MINISTERE DE LA SANTE REPUBLIQUE DU MALI
ET
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DE L’HYGIENE PUBLIC UN PEUPLE – UN BUT – UNE FOI
COURS DE PEDIATRIE
PALUDISME DE L’ENFANT
1. Généralités
C'est une maladie parasitaire due au plasmodium. Elle est transmise à l'homme
par la piqûre d'un moustique: l'anophèle femelle.
Le paludisme pose souvent des problèmes d'urgences chez l'enfant. 1 million
de décès d'enfants de moins de 5 ans est du au paludisme.
Actuellement la résistance du parasite aux médicaments entraîne des
difficultés dans le traitement. C’est un problème de santé publique qui
mobilise de grands programmes internationaux : « Roll Back Malaria » (RBM).
2. Epidémiologie
Les pics de transmission du paludisme se situent entre octobre et novembre. Le
paludisme est endémique au Mali avec une intense transmission au cours de la
saison pluvieuse dont la durée varie en fonction des zones éco climatiques.
C'est une transmission permanente avec des poussées saisonnières.
Le parasite
Il y a 4 espèces de plasmodiums (plasmodies) ou hématozoaires: P. falciparum:
90 % cas; incubation 7-20 jours; responsable des manifestations graves et de la
mortalité du paludisme. P. Malaria, P. vivax, et P. ovale sont plus rares et moins
graves.
Réservoir de parasite : L'homme malade ou porteur asymptomatique.
Vecteur : L'anophèle femelle infecté.
Transmission : L'anophèle femelle infecté transmet le parasite à l'homme.
La transmission peut également se faire par transfusion sanguine.
L’immunité : Il n'y a pas d'immunité naturelle. Elle est partielle (prémunition)
et met plusieurs années à s’installer et doit être entretenue par des piqûres
répétées. Elle protège contre les formes graves du paludisme.
Le paludisme infection est le portage asymptomatique de parasites. Le
paludisme maladie apparaît à un seuil de parasitémie variable selon les zones.
Cycle du parasite:
Cycle chez l'homme: Cycle asexué ou schizogonique
Inoculés à l'homme par la piqûre infestante de l'anophèle femelle, les
sporozoïtes arrivent dans le foie où ils donnent des schizontes → des
mérozoîtes qui pénètrent dans les globules rouges où ils →des throphozoîtes
puis des schizontes intra érythrocytaires → mérozoïtes. L'éclatement du
globule rouge libère des mérozoïtes qui vont infecter d'autres globules rouges.
Certains mérozoîtes donnent des formes sexuées ou gamétocytes mâles et
femelles qui vont infecter l’anophèle femelle.
Cycle chez le moustique: cycle sexué ou sporogonique.
Les gamétocytes aspirés par le moustique lors du repas sanguin chez un
homme infecté passent dans l'estomac où ils se transforment en gamètes
mâles et femelles. Les gamètes femelles fécondés donnent des ookinètes puis
des oocytes puis des sporozoîtes qui migrent jusqu'aux glandes salivaires d'où
ils seront inoculés à un homme sain, lors du repas sanguin. (10-20 jours)
3. Physiopathologie
Paludisme simple:
- fièvre par libération de substances pyrogènes lors de l'éclatement des
globules rouges ;
- anémie modérée par éclatement des globules rouges ;
- ictère par présence de bilirubine libre provenant de la destruction de
l’hémoglobine ;
- hépato splénomégalie par hyperactivité et congestion
Paludisme grave :
La multiplication des parasites et la cyto- adhérence des globules rouges
parasités dans les capillaires des viscères entraînent une obstruction et une
anoxie tissulaire importante surtout au niveau du foie, des reins et du cerveau.
L'augmentation de la perméabilité des capillaires entraîne un œdème viscéral
surtout cérébral.
4. Clinique
Paludisme simple:
C'est une maladie caractérisée par une fièvre mais sans signes de gravité. Peut
évoluer vers l'accès pernicieux. Le début est souvent brutal avec fièvre élevée
(39°5 à 40°), céphalées, frissons, sueurs, courbatures, asthénie, troubles
digestifs (nausées, vomissements, diarrhées, douleurs abdominales), anorexie.
Au cours des crises on peut noter une pâleur, un sub-ictère, une hépato-
splénomégalie, un herpès labial etc.
Diagnostic différentiel : rougeole, oreillon, varicelle, pneumonie, otite aigue,
infection urinaire, fièvre typhoïde.
Paludisme grave:
Survient surtout chez l'enfant de moins de 5 ans vivant en zone d'endémie. Dû
au Plasmodium falciparum, le tableau est d'emblée grave. C'est une urgence
diagnostic et thérapeutique.
Le début est brutal ou progressif avec une fièvre à 40°C. Les signes de gravité
sont : prostration, troubles de la conscience (somnolence, obnubilation, coma),
convulsions répétées ou subintrantes, détresse respiratoire, hypoglycémie,
collapsus (pouls faible, refroidissement des extrémités), œdème aigu du
poumon, anémie sévère (<5 g/dl, hyper parasitémie, ictère, déshydratation,
insuffisance rénale (diurèse<12 ml/ 24h), hémoglobinurie (urines coca cola),
hémorragie spontanée (CIVD) etc.
Les formes graves les plus fréquentes sont les formes avec signes
neurologiques ou accès pernicieux ou avec anémie sévère.
L'évolution spontanée est mortelle en heures (72 h) ; sous traitement
l'évolution est variable, la guérison sans séquelles est courante. L’enfant peut
garder quelques troubles neurologiques résiduels.
Diagnostic différentiel : Méningite, septicémie, coma diabétique, acido-
cétonique ou hypoglycémique, épilepsie.
Autres formes cliniques:
Paludisme viscéral évolutif, fièvre bilieuse hémoglobinurique:
5. Diagnostic
Mise en évidence du parasite : goutte épaisse, Frottis (espèce),
Autres : Anémie grave : Hb < 5 gr/dl (NFS, hématocrite, hémoglobine) ;
Hypoglycémie : glycémie <2,5 mmol/l ou 0,45 g/l
PL : éliminer une méningite en cas de léthargie ou inconscience
VS, CRP, hémoculture, radio pulmonaire, transaminases bilirubine, azotémie,
etc.
6. Traitement
Paludisme grave :
Mesures d’urgence des complications :
Hypoglycémie : 0,5 ml/kg de sérum glucosé à 50 % et dilué à 25 % (1 ml/kg
pour le sérum glucosé à 30 % et 3 ml/kg pour le sérum glucosé à 10%).
Si voie veineuse impossible : donner du glucosé ou autre solution sucrée par
sonde nasogastrique. Alimenter dès que possible
Coma : Evaluer le niveau de conscience rapidement (Blantyre).
Mettre en position latérale de sécurité, libérer les voies respiratoires, aspirer
les sécrétions, le contenu gastrique, mettre en sonde nasogastrique
d’alimentation
Prendre une voie veineuse : besoins hydriques de base ; changer de position
toutes les 2 heures ; ne pas laisser des draps mouillés ; faire attention aux
points de pression. Mesurer le volume des urines (diurèse)
Convulsions : Libérer les voies aériennes, corriger une hypoglycémie ; corriger
une hyperthermie : enveloppement humide, paracétamol injectable : 15 mg/kg
4 fois par jour etc. ; Administrer du diazépam IR : 0,1ml/kg ou 0,5 mg/kg en IR
ou IM à renouveler10 mn si besoin. Si les convulsions persistent donner du
phénobarbital : 10 – 20 mg/kg
Choc : 20 ml/kg de ringer lactate ou de sérum salé à renouveler 1 ou 2 fois ou
du sang total : 20 ml/kg en 30 mn.
Déshydratation sévère : Administrer 100 ml/kg de solution de Ringer en 6
heures chez le nourrisson et 3 heures chez l’enfant. Après le traitement du
choc donner 70 ml/kg de ringer en 5 heures si <12 mois ; en 2,30 heures si 12
mois à 5 ans.
Donner aussi 5 ml/kg/h de SRO dès que l’enfant peut boire.
Insuffisance rénale : Si malade déshydraté : 20 ml/kg de sérum salé isotonique,
1 à 2 mg/kg de furosémide. Placer une sonde vésicale. Si la diurèse de 24
heures est < 4 ml /kg donner 2 ml/kg de furosémide. Si pas d’urines en 24
heures transfert en centre de dialyse.
Anémie sévère : < 5 gr/dl d’Hémoglobine ou à 6 gr/dl avec un des signes
suivants : déshydratation, choc, altération de la conscience, respiration ample
et profonde, défaillance cardiaque, parasitémie très élevée (>10 % des GR
parasités). Donner : 10 ml/kg de culot ou 20 ml/kg de sang total sous
furosémide en 3-4 heures.
Si signes de surcharge liquidienne donner : 1-2 mg/kg de furosémide IV.
Œdème Aigu du Poumon (OAP) : position demi assise, oxygène, furosémide IV
2-4 mg/kg. Vérifier la présence ou non d’une insuffisance cardiaque.
Autres traitements : Corticoïde, anti-inflammatoire, urée, adrénaline,
héparine.
Les antipaludiques :
Quinine IV ou IM : DC : 20 mg/kg de sels de quinine (16 mg base) diluée dans 10
ml/kg de soluté IV en 4 heures ; puis DE : 10 mg/kg de sels de quinine (8 mg
base) en 2 heures, 12 heures après le début de la dose de charge. Répéter
toutes les 12 heures ; ou DE toutes les 8 heures puis voie orale dès que possible
pour une durée totale de 7 jours de traitement.
Si voie IV impossible donner la même dose de sels de quinine (10 mg/kg) toutes
les 8 heures en IM. Diluer la quinine en ajoutant de l’eau pour obtenir 100
mg/ml. Injection à la face antérieure de la cuisse. Donner de l’eau sucrée pour
compenser l’hypoglycémie.
Artisanat IM : 2,4 mg/kg en dose de charge puis 1,2 mg/kg en dose d’entretien
pendant 3 - 5 jours.
Artémether IM : Dose de charge 3,2 mg/kg et 1,6 mg/kg de dose d’entretien
pdt 3-5 jours.
Surveillance : constantes vitales, conscience, alimentation etc.
Paludisme simple :
Antipaludiques :
Artisanat+ Amodiaquine :
Enfant de moins de 1 an (poids < 10 kg) : ½ Cp de chaque/ jour pendant 3 jours.
Enfant de 1 à 7 ans (poids 10 à 20 kg) : 1 Cp de chaque/ jour pendant 3 jours.
Enfant de 7 à 13 ans (poids 21 à 40 kg) : 2 Cp de chaque/ jour pendant 3 jours.
Après 13 ans (poids > 40 kg) : 4 Cp de chaque/ jour pendant 3 jours.
Artéméther + Luméfantrine :
Adulte et enfant de plus de Enfant 16 à 25 kg:
35 kg :
J1 : 2Cp en 1 prise 2 fois par
J1 : 4Cp en 1 prise 2 fois par jour.
jour.
J2 – J3 : 2Cp en 1 prise par
J2-J3 : 4 Cp en 1 prise par jour.
jour.
Enfant 26 à 35 kg :
Enfant 5 à 15 kg :
J1 : 3Cp en 1 prise 2 fois par
J1 : 1Cp en 1 prise 2 fois par jour.
jour.
J2 – J3 3Cp en 1 prise par
J2 – J3 1Cp en 1 prise par jour.
jour.
Traitement symptomatique :
Anémie modérée : Fer ou Fer/folate : 5-10 mg/kg /j pendant 1
à 4 mois ; Mébendazole : 200 mg/j pdt 3 j ou 500 mg en une
dose unique.
Antipyrétique per os : paracétamol
Autres selon la clinique : diarrhée, vomissements etc.
