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Royaume du Maroc

Royaume du Maroc Direction des Etudes et des Prévisions Financières Internet au Maroc : Etat des

Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Internet au Maroc : Etat des lieux et perspectives de développement

Mars 2006

Table des matières

Synthèse

 

2

Introduction

6

1.

Etat des lieux

 

6

1.1

Chiffres clés de l´Internet au Maroc

6

1.2.

Libéralisation de la téléphonie fixe et son impact sur le développement de

 

l’Internet

8

 

1.3.

Analyse swot : Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces

9

2.

Benchmark international

 

10

2.1. Positionnement du Maroc

10

2.2. Meilleurs pratiques étrangères

11

3. Plan d’action pour le développement d’Internet

3.1 Analyse des principales causes du retard

13

13

3.2 Grandes lignes du plan d’action de l’ANRT 3.3. Programme de Généralisation des TIC dans l’Enseignement

3.2 Grandes lignes du plan d’action de l’A NRT 3.3. Programme de Généralisation des TIC dans

4. Perspectives de développement d’Internet au Maroc

13

14

15

5. Observations et suggestions

Conclusion

Bibliographie

16

17

18

Synthèse

Le secteur des nouvelles technologies de l’information et de la communication joue un rôle fondamental dans le décollage économique et dans la maîtrise des enjeux de la compétitivité, de la modernisation, de l’afflux des investissements et de la création d’emplois. Internet, composante majeure de ces nouvelles technologies, est un moyen facilitateur pour l’enseignement des jeunes et l’accès au savoir en général, un catalyseur de l’efficacité des entreprises et de l’administration, un outil d’ouverture sur le monde et un levier de création de nouveaux métiers. Ainsi, le développement de l’Internet peut contribuer à améliorer la compétitivité du Maroc.

La présente fiche résume le contenu de la note élaborée par la DEPF et qui se propose de présenter un bref diagnostic du marché de l’Internet au Maroc et sa comparaison avec des pays à économie similaire, de présenter les grandes lignes du projet de plan d’action élaboré par l’ANRT pour le développement de l’Internet et d’émettre quelques suggestions visant la réussite de ce projet.

Diagnostic du marché de l’Internet au Maroc

Indicateurs

Le parc d’abonnés Internet a connu une nette progression entre 2000 et 2005 passant de 37.000 abonnés à 206.452 à fin septembre 2005 soit une croissance annuelle moyenne de 41,03%. Cette évolution est due à l’avènement de l’ADSL qui a fait évoluer le parc Internet entre 2004 et 2005 de 128%. S’agissant du nombre d’internautes, il est estimé à plus de 3 millions à fin 2004. Ce chiffre englobe les utilisateurs Internet dans les points d’accès publics hors domicile.

En ce qui concerne les entreprises, près de 90% des entreprises répertoriées dans le KOMPASS ont une connexion Internet. D’autre part, sur l’ensemble des entreprises, 38% déclarent disposer d’un site Web et seules 14% de ces dernières annoncent avoir recours à des achats en ligne. Par ailleurs, l’indicateur d’équipement des entreprises varie du simple au double en moyenne entre le

secteur technologique et le secteur industrie/construction. Concernant l’usage de l’Internet dans les

entreprises, il concerne le commerce.

Concernant les ménages, le taux d´équipement en ordinateurs personnels est de l’ordre de 11 %, soit l’équivalent de quelques 600 000 unités. Ce taux est de 3% en milieu rural électrifié. Par ailleurs, 64% des marocains n’ont jamais eu accès à un ordinateur (selon l’ANRT).

B to B (business to business) qui reste relativement plus développé que le e-

Analyse swot : Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces

Au regard de la situation actuelle, les principaux résultats de l’analyse SWOT du produit Internet révèlent les informations suivantes :

Forces :

démonopolisation du fixe qui installerait une concurrence sur le marché de l’Internet tout en ayant des répercussions sur les utilisateurs finaux (amélioration de la qualité de service et baisse des prix sur les

offres Internet), et d’autre part, la disponibilité d´une infrastructure télécoms relativement moderne.

Faiblesses :

lignes téléphoniques fixes et en PC liés au faible pouvoir d’achat des ménages ainsi que le manque de sensibilisation sur l’utilité de l’Internet, et ce dans des secteurs critiques comme l’enseignement ou dans les PME sont autant de faiblesses du marché de l’Internet au Maroc.

Opportunités :

et une diversification des offres de gros qui réduiraient la dépendance des FSI par rapport à l’opérateur historique. Par ailleurs, l’introduction de l’Internet dans la nouvelle définition du service universel,

permettrait d’utiliser les ressources du service universel pour étendre la couverture et l’accès aux services Internet.

Les principales forces du marché de l’Internet au Maroc concernent d’une part, la

Le fort taux d’analphabétisme surtout en milieu rural, le faible taux d’équipement en

Le processus de libéralisation en cours devrait permettre une multiplication d´acteurs

2 Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Risques :

des foyers à pouvoir d’achat élevés abonnés à l’ADSL, et d’autres, ne pouvant disposer d’équipements ni d’abonnement personnels, s’adressant aux Cybercafés comme seul moyen de connexion.

L’augmentation de la fracture numérique au niveau national et les disparités régionales avec

Benchmark international

Positionnement du Maroc

Le Maroc est encore loin de son potentiel de développement du marché Internet qui est évalué

à environ 500 000 abonnés. En effet, le taux de pénétration d’Internet en 2002 ne dépasse pas 2% alors

qu’il est de 12% à l’Ile Maurice et 8% en Jordanie. Par ailleurs, le nombre d’internautes au Maroc est de 3,8 millions plus faible que celui de l’Afrique du Sud (5 ,2 millions) et de l’Egypte (4,2 millions).

