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Droit des organisations internationales

 
Plan du cours :
INTRODUCTION

Partie I : théorie générales des organisations internationales :

Chapitre I : la notion des OI

Section 1 : définition juridiques des OI

Section 2 : classification des OI

Chapitre II : le Droit des OI:

Section 1 : l’accès aux OI

Section 2 : la fin de participation aux OI

Section 3 : les compétences des OI

Partie II : exemple d’une OI à vocation universelle ONU

Chapitre I : les buts et principes de la charte de l’ONU

Section 1 : BUTS

Section 2 : principes


INTRODUCTION :

Sujets du DI :

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 Etat : sujet primaire/originaire/initial du DIP ou sujet du plein Droit signifie que


l’Etat ne tire son existence légal d’aucun autre sujet
Organisation internationale intergouvernementale (OI) : sujet
secondaire/dérivé du DIP, leur création et compétence procède à la seule volonté des
Etats.

Acteurs du DI :

 ONG : (terminologie utilisée dans l’article 71 CNU)

 Certaines organisations ne se laissent pas facilement s’intégrer dans la catégorie d’OI ou


d’ONG : exemple CICR qualifiée d’institution sui generis
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 Société multinationale :

Les premières OI sont apparues au 19eme siècle avec la création des «  commissions
fluviales » comme par ex la commission centrale Rhin ou encore la commission du Danube
en 1856 : elles visaient à renforcer la coopération des Etats et instauraient des règles de
liberté de navigation sur ces fleuves.

On a créé, d’autres par ex l’union centrale des télécommunications créée en 1836 ou encore
l’union postale universelle créée en 1874

C’est véritablement au 20eme siècle que la nécessité d’une véritable solidarité et coopération
I va s’affirmer et c’est suite à la SGM que les Etats vont être amenés à créer des OI à vocation
universelle après la création de la SDN et l’OIT (va manifester le lien entre la paix I et la paix
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sociale) avec l’adoption de la charte de San Francisco le é- juin 1945 : le but étant de
préserver les générations futures de la guerre.

PARTIE I : THEORIE GENERALE DES OI :


Chapitre 1er : la notion des OI :
Section 1ere : définition juridique des OI
Selon le dictionnaire Salmon du DI, une OI est une :

A- Une association d’Etats :


Toute OI repose sur une base consensualiste ou volontaire c'est-à-dire sur un accord de
volonté.

Les OI généralement regroupent des Etats : tout d’abord ceux qui ont fondé l’OI (les
membres originaires) qui devineront par la suite des membres de l’OI.
Les OI sont composées d’Etats et non de gouvernements en tant que tels mais les Etats sont
représentés par leurs gouvernements ( ex art 3 de la CNU énoncent «  sont membres
originaires des OI, les Etats »

La condition d’Etat est interprétée de manière plus souple et le terme d’Etat n’a pas la même
signification selon que l’on parle d’Etat en tant que sujet du DIP ou en tant qu’entité
susceptible d’adhérer à une OI.

C’est ainsi que les OI acceptent parfois en leur sein comme Etat membre à part entière des
entités qui ne vont pas réunir tous les éléments constitutifs de l’Etat (notamment des entités
qui n’exercent pas forcement une souveraineté pleine et entière sur leur territoire)

Dans le cadre de l’admission de l’entité en question, ce sont des considérations politiques que
juridiques qui vont entrer en ligne de compte.

La condition de reconnaissance au niveau I est importante : si les Etats acceptent l’admission


d’une entité non pleinement souveraine et qu’ils la reconnaissent c’est qu’ils veulent
accélérer le processus de reconnaissance du statut d’Etat pour l’entité.

Ex :
- La Palestine est considérée comme un Etat membre de la ligue arabe depuis 1976 alors
qu’elle n’était pas Etat à cette époque
- La Biélorussie et l’Ukraine ont devenus membres des NU : ils s’agissaient des Etats fédérés
de l’ex URSS à l’époque n’étaient pas Etats au sens juridiques (un compromis politique)

B- Une organisation créée par un accord I :


L’acte constitutif d’une OI est un traité conclu entre Etats, souvent multilatéral, accord écrit
et conclu entre sujets originaires du DI et va être régie par le DI.

