Alan Turing
mathématicien et cryptologue
britannique
Pour les articles homonymes, voir
Turing.
Alan Turing
Alan Turing à l'âge de 16
ans.
Naissance23 juin 1912
Maida Vale,
Londres
(Royaume-Uni
Décès 7 juin 1954
(à 41 ans)
Wilmslow,
Cheshire
(Royaume-Uni
Domicile Wilmslow,
Cheshire,
Angleterre
Nationalité Britannique
Domaines Informatique
Mathématiques
Logique,
Cryptanalyse
InstitutionsUniversité de
Manchester
National
Physical
Laboratory
Université de
Cambridge
Diplôme Université de
Manchester
Université de
Princeton
Renommé Problème de
pour l'arrêt
Machine de
Turing
Cryptanalyse
d'Enigma
ACE
Prix Turing
Test de Turing
Distinctions
Officier de
l'ordre de
l'Empire
britannique
Membre de la
Royal Society
Signature
Alan Turing vers 1938.
Alan Mathison Turing, né le 23 juin 1912
à Londres et mort le 7 juin 1954 à
Wilmslow, est un mathématicien et
cryptologue britannique, auteur de
travaux qui fondent scientifiquement
l'informatique.
Pour résoudre le problème fondamental
de la décidabilité en arithmétique, il
présente en 1936 une expérience de
pensée que l'on nommera ensuite
machine de Turing et des concepts de
programme et de programmation, qui
prendront tout leur sens avec la diffusion
des ordinateurs, dans la seconde moitié
e
du siècle. Son modèle a contribué à
établir la thèse de Church, qui définit le
concept mathématique intuitif de
fonction calculable.
Durant la Seconde Guerre mondiale, il
joue un rôle majeur dans la cryptanalyse
de la machine Enigma utilisée par les
armées allemandes. Ce travail secret ne
sera connu du public que dans les
années 1970. Après la guerre, il travaille
sur un des tout premiers ordinateurs,
puis contribue au débat sur la possibilité
de l'intelligence artificielle, en proposant
le test de Turing. Vers la fin de sa vie, il
s'intéresse à des modèles de
morphogenèse du vivant conduisant aux
« structures de Turing ».
Poursuivi en justice en 1952 pour
homosexualité, il choisit pour éviter la
prison la castration chimique par prise
d'œstrogènes. Il est retrouvé mort par
empoisonnement au cyanure le 7 juin
1954 dans la chambre de sa maison à
Wilmslow. La reine Élisabeth II le
reconnaît comme héros de guerre et le
gracie à titre posthume en 2013.
Biographie
Enfance et jeunesse
Alan Turing est né à Maida Vale (quartier
de Londres) du fonctionnaire
d'administration coloniale Julius
Mathison Turing (9/11/1873 --
3/8/1947[1]) et de sa femme Ethel Sarah
Turing (née Stoney le 18 novembre 1881
à Coimbatore et morte le 06 mars
1976[2], fille d'un ingénieur en chef à la
Compagnie Madras Railway [3]).
(en) À partir
de l'âge d'un an, le jeune Alan est élevé
en Grande-Bretagne par des amis de la
famille Turing, car sa mère a rejoint son
père qui était en fonction dans l’Indian
Civil Service. Ils reviennent au Royaume-
Uni à la retraite de Julius en 1926. Très
tôt, le jeune Turing montre les signes de
son génie. On relate qu'il apprit seul à lire
en trois semaines[4]. De même, il montra
une affinité précoce pour les chiffres et
les énigmes.
Ses parents l'inscrivent à l'école St.
Michael's à l'âge de six ans. La directrice
reconnaît rapidement son talent, comme
beaucoup de ses professeurs au cours
de ses études au Marlborough College,
sans que cela n'ait guère d'influence sur
sa carrière scolaire. À Marlborough,
l'enfant solitaire et introverti est
confronté pour la première fois à des
camarades plus âgés que lui et devient
l'une de leurs têtes de turc. À 13 ans, il
rejoint la Sherborne School. Son premier
jour de classe ne passe pas inaperçu, la
presse locale en rendant même compte:
le jour de la rentrée est celui de la grève
générale de 1926, mais le jeune Turing,
décidé envers et contre tout à faire sa
rentrée, parcourt pour ce faire seul à
bicyclette les 90 km qui séparent son
domicile de son école, s'arrêtant même
pour la nuit dans un hôtel[5].
Le penchant de Turing pour les sciences
ne lui apporte le respect ni de ses
professeurs, ni des membres de
l'administration de Sherborne, dont la
définition de la formation mettait plus en
valeur les disciplines classiques
(littérature, art, culture physique) que les
sciences. Malgré cela, Turing continue de
faire des prouesses dans les matières
qu'il aime, résolvant des problèmes très
ardus pour son âge. En 1928, il découvre
les travaux d'Albert Einstein et comprend,
alors qu'il a à peine 16 ans, qu'ils
remettent en cause les axiomes d'Euclide
et les lois de la mécanique céleste de
Galilée et Newton, à partir d'un texte de
vulgarisation où ses conséquences ne
sont pas indiquées explicitement[6].