L’année 2004 a certes redynamisé ce marché avec le succès des offres ADSL puisque le Maroc a nettement creusé en 2005, l’écart avec certains pays de la région. En effet, le nombre d’accès

ADSL est de 204 000 au Maroc contre 100 000 en Afrique du Sud et 45 000 en Egypte.

l’initiative ADSL lancée fin 2003 demeure insuffisante pour atteindre les objectifs de croissance auxquels pourrait aspirer le marché de l’Internet marocain.

Cependant,

Meilleurs pratiques étrangères

Au delà du constat du retard marocain par rapport à d’autres pays, le travail de benchmarking

a permis de synthétiser une série de ‘best practices’ pratiquées par les pays étrangers et qui ont favorisé le développement de l’Internet.

Les principales conclusions de ces ‘best practices’ indiquent que le succès du développement du produit Internet dans la plupart des pays étudiés a souvent été le fruit d’initiatives volontaristes globales initiées par les plus hautes instances étatiques. Ces initiatives concernent des programmes diversifiés initiés souvent avec des actions à différents niveaux, comprenant des aspects liés aux équipements, contenu, sensibilisation et concurrence. Par ailleurs, un effort particulier pouvant assurer un développement durable du marché de l’Internet est initié au niveau de l’éducation.

Les cas Egyptien et Mauricien illustrent bien les points cités précédemment. Pour l’Egypte le projet a été initié par le Président Mubarak en septembre 1999 en lançant le programme « The Egyptian Information Society Initiative » dont les chantiers s’articulent autour du développement de la réglementation, du e-Gouvernement, du e-learning, du e-business, du readiness, du e-culture et de l’industrie des TIC destinée à l’export. Pour l’Ile Maurice l’initiative engagée par le Premier Ministre en septembre 2002, a pour objectif de transformer l’île en « Cyber-île » en se basant sur le développement de l’accès aux technologies de l’information, le e-Gouvernement, l’industrie des TIC, le e-Training, le e-education et le cadre réglementaire.

Grandes lignes du plan d’action pour le développement d’Internet

Pour dépasser les différents freins retardant le développement d’Internet au Maroc, un plan d’action a été élaboré par l’ANRT en concertation avec les acteurs du secteur en 2005. Ce plan d’action, articulé autour de trois thématiques (infrastructure et accès, contenus et communication), identifie les actions pouvant être menées par les principaux acteurs.

S’agissant du volet infrastructure et accès, les actions du plan s’articulent autour de quatre lignes directrices, à savoir le développement des accès collectifs à Internet, l’augmentation du taux d’équipement informatique, le développement des accès aux télécommunications et la gestion du nom de domaine « .ma ».

3 Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Quant au volet du contenu, de fortes attentes sont exprimées en matière d’administration en ligne, de commerce électronique, mais aussi en termes d’accès à l’information locale. C’est ainsi que le plan prévoit le développement de contenus adaptés aux entreprises et aux particuliers, l’instauration de la confiance sur Internet, l’incitation au développement du commerce électronique et la généralisation des TIC dans les établissements scolaires publics.

Les actions concernant le volet formation /communication viennent compléter les différents chantiers entamés dans ce sens, notamment, le projet Cyber Base mené par Acacia Net, filiale de la CDG et le projet Ajialcom mené par le Secrétariat d'Etat auprès du Premier Ministre, chargé de la Jeunesse, visant notamment la sensibilisation et la formation des jeunes.

Perspectives de développement d’Internet au Maroc

• L’entrée sur le marché des nouveaux opérateurs à savoir Méditel et Maroc Connect ne manquera pas de dynamiser le marché de l’Internet pour les particuliers et de renforcer la compétitivité des entreprises marocaines à travers la réduction des coûts, l’amélioration de l’offre par des packages ciblés aux entreprises et l’amélioration de la qualité des services.

• Internet au Maroc présente un fort potentiel de croissance dans la mesure où le nombre d’utilisateurs a connu une forte augmentation entre 2002 et 2004 passant de 700.000 à près de 3 millions. Malgré ce développement, des perspectives prometteuses s’offrent puisque le taux d’utilisateurs Internet ne dépasse pas 11,4% alors que la moyenne de ce taux en Europe est de

48,5%.

• Le réaménagement du code de la douane qui a permis la réduction des taxes à l’importation des produits informatiques y compris les logiciels et les nouvelles baisses significatives des prix de l’ADSL ne manqueront pas d’insuffler une nouvelle dynamique à ce marché et à multiplier le nombre d’abonnés. Par ailleurs, l’accord de libre échange avec les Etats Unis, qui entre en vigueur en janvier 2006 prévoit la suppression totale des droits de douane pour les importations des produits numériques en provenance des Etats Unis.

• Le développement important des blogs marocains en 2005 est un moyen efficace en faveur du développement du contenu national notamment en langue arabe.

• Avec l’introduction prochaine des technologies Wimax pour le déploiement d’Internet, une opportunité se présente au Maroc pour étendre plus facilement le réseau et atteindre les régions les plus éloignées notamment le monde rural.