C- L’existence d’une structure d’organes permanents :


-La structure permanente de l’OI la distingue des autres formes de coopérations entre les
Etats et d’organes subsidiaires qui dépendent d’une OI et qui ne sont pas autonomes. Ils ont
simplement une certaine autonomie pour réaliser des objectifs spécifiques de l’OI (ex.
l’UNICEF et le PNUD sont des organes subsidiaires de l’ONU).
Certains d’entre eux deviennent parfois autonomes si l’OI le décide (ex. l’ONUDI ou
Organisation des Nations Unies pour le développement industriel que l’ONU a rendue
autonome en 1986) mais ils ne sont pas autonomes en soi.

- L’acte constitutif de l’OI met en place des organes permanents chargés de remplir les
missions assignées à l’OI.
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Cette structure permet d’une part d’inscrire l’OI dans la durée et d’autre part permet à l’OI de
s’affirmer par rapport aux Etats

D- Une organisation poursuivant des objectifs d’Intérêts communs :


Une OI est toujours créée pour répondre à une fonction précise, définie en commun
par les membres originaires.

-L’OI = créée pour remplir des missions que les Etats membres ne peuvent pas assurer eux-
mêmes.

-on dit que les OI remplissent une mission du SPI. On trouve dans les actes constitutifs des OI,
toujours une disposition qui précise les BUTS de l’OI ( ONU : art 1 )

Ces objectifs communs, cette fonction définie et assignée à l’OI est extrêmement importante
car elle délimite l’étendue des compétences des OI qui ne sont pas habilitées à aller au delà,
outre passer les compétences qui leur ont été expressément confiées par les Etats.

E- La personnalité juridique le l’OI :


La PJ de l’OI est l’élément le plus déterminant sa la définition car c’est l’élément qui lui
confère la qualité du sujet de Droit capable d’agir indépendamment de ses Etats membres,
d’avoir une volonté propre, autonomie de celle de ses Etats membres et c’est en vertu de la
PJ que l’OI va pouvoir agir sur la SI.

Cette PJ constitue également un élément qui permet à l’OI de se détacher de ses Etats
membres et d’être autonome par rapport à ces derniers.
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Elle présente une double dimension : elle s’affirme à la fois dans l’OJ interne de chacun des
Etats membres et dans l’OJI

1- La PJ interne : la PJ interne est indispensable et nécessaire pour le bon


fonctionnement de l’OI sur le territoire de ses Etats membres.

A la différence des Etats les OI n’ont pas de territoire mais qu’un rattachement localisé qui va
résider dans le siège de l’OI se trouvant sur le territoire d’un Etat membre. Pour pouvoir
exercer leurs activités, il faut qu’elles puissent agir sur le territoire dit de siège ou sur les
territoires des Etats ou elles vont être menées à exercer des activités opérationnelles.

La PJ des OI est généralement implicite : elle figure dans tous les actes constitutifs des OI (ex :
art 104 de la CNU « l’O jouit, sur le territoire de ses Etats membres de la capacité juridique
qui lui est nécessaire pour exercer ses fonctions ou atteindre ses buts »

La PJ interne de l’OI est objective : c’est vrai que l’OI est créée par la volonté des Etats
fondateurs # une fois créée elle est indépendante de ses Etats membres  le retrait de l’Etat
ne touche pas à l’existence de l’OI

2- La PJI : constitue une conquête récente de l’OI qui s’explique par le fait que les
Etats ont longtemps été réticents à envisager qu’il puisse exister d’autres sujets du
DI qu’eux-mêmes sur la SI.

Cette reconnaissance de la PJI résulte d’un avis consultatif de la CIJ qui a été rendu le 11 mai
1949 s’intitulant Réparation des dommages subis au service des NU. Dans cet avis, la cour a
eu à se prononcer sur la PJI de l’ONU. Son raisonnement s’est vu appliquer aux autres OI. La
CNU ne comporte aucune disposition relative à la PJI de l’ONU contrairement à la PJ interne
qui est reconnue dans l’art 104.

La question de la PJI de l’ONU s’est posée suite à l’assassinat d’un de ses représentants en
Palestine, le compte Bernadotte envoyé par l’ONU comme médiateur, la question s’est posée
de savoir si l’ONU avait la qualité pour réclamer une réclamation I contre Israël qui n’était pas
membre de l’ONU pour obtenir réparations du préjudice subi. Cette question revenait à
s’interroger sur la PJI de l’ONU car seulement en vertu de cette PJI l’OI peut agir sur la SI.