Suivi : revoir dans 2 jours si la fièvre persiste ou si l’enfant va
mal.
7. Prophylaxie
Il y a 2 méthodes de prévention : la chimio prévention et la
lutte anti vectorielle.
Individuelle :
Chimio- prophylaxie : réservée aux femmes enceintes et aux
sujets neufs ; âge > = 12 ans : 3 Cp de SP en prise unique sans
croquer. Efficacité clinique et parasitologique de 10-15 jours
chez les sujets non immuns et de 21 jours chez les sujets semi
immuns.
Lutte anti vectorielle :
Lutte anti larvaire pour empêcher ou limiter la reproduction
des moustiques : éliminer les gîtes larvaires, espèces de
poissons se nourrissant de larves de moustiques, répandre des
insecticides qui tuent les moustiques dans l’eau.
Protection contre les moustiques en réduisant le contact
homme vecteur : rideaux et moustiquaires imprégnés
d’insecticides (deltaméthrine, permethrine = pyréthrinoïdes),
dormir sous moustiquaire imprégnée, pulvériser les
insecticides dans les pièces, utilisation de produits répulsifs,
grillage de protection aux portes et fenêtres, port de pantalon
et chemise manches longues, climatisation etc.
Collective : hygiène et assainissement. Insecticides contre les
formes adultes ; assainissement des gîtes larvaires aquatiques ;
désherbage des concessions et alentours; évacuation correcte
des déchets liquides et solides ; éviter les cultures dans les
maisons et aux alentours.
ANTIPALUDIQUES
ARSUMAX : (Artisanat) Cp 50 mg
B/12
ARINATE : (Artésunate) Cp 50
mg B/6
Cp 100 mg
B/6
PLASMOTRIM : (Artisanat) Lactabs Adulte Cp 200 mg
B/6
Enfant Cp 50 mg
B/12
: (Artisanat) Recto caps Adulte Supo 200
mg B/6
Enfant Supo 50 mg
B/6
ARTEQUIN : Artisanat + Mefloquine Adulte Cp 600/750
mg B/6
Enfant Cp 300/375
mg B/6
CO-ARINATE : Artisanat + Sulfaméthoxypyrazine Cp 200 mg
+500/25 mg B/6
+ Pyriméthamine
ARSUCAM : Artisanat +Amodiaquine (AS + AQ) Cp 50 mg +
153 mg
B/6-12-24
CO-ARTEM / Artisanat+ Amodiaquine
Sulfadoxine/pyriméthamine (SP) : dose unique : 25 mg de S et
1,25 mg de P / kg
CONVULSIONS DE L’ENFANT
I. Définition- généralités
Les convulsions sont dues à une hyper activité paroxystique du
cerveau. Elles se manifestent par des contractions musculaires
involontaires.
Les convulsions sont fréquentes chez l’enfant de mois de 5
ans : 5 à 7 %. Ce sont des urgences pédiatriques. Lorsqu’elles
se prolongent, elles peuvent entraîner des lésions cérébrales
définitives ou la mort.
On distingue deux types de convulsions : les convulsions
fébriles et les convulsions non fébriles.
II. Clinique
A) Forme typique :
Elle se déroule en 3 phases :
Phase tonique : l’enfant perd brutalement connaissance,
tombe, se raidit, devient pale, ne respire plus. Ses yeux sont
révulsés.
Phase clonique : le corps est agité de mouvements saccadés,
avec reprise de la respiration.
Phase stertoreuse : les secousses cessent, la respiration est
ample et bruyante les muscles sont relâchés. L’enfant reprend
peu à peu connaissance.
En général il a uriné pendant la crise qui est habituellement
brève (moins de 5 minutes).
B) Formes atypiques :
Elles sont plus fréquentes chez l’enfant : simple révulsion
oculaire, fixité du regard, mouvements cloniques au niveau
d’un membre ou du visage, accès de cyanose ou apnée,
hypotonie brutale avec pâleur.
C) Etat de mal convulsif :
C’est une complication grave et imprévisible. Au lieu de cesser,
la crise se prolonge sans interruption pendant une heure ou
plus. Cet état de mal convulsif peut laisser des séquelles
neurologiques sévères.
III. Les causes
A) Les convulsions fébriles
Le neuropaludisme, la rougeole, les infections ORL, les
pneumopathies, la déshydratation, les méningites, les
encéphalites, les glomérulonéphrites.
Les convulsions hyper pyrétiques : 2 /3 des convulsions du
nourrisson
B) les convulsions non fébriles
Les intoxications (INH, théophylline), les désordres
métaboliques
(Hypocalcémie, hypoglycémie, hyper natrémie, intoxication à
l’eau), les hémorragies intra crâniennes, les hématomes sous
duraux, les tumeurs cérébrales, les encéphalopathies,
traumatisme crânien.
Les épilepsies sont des affections chroniques caractérisées par
la répétition spontanée des convulsions (grand mal, petit mal,
spasmes en flexion)
IV -Les examens para cliniques
PL, GE, Calcémie, glycémie, ionogramme sanguin, albuminurie,
Fond d’œil, radio du crane, EEG, scanner…
V – Traitement
A) Symptomatique de la crise : c’est une urgence
Calmer l’entourage, desserrer les vêtements, prendre la
température
Mettre l’enfant en position latérale de sécurité
Administrer du diazépam (valium) : 0,5 – 1 mg / kg en IV ou IR ;
peut être renouveler en cas de récidive sans dépasser 5 mg /
kg / J
Gardénal peut être associé au diazépam (valium) : 5 mg / kg
En cas de mal convulsif : valium en perfusion et anesthésique
en réanimation.
B) Selon l’étiologie
Fièvre : découvrir, bain de 2 degré inférieur à la température,
rafraîchir, Aspégic, doliprane.
Paludisme : quinine en perfusion
Méningite purulente : perfusion d’antibiotiques
Epilepsie : gardénal, dépakine,
Spasmes infantiles : corticothérapie
Calcium, glucosé etc.
MALNUTRITION PROTEINO ENERGETIQUE
I. GENERALITES :
La malnutrition proteino-énergétique (MPE) est due à un
déséquilibre entre les besoins nutritionnels de l’enfant et les
apports alimentaires. Le déficit quantitatif (calories)
correspond au marasme ; et le déficit qualitatif (protéines) au
kwashiorkor.
Dans le monde 100 millions d’enfants sont atteints de MPE
avec 10 millions de formes graves. C’est un problème de santé
publique en Afrique.
II. LES CAUSES / FACTEURS FAVORISANTS
Faible disponibilité alimentaire : famine, guerre, protéines
animales ;
Insuffisance d’apport : anorexie, stomatite, besoins inconnus;
Sevrage précoce ou mal conduit ;
Erreurs d’alimentation : bouillie non enrichie, allaitement
artificiel incorrect ; interdits ; Grossesses rapprochées, petits
poids de naissance favorisent la malnutrition
Maladies : rougeole, infections répétées, parasitoses,
affections chroniques (cardiopathies, néphropathies…) etc.
Facteurs ou causes immédiates Ration inadéquate ; maladies
(infection)
Causes intermédiaires Absence de sécurité alimentaire ;
Soins infantiles inadéquats ;
Insuffisance des services de santé ;
Mauvaise hygiène du milieu ;
Analphabétisme
Causes structurelles ou Mauvaise politique sociale et
institutionnelles sanitaire ;
Mauvaise redistribution du revenu
national ;
Pauvreté ;
Causes dites naturelles Climat et pluviométrie défavorables
III. CLASSIFICATIONS :
Divers indices anthropométriques permettent de classer l’état
nutritionnel de l’enfant :
Indice poids / taille (P/T) : malnutrition aigue ou
émaciation
Indice poids / âge (P/A) : malnutrition globale ou
insuffisance pondérale
Indice taille / âge (T/A) : malnutrition chronique ou
retard de croissance
Rapport PB/PC ou indice de Kanawati
Les mesures sont rapportées à des tables de référence
internationales.
Selon la gravité, la malnutrition peut être :
- Légère ou mineure - Modérée - Sévère
IV. CLINIQUE
Les formes sévères sont le marasme, le kwashiorkor et
l’association des deux.
1. Marasme : insuffisance calorique ou
énergétique
Survient surtout la 1ère année de vie. L’enfant est maigre (fonte
musculaire, disparition du panicule adipeux). La peau est fine,
plissée ; les yeux et les joues se creusent (aspect de vieillard).
La peau est flasque et trop large (fesses en sacs vides, pantalon
trop large). Pleure beaucoup, regard vif, constipation ou
diarrhée, pas d’œdème. L’appétit est conservé.
2. Kwashiorkor : carence en protéines
Survient à la 2è 3è année, souvent déclenché par le sevrage et
aggravé par les infections répétées. L’enfant est triste,
apathique, grognon ; présente des œdèmes des deux pieds ou
généralisés, peau sèche, craquelée, des troubles de la
pigmentation et des ulcérations cutanées, des cheveux roux,
défrisés, décolorés et cassants, anorexie, diarrhée,
hépatomégalie etc.
3. Forme mixte : malnutrition protéino-calorique
qui associe amaigrissement et œdème.
Eléments de comparaison entre le kwashiorkor et le marasme
Eléments de Kwashiorkor Marasme
comparaison
Age de survenue 2e et 3e année de vie 1ere année de vie
Poids Variable du fait des Fonte graisseuse et
œdèmes musculaire et poids
inférieur à 70 à 60 % de la
normale
Œdèmes Constants et toujours Absents
présents
Signes cutanés Hyperpigmentation ; Peau amincie ; aspect fripé
desquamation ; et vieillot
décollement épidermique ;
aspect ébouillanté
Cheveux Décolorés ; clairsemés ; Fins, secs et cassants
avec des zones de
dénudation
Appétit Anorexie Conservé
Comportement Apathique et refuse de jeu Actif ; anxieux ; pleure mais
et contact communique
Foie Hépatomégalie graisseuse Foie normal
Signes digestifs Diarrhées chroniques Vomissements plus ou
moins ; petites selles
verdâtres et liquides
Evolution Non traité : décès dans 80% Souvent décès par infection
des cas ou déshydratation, mais
guérison complète sous
Traité : décès dans 15 à 25
traitement
% des cas (sauf réanimation
nutritionnelle)
V- EXAMENS COMPLEMENTAIRES :
Bilan biologique :
NFS ; Protidémie ; albuminémie ; lipidémie ; Taux de rétinol, de
fer, de potassium, de cuivre, de natrium.
Les anomalies sont une anémie et une baisse des lipides, des
protides, et de tous les micro- nutriments.
La radiologie :
Sera faite en fonction du foyer d’appel. Exemple : image de
rachitisme ou d’infections pulmonaires en cas de radiographies
thoracique.
VI-LES COMPLICATIONS :
Elles sont nombreuses :
- diarrhées et déshydratation sévères ;
- dépression immunitaire avec infections fréquentes ;
- anémie sévère avec défaillance cardiaque ;
- hypoglycémie ; hypocalcémie ; hypothermie.
VII-LA PRISE EN CHARGE :
Malnutrition mineure
La prise en charge se fait à domicile : conseils diététiques et
apports nutritionnels corrects
Malnutrition modérée
La prise en charge se fait dans un centre de récupération et
d’éducation nutritionnelle (CREN) :
- Correction des carences en micronutriments, des
déséquilibres hydro électrolytiques, de l’hypoglycémie
et/ou de l’hypothermie ;
- Traitement des infections éventuelles ;
- Récupération proprement dite à base des nutriments
disponibles dans la communauté : Bouillies enrichies ;
farines de haricot ; poids de terre ;
Farines industrielles (misola) ;
Préparation LHS (6 verres de lait + 2verres de sucre +1
verre d’huile)
Malnutrition sévère
La prise en charge se fait en milieu hospitalier :
- Hospitalisation
- Réanimation nutritionnelle : alimentation entérale ou
perfusion de lipides, de glucides, de lipides et de
micronutriments
Conclusion
Affection grave et fréquente au Mali. Il existe un
programme national de nutrition, intégré dans un
programme inter état du CILSS.
