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Bilan de la seconde guerre mondiale.

8 mai 45 : les Allemands capitulent à Berlin


= fin des combats en Europe
Ce n’est pas l’explosion de joie comme pour le 11 novembre 1918
car chaque ville a déjà fêté sa libération dans les mois précédents
mais = un immense soulagement
même si, en extrême orient, la capitulation du Japon ne se produit que
le 2 septembre 45 :
Ainsi prend fin ce qui fut, non pas le plus long conflit de l’histoire
mais celui qui couvrit l’espace le plus vaste.

I. Un lourd passif.
C´est ce qui frappe quand on dresse le bilan de ce conflit. Un passif qu´on pourrait
qualifier d´hallucinant au sens de qui frappe de saisissement, qui a frappé les contemporains
qui pourtant ne pouvaient tout savoir, qui frappe encore aujourd´hui les historiens qui sont
pourtant quelque peu « blasés ».
1. sur le plan démographique : il faut souligner…
A. l’ampleur sans précédent des pertes humaines. Avec environ 50
millions de morts, la seconde GM a été cinq fois plus meurtrière que la première. Au-delà de
cette comparaison brute, diverses remarques peuvent être formulées :
Cf. tableau 1 p. 19 en TS (avec erreurs de colonnes)
Cartes 1 et 2 p.12 en TL-ES
- sur la forte proportion de pertes civiles : plus de 45 % dans le cas français, un peu moins
dans le cas allemand (43 %), un peu plus des 2/3 dans le cas chinois, un peu moins dans le
cas soviétique, 80 % dans le cas yougoslave, plus de 90 % dans le cas des Pays-Bas ou de
la Pologne. Par contre le Japon ou le Royaume-Uni sont en dessous de la barre des 25 %, la
palme revenant aux USA qui n’ont eu que des victimes militaires, n’ayant pas souffert de la
guerre sur leur sol national. Cette exceptionnelle mortalité civile s’explique par l’ampleur des
bombardements, la sous-alimentation des populations des pays occupés (victimes du pillage
des occupants), la répression féroce des opposants et la politique de déportation et
d’extermination raciale menée.
- sur la situation contrastée des pays les uns par rapport aux autres : en chiffres bruts,
l’URSS et la Chine ont payé le plus fort tribut avec environ 20 millions et 13 millions de morts
(chiffres très approximatifs), bien plus donc que l’Allemagne (6 ou 7 selon les auteurs) ou le
Japon (environ 3) mais relativement à leur population, la Pologne (avec 15 %), l’Allemagne
(12 %), la Yougoslavie et l’URSS (10 %) ont particulièrement souffert, le Japon avec 4 %
arrivant loin derrière, sans parler d’une France (1,5 %) qui n’a perdu « que » 580 000 p contre
1 300 000 en 14-18, du Royaume-Uni (0,9 %) et des USA (0,2 %)
- sur le cas des morts à retardement postérieures à la fin des combats : déportés épuisés
qui meurent dans les jours, semaines ou mois suivant leur libération, victimes irradiées de
Hiroshima et Nagasaki emportées par la maladie parfois longtemps après le bombardement.

B. le déséquilibre du sexe ratio perceptible en particulier en URSS (les


tués ayant été beaucoup plus nombreux du côté des hommes).
C. le grave déficit de naissances : évalué à 530 000 dans le cas
français, et qui cause un phénomène de classes creuses bien visibles sur les pyramides
âges. Remarquons qu’en France, la reprise démographique, le baby boom, s’amorce dès
avant la fin de la guerre : il n’empêche que la population française en 46 (40,5 millions d’hab)
est inférieure à celle de 36 (41,6), d’où la politique nataliste qui sera menée après la
Libération.