CIJ a considéré que l’ONU était une OI dotée de la PJI =elle s’est basée sur l’ensemble des
missions que les Etats ont donné à l’ONU. Elle a considéré que les Etats avaient implicitement
considéré que l’ONU détient la PJI sans laquelle l’OI ne pouvait pas remplir les buts qui lui
étaient assignés par les Etats. La cour a considéré qu’il pouvait exister plusieurs sujets de DI :

- Ils ne sont pas tous forcément identiques quant à l’étendue de leurs droits et obligations
- Le fait de reconnaitre la PJI de l’ONU ne signifie pas qu’elle est un Etat et encore moins un
super Etat.

La difficulté tenait au fait que la réclamation faite par l’ONU était dirigée vers un Etat non
membre de l’O à l’époque.

La CIJ, de manière assez audacieuse a affirmé que la PJ de l’OI s’impose à tous les Etats
qu’ils soient membres ou non de l’OI.

On parle à cet égard de la PJI erga omnes ou encore de la PJ objective de l’ONU

(Critique : il existe un principe fondamental en Droit des traités : le principe de l’effet relatif
des traités en vertu duquel un traité ne crée ni de droits ni d’obligations pour les Etats tiers)

 Depuis cet avis, il est possible d’affirmer qu’il existe une présomption de PJI au profit des
OI et ce en l’absence de toute disposition en ce sens dans l’acte constitutif de l’OI # pour les
plus on trouve une disposition qui prévoit expressément que l’OI détient la PJI (OMS). Cette
présomption n’est cependant pas irréfragable (elle peut être renversée) et doit être
confirmée par l’examen de l’acte constitutif de l’OI

Il faut bien préciser que cette PJI de l’OI est fonctionnelle = l’OI ne peut exercer les capacités j
résultant de cette PJI que dans la limite et pour la réalisation des buts et des missions qui lui
été fixés par les Etats dans son acte constitutif.

3- Les effets d’avoir une PJI (des droits et des obligations) :

La représentation des La représentation des OI La représentation des OI


Etats auprès des OI: aux territoires des Etats auprès des OI :
hôtes (à travers les
fonctionnaires) :

L’Etat d’envoi signe un Généralement L’Etat hôte Un accord entre l’OI d’envoi
accord avec l’OI donne l’autorisation de et l’OI accréditaire pour fixer
La convention de Vienne de l’établissement mais il ya le type de représentation
15 mars 1975 sur la quelques Etats comme la (observateur permanent qui
représentation des Etats Suisse qui prévoit dans peut assister à toutes les
dans leurs relations avec les leurs législations internes sessions ou spécial peut
OI de caractère universel les modalités d’accueil assister à quelques sessions)
stipule que la représentation des représentants des OI. + n’a pas le droit du vote
permanente de l’OI auprès
des Etats dépend de : +la notification de l’Etat hôte
- L’autorisation de l’OI elle-
même + l’Etat d’envoi
- L’O notifie l’Etat hôte de
la création d’une mission
avant l’établissement de
celle-ci (art 5) pour
faciliter l’installation

*les privilèges et immunités :


Objectif : garantir et assurer l’autonomie et l’indépendance par rapports aux Etats et
notamment par rapport aux Etats sur le territoire duquel l’OI a son siège mais aussi par
rapport aux Etats sur le territoire desquels l’OI peut être amenée à effectuer des activités
opérationnelles. Il est nécessaire que l’OI ne puisse pas être influencée dans son action.

Les privilèges et immunités reconnus à l’OI et ses agents : Les privilèges et immunités reconnus
aux Représentants des Etats
membres auprès des OI :

1-L’OI elle-même : On distingue entre :


 Immunité d’exécution : - Les missions permanentes :
-les locaux et les archives ne peuvent pas être saisis par l’Etat  Les chefs des missions
hôte permanentes ont des immunités
-les biens et les avoirs à la disposition de l’OI ne peuvent pas très larges (dans le cadre du
être touchés travail ou pas)
 Les personnels techniques et
 Immunité de juridiction : administratifs : immunités
L’OI ne fait jamais l’objet d’une poursuite en justice aux fonctionnelles
Etats hôtes - Les délégations auprès un organe
 Inviolabilité des locaux: les autorités de police ne peuvent de l’OI (ex la Tunisie au CS) :
pas pénétrer dans les locaux de l’OI sans l’autorisation du immunités fonctionnelles
directeur général ou du secrétaire général de l’OI
Implique une obligation à l’Etat hôte qui doit assurer la sécurité
des locaux. En contrepartie, les locaux des OI ne peuvent pas
servir de refuge à des personnes tentant par exemple
d’échapper à des arrestations .
 L’OI fixe dans son acte constitutif les privilèges et immunités
si l’Etat est membre si l’Etat hôte est non membre dans
l’accord du siège (existe toujours quant l’Etat est membre
ou pas)

