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Chapitre 1 : Les bases du rayonnement thermique

Plan
- Définitions
- Les lois du corps noir
- Fraction d’énergie radiative

1. Définitions

Pour aborder ce chapitre il est nécessaire de rappeler certaines définitions


fondamentales pour tout le reste du cours :

1.1. Fréquence, Longueur d’onde et spectre

A partir de la théorie de la mécanique nous savons que tout corps émet et absorbe de
l’énergie sous forme de rayonnement ou encore ondes électromagnétiques. Celles-ci
se propagent aussi bien dans un matériau que dans le vide.

Si n désigne l’indice de réfraction du milieu, c0 et c la vitesse de propagation de


l’onde électromagnétique respectivement dans le vide et dans le milieu, nous avons :

c
c 0
n
Avec c0 = 3.108 m.s-1

Chaque onde est caractérisée par sa fréquence ν qui demeure constante quelque soit
le milieu de propagation, par contre la longueur d’onde λ dépend du milieu et donc
de l’indice de réfraction n.
La longueur d’onde, la fréquence et la vitesse de propagation sont reliées par la
relation suivante :
c


Selon la valeur de la longueur d’onde et donc de la fréquence, les ondes portent des
noms différents, nous avons alors le spectre des ondes suivant :
Rayonnement thermique

0,01 0,1 1 10 100 1000

λ (µm)
UV VIS IR

1.2. Angle solide

Considérons un corps de surface S, M un point quelconque de cette surface et dS la


surface élémentaire entourant ce point M.

Soit  une direction quelconque de l’espace en partant du point M, on appelle angle

solide élémentaire entourant la direction  noté dΩ, l’espace élémentaire à

l’intérieur du cône de sommet M et d’axe (M,  )

θ’


 
n dS’
θ
d

dS

 
dS'. u r dS'.cos(' ) 
Nous avons d   avec u r le vecteur directeur unitaire de la
r2 r2

direction de propagation  , nous rappelons que la quantité dS'.cos(' ) , notée dS’n

désigne la projection de dS’ sur le plan normal à u r

L’angle solide s’exprime en stéradians (str).

En coordonnées sphériques par exemple, nous avons dS 'n  r 2 . sin().d.d


dS’n
r.sin (α).dψ
r

α d
r.dα

r.sin (α).dψ
ψ

L’angle solide élémentaire est donné alors par :

dS 'n
d   sin().d.d
r 2

Sur la moitié de l’espace, l’angle solide vaut

2  / 2  2    / 2 
                 2.
   
d sin( ).d .d d . sin( ).d

moitiéde 0 0  0  0 
l'epace

L’angle solide correspondant à l’espace entier est alors 4π

1.3. Luminance spectrale (monochromatique) unidirectionnelle

Si d4Q désigne l’énergie radiative totale sur une bande de fréquence dν émise par une

surface élémentaire dS d’un corps à une température absolue T, dans une direction 

de l’espace, dans l’angle solide élémentaire dΩ entourant  , pendant la durée dt, nous

définissons la luminance spectrale unidirectionnelle, notée L (T,  ) , donnée par :

 d 4Q
L  (T,  ) 
dt.d.d.dS. cos()

La luminance spectrale unidirectionnelle s’exprime en J.s-1.str-1.Hz-1.m-2


dS.cos(θ) représente la projection de la surface dS sur le plan normal à la direction de
propagation
1.4. Luminance totale unidirectionnelle

Sur tout le spectre, nous définissons la luminance totale unidirectionnelle notée



L(T,  ), donnée par la formule suivante :

    d 4Q
L(T,  )   L  (T,  ).d  
0 0 dt.d.dS. cos()

La luminance totale unidirectionnelle s’exprime en J.s-1.str-1.m-2

1.5. Luminance spectrale hémisphérique

Sur la moitié de l’espace appelée hémisphère (Ω = 2π), nous définissons la luminance


spectrale hémisphérique, notée L 2 (T ) , donnée par :

 d 4Q
L 2 (T)   L  (T,  ).d  
2 2 dt.d.dS. cos()

La luminance spectrale hémisphérique s’exprime en J.s-1.Hz-1.m-2

1.6. Luminance totale hémisphérique

Sur la moitié de l’espace et pour l’ensemble du spectre, nous définissons la luminance


totale hémisphérique, notée L(T,2) , donnée par :

   d 4Q
L(T, 2)    L  (T,  ).d.d   
0 2 0 2 dt.dS. cos()

