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remplis
,..�. de l'Esprit
< · aujoupd'hui
. , N'attendez pas
demain!
Roy Hession

Soyez
remplis
de l'Esprit
aujourd'hui

Traduit de l'anglais (États-Unis) par Antoine Doriath


Chapitre 1

Maintenant
et pas demain

« Soyez remplis- maintenant » : trois mots qui résument


l'essentiel du message de grâce vers lequel convergent ces
chapitres. Il ne s'agit pas d'être remplis demain, quand
nous penserons nous être améliorés, mais d'être remplis
maintenant, au beau milieu de nos manquements et de
nos besoins courants, tels que nous sommes, là où nous
sommes. Ce maintenant d'aujourd'hui sera toujours
suivi d'un nouveau maintenant. Connaître déjà ici-bas
une bénédiction constante, au temps présent, n'est pos­
sible qu'en ayant une nouvelle compréhension de la
grâce divine. C'est dans ce contexte que nous devons
entendre l'exhortation : « Soyez remplis de l'Esprit »
(Éphésiens 5 .18).
La place et le rôle du Saint-Esprit dans la vie du chré­
tien, tant sur le plan individuel que sur le plan ecclé­
sial, sont de la plus haute importance. S'il est une vérité
3
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

fondamentale de la doctrine chrétienne qui affirme


qu'aucun hcœ.me nt peu;: voir Dieu si ce n'est sur ia
face de Jésus-Christ Qean 1. 18; 2 Corinthiens 4.6),
il en est une autre qui veut que personne ne puisse
contempler ce visage et le reconnaître comme celui du
Seigneur, si ce n'est par une révélation du Saine-Esprit
(1 Corinthiens 12.3). De plus, l'exhortation apostolique
« Soyez remplis de !'Esprit » (Éphésiens 5.18) s'impose
à tout chrétien; celui qui n'en tient pas compte prend le
risque de ne pas connaître le fruit abondant et la joie liés
à cette plénitude.
En abordant le sujet de la plénitude de !'Esprit, j'ai
délibérément évité de traiter le sujet des dons de !'Es­
prit, comme celui du parler en langues, celui de la gué­
rison, etc. (1 Corinthiens 12.8-10). Cela peur paraître
étrange, étant donné l'intérêt que suscite ce sujet parmi
les chrétiens au sein de nombreuses dénominations.
Tour nouvel écrit sur le Saint-Esprit devrait donc tenir
compte de ce courant et en parler longuement. Le fait
de ne pas aborder cet aspect pourrait ôter tour intérêt
à ce livret et pourrait même frustrer certains chrétiens
et les indisposer, car c'est justement de cet aspect-là
qu'ils aimeraient entendre parler. J'ai pourtant décidé
intentionnellement de ne pas l'aborder. Deux raisons
motivent ce choix.
1. La question des dons surnaturels de !'Esprit tend à
diviser les chrétiens en deux groupes : ceux « qui les pos­
sèdent » et ceux « qui ne les possèdent pas ». Satan peut
pousser ces deux groupes soit à se mépriser l'un l'autre,
soit à s'opposer l'un à l'autre. Or, le message de notre
titre, exprimé par l'impératif présent, concerne les deux
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Maintenant et pas demain

groupes de chrétiens. D'un côté, celui qui a fait l'expé­


rience des dons de !'Esprit a besoin d'apprendre comment
être continuellement rempli de !'Esprit, lorsque le péché
et les manquements auront entraîné la sécheresse dans
sa vie. À ces moments-là, le souvenir des merveilleuses
expériences du passé ne lui sera pas d'un grand secours;
il aura même plutôt tendance à déprimer. Il a besoin
de découvrir que la grâce de Dieu répond parfaitement
à son besoin et cela de façon permanence, et qu'il peut
revenir au Seigneur tout à nouveau comme un pécheur.
De l'autre côté, celui qui ne peut pas s'appuyer sur des
expériences dans le domaine des dons de !'Esprit ne doit
pas pour autant se sentir défavorisé. La grâce de Dieu
est comme un océan donc les eaux cherchent toujours
des profondeurs à remplir, autrement dit des besoins
à combler. Le véritable sens de la grâce est celui d'un
amour immérité que Dieu nous offre. Pour que la grâce
soit vraiment une grâce, l'accent doit toujours porter
sur le fait qu'elle est imméritée. Dans ces circonstances,
la seule condition pour être au bénéfice de la grâce n'est
pas de posséder rel ou tel don, mais de reconnaître plei­
nement et ouvertement notre besoin. Comme nous
l'avons dit, la grâce rend possible dès ici-bas la pléni­
tude de ['Esprit pour les deux groupes considérés, au
pied de la croix.
2. Il apparaît clairement d'après la première lettre
de Paul aux Corinthiens que le parler en langues et les
autres dons, bien que reconnus comme reis et mis à leur
juste place, ne sont qu'accessoires et non l'essentiel d'une
vie remplie de !'Esprit. Mon intention est de laisser de
5
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

côté pour l'instant ce qui est accessoire pour m'intéresser


surcouc à œ que je coasidèrè comme imérieur et essen­
tiel. À cet égard, j'écris comme un homme qui a aussi
besoin d'apprendre et de découvrir la grâce divine ec la
plénitude de l'Espric.
Chapitre 2

Le Saint-Esprit
une personne

Ce chapitre sera bref et traitera de sujets que tout chré­


tien instruit dans la Parole devrait connaître. Mais il est
important, pour pouvoir construire ensemble dessus,
d'en préciser à nouveau le fondement.
Le Saint-Esprit ne doit pas être considéré comme une
simple influence. Il est une personne, la troisième per­
sonne de la trinité. Il est une personne au même titre
que Dieu le Père et Dieu le Fils. Le Nouveau Testament
le désigne toujours par le pronom personnel masculin
« il». Un auteur sacré viole d'ailleurs les règles élémen­
taires de la grammaire pour s'assurer que l'Esprit est bien
perçu comme une personne. Dans Jean 16.13, il est dit :
« Quand l'Esprit de vérité sera venu .. . » Le mot grec
traduit par Esprit est pneuma, du genre neutre; pourtant,
contrairement à ce qu'on pourrait attendre du point de

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Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

vue grammatical, le mot neutre pneuma est associé au


prnP.om « lui >;, qi_;i est masculin.
Ainsi, dès le début, nous sommes invités à nous pros­
terner devant ce membre glorieux de la trinité, au même
titre que pour le Père et le Fils. C'est lui qui est chargé
de révéler tous les desseins célestes concernant la terre.
Le Père a remis toute autorité au Fils (Matthieu 28. 18),
mais l'exercice de cette autorité est l'œuvre du Saint­
Esprit. Il est l'agent exécutif de la trinité; c'est à ce titre
que nous le voyons à l'œuvre dans tout le livre des Actes,
qui mériterait d'être intitulé Actes du Saint-Esprit plutôt
qu'Actes des apôtres.
Nous avons évoqué plus haut les desseins célestes
concernant la terre. Voici le premier grand dessein : toute
personne qui s'est repentie de ses péchés et a placé sa foi
dans le Seigneur Jésus-Christ peut naître de nouveau
et devenir une nouvelle créature. C'est la mission spé­
ciale confiée au Saint-Esprit; il est l'agent de notre nou­
velle naissance Qean 3.8). Il opère cette œuvre en venant
établir sa demeure dans le cœur de quiconque s'enhar­
dit à placer sa foi en Christ, et il s'engage à y rester pour
toujours Qean 14. 16).
Dès que, de tout mon être, je me suis aventuré
A croire au sang expiatoire précieux,
En moi le Saint-Esprit est entré
Etje suis né de Dieu.
S'il est une chose qui différencie radicalement l'enfant
de Dieu de toute autre personne, c'est qu'il a reçu non
l'esprit qui vient du monde, mais l'Esprit qui vient de
Dieu (1 Corinthiens 2. 12).
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Le Saint-Esprit: une personne

On ne saurait donc suffisamment souligner que qui­


conque est né de nouveau par la foi en Christ a reçu le
Saint-Esprit. D'ailleurs, la présence de !'Esprit en nous
est considérée comme le sceau qui atteste notre apparte­
nance à Christ :
[. ..]oui, c'est aussi en Christ que vous qui avez cru, vous avez
obtenu de Dieu /'Esprit Saint qu'il avait promis et par lequel il
vous a marqués de son sceau. (tphésiens 1.13)

Si nous n'avons pas le Saint-Esprit, nous n'appar­


tenons pas à Christ (Romains 8.9). Dans sa lettre aux
Éphésiens, l'apôtre ne se contente pas de dire que le
Saint-Esprit est le sceau apposé sur nous; il est aussi « le
gage de notre héritage, en vue de la rédemption de ceux
que Dieu s'est acquis». Le Saint-Esprit est donc à la fois
le sceau imprimé sur ce qui est à Christ et l'acompte de
ce qui sera nôtre un jour dans la gloire. Si l'acompte fait
naître en nous « une allégresse indicible et glorieuse »,
que sera le paiement lui-même?
Il est donc clair que les expériences ultérieures de plé­
nitude et de revêtement de puissance que nous pouvons
vivre par le Saint-Esprit ne peuvent à proprement parler
être appelées réception du Saint-Esprit, car comment
pouvons-nous recevoir ce que nous avons déjà reçu? Les
textes du Nouveau Testament qui parlent de recevoir le
Saint-Esprit (comme dans Galates 3.2) ne peuvent se
référer qu'à la réception initiale de !'Esprit au moment
de la nouvelle naissance.
Que signifie alors être rempli de !'Esprit? C'est être
rempli de celui qui est déjà là, présent dans notre cœur.

9
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

Je vais illustrer la différence encre la présence de !'Esprit


dam le crcy�m cc la plfoicude de ce même Esprit en lui.
Prenez une éponge et pressez-la. Maintenez-la pressée en
la plongeant dans l'eau. Elle est dans l'eau, et de l'eau se
trouve en elle, mais en faible quantité. Ouvrez maintenant
votre main. L'eau pénètre alors dans cous les alvéoles de
l'éponge. Celle-ci est remplie d'eau. De même, lorsque
nous acceptons Jésus-Christ comme notre Sauveur per­
sonnel et que nous naissons de nouveau, nous sommes
plongés dans la sphère d'action de l'Espric saine et celui­
ci pénètre en nous. C'est ce que déclare Paul :
Vous, au contraire, vous n'êtes pas livrés à vous-mêmes, mais
vous dépendez de /'Esprit, puisque /'Esprit de Dieu habite
en vous. (Romains 8.9)

Oui, nous sommes dans l'Espric et l'Espric est en


nous. Mais cet Esprit peut ne pas avoir le contrôle entier
de notre personne. Nous avons peut-être encore besoin
d'être remplis de l'Espric dans lequel nous avons été
immergés. Ouvrons-lui donc cous les compartiments de
notre être. Laissons-nous persuader par lui et soumet­
tons-nous à sa Seigneurie. En agissant ainsi, nous serons
remplis de !'Esprit. Nous ne serons pas seulement dans
!'Esprit; l'Espric nous remplira.
C'est déjà une anticipation d'un aspect de notre
rhème, sur lequel nous reviendrons plus en détail ulté­
rieurement. Pour le moment, marquons une pause pour
nous émerveiller d'une glorieuse réalité : si nous sommes
parvenus à la repentance et à la foi dans le Seigneur Jésus,
le Saine-Esprit lui-même vie en nous, faisane de noue
corps son temple.
Chapitre 3