D. l’importance des déplacements de population qui se chiffrent par


dizaines de millions : il y a les déportés et prisonniers de guerre qui rentrent chez eux, les
Allemands fuyant l’Armée rouge, les Polonais et les Russes glissant vers l’Ouest, suite aux
modifications de frontières et les 6 millions de Japonais contraints de regagner l’archipel. Il y
a donc des retours et des départs définitifs…
Cf. texte 3 p. 19 en TS sur les réfugiés de l’Est

2. sur le plan moral, le bilan, là encore, est particulièrement lourd :


A. On pense bien sûr d’abord à la révélation, terrible et traumatisante,
de l’enfer des camps, camps de concentration ou camps de la mort lente et camps
d’extermination ou camps de la mort industrialisée, et de l’ampleur du génocide perpétré :
Cf. tableau 5 p. 20 en TS
3 millions de juifs exterminés dans les camps
300 000 tziganes exterminés (le tiers de la communauté)
+ les francs-maçons, opposants, résistants, homosexuels…
- le général Patton fait défiler la population de Weimar dans le camp de Buchenwald pour
voir baraquements, charniers, fours crématoires…
- plus significative, la décision prise de ne pas laisser ces crimes impunis, en réunissant
la première Cour internationale de justice à Nuremberg, du 20.11.45 au 1.10.46 (tribunal
où siégeaient des juges américains, soviétiques, britanniques et français)
Cf. photos 2 p. 20 en TS ou 3 p. 13 en TL-ES
Cf. texte 6 p. 20 en TS ou 5 p. 13 en TL-ES
Article 6 des statuts du tribunal de Nuremberg définissant
les crimes contre l’humanité (imprescriptibles)
Cf. doc. 7 p. 20 en TS ou 6 p. 13 en TL-ES
Verdict du tribunal
12 condamnations à mort dont une par contumace (+ le suicide de Goering) Retenons que
la Shoa, ce génocide, marque une rupture dans l’histoire morale de l’humanité,
justifiée aux yeux de ses auteurs non par la volonté de chasser telle population
indésirable (cas arménien) ou de la « purifier » politiquement (cas khmer) mais par un a
priori raciste froidement établi et mis à exécution.

B. Mais il faudrait aussi souligner les traces durables laissées par les
exactions de toutes sortes et la stratégie de terreur développée par les belligérants :
- pensons aux massacres de civils chinois par les troupes japonaises (à Nankin par exemple
en décembre 1937), à l’enlèvement de jeunes filles ou femmes destinées aux bordels de
l’armée japonaise… Le procès de Tokyo (mai 46-novembre 48) où les criminels de guerre
japonais furent jugés par un tribunal mis en place par les seuls américains ne peut être
comparé à celui de Nuremberg.
Cf. photo 4 p. 13 en TL-ES
- pensons au massacre d’officiers polonais perpétré par les soviétiques à Katyn en 43, aux
exactions de l’Armée rouge en terre allemande…
- pensons aux exactions sanglantes des troupes allemandes (des Einsatzgruppen ayant
liquidé 1,3 millions de juifs, de la Wechmacht en Russie, des SS à Oradour sur Glane par
exemple)
- pensons aux bombardements délibérément terrifiants de villes comme Londres ou Coventry,
Hambourg, Cologne ou Dresde (entre 25 et 40 000 morts en une nuit) et bien sûr Hiroshima
(70 000 morts avec une seule bombe, « Little Boy » larguée depuis le B 29 Enola Gay) et
Nagasaki.

C. N’oublions pas enfin le choc engendré par l’utilisation de l’arme


nucléaire (130 000 morts immédiates en deux frappes seulement) : en entrant dans l’ère
atomique, l’homme découvre une « angoisse nouvelle qui a toutes les chances d’être
définitive » pour reprendre les termes de Camus, dans son éditorial du 8 août 45. Sombre
perspective que celle du « suicide collectif » qui ne laisse de choix qu’entre « l’enfer et la
raison », autrement dit le combat pour la paix, modeste mais précieuse lueur d’espérance.
Cf. texte de Camus 4 p. 19 en TS

D. Dans le cas français vient s’ajouter le traumatisme lié à la véritable


guerre civile ayant opposé résistants et collaborateurs et la difficulté, pendant de
longues années, à assumer ce lourd passé, à en écrire l’histoire par delà la mythologie
« résistancialiste » et les mensonges du négationisme.