À la Sherborne School, Turing se lie en
1927 d'une grande amitié avec son
camarade Christopher Morcom,
passionné de sciences et de
mathématiques comme lui. Quand
Morcom meurt en février 1930 des
complications de la tuberculose bovine
contractée après avoir bu du lait de
vache infecté, Turing, bien que
matérialiste et athée, n'admet pas la
disparition complète d'un esprit aussi
brillant. Persuadé que l'esprit de Morcom
continue à exister, il décide d'incarner le
destin scientifique qu'aurait dû avoir
Morcom[7].
Études supérieures et travaux sur la
calculabilité
La salle informatique du King's College, à
Cambridge, porte désormais le nom de Turing.
Sa préférence pour les matières
scientifiques fait échouer Turing à
plusieurs reprises à ses examens, faute
d'effort dans les matières classiques. Il
n'est admis qu'au King's College de
l'université de Cambridge, alors qu'il avait
demandé Trinity College en premier
choix. Il étudie de 1931 à 1934 sous la
direction de Godfrey Harold Hardy,
mathématicien alors titulaire de la chaire
sadleirienne puis responsable du centre
de recherches et d'études en
mathématiques. Il suit également les
cours d'Arthur Eddington et, la dernière
année, de Max Newman qui l'initie à la
logique mathématique. En 1935, Turing
est élu fellow du King's College,
l'équivalent d'une bourse de thèse, grâce
à sa démonstration du théorème central
limite[8].
En 1928, l'Allemand David Hilbert énonce
le problème de la décision — connu sous
le nom allemand
d'« Entscheidungsproblem ». Pour cela il
se place dans les théories axiomatiques
et demande s'il est possible de trouver
une méthode « effectivement
calculable » pour décider si une
proposition est démontrable. Pour
résoudre ce problème, il faut caractériser
ce qu'est un procédé effectivement
calculable[9]. C'est ce que fait Turing
dans son remarquable article de 1936,
« On Computable Numbers, with an
Application to the
Entscheidungsproblem »[10],[11], en
imaginant, non une machine matérielle,
mais un « être calculant », qui peut être
indifféremment un appareil logique très
simple ou un humain bien discipliné
appliquant des règles — comme le
faisaient les employés des bureaux de
calcul ou les artilleurs à l'époque. Dans le
cours de son raisonnement, il démontre
que le problème de l'arrêt d’une machine
de Turing ne peut être résolu par
algorithme : il n’est pas possible de
décider avec un algorithme (c’est-à-dire
avec une machine de Turing) si une
machine de Turing donnée s’arrêtera.
Bien que sa preuve ait été publiée après
celle d'Alonzo Church, le travail de Turing
est plus accessible et intuitif[12]. Il est
aussi complètement nouveau dans sa
présentation du concept de « machine
universelle » (de Turing), avec l'idée
qu'une telle machine puisse accomplir
les tâches de n'importe quelle autre
machine. L'article présente également la
notion de nombre réel calculable. Il
déduit de l'indécidabilité du problème de
l'arrêt que l'on peut définir des nombres
réels qui ne sont pas calculables. Il
introduit les concepts de programme et
de programmation[a],[b].
Turing passe la plus grande partie de
1937 et de 1938 à travailler sur divers
sujets à l'université de Princeton, sous la
direction du logicien Alonzo Church qui a
déjà encadré les travaux de Stephen
Kleene sur la récursivité et de John
Rosser sur le lambda-calcul. Il obtient en
mai 1938 son Ph. D.[15] de l'université de
Princeton ; son manuscrit présente la
notion d'hypercalcul, où les machines de
Turing sont complétées par ce qu'il
appelle des oracles[c], autorisant ainsi
l'étude de problèmes qui ne peuvent pas
être résolus de manière algorithmique.
Church emploie pour la première fois
l'expression « machine de Turing » dans
le compte rendu de la thèse de son élève
dans le Journal of Symbolic Logic.
Turing obtient des résultats importants
sur le lambda-calcul, notamment en
montrant son équivalence avec son
propre modèle de calculabilité[16], en
inventant le combinateur de point-fixe qui
porte son nom[17] et en proposant la
première démonstration de la
normalisation du lambda calcul typé[18].
De retour à Cambridge en 1939, il assiste
à des cours publics de Ludwig
Wittgenstein sur les fondements des
mathématiques. Tous deux discutent
avec véhémence et constatent leur
désaccord, Turing défendant le
formalisme alors que Wittgenstein pense
que les mathématiques sont surestimées
et qu'elles ne permettent pas de
découvrir une quelconque vérité absolue.
Cryptanalyse
Réplique de la Bombe.
Selon plusieurs historiens, le travail de
Turing pour déchiffrer le code des
transmissions allemandes permit de
raccourcir la Seconde Guerre mondiale
de deux ans[19].
Fin 1938, après les accords de Munich, la
Grande-Bretagne réalise le danger du
nazisme, et développe ses armements.
