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Corrigé des cas pratiques

1er cas
Monsieur Mohamed, propriétaire d’une terre agricole, a décidé cette
année de rénover son exploitation.
Il s’est octroyé à cet effet un crédit d’une banque agricole pour acheter un
tracteur ainsi que d’autres outils nécessaires. Outre l’hypothèque de son
fonds, la banque a exigé de Monsieur Mohamed de signer des lettres de
change pour assurer le paiement de son crédit.
D’un autre côté, pour assurer une meilleure production de lait, Monsieur
Mohamed a décidé d’acheter de la nourriture concentrée pour son bétail
outre celle provenant de son fonds.
Par ailleurs, malgré ses efforts, Monsieur Mohamed s’est trouvé contraint
d’acheter une certaine quantité de lait du fonds voisin afin d’assurer la
production de la quantité requise par sa laiterie.
Qualifiez l’activité de Monsieur Mohamed, est-elle une activité civile ou
commerciale ? Justifiez votre réponse.

Corrigé
Le cadre général : Ce cas pratique s’intéresse à l’étude de l’activité
agricole en tant qu’exception à la commercialité par nature des actes de
production.
En l’espèce, résumé des fait :Vous écrivez directement après le cadre
général : En l’espèce et vous résumez le cas par votre propre style en
retenant l’essentiel et en éliminant tout ce qui n’est pas nécessaire pour le
traitement du cas pratique : Exemple :
En l’espèce, Monsieur Mohamed propriétaire d’une terre agricole, s’est
octroyé un crédit bancaire en donnant comme garantie une hypothèque et
des lettres de change. Pour assurer une bonne production du lait,
Monsieur Mohamed a d’une part acheté de la nourriture concentrée pour
son bétail outre celle provenant de son fonds d’autre part, il a acheté une
certaine quantité du lait pour sa laiterie.
La problématique : Quelle est la nature de l’activité de Monsieur
Mohamed civile ou commerciale ?
Selon la règle (l’article 2al3CC), n’est pas commerçant celui qui exerce
une profession agricole dans la mesure où il ne fait que transformer et
vendre les produits de son fonds.
Qualification des actes accomplis par Monsieur Mohamed
1) Qualification du crédit et de ses garanties
Le contrat de prêt ou de crédit est un acte mixte. Il est civil à l’égard de
l’agriculteur et commercial à l’égard de la banque étant une société
commerciale par la forme ainsi que l’hypothèque qui le garantie.
Tandis que pour la lettre de change, il s’agit d’un acte de commerce par la
forme qui ne confère jamais la qualité de commerçant à celui qui la signe
même à titre habituel.
2) Qualification de l’achat de la nourriture pour le bétail
Monsieur Mohamed nourrit principalement son bétail de son fonds, le fait
d’acheter de la nourriture d’ailleurs ne change pas sa qualité d’agriculteur
selon le droit tunisien et la jurisprudence tunisienne, sauf pour la
jurisprudence française qui tient compte de la proportion de la quantité
achetée. Si elle dépasse celle tolérée par l’usage, il change de
qualification et devient commerçant sinon il reste agriculteur.
3) Qualification de l’achat du lait
Monsieur Mohamed ne fait que transformer le lait provenant de son bétail
en produits laitiers, il reste agriculteur même s’il achète une quantité du
lait du fonds voisin selon le droit et la jurisprudence tunisienne
contrairement à celle française qui tient compte de la proportion de la
quantité achetée pour changer de qualification.
Il en résulte que Monsieur Mohamed étant propriétaire du fonds qu’il
exploite conserve sa qualité d’agriculteur quand bien même les actes
qu’il a accomplis.

