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WARUM ICH KEINE POLITISCHEN FILME MACHE POURQUOI JE NE FAIS PAS DE FILMS POLITIQUES

Ulrich KÖHLER 23.4.2007 new filmkritik

« Family Life » de Ken Loach ne traite pas seulement d’une jeune femme schizophrène, le film lui-même est schizophrène. Mis en scène de façon grandiloquente, le film est tiraillé entre le génie naturaliste de son metteur en scène et le diktat d’un scénario qui se veut politique. De nombreuses scènes sont d’une profondeur et d’une richesse psychologique difficilement égalables- ainsi lors des entretiens entre le thérapeute et la famille il y a des scènes totalement vraisemblables rendues possibles grâce à la liberté que Loach laisse à ses acteurs dont on sent le réel plaisir de jouer. Et pourtant malheureusement le scénario, parce qu’il s’est fixé d’être politique, en détruit toute la beauté. Il n’y a alors plus d’espace pour la complexité, l’ambivalence et l’ouverture. A la fin le bien et le mal se doivent d’être assignés de façon univoque. Au bout du compte le film ne s’intéresse pas au destin personnel de son personnage principal. Elle est pour l’auteur un cas typique, le lieu de la dramaturgie. Le gentil thérapeute perd son travail et les médecins et leurs électrochocs annihilent les timides progrès d’une thérapie progressiste, laquelle interroge les raisons sociales de la maladie. Après une tentative de fuite, la jeune fille est rattrapée et enfermée de force dans un établissement psychiatrique fermé. La dernière image nous montre une personne brisée, sans plus aucune volonté, qui certes ne posera plus de problèmes à ses parents mais qui a tout perdu, ce qui lui confère sa dignité. Le problème du film n’est pas tant la crédibilité de l’histoire- une histoire semblable peut s’être passée-, que le sentiment désagréable d’avoir été embarqué dans un trip émotionnel, une sorte d’excursion pour produits détaxés, afin d’y acheter un message : les psychoses sont le produit de structures familiales répressives et d’une psychiatrie technocrate. Derrière le naturalisme du jeu ce qui se passe avant tout, c’est qu’en tant que spectateur je sens la visée politique du film et je me sens trompé. C’est justement le naturalisme de Loach qui renforce ce sentiment. Si le film était ouvertement didactique comme un drame de Brecht ou bien s’il ne dissimulait pas sa causalité dramaturgique comme Bresson dans « L’Argent », je n’aurais pas ce sentiment. « L’Argent » n’étant pas le meilleur film de Bresson. La mécanique sociale selon laquelle le système capitaliste commence par installer un individu dans la pauvreté

. L’art lui n’a pas de fonction sociale définitivement préétablie. L’action politique veut changer la société ou la mettre à l’abri de changements. Il est triste de voir ce grand directeur d’acteurs qu’est Ken Loach sacrifier à chaque fois la complexité du monde à un programme politique. Chaque artiste doit être en mesure de prendre lui-même en charge la question. par le degré de réalité de ce qui est représenté que par la question du rapport entre les maladies mentales et le contexte social et de ce que nous pouvons faire pour changer les choses. Ce qui nuit beaucoup à mes yeux au film c’est le mélange des motifs politiques et des motifs artistiques. Ce sont ses propres ambitions morales qui le font tomber dans le piège. c’est de son instrumentalisation par le film. laissant toujours transparaître ses intentions. Un contre-exemple à « Family Life ». L’action politique a une fonction. L’art n’est pas là pour apaiser la conscience politique. Elle dit beaucoup de choses de l’attitude du metteur en scène face à ses personnages et à ses spectateurs. du point de vue artistique tout comme du point de vue politique. ils n’ont de valeur que par l’objectif qui sous-tend l’action. je peux utiliser les arguments ou la force. Le film ne prend pas soin de cacher son argumentation monocausale derrière une façade quasi documentaire. est raté. C’est que la forme est justement aussi politique. Les deux sont des instruments politiques. Quinze ans après qu’il ait révolutionné la variété allemande avec son trio et « Dadada ». c’est « Titicut Follies » de Frederick Wiseman. Les instruments de l’action politique n’ont pas de valeur en soi. un documentaire sur un établissement psychiatrique aux USA à la fin des années soixante. On attend de la scène finale du film qu’elle s’attaque au système mais c’est avant tout le film lui-même qu’elle saborde : ce n’est pas de la psychiatrie dont le personnage principal est victime. C’est peut-être vrai. Pour convaincre les gens de jeter leurs pots de yaourts dans la poubelle jaune du tri sélectif. C’est dans la question de la fonction que réside la différence fondamentale entre pratique politique et pratique artistique. Avec Loach je suis plus préoccupé par la question de la « vraisemblance ». il chante « Mon ami est un nègre » devant un parquet de vieilles dames. Je distribue des tracts ou bien je balance des bombes pour renverser les structures du pouvoir. cette mécanique-là est trop simpliste pour moi. Le concert le plus triste de ma vie a été le jour où Stefan Remmler s’est produit au Café « Planten und Blomen » de Hambourg. La politique détermine le « vivre ensemble » des individus. Les œuvres d’art ne sont pas des moyens pour atteindre un but.pour ensuite le pousser petit à petit de la petite criminalité jusqu’au meurtre. Tout est politique. Mais il est important de faire la distinction entre pratique artistique et pratique politique. cela lui nuit et politiquement et artistiquement. C’est pourquoi le film.