Le Saint-Esprit
l'Avocat du Seigneur Jésus

Examinons maintenant quelle est la fonction ou la


mission du Saint-Esprit sur la terre.
Le Seigneur Jésus l'a souvent appelé « Défenseur »
Qean 14. 16, 26; 15.26) et il a indiqué à ses disciples que
c'était plus avantageux pour eux que lui s'en aille, autre­
ment le Défenseur ne viendrait pas à eux Qean 16.7). Le
mot « défenseur » nous aidera à comprendre quelle est
la mission de !'Esprit auprès de nous. Le même mot grec
parakfetos est employé en 1 Jean 2. 1-2 où il est traduit
par « avocat » :
Et si quelqu'un a péché, nous avons un avocat auprès du Père,
Jésus-Christ le juste. Il est lui-même victime expiatoire pour
nos péchés. (Bible à la Colombe)
Il est donc cour à fait approprié de remplacer le
mot « défenseur » par « avocat » en ce qui concerne

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Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

le Saint-Esprit. Ces textes nous présentent donc deux


Avoca�s: le Seigneur Jésus-Christ d'une part, le Saint­
Esprit d'autre part.
L'avocat est celui qui défend nos intérêts devant le
tribunal et qui répond à notre place. Nous avons là un
tableau de l'œuvre que le Seigneur Jésus accomplit en
notre faveur. Il est notre Avocat dans les cieux; à ce titre,
il se réjouit de défendre les intérêts du pécheur repentant
dans ce tribunal redoutable. Il ne cherche pas du tout à
donner des preuves de notre innocence. Il sait bien que
toutes les accusations portées par la sainte loi de Dieu
contre nous sont fondées, mais il plaide pour nous en
mettant en avant la valeur de son sang expiatoire. Quand
nous péchons, notre Avocat se présente lui-même devant
le Père comme la propitiation pour nos péchés. Comme
le dit un cantique: « Regarde ma main percée, Mon
côté sanglant » 1• Si l'enfant de Dieu ne pouvait compter
sur l'intercession céleste de son Avocat, il aurait perdu
le contact avec son Père depuis longtemps. Certes, il
perd son sentiment de paix avec Dieu quand il pèche.
Mais s'il confesse son péché, il retrouve une paix nou­
velle avec Dieu par le sang de Jésus, la même paix que
celle à laquelle il avait goûté lorsqu'il s'était approché de
Dieu pour la première fois. Quel bonheur d'avoir un
ami comme Jésus au tribunal de Dieu!
Dans le passage de Jean, le Saint-Esprit est également
appelé Avocat. Cet Avocat ne réside pas dans les cieux,

1. Sur les ailes de la foi, Apporte sur le calvaire, Texte de Ruben Saillens,
Ethelbert William Bullinger, 11° 248.

12
Le Saint-Esprit: /'Avocat du Seigneur Jésus

mais dans le cœur des chrétiens chez qui il établie sa


demeure au moment de leur nouvelle naissance. De qui
est-il l'Avocac? Pas des chrétiens, mais plutôt du Sauveur
dont il est chargé de défendre les intérêts. Nous sommes
donc en présence de deux Avocats: Christ, l'Avocac du
chrétien auprès du Père, et le Saine-Esprit, l'Avocac de
Christ auprès du chrétien. L'un défend les intérêts du
chrétien dans les cieux, l'autre défend ceux de Christ
dans le croyant.
Sa tâche - considérable - est donc claire : sauvegar­
der les intérêts et les droits royaux du Seigneur Jésus
dans le monde, dans l'Église et dans le croyant indivi­
duel. C'est exactement ce que le Seigneur avait annoncé
en déclarant: « Il manifestera ma gloire» Qean 16.14).
Sa mission est de représenter Christ, de parler de Christ,
d'exalter Christ, de présenter Christ aux hommes, de
les convaincre du péché de n'avoir pas cru en Christ, de
les amener à se repentir de n'avoir pas accordé à Christ
la place qu'il méritait. Christ, Christ et encore Christ:
c'est le thème de cous ses discours, le bue de coute son
activité.
Le Seigneur n'a pas seulement déclaré: « Il mani­
festera ma gloire»; il a ajouré aussitôt: « car il puisera
dans ce qui est à moi et vous l'annoncera» Qean 16.14).
Cela signifie sûrement qu'après nous avoir conduits à la
repentance envers Christ, l'Esprit nous révélera les res­
sources de Christ pour que nous puissions faire face à
noue condition pécheresse désormais reconnue.
Esprit de Dieu, sois mon Manre,
Montre-moi les richesses de Christ.
13
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

Ces richesses englobent sa grâce envers le coupable,


son ar:10u; pour celui qui n'est pas aimable, la perfec­
tion de son salut, la valeur de son sang et de sa justice
pour des êtres aussi mauvais que nous, bref la toute­
suffisance de Christ pour répondre à tout besoin ima­
ginable. Ces richesses procurent au pécheur la paix et
le pardon, car le Seigneur Jésus est venu dans ce monde
pour sauver les pécheurs. C'est l'œuvre de !'Avocat de
Christ de révéler aux personnes repentances la parfaite
efficacité de ses ressources. En fait, jamais !'Esprit ne glo­
rifie autant Christ que lorsqu'il dévoile les richesses de sa
grâce à des ratés qui reconnaissent leurs échecs. Le relè­
vement des épaves humaines est l'œuvre dans laquelle
Jésus-Christ excelle, celle où sa renommée s'est faite. Il
n'est pas déconcerté par le péché, ni vaincu par lui, car
c'est précisément le domaine dans lequel la grâce trouve
sa raison d'être; il a toujours une solution à offrir. La
personne condamnée ne le croirait pas si le Saine-Esprit
ne le lui révélait pas. À quelle position glorieuse l'Esprit
élève le Sauveur aux yeux de la personne rachetée !
En tant qu'Avocat du Seigneur Jésus, le Saine-Esprit
nous fait connaître nos propres besoins et les richesses de
Christ qui peuvent les satisfaire.
Christ est notre Avocat dans les lieux élevés;
Saint-Esprit, tu es notre Avocat au-dedans;
Défends la vérité et réduis à néant
Toute sollicitation du péché.

Il vaut toutefois mieux dire que le Saine-Esprit est,


non notre Avocat, mais celui de Christ, car c'est en tant

14
Le Saint-Esprit : /'Avocat du Seigneur Jésus

que tel qu'il « défend la vérité et réduit à néant tC'ute


sollicitation du péché » en dirigeant notre attention sur
Christ et sur son précieux sang.
L'histoire d'Abraham envoyant son serviteur dans un
pays lointain pour chercher une épouse à son fils Isaac est
une illustration éloquente de la position et de l'œuvre du
Saint-Esprit dans les relations de Dieu avec les hommes.
Si le serviteur avait parlé de lui-même et attiré l'atten­
tion sur lui, il aurait failli à sa mission. En ayant trouvé
la jeune fille qui convenait, le serviteur n'en était qu'au
début de sa tâche. Il fallait encore qu'il décrive le cœur
du fils de son maître en termes tels que le cœur de la
jeune fille soir gagné et qu'elle soir prête à quitter sa
famille et à le suivre chez Isaac. Du matin au soir et du
soir au marin, le serviteur n'avait qu'un seul sujet de
conversation : « le fils de mon maître » . Il a probable­
ment brossé de lui un portrait très élogieux et a souligné
ses richesses : « c'est à ce fils que le père a donné tout ce
qui lui appartient ». Les anneaux et les bracelets dont le
serviteur avait longuement paré la jeune fille n'étaient
que des spécimens de toute la fortune dont elle jouirait
si elle consentait à devenir la femme d'Isaac. C'était cer­
tainement un beau parti ! Laban « avait vu l'anneau et
les bracelets aux poignets de sa sœur . . . » Il dit : « Viens
chez nous, homme béni de l'Eternel. Pourquoi restes­
tu dehors ? » « Entre donc, lui dit-il en substance, parle­
nous encore du fils de ton maître. » Le serviteur eut donc
l'occasion de s'acquitter de sa mission. En très peu de
temps, le cœur de la jeune fille fur conquis et elle donna
sa réponse : « J'irai », consentit-elle. La joie du serviteur
15
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

fur à son comble quand en fin de compte, il vie Rebecca


dans les bras d'Isaac.
Le Saine-Esprit se comporte avec nous comme le ser­
viteur d'Abraham avec les habitants de ce pays loin­
tain. Il nous parle de Christ, de sa grâce et de sa gloire,
pour conquérir notre cœur et nous pousser à le suivre au
Calvaire où nous prenons la place du pécheur aux pieds
de Jésus. L'Espric ne remplie pas cette mission seulement
pour nous amener à rencontrer Christ, car il reviendra
à la charge chaque fois que le péché nous aura rendus
froids, secs et stériles. Quel bonheur que Jésus ne soie
pas resté sans avocat ici-bas pour le représenter dans nos
cœurs, et pour nous attirer sans cesse à la croix, là où se
trouvent souiagemenc et victoire !
Le Saine-Esprit n'a donc qu'un seul objectif : exalter
Christ. Une bonne connaissance et une solide expérience
de ce principe fondamental nous mettront à l'abri de
coures sortes d'erreurs et parfois de tragiques égarements.
Si une expérience sublime nous pousse à exalter le Saine­
Esprit et à faire de cette expérience le centre de cour, au
lieu de coopérer avec le Saine-Esprit, nous contrarions
son dessein qui est d'orienter le regard des hommes sur
le Seigneur Jésus seul.
Chapitre 4

Le Saint-Esprit
celui qui convainc

D isons, pour simplifier, que l' œuvre du Saint-Esprit


comme avocat du Seigneur Jésus comporte deux parties.
Il est d'abord venu pour nous reprendre, nous
convaincre de péché et nous amener à la repentance.
Et quand il sera venu, il produira la preuve que le monde
s'égare au sujet du péché [. . . ] parce que le monde ne croit pas
en moi. (Jean 1 6.8-9)

Trois fois dans les chapitres bien connus de Jean où le


Seigneur Jésus parle beaucoup du Saint-Esprit Oean 14,
15, 16), il l'appelle « l'Esprit de vérité ». Le mot « vérité »
ne désigne pas ici un corps de doctrine, mais la révélation
des faits tels qu'ils sont. La tâche du Saint-Esprit est donc
de nous faire connaître la vérité à propos de nous-mêmes,
à savoir que nous sommes pécheurs. Silencieusement et
inexorablement, il projette en permanence la lumière

17
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

éclatante de la vérité sur les pensées et les réactions de


notre cœur, les paroles de nos lèvres et les actions de nos
mains. Tout ce qui est centré sur nous-mêmes, tout ce
qui est péché est révélé comme rel, quelle que soit notre
façon de le présenter et de le justifier. Il désire ardem­
ment nous secouer pour nous faire sortir du royaume
d'illusions dans lequel nous nous complaisons, et nous
amener à une authentique connaissance de nous-mêmes.
Son grand souci est de nous faire découvrir la vérité,
car il est !'Esprit de vérité. La réaction qu'il attend est
tout simplement celle de l' honnêteté qui reconnaît :
« C'est vrai, Seigneur» (Matthieu 15 .27) devant tout ce
qu'il nous révèle de nous-mêmes, sans chercher à nous
excuser ni à dissimuler quoi que ce soit. Voilà ce que
signifie : « Mais tu prends plaisir à la loyauté dans le fond
du cœur» (Psaumes 51.8, NBS). L'expression « prendre
plaisir» est employée un peu plus loin dans ce psaume,
mais à la forme négative cette fois: « Je r' aurais offert des
holocaustes, mais tu n'y prends pas plaisir» (v. 18). En
rapprochant ces deux passages, nous saisissons mieux le
message du psaume : « Tu prends plaisir non au sacri­
fice, mais à la vérité au fond de l'homme. » Il arrive fré­
quemmenr que l'activité, même l'activité chrétienne,
serve de voile pour nous cacher la vérité à nous-mêmes
ainsi qu'aux autres. Le Saine-Esprit réprouve notre aveu­
glement et est contre toute hypocrisie. Ce qu'il réclame,
c'est la vérité et non le sacrifice.
C'est ce que souligne l'expression « avoir une conduite
conforme à la vérité» qui se trouve dans Jean 3.2 1. Dans
ce passage, le Seigneur déclare que celui qui pratique