 Immunités financières :
-L’OI jouit de la liberté de circulation des capitaux
-l’OI peut détenir des comptes en n’importe quelle monnaie
 Immunités fiscales :
Les revenus et biens de l’OI sont exonérés des impôts directs et
indirects sauf les taxes du SP
 La liberté de communication (qui peut être chiffrée/ codée)
et La valise diplomatique ne peut pas être ouverte ou
retenue par la douane de l’Etat hôte

2-les agents de l’OI :


Diffèrent selon l’importance de la mission de l’agent/ le
fonctionnaire
 Seule l’OI va détermine l’étendue et le bénéficiaire de
l’immunité et le privilège dans son acte constitutif ou bien
dans un autre pris après la création de l’OI
3 types d’agents :
 Les agents locaux : sont considérés comme des
ressortissants => ne bénéficient pas d’immunités mais l’Etat
hôte peut les accorder quelques facilitations
 Les chefs des administrations et autres fonctionnaires
durant   : jouissent des immunités similaires à celle des
immunités diplomatiques des Etats pour eux et leurs
familles et pour leurs actes durant leurs travails et hors
 Les personnels techniques et administratifs : ont des
immunités fonctionnelles (le chef d’administration va fixer
s’il s’agit d’un acte fonctionnel ou pas
+ exonération d’impôts sur les revenus provenant de l’OI +
facilitation en matière d’immigration et hébergement (pour les
chefs d’adm aussi)

SECTION 2eme : CLASSIFICATION DES OI :

1- Le critère de la condition d’adhésion :


2- Le critère du domaine d’activité /les compétences :

3- Le critère de la nature des relations avec les Etats membres :


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CHAPITRE II : LE DROIT DES OI

SECTION 1ere : l’accès à l’OI :


Il existe différentes modalités de participation aux OI, on distingue entre :

- Le statut d’observateur: les observateurs ont des droits plus limités que les membres
d’une OI, en ce sens qu’ils ne peuvent en général participer aux activités de l’O que
lorsqu’ils sont directement concernés (art32CNU). Le point crucial est que les Etats
observateurs ne disposent pas du droit du vote+ ne contribue pas au budget de l’O
 Ex : la Palestine+ le saint siège

# la possibilité de participer aux activités des programmes élaborés par les NU : (UHCRR/
PNUD)

- Le statut d’Etat associé : surtout pour les O. régionales qui ont des critères strictes
géographiques pour l’adhésion mais quand l’O a des bonnes relations avec des Etats non
membres elle peut donner le statut d’associé (l’UE 67 Etats : l’intérêt : ne pas perdre le
marché de ses anciennes colonies/ garder des relations commerciales/ a besoin d’avoir
l’exclusivité premières prévenantes de ces Etats)
- Le statut de membre à part entier: s’agissant de l’admission, il faut distinguer entre les
procédures des membres originaires (ce sont les Etats fondateurs membres : les Etats qui
ont élaboré, signé le traité créant l’OI. Dès lors, ils sont finalement placés dans une
position privilégies dans la mesure où ils vont eux-mêmes imposer le respect de certaines
conditions qu’ils ont mis au point.) et les Etats membres non originaires ( les Etats
membres admis ultérieurement)
SECTION 2eme : LA FIN DU PARTICIPATION AUX OI

La fin de participation volontaire : La fin de participation non


volontaire (forme de sanction):
-Un Etat fondateur : décide de la création -la suspension (pour une période bien
de l’OI et peut même participer à la déterminée) : en cas de non respect des
rédaction de l’acte constitutif de l’OI mais obligations
après il décide de ne pas signer l’acte C’est une décision prise par la majorité des Etats
constitutif membres de l’OI
Les conséquences sont prévues par l’acte
constitutif de l’OI
Art 19 CNU (la non contribution au budget pour
2ans)
# art 5CNU soumis à la volonté du CS

