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Revue des Études Augustiniennes, 37(1991), 37-78 Nouveaux sermons de saint Augustin pour la conversion des
Revue des Études Augustiniennes, 37(1991), 37-78
Nouveaux sermons de saint Augustin
pour la conversion
des païens et des donatistes
Il y a quelques mois, de façon rapide et imparfaite, j'ai signalé l'intérêt
exceptionnel d'un sermonnaire de Mayence (Mainz, Stadtbibliothek I 9 =
1
M)
. Ce recueil de la seconde moitié du XV e siècle regroupe en effet deux
collections antiques de sermons de saint Augustin. La première était,
jusqu'ici, attestée seulement dans le catalogue carolingien de la bibliothè-
que de Lorsch ; la seconde n'était connue qu'à travers une édition partielle
de 1586, fondée sur un volume - aujourd'hui perdu - de la Grande-
Chartreuse 2 . Mon intention est de procurer, aussi rapidement que
possible, une analyse détaillée de M, ainsi qu'une concordance exacte entre
ces diverses collections 3 .
D'après un bilan encore susceptible de variations légères, le sermon-
naire augustinien de Mayence renferme dix-neuf textes inédits, qui sont
presque tous recensés dans l'Indiculum de Possidius 4 . Il permet en outre
de compléter, parfois notablement, sept autres pièces 5 . Enfin, parmi la
6
cinquantaine de fragments repérés de sermons augustiniens
, treize
1. F. DOLBEAU, Sermons inédits de S. Augustin dans un manuscrit de
Mayence
(Stadtbibliothek, 19), dans Revue des Études Augustiniennes, t. 36, 1990, p. 355-359.
2. Une analyse des collections de Lorsch et de la Grande-Chartreuse est donnée par P.-
P. VERBRAKEN, dans Études critiques sur les sermons authentiques de saint Augustin,
Steenbrugis, 1976 (Instrumenta patristica, 12), p. 202-203 et 232-233.
3. Ce travail devrait être publié dans la Revue Bénédictine. On consultera, en attendant,
une excellente notice de M, chez G. LiST et G. PowiTZ, Die Handschriften der
Stadtbibliothek Mainz, Band I, Hs 11 - Hs 1150, Wiesbaden, 1990, p. 31-37.
4. Ce sont, à deux exceptions près, les textes affectés d'un astérisque dans l'article
signalé à la note 1. J'ai constaté depuis lors que les feuillets 55v-63 donnaient seulement
une version complétée du sermon Caillau-Saint-Yves II 19. En revanche les feuillets 83-
84v transmettent une pièce inconnue, qui n'a aucun rapport avec le sermon Denis 9.
5. A savoir les sermons 198, 283, 341, 374, Caillau-Saint-Yves II 19 (346 A),
Frangipane 7 (293 A), Mai 19 (299 A).
6. Quarante-sept avaient été recensés par P.-P. VERBRAKEN, Lesfragments conservés
de sermons perdus de saint Augustin, dans Revue Bénédictine, t. 84, 1974, p. 245-270.
Quelques unités supplémentaires ont été depuis lors ajoutées par R. ETATX (dans RÉAug,
38 FRANÇOIS DOLBEAU peuvent désormais être réinsérés dans leur contexte 7 . Comme plusieurs des
38
FRANÇOIS DOLBEAU
peuvent désormais être réinsérés dans leur contexte 7 . Comme plusieurs
des sermons inconnus ou des compléments retrouvés sont très étendus, les
sections inédites du manuscrit de Mayence représentent un corpus textuel
considérable. La multiplicité des copistes de M, la compétence médiocre
de certains d'entre eux rendent malaisé le travail du philologue. Pour ne
pas se sentir écrasé par la tâche, il faudrait avoir la carrure (et la science)
de Sirmond ou de Dom Morin. Après avoir pris conseil de mes amis, j'ai
estimé que le meilleur service que je pouvais rendre à la communauté
scientifique était de publier très vite les parties inédites de M, sans espérer
atteindre une perfection inaccessible. Une fois que les spécialistes auront
pris connaissance des textes nouveaux, il sera possible d'améliorer cette
publication initiale et de mettre en chantier, sur une base collective,
l'édition intégrale des deux collections transmises par M.
Pour inaugurer la première phase de l'enquête, à savoir celle des
publications provisoires, j'ai retenu deux sermons parmi les moins
corrompus, mentionnés chez Possidius et qui se succèdent dans l'inven-
taire de Lorsch comme dans le sermonnaire de Mayence 8 . Les notices
introductives résument le contenu de chacune des pièces et cherchent à
préciser le lieu et l'époque où prêchait saint Augustin. Je me suis efforcé
d'y séparer, par des changements de corps, les données sûres des simples
hypothèses de travail. Dans l'établissement des textes eux-mêmes, pour
éviter de fourvoyer les lecteurs, j'ai limité à dessein le nombre de mes
conjectures et signalé d'un astérisque les passages lesplus perturbés 9 . Les
graphies d'un témoin du XV e siècle étant dépourvuesd'autoritéJ'ai rétabli
partout l'orthographe classique, en me conformant enprincipe aux formes
10
adoptées dans la récente concordance de saint Augustin
. Je suis aussi
t. 28, 1982, p. 253-256 et RBén, t. 98, 1988, p. 7-17), moi-même (dans RÉAug, t. 35,
1989, p. 432-433) et P.-P. VERBRAKEN (dans Augustiniana, t. 40-41,1990 = Collectanea
Augustiniana. Mélanges T. J. Van Bavel, p. 65-66).
7. Verbraken 2-3 (M, f. 174rv et 181), 4 (M, f. 87), 15-23 (dispersés dans M, entre
les f. 226v et 249), 46 (M, f. 127rv).
,
Ylndiculunty d'après l'édition d'A. WiLMART, dans Miscellanea Agostiniana, t 2, Romae,
1931, p. 149-233. La numérotation des pièces à l'intérieur de M est empruntée à mon
analyse, encore inédite, du sermonnaire de Mayence.
8.
La notice de Lorsch sera citée d'après VERBRAKEN, Études critiques
p. 232-233 ;
9. La teneur générale de la collection et le témoignage de Possidius suffisent à prouver
l'authenticité des sermons publiés ici. Je n'ai donc pas cherché à multiplier en note les
renvois à d'autres œuvres d'Augustin. Les parallèles qui ont été retenus manifestent une
certaine cohésion de la coUection de Mayence-Lorsch ou constituent un premierjalon pour
de futures recherches chronologiques sur la prédication augustinienne.
10. Thesaurus Augustinianus. Series A - Formae, curante CETEDOC, Turnhout, 1989,
LXX-700 pages et 248 microfiches. Sans ce magnifique instrument de travail, mon
enquête aurait été sensiblement ralentie. Je suis heureux de manifester ici ma gratitude à
l'égard de Paul Tombeur et de ses coUaborateurs. Ma reconnaissance s'adresse également
NOUVEAUX SERMONS D 9 AUGUSTIN 39 responsable de la répartition des majuscules. En revanche, la
NOUVEAUX SERMONS D 9 AUGUSTIN 39
responsable de la répartition des majuscules. En revanche, la ponctuation
transmise par M, dans la mesure du possible, a été seulement transposée.
Je remercie d'avance les savants qui me feraient part de leurs observations
critiques ou qui accepteraient de collaborer à la seconde phase de
l'entreprise.
A. DE TESTBdONUS SCRH>TVRARVM CONTRA DONATISTAS
ET CONTRA PAGANOS
Mayence n° 60 (Mainz I 9, f. 201-208) ; Possidius I 42 : «De testimo-
niis scripturarum contra donatistas et idola» = Poss. VI 41 : «De testimo-
niis scripturarum contra supra scriptos (donatistas) et contra idola» ;
Lorsch 6 : «De testimoniis scripturarum contra donatistas et contra
paganos».
Argument. - Dossier scripturaire destiné à prouver aux Donatistes que
l'Église véritable est universelle, aux païens que les prophètes ont annoncé
la destruction de leurs idoles. Peu après l'introduction d'un nouveau
développement : «Audiuimus praedicta, quae futura sint idolis ; audiamus
praecepta, quae facienda sunt idolis (début du § 11)», le sermon
s'interrompt de façon plutôt brutale. S'il y a une lacune finale, celle-ci
remonte au moins au modèle de M, car le sermonnaire de Mayence ne
présente à cet endroit aucune mutilation. Il est douteux, mais pas entière-
ment exclu, qu'une teUe brusquerie ait été intentionneUe.
Circonstances,- Ni le lieu ni l'année ni la saison ne peuvent être
précisés à l'aide de la seule critique interne. Augustin se trouve à un
endroit où il a déjà prêché la veille, en évoquant Jérémie 16, 19a :
«Quamuis hoc hesterno etiam die commemorauerim, dulce est nimis et
hodie repetatur
Domine, uirtus mea et auxilium et refugium meum in
die malorum (§ 9)». Ce verset, exploité dans le Contra Faustum (13, 7), le
De consensu euangelistarum (1, 26, 40) et le De ciuitate Dei (18, 33), ne
figure dans aucun des sermons actuellement connus. Il est cité en revanche
au personnel de la Stadtbibliothek de Mayence, et à celui de l'Institut de Recherche et
d'Histoire des Textes. Enfin, Goulven Madec et Pierre Petitmengin, qui m'honorent de
leur amitié, ont contribué à rendre cette publication moins imparfaite.