18
Le Saint-Esprit : celui qui convainc

le mal a de la haine pour la lumière et ne vient pas


à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient réprou­
vées ; en revanche, celui qui pratique la vérité vient à
la lumière pour que ses œuvres apparaissent comme
accomplies en Dieu. Nous aurions pu nous attendre à ce
que le contraire de « pratiquer le mal» soit « pratiquer le
bien». Ce n'est pas l'avis de Dieu. Il considère, lui, que
le contraire de la pratique du mal est la pratique de la
vérité, autrement dit une attitude honnête devant notre
propre péché. Avant même que nous puissions tenter de
faire le bien là où nous avons commis le mal, Dieu veut
que nous lui exposions tout le mal accompli, que nous
disions simplement « Oui, Seigneur» à tout ce qu'il nous
souligne. Il préfère que nous commencions par revenir
aux pages anciennes de notre vie plutôt que de tourner
une nouvelle page, car celle-ci masquerait les anciennes;
or, si le péché est caché, le sang de Jésus ne peut nous
en purifier et nous ne pouvons pas retrouver la paix. La
promesse de pardon et de purification est assortie d'une
condition : la confession des péchés (1 Jean 1.9). Nous
n'avons pas besoin d'implorer le pardon si nous avons
confessé nos fautes. Le pardon nous est accordé instan­
tanément, au moment de la confession. Mais toutes les
supplications du monde ne sauraient redonner la paix
à notre cœur si nous sommes réticents à confesser nos
péchés. Ce principe s'applique non seulement dans la
relation entre Dieu et l'homme, mais également aux
relations entre les hommes. Qui de nous, désireux de
renouer de bonnes relations avec un autre, ne s'est pas
déjà surpris à dire : « S'il te plaît, pardonne-moi si je t'ai
19
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

causé du tort ! »? Est-ce étonnant que ces paroles n'aient


pas rétabli le contact? Le petit mot « si » est de trop.
Confessons que nous lui avons causé du tort; nous
verrons alors avec quelle rapidité la grâce de Dieu nous
atteint, souvent assortie du pardon de l'homme.
Voilà à quoi aboutit la conviction produite par le
Saint-Esprit, l'exposition à la lumière de la vérité, et
la réaction de la vérité qui est attendue de notre part.
L'exposition à la lumière de la vérité est permanente; elle
peut se comparer à l'éclairement silencieux et constant du
soleil. Il est tout à fait inconcevable que le Saint-Esprit
nous convainque de péché uniquement à des moments
particuliers de réveil spirituel, et qu'il nous laisse tran­
quilles le reste du temps. Il n'existe pas de « hors saison»
pour le Saint-Esprit. S'il nous est arrivé de ne plus avoir
conscience du péché, ce n'est pas parce que le Saint­
Esprit ne cherchait pas à nous convaincre, mais plutôt
parce que nous n'étions pas disposés à l'écouter et à voir
la vérité en face. Il est facile d'éviter d'être convaincu de
péché, car la voix de !'Esprit est douce. Seuls ceux qui
désirent ardemment être convaincus entendront sa voix;
ils sont poussés par leur soif du Seigneur Jésus, et parce
qu'ils savent que c'est l'unique moyen d'être délivrés de
ce qui les sépare de celui qu'ils ont commencé à aimer.
Il est des moments où aucune conviction de péché
ne nous accable; nous nous imaginons alors que tout va
bien. Puis nous rencontrons des chrétiens qui exaltent
Dieu avec une fraîcheur toute nouvelle; ils témoignent
comment le Saint-Esprit a mis le doigt sur un péché par­
ticulier, et comment le sang de Jésus les en a purifiés.
20
Le Saint-Esprit : celui qui convainc

Nous dévisageons ces frères d'un air étonné, tellement


ce que nous vivons est différent. Serait-ce parce que nous
n'éprouverions plus le besoin de connaître une telle expé­
rience? Ou parce que nous ne l'interprétons plus pour ce
qu'elle est vraiment? C'est souvent la deuxième explica­
tion qui est la bonne. Si nous ne la considérons plus à sa
juste valeur, si nous la mettons au rang des futilités, c'est
parce que nous refusons que Dieu nous montre un péché
important qui fait obstacle à notre communion avec lui.
Illustrons. Imaginons un mur élevé, face au soleil. Les
mauvaises herbes qui poussent à l'ombre du mur, der­
rière, sont à peine visibles. Si nous supprimons le mur, la
lumière solaire met ces herbes en évidence, chacune pro­
jetant son ombre, et elles pourront être enlevées. Vivre
dans la lumière avec Dieu ( 1 Jean 1. 7) consiste à dire oui
à tout ce que sa lumière expose. Cela nécessitera peut-être
la démolition d'une muraille épaisse entre Dieu et nous.
Cette initiative aboutira non à une moindre conviction
de péché, mais à une plus grande, parce que désormais
le Seigneur pourra nous révéler les petites choses mau­
vaises quotidiennes qui émanent si facilement de notre
nature déchue. La conviction de péché est toujours suivie
de purification si nous sommes prompts à dire « Oui,
Seigneur».
Remarquons que même dans cette œuvre de condam­
nation le Saint-Esprit agit en tant qu'Avocat du Seigneur
Jésus, ce qui signifie qu'il souligne toujours notre péché
en relation avec Christ. Il ne nous convainc pas de péché
comme s'il s'agissait simplement de quelque chose d'im­
moral ou de contraire aux dix commandements, mais
21
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

comme d'une réalité qui a détrôné le Seigneur Jésus et


l'a conduit à la more sur la croix. Le Saint-Esprit n'aura
de cesse que nous n'ayons levé les regards vers celui que
nous avons percé, et que nous ne nous lamentions à son
sujet. D'ailleurs, la nature du péché dont il nous convainc
est de n'avoir pas cru en Christ. Cerce affirmation laisse
à penser que le péché qui englobe cous les autres est l'in­
crédulité, le refus de profiter de la rédemption offerte par
Christ, refus qui trouve sa source dans l'obstination et la
dureté de cœur. L'Espric n'aura pas eu à insister beaucoup
sur un péché particulier avant d'aborder l'attitude d'in­
soumission, l'opiniâtreté et l'aucojuscificacion dont nous
faisons preuve à l'égard de son œuvre en nous.
Quelle belle illustration nous avons de l'œuvre
de conviction du Saint-Esprit d'une part, ec de notre
indocilité d'autre part, dans l'histoire des serviteurs de
Naaman suppliant leur maître d'obéir à la parole du pro­
phète et d'aller se plonger sept fois dans le Jourdain, alors
que l'officier refusait de le faire ! Il éraie prêt à cour sauf
à ça. Pour se plonger dans le fleuve, il aurait dû se dés­
habiller et montrer sa lèpre. C'est alors que ses serviteurs
s'approchèrent de lui et insistèrent avec douceur, car ils
l'aimaient beaucoup.
Maître, si ce prophète t'avait ordonné quelque chose de diffi­
cile, ne le ferais-tu pas ? A plus forte raison devrais-tu faire ce
qu'il t'a dit, s'il ne te demande que de te laver dans l'eau, pour
être purifié. (2 Rois 5. 13)

Quel bonheur pour Naaman d'avoir cédé aux affec-


tueuses pressions de ses serviteurs ! Sa chair redevint

22
Le Saint-Esprit: celui qui convainc

comme celle d'un enfant. C'est ainsi que le Saine-Esprit


nous encourage à faire la seule chose qui nous répugne
à cause de notre orgueil : « Va ec sois lavé au pied de
la croix de Christ ! » Nous craignons que la repen­
tance nous oblige à nous dévêtir ec à être vus pour ce
que nous sommes réellement. Mais quelle joie, lorsque
nous cédons, de ressortir purifiés ec guéris par le sang de
Christ !
Il apparaît donc clairement qu'en nous reprenant, le
Saine-Esprit agie toujours en Avocat du Seigneur Jésus,
désirant avant cout que nous courbions la tête devant
lui ec que nous l'acclamions comme roi du nouveau
domaine conquis en nous.
Chapitre 5

Le Saint-Esprit
le Consolateur

Après avoir vu le Saint-Esprit comme celui qui


condamne les pécheurs, nous allons le considérer
comme celui qui console ceux qui se repentent. À partir
du moment où !'Esprit réussit à nous briser par la repen­
tance, tout son ministère semble changer de direction;
il se consacre entièrement à consoler celui qui a le cœur
contrit et à l'encourager à trouver en Christ la satisfac­
tion de tous ses besoins. À un peuple qui avait « reçu
de la main de l'Éternel au double de ses péchés », le
message était : « Consolez, consolez mon peuple, dit
votre Dieu » (Ésaïe 40.1, NBS). C'est le même message
encore aujourd'hui.
Si les traducteurs de la Bible ont choisi le mot conso­
lateur, c'est parce que le mot grec correspondant revêt
ce sens, tout comme celui d'avocat. Ceux qui ont vu
le Saint-Esprit agir dans leur cœur savent combien
25
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

ce qualificatif lui sied bien. Celui qui est inflexible et


tenace dans sa condamnation du péché est aussi mer­
veilleusement tendre dans la consolation qu'il apporte
à celui qui pleure sur son péché et se lamente sur sa
misère. « Heureux ceux qui pleurent, a déclaré Jésus, car
ils seront consolés. » C'est précisément le Saine-Esprit
qui les console. Il le fait en prenant ce qui est à Christ et
en nous l'annonçant Qean 16. 14).
Au cœur repentant, !'Esprit témoigne de Christ et de
la toute-suffisance de son précieux sang pour obtenir la
paix et la réconciliation avec Dieu, et il l'invite tout à
nouveau à croire et à se réjouir en lui. Il nous révèle que
les péchés confessés étaient déjà expiés par le Seigneur
Jésus sur ia croix, avant que nous les commettions;
que dès avant l'origine du temps, Dieu avait déjà tout
prévu pour pallier notre extrême indigence. Le Saine­
Esprit témoigne d'un Sauveur ressuscité; en le ressus­
citant d'encre les mores, Dieu a mis le sceau de sa com­
plète satisfaction sur l'œuvre expiatoire du Seigneur ; or,
si Dieu est pleinement satisfait de l'œuvre que Christ a
accomplie en notre faveur, nous devrions l'être, nous
aussi.
Au saine qui lutte en espérant ainsi améliorer sa
nature pécheresse, !'Esprit indique que l'homme qui
commet ces péchés (le « vieil homme» de Romains 6,
qui est plutôt « l'homme d'autrefois») a été juridique­
ment crucifié avec Christ (donc « mis à more» et non
« rectifié» aux yeux de Dieu). Il peut donc cesser de se
lamenter à propos d'un homme que Dieu a exécuté à la
croix, et se tourner entièrement vers Christ qui répond
26
Le Saint-Esprit: le Consolateur

à cous ses besoins. Au fur et à mesure que le Saine-Esprit


lui montre ces vérités, le croyant peut prêter foi aux
Écritures ; libre en esprit, il peut se réjouir d'un salue
si merveilleux avec une allégresse indicible et glorieuse.
Je ne sais pas comment le Saint-Esprit opère
Pour convaincre les hommes de leur péché,
Pour révéler Jésus dans la Parole
Et susciter la foi en lui.