-l’exclusion (sanction radicale) :exclure l’Etat


définitivement # l’Etat peut réintégrer
 Ex : cette possibilité a été prévue par le pacte
de la SDN et utilisée une fois pour l’ex URSS
 Ex : art 6de la CNU : en cas du manquement
grave des principes
-l’Etat peut geler sa candidature au sein
d’une OI ou bien boycotter un organe bien
déterminé lorsqu’il est en désaccord avec
l’O:
 L’ex URSS : la politique de la chaise
vide dans le CS pendant la G froide
 Les EU : au conseil des DH
 La France a gelé sa candidature
dans l’AG avant l’indépendance de
l’Algérie
-le retrait : l’Etat décide de ne plus faire
partie de l’OI
Même s’il n ya pas dans l’acte constitutif
d’une OI est une faculté inhérente à sa
souveraineté, résultant du caractère
volontariste de la participation aux OI
Ex le retrait deEU de l’UNESCO en 1984
Le traité de Lisbonne de l’UE parle de la
possibilité de retrait volontaire de l’Etat
( Brexit)
Les modalités du retrait sont différentes
dans les OI (simple notification par
écrit/une durée de transition…

SECTION 3eme : LES COMP2TENCES DES OI


On dit que les OI sont régies par le principe de spécialité, c'est-à-dire qu’elles disposent de
compétences d’attributions confiées par les Etats (_ Les OI sont nées de la volonté des Etats
qui les créent par un traité constitutif.

Les organisations Internationales, à la différence des Etats, disposent d'une simple


compétence d'attribution c'est à dire que leurs actions peuvent et doivent s'étendre à un
certains nombres de domaines limitativement déterminés par le traité constitutif. Ces
compétences sont de deux ordres : normatives, et opérationnelles.

_ L'action normative des organisations internationales est très abondante et très variée On
peut distinguer d'une part les actes qui déploient leur effet dans l'ordre juridique de
l'organisation et d'autre part les actes qui ont une portée externe à l'organisation car ils
établissent des règles qui affectent d'autres sujets de droit international.

La contribution des OI au DI : ex l’ONU :

1- La contribution de l’ONU à la codification du DI


2- La contribution de l’ONU au développement du DI à travers les résolutions
3- La contribution de l’ONU dans la création des normes contraignantes pour les
Etats

_ Les compétences opérationnelles sont expressément diversifiées et variées d'une


organisation à l'autre en fonction de son objet et des buts de l'organisation. Ces compétences
regroupent la plupart des pouvoirs d'actions des organisations internationales. Nous pouvons
citer ici l’exemple de l’ONU qui est intervenue par l’intermédiaire de ses casques bleus pour
maintenir la paix dans des pays en guerre tels que la Côte d’Ivoire, le Soudan, la Syrie…
Il est à noter que les compétences des OI, bien que très vastes, ne sont pas illimitées. En
effet, elles sont limitées par le principe de spécialité.)

Rq : le principe de spécialité(protège l’Etat des abus de l’OI) : veut simplement dire que l’OI
possède uniquement les pouvoirs ou compétences qui lui sont conférés par les Etats
membres dans l’instrument constitutif = l’OI n’a pas de pouvoirs originaires qu’elle détiendra
par elle-même de son propre Droit. Le principe de spécialité est un principe auquel les Etats
sont attachés parce qu’il va assurer que l’O va rester contrôlable.

-La CIJ a défini le principe de spécialité comme le fait selon lequel « les OI sont des sujets de
DI qui ne jouissent pas, à l’instar des Etats, de compétences générales »
Le principe de spécialité est reconnu par la pratique mais aussi dans la jurisprudence. En
1996, l’AG des NU d’un coté et l’OMS d’un autre ont demandé deux avis consultatif séparés
pour la CIJ portant sur un objet identique formulé très légèrement différemment à savoir si
l’utilisation de l’arme nucléaire voire la menace de l’utilisation de cette arme est en toute
circonstance contraire au DI ?

La cour a répondu sur le fond à la demande de l’AG mais a décliné de répondre qur le fond
de la demande à peu prés identique de l’OMS, la raison est fondamentalement une raison qui
renvoie au principe de spécialité = la CIJ raisonne comme suit, l’OMS a des compétences en
matière de la santé, elle peut s’intéresser aux effets de l’arme nucléaire sur la santé, mais n’a
aucune compétence de type politique pour s’intéresser à la licéité ou non licéité de
l’utilisation de ces armes.