Turing fait partie des jeunes cerveaux
appelés à suivre des cours de chiffre et
de cryptanalyse à la Government Code
and Cypher School (GC&CS). Juste avant
la déclaration de guerre, il rejoint le
centre secret de la GC&CS à Bletchley
Park. Il y est affecté aux équipes
chargées du déchiffrage de la machine
Enigma utilisées par les forces armées
allemandes. Ce travail profite initialement
des percées effectuées par les services
secrets polonais du Biuro Szyfrów[20] et
du renseignement français au PC Bruno,
que Turing visite entre décembre 1939 et
les premiers mois de 1940 et d'où il
rapporte des copies des feuilles de
Zygalski. Mais, en mai 1940, les
Allemands perfectionnent leur système
cryptographique. Turing participe aux
recherches qui permettent de pénétrer
les réseaux de l'armée de terre et de
l'aviation. Il conçoit des méthodes
mathématiques et des versions
améliorées de la « Bombe » polonaise,
machine électromécanique permettant
d'essayer rapidement des ensembles de
clés potentielles sur des blocs de
communication d'Enigma. Une fois
l'affaire lancée, Turing prend la tête de
l'équipe chargée de trouver les clés bien
plus hermétiques des réseaux de
l'Enigma navale. Ces percées décisives
redonnent à la Grande-Bretagne un
avantage temporaire dans les batailles
d'Angleterre, de Libye et de l'Atlantique.
Jusqu'au milieu des années 1970, seuls
quelques anciens cryptanalystes
français[21] et polonais[22] avaient publié
quelques informations sur la lutte contre
Enigma dans leurs pays respectifs ; les
capacités de décryptage de Bletchley
Park et l'opération Ultra restaient un
secret militaire absolu en Grande-
Bretagne. Puis les autorités britanniques
déclassifièrent progressivement les
techniques de décryptage d'Enigma
jusqu'à 2000.
Codage de la voix
Turing part en 1943 pour les États-Unis,
en mission de liaison avec les
cryptanalystes américains. Il y découvre
les progrès des technologies
électroniques et conçoit une machine à
coder la voix, ayant pour nom de code
« Delilah »[23]. Il contribue à de
nombreuses autres recherches
mathématiques, comme celles que
menait William Tutte qui aboutira à
casser le code généré par le téléscripteur
de Fish construit par Lorenz et Siemens
en partenariat. Cette nouvelle machine
allemande, réservée au chiffrement des
communications d'états-majors, est très
différente du système Enigma et résiste
longtemps aux attaques des
cryptanalystes alliés. Ceux-ci parviennent
finalement à percer les codes Fish, grâce
à de nouvelles méthodes mathématiques
et à de nouvelles machines, Heath
Robinson puis Colossus. Cette machine,
le premier grand calculateur électronique
de l'histoire, fut conçue par Max Newman
et construite au laboratoire de recherche
des Postes de Dollis Hill par une équipe
dirigée par Thomas Flowers en 1943.
Contrairement à une légende, Turing n'a
nullement participé à la conception de
Colossus. Mais il l'a vu fonctionner, ce
qui a certainement contribué à orienter
Turing vers la conception d'un ordinateur
après la guerre.
Cryptanalyse d'Enigma
Articles détaillés : Cryptanalyse d'Enigma
et Bletchley Park.
À partir de septembre 1938, Turing
travaille à temps partiel pour la
Government Code and Cypher School
(GC&CS). Avec le concours d'un expert
en cassage de codes, Dilly Knox, il se
concentre sur la cryptanalyse d'Enigma.
Peu après une rencontre à Varsovie
(juillet 1939) où le bureau polonais du
chiffre explique aux Français et aux
Britanniques le câblage détaillé des
rotors d'Enigma et la méthode polonaise
de décryptage des messages associés,
Turing et Knox se mettent au travail sur
une approche moins spécifique du
problème. En effet, la méthode polonaise
était fondée sur le décryptage de la clef
répétée au début du message, mais cette
répétition était susceptible d'être
supprimée, car trop vulnérable, ce qui
arriva en mai 1940. Tenus à l'écart de
Bletchley Park, les cryptanalystes
polonais réfugiés en Grande-Bretagne
seront affectés au décryptage de codes
mineurs, tandis que les services secrets
français continueront à transmettre
clandestinement des informations aux
Alliés.
Plus générale, l'approche de Turing
transforme la cryptanalyse, de technique
élaborée qu'elle était depuis longtemps,
en une branche des mathématiques. Il ne
s'agit plus de deviner un réglage choisi
parmi 159 milliards de milliards de
réglages disponibles, mais de mettre en
œuvre une logique fondée sur la
connaissance du fonctionnement interne
de la machine Enigma et d'exploiter les
imprudences des chiffreurs allemands,
afin de déduire le réglage de toutes les
machines Enigma d'un réseau particulier
pour la journée : disposition initiale des
rotors (parmi 80 dispositions initiales
disponibles), réglage initial des rotors
(parmi 336 réglages initiaux disponibles),
permutations des fiches du tableau de
connexions (parmi 17 500 enfichages
disponibles), etc. C'est alors que Turing
rédige la première spécification
fonctionnelle d'une nouvelle « bombe »,
machine électromécanique capable
d'abattre quotidiennement le travail de
dix mille personnes.