Nous pouvons ignorer comment il accomplie cecce


œuvre; parfois par le moyen d'une parole des Écritures,
par le témoignage d'autrui, par une strophe de cantique,
ou d'une façon plus directe ec plus inexplicable, mais
nous savons qu'il l'accomplie, car c'est bien là sa grande
mission dans l'Église.
Nous semblons surcout apprécier le ministère de
consolation de l'Espric lorsqu'après une période de
refroidissement ec de rupture avec Dieu, nous essayons
de revenir à lui par nos œuvres. Combien il nous est
naturel de penser que si nous nous sommes éloignés
de Dieu à cause d'un péché, nous pouvons revenir à
lui en faisane le bien ! Nous nous engageons alor� vis­
à-vis de nous-mêmes à fournir des efforts plus soute­
nus, nous nous fixons des objectifs plus élevés, nous
cherchons à faire davantage pour Dieu, en passant par
exemple plus de temps dans la lecture de la Bible et dans
la prière. Toue cela est évidemment bon, mais comme
le plus souvent nous n'acceignons pas ces objectifs, nous
finissons par nous accabler nous-mêmes de nouveaux
reproches, ce qui ne fait qu'ajouter à notre sentiment
27
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

d'échec. Nous sommes sous tension à cause de nos


efforts pour nous améliorer, et condamnés parce que
nous n'y arrivons pas. Nous faisons la même expé­
rience que Paul quand il s'écrie : « le commandement
qui devait conduire à la vie [si j'avais pu l'observer] m'a
conduit à la mort [parce que je n'ai pas réussi à l'obser­
ver] » (Romains 7. 1O) ; en poursuivant sur ce chemin,
nous connaîtrons le même désespoir que l'apôtre :
« Malheureux que je suis ! Qui me délivrera de ce corps
voué à la mort? » (Romains 7.24). Quel soulagement
quand le Saine-Esprit, comme il l'a fair pour l'apôtre,
détourne notre regard de notre œuvre pour le fixer
sur celle d'un Autre, l'œuvre parfaitement achevée de
Christ en notre faveur sur la croix; cour a été accompli,
la distance encre Dieu et nous a été comblée, et la paix
conclue. L'Esprit nous ordonne de renoncer à vouloir
obtenir la paix par nos efforts, de venir à Jésus comme
des pécheurs et de nous reposer sur ce qu'il a accom­
pli. Alors le fardeau des lucres que nous menons et des
reproches que nous nous adressons disparaît de notre
cœur, et le Consolateur y rétablir la paix.
Ne fais rien d'important ou de petit,
Absolument rien, pécheur, ne peine pas !
Jésus l'a accompli, tout accompli,
JI y a très, très longtemps déjà.

A moins q ue tu te reposes sur l'œuvre de Jésus,


Par un simple acte de foi,
Tes œuvres son t mortelles
Elles aboutissent à la mort.

28
Le Saint-Esprit : le Consolateur

Dépose tes œuvres mortelles


Au pied de Jésus ;
Tiens-toi en lui, en lui seul
Glorieusement établi.

Le retour de la colombe dans l'arche illustre bien le


témoignage que !'Esprit rend à l'œuvre achevée de Jésus :
Elle revint vers lui sur le soir, tenant dans son bec une feuille
d'olivier toute fraîche ; Noé sut ainsi que les eaux s'étaient
résorbées sur la terre. (Genèse 8. 1 1 )

La preuve rapportée par la colombe étaie un rameau


d'olivier. Quand Noé vit le brin de verdure, il sur qu'il
existait sur la surface de la terre un lieu sec, délivré du
jugement ; c'était un message de paix pour les occupants
de l'arche. Aujourd'hui, le Saint-Esprit témoigne qu'une
personne est libre de roue jugement. Elle était un jour
sous le coup du jugement divin, mais elle en a été libérée
par sa puissance de résurrection. Le jugement dont elle
est désormais à l'abri est le nôtre aussi. Notre sécurité
est donc garantie par celui qui a pris notre place. C'est
le sens de l'affirmation de Paul : « il a été livré pour nos
fautes, et il est ressuscité pour que nous soyons déclarés
justes» (Romains 4.25).
Si vous voulez apercevoir la colombe avec le rameau
d'olivier dans son bec, lisez le livre des Actes des apôtres.
Le Saint-Esprit ne cesse de rendre témoignage au Christ
ressuscité : « [Dieu] l'a ressuscité» (2.24); « Dieu a res­
suscité ce Jésus dont je parle» (2. 32); « Dieu l'a res­
suscité » (3. 1 5) ; « Dieu l'a ramené à la vie le troisième
jour » (10.40), etc.

29
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

Le Saint-Esprit nous rappelle sans cesse le fait heureux


que Jésus n'est plus sous le jugement qui le frappait
auparavant. Cela signifie qu'aux yeux de Dieu nous
sommes autant que le Seigneur exempts de condamna­
tion et de reproches (y compris des reproches que nous
nous faisons). Certes, il a été jugé et condamné; toutes
les vagues et tous les flots l'ont submergé; mais il en
est libéré à tout jamais, et cela pour « notre justifica­
tion». Le Saint-Esprit atteste maintenant à notre esprit
que nous sommes exempts de toute condamnation au
même titre que Christ.
Tel est le réconfort que le Saint-Esprit apporte à l'âme
désespérée qui a appris à se repentir. Si nous faisons nôtre
l' œuvre de !'Esprit, nous découvrirons cette dimension
de l'amour de Dieu comme jamais auparavant. Répandre
l'amour de Dieu dans notre cœur (voir Romains 5.5), c'est
la première vague de la puissance de !'Esprit qui déferle
dans notre âme, le premier effet de sa présence en nous
qui fait naître en retour notre amour pour lui.
N'oublions donc pas que le Saint-Esprit condamne
pour pouvoir consoler ensuite. Cela nous aidera à distin­
guer sa voix de celle du diable. Celui-ci est appelé « l'ac­
cusateur des frères », et pour les consciences sensibles,
ses accusations se confondent parfois avec la conviction
du Saint-Esprit. Mais les accusations de Satan ne visent
jamais la consolation. Ce ne sont que des harcèlements
qui conduisent au désespoir et à l'esclavage. Même si
vous acceptez ces accusations, vous devinez intuitive­
ment qu'elles ne cesseront jamais. L'ennemi ramène tou­
jours l'âme au Sinaï, à la loi, aux normes qui n'ont pas
30
Le Saint-Esprit : le Consolateur

été respectées, et donc au désespoir. Les convictions du


Saint-Esprit sont instantanées et incisives, et nous savons
que si nous n'acquiesçons pas rapidement, notre âme ne
trouvera pas le repos. Si le diable nous conduit au Sinaï,
!'Esprit nous mène au Calvaire. Il est l'éternel doux mes­
sager de la nouvelle alliance de paix pour les pécheurs.
En nous consolant, le Saint-Esprit ne nous fait pas
seulement connaître la réaction de Christ à notre péché;
il nous dévoile aussi toutes les richesses du Seigneur
Jésus susceptibles de répondre à n'importe lequel de nos
besoins. « Il puisera dans ce qui est à moi et vous l'an­
noncera. » Si la gestion de nos affaires repose sur nos
épaules, notre souci majeur sera d'avoir assez d'éner­
gie pour assumer toutes nos responsabilités. Mais si
les rênes de notre vie sont entre ses mains, c'est lui qui
devra avoir la force nécessaire pour nous diriger : or,
)'Esprit se plaît à nous montrer qu'il la possède. Il révèle
à notre cœur que Christ non seulement est capable de
vaincre le diable, mais qu'il a déjà triomphé de lui par
la croix. Il nous le montre assis « dans le monde céles.te.
Là, Christ est placé bien au-dessus de coure Autorité,
de toute Puissance, de toute Domination et de toute
Souveraineté» ( Éphésiens 1.20-2 1), au-dessus de tout
adversaire; et nous, assis avec lui (Éphésiens 2.6). Nous
ne sommes donc pas du côté de celui qui vaincra, mais
du côté de celui qui a vaincu; nous ne combattons pas
pour la victoire, mais parce que la victoire a déjà été rem­
portée.
Tant que nous n'avons pas cette révélation du
Seigneur Jésus dans nos difficultés, nous sommes rendus,
31
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

soucieux, nous nous démenons, et nous sommes acca­


blés par cout ce qui pèse sur nous. Mais lorsque, dans
nos moments de détresse, le Saint-Esprit nous montre
Jésus et coutes ses ressources, nous sommes libres, nous
nous découvrons en lui comme « le premier rang parmi
les peuples, jamais le dernier» (Deutéronome 28. 13). La
défaite est alors bannie du domaine fondamental où elle
doit l'être, celui de l'esprit. Victorieux dans le monde de
l'esprit, nous le devenons dans les autres domaines éga­
lement, car la foi est la victoire qui triomphe du monde
(voir 1 Jean 5.4). Tandis que nous avançons avec une
hardiesse et une confiance renouvelées, nous découvrons
que Dieu agit dans notre situation.
On raconte qu'un jour Spurgeon était accablé et pré­
occupé par ses problèmes et ses responsabilités. Soudain,
alors qu' il voyageait en diligence, il bondit de son siège
et rit à haute voix. Ce qui lui procura joie et soulage­
ment dans son cœur, déclara-t-il, fut la pensée de se
voir comme un poisson inquiet qui se demande s'il y
a assez d'eau pour nager alors qu'il est en plein océan!
C'est ainsi qu'il comprit alors la grâce de son Seigneur
comme suffisante pour répondre à cous ses besoins. Là,
dans la voiture tirée par les chevaux, le puissant Avocat
du Seigneur Jésus exerça son ministère de consolateur
auprès d'un serviteur de Dieu dans le besoin.
Cela nous amène à la question de la puissance du
Saint-Esprit nécessaire pour le service de Dieu, après
laquelle tant d'entre nous soupirent si ardemment.
Je peux faire part ici de mon expérience personnelle.
Je pense que le Saint-Esprit me revêt d'une puissance
32
Le Saint-Esprit: Je Consolateur

d'en haut, dirigeant mes regards non sur la puissance


que je réclame à cor et à cri, mais sur le Seigneur Jésus
ressuscité d'entre les morts, en me montrant la puissance
qu'il détient et la position qu'il occupe. Devant cette
vision, mes fardeaux tombent, mes craintes s'estompent,
mes efforts se révèlent vains. Je me découvre à nouveau
fort dans la foi et revêtu de la puissance céleste néces­
saire pour le service à accomplir. Élisee reçut une double
portion de l'Esprit d'Élie lorsqu'il vit son maître monter
au ciel. Ensuite, il trouva à ses pieds le manteau, symbole
de cette puissance. Si nous permettons au Saint-Esprit
de nous montrer la parfaite suffisance du Seigneur Jésus
et si nous acceptons cette révélation avec foi, nous aussi
nous serons revêtus de la puissance d'en haut et capables
d'aller de l'avant avec hardiesse pour voir Dieu agir avec
nous.
Lors de campagnes d'évangélisation auxquelles j'ai
participé, des chrétiens m'ont parfois déclaré : « N'est-ce
pas étrange que tel jour il s'est produit un changement
soudain qui a donné à la campagne une nouvelle tour­
nure? » Pour ma part, ce n'était pas étrange. Je savais ce
qui s'était produit ce jour-là pour l'évangéliste accablé
et tendu, seul dans sa chambre. Plus exactement ce qu'il
lui avait été permis de contempler. Il avait vu Jésus cou­
ronné de gloire et d'honneur, et tout était sous ses pieds.
Les vagues qu'il croyait au-dessus de sa tête étaient sous
les pieds du Seigneur.
Il nous arrive fréquemment de prier pour avoir de la
force, alors que !'Esprit veut avant tout nous donner une
vision de Jésus couronné et victorieux.
33
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