LES ANEMIES DE L’ENFANT
I. Définition/généralités
L’anémie se définie par une diminution du taux
d’hémoglobine au dessous des chiffres normaux pour l’â ge
et le sexe. En général on parle d’anémie chez l’enfant quand
le taux d’hémoglobine est inférieur à 10 gr/dl
II. Mécanismes de l’anémie
L’anémie est due à 3 mécanismes :
Une production insuffisante de globules rouges
Une perte de globules rouges
Une destruction accrue des globules rouges
III. Clinique
En générale on note une pâ leur cutanéo- muqueuses
asthénie, vertiges, anorexie, œdème des membres
inférieurs, tachycardie, des troubles digestifs, polypnée,
souffles systoliques.
Les signes de gravité sont : hypotension artérielle,
collapsus, insuffisance cardiaque, rapidité d’installation de
l’anémie ; détresse respiratoire, œdème pulmonaire, trouble
de la conscience, coma, trouble du comportement. Ils
nécessitent une prise en charge d’urgence.
IV. Orientation étiologique
Interrogatoire : â ge, origine, antécédents personnels et
familiaux, circonstance d’apparition…
Examen clinique : recherche un ictère (hémolyses) ;
purpura, ecchymose, (Troubles de la coagulation) ;
hépatomégalie, splénomégalie, adénopathie (hémopathies
malignes) ; chéilite et glossite (carences nutritionnelles).
V. Examens biologiques
NFS complète avec plaquettes, réticulocytes, VGM ;
Autres, selon orientation clinique : bilirubinémie,
hémostase, hémoculture, fer sérique, ferritine,
électrophorèses de l’hémoglobine ; myélogramme, goutte
épaisse, coombs, GS RH...
VI. Principales étiologies
Carence en fer : Prématuré, gémellité, diarrhée chronique,
malabsorption, Retard de Croissance Intra Utérine
Anémie inflammatoire : infection ORL, RAA
Anémie par trouble d’utilisation du fer : Thalassémies
Hémorragies aigues : hématémèse, épistaxis, méléna
Hémolyses constitutionnelles par anomalie du globule
rouge : drépanocytose
Hémolyses acquises : infection, paludisme
Anémie par insuffisance ou aplasie médullaire :
leucémie, chloramphénicol, hépatite
Anémie par carence en vitamine B12 : alcoolisme,
malabsorption
VII. Traitement
1. Curatif
- Symptomatique : transfusion si signes de gravité ou
hémoglobine < 5 gr/dl
- Etiologique :
Fer 10mg/kg/j dans les carences en fer pendant 1 à 3
mois ;
Antipaludique et acide folique en cas d’anémie
palustre ;
Hémostase dans les hémorragies ;
Antibiothérapie dans les infections….
2. Préventif
- Fer : 1 à 2 mg/kg/j chez les nourrissons à risque
(prématuré, malnutrition, drépanocytaire)
- Education nutritionnelle : alimentation diversifiée après 5
mois, aliment riche en fer
- Education sanitaire : traitement précoce du paludisme, des
parasitoses intestinales.
- Dépistage des drépanocytaire et conseils génétiques
LA DREPANOCYTOSE
La drépanocytose est une maladie héréditaire de
l’hémoglobine due à la substitution de l’acide glutamique par
la valine sur la chaîne β en position 6.
L’hémoglobine A, normale est remplacée par l’hémoglobine S
favorisant alors la déformation des globules rouges en faucille.
(Drépanos en grec).
C’est une maladie très fréquente en Afrique subsaharienne (10
à 40%) et elle existe dans tous les pays où la migration
Africaine est massive = USA, Antilles, Brésil etc.
I. Physiopathologie/ Génétique :
Dans certaines conditions anormales telles la fièvre, la
déshydratation et l’infection (où la Pa O2 baisse)
l’hémoglobine devient rigide ce qui déforme le globule
rouge en faucille = c’est la falciformation. Ces globules
rouges falciformes ne peuvent plus transporter l’oxygène
aux tissus et vont boucher les vaisseaux sanguins (par
thrombose). Les tissus privés d’oxygène (anoxie) vont alors
exprimer la douleur = c’est la crise douloureuse.
La transmission génétique de la drépanocytose se fait ainsi
=
Père Mère
AS AS
AA SS
AS AS
Père et mère : hétérozygote AS porteurs de trait
drépanocytaire peuvent donner :
i. 1 enfant normal AA
ii. 2 enfants hétérozygotes AS
iii. 1 enfant homozygote SS
II. SIGNES CLINIQUES :
La drépanocytose majeure (homozygote) est dominée par 3
variétés de crises
1.) Les crises hématologiques avec
Pâleur (et asthénie) due à l’anémie provoquée par
l’hémolyse des globules rouges falciformés
L’ictère (ß la libération de bilirubine au cours de
l’hémolyse)
2.) Les crises vaso-occlusives :
Syndrome pied main chez le nourrisson (hand-foot
syndrome) qui est un gonflement douloureux des
pieds et des mains.
Des douleurs ostéo-articulaires, thoraciques,
priapisme.
Fièvre
3.) Association des deux crises :
Dans tous les cas l’interrogatoire doit rechercher
l’existence de crises identiques chez le même enfant ou
d’autres membres de la famille et l’existence de facteurs
déclenchant (froid, infection, humidité, altitude etc.)
L’examen recherche une anémie clinique, une hépato-
splénomégalie et un retard de [Link] faut noter une
sensibilité accrue aux infections.
III. Examens biologiques :
La NFS montre une anémie (5,5 à 9,5g/dl)
Le test d’Emmel (Falciformation in vitro) est
positif
L’électrophorèse de l’hémoglobineè SS, A2SF, SC
IV. Complications :
1.) Complications aigues
Anémie aigue : par séquestration splénique
(splénomégalie énorme avec douleurs et
ballonnement abdominal)
Accident vasculaire cérébral fréquent chez les
sujets SS
Priapisme : dû à l’engorgement des corps
caverneux par les GR
Crise vaso-occlusive thoracique : toux, douleur
thoracique, dyspnée
Infections aigues : Au pneumocoque, hémophilus
I, Salmonelle, Staphylocoque
2.) Complications chroniques :
Anémie chronique
Complications rénales, cardiaques, oculaires etc.
Complications osseuses et articulaires : ostéonécrose
aseptique de la hanche, retard de croissance staturo-
pondérale, ostéomyélites
Ulcères de jambe : face interne du tibia (cicatrisation
difficile)
V. Traitement:
1.) Prévention :
Conseil génétique :
i. Bilan de la fratrie et de la famille et
expliquer le problème aux parents
ii. Electrophorèse de l’hémoglobine dans le
bilan prénuptial.
Prévention des complications : boissons
abondantes, éviter les refroidissements, vacciner
contre pneumocoque, hépatite, hémophilus,
typhoïde, méningocoque etc. en plus du PEV ;
prescrire peni V et acide folique continus.
2.) Traitement des crises :
Anémie : Transfuser si taux Hb<6/dl, traiter les
causes déclenchantes.
Crises douloureuses :
o Réhydratation : Ringer, [Link]é, SRO etc. eau de
boisson
o Antalgique : Paracétamol : 60mg/kg/24h en 4
prises ; AINS : Kétoprofène, Diclofénac,
Ibuprofène.
o Antibiotiques, antipaludéen.
BRONCHOPNEUMOPATHIES
AIGUES DE L’ENFANT
DÉFINITION– GÉNÉRALITÉS
C’est une atteinte inflammatoire des bronches et du
parenchyme pulmonaire due à des germes : virus (90%),
bactéries, parasites, mycoses etc.
Fréquence élevée chez le nourrisson < 1 an (240/1000),
diminue avec l’âge 34/1000 à l’adolescence.
Etiologies
Les virus sont les plus souvent en cause : virus respiratoire
syncitial (VRS), adénovirus myxovirus (para-influenzae 3 et 3),
virus de la grippe (Influenzae A et B), virus des maladies
éruptives (rougeole, varicelle), cytomégalovirus (CMV) etc.
Les bactéries en cause sont : Hémophilus influenzae,
Pneumocoque, Staphylocoque, Streptocoque, Klebsielle,
mycoplasmes pneumoniae etc.
Les parasites (pneumocystis carinii en cas d’infection VIH).
III Les aspects cliniques :
A) Bronchites :
Inflammation aiguë de la muqueuse bronchique d’origine
virale le plus souvent.
Signes cliniques : début souvent par une rhinopharyngite. Toux
sèche puis productive ; fièvre modérée ; râles bronchiques à
l’examen pulmonaire.
L’évolution est favorable en quelques jours.
Radiographie et examen biologiques ne sont pas nécessaires.
Traitement : Fièvre : antipyrétiques
Bien hydrater, humidifier l’atmosphère
Désobstruction rhinopharyngée (chlorure de sodium 4
à 6 fois par jour)
Fluidifiants
Antibiotiques en cas de surinfection, malnutrition, rougeole,
cardiopathie etc..
Cotrimoxazole PO : 60 mg SMX + 12 mg TMP / kg / j (< = 1600
mg SMX + 320 mg TMP /J
Amoxicilline PO : 50-100 mg / kg / j (<= 3 gr / j)
Chloramphénicol PO : 50-100 mg / kg / j (<= 3 gr / j)
B) Bronchiolite :
Infection virale aiguë localisée au niveau des bronches.
L’infection est sévère chez les enfants de moins de 2 ans et
peut aboutir à une insuffisance respiratoire. Recrudescence
saisonnière avec poussée épidémique. Possibilité de récidive.
Signes cliniques : au décours d’une rhinopharyngite ; polypnée
avec toux ; distension thoracique ; fièvre modérée.
A l’examen pulmonaire : dyspnée intense expiratoire avec
sifflement audible à distance ; parfois crépitant fins, diffus.
Signes radiologiques : hyper clarté ; épaississement des parois
bronchiques ; petites opacités.
Evolution : peut donner des complications apnées ;
convulsions ; déshydratation ; OAP ; insuffisance respiratoire ;
surinfection bactérienne ; trouble de la conscience ; silence à
l’auscultation (spasme bronchique intense). Plus tard l’enfant
peut faire de l’asthme ou des récidives.
Traitement : Position demi assise, surveillance étroite
Désobstruction rhino pharyngée ; humidification
de l’atmosphère ;
Apports liquidiens PO : 80 à 100 ml / kg / j
Bronchodilatateurs : salbutamol spray avec
chambre d’inhalation : 2 bouffées renouveler 30 mn après,
puis 1 bouffées 4 fois par jour.
Corticothérapie : prednisone PO 1à 2 mg / kg / j ou
dexamétasone IM ou IV lente : 0,2 mg / kg / j.
Antibiothérapie en cas de surinfection : amoxicilline ou cotri
ou chloramphénicol
Augmentin ; macrolides
Hospitaliser les formes graves.
C) Pneumonie à pneumocoque : Pneumonie franche Lobaire
Aiguë (PFLA)
Infection des espaces pulmonaires alvéolaires due au
Streptocoque pneumoniae
Signes cliniques : début brutal, frisson, fièvre à 40°, AEG,
douleur thoracique, herpès labial toux, tachypnée. Parfois
tableau trompeur : douleurs abdominales, syndrome méningé
Examen pulmonaire : diminution du murmure vésiculaire,
matité, crépitant parfois souffle tubaire. Les signes de
gravités : détresse respiratoire, cyanose, FC > 125 / mn,
trouble de la conscience.