La spécification de cette « bombe » est le
premier des cinq progrès majeurs dus à
Turing pendant la durée de la guerre. Les
autres sont : la procédure d'identification
par déduction de la clef quotidienne des
différents réseaux de la Kriegsmarine ; le
développement d'une procédure
statistique d'amélioration de l'efficacité
des bombes (Banburismus ) ; le
(en)
développement d'une procédure
(« Turingerie ») de déduction des
réglages des roues de la machine Lorenz
SZ 40/42 ; enfin, vers la fin de la guerre,
le développement d'un brouilleur de
radiophonie.
Turing et Knox mènent leurs travaux à
Bletchley Park, principal site du
décryptage du Royaume-Uni, le
Government Code and Cypher School
(GC&CS). Durant le printemps 1941, Alan
se rapproche de Joan Clarke, une des
rares femmes cryptologues à Bletchley
Park. Malgré un amour platonique qui ne
dépasse jamais l'amitié, il se fiance avec
elle car par devoir social, les parents de
Clarke lui demandent de se marier.
Turing rompt les fiançailles durant l'été
après lui avoir révélé son homosexualité.
Malgré cela, leurs relations restent
excellentes[24].
En utilisant certaines techniques
statistiques en vue d'optimiser l'essai des
différentes possibilités du processus de
décryptage, Turing apporte une
contribution novatrice. Deux documents
qu'il rédige alors (un Rapport sur les
applications de la probabilité à la
cryptographie et un Document sur la
statistique des répétitions) ne seront
déclassés et remis aux National Archives
du Royaume-Uni qu'en avril 2012.
La bombe de Turing, Welchman et
Pendered
Quelques semaines à peine après son
arrivée à Bletchley Park, Turing rédige les
spécifications d'une machine
électromécanique plus efficace que la
bomba polonaise. La capacité de la
bombe de Turing est doublée, grâce à un
autre mathématicien de Cambridge,
Gordon Welchman. Encore améliorée par
un espoir de Cambridge, Richard
Pendered, la bombe, une fois fabriquée
par les ingénieurs de la British Tabulating
Company, est alors l'outil fondamental le
plus automatisé capable de décrypter les
messages chiffrés par Enigma.
Au moyen d'un fragment probable de
texte en clair, la bombe recherche les
réglages corrects possibles utilisés pour
24 heures par chaque réseau allemand
(ordre des rotors, réglages des rotors et
enfichage du tableau de connexions).
Pour chaque réglage possible des rotors,
la bombe effectue électriquement une
chaîne de déductions logiques fondées
sur les mots probables. À chaque
occurrence d'une contradiction, la bombe
écarte ce réglage et passe au suivant. La
plupart des réglages essayés provoquent
des contradictions, ils sont alors rejetés
et ceux qui restent, peu nombreux, sont
alors examinés de près.
Pendant presque toute la durée de la
guerre, ce procédé permet de déchiffrer
une grande partie des messages Enigma
de la Luftwaffe dont les chiffreurs
multiplient les négligences. Comme
l'aviation coopère étroitement avec les
deux autres armées (mer et terre), la
GC&CS obtient par ce biais des
renseignements sur l'ensemble des
activités de la Wehrmacht. Cependant,
l'interprétation des messages une fois
déchiffrés pose souvent de tels
problèmes à l'état-major qu'ils ne peuvent
être qu'en partie exploités. Ce sera le cas
du plan d'invasion de la Crète[25].
La Hut 8 et l'Enigma navale
Affecté à la Hut 8 (bâtiment préfabriqué
no 8), Turing décide de traiter un
problème autrement difficile, la
cryptanalyse d'Enigma navale : « parce
que personne d'autre ne s'en occupait et
que je pouvais l'avoir pour moi tout
seul ». La même nuit, il conçoit le
Banburismus , technique statistique
(en)
appelée plus tard analyse séquentielle
par Abraham Wald, dans l'espoir de
percer l'Enigma navale : « pourtant je
n'étais pas sûr que cela marcherait en
pratique ». Dans cette idée, il invente une
mesure de poids de la preuve qu'il
baptise le « Ban ». Les Banburismes
peuvent écarter certaines séquences des
rotors Enigma, c'est un gain de temps
important. Cependant, les chiffreurs de la
Kriegsmarine, en particulier les sous-
mariniers, appliquent sans failles toutes
les consignes de sécurité. Les messages
de l'Enigma navale ne sont décryptés que
pendant les périodes couvertes par les
manuels ou grâce aux feuilles de
bigrammes capturés par les Alliés.