Comment avoir cette vision renouvelée de Jésus au


moment où nous en avons besoin ? Pas en nous effor­
çant de l'avoir, ni en priant dans ce bue, mais tout sim­
plement en disant à Dieu que nous ne l'avons pas. Ne
gaspillons pas notre énergie dans toutes les directions,
mais concentrons-la vers une seule. Dites à Dieu que
vous ne discernez pas le Seigneur Jésus, que vous êtes
dans une mauvaise passe, que vous n'êtes pas libre et
que vous n'avez pas la paix. Dites-lui que vous luttez
pour obtenir par vos efforts ce qu'au plus profond de
vous-mêmes vous savez être un don, mais pour lequel
vous luttez néanmoins. Dites-lui qu'en ce moment, vous
n'avez pas la vision que vous aviez hier, celle de Jésus, de
son sang et de sa victoire. Ne vous évertuez pas à susciter
cette vision, confessez-lui simplement que vous ne l'avez
pas. Permettez-lui ensuite de vous montrer pourquoi
vous ne l'avez pas. Il mettra alors peut-être le doigt sur
des choses sombres et insoupçonnées; dites-lui oui. C'est
cela, se mettre aux pieds de Jésus, au pied de la croix. Ces
conseils peuvent sembler des clichés stéréotypés pour cer­
tains, mais ils rappellent une expérience redoutable et
sainte à d'autres. C'est là que le sang de Jésus est dispo­
nible pour vous. Vous ne resterez pas longtemps proster­
nés à ses pieds avant que le Saine-Esprit n'arrive avec la
guérison dans ses ailes et ne vous permette de voir tout
ce que vous avez besoin de découvrir en Jésus, et de pos­
séder tout ce qu'il vous faut de sa plénitude.
Chapitre 6

Quatre attitudes
face au Saint-Esprit

Après avoir examiné la place et la fonction du Saine­


Esprit au sein du peuple de Dieu, nous pouvons mainte­
nant nous demander quelle est notre arrirude envers lui :
lui permerrons-nous d'accomplir son œuvre de convic­
tion de péché et de révélation de Jésus, comme nous en
avons besoin?
Le Nouveau Testament nous présente quatre ani-
rudes possibles face à l'Esprit.
1 . Attrister le Saint-Esp rit
N'attristez pas le Saint-Esprit de Dieu car, par cet Esprit, Dieu
vous a marqués de son sceau comme sa propriété pour lejour
de la délivrance finale. Amertume, irritation, colère, éclats de
voix, insultes : faites disparaître tout cela du milieu de vous,
ainsi que toute forme de méchanceté. (tphésiens 4.30-3 1)

35
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

Le péché est ce qui attriste l'Esprit, notamment les


péchés énumérés dans ces versets: l'amertume, la colère,
la calomnie, la méchanceté et le refus de pardonner. En
mesurant que celui que l'Esprit est venu révéler est appelé
du précieux nom d'Agneau, qu'il est doux et humble
de cœur, et que l'Esprit lui-même est présenté sous la
forme d'une colombe, nous comprenons quels sont les
péchés qui l'attristent. Chaque fois que nous sommes
dans des dispositions autres que celles de l'Agneau
- reconnaissons que nous sommes plus �auvent habités
des sentiments du lion! - en particulier dans nos rela­
tions avec les autres, nous lui causons de la tristesse. Bien
que nous ayons été si généreusement pardonnés nous­
mêmes, nous campons sur nos positions, faisons valoir
nos droits et refusons de pardonner à autrui. L'Esprit
ne peut poursuivre son œuvre de bénédiction tant que
nous ne mettons pas ces péchés en lumière et que nous
ne nous en repentons pas. C'est d'ailleurs pour cela qu'il
commence par nous condamner et lutte contre nous.
Mais c'est toujours une œuvre de grâce, nos péchés ne le
mettent pas en colère, ils l'attristent.
2. S'o pp oser à l'Es p rit saint. Étienne a déclaré aux
Juifs de son temps :
0 vous hommes obstinés qui, comme de véritables incircon-
cis, gardez votre cœur et vos oreilles fermés, vous résistez tou­
jours à /'Esprit Sain t ! (Actes 7.5 1)

Quand l'Esprit nous convainc de péché, nous


pouvons nous cabrer. N ous pouvons refuser d' ap­
peler péché ce que lui nomme péché. Nous sommes

36
Quatre attitudes face au Saint-Esprit

capables de trouver coures sortes d'alibis pour prouver


que nous sommes innocents. Nous prenons cette atti­
tude parce que nous savons que le fait d'approuver ]'Es­
prit nous humilie, car nous devrons ensuite nous repen­
tir et mettre les choses en ordre. C'est cette attitude
que !' Écriture qualifie de « cou raide» ; c'est très grave
d'avoir un cou raide devant Dieu qui peut prononcer
de sévères jugements contre nous si nous nous entêtons.
« Qui se raidit contre les reproches sera brisé soudaine­
ment et ne s'en remettra pas» (Proverbes 29 . 1). Nocre
opposition au Saine-Esprit se voit bien souvent dans
notre refus d'accepter les reproches d'un frère ou d'üne
sœur. Cela ne nous ferait rien si la conviction de péché
venait de lui directement, mais très souvent il se sert des
paroles incisives de quelqu'un d'autre pour nous révéler
notre péché. C'est doublement difficile à admettre, étant
donné notre orgueil. Nous devons cependant accepter,
si nous voulons connaître la bénédiction.
3. Éteindre l'Esp rit. Paul avertit :
N'éteignez pas l'action de /'Esprit :
ne méprisez pas les prophéties. ( 1 Thessaloniciens 5. 19-20)

Cette mise en garde concerne l'activité de !'Esprit


dans la communauté chrétienne, comme l'indique l'in­
terdiction de ne pas mépriser les prophéties. Nous étei­
gnons un feu en versant de l'eau dessus; de même, nous
pouvons éteindre le feu du Saine-Esprit dans la vie d'une
personne, de l'Église, ou dans une réunion, par le moyen
d'une « douche froide», autrement die en décourageant
cette œuvre ou en la contrariant. Le Saine-Esprit exige
37
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

d'avoir la voie libre dans les assemblées du peuple de


Dieu et dans ses relations fraternelles. Nous nous faisons
parfois une idée précise de la manière donc il doit agir
et nous lui interdisons toute autre forme d'action qui
ne correspondrait pas à nos plans, en particulier toutes
celles qui court-circuiteraient nos méthodes favorites
et feraient peu de cas de nous. Combien nous sommes
prompts à penser que si un réveil doit se produire, ce
doit être par le moyen du pasteur, ou du missionnaire,
ou de ceux qui one suivi une formation adéquate ! Or
le Saine-Esprit souffle souvent le réveil de l'arrière, par
l'intermédiaire d'une personne sans aucune importance
et qui n'occupe pas une position officielle. Combien de
fois le Seigneur Jésus n'a-t-il pas frappé à la porte d'une
situation, d'une église ou d'une station missionnaire !
Mais la porte est restée barricadée parce qu'il n'a pas
emprunté le canal habituel ni les voies ordinaires; il a
malheureusement dû repartir alors que sa présence était
tellement nécessaire !
4. Être remplis du Saint-Esp rit.
Ne vous enivrez pas de vin - cela vous conduirait à une vie de
désordre - mais soyez remplis de /'Esprit. (tphésiens 5. 18)
Celui que nous attristions, auquel nous nous oppo-
sions, que nous avons éteint, désormais nous remplit et
nous possède. Quelle capitulation et quel renversement
de situation cela implique de notre part ! Nous avons
enfin consenti à nous courber devant lui et à appeler
péché ce qui l'est réellement. L'Esprit est désormais en
mesure, sans qu'il n'y ait plus aucun empêchement,
38
Quatre attitudes face au Saint-Esprit

de nous faire continuellement voir Jésus comme étant


la satisfaction de cous nos besoins, pour notre plus
grande joie, notre soulagement et notre puissance.
Quand nous réfléchissons à ce qu'est la plénitude de
!'Esprit, que cela soit toujours dans le contexte des trois
autres attitudes possibles en face de !'Esprit. Si nous les
perdons de vue, nous considérerons la plénitude comme
une bénédiction particulière qui s'ajoute à notre héritage
en Christ, ce qui nous amènera à lutter et à connaître des
frustrations. Si à un moment donné, nous ne sommes
pas remplis du Saine-Esprit, c'est à cause d'une seule
chose : le péché. C'est le péché qui nous pousse à l'at­
trister er à nous opposer à lui quand il nous le dévoile.
Peut-être avons-nous traversé une longue période de
sécheresse et d'insatisfaction qui a duré des années: elle
s'explique par la répétition de la même raison: le péché.
Il nous suffit alors de nous humilier et de nous repen­
tir sous la conviction produire par le Saint-Esprit pour
que celui-ci témoigne dans notre cœur de Jésus et de
son sang, et nous rende capables de croire que le sang de
Christ nous purifie de ce que nous avons confessé. Car
là où le sang purifie, l'Esprit remplit, sans que nous ayons
besoin d'attendre.
Cette leçon est illustrée par la cérémonie de la purifica­
tion de la lèpre dans le livre du Lévitique (Lévitique 14).
Le sacrificateur prenait du sang d'un agneau offert en
sacrifice et en mettait sur le lobe de l'oreille droite de la
personne, sur le pouce de sa main droite et sur le gros
orteil de son pied droit. Puis il prenait de l'huile d'onction
- image du Saine-Esprit - et en mettait par-dessus le
39
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

sang, sur ces trois mêmes parties du corps. D'abord le


sang, ensuite l'huile. C'est l'expérience du croyant. Le
Saine-Esprit ne remplie pas et ne revêt pas de puissance
la chair, c'est-à-dire le Moi non jugé. Il vient seulement
là où il y a eu repentance au préalable et où le sang a
été appliqué sur le péché par la foi. Le précieux sang de
Dieu est d'une celle valeur qu'il donne même, à celui
qui est tombé au plus bas et qui se repent sincèrement,
le droit d'espérer que le Saine-Esprit viendra immédiate­
ment remplir son cœur et sa vie. Il n'a pas besoin d'aller
plus loin que le pied de la croix. C'est là que, lavé de
son péché, l'homme qui accepte le pardon par la foi sera
rempli du Saine-Esprit au point que sa coupe débordera.
Je participais avec un collègue à une conférence pas­
torale au Brésil quand un jeune missionnaire américain
nous rejoignit. Il avait quitté la station et était venu avec
l'avion de la mission. Il arrivait le cœur assoiffé. Dans la
conversation, il nous fic part de la sécheresse spirituelle
sur la station missionnaire et des défaites dans sa propre
vie. Dans son secteur, il n'y avait eu qu'une seule conver­
sion au cours de l'année. Les missionnaires s'étaient telle­
ment refroidis spirituellement que lorsqu'un d'entre eux
se mettait sérieusement à chercher la face du Seigneur, les
autres se moquaient de lui en disant : « Il parle comme
un missionnaire ! » Il nous raconta que récemment le
Seigneur avait commencé une œuvre dans son cœur et
lui avait montré des péchés donc il devait se repentir
pour être en règle avec Dieu. Cela impliquait de mettre
certaines choses au clair avec les autres missionnaires
sur place. Cette initiative fut suivie d'une communion
40
Quatre attitudes face au Saint-Esprit

spirituelle renouvelée entre les missionnaires et leur


travail put connaître une nouvelle bénédiction. Nous
avons suggéré à ce jeune frère de rendre témoignage lors
de la réunion ce jour-là. C'est ce qu'il fit; pour conclure
ce récit émouvant montrant comment le Seigneur l'avait
humilié et ramené à la croix, il dit: « Je ne peux cepen­
dant pas affirmer que je suis rempli de !'Esprit, mais je
recherche cette plénitude. »
Après la réunion, je le pris à part et lui dis: « Je loue
Dieu pour votre témoignage, mais j 'ai été cependant
déçu de vous entendre déclarer que vous n'étiez pas
rempli de !'Esprit. » Au cours de l'entretien qui suivit, il
comprit qu'il n'avait pas besoin d'aller plus loin que la
croix pour être rempli de !'Esprit. À ce stade où le jeune
missionnaire a été brisé et où le sang de !'Agneau a été
appliqué sur son cœur, Jésus a été pour lui tout ce dont
il avait besoin. Dans la mesure où il est vraiment venu
à la croix, Dieu l'a rempli de !'Esprit à cause du sang de
Christ, si du moins il a accepté son efficacité par la foi.
Il a commencé alors à saisir la valeur du sang de Jésus
pour lui. Les jours suivants, on put le voir retiré dans le
calme, sous les arbres ou ailleurs, courbé dans l'émer­
veillement et l'adoration; il avait enfin tout accepté par
la foi: la purification dans le sang, suivie de la pléni­
tude de !'Esprit et de la redécouverte de Jésus comme le
tout dont il avait besoin, sa justification devant Dieu et
sa sainteté intérieure. Il retourna sur la station mission­
naire rayonnant et affranchi. Tandis qu'il témoignait
humblement sur le champ missionnaire, le Seigneur se
servit de son témoignage pour susciter une soif analogue

41
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

chez d'autres. Des chrétiens se repentirent; d'autres per­


sonnes cherchèrent le Seigneur pour la première fois. Ce
missionnaire écrivit par la suite : « Des fleuves d'eau vive
coulent de nouveau ! »
Combien le moyen choisi par Dieu pour nous remplir
de !'Esprit est simple et accessible à tous !
Chapitre 7

Soyez remplis et
remplis maintenant !