40 FRANÇOIS DOLBEAU dans Mayence 9 (Mainz I 9, f. 32-35v), qui fut prononcé un
40
FRANÇOIS
DOLBEAU
dans Mayence 9 (Mainz I 9, f. 32-35v), qui fut prononcé un 29 juin pour
la fête des saints Pierre et Paul 11 .
Les sermons de Mayence 9 et 60 ont d'autres points communsft)arexemple la mention
de Sagesse 14, 11), qui incitent à ne pas trop les écarter sur le plan chronologique. Hs
furent sans doute prêchés à peu d'intervalle, mais pas nécessairement lors de deux
journées successives. On observera en tout cas qu'ils ne se suivent ni dans YIndiculwn de
Possidius ni dans le catalogue de Lorsch. A l'intérieur de ces documents, qui ont gardé
quelques traces des séries primitives, Mayence 60 serait plutôt au voisinage de sermons
prêchés en hiver : Poss. I 38-40 = Lorsch 10 et 2-4 (calendes de janvier, épiphanie) ;
Poss. VI. 42 («Contra supra scriptos [donatistas] per natalem sancti Salui martyris [11
janvier]»).
La mention de poursuites légales contre les païens : «flli a timore legum
abscondunt (§ 8)», oblige à situer Mayence 60 à une époque où était
appliquée en Afrique la loi du 29 janvier 399 12 . L'argumentation relative
aux Donatistes (§ 4) implique une date antérieure à la Conférence de 411,
puisque le culte schismatique possède encore un caractère public : «Ille
qui recitat codicem in congregatione tua, lector est tuus, testis est meus».
Augustin d'autre part garde un ton irénique, qui ne serait plus de mise
après la publication des premières mesures répressives, et notamment de
l'édit d'union de février 405 : «Sinamus eos, si fieri potest sine studio
animositatis, de sua impietate cogitare 13 ».
Pour resserrer cette fourchette (399-405), deux voies restent à explorer, dans
lesquelles je ne puis m'engager ici. La première consiste à rapprocher le sermon des
pièces apparentées qui se lisent dans M (par exemple Mai 19 augmenté), pour voir si
celles-ci ne renfermeraient pas des indications plus précises. La seconde est la
confrontation systématique du présent dossier scripturaire avec les versets utilisés par
11. Cette pièce peut être définie comme une recension complétée du sermon Mai 19
(299 A). On y lit au f. 35 un développement inédit et parallèle à Mayence 60, § 6 et 9 :
«Habes et illud in chirographo : Et in idolis naîionum erit respectus (Sap 14,11) ; habes
in chirographo : Domine deus refugium meum, ad te gentes uenient ab extremo terrae et
dicent : Vere mendacia colueruntpatres nostri, simulacra quae eis nonprofuerunt (Ier 16,
19)». On observera cependant que le verset de Jérémie est cité de part et d'autre selon des
versions différentes.
12. La législation antipaïenne des empereurs chrétiens se trouve commodément
rassemblée chez L. STORONi
MAZZOLANi, Sant'Agostino e i pagani, Palermo, 2 1988, p.
112-136 ; on en trouvera une présentation plus générale chez A. H. M. JONES, The Later
Roman Empire 284-602, Oxford, 1964, t. 2, p. 938-943, t. 3, p. 320.
13. Une phrase de ce même paragraphe pourrait sembler, au premier abord, faire
allusion à une mesure (elle aussi de février 405) qui retirait aux Donatistes la capacité de
tester : «Me dicis incendisse testamentum, quem uides tenere hereditatem ; te dicis
seruasse testamentum, cum te feceris exhereditatum». Une étude récente a prouvé
cependant que les termes testamentum, hereditas, exhered[it]are, apparaissaient dans la
polémique antidonatiste plusieurs années avant le début de la répression. Hs n'ont donc de
portée chronologique que là où Augustin évoque clairement les dispositions mêmes de la
loi : voir à ce sujet P. DE Luis VßCAflsro, La Sagrada Escritura como «Testamento» de
Dios en la obra antidonatista de san Agustín, dans Estudio Agustiniano, t. 15,1980, p. 3-
37.
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 41 Augustin contre les païens et les Donatistes 14 . A l'issue
NOUVEAUX
SERMONS
D'AUGUSTIN
41
Augustin contre les païens et les Donatistes 14 . A l'issue de sondages partiels, j'observe
que le matériel antipaïen (§ 6-11) est proche de celui qu'exploite le livre premier du De
consensu euangelisîarum, et que la plupart des citations à l'usage des Donatistes (§ 1-3),
y compris le commentaire développé de Juges 6, 36-40, se lisent aussi dans VEpistula ad
catholicos de secta donatistarum. La date traditionnelle du De consensu est 400, mais
plusieurs voix se sont élevées pour en abaisser la rédaction (ou en retarder l'achèvement)
de quelques années 15 . L'Epistula ad catholicos est postérieure aux deux premiers livres
du Contra litteras Petiliani et antérieure au troisième : sa datation oscille, selon les
historiens, de la fin de 401 à peu avant 405 16 . Notons en passant que l'authenticité de ce
dernier texte, parfois mise en cause, semble sortir renforcée de la comparaison avec
Mayence 60.
Le texte de ce nouveau tractatus nous a été, dans l'ensemble, transmis
de façon satisfaisante. Une phrase («Et quoniam — unde placeamus»)
reste boiteuse à l'intérieur du chapitre 2 : j'ai indiqué en apparat une
solution plausible, mais il pourrait s'agir seulement d'une anacoluthe.
Dans un passage crucial du paragraphe 11, j'ai été réduit d'autre part à
supposer une lacune. Augustin, me semble-t-il, cherche à modérer
l'ardeur iconoclaste des chrétiens et souhaite que les idoles soient brisées
par les nouveaux convertis : «Sed deus per illos ea uoluit perdere, quos
noluit perire 17 ». Et s'il invoque ensuite des versets fort énergiques de
l'Exode : «
Aras eorum deponetis et titulos eorum confringetis et lucos
eorum excidetis
(23,
23-24 et 34, 11-14)», il omet (sciemment ?) les
14. En suivant la méthode appliquée avec bonheur par A.-M. LA BoNNARDlÈRE, dans
les tomes parus de Biblia Augustiniana. Certains versets cités par Mayence 60 n'étaient
pasjusqu'ici transmis dans les œuvres d'Augustin (en particulier Jérémie 10, 2-5 et 12-
16). D'autres sont courants lorsque celui-ci cherche à convaincre païens ou Donatistes.
Sur l'emploi augustinien de Jérémie 10, 11 et 16, 19, on lira déjà avec profit Biblia
Augustiniana. Le livre de Jérémie, Paris, 1972, p. 45, 53, 72 et 87-90 ; voir aussi les
références réunies à propos de Juges 6, 36-40 (Bibl. Aug. Livres historiques, Paris,
1960, p. 43-44), Sagesse 14, 11 (Bibl. Aug. Le livre de la Sagesse, Paris, 1970, p. 304
et 329) et Zacharie 13, 2 (Bibl. Aug. Les douzepetitsprophètes,
Paris, 1963, p. 48).
15. Voir D. DE BRUYNE, L'Itala de saint Augustin, dans Revue Bénédictine, t. 30,
1913, p. 294-314 (spéc. p. 302-303 : rédaction prolongéejusqu'entre 405 et 410) ; A.-
M. LA BoNNARMÈRE, chez G. MADEC, 'Tempora christiana'. Expression du triomphalis-
me chrétien ou récrimination païenne ?, dans Scientia Augustiniana. Festschrift
Adolar
Zumkeller OSA, Würzburg, 1975, p. 112-136 (spéc. p. 118, n. 34 : peu après 404) ; J.
J. O'DoNNELL, Augustine's Classical Readings, dans Recherches Augustiniennes, t. 15,
1980, p. 173-175 (entre 400 et 415 et plutôt après 410 ; «G. Madec remains unconvinced
of any need to postpone the date of completion of that work much past 404»).
16. Pour les dates extrêmes, cf. P. MONCEAUX, Histoire littéraire de VAfrique chrétien-
ne, t. 5, Paris, 1923, p. 105 (fin 401) ; A.-M. LA BoNNARDtèRE, Recherches de chronolo-
gie augustinienne, Paris, 1965, p. 36 (peu avant 405).
17. L'attitude d'Augustin à l'égard des païens a été récemment commentée par H.
CHADWICK, Augustine on pagans and Christians : reflections on religious and social
change, dans History, Society and the Churches. Essays in Honour ofOwen Chadwick,
Cambridge, 1985, p. 9-27 ; L. STORONl MAZZOLANl, SanfAgostino e ipagani, p. 9-109.