Il suffit de regarder la liste des films allemands financés par l’Etat ou de compter le nombre de croix gammées dans le cinéma ou à la . renonce à des commentaires off et à une dramaturgie collant au destin d’un personnage. Formation politique et culture dans le même sac. le film est lui aussi une œuvre subjective. Le réalisateur ne s’est pas mis au travail avec au départ un objectif narratif. Sur l’emballage. C’est là tout le programme esthétique d’une politique culturelle sociale démocrate. Chez lui la distinction entre pratique politique et pratique artistique ne fait plus sens. de réfléchir sur elle-même et d’apporter des changements. La politique culturelle de l’Etat aime les films qui vous « emballent » dans des histoires un éclairage politique. Mais il s’est laissé guider par ce qu’il a trouvé et non par ce qu’en amont il voulait prouver. Son portrait d’une institution n’a pas besoin d’un récit qui permette l’identification avec les protagonistes et les antagonistes. Les psychiatres et le personnel soignant se comportent de manière bien plus brutale et inhumaine que le personnel de l’institution du film de Loach et toutefois chacun des protagonistes conserve sa complexité.même s’il avait une idée de ce qui l’attendrait dans cet établissement. Il permet à la société de porter un regard sur les institutions qu’elle-même a mises en place. C’est cela la logique artistique et l’éthique politique du cinéma de Wiseman. Wiseman fait confiance à mon jugement. Le film de Wiseman n’a pas manqué son objectif. En comparant les deux films je me pose la question de savoir si certains thèmes spécifiques sont compatibles avec la logique dramaturgique du film de fiction. on peut lire par exemple : l’émouvante histoire entre une jeune fille turque et un skinhead. Mes doutes se voient renforcés par l’afflux de films traitant de l’histoire de l’Allemagne qui inondent le marché allemand ces dernières années. au sens médical du terme. Bien sûr. son objet. en tant que spectateur. c’est à cela qu’ils doivent ressembler. Le cinéma comme art de l’emballage. Et moi. Il examine. Il s’agit avant tout de ne pas sur solliciter le citoyen. En témoigne dans le générique de fin l’arrêté judiciaire attestant que depuis la situation a changé dans cette institution. Les producteurs savent qu’ils obtiendront de l’argent pour des projets traitant du racisme.Wiseman regarde. j’ai le sentiment de faire connaissance avec le lieu en même temps que le metteur en scène. dans laquelle l’auteur choisit de montrer -ou de ne pas montrer.ce qu’il veut. sans me voir asséner une leçon prédigérée. de l’oppression des minorités ou de la pauvreté dans les pays lointains. Et pourtant : c’est par le refus du compromis et par la façon conséquente dont Wiseman documente les rapports sociaux que naît aussi une œuvre d’art. Mais son travail est avant tout dicté par une motivation politique. Si films politiques il doit y avoir. du national-socialisme.