Radio : opacité systématisée, homogène, non rétractile, d’un
segment ou d’un lobe
Biologie : hyper leucocytose, neutrophile, fibrinémie,
hémoculture positive.
Evolution : favorable en 10 jours sous traitement. Image Rx
peut persister 15 j après guérison clinique => contrôle Rx 2 à 3
semaine après le début.
Complications : pleurésie, abcès du poumon,
péricardite, collapsus, convulsions.
Traitement : peni G IM: 100 000 ui / kg / j ; chloramphénicol ;
amoxi / ampi ou ceftriaxone
+ Gentamicine IM : 3 à 6 mg/ kg / J.
Autres : fièvre, désobstruction rhinopharyngée, Oxygénation 1
litre/ mn ; bonne hydratation et bonne alimentation po ou
sonde nasogastrique : <12 mois : 5 ml/kg/heure ; > 12 mois : 3
à 4 ml / kg / heure. Tenir les Nrs de moins de 2 mois au chaud
et hospitalisation
D) Staphylococcie pleuro- pulmonaire
Pneumopathie à staphylocoque doré survient souvent sur
terrain particulier : malnutrition ; rougeole ; infection cutanée ;
crèches ; collectivités; Nrs de 6 mois.
Signes cliniques : signes généraux importants : AEG, syndrome
infectieux sévère ; geignement ; pâleur ; signes cutanés ;
hypothermie ; état de choc ;
Toux polypnée ; signes de lutte ;
Vomissements, Diarrhée, ballonnement abdominal important
Examen pulmonaire : souvent normal ; parfois matité ; râles
Radiographie : bulles ; épanchement pleural ; opacités ;
Biologie : NFS, ponction pleurale ; hémoculture ; CRP ; gaz du
sang
Evolution: complications: choc, pneumothorax; pyo
pneumothorax
Traitement : Urgence : RAM => hospitalisation
Antibiotiques : cloxacilline IV : 100 mg/ kg / j + genta : 3 à 6
mg /kg / j ; oxacilline ; ceftriaxone.
Hydratation ; Oxygénation ; désinfection locale des lésions
cutanées ; ponction pleurale
ASTHME DE L’ENFANT
I-DEFINITION –
GENERALITES________________________________________
__________
L’Asthme est une maladie allergique.
Il se définie cliniquement par la survenue de crises de
dyspnées expiratoires avec une respiration sifflante.
Sur le plan physiopathologique, il associe une hyper réactivité
bronchique à de nombreux stimuli (allergènes, infections,
tabac, etc) et une inflammation avec broncho constriction,
hypersécrétion et obstruction bronchique.
Il existe un terrain atopique c’est à dire une prédisposition
familiale.
L’asthme affecte 6% des enfants, touche surtout les garçons,
débute avant 5 ans dans 80% des cas. Quelque soit l’âge à
partir de 3 épisodes aigues de dyspnées expiratoires avec
sibilants, on peut parler d’asthme. La fréquence des crises au
cours des mois précédents la consultation définit la sévérité de
la maladie asthmatique.
II-LA CLINIQUE
D’ASTHME__________________________________________
___________
A) CHEZ L’ENFANT : forme typique, diagnostic plus facile.
La crise est souvent précédée de prodromes : prurit nasal,
rhinorhée , toux , agitation , trouble du comportement, du
sommeil etc
Début est souvent nocturne par une crise de dyspnées
expiratoires avec des sibilants, toux sèche puis grasse sans
expectoration chez l’enfant. Le thorax est distendu, hyper
sonore. Il n’y a pas de fièvre. L’auscultation note des sibilants
et des ronchi dans les 2 champs pulmonaires : « bruit du
pigeonnier »
Les signes de gravité imposent une hospitalisation rapide :
B) CHEZ LE NOURRISSON
La crise est souvent déclenchée par une infection respiratoire.
Plutôt sous forme de polypnée fébrile ou tirage : bronchite
asthmatiforme ou « happy wheezer ».
II -CLASSIFICATIONS DE
L’ASTHME__________________________________________ :
A) DE LA CRISE :
Crise légère : fréquence respiratoire légèrement élevée,
dyspnées et sibilants peu marqués, pas de tirage, pouls à
100/mn, marche et décubitus possibles.
Crise modérée : FR élevée, dyspnée entrecoupant les phrases,
sibilants marqués, tirage, pouls à 100 – 120 / mn, position
assise préférée.
Crise grave : FR élevée (>60/mn si < 2 mois ; >50 / mn si< 1
an ; > 40 de 1 à 5 ans ) ; difficultés à parler ; tirage sous costal ;
pouls >à 120 / mn, angoisse.
Le pronostic vital est en jeu si : silence auscultatoire, cyanose,
trouble de la conscience, bradycardie ou choc.
B) DE LA MALADIE ASTHMATIQUE
Selon le degré de sévérité, évalué sur les manifestations
diurnes, nocturnes, le débit expiratoire de pointe (DEP), la
consommation de B2, l’asthme est classé en : asthme
intermittent, persistant léger, persistant modéré, persistant
sévère.
Asthme intermittent : symptômes intermittents < 1 fois /
semaine, crises brèves, asthme nocturne < 2 fois / mois,
absences de signes entre les crises = pas de traitement de
fond.
Asthme persistant léger : symptômes > 1 fois / semaine mais <
1 fois / j, crise pouvant retentir sur l’activité et le sommeil,
asthme nocturne > 2 fois / mois = traitement anti
inflammatoire + corticoïde inhalé, salbutamol au moment des
crises.
Asthme persistant modéré : symptômes quotidiens, crises
retentissant sur l’activité et le sommeil, asthme nocturne > 1
fois / semaine, inhalation quotidienne de salbutamol =
traitement anti inflammatoire continu avec corticoïde inhalé
+salbutamol inhalé.
Asthme persistant fréquent : crises fréquentes, activités
physiques limitées par les symptômes, asthmes nocturnes
fréquents = corticoides inhalé + salbutamol inhalé
III-EVOLUTION ET
COMPLICATIONS_____________________________________
___ :
A) De la crise :
Guérison : habituelle favorisée par le traitement.
Complications :
- état de mal asthmatique : crise se prolonge malgré le
traitement avec des signes de gravité (cyanose anxiété,
épuisement trouble de la conscience, etc)
- infections : fièvre expectoration purulente
- mécaniques : pneumothorax, pneumo médiastin
La mort peut survenir
B) De la maladie asthmatique :
Les éléments du pronostic sont : fréquence des crises, la
réponse au traitement, possibilité ou non d’éliminer
l’allergène, le retentissement fonctionnel respiratoire inter
critique, l’importance des perturbations psychologiques et du
retentissement dans le milieu familial et scolaire.
Guérison : peut survenir vers la puberté ou en l’absence de
crise et de traitement depuis 1 mois.
Complications à long terme : troubles de la croissance,
troubles psychoaffectifs, iatrogènes, déformation thoracique,
insuffisance respiratoire chronique, retard scolaire,
inadaptation professionnelle des adolescents.
III –
DIAGNOSTIC_________________________________________
__________________ :
A) Interrogatoire :
Temps essentiel : âge de début , ATCD personnels ou familiale
de terrain atopique : eczéma , rhinite allergique , signes
d’asthme : oppression respiratoire , sifflement
expiratoire ,gènes nocturnes ,toux , rôle des saisons ,
caractéristiques de la maison , présence d’animaux familiers.
La fréquence des crises et le rôle des saisons. Les facteurs
déclenchant : infections, tabagisme passif, émotions, RGO,
allergènes (pneumallergènes ou trophallergènes ), effort,
pollution.
B) Clinique : sibilants, hyper sonorité, caractère répété
des crises
C) Examens complémentaires :
Radio des poumons, des sinus maxillaires,
NFS (hyper éosinophilie) ; Gaz du sang : hypoxémie, hyper
capnie ;
Enquêtes allergologiques : dosage des Ig E totales ou des Ig E
spécifiques d’un allergène,
Tests de dégranulation des basophiles humains (TDBH)
Tests cutanés
Epreuves fonctionnelles respiratoires : EFR / à partir de 5 ans :
diminution des fonctions respiratoires DEP, VEMS, CV,
VEMS/CV ; augmentation du volume résiduel (VR) pendant la
crise. En dehors de la crise elles donnent des éléments sur
l’évolution et la gravité de la maladie.
V.
ETIOLOGIES _________________________________________
___________________:
A) allergènes inhalés ou pneumallergènes : sont les plus
fréquents.
Acariens des poussières de maison, phanères et salives
d’animaux domestiques, les moisissures, pollens, tabac etc
B) Allergènes alimentaires ou trophallergènes : lait de
vache, œuf entier, petits pois , poissons,
céleri , ,crevettes etc.
VI –
TRAITEMENT________________________________________
___________________
A) Les médicaments de la crise :
- Bronchodilatateurs : B2 mimétiques
Salbutamol (ventoline) sirop : 1cm=5ml=2mg ; spay 1 bouffée=
100ug ; solution pour nébulisation 1ml= 5 mg (hôpital) ; 50-
150ug /kg/nébulisation = 0,01à 0,03 ml / kg dans 4 ml de
sérum physiologique (min =0,25- max = 1 ml)
Terbutaline (bricanyl) 1cp=2,5mg; spray 1 bouffée = 250 ug ;
Injectable 1 amp = 1 ml = 500 ug ; 7 à 10
ug / kg en sous cutané
Téophilline simple rapide : dilatrane : sirop 1ml=10 mg ; 6,5
mg/ kg 1ere prise
Aminophylline : DC = 5 mg/kg dilué dans 100 ml de soluté
isotonique en 20 - 30 mn puis
DE = 0,5-1 mg/kg/h selon l’évolution clinique. Ne jamais
donner en IVD risque de convulsion et arrêt cardiaque
Anti inflammatoires : corticoïdes : PO : 1-2 mg/ kg/ j ; aérosol
doseur : 50 ug, 100 ug, 250 ug
C)INDICATIONS
TRAITEMENT DE LA CRISE
- Crise légère : rassurer le patient, position demi assise,
salbutamol inhalé
- Crise modérée ou grave : salbutamol inhalé + prednisolone
PO
- Signes de gravité ou échec du traitement : hospitalisation ;
oxygénation ; salbutamol ; hydrocortisone IV ;
TRAITEMENT DE FOND :
- Asthme intermittent : pas de traitement de fond
- Asthme persistant léger : traitement anti inflammatoire
continu (béclométasone inhalé) + salbutamol inhalé au
moment des crises.
- Asthme persistant modéré : traitement anti inflammatoire
continu (béclométasone inhalé) + salbutamol inhalé +_
aminophylline
- Asthme persistant fréquent : traitement anti inflammatoire
injectable ou PO + salbutamol inhalé + aminophylline PO puis
béclométasone inhalé
TRAITEMENT ETIOLOGIQUE
En cas d’allergie supprimer l’exposition à l’allergène,
désensibilisation ; anti histaminique ou anti dégranulant
( cromones )
TRAITEMENT ADJUVANT :
Kinésithérapie respiratoire, rééducation de l’effort.
Chaque enfant doit bénéficier d’un traitement adapté à son
cas ; régulièrement surveillé et en fonction des variations de la
maladie et de la croissance.
COQUELUCHE
I. DEFINITION – GENERALITES
C’EST UNE MALADIE INFECTIEUSE ET
CONTAGIEUSE DUE AU BACILLE DE BORDET
GENGOU OU BORDETELLA PERTUSIS (BACILLE
GRAM NÉ GATIF). LA TRANSMISSION EST
AÉ RIENNE. L’HOMME EST LE SEUL RÉ SERVOIR.