Observations et suggestions

Afin d'améliorer le niveau de développement de l'Internet au Maroc et d’assurer le

la mise en œuvre du plan d’action, les actions suivantes mériteraient d’être implémentées en parallèle et ce, dans le souci d’enclencher une dynamique irréversible de développement de l’Internet

• Il est impératif pour le Maroc que l’évolution d’Internet s’effectue avec un développement d’une industrie de l’information pour éviter au pays d’être uniquement consommateur des produits de l'information distribués par les pays du Nord. Le développement des compétences en production multimédia destinée au marché international, pourrait représenter une source de revenu conséquente pour le pays.

• La réussite de la mise en application du plan d’action élaboré par l’ANRT serait fortement favorisée par la désignation d’une entité chargée par le gouvernement de suivre et de coordonner

succès de

.

sa mise en oeuvre. En effet, la plupart des actions nécessitent une

acteurs. Ainsi, cette entité aura un rôle clef, celui de veiller à l’avancement du plan d’action, en forte synergie avec toutes les parties prenantes.

coordination entre différents

• Le Maroc devrait mettre en œuvre un système juridique régissant les noms de domaines et la responsabilité limitée des fournisseurs de service Internet (conformément à son accord de libre échange avec les Etats Unis).

4 Direction des Etudes et des Prévisions Financières

• Inciter à l’utilisation des logiciels libres qui favorisent le développement d'un espace public de l'information d’une manière performante et à moindre coût.

• Développer les accès collectifs à Internet à travers la mise en place d’une instance de coordination des différentes initiatives de développement d’accès collectifs, afin d’en améliorer l’efficacité et l’échange d’expérience (CDG/Cyber-base, PNUD, MISOC, Cybercafés, Poste, etc.) et de développer des applications à destination des illettrés numériques.

• Favoriser le développement de contenus adaptés aux entreprises et aux particuliers, en favorisant le commerce électronique et en développant l’administration électronique par les entités publiques. Ceci nécessite l’instauration d’un cadre réglementaire favorable au contenu notamment la législation sur le droit d’auteur et la loi sur la protection des données personnelles.

Conclusion

Le développement de l'accès à l'Internet au Maroc implique certains préalables qui rejoignent parfois d'autres impératifs de développement. Il en est ainsi du développement de l'éducation. La généralisation de la scolarisation à tous les niveaux ainsi que l’éradication de l’analphabétisme sont une priorité pour le Maroc dans les objectifs fixés aussi bien par la Charte de l’éducation que dans le cadre de l’adhésion du Maroc à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à l’horizon 2015. L'alphabétisation représente effectivement le premier et indispensable pas vers la maîtrise des nouveaux outils de communication. Dans un contexte plus ambitieux, l'éducation passe également par la formation de la population à l'utilisation des nouveaux outils de communication (l'ordinateur et la messagerie).

Les importantes avancées réalisées dans le domaine des télécommunications notamment à travers la libéralisation de la téléphonie fixe et le programme ambitieux de l’ANRT pour le développement de l’Internet ne manqueront pas de donner un nouveau paysage au secteur des technologies de l’information au Maroc.

5 Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Introduction

Le secteur des Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication joue un rôle fondamental dans le décollage économique et dans la maîtrise des enjeux de la compétitivité, de la modernisation, de l’afflux des investissements et de la création d’emplois. Internet, composante majeure de ces nouvelles technologies, est un moyen facilitateur pour l’enseignement des jeunes et l’accès au savoir en général, un catalyseur de l’efficacité des entreprises et de l’administration, un outil d’ouverture sur le monde et un levier de création de nouveaux métiers. Ainsi, le développement de l’Internet peut contribuer à améliorer la compétitivité du Maroc.

Après un diagnostic du marché de l’Internet au Maroc, la présente note se propose de présenter une comparaison de la situation de ce marché avec celles des pays à économie similaire, de présenter les grandes lignes du projet de plan d’action élaboré par l’ANRT pour le développement de l’Internet avant d’émettre quelques suggestions visant la réussite de ce projet.

1. Etat des lieux 1.1 Chiffres clés de l´Internet au Maroc 1.1.1. Indicateurs d’accès

La fourniture de l’accès Internet au Maroc est effectuée essentiellement par des Fournisseurs de Service Internet (FSI). Ce marché est fortement dominé par Menara qui est la marque commerciale Internet de l’opérateur historique avec une part de marché de 88% tous accès confondus et de 94% sur ADSL. Les autres FSI se partagent le reste du parc, sans pour autant connaître des évolutions positives majeures. Le graphique suivant reprend les évolutions du nombre d’abonnés Internet au Maroc.

Particuliers

Evolution des abonnés et utilisateurs Internet au Maroc

250000

200000

150000

100000

50000

 

4000000

3500000

3000000

2500000

2000000

1500000

1000000

500000

0

0

2000 2001 2002 2003 2004 sept-05

nombre d 'abonnés nombre d'utilisateurs

Source : ANRT

Le nombre d’internautes est estimé à plus de 3 millions à fin 2004, chiffre qui semble plus important que prévu mais qui dénote surtout d’un potentiel important d’utilisation d’Internet, assurée essentiellement à travers des points d’accès publics hors domicile. En effet, le parc Internet s’est élevé à 168 000 abonnés à fin juin et à 206 452 à fin septembre 2005 contre 60 812 fin 2003.

6 Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Entre septembre 2004 et septembre 2005, le parc Internet a évolué de 128%. L’avènement de l’ADSL illimité a fortement contribué à ce résultat. Ainsi, 90% des liaisons sont aujourd’hui de type ADSL. Mais, le potentiel de croissance de ce parc, tel qu’estimé lors de l’étude menée avant le lancement de l’appel d’offres pour les « Licences nouvelle génération », est bien au-delà de 500 000 connexions.