-pouvoir implicite/ impliqué : ce principe tire dans la direction opposée du principe de


spécialité qui restreint les compétences de l’OI. Parfois on essaie d’établir des compétences
supplémentaires par voie d’implication. Les pouvoirs impliqués sont souvent utilisés par les
organes de l’OI eux-mêmes quand ils souhaitent élargir leurs compétences ou agir dans un
domaine ou les organes pensent qu’il ya une urgente nécessité d’action mais en même temps
il n’ya pas de compétence explicite alors en essaie de bricoler avec des compétences
implicites.

Cette théorie a été formulée pour la première fois par la jurisprudence constitutionnelle de la
Cour Suprême des Etats-Unis dans l'affaire GIBBSON C/OGDEN en 1803.
En la matière, le juge constitutionnel américain reconnaît l'existence de ces compétences et
leur constitutionnalité en précisant que :« pourvu que les fins soient légitimes, qu'elles soient
dans la sphère de la constitution, tous les moyens qui sont appropriés à ces fins, qui ne sont
pas interdits et qui sont compatibles avec la lettre et avec l'esprit de la constitution, sont
constitutionnels ».
La CIJ, dans son avis de 1949, reconnaît l'existence de compétences implicites pour les
organisations internationales. Ainsi, à la question de savoir s'il faut déduire des dispositions
de la charte que les Nations-Unies ont le pouvoir d'assurer à leurs agents une protection
limitée, La Cour répond en affirmant que selon le droit international, l'organisation
internationale doit être considérée comme possédant des pouvoirs qui ne sont pas
expressément énoncés dans la Charte, mais qui sont nécessaires et reconnus à l'Organisation
en tant qu'essentiels à l'exercice de ses fonctions.

+ Avis consultatif de 1962 sur certaines dépenses

-la pratique subséquente : est le dernier moyen par lequel on peut consolider le pouvoir
d’une OI, cette pratique est souvent concomitante au pouvoir impliqué. On essaie de bricoler
quelque chose et ensuite il faut voir ce que vont faire les Etats membres, si ils acceptent la
compétence est à qui on dira juridiquement que l’OI a acquis une compétence
supplémentaire par le truchement de la pratique subséquente des Etats membres qui est
basé sur un processus coutumier à l’intérieur de l’OI, c’est du Droit coutumier à l’intérieur des
OI
PARTIE II : EXEMPLE D’UNE OI à VOCATION UNIVERSELLE
(L’ONU)

CHAPITRE I : LES BUTS ET PRINCIPES DE L’ONU :

SECTION 1ere : BUTS :


Art 1er : « les buts et principes des NU sont les suivants :

1- Maintenir la paix et la sécurité I et à cette fin : prendre les mesures collectives


efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte
d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques
conformément aux principes de la justice et du DI, l’ajustement ou le règlement de
différends ou de situations, de caractère I, susceptibles de mener à une rupture de la
paix.
2- Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe
de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre
toutes les autres mesures propres à consolider la paix du monde
3- Réaliser la coopération I en résolvant les problèmes I d’ordre économique, social,
intellectuel ou humanitaire, en développant et encourageant le respect des DH et des
libertés fondamentales pour tous, sans distinctions de race, de sexe, de langue ou de
religion
4- Etre un centre ou s’harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes »

1er BUT : maintenir la paix et la sécurité I


Le but de la création de l’ONU était d’empêcher le déclenchement d’une 3eme GM

Chap6 (règlement pacifique des différends) : expression recouvrant l’ensemble des


procédures dont le but et d’obtenir le règlement pacifique d’un différend entre deux ou
plusieurs Etats.
Il existe plusieurs modes de règlement pacifique des différends (art33CNU) :

- La négociation : est le mode initial et usuel de règlement des différends. Il peut s’agir
d’une rencontre entre les Etats en vue de parvenir à un accord
- La procédure des bons offices : un Etat tiers agit en qualité d’intermédiaire entre les
parties ou assure l’organisation matérielle de la rencontre
- La médiation ou la conciliation : un Etat tiers ou un organe de conciliation propose une
solution aux Etats concernés mais celle-ci n’a pas un caractère obligatoire.
- L’enquête a en principe pour seul objet l’établissement des faits
- L’arbitrage : se caractérise par l’attribution du pouvoir de statuer à un organe composé
des personnes désignées par les parties. Cet organe arbitral end une décision obligatoire
- Enfin, les Etats peuvent soumettre leur différend à la CIJ. Cette dernière rend des arrêts
obligatoires