L’IMMUNITÉ EST DURABLE.
ELLE ATTEINT SURTOUT L’ENFANT ET PEUT Ê TRE
GRAVE CHEZ LE NOURRISSON DE MOINS DE 6 MOIS
ET LES MALNUTRIS. IL N’Y A PAS D’IMMUNIT É
TRANSMISE DE LA MÈ RE À L’ENFANT. LA
VACCINATION A UN RÔ LE PRIMORDIAL.
II. CLINIQUE
1° INCUBATION : SILENCIEUSE DURE 8 À 15
JOURS.
2° PÉRIODE D’INVASION : C’EST LA PHASE
CATARRHALE. ELLE DURE 1 À 2 SEMAINES. FIÈ VRE
MODÉ RÉ E, RHINOPHARYNGITE AVEC TOUT
É MÉ TISANTE, ANOREXIE. LA CONTAGIOSIT É EST
MAXIMUM À CE STADE.
3° PÉRIODE D’ÉTAT : C’EST LA PÉ RIODE DES
QUINTES DE TOUX. ELLE DURE 2 À 4 SEMAINES.
LA TOUX EST RÉ PÉ TÉ E (10 À 20 SALVES), SURTOUT
LA NUIT, AVEC ARRÊ T RESPIRATOIRE EN
EXPIRATION ET CYANOSE. LA REPRISE
INSPIRATOIRE EST BRUYANTE « CHANT DU COQ ».
UNE EXPECTORATION OU UN VOMISSEMENT
TERMINE LA QUINTE. LE NOMBRE DE QUINTES EST
VARIABLE. LA VIOLENCE DES QUINTES PEUT
ENTRAÎNER DES HÉ MORRAGIES : É PISTAXIS, SOUS
CONJONCTIVALE, HÉ MOPTYSIE.
CHEZ LE NOURRISSON DE MOINS DE 6 MOIS , LE
CHANT DU COQ EST ATYPIQUE ET LA SURVENUE
D’APNÉ E, DE CYANOSE SANS TOUX OU DE QUINTES
ASPHYXIANTES NÉ CESSITE HOSPITALISATION ET
SURVEILLANCE.
FORMES GRAVES : TROUBLES
HÉ MODYNAMIQUES ; DYSPNÉ ES PERSISTANTES
ENTRE LES QUINTES ; TROUBLES NEUROLOGIQUES,
TROUBLES DIGESTIFS.
4° PÉRIODE DE CONVALESCENCE : DURE 1 À 4
SEMAINES. LES QUINTES S‘ESPACENT PUIS
DISPARAISSENT (9È – 10 È M E SEMAINE)
III. LES EXAMENS PARACLINIQUES
NFS : hyper leucocytose, lymphocytose.
Radio pulmonaire : peut montrer des
anomalies (opacités hilaires, adénopathies trachéo-
bronchiques) ou être normale.
Prélèvement de gorge peut détecter le bacille si
l’enfant n’a pas reçu d’antibiotique.
IV. EVOLUTION
1° Favorable : Guérison complète le plus souvent, parfois
asthénie résiduelle avec un tic coqueluchoïde pendant des
mois lors d’IRA.
2° complications :
- Apnées : d’autant plus fréquentes et graves que
l’enfant est plus jeune.
- Surinfections pulmonaires et otites ; pneumothorax ;
emphysème etc.
- Hémorragies conjonctivales, pétéchies
- Convulsions, encéphalites sont graves mais rares.
- Malnutrition due aux vomissements et difficultés
alimentaires.
V. TRAITEMENT
Les médicaments ne sont pas actifs sur les quintes de toux
mais évitent les complications infectieuses et
nutritionnelles.
1° Curatif :
- hospitaliser l’enfant de moins de 1 an ou les formes
sévères. Surveiller les enfants de moins de 3 mois 24 /
24 heures : asphyxie, apnée
- antibiotique : érythromycine PO : 50 mg / kg / j
pendant 14 jours
(É viter tétracycline avant 6 ans et ampicilline non efficace).
Autres antibiotiques en fonction des surinfections.
- antipyrétique si fièvre.
- Humidifier l’atmosphère (bol d’eau à proximité ou
serviette humide)
- Hydratation ; alimentation riche en protéines et
calories. chez le nourrisson l’alimentation est
fractionnée, épaissie ; donnée après les quintes
- Sirops antitussifs sont peu efficaces. On peut utiliser
des antihistaminiques.
2° Préventif :
- Eviction scolaire jusqu’à 1 mois après le début des
quintes
- Chimio prophylaxie pour les contacts (tétracyclines)
ou séroprévention (sérocoq) avant le début des
quintes.
- Vaccin combiné : TETRACOQ : 0,3 ml / kg (diphtérie,
tétanos, poliomyélite, coqueluche) dès 6 semaines : 3
doses de 0,5 ml à 4 semaines d’intervalle et rappel 1
an après la 3è dose.
Incidents : érythème, douleur, abcès froid
PRIMO
INFECTION
TUBERCULEUSE
DE L'ENFANT
1-DEFINITION –
GENERALITES________________________________________
____________
C'est une maladie infectieuse contagieuse due le plus souvent
au bacille de KOCH (B K) ou Mycobactérium tuberculosis
hominis.
Toutes les formes de tuberculose peuvent se voir chez l'enfant.
L'aspect le plus caractéristique est la primo infection
tuberculeuse (PIT) : 1er contact du BK avec l'organisme.
2-
EPIDEMIOLOIE_______________________________________
__________________________
La fréquence de la tuberculose, dans un pays, est liée au
niveau socio-économique. La tuberculose est plus fréquente et
plus grave dans les pays en voie de développement.
Germes : Mycobactérium tuberculosis hominis ou
bovis . Ce sont des bacilles alcoolo- acido-
résistants (BAAR), aérobie stricte, à multiplication
lente.
La contamination est le plus souvent inter
humaine par voie aérienne, rarement par voie
digestive (bovis).
La contamination mère enfant par voie trans-
placentaire est rare.
Le temps d'incubation est de 4 - 6 semaines à la
fin duquel s'installe l'allergie tuberculinique.
C'est une maladie endémo- épidémique à
déclaration obligatoire.
3-
CLINIQUE___________________________________________
_________________________
Forme latente ou tuberculose infection : 80 % des cas. Elle se
définie par l'absence de tout signe clinique. Le test
tuberculinique est positif et la radiographie pulmonaire peut
montrer un complexe primaire.
Forme patente ou tuberculose maladie : 20 % des cas.
Présence de manifestations cliniques : fièvre, atteinte de l'état
général (anorexie, asthénie, amaigrissement), sueurs, signes
pulmonaires : toux chronique avec ou sans expectoration…
Autres formes : toutes les localisations peuvent se voir chez
l'enfant : formes pulmonaires ( tuberculose pulmonaire ,
miliaire , pleurésie ) , méningées , ostéo- articulaires , gastro-
intestinales , ganglionnaires , etc….
4-EXAMENS
COMPLEMENTAIRES__________________________________
____________
Tests tuberculiniques :
Sont nombreux : scarification, timbre, bague, monotest. L'IDR
(intradermoréaction) est le plus souvent utilisée. Il est positif :
- Chez un enfant non vacciné quand il est ≥ 11mm avec
ou sans notion de contage.
- Chez un enfant vacciné quand il est ≥ 11mm avec
notion de contage
Ou ≥ 15 mm sans notion
de contage
Recherche de BK :
Sur 3 tubages gastriques ou sur crachats par examen direct,
culture ou PCR.
Radiographie pulmonaire :
Complexe primaire (chancre d’inoculation avec adénopathie
satellite) dans la PIT; infiltrats pulmonaires, nodules, cavernes,
miliaire, atélectasie etc
Autres examens en fonction de la clinique : NFS, VS, FO,
scanner, radiographies osseuses etc…
5-ENQUETE
SOCIALE____________________________________________
_____________ :
Recherche du contaminateur
6-
EVOLUTION_________________________________________
_____________________ :
Guérison : spontanée de la PIT est possible. L’évolution vers
une tuberculose évolutive plusieurs années peut se voir
Complications : dissémination sanguine et lymphatique avec
d’autres localisations : pleurale, osseuse, rénale, péritonéale,
intestinale, miliaire, méningée, ganglionnaire, etc…
7-
TRAITEMENT________________________________________
___________________
CURATIF
Il s’agit de stériliser rapidement l’expectoration pour réduire la
transmission ; de traiter pendant une durée suffisante, à dose
efficace pour détruire la totalité des germes et de surveiller le
malade pendant toute la durée du traitement.
1° ANTI TUBERCULEUX :
Forme latente : INH pendant 2 mois puis contrôle
Forme patente : 2R HZ S / 6 E H
2 mois : Rifampicine + Isoniazide + Pirazinamide +
Streptomycine puis
6 mois : Ethambutol + Isoniazide
2° SYMPTOMATIQUE
Régime riche en énergie ; repos ; pyridoxine ; corticoïdes dans
les miliaire, pleurésie, méningite ;
3. SURVEILLANCE
NFS, Transaminases, Rénale, Ophtalmologique, etc
PROPHYLAXIE
1- Vaccination : par le BCG (Bacille de Calmette et Guérin)
2- Isolement des malades contagieux jusqu’à négativité des
crachats ou expectoration
3- Mesures d’hygiène ; amélioration des conditions de vie
4- Dépistage autour du cas
5- Chimio- prophylaxie des sujets contacts : traité
systématiquement les sujets ayant eu des contacts
récents avec un tuberculeux contagieux.
6- Lutte anti tuberculeuse : amélioration des conditions de
vie socio-économiques ; éducation sanitaire ; dépistage et
traitement des malades contagieux (DOT : directly
observed thérapy)
7- Déclaration obligatoire
LA POLIOMYELITE ANTERIEURE AIGUE
1-
Généralités______________________
________________________________
_____
Le PAA ou maladie de Heine Médine est une pathologie
infectieuse à virus sporadique ou épidémique déterminant des
lésions neuronales avec une prédilection pour les cornes
antérieures de la moelle.
C’est une maladie contagieuse qui se transmet par les selles ou
les gouttelettes (épidémie familiale) ou indirectement par les
eaux usées, les mouches ou aliments souillés.
La maladie est immunisante.
2-Les signes
cliniques_________________________
___________________________
La poliomyélite peut se présenter sous 4 formes
La forme paralytique commune :
Elle évolue en 5 périodes successives
Périodes d’incubation :
Silencieuse 10 jours environs
Période d’invasion ou pré paralytique :
Dure 3 à 6 jours, caractérisée par une fièvre (38°-40°c) des
troubles digestifs, des douleurs, un syndrome méningé
souvent et rétention d’urine.
Période paralytique aiguë :
Dans un cortège de fièvre et de douleurs apparaissent les
paralysies. Tous les muscles qui doivent être paralysés le sont
dans un délai très court. Les paralysies sont flasques avec ROT
abolis, hypotonie puis atrophie musculaire précoce.
Période régressive :
2 à 6 semaines après le début des paralysies commence la
régression de celles ci. Elle peut durer un, deux et même trois
ans. Il faut éviter les déformations, les escarres etc.
Période de paralysies définitives (séquelles)
Les séquelles sont dues à l’intensité des amyotrophies, sont
aggravées par les troubles trophiques, et fautes de
surveillance.
Ex : Pied bot, genou paralytique, hanche paralytique etc.
Les formes respiratoires :
Elles sont responsables de la maladie poliomyélitique. Les
formes sont très variées, pouvant toucher les muscles
respiratoires, le diaphragme, les muscles de la déglutition, le
centre de commande de la respiration etc.