3. Sur le plan économique, lourd passif également mais aussi des


conséquences non négatives, voire positives :
A. l’ampleur des destructions est sans équivalent dans l’histoire :
villes endommagées voire quasiment rasées avec des millions de sans abri (cf. photo 2 p. 19
en TS ou carte p. 14 en TL-ES), voies de communication détruites d’où désorganisation
durable des échanges et circuits de ravitaillement, appareil productif en grande partie détruit
dans de nombreux pays… d’où un PNB qui a souvent fortement diminué.
Cf. cartes p. 26 en TS ou p. 14 en TL-ES
- Quel pays s’est enrichi ? Les USA
- Quels sont les pays les plus durement touchés ? L’Allemagne et le Japon
- Comment expliquer le chiffre relativement « modeste » de l’Italie ? Par la moindre
participation des Italiens aux opérations de guerre.
- Comment expliquer que le PNB russe n’ait diminué que de 25 % ? Par la formidable
mobilisation des Soviétiques et le glissement vers l’est (hors de portée de l’ennemi) des sites
de production
- Comment expliquer les 46 % de diminution du PNB français ? par l’ampleur des
destructions liée à l’intensité des combats et le pillage auquel les Allemands se sont livrés en
France.

B. la guerre a favorisé l’interventionnisme de l’Etat :


- c’est vrai aux USA où Roosevelt lance en janvier 42 le « victory program », sorte de remise
au goût du jour du New Deal (avec l’appui des industriels)
- au Royaume-Uni où dès 41 les idées de Keynes, favorable à une implication de l’Etat dans
l’activité économique, sont mises en pratique et où, dès 42, est préparé un plan pour l’après-
guerre, le plan Beveridge
- en Allemagne où, le pillage des pays occupés ne suffisant plus, à partir de 42-43, Albert
Speer met en place une véritable économie de guerre planifiée et efficace.

C. Elle a aussi stimulé la recherche technologique et scientifique :


invention du nylon (qui servira pour les parachutes) et des matières plastiques, du
caoutchouc synthétique, mise au point des avions à réaction, de la pile puis de la bombe
atomique, développement de l’astronautique (les chercheurs allemands comme Von Braun
rallieront les centres de recherche américains)…

4. Sur le plan politique, il y a vainqueurs et vainqueurs :


A. la France épuisée fait pâle figure, n’ayant survécu dans l’honneur que
grâce à son empire et aux sacrifices de la résistance intérieure et devant sa libération, pour
partie, aux armées alliées.

B. le Royaume-Uni peut être fier d’avoir lutté dès le début et sans


jamais faillir contre l’ennemi mais il n’est plus en mesure de jouer le rôle qui fut le sien
autrefois : il n’est plus désormais qu’une puissance de second ordre (comme la France).

C. le vrai vainqueur, à tous points de vue, ce sont les USA que la


guerre a enrichis (leur PNB a augmenté de 80 % entre 1938 et 1945), qui détiennent
désormais les 2/3 du stock d’or mondial, sont largement en tête dans le domaine de la
recherche technique et scientifique, sont les seuls à posséder l’arme nucléaire, ont été
épargnés au niveau de leur territoire et ont relativement peu souffert au niveau des pertes
humaines, qui sont véritablement la puissance dominante.

D. l’URSS, saignée et ravagée, partage cependant avec les USA le


prestige de la victoire et, par la présence de ses troupes dans un certain nombre de pays
qu’elle a contribué à libérer, dispose d’une influence politique nouvelle, outre les gains
territoriaux importants qu’elle a engrangés :
Cf. carte p. 15 en TS et 16-17 en TL-ES

Vu l’ampleur des dégâts et la situation propre à chacune des puissances


victorieuses, la reconstruction est à la fois une nécessité et un défi, le maintien de
l’unité entre alliés étant loin d’être évident.

