malade ?
192. Q . Dans quellesmaladies se sert-on de poules ?
193. Q. Quels objets croit-on qu'il faut placer dans le nid d'une poule qui
couve et pourquoi ?
194 . Onmet les mufs à couver à une poule en nombre impair .
195 . Q . Que dit-on des coquilles d'oufs ?
195 bis. On dit à Laroche : Gna sèt pètchî mörtél divin on ' où « n
y a sept péchés mortels dans un muf »,
195 ter. Q . Que doit-on faire s'il vient à tonner pendant l'incubation des
poules , dindons, canes, etc. ?
196 . Le poulet né d'un œuf pondu le Vendredi-Saint change de
couleur chaque année.
197. Q . Que dit-on des poulets nés entre Noël et les Rois ?
198. PUNAISES (wandyon ) ?
199. Pour éloigner les punaises d'un lit, y mettre un os de mort.
199 bis. Autre moyen . Lire l'Evangile de saint Jean aux trois
coins de la chambre. Elles s'en vont par le quatrième (Verviers).
(Cp. Chenilles.)
200 . Pour se délivrer des punaises, on en met neuf dans une boîte
qu'on tâche de déposer dans la poche d 'un passant, voisin ou visiteur
- 14 -

quelconque. Les punaises se transportent toutes dans la maison de ce


dernier (Herve).
200 bis. Putols (wiha, vècho [St-Hubert]) ?
201. Rats ?
202. Quels sont les moyens superstitieux de s'en débarrasser ?
203. Quand on est mordu par un rat, il faut chercher à le tuer ,
lui couper du poil et mettre ce poil sur la morsure.
204. RENARD (rnâ) ?
205. Q . A quoi sert la langue du renard ?
206 . ROITELET (rôytê (1) houplé « roitelet huppé » , piti rôytê, ouhê
dèbon Dju )?
207. S'è lu k'a -st-apwèrté l' feu so l'mond' « C ' est lui qui a
apporté le feu sur la terre » .
208. ROSSIGNOL DE MUR (rodj kow « rouge queue » ) ?
209. On le considère comme de mauvais augure : ouhê d 'mwêr,
« oiseau de mort » .
210 . A Herve, on interprète son cri :
Kwan dj'èn 'a ralé, lè sina èsti plin . 1 « Quand je suis partie , les greniers
[étaient pleins.
A st' eûr ku dj'80 ruvnâw , i n 'a pu ré | A cette heure que je suis revenue, il
(dvin . | (n 'y a plus rien dedans. »
211. SALAMANDRE (kwatpès'dèw ) ?
212 . Q . De quels méfaits l'accuse-t-on ?
213. SANGLIER (singlé, sâvadj pourse) ?
214 . CRAPAUD ACCOUCHEUR (lurtê, klouk, kloukte, koulouk, kloktê) ?
215 . SOURIS (sori) ?
216. On dit que pour guérir les enfants affectés d 'une inconti
nence d 'urine, il faut leur faire manger des souris rôties.
217. Q . Quels sont les moyens superstitieux de s'en débarrasser ?
218 . Quand une personne est atteinte de dartres, on dit qu'elle a

( ) Le nom de röyle sans épithèle est donné en wallon au troglodytus parvulus.


- 15 -

été « caressée par une souris » ou qu'elle a mangé « après une . .


souris » .
219. TAUPE (foyan , foyon ) ?
220. On fait porter aux enfants dans un petit sac, pour les pré
server des convulsions, des pattes coupées à une taupe vivante.
221. On croit se guérir des transpirations aux mains en pressant
dans les doigts une taupe vivante, jusqu 'à ce qu'elle en meure.
222. TOURTERELLE ?
223. VACHE ?
224. Q . Quelsmoyens superstitieux emploie -t-on pour aider une vache à
vêler ?
225 . Q . Et pour faire revenir le lait aux vaches ?
226 . Une vache pleine mettra au monde un taureau , si la touffe
de poils qu'elle porte entre les cornes est levée, une génisse si cette
touffe est abaissée.
227. Q . Coupe-t-on quelquefois du poil aux vaches ? Pourquoi ?
228. VER LUISANT (rluhan vyèr, loumroť , moh di sin Dj'han ) ?
229. VERDIÈRE (djazrèn ') ?
230. On dit que c'est elle qui a fait découvrir le tombeau du
Christ, et l'on traduit son cri par dizo, dico sis' pîr, « dessous,
dessous cette pierre » (Luxembourg).
231. Q . Ne connaissez-vous pas de superstitions de pêcheurs sur les
poissons comme le saumon, la truite, la carpe, la tanche, etc.?
232. Q . Croit-on qu'il y a des insectes aquatiques qui percent les pieds
des baigneurs ?
233. Q . Parle-t-on d'animaux apparaissant sur les tombes ?
234 . Q . Connaissez-vous des récits où des personnages comprennent le
langage des animaux ?
N . B . — N 'oubliez pas de mentionner les proverbes relatifs aux
animaux, par exemple : bať lu tché dvan l’liyon « battre le chien
devant le lion » (Verviers), les expressions consacrées comme: « Cela
ne vaut pas les quatre fers d'un chien » , les comparaisons comme :
hètèy kom in ' pitiť treuť « Saine (et vive) comme une petite truite » ,
les répliques rimées comme : Djê freu ! Mous' o kou do leu , « J 'ai
froid ! Cache-toi dans le derrière du loup » (Laroche).
– 16 -
IJI. – Agriculture.
235 . Q . Dit-on quelque chose quand les blés ondulent ?
236 . Beaucoup de gens ne cueillent pas le dernier fruit d 'un
arbre, pour qu'il continue à porter .
237. On croit que des nains (sotë) viennent voler le grain aux
paysans dans les greniers (Sinsin, prov. de Namur).
238 . Q . Ne parle-t-on pas d 'un démon qui aurait aux pieds de petites fau
cilles ?
239. Q . Que dit-on aux enfants pour les empêcher de s 'égarer dans les
champs ?
240. Q . Parle-t-on d'enfants trouvés dans les blés ?
241. Q . Croit-on qu'il y a une femme, fée ou sainte, qui se promène dans
les champs à certainsmoments ?
Saints agricoles.
242. Q . Quels sont les saints que les cultivateurs honorent le plus et com
ment le font-ils ? Dites spécialement ce que vous savez de saint Antoine,
saint Eloi (sin -z- Èlöy) et sainte Brigitte (sint Brîh ) ? Des détails tels que
ceux qui suivent sont importants à recueillir.
213. Le jour de St-Eloi, on met des rubans ou de petits drapeaux
de papier aux colliers des chevaux.
244. Dans plusieurs villages de la province de Namur, tous les
fermiers assistent ce jour-là à la messe et le maréchal-ferrant leur
donne ou leur paye à dîner.
245. Q . Procède-t-on aussi ce jour-là à une sorte de bénédiction des
chevaux et comment se pratique-t-elle ?
Bétail.
246. Q . Quand un nouvel animal entre dans la ferme, ne pratique-t-on
aucune cérémonie superstitieuse, comme c'est le cas pour les chats (n° 73) ?
247. Q . Y a -t- il des usages superstitieux relatifs à la castration des bes
tiaux (hamlèdi) ?
248. On met du sel dans la gueule du veau qui vient de naître .
249.Q . Ne fait-on rien de semblable à la naissance d'autres animaux ?
250. Pour guérir les cochons de la congestion , on emploie le remède
suivant : arracher trois soies à la place où le cochon a mal et mettre
- 17 -

une soie entre le pouce et l' index, une entre l'index et le majeur,
une entre le majeur et l'annulaire; dire alors cinq pater et cinq ave
à saint Antoine en l'honneur des cinq plaies, puis jeter les trois soies
dans le feu ( environs de Verviers ).
251. Q . Connaissez-vous d'autres superstitions vétérinaires que vous
auriez oublié de mentionner à l'occasion du chapitre animaux ?
· 252. Q . Que chante -t-on dans votre village en rassemblant les vachos lo
soir ?
253. En aiguillonant les boufs, on chante sur un rythme mono
tone : â stitchâ bouká, râ forê (sud-est de la prov. de Liége).
254. Q. Les bergers ont-ils des chansons spéciales ?
Laitage.
255. Pour que le beurre se fasse plus vite, on met dans le tonneau
qui sert de baratte une pièce de cinq francs (Louveigné), trois
feuilles de buis bénit (Moha ). On jette aussi dans le même but
quelques gouttes d 'eau bénite sur le morceau d'étamine qui sert
à bien fermer la bonde (Hesbaye).
256 . Q . Quelles sont les conditions requises de la personne qui bat le
beurre ?
257. Q . Si le beurre ne vient pas, que croit-on ? que fait-on ?
Labour.
258. Avantde labourer une terre, beaucoup de cultivateurs se
découvrent et prient.
259. Q . Y aurait-il une prière traditionnelle spéciale ?
260. Q . N 'arrose-t-on jamais la charrue avec de l'eau ?
261. Q . Est-il permis d 'enjamber une charrue ?
Semailles.
262. Q . Laisse-t-on une partie du champ sans y semer ?
263. Q . Le semeur dit-il une prière spéciale ?
264. En Hesbaye, le semeur, en entrant dans le champ, jette une
forte poignée de semence en disant : po lè mohon « pour les moi
neaux » , ce qui doit garantir la moisson future de leurs pillages.
265 . Pour que les oiseaux ne mangent pas les graines, on sème un
jour de la semaine correspondant à celui de la Noël (par exemple
un mercredi en 1889) (Moha).
- 18 -

266 . Q . Ne fait-on rien d 'analogue pour écarter les insectes nuisibles du


potager ?
267. Q . Si vous ne l'avez déjà fait à l'occasion du chapitre précédent,
dites-nous les autres moyens superstitieux employés pour garantir un champ
des animaux nuisibles et des sortilèges (dè mâl-è byès' è dè mâl-è djin )?
Moisson .
268 . Avant de commencer la moisson , on célèbre une petite fête
dite trimpèdj dè fa a trempe des faux ». On danse et on mange des
@ ufs (Hesbaye).
269. Q . Coupe-t-on d 'unemanière particulière les premiers épis ?
270. Les premiers épis coupés sont placés le long d'une crois en
bois et offerts au maître, si l'on fauche le seigle, à la dame si l'on
fauche le fromont (Moha).
271. Q . Y a-t-il une partie du champ que l'on ne fauche pas ?
272. On place dans la première gerbe des fleurs ramassées le
jour de la Fête-Dieu sur le passage de la procession (Moha) ou un
rameau de buis bénit (Sinsin ), afin de préserver la moisson des
souris .
273. Celui qui lie la dernière gerbe se marie avant deux mois
(Sinsin ).
274. Q . Quelle forme donne-t-on à cette dernière gerbe ?
275 . Q . N 'y introduit-on aucun objet, animal ou pierre, par exemple ?
276 . Q . Par quelles paroles se salue-t-on à la moisson ?
277. Q . Observe-t-on quelque usage superstitieux dans le cas où le char
de blé est renversé ?
278. Q . N 'y a-t-il pas d 'usage relatif à la récolte du foin et à celle des
pommes de terre ?
279. L 'usage de se moquer de celui qui est le dernier à terminer
sa moisson existe partout.
Voici comment il se pratique dans deux villages :
A Sinsin (province de Namur), celui qui termine l'avant-dernier
met au-dessus de son dernier char un mannequin de paille, que l'on
appelle Dj'han l nâhi « Jean le fatigué » et le char rentre au
village, suivi par les ouvriers qui chantent sur un ton plaintif :
N 'aron -t-i jamê fê l'aoû ? « N 'auront-ils jamais fait l'août? » Puis on
va planter le mannequin sur la terre de celui qui n 'a pas fini.
– 19 -

A Pailhe (près Modave), ceux qui ont fini les premiers crient aux
autres du haut d 'une éminence en agitant un mouchoir au bout d'un
bâton : Lè pof piti-z ovrê dè tchèstya - Náron jamê fê l'aoû . –
S sèron-t-i ko magnê dè mohèť . – Rimonté vo maron ' ! « Les
pauvres petits ouvriers du château -- N 'auront jamais fait l'août. —
Ils serontde plus mangés des moucherons. — Relevez vos culottes ! »
280. Q . A quel arbre coupe-t-on le mai (limay)que l'on place sur le der .
nier char de la moisson ?

IV . – Plantes.

281. Quand un homme meurt, tous les arbres qu'il a plantés


périssent (sud-est de la prov. de Liége).
282. Q . Quelles sont les fleurs que l'on coupe pour répandre sur le chemin
des processions?
283. Q. Quelles sont les plantes avec lesquelles les enfants jouent, comme
la marguerite ? Prière de décrire les jeux .
284. Q. Celles que l'on plante de préférence sur les tombos, comme le
buis ?
285. Q . Quelles sont les plantes qui protégeraient de la rage ?
286. Q . Celles qui écarteraient les sorcières ?
287. Q. Celles qui protégeraient de la foudre,comme la camomille ?
288. Q . Parle-t-on d 'une plante qui pourrait couper du for ?
289. Q . D 'une plante qui ferait perdre le chemin ?
290. Q . D 'une plante qui rendrait invisible ?
291. Q . A quelles époques doit-on couper les plantesmédicinalos ?
292. Q . Quelles sont les plantes dont les enfants ont peur sans qu'elles
soient vénéneuses , comme la renoncule ?
293. Q . Quelles plantes ou quelles branches d'arbre envoie -t -on aux
jeunes gens malheureux en amour, pour les railler ?
294. Q . Explique-t-on les nomsde plantes commedin d 'leu , hiť d 'aguès',
pan d’koukou, vès'di leu ,tchapê d’makral,bâb di bon Dju, etc.?
Voici d 'ailleurs, comme guide, par ordre alphabétique des noms
français,une liste de quelques plantes pouvant être objets de folklore,
avec quelques spécimens des renseignements désirés :
295 ABSINTHE (fwer) ? 296 ACONIT A FLEUR JAUNE [djèn kou
- 20 -
d 'tchâs' d'Alman Lobet et Lezaack (1)]? 297 AIGREMOINE ? (agrim
wèn ') ? 298 All (a ) ? 299 ANCOLIE (âkolèt )? 300 ANEMONE DES BOIS
(pas-fleûr)? 301 ANGÉLIQUE (pyèrzin d 'Macidôn') ? 302 ARRÊTE-BEUF
RETE - BOEUF

(stâtch -bou )? 303 ASPERGE ?


304 AUBEPINE (ârdispen', bènit-è ronh, blank sipèn ', pètchali) ? –
305. On dit que les fleurs de l'aubépine sentent bon , parce que la
Vierge y mettait sécher les langes de Jésus. 306. On croit que les
baies de l'aubépine (lè pètchal) donnent des poux à ceux qui en
mangent. — 307 AUNE (ônê) ? ~ 308 . Certaines personnes pensent
que le vendredi la branche de l'aune peut se plier aisément et servir
à faire des liens pour les fagots, tandis que les autres jours elle se
casse si on veut la courber (Louveigne). — 309 AVOINE ? 310 BARDANE
(piskou , aflitch , plokèt-e-kou ) ? 311 BELLADONE (bèldam ) ? 312 BE
NOITE (yèb di feu ) ? 313 BÉTOINE (béton ') ? 314 BLUET (bleu baron ) ?
315 BOULEAU (bèyol) ? 316 BOURRACHE (bouras”) ? 317 Bryone (gôlant
Ensival) ? 318 Buis (pâkê) ? — 319. Le buis bénit protège de l'in
cendie . — 320 . On en jette dans le feu quand il tonne. – 321
BRUYÈRE (brouîr)? 322 CAMPANULES (klokèt , di) ? 323 CAMOMILLE
(kamamèl) ? -- 324 . On brûle des fleurs de camomille quand il
tonne. — 325 CAPILLAIRE NOIR (kapulér) ? 326 CEREALES ? — 327 .
Les épis doubles portent bonheur.
328. Q. Oů les place-t-on ?
329 CERISIER ? 330 CHAMPIGNONS? 331 CHANVRE (tchèn ') ? 332 CHAR
DON (tchèrdon )?
333. Q . Quand faut-il les couper? .
334 GRANDE CHÉLIDOINE (sologn ') ? 335. CHÊNE ? 336 CHÈVRE
FEUILLE (sussèť ) ? 337 Chou (djoť ) ? 338 Ciguë (sävadj pyèrzin) ?
339 COING ? 340 COLCHIQUE (tow -tchin ) ? 341 CONCOMBRE ? 342 COQUE
LICOT (pavuèr , fleûr du tonir Lezaack )? - 343. On attire le tonnerre
en coupant des coquelicots (Laroche). – 344 CUSCUTE (bâb di
môn ') ? 345 DOUCETTE (orèy di lîv) ? 346 ELLÉBORE (yéb di feu ) ?
347 ÉRABLE COMMUN (buè d' poy) ? 348 EUPATOIRE ? 349 FENOUIL
(fno)? 350 Fèves ( fév) ?
(1) Lorsque les renseignements directs nous faisaient défaut, nous avons puisé les
noms wallons des plantes dans le Dictionnaire de Lobet , la Flore verviétoise de Beaufays et
le Dictionnaire des noms de plantes des environs de Spa de Lezaack.
- 21 -

351. Q . A quels jours consacrés mange-t-on des fèves ?


352. Q . Distingue-t-on entre fèves blanches et fèves noires dans quelque
croyance ou coutume ?
353 FOUGÈRE (fètcher )? 354 FUMETERRE (frumtér Lezaack) ? 355
FRENE ? 356 GENÈT (djignès') ? 357GENÉVRIER (pèkè) ? 358 GENTIANE ?
359 GÉRANIUM ? 360 GIROFLEE BLANCHE ? 361 GIROFLÉE JAUNE
(tchâvyoli, mûrê) ? 362 Govet (poupâ lôlô) ? 363 Gui (hamustê)?
364 GUIMAUVE (blank mâvlèt) ? 365 HÈTRE ( faw ) ? 366 HOUBLON ?
367 Houx ? 368 IVRAIE (drow ) ? 369 JUSQUIAME (planť dimwèr) ?
370 LAMIER BLANC (blank oârtèy ) ? 371 LAMIER ROUGE ( poûpèy) ? 372
LIERRE (leur) ? 373 LIERRE TERRESTRE (@s')? 374. On l'emploie dans
un grand nombre de maladies : l’ês' è-st-a to mês' « le lierre terrestre
est maître à tout v . 375 LISERON DES HAIES (kwèrdê, hèna) ? 376
MARJOLAINE (maryolin -n ')? 377MARRON? 378 MILLEFEUILLE (mifou ) ?
379 MILLEPERTUIS (djènèť Jalhay) ? 380 NAROISSE DES POÈTES
( pucel)? 381 NENUPHAR BLANC (blan rabadjôy Lezaack ). 382 No
SETIER (neîhî, kôrî) ?
383. Q . Quelles qualités doit réunir une baguette de noisetier pour servir
à découvrir des trésors ?
384 NOYER (djèyê)? — 385. Mis dans le bas ou le soulier, le clou
de la noix porte bonheur. 386 EILLET (djalofrèn ') ? 387 ORCHIS
(tchapê d' kuré) ? 388 ORIGAN VULGAIRE (sävadjmaryolin -n ', fleûr du
Notru - Dam ) ? 389. On sème l'origan à la procession du 15 août; d'où
son second nom . 390 ORTIE (oûrtèy) ? 391 PAQUERETTE (mâgriyèt)? 392
PERSIL (pyèrzin ) ? --- 393. Quand on repique du persil, on fait mou
rir le plus proche de ses parents. -- 391 PERVENCHE (sävadj pâkî) ?
395 PEUPLIER ( plop) ? 396 PIED D'ALOUETTE DES CHAMPS ? 397 PED
D'ALOUETTE DES JARDINS ? 398 PIMPRENELLE ? 399 PISSENLIT . V . renon
cule et n° 430 . 400 PIVOINE (piyon', rôz du tchvô) ? 401 PLANTAIN
( plantrên') ? 402 POIREAU (porê) ? 403 POIRIER ? 404 Pois ? 405
POMMIER (mèlèy ) ? 406 POMME ÉPINEUSE (yèb dimakrê) ? 407 PRIMEVÈRE
(klédyè « clef de Dieu » , bray di koukou Laroche, bray dè tcha
Couvin ) ? 408 RENONCULE (pihâť -è-lé = pissenlit, qui est d 'ailleurs
l'expression usitée dans le français du pays wallon) ? 409
ROMARIN ? 410 ROUILLE DU FROMENT (neûr-kou ) ? 411 RUE (row ) ?
412 SAFRAN ? 413 SAPIN ? 414 SAUGE (sèdj) ? 415 SAULE (sa) ?
- 22 -

416 SCABIEUSE (Acûr du tonîr pays de Verviers, fleûr du vef


« fleur de veuve » Lezaack). 417 SEIGLE (wassin ) ? 418 ERGOT DE
SEIGLE (din d ' leu « dent de loup » Hesbaye). 419 SERPOLET (poleûr)?
420 SORBIER (hâverna ) ? 421 Souci (fleîr di mwer) ? 422 SUREAU
(sawou ) ? 423 TILLEUL (tiyou )? 424 THYM ? 425 TRÈFLE (trinbleun')?
426 VIOLETTE ?
Il est important de recueillir les noms wallons des plantes pour
chaque village. MM . les instituteurs, souvent très experts en bota
nique, ne feraient pas cuyre inutile en notant ces noms à côté des
noms français et latins. Ils révèlent à eux seuls une foule de faits
importants pour le Folklore . Le peuple ne dénomme que les plantes
qui l'intéressent à l'un ou l'autre titre et un nom est souvent une
trace certaine, soit d 'un remède, soit d'une croyance, soit d'une
coutume, soit d 'un proverbe , actuellement disparus . Nous recomman
dons spécialement à l'attention de nos correspondants les plantes qui
portent des noms de saints , ou celui de la Vierge, du diable , etc .
(Ainsi, dans le pays de Verviers : yèb du sin Djôzef = Tussilage ;
yéb du sin Rok = Inula dysenterica ; yèb du sin Fiyak = Bouillon
blanc; yèb du sin Bènwè = Benoite officinale ; yèh du Notru - Dam =
Alchemille vulgaire ; foy sin -z- Elôy (fouy sin-t- Élue Laroche ) =
Renouée tachetée ; môrsur dè dyal = Potentille tormentille; yèb du
fran dyal = Gratiole officinale).
Nous prions ceux de nos collaborateurs éventuels qui le pourraient
et le voudraient, de disposer leurs renseignements de la manière
suivante : 1° le nom latin avec celui de la Flore où il est puisé;
20 le nom français vulgaire ; 3° les noms wallons avec indication des
villages où ils ont été recueillis, ou, faute de mieux, des ouvrages,
où on les retrouve ; 40 toutes particularités curieuses se rattachant
au folklore. Voici quelques exemples :
427. GENTIANA CENTAURIUM, L . (= Linnæi) – Fr. petite centau
rée. — W . sintòrèy ;médsèn ' di bèguèn ' etmédsèn ' di priyès', dans
les environs de Liége, suivant Lezaack.
428. RUMEX SANGUINEUS, L . – Patience rouge – Yeb du son
« herbe de sang » Beaufays, Flore. Son ddragon « sang de dra
gon » Lobet.
429. RUMEX OBTUSIFOLIUS, L . – Patience à feuilles obtuses. –
Sural di vatch « oseille de vache » ,
- 23 -

430. LEONTODON TARAXACUM, L . - Pissenlit. — Sékorèy « chicorée » ,


florin d’ôr « florin d'or » , pihot-è-lét Liége. — Les pauvres mangent
cette chicorée en salade. — Les enfants appellent « anges .n les
têtes de pissenlit chargées de ces graines soyeuses que le moindre
coup de vent disperse. — Ils devinent l'heure par le nombre de fois
qu'ils doivent souffler pour disperser toutes les graines .
431. CHRYSANTHEMUM LEUCANTHEMUM, L . — Grande marguerite.
- Sin- Dj'han, fleûr di sin Dj'han , lâdj magriyèť « large margue
rite » Trembleur. – On effeuille une marguerite et on souffle les
pétales pour savoir dans quelle direction se trouve quelqu'un
(Cornesse). -- A la Saint- Jean, on jette sur les toits des couronnes
de marguerites pour préserver les maisons de la foudre.

V. – Médecine et Hygiène du peuple.

Les maladies.
Voici la liste des principales maladies que le peuple distingue. Le
nom de quelques-unes est suivi de l'indication de quelques remèdes
populaires qui montreront exactement la nature des renseignements
qu'il serait utile de réunir.
432. APHTES (klokèť ) ?
433. ASTHME (koutrès' d 'alèn ') ?
434. Infusion de baies de houx.
435 . BRÛLURES (broüleûr) ?
436 . Laver la brûlure avec de la neige ramassée entre l'Epiphanie
et la Chandeleur (Hock 176).
437. Le beurre fait le deuxième jour des Rogations.
438. Lard saupoudré de cerfeuil (Hock 323).
439. CANCER (chank-skir) ?
440. Appliquer sur le sein une écrevisse vivante dont on a lié les
pinces (Hock 24 ).
441. CHANCRE (crantch ).
442. CHOLERA (holèrâ ) ?
- 24 -

443. Graisse de chien (beûr on potikè d' krâch di tchin Laroche).


444. CHORÉE, DANSE DE ST-GUY ?
445. Monter trois fois le « thier » (1)de la Chartreuse et le descendre
trois fois en courant le plus vite possible. Prendre ensuite, par
petites gorgées, un liquide composé de miel, gros comme une noix,
et d'un jaune d'@ uf mélangés à la bière contenue dans une tasse
noire (Hock 309).
446. CHUTE DU RECTUM (sâtch ) ? .
447 . Un morceau de flanelle rouge appliqué sur le mal (Liége).
448. CLOU, FURONCLE (klân, bwègn ' klâ ) ?
449. Réciter trois pater et trois ave et ajouter : Bondjou, klô !
A rwer, kló ! (Nivelles). (Cp. orgelet.)
450. COLIQUE (mâ d'vinť ) ?
451. Oraison pour guérir promptement la colique,du Médecin des
Pauvres ( ).
« Mettez le grand doigt de la main droite sur le nombril et
dites : Marie qui êtes Marie ou colique, passion qui est entremon foie
et mon cour, entrema rate etmon poumon , arrête au nom du Père,
du Fils, et du Saint- Esprit. Dites trois pater et trois ave et nommez
le nom de la personne en disant : Dieu ta guérie. Amen. »
452. Noix verte dans du genièvre.
453. CONVULSIONS ?
454. Jeune pigeon volant déjà : on plume le derrière du pigeon
et on l'applique sur le derrière de l'enfant jusqu'à la mort du vola
tile. (Le pigeon qui se débat doit être maintenu énergiquement et
meurt d'autant plus vite.) (Liége).

(1) Forte montée de la route de Liége à Aix -la-Chapelle .


(') Le Médecin des Pauvres est un petit recueil de formulettes en français, derniers débris
d 'incantations paiennes légèrement christianisées au commencement du Moyen Age . Il a été
édité très souvent dans ce siècle ; nous en connaissons une edition de Huy et deux de
Nivelles, l'une sous le titre ordinaire , l'autre sous celui de Les heureux secrets, trésor des
ménages (12 pages sans date ni nom d 'imprimeur). Beaucoup de copies manuscrites circulent
dans les campagnes. C 'est d'après une d 'elles que M . Hock , Croyances et remèdes , passim ,
en a reproduit quelques-unes . Pour le n° 451 , nous donnons le texte de l'édition de lluy ;
celui de Hock 478 et celui des Heureur Secrets sont un peu différents.
- 25 -

455. Couper les pattes de devant à une taupe vivante et les


placer sur la poitrine de l'enfant.
456. COQUELUCHE (V. GORGE).
457. CORS AUX PIEDS (aguès') ?
458. Dire trois fois, sans reprendre haleine, en s'adressant à un
mort que l'on porte en terre : Prin mè-z aguès' è pwèť lè avou ti è
tér « Prends mes cors et porte -les avec toi en terre » (Liége).
459. COUP DE SOLEIL ?
460. CRAMPES ?
461. CROUP ?
462. CROUTE DE LAIT (lè selly) ?
463. DENTS (MAUX DE ) ?
464. Des guérisseurs (sègneu « signeurs » ) touchent la dent
malade avec un clou, puis vous disent de ficher le clou dans un
arbre. Lemal doit disparaître au fur et à mesure que le clou s'en
fonce (Hesbaye).
465. Q . A quoi attribue-t-on les maux de dents ?
466. ENGELURES ?
467. Se chauffer les pieds à une flambée de regain, puis les fric
tionner avec de la graisse de cheval mêlée avec la cendre du foin
brûlé.
468. ECROUELLES (mazindj, litt. mésanges [Herve, Verviers ]) ? .
469. ENTORSE (pî twèrtchi)?
470 . Mettre le pied dans les intestins d'une vache qui vient d 'être
assommée (Hock 53).
471. ÉPILEPSIE (gran mâ,mâ ď sin Dják)?
472. Invoquer sainte Cornélie (Nord de la province de Liége).
473. ÉRYSYPÈLE (rôz) ?
474. Placer sur le mal un morce
morceau de langue de renard arrachée
à l'animal vivant et bénite en l'honneur de sainte Rose (Hock 183).
475 . ÉTOURDISSEMENT (toubyon ) ?
476 . FIÈVRE (lè fîv) ?
- 26 -

477. Cataplasmes de levain aux mains et aux pieds (Liége).


478. FRACTURES ?
479. FRISSONS (fruzyon ) ?
480. GALE (rogn') ?
481. GERÇURES (krèvas')?
481bis. Faire griller un morceau de pain et le placer tout chaud
sur les lèvres (Hock 128 ).
482. Se laver les mains avec de l'urine d 'enfant.
483. GORGE (MAUX DE )?
484. Mettre des vers de terre dans une poche en toile et se l'ap
pliquer sur la gorge. Les vers au bout de quelques heures sontréduits
en bouillie et leur décomposition produit une chaleur intense.
485. Langue de renard rapée .
486. S' enrouler un écheveau de soie rouge autour du cou .
487. GOUTTE (lè goť ) ?
488. Thé de feuilles de chêne (Hock 130).
489. GRAVELLE (pîr, grèval) ?
490 . Cendre de poil de lièvre mêlée avec du vin blanc (Hock 53).
491. On croit gagner cette maladie en mangeant du sel d 'une
manière immodérée.
492 . HEMORRAGIES ?
493. Pour arrêter le saignement de nez, enrouler un bout de fil
autour du doigt (Verviers).
494. Toile d'araignée.
495. HEMORROÏDES (brok) ?
496. Formule en usage dans les environs de Spa : « Brok , retire
toi. Dieu te maudit. Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit.
Prendre de la salive avec le majeur de la main gauche et faire le
signe de la croix sur les brok en disant les paroles ci-dessus et faire
une neuvaine en reculant à l'honneur de saint Gangulfe . »
497. HOQUET (hikèť ) ?
- 27 -

498. Boire neuf coups de suite.


499. Tenir un couteau au-dessus d'un verre à la hauteurdu visage,
la pointe dirigée vers la bouche (Liége).
500. Q . Connaissez -vous des formulettes à dire plusieurs fois de suite
pour s'en débarrasser ?
501. HYDROPISIE (@wlèn') ?
502. IMPUISSANCE ?
503. IVROGNERIE ?
504. JAUNISSE (djènîs') ?
505. Appliquer une tanche ou une carpe vivante comme un cata
plasme sur la région du foie et l'y laisser jusqu'à putréfaction . Le
poisson est censé prendre la maladie et en mourir.
506 . Uriner sur un hareng (Herve).
507. Alé pihî so l'ramon ! « allez pisser sur le balai! » dit-on aux
enfants qui ont eu peur pour les garantir de la jaunisse (Liége).
508. LUETTE DESCENDUE (sap à Liége et à Verviers ; skalansèy
TE DESC

(= esquinancie ) à Laroche) ?
509. On prend trois cheveux à la rosette de la tête et on les tire
en croyant ainsi faire remonter la luette (po r’sètchê l'âlouèt ).
510. LUMBAGO (toûr di rin ) ?
511. MAIGREUR ?
512. MÉNINGITE TUBERCULEUSE CHRONIQUE (fivlin -n ' (1) « fièvre
lente » dans le français de Liége] ?
513. Aller invoquer sinť Fivlin -n ' à Grivegnée (Liége). .
514. Certains guérisseurs vendent dans des canettes en terre
glaise un onguent (2) ainsi composé : 10 ) un puf avec son écale ;
20) du savon ; 3º) du sel ; 40) du poivre ; 50) de la levure ; 6°) de l'eau
bénite. Cet onguent est placé dans des linges dont on entoure les poi
gnets de l'enfant, ce qui s'appelle mèť lè pakè mettre les paquets ».
Le remède doit être répété trois jours de suite et pendant ces trois

) Le peuple donne le nom de fivlin-n' à toute maladie consomptive de l'enfant.


(3) Cet onguent s'appelle li rméd di sér sór « le remède de sept sortes » . Pour arriver à
ce chiffre , on compte comme 10 « un petit pot de terre neuf » .
- 28 –

jours on fait une neuvaine spéciale qui consiste à dire, le premier


jour, 9 pater le matin, 8 à midi et 7 le soir ; le deuxième jour,
6 pater le matin , 5 à midi et 4 le soir ; le troisième jour, 3 pater
le matin , 2 à midi et 1 le soir.
515 . Placer sur la poitrine de l'enfant ou autour de ses poignets
des linges n'ayant jamais servi et renfermant des cloportes. Les
cloportes prennent la maladie. Leur nombre n 'est pas indifférent :
on en met neuf sur la poitrine à Laroche.
516 . MENINGITE (êw -è-l’tyès”)?
517. Appliquer un pigeon fendu en deux par la face sur la tête
du malade.
518 . MOGUET (lè rênèť, lè-z af so l' linw ) ?
519. NEVRALGIE ?
520. Se tourner une corde en boyau de chat autour du cou (Hock
127) .
521. Lier une peau d 'anguille autour du genou droit et placer un
cercle de fer autour de la tête.
522. Noyés ?
523. Pour retrouver un noyé, on fait flotter un pain bénit sur
l'eau et quand il passe au-dessus du cadavre, celui-ci l'arrête avec
le bras ( Stavelot).
524 . OBÉSITÉ ?
525. OREILLES (MAUX D') ?
526 . Saint Georges, à Oneux (près de Spa ), guérit les maux
d 'oreilles . Le malade doit faire trois fois le tour de l'église en
portant sur la tête une couronne en fer très lourde et garnie de
pointes (Hock 166 ).
527. ORGELET (oryou , konpér Loryo) ?
528. Pendant trois jours de suite dire trois fois le matin à jeun :
Bon' nuť, oryou ! « Bonne nuit, orgelet !
Va-r-z- è kom t'a vnou. Retourne-t-en commetu es venu . )
et trois fois le soir en se couchant :
Bon djou , oryou ! « Bonjour, orgelet !
Va-r-z-è kom t'a vnou . Retourne, etc . »
- 29 –

En disant ces formulettes, il faut faire sur l'orgelet humecté de


salive un signe de croix , soit avec un anneau de mariage, soit avec
l'ourlet de la chemise tourné à l' envers (Liége et Verviers).
529. PANARIS (blan deu ) ?
530. PHTISIE PULMONAIRE ?
531. Manger de la graisse de chien (Hock 378 ).
532. Prendre chaque jour deux cuillerées d 'eau dans laquelle on
a mêlé de la poussière de charbons provenant du feu de la St- Jean.
533. PIED ENDORMI ( pê èdwèrmou ) ?
534. On mouille l'index ou le pouce et l'on fait une croix sur le
pied endormi (Liége).
535. PIQÛRES D’ÉPINE ?
536 . PLEURÉSIE ?
537. Introduire dans une pomme un morceau d 'encens gros
comme une noisette, la cuire et la faire manger au malade (Hock 48).
538 . POINT DE CÔTÉ ?
539. PYROSIS (mirin -n ') ?
540. Répéter trois fois sans s'arrêter :
Sinť Madlin -n ' « Sainte Madeleine,
Dj'è l'mirin -n ' J'ai la u mireine »
Djºol dây ê treo kô sin Je le dirai trois fois sans
(reprint' alin -n '. | (reprendre haleine » (Laroche).
541. RÉTENTION D 'URINE ?
542. RHUMATISMES ?
543. On croit se préserver des rhumatismes en conservant dans
une poche du pantalon un marron sauvage.
544. Cinq clous de cercueil dans un petit sac pendu au cou ( Theux ).
545 . Élever des cochons de montagne dans la chambre à coucher
du malade (Verviers).
546 . RHUME ?
547 . ROUGEOLE (rèvyoûl) ?
- 30 -

548 . ROUSSEUR (TACHES DE) [tètch di solo (Liége), stron d ' Juda
(Nivelles ), tatch di Djuda (Laroche)).
549. Les laver avec la rosée de mai ou avec du lait.
550. SCARLATINE ?
551. TEIGNE ?
552. Prière pour la teigne du Médecin des Pauvres :
« Paulqui est assis sur la pierre demarbre, Notre Seigneur passant
par là, lui dit : Paul, que fais-tu là ? Je suis ici pour guérir le malde
mon chef. — Paul, lève-toi et va trouver sainte Anne; qu 'elle te donne
telle huile quelconque; tu t'en graisseras légèrement à jeun , une fois
le jour et pendant un an et un jour. Celui qui le fera n 'aura ni
rogne, ni gale, ni teigne, ni rage. Il faut répéter cette oraison tous
les matins à jeun pendant un an et un jour. Au bout de ce temps,
vous serez radicalement exempt de ces maux pour la vie. »
553. TÊTE (MAUX DE )?
554. Toux (tos') ?
555. TRANSPIRATION (souweûr)?
556 . Pour ne pas transpirer des mains, tenir dans chacune d' elles
un crapaud vivant jusqu'à ce qu'il meure (cp. 221).
557. TRANSPIRATION DE LA TÊTE CHEZ LES ENFANTS (rondê) ?
558. Jadis on allait de Liége à Herstal invoquer Saint-Oremus
(Hock 202).
559. TUMEURS (mâva sin , etc.) ?
560. VARIOLE (lè pok) ?
561. VER SOLITAIRE (magnan vyèr ) ?
562. VERS INTESTINAUX (vyèr) ?
563. Manger des carottes crues (Hock 25).
564. VERRUES (porê, pwèrê) ?
565. Faire autant de næuds dans un cordon qu'on a de verrues,

( ) Texte de Hock 44 ; v. page 24, note 2.