42 FRANÇOIS DOLBEAU derniers mots de 34, 13 (LXX) : «Et vous jetterez au feu
42
FRANÇOIS
DOLBEAU
derniers mots de 34, 13 (LXX) : «Et vous jetterez au feu les statues de
leurs dieux».
Tractatus sancti Augustini episcopi de testimoniis
contra donatistas et contra paganos.
scripturarum
1. Fidem parentibus nostris dei promissa fecerunt, fidem nobis dei dona
impleuerunt. Li iUis promissum est nobis, /201v/ in nobis redditum est et
illis. Duo sunt sensus corporis per quos intrat fides : auditus et uisus.
Audierunt illi, uidemus nos. Sed et in nobis illi uident, et nos in illis
audiuimus. Propterea et ipsam ecclesiam adloquitur deus : Audi, filia, et
uide. Audi, inquit, et uide, et obliuiscere populum tuum et domum patris
tui, quoniam concupiuit rex speciem tuam. Quis rex ? Sequitur et dicit :
Quia ipse est deus tuus. Qualis ergo haec et quanta dignitas feminae, cui
rex deus et cui deus maritus ? Audi, inquit, et
uide, et obliuiscere
populum tuum et domum patris tui. Aliquid figit in memoria, ut aliud
toÛat de memoria. Erat enim sub alio patre et in alio populo. Midelibus
quippe adhuc, et adhuc tenebris, dicebat dominus : Vos a patre diabolo
estis. Populus autem impiorum diaboli filius et turba, pertinens tamquam
membra ad caput perditum. Huius patris domum et hunc populum iubetur
obliuisci audiendo et uidendo, ut etiam ipsa ex alio psabno respondeat in
suis fidelibus : Sicut audiuimus, ita et uidimus.
7. S. Morin 13, 4 (= 110) : «Ipsa ecclesia sic est conpellata ; non ei dictum est, Vide
filia et audi, audi, et uide : audi praedicta, uide completa». 7-10. Ps 44, 11-12 11-
2.Ps44,ll 14.Cf.Eph5,8 14-5.Io8,44 18.Ps47,9.
M = Mainz, Stadtbibliothek 19, XV e s.
M ac f MP C = M ante, post correctionem
Les corrections, effectuées dans le texte et parfois reportées en marge, sont
généralement d'une écriture plus fine, mais peut-être en raison d'une différence de
plume : je ne suis pas sûr qu'elles contraignent à distinguer le réviseur du copiste.
4. et add. M in marg.
8. uide2 : uideo M
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 43 2. Auditum est a patribus nostris : In semine tuo benedicentur
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 43
2. Auditum est a patribus nostris : In semine tuo benedicentur omnes
20
gentes. Hoc uidetur a nobis, quia impleturin nobis. Auditum est : Erit
radix Iesse, et qui exsurget regnare in gentibus, in eum gentes sperabunt.
De Iesse Dauid, de Dauid progenies Christi. Radix Iesse Christus regnat in
gentibus, in eum gentes sperant. Sperant in regem suum prouinciales regis
et serui dominantis et coheredes fratris. Hoc, sicuti est in uarietate uestis
25
reginae contextum, ita est nostris /202/ oculis fideique perspicuum.
Dictum est enim de hac regina : Adstitit regina a dextris tuis in uestitu
deaurato circumamicta uarietate. Quae uarietas uestis ? Numerositas
linguarum. Aliter loquuntur latini, aliter graeci, aliter punici, aliter
hebraei, aliter syri, aliter indi, aliter cappadoces, aliter aegyptii. Varietas
30
in colore, unitas in textu. Multi enim colores, textus unitate conclusi,
depingunt, non scindunt. Varietas linguarum, sed non uarietas doctrina-
rum. Varietas locutionis, sed unitas caritatis. Et quoniam* dicat aposto-
lus : Gloria nostra haec est testimonium conscientiae nostrae, ubi oculi dei
sunt, ubi conspectus eius cui placuimus, quia*, cum peccatores essemus,
35
remittendo nobis unde displicebamus, donauit nobis unde placeamus. Quia
ergo hoc factum est ut possemus illius dono, non merito nostro, dicere
cum apostolo et ex apostolo : Gloria nostra haec est testimonium conscien-
tiae nostrae, propterea et de iUa regina dicitur : Omnis pulchritudo filiae
regis intrinsecus. Veste forinsecus decoratur ad faciem, fide formatur
40
intrinsecus ad salutem. Vnde, nisi audiendo et uidendo, cui dictum est :
Audi, filia, et uide, ut responderet, sicut diximus, et concineret et
quodammodo resonaret omnibus membris suis : Sicut audiuimus, ita et
uidimus ?
19-20.
Gn 22, 18 (26, 4) -
S.
22, 4 : «Diffusa
est
ecclesia per totum orbem
terrarum. Ante mika annorum promissum est Abrahae : In semine tuo benedicentur omnes
gentes
» ; Denis 24, 10 (= 113 A) : «In semine tuo
Nos autem uidemus quod illi
promissum est
»
; Mayence 54 (f. 172 = Lorsch 8) : «Antequam essent haec omnia,
scripta legebantur, credebantur et non uidebantur ; modo uidemus ea quae maiores nostri
legebant
Ante multa milia annorum quando dictum est Abrahae : In semine tuo
»
; In
ps. 147,16 : «Ecce ante milia annorum dictum est Abrahae : In semine tuo
; quod ante
milia annorum dictum est, et ab uno creditum, modo iam uidemus impletum». 20-1.
Rm 15, 12 24. Cf Rm 8, 17 26-7. Ps 44, 10 33, 37-8. II Cor 1, 12 - S.
Frangipane 5 (= 163 B) : «non tibi sufficit testimonium conscientiae tuae, in theatro
pectoris tui, sub oculis dei». 38-9. Ps 44, 14 41. Ps 44, 11 42-3. Ps 47, 9.
29. siri M Il capadoces M
an nisi quia ?
31. liguarum M
32. quoniam : an quomodo ?
34.
44 FRANÇOIS DOLBEAU 3. Orbis terrarum christianis nudus erat et inopia gratiae siccus erat. 45
44
FRANÇOIS DOLBEAU
3. Orbis terrarum christianis nudus erat et inopia gratiae siccus erat.
45
Vnus populus deum colens, natus ex Abraham stirpe carnis et serie gene-
rationis ; in quo populo erant multi sancti, prophetae, iusti, patriarchae,
patres nostri ; ibi gratia in colendo deo, et meritum promerendi et spes
accipiendi mercedem. Et haec una gens erat inter omnes gentes, ab hac
gratia /202v/ uacuo toto orbe terrarum. Ventum est ad nostra tempora :
50
gens iUa una ab hac gratia sicca remansit, et irrigatus est orbis terrarum.
Hoc apud patres nostros quomodo sit praesignatum, accipite. Post solutio-
nem propono quod propositum solui solet. Itaque iam post istam
praelocutionem cum dixero, ignoscite. In libro iudicum scriptum est quod
Gedeon iturus ad proelium et pugnaturus pro patria contra alienigenas
55
signum petit. Videbatur signum petere ad praesens negotium, sed illi
praesenti negotio signum illud non congruebat. Rem praesentem petebat,
futuram praenuntiabat. Quid enim petit ? Accipite. Petit a deo ut uellus
lanae poneret in area, in quo uellere uoluit inuenire pluuiam, ut illud
ueUus humectum esset, area tota sicca. Petit alterum signum et dicit deo :
60
'Domine, ne irascatur mihifuror tuus. Petam adhuc alterum et temptabo
adhuc iterum in uellere. Hoc peto ut tota area humecta sit, uellus siccum.'
Accepit ; inuenit alio die siccum uellus, aream rigatam. Area est orbis
terrarum, in ueUere populus iudaeorum. Totus orbis terrarum ista gratia
uacuus erat, area ergo sicca erat. Haec gratia apud populum iudaicum
65
erat, sed in uellere. Quid est in uellere ? Non in manifestatione fidei, sed
in nube secreti erat, sed in aperto non erat. Non erat ad ostendendum ut
appareret, sed exprimendum ut manaret. Expressum est uellus, et impleuit
peluem aqua. Nec frustra peluem. Etenim peluis a pedibus luendis dicta
est, id est a pedibus lauandis, tamquam peluis quod pedes luat. Ergo et
70
ipsa expressio uelleris /203/ Christum manauit. Christus enim commen-
dans humilitatem in pelue discipulis pedes lauit. Nunc ergo siccum uellus
est, expressus est inde Christus. Vere expressus est, quia per pressuras
44. S. Morin 13, 4 : «Christianus populus toto orbe terrarum aliquando non erat : in
prophetia legebatur, in terra non uidebatur ; modo autem et legitur, et uidetur». 53 seq.
Cf. Idc 6, 36-40 60-1, 65. Idc 6, 39 67-8. Idc 6, 38 70-1. Cf. Io 13, 5.