REMARQUE
Il faut rédiger votre réponse sous forme de dissertation sans écrire les
intitulés, cadre général ou résumé des faits d’espèce, règle
juridique…
Je l’ai fait pour vous expliquer la méthodologie et pour que vous
puissiez respecter les différentes étapes

2ème cas
Mr Karim est un écrivain, il a décidé ces derniers temps de créer une
entreprise d’édition afin d’éditer personnellement ses propres œuvres
ainsi que les œuvres de ses confrères. Il est entré en conflit avec un
libraire à propos de la vente d’un stock de son dernier roman. Bien que
Mr Karim ait délivré toute la quantité convenue, le libraire refuse de lui
payer ce qui reste du prix, ce qui lui a causé de graves dommages
financiers.
Il vous consulte sur le point suivant :
Quels sont les moyens de preuve qu’il peut utiliser pour prouver la
délivrance de la marchandise pour pouvoir agir contre lui en justice?
Justifiez votre réponse.
Corrigé
Cadre général : L’exploitation de la production intellectuelle
En l’espèce, résumé des faits : En l’espèce…
La problématique : Quels sont les moyens de preuve que Monsieur Karim
peut utiliser pour prouver la délivrance de la marchandise ?
La règle en matière commerciale est la liberté de preuve entre les
commerçants de droit.
En principe Monsieur Mohamed est un membre de la profession libérale
dans la mesure où il exerce une activité de production intellectuelle étant
un écrivain. Toutefois, le fait d’exploiter cette production dans le cadre
d’une entreprise d’édition lui change de qualification et le rend un
commerçant dans la mesure où il ne s’est pas limité à éditer ses propres
œuvres mais aussi les œuvres de ses confrères. Il s’agit d’un acte de
spéculation puisqu’il spécule sur les œuvres d’autrui.
Quant au libraire, il est un commerçant exerçant un acte de spéculation
d’achat pour revente.
Rien n’est indiqué dans le cas si les deux commerçants sont de droit ou
non d’où deux hypothèses s’imposent :
1ère hypothèse
Si les deux commerçants sont des commerçants de droit, la preuve est
libre et Monsieur Karim peut prouver la délivrance de sa marchandise par
tous moyens.
2ème hypothèse
Si l’un des deux commerçants n’est pas immatriculé au registre de
commerce, il s’agira dans ce cas d’un acte mixte. La preuve dans ce cas
dépendra de la qualité du défendeur. Si le défendeur est un commerçant
de droit la preuve est libre contre lui, s’il est un commerçant de fait, ce
sont les règles de preuve de droit civil qui s’appliquent.
En l’espèce, c’est le libraire qui est le défendeur, or le libraire est par
obligation de la loi un commerçant de droit dans la mesure où il ne peut
se faire livrer les livres de la STD (société tunisienne de distribution) que
s’il est immatriculé au registre de commerce. Dans ce cas, Monsieur
Karim pourra prouver par tous moyens la délivrance de sa marchandise.

3ème cas
Mme Dalila avait un atelier de haute couture, employant des machines
réduites 10 filles à part sa fille qui étudiait pour devenir modéliste
styliste, ses deux sœurs, ses deux cousines et sa voisine. Suivant le
conseil de sa fille, Mme Dalila a décidé d’acheter des tissus, de les coudre
et de les vendre, en tant que prêt à porter, abstraction faite de son activité
principale, celle de coudre les tissus de ses clientes. Mr Nadhem fasciné
par ses modèles en a acheté une douzaine pour les revendre à un autre
marchand au centre de la ville. Il ne lui a payé toutefois que les 2/3 du
prix et pour le 1/3 restant, Mme Dalila vous consulte si elle peut
l’assigner devant la chambre commerciale pour l’obliger à payer.
Motivez votre réponse.

Corrigé
Cadre général : L’activité artisanale en tant qu’exception à la
commercialité par nature des actes de production
Résumé des faits d’espèce : En l’espèce…..
Problématique : Est-ce que Madame Dalila peut assigner Monsieur
Nadhem devant la chambre commerciale pour l’obliger à payer ?
Règle juridique : Pour que la chambre commerciale soit compétente il
faut qu’il s’agisse d’un conflit opposant deux commerçants de droit pour
une affaire commerciale dont le montant doit dépasser 7000 dinars.
Ces conditions sont cumulatives. Si l’une d’elles n’est pas vérifiée la
chambre commerciale ne sera pas compétente.
En l’espèce, Madame Dalila exerce une activité artisanale à titre principal
dans la mesure où elle ne spécule ni sur le matériel qui est réduit ni sur la
main d’œuvre dont le nombre n’a pas dépassé 15 puisqu’elle a employé
10 filles seulement à l’exclusion d’elle-même et de sa fille.
Quant à Monsieur Nadhem, il est un commerçant exerçant un acte de
spéculation puisqu’il achète les modèles à un prix et les revend à un autre
prix
Il en résulte qu’il s’agit d’un acte mixte accompli entre un commerçant et
un non commerçant.
L’une des conditions de la compétence de la chambre commerciale n’est
pas vérifiée, donc l’affaire relèvera selon son montant soit du tribunal
cantonal si le montant est inférieur à 7000 dinars soit du tribunal de
première instance si le montant est supérieur à 7000 dinars.