- 31 -

puis jeter le cordon derrière soi sans se retourner. Celui qui le


ramasse gagne les verrues (Pepinster).
566 . Frotter les verrues avec une couenne de lard , enterrer cette
couenne sous une gouttière, rentrer chez soi sans se retourner et
dire trois pater et trois ave. A mesure que le lard pourrit, les verrues
disparaissent (prov. de Liége).
567. Couper en deux un oignon, en frotter les verrues, enterrer
les deux morceaux et dire cinq pater et cinq ave (Gosselies).
568. Tremper la main dans un ruisseau pendant que les cloches
« sonnent à mort » et souhaiter ses verrues au défunt (Moha).
569. YEUX (MAUX D') ?
570. Les guérisseurs (sègneu « signeurs » ) croient faire dispa
raître plusieurs maladies des yeux en touchant l'oil avec un trident
(sègnêavou in ' fotchroûl).
571. La taie cornéenne (petite tache blanche sur la cornée )
s'appelle li fleûr è l' dragon « la fleur et le dragon ».
1572. Q . Quelle plante emploie-t-on pour la guérir,etcomment s'en sert-on ?
573. Si les petits enfants ont les yeux enflammés le matin au
réveil, les mères font jaillir un peu de lait de leur mamelle sur le
mal (Liége).
574. ZÔna [lè sink (Laroche), koron (Spa)].
575. Boire le sang d'un coq noir mêlé au lait d'une femme qui
allaite un premier garçon (Laroche).
576, Q . Quelles sont les maladies qui portent un nom de saint ? par
exemple,mâ sin Lorin , mâ sin -z Èlôy,mâ sin Kwalin ,mâ sin Djulin .
Traitements et remèdes.
Q . Que pense le peuple :577 De la saignée ? 578 Des purgatif8 ? 579 Des
ventouses? Par exemple, connaissez-vous des superstitions dans le genre
de celle- ci ?
580. MASSAGE (rpougnèd ;). On masse les pieds, les mains, les
épaules, toute articulation forcée. Le massage se fait avec des
prières trois jours de suite et une ou trois fois chacun de ces
jours. Un enfant né après la mort de son père a seul le pouvoir
de masser (pougni, rpougnî).
– 32 –
581. Q . Quels sont les saints de votre canton que l'on invoque pour telle
ou telle maladie ?
582. Exemple de réponse pour les environs de Verviers: pour les
yeux, sainte Odile, à Andrimont; pour les crampes, saint Bernard, à
Lambermont; pour les coliques, saint Fiacre, à Dison ; pour le mal
caduc, saint Corneille (sin Kwèrné), à Cornesse .
583. Q . Quelles sont les particularités de ces petits cultes populaires ? Par
exemple , doit-on mordre dans une grille, baiser du fer, passer dansun cercle
de fer,marcher d 'une manière spéciale , jeter quelque chose dans une fon
taine, offrir un exvoto particulier, etc. ?
584. Q . Quel est le rôle du jeûne dansla médecine populaire ?
585. Q . N 'auriez-vous jamais entendu parler de personnes qui jeûneraient
contre quelqu 'un ?
586 . Les marchands de viande de cheval à Liége vendent, fondue
dans des bouteilles, de la graisse de l'encolure du cheval. La “ graisse
de crinière , comme on l'appelle , est employée pour les engelures et
les rhumatismes.
Q . Dites-nous, si vous ne l'avez déjà fait à propos des paragraphes pré
cédents et des chapitres animaux et plantes ,à quoi servent dans lamédecine
populaire les matières suivantes : 587 Bière (bîr) ? 588 Levain ? 589 Vin ?
590 Vinaigre ? 591 Genièvre (peke) ? 592 Miel (lâm ') ? 593 Sucre ? 594 Cire
(sèr) ? 595 Huiles (01) ? 596 Lait (lėsso) ? 597 Petit lait (lėssê d ' bour) ?
598 Caillebotte (makėy) ? 599 Crème ? 600 Beurre ? 601 Saindour (doll
sėyin ) ? 602 Salive (rėtchon ) ? 603 Graisses (par exemple, graisse de chien) ?
604 Peau ou poil de certains animaux (par exemple, poils de lièvre) ?
605 Sang de certains animaux ? 606 Urines ?'607 Excréments (par exemple,
bouse de vache, fiente de pigeon) ? 608 Os de mort ? 609 Sel ? 610 Poivre
(peuv) ? 611 Cuivre (keuv) ? 612 Fer (fyèr ) ? 613 Plomb ? 614 Mercure
(vif ardjin ) ?
615. Les remèdes de la médecine populaire pour être efficaces,
doivent être confectionnés au moyen de matières données pol'amour
di Dju « pour l'amour de Dieu » . Si une matière doit absolument
être achetée, il faut mendier l'argent nécessaire.
Les guérisseurs.
616. Des hommes et des femmes ont le pouvoir de guérir en
faisant un signe de croix sur la partie malade. Chacun a sa spécia
lité. On les appelle sègneu « signeurs ».
- 33 -

617. Pour être un bon sègneu , il faut notamment porter le prénom


de Louis, ne pas avoir connu son père et être le septième fils de la
· famille.
618. Le sègneu procède dans beaucoup de cas de la manière
suivante : Il crache sur la partie malade, fait un signe de croix en
étendant la salive avec le doigt, fait un second signe de croix en
forme de bénédiction , puis marmotte une prière.
619. Un habitant de Vottem guérit tous les maux à l'aide de neu
vaines pendant lesquelles il prie agenouillé entre deux mannes de
pommes de terre.
620. Quand on montre du doigt le mal d'une autre personne, il
faut ajouter : Ki l bon Dju wâť l'aksègneûr ! “ Que le bon Dieu
garde (par devers lui) l'indication !,, Sinon , on gagnerait ce mal.
Demême, si l'on indique un point de son propre corps où l'on a eu
mal, il faut dire cette formule, pour éviter le retour de la souffrance .
Croyances diverses concernant le corps humain .

621. Q . Quelle idée le peuple se fait-il du rôle du foie (feut') ?


622. Q . Et du rôle de la rate (mis')?
623. On croit que la personne dont les sourcils se rejoignent,
mourra de mort violente (La Louvière).
624. On dit de la personne qui a les dents séparées, qu'elle a des
dents de bonheur (Verviers).
625. D 'une personne qui est de mauvaise humeur, on dit qu 'elle a
le « nombril décousu » l'botroûl difâfilèy; ou qu'elle « n'a pas vu son
nombril » n 'a nin vèyou s'botroul.
626 . Q . Ne dit-on rien de ceux qui ont les yeux de couleur différente ?
627. Le tintement de l'oreille gauche vous annonce que l'on dit
du mal de vous. Mettez à l'instant le bout du petit doigt entre les
dents et votre ennemi se mordra la langue. Si c' est l'oreille droite
qui chante, on dit du bien de vous.
628. C'est pour ne pas avoir mal aux yeux que les femmes, et
parfois encore les hommes du peuple, portent des anneaux dans les
oreilles.
- 34 -

629. Q . Que croit-on du clignotement involontaire de l'œil ? (si c'est à l'ail


droit ? si c'est à l'oil gauche ? s'il arrive à un homme? s'il arrive à une
femme?)
630. Q . Que croit-on d 'une démangeaison à la main droite ? à la main
gauche ? au ventre? au nez ? etc. ?
631. Q . Quel est le rôle de la salive , p . ex. dans les serments des enfants ?
632. Q . Indiquez le rituel complet de ces germents avec les gestes et
les paroles ?
633. Q . Que dit-on des bossus ?
634. Les hommes qui ont les pieds plats ont le corps rempli
d 'humeurs et sont avares et voleurs (Stavelot).
635 . Les taches blanches sur les ongles sont considérées comme
autant de péchés.
636. Q . Explique-t-on pourquoi les cheveux et les ongles continuent à
croître après la mort ?
637 . Q . Ne dit-on rien de ceux qui ont dans leurs cheveux une mèche
d 'une autre couleur ?
638. Q. Qu'emploie-t-on pour arrêter la chute des cheveux ?
639. Q . Que pense-t-on des cheveux roux ?
640. Q . Quand faut-il éviter de se couper les ongles et les cheveux ?
641. Q . Que dit-on et que croit-on,si quelqu'un bâille ?
642. Siune jeune fille fait craquer les articulations de ses doigts,
elle a autant d 'amoureux que le craquement se répète de fois.
643. Q . Que dit-on et que croit-on, si quelqu 'un éternue?
644 . Q . Si quelqu 'un éternue en racontant quelque chose , en conclut-on
que son récit est vrai ou faux ?

VI. – Meurs et Coutumes (première partie).

Les amoureux (Galan è Krapôt').


645. Q . Connaissez -vous des présages relatifs à l'amour et au mariage,
autres que ceux qui suivent ?
646. Se mariera dans l'année, la personne qui reçoit le fond de
la cafetière ou de la bouteille ( A Nivelles, quand cette personne est
déjà mariée, on dit : « Le fond, c'est pour un garçon » ); celle qui voit
- 35 -

trois lampes allumées réunies sans intention dans la même chambre ;


celle qui le jour des grands feux, aperçoit sept feux d 'un seul coup
d ' @ il.
647. Est délaissée par son amoureux, la jeune fille qui perd sa
jarretière ou son tablier .
648 . A un amoureux ou doit épouser un veuf, celle dont la robe
traîne une ronce, ou une branche.
649. Epousera un veuf (ou une veuve), celle (ou celui) qui par
hasard boit dans une tasse ébréchée (prov. de Liége) et celle qui
met son bonnet de travers.
650. Epousera un ivrogne, la jeune fille qui, en lessivant ou en
lavant la maison,mouille outre mesure son tablier.
651. Restera sept ans sans se marier, la personne qui à dîner
trouve dans son assiette la feuille de laurier que l'on a pu mettre
dans le consommé (Liége) ; celle qui accepte le pied de la table
(Nivelles), ou entame une livre de beurre; la jeune fille qui doit faire
un détour pour éviter une brosse ou un balai placé sur son chemin
(Nivelles ) et celle qui remet sur le feu et laisse recuire l'eau dans
laquelle on a lavé la vaisselle . Cependant, si cette eau ne bout pas,
il n 'en résulte aucun inconvénient.
652. Se mariera, la jeune fille qui réussit à enlever sans la briser
la pelure entière d 'une poire (Nivelles).
653. La perte d'une épingle à cheveux indique que l'on pense à
vous, en bien (Liége).
654. Quand une épingle à cheveux dépasse le chignon, on pense à
vous de ce côté.
655. Q . Connaissez -vous des présages de célibat ?
656. Pour voir en rêve celui qu 'elle doit épouser, la jeune fille doit
manger un hareng cru et non nettoyé (Verviers).
657. A Liége, la jeune fille qui désire voir en rêve son futurmari,
doit, le jourde la Saint-André, 30 novembre ,à minuit,s'asseoir sur son
lit, enlever ses bas et les jeter, sans se retourner, derrière le chef du
lit, en même temps qu'elle achève de se coucher et qu'elle dit en
wallon ou en français la formulette :
- 36 -
Sin -t Andrî, Saint André,
Bon batli, Bon batelier,
Fé m ' vèyi è m ' dwerman Faites-moi voir en mon dormant
L ' si k' dj'ârê-st-è m ' vikan (1). Celui que j'aurai en mon vivant.
Qu'il tienne dans sa main
L 'outil de quoi gagner son pain .
Le lendemain , au sautdu lit, elle va examiner sesbas qui doivent,
étant à terre, former la lettre initiale du nom de son futur mari.
658. Chaque soir , pendant sept jours, comptez sept étoiles dans le
ciel, et recommencez patiemment si un jour les nuages s'interposent.
Ayant enfin réussi, examinez bien le premier jeune homme qui vous
tendra la main : c'est lui! (Liége). A Nivelles, on compte neuf
étoiles pendant neuf jours.
659. A Nivelles, dans une réunion de jeunes filles, il y en a
parfois une qui dit, en faisant tourner un couteau : « Qui de nous
épousera un pharmacien (ou un notaire, etc.) ? » La direction de la
lame indique la jeune fille.
660. Q . Décrivez les autres moyens superstitieux dont se serventles jeunes
filles pour savoir qui elles épouseront.
661. A Liége, quand une jeune fille est courtisée, elle choisit une
étoile dont le scintillement plus ou moins vif sera un présage bon ou
mauvais.
662. La jeune fille, pour savoir si elle est réellement aimée , étire
entre les ongles du pouce et de l'index, un cheveu de son amoureux.
Si le cheveu se recroqueville, l'amoureux est fidèle. Elle peut aussi
faire l'expérience avec un de ses propres cheveux.
663. Une personne qui a les mains froides passe pour avoir un
caractère ardent.
· 664. La jeune fille qui veut que son amoureux lui reste fidèle, doit
lui donner une pâtisserie quelconque qu'elle a gardée sous l'aisselle
assez longtemps pour l'imprégner de sa sueur. (A Huy, le pain
d ' épice ou le macaron est parfois remplacé par un cigare.) A
Nivelles, le moyen est employé par le jeune homme qui veut que
sa femme lui soit toujours fidèle.
(1) Le wallon est la traduction du français, ce que prouve l'absence des deux derniers
vers, rejetés parce qu'ils n 'auraient pas donné de rime (min — pan) .
- 37 -

665. Q . Quels moyens superstitioux emploie une jeune fille pour se faire .
aimer ?
666. Q. Que fait-elle pour faire souffrir celui qui la délaisse ?
667. Q . Et pour le faire revenir à elle ?
668. Q . Quels sont les objets qu'une jeune fille ne peut pas accepter de son
amoureux ?
669. Une jeune fille ne doit jamais accepter un mouchoir de poche
de son amoureux .
670. Les amoureux ne doivent pas se donner des épingles ni des
aiguilles, qui piquent l'amitié, non plus que des couteaux et des
canifs, qui la coupent, sans exiger en retour une pièce de monnaie
ou un autre objet piquant ou coupant.
671. Q. Par quels signes extérieurs (démarches, visites, etc.) le jeune
homme a-t-il l'habitude de manifester ses intentions a ) å la jeune fille qu'il
recherche, b ) aux parents (d’mandé l'intrèy), c) å la jeunesse du village ?
672. Q. Y a-t-il de petits moyens symboliques par lesquels une jeune fille
ou ses parents font comprendre à un jeune homme qu'il est agréé ou repoussé?
673 . Q . Comment un jeune hommeagréé par les parents peut-ilse dédire?
674. Q. Que fait le jeune homme refusé? – La jeune fille refusée? - La
jeunesse ne prend-elle pas fait et cause contre celui ou celle qui a retiró sa
parole ?
675 . Q . Que fait une femme, pour se moquer d 'une rivale ?
676 . Q . Que fait -on au jeune homme qui a séduit et abandonné une jeune
fille ?

677. Deux amoureux ne doivent jamais monter ensemble la mon


tagne de Chèvremont (lieu de pélerinage près de Liége).
678 . A Herve, la jeune fille qui désire se marier va prier à la
chapelle St-Joseph qui se trouve près de la gare. Elle doit mordre
dans un treillis de fer qui clôt une niche creusée dans une masse de
pierre conique, renfermant la statuette du saint.
679. Q . Y a-t-il des usages relatifs à la cérémonie des fiançailles?
Mariage.
680. Q . N'y a -t-il pas de tribut prélevé par la jeunesse du village sur la
bourse du fiancé ?
681. Q . Comment se font ou se faisaient les invitations au mariage?
682. Q . Quels sont les bons et les mauvais jours ou mois pour la célébra
tion du mariage?
– 38 –

683. A Herve, on considère le lundi et le mois d'avril comme


néfastes. A Stavelot, les jours favorables sont le jeudi et le samedi;
les mois favorables : mars, avril, août. A Liége, mai est un mois
néfaste et les jours consacrés sont le mardi, le jeudi, et surtout le
samedi.
684. A Laroche, s'il pleut le jour des noces, on dit malignement
des époux : il on mougné l' djoť o po « ils ont mangé le chou au pot ».
685. Quand deux frères épousent deux sæurs le même jour, l'une
des deux unions doit être brisée pour que l'autre prospère (Verviers).
686 . On va faire un charivari (péltèdj) aux personnes âgées qui se
remarient.
687. Q . Ne connaissez-vous pas de chansons relatives à cette coutume?
688 . Q . N 'y a -t-ilpas un simulacre de combat pour remettre la fiancée au
futur mari?
689. Q . Quelles superstitions se rattachent au char ou à la voiture qui
doit conduire la mariée?
690. A Herve, des chevaux blancs attelés à la voiture de la
mariée présagent une heureuse union.
691. Q . Comment est ou était jadis composé dans votre village le cortège
(bârnatch à Laroche ) qui accompagne les fiancés ?
692. A Aubin -Neufchâteau, les pauvres gens allument sur le
passage du cortège des bottes de paille, garnies de petits drapeaux
en papier. Les fiancés et les autres personnes du cortège leur jettent
de l'argent.
693. L 'usage se pratique encore quelquefois dans les villages
situés au nord de Liége, mais seulement pour les mariages de gens
riches. Ce sont surtout les cabaretiers qui « allument la gerbe » (broûle
ľ djâb ) dans un but de réclame. Les gens de la noce font cercle
autour de la paille qui flambe et lorsqu'elle est brûlée , la mariée
prend un peu de cendre et l'enferme dans son porte-monnaie.
694 . Q . Y a -t- il des superstitions relatives à la couleur de telle ou telle
partie du costumede la mariée ?
695 . Stavelot : Blanche = la mariée est pure ; jaune = coquette ;
rose = colérique ; bleue = présage d'union heureuse.
696 . Q . Quelles sont les fleurs que l'on offre à la mariée?
- 39 -

697. Q . La mariée porte -t-elle, par exemple , caché dans ses bas ou dans
sa poche,telou tel objet qui doit lui porter bonheur ?
698. Q. Le marié ne fait-il rien de semblable ?
699. A Stavelot, on place sous le seuil de la maison de la mariée ,
quand celle- ci sort pour la cérémonie, une pièce d 'argent qu'on donne
le lundi suivant à un pauvre .
700. Q . Pendant la cérémonie , la mariée doit-elle rire ou pleurer ?
701. A Stavelot, pleurer est un présage de malheur.
702. Q . Quels sont les usages relatifs à l'anneau de mariage, aux
cadeaux à faire aux époux , aux pièces de monnaie remises avec l'anneau ,
au banquet de noces (gâteau, paroles prononcées) ?
703. Q . Quelles sont les superstitions relatives à l'anneau demariage?
704. Pour avoir la main haute dans son ménage, la mariée pen
dant le banquet de noces doit se laisser servir comme une étrangère
(Stavelot).
705. Pour se faire aimer de son mari, elle doitmanger la moitié
d 'un morceau de tarte dont elle luioffre l'autre (Stavelot).
706 . Le garçon d'honneur s 'empare par ruse ou par force de la
jarretière de la mariée et la coupe en morceaux, qu'il distribue à tous
les jeunes gens de la noce. Ceux-ci s'attachent ces morceaux, à la
boutonnière.
707. Q . Vole-t-on , cache-t-on, ou prend -on une autre partie du costume
de la mariée ?
708. Q . Observe-t-on quelque coutume superstitieuse , lorsque la jeune
mariée entre pour la première fois dans la maison conjugale ?
709. A Stavelot, elle ne doit pas se retourner vers la porte ni se
regarder dansun miroir .
710. Le lit nuptial est apprêté par le mari ou sa mère.
711. Q . Ne place -t-on aucun objet dans ou sous le lit nuptial ? par
exemple un balai?
712. Celui qui entre le premier au lit,mourra le premier.
713. Q . Qu'arriverait-il,si les époux passaient chastement la nuit de noces?
714 . Q .Quelles sont les plaisanteries faites aux nouveaux époux le soir des
noces ?
715 . Q . Que font les jeunes gens du village, lorsqu'une jeune fille épouse
un jeune homme d 'une autre localité ?
- 40 -

716. On envoie un petit pain couvert de moutarde ou entouré


d 'un crêpe noir au jeune homme dédaigné par une jeune fille , lorsque
celle-ci se marie (Herve).
717. On dit du jeune homme dédaigné : on li a ravoyi sè mitch
« on lui a retourné ses petits pains » (Liége) ; v0-2 îré kî vo mitch
« vous irez rechercher vos miches » (Laroche).
718 . On dit d 'une jeune fille qui se marie avant sa sour aînée :
« Elle fait danser sa sour sur le cul du four n èl fé dansé s'syeur su
l'ku du four (Nivelles); « elle va faire, etc.» il va fé dansé s'soûr su
l'kou do for (Laroche).
719. Q . Connaissez -vous des coutumes locales pratiquées à l'occasion des
noces d'argent et des noces d'or ?
La femme et l'enfant.
720 . Q . Connaissez-vous des superstitions relatives à la menstruation ?
721. Q . Quels moyens superstitieux emploie une femme stérile pour avoir
des enfants ?
722. Si des époux ayant une fille désirent un fils , on leur conseille
de changer de place dans le lit.
723. Si une femme enceinte veut que son enfant ait une petite
tête , elle ne doit pas manger de pommes de terre, surtout au repas
du soir .
724. Si un enfant a dans sa chevelure une mèche de couleur
différente, on l'attribue à la frayeur que la mère a eue d'un animal
quelconque pendant sa grossesse.
725 . Q . Connaissez-vous des superstitions relatives aux « envies » de
femmes enceintes?
726 . On croit que le dessin de l'objet désiré par une femme enceinte
se reproduit à un endroit du corps de l'enfant correspondant à celui
où la mère se touche au moment du désir. Commepréservatif, la mère
doit porter la main à une place de son corps, où le dessin ne serait
pas visible.
727. La femme enceinte ne doit pas baiser un enfant sur la
bouche, parce que son haleine empoisonne (Stavelot).
728. Q . Quelles sont les autres choses que la femme enceinte ne doit pas
faire?
- 41 -
729 . Q . Que doit-elle éviter de voir ?
730 . Q . De rencontrer ?
731. Q . Comment reconnait-on si elle aura un garçon, une fille ou des
jumeaux .
732. Q . Que fait-elle, si elle désire un garçon ? — Si elle désire une fille ?
733. Q. Y a-t-il des superstitions spéciales, si la femme est enceinte pour
la première fois ?
734. On offre à l'accouchée des anis et du sucre .
735. La femme en couches ne doit ni se peigner, ni changer de
vêtements.
736 . Q . Place-t-on des objets en før dans ou sous le lit de l'accouchée ?
737. Q . Quels moyens superstitieux emploie l'accouchée pour que sa
délivrance ne soit pas douloureuse ?
738 . Q . Que font ses parents, et spécialement son mari,dans lemêmebut ?
739. Q . Quelles superstitions se rattachent aux différents objets qui ont
servi à l'accouchée ?

Relevailles.
740. Q . Quelles sont les époques les plus favorables aux relevailles ?
741. A la cérémonie des relevailles, la mère ne peut prendre elle
même de l'eau bénite; elle doit la recevoir de la main de la sage
femme.
742. Quand l'accouchée va faire ses relevailles (ramèssi, ale
s'fé ramèssi), si la première personne qu'elle rencontre est une femme,
elle accouchera la fois suivante d 'une fille. Si c' est un homme, elle
accouchera d'un garçon (Laroche).
Naissance.
743. Q . Que croit-on de la femme qui donne naissance à des jumeaux ?
744 . Q . Que dit-on des enfants mort-nés ?
745. On explique la naissance des enfants aux petits enfants en
leur disant que la sage-femme les déterre avec une houe dans le
jardin (Louveigné), qu'on les trouve sous les choux du curé (Stavelot).
746. On allume un cierge bénit au moment de la naissance.
747. On jette l'eau du premier bain de l'enfant dans le feu pour
éviter les maléfices.
- 42 -

748. Le mari doit recevoir le premier l'enfant dans ses bras. S'il
ne donne pas immédiatement un pourboire à la sage-femme, l'enfant
ne lui appartient pas (Stavelot).
749. Q . N 'offre-t-on rien au nouveau-né ?
750. Il y a une trentaine d'années, à la naissance d'un enfant,
les bourgeois de Liége plantaient un arbre dans leur jardin .
751. On dit de l'enfant nouveau-né qui tient les poings fermés,qu'il
sera un avare.
752. L 'enfant né coiffé (né avou l'hamlèt ) doit être baptisé entre
deux messes. C 'est un « enfant de bonheur » et il est doué de pou
voirs surnaturels ; il peut « signer » , retrouver les noyés, jeter la
baguette (djèté l' vètch), etc.
753. La coiffe (hamlèť Liége, houvurèť Cornesse), lorsqu'elle
tombe desséchée , est collée sur une feuille de papier. C 'est un talis
mań , que l'on ne manque pas de mettre, par exemple, dans la poche
du jeune homme qui va prendre part au tirage au sort de la milice
pour lui assurer un « haut numéro » .
754 . Q . Quelles précautions superstitieuses prend-on pendant le temps
qui s'écoule de la naissance au baptême ?
755. Q . Croit-on que pendant cette époque l'enfant peut être enlevé et
remplacé par le rejeton d 'un être plus ou moins diabolique ?
756. Q . Que fait-on , si cela arrive ?

Baptême.

757. Quand un enfant pleure pendant qu'on le baptise, on croit


qu'il sera.d 'unmauvais caractère (Liége),un grand chanteur (Stavelot).
758. L 'enfant qui remue la langue, quand on y met le sel, sera
intelligent et entrera dans le clergé. Si c'est une fille, elle sera
religieuse (Stavelot).
759. Q . Connaissez-vous d'autres pronostics de ce genre ?
760. Etre parrain se dit lèvé inèfan « lever un enfant » .
761. Q . Dit-on pourquoi on s'exprime de cette manière ?
762. Q . Y a -t-il des prénoms qui préservent de certains malheurs ?
763. On ne donne pas à un enfant le nom que portait un de ses
frères ou scurs morts.
- 43 –

764. On ne fait pas connaître le prénom de l'enfant avant le


baptême.
765 . Q . Y a -t-il des règles traditionnelles sur le nombre et l'ordre des
prénoms ?
766. En se rendant à l'église pour le baptême, l'enfant doit pré
céder le parrain et la marraine. Au retour, il doit les suivre.
767. Q . Observe-t-on d 'autres usages superstitieux à cette occasion ?
768. Q . Y a -t-il des objets que les parrain et marraine doivent se garder
de porter sur eux pendant le baptême?
769. Q . Dit-on pourquoi tels ou tels objets, comme les montres ou les
épingles, doivent être évités ?
770. En revenant du baptême, les parrain et marraine jettent
des sans' (pièces de 2 centimes), et en donnent aux invités. Ces sous
sont souvent perforés et munis d 'un ruban . Les gamins crient à ceux
qui ne donnent rien : trawé sètche « sachet troué » (Verviers et
environs).
771. Q . Qui ne peut être parrain ou marraine ?
772. Une femme enceinte ne peut être marraine.
773. Q . Y a -t-il des moments ou des jours, où il est mauvais de faire
baptiser un enfant?
774. On croit que le caractère du filleul ressemble à celui de son
parrain .
775. C 'est de mauvais augure pour le parrain ou la marraine,si
leur filleulmeurt (Ensival).
Le nouveau -né.

776 . Q . Qu'arrive-t-il, si l'on passe l'enfant par la fenêtre ?


777. Q . Que place-t-on dans le berceau ?
778 . Q . Peut-on balancer un berceau vide?
779 . Q . Faut-il couvrir le berceau ?
780. Q . Que fait-on lors de la première sortie de l'enfant?
781. Q . Quelles sont les choses qu 'on se garde de donner à manger aux
petits enfants,afin de les préserver de tel ou tel défaut physique ou moral ?
782. Q . Que leur fait-on manger dans le mêmebut ?
783. Q . Que fait-on, peu après la naissance, pour préserver l'enfant de
maladie, par exemple des convulsions ?
- 44 -

784. Si l'on « coupe » les ongles à un nouveau-né, il bégaiera


(Laroche) ou s'affaiblira (Liége); il faut les lui mordre (Laroche).
785. Q . Y a-t-il des usages superstitieux pratiqués pour que l'enfant soit
fort ?
786. Q . Pour qu'il entende bien ?
787. Q . Pour qu'il soit intelligent?
788. Q. Pour qu'il ait une bonne vue ?
789. Q . Pour qu'il soit recherché des femmes, si c'est un garçon; des
hommes, si c'est une fille.
790. Q . Pour qu'il soit riche?
791. Q . Pour qu'il parle tôt ?
792. Q. Pour le préserver des maux de dents ?
793. Q . Pour qu'il étudie bien ?
794. Q . Pour qu'il soit un bon travailleur ?
795. Q . Pour qu'il apprenne vite à marcher ?
796. Q . Quelles superstitions se rattachent aux premiers souliers de
l'enfant ?
797. Q . A son premier costume?
798 . Q . Que fait-on ,quand l'enfant tombe surla tête ?
799. Q . Que fait-on, si l'enfant ne dort pas ?
800. Pour dessécher son lait, la mère peut employer trois moyens :
diriger un jet de lait sur une brique, porter un collier de bouchon , se
mettre du cerfeuil contusé sous les bras (Liége).
801. Q . Connaissez-vous d'autres moyens superstitieux de sevrer un
enfant ?
802. Q . Quelles sont les superstitions relatives à la dentition des enfants ?
Les enfants.
803. Il ne faut passer ni la main ni la jambe au -dessus de la tête
des enfants ; il ne faut ni les mesurer, ni les faire passer par
dessous la table ; tout cela les empêche de grandir.
804. Il ne faut ni les peser, ni faire leur portrait.
805 . Q . Ne fait -on pas passer les enfants à travers un arbre creux ou une
pierre creuse ?
Jeunesse.
806 . A Vottem , lorsqu'un jeune garçon allait entrer en appren
tissage, il montait au plus haut d'un sureau et là ,mordant à belles
- 45 –

dents dansun petit gâteau, il criait de toutes ses forces : adyè, bon
tin ! adyè, bon tin ! « adieu, bon temps ! » . Cet usage a disparu
depuis une trentaine d'années, mais on dit encore aux gamins intrai
tables : vochal li tin ki v'montré so l'sawou « voici ( = bientôt sera )
CA
le temps que (= où) vous monterez sur le sureau » .
S

807. Q . Y a -t-il quelqueusage se rattachant à l'époque de la puberté chez


les jeunes filles ?
808. Q . Quels présages tire-t -on de la manière dont se passe la mue chez
les garçons ?
Mort.
809. Q . Que considère -t-on comme présage demort ?
810. On tient dans les mains de l'agonisant un cierge bénit
allumé. .
811. Quand il y a un décès dans une maison, il faut faire porter
le deuil par les animaux ayant appartenu au mort [houppes noires
aux chevaux (Liége); crêpe à la cage du serin ; sinon, il périrait
dans l'année ou deviendrait muet; crêpe à la ruche; sinon, elle serait
abandonnée des abeilles (environs de Verviers)].
812. Q. Y a -t-il quelque usage analogue pour les plantes ?
813. On arrête les horloges et on recouvre d'un voile les glaces
et, par analogie , tout ce qui est vitré, par exemple les gravures,
portraits encadrés, etc.
814 . A Stavelot, il faut, lors d'un décès dans la maison , jeter
toute l'eau que contiennent les vases, casseroles , etc. et avoir soin
de ne pas s'en servir pour le café; car l'âme à traversé tous les
vases pour se purifier, avant de quitter la maison.
815 . Q . Que croit-on qu'il arrive, quand un hommese pond ?
816. Lorsqu 'on va voir un mort, on doit lui toucher les pieds, si
l'on veut ne pas en rêver (Liége).
817. On ensevelit le mort avec ses meilleurs vêtements .
818. Quand on ne peut fermer les yeux du mort, on dit qu 'il
appelle un de ses parents, ou qu'il avait encore quelque chose à dire.
819. Le mort doit être porté hors de la maison les pieds en avant :
enn ' alé lè pîdvan « s'en aller les pieds en avant» = mourir.
- 46 -

820. Si plusieurs personnes meurent à peu d 'intervalle dans la


famille, ce que l'on ne manque pas d 'attribuer à un sortilège, on fait
sortir la tête en avant la dernière personne morte, afin d 'épargner
celles qui restent.
Les funérailles.
821. On croit que les chevaux qui conduisent un mort transpirent
toujours.
822. Les parents font cadeau d 'une paire de gants en fil blanc ou
d 'un mouchoir aux porteurs.
823. Q . Quelle doit être l'attitude de la veuve du mort ?
824. A Bas-Oha, la veuve du mort garde un mouchoir sur la tête
jusqu'au moment où le mort quitte la maison.
825 . Q . Au cimetière, les parents tournent-ils autour du cercueil et dans
quel sens ?
826 . A Flémalle, on laisse la maison illuminée deux ou trois jours
après l'enterrement.
. 827. Les hommes qui assistaient aux funérailles étaient jadis
affublés de grands manteaux noirs. L 'usage subsiste encore dans les
· environs de Stavelot pour tous et à Huy pour les porteurs.
828. Proverbe : s'è-st-on sètch doł, i gnârè ko on frèch aprè
« c'est un sec deuil, il y en aura encore un humide après » = quand
on enterre une personne qui n 'est pas aimée, on fera peu après
l'enterrement d 'une personne plus regrettée (Laroche).
829. Le cadavre est enterré au cimetière les pieds vers l'allée qui
dessert la tombe.
830. Q . Que fait-on des draps de lit du mort ?
831. On brûle une partie de la literie, paillasse, flocons, etc.
832. Q . Ne brûle-t-on jamais la charrette qui a servi à conduire un mort
ou un peu de la paille qui se trouvait sur cette charrette ?
833. En Ardenne, au repas des funérailles, on mange des gâteaux
(waste ).
834. Quand un enterrement a lieu le dimanche, il y aura un autre
décès dans la même localité pendant la semaine (Louveigné,
Laroche).
835. Si l'on enterre un mort un vendredi, il meurt une autre
personne de la famille dans l'année (Court-St-Etienne).
- 47 -

836. Q . Quel autre jour faut-il se garder d 'enterrer un mort ?


837. Le deuil pour le père et la mère est d'un an et six semaines.
338 . Q. Ne croit-on pas dangereux de trop pleurer les morts ?
839. Q . Que croit-on qu'il arrive,après leurmort,aux vieilles filles et aux
vieux garçons ?

VII. – Fables et Contes .

840. Q . Dans votre localité, est-on encore dans l'usage d'aller à la veillée,
a l’sêz (Liége), a l'chîch (Namur et Luxembourg ), a skrèn' (Nivelles), et de s'y
raconter des fables et des contes, fâf (Liége), fôf (Namur), fôw (Luxem
bourg) ?
Même dans le cas où l'usage de la veillée serait perdu , connaissez-vous
une ou plusieurs personnes notoirement connues et désignées commeayant
la spécialité de raconter des fâf?
Vous nous rendriez service en nous envoyant sur elles quelques ren
seignements : nom , âge, profession , adresse exacte, titres ou courts résumés
de quelques-uns de leurs contes favoris.
841. Si cela ne vous est pas trop malaisé , écrivez ces contes sous leur
dictée, en wallon ou en français absolument littéral — nos préférences sont
pour la version wallonne — , sans jamais chercher à embellir le récit ou à y
remplacer les mots grossiers par d'autres qui paraîtraient plus convenables
et sans oublier de donner les indications d 'âge, de domicile , etc., dont nous
avons parlé tantôt.
Ayez bien soin de leur demander de qui elles tiennent tel ou tel conte ?
C'est peine inutile de 1.ous faire connaître ceux qu'elles ont appris dans des
recueils imprimés, livres de distribution de prix , images d'Epinal, etc.
Cette réserve faite, disons que tout ce qui est dû à la tradition orale est
bon à être recueilli : contes merveilleux , où il s'agit de nains, de fées, de
géants, de sorciers, de sorcières ,d'ogres , d'animaux ou debêtes chimériques,
des voyages de Dieu , de Jésus ou des Saints, de la Vierge, des anges, du
diable, etc.; contes d'animaux ou fables, où les personnages mis en scène
sont des animaux qui vivent et parlent à la manière des hommes; contes
facétieux, où la trameroule souvent sur des jeux demots, des quiproquos et
à détails ordinairement scabreux ; facéties , c' est-à -dire courtes historiettes
finissant parun bon mot ou une attrape, tout, sans exception , est récolte å
engranger, quitte à nous plus tard de battre les gerbes et d 'en retirer le
bon grain .
Voici quelques contes à titre d 'exemples :
- .48 -

842. La Licorne.
Twen Ichtô astou in kour- ' [An]toine Ichetau était un cor
danê d' Ronkyèr ; i dalou a donnier de Ronquières; il allait à
ľ chas' avé lé Rwè. la chasse avec le Roi.
In djou , lé Rwè,ki stou djalou | Un jour, le Roi, qui était jaloux
de l vir mèyeû tireû k 'li, l'inviť | de le voir meilleur tireur que lui,
a l' trak din -n -in bo, yu s';k 'il l'invite à la traque dans un bois,
avou 'n ' likorn '. où ce qu'il y avait une licorne.
O mè Twèn yue s' ké l' likorn ' On met Toine où ce que la
avou l'abituť dè passé, pinsan bî licorne avait l'habitude de passer,
k ’il arou sté infilé par yèl. Mê pensant bien qu 'il aurait été enfilé
Twèn, in l' vîyan arivé, s'a mipa par elle. Mais Toine, en la voyant
dyèr èn tchap dè sô ki stou fôs'. arriver, s'a mis par derrière une
El likorn a infilé 1 tchap, si bisouche de saules qui était fausse.
ké l'koun' a passé du kosté yu | La licorne a enfilé la souche, si
s'ké Twèn astou. Twen , ki avou bien que la corne a passé du côté
s' martya ďkourdani a s poch , où ce que Toine était. Toine, qui
l'a radmin atrapé è a kouminchi avait son marteau de cordonnier
a rivé l' koun'. à sa poche, l'a rapidement attrapé
et a commencé à river la corne.
n a kriyi ô Rwè dè vni vîr, Il a crié au Roi de venir voir ,
èyé lé Rwè a sté télmin binêch dè et le Roi a été tellement bien
Vîr ké Twèn avou tan d'espri, ki aise de voir que Toine avait tant
li-z-a doné s'fêy in maryâtch . d'esprit, qu'il lui a donné sa fille
en mariage.
(Raconté à M . H . T. de Nivelles par M . Edouard Cuvelier, de Bornival;
le texte wallon a paru dans l'Aclot de Nivelles du 10 avril 1890.)
843. Marie -Madeleine.