Chap7 (action en cas de menace contre la paix, rupture de la paix et d’acte d’agression)  :

Art41 : sanctions non militaires :

- L’interruption complète ou partielle des relations économiques et des communications


ferroviaires, maritimes, aériennes, postales, télégraphiques, radioélectriques et d’autres
moyens de communication
- La rupture des relations diplomatiques
Art42 : sanctions militaires
+ à l’échelle universel il n ya pas de système prescrit mais il ya des systèmes proscrits (les
régimes agressifs : qui ont l’idéologie agressive tels que les Etats fascistes, Art
4CNU « peuvent devenir membres des NU tous autres Etats pacifiques » /les régimes de
discrimination raciale et d’apartheid/ récemment les régimes issus des coups d’Etats)
Mais il ya une universalisation du modèle démocratique : instance périodique de pouvoir
(élection honnête et périodique / respect des DH (surtout la liberté d’expression) / l’Etat
du Droit (respecter et faire respecter le Droit par l’Etat)
2eme BUT : développer des relations amicales fondées sur le respect du principe de
l’égalité des droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes
Ce but implique le DPDM qui dérive de plusieurs droits :
- Droits des peuples à l’égalité
- Le droit à l’autodétermination externe (l’indépendance/ l’association : France + les Etats
subsahariens pendant les années 60 / L’intégration/ la libération du territoire/ la non
intervention)
- Le droit à l’autodétermination interne (mettre fin à un régime raciste/ choix du régime
politique, économique et culturel)
- Le droit au développement y compris à la souveraineté aux richesses naturelles
- Droit à la paix
- Droit à un environnement sain
- Certains peuples ont un droit à la guerre (jus ad bellum)
- Certains peuples ont un droit dans la guerre (DIH)
- Certains peuples ont le droit à l’assistance étrangère
 Selon la nature du peuple (constitué en Etat ou pas et si constitué en Etat en
harmonie avec leur appareil d’Etat ou non)

Résolution 1514 de l’AG des NU du 14 décembre 1960, déclaration sur l’octroi de


l’indépendance aux pays et peuples coloniaux : un instrument de référence consacrant j le
DPDM :

- Les territoires sans tutelle


- Les territoires non autonomes
- Tous les autres territoires qui n’ont pas accéder à l’indépendance

Résolution 1823 : la souveraineté sur les ressources naturelles reconnue aux peuples et
déléguée aux Etats

3eme BUT : l’ONU demande aux Etats membres d’œuvrer à la coopération I pour réduire les
inégalités économique et sociales entre Etats membres et à la promotion des DH :

Chap9 la coopération économique à travers le conseil économique et social qui va se traduire


avec les organes spécialisés (l’assistance technique des Etats/ l’assistance technologique des
Etats)

4eme BUT : l’ONU doit être un centre d’harmonisation du DI

Ce Pour réaliser tous les buts précités

L’engagement de l’ONU à développer le DI en encourageant à la codification du DI (le


développement idéal)

 La création de la commission de DI

SECTION II : LES PRINCIPES DES NU


L’article 2 CNU « L'Organisation des Nations Unies et ses Membres, dans la poursuite
des buts énoncés à l'Article 1, doivent agir conformément aux principes suivants :

1- L'Organisation est fondée sur le principe de l'égalité souveraine de tous ses Membres.
2- Les Membres de l'Organisation, afin d'assurer à tous la jouissance des droits et
avantages résultant de leur qualité de Membre, doivent remplir de bonne foi les
obligations qu'ils ont assumées aux termes de la présente Charte.
3- Les Membres de l'Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens
pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la
justice ne soient pas mises en danger.
4- Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de
recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou
l'indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec
les buts des Nations Unies.
5- Les Membres de l'Organisation donnent à celle-ci pleine assistance dans toute action
entreprise par elle conformément aux dispositions de la présente Charte et
s'abstiennent de prêter assistance à un État contre lequel l'Organisation entreprend
une action préventive ou coercitive.
6- L'Organisation fait en sorte que les États qui ne sont pas Membres des Nations Unies
agissent conformément à ces principes dans la mesure nécessaire au maintien de la
paix et de la sécurité internationale.
7- Aucune disposition de la présente Charte n'autorise les Nations Unies à intervenir
dans des affaires qui relèvent essentiellement de la compétence nationale d'un État ni
n'oblige les Membres à soumettre des affaires de ce genre à une procédure de
règlement aux termes de la présente Charte; toutefois, ce principe ne porte en rien
atteinte à l'application des mesures de coercition prévues au Chapitre VII.