4ème cas
Monsieur Anouar, âgé de 17 ans et trois mois, vient d’hériter un fonds de
commerce de son père. Il vous demande de l’éclairer comment parvenir à
le gérer personnellement sans recourir à son tuteur

Corrigé
Cadre général : La capacité d’exercer le commerce
Résumé des faits d’espèce : En l’espèce…..
Problématique : Est-ce que Monsieur Anouar peut gérer son fonds de
commerce tout seul ?
Selon la règle, la capacité d’exercer le commerce exige d’avoir l’âge de
18 ans révolus et de disposer de toutes ses facultés mentales. Il en résulte
qu’un mineur même discerné ne peut exercer le commerce sans
l’assistance de son tuteur. Cette règle connait cependant une exception
dans la mesure où l’art 153 CSP prévoit que le mineur discerné devient
émancipé s’il se marie à plus que 17 ans. Cette émancipation est légale,
définitive et absolue permettant l’accomplissement de tout acte civil et
commercial.
En l’espèce Monsieur Anouar étant un mineur discerné âgé de 17 ans
trois mois, il peut se marier conformément à l’art 153 CSP et devient par
la suite émancipé et peut ainsi gérer personnellement son fonds de
commerce.

5ème cas
Mr Foued exerçant une activité de pisciculture est tombé en conflit avec
Mr Chihab, commerçant de détail à propos de la vente d’une quantité de
poissons. Refusant de payer une partie du prix au motif que la
marchandise n’était pas conforme, Mr Foued a décidé de recourir contre
Mr Chihab en justice. Il vous consulte s’il peut saisir la chambre
commerciale ?

Corrigé
Cadre général : La compétence de la chambre commerciale.
Résumé des faits d’espèce : En l’espèce…..
Problématique : Est-ce que Monsieur Foued peut saisir la chambre
commerciale ?
Règle juridique : Pour que la chambre commerciale soit compétente il
faut qu’il s’agisse d’un conflit opposant deux commerçants de droit pour
une affaire commerciale dont le montant doit dépasser 7000 dinars.
Ces conditions sont cumulatives. Si l’une d’elles n’est pas vérifiée la
chambre commerciale ne sera pas compétente.
En l’espèce, Monsieur Foued est un commerçant, la pisciculture est une
activité commerciale dans la mesure où Monsieur Foued achète les
poissons et leur nourriture et spécule sur le prix de revente.
Quant à Monsieur Chihab, c’est un commerçant de détail, il spécule sur le
prix de vente des poissons.
Les deux parties sont des commerçants, reste à déterminer s’ils sont de
droit ou non.
En ce qui concerne la deuxième condition de la compétence de la
chambre commerciale, l’affaire est commerciale puisqu’elle concerne la
vente des poissons, reste à déterminer sa valeur d’où trois hypothèses
s’imposent :
1) Hypothèse 1
Si les deux commerçants sont de droit et le montant de l’affaire dépasse
7000 dinars, la chambre commerciale sera compétente.
2) Hypothèse 2
Si les deux commerçants sont de droit et le montant de l’affaire est
inférieur à 7000 dinars, la chambre commerciale ne sera pas compétente
et l’affaire relèvera selon son montant du tribunal cantonal s’il est
inférieur à 7000 dinars ou du tribunal de première instance si le montant
est supérieur à 7000 dinars.
3) Hypothèse 3
Si l’un des deux commerçants n’est pas de droit, même si l’affaire est
commerciale et son montant dépasse les 7000 dinars, la chambre
commerciale ne sera pas compétente, et l’affaire relèvera de la
compétence du tribunal de première instance.