Elles évoluent vers l’insuffisance respiratoire, le collapsus,
syncope et mort.
Les formes atypiques neurologiques
On peut citer la paralysie faciale poliomyélitique, les formes
ataxiques avec perte de l’équilibre et les formes
encephalitiques avec torpeur, somnolence et crise de
contractures mais sans convulsion.
Les formes non paralytiques.
Elles représentent 90% des cas .Il y a :
Les formes abortives qui tournent cours sans
paralysie.
Les formes méningées pures
Les formes catarrhales avec syndrome grippal
simulant un accès palustre; une angine ou une
diarrhée saisonnière.
Les formes inapparentes asymptomatiques
NB : Les formes du nourrisson où la période pré paralytique
peut ne pas exister séquelles effroyables comme atrophie
et raccourcissement du membre.
3-Examens
complémentaires_____________________________________
_____
L’étude du LCR montre une dissociation albumino-cytologique
tardive (après le 10ème jour) : Albumine ↑ cytologie ↓
L’examen virologique peut mettre en évidence le poliovirus
dans les selles et dans les secrétions pharyngées les 1er jours.
La sérologie montre une augmentation du taux d’anticorps en
15 jours d’intervalle.
4-
Traitement__________________________________________
_____________
A. Le traitement est symptomatique :
Dans tous les cas il faut :
Un repos au lit, antalgique antipyrétique etc.
Maintient des membres en position de fonction
Lutte contre les scares etc.
Envoyer les formes sévères dans les centres de
réanimation
Après la phase aiguë c’est la rééducation motrice
A la phase de séquelles c’est un problème
d’orthopédie et de chirurgie spécialisée.
B. La prophylaxie
1. Vaccination
Polio oral : dans la 1ère semaine de vie, puis avec le
DTCP.
Polio injectable associé au DTC : à faire en 3
injections espacées d’un mois à partir de la 6 ème
semaine de vie, rappel 1an puis tous les 5ans
2. Hygiène assainissement du milieu : hygiène
individuelle ; bonne élimination des excrétât ; hygiène
alimentaire
3. Précautions à prendre en cas d’épidémie :
a. Eviter les injections IM
b. Eviter les interventions non indispensables sur le
rhinopharynx
c. Eviter le sport violent, les voyages chez les
contacts.
MENINGITE PURULENTE DE L’ENFANT
I. Définition –Généralités
C’est une infection bactérienne des méninges. C’est une
maladie contagieuse fréquente et grave (10% de mortalité ;
20% de séquelles). C’est une urgence médicale et le pronostic
dépend de la rapidité du diagnostic et du traitement.
II. Epidémiologie
La méningite est une maladie endémo épidémique (fréquente
de décembre à juin) ; le Mali fait partie de la ceinture
méningitique de l’Afrique.
La contamination se fait par voie rhinopharyngée. Les germes
les plus fréquemment rencontrés sont : le méningocoque, le
pneumocoque, l’Haemophilus influenzae. Leur fréquence varie
en fonction de l’âge. La méningite à méningocoque est à
l’origine des épidémies .Elle est encore appelée méningite
cérébro-spinale.
III. Clinique
Le tableau clinique de la méningite varie en fonction de l’âge.
Le syndrome méningé est franc chez l’enfant. Il est fruste chez
le nourrisson et le nouveau né et peut être trompeur.
1. Grand enfant (> 5 ans)
La méningite associe un syndrome infectieux à un syndrome
méningé.
Le syndrome infectieux à début brutal avec fièvre à 39° - 40°.
Le syndrome méningé associe des céphalées intenses,
vomissements faciles en jet, douleurs dorsales, photophobie,
et l’examen physique : une raideur de la nuque, un signe de
Brudzinski et de Kernig positif. L’enfant est souvent couché en
chien de fusil.
2. Nourrisson : 2 mois – 5 ans
Le tableau est moins typique et associe une fièvre, trouble du
comportement agitation, hyperesthésie cutanée, troubles
digestifs, troubles de la conscience, convulsions, plafonnement
du regard. La raideur de la nuque est souvent remplacée par
une nuque molle, le signe principal est le bombement de la
fontanelle.
3. NOUVEAU NE : < 1 mois
Les signes sont peu spécifiques. C’est un nouveau né qui va
mal avec de la fièvre, convulsions, refus de téter, troubles du
comportement, digestifs, respiratoires, etc.
Au moindre doute faire une ponction lombaire.
4. LES SIGNES DE GRAVITE
Un purpura ; des troubles hémodynamiques (pâleur,
extrémités froides, allongement du temps de recoloration
cutané, tachycardie) des troubles neurovégétatifs ; des
troubles de la conscience, des convulsions, un déficit moteur
etc.
IV. Etiologies
Chez le nourrisson et l’enfant : 3 principaux germes sont en
cause
- Hæmophilus influenzae : bacille gram négatif. Surtout
chez le nourrisson de moins de 2 ans; 20 % de résistance à
l’ampicilline.
- Méningocoque : cocci gram négatif.
Surtout enfant de plus de 5 ans. Sensibilité régulière aux
antibiotiques. Donne des épidémies (Avril, Mai) et des
formes foudroyantes (purpura fulminant).
- Pneumocoque : est plus rare. Surtout chez
l’enfant de moins de 5 ans ; sur terrains particuliers
(déficit immunitaire, splénectomie, drépanocytose). Il
est de plus en plus résistant aux antibiotiques et nécessite
un antibiogramme.
Chez le nouveau né : 3 principaux germes sont également
retrouvés le streptocoque, le colibacille, la listéria.
Les autres germes sont moins fréquents : staphylocoque,
salmonelle, shigelle, protéus, klebsielle…
V. Examens complémentaires
A) PONCTION LOMBAIRE :
Il donne le diagnostic en cas de suspicion de méningite
Le LCR est hypertendu ; trouble « eau de riz » ou purulent ;
nombreux polynucléaires altérés ; albuminorachie élevée ;
glycorachie diminuée.
L’examen bactériologique recherche le germe.
B) AUTRES EXAMENS : en fonction du contexte et de
l’évolution
NFS : hyperleucocytose à polynucléaires ; CRP : > 20 mg/ l ;
hémoculture ; groupe sanguin rhésus dans les formes graves ;
ionogrammes sanguin et urinaire, ETF, scanner …
VI. EVOLUTION________________________________
________________________
A) Favorable :
À 95% pour les méningocoques et à 75-85% pour les HI et les
pneumocoques. Disparition des germes en 48 H ; de la
température en 3-4 jours ; LCR normal en 10-15 jours
B) Complications / Séquelles:
Une surveillance stricte permet de détecter rapidement les
complications : Hypertension intracrânienne, œdème cérébral,
hématome sous dural
Une surveillance à distance détecte les séquelles : déficit
sensoriel (auditif), moteur (paralysie, infirmité motrice),
intellectuel (retard mental), épilepsie, trouble du
comportement, du caractère, hydrocéphalie.
C) Récidives : sont rares et concernent surtout le
pneumocoque.
D) Mort : peut se voir dans les formes graves ou
prises en charge tardivement.
VII)
TRAITEMENT________________________________________
____________________
A. CURATIF
1. Antibiotiques
- 1ère intention :
NNE et NRS : Céphalosporines de 3è génération + Aminosides
(2 – 3 jours)
Grand enfant : Ampicilline / Amoxicilline + Aminosides (2 – 3
jours) ou
Céphalosporines de 3è génération + Aminosides
- 2ème intention : selon le germe
Hæmophilus : Céphalosporines de 3è génération +
Aminosides-(
Méningocoque ou pneumocoque : Ampicilline / Amoxicilline +
Aminosides
Si germe inconnu : Céphalosporines de 3è génération +
Aminosides
La durée du traitement :
- Méningocoque : 4 – 7 jours ; Haemophilus : 7 - 10 jours ;
Pneumocoque : 10 – 15 jours
2. Traitement symptomatique
Antipyrétiques ; restriction hydrique ;
Anticonvulsivants ;
Perfusion en cas de choc ou de déshydratation;
macromolécules si collapsus
Lutte contre l’ oedème cérébral :
Alimentation par sonde nasogastrique ou parentérale si coma
3. Surveillance :
A court terme : TA, FR, T°, PC, FC, poids, diurèse, LCR à
contrôler 24 à 36 H après le début du traitement ;
A long terme : audiogramme 1 mois après guérison ; ETF /
Scanner si besoin ; EEC tous les 6 mois.
B. PREVENTIF
1. Isolement du malade
2. Déclaration obligatoire des méningites à méningocoque
3. Chimio prophylaxie des contacts
a) Méningo :
- Rifamycine : NNE 10 mg / kg / j ; 1 – 12 A : 20 mg / kg / j
> 12 A : 600 mg / kg / j }4
jours
- Spiramycine : en cas d’allergie à la rifamycine
E : 150 000 UI / kg / j ; A : 3 000 000 UI / j } 5
jours
b) Hémophilus : Rifamycine
c) Pneumocoque : Pénicilline pour les sujets à risque
(drépanocytaires, splénectomisés)
4. Vaccinations: - Anti méningo A + C; - Act Hib; Hi Best;
Pentacoq ; - Pneumo 23
LE LCR DANS LES MENINGITES
Méningite Aspect Germes Eléments Protéinorachie Glycorachie
Bactérienne Trouble + Polynucléaires Très augmentée Diminuée
Purulent > 100 /mm3 → 5 g/l < 50 % glycém
Virale Clair Stérile Lymphocytes Normale ou peu Normale
10 – 500 /mm3 ↑ 0.3 à 1 g/l
Tuberculeuse Clair ou BK direct Lymphocytes Augmentée Très Diminuée
Trouble culture ≤ 500 /mm3 → 2 – 3 g/l < 0.3 g/l
LCR normal « eau de Stérile < 0.50 g/l > 50 % glycém
Roche » ≤ 5 / mm3 (0.45 -0.50 g/l) (0.45 -0.50 g/
MENINGITES A LIQUIDE CLAIR
1. DEFINITION –
GENERALITES______________________________________
__________
C'est une inflammation aigue des méninges avec un LCR à réaction
lymphocytaire. En règle d'origine virale, les méningites à liquide
clair, sont de bon pronostic.
Toute fois il faut s'assurer qu'il ne s'agit pas d'une méningite
tuberculeuse.
2. ETIOLOGIES_______________________________________
_________________________
o Virus: sont les plus fréquents: poliomyélite, herpès, MNI,
CMV, EBV, oreillon, grippe, rougeole, rubéole, varicelle,
etc…
o Bactéries: BK, brucellose, syphilis, mycoplasme, listériose,
etc….
o Parasites: toxoplasmose, paludisme, trypanosomiase,
o Mycoses: candidose, cryptococcose,
o Autres causes: abcès ou tumeur du cerveau, otite,
mastoïdite, lymphome, leucémie
3. MENINGITE
VIRALE___________________________________________
_____________
o Clinique: les signes sont plus atténués que dans la
méningite purulente. On note une fièvre, des céphalées,
des vomissements, une asthénie. C'est un syndrome
grippal associé à des signes méningés avec un état
général conservé.
o LCR: clair, hyper lymphocytose, protéinorachie normale
ou modérément élevée, glucose et chlorures normaux.
o Diagnostic différentiel : méningite tuberculeuse,
méningite purulente au début ou décapitée, méningite à
listéria.
o Evolution : le plus souvent favorable en quelques jours (8
à 10). Des complications sont possibles : surdité,
encéphalite (troubles de la conscience, atteinte
parenchymateuse)
o Traitement : symptomatique : repos, antipyrétiques, anti
convulsivants, anti oedemateux, restriction hydrique
4. MENINGITE
TUBERCULEUSE____________________________________
___________
Le diagnostic est souvent difficile.