48-9. post terrarum interpunxi : post gentes interpunxit M
52. propositum : an
C
M ac
C
praepositum ?
53. prelocucionem MP
: prelocionem
54. prelium MP
: bellum
M ac Il aUenigenas M ac
add. M in marg.
: -gena MP C ut uid.
68. peluem : peluim exspectares 72. esti
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 45 eiectus. Dixerunt enim coloni : Hic est heres, uenite, occidamus eum,
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 45
eiectus. Dixerunt enim coloni : Hic est heres, uenite, occidamus eum, et
nostra erit hereditas. Et occiderunt eum, inquit, et eiecerunt eum extra
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ciuitatem. Expresso uellere, foras aquam miserunt. De qua tamen ut
humilitas extenderetur expressi, abstulit inde quos uoluit, et iit ad gentes,
ut aliud signum impleret : sicco uellere, aream rigauit. Et haec fides non
est in nube ueUeris, sed in aperta manifestatione : omnibus praedicatur, ab
omnibus cognoscitur. Sacramentum habet in secreto, uerbum in publico.
80
Haec quemadmodum dicta sunt, ita sunt ; quemadmodum promissa, ita
reddita. Sicut audiuimus, ita et uidimus, quia nobis in unitate dictum est :
Audi, filia, et uide.
4. At uero haeretici, ab istius orbis compage separati, nec audire uolunt
quod legunt nec uidere quod norunt. Ad nuptias inuitati sumus, sponsam
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laudauimus et ex diuinis testimoniis commendauimus. Commendauimus
nos nobis, immo nos dominus commendat omnibus. Ipse enim promisit,
ipse exhibuit. Aperiant oculos et uideant quod audierunt. Audis mecum,
uide mecum. fcnmo quod peius est, et audis mecum et uides mecum et non
es mecum. Quid ergo mirandum est, fratres, si nolunt tenere pagani quod
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spernunt, cum nolunt credere donatistae quod legunt ? Paganus codicem
meum in flammam mittere uoluit, /203v/ ipsam scripturam detestatus est,
ipsam persecutus est. Quid mirum, si dolet uiuere quod uoluit incendere ?
Tu uero, haeretice, istum codicem te dicis a flamma seruasse. Quem
noluisti ut incenderetur, agnosce cum profertur, audi cum legitur. Certe
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in hoc codice est : In semine tuo benedicentur omnes gentes. Certe istas
litteras ardere noluisti. Quare in eis cupiditate dissensionis arsisti ? Quare,
obsecro, nisi quia mentiris, nisi quia te seruasse dicis, quod tu tradidisti ?
Non quaeramus antiqua quae gesta sunt : codex ipse proferatur, ipse a
flamma seruatus iudicet inter nos. Videamus quis ad flammam aeternam
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pertineat, quis flammae temporali tradiderit codicem. Et qui incendere et
qui tradere ausus est, perire illam uoluit, sed non periit. Seruata est, salua
est : profertur. Quaeris a quo tradita, quaeris a quo seruata ? Proferatur,
legatur. Qui crediderit, non tradiderit. Vis uidere quam mihi cara sit illa
scriptura ? Legitur, et sequor. Vis uidere quam tibi odiosa sit ? Legitur, et
105
repugnas, resistis, alienas auditum. Cum aures in corde non habes, clausis-
73-5. Mc 12, 7-8
81. Ps 47, 9
82. Ps 44, 11.
95. Gn 22, 18
(26, 4)
105. S. 380,
1 (= Mayence 6) : «Nolite habere cor in
auribus, sed aures in corde».
75. ciuitatem : uineam exspectares
81. ita et M in marg. : sic M ac
96. dissencionis M
101. seruata MP C : saluata M ac
105. repungnas M™
103. non MP C : et non M ac Il
uidere MP C : credere M ac
46 FRANÇOIS DOLBEAU ti cor tuum ; pulsat scriptura quam te seruasse dicis, et non
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FRANÇOIS DOLBEAU
ti cor tuum ; pulsat scriptura quam te seruasse dicis, et non aperis. Si uere
seruasti istum codicem, melior est arca tua quam cor tuum. Sed absit ut
credam te quaesitum seruasse, quod lectum uideo recusasse. De codice
seruato uis concinnare crimen meum, de codice lecto ostendo crimen
110
tuum. Paganus, si non credit, odit quod lego ; tu, qui te non uis uideri ad
impietatem perductum per paganum, uicisti impietate paganum. /204 / DIe
odit et proicit, tu tenes et negas. Me dicis incendisse testamentum, quem
uides tenere hereditatem ; te dicis seruasse testamentum, cum te feceris
exhereditatum. Testamentum profero, testamentum lego : non uis ut
115
proferam, tu profer. A te proferatur, quod pro me legatur. Tu profer, tu
tene, tu aperi, uide, lege. Manus tenentis, oculi uidentis, lingua sonantis
mihi militant. Ex te, contra te, ago causam meam. IHe qui recitat codicem
in congregatione tua, lector est tuus, testis est meus. Sed isti audiunt et
uident, iUi nec audiunt nec uident. Transeamus ab his et sinamus eos, si
120
fieri potest sine studio animositatis, de sua impietate cogitare.
5. Pagani autem reliqui, adhuc ideo reliqui, ut adhuc habeat fides nostra
reprobatores, ut deum habeat probatorem. Adloquatur eos, et sciant quia
quod fit scriptum est antequam fieret, et praedictum est quia futurum
erat ; et non expauescant quia fit quod ipsi nolunt, sed credant quia fit
125
quod deus promisit futurum. Vellent illi fieri uoluntatem suam, sed deus
maluit implere promissionem suam. Non irascantur. IUe melior, puto, ille
potentior. Quantumlibet superbi sint, maior est deus. Pauca ergo quae pro
temporis angustia potuimus, de scripturis sanctis excerpsimus, quomodo
praedixerint prophetae futurum quibusdam temporibus ut idola de medio
130
toUerentur, et hoc impletum est, quemadmodum praedixerunt futurum ut
ecclesia per orbem totum diffunderetur, et sic impletum est. Non ergo
multum succenseamus paganis, quia nolunt credere de idolis, cum
haeretici nolint /204v/ credere de ecclesia. Vtrique uident, utrique non
credunt, sed alii negligunt, alii legunt. Non tantum pagani crimen est non
135
credere quod negligit, quantum haeretici non credere quod legit. Sed
tamen et pagani eo ipso quo implentur quae praedicta sunt, debent
agnoscere praedictorem et impletorem. Quae ergo dicta sunt de hac re,
accipite.
112-4. S. Mayence 54 (f. 172) : «Sine causa litigant haeretici cum ecclesia Christi ;
parum est quia exheredari uoluerunt, et heredibus calumniantur».
107. tua : tuam M ac
112. dicis iterauit M ac
114. exheredatum
exspectares
116. ligua M
119. hiis M
121. ut iterauit M ac
122. adloquatur scripsi : alloquantur M
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 47 6. in libro sapientiae scriptum est ita : Propter hoc et
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 47
6. in libro sapientiae scriptum est ita : Propter hoc et in idolis nationum
140
erit respectus. Tamquam enim non respiciebat deus diu adorata idola, diu
sacrificatum idolis. Qui semper uidet, aliquando respexit. Vidit ad
patientiam, respexit ad uindictam. In idolis, inquit, nationum erit respec-
tus, quoniam creaturae dei ad odium factae sunt. Irritant enim deum de
creaturis dei. Quomodo irritant de creaturis deum ? Faber enim fecit
145
deum, sed deus lignum. Aurifex fecit idolum, sed deus aurum. Quid de
re* illius facis quod oderit, de creatura dei formas male quod oderit ? Tu
bene formare quod diligat. fcnaginem tuam uis ponere in ligno, imaginem
dei recipe in te. Quid deles intus et quid sculpis foris ? Creaturae, inquit,
dei ad odium factae sunt, et in temptationes animis hominum, et in
150
muscipulam pedibus insipientium. Initium enimfornicationis est exquisitio
idolorum. Si laudatur mulier habens multos uiros, laudetur et anima
colens multos deos. Si adultera est mulier per ueros uiros, quanto magis
anima per falsos deos ? Initium enimfornicationis est exquisitio idolorum,
et adinuentio illorum corruptio uitae. Ecce quomodo addixit, uideamus
155
quid praedixit : Ne-/205/-que enim erant ab initio neque erunt in perpe-
tuum.
7.
Dicit etiam Zacharias similis* propheta : In die illo. Videte quid
dicat, et agnoscite diem. Diem quippe ponit pro tempore, sicut apostolus :
Ecce nunc tempus acceptabile, ecce nunc dies salutis. Quid ergo Zacha-
160
rias ? In die illa erit locus apertus domui Dauid. Hoc est illud quod
dicebam clausum esse in uellere, apertum in area. Erit locus apertus, erit
ecclesia manifesta. Quid est erit locus apertus ? Non potest ciuitas
abscondi super montem constituta. Erit locus apertus domui Dauid. Et erit
in die illa, exterminabit dominus nomina simulacrorum a terra, et in
165
totum non erit illorum mentio. Audiant ista pagani. Videant hoc fieri
quod praedictum est. Si amant diuinationem, agnoscant diuinitatem. Quid
139-40,
142-3. Sap 14, 11 -
Cf. S.