Il [y] avait un coup Marie -Madeleine qui s'en allait tout droit le
chenin devant elle, parce que le pays brûlait par derrière elle .
Dedans son chemin , elle rencontre un coq.
– « Et où est-ce que vous allez donc, Marie-Madeleine ? dit-il
le coq.
- « Oh ! mon fils, dit-elle, je vais le chemin tout droit devant
moi, parce que le pays brûle par derrière moi. ,
- 49 -

- « Kokorikoke ! je me vais avec, dit-il le coq.


Arrivés un peu plus loin , ils rencontrent un chat.
- « Et où est- ce que vous allez donc, Marie-Madeleine , avec
votre coq ? dit-il le chat.
- « Nous allons le chemin tout droit devant nous, parce que le
pays brûle par derrière nous.
- « Myâw !myâw ! je me vais avec, » dit-il le chat.
Arrivés un peu plus loin, ils rencontrent un cochon.
- « Et où est-ce que vous allez donc, Marie-Madeleine, avec
votre coq et votre chat ? dit-it le cochon.
- « Nous allons, etc . »
- « Nyeuh ! nyeuh ! je me vais avec, » dit-il le cochon .
Arrivés un peu plus loin , ils rencontrent un chien.
- « Et où est-ce, etc . »
- « Waw ! waw ! je me vais avec, » dit-il le chien .
Arrivés un peu plus loin , ils rencontrent un bæuf.
- « Et où est-ce, etc. »
- « Mânw ! mânw ! je me vais avec, » dit-il le bæuf.
Ça fait, commeils partaient tous ensemble, ils ont attrapé la nuit;
ils ont commencé à dire à Marie -Madeleine :
- « Comment est-ce que nous allons faire pour nous coucher? w
- « Je suis aussi embarrassée que vous autres, o dit-elle Marie
Madeleine, umais cela ne fait rien , le bon Dieu pourvoira » .
Tout d'un coup, elle commence à dire : Ha ! Ha ! dit-elle, (voi]là
là -bas une maison ; nous voyons la lumière d'ici.
Tant qu 'à la fin , les voilà arrivés près de la maison , qui était au
coin d 'un bois.
Marie -Madeleine est (partie ) en voie pour aller frapper. La porte
était tout au large (ouverte ). Ça fait qu'ils sont entrés dans la maison ;
mais c'était une maison de voleurs.Marie-Madeleine a eu beau crier ,
il n '(y) a jamais personne qui a répondu.
Ça fait qu 'elle a dit à toutes ses bêtes :
- « Quand personne ne répond, c'est nous qui est maître ici. »
« A cette heure, dit-elle, vous allez jouer chaque votre rôle que je
« vais vous commander: vous, coq, vous irez vous mettre au sommet
« de la cheminée et quand les voleurs viendront, vous chanterez un
' - 50 -

« bon coup et vous leur chierez un bon brin dans les yeux. Vous,
« chat, vous vous mettrez là dans les cendres de bois et quand ils
« viendront pour prendre du feu , vous aurez soin demiauler à grands
« coups en battant des pattes et vous leur jetterez des poussières des
« cendres dans les yeux. Vous, cochon, vous irez vous mettre au
« sommet des escaliers du grenier qui est là ; il [y ] a là deux sacs
« tout pleins et à ce qu 'ils monteront les escaliers, vous grognerez
« et vous leur ferez tomber les sacs sur leur dos. Vous,chien ,vous irez
« vousmettre dans la cour, et quand ils arriveront pour se sauver,
« dans la cour, vous aurez soin d'aboyer à grands coups et de les
« prendre par les jambes. Vous, bouf, vous irez vous mettre dans la
« grange, et quand ils arriveront pour se sauverdans la grange, vous
« aurez soin de rebeugler comme il faut et de les prendre par yos
« cornes et de les clacher d 'un mur à l'autre. » - « A cette heure,
« dit-elle, quand ils ont eu été tous placés, je me vais éteindre la
« lampe et vous aurez soin de demeurer tous tranquilles . Je me vais
« fermer la porte ; je garantis qu'ils ne tarderont plus sans revenir . »
Elle n 'avait pas encore dit son dernier mot, que voilà les voleurs
qui entrent. Ça fait que les deux voleurs, en étant dans la maison
- « Sacrémantin , Louis ! dit-il Pierre, on a venu dans la maison;
on a éteint la lampe. Les ceux qui sont dedans vont passer un laid
quart d 'heure. »
- « Allez chercher une allumette de bois à la cheminée, dit-il
Pierre à Louis : je suis sûr qu'il [y ] a encore du feu dans les cendres.
Louis va pour aller chercher une allumette. A ce qu 'il va pour
prendre l'allumette, le coq qui chante kokorikoke et fait ce queMarie
Madeleine lui c'avait commandé.
- « Sacré mantin ! dit-il Louis, j'ai quelque chose dans les yeux.
Tenez , (voi]là l'allumette, » dit-il à Pierre .
Pierre va pour aller gratter aux cendres : [voi]là le chat qui
commence à miauler et (à) frapper des pattes.
- « Sacré mantin ! » dit-il Pierre, je suis arrivé comme vous :
j'en ai tout plein les yeux aussi. Nous sommes ensorcelés, dit-il. Nous
n'avons plus qu'une affaire à faire : c'est denous sauver au grenier. »
Arrivés sur les escaliers, le cochon commence à grogner et les
sacs leur tombent en même temps sur le dos.
- 51 -

Ils boutent pour se sauver dans la cour; ils n 'ont pas été mieux
reçus par là : le chien a commencé à aboyer et à les prendre par les
jambes.
Arrivés dans la grange, le bæuf commence par rebeugler, les
attrape avec ses cornes et les clache d 'un mur à l'autre...
Quand j'ai eu vu cela , j'ai fait faire des souliers de papier et je
suis revenu sur la queue du chien .
(Traduction littérale faite par M .Georges Willame, d'un conte quilui a
été dit par M . Joseph Rimė, de Nivelles, âgé de 56 ans, qui le tient de sa
grand'mère.)
844 . La pierre qui flotte.
J' étais à Liége, sur le pont des Arches (1) et je vis flotter sur le
fleuve une meule de moulin , sur laquelle il y avait quatre hommes.
Le premier avait perdu les deux yeux ; le second, les deux bras; le
troisième, les deux jambes; le quatrième, ses habits. Un oiseau passa
au-dessus d'eux. L 'aveugle le vit ; le cul-de-jatte courut après ;
l'homme sans bras le saisit et l'homme nu le mit dans sa poche.
(Traduction d 'une « suite de mensonges » recueillie par M . E . M . à La
Reid.)
845 . Les trois paresseux .
Trois grands paresseux étaient couchés sous un prunier. Les
prunes étaient si appétissantes que le premier ne put s'empêcher de
soupirer :
Kél-è bèl-è bilok ! 1 « Quelles belles bilok ! » (3)
Une heure après, le second les implora :
Tom , bilok è m ' bok . « Tombe,bilok,dans ma bouche!»
Le soir venu, le troisième dit d'une voix mourante :
Dji n ' sé kmin k 'on pou tan « Je ne comprends pas comment
djâzé. on peut tant parler. »
(Recueilli par M . 0. Colson à Herstal.)

(*) Nom du plus ancien pont de Liége.


( ) Bilok, nom donné à Liége à une espèce de prune.
- 52 -

846 . Potais et Frasais


Potais et Frasais étaient deux frères. Ils allaient aux fraises.
Lorsqu'ils furent dans le bois, Frasais en ramassa plus que Potais.
Quand son pot fut plein , il luidit : Je m 'en vais ; voulez-vous revenir,
Potais ?
- Non , je ne retourne pas, si je n' en ai plein mon pot.
- Eh bien ! Je vais dire au loup qu'il vienne vous étrangler.
Loup ! venez un peu étrangler Potais ; Potais est allé aux fraises
et il ne veut pas revenir, s'il n 'en a plein son pot.
- Oh ! c'est bien mon trop grand camarade !
– Eh bien ! je vais dire au chien qu 'il vienne vous aboyer : Chien,
venez un peu aboyer le loup. Le loup ne veut pas étrangler Potais.
Potais est allé aux fraises et il ne veut pas revenir , s'il n ' en a plein
son pot.
- Oh ! c'est bien mon trop grand camarade !
– Eh bien ! je vais dire au bâton qu'il vienne vous bâtonner :
Bâton, venez un peu bâtonner le chien ; le chien ne veut pas aboyer le
loup; le loup ne veut pas étrangler Potais ; Potais est allé aux fraises
et ne veut pas revenir, s'il n 'en a plein son pot.
- Oh ! c'est bien mon trop grand camarade !
– Eh bien ! je vais dire au feu qu'il vienne vous brûler : Feu ,
venez un peu brûler le bâton . Le bâton ne veut pas bâtonner le
chien ; le chien ne veut pas.... etc.
- Oh ! c'est bien mon trop grand camarade !
- Eh bien ! je vais dire à l'eau qu 'elle vienne vous éteindre :
Eau, venez un peu éteindre le feu ; le feu ne veut pas brûler le bâton ;
le bâton ne veut pas..... etc .
- Oh ! c'est bien mon trop grand camarade !
– Eh bien ! je vais dire au bouf, qu'il vienne vous boire : Bouf,
venez un peu boire l'eau ; l' eau ne veut pas éteindre le feu ; le feu ne
veut pas.....
- Oh ! c'est bien mon trop grand camarade !
– Eh ! bien je vais dire au boucher qu'il vienne vous tuer :
Boucher , venez un peu tuer le bouf ; le bouf ne veut pas boire
l'eau ; l'eau ne veut pas éteindre le feu ; le feu ne veut pas brûler le
bâton ; le bâton ne veut pas bâtonner le chien ; le chien ne veut pas
- 53 -

aboyer le loup ; le loup ne veut pas étrangler Potais ; Potais est allé
aux fraises et il ne veut pas revenir, s'il n 'en a plein son pot.
- Attendez ! je vais aiguiser mon couteau .
Pendant qu 'il était en allé aiguiser son couteau , le beuf était en
allé boire l'eau; l'eau avait éteint le feu ; le feu avait brûlé le bâton ;
le bâton avait bâtonné le chien ; le chien avait aboyé le loup et le
loup était en allé pour étrangler Potais .
Mais Potais avait ramassé des fraises plein son pot et était revenu
avant Frasais .
(Traduction littérale d 'un conte dit à M . Ernest Mahaim par son grand
père , feu M . Squelard, natif de Forges, près Chimay.)
847. Q . Connaîtriez-vous des chansons du même système que ce conte ?
848 . La belle et la laide.
I gn 'avè on kô on ' fèm k avè . Il y avait un coup une femme
deu koumér , on ' bèl è on ' lêť. Sa quiavait deux commères,une belle
fê ku ſ bèl avè on bo-n ami è et une laide. Ça fait que la belle
ľ lêť ènn'avè pon . avait un bon ami et la laide n 'en
avait point.
E lu mér s'è fâchéy ku l' lêť Et la mère s'est fâchée que la
n 'avè pon d'bo-n ami è èl s’a mètu laide n'avait point de bon ami et
on djou o li è èl di kom sa a s' bèl elle s'a mis un jour au lit et elle
koumér , k 'èl lî-y alich kèr du l'êw [ a ] dit comme ça à sa belle
do l' fontin -n ' o twa liyon poľ commère, qu'elle lui aille quérir
rugèri. Sa fê ku vla l bèl pôrtîy. I de l'eau de la fontaine aux trois
lions pour la reguérir.
54 .

As' tchumin fêzan, èlraskontur ça fait que voilà la belle


on ' vây féy kilî dmant: Doû vas'? partie. A son chemin faisant, elle
- Dju mi va kèr du l'êw do I rencontre une vieille fée qui lui
fontin -n ' o twa liyon ,po rgèrim ' demande : Où vas-tu ? — Je me
mér k 'è malôť . - I fêbin malôjay vais quérir de l'eau de la fontaine
d 'avèr du l'êw do l' fontin -n ' o twa aux trois lions, pour reguérir ma
liyon . Lè liyon ť von mougnè. mère qui est malade. — Il fait
Vin on pô m 'grètè din m ' do, djê bien malaisé d'avoir de l'eau de la
tan dè peu ki m ' mougnan . El a fontaine aux trois lions.Les lions
sti grètè din s'do, èl li-y-a di : S' è l te vontmanger. Viens un peu me
- 54 -

dè rôz è dè vyolèt . El vay féy li- | gratter dans mon dos, j'ai tant
y -a di : Kan tu vêrè prè do l' fon des poux qui memangent. - Elle
tin -n ' o twa liyon , tu bouchrè twa a été gratter dans son dos, elle lui
kô avou on' bagèť . Lè liyon tum - a dit : Quand tu viendras près de
ran mwar, onk d 'on kostè, onk du | la fontaine aux trois lions, tu
l'ộť , è pu ť poujrè d' lèw è tu frapperas trois coups avec une
rvêrè. E vla kèl a bouché twa kô baguette. Les lions tomberont
a l'uch , lè liyon on tumè mwar, morts, un d 'un côté, un de l'autre,
onk d 'on kostè, onk du l’ôť, èl a et puis tu puiseras de l'eau et tu
poujè d' l'êw , èl a rvènu . reviendras. Et voilà qu'elle a
frappé trois coups à l’huis ; les
lions ont tombé morts, un d'un
côté, un de l'autre ; elle a puisé
de l'eau, elle a revenu.
A ľmin -m ' plas' doll k'èl avè l A la même place où qu 'elle
trong 2 câu feng, el a ko tron . Sa | avait trouvé la vieille fée , elle l'a
fê kè li-ya di : As du l'êw , encore trouvée , ça fait qu 'elle lui
mi-y èfan ? di-st-èl. El a respondu a dit : As-tu de l' eau, mon enfant?
Kây. Tin , vola on ' pom è on dit-elle. Elle a répondu qu'oui. —
plun . Prin ôť a twè du n ' nin Tiens, voilà une pomme et une
lèyi tume ť pom è du ni nin lèyi plume. Prends garde à toi de ne
volè ť plum . Dju ratin ' è di pas laisser tomber ta pomme et de
dustin ' ku pa l' fwè du m ' bagèť , | ne pas laisser voler ta plume. Je
tu soy ko san kô pu bèl k'ôpara ratine et je destine (1) que par la
van , è tolè kô ku ť kôzrè, k 'i ť sôrt foi de mabaguette, tu sois encore
on bê dyaman fou do ľboutch . cent coups plus belle qu 'aupara
vant et tous les coups que tu
causeras, qu 'il te sorte un beau
diamant hors de la bouche.
E pu, kan èl a arivè adlé l'uch ' ' Et puis, quand elle a arrivé
èl a lèyi tumè s' pom , èl a lèyi près del’huis,elle a laissé tomber
volè s' plum , è pu él a spôrdu sa pomme, elle a laissé voler sa
s'-t- êw . L' êw , s'èstè o -n ètan , è l plume, et puis elle a répandu son

(1) Dessiner dans le sens de prophétiser est dans le Chevalier au lion ; ratin ' est une forme
réduplicative faite sur le modele de dustin ', ra représentant re latin . Dus dans distin ' pou
vait, en effet, s'interpréter comme de latin et faire croire à un simple tiner , demême que
l'on a loyė, dusloyé et raloyė, lier , délier et relier .
- 55 -

l'plum , s'èstè on parokè so l'ôp. eau. L 'eau, c' était un étang, et la


El a rintre adlé s'mér. Elli-y-a plume, c'était un perroquet sur
dmandè: As’du l'êw ,mu bèl Rôz ? | l'arbre (1). Elle a rentré près de
E lèy, to dswîť , èl a tapè on sa mère.Elle lui a demandé:as-tu
dyaman fou du s' boutch , an kô de l' eau, ma belle Rose ? Et elle ,
zan . K 'è -s' ku ťa zèyu a ť tchu - tout de suite , elle a jeté un dia
min fêzan, ku tè ko san ko pre mant hors de sa bouche, en cau
bèl ku ť n 'estè ôparavan ? - | sant. Qu'est-ce que tu as vu à ton
Dj'ê raskontrè on vay féy kim 'a chemin faisant, que tu es encore
di ku dj srè ko san kô pu bèl cent coupsplus belle quetu n 'étais
Kôparavan . auparavant?-- J 'ai rencontré une
vieille fée quim 'a dit que je serais
encorecentcoupsplus belle qu'au
paravant.
El a oukè l' lêť . Pusku ť seûr Elle a appelé la laide. Puisque
è duvnuw si bèl, t'irè osi. El li-y ta sæur est devenue si belle, tu
a rinpli on' sèrvyèť du viyanť iras aussi. Elle lui a rempli une
po tapè o liyon , du peu K ’lè liyon serviette de viandepour jeter aux
nu l'mougninch . A s' tchumin fê- lions, de peur que les lions ne la
zan , èl a raskontrè on vay féy . mangent. A son chemin faisant,
El li-y -a.dmandè : Doû vas', mu elle a rencontré une vieille fée.
fay ? -- Dju m ' va kèr du l'êw Elle lui a demandé : Où vas-tu ,
do ľ fontin -n ' o twa liyon po ma fille ? -- Jemevais quérir de
rgèri m ' mér kè bin malôť. - l'eau de la fontaine aux trois
Vin on pô grètè din m do, d'jê lions pour reguérir ma mère qui
tan dè rôz è dè vyolèt ki m 'mou est bien malade. – Viens un peu
gnan . – Tês-tu , vây sorsêr, ťa gratter dans mon dos, j'ai tant
dè gro peu . des roses et des violettes qui me
mangent. – Tais-toi, vieille sor
cière, tu as des gros poux.
E pu èl a sti a l' fontin -n ' dè Etpuis, elle a été à la fontaine
twa liyon , èl a tapè s'sèrvyèt. Tin des trois lions, elle a jeté sa ser
k ’lè liyon on mougnè l'viyanť , è viette. Du temps queles lions ont
a poujè d ' l'êw , è a rvènu , è a mangé la viande, elle a puisé de
s'tchumin fêzan , èl a koraskontrè | l'eau , elle a revenu,et, à son che

Cet arbre est une transformation de la pomme.


- 56 -

l’ vêy féy ki li-y -a di : E-s' ku ťa | min faisant, elle a encorerencontré


d ' l' êw ,mi- y èfan ? — Sa n ' tu fou la vieille fée quilui a dit : Est-ce
d 'rin , vîy sorsîr . – Dju ratin ' è que tu as de l'eau,mon enfant? -
dj dustin ' ku ť soy ko san kô pu Ça ne te fout de rien, vieille sor
lêť kôparavan è to lè kô ku ť cière. – Je ratine et je destine
közrè, k 'i ť sôrt on gro hrapô fou que tu sois encore cent coups
do l'boutch . plus laide qu'auparavant, et tous
les coups que tu causeras, qu'il te
sorte un gros crapaud hors de la
bouche.
El è rvoy adlé s' mér avou Elle est retournée en voie près
d'lêw . El dumanť : K ' è-s' ku t'a de sa mère avec de l'eau . Elle de
vèyu a ť tchumin fêzan ? – Djê mande : Qu'est-ce quetu as vu à
raskontrè on ' vây sorsêr ki m 'a ton chemin faisant ? – J'ai ren
di K 'dju srè ko san kô pu lêť ku contré une vieille sorcière quim 'a
dvan è K ’to lè kô ku djkôzrè, k 'i dit que je serais encore cent coups
mi sôrtirè on gro krapô fou do plus laide que devant et que tous
l'boutch . les coups que je causerais, qu'il
me sortirait un gros crapaud hors
de la bouche .
[En disant ces paroles, elle vomit un crapaud.]
Ini mér èstè si mwêch , k 'on bê ! Lamère était si mauvaise (fâ
djou ... su bèl Rôz èstè akoûtchéy, chée), qu'un beau jour.... sa belle .
lu mér l'a fè oukè fou du gli è Rose était accouchée, la mère l'a
po n ' nin dèzobèyi s'mér, èl i-y a fait appeler hors de son lit et pour
sti. El li-y a tchôkè on ' kouron ' ne pas désobéir (à ) sa mère , elle
du spin ' so l’tyès. y a été. Elle lui a fourré une cou
ronne d' épines sur la tête.
[Cela la transforme en biche errante dans le bois.]
A mê ! la s-t-om ki rvin a l Ah mais ! (voi ]là son homme qui
nuť . S'èstè l' valè d'on prins' è il revient au soir (1). C 'était le fils
alè a l' tchès. I va adlé s' bèlmér d 'un prince et il allait à la chasse .
è i di k'il a vèyu on ' bich , mê k’i Il va près de sa belle -mère et il
n 'avè seu tirè tso .
| lui dit qu'il a vu une biche, mais
qu'il n 'avait su tirer dessus.
( ) Il l'a sans doute épousée à cause du don qu'elle possède.
- 57 -
Lu bèlmér li di k 'i falè kèri | La belle -mère lui dit qu'il fal
dè trakeu po l' print . lait quérir des traqueurs pour la
prendre
[ Il faut comprendre que la mère dit qu'elle doit manger de la biche pour se guérir et que
la laide, après l'enchantement, s'est fait passer pour sa sœur aux yeux du fils du prince ]
I vin a l'nuť on pôf ki vin Il vient au soir un pauvre qui
dmandè a lodjè. Lu vây mér nu vient demander à loger. La vieille
vlè nin llodjè, mê lu fi do prins' | mère ne voulait pas le loger ,mais
duzè ki falè lodjè s' pôf maleu - le fils du prince disait qu 'il fallait
reu -la , k'il irè koutchè dzo lè-z | loger ce pauvre malheureux -là ,
èskalyé avou lè tchin . Mê, a doz qu'il irait coucher dessous les
eûr do l' nuť, lu vi mandyan a escaliers avec les chiens. Mais à
atindu on vwè ki vnè a l'uch è douze heures de la nuit, le vieux
ki vne krir : Paroké, dou -s'K'è mendiant a entendu une voix qui
ľ klè ? – Volsi, dam , di-st-i venait à l'huis et qui venait crier :
l' parokè. E pu è intrè , èl su Perroquet, où -ce qu 'est la clef? —
vnèmèť duzo ľbèrs' è è vènè | La voici,dame,dit-il, le perroquet.
dnè ľ' tèť a s’-t-èfan . E kan èl è Et puis elle entrait, elle se venait
ralè, èl duzè : Vola l' klè. — Wi, mettre dessus la berce et elle ve
dam . nait donner la tette à son enfant.
Et quand elle en rallait , elle
disait :Voilà la clef. -- Oui, dame.
Lu vîmandyan , i ouk lu prins' Le vieux mendiant, il appelle
duso ľkostè è li konť k'il avè le prince sur le côté et lui conte
vèyu , a doz eur do ľnuť , on qu'il avait vu, à douze heures de
bich ki dmandè o parokè : Dou - la nuit, une biche qui demandait
s'K 'è l' klè ? è l' parokè li dzè : au perroquet : Où-ce qu'est la
Volsi, dam . - E pu èl su vnèmèť clef? et le perroquet lui disait :
duzo lºbèrs', el dunè l' tèť a s-to La voici, dame. - Et puis elle se
èfan . E i di : Tu rvêrè ko ! venait mettre dessus la berce, elle
dmwin dmandè a lodjè ; mu mér donnait la tette à son enfant. Et
nu vôrè nin ; mê dju m ' fè fwar | il dit : tu reviendras encore de
du ť lodjè avou mi dzo lè- z ès- main demander à loger , ma mère
kalye . ne voudra pas, mais je me fais
fort de te loger avec moi dessous
les escaliers.
- 58 -

Lu landmwin , la l' pôf vî-y ! Le lendemain, (voi]là le pauvre


om ki vin ko dmandè a lodjè è vieux homme qui vient encore
lu vây mér nu vlè nin ko l' lodjè. demander à loger , et la vieille
El duzè k ' s'èstè on vî riboteu ki mère ne voulait pas encore le
duspinse to s'-t-ardjin è k 'il alè | loger. Elle disait que c' était un
mandyè. Mel' prins' l'a fè lodjè. vieux riboteur qui dépensait tout
son argent, et qu 'il allait men
dier. Mais le prince l'a fait loger.
Epu , a l'nuť , i-z -on sti koutchè ! Et puis, au soir , ils ont été
dzo lè-z- eskalyé. E a doz eur, lu coucher dessous les escaliers. Et
bich a ko vnu a l'uch , èl a ko à douze heures, la biche a encore
vnu dmandè : Parokè, doll-s' | venu à l'huis, elle a encore venu
k 'è l' k 'le ? è il a rèspondu : Volsi, demander : Perroquet ,où-ce qu 'est
dam . — E è a ko sti dnè l' tèť a | la clef ? et il a répondu : La
l'èfan , è l' prins' s'a lansè dusor voici,dame! - Et elle a encore
lèy ; i li-y a arachè l' kouron ' du été donner la tette à l'enfant et le
spin ' k 'èl avè so l' tyès', è il a di prince s'a lancé dessur elle, il lui
k ' s'èstè s' fèm . E ili-y a dmandè a arraché la couronne d 'épines
ki li-y avè fê sa , è èl a di k 's'èstè qu'elle avait sur la tête et il a dit
s ' mér. que c' était sa femme. Et il lui a
demandé qui lui avait fait cela et
elle a dit que c'était sa mère .
Sa fê ku l' prins' a fê vnu le Ça fait que le prince a fait
tchèrtî do viyâtch po ramassé do venir les charretiers du village
bwè è il a fê on gran feu ; il a pour ramasser du bois et il a fait
pour rama

brulè l' mér è l' lêť . Sa fê ku | un grand feu, il a brûlé la mère


ľ prins' a dmorè bin trankil et la laide. Ça fait que le prince
avou s' fèm è avou l vê pôf. a demeuré bien tranquille avec sa
femme et avec le vieux pauvre.
Da l' flow foû, Voilà la fable hors,
Do mougnré lu skóf è mi l'oû . | Vousmangerezl'écale etmoil'œuf.

(Conté à M . Paul Marchot, par Mme Titeux , âgée de 65 ans, à Saint


Hubert.)
- 59 -

849. · Les trois chèvres.


Treu gať alî à mès'. Li prumêr | Trois chèvres allaient à la
si louméf Blankèť ; li deuzin -m ', messe. La première s'appelait
Neurèť è l’treuzin -m ' Pèlèy . | Blanquette; la seconde Noirette
El rèskontrè l' leu . et la troisième Pelée.
Elles rencontrent le loup.
« Fa K’dji ť tow , Blankèť , » « (II) faut que je te tue, Blan
di-st-i. quette , » dit-il.
« Tow li sis' k 'è podrî mi. » « Tue celle qui est derrière
moi. »
« Fâ k 'dji ť tow , Neurèť , » « Il faut que je te tue, Noi
di-st-i lleu. rette, » dit-il le loup .
« Tow li sis' k 'è podrê mi. » « Tue celle qui est derrière
moi. »
S'èsteu -t â toûr da .... Kimin C'était le tour de .... Comment
don ? Dj’a rouvi s'no. donc ? J'ai oublié son nom .
- Pèlèy . – Pelée (dit l'auditeur naif).
- Hèré vos' né è m 'kou, djus- / - Mettez votre nez ....., jus
k'a tan k'él seûy raploumèy . qu'à ce qu'elle soit replumée .
(Conte-attrape dit à M . E . M .par MmeB .de Louveigné; dans une variante
ecueillie à Laroche par M . F., le conte se termine par ce dialogue entre la
dernière chèvre et le loup :
- Få k 'dji ť tow , Pelèy. — Il faut que je te tue, Pelée .
- Bin , baj li kou dol ratros - [Eh ) bien , . . . . . . . . de la
sèy è dol dyèrin -n ' maryèy . retroussée et de la dernière
mariée.
È èl bizè toť lè treû è vôy. Et elles s'enfuient toutes les
trois en voie.

850 . Misère et Pauvreté.

Misère et Pauvreté étaient un forgeron et son chien qui vivaient


dans le plus complet dénûment. Un jour, le diable vint tenter le for
geron et fit si bien que, pour une grosse somme d 'argent, il lui acheta
son âme. Il devait venir s'en emparer dans dix ans.
- 60 -

Le forgeron se mit à vivre dans l'abondance avec l'argent ainsi


gagné.
Un jour saint Pierre et le bon Dieu qui passaient par là , s'arrê
tèrent chez lui pour faire ferrer leur âne. Misère se mit à l'œuvre et
ferra l'âne avec un fer d'argent. Les deux voyageurs étaient
enchantés et pour récompenser l'artisan, ils lui direntde formuler trois
souhaits. Quelque extravagants qu'ils soient, dirent-ils, ils ne lais
seront pas de se réaliser. Misère se mit à réfléchir et demanda une
bourse qui ne laisserait s'échapper ce qu'elle contiendrait, un fauteuil
quine laisserait se lever son occupant, un cerisier dont on ne pourrait
descendre, une fois monté dessus, qu 'avec son autorisation.
Durant tout ce temps , saint Pierre l'avait exhorté tout
bas à demander le paradis, mais Misère ne voulut rien entendre.
Les voyageurs partirent et les souhaits du bonhomme se réalisèrent.
Un soir, les dix ans révolus, le diable vint pour s'emparer de l'âme de
Misère. Vous êtes fatigué, lui dit celui-ci. Asseyez-vous dans ce
fauteuil, pendant que je fais mes préparatifs. L 'autre l'écouta .Misère
alla faire rougir au feu une barre de fer . Il rentra et engagea le
diable à partir . Celui-ci fit de vains efforts pour se lever . Misère lui
administra une volée de coups avec sa barre de fer et ne le laissa
aller qu'après avoir obtenu un répit de dix ans.
Ce laps de temps écoulé, toute une troupe de diables se présente
chez lui pour emporter son âme. Comme on était en été et qu'il faisait
très chaud, Misère les invite à monter sur son cerisier pour se désal
térer . S 'en étant rendu maître de cette façon, il obtint un nouveau
sursis de dix ans et les laissa partir.
Dix ans après, nouvelle invasion d 'une troupe de diables chez le
bonhomme Misère. Cette fois, il se met en route avec eux . Après
avoir fait de compagnie un bout de chemin ,Misère leur demanda s'ils
n 'étaient pas fatigués. Ils dirent qu’oui. — Entrez dans ma bourse,
dit-il, je vous porteraipendant quelque temps. Les diables y entrèrent
sans soupçon et Misère les tint de nouveau à sa merci. Il ne leur
rendit la liberté que moyennant un nouveau sursis de dix ans.
Entretemps, le bonhommemourut, ainsi que son chien . Tous deux
arrivèrent à la porte du Paradis. Saint Pierre vint leur ouvrir ; mais
il ne les eut pas plutôt vus, que reconnaissant ce bonhomme quil'avait
- 61 -

froissé en refusant obstinément le paradis, il lui ferma la porte au nez .


Toujours avec son chien , Misère se présenta à la porte de l'Enfer.
Un diable vint leur ouvrir. C ' était justement celui qui, assis dans le
fauteuil, avait reçu une si dure volée de coups. Tout effrayé, il rentra
précipitamment et ferma la porte au verrou.
Ainsi,nulle part, on n 'avait voulu recevoir Misère et Pauvreté. Ils
se sont décidés à rester sur terre, où ils errent sans trève.
(Traduction résumée faite par M . Paul Marchot,aussitôt après le récit du
conteur, M . Defrance, sabotier, âgé de 25 ans, à Lorcy, près St-Hubert : il a
appris ce conte à Nassogne dans une réunion de jeunes gens.)
851. Le renard et l'écureuil.
In rnô avè prin in bya spirou ; Un renard avait pris un bel
i dalè l'kroké kanli spirou ,sintan écureuil; il allait le croquer quand
s'dêrémomin arivé,di: - dj'êtodi | l'écureuil, sentant son dernier
ètindu dîr ki dvan d mindji, ofê moment arrivé, dit : « j'ai tou
l' sign ' dèl kwè. » Ossi rať, li rnô jours entendu dire que, devant de
tir ès'pať pou fél sign ' dè l' kwè manger, on fait le signe de la
è vwè li spirou ki fou l' kan . croix . » Aussi vite , le renard
tire sa patte pour faire le signe
de la croix et voit l'écureuil qui
f... le camp.
(Recueilli à Laroche, près Court- St-Etienne, par M . Sinéchal.)
Voici des indications sur quelques contes que nous n 'avons pas encore
trouvés en pays wallon ou dont nous ne possédons que des versions impar
faites :

852. Un homme fait un sommeil de près de cent ans et revient


dans son village, où l'on a perdu tout souvenir de lui?
853. Un enfant est promis au diable par son père ?
854 . Une femme est accusée d 'avoir trompé son mari et aban
donnée au fil de l'eau . Elle revient longtemps après démontrer son
innocence ?
855 . Un ouvrier se contente, pour la rémunération de son travail,
de trois conseils et sait les mettre à profit ?
856 . Un jeune homme ne peut obtenir la main d'une jeune fille,
qu'à la condition d 'accomplir quelques travaux difficiles , comme
- 62 –

tenir une chaise entre ses dents, porter un poulain sur ses épaules,
etc. ?
857. Un petit garçon possède trois objets merveilleux : un sac dans
lequel il n 'a qu'à se placer pour aller où il veut, une arbalète avec
laquelle il peut tout abattre et un sifflet (ou un violon ) avec lequel
il peut faire danser qui il veut ?
858 . Un jeune homme descend au fond d'uu puits communiquant
avec un beau château. Il s'empare de celui-ci, grâce aux conseils
d 'une jeune fille qui était là , changée en une fleur du jardin , la désen
chante et l'épouse ?
859. Les deux bossus et les sorcières (makral) ?
860. Un homme troque une pépite d 'or contre un cheval, le cheval
contre une vache, la vache contre un porc, etc., jusqu'à ce qu'il ne
possède plus qu'un pigeon qu'il laisse s'envoler ?
861. Le loup, la chèvre et les chevreaux ?
862. Le loup à qui on coupe la queue ?
863. Le veau et la pie mouillée ?
864. Un homme qui cherche un parrain pour son fils et ne veut
accepter ni Dieu, ni saint Pierre ?
865. La vieille femme qui fait cuire une pomme et est épiée par
des voleurs?
866. Le paysan devenu médecin malgré lui ?
867. Un conte où le latin Requiescat in pace s'explique par Ré! -
Qui est- ce ? – Catine — Passez ! - ?
868 . Le loup et le renard vivent ensemble. Ee second fait toute
une série de niches au premier ?
869. Djulèť ?
870. Komér Lovlèt' ?
871. Tchan et Tchèn ' ?
872. Li pyou è l'pous' ?
873. La tabatière magique ou le château suspendu dans les airs?
874. Le roi des sept montagnes?
- 63 -

875 . Plusieurs hommes très forts , dont l'un, par exemple, peut
jouer avec une meule de moulin, s'associent. L 'un d'eux tueun géant
qui avait fait peur aux autres et délivre des princesses que ce géant
retenait captives au fond d 'un grand trou (1) ?
876. Un jeune homme joue de mauvais tours à des animaux, par
exemple, emprisonne la patte du loup dans la fente d'un morceau de
bois, suspend le renard à un arbre, etc . ; il finit par échapper à leur
vengeance ? .
877. Un homme reçoit de saint Pierre une serviette qui se couvre
de mets toute seule et un âne qui fait de l'or. Serviette et âne lui
sont volés par un aubergiste. Saint Pierre lui donne alors un marteau
(ou un bâton ) merveilleux au moyen duquel il se fait rendre ce qu'on
lui a pris ?
878 . Les trois frères qui avaient chacun une fiole contenant du
sang d'un poisson merveilleux, sang qui bouillonnait, si l'un d 'eux
était en danger ?
879. Un jeune homme tue une bête à plusieurs têtes qui allait
dévorer une princesse. Il conserve les langues de la bête, ce qui lui
permet de se faire reconnaître du père de la princesse qui lui donne
celle-ci pour femme?
880. Un jeune homme qui avait deux frères est changé par une
sorcière en touffe d 'herbe (ou en pierre). Un de ses frères qui le
recherche subit lemême sort. Le dernier frère force la sorcière à les
délivrer et la tue.
881. Un aveugle est abandonné par celui qui le conduit. Il grimpe
sur un arbre et entend de là des animaux se confier des secrets :
moyen de recouvrer la vue, de guérir une princesse et de donner de
l'eau à une ville .Grâce à ces secrets , il cesse d ' être aveugle, devient
riche et épouse la princesse. Son ancien compagnon veut l'imiter. Les
animaux le dévorent ?
882. Un jeune homme rencontre un serpent. Il va sur son ordre
dans un beau château, où ce serpent se change en jeune princesse
qui l'accepte pour mari ?
(9) La plupartdes résumés qui suivent sont faits d'après Cosquin, Conies populaires de
Lorraine .
- 64

883. L 'homme qui planta un haricot qui monta jusqu'au ciel ?


884. Un jeune homme trouve un trésor et emprunte au maire un
boisseau (on stî) pour compter ses richesses. Le maire retrouve dans
le boisseau quelques pièces d'or, s'imagine que l'emprunteur est un
brigand et ne lui pardonne qu'à la condition d 'accomplir quelques
vols très difficiles : lui enlever ses draps pendant son sommeil, s 'em
parer de tout l'argent du curé, etc . Le jeunehomme les exécute tous.
885. L ' homme qui avait épousé une femme merveilleuse à la
condition de ne pas la regarder ou de ne pas lui parler à certains
jours ?
886. Le jeune prince condamné par son père à voyager sur mer.
Il fait enterrer un cadavre, rachète deux jeunes filles qu 'un corsaire
allait vendre, épouse l'une d'elles, se trouve être le gendre d'un roi,
est jeté à la mer par un traître qui convoite sa femme, se réfugie
sur un rocher au milieu des flots et y est nourri pendant sept ans
par des mains invisibles , jusqu'à ce qu'un magicien le ramène en un
instant chez son beau-père, où il revient assez tôt pour faire écarteler
le traître qui allait épouser sa femme ?
887. Jean de Paris, fils de l'empereur de France, allant en même
temps que le roi d' Angleterre, briguer la main de la fille du roi
d 'Espagne ?
888. L 'histoire de pauvres gens qui obtiennent de Dieu une foule
de choses, mais qui finissent par se montrer si exigeants que Dieu
leur enlève tous les biens qu'il leur avait donnés ?
889. L 'oiseau (coq ou canard) qui fait entrer dans son ventre
plusieurs animaux, qui l'aident à reprendre une bourse qui a été
volée ?
890. Le jeune homme qui invita un mort à souper et qui fut invité
par le fantôme à un festin et à un bal de revenants ?
891. Les deux hommes dont l'un , qui passait pour fou , trompe
tout le monde et s'enrichit, tandis que l'autre, quipassait pour avisé,
devient pauvre et malheureux ?
Ne négligez pas de recueillir les finales de contes comme celles de nos
numérs 843 (page 51) et 848 (page 58).
– 65 –

VIII. – Astronomie et météorologie populaires.


892. SOLEIL ?
893. Q : Quels pronostics tire-t-on d 'un soleil påle (blan solo ) ? – D ’un
soleil couchant rouge ?
894. C 'est signe de pluie, lorsque le soleil couchant darde ses
- derniers rayons vers de grands nuages ( solo ki tîr a êw ) (Herve).
895. LUNE (leun') ?
896 . Son nom le plus ordinaire en wallon est li Bêté « la Beauté » .
A l Bêté = « pendant une nuit de lune » à Somme-Leuze.
897. On croit distinguer dans la lune la figure d 'un homme que
l'on appelle Bazin (prov. de Liége), Tchan dè l' leun' (pays de
Stavelot ), Ka’in (Laroche), Brûnô (prov. de Namur et grande partie
du Luxembourg). Bazin , raconte-t-on, alla une nuit marauder les
navets de son voisin . La lune s'étant mise à briller, il craignit d 'être
aperçu et prit « un fagot d' épines pour la boucher » in ' bouhèy di
spèn ' po stopé l' leun ' (1). Dieu, pour le punir , le « tira » à l'instant
dans la lune, où on le voit encore, tenant au-dessus de lui son fagot
d 'épines sur une fourche.
898 . Q . Parle -t-on d 'un chien de la lune ?
899 . Q . N 'y aurait-il pas de locution où l'on parlerait à la fois de la
lune et du loup ?
900. Q . Y a-t-il une explication populaire des éclipses de lune ?
901. La lune passe pour poltronne parce qu'elle semble se cacher
derrière les nuages : kouyon kom li leun' « poltron comme la lune »
(Liége) ; li leun ' n 'a djamè lû so ô si kouyô « la lune n 'a jamais lui
sur un aussi poltron » (Herve).
902. Pendant le croissant de la lune (è krèhan dè l' leun', è l’ deur
leun' « dans la lune dure » ), il ne faut semer ni les salades et autres
plantes qui doivent pommer, ni les petits pois et autres plantes qui
doivent « grainer » .