La luminance totale hémisphérique s’exprime en J.s-1.m-2 ou encore en W.m-2

Application : Calcul du flux radiatif émis sur tout le spectre pour une surface plane
pour un rayonnement isotrope
Pour un rayonnement isotrope, la luminance ne dépend pas de la direction de l’espace,
nous notons la luminance totale unidirectionnelle L, soit Φ le flux émis par cette
surface plane et soit φ la densité surfacique du flux rayonné par cette surface, nous
avons à partir de ce qui précède :
d
L
d. cos()

d 4Q
(La densité de flux élémentaire dφ représente le rapport rencontré
dt.dS
précédemment)

Nous avons alors :


d  L.d. cos()

Supposons que la surface plane est le plan x,y et supposons que la direction de

propagation est u r , nous avons le schéma suivant en coordonnées sphériques :

dS’n
r.sin (θ).dψ
r

θ
d r.dθ

r.sin (θ).dψ
ψ

La densité de flux φ, rayonnée par une surface plane dans un espace hémisphérique de
façon isotrope s’écrit alors :

2  2    / 2 
   L.d. cos()  L.  sin(). cos().d.d  L.  d .  sin(). cos().d   .L
  
2 0  0  0 

Nous déduisons alors que pour un rayonnement isotrope :

  .L

Remarque : pour un rayonnement isotrope spectral nous avons également    .L 


2. Les lois du corps noir

2.1. Définition
Pour évaluer l’émission radiative d’un corps quelconque, on se réfère à un modèle de
référence appelé corps noir. Celui-ci est défini comme étant le corps idéal qui absorbe
totalement le rayonnement incident quelles que soient ses distributions spectrales et
angulaires. A l’équilibre thermodynamique local, un corps noir émet du rayonnement
autant qu’il en absorbe. Pour une fréquence donnée, la luminance spectrale
unidirectionnelle ne dépend que de la température :


L  (T,  )  L  (T )

2.2. Loi de Planck

La loi de Planck nous donne l’expression de la luminance spectrale unidirectionnelle


en fonction de la fréquence et de la température absolue pour un corps noir en partant
de la théorie corpusculaire de la lumière et en se basant sur des considérations de
thermodynamique statistique.

2 h 3
L0 (T) 
 h 
c 2 exp 1
0   k T  

Avec T la température absolue du corps noir en Kelvin, ν la fréquence du


rayonnement en Hz, h = 6,625.1034 J.s est la constante de Planck et k = 1,38.10-23 J/K
est la constante de Boltzmann.

Nous pouvons également exprimer la luminance spectrale unidirectionnelle d’un


corps noir en fonction de la longueur d’onde exprimée en mètre et de la température
absolue :

2 h c2
L0 (T )  0
   h c0  
5 exp   1
 kT 
2.3. Loi de Wien
Pour un rayonnement isotrope, nous avons vu que la densité de flux est liée à la
luminance spectrale unidirectionnelle par l’expression :

2 h c 2
 0   L0  0
    h c0  
5 exp   1
 kT 

En dérivant cette fonction par rapport à λ (a température fixe) et en notant λmax la


valeur de la longueur d’onde pour laquelle la densité de flux 0 est maximale, nous
obtenons :
 max .T  cste  2897,6 m.K (Loi de Wien)

2.4. Loi de Stéfan

A partir de la loi de Planck donnant l’expression de la luminance spectrale


unidirectionnelle d’un corps noir, nous déduisons l’expression de la luminance totale
unidirectionnelle, donnée par l’expression suivante :


L0 (T)   L0 (T).d

0
Nous obtenons :

.T 4
L0 (T) 

Avec σ = 5,67.10-8 W.m-2.K-4 (constante de Stéfan Boltzmann)


Nous déduisons alors la densité de flux radiatif émise par un corps noir pour tout le
spectre et dans tout l’hémisphère :

0 (T)  .T 4 (Loi de Stéfan)


3. Fraction d’énergie radiative

Entre deux longueurs d’ondes λ1 et λ2, la fraction de l’énergie radiative émise par un
corps noir est définie par l’expression :

2
 0 (T) d  2 0 2
0
    (T) d    (T) d

F 1   2  1  0 0  F0   2  F0   2
0
 (T ) 0
 (T )

Nous démontrons que F0    F0  T


Nous déduisons alors :
F    F0   T  F0   T
1 2 2 1