Pire encore : outre le fait que certains de ces films sont d’esprit revanchard. on est en droit de douter de son potentiel subversif. Elle donne naissance à un amas de films sans valeur artistique aucune et bourré de clichés. Quelles sont les collections qui affichent des œuvres d’artistes politiques comme Hans Haacke ? Quel est le degré de provocation d’un « artiste de la provocation » (tel qu’il se décrit sur sa page web) autorisé à monter Wagner à Bayreuth ? Quel peut être le degré de corrosivité de la critique du capitalisme d’ « Feelgoogmovies politique » (citation de la presse pour la promo du film). ni n’est en mesure de changer le monde ? Qu’est-ce que le politique d’un art « politique » ? Outre les doutes concernant la question de l’efficacité. en consommant des pièces de théâtre ou des films « politiques ». Mettre en avant le contenu politique des films apaise peut-être les consciences mais on est loin de l’action politique. quand il remporte le Prix de l’Etat de Bavière. Contrairement à un art qui ne prétend être que de l’art et qui souvent est plus subversif. Et les objectifs politiques de l’artiste entrent rapidement en contradiction avec les mécanismes du marché. on peut dans de nombreux cas mettre en cause la portée de l’ambition : des œuvres « politiques » existent souvent comme « niches » et atteignent si peu de personnes qu’elles demeurent sans effet. dont les effets politiques sont nuls. Les œuvres qui touchent un public plus grand suscitent un autre dilemme : ils se vendent comme politiques et subversifs mais leur succès et leur caractère consensuel apportent plutôt la preuve du contraire et sont un indice somme toute assez fiable de leur degré de consensus. Il y a des moyens plus efficaces d’utiliser les ressources sociales contenues dans ces soi-disant films politiques. Quand il y a un tel consensus autour d’un film. Cette politique sur sollicite l’art tout en sous sollicitant l’intelligence de ses citoyens. Seul le marché de l’art les maintient en vie. La plupart du temps les bandes annonce des films sont plus politiques que les films eux-mêmes. ils encouragent l’immobilisme social. C’est cette illusion qu’il faut rejeter. Elle ôte à l’artiste sa liberté et au spectateur sa majorité de citoyen.télévision. le très consensuel Lola du .a. quand ils donnent à des citoyens déjà acquis à la cause l’impression de faire leur b. Pourquoi alors faisons-nous encore des films ? Un petit ballon de peinture bien ciblé ou un gros titre du quotidien « Bild » ont plus d’effet. Marlen Haushofer écrit à propos du « Voleur de bicyclette » de de Sica : « Les larmes dans les yeux de Madame Müller ne rendront pas sa bicyclette au pauvre diable et ne font que donner à Madame Müller l’illusion d’être quelqu’un de bon. Bien sûr que l’on ne mesure pas la qualité d’un film à son efficacité politique mais celle-ci devrait être prise en compte quand un film a la prétention d’être politique. quand celui-ci ni ne veut. Qu’est-ce exactement qu’un film politique.

Il en est de même d’un réalisateur de films commerciaux. c’est une utopie nécessaire à l’artiste. Un réalisateur de films artistiques n’est pas un éducateur social. c’est justement là qu’il est politique : dans son refus d’être socialement et politiquement exploitable. Là réside toute la différence. de façon de s’asseoir et celui qui veut changer la société doit agir politiquement. U versus E. S’il se révèle conséquent ou novateur. Le . romans ou pièces de théâtre sont les instruments adéquats pour son travail. son amoralité et son refus de se laisser instrumentaliser ou fonctionnaliser. ni d’un point de vue artistique. Il y a bon nombre d’exemples dans l’art pop. son travail repose sur des recherches historiques et journalistiques. L’ambition d’une éducation politique est importante certes mais la distinction entre des formes différentes de pratique culturelle l’est tout autant. L’art encore une fois n’est pas un moyen pour atteindre un objectif. l’architecture. c’est la politique des formes engagées qui sera décisive. tout peut être art : le pop art peut être de l’art et l’art peut être politique. se caractérise par sa sincérité. reportage versus littérature. Prenons un autre exemple de l’histoire du cinéma : Claude Lanzmann avec « Shoah » a voulu préserver de l’oubli un chapitre de l’histoire. Qui n’a pas compris cela ne crée généralement rien d’intéressant. Oui. sa polysémie. ni l’autre. Sa motivation est politique. Si l’art est politique. Sa force. commerce versus art. L’art. celui en tout cas qui a joué un rôle dans ma vie. le cinéma qui ne tendent pas vers un idéal d’œuvre d’art autonome et qui toutefois constituent des biens culturels importants.mais l’art qui veut être politique n’est la plupart du temps ni l’un. Mais celui qui conçoit une chaise pense d’abord en termes d’assise. La politique exige des compromis responsables. on pourra alors à nouveau parler d’art. Il n’a pas d’obligation de résultat. Celui qui prétend faire de l’éducation politique doit se poser la question de savoir si films de fiction. Quand bien même ceci peut s’apparenter à une illusion. Celui qui s’engage dans une pratique particulière doit rester fidèle aux objectifs qu’il s’est assignés. Il n’est pas question pour moi de tracer des lignes de partage idéologiques : culture noble versus culture triviale. S’il choisit ces instruments. donc. c’est son indépendance. ni d’un point de vue politique. le design. s’il crée quelque chose de neuf.meilleur film et les faveurs de l’ensemble du spectre politique ? Est-ce que nous sommes des Oscar ? La logique politique est différente de la logique artistique. Ainsi en tout cas le veut l’usage de la langue. quand l’art a le droit d’être amoral et sans compromis. éducation politique versus art cinématographique. ni un historien.toute œuvre d’art est aussi le produit d’un marché-.