( 1) On a encore coutume de dire à une personne portant un fagot d 'épines : Vas' sitopé
ľ lun ’ ? « Vas-tu boucher la lune ? » (Somme-Leuze.)
- 66 -

903. On doit couper tout bois de construction et cueillir les fruits


è l' deur leun ' (prov. de Namur).
904. Pendant le croissant de la lune, il ne faut pas se faire couper
les cheveux si l'on craint qu'ils repoussent trop vite. Des cheveux
minces et faibles taillés à la même époque reviennent drus et forts.
905 . Q . Qu'est-ce qu'il faut faire ou ne pas faire , semer ou ne pas semer
pendant le décours de la lune (tinr leun « lune tendre , dfalihan de
1 leun') ?
906 . La vache couverte pendant le décours de la lune (è l' tinr
leun ') donnera une génisse . Si la saillie a lieu pendant le croissant
de la lune (è l’ deur leun'), ce sera un taureau.
907. Si la nouvelle lune tombe un vendredi, elle n 'a pas d 'influence
pernicieuse (St-Hubert).
908 . On croit que la lune de mars (lune rousse) est fatale aux
malades; s'ils dépassent cette période critique, on pense qu'ils guéri
ront.
909. VÉNUS (steûl dè byèrdjî « étoile du berger » , steûl du la
Vyèrj « étoile de la Vierge » [Herve]) ?
910. GRANDE OURSE (tchár Pòçè « char Poucet » ?
911. On l'appelle aussi, à Herve : tchâr du trionf « char de
triomphe » , à Somme-Leuze : tchâr d 'Abraham .
912. Q . Lui connaissez -vous encore d'autres noms?
913. « Des huit étoiles dont semble formée cette constellation ,
les quatre en carré représentent, selon les paysans, les quatre roues
d 'un char [lè kwať row ), les trois qui sont en ligne sur la gauche
sont les trois chevaux [lè treû tchvô), enfin , au-dessus de celle des trois
qui est au milieu, il s'en trouve une petite [l'étoile alcor ], qu'ils
regardent comme le conducteur du char (li koché) et qu'ils nomment
Pôcè. » (Grandgagnage, Dict. de la langue wallonne, tre partie ,
p . 153.)
914 . LA CROIX DU CYGNE (li krell , Laroche) ?
915 . Celui qui voit cette croix n 'est pas en état de péché mortel
(Laroche).
916 . ORION ?
– 67 –

917. Les trois étoiles du baudrier d 'Orion (à Verviers : lè treû rwè


« les trois Rois » ) forment avec l'étoile Rigel une figure qu'on appelle
à Laroche le rateau (li ristê).
918 . ÉTOILES ?
919. On explique aux enfants qu'elles viennent de vieilles lunes
mises en pièces.
920 . Q . Croit-on qu'elles soient habitées ?
921. COMÈTE (steûl à kaw ) ?
922. Elle est signe de calamité, guerre ou épidémie.
923 . ETOILES FILANTES ?
924. Dans le sud- est de la province de Liége, on appelle hiť di
steûl « cacas d 'étoile » , ces petites masses de matières gélatineuses
qu 'on rencontre surtout dans les marais et qui, en réalité, ne sont
que des peaux de grenouille et autres débris que l'estomac des
petits carnivores rejette après digestion du contenu ; et l'on dit en
voyant une étoile filante : s'è-st in ' siteûl ki hiť .
925. Une étoile filante est une âme qui s'en va et on la délivre du
purgatoire, si, avant qu'elle soit tombée, on a pu dire trois fois, à
Laroche : Seigneur ! ou Jésus!, à Herve : Que les âmes du purgatoire
reposent en paix ! ou Loué soit Jésus-Christ au très saint sacrement
de l'autel !, à Theux : Amen !
926 . VOIE LACTÉE (li tchâssèy romin - n' « la chaussée romaine » ,
li vôy sin Djâk « le chemin [de ] St-Jacques » ) ?
927. Q . Explique-t-on le dernier nom ? Dit-on , par
res
exemple, ce que
saint Jacques faisait dans ce chemin ?
928. ARC -EN-CIEL [êr- Djè « arc [de] Dieu » (prov. de Liége), pwèť
dè paradi « porte du paradis » (id.), rôy sin Dj'han « ligne [de]
saint Jean » (prov. de Luxembourg), arc Saint-Michel (Tournaisis)]?
929. Q . Lui connaissez-vous d'autres noms ?
930. Si l'on montre l'arc -en-ciel avec le doigt, on aura un panaris.
931. C 'est signe de pluie, quand l'arc-en -ciel paraît plonger dans
une rivière [kwan l’êr- Djè a l' kaw duzeû l'êw (Cornesse ) « quand il
a la queue au-dessus de l'eau » ;kwan l'êr -Djè a lè pô è l'êw « quand il
a les pieds dans l'eau » ).
– 68 --
932. Q . Explique-t-on pourquoi ?
933. Q . Les enfants disent-ils quelque chose pour le faire disparaître ?
934. Q . Dit-on ce qui arriverait à celui qui pourrait sauter au-dessus de
l'arc-en- ciel ?
935 . Q . Dit-on ce que l'on pourrait trouver au point exact où l'on pense
que l'arc-en -ciel touche terre ?
936 . Dicton météorologique : êr - Djè : po fé treû djoû bê, treû djoû
lê « arc-en -ciel : pour faire trois jours beau, trois jours laid » (Villers
St-Siméon ). '
937. Q . N 'auriez -vous pas entendu parler d 'un trou dans le ciel ?
938. GIBOULÉES ( vê d ' mâs') ?
939. A Laroche, on dit des giboulées tardives d'ayril : si n 'è nin
dè vê d ' mâs', s'è dè bikè d 'avri « ce ne sont pas des veaux de mars,
ce sont des biquets d 'avril ».
940. Q . Ne raconte-t-on rien pour expliquer ces veaux et ces biquets ?
941. NEIGE ?
942. Les enfants qui s'étendent dans la neige pour y laisser leur
empreinte, disent, à Saint-Hubert, qu'ils font saint François, en
Condroz, qu'ils font dè bon Dju « des bon-Dieux » .
943. VENT ?
944. A Laroche, quand le vent siffle, on dit aux enfants qui
s'étonnent : s'è Dj'han d'â vin « c'est Jean du vent » .
944bis. Pour empêcher les enfants de sortir par le mauvais temps,
on leur dit à Somme- Leuze : Viz a vo, vla Dj'han di bîh ! Vla
l' mohon â rodj bètch ! « Gare à vous, voilà Jean de bise ! Voilà le
moineau au bec rouge ! »
945. Le curé peut détourner le vent (Court- St-Etienne), en
plaçant la pointe de son tricorne du côté où il veut qu'il souffle
(Dochamps).
946. Q . Jette -t-on quelque chose par la fenêtre quand il fait du vent ?
947. NUAGES ?
948. Nuages enflammés : S è sin Nikolè ki kû « c'est saint
Nicolas qui cuit » (Pepinster) ; c' est saint Nicolas qui met le feu à
- 69 -

son four pour cuire les patisseries qu'il apporte aux enfants le jour
de sa fête (Liége).
949. On donne le nom d'arbre Abraham en Hesbaye et d'arbre
Saint-Barnabé en Condroz, à un éventailde nuées longues aux bords
vagues. Dicton météorologique : Kwan l'âb Abraham (ou Sin
Barnabé ) a lè pê è l'êw , į ploûrê « quand l'arbre Abraham a les
pieds dans l'eau (c'est-à -dire quand il se trouve dans la direction
d'un cours d' eau ), il pleuvra. »
950. Q . Quels noms donne-t-on aux autres formes des nuages : nuées
longues ? nuées en gerbe ? petits nuages floconneux ?
951. GRÊLE ?
952. Q . A quoi attribue-t-on la grêle ?
953. Les petites filles, quand il grêle, étendent leur tablier pour
recevoir les grelons, en chantant, à Verviers :
Dè gruze, gran pér ! « Des grelons, grand-père !
Dè gruze, gran mér ! Des grelons, grand mère ! »
à Dinant : Arivé ! lè pti pyou -pyou ! Arivé ! lè pti poyon !
954. BROUILLARD ?
955. RosÉE ?
956 . PLUIE ?
957. A Laroche, quand la pluie commence à tomber, les enfants
se mettent à l'abri en disant :
I ploû ! 1 « Il pleut !
Lè poy son dzo l' tèyoû, | Les poules sont sous le tilleul,
Ki ponè dè bon gro-z oû ! Qui pondentde bons gros mufs ! »
958. Quand il fait du soleil pendant la pluie, on dit : li dyâl
marèy si fèy « le diable marie sa fille » ; l'on ajoute à Liége : o bwè
« au bois » et à Verviers : èn' ô banstê « dans un panier » . On dit
aussi à Verviers lu dyâl bať su fam èn ' ô banstê « le diable bat sa
femme dans un panier » . A Villers St-Siméon : s'è l' dyâl ki bať si
mér è ki marèy si fèy « c'est le diable qui bat sa mère et quimarie
sa fille » .
959. Q . Que dit-on des grosses gouttes d 'eau des pluies d 'été ?
- 70 -

960. A Étalle, on dit quand il pleut :


Sin Nicola « Saint Nicolas,
Patron d' Habâ, Patron de Habay,
Trwâ djoû bû, Trois jours beaux,
Trwâ djoû lâ , Trois jours laids,
Trwâ djoû kom il a fá ! | Trois jours comme il en fait ! »
961. ORAGE ?
962. Il ne faut pas courir quand il tonne.
963. On allume une chandelle bénite à St-Donat (Hesbaye),
å Ste-Barbe (Namur).
964. Sitôt qu'il éclaire , on lit l'évangile de St- Jean et l'on est
préservé si la foudre éclate, après que l'on a lu les mots : « et le
Verbe s'est fait chair » Jean 1,14 (Liége).
965. On jette du sel aux quatre coins de la chambre, puis on
allume au foyer la branche de buis bénit, l'on asperge d ' étincelles
les quatre coins et l'on jette le petit tison au milieu (Liége).
966 . On brûle du buis bénit dans trois coins de la chambre. Le
tonnerre, s'il entrait même, sortirait par le quatrième (Herve).
967. On se préserve du tonnerre en se réfugiant sous une haie
d'aubépine.
968. Q . Connaissez-vous d 'autres moyens superstitieux de s'en préserver ?
969, On dit plaisamment en entendant les roulements de tonnerre :
l' bon Dju djow û bèy « le bon Dieu joue aux quilles » .
970. Q . Que croit-on que le tonnerre lance sur la terre ?
971. Q . Que fait-on d'un instrument frappé de la foudre?
972. Q . D 'un arbre frappé de la foudre ?
Accroissement des jours après le solstice d'hiver.
973. SAINTE-LUCIE (13 décembre) :
Sinť Lucèy, « Sainte-Lucie,
Li pu koûrdjoû, Le plus court jour,
Li pu long'nutèy. La plus longue nuit. »
(Liége.)
71

974 . NoẾL :
Nowe I « [Les jours sont à] Noël.
Pa d'on vèlé. (de la longueur du ] pas d'un veau
nouveau -né. » (Namur)
975 . ler JANVIER :
[Lè djoû krèhè] [· Les jours croissent]
A l'Novèl an Au Nouvel an ,
L' pa d'on èfan Le pas d'un enfant. » (Liége)
976. Rois :
A Rwè « Aux Rois ,
L' pa d'on polè. Le pas d'un poulet. » (Liége)
Lè Rwe « Les Rois ,
Pa d 'in tchè. Pas d 'un chat. » (Charleroi)
977. O Rwè, lè djoû sô rèlôgi d'ô rpa d' kok. « Aux Rois, les
jours allongés d'un repas de coq (1) » (Verviers).
978. SAINT-ANTOINE :
Là djoà krehè à Sin- Antôn” « Les jours croissent à St-Antoine ,
Ossi lon ki li rpa d 'on món '. Aussi long que le repas d'un moine.»)
(Liége)
979. CHANDELEUR :
Tchandleûz « Chandeleur,
Pa d 'on ' voleûz. . Pas d 'une voleuse. » (Namur)
Pronostics météorologiques.
980. S'il y a beaucoup de fruits à noyau , c'est signe d'un hiver
rude.
981. On croit qu'il y aura beaucoup de fruits l'année suivante , si
le givre couvre les arbres avant Noël (St-Hubert ).
982. Bê vinrdi, « Beau vendredi,
Lê dimegn”. Láid dimanche. » (*)
983. Quand il pleut le dimanche entre les deux messes (elles ont
lieu, l'une vers sept, l'autre vers dix heures), il fera laid toute la
semaine (La Reid ).
(1) Le temps qu'un coq batteurmet pour manger sa pitance.
( 2 ) Forme wallonne du dicton français connu ici : « Qui rit le vendredi, dimanche
pleurera. Son acception météorologique n 'est plus comprise à Liége.
- 72 -

Les mois.
984. Fèvrir a onz bê djoû. « Février a onze beaux jours. »
(Liége)
985. Kom Mâs troûf lè potê, « CommeMars trouve les flaques
I lè lê. Il les laisse. » (d 'eau ,
986. Kwan i ton ' è Mâs, « Quand il tonne en Mars.
Li laboureû a hâs' Le laboureur a hâte (= craint)
Kwan i ton ' èn' Avri, Quand il tonne en avril,
I deû s'rèdjouwi. Il doit se réjouir . »
987. Mwètèy dimay, « Milieu de Mai,
Kow di nivay. Quene de neige. » (Liége)
988. Avri ploû po lè djin, « Avril pleut pour les gens,
May po lè byès. Mai pour les bêtes. »
989. Sètch' aous’, frèh vindindj. ' « Aoûtsec,vendangeshumides.»
(Liége)
Jours fatidiques pour la température.
990. CONVERSION DE SAINT Paul (25 janvier) ?
991. CHANDELEUR (2 février ) : Quand le soleil luit sur l'autel pen
dant la grand'messe le jour de la Chandeleur, on aura encore six
semaines d'hiver , ce que suivant les localités on exprime en disant :
ľ uvyèr rmonť a tchfô « l'hiver remonte à cheval » (Court St
Étienne); l'ours' rinteûr è s' trô po sê samin -n ' « l'ours rentre
dans son trou pour six semaines » (Verviers ) ; l’ivyèr riprin vigeûr
(Nivelles).
992. 12 FÉVRIER : Kwan i ploû 1 doz dè pti mell, i fê lê sê
samin -n ' â lon « Quand il pleut le douze du petit mois, il fait laid
six semaines au long » (Liége).
993. SAINT MATHIAS (24 février) :
Sin Matyas' « Saint Mathias
Kas' lè glas . Casse les glaces.
Kwan yènn' a nin Quand il n'y en a pas,
K ’ènn ' è fas'. Qu'il en fasse. » (Solwaster)
994. Q .Que croit-on du temps qu'il fait le jourdes Rameaux ?
995 . Quand il fait beau le Jeudi-Saint pour sécher les draps de
l'autel, il fera beau une grande partie de l'été (Verviers ).
996 . S 'il gèle le jour du Vendredi-Saint, toutes les gelées qui
suivront ne feront de tort à rien .
- 73 -

997. Le vent vient pendant cinquante jours du point de l'horizon


d'où il soufflait le jour du Samedi-Saint (Sart ).
998. ST-MARC (25 avril) :
Djwar è Marke « Georges et Marquet
Mahè voltî l’brouwè Mêlent volontiers le brouet »
(= brouillent le temps). (Liége)
999. ST-MAMERT, ST-PANCRACE, ST-SERVAIS (11-13 mai) :
1000. Après les saints de glace, il ne gèle plus. Le dernier saint
de glace est surtout funeste aux fèves :
A l'sin Sèrva, « A Saint-Servais,
Sèm to -t avâ. Sème partout.
Aprè l'sin Servâ , Après Saint-Servais,
Lè fév' ni polè mâ. | Les fèves ne peuvent mal. » (Liége)
1001. 8 JUIN :
Sin Mèdâr « Saint Médard,
Gran pichâr. Grand pisseur. » (Nivelles) .
1002. 11 juin : Saint Barnabé peut refermer le robinet ouvert par
saint Médard (Verviers) :
Sin Barnabé « Saint Barnabé
Li kas' èl né Lui casse le nez. » (Nivelles)
1003. 18 OCTOBRE :
A sin Luk « A Saint-Luc,
L'ivyèr e-t a no n'uch . L 'hiver est à notre porte.» (Mons)
1004 . 25 NOVEMBRE :
S'i niv divan sint Katrèn , « S'il neige avant la Sainte-Catherine,
L 'ivyèr s'a havé li skrèn'. L 'hiver s'est grattél'échine.» (Liége)
1005. Vèr Noyé « Noël vert
Blank-é Pâk Pâques blanches.»
Blan Noyé : « Noëlblanc,
Vèt-è Pak Pâques vertes. »
1006 . Dè spess-è matin ' D'obscuresmatines
È dè klér djave. Et de claires javelles ,
Dè klér- é matin ' De claires matines
È dè spè djavê. Et d'épaisses javelles.
(Laroche)
1007. Q . Compte-t-on les étoiles la veille de Noël? Pourquoi ?
1008. Q . Croit-on à une relation entre la température du jour de Noël et
des onze jours qui suivent et celle des douze mois de l'année suivante ?
- 74 -

IX . - Chansons.
Nous rappellerons ici à propos des chansons ce qui est dit aux nos 840 et
841 au sujet des contes : ces observations leur sont également applicables.
Une remarque seulement : nous attirons tout particulièrement l'attention
de nos correspondants sur la nécessité de joindre la musique aux paroles
des chansons; sans elle, la moitiéde l'intérêt qu 'elles présentent, disparaît.
Inutile d'ajouter que cependant, dans le cas d'impossibilité absolue de
noter ou de faire noter les airs , les textes seuls seront toujours accueillis
avec plaisir.
Chansons religieuses.
1009. Q . Connaissez -vous des chansons spécialement affectées à certaines
fêtes religieuses, corme, par exemple, celle qui suit ?
1010 . Chanson des trois Rois.
Allegro.

Chrétiens, &- vec al- lé- gres-se, Qui sont main - te- nant de

nuit, Re-mer-ci- ons Dyu en li- es - se, Jé-sus no- tre vrai ap

pui. Chantons tous joy- eu- se - ment, En cet- te di-gne jour

nèye, Que les treû rwè ô fait pré- sent A Jé- sus rwè dè l' Ju
rall.

dè ye.

Chrétiens, avec allégresse,


Qui sont maintenant de nuit,
Remercions Dyu (1) en liesse,
Jésus notre vrai appui.
Chantons tous joyeusement,
En cette digne journèye,
Que les treû rwè ô fait présent
A Jésus rwè dè l' Judèye.
) Les mots en italique représentent les mots wallons intercalés dans le texte ou des
prononciations françaises wallonisées.
- 75 –

Une étoile claire et luisante Hérode les a fait conduire


Vers l'Orient se montra , Depuis à sa volonté,
Oui, l'étoile claire et luisante , Et par trahison leur fait dire : -
Un grand signal se montra. Quand l'enfant l'auront truvé,
Quand les treu rwè l'ont aperçue Mandez -mwè pour le servir.
Ils ont fait leur rassemblée ; Au cæur n 'avait grande envie
Sont-i rendu grâce à Dyı : Car c 'était pour Jésus trahir
Il a fait cette rosée . Et pour lui ôter la vie.
3.
Ils ont tous chargé bagage Puis l'étoile claire et luisante
Pour aller honnêtrement, Dans la terre elle se cacha
Et chacun d'un grand courage Depeur qu'Hérode,le vieux père,
Cheminait allégrement, Ne puigs' se douter de c’la .
Tout drwè jusqu'à Jérusalem . Quand lè treu rwè furê passés
Là, ils ont fait leur entrée, L 'étoile , elle , s'est remontrée
Et là , bien gracieusement, Drwè à la port du nouveau-né;
Avec leur puissante armée. Là ell' s'est arrêtée.
4. 8.

Quand Hérode sut la nouvelle, Lè treu rwè par ôrdonanse,


Oh ! que guère i ne lui plaisait, A Bethléem sont entrés
Il eut malà sa cervelle . Ils vont trouver la Vierge enfante
Quand lè treu rwè aperswè, Et son fils Jésus mal logé.
Si les i a -t-i dmandé : Dévôtement l'ont salué
Quecherchez -vous,mesconfrères? En lui présentant par victime
Qu'est-i dit que vous cherchez ? Bien gracieusement
Ah ! dites-mwè votre pensée. Trois dons d 'un ' si grande estime.
. 5. 9.
Nous vousdemandons passage, Quand la Vierge débonnaire
Pour servir le rwè dè rwè. Aperswè ces nobles rwè,
Qui est d 'un plus grand lignage De l'honneur qu'i li vont faire
Plus que nous cent mille fwè; Elle les i d 'ha d 'un ' douc' vwè :
Car il est né nouvellement, Voilà mon Dieu ,mon créateur,
Il est au pays de Judèye, Voilà mon rwè, mon rédempteur ,
Nous le savons vrèyement, (1) Voilà ma très digne porture
En vérité, c'est au plus vrèye. Baisez-le , s'i vous agrée .
(4) Vraiment.
10 . 12.
Lè treu rwè, tous treu sages , Quand Hérode, plein demalice,
Humblement le vont baiser . En s ' voyant ainsi trompé,
De chacun le grand courage Mit son cæur à la justice
Commençait à leur manquer. Et fit comme un diabl’ déchaîné.
I lui ont fait leurs présents Fit découler les innocents
Avec le cæur plein d 'ourie [? ], Tous à la pointe de l'épée .
En pleurantbien tendrement Quand Hérode sortithors du sang,
En pleurant leur bien-aise . Son âme, elle fut damnée.
11 . 13.
[Ils] Retournaient remplis de djôy Nous prîronstous ce Dieude glwer
Mais un ang'de Dieu leur dit : Qu'il nous veuill’ turtous sauver ,
Retournez par un' aut vôy . Et nous mettre en sa mémwer,
Craindantce traître maudit, Et (tous) nos péchés pardonner ,
I-z ont pris un ' aut' chemin Afin qu'avec lè treu rwè
Pour aller à leur contrée. Notre âme au ciel fasse entrée .
Pour les rois, Jésus bénin Dansl'paradisnous puissionsvwèr
A sa seule amour donnée (1). Dieu et la Vierg' très honorée .
(Chanson communiquée par M . Delsaute , instituteur en chef à Grand
Rechain , qui la tient du vieux Rassenfosse, en sa jeunesse dîmeur du
prince-évêque de Liége (1756 - 1855 ): elle se chantait jadis dans tout le
Nord-Est de la province de Liége; nous en avons recueilli des fragments
très délabrés à Herve.)
1011. — Connaissez -vous des Noëls comme Bon djoû, vwèzèn ', dwèrmév
èko, en d'autres patois que celui de Liége, dont tous les Noëls sont publiés ?
1012. – Ne connaissez-vous pas de chansons concernant les saints et
particulièrement sainte Marguerite , saint André, sainte Marie -Madeleine,
sainte Barbe, saint Éloy, saintNicolas, etc.?
1013. La cantilène de sainte Catherine.
« Sainte Catherine fut très vénérée à Farciennes jusqu 'en ce siècle ;
elle était la patronne des jeunes filles. Le 25 novembre , jour de sa
fête, elles faisaient célébrer unemesse en son honneur. Après l'office,
une d'elles allait s'agenouiller sur les marches de son autel, qui était
celui de droite et chantait, en agitant la bannière de la sainte, un
cantique dont les premiers couplets étaient ainsi conçus :
(1) Conjecture pour : .... Jésus est très béni - Et sa.... Nous nous bornons à cette
correction aventureuse, sauf à publier ultérieurement un texte critiqne d 'après les variantes
que nous espérons recueillir.
- 77 -

Sainte Catherine Un jour dans sa prière,


Etait la fille d'un roi; Son père lui demanda :
Son père était païen , « Que fais-tu là , Catherine ?
Sa mère ne l'était pas. Catherine, que fais-tu là ? ,
Ave Maria Ave Maria
Sancta Catherina. Sancta Catherina.
« Apportez mon grand sabre
Et mon coutelas de table,
Que je tranche la tête
A cette maudite- là . »
Ave Maria
Sancta Catherina .
Les jeunes filles s'en allaient ensuite, tout en chantant leur can
tique traditionnel, collecter de porte en porte des eufs, de la farine,
du lait. Du produit de leur collecte , elles se faisaient fabriquer des
gaufres. Une jeune fille toute de blanc habillée représentait la
sainte. »
(J . Kaisin , Annales historiques de la commune de Farciennes, II, 59).
1014. Q . N 'y a-t-il pas pour les pélerinages de la région que vous habitez
certains chants consacrés,en même temps que des airs de marche spéciaux ?
1015 . A Gerpinnes (Hainaut), les pélerins se recréent des fatigues
de la route en chantant une longue complainte où est racontée toute
la vie de sainte Rolende. En voici le premier couplet :
Pélerins, accourez , N ' épargnez vos travaux,
Voisins et éloignés ; Pour procurer à vos maux
Venez tous à Gerpinnes, L 'assistance divine (1).
Q. Lesmendiants n 'ont-ils plus chez vous un répertoire spécial où figure
notamment la chanson du Mauvais riche ? Voici le début d'un certain
nombre de chants de ce genre :
1016 . A la porte d'un cabaret, – Y avait un homme fort joli, bien fait ?
1017.Lemauvais riche vient à mourrir. — Sa femmeva priersursa tombe ?

(1) La pièce lout entière composée de 42 couplets, du même type que celui que nous
venons de citer, a été éditée récemment par M . C . Quenne dans une brochure intitulée :
Gerpinnes et son pélerinage, Emile Leloup , Mont-sur-Marchienne, 1890 .
78 -

1018 . Dieu s'est habillé en pauvre, – L 'aumône a demandé ?


1019. La Sainte-Vierge pleure — Sur un tableau d'argent ?
1020. Q . Ne connaissez-vous pas de ces prières rythmées que l'on fait
réciter aux enfants à leur coucher , comme celle qui commence par ces mots :
« Quatre anges à mon chevet...))?
Chansons de circonstance . .
1021. Q . Y a-t-il des chansons spéciales aux charivaris (pêltèdj, kôrnâtch )
faits aux veufs qui se remarient, etc... ?
1022. Q . Avez -vous pour le carnaval, comme à Binche, des chansons ou
simplement certains airs traditionnels ?
1023. Q . Que chante-t-on chez vous au tirage au sort ou lors du départ
des conscrits ?
1024. Q . Aux Rois, le Mardi-Gras, le jour de la Saint-Grégoire, ou la
veille du premier mai, va-t-on encore quêter de porte en porte en se servant
de chansons appropriées ?
Chansons de métier .
1025. Q . Connaissez-vous des chansons de métier dans le genre decelle qui
suit :

1026. Chanson des cordonniers de Herve.


Les cordonniers sont pires que des évêques ;
Tous les lundis, ils en font une fête.
Tirez fort, piquez fin !
Coucher tard et lever matin.
Et le mardi, ils vont boire la chopinette.
Le mercredi, ils ontmal à leur tête
Et le jeudi, ils vont voir leurs fillettes .
Le vendredi, ils commencent la semaine.
Et le samedi, les bottes ne sont pas faites.
Le dimanche, ils vont trouver leur maître.
Leur faut l'argent, les bottes ne sont pas faites.
« Tu n 'en auras pas, si les bottes ne sont pas faites.
. - Si j'en ai pas, je vais changer de maître. »
1027. Q . Les ouvriers agricoles ont-ils des chansons spéciales qu'ils
chantent, soit en semant, soit en moissonnant, soit en menant le bétail,
- 79 -

comme, par exemple ,ce ranz des vaches recueilli à Ste Walburge (Liége) par
Bovy, Promenades historiques, Liége, 1830, I, 74 et 269.
Andantino .

dé dé à dô. Vi- né so l'tri- hê, Fé dè bon lég .


Presto .

Blan-kè- te,nell - rè- te, Djo - lėy -e, ro - djè- te. Ni bi- zé
Tempo 1º.

nin , Ri- pa- hiv bin . 0 dé dé à dô. Dmoré é kot

6 HERRERA
hê, Fé dè bon lès- sê. O dé dé â dô , ô dé dé a dô .
1028 . O dé dé â dô. Ni bizè nin ,
Viné so l trihê, Ripahiv bin .
Fé dè bon lèssê. O dé dé â dô.
Blankèt-e, neûrèt- e, Dmoré è kot'hê.
Djolèy-e, rodjet- e. Fé dè bon lèssê .
O dé dé â dô.
Chansons dramatiques.
1029. Belle Idoine.

C 'est dans la vill’ de Besan - çon , La fill' du roi est en pri- son.

'll’est ren -fer-me' de-dans la tour En oc - ca -sion de ses amours.

'll'est ren-for-mée de-dans la tour, En oc-ca -sion de ses amours,


- 80 -
1.

C est dans la vill' de Besançon,


La fill' du roi est en prison .
[E ] Il est renfermé' dedans la tour bis.
En occasion de ses amours.
2.
Au bout de six , sept ans passés
Son cher papa l’ va visiter :
« Bonjour, ma fill', comment vous va ? » l
- « Va, cher papa, ça ne va pas.
3. .
« J'aimes pieds pourris de terre
« Et mes côtés rongés de vers.
« N 'avez-vous pas ici sur vous
« Quelques louis ou quelques sous ? » { bis.
4.
- « Si da, ma fill', nous en avons
. Plus de cinq cents , mille et millions.
a Si vos amours abandonnez,
bis.
« Plus de cinq cent mill' vous aurez . »
5.
« J'aime encor ' mieux pourrir en terre
« Que de quitter à mes amours . »
· · · · · · · · · · · · ·
. . . . . . . . . . . . .
6.
Son cher amant vient à passer;
Un mot d 'écrit lui a jeté :
« Va, chère amie, te faut fair' morte
« Et te laisser ensevelir . »
7.
Voilà la belle qui est morte ,
. . . . . . . . .
bbes
Plus de cent prêt et des abbés
a. . .

Pour la conduire à St-Denis. bis.


- 81 -

8.

Son cher amant passant par là :


« Arrêtez ci, arrêtez là !
« Vous portez ma mie enterrer,
« Moi, j' la veux fair' ressusciter ! »
9.
L 'amant prit son couteau d 'or fin ,
Il décousit le drap de lin .
Chaqu’ coup de point qu'il décousait, bis.
Voyait la bell' qui souriait.
10 .
« Nous somm 's venus pour l'enterrer,
« Mais c'était pour la marier. »
« Retournez tous, prêtr 's et abbés,
« Retournez tous à St-Denis. » { bis.
11 .

L 'amant la prit sur son rousseau ,


La reconduit à son château.
. . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . . . .
(Texte reconstitué à l'aide de deux versions recueillies par M . J. Simon,
l'une à Yves-Gomezée près de Walcourt, l'autre à Nevremont près de Fosses.
Les couplets 5 , 7, 10 et 11 n 'existent que dans la seconde version .)
Q . Connaissez-vous d'autres chansons dramatiques, par exemple celles
qui suivent, dont nous ne donnons que le titre, le résumé ou quelques vers :
1033. Les trois filles du roi (– La plus jeune se réveille, — Dit : « Mes
scurs il est jour. » -- ) ?
1034. Un amoureux veut tuer un loup et atteint sa maîtresse ?
1035 . Le soldat qui revient de la guerre et trouve sa femme remariée ?
1036 . La fille du geôlier ( - Dans la ville de Besançon , - Y a -t-un pri
sonnier - ) ?
1037. La Pernette : elle veut épouser son ami Pierre : (- Qui est dans la
prison . — .... Au chemin de Saint-Jacques, – Enterrez -nous tous deux. --) ?
1038 . Le long voyage sur mer : des voyageurs sont surpris par la famine ;
le plus jeune découvre le pays natal au moment où on va le mettre à mort ?
- 82 -
1039. Jean Renaud ?
1040. Lemari meurtrier ou les femmes de Rennui ?
1041. C'est sur le pont du Nord...(A Houffalize :...surle pont de Nantes...)?
1042. La fille du garde ( - Elle fit trois jours la morte, – Pour garder
son honneur. - ) ?
1043. La jeune fille qui remplace son père ou son amant à la guerre?
1044 . La biche blanche (- Celles qui vont au bois, – C 'est la mère et la
fille. - ).
1045. Germine : bague partagée, signe de reconnaissance entre mari et
femme séparés ?
1046. Clotilde maltraitée par son mari et vengée par ses frères ?
1047. La nourrice du roi : l'enfant qui lui est confié, périt et revient à la
vie pour la disculper ?
1048. La fille séduite (- Si je rentre chez moi, je suis fille perdue, – si
je le jette dans l'eau, je suis fille damnée. - ) ?
1049. La jeune fille enlevée (- Sa mère la peignait avec un peigne
d 'argent. - ) ?
1050 . Le déserteur ?
1051. Joli tambour revenant de la guerre... ?
1052. La jeune fille forcée d'entrer au couvent?
1053. Le roiavait une fille à marier, – A un Anglais l'avait donnée... - ?
1054. La mère qui ressuscite pour consoler ses orphelins ?
1055. La fille assassinée par trois compagnons ?
1056. La porcheronne : femmemaltraitée par sa belle-mère et qui rentre en
honneur au retour du mari. (A qui lairrai-je ma femme, — Ma pauv' femme
à garder) ?
1057. La triste noce : une jeune fille forcée d'épouser un homme qu'elle
n'aime pas,meurt pendant le bal aux bras de son amant?
Chansons d'amour.
1058. Louison .
13
.

Lou- i- son , em -barquons- nous, Ilnous faut faire un voyag'sur


poco rall. A lempo .

me- r(e). Il n'y a rien de si beau Que de faire


- 83 -

un voyag' sur l'eau. J'emball' là ce qu'ilme faut,Mon corde


ad

.
chasse etmon manteau . Hélas ! grand Dieu, ché- re Loui

son, Prends ton pa- quet, nous par-ti- rons.


1.
Louison, embarquons-nous,
Il nous faut faire un voyage sur mer (e).
Il n 'y a rien de si beau
Que de faire un voyag' sur l'eau.
J'emball' là ce qu 'il me faut,
Mon cor de chasse et mon manteau.
Hélas ! grand Dieu, chère Louison ,
Prends ton paquet, nous partirons.
2.
Cher amant, épouse -moi,
Toi qui connais si bien ma misère.
Être bientôt dans l'embarras
Avec un enfant sur les bras.
Partout on le saurait-z-à moi,
Chacun me montrera -z-au doigt.
Hélas ! grand Dieu ! on regrettera
Le nom de la belle Louison .