Ne vous enivrez pas de vin - cela vous conduirait à une vie


de désordre - mais soyez remplis de /'Esprit : ainsi vous vous
entretiendrez par le chant de psaumes, d'hymnes et de can­
tiques inspirés par /'Esprit, vous louerez le Seigneur de tout
votre cœur par vos chants et vos psaumes; à tout moment
et pour toute chose, vous remercierez Dieu le Père au nom de
notre Seigneur Jésus-Christ, et parce que vous avez la crainte
de Christ, vous vous soumettrez les uns aux autres.
(tphésiens 5. 18-2 1 )

Examinons de plus près cette grande parole aposto­


lique : « Soyez remplis de l'Esprit», et intéressons-nous
d'abord à son aspect grammatical, car il est riche de
leçons.
1. Notons que là proposition est au mode imp éra­
tif; c'est donc un ordre. Le commandement divin d'être

43
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

rempli de l'Esprit est aussi fore que celui de ne pas s'eni­


vrer de vin qui le précède immédiatement. Si nous ne
sommes pas purifiés par le sang de Christ et remplis de
l'Esprit, nous désobéissons à Dieu. La plénitude de l'Es­
prit n'est donc pas facultative, mais obligatoire pour
chaque chrétien, pour la femme au foyer, l'homme d'af­
faires ou le prédicateur. Cette plénitude est aussi indis­
pensable devant l'évier qu'en chaire; elle n'est pas laissée
à notre libre choix pour une date future, mais exigée
maintenant!
2. Le verbe « soyez remplis » est à la voix p assive. Il
n'est pas dit « remplissez-vous», mais « soyez remplis».
La voix passive indiqu e que l'action n'est pas accom­
plie par nous-mêmes, mais par autrui en notre faveur.
Cela suggère que la seule chose que nous puissions offrir
est le vide. Si nous avions plus volontiers cette attitude
devant Dieu, nous serions remplis plus souvent; or,
nous faisons tout pour paraître autrement que comme
des pécheurs vides, et pour combler nos besoins par
nous-mêmes, alors que nous devrions laisser le Seigneur
accomplir cette œuvre. La plénitude de l'Esprit ne « s'at­
teint » pas, elle « s'obtient» par la foi pour cous ceux
qui savent et reconnaissent qu'ils sont vides. Ils ont été
sauvés par la grâce sans les œuvres, et ils doivent s'at­
tendre à être remplis de l'Esprit selon le même principe.
La nécessité pour nous de nous présenter comme des
vases vides a rarement mieux été exprimée que dans ces
strophes de cantique :

44
Soyez remplis et remplis maintenant

Bien que je ne puisse connaître, raconter ou chan ter


Ici-bas la plénitude de ta charité,
Je peux te présenter mon être vide, simplement;
Toi qui es la source vivante de l'amour,
Viens le remplir.

Je suis un récipien t vide; je ne t'aijamais apporté


Une seule pensée ni adressé un seul regard d'amour,
Mais je peux venir et revenir à toi toujours
Avec cette seule certitude d'un pécheur aux mains vides :
tu m'aimes.

Un témoignage personnel vous aidera à comprendre.


À une occasion particulière, j'avais connu une défaite
cuisante dans ma marche chrétienne et j'étais accablé
par le sentiment de mon échec. Je feuilletai distraitement
un de mes carnets et tombai sur deux mots que j'avais
inscrits quelque temps auparavant : « Sois rempli ». Cet
ordre me semblait venir directement de Dieu.
« Mais Seigneur, dis-je, je suis tellement nul !
- Je le sais, répondit-il, mais sois rempli.
- Après cette défaite, il faut certainement que je
m'améliore d'abord.
- Non, eu n'as pas besoin. Sois rempli, et rempli
maintenant.
- Comment le puis-je alors que je me sens tellement
oppressé par mon péché?
- Le sang de Jésus purifie de tout péché, me dit dou­
cement le Seigneur. Sois rempli, et rempli maintenant ! »
« Sois remp li, sois remp li, sois rempli . . . » : tels étaient
les mots qui assaillaient ma pensée plongée dans le doute.

45
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

C'était bien le dernier message que je m'attendais à


recevoir de Dieu ce jour-là. Il me semblait impossible de
franchir immédiatement la distance qui séparait l'abîme
le plus profond du sommet le plus élevé. Mais quand
je compris la puissance du sang de Jésus pour me puri­
fier complètement, je ne pus que baisser la tête et dire
« Amen, Seigneur» aussi bien à son commandement
qu'à sa promesse, et recevoir en même temps la purifi­
cation et la plénitude. La journée qui suivit fut marquée
de riches bénédictions qui se déversèrent également sur
d'autres.
La vérité toute simple est que la plénitude du Saint­
Esprit n'est pas une expérience réservée à une élite de
super saints qui, par leur consécration et leur piété, sem­
bleraient la mériter; elle est pour des pécheurs et des ratés
qui ont appris à se repentir et qui découvrent la purifi­
cation parfaite et immédiate dans le sang de Jésus. Loué
soit Dieu de ce que cette parole apostolique, bien qu'à la
forme impérative, soit à la voix passive ! « Voilà pourquoi
l'héritage se reçoit par la foi : c'est pour qu'il soit un don
de la grâce. Ainsi, la promesse se trouve confirmée à toute
la descendance d'Abraham» (Romains 4.16), non seule­
ment aux saints déjà parvenus à un degré élevé de perfec­
tion, mais également à des pécheurs faibles et pleins de
lacunes, comme quelques-uns d'entre nous. Par nature,
la grâce rend la promesse certaine pour des incapables
qui reconnaissent leurs manquements, et ils peuvent se
l'approprier maintenant. Quelqu'un a dit : « La pléni­
tude de !'Esprit n'est pas une récompense pour notre
fidélité, mais le don de Dieu à cause de notre défaite.»
46
Soyez remplis et remplis maintenant

Elle ne fut pas accordée aux disciples au dernier cha­


pitre du livre des Actes, comme le point culminan: de
leur marche chrétienne et la récompense de leur s�rvice
zélé, mais au deuxième chapitre de ce livre, alors qu'ils
venaient peu auparavant de se comporter comme des
lâches, barricadés derrière leur porte.
Il n'y a donc pas lieu de se démener pour s'améliorer
d'abord, car ce serait chercher le Saint-Esprit « non pas
en comptant sur la foi, mais comme si la justice pouvait
provenir de la pratique de la Loi » (Romains 9.32). Il
n'y a pas lieu non plus d'attendre la plénitude de l'Es­
pric, comme quelques-uns l'enseignent, en cour cas pas
lieu d'attendre plus longtemps pour appeler « péché» ce
qu'il désigne ainsi et pour venir le déposer à la croix. Le
Saine-Esprit a déjà été donné. Cerces, le Seigneur avait
dit précédemment aux disciples :
Vous donc, restez ici dans cette ville,jusqu'à ce que vous soyez
revêtus de la puissance d'en haut. (Luc 24.49)

Mais Christ avait donné cet ordre d'attendre parce


que le moment historique de l'effusion de l'Esprit n'éraie
pas encore arrivé. Depuis, l'Esprit est descendu ec cous
peuvent en être remplis, ec remplis maintenant.
3 . L'ordre d'être rempli est au temp s p résent continu
en grec. Ce détail d'importance n'apparaît pas dans la tra­
duction française. Notre langue ne connaît pas le présent
continu. L'original dit textuellement : « Soyez toujours
en train d'être remp lis ». Il n'est donc pas question d'être
rempli une fois pour coures, ou à certaines occasions,

47
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

mais continuellement. Ce n'est pas une expérience sta­


tique. L'image que le Seigneur utilise pour parler de la
plénitude de l'Esprit dans Jean 4 est celle d'une source
jaillissante : « l'eau que je lui donnerai deviendra en lui
une source intarissable qui jaillira jusque dans la vie éter­
nelle» (v. 14). Cette description n'a rien de statique !
Le fait que nous devions être remplis de l'Esprit de
façon continue et permanente revêt une importance
considérable, et j'aimerais que le lecteur accorde une
attention particulière à ce point. Si nous ne sommes pas
toujours en train d'être remplis de l'Esprit, la grande
expérience initiale par laquelle nous avons commencé
notre vie chrétienne deviendra un souvenir du passé,
alors que nous serons vides, vaincus et arides. Quelle
tristesse d'entendre un homme parler de sa plénitude
au passé et non au présent ! Son silence à cet égard est
souvent l'aveu qu'il ne se passe plus rien actuellement
en lui. Je préférerais me taire à propos d'une expérience
passée si je ne pouvais pas rendre témoignage de la plé­
nitude de l'Esprit à l'instant présent.
Reconnaissons honnêtement que souvent il ne se
passe rien pour le moment, malgré toutes nos expériences
passées. Or, si nous marchons aujourd'hui dans la lumière
de Dieu, sa bénédiction nous sera accordée aujourd'hui.
Mais tout refus de la lumière, tout refus d'être convain­
cus d'un péché, aussi minime soir-il, empêchera l'Esprit
de couler en nous. Heureusement, le commandement
d'être rempli de l'Espric qui nous a été adressé hier nous
est répété aujourd'hui dans notre condition présence ; le
sang qui nous a purifiés hier nous purifiera aujourd'hui
48
Soyez remplis et remplis maintenant

si nous nous repentons aujourd'hui, et le Seigneur qui


a rempli hier notre coupe jusqu'à la faire déborder agira
de même aujourd'hui. À notre besoin d'être continuel­
lement remplis de l'Esprit correspond le besoin d'être
continuellement purifiés du péché par le sang de Christ.
Le verset de 1 Jean 1.7 comporte, lui aussi, un présent
continu qui n'apparaît pas dans la traduction; l'apôtre
déclare littéralement
Mais si nous vivons dans la lumière, tout comme Dieu lui­
même est dans la lumière[. . . ] Jésus, son Fils, a versé son sang,
nous [contin uons à être] purifiés de tout péché.

