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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Plan du cours

• Commande scalaire d ’une machines asynchrone

• Principe

• Alimentation en tension

• Alimentation en courant
• Commande scalaire d ’une machine synchrone

• Stratégies de commande

• Autopilotage des Machines Synchrones Alimentées en courant

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Commande scalaire d ’une machine asynchrone


Principe
Dans la machine asynchrone les champs stator et rotor restent synchronisés du fait que, par
induction, la fréquence des courants rotoriques varie automatiquement avec la vitesse du rotor
pour compenser cette variation.
Le champ rotorique est mobile par rapport au rotor à la pulsation ωsl, contrairement au cas des
machines synchrones où la fréquence du courant d'excitation reste constante et nulle quelle que
soit la vitesse du rotor et où, par conséquence, le champ rotorique est fixe par rapport à celui-ci.
Dans les machines asynchrones il n'y a donc pas de risque de décrochage par couple moyen nul
mais seulement de blocage par couple résistant excessif, supérieur au couple maximal, qui
provoque un arrêt et un fonctionnement en court-circuit puisqu'il n'y a plus de f.e.m. de rotation
pour s'opposer à la tension statorique.
Les machines asynchrones présentent des instabilités en régime transitoire. C'est le cas lors d'une
alimentation directe en tension lorsque le filtre d'entrée présente des valeurs d'inductance et de
capacité élevées. C'est aussi le cas lors d'une alimentation directe en courant avec fréquence
statorique imposée.
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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Comme pour la machine synchrone on utilise donc deux modes de commande des machines
asynchrones,
•soit une commande directe avec réglage de la fréquence statorique ωe et de la tension statorique
Vs ou du courant statorique Is,
•soit une commande avec autopilotage qui asservit la fréquence statorique ωe et V s ou Is à la
vitesse de rotation ωm en réalisant ωe = ωm + ωsl à l'aide d'un capteur de vitesse. Par extension on
parle d'autopilotage de ces machines. La pulsation ωsl devient alors la variable d'entrée.

Le contrôle du couple passe par la maîtrise de l ’état magnétique de la machine c ’est à dire du
flux et de la pulsation rotorique soit wsl.
Les commandes qui assurent une régulation du module du flux et l ’autopilotage de la machine
sont appelées commandes scalaires.
Celles qui assurent une régulation du flux en module et en phase (donc en régime transitoire) et
l ’autopilotage de la machine sont appelées commandes vectorielles.

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Rappels sur le comportement de la machine en régime permanent


Posons X = X d + jX q
jLmω sl
Au rotor 0 = Rr I r + jω sl Lr I r + jω sl Lm I s Ir = − Is
Rr + jLrω sl
Flux stator Ψs = Ls I s + Lm I r Rr + jLrσω sl
ψ s = Ls Is
Rr + jLrω sl
2
ω L 
1 +  sl r 
ψs  Rr 
D ’où Is = 2
Ls  σω sl Lr 
1+  
 R r 

Couple Te = pLm (idr iqs − idsiqr ) = pLm Im(I s .I r *)


2
Des relations précédantes, on en déduit L  ωsl
Te = p  m  ψ s 2
 Ls    L 
2

Rr 1 +  σ ωsl  
 r
  Rr  

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

2
L  ω sl 3 ˆ
Soit Te = 3 p m  Ψs eff
2
car xd 2 + xq 2 = X
 Ls    L 
2
 2
Rr 1 +  σ ω sl  
 r
  Rr  

La valeur du couple est fixée par ωsl et par le module du flux. En fonctionnant au flux nominal,
pour un couple donné, on peut déterminer le glissement donnant le couple maximal pour lequel
la réactance de fuite et la résistance rotorique sont égales :
2
L  1 ω sl =
Rr
Temax = 3 p m  Ψs eff 2 pour
 Ls  2σLr
max
σLr

Te = α (Ψs ) ω sl ωsl permet donc de régler le couple.


2
Si le glissement est faible :

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

En régime permanent et dans un repère lié au stator :


Rs  Ls Lr  L L 
Vs = Rs I s + jωe Ls I s + jωe Lm I r D ’où Vs = 
1 − σ ω 
sl e  +
ω j  r ω sl + s ω e   I s
L  R R   Rr Rs  
1 + j r ω sl s r
Rr
2 2
On en déduit :  LL  L L 
1 − σ s r ω slω e  +  r ω sl + s ω e 
Vs = Ψ *s
Rs  Rs Rr   Rr Rs 
2
Ls  σω sl Lr 
1 +  
 Rr 

Cette relation est à la base des lois de commandes permettant un contrôle du module du flux.