Elle m 'a récrit ses amours


Etmoi je lui renvoie les miennes.
Je dis plus de cent fois le jour :
Louison , je t'aim 'rai toujours.
Ah ! si mon sort est engagé,
Tu ne risqu's rien de t' embarquer .
Hélas grand Dieu ! chère Louison,
Prends ton paquet, nous partirons.
- 84 -

Pour m 'embarquer je ne veux pas,


Moi qui connais si bien la mer (e),
Et quand la mer est en colère
C 'est encore pire que Lucifer.
Si le vaisseau tombait-z -au fond,
Nous serions mangés du poisson .
Eh ! non, non, non, je n 'm 'embarque pas,
Je veux mourir sans embarras.
(Chanté à M . O . Colson par Joseph Moureaux, 75 ans, de Mazy, près
Gembloux.)
Q . Connaissez-vous les chansons d'amour dont voici soit le sujet, soit le
titre, soit quelques vers :
1059. Château d'amour : lámant fait saluer sa maîtresse par un oiseau
messager ( - S 'il était venu lui-même, -- Il n 'eût pas perdu sa peine. - ) ?
1060. Tombée dans la fontaine ?
1061. Une bergère refuse l'amour d'un seigneur ( - J'aimemieux mon
berger - ) ?
1062. Une meunière accepte l'amour d'un chasseur (- Pour obéir vos
attraits – Mon beau moulin , je le quitterai. --) ?
1063. Jeune fille demandantun mari à ses parents ?
1064. Hier au soir j'ai tant dansé...?
1065 . Les trois amoureux ?
1066. Il est revenu mon loyalami... ?
1067. Mon père m 'a fait bâtir maison... ?
1068. Cécilia ( - Mon père n 'avait d'enfant que moi — ) ?
1069. Le berger timide ?
1070. J'ai rencontré trois capitaines...?
1071. Les gants ( - Ne les portez, belle, — Que trois fois par an - ) ?
1072. Les trois jolies filles ( – C 'est à Paris la grand'yille, – Qu'il y a
trois jolies filles - ) ?
1073. J'ai rencontré 'n ' femm ' (fille) quidormait... ?
1074. Une jeune fille se console en contantdes peines à l'oiseau ?
1075. La brebis sauvée : le berger demande un baiser commerécompense ?
1076. La bergère trop jeune?
1077. La jeune fille interrogeant chacun des siens au sujet de son amant ?
1078 . Le berger complaisant?
- 85 -
1079 . Portrait de ma maîtresse ?
1080 . La jeune fille battue par sa mère pour un amoureux ?
1081. Je me ferai nonne, – Si on neme donne pas un amant... – ?
1082. La jeune fille sans amant ?
1083. La jeune fille qui a un amant à son gré ?
1084 . La jeune fille à la fontaine ( - Les cerfs on troublé l'eau... - ) ?
1085. La jeune fille au pélerinage ?
1086. La jeune fille à la foire ?
1087. La jeune fille voulant aller au bal ?
1088. L'amant qui se morfond sous les fenêtres de sa maîtresse ?
1089 L'amant qui part pour la guerre ?
1090 . L'amant qui se noie en recherchant l'anneau de sa maîtresse ?
1091. Le retour de l'amant ?
1092. Les amants réconciliés ?
1093 . L 'épouse résignée et patiente cherchant à conquérir l'affection de son
mari ?
1094. Les dix soupirants ?
1095. Rossignol des verts bocages... ?
1096. L'y a-t-un coffre de for, — Où mon cour est enfermé.... ?
Chansons plaisantes .
1097. C' est à Paris qu'est une dame...

C 'est à Pa - ris qu'est unė dam ' Nouvell'mentma-a - ri- é',

Ella u - nė- è ser-vanté pour la ·ser-vir Qui s'en veut

êt commeles dam 's,encor' de plus.


1. . 2.
C 'est à Paris qu'est une dam ' Ell s'en va chez l'apothicair'.
Nouvell’ment ma-arié' « Monsieur,vendez -vous du fard ?
Ell' a unė-è servante A combien vendez-vous l'once ? »
Pour la servir « A deux écus. »
Qui s'en veut êt' comme les dam ’s i « Oh !donnez -mwè z un' demi- onc'
Encor' de plus. Pour un écu . »
86 -

3. 4.

. . . . . . . . . Le lendemain , la bell' sè lèv'


. . . . . . . . . Ell' s'habill' bien proprement,
Lè soir , à la chandelle , Ell'met sa robe blanch' et
Barbouillez-vous. Ses beaux souliers
Le lendemain vous serez bell' Et s'en va fair ' un tour en vill’
Commè lè jour. Sans se mirer.

Ell' retourn ' chez l'apothicair'


Monsieur,qu'm 'avez -vousvendu ?
Je vous ai vendu du noir(è)
Pour vos souliers.
N 'appartient point à une fill'
Dè sé farder !
(Chanté par une vieille servante de Hannut, née vers 1815 .)
Q. Connaissez-vous les chansons plaisantes dont voici le titre, le sujet ou
quelques vers ?
1098 . Le petit mari?
1099. La petite lingère ?
1100. L 'âne de Marion ?
1101. Le galant (curé ou moine) dépouillé ?
1102. Le moine et les trois fillettes ?
1103 . Le voyageur payant l’hôtesse en baisers ?
1104. Mon père m 'avait fait faire un petit fusil... ?
1105. La vieille ( - Il lui r'garda dans la bouche, — Ell' n 'avait plus que
trois dents - ) ?
1106. Lemalmarié (en mai — Quand on entend le coucou — ) ?
1107. La femme à vendre ( – Je suis soûl de ma femme – ) ?
1108. La veuve vite consolée ?
1109. Les trois commères ?
1110 . Le mari peu respecté ?
1111. La femme surprise par son mari ?
1112. Le vieux jaloux ?
1113 . Ennuis du mariage (- L'année ne sera pas finie , – Qu'sansdoute
elle aura un enfant - ) ??
1114 . La chèvre (ou la vache) au tribunal?
1115 . Les quiproquos ( – J'ai passé par une église --) ?
1116. Miper s’apleu Pyèro – È mimér s'astè Djèn '... ?
- 87 —

Rondes .
La plupart des thèmes qui précédent se retrouvent également sous forme
de rondes enfantines. En voici une à titre d 'exemple :
1117 . Bonjour, madamela Rose.

Bonjour,bonjour, Madam ' la Ros', Avec vos beaux é-chan-til

lons. Je fais trois tours de barba- ron Pour avoir votre fille en don.
Bonjour , bonjour, madame la Rose,
Avec vos beaux échantillons,
Je fais trois tours de barbaron
Pour avoir votre fille en don (1).
- Ni vous ni d 'autr's n'auront ma fille .
Après ma fille, que m ' donn'rez -vous ?
- Un million d'or, n'est-ce pas assez ?
– Tournez vot' cul, si v 's en allez.
- Mon Dieu, mon Dieu, que faut-il faire ?
Un' si bell' fille à marier,
Faut-il encore y retourner
Pour savoir -e sa volonté ?
- Bonjour.....
- Ni vous......
Deux millions d 'or n'est-ce pas assez ?
- Tournez vot cul, si v's en allez.
La ronde continue de la mêmemanière; le soliste offre trois millions d 'or,
une robe d 'or ou d 'autres objets précieux, jusqu'à ce que la mère consente à
céder sa fille.
Q . Connaissez -vous les rondes dont voici le début :
1118 . Madam ', vot’ fill'n 'a plus d 'bras ?
1119. Où allez-vous petite boîteuse ?

(1) Var : fille Suzon (Voltem ), fille Anon et fille en or (Herve).


- 88 –
1120 . Ama, Ama, à deux genoux ?
1121. Ah !mon beau château ?
1122. La Tour, prends garde ?
1123. Qui est-ce qui passe ici sur terre ?
1124. Ah ! rendez -moi ma fille ?
1125. Rossignol, réveille, réveille ?
1126 . Pierre l'ermite ,savez-vous danser ?
1127. J'ai-t-un long voyage à faire, — Je ne sais qui le fera ? .
1128. Quand le p'tit bossu s'en va-t-à l'eau ?
1129. Nous étions trois seurettes, – Toutes trois à marier ?
1130 . La reine, la reine avait mal à la tête ?
1131. Din l' djardin di m ' matante Bârb , - savé bé su ki gn 'a ?
1132. J'aiperdu mon p'tit page ?
1133. Ah ! j'ai perdu ma fille – Dans le jardin du Roi ?
1134. Pauvre , pauvre que je suis ?
1135. Ah ! toutes ces belles filles ... – Ne saurait-on les voir ?
1136. J'ai tant de fill' à marier... – Laquelle marierons- nous ?

X . – Sorcellerie, Magie et Divination.


Les Sorciers et à quoi on les reconnaît.
1137. Le sorcier s'appelle en wallon makre, équivalent pour la
formedu français « maquereau » . On lui donne aussiles noms de
dvinell « devineur » (pays de Charleroy), égrimansyin , grimanchin ,
groumanchin , groumansyin et autres déformations du français
« nécromamien » (prov . de Liége). La sorcière porte le nom de
makral, équivalent pour la formedu français « maquerelle » .
1138. Q . Leur connaissez-vous d'autres noms ?
1139. Toute vieille femme aus paupières rougies, aux joues
flasques et pendantes, aux allures un peu excentriques, est toujours
considérée comme plus ou moins sorcière.
1140. Autrefois, les sages-femmes passaient souvent pour sor
cières. Aujourd'hui, on ne fait plus guère cette réputation qu'aux
vieilles mendiantes , auxquelles on donne dans les campagnes, plus
souvent par crainte que par charité.
- 89 –

1141. La fille aînée d 'une sorcière devient sorcière à la mort de


sa mère, le pouvoir passant comme un héritage à l'aîné des enfants
(pays de Laroche).
1142. On voit le soir sortir une petite flamme bleue de la chemi
née d'une maison habitée par une sorcière (Vierset-Barse ).
1143. Un sorcier ou une sorcière a des poils à la plante des pieds.
1144. Q . Les sorcières peuvent-elles pleurer ?
1145. Q . Les sorcières et les sorciers portent-ils sur la peau, quelque part,
un signe mystérieux ? - D 'où vient cette marque ? — Quelle est sa forme ?
1146. Q . Comment les sorcières s'appellent-elles entre elles ?
1147. Q . Quels sont les autres indices auxquels on prétend reconnaître
chez vous les sorciers et les sorcières ?
1148. Les sorcières à l'église tournent toutes le dos à l'autel. Le
curé, seul, peut s'en apercevoir lorsqu 'il se retourne pour dire
orate fratres ou dominus vobiscum . Les autres assistants ne peuvent
le remarquer qu'à la condition d'avoir en poche de la terre bénite,
c 'est-à - dire de la terre de la première pelletée que le prêtre jette
dans la fosse à un enterrement.
1149. Presque partout, on raconte que des jeunes gens ont
reconnu les sorcières de la localité en semant, un dimanche pendant
la messe, sur le seuil de l' église , une traînée de terre bénite . A la
fin de la messe, six ou sept sorcières ne purent franchir cette ligne
magique. Le sacristain eut beau leur ordonner de sortir. Il fallut
appeler le curé qui fit enlever la terre. Dans plusieurs villages, on
commence par dire que le moyen fut employé par un jeune homme
qui acquit ainsi la preuve que la jeune fille qu 'il allait épouser
était une des sorcières du village.
1150. Si l'on soupçonne un mendiant d' être sorcier, il faut lui
présenter un sou qui a été trempé dans l'eau bénite. S'il est sorcier,
il ne le prendra pas (Herve).
1151. On place sur le chemin de la personne suspecte deux fétus
de paille en croix. Elle ne pourra passer au delà , si elle est réelle
ment sorcière.
1152. Pour savoir si une personne suspecte est réellement sor
cière, on place sur une chaise deux allumettes en croix. Sitôt qu' elle
y est assise, elle s 'empresse de se lever, mais la chaise reste attachée
à elle pendant quelques secondes (Mazy, près de Gembloux).
1153. Q . Connaissez -vousdes moyens analogues ?
1154. Q . Que dit-on qu 'on remarque lorsqu'on veille le corps d'une per
sonne suspecte de sorcellerie ?

Pacte.
1154 bis. Pour entrer en relations avec le diable, il faut aller la
nuit, porteur d 'une poule noire, dans un carrefour. Un homme, qui
est le diable, se présente, marchande la poule, puis l'achète en
donnant au vendeur ce qu 'il désire.
1155. Q . Comment raconte-t-on d'ordinaire la scènequise passe alors ?
1156. Q . Quel jour doit avoir lieu l'entrevue ?
1157. Q . Parle -t-on d'autres moyens d 'entrer en relations avec le diable ?
1158. Q . Quelles sont les conditions des pactes que l'on fait avec lui ?
Que promet l'homme ? Que reçoit-il ? Que luiimpose-t-on ? Le contrat est- il
signé ?
1159. Le pacte est fait pour une durée de sept ans.
1160. Q . L 'homme peut-il se libérer avant l'époque convenue ?
1161. Les yeux du sorcier changent de couleur à partir du moment
où il a conclu le pacte avec le diable (Huy).
1162. Q . Est-ce tout ce qui lui arrive ?
Métamorphoses des sorciers.
1163. Les sorciers et les sorcières ont la faculté de se changer en
animaux, notamment en chat, chien, loup, chèvre, dindon, lièvre, tau
reau et crapaud.
1164 . Q. Peuvent-ils aussi se rendre invisibles ?
1165 . Q . Le pouvoir de se métamorphoser dépend-il d'un objet que le
sorcier doit porter sur lui ?
1166. Le loup-garou s'appelle leû warou (prov. de Liége), dyal
lèwèrou (Herve), tché a tchin -n ' « chien à chaînes » (pays de Char
leroi).
1167.Dans le pays de Charleroi,on se le figure commeun « chien
de taille monstrueuse, aux yeux grands et étincelants. Le monstre
trotte lentement autour du voyageur en produisant un cliquetis sem
blable à un froissement de chaînes. » ( J . Lemoine dans la Gazette
de Charleroi, 2 déc . 1890.)
- 91 -

1168. Q . Dit-on comment il s'y prend pour crier ?


1169. Q . Comment doit être fait un bâton pour qu'il puisse servir contre
un loup-garou ou autre bête de ce genre ?
1170. On fait presque partout le récit suivant: Un matin , un jeune
marié quitta sa femme. A peine était-il sorti de la maison qu'un loup
y pénétra et se jeta sur la jeune femme, sans toutefois la blesser et
en se contentant de luimettre en pièces son tablier. Quelques instants
après que le loup eut quitté la maison , le mari rentra . Sa femme
qui le soupçonnait de sorcellerie, ne lui dit rien de ce qui était
arrivé. Elle l'attira à elle et lui prit la tête sur son giron sous
prétexte de lui chercher ses poux. Elle fut vite persuadée qu'elle
ne se trompait pas. Son mari ayant ouvert la bouche, elle vit dans
ses dents des morceaux de son tablier. (Légères variantes dans quel
ques localités : amoureux au lieu d 'époux, bois au lieu de maison ,
chien noir au lieu de loup,mouchoir au lieu de tablier .)
1171. Q . Le sorcier est-il obligé par son pacte de se transformer en ani
malà certains jours et reçoit-il du diable une récompense ou une punition,
suivant la manière dont il se conduit ?
1172. Q . Croit-on que le loup-garou et les autres animaux de ce genre
choisissent les gens auxquels ils s'attaquent ? Dit-on pourquoi?
1173. La blessure faite au sorcier sous sa forme animale reparaît
à la place correspondante quand il a repris sa forme humaine. On
raconte , dans chaque village, une foule de récits semblables aux
deux qui suivent:
1174. Un homme de Vottem voyait tous les jours à la soirée un
crapaud qui venait faire le tour de la chambre, puis disparaissait.
Un soir, il le prit sur la pelle à feu et le jeta dans l'âtre;mais le
crapaud s'élança hors des flammes et disparut à l'instant. Un moment
après, la belle-mère de cet homme entra, et l'on vit qu' elle avait la
figure brûlée .
1175 . Une servante , chargée de frotter de graisse les souliers de
la ferme, commença par les siens. En trempant le torchon dont elle
se servait dans la graisse encore chaude, elle se brûla et le chat qui
était près du feu, lui dit : « Cela t'apprendra à commencer par tes
souliers. » Furieuse, elle lui jeta sur le museau la canette de graisse
bouillante. Le lendemain, la voisine avait la figure brûlée. (Laroche.)
- 92 -

1176. Le loup-garou, blessé « à sang coulant » , reprend à l'in


stant la forme humaine.
1177. Q . Est-il délivré de ses engagements vis -à -vis du diable à partir
de ce moment ?
1178 . Q . Qu'arrive-t-il à celui qui l'a blessé ?
Cauchemar.
1179. On attribue le cauchemar à un sorcier ,plus souvent à une
sorcière qui vient, ordinairement sous forme animale, s'étendre sur
la poitrine du dormeur.
1180. On l'appelle li tchôkmark , li tchôdmark, li mark (mots
féminins, sauf dans la formulette de 1187). Avoir le cauchemar, c 'est
être tchôké (pays de Charleroi).
1181. Q . Lui connaissez -vous d'autres noms ?
1182. Une femme de Laroche a raconté qu'une nuit,ayant le cau
chemar, elle secoua les couvertures du lit ; un gros mouton tomba
à terre, mais disparut à l'instant.
1183. Pour être préservé du cauchemar, il faut, en se couchant,
déposer ses souliers, les talons dirigés vers le lit, ou l'un dans un
sens et l'autre dans l'autre (ponť è mak). La croyance générale est
que la mark ne peut monter sur le lit qu'après avoir chaussé les
souliers et qu 'on l'empêche de le faire en ne les plaçant pas dans
leur position normale .
1184 . Autre moyen : un silex perforé naturellement placé sous le
coussin (Famenne) ou pendu à un clou par une ficelle au-dessus de
la porte d 'entrée (province de Liége).
1185. Q . Connaissez-vous d 'autres moyens de s'en préserver, par exemple ,
une prière spéciale ?
1186 . Pour reconnaître le sorcier ou la sorcière qui cause le
cauchemar, il faut s'endormir en tenant debout sur la poitrine un
couteau bien affilé, la pointe en haut. On reconnaît le lendemain le
sorcier à la blessure (cf. 1173).
1187. A Laroche, pour savoir si l'on est « tenu d' une mark » , on
place un couteau dans un mouchoir plié dans le sens de la diagonale,
de manière à laisser le couteau au fond , entre les deux triangles ainsi
formés. On roule alors le triangle d 'étoffe autour du couteau qui lui
- 93 -

sert de base , puis on dit : è s' ki dj' è l'mark â lodjis' adjoârdu ?


S'ili-yè, k è nn' è vay pu lon ! « Est-ce que j'ai le mark au logis
aujourd'hui? S'il y est, qu 'il s'en aille plus loin ! ». On retire alors
rapidement le mouchoir par les deux coins. Il se déroule, et suivant
le sens dans lequel on a pris les coins, le couteau tombe ou reste
dans le mouchoir. S 'il tombe, c'est signe qu'il n'y a pas de mark ;
c' est signe contraire, s'il reste . A Milmort, on emploie le même
procédé de divination pour savoir si une personne soupçonnée
est réellement celle qui vous torture. Les suppositions sont jugées
exactes, si le couteau tombe.
1188. On dit que les chevaux sont « possédés du démon » ou ont
le cauchemar (on l' mark) lorsqu'ils s'agitent la nuit et qu'on les
trouve le matin trempés de sueur, les crins mêlés et comme tressés.
1189. Il ne faut pas peigner la crinière tressée d'un cheval qui a
le cauchemar ; sinon, on en mourrait (Sinsin ).
Sabbat.
1190. Q . A quelle époque de l'année croit-on que les sorciers et sorcières se
réunissent (von -t a l’dans' « vont à la danse » ou a l' sîz « à la soirée » ) ?
1191. On croit que leurs réunions ont toujours lieu un vendredi
soir et les amoureux évitent souvent de se fixer des rendez-vous
pour cette soirée, réservée, disent-ils, aux hantrèy dè makrê avou lè
makral « aux amours des sorciers et des sorcières » (Liége).
1192 . Q . Dit-on comment les sorciers et les sorcières sont convoqués
au sabbat ?
1193. On croit que, pour se rendre au sabbat, les sorcières doivent
s 'oindre les jointures (lè djonteûr è lè ployan ) avec un onguent.
1194. Q . Dit-on de quoi, herbes, graisses, etc. cet onguent serait
composé ?
1195 . Q . Que doivent-ils de plus faire et dire pour se rendre au sabbat ?
1196 . Une sorcière mariée qui désire se rendre au sabbat sans que
son mari s'aperçoive de sa disparition , met dans le lit à sa place un
balai qui prend sa forme et ses traits (St-Hubert ).
1197. Les sorcières se rendent au sabbat en chậur au son du vio
lon dont on entend la « belle musique » dans les airs entre minuit
et deux heures dumatin .
- 94 -

1198 . Q . Que font les sorciers et les sorcières au sabbat ?


1199. Q . Qu'y chantent-t -ils ?
1200. Q . De quels instruments de musique y jouent-t-ils ?
1201. Q . Ne connaissez-vous pas d'histoires de gens qui n'étaient pas
sorciers et qui sont allés au sabbat ? par exemple, celle du paysan qui y
accompagna sa femme et qui y demanda du sel.
1202. Q . Que raconte-t-on sur les amours des sorciers et des sorcières ou
des sorcières et du diable ?
1203. Dans plusieurs cantons, il y a un terrain que l'on appelle
tchan dèmakral « champ des sorcières » . C 'est le cas près de Re
mouchamps, près de Tongres, près de la Gileppe et près de Grand
Halleux .
1204 . Q . En connaissez- vous d'autres et qu'en dit-on ?
1205 . Q. Ces champs n'ont-ils rien de particulier ? par exemple, une
pierre extraordinaire.
Tours des sorciers.
1206 . Le sorcier, ou la sorcière, peut faire un orage en gesticulant
avec les mains d'une certainemanière, ce qui s'appelle bať lè walèy
« battre les averses - (Laroche). .
1207. Lorsque l'on cuit les boudins, on croit qu'un sorcier peut,
par sa magie, les faire sortir de la marmite (fé monté lè trip ), passer
par la cheminée et traverser l'air, invisibles, pour tomber dans ses
mains.
1208. Q. Comment le sorcier doit-il s'y prendre pour « faire monter les
tripes » ?
1209. Pour se préserver de sa magie , les femmes mettent une
croix de paille sur la marmite (Grivegnée).
1210. Q. Parle-t-on d'un autre moyen ?
1211. On raconte à Laroche l'histoire d 'une fille qui, étant en
train d'arracher les pommes de terre avec d'autres, fut tout à coup
enchantée et se mit à courir, courir, jusqu'à ce qu'un témoin du fait
l'eût désenchantée en la tirant par les cordons de son tablier .
1212 . Q . Les sorciers volent-ils le beurre ? Que fait-on pour les en em
pêcher ?
1213. Q . Comment font-ils perdre le chemin et que fait-on pour le
retrouver ?
1214 . Q . Si vous connaissez d'autres tours, dites comment ils les font et
comment on s'en préserve ?
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1215 . Presque partout, les tours dont on croit les sorciers capables
sont attribués en bloc å un berger que les vieillards disent, soit avoir
connu eux-mêmes dans leur jeunesse, soit avoir été connu de leur
père. Dans le pays de Theux, par exemple , ce berger demi-légen
daire est nommé Bryèmon. Dans la plupart des autres villages de la
province de Liège, on l'appelle Bèlem . On lui attribue notamment
les tours qui suivent :
1216. Un jour, une jeune fille passa devant lui sans le saluer. Il
lui envoya à l'instant des milliers de poux. La jeune fille dut revenir
sur ses pas et demander grâce pour en être délivrée.
1217. Pour amuser les enfants, il faisait courir dans une chambre
ou autour d 'une motte de terre de tout petits chevaux en chair et
en os.
1218 . Quand il savait qu'une nouvelle tonne de bière était
arrivée dans une maison , il se coupait une canne en forme de crosse
et la fichait en terre. A son commandement, la bière se mettait à
couler du bout de la crosse et il faisait boire les petits garçons qui
l'accompagnaient aux champs.
1219 . Q . Avez-vous entendu parler de sorciers légendaires de ce genre et
que leur attribue-t-on de plus ?
1220. Les individus qui passent pour sorciers, possèdent presque
tous de petits livres populaires de magie qu'ils conservent comme des
talismans.Les plus connus ici sont notamment : Les æuvres magiques
d' Henri-Corneille Agrippa mises en français par Pierre d 'Aban
(appelé lîf d 'agrifa , lîf ûgrafa ), Le trésor du vieillard des Pyramides ,
Le grimoire du Pape Honorius, l' Enchiridion Leonis Papae, Les
clavicules de Salomon . Nous n 'en connaissons plusieurs que par le
titre. Ces petits livres deviennent très rares et nous serons heureux
de recevoir à leur sujet des renseignements qui nous permettraient
d 'en réunir sans trop de frais une collection assez
assez (complète pour
notre bibliothèque.
Tours des sorcières et moyens préventifs d' y échapper .
1221. Quand on est en présence d'une sorcière, on se garantit de
tout maléfice en retournant son bonnet ou sa poche (Louveigne), en
- 96 -

disant trois fois en se frappant la poitrine : et verbum caro factumz


est et habitavit in nobis (Laroche).
1222. Q . Connaissez-vous d'autres gestes ou paroles ?
1223. En parlant d'une personne suspecte , on doit nommer le jour
courant ; par exemple , on dira, le dimanche : No- èstan oủy dimègn',
kil' bon Dju no sègn' è no-e è prézèrf! « Nous sommes aujourd 'hui
dimanche, que le bon Dieu nous bénisse et nous en préserve ! » ; c'est
surtout le vendredi, - djoû dè makral « jour des sorcières » – , qu 'il
faut se garder d 'oublier cette formule.
1224. Une sorcière peut jeter un sort en touchant; par exemple ,
faire avorter une femme ou un animal par simple application de la
main (Stavelot). Pour se garantir des conséquences de son attou
chement, il faut placer le poing fermé à un endroit de son corps plus
élevé que celui où elle vous a atteint (fé pogn ' hô, Liége), la toucher
à l'endroit de son corps correspondant (Laroche).
1225. On croit que les sorcières peuvent jeter des sorts par leurs
baisers, surtout aux enfants.
1226 . Q . Donnent-elles ces baisersd'une manière particulière ?
1227. Q . Comment peut-on se garantir des sorts que les sorcières jettent
par leurs baisers ?
1228 . Pour préserver le bétail de tout sortilège, on suspend dans
l' étable un silex troué naturellement ou deux briques en croix .
1229. Q . Pend-on dans le même but des squelettes d'animaux ?
1230. Pour empêcher une prétendue sorcière ou une personne
soupçonnée de l' être, d 'entrer dans une maison , on fait une croix avec
du beurre au -dessus de la porte , ou à la craie sur le seuil, ou l'on y
place deux balais en croix , ou l'on cache un crucifix sous une pierre
du seuil, ou l'on y répand du sel ou de l'eau bénite .
1231. Pour empêcher la même personne de sortir , on place,
manche en bas, derrière la porte, un balai dont on n 'a pas encore
taillé les pointes (Laroche).
1232. A Rocour,quand une femme réputée sorcière est venue chez
vous, on dit qu'il faut asperger par la diagonale les quatre coins de
la chambre avec de l'eau bénite , en disant :
Va-z è mâl byès', « Va-t-en, mauvaise bête ,
Dji t'broûl li tyès'. Je te brûle la tête . » .
(*) Variante : kop « coupe ».
- 97 -

1233. On ne donne jamais certaines choses, comme du lait ou un


morceau de pain , à une personne que l'on croit capable de s'en servir
pour vous jeter un sort, sans exiger en retour un centime ou quelque
petit objet.
1234. On recommande aux enfants de ne pas recevoir de gâteaux
ou autres friandises qu'une femme qu'ils ne connaissent pas leur
offrirait, ou s'ils les acceptent, de les jeter par dessus l'épaule.
1235. Quand une personne suspecte de sorcellerie vous donne une
pièce de monnaie, il faut la serrer entre les dents ; sinon, elle pourrait
retourner au sorcier en compagnie des pièces qu'elle toucherait.
1236. Une sorcière peut jeter un sort à un animal ou à un enfant,
le rendre malade ou le faire périr, en faisant son éloge, en disant
qu'il est beau; qu'il est bien portant, etc .
1237. Q. Comment peut-on se garantir de l'effet de ces éloges ?
1238 . Une sorcière peut, en caressant la tête d'un enfant, le
faire pleurer , lui déformer les traits, lui couvrir le visage de vermine.
1239. Une sorcière peut, en regardant un enfant, le faire tomber
à l'instant de convulsions ou le faire dépérir .
1240. On croit qu 'une sorcière peut jeter un sort à quelqu'un au
moyen d 'une mèche de ses cheveux, par exemple, en mettant ces
cheveux dans un muf (Laroche). Pour ne pas s'exposer à être
ensorcelé, il ne faut pas laisser traîner les cheveux que l'on s'est fait
couper ,mais les brûler ou bien cracher ou souffler dessus avant de
les jeter.
1241. Q . Quels objets doit-on porter sur soi pour ne pas être victime de
sorts (èmakralé) ?
1242. Q . Pour écarter les mauvais sorts , dessine-t-on d 'autres signes
géométriques que la croix , par exemple, une espèce ou l'autre de zig -zag ?
1243. Q . Y a -t-ildes personnes sur lesquelles les sorts n 'ont pas d 'action ?
- Dit- on pourquoi?
Exorcismes.

1244. Pour détruire un mauvais sort, on va souvent consulter un


sorcier ou une sorcière que l'on croit plus fort en magie que celui ou
celle qui a jeté le sort. La principale occupation des sorciers consiste
même à détruire les sorts jetés par les sorcières. La plupart des
- 98 -

exorcismes opérés par les sorciers sont sur le type suivant, dont nous
soulignons les traits les plus généraux.
1245. “ A Gilly, vivait une jeune femme nommée Joséphine
Decoene. Elle était presque entièrement paralysée des jambes par
suite , disait-elle, d 'un mauvais sort qui lui avait été jeté.Elle fit venir
le dvinell . L 'homme arriva un jour, à minuit. Il fit allumer deux
quinquets et il les plaça sur la table, dans la chambre de la malade,
au rez-de-chaussée de la demeure. Entre les deux lampes, il ouvrit
un énorme livre comme ceux avec lesquels le prêtre « dit la messe » .
Il se mit alors à lire dans son bouquin en gesticulant violemment et
en disant de temps en temps : « Sorcière, venez, arrivez » . Lemari,
près de la porte , unehache en main , attendait.« Levez-vous» , ordonna
le sorcier tout en nage, à la patiente. Celle-ci , effrayée , sait qu'à ce
moment elle se leva sans aucun secours et marcha, ce qu 'elle n 'avait
plus fait depuis longtemps. Mais peu après, ses forces l'abandonnèrent
et on fut obligé de la remettre au lit. Sur ces entrefaites, le sorcier
était parti afin de fabriquer une sorcière de loques et de la brûler. ,
(Lemoine, dans Gazette de Charleroi, 7 nov. 1890.)
1246. Pour être délivré d 'un sortilège, spécialement en cas de
cauchemar, il faut uriner dans une bouteille neuve, la boucher d'un
bouchon neuf et la suspendre avec une ficelle dans la cheminée. On
ajoute, dans l'Entre-Sambre-et-Meuse, que l'on doit faire dire par un
dvineû les « mots qu'il faut » sur la bouteille d 'urine. L 'auteur du
maléfice , à partir de ce moment, ne peut plus uriner, il enfle et doit
venir, dans les 24 heures, demander que l'on débouche la bouteille,
en promettant de ne plus vous faire souffrir . On ajoute, dans l'Entre
Sambre- et-Meuse , que si l'on perd la bouteille de vue, le sorcier
viendra la déboucher et qu'alors , c 'est le patient qui périra.
1247. Autre moyen : Se procurer de l'urine de la personne soup
çonnée, la verser dans un vase de terre neuf et mettre celui-ci près
du feu. Sitôt que le liquide s' échauffe, la sorcière ressent des douleurs
atroces et accourt demander grâce et reprendre le sort (Gembloux).
Même rite à Laroche, sauf que c'est la victime qui urine dans un baril
neuf, le bouche et que la sorcière vient demander qu'on le débouche.
1248. Pour forcer une sorcière à défaire ses charmes, on prend
un cour d'animal, et on y pique de minuit jusqu'au lendemain à mi
nuit des milliers d'épingles. La sorcière en est torturée comme si on
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piquait ces épingles dans son propre cour et vient implorer son
pardon (Laroche).
1249. Une sorcière peut défaire ses charmes en répétant en sens
inverse les gestes qu'elle a employés pour les produire.
1250. Il y a quelques dizaines d'années (1), lorsqu'une épidémie
éclatait dans une étable , on la croyait l'ouvre d'un sorcier : on v-z a
djowé on toûr « on vous a joué un tour " , disait-on au fermier.
Après avoir presque toujours fait dire des prières par le curé dans
l'étable même, on la dépavait pendant la nuit pour rechercher le
porte-malheur (l'awyon ) déposé par le sorcier. L 'on raconte, ici, que
c'était une torchette de cheveux ou une corne cachée sous un pavé,
là , que c'était une pelotte d'épingles qui se réfugiait de pavé en
pavé, au fur et à mesure que l'on avançait et que l'on saisit lorsque
l'on arriva à la muraille. Plus souvent, c'était un crapaud qui se
cachait sous la pierre du seuil et qui n 'était autre que le sorcier lui
même venant la nuit, sous cette forme, causer tout le mal et l'on a tué
le crapaud.
1251. Q . Par quels moyens purifie-t-on l'étable ?

Magie populaire et enfantine.


1252. Q . Les enfants emploient-ils dans leurs jeux des signes, gestes et
formulettes, pour porter malheur à leurs adversaires ? Exemples :
1253. L ' enfant crache à terre en disant à son adversaire : Dju
rètch po k'tu n 'gan-gn' nin « je crache pour que tu ne gagnes pas »
(Ensival).
1254. A Liége, l'enfant dit à son adversaire :
Dji v -x èstchant « Je vous enchante
D 'in 'makral toť b 'ank, D 'une sorcière toute blanche,
D 'on poursê singlé , D 'un cochon -sanglier,
Po v-z èmakralė Pour vous ensorceler. »
(Defrecheux, Enfantines, no 25 , var. : Vo vla -st èstchanté « Vous voilà
ensorcelé ».)
1255 . En distribuant les cartes, on dit en les donnant à ses adver
saires : kreû dè dyal « croix du diable » , et à ses partenaires : kreâ
dè bon Dju « croix du bon Dieu » (Herye).
(9 ) Aucun des nombreux récits que nous avons recueillis , ne présente les faits comme
récents , Cela vient surtout de ce que les paysans qui les racontent, ne veulent plus paraitre
y croire.
-- 100 -

1256. Au jeu de billes, si un joueur voit qu'on vise sa bille, il fait


sur la terre au-devant une croix en disant, à Sinsin : kreû dè dyâl,
Mariy vèssèť ; à Herve : kreû dè dyal, Marêy l'èstantch « croix du
diable , Marie l'arrête » . Il est probable que les trois derniers mots
étaient à l'origine dits par l'adversaire pour conjurer le sort .
1257. Employer un procédé magique pour faire souffrir un
ennemi, un amant volage ou une sorcière, comme c'est le cas aux
numéros 1246 , 1247, 1248 et 1258 , se dit fé souwé on ' djin « faire se
dessécher une personne » .
1258. Pour faire souffrir un amant volage, on met dansla cheminée
un cæur de mouton ou un oignon que l'on a percé de treize épingles ,
ou on allume une chandelle dans laquelle on a aussi enfoncé treize
épingles. La personne visée dépérit au fur et à mesure que le cæur
demouton ou l'oignon se dessèche ou que la chandelle brûle. Dans ce
dernier cas, les épingles tombant l'une après l'autre de la chandelle
sont jetées au feu (Liége).
1259. Q . Y a -t-il des procédés magiques pour découvrir un voleur ou se
venger de lui ?
1260. Q . Pour retrouver un objet perdu ?
1261. Q . Pour retrouver le corps d'un noyé ?
1262. Q . Pour retrouver une personne disparue ?
1263. Q . Pour découvrir une mine ? une source ? ou un trésor ?
1264. Q . Y a-t-il desmoyens magiques d'éteindre un incendie ?
1265 . On jette dans l'incendie un quf pondu le jour du vendredi
saint (Rossignol, prov. de Luxembourg).
Moyens d 'être favorisé du sort.
1266. Pour ramener la chance au jeu de cartes, le joueur mal
heureux se lève et, soulevant sa chaise, lui fait faire trois pirouettes
(Liége).
1267. Q . Quels moyens superstitieux emploie -t-on pour gagner à une
loterie ?
1268. Q . Quels sont ceux employés par les jeunes gens pour obtenir un
bon numéro au tirage au sort de la milice ? Voici quelques exemples :
1269. Franchir du pied gauche le seuil de la salle où a lieu le
tirage au sort (Couvin ).
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1270 . Relever la manche gauche de la chemise au ras de l'épaule


et tirer de la main gauche (Nivelles).
1271. Porter à son insu (corrigez en ce sens le n° 753) dans sa
poche ou cousu dans son habit un morceau de coiffe d 'enfant (hamlèť
à Liége).
1271 bis. Q . Connaissez-vous d'autres porte-bonheur que la corde de
pendu, le liard troué et le trèfle à quatre feuilles ?
Moyens de connaître l'avenir .
1272. On tient au-dessus d'un gobelet de verre un anneau de
mariage suspendu à un cheveu et pouvant osciller comme un pen
dule. Si l'anneau en oscillant choque le verre, le propriétaire du
cheveu se mariera dans autant d 'années que le verre aura résonné
de fois. Si l'anneau ne touche pas le verre, il ne se mariera jamais
(Liége).
1273 . Q . Cherche -t - on à connaître l'avenir en ouvrant certains livres au
hasard ?
1274 . Q . Comment procède-t-on pour connaître l'avenir avec un cordon
(a l’kowèt') ?
1275 . Quand on ne sait quel chemin prendre, on fait tourner trois
fois sa casquette sur son doigt ou sur son bâton et l'on va du côté
indiqué par la visière.
Songes .
1276. Q . Donne-t-on à certains songes des interprétations vraiment
populaires , c'est-à -dire qui n 'ont pas été puisées dans de petits traités des
songes ou autres ouvrages venant de l'étranger ? Voici quelques exemples :
1277. Rêver que quelqu'un est mort ou mourant, est signe de
prolongation de vie pour la personne rêvée.
1278. Rêver qu'on s'arrache les dents est signe d 'une prochaine
naissance dans la famille .
Autres présages.
1279. Entendre crier des souris est pour une femme signe que son
mari la trompe (Herve).
1280. La salière renversée est signe de querelle .
- 102 –
1281. Si l'on rencontre un bossu et qu'il passe à droite, on recevra
une bonne nouvelle ; s'il passe à gauche, elle sera mauvaise. La
rencontre d'une bossue est toujours mauvaise .
1282. Rencontrer une fille de joie au matin est signede bonheur
pour la journée (Verviers).
1283. Un corbeau qui vient voler près de la maison est signe de
mort.
1284. Q. Connaissez-vous beaucoup d'autres présages ? Prière de préciser
le genre de bonheur ou de malheur : mariage, mort, naissance, maladie ,
richesse, bonne nouvelle, querelle, etc., dont telle ou telle chose est le signe.