En novembre 1942, Turing se rend aux
États-Unis où, avec des cryptanalystes de
l'US Navy, il travaille sur l'Enigma navale
et à la conception de « bombes ». À
Dayton (Ohio), il visite l'United States
Naval Computing Machine Laboratory.
Les « bombes » à l'américaine n'éveillent
pas son enthousiasme. Pourtant, c'est
l'extraordinaire puissance de la
combinaison des centaines de
« bombes » construites grâce aux
moyens de l'industrie américaine qui,
finalement, permet de percer à nouveau
les secrets d'Enigma, spécialement ceux
de la Kriegsmarine et des U-Boot. À partir
de la fin 1943, les sous-marins allemands
auront été pour l'essentiel soit détruits,
soit chassés de l'Atlantique-Nord par la
puissance des marines de guerre alliée,
combinant les renseignements d'origine
Ultra, les reconnaissances aéronavales,
la détection par radar, par écho-sondeur
ASDIC, la localisation par
radiogoniométrie, et bien entendu grâce
au nombre des navires engagés et à
l'endurance des marins.
En mars 1943, Turing revient à Bletchley
Park. En son absence, son adjoint Hugh
Alexander avait officiellement pris la
fonction de directeur de la Hut 8, qu'il
avait de fait toujours exercée, Turing
n'ayant pas d'intérêt pour la direction.
Turing devient consultant en
cryptanalyse au profit de l'ensemble de la
GC&CS. À propos du rôle de Turing,
Alexander dit :
« Il n'est pas permis de douter
que les travaux de Turing
fussent le facteur le plus
important du succès de la Hut
8. Au départ, il fut le seul
cryptographe à penser que le
problème valait d'être abordé
et non seulement lui revient le
mérite de l'essentiel du tr avail
théorique de la Hut 8, mais
encore il partage avec Gordon
Welchman et Harold Keen le
mérite de l'invention de la
bombe électromécanique . Il est
toujours difficile de dire que tel
ou tel est absolument
indispensable, mais si
quelqu'un fut indispensable à
la Hut 8, ce fut Turing. Le
travail de pionnier tend
toujours à être oublié quand
par la suite tout paraît plus
facile, sous l'effet de
l'expérience et de la routine. »
Travail sur les premiers ordinateurs
En 1945, pendant son séjour à
Ebermannstadt, les deux bombes
atomiques américaines sont lâchées sur
le Japon (voir l'article sur ces deux
bombardements) et il n’en est pas
surpris : il connaissait, depuis son voyage
secret aux États-Unis de 1942-1943,
l'existence du projet à Los Alamos dans
des proportions non encore élucidées[26].
De 1945 à 1947, il travaille au National
Physical Laboratory, situé à Teddington
au Royaume-Uni. Fin 1945, après avoir lu
le rapport von Neumann qui décrit la
structure générale d'un ordinateur et
discute des méthodes de
programmation, Turing rédige ce qui est
sans doute le premier projet détaillé d'un
ordinateur : l'ACE (Automatic Computing
Engine). Toutefois, il ne parvient pas à
s'entendre avec les ingénieurs
électroniciens du NPL chargés de
construire cette machine, qui soulèvent
des objections techniques et préfèrent
commencer par un prototype plus
modeste. Le projet rencontre d'ailleurs
des obstacles administratifs et
budgétaires. Turing, trop individualiste
pour être un organisateur ou un grand
négociateur, préfère partir en 1947 suivre
des cours de biologie à Cambridge. À la
rentrée 1948, il est appelé par Max
Newman, son ancien professeur de
logique à Cambridge et collègue à
Bletchley Park, à l'université de
Manchester où Max Newman, inspiré lui
aussi par le rapport von Neumann, dirige
le développement de l'un des tout
premiers véritables ordinateurs :
Manchester Mark I, industrialisé ensuite
par la firme Ferranti. Turing devient
directeur adjoint du laboratoire de calcul
de l'université de Manchester (titre sans
grande signification), et travaille à la
programmation de l'ordinateur.
Lors de la conférence marquant
l'inauguration de l'ordinateur EDSAC, à
Cambridge, il présente une méthode de
preuves de correction de programmes
fondée sur des assertions[27] qui
préfigure la méthode connue sous le
nom de « méthode de Floyd-Hoare ».
Sportif accompli, en 1948, Turing termine
quatrième au marathon de l'Association
des athlètes amateurs (AAA Marathon,
dont les meilleurs coureurs sont
généralement qualifiés pour les Jeux
olympiques) en 2 h 46 min 3 s, un très
bon temps. Blessé à une jambe, Turing
cessera de courir sérieusement à partir
de 1950[d].