Compte tenu des dispositifs utilisés, deux modes de commande sont possibles :
•une commande par contrôle de la fréquence statorique ωe et du courant ou de la
tension statorique,
•une commande avec autopilotage et contrôle de la pulsation des courants
rotoriques ωsl.
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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Alimentation en tension
La loi de commande précédante permet de maintenir le flux constant. Mais elle est trop
complexe pour être exploitée sans moyen de calcul puissant. Elle doit être simplifiée.
2
Ä Si la pulsation rotorique est très faible, alors : Vs = Ψ *s ω e  R 
1 +  s 
 ω e Ls 
Ä Si, de plus, Rs est négligeable, alors :V s = Ψ *s ω e ce qui caractérise une loi en V s/fe=cste.

Si la fréquence statorique diminue, les réactances de fuite décroissent. Par contre les résistances
demeurent à peu près constantes. Le terme RsIs n’est pas négligeable. Une régulation en Vs/fe
conduirait à de fortes variations de flux. Les pertes statoriques doivent être compensées par une
augmentation de tension ∆vs par rapport à Ψs * .ω e .
Ces lois simplifiées ne suffisent donc pas à réguler le flux pour les faibles valeurs de ωe et les
forts glissements. On ajoute souvent un terme correctif pour prendre en compte la pulsation
rotorique :

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Vs = ψ *s (ω e + kω sl ) Rs Lr
avec k=
Rr Ls
Pour améliorer le comportement à basse fréquence, on peut utiliser :
2
 R  Rs Lr
Vs = ψ * s (ω e 1 +  s  + kω sl ) avec k=
 ω e Ls  Rr Ls

Les lois précédentes assurent un maintien du flux, jusqu’à la vitesse nominale. Au-delà la tension
ne peut plus évoluer. Elle est maintenue égale à Vmax = Vn.
Considérons les différents types de fonctionnement lorsque V s est maintenue constante.
Ä Si le courant est régulé (et donc si le glissement est variable) :
Teω e = cste et Is =cste

Ä Si la pulsation ωsl est donnée et suffisamment faible (le glissement est nécessairement limité
dans ce mode de fonctionnement) :
Teω e = cste
2
Ψsωe = cste I sω e = cste

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

En général ces trois modes opératoires sont successivement utilisés .


Jusqu’à la fréquence nominale (ωe = ωn), la loi de commande assure un fonctionnement à flux
constant et donc, pour une pulsation rotorique donnée, à couple constant.
Au-delà de cette fréquence, la commande commute sur le mode à puissance constante puis à
partir de c.ωn (avec c en général compris entre 1.5 et 2.5) sur celui à Teω e = cste . Ce dernier
2

mode de fonctionnement correspond à celui d’une machine à courant continu à excitation série
V
s
Vn

Te

1 2 3

ω
e
V/f = cste P = cste Te ω2e = cste
e ω c. ω
Compens ation n n
des pertes statoriques
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Commande scalaire des machines à courant alternatif
Redresseur Id L Onduleur

Commande scalaire avec


contrôle de la fréquence A C MAS
B U U
statorique C
d i

La machine asynchrone,
nécessitant une absorption de Id
puissance réactive, est alimentée Vs
par un onduleur à commutation V
s

forcée. Le dispositif de ω
ω ω e
b e
commande fixe la fréquence à ω
e Ω
partir de l’erreur de vitesse et la
tension à partir d’une loi en V/f. CI Limiteur de courant

Une seconde boucle interne - Commande scalaire


assure la limitation de courant. +
L’onduleur peut effectuer à la C Contrôle de vitesse

fois le réglage de fréquence et de
tension. Dans ce cas, le -

redresseur est un pont de diodes. +

Ω ref
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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Commande scalaire avec


Redres seur Id L Onduleur
contrôle de la fréquence
rotorique
A C MAS
La variation de vitesse est B U
d
U
i
obtenue par une variation de ωsl C

directement liée au couple. Le


régulateur CΩ élabore ωsl à
partir de l’erreur de vitesse. Vs
ω
La fréquence statorique est Vs
e
obtenue par la loi ω
b
ω
e
ω
d’autopilotage . Son réglage est
+ m
confié à l’onduleur. p Ω
Commande scalaire + ω
L’autopilotage nécessite une sl
Contrôle de vitesse CΩ
mesure précise de la vitesse.
La tension est donnée par une
loi en “ V/f ”. -
+
Ω ref
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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Alimentation en courant

Une étude des pôles des transmittances reliant la vitesse au courant statorique et au couple
résistant met en évidence une zone d’instabilité de fonctionnement (pour les fréquences
rotoriques élevées) lors d’un contrôle direct de la fréquence statorique. Le contrôle avec
autopilotage est donc indispensable en boucle ouverte.