XI. -- Infantines et jeux .


Berceuses.

1285. Q . Connaissez-vous de petites chansons que les mères chantent en


berçant leurs enfants ? Exemple :
D.C . al. SS

Nan-né, binamêy po- yèt-te, Nan-né, bi-na-mé po -yon . Ya s'papa...


1286. Nan -nė, binamêy poyèt-te, 1 « Dormez, bien -aimée poulette ,
Nan -né, binamé poyon. Dormez,bien -aimé poussin .
Ya s' papa k'è-st è vôy à l' fyès-se [ II ] y a son (1) papa qui est en voie
( = parti) à la fête ,
Rapuètrè dè bon krostilyon, [ Il ] rapportera debons crostillons.(*)
Nan -né, etc . Dormez, etc.
1-y a s'mam k 'è-st è vôy è pwès-se [ 11 ] y a sa mère qui est en voie
(= partie )dans le porche,
Rapwètrè d'èl sop a l'ognon . ' [ Elle ) rapportera de la soupe à
[l'oignon.
Nan-né, etc. Dormez , etc. » (Rocour.)

(") En parlant aux petits enfants , on emploie généralement le possessif de la troisière


personne.
(*) Sorte de pâtisserie commune, très croquante , analogue aux échau dés.
- 103 -
Sauteuses.
1287. Q . Que chante-t-on en faisant sauter l'enfant sur le cou -de-pied ?
Exemple :
1288 . Roum doudoum Kolár Ubin , ' Roum doudoum Colard Hubin ,
Vos' tchivâ ki n 'va nin bin , Votre cheval quine va pas bien,
Vos'mèskèn ' ki n 'sé-t ovré, Votre servante qui ne sait (pas) tra
(vailler,
Vos'vârlèki n'séminé. Votre parlet quine sait conduire.
Pèrtyouf ! è l'ê-ê-êw ! Pèrtyouf! dans l'eau !» (Huy.)
Risettes .
1288 bis. Q . Que disent les mères en touchant successivement avec l'index
les différentes parties du corps de leurs bébés ? Exemple :
1289. Lu wêd â pyou , « Le pré aux poux (le crâne),
Lè deu veûlî, Les deux vitres (les yeux),
Lè deu tró d 'sori, Les deuxtrous de souris (lesnarines),
Lu fôr â pan , Le four au pain (la bouche),
Lu goliman , Le goliman (le gosier),
Lu sètch â milèť , Le sac aux miettes (le ventre ),
È ltronpèť ki va Et la trompette qui va
Djusk'è ba. Jusqu'en bas.» (Verviers.)
1289 bis. Q .Ne récite-t-on pas aussi de petits vers en touchant successive
ment les différentes parties du visage?
1290 . Q. Un autre petit jeu consiste à prendre les deux mains de l'enfant
et à les rapprocher lentementl'une de l'autre plusieurs fois.Que dit-on alors?
1291. On touche l'un après l'autre chacun des doigts de l'enfant,
en commençant par le pouce de la main droite (ou gauche) et en
allant jusqu'au petit doigt de l'autre main , que l'on secoue énergi
quement :
Pôcin , « Poucet (= petit pouce ),
Djulin , Julien,
Dji vin , Je viens,
Dji va , Je vais ,
Dji kwîr Je cherche
On deu . Un doigt.
Ré deu ? Quel doigt ?
Li pti. Le petit.
W 'è -st i? Où est-il ?
Vo l'si, vo l'si, vo lsi. Le voici,le voici, le voici.» (Liége.)
- 104 -
1292. Q . N 'y a-t-il pasune risette de ce genre où il ne s'agit que des doigts
d'une seule main ?
1293. Q. Il y a un jou où l'on fait d'abord un rond dans le creux de la
main ; puis on y ramène les doigts l'un aprèsl'autre .Que dit on en faisant cela ?
1294. Q. Dans certaines localités, les mamans joignent le pouce et l'index
de l'enfant, demanière à laisser uneouverture par où l'on introduit le pouce
de l'autre main, en disant que c'est une petite souris ou un petit oiseau. Ce
jeu est-il connu chez vous ? Quelle en est la chansonnette ?
1295. Q . Quelquefois, on approche du feu le doigt de l'enfant comme
pour le brûler , puis on le retourne vers sa poitrine, comme pour y forer un
trou. Fait-on cela chez vous? Quelles sont les paroles de ce petit jeu ?
1296 . Claquer de la main sur le pied du petit enfant s'appelle
« ferrer le petit cheval », et l'on dit à Liège :
Limariha Le maréchal (-ferrant)
Kiklaw on kla Qui cloue un clou
A si pti tchvá. A son petit cheval.
Klaw ! klaw ! klaw ! Cloue ! etc.
1297. Q. L 'enfant étant assis sur le giron (80 l'hô) et tournant le dos, on
rapproche quelquefois vivement les jambes en disant quelque chose; savez
vous ce que l'on dit ?
1298. Q . Ne fait-on pas mine de dévorer les bras , les jambes, de les
découper, de les mettre en poche,etc.? Que dit-on alors ?
1299. Q . Comment désigne-t-on chez vous l'action de porter un enfant
sur le dos ? A califourchon sur les épaules ?
1299bis. Q. Connaissez-vous un conte, une chanson ou une formulette où
il s'agit de plusieurs personnes qui entremêlent leurs pieds etne parviennent
pas à les débrouiller ?
Amusettes.
1300. Les enfants s'amusent à réciter la formulette rythmée
suivante , en traçant une raie à chaque syllabe forte , comme il est
indiqué dans le texte. Ils doivent arriver à en compter seize, niplus
nimoins.
Kont' l è kont' l è kon - | té don | « Compte et compte et comptez donc
Kon- | té bi- | namêy I botrès' || Comptez, bien -aimée ( ) botresse, º
Konť 1 è kont' | è kon- | té don | Compte et compte et comptez donc
Kon - | té s'i I n'y a sas' | à pon | Comptez s'il y a seize à point. »
(1) A Liége, binamé « bien -aimé » se dit couramment dans le sens de « gentil, cher » .
( ) A Liége, le mot botresse s'emploie en français comme en wallon pour désigner une -
femmo qui porte des marchandises dans un bo « une holte » .
- 105 –
1301. Q. Connaissez -vous quelque autre formulette numérative, par
exemple une où il s'agirait de tracer exactement vingt-quatre ou trente
deux raies ?
1302. Q . Connaissez-vousdes rim -ram , c'est-à-dire de petits vers wallons
ou français , qui, prononcés rapidement,ont l'air d'appartenir à une langue
étrangère ? Exemples :
1303. An ' dji ra m ' vî dé 1 « Anne, je raimon vieux dé
Pôf vî tèn dé ! Pauvre vieux mince dé !» (Liége.)
1301. A ri bodè bwè. « Au ruisseau baudet boit.»
(Ardenne.)
1305 . L 'ôl a Tonk oť « L 'huile à Tongres sent ( = a une
(odeur)
Sèw à Lîtch oť . Suif à Liège sent. » (Liége.)
1306 . Q . Les enfants se proposent-ils souvent de répéter exactement de
petites phrases, qui, prononcées vivement, prêtent à des transpositons de
consonnes ? Exemples :
1307. Kwať klawtî kiklawtè dvin « Quatre cloutiers qui clouent dans
'n ' fôtch ; kwat' klawtî ki une forge; quatre cloutiers qui clouent
klaw tè-t- è l'ôť . dans l'autre. » (Liége.)
Théâtre enfantin .
1308. Q . Connaissez-vous des jeux où l'on fait parler les doigts comme
si c'étaient des personnages vivants ? Voici un exemple .
1309. On porte la main en avant, les doigts étant réunis en
faisceau, pointes en l'air . Il y a trois personnages : Fléron , qui
est le majeur, l'Aubergiste, qui est le pouce, et son Valet, qui est le
petit doigt. Chacun possède une voix spéciale et frétille à son tour,
avec de petits mouvements appropriés aux paroles qu’on dit pour lui.
Fléron : – Toc, toc, à la porte !
L 'Aubergiste au Valet : – Qui est là ?
Le Valet à Fléron : — Quiest là ?
Fléron : – C 'est Fléron.
Le Valet à l'Aubergiste : - C 'est Fléron, mon maître.
L 'Aubergiste : – Demandez-lui ce qu'il veut.
Le Valet : – Que voulez-vous Fléron ?
Fléron : - Je demande à loger.
Le Valet: – Il demande à loger,mon maître .
L ' Aubergiste : – Demandez-lui s'il a des sous.
- 106 –

Le Valet : — Avez-vous des sous, Fléron ?


Fléron : - J'ai cinq sous.
Le Valet : – Il a cinq sous,mon maître .
L ' Aubergiste : – Faites entrer Fléron !
Et l'enfant termine sa petite représentation en disant : “ Voici
Fléron... Il entre... La porte se refermo... La porte est fermée ! ,,
1310 . Q . Connaissez-vous un petit jeu de ce genre où l'un des doigts
représente un prédicateur quimonte en chaire, récite quelques mots et puis
s'en va ?
1311. Q . Y a -t-il des jeux où l'enfant emprisonne séparément plusieurs
doigts dans les plis d'unmouchoir et leur fait jouer, ainsi affublés,le rôle de
personnages récitant un petit dialogue?
· 1312. Q . Connaissez-vous des amusettes où l'opérateur (le papa, la
maman...) raconte les faits et gestes d 'un ou de plusieurs personnages , en
traçant des lignes, sans laisser deviner qu'il est en train de dessiner, par
exemple , le portrait d'un animal?
1313 . Q . Y a-t-il des dialogues traditionnels que plusieurs enfants récitent,
chacun représentant un personnage propre, et qui constituent de petites
scènes dramatiques ou comiques ?
Jeux d 'imitation .
1314. Dans le pays de Louveigné, les enfants élèvent des bour
dons dans des caisses à cigares . Ils vont les lâcher à de grandes
distances et décernent des prix pour les bourdons qui reviennent les
premiers à leur demeure, de même que leurs pères font pour les
pigeons.
1315 . Q . Comment les enfants jouent-ils à « faire battre les coqs » ?
1316 . Q . Pratiquent-ils ailleurs qu'à Malmedy le jeu qui consiste à tapé
'n 'oûrtèy « lancer une ortie » , de mêmeque leurs pères jouent å tapé in ' âw
« uneoie » ,on djanbon « un jambon » , etc.? Et quel est l'enjeu ?
1317. Q . Comment jouent-ils a l' botik « à la boutique » ? Par exemple
quelle figure tracent-ils sur le sol pour ce jeu ? Par quoi représentent-ils les
différentes choses dont on fait le commerce ? Y a-t-il un dialogue traditionnel
entre les acheteurs et le marchand ou la marchande ?
1318 . Q . De quoi se servent les enfants en guise de monnaie dans leurs
jeux , par exemple , pour solder leurs comptes au jeu de la boutique ? Y a -t-il
des monnaies de différentes valeurs ?
- 107 –

1319. Q . Connaissez -vous le jeu où des enfants représentent par gestes


les actes de certains artisans, tandis que d 'autres doivent deviner de quel
métier il s'agit ? Ont-ils une chanson spéciale pour ce jeu ?
Q . Connaissez -vous d 'autres jeux de l'espèce, par exemple :
1320. La marchande demakêy « caillebotte » , allant de porte en porte ?
1321. Le jeu du bouvier allant vendre un veau gras ?
1322. Le jeu de contrebandiers qui essaient de passer une ligne en dépit
des gardiens qui font l'office de douaniers ou de gabelous ?
1323. La chaise à porteurs. — Deux enfants se tiennent côte à
côte, les mains entrelacées en forme d’ X . Un troisième est porté,
assis sur cette chaise improvisée , tenant de ses bras le col des
porteurs. Ceux-ci marchent en mesure l'espace de quelques pas, puis
s'arrêtent et font d' un mouvement brusque sauter le camarade qu 'ils
soutiennent, ou bien ils le laissent tomber en se séparant de lui.
1323 bis. Q. Sous quel nom ce jeu est-il connu chez vous ?
1324. Q . Que chantent les porteurs en marchant ?
1325. Q . Il y a un jeu où deux enfants , dans la même position que
ci-dessus, font quelques pas en chantant, puis se retournent brusquement
sans lâcher les mains, por recommencer la même promenade en revenant
sur leurs pas. Quelle est la formulette attachée à ce jeu ?
Q . Il existe des jeux où l'amour est parodié . Prière de décrire les figures
de ces jeux, avec les chansons ou dialogues . Par exemple :
1326. Jeu du soupirant agréé ou repoussé ?
1327. Jeu de la fille enlevée ?
1328 . Jeu de la fille choisissant un garçon à son gré ?
1329 . Q . Connaissez-vous un jeu figurant les différentes phases de la vie
(mariage, naissance d'un enfant, mariage de celui-ci, etc.), au moyen
d 'entrées et de sorties dans un cercle tracé, ou dans un rond composé
d 'autres joueurs ?
1329bis. Q. N'y a -t-il pas de jeux où l'on simule le vol d'un mouton , de
poules, d'un enfant ?
Jouets .

1330. Le moulin . A Vottem , les enfants choisissent un des


verticilles fleuris du lamier blanc (blank -è- 2 oûrtèy ) et en coupent
les feuilles de manière à conserver entières les deux fleurs ouvertes
de part et d 'autre. Puis ils passent une épine au travers de la tige et
- 108 –
ils soufflent sur les fleurs. Le verticille se met à tourner sur cet axe,
comme un petit moulin .
1331. Le pipeau. Les enfants se font in ' apèl a un pipeau » ,
d'un noyau d'abricot qu 'ils ont évidé après en avoir usé les deux
flancs sur une pierre jusqu'à former deux trous.
1331bis. Q . En fabriquant le sifflet de frêne, ne chante-t-on pas un petit
couplet auquel on attribue une influence efficace sur la réussite de l'opé
ration ?
1332. Q . Connaissez-vous li gaw « la guimbarde », ou d'autres petits
instruments destinés à faire du bruit ?
1333. Q . Les poupées ont-elles un nom patois ? Y en a -t- il pour chaque
âge de l'enfance ? Leur tient-on un langage particulier ?
1334. Q . N 'est-il pas un certain âge ou une certaine époque déterminée où
les jeunes filles abandonnent leurs poupées ? Ne vont-elles pas les déposer
en un certain lieu ?
Jeux gymnastiques.
1335 . Le bateau . Deux enfants s'asseyent face à face et se
tiennent par les deux mains; tour à tour ils se renversent et se tirent
en avant.
1336. Q . Y a -t-il quelque chanson ou formulette traditionnelle attachée à
ce petit jeu ?
1337. Q . Que chante-t-on au jeu qui consiste à empiler les mains, les
poings ou les doigts ?
1338. Le battoir. Deux enfants se tiennent face à face et tous
deux ils frappent une fois des mains comme pour applaudir ; puis la
main gauche de l'un va s'appliquer sur la main droite de l'autre, et
chacun frappe encore des mains ; l'exercice inverse a lieu ensuite et
il est suivi d'un nouveau battement des mains. On continue de la
même manière.
1839.Q. Comment appelle-t-on ce petit jeu ? Que chante-t-on en y jouant?
te - t - 0 nt ?

1340. La brouette. Un enfant se met " à quatre pattes » sur le


sol; un second lui saisit les pieds et les soulève; ses jambes font
l'office des bras de la brouette et il avance en marchant sur les mains.
1341. Q . Y a -t-il un jeu où de petits garçons font l'office de coursiers,
tandis que d'autres , appelés leurs cavaliers , se provoquent et se donnent des
bourrades ? Comment se nomme-t -il ? Les cavaliers ont-ils un nom , une arme
désignée ?
- 109 -

1342. Q . Connaissez -vous le jeu qui consiste à s'adosser en entrelaçant


les bras et à se soulever de terre à tour de rôle ?
1343. Q . Le jeu où deux enfants assis ou debout,dos à dos,entrelacent
leursbras et se renversent l'un l'autre alternativement ?
1314 . Q . Pratique-t-on d'autres petits exercices physiques dumême genre?
Jeux de ronde et de danse.
1345. Le jeu le plus simple de cette catégorie consiste à se tenir
par la main , à danser en rond en chantant une petite chanson, puis
à s'accroupir ensemble en lançant un cri.
1346. Q . Quelle chanson est rattachée à ce jeu ? – Voici des exemples de
chansons que les enfants récitent en dansant, sans autre forme:
1347. A l' école de ma sæur Céline.

A l'écol de ma sour Cé-line On entend les en - fants cri-er.

Allez-vous vous taire ! Mauvais caractères ! Taisez-vous, Vous au

rez quat' sous.


1348. Y a l' sori ki dans' « [II ] y a la souris qui danse
To- t avâ lè plantch ; Tout parmi les planches;
El a stu si prè dè feu k 'èl a Elle a été si près du feu qu'elle a
(broûlé sè djamnb [brúlé ses jambes
“ Souf!mér, ki dj'a tchôl - Souf!(4)mère, que j'ai chaud !
- Rsètch tè pat,mâssi krapô ! „ – Retiretes pattes, sale crapaud!»
1349. Les enfants s'amusent quelquefois à barrer la route et
cherchent à ne laisser passer que les personnes qui s'acquittent d 'une
certaine tâche imposée ?
1350. Q . Que chante -t-on à ce jeu ?
1351. Quelquefois, les enfants font une ronde et répètent un
couplet. Chaque fois, un joueur désigné fait demi-tour sur place et
( ) Interjection wallonne qui sert à Liége à exprimer à la fois la sensation du trop froid
et du trop chaud .
- 110 -

se remet à tourner avec les autres en faisant face à l'extérieur du


cercle. Quand tous les joueurs sont retournés, ils se rapprochent et
se heurtent le dos en cadence.
1352. Q . Quels sont les couplets rattachés à ce jeu ? Complétez pour ce
qui concerne les usages du lieu la description ci-dessus ?
1353. Il existe un jeu dans lequel deux des participants, placés
face à face, se tiennent les mains et formentune sorte d 'arcade. Les
autres joueurs, après avoir tourné en chantant, passent à la file par
dessous l'arcade.
1354. Q . Complétez cette description, et indiquez exactement les paroles
et la musique des couplets connus chez vous ?
1355 . Dans un autre jeu, tous les joueurs se placent en ligne, en
se tenant deux par deux comme ci-dessus. Chaque couple passe sous
toutes les arcades et va se replacer au bout.
1356. Q . Indiquez le nom du jeu , les chansons et les détails spéciaux qui
pourraient s'ajouter aux précédents ?

1357. Qui mettrons-nous à la chandelle ?

Qui mettrons- nous à la chandell'? Quimettrons-nous à la chan

dell'?Mam ’sell’Maria parc'qu'elle est bell'Mam 'sell’Maria parc'qu'elle est

bell’. Nous la met- trons Don - dain ', Nous la met- trons Don

don,Etroum 'doudoum ’dépêchez-vous D'embrasser la plus bel- le.


Dans le jeu de la chandelle, les petites filles font une ronde ; une
d'entre elles se tient au milieu, Marie , par exemple. On chante, puis
Marie embrasse une de ses compagnes et change de place avec elle.
Le jeu recommence de la même manière (Herstal).
Q . Pourriez -vous décrire le plan et donner les chansons des jeux suivants :
1358. Un des enfants se tient immobile au centre de la ronde; il est
remplacé par un autre, dès que les danseurs ont chanté leur couplet et l'ont
invité à choisir un camarade à son gré ?
- 111 -

1359. Plusieurs enfants , placés au milieu , jouent un rôle spécial et font


diverses figures, soit qu'ils entretiennent un dialogue avec les autres joueurs ,
soit que ceux- ci leur dictent ce qu'ils doivent faire ?
1360. D 'une part, une rangée d 'enfants dansent en chantant, tandis que
d'autre part,un enfant, d'abord seul, prend à chaque couplet, un des autres
avec luijusqu'à ce qu'il n'en reste plus ?
1361. Les enfants étant rangés sur deux lignes parallèles et se faisant
face à l'intérieur, chaque groupe avance tour à tour de quelques pas et
recule d 'autant, pendant que l'on chante les couplets d'une chanson ? '
1362. Q . Y a-t-il des jeux où les enfants font deux rondes concentriques ?
Pour les thèmes de chansons qui servent à ces rondes, prière de se
reporter aux numéros 1117-1136. Connaissez-vous de plus ceux qui suivent :
1363. Q . Bonjour, belle voisine ?
1364. Q . Meunier, tu dors , ton moulin va trop vite ?
1365. Q . Nous lui ffrons passer barrière ?
1366. Q . Nous avons un charmant rosier ?
1367. Q . J'ai-t-un beau bouquet de fleurs ?
1368. Q . Le p tit Jean est revenu. – On dit qu'il est amoureux ?
1369. Q . Ah! ça , mesdames, – où allez -vous comme ça ?
1370. Q . Venez tous petits et grands. — Je vais fair' mon testament ?

Jeux de prise.

1371. La poursuite. Un enfant poursuit les autres et celui qu'il


touche devient poursuivant à son tour.
1372. Q . Prière de compléter la description selon les usages du lieu, et
d 'indiquer le nom du jeu Le trimeur reçoit-il un sobriquet ?
Q . Connaissez-vous des variantes, notamment :
1373. Le jeu où celui qui est atteint doit poursuivre les autres en tenant
la main à la place exacte où il a été touché ?
1374. Le jeu où celui qui a été atteint doit rester jusqu'à la fin de la
partie au lieu où il était quand on l'a pris ?
1375 . Q. N'y a-t-il pas quelque convention relative à certaines parties
du corps que le trimeur pourrait blesser ?
1376 . Q . Aux jeux de course, quand un joueur est fatigué, comment s'y
prend - il pour demander la permission de se reposer ?
- 112 -

1377. Q . Pourriez -vousdécrire les jeux dans lesquels les enfants passent
d 'une ligne à l'autre et essaient de ne pas être saisis au passage par le
trimeur qui circule entre les deux ?
1373 . Q. Sous quel nom désigne-t-on les " barres » murs, lignes, pieux
ou points quelconques inviolables que les joueurs cherchent à atteindre pour
se mettre à l'abri ?
1379. Dans quelques jeux, les participants se sont répartis en
deux groupes et chacun occupe un camp déterminé. Tour à tour, les
joueurs de l'un ou de l'autre groupe vont provoquer les ennemis à la
poursuite.
1380. Q . Comment se pratiquent les provocations et l'ordre des sorties ?
1381. Q . N 'y a -t-il pas une “ prison „ ? Comment l'appelle-t-on ? Les
prisonniers reçoivent-ils un sobriquet ? Comment se règle le rachat de ces
prisonniers ?
1382. Les quatre coins. Quatre enfants sont placés aux quatre
coins d'un espace carré, et changent de place entre eux . Un autre,
placé au milieu, cherche à s'emparer d'une place libre.
1383. Q . Comment exprime-t-on le fait d'être placé au milieu ? Celui qui
y est a-t- il un surnom ?

Jeux de saut.
1384. Q. Les fillettes pratiquent-elles de quelque manière le jeu qui
consiste à tourner vivement sur elles-mêmes pour faire gonfler la robe ?
1385. Q . Comment désigne-t-on l'action d'aller accroupi, d'aller à cloche
pied ?
1386. Q . Il y a un amusement qui consiste à se placer sur le bord d'un
trottoir ou sur une longue pierre et à poser alternativement les pieds en
sautillant. Ce jeu a-t-il un nom ? Vous rappelez-vous la chanson qui y est
attachée ?
1387. Le jeu de corde. A Liége, pour apprendre aux petits enfants
à sauter à la corde, on tourne d'abord quatre tours « pour rire » en
disant successivement les mots de la formulette suivante :
Bègèn , « Béguine,
Pâtêr , Pater,
Noster, Noster,
Potcha ! Sautez ! »
- 113 -

Au quatrième tour de corde, l'enfant qui a eu le temps de saisir le


rythme, doit s'élancer et « entrer dans les cordes » .
1388. Q . Comment dit-on chez vous ?
Q . Au mêmejeu de la corde, comment désigne-t-on :
1389. L 'action de tourner très vite (à Liège « faire tambour »)?
1390 . L 'action de tourner très lentement?
1391. L 'action de sauter plus haut pour laisser passer deux fois la corde
avant de retomber sur le sol?
1392. L 'action de tourner plusieurs fois la corde au-dessus de la tête du
joueur, avant de la lui présenter pour sauter comme à l'ordinaire ?
1393. A Liége, les fillettes se soumettent l'une après l'autre à
l'exercice de la corde en disant ce qui suit (les barres détachent
les mots qui se disent à chaque tour) :
Dans / com - | bien d'an - | nées
Se , ma- | rie- / ra | -t-elle ? |
Un an , i deux ans, / trois ans, I..... etc.
Le nombre d'années était indiqué par le moment où la sauteuse
« faisait faute » . Si la faute arrivait avant l' énumération des nombres
d 'années, la fillette était condamnée à rester vieille fille .
1394. Q. Quelles sont les chansonnettes ou les formules attachées aux
autres exercices du jeu de corde ?
1395 . Q . A .la marelle, le jeu consistant à pousser du pied un palet dans
les différentes cases d 'un dessin tracé sur le sol, quel est le dessin ? Le nom
de la figure , du palet, les règles du jeu ?
1396. Q . Le saut-de-mouton . Quel est le nom wallon ? Comment joue-t-on
chez vous ?
1397. Q. Quelles sont les exercices exécutés au jou où chacun des parti
cipants doit imiter le chef de file, qui varie à son goût la manière de sauter
et y ajoute des gestes, des paroles, etc. ?
1398 . Le cheval fondu. Les joueurs se partagent en deux camps.
Les uns se courbent à la file l'un derrière l'autre et les joueurs de
l'autre bande sautent sur leur dos en essayant d 'y rester tous
ensemble pendant un certain temps.
1399 . Q . Complétez la description de ce jeu tel qu'il se pratique chez
vous ? Quel est son nom ?
- 114 -

Jeux d'adresse.
1400. Les petits enfants connaissent à Liège un jeu dans lequel
ils s'amusent à prendre tour à tour un peu de poussière d'un tas au
haut duquel ils ont planté un fétu ou une brindille.
1401. Q . Quel est le nom wallon de ce jeu ? Quelle est la pénitence infligée
à celui qui fait tomber le fétu ?
1402. Q . Au jeu qui consiste à faire des ricochets sur l'eau avec une
pierre plate , ne dit-on rien de particulier de celui quiparvient à faire trois
ricochets, de celui qui en fait moins, ou de celui qui n'en fait pasdu tout ?
1403. Q . Comment pratique-t -on le jeu qui consiste à faire de petites
rondelles de terre glaise que l'on frappe sur une pierre ? Quel est son nom ?
1404. Q . La glissade. Comment nomme-t-on ce jeu ? et la glissoire ?
1405. Q . Quelles expressions emploie-t-on pour désigner les différentes
positions du glisseur : debout, accroupi, alternativement debout ou accroupi,
isolé , à la file, par couple, en rang ?
Jeux de palet. – Les enfants pratiquent de différentes manières l'exercice
qui consiste à lancer en avant un palet ou quelque objet qui en tient lieu.
Nous signalons ci-dessous plusieurs variantes avec prière de les décrire en
n 'omettant pas les formulettes, les sobriquets, etc.
1406. Les jeux où on lance le palet vers une ligne ou un but quel
conque demanière à en arriver le plus près possible ?
1407. Ceux où les palets se poursuivent jusqu'à ce que l'un d 'entre eux
en ait touché un autre ?
1408. Ceux où il s'agit de renverser à l'aide du palet un objet dressé
(bouchon, pierre , petit pieu, etc.) ?
1409. Ceux où il s'agit de faire sortir d'un cercle étroit des objets
d'enjeu qu'on y a entassés ?
1410. Q . Pratique-t-on de quelque manière le jeu qui consiste à lancer ou
à rouler des disques les uns vers les autres ou vers un but convenu ?
1411. Q . Y a -t-il des jeux où il s'agit d'abattre ou de décoller une oie od
quelque autre volatile , à l'aide d 'une canne en fer que l'on jette de loin ?
1412 . Q . Un jeu où il s'agit d'accrocher en le lançant un objet à un autre ?
1413. La tapette ( jeu de billes ). Le joueur no 1 lance sa bille
contre un mur; elle rebondit, roule sur le sol et s'arrête . Le n° 2 imite
le premier, et les autres font de même, en cherchant à donner à leur
bille une direction telle qu'elle aille tchakté, litt. « choqueter » , une
de celles qui sont déjà sur le sol.
- 115 -

Q . Connaissez-vous les jeux de billes suivants :


1414 . Ceux où l'on fait rebondir la bille contre une pierre ?
1415 . Ceux où les billes se poursuivent sur le sol sans que l'aire du jeu
soit délimitée ?
1416 . Ceux où les billes évoluentautour d 'un trou ou fosse creusée dans le
sol ?
1417. Ceux où les billes ne doivent pas sortir d'un cercle tracé ?
1418. Ceux où l'on se sert de billes pour gagner d'autres objets, par
exemple desnoyaux de cerises, des fèves, des pièces demonnaie,etc.
1419. Le bâtonnet. L 'un des deux joueurs est chargé de faire
rentrer dans un rond tracé sur le sol un petit bâton que l'autre a fait
sauter en l'air et lancé au loin , à l'aide d'un autre bâton .
1420. Q . Quels noms portent chez vous le jeu, les joueurs, les deux
bâtons ?
1421. Q . Comment les joueurs s'y prennent-ils, avant de commencer la
partie, pour savoir à qui doit échoir le rôle prépondérant ?
1422. Q . Combien de coups peut-on frapper sur le petit bâton pour
l'envoyer au loin ? Dans quel cas un frappement peut-il être recommencé ? .
Ne dit -on pas, en frappant, quelque formulette traditionnelle ?
1423. Q . Connaissez-vous l'usage demesurer certaines distancesau moyen
du grand bâton ?
1424. Q . Quelle pénitence inflige-t-on à celui qui perd la partie ?
1425. Les osselets . Q . Comment se nomment en votre wallon les diffé
rentes faces de l'osselet ? Décrivez le jeu d 'osselets ?
Jeux de balle. Q . Faites connaître en détail les variétés de ces jeux,
par exemple :
1426. Ceux où on lance la balle contre un mur ?
1427. Ceux où il s'agit de faire pénétrer la balle dans un des trous
creusés au pied d'un mur ?
1428. Ceux où les joueurs rangés en rond s'envoient réciproquement la
balle ? .
1429. Ceux où les joueurs, partagés en deux groupes adverses, se
disputent la balle sur le terrain compris entre les deux camps ?
1430. Ceux où on lance la balle à l'aide d 'un bâton , que cette balle soit
en bois ou autrement ?
1431. Les quilles. Q . Quels noms portent les différentes pièces du jeu ?
Décrivez les variétés connues chez vous ?
1432. Q . Pratique-t-on un jeu où le nombre des quilles est autre que neuf ?
- 116 -

Devinettes (adyina).
1433. Sî pať, kwatr oûy, kwať orèy 1 « Six pattes, quatre yeux, quatre
[è deu tyès”; · foreilles et deux têtes;
Iy ! Notru-Dam , kél drol di byès' ! | Ah ! Notre-Dame, quelle drôle de
[bête! »
Rép. : Un cavalier sur son cheval.
1434. On rodj vê ki potch houť d 'in ' , « Un veau rouge qui saute outre d 'une
[ blank hâu. | [haie blanche.»
Rép .: La langue et les dents.
1435. Dji so rwè è dji n 'a nolkoron '; ' « Je suis roi et je n'ai nulle cou
dji so bon tchanteu è dji n 'so nin ronne; je suis bon chanteur et je ne
muzisyin ; dj'a dè-z èsporon è dji n°80 suis pas musicien ; j'ai des éperons et
nin kavayîr ; dj'a ko tras' è tras' fem je ne suis pas cavalier ; j'ai encore
è dji niso nin maryé. treize et treize (1) femmes et je ne suis
| pas marié. »
Rép. : Un coq.
1436. In pitiť madam avou 'm ' l « Une petite dame avec une robe
blank koť , on djèn ' vizèdj et on rotch blanche, un visage jaune et un cha
tchapê. [peau rouge. »
Rép.: L'allumette soufrée.
1437. Ronron ki pin , « Rond-rond qui pend,
Poyu ki l'atin , Poilu qui l'attend,
Kan Ronron tchêra, Quand Rond-rond choira ,
Poyu l'atrapra. Poilu l'attrapera. »
Rép. : Un gland et un sanglier.
1438 . Q . Quel nom portent chez vous les énigmes populaires ?
1439. A Liège, les devinettes commencent toutes par ces mots :
kwè è-s' don vo ? « qu'est-ce donc, vous ? » ; le questionneur traîne
un peu sur ce dernier mot pour tenir l'auditeur en suspens et pré
parer sa question .
1440. Q . Connaissez-vous une formulette d 'introduction différente ?
1441. Pour demander si l'interlocuteur renonce à chercher la
réponse d 'une devinette , on lui pose à Liège la question suivante :
Avé v magni d 'èl djoť assé ? « Avez -vous mangé du chou assez ? »
1442. Q . Comment dit-on chez vous ?
(1) Ko tras' è tras' « encore treize et treize » , expression consacrée pour dire : beaucoup,
énormément.
- 117 -

Jeux de devinaille.
1443. A gardé byin ..., « Au gardez bien.... » - Les joueurs sont
assis au pied d'un mur, excepté le trimeur (1) et le directeur du jeu.
Celui-ci fait signe en cachette de déposer dans la main de chacun des
autres un objet qu'il tient. Quand il a fini, le trimeur revient, examine
les joueurs et cherche à découvrir celui qui a reçu l'objet. S'il tombe
juste, il change de rôle avec celui qu'il a désigné (Liège).
1444. Cache- Cache. Q . Comment les enfants nomment-ils ce jeu ? Décri
vez-le, avec tous les termes spéciaux qui s'y rattachent ?
1445. Q . Connaissez -vous le petit jeu où l'on donne à deviner une couleur ?
1446 . Q . Le jeu des koleûr di tchås' « couleurs de bas » ?
1447. Q . Le jeu « des oiseaux n, celui« des fleurs», celui« des prénoms» ?
1448. Q . Le jeu où les joueurs, accroupis en rond , se passent en cachette
un objet, comme une savate, un « furet », etc ?
1449. Q . Le jeu où les joueurs se tenant debout se passent un objet par
derrière le dos le long d 'une ficelle ou autrement ?
1-150. Q . Comment nomme-t-on chez vous le jeu de Colin -Maillard ?
1451. Q . L ' « aveugle » a-t-il un so briquet ?
1452. Q . Lorsque l'on a fixé le bandeau sur les yeux du trimeur, comment
s'assure-t-on qu'il n 'y voit pas quand même ?'
1453. Q . Ne le fait-on pas pivoter sur place en récitant une formulette ?
Laquelle ?
1454. Q . Quels procédés spéciaux emploient les joueurs pour n 'être pas
reconnus, quand l' « aveugle » est parvenu à les saisir ?
1455. Il existe un jeu où le « devineur » se tient courbé contre un mur,
tandis que d 'autres viennent tour à tour sauter sur son dos et faire certains
gestes convenus. Il doit deviner le geste qui a été fait. Comment
nomme-t-on ce jeu ? Décrivez-le en indiquant les gestes traditionnels et la
signification qu'on leur prête ? Par exemple , à Vottem , montrer un doigt ·
signifie « couteau » ; le poing signifie « marteau »,etc.
Jeux préparatoires.
1456. Avant de commencer la partie, les enfants déterminent à
l'aide d 'un petit jeu lequel d'entre eux doit se charger du rôle le plus
désagréable, par exemple, aux jeux de course, le rôle de poursuivant.
On procède ordinairement de la manière suivante :

(*) Le trimeur, c'est celui « qui en est »,« qui l'est », a qui en a », etc .
– 118 -

Un des joueurs réunit les autres autour de lui ; il récite unepetite


formulette rythmée , et en appuyant sur les syllabes fortes, il
désigne successivement ses petits amis ; celui qui est désigné sur la
dernière syllabe est éliminémomentanément.
On répète ce manège autant de fois qu'il est nécessaire et quand
il ne reste plus que deux enfants, celui d'entre eux qui est désigné
doit prendre le rôle prescrit dans la partie.
Exemples de formulettes d 'élimination :
1457. En' deu dik , s'è vo k'a l'aspik , s'è vo k'a la boum la la , s'è
vo k 'ènn -è va .