Clinique :
Début progressif par une fièvre modérée et constante, des
vomissements faciles, une altération de l'état général, une
modification du comportement. Les signes méningés sont retardés
ou atténués. On peut noter une paralysie des nerfs crâniens, une
hémiplégie, des convulsions.
Diagnostic :
LCR : clair, protéines et lymphocytes élevés, chlorures et glucose
diminués. Présence de BK à l'examen direct et à la culture sur
milieu de loewenstein. LDH à 5 bandes.
Autres examens : IDR, recherche d'une autre localisation (FO :
tubercules de Bouchut, Rx pulmonaire, scanner), recherche d'un
contaminateur.
Traitement :
Anti tuberculeux :
Isoniazide (INH) : 10 mg / k / j en une prise
+ Rifampicine : 10 – 15 mg / k / j en une prise
+ Ethambutol : 15 – 25 mg / k / j PO en une prise
ou Steptomycine : 0,05 mg /k / j chez le nourrisson ; 0,03 mg / k / j
chez l'enfant en 2 injections IM
Corticothérapie : 2 mg / k / j dans les formes comateuses
Evolution : est fonction du jeune âge, de la massivité
du contage, de
la résistance du BK , du retard du traitement.
L'évolution peut être favorable avec un traitement de 12 à 18 mois
;
peut se faire vers les complications et les séquelles :
hémiplégie,hydrocéphalie, cécité, surdité, épilepsie…
ou être fatale dans 10 % des cas.
4.5. Diagnostic différentiel : méningite à mycose
(cryptococcose ) , lésions cérébrales de voisinage ( abcès ),
encéphalite.
LE LCR DANS LES MENINGITES
Méningite Aspect Germes Eléments Protéinorachie Glycorachie
Bactérienne Trouble + Polynucléaires Très augmentée Diminuée
Purulent > 100 /mm3 → 5 g/l < 50 % glycém
Virale Clair Stérile Lymphocytes Normale ou peu Normale
10 – 500 /mm3 ↑ 0.3 à 1 g/l
Tuberculeuse Clair BK direct Lymphocytes Augmentée Très Diminuée
culture ≤ 500 /mm3 → 2 – 3 g/l < 0.3 g/l
LCR normal « eau de Stérile < 0.50 g/l > 50 % glycém
Roche » ≤ 5 / mm3 (0.45 -0.50 g/l) (0.45 -0.50 g/
FIEVRE TYPHOÏDE
Définition:
C’est une septicémie due à salmonella typhi, bacille gram
négatif du groupe des entérobactéries.
Epidémiologie :
- Germe : salmonella typhi et para typhi A, B et C.
- Réservoir de germes : l’homme malade ou porteur
chronique
- Transmission par voie féco-orale soit directement :
mains sales ; soit indirectement : eau ou aliments
souillés
Physiopathologie :
- C’est une septicémie à point de départ intestinal
d’origine lymphatique : les germes se multiplient dans
les macrophages des ganglions lymphatiques
mésentériques.
- La diffusion sanguine secondaire explique le caractère
progressif de l’installation du tableau clinique.
- Le germe libère une endotoxine qui agit à distance et
explique en particulier les signes neurologiques,
cardiovasculaires, et abdominaux de la maladie.
Clinique :
La fièvre typhoïde évolue classiquement en trois septénaires
Incubation : 10- 15 jours ; silencieux
Invasion : fièvre d’allure isolée, prolongée monte
progressivement sur 7 jours, céphalées, asthénie, anorexie,
insomnie, épistaxis, Splénomégalie modérée, douleurs ou
lourdeurs abdominales, langue saburrale, diarrhée ou
constipation, gargouillements de la fosse iliaque droite.
Phase d’état : fièvre en plateau 40°, état général altéré,
diarrhée ocre, fétide, « jus de melon » ; prostration,
« typhos » ; taches rosées lenticulaire, rare angine de Duguet,
pouls dissocié : non en rapport avec la température.
Evolution :
A) Favorable
Diminution progressive de la température ; disparition des
symptômes, reprise de l’appétit, des forces et du poids.
La guérison est possible sans traitement mais le risque de
complications est élevé.
Le traitement diminue la durée de la maladie et le risque de
complications.
2 coprocultures à 48 h d’intervalle pour vérifier que le sujet ne
devient pas un porteur chronique asymptomatique.
B) Complications
Annoncées par l’accélération du pouls, les complications
peuvent survenir à la phase d’état ou durant la convalescence :
hémorragie ou perforation digestive, péritonite, septicémie,
myocardite, encéphalite, méningite, abcès du cerveau, coma,
collapsus, hépatite, cholécystite.
Complications iatrogènes peuvent se voir : choc, aplasie
médullaire.
Parfois des rechutes surviennent 1 semaine après l’arrêt du
traitement nécessitant une cure.
C) Rechute : apparaît 10-15 jours après l’arrêt du
traitement.
Laboratoire :
NFS : leucopénie relative ou leuco neutropénie. VS normale
Hémoculture positive dès le 1er septénaire ; antibiogramme
systématique
Coproculture positive au 2è septénaire : dépistage des
porteurs sains et confirmation de guérison.
Sérodiagnostic de widal est inutile : faible spécificité et
sensibilité
Recherche d’anticorps spécifiques anti O et anti H : positifs si >
1/200
Anti O apparaissent à j8, titre entre 400 et 800 ; disparaissent
en 4 semaines
Anti H apparaissent à j12, titre >1/1600 et disparaissent en
quelques mois ou années.
Il existe des faux positifs et des faux négatifs.
Traitement :
A) Curatif :
Antibiothérapie : chloramphénicol PO = 50 mg / kg ; ampicilline
= 50 mg / kg ; cotrimoxazole PO = 60 mg SMX + 12 mg TMP /
jours pendant 10 jours
Ciprofloxacine PO = 10 mg / kg / jour pendant 5 à 7 jours
Ceftriaxone IM ou IV 60 à 80 mg / kg / J en 1 injection pendant
5 jours.
Mesures hygiéno-diététiques :
Déclaration obligatoire ; isolement du malade en
hospitalisation avec sanitaire et vaisselle personnels ;
désinfection régulière du linge et des excrétas ; apport
nutritionnel suffisant ; hydratation.
Symptomatique : antipyrétique ; transfusion dans les
hémorragies ; remplissage et corticoïdes dans le collapsus ;
chirurgie + métronidazole et aminoside si péritonite
Surveillance : pouls ; température ; TA ; selles ; abdomen ;
conscience ; ECG.
B) Préventif :
- Hygiène individuelle : lavage des mains et collective :
hygiène et assainissement.
- Dépistage des porteurs sains
- Vaccination: Typhim Vi.
SIDA PEDIATRIQUE
I. Définition- généralités
Le SIDA est le stade le plus avancé de l’infection VIH. 1er cas
découvert en Amérique en 1981. Mali : 1985. Le virus du
VIH1 est isolé en 1983 et le VIH2 en 1986
II. Epidémiologie
Plus de 40 millions de cas dans le monde ; 2,5 millions
d’enfants infectés dont 90 % en Afrique au sud du Sahara ;
500 000 décès ; 700 000 nouveaux cas dans le monde.
Le virus appartient à la famille des rétrovirus. Il est présent
dans le sang, le sperme, les ganglions et les cellules
lymphocytes CD4. Le VIH entraîne un déficit des
lymphocytes CD4.
La transmission verticale est la plus fréquente chez l’enfant
encore appelée transmission mère enfant : 90 % des cas.
Elle se fait pendant la grossesse, l’accouchement et
l’allaitement (14 %).
La transmission horizontale est plus rare chez l’enfant :
sexuelle, sanguine : transfusion, matériels souillés,
scarification, excision….
III. Clinique
Manifestations cliniques : tous les organes peuvent être
atteints :
Manifestations pulmonaire : pneumonie interstitielle
lymphoïde ; cardiaque : cardiomyopathie ; rénale : atteintes
glomérulaires ; digestive : diarrhées ; oculaire :
microvasculopathie ; hématologique : thrombopénie ;
infection à germes banals plus ou moins sévères ou
répétées ; les infections opportunistes (pneumocystis
carinii, candida albicans, CMV, mycobactéries atypiques.)
Les néoplasies sont plus rares chez l’enfant.
Formes évolutives : 2 formes chez l’enfant
- Forme grave : 15-20 % cas. Elle est précoce, avec
adénopathie, hépato- splénomégalie, infections
sévères répétées, troubles nutritionnels,
neurologiques. Evolution spontanée fatale en 4- 5ans.
- Forme usuelle : 80-85 % des cas. Forme tardive
d’évolution plus lente : 90 % des enfants vivants à 5
ans.
Critères de diagnostic clinique (OMS Bangui) :
Signes majeurs : amaigrissement > 10 % ; fièvre récidivante
> 1 mois ; diarrhée > 1 mois; infections pulmonaires
récidivantes
Signes mineures : toux persistante > 1 mois ; dermatose
prurigineuse généralisée ; candidose buccale récidivante ;
infections banales récidivantes ; perte de poids, retard de
croissance ; lymphadénopathie généralisée ; infection
maternelle à VIH confirmée.
La présence d’au moins 2 signes majeurs et 2 signes
mineurs évoque le diagnostic.
IV. Examens para cliniques
Diagnostic de l’infection VIH :
- Chez l’enfant > 18 mois : 2 sérologies positives
comme chez l’adulte.
- Chez le nourrisson < 18 mois : on utilise les tests
virologiques : antigénémie p24, PCR, charge virale
(CV) ou culture.
Evaluation immunologique : le nombre de lymphocytes
diminue avec l’â ge (taux adulte à 6 ans). Si taux > 25 % =
pas de déficit immunitaire ; si taux < 15 % = déficit
immunitaire sévère
Autres examens :
- Pré thérapeutique : NFS, transaminases, glycémie,
créatininémie, radio pulmonaire ou
- Autres selon la clinique.
V. Classifications
A) Clinique : du CDC d’Atlanta (classes A, B, C) et de
l’OMS (stades I, II, III, IV)
B) Immunologique : selon le taux de CD4 :< 15 %
LA ROUGEOLE
Epidémiologie:
Agent : Virus morbilleux du groupe des paramyxovirus
Contagion : contagiosité très grande, inter humaine
Age : en moyenne entre 2 et 5 ans, exceptionnellement
avant 6 mois si la mère est immunisée
Immunité : acquise par la maladie ; elle est solide et durable
Clinique
A. Forme commune
Incubation : Silencieuse de 10 jours
Invasion : De 2 à 4 jours. Elle est marquée par :
Un syndrome infectieux : fièvre à 39-40°c
Un catarrhe oculo-nasal donnant le classique faciès
rougeoleux accompagné de toux ;
Un énanthème fait essentiellement de petits éléments
blancs nacrés de la face interne des joues. C’est le
Köplick inconstant mais très évocateur.
Phase d’état :
Marquée par l’apparition de l’exanthème 14 jours après le
contage :
Débutant à la racine des cheveux derrière les oreilles,
puis s’étendant en 2 ou 3 jours au visage puis au tronc et
enfin aux membres ;
Fait de macules ou de maculo-papules disséminées mais
laissant entre elles des intervalles de peaux saine.
Intensément érythémateux les 24 ou 48 premières
heures puis passant par une teinte cuivrée avant de
disparaître sans cicatrice.
A ce stade persistent le syndrome infectieux et la catarrhe
respiratoire
Evolution :
L’éruption évolue en une seule poussée et s’efface dans
son ordre d’apparition, parfois suivie d’une fine
desquamation.
La fièvre reste élevée tant que l’éruption s’étend puis
baisse par degrés.