Rapellons 2
ω L  avec Ys* le flux désiré.
1 +  sl r 
ψ *s  Rr 
Is = 2
Ls  σω sl Lr 
1 +  
 Rr 

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Commutateur de courant
Redresseur à diode d'isolement
Id L
D ’autres variantes existent.
•Sans capteur de vitesse
A
B MAS
•Avec un contrôle du flux C
rotorique ...

ω
CI e

Ic ω
- + mp Ω
+ I*c + ω
I*
sl
ω C
sl Ω

-
+

Ω ref
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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Commande scalaire d ’une machine synchrone


Stratégies de commande
La variation de vitesse d’une machine synchrone est obtenue par le réglage de la fréquence
d’alimentation. La fréquence de commutation du convertisseur statique assurant l’alimentation
de la machine est asservie à la vitesse du rotor. De plus, les impulsions des convertisseurs sont
synchronisées sur la position du rotor.
Cette commande constitue l’autopilotage .

Cela assure la stabilité et donne à l’ensemble du système convertisseur-machine, un


fonctionnement proche de celui d’une machine à courant continu

La machine synchrone peut être alimentée par un convertisseur de tension ou de courant .

La source doit être reversible pour un fonctionnement dans les quatre quadrants (moteur/
générateur dans les deux sens de rotation).

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

ÄDans le cas d’une alimentation en courant, la commutation peut être naturelle ( le courant doit
alors être en avance sur la tension. Pour faciliter ce mode de fonctionnement, la machine doit
être surexcitée). Elle peut être aussi forcée. Par exemple, au démarrage, les f.e.m. ne sont pas
suffisantes pour permettre l’extinction des thyristors.

ÄL’alimentation de la machine doit être adaptée aux caractéristiques de celle-ci. Ainsi, il sera
préféré une alimentation en créneaux de courant dans le cas d’une machine qui, lorsque deux de
ses phases sont alimentées en série par un courant constant, possède une courbe Te(θm) de forme
trapézoïdale (moteur synchrone à aimants sans pièces polaires). Cette alimentation minimise les
ondulations de couple (la superposition des courbes Te(θm) lors des différentes séquences de
fonctionnement donne une courbe de couple pratiquement constant).

ÄLe contrôle du couple est directement lié à celui des courants. Les alimentations en tension (et
donc les cycloconvertisseurs) peuvent être associées à des régulations de courant effectuées par
des comparateurs à hystérésis ou par des régulateurs linéaires. Les interrupteurs sont commandés
de manière à assurer les courants désirés dans les phases de la machine.

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Ä Lors de l’utilisation d’un comparateur par hystérésis, la fréquence de commutation est libre,
elle est fixée par la charge. Ce mode de contrôle assure un excellent suivi des consignes mais
génère un large spectre de bruits et des pertes.
Le contrôle par régulateur linéaire et MLI est plus délicat. Mais l’utilisation des techniques
modernes de commande et l’amélioration des convertisseurs (augmentation de la fréquence de
travail) améliorent notablement ses performances.

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Les différentes stratégies

Quatre stratégies de commande sont envisageables :


•à couple maximal
•à facteur de puissance unitaire
•à rendement optimal (non traité dans ce cours)
•à temps d ’application de la tension inverse aux bornes des thyristors donné

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Ä Dans le cas d’une alimentation avec courant imposé (soit par commutateur de courant
soit par onduleur de tension avec contrôle du courant) et un flux à vide donné (machine à
aimants permanents ...), les variables de contrôle sont l’angle Ψ entre Is et Vf , le courant
et la pulsation statoriques.
•Couple max
Dans le cas d’une machine à pôles lisses, il est obtenu pour Ψ = 0 . Mais dans ce cas, la
réaction d’induit interdit un fonctionnement à cosϕ = 1
Dans le cas de la machine à pôles saillants, le couple maximum disponible augmente
(pour un Is donné). Le fonctionnement à couple maximal est donné par :

 ψ − ψ 2 + 8(L − L )2 I 2 
 f 
ψ = arcsin 
f ds qs s

 4(Lds − Lqs )I s 
 

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

•Facteur de puissance unitaire


On désire cosϕ = 1 soit Q = 0. Dans le cas de la machine à pôles lisses Ψ=arcsin(LsIs/Yf) est non
nul. La machine ne fonctionne pas à couple maximal. On a :