En’ deu dik , s 'è vo k 'a l'as- pik , S '' po k 'a la boum la

la , Só vo k'énne va.
1458. « Rond | rond | gigot d mouton (A ) I qui compte pour
un (B ) \ pour deux | pour trois | pour quatre pour cinq ' pour
six | pour sept | pour huit 1 pour neuf 1 pour le grand | gros |
bæuf | ».
( A ) En disant cela , l'enfant fait de l'index quatre tours au fond d 'une
casquette.
( B ) A partir de ce moment, l'enfant désigne, à chaque coupure du texte,
un de ses camarades, en allant de gauche à droite.
Prière de transcrire exactement les formulettes connues en indiquant,
si possible, le rythme et la musique, ainsi que les gestes qui peuvent s'y
rattacher.
1459 . Q . Connaissez -vous un autre procédé quel'élimination ?
1460. Q. Dans les jeux où les joueurs se partagent en deux groupes
adverses, comment s'y prennent-ils pour se classer ?
1461. Q . Si les deux camps doivent s'attribuer des rôles différents (voyez
par exemple le n° 1398 ), quel est le procédé préparatoire admis pour éviter
les différends ?
- Jeux de calcul ou de hasard .
1462. Q . Connaissez -vous le nom et les règles du jeu suivant :
- 119 —

1463. Deux enfants tracent sur le sol un carré muni de ses


diagonales et divisé en quatre carrés égaux par des parallèles aux
deux bases. Chacun des joueurs, en suivant certaines règles, fait
circuler des jetons sur les lignes tracées.
1464. Q . Y a-t-il quelque jou de calcul du même genre, autre que la
« loto » et le « jeu de l'oie » ?
1465. Q . Au jeu de « loto », sous quel nom désigne-t-on facétieusement
certains nombres ? Par exemple, 33 se dit à Liège lè deu bossou « les deux
bossus » , 69 se dit bou si, bou la « bout (de) ci, bout (de) là » , etc.
1466. Q . Comment les enfants jouent-ils aux cartes?
1467. Q . Décrivez les différents jeux de cartes, tels que : a sink rôy
« à cinq raies » ; a l'poy « à la poule » ? N 'oubliez pas les termes spéciaux,
par exemple ,les noms des couleurs; les expressions comme : « le talon »,
cartes qui ne sont pas distribuées; « avoir la main » jouer en pre
mier ; etc., etc.?
1468. Q . Est-il encore d 'usage de réciter des formulettes spéciales, de
chanter quelque chose , quand un joueur prétentieux a perdu, quand on a
commis une faute grossière , etc.?
1469. Babilôn . Il y a quelques années, il n ' était pas rare de voir
aux fêtes de village, des colporteurs munis d'une petite tour en bois
crier à tout venant Hay, babilòn ! (1) Ce jeu consistait à jeter des dés
dans la tour dite « tour de Babylone », sur la périphérie intérieure
de laquelle était creusée une spire, que les dés suivaient en des
cendant. On calculait le nombre de points marqués par les dés quand
ils étaient par terre.
1470 . Q . Y a -t-il d 'autres jeux de hasard analogues ?
1471. Q . Pile ou face. Par quel nom distingue-t-on les deux faces de la
monnaie ? Ne se sert-on pas quelquefois d 'un autre objet qu'une pièce de
monnaie ?
1472. Q . Dans quel cas joue-t-on à ce jeu ? Fait-on d'abord un essai pour
savoir quelle face sera la bonne ?
1473 Q. Connaissez-vous des jeux où l'on jette en l'air plusieurs pièces
demonnaie après les avoir remuées dans lesmains et où l'on devine pendant
qu 'elles sont en l'air si elles retomberont en plus grand nombre « pile » ou
« face » ?

(1 ) L 'exclamation hay ne peut être traduite exactement. Elle correspond assez aux mots
a allons, venez » employés couramment en français dans des cas analogues .
- 190 -

1474. Q . Dans quel cas fait-on deviner si l'on a encore ou si l'on n'a plus
dans la main un objet (lequel?) qu'on a fait signede jeter au loin ?
1475 . Q . Quand propose -t-on de deviner dans quelle main se trouve un
objet caché ? Quel objet ? N 'y a-t-il pas une formulette que l'on récite avant
de deviner, en touchant alternativement unemain , puis l'autre ?
Jeux facétieux et attrapes.
1476 . Un gamin demande à son camarade, en lui montrant le
coude : Kimin nom -t on soula ? « Comment nomme-t-on cela ? »
Celui-ci répond : In 'koût « une coude » [autre sens : une courte ]
Alors le farceur lui allonge une taloche en disant : Tin , vola 'n '
long « Tiens, voilà une longue ! »
1477. Un petit farceur demande innocemment à son camarade :
K ’ in -mé v mi, in' peûr ou 'n pom ? « Qu'aimez-vous mieux, une
poire ou une pomme ? » Selon les préférences de son ami, il lui
décoche l'un des traits suivants :
In' peûr ? « Une poire ?
Vos pér è-st on voleûr. Votre père est un volour. »
In ' pom ? « Une pomme ?
Vos' per èst on braf om . Votre père est un brave homme. »
In ' djèy ? « Une noix ?
Vos' per rèy , etc. Votre père rit. », etc.
1478 . Q . Connaissez-vous certaines expressions qui, traduites du français
en wallon, ou du wallon en français, se transforment en invitations à donner
une taloche, à tirer le nez , etc.
1479. Q . Les enfants proposent- ils à leurs camarades de petits dialogues
où ils devront répondre toujours par le mêmemot (par ex. kom mi« comme
moi » ) ou répéter ce qui vient d'être dit, sans se douter qu'ils seront attrapés
à la fin ?
1480. Les petits enfants s'amusent quelquefois à ajouter à chaque
syllabe des mots, une ou plusieurs syllabes qui ne comptent pas. Par
exemple, à Liège, le mot viné « venez » se dira vi-gidi né-gédé.
1481. Q . Connaissez-vous quelque exemple de cette habitude ?
1482. Q . Comment les enfants désignent-ils cette manière de parler ?
1483. O safti « Au savetier » . Plusieurs enfants proposent de
jouer au savetier, à des camarades qui ne connaissent pas ce jeu.
L 'un est désigné pour commander , et les autres s'asseyent en rond,
- 121 -

côte à côte . On convient que chacun doit faire exactement ce que le


maître commandera. Après quelques exercices, le maître ordonne de
battre le cuir . Alors, tous les initiés tapent sur le dos des novices.
(Verviers.)
1484. Q . Connaissez-vous d'autres jeux-attrapes pratiqués par les enfants
ou par les jeunes gens ?
1485. Q . Pratique-t-on encore chez vous de quelque manière l'amusement
qui consiste à « mentir au plus fort » ?
1486. Q . Quels sont les jeux facétieux qui servent aux réjouissances
publiques des fêtes paroissiales ? Par exemple, le jeu du boulanger et du
charbonnier ; le jeu de la « miche » enduite de confiture de pommes, etc .
Prière d 'indiquer les nomswallons de ces jeux.
Au chapitre des jeux-attrapes se rattachent les questions facétieuses,
dont le Questionnaire a déjà donné un exemple au no 107. En voici d'autres :
1487 . Wis' aléf-ti,mamé Jezu , « Où allait-il, bien-aimé Jésus,
kwant il aveu kwatr an ? quand il avait quatre ans?
Rép. : Il aléf so sink. - Il allait sur (= approchait de)
I cinq.»
1488. Si v vèyé-st in ' botrès, l « Si vous voyez une botresse,
avou kwè lê fréf si bonellr (si bo avec quoi lui ferez-vous son bon
neûr)? | heur (sa hotte noire) ?
Rép. : Avou dè sirach . - Avec du cirage. »
1489. Ké meu è-s' ki lè fem , « Quel mois est-ce que les
djâzè l'mon ? . femmes parlent le moins?
Rép. : Limeu d ' fèvrir. – Le mois de février. »
Jeux de société.
1490 . On pratiquait autrefois à Liége un jeu qui consistait pour
celui qui dirigeait, à poser à chacun la question : Ki mètré-v è
m 'banstê ? « Que mettrez -vous dans mon panier ? » Il fallait répondre
par des mots en ê, tels que tâulê « tableau », tchapê is chapeau »,
etc. (Hock, Liège sous le régimehollandais, chap. XVI.)
Connaissez-vous des jeux intellectuels du même genre, par exemple :
1491. Les jeux où chacun des joueurs doit répéter une phrase å laquelle
le directeur du jeu ajoute l'un après l'autre divers compléments, entre lesquels
il est facile de s'embrouiller ?
- 122 -

1492. Les jeux où il faut répondre dans un sens donné à des questions
plus ou moins embarrassantes ?
1493. Les jeux 'où chaque joueur reçoit un sobriquet ou représente un
artisan, un objet, etc. et où il lui faut agir dans le sens indiqué à la première
occasion ?
1494 . Q . Quelles sont les pénitences infligées dans tous ces jeux aux
joueurs malheureux qui ont dû donner un gage ?

XII. - Blason .

1495. Les enfants répètent la formulette suivante , pour taquiner


ceux qui portent le prénom de Henri :
Hinri, « Henri,
Tchaw sori, Chauve-souris ,
Ki tchès' lè rin - n ' amon Dèri, Qui chasse les grenouilles chez
[Deriz (1),
Avou 'n pitiť korîh di fi. Avec un petit fouet de fil. »
1496 . Q . Connaissez-vous de petites formulettes facétieuses de ce genre ?
Par exemple, sur les prénoms Djèrâ « Gérard » , Bèbèt' « Elisabeth », Kola
« Nicolas » , etc.?
1497. Q . N 'y a-t-il pas de formulettes que l'on modifie selon les prénoms,
en appropriant simplement les rimes d'assonnance ?
1498 . Les petits garçons crient aux fillettes qui portent pour la
première fois les cheveux en tresse :
Ta, ti, ta , ta , » Ta, tî, ta , ta,
Kow di ra, Queue de rat,
Tral lala , Tral lala . »
1499. En guise de satire contre les maigres,les enfants crient:
Mati L'ohê, « Mathieu L'os,
Kwať bos', kwať ohe. Quatre bosses, quatre os. »
1500. Q . Que chantent ou disent les enfants quand ils voient :
a ) Une personne contrefaite : borgne, bossu, boîteux , etc. ?
6 ) Une personne obèse, une personne maigre, un brêche-dent, un grêlé ,
quelqu 'un quiporte des cheveux roux ou bouclés, etc. ?

(1) Nom de famille très répandu dans le pays.


- 123 -

c) Une femmeenceinte ; une jeune fille et un jeune homme en tête-à-tête ?


1501. Q. Que disent-ils ou que chantent-ils pour taquiner :
a ) Les menteurs, les « rapporteurs » , les paresseux, les coquettes, les
ivrognes, etc. ?
b ) Ceux qui prononcent mal, ceux qui bégaient, ou ceux qui répètent
à chaque instant les mêmes formules, comme di-sti, di-st el, « dit-il,
dit-elle » ,etc. ?
1502. Quand on parle des avares, on ne manque ordinairement pas
de rappeler ce petit dialogue :
- Dwèrmév , wèzèn ' ? - « Dormez-vous,voisine?
Po kwe, wèyèn ' ? - Pourquoi, voisine ?
- S'è po vos' tèn '. - C 'est pour [emprunter ]
votre cuveau.
- O bin , dji dwèm !... - Oh bien , je dors ! » (Liége.)
1503 . On taquine les écoliers en récitant la formulette suivante :
Lè skolā, « Les écoliers,
Le barboti (1), Les grondeurs (litt.barboteurs),
On lè hap po lè dell d ' pê, On les saisit par les doigts
(de pied ,
On lè tap djisk’â plantchi. On les lance jusqu'à l' étage . »
1504. On flétrit de l' épithète : magneu d' tâť â- èfan « mangeurs
de tartine aux enfants » , tous ceux qui abusent de leur force ou de
leur autorité pour s'emparer de ce qui revient à de plus faibles.
1505 . Q . Connaissez-vous des dictons ou des formulettes du même genre
se rattachant à quelque état ou profession, par exemple, contre les
maréchaux-ferrants, les prêtres, les médecins, etc. ?
1506. Q . N 'y a-t-il pas des sobriquets, des contes, des chansons sur
le même sujet ?
1507. On dit, à Liége, contre les villageois :
Payîzan d' mâleûr, 1 « Paysan de malheur,
Kwať è kwať , ťè-st on voleûr. | Quatre et quatre, tu es un voleur. -
1508 . Par contre, les riverains de la Meuse sont flétris par
les campagnards du nom de hit è Molls « (qui) chie dans la Meuse » .

( 1) Plus exactement barboten , transformé ici dans un but d 'assonnance.


- 124 -

1509. Q . Quels sobriquets ou quelles formules emploie-t-on chez vous


pour ridiculiser :
a) Les habitants de la plaine ;
b ) les montagnards ;
c) les riverains d'un cours d'eau ;
d ) les citadins ;
e) les campagnards, etc. ?
1510 . Q . Pourriez-vous dresser une liste des sobriquets donnés à certaines
personnes de votre village? Voici comme exemples quelques sobriquets d 'une
localité du nord-est de la province de Liége: l' Bouchon , l' Bèchou , l' Lim 'pî,
2 DÂhº-trô, lu Spen’-e-kow, Bostô, 2 Motchou , º Botrol-du- olor, la Near,
ľ Biyou . .
1511. Q . La localité que vous habitez, n 'a -t-elle pas reçu quelque nom
plaisant ou satirique ? Par exemple, Vottem est li payî dè rèssèn' « le pays
des carottes w, Sainte -Walburge, faubourg de Liége, li payî dè leđ « le pays
des loups » .
1512. Q .Quels sont les sobriquets que l'on donneaux habitants de certaines
localités , et quelles histoires raconte -t-on pour les expliquer ? Voici
des exemples :
1513. Les Nivellois sont appelés Aklo. Ce sobriquet est expliqué
de la manière suivante : « Les portes de la ville étaient jadis si
mal entretenues que les gonds et les verrous ne tenaient plus. Une
troupe ennemie s'étantmontrée dans le voisinage, on voulut,mais en
vain , les fermer, et voilà nos bourgeois qui parcourent la ville en
criant à tue-tête : A claus! A claus! [â klô ! « aux clous »). „, (Tarlier
et Wauters. Dict. des communes belges, p. 168.)
1514. Les gens de Lodelinsart sont appelés les « veaux » et l'on
raconte à ce sujet l'histoire suivante : Un jour, pour choisir lemaïeur,
on décide de faire courir les candidats dans une prairie et de nommer
celui qui arrivera premier. Un veau qui paissait là s'effraye, et en
quelques bonds, arrive au but avant tous les candidats.
1515 . On appelle rètchon d' flamin « crachat de flamand » un trou
rond bien visible à l'un des vêtements de dessus, surtout si l'on voit
au travers la peau comme une tache blanche.
1516. Une grosse figure glabre, pleine et sanguine, s'appelle en
différents lieux « visage de flamand » .
1517. A Malmédy, on dit contre les Allemands :
- 125 –

Alman , « Allemands,
Dè brigan , Des brigands,
Ki n 'a nin de pan , Qui n 'a pas de pain ,
Po nollri sè pti-e èfan . Pour nourrir ses petits enfants.»
1518 . Q . Connaissez -vous d 'autres expressions du même genre , ou des
formulettes où l'on tente de ridiculiser les Flamands, les Allemands, etc.?
1519. Q . N 'y a-t-il pas des histoires traditionnelles sur les mêmes sujets ?
1520. Q . Connaissez-vous de petits contes destinés à signaler la naïveté
des habitants de tel lieu, par exemple , sur les gens de Stinbyè « Stembert.»
(près de Verviers),ceux de Mâmdêy « Malmódy » , etc. ? En voici un exemple
pour les Dinantais qui portent le sobriquet de Koper.
1521. Le Copère et les petits chats.
I gn aveu in djoù deû kopér Il y avait un jour deux copères
di Dinan ki 'nn alun tayê ô bo de Dinant qui allaient tailler
acheun 'l I n 'alun jaméni rivnun au bois ensemble . Ils n 'allaient
yun san l'ôť è i gn aveu yun ki jamais ni ne revenaient l'un sans
dmèreu èn ' miyèť pu lon ki l'autre et il y en avait un qui de
s' kamaráť. In djoù i pas'. On meurait un peu plus loin que son
aveu fé dèl situvéy ô chou routch camarade. Un jour il passe . On .
è li koper ki dmeureu a s'môjon ' avait fait de l'étuvée aux choux
la , s'aveu lavè s' vizâtch avou li rouges et le copère quirestait dans
purûr dè chou . cette maison là, s'était lavé le
visage avec l'eau des choux .
Pla s kamaráť ki pas' pou ! Voilà son camarade qui passe
l'alé kewé, è an vèyan m ' n om tou pour l'aller chercher, et en voyant
routch a s' visâtch , i li dmanť : | mon homme tout rouge au visage,
« Kès' ki ťa, on , koper, ki ťè si il lui demande : « Qu'est-ce que
routch ? T'è malâť , va, dandju - tu as donc, copère , que tu es si
reu ? Wéť-tu in pô ô murwè don , rouge ? Tu es malade, va, sans
ti vyèra bin kitè malâť . » Kan | doute ; regarde- toi un peu au
i s' a yeu wéti ô murwè : « Oyi, miroir donc, tu verras bien que
va , t'a rèzon dèi dîr ki dj seu tu es malade. » Après s'être
malâť ! dji m 'è rva m ' koutchi. w regardé au miroir : « Oui, va,
tu as raison de le dire que je
suis malade ; je m 'en retourne
me coucher. »
- 126 –

Esu l'antrefèť di sa , li tcha a ' Et dans l' entretemps de cela ,


stî s' koutchi dlé 1' koper è il a le chat s'est couchéprès du copère
fé sè djôn ', è kan s' kamarâť a et il a fait ses jeunes et quand son
rpassè po-z alé vôy komin i ’nn camarade est repassé pour aller
aleûf, i li a respondu : « T' aveu voir comment il allait, il lui a ré
bin rèzon dèi dîr, va , ki dj'èsteu pondu : « Tu avais bien raison de
malâť, dj'é tchètlè. » le dire, va, que j'étais malade, j'ai
accouché de jeunes chats. »
Recueilli par M . Simon à Morialmé, dans l'Entre -Sambre -et-Meuse.

XIII. - Meurs et Coutumes (seconde partie ).


La maison .
1522. Q . Quand on bâtit unemaison, qui doit poser la première pierre ?
1523. Q . La pose de la première pierre est-elle solennisée par un repas
et qu'y mange-t-on ?
1524. Q . Observe-t-on quelque pratique superstitieuse quand on entre
dans une maison que l'on a fait bâtir ?
1525. Avant d 'entrer dans une maison neuve, on la fait bénir du
curé (Laroche).
1526 . Quand on entre dans une maison neuve, un des nouveaux
habitants doit mourir, ne fût-ce qu'un chat (Verviers).
1527. Quand on entre dans une nouvelle maison ou un nouvel
appartement, ou une maison neuve , on doit y transporter d'abord un
crucifix , de l' eau bénite et une branche de buis bénit.
1528. On doit aussi répandre du sel dans les quatre coins d'une
chambre, surtout si l'on croit la maison hantée (Liége).
1529. L 'installation dans une maison est célébrée par-un repas;
cela s'appelle pinť li krama « pendre la crémaillère » .
1530. Q . Ce repas comprend-t-il quelquemets traditionnel?
1531. Q . Ne connaissez -vous ni idée,ni coutume superstitieuse relative
au cas où l'on quitte unemaison ?
1532. Q . Quels sont les animaux ou les objets quiprotègent la maison de
l'incendie et de la foudre ?
- 127 -

Le foyer .
1533. Q . Dit-on quelque prière en allumant le feu ?
1534. Quand le feu d'un foyer pète , c'est signe de nouvelle .
1535 . Q . Y a -t-il des choses qu'ilne faut pas jeter dans le feu ?
1536 . Q . Conserve-t-on le foyerallumé pendant certaines périodes ?
1537. Q . A -t-on coutume de l'éteindre à certaines occasions ?
1538. On ne donne pas volontiers du feu , bien qu'il soit d'usage
qu'une femme en retard aille chercher une pelletée de feu chez une
voisine plus matinale (Laroche).
Les meubles.
1539. Q . Connaissez-vous des superstitions se rapportant aux tables, aux
chaises , à la crémaillère, etc.?
1540. Un miroir cassé annonce sept ans de malheur (La Louvière).
1541. Q . Dans les partages, donne-t-on de préférence certains meubles à
l'aîné ou certainsmeubles aux garçons et certainsmeubles aux filles ?
Travaux du ménage.
1542. Q . Pouvez-vous vous enquérir auprès de personnes âgées, qui ont
filé au rouet dans leur jeunesse, des superstitions relatives au filage, par
exemple des jours de l'année où on ne devait pas filer ?
1543. Q . Quelles superstitions se rattachent aux balayures ?
1544. Fabrication du pain . - A Laroche : 1° on fait avec la main
le signe de la croix sur la huche, quand on y a versé la farine : on
sign ' li mê « on signe la huche » ; 20 on signe le levain en le mettant
dans la huche ; 30 le lendemain , on pétrit et quand la pâte est faite ,
on y imprime en creux avec la main la forme d'une croix et on la
signe. A Herve, on verse de l'eau bénite dans la pâte.
1545. Q . Que fait-on si la pâte ne lève pas?
1546. Q . Si l'on fait le pain avec du grain nouveau ?
1547. Q. Connaissez-vous des coutumes ou croyances superstitieuses
relatives à la cuisson du pain ?
Repas.
1548. Les heures habituelles et les noms des repas sont : 6 heures,
didjuné « déjeuner » ; 10 h ., fé dich eûr « faire dix heures » (Liége),
- 128 -

hyolé (Vecmont près Laroche) ; 12 h., dîné,marèdé (lat. merendare)


« dîner » (Vecmont), fé l' nôn' (Herve) ; 4 h., beûr li kafè « boire le
res
café » ou fé kwatr eûr « faire quatre heures » (Liége), risiné (lat.
recenare) (Vecmont]; 7 h ., sopé « souper »
1549. Q . Dit-on des prières wallonnes avant et après les repas ?
Aliments.
1550. Avant d 'entamer le pain , qui est de forme ronde et aplatie,
on fait une croix avec le couteau sur la face inférieure.
1551. Quand le pain est renversé sur la table , on dit à Nivelles :
mèté l' pin kom i fô ; èi dyâl è din l'mêzo « mettez le pain comme il
faut ; le diable est dans la maison » .
1552 . Enfoncer la pointe d'un couteau dans le pain , c'est faire -
pleurer la Vierge (Herve).
1553. On ne doit pasmarcher sur un grain de sel.
1554. On dit que la viande de cheval donne des clous (Liége).
1555. Q. Y a -t-il d'autres aliments condamnés par la superstition et
dit-on à quoi on s'expose en les mangeant ?
1556. Q . La prohibition n'existe-t-elle qu'à certains jours ?
1557. On ne doit pas manger de pain le jour de la Saint-Hubert,
ni de viande le jour de Pâques, pour se préserver des maux de dents
(Rossignol,prov. de Luxembourg ).
1558 . Celui quimange des pommes la veille de Noël aura des clous
· l'année suivante.
Mets traditionnels.
- 1559. Q . Quelle est dans votre canton la forme et la composition des
gâteaux que l'on mange à certaines fêtes, comme Noël, les Rois, etc. ?
Exemples :
1560. Le mardi-gras, --- autrefois aussi les jours de pleine lune — ,
on mange à Liége les pan doré « pains dorés " , biscottes qui ont
mijoté dans un lait de poule et que l'on a frites à la poêle avec du
beurre.
1561. On appelle boûkèť dans la province de Liége, une crêpe
faite de pâte très délayée de farine de boukèt « sarrazin » et frite à
- 129 -

la poêle avec du beurre ou de l'huile. On ajoute souvent à la pâte des


<< corinthes » ou des ronds de pomme. On mange les “ bouquettes ,
chaudes , saupoudrées de sucre, ou froides, garnies de sirop « confi
ture de pommes » . C 'est le mets consacré du réveillon. On les mange
alors froides, en buvant du vin chaud .
1562 . Q . Avez -vous encore constaté l'usage de ces gâteaux alphabétiques
que l'on donnait aux petits enfants pour leur faciliter l'étude de l'alphabet?

Le ménage et la famille.
1563. A la campagne, le chef de famille et sa femme sont appelés
nos' mês' « notre maître » et nos' dam « notre dame » par leurs
domestiques et les étrangers qui entrent dans la maison, soit qu'ils
leur parlent, soit qu'ils en parlent. Les époux se donnent également
ces titres entre eux .
1564 . La paysanne parlant à ou de son mari, l'appelle par son
nom de famille, jamais par son prénom , quand elle ne dit pas simple
ment nos' mês ou nosť om .
1565. Q . Que dit-on du mariqui laisse tout gouverner par sa femme ?
1566. Q . Que fait-on au mari qui a battu sa femme?
1567. Q . Et à la femme qui a battu son mari ?
1568. Q . Que dit-on de la femme qui trompe son mari ?
1569. Q . Et du mari trompé ?
1570. Q . Quelles farces lui joue-t-on ?
1571. Les garçons sont appelés valè, litt. valets ; les filles, bâsel
(ancien français baissele et (sous l'influence de bachelier) bachele).
1572. Les enfants ne tutoyent pas leurs parents.
Q . Quelles sont les tournures wallonnes dont on se sert pour désigner :
1573. La femme d 'un tel ?
1574 . Le fils d 'un tel ?
1575. La fille d'un tel ?
Les domestiques.
1576 . La bonne qui entre le lundi brise tout; celle qui entre le
dimanche ne reste pas (Liége).
1577. Q . La vachère quientre pour la première fois dansl'étable, le valet
- 130 -

de ferme (vârlè) qui entre pour la première fois dans l'écurie, se conforment
ils à quelque usage ?
1578. Q . Que faut-il faire faire å un nouveau serviteur pour qu'il reste
attaché à son maître et à la maison ?
1579 . Q . Y a -t-il des foires où l'on engage les domestiques et que s'y
passe-t-il ?
1580. Les domestiques à la campagne se louent pour un an .
L 'année de service commence généralement à la St-Martin (11 nov.)
dans la province de Liége.
1581. En engageant une servante , on lui donne un dni- Dyè
« denier à Dieu » ou égadjmin « engagement » . Qu'elle soit engagée
au mois ou à l'année , elle le conserve, si elle reste plus de six mois,
en Ardenne, et plus d 'un an, à Liége, ou si ses maîtres lui donnent
congé avant ces délais.
1582. Si le maître n 'a pas réengagé (ridmandé) un mois avant la
fin du temps de service le domestique engagé à l'année, celui-ci
est considéré comme renvoyé.
1583. Un domestique loué au mois est réengagé tacitement, si on
ne lui donne pas congé quinze jours à l'avance.
1584. En Ardenne,vers le milieu du siècle, on donnait commegages
annuels à un domestique de ferme sî pès' « six pièces » (de cinq
francs) et une paire de souliers à Noël.
Métiers et occupations.
Connaissez-vous des superstitions et des coutumes relatives aux métiers
et occupations qui suivent :
1585. MARÉCHAUX-FERRANTS ET FORGERONS ?
1586. Q . Le maréchal-ferrant de votre village remplit-il le rôle de
guérisseur ?
1587. Q . Le fer à cheval est-il l'objet de superstitions ?
1588. BARBIERS? TANNEURS ? TISSERANDS? CORDONNIERS? TAILLEURS?
COUTURIÈRES? MINEURS (houyeu ) ? Maçons ? MEUNIERS? EQUARISSEURS
(potchâ) ? PORTEFAIX (pwertell -â -sètch ) ? FEMMES DE PEINE (botrès') ?
BERGERS ? VACHER (hyèrdê)? PORCHER (pwartchi, Ardenne) ? CHEVRIER
(gatlē, id .)?. CABARETIERS?
- 131 -

1589. Le cabaret à la campagne se distingue des autres maisons


par deux petits disques de cuivre collés à la fenêtre (prov. de Liége)
ou un rameau de genévrier au-dessus de la porte (Ardenne).
1590. CHASSEURS? 1591. PÊCHEURS?
1592. Q . Y a-t-il une coutume ou superstition relative au premier poisson
pris ?
1593. Q . Des superstitions relatives aux engins de pêche ?
Propriétés communales.
1594 . Q . Les communes de votre canton possèdent-elles des terres arables
et à quelles conditions traditionnelles sont-elles cédées aux particuliers?
1595. Q . Quelles coutumes se rattachent aux pâturages publics ?
1596. En Ardenne, le pâtre public , vacher, porcher ou chevrier ,
est rémunéré de ses services comme suit : chacun des particuliers lui
donne une somme modique et de plus le nourrit et le loge autant de
jours qu'il lui a confié de têtes de bétail.
1597. Q . Dans les communes possédant des bois, suit-on pour l'affonage
des usages locaux traditionnels ? – La vente de la futaie présente-t-elle
quelque particularité ?
Louage.

1598 . Q . Quels sont les usages particuliers de votre canton pour le louage
des terres : durée des baux, dates d'échéance, etc. ?

Vente.

1599. A Liége, une marchande tient à recevoir le lundi comme


première cliente une personne a ayantune bonnemain » . Beaucoup de
femmes font leurs emplettes le lundi matin pour porter bonheur pour
la semaine à leurs fournisseuses ; cela s'appelle lè strimé « les
étrenner ». La marchande exige d'ordinaire dans ce cas un petit
acompte et fait un signe de croix en tenant à la main la première
pièce de monnaie.
1600. Le sou remis par l'acheteur en confirmation d 'un marché
doit être donné par le vendeur au premier mendiant.
- 132 -
Donations enfantines.
1601. Pour rendre irrévocable une donation qui vient de lui être
faite par un petit camarade, un enfant de Liége touche ou baise un
objet en fer en disant :
Krâ boyê, « Boyau gras,
Matî L 'Ohê, Mathieu L 'Os,
Vo n'èl râré pu jainê ; Vous ne le raurez plus jamais ;
Dj'a bâhî dè fyèr. J 'ai baisé du fer . »
(Var. Dj'a toutchî... « j'ai touché... » Defrecheux Enfantines no 22 .)
1602. A celui qui reprend une chose donnée, l'enfant dit, à
Verviers, en français :
Enfant
Du serpent
Qui le donne et qui le r'prend !
à Laroche, on dit à un garçon :
Târazin , « Sarrazin (?),
Kirprin , Qui reprend,
Kirden ! Qui redonne! »
à une fille :
Târazèn , etc . « Sarrazine (?), etc. »
Trouvailles.
1603. Lorsqu'un enfant trouve un objet appartenant à l'un de
ses camarades, il s' empresse de le cacher et il chante trois fois en
français :
Qui a perdu ? Moi j'ai trouvé,
Dans la rue des cavaliers.
Celui qui ne répond pas
Ne le raura pas.
Aussitôt ses camarades s'empressent de se fouiller et si aucun ne
peut désigner la nature de l'objet perdu, il reste la propriété de
celui qui l'a trouvé.
Serments d'enfants.
1604. A Herve, l'enfant met la main sur le cour en disant : min
so ľkoûr « main sur le cæur », puis se tire la peau du larynx avec
le pouce et l'index de la main droite en disant : Pissèť dè bon Dju
« pince du bon Dieu » .
- 133 -

1605 . A Liége, la forme la plus solennelle du serment pour un


enfant consiste à rètchỉ s' pètchê « cracher son péché » . Pour affirmer
la véracité de ce qu 'il vient de dire, il décrit au-dessus de sa tête un
cercle avec l'index de la main droite dirigé vers les cheveux , puis se
tirant la peau du larynx avec l'index et le pouce de la main droite, il
crache à terre un peu de salive et dit : Vola m ' pètchî« voilà mon péché).
1606. A Ensival, l'enfant se mouille l'index de salive et se fait
une croix sur le front en disant : Vola mé krcu « voilà mes croix » .
« Fais serment ! » se dit fêť kreu.
Formules d'obsécration.
1607. Ki dj tom reu mwèr vola so l plès' ! « Que je tombe raide
mort ici sur la place ! » (Liége).
1608. Ki dj selly kû è l'ôl ! « Que je sois cuit dans l'huile ! »
(Liége).
1609. Kidj koûr arèdji à Sin - Houbèr ! « Que je courre enragé
à Saint-Hubert ! » (Verviers).
1610. Ki dj vây è wahê dè dyâl! « Que j'aille dans le cercueil
du diable ! » (Liége). '
1611. Ké l' bon Dyeu m ' fas' aveûldémè deu -a i ! « que le bon
Dieu me fasse aveugle de mes deux yeux ! » (Nivelles).
Querelles .
1612 . Lorsque deux enfants se querellent, il arrive souvent qu 'un
tiers intervient, saisit l'un par les cheveux en disant à l'autre :
Riprindé vo tchvè « Reprenez vos cheveux » (Grivegnée).
1613 . Q . Y a -t-il des gestes et des mots consacrés pour se provoquer au
combat ?

XIV. – Êtres merveilleux. (Seconde partie.)


1614 . Il y a à Liége un quartier appelé à la bonne femme. Des
cabarets portent l'enseigne à la bonne femme et la peinture de
l'enseigne représente une femme sans tête (Huy, Bruxelles). Cette
bonne femme vient en réalité d 'une bonne Renommée (fame) et sa
représentation paraît uniquement dériver de la Renommée de Vir
gile (En . IV 173) dont la tête disparaît dans les nuages.
- 134 -

1615 . A Masy, près de Gembloux, les enfants creusent de grosses


betteraves et les percent de trois trous. Le soir après y avoir intro
duit des bougies allumées, ils vont les placer dans les haies et disent
que ce sont les trois femmes blanches.
1616. On croyait jadis à Liége qu'une petite dame blanche, li
ptiť blank fem , venait s'asseoir sur le seuil d 'une maison , quand il
devait y mourrir quelqu'un dans la huitaine.
Revenants (spér ).
' 1617. Un revenant qui hante une maison est conçu commehabillé
de blanc et traînant des chaînes. On raconte généralement que c 'est
l'âme d 'un ancien propriétaire .
1618 . Q . Connaissez-vous des histoires de revenants apparaissant sous
forme de chien, de bouc, etc. ?
1619. Le spectre revient pour demander des prières qui doivent
améliorer le sort d 'outre-tombe, soit de lui-même, soit d 'unepersonne
qu'il a assassinée. Exemples:
1620. Un homme revenant la nuit rencontra un bouc qui tourna
et sautilla autour de lui.
« Que me veux -tu , demanda-t-il, j'ai prié pour toi. »
Le bouc répondit :
« Ilme fallait encore deux paters pourmedélivrer. »
- « Tu les auras. »
On pria dans le village et le revenant disparut. (Hock 276.)
1621. Un revenant importunait les gens d 'un village. Un cheva
lier alla passer la nuit, armé et en prières, pour savoir ce qu'il
voulait. Le spectre arriva et dit qu'il était le portier d 'un couvent
voisin . Il avait étouffé une jeune fille qui ne voulait pas l'accepter
pour amant et s'était pendu de désespoir. En enfer , il avait appris
que la jeune fille était en purgatoire et il revenait pour demander
des messes suffisantes pour la faire aller en paradis. Le chevalier
promit les messes et le spectre se retira (résumé d 'un rêmê de
M .Gust.Magnée dans Bull. Soc. Liég . de Litt. wall., 1re g. 7 ,53-59).
1622. Q . Connaissez-vous des histoires de spectres venant révéler qu'ils
ont été assassinés ?
- 135 -

1623. Q . Connaissez-vous des histoires de revenants s'accrochant au dos


d 'une personne ?
1624. Q . Coñment peut-on éloigner un revenant ?
1625 . Q . Avez-vous entendu raconter l'histoire d 'une messe de revenants
(pèneîz mès') ?
Trésors.
1626. Il n'est pas de ruine de vieux château à propos de laquelle
on ne raconte qu 'il s'y trouve au fond d'un souterrain un trésor
enfermé dans un coffre de fer et gardé par une chèvre aux cornes
d 'or (gať dôr). La chèvre d 'or est ordinairement considérée comme
un revenant, ancien habitantdu château, intendant infidèle ou châ
telaine avare, qui revient sous cette forme en punition de ses péchés.
Dans quelques villages, on croit que le trésor lui-même consiste en
une chèvre d 'or massif, ce qui est certainement une corruption de
la donnée de la légende.
1627. Aux ruines de Franchimont, la chèvre d 'or est remplacée
par un bouc vert (vèr bo), conçu comme un démon auquel le diable a
confié la garde du trésor et qui se tient couché sur le coffre. A
certains jours de l'année, il est relevé de sa faction pour une heure
et c'est seulement pendant cette heure que l'on peut chercher à
s 'emparer du trésor.
1628 . A propos de chaque trésor, gardé ou non par un animal
merveilleux, on dit que l'on ne peut s'en emparer qu'à la condition
de le ramener au jour sans prononcer une parole et l'on raconte
presque partout à l'appui, qu ’un jour des hommes étaient parvenus à
retirer le coffre jusqu 'à l'orifice du puits 'où il se trouvait, lorsque
l'un d 'eux ne put retenir une exclamation, commeno l'avan ! « nous
l'avons ! » , ce qui le fit retomber au fond de l'abîme.
Nains.
1629. Il n 'est guère de grotte dont on ne raconte qu'elle a été
jadis habitée par depetits hommes, hauts tout au plus de deux pieds,
parlant nne langue inconnue et d 'un caractère tantôt serviable ,
tantôt farceur.
1630 . Ces nains s'appellent sotê (province de Liége), massote
- 136 -

(prov. de Liége et de Luxembourg ), lûton (prov. de Luxembourg),


nûton (province de Namur), lapon ou napon (environs d 'Ath),
sarazin (Hesbaye).
1631. On raconte partout que jadis on allait porter à l'entrée de
leurs grottes des objets à raccommoder, – il s'agit ordinairement
de souliers dans les légendes de la province de Liége, d'outils en fer
dans celles de la province de Namur — , en ayant soin de déposer
avec ces objets de la farine, ou un petit gâteau , ou des fruits, — dans
quelques villages, on dit même: une pièce de monnaie. Le lendemain ,
on retrouvait les objets remis en bon état.
1632. Le nûton de Tohogne. Jérôme Pimpurniaux Guide du
voyageur en Ardenne I, 209 fait raconter par un petit garçon qu'il
dit avoir rencontré près de Durbuy et questionné sur les Nûtons :
" Je n 'en ai jamais vu, et je tiens de mon père, qu'ils deviennent de
jour en jour moins communs;mais mon oncle Léonard en a ren
contré un, l'année dernière, à la fête de Tohogne, et m 'a fait son
portrait. Il n 'était pas plus haut qu 'une botte de gendarme; sa tête ,
couverte de cheveux aussi roides que les poils d 'une brosse , était
plus grosse que celle de notre bourrique; il avait un nez rouge et
épaté, et quand il riait, sa bouche, fendue jusqu'aux oreilles,montrait
deux rangées de dents blanches et longues comme des noisettes
franches , ce qui prouve l'habitude demanger de la chair humaine (1).
Comme on était à la saison des grosses noix, il y avait dans les rues
du village des amas d' écales, hîv di djèy ; en les voyant, le petit
homme ne put retenir une exclamation, et, les prenant pour des
casseroles de terre à l'usage d 'individus de son espèce, il s'écria :
Hi! lè bê pti potê [ « Oh ! les beaux petits pots » ] ,
En recueillant des légendes de nains, il ne faut pas oublier de poser aux
conteurs les questions suivantes :
1633. Q. Comment étaient leurs pieds ?
1634. Q . Quelle était la forme de leurs habits ?
1635. Q . Quelle était la couleur de leur coiffure ?