Vers l'intelligence artificielle : le test
de Turing
Turing continue parallèlement ses
réflexions fondamentales réunissant la
science et la philosophie. Dans l'article
« Computing Machinery and
Intelligence » (Mind, octobre 1950),
Turing explore le problème de
l'intelligence artificielle et propose une
expérience maintenant connue sous le
nom de test de Turing, où il tente de
définir une épreuve permettant de
qualifier une machine de « consciente » ;
Turing fait le « pari que d'ici cinquante
ans, il n'y aura plus moyen de distinguer
les réponses données par un homme ou
un ordinateur, et ce sur n'importe quel
sujet[28]. »
En mai 1952, Turing écrit un programme
de jeu d'échecs. Ne disposant pas d'un
ordinateur assez puissant pour l'exécuter,
il simule les calculs de la machine,
mettant environ une demi-heure pour
effectuer chaque coup. Une partie est
enregistrée, où le programme perd contre
un collègue de Turing.
Le programme de Joe Weizenbaum,
ELIZA, écrit en 1966 et qui ne prend pas
plus de trois pages de langage SNOBOL,
sera le premier à donner l'illusion
pendant quelques minutes de satisfaire
au test de Turing[e].
Morphogenèse
En 1952, Turing s'est intéressé à une
autre branche des mathématiques :
l'analyse, et, à partir de l'équation de
réaction-diffusion, a élaboré un modèle
biomathématique de la morphogenèse,
tant chez l'animal que chez le végétal. Il
fait paraître un article, « The Chemical
Basis of Morphogenesis » (Philosophical
Transactions of the Royal Society , août
1952), où il propose trois modèles de
formes (Turing patterns). Dans les
années 1990, des expériences de chimie
viendront confirmer expérimentalement
les modèles théoriques de Turing.
Condamnation
Plaque commémorative au pied de sa maison.
De Cambridge à Bletchley Park, Turing ne
faisait aucun mystère de son orientation
sexuelle ; ouvertement homosexuel, il ne
cachait pas ses aventures. Il était
d'ailleurs loin d'être le seul[30],[31]. En
1952, sa maison de Manchester est
cambriolée. Turing porte plainte. Arrêté,
le cambrioleur dénonce le complice qui
lui avait indiqué l'affaire, un ex-amant
occasionnel de Turing. Celui-ci ne nie pas
cette ancienne relation. Tous deux sont
inculpés d'« indécence manifeste et de
perversion sexuelle » d'après la Criminal
Law Amendment Act (1885)[32].
Quelques années plus tôt, ce n'aurait été
qu'un fait divers. Mais, au début des
années 1950, une affaire retentissante
d'espionnage scientifique au profit de
l'Union soviétique où sont impliqués des
intellectuels anglais homosexuels
surnommés les Cinq de Cambridge a
rendu les services de contre-espionnage
britanniques et américains sensibles à
un profil comme celui de Turing[33].
Le procès est médiatisé. Hugh Alexander
fait de son confrère un brillant portrait,
mais il est empêché de citer ses titres de
guerre par le Secret Act. Turing est mis
en demeure de choisir : incarcération ou
castration chimique réduisant sa
libido[34]. Il choisit le traitement, d'une
durée d'un an, avec des effets
secondaires temporaires (le coureur à
pied svelte qu'il était devient gros,
impuissant, ses seins grossissent
comme ceux d'une femme), et surtout
des effets psychiques profondément
démoralisants[35]. Alors qu'il a été
consacré, en 1951, en devenant membre
de la Royal Society, à partir de 1952 il est
écarté des plus grands projets
scientifiques. Toutefois, en avril 1953, la
« cure » se termine, ses effets
s'estompent et Turing recommence à
faire des projets de recherche, de
voyages en France et en Méditerranée[36].
Mort
Le 8 juin 1954, Turing est retrouvé mort
dans son lit, avec une pomme croquée
sur sa table de nuit. L'autopsie conclut à
un suicide par empoisonnement au
cyanure, même si sa mère tenta d'écarter
cette thèse. Le moyen d'ingestion du
poison aurait été cette pomme qu'il
aurait partiellement mangée (une
légende tenace et démentie y voit
l'origine du logo de la firme Apple[37],[38]),
et qui aurait été préalablement imbibée
de cyanure ; il n'existe pas de certitude à
cet égard, la pomme n'ayant pas été
analysée[39],[40].
Le biographe de Turing, Andrew Hodges,
a émis l'hypothèse que Turing aurait
choisi ce mode d'ingestion précisément
afin de laisser à sa mère la possibilité de
croire à un accident[41], sachant que les
pépins de pomme contiennent
naturellement du cyanure mais en
quantité trop faible cependant pour avoir
un effet toxique. Certains ont remarqué
le lien entre sa méthode présumée de
suicide et le film Blanche-Neige et les
Sept Nains, dont il avait particulièrement
apprécié la scène où la sorcière
empoisonne la pomme, au point de
chantonner régulièrement les vers
prononcés par celle-ci : « Plongeons la
pomme dans le chaudron, pour qu'elle
s'imprègne de poison[40],[42] ».
Toutefois, Jack Copeland, spécialiste de
Turing, estime que la mort de celui-ci est
accidentelle. Il avance les arguments
suivants : Turing ne montrait aucun signe
de dépression et, peu avant sa mort,
avait noté des projets par écrit ; il avait
l'habitude de faire des expériences
chimiques et détenait du cyanure à cette
fin ; il lui arrivait d'être imprudent dans
ces expériences, goûtant par exemple
des produits pour les identifier. Il aurait
pu également inhaler accidentellement
une solution cyanurée qu'il utilisait pour
dissoudre de l'or ; c'est de cette façon
que, pour Copeland, il aurait ingéré ou
inhalé une dose mortelle de cyanure[43].