6ème cas
La société « SYMPA » a installé son siège social à Sousse, après une
certaine période elle a décidé de le transférer à Tunis où elle a déjà un
fond de commerce secondaire.
Déterminez les types d’immatriculation à faire afin que sa situation soit
régulière.

Corrigé
Cadre général : L’obligation d’immatriculation
Résumé des faits : En l’espèce…
Problématique : Quels types d’immatriculation à faire pour que la
situation de la société soit régulière ?
Selon la nouvelle loi de 2018 relative au registre national des entreprises,
la société qui installe son siège social doit faire une inscription principale
au registre de commerce.
En cas de transfert du siège social, l’art 34 de la nouvelle loi prévoit que
la société doit déposer une copie de la décision du transfert et une copie
des statuts modifiés pour faire une inscription modificative.
Si la société a déjà un fonds de commerce secondaire donc une
inscription secondaire, cette inscription doit se transformer en une
inscription principale comme est le cas de la société « SYMPA ».
Il en résulte que l’inscription secondaire à Tunis doit se transformer en
une inscription principale.
7ème cas
Monsieur Ridha est propriétaire d’un atelier de confection de chaussures
traditionnelles. Au début il travaillait avec ses trois frères, ses deux sœurs,
ses deux cousins, sa femme et ses deux enfants. L’importance du volume
de travail l’a amené à engager 10 ouvriers. Dernièrement, il est entré en
conflit avec Mr Slim commerçant de détail à propos de la vente d’une
trentaine de chaussures. Ce dernier après avoir reçu la totalité de sa
commande a refusé de payer le prix. Mr Ridha vous consulte sur les deux
points suivants :
1) Peut-il l’assigner devant la chambre commerciale pour récupérer
son argent ?
2) Quels sont les moyens de preuve qu’il peut utiliser pour prouver la
délivrance de la marchandise ?

Corrigé
Cadre général : La compétence de la chambre commerciale et les moyens
de preuve
Résumé des faits d’espèce/ En l’espèce…
Problématique :
1) Peut-il assigner Monsieur Slim devant la chambre commerciale
pour récupérer son argent ?
2) Quels sont les moyens de preuve qu’il peut utiliser pour prouver la
délivrance de la marchandise ?
1) La compétence de la chambre commerciale
Règle juridique : Pour que la chambre commerciale soit compétente il
faut qu’il s’agisse d’un conflit opposant deux commerçants de droit pour
une affaire commerciale dont le montant doit dépasser 7000 dinars. Ces
conditions sont cumulatives. Si l’une d’elles n’est pas vérifiée la chambre
commerciale ne sera pas compétente.
En l’espèce Monsieur Ridha exerçait une activité artisanale dans la
mesure où il accomplissait un travail de production essentiellement
manuel avec un personnel réduit, mais le nombre d’employés est devenu
17 sans compter sa femme ses enfants et lui-même. Dépassant le nombre
15, l’entreprise devient une entreprise commerciale puisque désormais il
va spéculer sur la main d’œuvre
Quant à Monsieur Slim, c’est un commerçant professionnel exerçant un
acte de spéculation puisqu’il accomplit une activité d’achat pour revente.
Les deux parties sont des commerçants, reste à déterminer s’ils sont de
droit ou non.
En ce qui concerne la deuxième condition de la compétence de la
chambre commerciale, l’affaire est commerciale puisqu’elle concerne la
vente de chaussures, reste à déterminer sa valeur d’où trois hypothèses
s’imposent :
1) Hypothèse 1
Si les deux commerçants sont de droit et le montant de l’affaire dépasse
7000 dinars, la chambre commerciale sera compétente.
2) Hypothèse 2
Si les deux commerçants sont de droit et le montant de l’affaire est
inférieur à 7000 dinars, la chambre commerciale ne sera pas compétente
et l’affaire relèvera selon son montant du tribunal cantonal s’il est
inférieur à 7000 dinars ou du tribunal de première instance si le montant
est supérieur à 7000 dinars.
3) Hypothèse 3
Si l’un des deux commerçants n’est pas de droit, même si l’affaire est
commerciale et son montant dépasse les 7000 dinars, la chambre
commerciale ne sera pas compétente, et l’affaire relèvera de la
compétence du tribunal de première instance.
2) Les moyens de preuve de la marchandise
Rien n’est indiqué dans le cas si les deux commerçants sont de droit ou
non d’où deux hypothèses s’imposent :
1ère hypothèse
Si les deux commerçants sont des commerçants de droit, la preuve est
libre et Monsieur Ridha peut prouver la délivrance de sa marchandise par
tous moyens.
2ème hypothèse
Si l’un des deux commerçants n’est pas immatriculé au registre de
commerce, il s’agira dans ce cas d’un acte mixte. La preuve dans ce cas
dépendra de la qualité du défendeur. Si le défendeur est un commerçant
de droit la preuve est libre contre lui, s’il est un commerçant de fait, ce
sont les règles de preuve de droit civil qui s’appliquent.
En l’espèce, c’est Monsieur Slim qui est le défendeur, s’il est un
commerçant de droit, Monsieur Ridha peut prouver la délivrance de la
marchandise par tous moyens. S’il est un commerçant de fait, ce sont les
règles de preuve de droit civil qui s’appliquent : si la valeur de la
transaction est inférieure à 1000 dinars la preuve est libre, si elle dépasse
1000 dinars la preuve doit être faite par écrit.