Te = 3 pI s Ψ f 1−
( Ls I s )
2

Ψf
2

Dans le cas de la machine à pôles saillants, le fonctionnement à facteur de puissance unitaire est
obtenu pour:
 ψ − ψ 2 − 4(L − L )L I 2 
ψ = arcsin
f f ds qs qs s 
 2(Lds − Lqs )I s 
 
Si le rotor est bobiné, le flux Ψf peut être réglé par le courant d’excitation. Le flux résultant est
maintenu autour de la valeur nominale Ψn. Il est alors possible de satisfaire aux deux objectifs .
On obtient des lois de commande du type Ψf (Is ) et Ψ(Is).
ÄDans le cas d’une machine alimentée en tension, les variables de contrôle sont l’angle de
décalage interne δ, la tension et la pulsation statorique. Mais la démarche reste la même.
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Commande scalaire des machines à courant alternatif

•Temps de polarisation inverse des thyristors optimal


Ic
α=180−β
Q4 Q6 Q2
Va Vb Vc
Vd a
c MS
b
Q1 Q3 Q5
ωt

β
µ
γ
m : angle d ’empiètement Ic Q1
Q4 ωt
g : angle de garde (durant lequel une
tension négative est appliquée aux Q3
bornes du thyristor qui s ’ouvre) Q6 ωt

Q5
b : angle d ’allumage du thyristor
Q2 ωt
a=180-b retard à l ’amorçage

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

On montre :
 2l"ωe I c 
α = arccos cos γ 0 − 
 ˆ
3E 
Avec
l" inductance subtransitoire
Ê Amplitude du fondamental de la force électromotrice interne
On prend g0 = 20°.

Si on connaît E, Ic et we on en déduit a.

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Autopilotage des Machines Synchrones Alimentées en courant


Commande avec capteur de position
Ä Capteur permettant de déterminer la position relative du champ inducteur et du champ induit.
Ä Génération de signaux dont la fréquence est synchronisée sur la fréquence de rotation de la
MS. Inductance
Resresseur 1 de lissage Onduleur 2

=> Les deux


T1 T2 T3
convertisseurs Machine
fonctionnent en synchrone
R
commutation naturelle : S
Le redresseur utilise les T
tensions du secteur et
T '1 T '2 T '3
l’onduleur utilise les
forces contre
électromotrices de la vers thyristors
machine pour assurer
Electronique
l’extinction des thyristors. de commande capteur

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Le capteur de position se compose :


Ä une partie fixe solidaire du stator et décalable mécaniquement par rapport à celui-ci. Sur
cette partie, on dispose de six étriers dans lesquels sont placés les émetteurs (diodes photo-
émissives) et les récepteurs (photo transistors).
Distance entre étriers : π
3p
Ä une partie mobile solidaire du rotor en forme de disque sur lequel sont pratiqué p
échancrure de largeur 2π
3p

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

2π π
Les six capteurs fournissent les six créneaux de commande de largeur électrique décalés de
3 3

=> Ce dispositif
permet le réglage
de l’angle Ψ.

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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Commande sans capteur de position à Temps de polarisation inverse des thyristors optimal

On suit la tension aux bornes des semi-conducteurs pour repérer la passage par zéro et
donc pour synchroniser a. +Vcc

sortie
entrée

Urs

Après avoir filtrer la tension mesurée Ir


entre phases Urs des transitoires de
commutations.
On calcule E = U rs − l" ( I r − I s ) Et donc a
d Is
dt
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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Fonctionnement à l ’arrêt ou pour les faibles vitesses


Le fonctionnement en commutation naturelle ne peut être réalisé que si la tension aux bornes du
moteur atteint une valeur suffisante. En deçà, l ’extinction des thyristors est assuré par un circuit
auxiliaire. Pour réduire le courant consommé et la pulsation de couple, le moteur fonction avec
un cosj unitaire. Cicuit auxiliaire
d'extinction

Moteur synchrone

DC Excitation

Applications :
TGV Atlantique N N
(25 kV à 50Hz pour la France et 1500V continu, 2 motrices avec 4 moteurs de 1100 kW simple
étoile)
Locomotive BB 26000
(double utilisation voyageur + marchandise, 25kV sous 50Hz ou 1,5kV continu, 5600 kW par
motrice)
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Commande scalaire des machines à courant alternatif

Fin du chapître

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