Entreprises

100

95

90

85

80

75

Source :ANRT

Part des

84

entreprises connectées en fonction des

92

86

s ecteurs

(%)

96

Techno Primaire Indu/cons t Ser/trans pt

En ce qui concerne les entreprises, en moyenne 90% des entreprises répertoriées dans le KOMPASS ont une connexion Internet. Cependant à l’intérieur de ces entreprises, un ordinateur sur deux seulement est connecté à la toile. D’autre part, sur l’ensemble des entreprises, 38% déclarent disposer d’un site Web et 30% d’entre elles déclarent avoir développé un site Intranet. Enfin, seules 14% de ces dernières annoncent avoir recours à des achats en ligne.

Par ailleurs, le nombre de FSI commercialisant des accès Internet n’a cessé de diminuer ces dernières années, aboutissant à une situation de quasi duopole entre deux principaux intervenants : MENARA et MAROC CONNECT, alors que le nombre des FSI se comptait en plusieurs dizaines quelques années plutôt. Aussi, une première lecture des indicateurs indiquent que l´évolution du marché de l’Internet durant les dernières années s´est faite grâce aux accès privés partagés (cybercafés) dont le nombre dépasse les 2000.

1.1.2 .Indicateurs d’équipements

Particuliers

Taux d'équipement en ordinateurs personnels (%)

12

10

8

6

4

2

0

Pénétration dans les Pénétration dans la

foyers

population

Entreprises

Répartition sectorielle du nombre d'ordinateurs par employé

0,7

0,6

0,5

0,4

0,3

0,2

0,1

0

0,66

0,41 0,43

0,29

Techno Primaire Indu/const Ser/transpt

Source: ANRT

7 Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Le taux d´équipement en ordinateurs personnels des ménages est de l´ordre de 11 %, soit l’équivalent de quelques 600 000 unités, ou encore 2% de la population marocaine. Ce taux est de 3% en milieu rural électrifié. Par ailleurs, 64% des marocains n’ont jamais eu accès à un ordinateur (selon l’ANRT).

L’indicateur d’équipement des entreprises varie du simple au double en moyenne entre le secteur technologique et le secteur industrie/construction. Par ailleurs, l’usage de l’Internet

dans les entreprises concernent le

développé que le e-commerce. Mais dans les deux cas, seul un petit nombre d’entreprises est

concerné.

B to B (busines to busines) qui restent relativement plus

1.1.3 Contenus et projet e-gov

Les constats suivants nécessitent des actions concrètes pour remédier au retard accumulé :

L’administration en ligne au Maroc, malgré son degré d’avancement dans certains domaines (douanes, Sécurité Sociale, justice), accuse un retard en comparaison avec des pays comme la Jordanie, la Bulgarie ou l’Ile Maurice qui ont déjà généralisé la production de services administratifs en ligne.

• Malgré les projets en cours, le développement du contenu dans le système éducatif se heurte à plusieurs freins notamment le manque de sensibilisation des cadres et des enseignants dans les établissements et le faible taux d’équipement, malgré les programmes en cours, en TIC et connectivité Internet;

• L’industrie du contenu est pauvre au Maroc et accuse un retard sur des pays tels que la Bulgarie ou la Jordanie. De plus, une très faible proportion des contenus est en langue arabe.

• Le e-commerce reste à l’état embryonnaire. Hormis sur quelques niches, peu d’entreprises ont entamé des démarches de commerce électronique. Cette situation peut être attribuée à plusieurs facteurs notamment le faible pouvoir d’achat du consommateur marocain et l’absence d’un cadre législatif encadrant le commerce électronique.

1.2. Libéralisation de la téléphonie fixe et son impact sur le développement de l’Internet

La libéralisation du marché des télécommunications fixes s’est concrétisée à travers une " feuille de route " où ont été déclinées les différentes étapes du processus. S’appuyant sur la note d’orientations générales du gouvernement fixant le plan de libéralisation (2004-2008), ce processus a consisté d’abord en l’élaboration d’un état des lieux exhaustif, en l’évaluation du potentiel du marché et d’une prise en compte de l’environnement économique et technologique. En parallèle, un certain nombre de préalables devaient être réunis afin de donner toutes ces chances à ce processus et enfin, il fallait identifier et prendre en compte les différents facteurs clés pour l’aboutissement du processus.

8 Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Ce processus a été couronné par l’octroi de deux licences de télécommunications de nouvelle génération pour l’établissement et l’exploitation d’un réseau de télécommunications fixes incluant les services de boucle locale, de transport interurbain et international l’une à Meditel et l’autre à Maroc Connect. Ce dernier pourra aussi offrir le service de mobilité restreinte qui est défini comme un service de télécommunications permettant, à l’abonné d’un opérateur, d’accéder aux services de télécommunications offerts par celui-ci sur une zone géographique d’un diamètre maximum de 35 km, en dehors de laquelle cet abonné n’aura la possibilité ni d’émettre ni de recevoir des communications. Les projets proposés sont complémentaires permettant un adressage de l’ensemble des segments du marché moyennant des technologies up to date (WIMAX, CDMA). Ces projets devraient répondre aux objectifs visés par cette libéralisation à savoir :

• Développer l’usage d’Internet au niveau résidentiel et dans l’entreprise ;

• Généraliser l’accès aux télécommunications pour les ménages et les entreprises ;

• Accroître la capacité des réseaux internationaux et longue distance nationaux ;

• Stimuler la baisse des prix.