II. La reconstruction, ensemble mais jusqu’où ? Tel est au fond le problème qui
se pose. Pour procéder à la reconstruction et à l’avènement d’un monde nouveau, plus juste,
plus sûr, il faut :
- définir le cadre dans lequel cette reconstruction se fera, autrement dit définir le sort réservé
aux vaincus et redessiner la carte de l’Europe
- mettre en place les moyens, politiques ou économiques, susceptibles d’assurer la stabilité
du nouvel ordre mondial, d’éviter le retour de la guerre.
1. Imposer aux vaincus une paix qui rende impossible toute revanche
ultérieure, ce sera l’objet des diverses conférences interalliées qui se tiennent de 1943 à
1945.
Cf. tableau chronologique p. 27 en TS
A. La conférence tripartite de Téhéran en novembre 43 au cours de
laquelle Américains et Britanniques prennent l’engagement d’ouvrir un second front en
Europe dès 44 (pour soulager l’armée rouge et hâter la victoire) permet aux alliés de :
- se mettre d’accord sur le principe du démembrement de l’Allemagne au lendemain de la
victoire (dès cette époque Staline se prononce pour que l’Oder constitue la frontière orientale
future de l’Allemagne)
- de discuter d’une future organisation internationale chargée d’assurer le maintien de la paix.
B. A Québec, en septembre 44, Roosevelt et Churchill fixent une attitude
commune à tenir face à l’Allemagne vaincue, attitude largement inspirée des idées du
secrétaire d’Etat américain au Trésor, le banquier Henry Morgenthau. Il s’agissait d’imposer à
l’Allemagne une paix draconienne afin de lui faire payer au prix fort les actes dont elle s’était
rendue responsable pendant la guerre : en la démembrant en trois Etats allemands, en
donnant la Sarre à la France, en plaçant le bassin de la Ruhr sous contrôle international, en
transformant l’Allemagne en pays uniquement agicole… A la suite d’indiscrétion et compte
tenu de l’opposition de certains ministres américains ou britanniques, le plan Morgenthau est
finalement abandonné.

C. A Moscou, en octobre 44, Staline et Churchill discutent d’un futur


partage de l’Europe en zones d’influences

D. A la conférence tripartite de Yalta en février 45 qui voit les


Soviétiques s’engager à entrer en guerre contre le Japon sous trois mois, les alliés ne se
partagent pas le monde comme le voudrait la légende forgée par les ennemis de Roosevelt et
souvent reprise en France (la France absente à Yalta) mais prennent un certain nombre de
décisions capitales quant à l’avenir :
- reconnaissance des annexions de fait par l’URSS des républiques baltes et d’une partie de
l’ancienne Pologne (la Pologne nouvelle devra avoir comme frontière orientale la « ligne
Curzon », l’ancienne frontière russo-polonaise de 1919)
Cf. texte 3 et carte 4 p. 25 en TS
Cf. aussi texte 1 p. 23 en TS
- division de l’Allemagne vaincue en trois zones d’occupation et même quatre si la France le
désire
- dénazification de l’Allemagne avec comparution en justice de tous les criminels de guerre
- convocation à San Francisco en avril 45 d’une conférence des Nations unies pour établir la
charte de l’O.N.U.
- reconnaissance du « droit des peuples à disposer librement d’eux-mêmes » reconnu par la
Charte de l’Atlantique adoptée en août 41 par les Britanniques et les Américains : Staline
accepte donc le principe d’élections libres dans les pays libérés et la constitution en Pologne
d’un gouvernement d’union nationale.