Cette purification continue du péché n'est cepen­


dant pas automatique; elle ne s'opère que si nous mar­
chons continuellement dans la lumière, c'est-à-dire si
nous disons continuellement « oui » à ce que la lumière
expose, et si nous nous repentons continuellement des
péchés révélés.
Une missionnaire de l'Afrique Orientale me raconta
comment elle avait été abordée un jour par l'un des res­
ponsables chrétiens africains :
« Louez-vous sans cesse le Seigneur ce matin, ma
sœur ?
- Pour dire vrai, répondit-elle, non, en tout cas pas
ce matin.
- Et pourquoi ? interrogea l'homme.
Après un moment d'hésitation, elle répondit douce­
ment :
- Je me suis mise en colère dans mon bungalow tout
à l'heure.

49
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

Le frère africain ne me dit que quelques mots


- Le sang de Jésus a-t-il perdu de son pouvoir ? »
Et il continua tranquillement son chemin. C'était
juste le message dont elle avait besoin. Elle comprit que
le sang de Jésus n'avait rien perdu de son efficacité; sans
tarder, elle vint au Seigneur dans la repentance, fut puri­
fiée, de nouveau remplie de !'Esprit et put aussitôt louer
Dieu de tout son cœur.
Même l'expérience initiale la plus extraordinaire de
plénitude de !'Esprit ne peut se maintenir que par une
volonté constante d'être purifié par le sang de Christ du
moindre péché qui surgit. Sans cette purification per­
pétuellement renouvelée et cette plénitude perpétuel­
lement accordée, la plus sensationnelle expérience de
départ ne sera guère plus qu'une évocation nostalgique
contrastant d'autant plus avec notre froideur et notre
vide présents, et les condamnant. En fait, une expérience
sensationnelle vécue dans le passé s'est souvent révélée
être un handicap à vie pour un homme, car celui-ci est
hanté par le souvenir de cette expérience qu'il ne peut
reproduire, en dépit de toutes ses luttes. Mais si nous
acceptons de vivre « dans la lumière, tout comme Dieu
lui-même est dans la lumière», prêts à reconnaître ins­
tantanément tout ce qu'il nous révèle comme péché, le
sang de Jésus accomplira son action continue de purifi­
cation du péché, la grâce restaurera ce que le péché aura
détruit et notre expérience de plénitude de !'Esprit sera
renouvelée et toujours pleine de fraîcheur.
50
Soyez remplis et remplis maintenant

Cela aura des conséquences importantes, en particu­


lier dans le domaine des relations fraternelles. Le fait que
certains chrétiens aient connu l'expérience des dons de
['Esprit (parler en langues, dons de guérisons, etc.) et
que d'autres en aient été privés a souvent jeté une ombre
sur les relations encre eux. L'expérience des dons de l'Es­
pri t n'empêche pas le péché de se glisser dans le cœur
du chrétien ; une fois qu'il s'y est incrusté, aucun retour
aux expériences du passé et aucun effort pour en vivre
de nouvelles ne redonneront la paix. Pour connaître à
nouveau la paix du cœur, le chrétien doit venir comme
un pécheur à la croix du Seigneur Jésus, aussi vide que
s'il n'avait jamais connu ces expériences merveilleuses
des dons de l'Espric. Rien d'autre que le sang de Christ
ne peut le laver de sa souillure et le relever. Là, il rencon­
trera d'autres chrétiens qui, comme lui, auront constaté
l'inefficacité de leur arrière-plan doctrinal pour leur
venir en aide dans leurs moments de détresse et qui se
seront repentis à la croix. Rien ne les différencie; ce sont
cous des pécheurs, mais des pécheurs qui auront décou­
vert que le mur de séparation encre eux est renversé, et
qui auront renoué des relations fraternelles.
Si seulement nous étions plus désireux de vivre sur la
base d'une relation « présente» avec Dieu, nous verrions
que noue prétendue supériorité sur les autres s'écrou­
lerait d'un coup. Dans ce maintenant, nous devrions
confesser que nous nous sommes souvent égarés; dans
ce maintenant, il nous faudrait retrouver le chemin qui
mène aux pieds de Jésus pour être relevés. À la croix,
nous nous sentirons poussés à aimer les autres qui ont
51
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

vécu la même démarche honnête. Aucun retour aux


expériences du passé ne remplace le face-à-face présent
et honnête avec Dieu. Mais ce tête-à-tête n'est pas seu­
lement celui de la repentance, c'est également celui de la
foi. Comme l'a dit quelqu'un, iafoi ce n 'est pas demander
à Dieu ce que nous ne possédons pas, mais c 'est nous servir
de ce que Dieu déclare être en notre possession. C'est notre
réponse à la Parole de Dieu. La Parole vient à nous; la
foi la reçoit et dit : « Merci, Seigneur». Mais la Parole
doit venir jusqu'à nous, autrement, la foi n'est qu'un
effort humain.
Pour illustrer mon propos, je fais appel à l'expérience
que représente la rédaction de ce livret. Tandis que
je travaillais à la première partie, mon esprit semblait
engourdi et inerte, et mon cœur vide de route inspira­
tion. Je me dis : « S'il y a vraiment eu un moment où je
ne me suis pas senti rempli de l'Esprit, c'est bien mainte­
nant ! Er dire que j'ai l'audace de traiter ce sujet ! » Je fus
tenté de lutter dans la prière et de demander de routes
mes forces à Dieu de me donner ce que je pensais ne pas
posséder. Heureusement, je n'avais pas la force de livrer
un combat aussi épuisant. Avec cette façon de penser,
j'étais vaincu avant même de commencer. Je sentais éga­
lement qu'à vouloir débusquer dans mon cœur un péché
dont je devrais me repentir ne ferait que mettre en évi­
dence l'effort humain. En fin de compte, je fis simple­
ment connaître ma condition au Seigneur. Ce matin-là,
au cours de ma lecture personnelle de la Bible, la Parole
de Dieu vint à moi :

52
Soyez remplis et remplis maintenant

Vous, au con traire, vous avez été oin ts du Sain t-Esprit par
celui qui est saint, et vous avez tous la connaissance.
(1 Jean 2.20)

Dieu m'affirmait que je la possédais. Je poursuivis ma


lecture :
Quan t à vous, /'Esprit don t vous avez été oints par Christ
demeure en vous. (1 Jean 2.27)

Dieu lui-même me disait que l'onction que j'avais


reçue de lui demeurait en moi et ne changeait pas. Je
n'avais pas besoin de la découvrir par moi-même en y
réfléchissant, c'était la Parole de Dieu qui m'était donnée
dans mon besoin. Qu'il fut bon alors de me détourner
de mes sentiments, ou de leur absence, pour accueillir
la Parole et dire : « Merci, Seigneur! » Avec quelle rapi­
dité le Saint-Esprit vint me vivifier, ouvrir mon cœur et
m'aider! Je vis une fois de plus que la foi ne consistait pas
à demander ce que nous ne possédons pas, mais à utiliser
ce que Dieu dit être en notre possession.
Je livre ici cette expérience pour attester que je n'ai
jamais réussi à sortir de la froideur ou de la torpeur
autrement que par la foi. Même si la repentance semble
l'acte dominant, elle doit s'accompagner de la foi. Je n'ai
jamais connu la délivrance par une expérience spectacu­
laire ardemment souhaitée qui me serait tombée dessus
de façon soudaine. J'ai certes soupiré après une telle
expérience, et j'ai prié pour la connaître. Mais la faiblesse
de mes désirs et de ma prière m'a plongé dans le déses­
poir et j'ai abandonné la lutte avant même de commen­
cer. Alors est venue sa Parole qui m'a rappelé certains

53
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

bienfaits de la grâce, ensuite la foi qui les a reconnus


vrais, suivie de l'accomplissement de ce que Dieu avait
déclaré er promis, si bien qu'à la fin j'ai pu m'écrier : « Il
m'a parlé er c'est lui qui agir» (Ésaïe 38. 15). Des expé­
riences, j'en ai connu en grand nombre, mais elles ont
toujours été consécutives à un acre de foi.
À la lumière des riches provisions de sa grâce, nous
pouvons l'entendre nous dire :
SOYEZ REMPLIS DE L 'ESPRIT,
ET SOYEZ REMPLIS MAINTENANT!
Chapitre 8

Les conséquences de
la plénitude de l'Esprit

Après avoir examiné l'exhortation de l'apôtre « Soyez


remplis de l'Esprit», nous devons encore considérer la
suite du passage en question, car il décrit les conséquences
de la plénitude de l'Esprit. Les résultats sont détaillés,
mais reconnaissons que ce ne sont généralement pas ces
manifestations que mentalement nous associons à la plé­
nitude de l'Esprit. Paul ne dit pas que l'Esprit fera de
nous d'éloquents prédicateurs ou des chrétiens remar­
quables à plus d'un titre. Les conséquences présentées
sont beaucoup plus terre à terre; il vaut mieux qu'il en
soit ainsi, car la plupart des chrétiens ne seront jamais
appelés par Dieu à des formes de service très en vue. Le
Saint-Esprit cherche à faire de nous des êtres normaux
qui marchent avec lui tous les jours dans les sentiers qui
semblent les plus ordinaires.

55
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

1. La plénitude de l'Esprit se manifeste d'abord par


des chants de louange adressés au Seigneur dans notre
cœur. En effet, l'exhortation « Soyez remplis de l'Es­
prit » est immédiatement suivie des paroles :
ainsi vous vous entretiendrez par Je chant de psaumes,
d'hymnes et de cantiques inspirés par /'Esprit, vous louerez le
Seigneur de tout votre cœur par vos chants et vos psaumes.
(tphésiens 5. 1 9)

À mon avis, l'apôtre décrit ainsi l'attitude du chré­


tien qui devrait déborder de louange et témoigner abon­
damment du Seigneur Jésus, car celui qui est nouvelle­
ment rempli de l'Esprit est rempli de Jésus ! Notre cœur
doit chanter spontanément au Seigneur aussi bien dans
la cuisine que dans notre bureau ! D'ailleurs plus de vic­
toires ont été remportées dans la cuisine par une femme
qui a appris à marcher avec le Seigneur Jésus que dans
un bureau où un pasteur ne l'a pas appris. Précisons tou­
tefois que ce chant spontané est parfaitement rationnel;
il ne résulte pas d'une forte émotion passagère. La plé­
nitude de l'Esprit n'est rien si l'Esprit ne nous révèle
pas continuellement Jésus sous ses différents aspects qui
répondent à tous nos besoins. Nous sommes alors subju­
gués par la vision de Christ et de sa grâce, au point que
nous ne pouvons faire autrement que chanter. Comme
l'a dit Charles Wesley :
Mon cœur est rempli de Christ et brûle du désir
De célébrer son glorieux Maître;
Je fais de lui le sujet de mes chants les plus beaux,
Je ne peux m'empêcher de Je célébrer.