Ainsi, les services fixes de télécommunications sont désormais opérés par l’opérateur historique IAM, par Méditel et Maroc Connect (opérateur de services fixes avec mobilité restreinte). L’introduction de ces nouveaux opérateurs ne manquera pas de développer le marché de l’Internet avec une baisse significative des prix de connexions et des équipements (fourniture de pack d’accès incluant PC et modem) et la fourniture de l’Internet à haut débit (centaine de méga) possible avec les liaisons radio plutôt qu’avec les liaisons filaires utilisées actuellement.

1.3. Analyse swot : Forces, Faiblesses, Opportunités et Menaces

Au regard de la situation actuelle, une analyse SWOT du produit Internet est effectuée dont les principaux résultats sont dans le tableau suivant :

Forces

• Présence sur le marché de deux FSI innovants proposant une panoplie d´offres d’accès à Internet variées, notamment en terme de méthode d´accès ;

Disponibilité d ´une infrastructure télécoms relativement moderne ;

Prise de conscience des besoins en contenu national, sans lesquels le marché de l’Internet ne se développerait pas.

Démonopolisation du fixe qui installerait la concurrence sur le marché de l’Internet tout en ayant des répercussions sur les utilisateurs finaux : amélioration de la qualité de service et baisse des prix sur les offres Internet ;

Opportunités

Processus de libéralisation en cours qui devrait permettre une mu ltiplication d´acteurs, et ainsi une diversification des offres de gros qui réduiraient la dépendance des FSI par rapport à l´opérateur historique.

9

Faiblesses

Faible taux d’équipement en lignes téléphoniques fixes ainsi qu´en PC (faiblesse du pouvoir d’achat), réduisant ainsi le potentiel du marché prêt à souscrire à des offres Internet ;

M anque de communication sur le contenu existant, et ce particulièrement en ce qui concerne les actions accomplies dans le cadre des projets e-gov ;

• Fort taux d’analphabétisme surtout en zones rurales ;

Manque de sensibilisation sur l’utilité de l’Internet, et ce dans des secteurs critiques pour le développement du marché comme lenseignement et les entreprises.

Faiblesse de contenu en langue arabe.

Risques

Continuité du monopole sur les services fixes, avec les mêmes effets indésirables sur le marché, et plus spécifiquement sur les FSI, de par leur dépendance en amon t (transit IP international) et en aval (Boucle Locale) vis à vis de l´opérateur historique ;

Direction des Etudes et des Prévisions Financières

• Introduction de l’Internet dans la nouvelle définition du

service universel, ce qui permettra d´utiliser

ressources du service universel pour étendre la

couverture et l´accès aux services Internet ;

les

• Population jeune intéressée par les ouvertures qu´offre produit Internet, représentant ainsi une importante base d´abonnés potentiels ;

le

2. Benchmark international

vis-à-vis de l´opérateur historique ;

Acceptation de l’attitude fataliste sur la faible évolution de l’Intern et sous prétexte qu’il n’existe pas de potentiel de développement du marché de lInternet ;

Augmentation de la fracture numérique au niveau national avec une majorité des foyers à fort revenu abonnés à l’ADSL, et les autres, ne pouvant disposer d´abonnement personnels, s’adressant aux Cybercafés comme seul moyen de connexion.

Deux objectifs sont derrière ce benchemarking à savoir situer le Maroc vis-à-vis

d’autres pays en utilisant comme base comparative les indicateurs Internet pertinents et de

procéder à une étude approfondie de

cadre de stratégies volontaristes de développement de l’Internet dans d´autres pays.

best practices (meilleures pratiques) adoptées dans le

2.1. Positionnement du Maroc

Le Maroc est encore loin de son potentiel de développement du marché Internet qui est évalué à environ 500 000 abonnés. En effet, telle qu´illustré dans le graphique suivant, la pénétration de cet outil est encore faible par rapport à d´autres pays notamment l’Ile Maurice et l’Afrique du Sud.

pays notamment l’Ile Maurice et l’Afrique du Sud. Source : UIT/SITICOM (2002) Par ailleurs, une comparaison

Source : UIT/SITICOM (2002)

Par ailleurs, une comparaison plus fine en terme d´évolution dans le temps avec des pays à économie similaire, illustre le retard enregistré pour le décollage de ce marché puisque le taux de pénétration d’Internet en 2002 ne dépasse pas 2% alors qu’il est de 12% à l’Ile Maurice et 8% en Jordanie.

10 Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Abonnés Internet sur 100 habitants

5

4

3

2

2,9

3,4

4,1

1 0,64 0,96 1,17 0,129 0,182 0,183

0

2000 2001 2002

Ma r oc Ile maurice Jordanie

Source : SITICOM

2000 2001 2002 Ma r oc Ile maurice Jordanie Source : SITICOM Bulgarie Ile Maurice Jordanie

Bulgarie

Ile Maurice

Jordanie

Egypte

Maroc

Source : SITICOM

L’année 2004 a certes redynamisé ce marché avec le succès des offres ADSL puisque le Maroc a nettement creusé en 2005, l’écart avec certains pays de la région. Cependant, l’initiative ADSL lancée fin 2003 demeure insuffisante pour atteindre les objectifs de croissance auxquels pourrait aspirer le marché de l’Internet marocain.

