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19.4.

11
Cathédrale
Messe chrismale
EXTRAITS
Les textes de la messe chrismale sont toujours les mêmes, mais nous ne
nous en lassons pas. C’est en eux que nous trouvons la cohérence nécessaire à la
mission aujourd’hui comme hier. Ces textes parlent de consécration et d’onction.
L’une et l’autre s’appliquent d’abord au Christ Jésus. Lui qui mettra tant de soin à
éviter l’ambigüité sur son rôle messianique et sur la venue du Royaume, il
revendique d’emblée et publiquement d’assumer la prophétie d’Isaïe. Un jour il se
présentera même comme « celui que le Père a consacré et envoyé dans le monde »
(Jn 10,36). La messe chrismale met en relief cette consécration qui rejaillit sur
l’ensemble des membres du peuple de Dieu : ils sont consacrés pour porter la
Bonne Nouvelle à leurs frères.

L’an prochain, nous aurons la chance de fêter le 50ème anniversaire du début


du Concile Vatican II. On sait que l’un des premiers chantiers ouverts fut celui sur
l’Eglise du Christ, qui devait aboutir à la constitution Lumen gentium. L’Eglise est
le peuple que Dieu aime, dans lequel tout homme est appelé à prendre sa place en
se laissant régénérer, dans l’Esprit Saint, par l’onction du baptême et de la
confirmation. Voilà ce qui nous unit ce soir, puisque la plupart d’entre nous ont
reçu les sacrements de l’initiation chrétienne, et sont donc appelés, dans un
sacerdoce commun, à s’offrir en victimes saintes, à porter le témoignage du
Christ, et à rendre raison de l’espérance qui est en eux (cf. LG 10).

J’ai dit la plupart d’entre nous, parce qu’une trentaine de catéchumènes se


préparent au baptême pour Pâques, et que près de 50 adultes, soit autant que l’an
dernier, attendent leur confirmation pour la Pentecôte. Nous les assurons
spécialement de notre prière, avec les enfants et les jeunes qui font une démarche
semblable, avec les malades et le futur prêtre de la Communauté du Chemin Neuf.

Ainsi, mes amis, l’action de l’Esprit Saint viendra vivifier cette part de
l’Eglise du Christ qu’est notre diocèse, pour que chacun, selon son état, devienne
un chrétien plus conscient et plus engagé. Nous sentons tous que nous avons
besoin de reprendre du souffle. Les temps sont difficiles pour tout le monde, et les
lendemains pour l’Eglise imprévisibles, du moins selon nos manières de faire
aujourd’hui. Alors chacun se donne au maximum, sans mesurer sa peine, et la
fatigue vient, le moral s’en ressent parfois aussi. Nous avons l’impression que la
semaine de la Passion n’en finit pas…

(…)

J’évoquais tout à l’heure une période assez rude. Comment allons-nous


faire ? Faut-il multiplier les appels à des collaborations externes ? Soyons sages et
réalistes à la fois. Mais peut-on vous demander quelque chose ? Qu’en
renouvelant ses promesses, chacun s’engage à coopérer pour obtenir les vocations
dont l’Eglise a besoin, et à oser interpeller des enfants et des jeunes. Souvenons-
nous de notre propre histoire ! Beaucoup d’entre nous ne seraient pas là si un jour
un ancien ne lui avait fait signe sur la route.

Notre fraternité va jusque-là. Puisse-t-elle s’étendre aussi à une plus grande


convivialité entre nous, au travers de différences plus sensibles quand on est
moins nombreux. Il ne faudrait pas qu’on se sente isolé, ou que l’on s’isole en ne
participant pas à la vie du presbyterium. Ni qu’on se décourage en ayant
l’impression que cela tire à hue et à dia. Comme Jésus au soir du Jeudi Saint, je
prie pour que notre unité soit parfaite, et que notre joie soit totale.

Seigneur, vois le courage, la fatigue et la loyauté de ceux et celles qui sont


rassemblés ce soir en ton Nom. Affermis-les dans la foi pour qu’ils poursuivent
l’annonce de l’Evangile à la manière des bâtisseurs de notre cathédrale.

+ Thierry JORDAN
Archevêque de Reims