56
Les conséquences de la plénitude de /'Esprit

C'est précisément le premier effet de la venue du


Saine-Esprit le jour de la Pentecôte. « Chacun de nous
les entend parler dans sa propre langue des choses »
(Actes 2.11), s'exclamèrent les auditeurs ce jour-là. Le
fait que les disciples se soient exprimé en d'autres langues
était purement annexe; ce qui comptait surtout était la
teneur de leur message, à savoir les « choses merveilleuses
que Dieu a accomplies». Parce que le Saint-Esprit leur
avait montré Jésus ressuscité d'entre les morts, debout à
la droite de Dieu et plaidant en leur faveur, prêt à accor­
der la repentance et la rémission des péchés à Israël, ils
ne pouvaient faire autrement que de louer Dieu avec
zèle. C'était le miracle de la grâce de Dieu révélé dans
ces différents aspects qui les poussa à magnifier Dieu en
cette occasion. C'était en fait l'accomplissement d'une
promesse du Seigneur : « Il manifestera ma gloire, car
il puisera dans ce qui est à moi et vous l'annoncera»
0 ean 16. 14). Leur louange, leur allégresse, leur hardiesse
étaient le résultat de ce que le Saint-Esprit leur avait
permis de contempler. Le parler en langues lui-même
en résultait. Leurs cœurs étaient tellement remplis de
la vision de Jésus que leur adoration de Dieu dut trans­
cender les limices des langues connues d'eux; le parler
en langues fut ainsi un signe pour tous ceux qui étaient
rassemblés à Jérusalem. La glossolalie n'aurait eu abso­
lument aucune signification si les disciples n'avaient pas
donné libre cours aux sentiments suscités en eux par la
révélation que ['Esprit leur avait donnée de Jésus.
Nous associons souvent dans notre pensée la plé­
nitude du Saint-Esprit avec des sentiments de grande
57
Soyez remplis de !'Esprit aujourd'hui

élévation, une joie extatique et la faculté de louer Dieu


avec une hardiesse et une liberté exceptionnelles, souvent
en d'autres langues. Nous sommes tentés de considérer
ces effets comme l'objectif essentiel à atteindre, et par
conséquent de les rechercher ardemment. Nous ne sau­
rions insister suffisamment sur le fait qu'ils ne sont pas le
don central du Saint-Esprit pour nous. L'Esprit cherche
avant tout à prendre de ce qui est à Christ et à nous
le montrer. La joie et la louange peuvent alors décou­
ler comme des conséquences de la vision de Christ, car
nous voyons en lui toutes les bonnes nouvelles dont ont
besoin des gens comme nous, sans force. L'adoration
qui déborde alors de notre cœur peut s'exprimer dans
une langue connue ou inconnue. Pour sa part, Paul pré­
férait que ce soit dans une langue connue afin que les
auditeurs puissent s'associer à lui et en tirer profit (voir
1 Corinthiens 14. 19); nous imaginons que la majo­
rité des chrétiens partagent son point de vue. Si nous
recherchons les dons spectaculaires comme s'ils étaient
essentiels, nous risquons d'être très déçus si nous ne les
obtenons pas, ou d'en exagérer l'importance si nous les
recevons. En revanche, si nous attendons du Saint-Esprit
qu'il nous présente une vision renouvelée de Jésus, nous
ne pourrons nous dispenser de nous entretenir « par le
chant de psaumes, d'hymnes et de cantiques inspirés par
l'Esprit, vous louerez le Seigneur de tout votre cœur par
vos chants et vos psaumes » . Notre allégresse reposera sur
une raison objective et rationnelle; nous serons capables
de dire aux autres ce que nous avons vu, et à leur tour ils
verront la même chose et s'associeront à notre joie.

58
Les conséquences de la plénitude de /'Esprit

2. La plénitude du Saint-Esprit se traduira ensuite par


la reconnaissance p our tout
A tout moment et pour toute chose, vous remercierez Dieu le
Père au nom de notre Seigneur Jésus-Christ. (Éphésiens 5.20)

Il faut donc discerner Dieu en tout et reconnaître que


tout ce qui nous arrive, quel que soit le canal emprunté,
nous atteint parce que Dieu l'aura permis, lui qui fait
coopérer toutes choses au bien de ceux qui l'aiment.
Les circonstances que nous traversons, qu'elles nous
semblent favorables ou non, doivent donc nous fournir
l'occasion de remercier Dieu. Cette attitude reconnais­
sante est impossible si nous sommes orgueilleux et si
nous refusons d'abandonner à Dieu nos droits et notre
égocentrisme, qui ne pourraient engendrer que de l'api­
toiement sur nous-mêmes et alimenter nos récrimina­
tions. Cette disposition à la gratitude est étroitement liée
à la plénitude de l'Esprit, car Dieu ne peut remplir que
des vallées, et non des montagnes. Il est difficile de dire
si le cœur brisé qui se soumet aux circonstances per­
mises par Dieu et se réjouit en elles est la condition ou
la conséquence de la plénitude de l'Esprit. Cette disposi­
tion est probablement les deux à la fois. Dans le pa<:sage
de la lettre aux Éphésiens, elle est présentée comme la
conséquence. Mais nous savons que le refus de se plier
à la volonté de Dieu produit l'apitoiement sur soi, les
murmures et les doutes, qui sont autant de formes dif­
férentes du péché. Celui-ci empêche que nous soyons
remplis de l'Esprit; nous devons donc d'abord le confes­
ser et en être purifiés par le sang de Christ. Il est évident
59
Soyez remplis de !'Esprit aujourd'hui

que nous aurons souvent à nous repentir et à être puri­


fiés. En effet, qui a jamais traversé les épreuves particu­
lièrement difficiles auxquelles nous sommes tous soumis
un jour ou l'autre, sans adopter, au moins au début, une
attitude égocentrique? Combien Dieu est bon de nous
redresser et de nous relever quand nous reconnaissons
notre erreur !
3. L'effet suivant de la plénitude de !'Esprit, et peut­
être le plus important compte tenu de la place qui lui
est réservée dans ce passage, concerne la soumission
mutuelle :
et parce que vous avez la crainte de Christ, vous vous soumet­
trez les uns aux autres. (Éphésiens 5.2 1)

Chaque fois que Dieu aborde le sujet de nos rela-


tions avec les autres, il précise leur cadre : « soumettez­
vous», « soyez soumis». Dans ce passage, chaque rela­
tion humaine est décrite sous l'angle de la soumission. La
femme doit se soumettre à son mari, comme au Seigneur
(Éphésiens 5. 22). Parole bien incisive aujourd'hui où
l'expression « c'est la femme qui porte la culotte» n'est
plus simplement une plaisanterie, mais traduit une
réalité; où les conflits d'autorité et les querelles sont de
plus en plus fréquents et tolérés dans les foyers. Les chré­
tiennes doivent éradiquer cette pratique si elles veulent
être remplies de !'Esprit.
Paul s'adresse ensuite aux maris. Il est vrai que Paul
ne demande pas au mari de se soumettre à sa femme, car
en d'autres passages, l'apôtre s'évertue à souligner le rôle
de « chef» que doit jouer le mari dans la famille. L'époux
60
Les conséquences de la plénitude de /'Esprit

est cependant invité à adopter une attitude encore plus


exigeante : il doit aimer sa femme « comme Christ a aimé
l'Eglise : il a donné sa vie pour elle» (Éphésiens 5.25).
L'amour de Christ pour l'Église est un amour sacrificiel
qui a incité le supérieur à s'humilier lui-même pour se
mettre au service de l'inférieur. C'est ainsi que chaque
mari doit aimer son épouse. Même si l'Écrirure reconnaît
au mari un rang d'autorité sur sa femme, devant la croix
il s'abstient de faire valoir ce droit; bien que « chef» de
la femme, il doit se mettre à son service, elle qui est pré­
sentée comme un « vase plus faible», et prendre grand
soin d'elle, comme Christ l'a fait pour l'Église. Combien
cet ordre condamne l'égoïsme et l'orgueil masculins ! Les
chrétiens désireux d'être remplis de l'Esprit doivent se
repentir de ce péché dès qu'il se manifeste.
Le même modèle de relation, soumission volontaire
d'un côté, amour qui se livre de l'autre, est appliqué aux
autres relations mentionnées dans ce passage biblique.
Les enfants doivent se soumettre et obéir à leurs parents
selon le Seigneur; et je suis certain que le mot « enfants»
inclut les adolescents ! De leur côté, les parents, tout en
exerçant à l'égard de leurs enfants une sainte discipline,
doivent se garder de les irriter par un manque de com­
préhension ou par une dureté excessive. Les employés
doivent se soumettre à leurs employeurs, et travailler
pour eux comme s'ils étaient au service de Christ lui­
même. Pour sa part, le patron doit se soucier du bien
de ses subalternes, s'abstenir de menaces contre eux,
sachant qu'il a lui, même dans le ciel un maître qui pour­
rait bien lui demander des comptes sur la manière dont
61
Soyez remplis de /'Esprit aujourd'hui

il aura traité ceux qu'il emploie. La soumission mutuelle


et l'amour prévenant les uns envers les autres dans coutes
les relations humaines caractérisent la plénitude de l'Es­
pri r. Si nous voulons que notre cœur soit rempli de
Christ, nous devons courber notre nuque raide.
Ne perdons toutefois pas de vue que la plénitude de
l'Esprit ne passe pas par des efforts de notre part pour
être plus soumis ou plus attentionnés aux autres, mais
par la repentance de ce que nous ne nous sommes pas
soumis à telle personne, et que nous ne l'avons pas
aimée comme nous l'aurions dû. Dieu appliquera alors
l'efficacité du sang de Christ au péché que nous aurons
confessé, et l'Esprit remplira ce que le sang aura purifié,
créant du même coup en nous le désir de nous soumettre
aux autres et de les aimer.
Prenons donc à cœur cout ce passage qui nous inter­
pelle et qui indique la condition et la conséquence de la
plénitude de l'Esprit
Ne vous enivrez pas de vin - cela vous conduirait à une vie
de désordre - mais soyez remplis de /'Esprit : ainsi vous vous
entretiendrez par le chant de psaumes, d'hymnes et de can­
tiques inspirés par /'Esprit, vous louerez Je Seigneur de tout
votre cœur par vos chants et vos psaumes; à tout moment
et pour toute chose, vous remercierez Dieu le Père au nom de
notre Seigneur Jésus-Christ, et parce que vous avez la crainte
de Christ, vous vous soumettrez les uns aux autres.
(tphésiens 5. 1 8-2 1 J
Table des matières

1 . Maimenant et pas demain ......... ..... . . ............... ... ... 3


2. Le Samt-Esprit : une personne .... . . . .. . . . . . ..... . .... ...... 7
3. Le Samt-Esprit : !'Avocat du Seigneur Jésus .. . . . .. . 1 1
4. Le Sant-Esprit : celui qui convainc ............. ... ..... 1 7
S . Le Sa.nt-Esprit : le Consolateur ..... ......... ............ 25
6. Quane attitudes face au Saint-Esprit. ...... ... .... ..... 3 5
7 . Soyez remplis et remplis maintenant!............. ..... 43
8. Les conséquences de la plénitude de !'Esprit. .... ... 5 5
Achevé d'imprimer en mai 20 1 8
sur les presses de l'imprimerie Présence graphique
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pour le compte des Éditions Farel

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Dépôt légal : février 1 998
1" impression de la 2• édition : mai 20 1 8
Soyez remplis - maintenant » : trois mots
«
qui résument l'e ssentiel du message de grâce
vers lequel convergent ces chapitres.
Il ne s'agit pas d'être remplis demain, quand
nous penserons nous être améliorés, mais
d'être· remplis maintenant, au beau milieu de
nos manquements et de nos besoins courants,
tels que nous sommes, là où nous sommes.
Ce main tenant d'aujo urd'h ui sera touj ours
suivi d'un nouveau maintenant. Connaître
déj à ici-bas une bénédiction constante, au
temps présent, n'est possible qu'en ayant une
nouvelle compréhension de la grâce divine.
C'e st dans ce contexte que nous devons enten­
dre l'exhortation : « Soy ez remplis de l'Esprit »
( Éphésiens 5 . 1 8 ) .

Évangéliste conférencier. et homme de Révei l, Roy Hession a


exe rcé u n m i n i stère i nternati o n a l q u i a i nfl ue ncé p l usie u rs
générations et pl usieurs mouvements dont cel u i de OM (Opération
Mobil isation). Il est égalèment l'auteur de nom breux ouvrages.

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7€

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Croissance spirituelle

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ISBN 978-2-8631 4-484-8

EDITIONS
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