E. A la conférence tripartite de Potsdam, en juillet – août 45, Truman a


remplacé Roosevelt décédé et Attlee pris la place de Churchill vaincu aux élections. Le fait
que l’Allemagne ait déjà déposé les armes et le succès de l’expérience atomique réalisée le
16 juillet à Alamogordo pèsent sur les négociations et Truman se montre moins conciliant à
l’égard de Staline que Roosevelt :
- certes le principe d’une division de l’Allemagne et de Berlin et de l’Autriche en quatre zones
d’occupation est maintenu…
- ainsi que celui d’une démilitarisation, désindustrialisation (au niveau de l’industrie lourde) et
d’une dénazification de l’Allemagne…
- certes l’URSS se voit attribuer une partie de l’ancienne Prusse orientale (Königsberg devient
Kaliningrad)…
- mais les Occidentaux continuent de considérer la ligne Oder-Neisse comme une ligne de
frontière provisoire…
- refusent de suivre les exigences soviétiques en matière d’indemnités de guerre…
- et refusent à l’URSS tout droit de regard sur les détroits turcs.
F. En ce qui concerne le Japon, les Américains jouent en solo ou
presque. A la suite de l’intervention pressante du général Mac Arthur, Hiro Hito conserve son
trône et la monarchie est maintenue. Les criminels de guerre japonais sont jugés par un
tribunal purement américain et les Américains décident seuls de l’attitude à adopter face au
Japon vaincu. Les Soviétiques cependant, pour prix de leur intervention tardive contre le
Japon, obtiennent de récupérer Sakhaline (perdue en 1905) et d’occuper l’archipel des
Kourilles. La Corée évacuée par les Japonais est divisée en deux zones placée sous
protection américaine au sud et soviétique au nord.
2. Mettre en place un nouvel ordre mondial garant de paix, tel est l’objectif
poursuivi avec la création de l’O.N.U. (UNO en anglais)
A. Roosevelt qui a tiré les leçons de l’échec de la SDN (Société Des
Nations, sorte d’ancêtre de l’ONU) et qui est hostile à l’idée de zones d’influence lance l’idée
et en discute avec Staline et Churchill à la conférence de Téhéran. La conférence de Yalta
officialise le projet et…

B. une conférence internationale se tient à San Francisco d’avril à juin


45, réunissant des représentants de 51 nations en guerre contre les forces de l’Axe. Sur la
base de la Charte de l’Atlantique de 1941 et de la Déclaration des Nations Unies signée par
25 pays en 1942, les débats aboutissent à l’adoption de la charte des Nations Unies
(26.6.45) instituant l’Organisation du même nom.
Cf. texte 2 p. 23 en TS
(préambule de la charte)
Q. quel est le premier objectif de l’ONU ?
« préserver les générations futures du fléau de la guerre » autrement dit garantir une paix
stable.
Q. comment ?
« en pratiquant la tolérance.. dans un esprit de bon voisinage »
« en unissant les forces de tous pour maintenir la paix et la sécurité internationale »
« en renonçant à l’usage de la force des armes sauf dans l’intérêt commun »
D’où l’existence des casques bleus (force d’interposition)
et la pratique de sanctions à l’égard des nations violatrices des principes de
l’ONU.
Q. Quels sont les deux autres objectifs de l’ONU qui doivent également contribuer au
maintien de la paix ?
- défendre « les droits fondamentaux de l’homme… dans l’égalité de droits des hommes
et des femmes, ainsi que des nations, grandes et petites ». Dans cet esprit est promulguée
en 1948 la Déclaration universelle des droits de l’homme, largement inspirée de la
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789.
- « favoriser le progrès économique et social de tous les peuples » Voir 3.
C. les structures de l’ONU :
voir organigramme 3 p. 23 en TS et 3 P. 19 en TLES.
- l’ONU comprend un organe délibératif, l’Assemblée générale qui adopte (à la majorité des
2/3) des résolutions et élit les 6 membres non permanents du Conseil de sécurité ainsi que
le Secrétaire général. Réunie pour une première cession à Londres, cette assemblée, depuis
1946, siège à New York, signe évident de l’influence américaine.
- Elle comprend également un organe exécutif, le Conseil de Sécurité au sein duquel, par
souci de réalisme, cinq « grandes puissances » (les cinq vainqueurs de la guerre) disposent
d’un siège permanent et d’un droit de veto, formant une sorte de directoire chargé de gérer
sagement les affaires du monde. Mais cette volonté de prolonger la grande alliance
victorieuse en 45 ne résistera guère aux rivalités qui apparaîtront vite entre vainqueurs.
- Un secrétaire général (le 1er fut le norvégien Trygve Lie) dirige l’administration onusienne et
représente l’ONU
- Une Cour internationale de justice siège à La Haye (aux Pays-Bas) pour régler les litiges
entre pays.
- Un Conseil de Tutelle est chargé de prendre les mesures voulues pour permettre à
certains territoires d’accéder à l’autonomie ou l’indépendance
- Un Conseil économique et social est chargé de coordonner les activités économiques et
sociales de l’ONU en relation avec différents organismes spécialisés comme : FMI (Fond
monétaire international), BIRD (Banque internationale pour le reconstruction et le
développement), GATT (General Agreement on Tarrifs and Trade), UNESCO (Organisation
des nations unies pour l’éducation, la science et la culture), UNICEF (United Nations
International Children’s Emergency Fund), FAO (Food and Agriculture Organisation), OMS
(Organisation mondiale de la santé) et OIT (Organisation internationale du travail)