Le coryza et la toux s’atténuent progressivement en une
huitaine de jours.
e) Complications :
Respiratoires :
Laryngites : Les plus fréquentes avant 3 ans
o Soit précoces à la phase d’invasion, en général,
bénigne
o Soit tardives par surinfection, souvent plus graves
Les pneumopathies :
o d’origine virale, simple exagération du catarrhe
respiratoire
o ou broncho-pneumopathies de surinfection
bactérienne.
Les otites sont rares
Neurologiques :
*L’encéphalomyélite aiguë morbilleuse : elle frappe surtout
l’enfant entre 4 et 10 ans et survient précocement quelques
jours après l’apparition de l’exanthème. Elle se traduit par une
reprise de la fièvre associée à des troubles de la conscience,
parfois un coma, et souvent des convulsions.
Le diagnostic de méningo-encéphalite est confirmé par l’hyper
leucocytose du LCR et les ondes lentes caractéristiques à l’EEG.
L’évolution peut se faire vers la mort rapide ou vers la guérison
avec risque de séquelles tardives essentiellement sensorielles
(cécité, surdité) ou comitiale.
*La leuco-encéphalite sclérosante de Van Bogaert : de survenue
très retardée, parfois 10 à 15 ans après la maladie initiale, elle
réalise une encéphalopathie progressive aboutissant à un état
grabataire avec régression mentale et à la mort en quelques
années.
*Autres complications : KW, complications oculaires.
B. Formes cliniques :
Citons les formes dites malignes, avec éruption cutanée pâle ou
hémorragique associée à un grand syndrome toxique et à des
complications respiratoires. Dues à l’immunodépression.
Diagnostic :
En général aisé à la sortie de l’éruption, il est évoqué à la phase
d’invasion sur :
o L’absence de vaccination
o La notion d’épidémie ou de contage
o La constatation d’un signe de Köplick associé à
catarrhe oculo-nasal
Il peut être confirmé par l’isolement du virus dans le pharynx
et secondairement la sérologie virale.
Traitement :
1. Curatif :
Traitement symptomatique dans les formes communes
{toux rhinopharyngite}
Antibiothérapie si surinfection ou terrain
particulièrement fragile (immunodéprimé, insuffisance
respiratoire persistante).
2. Préventif :
Vaccination souvent en association avec le vaccin contre
la rubéole et oreillons (ROR).. Vaccin vivant atténué ne
nécessitent qu’une seule injection.
Gammaglobulines polyvalentes riches en anticorps anti-
rougeoleux préventif si faites dans les 2 ou 3 jours après
contamination.
Conclusion
La rougeole est une malaise infectieuse éruptive, très
contagieuse, due à un virus touchant l’enfant d’age pré-
scolaire classiquement.
Assez bénigne dans les pays développés, la rougeole par sa
fréquence, la gravité de ses complications et le taux de
mortalité constituent un véritable problème de santé publique
dans les pays en voie de développement. Elle entraîne une
immunité solide et durable.
LE TETANOS
Le tétanos est une toxi-infection due au bacille de Nicolaier ou
Clostridium tétani. C’est une maladie non immunisante.
I. Epidémiologie_______________________________
_____________________________
1.) Le germe : Le bacille de Nicolaier est germe gram positif
anaérobie strict. Sa forme de résistance est la spore qui
vit dans l’intestin des animaux domestiques et dans la
terre. Pendant la maladie le germe reste au niveau de la
porte d’entrée et envoie la toxine qui agit sur le système
nerveux.
2.) Les portes d’entrées :
Elles sont multiples :
- Plaies souillées de terres
- Morsures d’animaux, écorchures, piqûre de
pointes rouillées
- Plaies post opératoires, obstétricale post abortum
- Plaie ombilicale, plaie d’excision ou de percée
d’oreille
II. Signes
cliniques____________________________________
______________________
1.) Incubation : Elle dure 2 jours à 2 mois, silencieuse
en général, parfois on note un malaise, des
insomnies, des fourmillements, des crampes au
membre blessé. Le pronostic est d’autant lus
défavorable que la période d’incubation est
courte.
2.) Invasion : elle dure 1 à 3 jours
Le trismus est le premier signe. C’est une contraction serrée
des muscles masséters. La contracture est bilatérale,
symétrique, invincible, douloureuse et paroxystique. On note
aussi une raideur rachidienne, une dysphagie et une défense
abdominale.
3.) Période d’état : elle est caractérisée par :
a) Les contractures permanentes :
Au niveau de la face elle donne le faciès sardonique ou le
faciès cynique.
Les rides du front et les plis naso-géniens sont accentués, les
sourcils sont relevés, les fentes palpébrales rétrécies et les
yeux bridés. Les muscles de la cage thoracique sont contractés
ce qui empêche la respiration normale.
La contracture des muscles paravertébraux soude le rachis en
hyper extension, la tête rejetée en arrière avec impossibilité de
flexion.
b) Les paroxysmes :
Ils sont déclenchés par les excitations (bruits, lumières, toux,
déglutition, pansement etc.) il peut réaliser une position en
épistotonos en touchant toute la musculature. Ils peuvent
s’accompagner de ruptures musculaires et tendineuses ou
même entraîner parfois la mort par anoxie ou par arrêt
cardiaque.
4.) Evolution :
La surinfection, l’HTA ; la tachycardie ou la déshydratation
peuvent compliquer le tableau, ainsi que collapsus, phlébite,
accidents respiratoires.
5.) Formes cliniques :
On peut citer :
- Le tétanos céphalique : Porte d’entrée
faciale, signes cliniques localisés ou
généralisés, le type m^me est le tétanos
céphalique de Rose avec paralysie faciale
du côté de la plaie.
- Le tétanos localisé des membres
- Le tétanos post-abortum particulière
grave
- Le tétanos néonatale très meutrieur
III. Traitement__________________________________
__________________________
1.) Traitement spécifique : passe par
- Traitement de la porte d’entrée
- Antibiothérapie : Amoxicilline ou ampicilline
- Sérothérapie : SAT
- Vaccinothérapie
2.) Traitement symptomatique :
- Isolement du malade
- Sédatif : diazépam à forte dose (3-5 mg/kg/24h),
phénobarbital
- Réanimation hydro électrolytique.
3.) Prophylaxie
- Vaccination antitétanique
- CAT devant une plaie :
o Vaccination à jour : soigner la plaie
o Vaccination non à jour : injection de rappel
LES ALLERGIES CHEZ L’ENFANT
L’allergie se définit comme une réactivité différente de l’hôte à
l’antigène rencontrée pour la deuxième fois au moins.
Plus d‘un enfant sur cinq est allergique. L’allergie est un
facteur étiologique et non une maladie en soi.
LES ALLERGENES
Alimentaires
Protéines de lait de vache
Crustacés
Arachides
Inhalés
Acariens
Phanères d’animaux domestiques
Pollen
Blattes
Moisissure
Polluants de l’air
Irritants
MANIFESTATIONS CLINIQUES
Digestives
Douleurs abdominales
Vomissements, diarrhée
Respiratoires
Rhinite allergique
Prurit nasal, éternuement
Rhinopharyngite récidivante
Toux sèche nocturne
Asthme
Autres
Conjonctivite
Larmoiement
Prurit oculaire
Urticaire
Eczéma
PRISE EN CHARGE
Education pour la santé pour l’éviction de l’allergène
ou la diminution de la charge en allergène
Médicaments : antihistaminiques, corticoïdes…
LE RACHITISME CARENTIEL
C’est un trouble de déminéralisation des os liés à une carence
en Vit D ; frappant le nourrisson en période de croissance
rapide entre 6 et 2 ans.
Cette carence entraîne une diminution de l’absorption du
calcium et du phosphore, à l’origine d’une déminéralisation
des os. Il peut s’agir d’un manque d’apport exogène ou un
déficit de production endogène à partir des stérols cutanés
sous l’effet des rayons ultraviolets.
I- Signes
cliniques ____________________________________
___________:
L’attention peut être attirée par une apathie, une hypotonie
mais le plus souvent la recherche systématique de signes
osseux qui permet de poser le diagnostic.
1- Signes osseux :
Au niveau du crâne :
- le craniotabès : c’est une zone où le boite crânienne est
molle, se laissant déprimer comme une balle de
celluloïd ;
- le retard de fermeture des fontanelles et des sutures.
Au niveau du thorax :
- le chapelet costal : hypertrophie des cartilages de la
jonction chondro- costale palpable sous forme de
renflements de part et d’autre du sternum ;
- les déformations thoraciques liées à la mollesse des arcs
costaux et à l’hypertrophie musculaire : striction sous
mammaire avec évasement à la base.
Au niveau des membres :
- le classique bourrelet épiphysaire : renflement de
l’épiphyse des os longs visibles surtout au niveau des
poignets et des chevilles ;
- les déformations des membres inférieurs ou de la
hanche.
2- Signes cliniques associés :
- Hypertrophie musculaire presque toujours constante ;
- Retard d’apparition des dents ;
- Infections respiratoires fréquentes ;
- Anémies hypochromes.
3- Signes radiologiques :
Au niveau des membres :
- déformation en cupule des métaphyses avec aspect flou
- retard de maturation des points d’ossification ;
- hyperclarté, dédoublement périosté ou incurvation
anormale au niveau des diaphyses.
Au niveau du thorax :
- classique « bouchon de champagne » : chapelet costal
- poumon rachitique avec grisaille et opacités péri-
hilaires et emphysème des sommets des 2 champs.
4- Signes biologiques :
- calcémie : normale ou diminuée ;
- phosphorémie : normale ou basse ;
- phosphatases alcalines : constamment augmentées ;
- calciurie : toujours très basse.
II- Evolution ___________________________________
________________:
- spontanée : guérison possible avec séquelles comme
déformation du rachis ou des membres ;
- traitée : déminéralisation osseuses relativement lente et
guérison progressive des signes cliniques.
III- Traitement __________________________________
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Préventif :
Administration systématique de la vit D à tous les nourrissons
dès les premières semaines de vie et ce jusqu’à 18 mois ou 2
ans :
- Soit 1000 ou 1200 UI/j per os
- Soit 200000UI (5mg) tous les 4 à 5 mois
Curatif :
- Vit D : soit 600000 UI per os ou IM ; soit apport
quotidien de 2000 à 5000 UI pendant plusieurs mois
- Régime riche en calcium ou supplémentation
médicamenteuse.
OREILLONS
INTRODUCTION
Les oreillons sont une maladie virale aigue contagieuse
atteignant essentiellement l’enfant. En général bénin, c’est
une affection qui peut entraîner des complications graves dans
ses localisations testiculaire, méningée et pancréatique. Elle
confère une immunité solide et durable, voire définitive.
I- EPIDEMIOLOGIE______________________________
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Elle est due au virus ourlien qui appartient à la famille des
paramyxovirus. La contamination se fait par les gouttelettes de
salive provenant des sujets infectés.
La phase de contagiosité est de 3 à 6 jours avant l’apparition
des signes et 8 à 9 jours après.
II- DIAGNOSTIC
POSITIF_____________________________________
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Il est avant tout clinique :
- fièvre modérée
- céphalées
- otalgie unilatérale susceptible de se majorer à la
déglutition
- douleur à la pression des parotides
- tuméfaction parotidienne, d’abord unilatéral puis
bilatéral.
III- EVOLUTION_________________________________
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En général favorable.
Il existe de rares complications :
- méningite
- orchite ou ovarite avec risque de stérilité
- pancréatite.
IV- TRAITEMENT________________________________
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CURATIF
Il est symptomatique à base d’antalgique, anti-inflammatoire
et antipyrétique.
Exemple : l’aspirine.
PREVENTIF
Vaccination : ROR (rougeole, oreillons, rubéole), administré à
partir de 12 mois.