Il se ment à lui-même. Mais c’est autre chose que d’attendre des artistes une conscience politique que d’exiger d’eux qu’ils fassent de l’art « politique ». c’est le peuple est-allemand qui s’en trouve réhabilité. Grâce à Hitler et la Stasi. Pour faire écho à Godard : pouvons-nous accepter que Spielberg reconstruise Auschwitz ? Une démarche documentaire me convainc davantage. c’est la faute de Hitler et Mielke. C’est bien lui l’auteur de la scène la plus obscène de l’histoire du cinéma. il les endort. qui s’assimile à la fois à de la pornographie et à un document cherchant à éveiller de la consternation. un retour en force de ces figures de l’Histoire. ces réalisateurs deviennent des maîtres de l’exportation. Steven Spielberg poursuit plusieurs lièvres à la fois. Spielberg innocente l’Histoire. Pasolini. L’innocence politique de l’art. je me vois mal m’installer à ma table et m’infliger une douleur nouvelle en inventant des personnages fictifs et pire encore des personnages semi-historiques. Lubitsch. c’est vrai. il est dans le meilleur des cas apolitique. celle des chambres à gaz. A contrario. Filbinger et compagnie. le fait qu’il renonce à toute pédagogie. le fait que jamais il ne se dissimule comme auteur. Et quand le tout est couronné par l’Oscar. dans laquelle ils vivent.caractère conséquent de ce travail. Mais face à l’horreur réelle d’une telle proportion. Un cinéma qui ne veut pas prendre part à cette exploitation de l’Histoire est un cinéma qui politiquement n’est pas ignorant1. cela n’existe pas. politicopédagogiques et commerciaux. Au lieu de réveiller les consciences. sa confiance dans la force des témoignages. il ment aux autres. Ce à quoi l’on assiste en Allemagne dans le cinéma actuel. le plus souvent réactionnaire. Tout auteur est un bourreau dramaturgique. Celui qui met en avant l’essence politique de son travail s’enferre dans d’inextricables contradictions. A des exceptions près comme toujours : Sokurov. qui politiquement a des effets contraires à ceux visés. c’est à un cinéma qui exploite et tire profit de l’histoire allemande : ce faisant. tout cela fait de cette documentation politique sur le pire crime de l’histoire de l’humanité un chef d’œuvre qui pour toujours laissera son empreinte. opèrent et célèbrent un revival. exploitant le filon de ces eventmovies révisionnistes.artistiques. qui nécessairement entrent en contradiction les uns avec les autres. L’Allemagne unifiée peut s’écrier à l’unisson : Ce n’était pas de notre faute. il les renforce (voir le casting !). Les artistes qui font mine de l’ignorer sont de grands naïfs ou bien des réactionnaires. Je me demande pourquoi une certaine critique cinématographique qui appelle de ses voeux un cinéma politique n’écrit pas des textes plus 1 Le vrai Hitler ne fut-il pas suffisamment dramatique ? Pourquoi avons-nous besoin de ses sosies fictifs ? Son régime a entrainé des millions de victimes mais malgré cela des scénaristes se mettent à leur table de travail pour en imaginer de nouveaux. Le résultat c’est une sorte de porno historique. au lieu de combattre les préjugés. . Les artistes sont une part de la société. Le petit homme (suffisamment petit pour tirer profit pour la promotion du film de son conflit avec son ex-femme agonisante) se trouve lavé de toute faute.

« Starship Troopers » est un film antimilitariste. A condition toutefois qu’elle se confronte concrètement aux films eux-mêmes et pris séparément. Madonna est féministe et Alice Schwarzer la mère de la nation. ndlr). ndrl] est de l’art. Ce serait certainement plus intéressant que d’ergoter autour d’écoles qui n’existent pas. ils verraient peut-être que peuvent aussi être politiques des films qui ne prétendent pas servir l’éducation politique.politiques. S’interroger sur ce qui constitue la cohérence interne des films est une tâche importante. S’ils y regardaient de plus près. C’est là une critique que j’admettrais à la rigueur. Claus Peymann est un fumier. Je suis certain qu’il y aurait plus à en apprendre sur le caractère « politique » des films que de s’attacher à leurs contenus politiques. La poubelle jaune [du tri sélectif. qui chantent « Go West » est plus pédéraste que Rosa von Praunheim. « Guernica » est un mauvais tableau. « Saving Private Ryan » une saleté réactionnaire. Est-ce que les petit-bourgeois joyeux de Andreas Dresen sont plus politiques que les intellos désorientés et inquiets de Angela Schanelec ou bien est-ce que le citoyen cultivé préfère s’intéresser aux Autres (de la Vie des Autres. Le signe de la victoire de Joseph Ackermann est plus antidémocratique que le message de Christian Klar à la conférence Rosa Luxembourg. . Les « Demoiselles d’Avignon » étaient subversives. Peut-être faut-il lire derrière la critique qui nous est adressée à nous les cinéastes « apolitiques » le reproche de ne pas évoluer. elle devrait revoir ses critères esthétiques. Un stade de football remplie de Skinheads. sous prétexte que nous ne mettrions pas en question. plutôt que de se demander ce qu’il a perdu dans ce monde ? Avant que cette critique distribue des bons points aux films politiques.