3. Aider à la reconstruction du système monétaire et économique afin que la


stabilité, le retour à la prospérité et le développement économique garantissent une paix
durable, tel est le dernier volet des grandes réformes de l’immédiat après-guerre.
A. la conférence de Bretton Woods en juillet 44 réunit 44 pays alors en
guerre contre les forces de l’Axe et met sur pied un nouveau SMI, système monétaire
international :
Cf. schéma p. 27 en TS et 15 en TLES
- les monnaies seront désormais définies par rapport au dollar, seule monnaie convertible en
or (c’est le gold exchange standart : étalon de change or). Détenteurs des 2/3 du stock
mondial d’or, les USA ont réussi à imposer leur thèse (contre celle d Keynes qui prônait une
véritable monnaie internationale, le bancor)
- un FMI, fond monétaire international, est créé pour limiter au maximum les fluctuations
des monnaies entre elles, monnaies librement convertibles et qui ont intérêt à ce que les taux
restent relativement stables. Chaque pays souscrivant une participation financière
proportionnelle à son poids économique, les USA, dès le début, dirigent de fait le FMI.
Grâce au SMI, les capitaux circulent plus facilement, ce qui va aider à la reconstruction
des pays européens (qui empruntent aux USA).

B. Pour contribuer au redémarrage économique, un redémarrage


auquel ils ont tout à gagner (puisqu’ils pourront prêter et vendre à grande échelle), les USA
inspirent la création de diverses institutions internationales comme :
- la BIRD en 1945
- la FAO la même année
- et le GATT en 47 qui a pour ambition de libéraliser les échanges commerciaux et donc de
favoriser leur croissance (en diminuant les droits de douane à l’occasion de grandes
négociations internationales appelées « rounds »)

Conclusion.
La guerre qui a relativement peu touché les Etats-Unis sur le plan démographique et qui
les a enrichis (en permettant à la formidable machine économique américaine de retrouver toute son
énergie d’avant la crise de 29), les a placés en situation sinon d’imposer, au lendemain de leur
victoire, leur leadership, du moins de tenter de le faire, avec un certain succès : la création de l’ONU,
la refonte du SMI, la création de la BIRD ou le lancement du GATT témoignent de leur influence
décisive, même si des réticences se font jour, de la part de certains pays qui craignent la concurrence
américaine ou qui, comme l´URSS, réfutent le credo libéral qui est celui des USA, l’URSS qui ne
saurait non plus accepter le leadership américain, d’où des tensions qui vont vite dégénérer.

En Crimée (sur les bords de la mer Noire).


En Allemagne même, dans la zone occupée par les troupes soviétiques, près de Berlin.
Dans le désert du Nouveau Mexique.

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