Œuvres
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(en)
Jack Copeland, contient toute son
œuvre publiée ou non publiée mais
accessible en ligne.
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calculables. Copie dactylographiée du
premier brouillon réalisée par Madame
Turing pour les Comptes rendus de
l'Académie des sciences « Lire en
ligne » .
Postérité
Le caractère secret de sa contribution à
la Seconde guerre mondiale, le peu
d'intérêt public pour les questions
d'histoire de l'informatique jusqu'à la
diffusion des ordinateurs personnels, sa
condamnation et sa mort prématurée
expliquent l'oubli dans lequel est un
temps tombée la figure d'Alan Turing. La
première biographie qui lui est
consacrée, Alan Turing : the enigma
d'Andrew Hodges, n'apparaît qu'en 1983.
Dans les années 2000, on aime à trouver
en Grande-Bretagne un précurseur local
de l'informatique plus récent que Charles
Babbage ou Ada Lovelace, tandis que
l'effort du mouvement LGBT parvient à
faire annuler les lois et dans une certaine
mesure lever les préjugés sur
l'homosexualité. Le secret des
opérations de la guerre est levé après 50
ans. Des plaques commémoratives,
statues, timbres à son effigie honorent la
mémoire d'Alan Turing, principalement en
raison de son rôle dans la cryptanalyse.
Amnistie
En 2009, une pétition, émise à l'initiative
de l'informaticien John Graham-
Cumming, est envoyée au Premier
ministre Gordon Brown : « Nous
soussignés demandons au Premier
ministre de s'excuser pour les poursuites
engagées contre Alan Turing qui ont
abouti à sa mort prématurée[44]. » En
septembre 2009, celui-ci a présenté des
regrets au nom du gouvernement
britannique[45]. Cependant, le ministre de
la Justice Tom McNally (en) exprime en
février 2012 son refus de revenir sur la
condamnation. Celle-ci, bien que
paraissant aujourd'hui « cruelle et
absurde », a été rendue en fonction des
lois de son temps. « Une réhabilitation
posthume n'a pas été jugée appropriée
car Alan Turing a été justement reconnu
coupable de ce qui était, à l'époque, une
infraction pénale[46],[47]. » En
décembre 2012, un groupe de onze
scientifiques britanniques, dont le
physicien Stephen Hawking, appelle le
Gouvernement britannique à annuler sa
condamnation, à titre posthume[48],[49].
Le 24 décembre 2013, la reine Élisabeth
II signe un acte royal de clémence, sur
proposition du secrétaire d'État à la
Justice Chris Grayling qui déclare que
c'était une condamnation « que nous
considérerions aujourd'hui comme
injuste et discriminatoire[49] ». C'est la
quatrième fois depuis 1945 que la
prérogative royale de grâce
s'exerce[50],[51].
La réflexion sur le cas de Turing est à
l'origine de la promulgation de la loi Alan
Turing au Royaume-Uni, partie de la
révision de la loi pénale Policing and
Crime Bill 2017 .
(en)
Hommages
Mémorial Alan Turing, Sackville Park, Manchester,
inauguré en 2001.
Article détaillé : Prix Turing.
Depuis 1966, l’Association for Computing
Machinery décerne annuellement le prix
Turing (« Turing Award ») à des
personnes ayant apporté une
« contribution majeure d'importance
durable » au domaine de la recherche
informatique[52]. Cette récompense est
souvent considérée comme l'équivalent
du prix Nobel pour l'informatique[53]. Le
récipiendaire est invité à donner une
conférence que l'on appelle la conférence
du prix Turing (« Turing Award lecture »).
La British computer society (en) et
l'Institution of Engineering and
Technology (en) ont appelé Turing
Lecture (en) la leçon publique qu'ils
demandent à une personnalité de renom,
dans divers lieux prestigieux de Grande
Bretagne.
En février 2011, au terme d'une vente aux
enchères, des documents rédigés par
Turing durant la Seconde Guerre
mondiale sont acquis par le musée de
Bletchley Park avec l'aide du National
Heritage Memorial Fund afin d'éviter leur
départ à l'étranger[54].
Plusieurs villes ont décidé de nommer
une rue, une place, un parvis, une allée ou
un équipement public en son honneur,
par exemple Manchester et Guildford au
Royaume-Uni. Pour la France on en
trouve à Clermont-Ferrand, Paris (vote fin
2016, près de la Station F incubateur
dédié aux technologies numériques,
Paris 13e), Saint-Fargeau-Ponthierry,
Aubière et Anzin[55]. De nombreuses
universités ou départements
d'informatique ont un amphithéâtre ou
une salle Turing[f].