( ) Ce détail parait du crû de M . Pimpurniaux, inieux au courant que son petit Ardennais
des moeurs des cannibales; dans la suite , nous corrigeons son orthographe wallonne.
- 137 -

1636. Q. De quoi se nourrissaient-ils ?


1637. Q . Pourquoi ont-ils disparu ?
1638 . Q . Que criaient-ils lorsqu'ils sont partis ?
1639. Q . Avaient-ils un roi et qu'en dit-on ?
1640. Q. Parle -t-on de nains habitant les houillères ?
1641. Q . Parle-t-on de nains ou de naines habitant les creux des arbres ?

Q . Que raconte le peuple des Francs 1642, des Romains 1643, des
Sarrasins 1644,des Mahometans 1645, des Templiers 1616 ,des Zingaris 1647 ?
1648 . Q . Parle-t-on de géants enterrés sous une colline ?
1649. On appelle un bon et fort cheval on tchvá kom Bayâ « un
cheval comme Bayard » (Defrecheux Comparaisons 215 ). A Remou .
champs, Pepinster , Dinant ( Roche à Bayard), il y a sur un
rocher une excavation que l'on dit être l'empreinte laissée par un
pied de Bayard s'élançant au-dessus de la vallée. (Pimpurniaux I,
43. 89. 114 .)
1650. Q . Y a -t-il dans votre canton une légende de saint ou d 'homme
extraordinaire luttant avec un dragon ou un serpent ?

XV . – Le Calendrier (1).
Connaissez-vous des superstitions, des coutumes,des jeux, des chansons,
des dictons, etc., se rapportant spécialement aux jours de l'année qui
suivent :
1651. LE 1er JANVIER ?
1652. A Liége, dès la première heure jusqu'à la nuit, les enfants
du peuple parcourent les rues en bandes, sonnant à toutes les portes
et assaillant les passants pour leur offrir des nûl en souhaitant in '
bon ' an -nêy , in ' parfèť santé è toť sôr di boneîr a une bonne année,
une parfaite santé et toutes sortes de bonheurs » . Les nül, — le mot
vient du latin nebula , -- sont des hosties un peu plus grandes qu'une
pièce de cinq francs en argent et portant l'image d 'un crucifix en un
léger relief. Elles sont ordinairement blanches,mais il en est de cou

(1) Nous donnons aux fêtes mobiles la date qu'elles ont dans de Reinsberg -Düringsfeld ,
Traditions et légendes de la Belgique. Bruxelles, Claessen , 1870 .
- 138 –
leur.Le nûl vert est un heureux présage. On donne presque toujours
à ces enfants quelque menue monnaie et beaucoup acceptent leur
nûlpour le coller, à titre de chasse-malheur, au-dessus et sur le côté
intérieur de la porte de la maison ou de la chambre qu'ils habitent.
1653. Une jeune fille doit demander son prénom au premier petit
garçon qui lui souhaite le nouvel an . Son futur mari portera le
même.
1654. A Vaux-sous-Chèvremont, on dit en allumant le premier
feu : Dji v sohèť in ' bon' an -nèy, a ľwâd' di Dju « Je vous
souhaite une bonne année, à la garde de Dieu » . En tirant le
premier seau d 'eau, on jette une poignée de sel dans le puits et l'on
fait le même souhait.On répète ce même souhait en allant ensuite
dans les prairies enrouler autour des arbres fruitiers des torchettes
de paille (Hock 102).
1655. DIMANCHE AVANT LES Rois (4 janv.) ?
1656. VEILLE DES Rois ?
1657. La veille des Rois, dans les villages de l'est de la province
de Liége, les enfants et les jeunes gens vont quêter aux portes en
chantant, ce qui s'appelle hèyè ſou hélî] âəz oûh. Ils font un petit
régal avec ce qu'on leur donne.
1658 . Jadis, à Herve, la ville était de plus parcourue par trois
jeunes garçons, plus ou moins déguisés, qui représentaient les rois
mages allant à Bethléem et chantaient aux portes la chanson des
trois rois (nº 1010 ). L 'un deux portait une hotte, un autre avait le
visage noirci pour figurer l' neûr rwè « le roi noir » et agitait une
sonnette fixée au bout d 'un bâton .
1659. Q . Connaissez -vous des chants de quête analogues à ceux qui
suivent ?
1660.
Bon ' nuť ,wèzèn ,è bon ' santé , « Bonnenuit, voisine,et bonne santé,
No vnan tchanté po v 'rèkréyé. Nous venons chanter pour vous
. (récréer .
On no-z a diko komenmin On nous a dit généralement
Ki vozèsti dè si brav -è djin Que vous étiez de si braves gens,
Ki l' konchiyins' ni v ' pwètreu nin Que la conscience ne vous porterait
ſpas
- 139 –

Di no lèyê tchanté po rin . De nous laisser chanter pour rien .


Sèyî no braf, Soyez bons pour nous,
Fé no les waf Faites-nous les gauffres
È lè gale Etles galettes
Po mèt è nos' pakè ! Pourmettre dans notre paquet ! »
(prov. de Liége.)
1661.
S'è-st oûy lè hél; « C 'est aujourd'huiles hél;
I n 'a pu d 'èlmizér . Il n'y a plus de misère .
S'è to hèlyeu , Ce sont tous hélyeu ,
I n 'a pu dè bribeu . Il n'y a plus demendiants.
Sèyê no braf, etc. (Id .)
1662. Q. Connaissez -vous des chants de quête satiriques ? Exemple :
1663.
Dju vin hélî a lôliyèt 1 « Je viens hélî à l'aillette (")
Ku l'fam du sin'a pu dè tèť . Que la femme d'ici n'a plus de ma
(melles.
On li a kópé avou ’n’sizèť . On les lui a coupées avec des ciseaux.
On l'- a rosti è n ' on' pêlèt . On les a rôties dans un poêlon .»
1664. JOUR DES Rois ( 6 janvier ) ?
1665. Celui qui mange le morceau du milieu du gâteau des rois
(li mirou dè waste ) n 'aura pas de coliques pendant l'année (prov. de
Liége).
1666. Jadis,dans plusieurs villages de la province de Liége, après
que la fève avait désigné le Roi, on le portait assis sur une chaise
dans la prairie derrière la maison. La Reine qu 'il s'était choisie
venait s'asseoir à côté de lui.On brûlait devant eux une gerbe de
paille et l'on faisait une ronde.
1667. DIMANCHE APRÈS LES Rois ?
1668. Il s'appelle à Liége le dimanche du roi noir » .
1669. LUNDI APRÈS LES Rois (12 janv.) [lundi perdu dans le
Brabant, lundi parjuré dans le Hainaut ) ?
1670. Q . A -t-il un nom spécial dans votre canton ? Le peuple explique-t
il ce nom ?

(°) Huile d ' oeillette dont on se sert dans les campagnes pour faire la salade.
- 140 –

1671. ST-MAUR (15 janv.)?


1672. Les arbres qu'on replante le jour de St-Maur ne repoussent
pas (Mons).
1673. ST-ANTOINE (17 janvier ) ?
1674. Dans plusieurs villages de la province de Liége, notamment
à Pepinster, on va faire bénir des petits pains ou des gauffres (waf)
que l'on fait manger aux gens et aux bêtes, — surtout aux porcs ,
afin de les préserver du « feu Saint-Antoine» , inflammation des
intestins.
1675. Q . Que croit -on s'il neige, s'il pleut ou s'il gèle le lendemain de la
fète de St-Antoine ?
1676. Q . Entre la St-Antoine et la Chandeleur, y a -t -il un jour auquel se
rattache une coutume ou une superstition relative à l'amour ou au mariage ?
1677. ST-SÉBASTIEN (20 janv.)?
1678. ST-VINCENT (22 janv.) ?
1679. CHANDELEUR ( 2 février ) ( comp. nº 991) ?
1680. Q . Est-ce un jour de fête pour les domestiques à la campagne ?
1681. Q . Y a -t-ildes usages relatifs aux cierges bénits ce jour-là ,surtout
en ce qui concerne les bestiaux ?
1682. Q . Fait-on quelque grand nettoyage ?
1683. ST-BLAISE (3 fév.) ?
1684. Saint Blaise est invoqué pour guérir les maux de gorge.
1685 . A l'église St-Remacle, à Verviers , ceux qui veulent se
préserver du mal de gorge vont, le 3 février, se faire mettre deux
chandelles allumées en croix sur la nuque.
1686 . STE -AGATHE (5 fév.) ?
1687. ST-AMAND (6 fév.) ?
1688. STE -APOLLINE ( Sinť Apolôn '] ( 9 fév.)? .
1689. On l'invoque dans tout le sud de la Belgique contre les
maux de dents.
1690. QUINQUAGÉSIME (8 fév.)?
1691. Q . Donne-t-on un nom spécial au dimanche qui précède le mardi
gras et au lundi qui suit ?
- 141 -

1692. MARDIGRAS (12 fév .) ?


1693. En Hesbaye, les enfants vont de porte en porte de grand
matin en disant des chants de quête (comp. nº 1660).On leur donne
des pommes, des noix , mais surtout des morceaux de lard qu'ils
embrochent dans de longues baguettes de saule.
1694. On allume sur les routes devant chaque porte un petit feu
appelé hirâť, afin de préserver gens et bêtes des coliques (Condroz).
(Comp. nº 1782.)
1695. Il faut manger du chou vert le mardi gras pour que l'été
suivant les choux ne soient pas attaqués par les petites mouches
(prov. de Liége).
1696. Q . De quels cris les enfants poursuivent-ils lesmasques ?
1697. MERCREDI DES CENDRES (17 fév.) ?
1698. La croix faite sur le front à la messe du mercredi ne doit
pas être effacée. Il faut la garder le plus longtemps possible . On dit
aux enfants que s'ils peuvent la conserver jusqu'à Pâques, – la
Laetare en Hesbaye — , le curé leur donnera un costumeneuf.
1699. Q . Comment procède-t-on dans votre village à l'enterrement bur
lesque de Mardi-gras ou de Matî L' Ohê « Mathieu L 'Os » ?
1700. DIMANCHE DES GRANDS FEUX (djoû dè fouwâ, djoû dè gran
feu ) (premier dimanche du Carême).
1701. Les enfants vont dîner chez leurs parents : on rvin magni
ľ' pan di s' pér « on revient manger le pain de son père » (Liége) ;
el djoll du gran feu , o va , sòť eûr lon, sèť eûr lärtch, pou mindja du
pin d 'leu parin « le jour du grand feu , on va , sept heures long , sept
heures large, pour manger du pain de ses parents » (Baulers ) ; on va
manger le pain de ses parents pour les « faire vivre vieux » (Nivelles ).
1702. Le premier dimanche de Carême, on fait encore, dans beau
coup de villages, de grands feux (fouwâ). L 'usage n 'a disparu dans
les villes qu’au milieu de ce siècle.
1703. Ces grands feux sont allumés sur les hauteurs . .
1704. Les jeunes gens, ou plutôt aujourd'hui les enfants, vont
quêter de porte en porte le combustible nécessaire.
1705. Q . Quel est le combustible ordinaire ?
- 142 -

1706. Celui qui a refusé du combustible est poursuivi le lendemain


par les enfants qui cherchent à lui noircir le visage avec les charbons
du foyer éteint (Grand-Halleux).
1707. On met, pour servir de centre au bûcher, une perche que
l'on nommemakral « sorcière » (Grand-Halleux).
1708. C 'est le dernier marié du village qui met le feu (Grand
Halleux).
1709. Q . Comment s'y prend -il pour mettre le feu au bûcher ?
1710. Q . Le feu est-il béni par le curé ?
1711. Les jeunes gens font des rondes autour du feu .
1712. Q . Ces danses offrent-elles quelques particularités ?
1713 . Q . Sont-elles accompagnées d 'une chanson ?
1714 . On jette dans le grand feu un mannequin de paille
(environs deMorlanwelz ).
1715 . Q . Fait-on la même chose dans votre village ? Donnerait-on un
nom au mannequin ?
1716. Q . Ne jette-t-on rien d 'autre dans le feu ? .
1717. Q. Mange-t-on quelque plat particulier pendant que le feu brûle ?
1718. A Laroche, on attachait un vieux balai au sommet de la
perche qui servait de centre au bûcher. La personne, dans la direc
tion de laquelle le balai tombait pendant la flambée, serait, croyait
on , la première à se marier de toute la jeunesse présente .
1719. On aura autant d'@ ufs à Pâques qu'on a vu de feux le jour
des grands feux (Ensival).
1720 . 1er Mars ?
1721. Q . Les jeunes filles ont-elles des superstitions relatives au premier
mars ?

1722. REMINISCERE (second dimanche de Carême, 4 mars) ?


1723. OCULI (11 mars) ?
1724. St-GRÉGOIRE (12 mars) ?
1725. Saint Grégoire est appelé dans tout le pays wallon le
patron des écoliers.
- 143 –

1726. En Hesbaye, les enfants enferment l'instituteur dans son


école et crient :
Sin Grigori, « Saint Grégoire,
Patron dè skolî, Patron des écoliers ,
Dineno on djoû d ' kondji. Donnez-nous un jour de congé. »
1727. A Laroche, les enfants vont se promener avec l'instituteur
etmanger une sorte de bouillie faite avec des oufs, du lait et de la
farine, et appelée matrou .
1728. On sème les oignons, même s'il y a encore de la neige.
· 1729. 15 MARS ?
1730. Q . N 'y a -t-il pas d'usage se rattachant à la mi-mars ?
1731. Ste-GERTRUDE (17 mars ) ?
1732. LAETARE (18 mars) ?
1733. Q . Y a-t-il ce jour quelque fête des enfants ?
1734 . ANNONCIATION DE LA VIERGE (25 mars) ?
1735 . ler AVRIL ?
1736. RAMEAUX (Florèy-è Pâk] (3 avril) ?
1737. On va planter de petits rameaux de buis bénit à tous les
coins des champs de blé et de plus, dans quelques villages au nord de
Liége, sur les tombes.
1738. St- ISIDORE (4 avril) ?
1739. JEUDI-SAINT (7 avril) ?
1740. On doit visiter sept églises dans l'après -midi du Jeudi
Saint (Liége et Verviers).
1741. A Verviers, on mange des gâteaux en forme de croissant
X

qu'on appelle a lunettes ».


1742. VENDREDI-SAINT (8 avril) ?
1743. Le Vendredi-Saint, il est bon de cuire le pain et il est
mauvais de laver le linge.
1744. La croyance est expliquée à Laroche par la légende qui
suit : Jésus ayant soif passa près d'une femme qui faisait la lessive
et luidemanda à boire. Elle lui donna une tasse d 'eau de lessive; il
la but sans rien dire. Plus loin , il passa près d'une maison où l'on
- 144 -

cuisait le pain et demanda de quoimanger. La femme lui donna un


petit pain . Jésus s' en alla en disant :
Maudite soit la femme qui bue (= fait la Jessive, bouwèy)
Et bénie soit la femme qui cuit.
1745. On aura des clous pendant l'année si l'on mange des
pommes le Vendredi-Saint (Liége).
1746. On doit semer les jardins le Vendredi-Saint.
1747. On dit aux enfants que s'ils peuvent jeûner le Vendredi
Saint toute la journée , ils trouveront un petit couteau (Hesbaye).
1748. SAMEDI-SAINT (9 avril) ?
1749. A Liége, on disait aux enfants, qu'à midi, arrivait au quai
de la Batte un bateau d'osier, li batê d 'wêzîr, tout rempli d'œufs
de Pâques, kokogn , qui étaient distribués gratuitement aux parents
pour leurs enfants.
1750 . Dans le reste de la province, ce sont les cloches qui
sement des mufs dans les jardins et les buissons en revenant de
Rome et le lendemain matin , les enfants vont y découvrir les oufs
que leurs parents y ont cachés.
1751. PAQUES (10 avril) ?
1752. I fâ strimé dè noû solé ou lè-z agès' vi hitron so l' tyès'
« Il faut étrenner des souliers neufs ; sinon , les pies vous chieront
sur la tête » (Liége).
1753. Q . Que faut-il ou ne faut-il pasmanger ou boire à Pâques ?
1754. On teint ordinairement en brun les eufs de Pâques, en
mettant des pelures d'oignons dans l'eau qui sert à les cuire. .
1755. Les enfants s'amusent à jeter en l'air, dans les prairies,
les eufs durs qu'on leur donne ( Sinsin, prov. de Namur).
1756 . On joue à heurter les œufs, kaké lè-2-oû . L 'un des joueurs
tient son œuf serré dans le poing, le bout pointu (bètch « bec )
dépassant seul. L 'autre heurte l'æuf de son adversaire avec le
« bec » du sien . Celui dont l'œuf est entamé le retourne et le serre
dans la main de façon à ne laisser accessible que le bout arrondi
(kou a cul» ). Celui qui a réussi « bec » contre a bec » joue alors
« bec » contre « cul » . S 'il réussit, il gagne l'ouf. Si son « bec » se
- 145 -

brise, c'est à lui à retourner son euf et à l'autre à jouer « culo contre
« cul » .
1757. LUNDI DE PAQUES ( 11 avril) ?
1758. Jadis, à Herve, pendant toute la journée du lundi, les
habitants se rendaient à cinq minutes de la ville dans un terrain
en pente, appelé so l'Hoûgn (1), et situé au bord d'un chemin ,
dans la direction de Bolland. Des marchands y vendaient de la
bière et des couques brunes très friables, appelées miloûť . Chacun
avait apporté des wufs durs dans un panier et l'on se provoquait à
les heurter les uns contre les autres (kaké lè-z oû). Les mufs gagnés
se mangeaient avec des miloût . Il y a environ cinquante ans le
chemin élargi, où avait lieu la fête, a été resserré au profit des
riverains et depuis lors,c'est dans la rue où se trouvent actuellement
les écoles communales que l'ancienne fête revit, mais très altérée,
dans une petite foire avec quelques échoppes de marchands de
couques et des joueurs d '@ ufs, munis de leurs damiers et de leurs
bourses à numéros. Cette foire s'appelle lu Hoûgn , du nom du lieu
où elle se tenait autrefois.
1759. QUASIMODO ( 17 avril) ?
1760. Le premier dimanche après Pâques s'appelle Klôz -é Pâk
« Pâques closes » ou dimègn dè moûnî « dimanche des meuniers » ,
parce que l'on dit que ceux-ci, que le peuple considère volontiers
comme un peu voleurs , attendent toujours le dernier moment pour
faire leurs pâques.
1761. ST-GEORGES (23 avril) ?
1762. 1er MAI ?
1763. La nuit du 1er mai, les jeunes gens vont attacher sur les
toits ou planter devant la porte des maisons où il y a des jeunes filles,
des branches d 'arbres (may), dont la valeur est symbolique. Un mai
de buis enrubanné (may di pâkî), est une déclaration d 'amour. Un
mai de cerisier ou de noyer indiquera la demeure d'une jeune fille

(9) Hoûgn , aujourd'hui nom propre, a dù signifier primitivement « éminence » , Comp.


Hougnet' « petit tas de foin » , qui en est le diminutif.
10
- 146 –

qui fait trop parler d'elle. La coutume des mais est reportée à la
nuit de l'Ascension dans les environs de Verviers.
1764. Q . Quelle est la valeur symbolique des différents arbres: sapin, bou
leau, peuplier , sureau, chêne, houx, frêne, etc. ?
1765. Q . Plante-t-on aussi des mannequins et comment les appelle-t-on ?
1766. Q . Les jeunes gens ou les enfants chantent-ils quelque chanson sur
lo mois de mai ?
1767. “ A Fosses, le 1er mai, pour fêter sainte Brigitte, on dis
tribue des milliers de baguettes de noisetier ; à la grand'messe , au
moment où le prêtre donne la bénédiction , chacun lève sa baguette
en l'air ; les milliers de branches de noisetier s'agitent et s'entre
choquent toutes ensemble , (Hock 118 ).
1768. INVENTION DE LA CROIX (3 mai) ?
1769. S'il pleut le 3 mai, il n 'y aura pas de noix (Nivelles).
1770. A Amay, le 1er dimanche de mai, les paysans arrivent en
masse des environs à la messe en l'honneur de Ste- Brigitte. “ Ils
vont à l'offrande, puis emportent de la terre préparée et bénie
placée dans un grand plat en cuivre jaune, à grosses ciselures sur
les bords ; ces ciselures représentent des vaches, des cochons, etc.
Chaque paysanne a bien soin de caresser de la main ces ciselures au
profit de ses bestiaux. Les petits paniers et les mouchoirs se rem
plissent de cette bonne terre, qu'on mêle à la nourriture du bétail.,
(Hock 119). A Huy, à l' église St-Remy, à la fête de Ste-Brigitte, la
sainte est exposée avec sa petite vache noire et la foule se presse
pour caresser la vache.Ceux qui ne peuvent l'atteindre avec la main ,
la touchent du bout de leur bâton .
1771. SAINT-SERVAIS (13 mai) ?
1772. Saint Servais est le grand saint agricole du Brabant et du
Hainaut. A Stambruges, près Tournay, suivant un almanach local,
on l'honore avec des bâtons pelés. (Comp.nº 1767.)
1773. ROGATIONS (15, 16 , 17 mai) ?
1774. Elles sont appelées lè kreu « les croix » , à cause des
croix de la procession qui parcourt les champs pendant ces trois
jours .
- 147 -
1775 . Dans le pays de Herve et de Verviers, les enfants suivaient
jadis ces processions, en portant ce qu'ils appelaient des djoli pikre
« bâtons bariolés » . Le pikrê était une longue baguette , dont ils
avaient enlevé l'écorce , de manière à former des arabesques . Il était
parfois garni de rubans. Ils y attachaient ou y enfilaient les frian
dises qu'ils quêtaient pendant ces trois jours et qu'ils mangeaient
bien souvent pendant les processions. A Herve, ils chantaient en
suivant les « croix » , au lieu du latin des litanies :
Santa Mitch è mi-y oll « Sainte Miche et mon cuf
È m ' djoli pikrê avou Etmon bâton bariolé avec. »

1776 . ASCENSION (18 mai) ?


1777. PENTECÔTE (Sékwèm , Pèn -nkos) ( 27 mai) ?
1778. TRINITÉ (3 juin )?
1779. FETE-DIEU (7 juin )?
1780. SAINT-ANTOINE DE PADOUE (13 juin )?
1781. St-JEAN -BAPTISTE (24 juin ) ?
. 1782. Huit jours avant la St-Jean, on brûle des bottes de paille
sur les routes, afin que les chevaux qui y passeront n 'aient de
coliques pendant l'année (Sinsin ).
1783. La nuit de la St- Jean , on fait de grands feux analogues à
ceux du premier dimanche du Carême.
1784 . Q . En quoi diffèrent- ils dans votre village ? N . B . Prière de relire
ici les numéros 1702-1719.
1785. Q . Les allume-t-on dans les plaines ou sur les hauteurs ?
1786. On saute au-dessusdes grands feux pour se préserver des
coliques (Sinsin ).
1787. Les charbons du feu de la St-Jean sont conservés. On croit
qu 'ils préservent de l'incendie. (Comp. n° 431.)
1788. On croit que, s'il pleut la nuit de la Saint-Jean, toutes les
noisettes seront trouées.
1789. La nuit de la Saint- Jean, les trésors cachés se laissent voir
à ceux qui passent à côté d'eux « sans les chercher » , inocin -nmin .
Un paysan de La Reid nous a conté : “ Mon grand-père revenait une
- 148 -

fois avec un de ses amis pendant la nuit de la Saint-Jean . A minuit,


ils aperçurent au pied d 'un chêne un petit brasier presque éteint qui
semblait avoir été allumé là par des vagabonds. L 'amide mon grand
père, ayant bourré sa pipe, prit un tison pour l'allumer. Il s'éteignit.
Il n 'eut pas plus de résultat avec deux autres. Un quatrième ayant
réussi, il referma le couvercle de sa pipe en y laissant le morceau de
charbon. Le lendemain matin , en secouant sa pipe, il en voit
tomber une pièce d 'or. Il vient conter la chose à mon grand -père.
Tous deux retournent au chêne au pied duquel était le feu et ils
retrouvent dans le gazon trois autres pièces d 'or. C ' étaient les
charbons qui avaient été essayés « Que n 'as-tu donné un coup de
pied dans le feu », dit mon grand-père .,
1790. A Ougrée , on plongeait autrefois, à midi, la statue de
saint Jean dans la Meuse pour en bénir l'eau (Hock 96).
1791. Sur les bords de la Vesdre, de l'Ourthe et de la Meuse, on
envoie les enfants se plonger, à midi sonnant, dans l'eau.
1792. Jadis les grandes personnes se lavaient avec de l'eau puisée
à la rivière à la même heure.
1793. Dicton : Sin Dj'han enn' è va nin sin s pèhon « St-Jean
ne s'en va pas sans son poisson » .
1794. Sts-PIERRE ET PAUL (29 juin ) ?
1795. Visitation N . D . (2 juillet)?
1796 . SAINTE-ANNE (26 juillet) ?
1797. ST-LOUP (31 juillet) ?
1798. A Strée (Condroz ), il y a une chapelle de saint Loup où
vont prier ceux qui se trouvent doués d'un trop grand appétit. Ils lui
offrent de petits gâteaux (tortê ) en guise d 'ex - voto.
1799. ST-LAURENT (10 août) ?
1800. ASSOMPTION (15 août) ?
1801. A Ensival, les petits garçons allaient jadis faire bénir à la
première messe des bouquets composés principalement de fleurs de
menthe sauvage et de tanaisie (tènhèy ). Ces bouquets bénis (bèni
bwère) étaient conservés pour être jetés dans le feu pendant les orages.
- 149 -

1802. La grande lessive doit se faire entre le 15 août et le


8 septembre (Herve).
1803. ST-ROCH (16 août) ?
1804. ST-BARTHÉLÉMY [sin Byètmé] (24 août) ?
1805. ST-FIACRE (30 août) ?
1806 . ST-GILLES (1er sept.) ?
1807. NATIVITÉ N . D . (8 sept.) ?
1808. ST-LAMBERT (17 sept.) ?
1809. C 'est à la Saint-Lambert qu 'on doit semer le seigle dans la
province de Liége.
1810 . ST-MICHEL (29 sept.) ?
1811. ST-REMY (1er octobre ) ?
1812 . ST -DENIS (9 oct.) ?
1813. Pendant la nuit de la St-Denis, on allume une bougie en
plein vent sur une hauteur. Si elle s' éteint, le froment baissera ; si
elle continue à brûler, il haussera (Moha ).
1814. ST-SIMON (28 oct.) ?
1815 . TOUSSAINT (1er novembre)?
1816 . On sonne les cloches à toutes les heures depuis le jour de
la Toussaint à midi jusqu'au lendemain à la même heure.
1817. JOUR DES AMES (2 nov.) ?
1818 . Q . Quel est le plat traditionnel de ce jour dans votre canton ?
1819. On recommande aux enfants de ne pas jeter de pierres
dans les haies et de ne pas y couper de baguettes, en leur disant
que les âmes y sont perchées (environs de Verviers).
1820. On doit fermer toutes les portes avec précaution pour ne
pas faire de mal aux âmes ( ibidem ).
1821. Les enfants se promènent en balançant en guise d'encensoirs
des pots à fleurs remplis de braises allumées et en mendiant avec le
cri : on san po lè pôr -è-2 âm ! « un cent (pièce de 2 centimes) pour
les pauvres âmes » ou on san po l'âté dè gozî « un cent pour l'autel
du gosier » (Verviers).
- 150 -

1822. Jusqu 'en 1798 , - époque où l'usage fut interdit - , le soir


du 2 novembre, veille de la St-Hubert, les enfants de Liége, munis
de petits maillets en bois, – les tourneurs en vendaient ce jour-là
par mannes – , allaient tambouriner (1) sur les portes en criant :
Houbyè è rivnou « Hubert est revenu
Avou dè mayè a skou . Avec des maillets au cul. »
ou
Sin Houbèr k'è rivnou
on
« Saint Hubert qui est revenu
Avou s'mayè a s’kou. Avec son maillet au cul. »
Ajoutant parfois :
Sin Houbèr m 'a -t ôrdoné « Saint Hubert m 'a ordonné
De bouhî è dè klawė. De frapper et de clouer. »
(Cf. Defrocheux. Enfantines , p . 25- 28 .)
1823. SAINT-HUBERT (3 nov.) ?
1824. Saint Hubert est invoqué à Liège contre la foudre :
Sin Houbêr,k'd-st è s'tchapèl, 1 « Saint Hubert, qui est dans sa cha- .
(pelle,
Ki no houk, ki no-z apèl, Qui nous hèle, qui nous appelle ,
Ki no prézèrv dėl tonir, Qu'il nous préserve de la foudre,
È d l'aloumir , Etde l'éclair,
È d'to mâleûr, si li plé. | Et de tout malheur, s'il lui plaît.»
1825. Dans le Hainaut, lorsque les enfants voient un chien errant,
ils disent une variante française du même texte :
Grand saint Hubert,
Qui est dans sa chapelle,
Quinous voit, qui nous appolle ,
Grand chien ,
Petit chien,
Passe ton chemin ,
Je ne te fais rien.
1826. On croyait, il y a peu d'années encore, que le jour de Saint
Hubert,on pouvait chasser partout sans autorisation de propriétaires
ou permis de port d'armes (Louveigné).

(") Nous employons à dessein ce verbe. Les textes qui nous font connaitre l'usage lui
donnent chacun un nom différent : roubiner, houbiner, ribouner, bouriner. Ces expressions
qui n 'ont pas de sens en wallon paraissent toutes des déformations du français tambouriner.
- 151 -

1827. On dit de saint Hubert dans le Condroz : S 'il aveu volor ,


il äreu stu l' bon Dju ; i n'a nin volou « S 'il avait voulu, il aurait été
le bon Dieu ; il n'a pas voulu .
1828 . Q . Parle-t-on d 'un cheval de saint Hubert?
1829. SAINT-MARTIN (11 nov.) ?
1830. Q . A -t-on conservé la coutume de manger uno oie le jour de
Saint-Martin ?
1831. Dans le sud-est de la province de Liége, les paysans vont
promener dans les prairies en tournant autour des arbres fruitiers
avec des bâtons entourés de foin ou de paille en feu. Les petits
garçons chantent en courant dans les vergers avec leurs brandons :
Bon Sin Mârtin ! ' « Bon saint Martin !
Avoyê de pom è de peûr Envoyez des pommes et des poires
è nos' djardin . Dans notre jardin . »

1832. Ste-CATHERINE (25 nov.) ?


, 1833. Sainte Catherine est la patronne des métiers où l'on fait
tourner des roues, parce que sainte Catherine a été rouée. Les
meuniers , les charrons et les charretiers chôment sa fête .
1834. Il arrive malheur à celui qui fait tourner une roue le
25 novembre. Dans quelques villages, on a même soin de moudre
le café la veille , la superstition relative au moulin à blé s'étant
étendue par analogie au moulin à café.
1835. St-ANDRÉ (30 nov.) ? (Voyez n° 657.)
1836 . St- ÉLOY (1er décembre)? (Voyez nos 243-245 .)
1837. Ste-BARBE (4 déc.) ?
1838. St-NICOLAS (6 déc .) ?
1839. Les enfants adressent à Theux cette prière à saint Nicolas:
Sin Nikolè, hapė l' bambou ; « Saint Nicolas,arrêtez le bambou (*);
Ka i m ' fè s' hègn ki m ' fè pa-ou . Car il me fait sa grimace quime fait
(peur.
- - -- - -- - - - - - -- - - - - - -- - --

(1) Bambou , båbou , nom du Croquemitaine wallon .


- 152 -

Hapé li tot sè djèy, Prenez-lui toutes ses noix ,


Mété lè è vos' banstê . Mettez-les dans votre panier.
Kópė li lè-z orèy, Coupez -lui les oreilles ,
Mèté lè è vos' sètchê. Mettez-les dans votre sac.
Sin Nikole,hapé l' bambou ; Saint Nicolas, arrêtez le bambou ;
Ka 'l è si lê k 'i m ' fè paou . Car il est si laid qu'ilme fait peur. »
1840. ST- THOMAS (21 déc.) ?
1841. Les enfants enferment leurs parents ou leur instituteur et
se font promettre quelque chose, friandise, jour de congé, etc.
(Nivelles). [Comp. 1726 .]
1842. NOÊL ?
1843. Pendant la nuit de Noël, les jeunes roitelets de l'année
reviennent tous au nid où ils ont été élevés (Lincé-Sprimont).
1844. Quand les douze heures sonnent, toutes les bêtes à cornes
se mettent à genoux dans les étables. Celui qui chercherait à les
voir ainsi prosternées deviendrait aveugle . Toutefois, elles pourraient
être vues sans danger par celui qui irait dans une étable à minuit
sans se douter de ce qui va se passer.
1845 . Q . Que savez-vousde la bâche de Noël ?
1846. Un rameau de pommier, in koh di mèlèy, coupé à minuit
et mis dans un vase d'eau , fleurira à la Chandeleur (Liége).
1847. On dépose à l'extérieur de la maison, presque partout, un
morceau de pain et une pinte d 'eau sur l'appui de la fenêtre; dans
quelques villages, de l'avoine et du fourrage devant la porte de
l'étable. Au coup de minuit, pain, eau, avoine et fourrage sontbénits.
L ' eau ne se corrompt ni ne s 'évapore jamais.
Le pain est distribué le lendemain aux gens et aux bêtes.
La poule qui mange l'avoine bénite est assurée contre le renard
et tous les petits carnassiers .
Les vaches quimangent le fourrage bénit peuvent paître impu
nément l'été dans les trèfles mouillés.
1848. On tue le porc et l'on porte aux parents, aux amis, au
propriétaire de la ferme, la charcuterie suivante : des pieds et des
oreilles de porc, du boudin et une ou plusieurs aunes de saucisse .
L 'ensemble de ces victuailles, réunies sur un même plat pour être
- 153 -

mangées froides au premier déjeuner de Noël et des jours suivants,


s'appelle in ' drèssêy « une (assiette ) dressée (= garnie) » .
1849. On donne aux enfants le matin de Noël un petit gâteau
appelé kougnou (Herve, Laroche, Charleroi, Nivelles).
1850. Q . Lui connaissez -vous d'autres noms ?
1851. Q . Quelle en est la forme et la composition dans votre canton ?
1852. Q . Que faut-il faire ou ne pas faire pendant les jours qui suivent
la Noël ?
1853. On ne doit pas faire la lessive entre Noël et le Nouvel an
(Polleur). .
1854. Que dit-on et que croit-on, si les coqs chantent à l'époque de
Noël ?
1855. ST-ÉTIENNE (26 déc.) ?
1856. Q . N' y a-t-il pas ce jour-là de superstition relative aux chevaux ?
1857. INNOCENTS (28 déc.) ?
1858. A Laroche, les petits garçons, armés de baguettes, vont de
maison en maison et y feignent de battre les jeunes filles, — ou la
femme à défaut de filles , et celles-ci leur donnent des noisettes.
1859. ST-SYLVESTRE (31 déc.) ?

FIN .
TABLE

1. Elresmerveilleux ( 1re partie) . . . . . . . . . . .


II . Animaux . . . . . . . . . . . . . . . . . .

. . . . . . . . . . . . . .
· · · · · · · · · · · · ·
. . . . . . . . . . . . . .
. . . . . . . . . .
. . . .
III. Agricullure . . . . . . . . · · · ·
IV. Plantes . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
V. Médecine et hygiènedu peuple . . .
.
VI. Mæurs et coutumes (1re partie) . . . .

·
VII. Fables et Contes . . . . . . . .
.
.

VIII. Astronomie etmétéorologie populaires . .


IX . Chansons. . . . . . . . . .
.
. . .

X . Sorcellerie , Magie , Divination . . .


.

·
XI. Enfantines et Jeux . . .
XII. Blason . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
XIII. Mæurs et coulumes (2° partie) . . .
XIV . Etre merveilleux (2e partie ) . . . . . . . . . . . . . 135
.

·
.
.

XV. Calendrier . . . . . . . . . . . . . . . . . .
OCT 20

APR 1254 H

APR 29 54H
minys, 1954

Dine 25
Inliga
OCT 18 :54