8ème cas
Mr Anis est un acteur cinématographique. Il a décidé de créer une
entreprise de production pour produire personnellement et exclusivement
ses propres films, afin de gagner du temps et de l’argent. Il est entré en
conflit avec un entrepreneur de spectacle public à propos de la
présentation de son dernier film dans certaines salles de cinéma. Bien que
Mr Anis ait déjà payé une avance, l’entreprise refuse sans l’avertir
d’exécuter son obligation, ce qui lui a causé des dommages financiers
graves.
Il vous consulte sur les deux points suivants :
1) Peut-il assigner l’entreprise de spectacle public devant la
chambre commerciale pour récupérer son argent ?
2) Quels sont les moyens de preuve qu’il peut utiliser pour prouver
le payement de l’avance?

Corrigé
Cadre général : la compétence de la chambre commerciale et les moyens
de preuve
Résumé des faits d’espèce : En l’espèce….
Problématique :
1) Peut-il assigner l’entreprise de spectacle public devant la
chambre commerciale pour récupérer son argent ?
2) Quels sont les moyens de preuve qu’il peut utiliser pour prouver
le payement de l’avance?
1) La compétence de la chambre commerciale
Règle juridique : Pour que la chambre commerciale soit compétente il
faut qu’il s’agisse d’un conflit opposant deux commerçants de droit pour
une affaire commerciale dont le montant doit dépasser 7000 dinars. Ces
conditions sont cumulatives. Si l’une d’elles n’est pas vérifiée la chambre
commerciale ne sera pas compétente.
En l’espèce, Monsieur Anis créant une entreprise de production
cinématographique devient un commerçant même s’il ne produit que ses
propres films dans la mesure où il spécule sur le travail d’autrui et la loi
de 1994 le qualifie de commerçant même s’il bénéficie de droits
d’auteurs.
Quant à l’entreprise de spectacle public, c’est une entreprise commerciale
qui joue le rôle d’intermédiaire entre le producteur et le public.
Les deux commerçants ne peuvent exercer leurs activités que s’ils sont
immatriculés au registre de commerce.
Quant à l’affaire, elle est commerciale par excellence puisqu’elle est
relative à leur activité, reste à en déterminer le montant.
Si le montant est supérieur à 7000 dinars, la chambre commerciale sera
compétente, si le montant est inférieur à 7000 dinars, c’est le tribunal
cantonal qui sera compétent.
2) Les moyens de preuve
S’agissant de deux commerçants de droit et d’une affaire commerciale la
preuve est libre et Monsieur Anis pourra prouver le payement de l’avance
par tous moyens.
9ème cas
Mr Naceur est un huissier notaire, parallèlement à sa fonction principale,
il achète des produits cosmétiques et les revend dans le but d’en tirer
profit. Dernièrement, il a eu un différend avec Mr Ali auquel il a vendu
une grande quantité de parfum. Celui-ci lui a donné une avance de 1000D
et a omis à l’échéance convenue de payer la somme restante. Mr Naceur
le menace alors de saisir la justice, il vous demande quels sont les moyens
de preuve qu’il peut utiliser à son encontre pour prouver la délivrance de
la marchandise?