Le 15 juillet 2019, Alan Turing est
désigné par la Banque d'Angleterre pour
figurer sur les prochains billets de
banque anglais de 50£ valables dès
2022[56]. Il est ainsi la première
personnalité de la communauté LGBT à
figurer sur un papier-monnaie[57]. Le futur
billet affichera de nombreux éléments
évoquant sa carrière, notamment une
ligne en code binaire. Celle-ci, convertie
en valeurs décimales[58], donne
23061912, c'est-à-dire un codage de la
date de naissance de Turing, à savoir le
23 juin 1912[59].
Salvatore Adamo lui rend hommage dans
sa chanson de 2012 Alan et la pomme[60].
Œuvres de fiction
La vie d'Alan Turing a inspiré de
nombreuses œuvres de fiction.
Littérature
1995 : Robert Harris, Enigma, Pocket,
1997. Thriller inspiré de la biographie
du mathématicien.
2009 : David Lagercrantz, Indécence
manifeste, Actes Sud, 2016. Roman sur
la vie de Turing.
2015 : Laurent Alexandre et David
Angevin, L'Homme qui en savait trop.
Roman de science-fiction sur la vie de
Turing, Robert Laffont.
2015 : Éric Liberge et Arnaud
Delalande, Le Cas Alan Turing : Histoire
extraordinaire et tragique d'un génie,
Les Arènes BD.
2019 : Jacques Marchand, La joie
discrète d'Alan Turing, Québec
Amérique, Montréal, roman de 432
pages sur la vie de Turing.
Théâtre
1986 : Hugh Whitemore, Breaking the
Code , adaptation de la biographie de
(en)
Andrew Hodges. La pièce est montée à
Londres, puis à Broadway[61]. Adapté
pour la télévision en 1996, réalisé par
Herbert Wise.
1999 Jean-François Peyret, Turing-
Machine, spectacle conçu et mis en
scène par Jean-François Peyret, à la
Maison de la culture de Bobigny, avril
1999.
2018 : La Machine de Turing, de Benoit
Solès, au théâtre Michel à Paris.
Cinéma
2011 : The Turing Enigma, film
britannique réalisé par Pete Wild
2014 : Imitation Game (The Imitation
Game), film américano-britannique
réalisé par Morten Tyldum, adaptation
de la biographie d'Andrew Hodges,
avec Benedict Cumberbatch dans le
rôle de Turing
2016 : L'enigma di Turing, film italien
réalisé par Orfeo Orlando
Un manuscrit de 1942 vendu aux
enchères
Le lancement de plusieurs
documentaires et films de fiction ayant
attiré l'attention sur la personnalité de
Turing, un cahier de 56 pages contenant
un manuscrit de Turing datant de 1942 a
été vendu chez Bonhams, à New York, le
13 avril 2015, pour plus d'un million de
dollars. Il comprend des réflexions sur la
notation de Leibniz. Turing avait légué
ses papiers au mathématicien Robin
Gandy, un ami proche, qui a utilisé le
cahier pour un journal intime sur des
pages non utilisées, et l'a pour cette
raison retirée des papiers de Turing qu'il
a confié au King's College à Cambridge. Il
est presque certain qu'il est,
actuellement, le seul manuscrit
autographe de quelque importance de
Turing en circulation[62],[63].
Annexes
Bibliographie
: document utilisé comme source pour
la rédaction de cet article.
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Liens externes
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Espace-turing (patrimoine,
mathématiques, informatique, calcul
scientifique) - Laboratoire de
mathématiques J.A. Dieudonné
(CNRS - UNS)
Expérience numérique interactive en
ligne des structures de Turing sur le
site du CNRS
Alan Turing sur data.bnf.fr
Articles connexes
Problème de l'arrêt
Machine de Turing
Test de Turing
Notes et références
(en) Cet article est partiellement ou en totalité
issu de l’article de Wikipédia en anglais
intitulé « Alan Turing » (voir la liste des
auteurs).
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programming languages express
precisely the class of partial
recursive functions is often
summarized by the statement that
all programming languages are
Turing complete[13] ».
b. « A programming language is a
language that is intended for the
expression of computer programs
and that is capable of expressing
any computer program. This is not a
vague notion. There is a precice
theorical way of determining
whether a computer language can be
used to express any program,
namely, by showing that is
equivalent to a universal Turing
machine[14] ».
c. La notion d'« oracle » est déjà
présentée sans être exploitée dans
son article original On computable
numbers.
d. « Je lui ai demandé un jour pourquoi
il se punissait autant par
l'entraînement. Il m'a dit : « Mon
métier est si stressant que mon seul
moyen de le chasser de mon esprit
est de courir à fond. C'est le seul
moyen pour moi de relâcher la
pression ». » (« I have such a
stressful job that the only way I can
get it out of my mind is by running
hard; its the only way I can get some
release »), rapporte J.-F. Harding,
secrétaire du Walton Athletic Club,
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62. Bonhans - 13/04/2015 - Alan
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63. Un manuscrit d'Alan Turing vendu
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