Le Maroc, leader régional pour l’ADSL

Maroc

Nombre d’internautes

Nombre total d’accès Internet

Source : Maroc Telecom

Source ANRT et MT

Egypte

Source NTRA

Afrique du Sud

Source South Africa Telecom

3 800 000

4 200 000

5 200 000

226 000

-

225 000

Nombre d’accès ADSL

204 000

45 000

100 000

Bande Passante

5 300

Mbps

1800

Mbps

-

Internationale

2.2. Meilleurs pratiques étrangères

Au delà du constat du retard marocain par rapport à d’autres pays, le travail de benchmarking permet de synthétiser une série de ‘best practices’ pratiquées par les pays étrangers et qui ont permis le développement de l’Internet.

• Le succès du développement du produit Internet dans la plupart des pays étudiés a souvent été le fruit d’initiatives volontaristes globales initiées par les plus hautes instances étatiques ;

• Les programmes initiés sont souvent des programmes diversifiés avec des actions à différents niveaux, comprenant des aspects liés aux équipements, au contenu, à la sensibilisation et à la concurrence ;

• Un effort particulier pouvant assurer un développement durable du marché de l’Internet est initié au niveau de l’éducation.

11 Direction des Etudes et des Prévisions Financières

Le cas Egyptien illustre bien les points cités précédemment à savoir que le projet a été initié par le Président Mubarak en septembre 1999 en lançant le programme « The Egyptian Information Society Initiative » qui couvre les différents aspects schématisés dans le graphique ci-dessous.

 

E

- re ad iness

Indu stri e

des

TIC

e xpor t

 

S

oc iét é

de

E - cul tur e

l ’in f o rm a t ion

Ré gl em en ta tio n

E- learn ing

E - Go uv e rnem ent

E -bu siness

Les chantiers de ce programme visant le développement de la société de l’information s’articulent autour du développement de la réglementation, du e-Gouvernement, du e- learning, du e-business, du readiness, du e-culture et de l’industrie des TIC destinée à l’export.

Le cas de lIle Maurice est aussi intéressant vu que l’initiative engagée par le premier ministre en septembre 2002, a pour objectif de transformer l’île en « Cyber-île » en se basant

sur ledéveloppement de l’accès aux technologies de l’information, le E-gouvernement, l’industrie des TIC, le E-Training, le E-education et le cadre réglementaire.

Par

Source : ANRT

dust ri e

In

T IC

Ac cè s

de s

E- g o uv e rn eme nt

C ybe r- î l e

R

L

ég l e me nt a t i o n é g is la t i o n

E-E d uc a t io n

E - T r a in in g

ailleurs, un ensemble d’actions pertinentes implémentées dans certains pays a été

identifié, et pourrait faire l’objet d’une adaptation au contexte marocain.

Pays

Initiative

Bulgarie

Accès aux ordinateurs de l’école à l’ensemble de la population (en dehors des heures de

Bulgarie

cours) Fort développement des contenus en bulgare (90% des sites bulgares sont en langue

Estonie

nationale) Programme Tiger’s leap : connexion de l’ensemble des écoles et des institutions

Hongrie

publiques à Internet. Forfait illimité pour l’accès à Internet via GPRS, jusqu’à 300 Mo par mois

Lituanie

Mise en place de 595 points d’accès public à Internet en zone rurale (à partir de novembre 2002). Projet financé par le gouvernement suite au constat de l’écart important de pénétration de l’Internet entre les zones urbaines (14%) et les zones rurales (10 fois moins).

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République Tchèque

Slovénie

Loi sur la signature électron ique (octobre 2000). Livre vert sur le commerce électronique (janvier 2002). Développement de points d’accès public à Internet (plus de 140 recensés mi 2002).

3. Plan d’action pour le développement d’Internet

3.1 Analyse des principales causes du retard

Les causes du retard constaté peuvent être classées autour de cinq principales problématiques détaillées ci-dessous.

• L’analphabétisme: le taux d’analphabétisme de la population âgée de 10 ans et plus reste élevé et atteint prés de 40% en 2004. Cette situation engendre des conséquences plus au moins alarmantes sur la famille, la santé et d’une manière générale sur le cadre de vie

(accès aux technologies de l’information

sur le plan économique en matière de productivité et de compétitivité.

).

Elle engendre également, des conséquences

• Problématique de l'accès : Le retard du marché de l'Internet en terme d'abonnés mais aussi d'internautes est notamment imputable aux difficultés liées au coût d´acquisition des micro-ordinateurs d´une part, et de la connexion Internet d´autre part. Par ailleurs, il a aussi été constaté que le positionnement des offres Internet n'était pas optimal pour permettre d'offrir des solutions d'accès adaptées et adéquates à une large gamme de la population.

• Problématique de l'utilisation et du contenu : Une analyse des utilisations d'Internet a démontré que cet outil est encore sous utilisé et ce pour deux principales raisons. Le manque de contenu local adapté pouvant susciter un intérêt d'une plus grande partie de la population, ainsi que le manque de sensibilisation sur les potentiels bénéfices qui peuvent en être tirés.

• Problématique de la concurrence : Le monopole dans les services du fixe affecte le marché Internet. En effet, les FSI sont dans une situation de dépendance vis à vis de l'opérateur historique qui ne leur permet pas réellement de se différencier des offres effectuées par le fournisseur Internet de ce dernier, et ce aussi bien au niveau du prix que de la qualité de service, engendrant ainsi un manque de diversification de l'offre de service sur ce segment de marché.