Denis 24, 9 ; Mayence 9 (f.
35 = version
augmentée de Mai 19). 148-51. Sap 14, 11-12 153-4. Sap 14, 12 155-6. Sap
14, 13 - Les citations patristiques de Sap 14, 11-13 ont été rassemblées par W. THiELE,
Sapientia Salomonis, Freiburg, 1977-85, p. 500-502 (Vetus Latina 11/1).
157. Za 13, 1
159. II Cor 6, 2
160-2. Za 13, 1 - Cf. supra § 3 162-3. Mt
5, 14
163-5. Za 13, 1-2.
143. factae :fracteMP C 146. re conieci : de iterauit M Il tu : et tu M ac
148. deles
MP C : debes M ac
154. corruptio conieci : corrupte M
155. quid MP C : quomodo M ac
157. similis MiJC legitur Il illo : illa ex hoc quod sequitur exspectares Il post uidete
add. illo M ac fort. recte
160. locus M in marg. : domus M ac
48 FRANÇOIS DOLBEAU pro magno eunt ad unum delirum mathematicum de uno homine consultum -
48
FRANÇOIS DOLBEAU
pro magno eunt ad unum delirum mathematicum de uno homine
consultum - et plura falsa quam uera dicat per casum, qui in falsis facit
occasum - ? Quid ergo mathematicum uult audire dicturum de uno
170
homine ? Audiat deum praedicentem de humano genere. De terra delentur
nomina idolorum, scribuntur in caelo nomina christianorum.
8. Dicat etiam Isaias : Humiliabitur et cadet iniuria hominum, et
exaltabitur dominus solus in illa die, et omnia manufacta abscondent,
inferentes in speluncas et cauernas petrarum. Videte si non est, uidete si
175
non fit, uidete si mentitur scriptura. Quasi nos idola quaeramus et non
cultores idolorum cultores dei facere uelimus, abscondunt in terra,
abscondunt in spelunca, abscondunt in cauerna petrae. Vbilibet
abscondant, inde eruitur, cum in corde euertitur*. /205v/ Quam multi
deos suos falsos peruersi absconderunt, et correcti prodiderunt. Nam
180
omnino duo ipsa genera hominum uidemus esse in ecclesia, immo unum
inde genus in ecclesia, alterum iam in uicinitate ecclesiae, et eorum qui
abscondunt, et eorum qui repellunt et proferunt. Utrumque genus
praedixit deus. Audistis de genere abscondentium, audite de genere
prodentium atque proicientium in ipso capitulo, in uno Isaiae testimonio :
185
Exaltabitur, inquit, dominus solus in illa die, et omnia manufacta
abscondent, in speluncas et in cauernas petrarum et in scissuras terrae, a
facie timoris domini, a claritate fortitudinis eius, cum exsurrexerit
confringere terram. Quid est confringere terram ? Terrere terrenos.
Propterea omnem audacem, si timuerit, dicimus timore confractum. Non
190
mirum quia terra timet, caelum enim tonat. In scripturis propheticis
tonitrua sunt. Ergo abscondent illi. Quid alii ? Etiam ipsi a timore, sed
meliore. IHi a timore legum abscondunt, isti a timore diuinae legis
proferunt et proiciunt. In utrisque timor est, sed timore alii proficiunt,
alii deficiunt. De abscondentibus audiuimus, aliud genus audiamus. In illa
195
enim die expellet homo abominationes suas argenteas et aureas quas
fecerunt. Mirum est expelli aurum et argentum : expeUit pietas quod amat
impietas. Expellunt abominationes suas, numquid non expeUunt et ligneas,
172-4, 185-8. Is 2, 17-19 194-6, 199-202. Is 2, 20 - Cf. R. GRYSON, Esaias,
Freiburg, 1987, p. 107-109 (Vetus Latina 12, fasc. 2). 197. S. Mayence 13 (f. 65 =
Lorsch 5) : «Simulacra gentium argentum et aurum. Noluit dicere lapidem et lignum, sed
quod pro magno habent, quod pretiosum putant, electa eorum sibi irridenda proponit.
Argentum quidem et aurum, sed tamen opera manuum hominum».
168. per add. M in marg. Il falsis add. M in marg.
169. dicturum M in marg. :
deHrumM^
178. posteuenhuT subaudi idolum
181. inter indeef genus anteposuit predixit
deus audistis de genere abscondencium M
183. deus MP C : ihesus M ac
184. ysaye
M 197. non add. M in marg.
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 49 expellunt et testeas, expeUunt et lapideas ? Tamen ad commendationem deuotioris
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 49
expellunt et testeas, expeUunt et lapideas ? Tamen ad commendationem
deuotioris animi, expellunt, inquit, aureas et argenteas. Quid amat, qui
200
iam aurum non amat ? Quae damna timet, qui dam-/206/-na auri
argentique non timet ? ExpeUunt abominationes argenteas et aureas quas
fecerunt adorare. Vana et noxia illi abscondunt, iUi expellunt : abominatio
tamen tollitur. Tollatur, atque utinam ut de locis terrarum, sic de cordibus
terrenorum. Per manus seruorum suorum deus de locis tollat haec, per
205
manum suam de cordibus.
9. Audiamus etiam Hieremiam. Quamuis hoc hesterno etiam die
commemorauerim, dulce est nimis et hodie repetatur - non enim
possumus fastidire - : Domine, uirtus mea et auxilium et refugium meum
in die malorum. Non iam refugium meum lapis et lignum, non iam
210
refugium meum aurum et argentum, opera manuum hominum. Non,
inquit, confugio ad eos qui ftigere non possunt : Pedes enim habent et non
ambulant. Domine, refugium meum in die malorum, in die temptationum,
in die laboris huius, in die infirmae uitae, in die suspiriorum ex desiderio
supernae Hierusalem. Quamdiu enim non sumus ubi esse cupimus, dies
215
malorum est. in spe gaudemus, nondum in re. Lide et in alio psahno :
Deduxisti me quia factus es spes mea. Spes nostra in uia, cum ducit. Et
quomodo refugium ? Turris fortitudinis a facie inimici. Quid ergo de
idolis, quid futurum erat ? Ad te, inquit, gentes uenient ab extremo terrae
et dicent : Quomodo mendaciapossideruntpatres nostri ? Ipsum quomodo
220
admiratio est filiorum de errore patrum suorum, tamquam dicant :
Quomodo prudentes erant maiores, quomodo ista coluerunt, quomodo
rectitudinem suam ante lignum et lapides curuauerunt, quomodo
relinquentes a quo facti sunt possiderunt uana quae fecerunt, quomodo
mendaciapossideruntpatres nostri ? Quae sunt iUa mendacia ? Simulacra,
225
/206v/ et non est in eis utilitas. Solent enim auaris nonnullis uideri
aliquando utilia mendacia ; et iurat negotiator ut carius uendat, in lucro
iurat ut acquirat, in lucro mentitur ut acquirat, in idolo mentitur ut
pereat. Nec in illis mendaciis utilitas est, si ueram et salubrem utilitatem
cogitemus. Sed uel illa est quae uidetur hominibus, quae putatur ab
230
imperitis ? Hic quid tandem erogas ut fabrum conducas, erogas ut pascas*,
erogas ut ornes, erogas ut coUoces, erogas ut sacrifices ? Totum erogas ut
nihil acquiras, multa perdas ut pereas.
208-9. Ier 16, 19
210. Ps 113, 12
211-2. Ps 113, 15
212. Ier
16, 19
216. Ps 60, 3-4
217. Ps 60, 4
218-9, 223-5. Ier 16, 19.
202.
illii : illa M ac
203. de locis conieci : deletis M
204. de locis add. M in
marg.
206.
iheremiam M
214. iherusalem M
215. et : est et M ac
219. lege possede-
runt hic et infra
229-30. sed — imperitis : in M haec sententia non est interrogatiua
230. locus suspectus
232. perdas : an perdis ?