Corrigé
Cadre général : les moyens de preuve
Résumé des faits d’espèce : En l’espèce….
Problématique : quels sont les moyens de preuve que Monsieur Naceur
peut utiliser à l’encontre de Monsieur Ali pour prouver la délivrance de la
marchandise?
Selon la règle la preuve est libre entre commerçants de droit.
En l’espèce, Monsieur Naceur est un membre de la profession libérale
dont le statut lui interdit d’exercer le commerce. Il exerce le commerce
non pas à titre professionnel mais à titre habituel, il s’agit d’un
commerçant de fait qui sera soumis aux rigueurs de droit commercial
sans pouvoir en bénéficier des avantages en l’occurrence la liberté de
preuve.
Il en résulte qu’il s’agit d’un acte mixte entre un commerçant de fait et un
autre commerçant même immatriculé. La preuve dans ce cas dépend de la
qualité du défendeur s’il est commerçant de droit, la preuve sera libre, si
au contraire le défendeur est un non commerçant ou un commerçant de
fait la preuve sera soumise aux règles de droit civil selon lesquelles, si la
valeur de la transaction est inférieure à 1000 dinars la preuve sera libre, si
la valeur de la transaction dépasse les 1000 dinars, la preuve doit être
faite par écrit

10ème cas
Mr Bilel a été condamné à une peine d’emprisonnement de 5 ans pour
l’émission d’un chèque sans provision. Après avoir purgé sa peine, il
décida de travailler en tant que courtier d’assurance. Toutefois, sa
demande d’accès à la profession fut rejetée. Il vous demande de l’éclairer
sur les motifs du refus

Corrigé
Le cadre général la capacité d’exercer le commerce
Résumé des faits d’espèce : En l’espèce…
La problématique : Pourquoi la demande d’accéder à la profession de
courtier d’assurance de Monsieur Bilel a été rejetée ?
Il n’ya pas dans notre droit un texte général qui interdit aux personnes
frappées de certaines sanctions pénales l’exercice du commerce. Il s’agit
de déchéances particulières à certaines professions. C’est ainsi selon les
articles 70 et 71 du code des assurances, le courtier d’assurance ne peut
exercer sa profession que s’il justifie d’une carte professionnelle qui ne
peut être accordée lorsque le demandeur a été condamné pour un crime
ou un délit intentionnel.
En l’espèce, Monsieur Bilel a commis un délit de chèque sans provision
qui est un délit intentionnel. Il en résulte qu’il est déchu de son droit
d’exercer le commerce et ne peut par la suite accéder à la profession de
courtier d’assurance.

11ème cas
Monsieur Rached est un commerçant de détail immatriculé au registre de
commerce. Il a été connu par sa prodigalité suite à laquelle sa famille a
demandé au juge des tutelles de prononcer un jugement d’interdiction à
son égard. Quel type d’inscription au registre de commerce doit être fait
dans ce cas?

Corrigé
Le cadre général : L’obligation d’immatriculation des commerçants
Résumé des faits d’espèce : En l’espèce…..
La problématique : Quel type d’inscription au registre de commerce doit
être fait dans ce cas?
Règle juridique : Selon l’article 38 de la loi 2018 relative au registre
national des entreprises, tout commerçant interdit d’exercer le commerce
doit être radié d’office. Cette radiation sera faite sans la demande des
héritiers mais d’office par le centre du registre national des entreprises
dès que le jugement devient définitif.