• Problématique 'macro économique' : des facteurs macro économiques pourraient aussi expliquer la situation actuelle du marché de l'Internet. Cependant, le niveau de développement du marché marocain est bien en dessous de ses potentialités. En effet, une analyse de situations similaires dans différents pays montre que dans des pays à PIB comparable, la pénétration Internet est beaucoup plus importante.

3.2 Grandes lignes du plan d’action de l’ANRT

Pour dépasser les différents fr eins retardant le développement d’Internet au Maroc, un plan d’action a été élaboré par l’ANRT en concertation avec les acteurs du secteur en 2005. Ce plan d’action, articulé autour de trois thématiques notamment l’infrastructure et l’accès, les contenus et la communication, identifie les actions pouvant être menées par les principaux acteurs (gouvernement, secteur privé et société civile), ou à travers un partenariat entre le secteur public et le secteur privé et/ou la société civile.

13 Direction des Etudes et des Prévisions Financières

S’agissant du volet infrastructure et accès, les actions du plan s’articulent autour de quatre lignes directrices, à savoir le développement des accès collectifs à Internet, l’augmentation du taux d’équipement informatique, le développement des accès aux télécommunications et la gestion du nom de domaine « .ma ».

Quant au volet du contenu, jugé parmi les freins pour un usage plus important de l’Internet, de fortes attentes sont exprimées en matière d’administration en ligne, de

commerce électronique, mais aussi en termes d’accès à l’information locale. C’est ainsi que le

plan prévoit le

l’instauration de la confiance sur Internet, l’incitation au développement du commerce électronique et la Généralisation des TIC dans les établissements scolaires publics .

Les actions concernant le volet formation /communication viennent compléter les différents chantiers entamés dans ce sens, notamment, le projet Cyber Base mené par Acacia Net, filiale de la CDG et le projet Ajialcom mené par le Secrétariat d'Etat auprès du Premier Ministre, chargé de la Jeunesse, visant notamment la sensibilisation et la formation des jeunes.

développement

de contenus adaptés aux entreprises et aux particuliers,

3.3. Programme de Généralisation des TIC dans l’Enseignement

En application des hautes instructions royales et dans le cadre de la volonté du Gouvernement pour l’introduction et la généralisation des TIC dans l’enseignement, ainsi que des dispositions de la Charte nationale de l’éducation et de la formation, le Premier Ministre a mis en place, en septembre 2004, une équipe de travail composée des représentants du Ministère chargé de l’Education Nationale et ceux de l’Agence Nationale de Réglementation des Télécommunications, afin de traduire la stratégie du Ministère pour la généralisation des TIC dans l’enseignement en un plan d’ actions sur les trois années à venir.

Cette stratégie vise à permettre, à court terme, l’amélioration de la qualité de l’enseignement, le renouvellement des curricula et la cohérence avec les pratiques et les orientations internationales en vigueur. Cette stratégie a intégré en plus de la politique d’équipement en ordinateurs, les aspects formation, développement de contenus, mécanismes de financement, coopération avec les partenaires. Ces axes reposent sur les volets infrastructure, for mation et contenu.

• Le volet infrastructure vise la mise en place de salles multimédia connectées à Internet dans les établissements scolaires. L’objectif à travers cet axe est de garantir un volume horaire hebdomadaire minimal par élève, selon le niveau scolaire.

Volume hebdomadaire par type d’établissement scolaire

Primaire

Collège

Lycée

1 heure

2 heures

3 heures

Source : ANRT

• Le volet formation a pour objectif de préparer les enseignants, maillon essentiel de la réussite de cette stratégie, à une utilisation effective des outils TIC qui seront mis à leur disposition. Cette formation pourra être de plusieurs types :

une formation permettant aux enseignants de se familiariser avec l’informatique (formation d’alphabétisation informatique) et d’améliorer éventuellement leurs connaissances dans ce domaine ;

14 Direction des Etudes et des Prévisions Financières

une formation pour permettre aux enseignants d’utiliser les outils TIC dans les curricula ;

une formation relative aux aspects maintenance ;

une formation spécifique pour les enseignants d’informatique dans le cadre des curricula qui seraient arrêtés.

La stratégie développée ambitionne de former l’ensemble des enseignants, notamment en terme d’initiation. Vu le nombre d’enseignants devant suivre ce type de formation, il sera procédé à des formations de masse et en cascade, et ce par la formation de formateurs issus du Ministère chargé de l’éducation nationale. Ces derniers seraient à leur tour chargés de former les enseignants. Un plan de formation global est en cours d’élaboration en conséquence.

• Le volet contenu concerne l’utilisation de contenus TIC appropriés et validés, ainsi que le développement de contenus pédagogiques adaptés à l’enseignement au Maroc. Il vise à permettre d’utiliser au mieux les salles multimédia installées. La mise en oeuvre de cet axe se base sur deux orientations principales :

Comme phase initiale, utiliser autant que possible les contenus disponibles sur le marché mondial, après les avoir validés et si besoin, adaptés au contexte marocain.

Par la suite, développer des contenus nationaux adaptés aux curricula marocains.

4. Perspectives de développement d’Internet au Maroc

Parmi les perspectives de développement de l’Internet au Maroc on peut citer les opportunités suivantes :

• L’entrée sur le marché des nouveaux opérateurs à savoir Méditel et Maroc Connect ne manquera pas de dynamiser le marché de l’Internet pour les particuliers et de renforcer la compétitivité des entreprises marocaines à travers la réduction des coûts, l’amélioration de l’offre par des packages ciblés aux entreprises et l’amélioration de la qualité des services.