50 FRANÇOIS DOLBEAU 10. Item Hieremias : Secundum uias gentium ne ambulaueritis. Eia, fratres mei,
50
FRANÇOIS DOLBEAU
10. Item Hieremias : Secundum uias gentium ne ambulaueritis. Eia,
fratres mei, nemo uestrum defendat idola. Omnis idoli defensor cultori
235
uicinusest. Secundum uias gentium ne ambulaueritis, et a signis caeli
nolite metuere, quoniam timent ea aspectus eorum. Quoniam legitimum
est gentium timere a signis caeli, id est eligere dies quando proficiscaris,
quando uxor ducatur, quando tela erigatur et quando alia* discindatur,
quoniam legitima eorum uana sunt. Et audi iam de idolis : Lignum est de
240
silua excisum, opusfabri et conflatio argenti. Rem notam uidetur dicere,
sed nimis surdus est cui dicit. Excitat eum tamquam a somno, ut uideat et
corde quod uidet oculis. Opusfabri et conflatio, argento et auro adornata
sunt f in incudibus et clauis firmauerunt ea, et non mouebuntur. Per se
enim non mouebuntur : mobiles corpore portant immobilem. Non porta-
245
rent immobilem mobiles corpore, si essent immobiles corde. In incudibus
et clauis firmauerunt ea t et non mouebuntur. Argentum caelatum. Et
additum est : Non ambulabunt. A Tharsis ueniet aurum Ophaz- pretiosum
aurum et magnum -, et manus artiflcum*, /207/ opus artificum omne,
hyacinthum et purpuram uestient ea*. Sublati tolluntur, quoniam non
250
ingrediuntur. Nolite timere ea, quoniam non laedent, et bonum non est in
illis. Sic dicetis eis. Quid dicemus eis ? DU qui caelum et terram non
fecerunt, pereant de terra et de sub caelo. Quid est sic dicetis eis ?
Christiani estis, prophetam auditis : sic dicite eis, nolite tacere. DU qui
caelum et terram nonfecerunt, pereant de terra et de sub caelo. Numquid
255
de caelo, ubi numquam fuerunt ? Aduertant ista praedicta et illi cultores,
aduertant et credant. Pereant isti de sub caelo, illi scribantur in caelo.
Certe sic dicitis eis* ; nolite seduci ab eis qui dicunt : 'Nec colas nec deri-
deas'. Accipe potius, christiane, prophetam ; deum audi potius per
prophetam : Dicetis eis : dii qui caelum et terram nonfecerunt, pereant de
260
terra et de sub caelo isto. Et tamquam diceret : 'Quem colam, cum illi
233, 235-6. Ier 10, 2 237-8. D'après Césaire d'Arles, les personnes supersti-
tieuses choisissaient avec soin le jour de leur départ en voyage (S. 54, 1 ; 193, 4), et
s'abstenaient le jeudi de travailler la laine (S. 13, 5 ; 52, 2 : «mulieres infelices, quae in
honore louis quinta feria nec telam nec fusum facere uellent»). 239-40. Ier 10, 3
242-3, 245-6. Ier 10, 3-4 246-54. Ier 10, 9 + 5 + 11 (LXX) 253-4. In ps. 98,
2 : «Non dixit : dii qui caelum et terram non fecerunt, pereant de caelo et de terra, quia
numquam fuerunt in caelo». 259-60. Ier 10, 11.
233. iheremias M
238. alia (sc. tela) scripsi dubitanter : aia (id est anima) M
241.
post cui add. uidetur M ac
243-4. per se — mouebuntur add. M in marg. inf.
247.
ofaz M 248. artificum M in marg. (ut uid.) : aurificum ex graeco exspectares Il
opus add. M in marg. Il ante omne interpunxit M 249. iacinctum M Il uestient ea
scripsi ex graeco : uestientes M 257. sic dicitis eis scripsi : dicitis eis si dicitis eis M ac
dicitis eis si MP
C
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 51 perierint ?', Deusfecit caelum et terram in uirtute sua. Quid uis
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 51
perierint ?', Deusfecit caelum et terram in uirtute sua. Quid uis colere
terram, cum terra et in terra et tu factus ex terra, habes deum fundantem
terram ? Non a te recessit opere, non est alienus et a corde. Ipse fecit
quod calcas, ipse fecit quod suspicis, ipse est in quem credis. Deus fecit
265
terram in uirtute sua, fundauit orbem terrae in sapientia sua. Forte de
Christo non dixit qui dixit : Deus fecit terram in uirtute sua, fundauit
orbem terrae in sapientia sua ? Paulum apostolum audi : Christum dei
uirtutem et dei sapientiam. Extendit caelum et multitudinem aquarum in
caelo et eduxit nubes ab extremo terrae,fulgura in imbresfecit et eduxit
270
lumen de thesauris suis. Fatuatus est omnis homo ab scientia sua t et
confusus est omnis artifex super sculptilia sua t quoniam mendacia confla-
/207v/-uerunt, non est spiritus in eis. Vana sunt, opera illusa, in tempore
uisitationis suae interibunt. frrtereunt falsi dii, sed tu non remansisti sine
deo uero, si sis Iacob filius minor, cui seruit maior. Pereant dii falsi, tene
275
tu uerum. Audi enim quid sequatur : Non est huiusmodi portio Iacob. Ista
uana, isti dii falsi peribunt, sed non perit portio Iacob. Portio Iacob :
hereditas Iacob. Hereditas Iacob quam dat deus, an ipse deus ? Audeo
dicere quia ipse deus. Accipio psabnum, euidens sententia est : Domine,
pars hereditatis meae. Non est huiusmodi portio Iacob, quoniam quifinxit
280
uniuersa, hic est hereditas eius, dominus nomen eius.
11. Audiuimus praedicta, quae futura sint idolis ; audiamus praecepta,
quae facienda sunt idolis. Nemo dicat : 'Peritura <
>'.
<Peritura*> certe
dicta sunt simulacra : perdat iUe*. Tu quid frangis ? Sed deus per illos ea
uoluit perdere, quos noluit perire. Et inducet te, inquit, ad amorrhaeum et
285
ethaeum et pheresaeum et chananaeum et gergezaeum et euaeum et
iebusaeum, et exteram eos. Non adorabis deos illorum neque seruies eis.
Non facies secundum opera ipsorum, sed deponendo depones et
261, 264-7. Ier 10, 12 267-8. I Cor 1, 24 268-73. Ier 10, 12-15 274. Cf.
Gn 25, 23
275-6. Ier 10, 16
278-9. Ps 15, 5
279-80. Ier 10, 16.
284-8. Ex 23, 23-24.
262. post ex terra interpunxit M
271. omnis uix legitur Il artifex : aurifex ex
graeco exspectares
282. sunt : sintfort. legend. Il lacunam indicaui et peritura iteraui
283. dicta add.
M in marg. inf. Il ille scripsi : illa M ut uid.
284-6. amorreum et etheum et phereseum
et cananeum et gergezeum et eueum et iebuseum M
52 FRANÇOIS DOLBEAU confringendo confringes simulacra eorum. Et : Ecce ego eiciam ante faciem uestram
52
FRANÇOIS DOLBEAU
confringendo confringes simulacra eorum. Et : Ecce ego eiciam ante
faciem uestram amorrhaeum, chananaeum et ethaeum et pherezaeum et
290
euaeum et gergezaeum et iebuzaeum. Ne ponas testamentum cum eis
insidentibus terram, in quam introibis ad eos, ne sit tibi offensio in uobis.
Aras eorum deponetis et titulos eorum confringetis et lucos eorum
excidetis. Non enim adorabitis deos alienos. Dominus enim deus zelans
est, nomen eius deus zelator. Audite, fratres, exhorrescitis quia dictum
295
est : Dominus zelans est. O anima ecclesiae, o illa coniux, times /208/
uirum zelantem : serua castitatem.
288-94. Ex 34, 11-14
295. Ex 34, 14 - In ps. 66, 4 : «O anima ecclesiae».
288. et (ecce) add. M in marg. 289. amorreum cananeum M Il et 1 add. M supra
Un. 289-90. etheum et ferezeum et eueum et gergezeum et iebuzeum M 295.
coniunx M
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 53 B. CVM PAGANI ESTGREDERENTVR Mayence n° 61 (Mainz I 9, f.
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN
53
B. CVM PAGANI ESTGREDERENTVR
Mayence n° 61 (Mainz I 9, f. 208-219) ; Possidius X^ 73 : «Sermo
habitus et ^ose t
coni. Wilmart) cum pagani ingrederentur» ; Lorsch 7 :
«Habitus Boseth cum pagani ingrederentur». On possédait déjà, sans le
savoir, trois courts extraits de cette pièce, qui constituent la partie
centrale du sermon 97 A {Bibliotheca Casinensis II, 114-115) . Le
responsable du centon cassinien a respecté en général la teneur du texte,
1
mais l'ordre selon lequel il a disposé ses emprunts est inversé par rapport
à la séquence originale. Les phrases réemployées dans le sermon 97 A
2
sont signalées ci-dessous entre accolades
({
})
.
Argument,- Avec les yeux de la chair, l'homme est incapable de
s'éleverjusqu'à la transcendance divine. Ceux qui verront Dieu sont les
cœurs purifiés par la foi. De même que l'aveugle, s'il veut être guéri,
doit se fier aux paroles de son médecin et supporter l'âpreté des coUyres,
celui qui désire Dieu doit, en se dépouillant de sa superbe, accepter les
remèdes du Christ. Il faut croire afin de voir. L'accomplissement visible
des prophéties réduit sans cesse le champ de la foi. Il est donc urgent
pour l'incroyant de suivre les prescriptions du Christ et de boire à sa
coupe d'humilité.