+Résolution 2625 de l’AG des NU de 24 octobre 1970, déclaration relative aux


principes du DI touchant les relations amicales et la coopération entre les Etats
conformément à la CNU : « en vertu de l’égalité des droits des peuples et de leur droit
à disposer d’eux-mêmes, principe consacré par la CNU, tous les peuples ont le droit
de déterminer leur statut politique, en toute liberté, et sans ingérence extérieure et
de poursuivre leur développement économique social et culturel et tout Etat a le
devoir de respecter ce droit conformément à la présente charte »

1er principe : l’égalité souveraine entre les Etats :

Le fondement des relations étatiques.

Au sein de l’ONU, les Etats sont égaux pendant leur participation aux activités de
l’organisation notamment dans l’AG.

On ne parle pas d’une égalité des faits pour une raison très simple qu’en fait les Etats ne sont
pas tous égaux.

Mais c’est une égalité en Droit : tous les Etats ont les mêmes droits et obligations

Il est de l’égalité ce qui est de la souveraineté : les Etats peuvent renoncer l’égalité ou

accepter dans certains cas volontairement l’inégalité (# quand l’inégalité est imposée=

violation à la souveraineté soit par le recours à la force soit par l’intervention)

Il ya des inégalités acceptés :

1ere exception politique : le droit du véto/ siège permanent dans le CS des 5 vainqueurs
2eme exception : le traité de non prolifération du l’arme nucléaire : nomme » les Etats
nucléaires les Etats qui ont le droit d’voir l’arme nucléaire » et les Etats non nucléaires « les
Etats qui n’ont pas l’arme nucléaire et s’engagent à ne pas essayer d’avoir cette arme »

3eme exception : le vote et la représentation pondérée dans les instituts financiers et


monétaires

4eme exception : l’inégalité compensatrice, quand il ya une inégalité économique entre deux
Etats membres :

- Des avantages financiers : traitement favorable en matière de dette avec un taux d’intérêt
préférentiel
- Des avantages commerciaux : au sein de l’OMC et quelques O régionales ( 2 conditions :
1) ne pas être un Etat développé 2) réduction droits de douane lorsqu’un pays en voie de
développement va exporter ses produits vers un Etat développé)
2eme principe : le respect de la bonne foi
Défini dans la résolution 2625 de l’AG : les obligations découlant de la CNU priment sur les
autres engagements
Art 31 de la convention de Vienne de 1981 sur le Droit des traités «  un traité doit être
interprété de bonne foi suivant le sens ordinaire à attribuer aux termes du traité dans leur
contexte et à la lumière de son objet et son but »
3eme principe : le règlement pacifique des différends
Exceptions : chapitre 7 CNU
4eme principe : l’interdiction du recours à la force armée
Même la simple menace est interdite
La guerre était considérée comme une compétence de l’Etat et elle n’a jamais était
considérée comme un mal en soi # l’évolution du DI a interdis la guerre
Dans la CNU on distingue entre le recours illicite (l’agression) et licite de la guerre
(légitime défense+ sécurité collective)
*la sécurité collective : = l’apport de la CNU. Cette dernière est conçue pour combler la
lacune du pacte de la SDN qui pose des obligations mais pas des sanctions
La sécurité = l’affaire du tout le monde mais elle est confiée au CS (en vertu de la CNU il a
la responsabilité principale du maintien de paix et de sécurité.
Le système de la sécurité collective est réglé par le chap 7 de la CNU qui fait du CS le
gendarme du monde
*la légitime défense : l’art 51 de la CNU est consacré à la légitime défense :

- La légitime défense individuelle : il faut qu’il ya une agression armée/ il faut informer le
CS/ le recours à la force armée de l’Etat agressé est provisoire jusqu’à l’intervention du
CS
- La légitime défense collective : requiert une condition supplémentaire, elle ne peut être
exercée qu’après la demande de l’Etat jugé victime de l’agression
- Le problème de la légitime défense préventive
5eme principe : la non intervention :

arrêt du 27 juin 1986 (Nicaragua / Etats-Unis), la CIJ