• Internet au Maroc présente un fort potentiel de croissance (illustré dans le graphique suivant) dans la mesure où le nombre d’utilisateurs a connu une forte augmentation entre 2002 et 2004 passant de 700.000 à près de 3 millions respectivement. Malgré ce développement, des perspectives prometteuses s’offrent puisque le taux d’utilisateurs Internet ne dépasse pas 11,4% alors que la moyenne de ce taux en Europe est de 48,5%.

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(*) Source UIT • Le réaménagement du code de la douane qui a permis la

(*) Source UIT

(*) Source UIT • Le réaménagement du code de la douane qui a permis la réduction

• Le réaménagement du code de la douane qui a permis la réduction des taxes à l’importation des produits informatiques y compris les logiciels et les nouvelles baisses significatives des prix de l’ADSL ne manqueront pas d’insuffler une nouvelle dynamique à ce marché et à multiplier le nombre d’abonnés. Par ailleurs, l’accord de libre échange avec les Etats Unis, qui entre en vigueur en janvier 2006 prévoit la suppression totale des droit de douane pour les importations des pr oduits numériques en provenance des Etats Unis.

• Le développement important des blogs marocains en 2005 est un moyen efficace en faveur du développement du contenu national notamment en langue arabe.

• Avec l’introduction prochaine des technologies Wimax pour le déploiement d’Internet, une opportunité se présente au Maroc pour étendre plus facilement le réseau et atteindre les régions les plus éloignées notamment le monde rural.

5. Observations et suggestions

Afin d'améliorer le niveau de développement de l'Internet au Maroc et d’assurer le succès de la mise en œuvre du plan d’action, les actions suivantes mériteraient d’être implémentées en parallèle et ce, dans le souci d’enclencher une dynamique irréversible de développement de l’Internet .

• Il est impératif pour le Maroc que l’évolution d’Internet s’effectue avec un développement d’une industrie de l’information pour éviter au pays d’être uniquement consommateur des produits de l'information distribués par les pays du Nord. Le développement des compétences en production multimédia destinée au marché international, pourrait représenter une source de revenu conséquente pour le pays.

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• La réussite de la mise en application du plan d’action élaboré par l’ANRT serait fortement favorisée par la désignation d’une entité chargée par le gouvernement de suivre et de

coordonner sa mise en œuvre. En effet, la plupart des actions nécessitent une

entre différents acteurs. Ainsi, cette entité aura un rôle clef, celui de veiller à l’avancement

du plan d’action, en forte synergie avec toutes les parties prenantes.

coordination

• Le Maroc devrait mettre en œuvre un système juridique régissant les noms de domaines et la responsabilité limitée des fournisseurs de service Internet (conformément à son accord de libre échange avec les Etats Unis).

• Inciter à l’utilisation des logiciels libres qui favorisent le développement d'un espace public de l'information d’une manière performante et à moindre coût.

• Développer les accès collectifs à Internet à travers la mise en place d’une instance de coordination des différentes initiatives de développement d’accès collectifs, afin d’en améliorer l’efficacité et l’échange d’expérience (CDG/Cyber-base, PNUD, MISOC, Cybercafés, Poste, etc.) et de développer des applications à destination des illettrés numériques.

• Favoriser le développement de contenus adaptés aux entreprises et aux particuliers, en favorisant le commerce électronique et en développant l’administration électronique par les entités publiques. Ceci nécessite l’instauration d’un cadre réglementaire favorable au contenu notamment la législation sur le droit d’auteur et la loi sur la protection des données personnelles.

Conclusion

Le développement de l'accès à l'Internet au Maroc implique certains préalables qui rejoignent parfois d'autres impératifs de développement. Il en est ainsi du développement de l'éducation. La généralisation de la scolarisation à tous les niveaux ainsi que l’éradication de l’analphabétisme sont une priorité pour le Maroc dans les objectifs fixés aussi bien par la Charte de l’éducation que dans le cadre de l’adhésion du Maroc à la réalisation des Objectifs

du Millénaire pour le Développement (OMD) à l’horizon 2015

effectivement le premier et indispensable pas vers la maîtrise des nouveaux outils de communication. Dans un contexte plus ambitieux, l'éducation passe également par la formation de la population à l'utilisation des nouveaux outils de communication (l'ordinateur

et la messagerie).

1 . L'alphabétisation représente

Les importantes avancées réalisées dans le domaine des télécommunications

notamment à travers la libéralisation de la téléphonie fixe

l’ANRT pour le développement de l’Internet ne manqueront pas de donner un nouveau

paysage au secteur des technologies de l’information au Maroc.

et le programme ambitieux de

1 L’OMD relatif à l’éducation vise à assurer l’éducation primaire pour tous à l’horizon 2015, éradiquer l’analphabétisme des hommes et des femmes âgés de 10 à 25 ans et promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes

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Bibliographie

• Synthèse de l’étude sur l’observatoire des technologies de l’information. ANRT.2005

• Document de présentation du programme de généralisation des TIC dans l’enseignement « GENIE ». ANRT. 2005

• Synthèse de l’étude sur l’Internet au Maroc. ANRT.2004

• Internet sous surveillance, Reporters sans frontières.2003

• Fiche de synthèse sur le marché informatique au maroc.DREE.2003

• Enquête auprès des prestataires du service Internet.ANRT.2002

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