Circonstances, - Ce nouveau sermon offre un intérêt exceptionnel, car
Augustin l'a prêché face à une assemblée où se côtoyaient païens et
chrétiens. Le verbe «ingredi», qui figure dans le titre, doit être entendu
au sens matériel : les païens sont à l'intérieur de la basilique, ils ont
entendu chanter le psaume 21, 5 (§ 4), et ce sont eux qu'Augustin cherche
en priorité à initier au mystère d'un Dieu «qui habite une lumière
inaccessible 3 ». Ceux qui hésitent encore à croire sont priés en finale de
quitter les lieux, afin de permettre le déroulement normal de la synaxe
1. Republié de façon critique par G. MoRiN, dans Miscellanea
Agostiniana,
t. 1,
Romae, 1930, p. 416-418 (= PLS 2, col. 533-535).
2. Les trois extraits (§ 18, 20 et 21) correspondent dans l'édition Morin aux pages
417, 8-11 ; 416, 27^17, 7 ; 416, 12-27.
3. Sur les échelons à gravir avant de contempler le mystère, voir les paragraphes 8-10.
La première partie de Mayence 61 est à joindre au dossier finement commenté par S.
POQUE, L'expression de Vanabaseplotinienne dans laprédication de saintAugustin et ses
sources,dmsRecherchesAugustiniennes, 10, 1975,p. 187-215.
54 FRANÇOIS DOLBEAU (fin du § 27) 4 . Les derniers mots du texte (§
54
FRANÇOIS
DOLBEAU
(fin du § 27) 4 . Les derniers mots du texte (§ 28) sont à interpréter
comme un «Post tractatum», isolé de ce qui précède par la note suivante
du sténographe : «Et postquam pagani egressi sunt 5 ». Augustin y
demande aux chrétiens de favoriser, par la pureté de leurs mœurs, la
conversion de ceux qui ne croient pas encore.
Selon le catalogue de Lorsch, ce sermon aurait été prononcé dans un
lieu appelé Boseth, qui n'est pas encore localisé avec certitude . Augustin
y séjourna au moins deux jours, car il avait déjà prêché la veiUe devant le
même auditoire (§ 28).
6
Une ciuitas, portant le nom de Boseîh Amphoraria, est mentionnée dans la Passion du
martyr numide, Mammarius (BHL 5205). La présence de l'adjectif laisse penser qu'il
existait au moins une seconde Boseth. Les Actes de la Conférence de 411 confirment
cette hypothèse, dans la mesure où trois évêques y sont qualifiés de Boseîanus : d'une
part Hilarus, un donatiste converti qui est sans adversaire ; d'autre part le catholique
Palatinus et son compétiteur Felix 7 . Mesnage a supposé jadis que le siège d'Hilarus
devait être en Numidle et se confondre avec Boseth Amphoraria, étant donné que le
Donatiste qui intervint à son sujet fut Petilianus de Cirta . Pour des raisons
toponymiques, il propose de situer l'autre Boseth en Proconsulaire, sur la route menant
de Musti à Assuras .
Où Augustin a-t-il exactement prêché ? Dans les discussions ultérieures, il conviendra,
à mon avis, de tenir compte de YIndiculwn de Possidius et du catalogue de Lorsch. Dans
ces deux documents, le sermon de Boseth en précède un autre qui fut prêché à Tignica (=
Mayence 54). Or l'emplacement de Tignica ne fait aucun doute. Cette localité, qualifiée
8
9
4. Faut-il en déduire que les païens ébranlés par le sermon étaient autorisés à rester, au
même titre que les catéchumènes ? Étant donné qu'en principe le renvoi de ces derniers
suivait immédiatement l'homélie, je comprends mal comment se sont déroulés exactement
les faits. On savait déjà qu'Augustin avait correspondu avec de nombreux incroyants et
qu'à Calama, en 408, il avait même reçu une délégation païenne (cf. Epist. 91, 10). Ce
qui me semble ici capital est la présence de païens dans une assemblée de prière, à
l'intérieur d'une basilique. Ce phénomène s'explique-t-il par la curiosité de gens cultivés
à l'égard d'un orateur célèbre, ou plutôt par les pressions qu'aurait exercées un notable
vis-à-vis de paysans travaiUant sur ses terres ?
5. Deux autres «Post tractatum» ont été transmis par Mainz 19 , aux feuiUets 71-72 (De
sepultura caîhecuminorum = Mayence 15 [inédit] ; Lorsch 9b) et 119v-120 (= Morin
Guelf. 25). La rubrique du f. 119v est «Exhortatio sancti Augustini post sermonem».
6.
Cf. O. PERLER et J.-L. MAffiR, Les voyages de saint Augustin, Paris, 1969, p. 407-
408.
7.
Gesta conlationis 1120,29 ; 126, 99-101 ; 202, 26-27. J'adopte ici le texte corrigé
par S. LANCEL, Gesta conlationis Cathaginiensis anno 411, Turnholti, 1974 (CCSL 149
A) : le ms. unique distingue en fait Bofet. et Boset.
8. J. MESNAGE, L'Afrique chrétienne, Paris, 1912, p. 184-185.
9. D'où la localisation traditionnelle du siège épiscopal de Boseth, par exemple chez F.
VANDERMEER et Chr. MOHRMANN, Atlas de l'Antiquité chrétienne, Paris-BruxeUes, 1960,
carte 22.
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 55 de plebs lors de la Conférence de 411, était située sur
NOUVEAUX
SERMONS
D'AUGUSTIN
55
de plebs lors de la Conférence de 411, était située sur la route de Carthage à Thagaste,
entre Membressa et Musti et se confond avec Tactuelle Aïn Tounga 10 .
Les noms de Boseth et de Tignica nefigurentni chez Possidius ni dans le sermonnaire
de Mayence : ils se lisent uniquement dans le catalogue de Lorsch (sous les numéros 7 et
0
8). Ils y sont d'ailleurs associés à celui de Chusa (n
18), qui n'a pas été non plus localisé
à l'époque moderne 11 . Parmi les sermons inédits, il est patent que plusieurs ont été
prononcés en dehors d'Hippone par exemple Lorsch 9b = Mayence 15). On peut donc
formuler l'hypothèse que la collection de Mayence-Lorsch a recueilli quelques éléments
d'une tournée de prédication dans les campagnes de Proconsulaire intérieure, durant
laquelle Augustin s'est attaché à convertir les païens et à rallier les Donatistes.
En quelle année le sermon Mayence 61 a-t-il été prononcé ? C'est la
conversion des païens qui est à l'ordre du jour : une telle préoccupation
suggère aussitôt la décennie 399-409, qui vit la rédaction du De consensu
euangelistarum, du De diuinatione daemonum et des Quaestiones sex
contra paganos (= Epist. 102). La loi de janvier 399 doit déjà remonter à
quelques années, car peu nombreux sont les païens qui résistent encore,
selon Augustin, aux tentatives de conversion : «Iam pauci foris remanse-
runt et adhuc disputant (§ 25)».
Un argument interne amène à dégager un terminus post quem plus
précis. Parmi les signes des temps, qui manifestent l'accomplissement
progressif des anciennes prophéties, Augustin fait état d'une visite
impériale à Rome : «Veniunt modo reges Romam (§ 25)
Veniunt, ut
dicere coeperam, reges Romam (§ 26)». Le choix du présent et l'emploi
de l'adverbe modo sont ambigus : correspondent-ils à une constatation de
portée générale ou à l'évocation d'un fait d'actualité ? Les détails founis
par Augustin prouvent qu'il s'agit en réalité d'un événement encore frais
dans les mémoires : l'empereur, négligeant de visiter le Mausolée
d'Hadrien, aurait déposé son diadème : «posito diademate (§ 26)», devant
la tombe de saint Pierre.
De quelle visite impériale peut-il s'agir ? Depuis 389, la famille
impériale ne résidait plus sur le Palatin. C'est pourquoi l'entrée
triomphale d'Honorius à Rome, le 1 er janvier 404, soigneusement
12
orchestrée par Stilicon, eut un retentissement extraordinaire
. Cet
aduentus, qui marquait le début du sixième consulat d'Honorius et fêtait
les victoires de Stilicon sur les Goths, fut célébré par un Panégyrique de
10. Gesta conlationis I133 ; MESNAGE, p. 162-163 ; PERLER-MAIER, p. 410-411.
11. PERLER-MAIER, p. 409.
12. Cf. (entre beaucoup de références possibles) É. DEMOUGEOT, De l'unité à la
division de l'Empire Romain 395-410, Paris, 1951, p. 283 seq. ; A. CAMERON, Claudian.
Poetry and Propaganda at the Court of Honorius, Oxford, 1970, p. 382-389 ; M.
McCORMICK, Eternal victory. Triumphal rulership in late antiquity, Byzantium and the
early medieval West, Cambridge-Paris, 1986, p. 51, 84-90 et 118. Le poème de Claudien
est actuellement considéré comme notre unique source sur la cérémonie du ler janvier
404.
56 FRANÇOIS DOLBEAU Claudien et commémoré par le dernier arc à être édifié sur le
56
FRANÇOIS DOLBEAU
Claudien et commémoré par le dernier arc à être édifié sur le territoire
de la Rome antique. Il y eut ensuite d'autres séjours impériaux à Rome,
notamment en 407-408, mais seul Yaduentus de 404, survenant après une
très longue absence, était susceptible de frapper les imaginations au point
d'être interprété par Augustin comme un signe des temps. Le sermon
Mayence 61 doit donc être daté de quelques semaines, ou de quelques
mois au plus, après le l er janvier 404.
Par la suite, Augustin évoquera souvent cet abaissement de Yimperator devant le
piscator, mais sans employer l'adverbe modo, et en substituant au Mausolée d'Hadrien
un banal templwn imperatoris. C'est le cas par exemple dans Mayence 55 (= s. 341
augmenté), où l'aiïusion reste tout de même située dans une chronologie : «Temporibus
enim nostris, uenit imperator in urbem Romam. Ibi est templum imperatoris, ibi est
sepulcrum piscatoris. Itaque ille ad deprecandam a domino salutem imperator pius atque
christianus non perrexit ad templum imperatoris superbum, sed ad sepulcrum piscatoris
(Mainz 19, f. 174v)». La déposition du diadème est encore évoquée dans YEnarr. in Ps.
65, 4, qui possède aussi d'autres motifs en commun avec Mayence 61 : «Melius est ut
Romam cum uenerit imperator, deposito diademate, ploret ad memoriam piscatoris, quam
ut piscator ploret ad memoriam imperatoris». Les autres reprises du thème (Enarr. in Ps.
86, 8 et 140, 21 ; Serm. 335 C et 381) sont moins détaillées, mais pourraient aussi être
13
exploitées à des fins chronologiques
.
La datation proposée ici de Mayence 61 devra être vérifiée. EUe invite naturellement à
se poser la question : connaissait-on déjà un voyage d'Augustin dans les campagnes de
Proconsulaire au cours de l'année 404 ? La réponse est positive, à cause des faits
suivants. Le Contra Cresconium fut rédigé entre février 405 et le début de 406 ; or
Augustin y rapporte qu'il s'est rendu peu auparavant à Membressa, Abitinae, Musti et
Assuras, où il effectuait une enquête sur des conflits survenus, au sein même de l'ÉgUse
Donatiste, entre Primianistes et Maximianistes 14 . O. Perler et J.-L. Maier ont daté ce
déplacement de l'été 404, en supposant qu'Augustin l'avait effectué au retour du Concile
carthaginois de juin 404 15 . Il se trouve que la bourgade de Tignica est située entre
Abitinae et Musti, à peu près à mi-chemin entre ces deux viUes. Quant au heu-dit Boseth,
13. J'estime que Ps. Auc , s. App. 205, fait aussi écho à la visite de 404.
14. PERLER-MAiER, p. 252-254. Les évêques Salvius de Membressa, Felicianus de
Musti et Praetextatus d'Assuras comptaient parmi les principaux tenants du parti
Maximianiste : cf. A. DE VEER, L'exploitation du schisme maximianistepar saintAugustin
dans sa lutte contre le donatisme, dans Recherches Augustiniennes, t. 3, 1965, p. 219-
237. Le recours direct aux archives de Musti est confirmé par une aUusion de la lettre 76,
écrite au plus tôt en 403. Notons qu'on ne peut à la fois maintenir cette lettre en 403,
comme le font PERLER-MAlER, et dater l'enquête d'Augustin de l'été 404.
15. Le choix de la saison repose en fait sur deux postulats : Augustin passe habituel-
lement le temps pascal à Hippone ; il répugne à voyager en hiver. Le second de ces
postulats est fragile, puisqu'A.-M. La Bonnardière date certaines Enarrationes in
psalmos, prêchées à Carthage, de décembre 409 (cf. Recherches Augustiniennes, t. 11,
1976, p. 52-90) ; l'un des nouveaux sermons (De oboedientia = Mayence 5 = Lorsch 20)
prouve d'autre part, sans discussion possible, la présence d'Augustin à Carthage les 22 et
23 janvier d'une année antérieure à 411 (le primat de Numidie est toujours Xanthippe). Si
Augustin est rentré directement de Carthage après le concile de juin 404, on comprendrait
mal qu'il soit retourné en Proconsulaire dès l'automne. Mais rien n'empêche, à mon sens,
de situer la mission d'enquête dans les mois précédant les fêtes de Pâques (fin de l'hiver
et début du printemps 404).
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 57 si Ton accepte la localisation jadis suggérée par Mesnage, il est
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN
57
si Ton accepte la localisation jadis suggérée par Mesnage, il est aussi à mi-route entre
Musti et Assuras. Ü ne semble pas qu'Augustin ait eu occasion de se rendre à nouveau
dans cette zone, avant l'été 407, lorsqu'il dut se rendre de Carthage à Thubursicu Numi-
darum 16 .
A l'exception de quelques bizarreries, signalées par des astérisques, et
d'une courte lacune, qui sera peut-être comblée après recours à une
lampe à ultra-violets (§ 17), le texte d'Augustin paraît s'être transmis de
façon correcte. Des nombreux copistes qui se sont réparti la tâche de
transcrire Mainz I 9, le scribe des sermons 60 et 61 se révèle l'un des
plus soigneux, et certaines de ses erreurs ont en outre été corrigées après
relecture. Mais il subsiste, au chapitre 12, un lapsus d'Augustin lui-même,
qui cite à la suite deux versets du même psaume 26, en introduisant le
second par la formule : «in alio psahno».
16. Cf. PERLER-MAIER, p. 263-266.
58 FRANÇOIS DOLBEAU Sermo sancti Augustini cum pagani ingrederentur. 1. Exhortari nos et consolari sermo
58
FRANÇOIS DOLBEAU
Sermo sancti Augustini cum pagani
ingrederentur.
1. Exhortari nos et consolari sermo dei non cessat promissis fidelibus
et salubribus minis. Nam neque non amare neque non timere nobis
expedit. Vt autem amandus est promissor deus, ita timendus est commina-
5
tor. In neutro fallit audientem, in neutro decipit credentem. Nemo in
animo suo dicat : 'Vera promittit, sed falsa minatur'. Vtrumque uerum
est. Ama et time. Sine ulla dubitatione uenturus est qui iam uenit. Venit
autem ut te doceret patientiam, uenturus est ut coronet patientiam.
Coronabit profecto cum uenerit, quod docuit cum uenisset. Et quod
10
minatus est cum uenisset, cum uenerit irrogabit. Sunt autem duo haec :
promissio dei, uita aeterna ; comminatio dei, poena aeterna. Si nondum
nosti amare quod pollicetur, timere incipe quod minatur. Ita enim et
scriptum est : Initium sapientiae timor domini. Iohannes autem apostolus
dicit : Timor non est in caritate, sedperfecta caritasforas mittit timorem.
15
Cum ergo audiuimus : Initium sapientiae timor domini, incipiamus
timere. Sed quia timor tormentum cordis habet, non diu eris in tormento,
si in te creuerit et perfecta fuerit caritas. Nec in te tamen inchoari potest,
nisi timore ad eam seminandam cor praebueris. Caritas autem nata in
quantum crescit, in tantum timor minuitur. Et si illa crescente minuitur,
20
iUa consummata consumitur.
2. Quod enim promittit deus, dilectissimi, excedit non solum uerba
nostra, sed etiam cogitationes omnium hominum. Nam ita etiam commen-
datur : Quod oculus non uidit nec auris audiuit nec in cor hominis
ascendit, quae praeparauit deus diligentibus se. Si color aliquis esset uelut
25
lucis quam cor-/208v/-porei oculi nouerunt, non diceretur : Nec oculus
uidit ; si aliquis dulcis sonus esset quali solent humanae aures delectari,
13. Ps
110, 10 (Sir 1, 16)
14.1 Io 4, 18
15. Ps 110, 10 (Sir
1, 16).
23-30. I Cor 2, 9.
M = Mainz,
Stadtbibliothek 19, XV e s.
M< 20 MP C = M ante, post correctionem
Tradition indirecte (S. 97 A) :
Cas = Monte Cassino, Archivio della Badia 102, XF s.
Mor = éd. G. MoRm, dans Miscellanea Agostiniana, t. 1,1930, p. 416-418
22-3. commendatur M™ : commendat MP c fort. recte
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 59 uelut organorum et quorumque musicorum, non diceretur : Nec auris audiuit.
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 59
uelut organorum et quorumque musicorum, non diceretur : Nec auris
audiuit. Et quia homines animis bona uoluere non possunt, nisi quae
corporeis sensibus percepenint, additum est : Nec in cor hominis
30
ascendit. Non enim, homo, cogitare bonum potes, nisi quale uidere uel
audire uel tali aliquo sensu contingere consuesti. Quidquid non intrauit
per sensum corporis tui, non potest et cogitari animo tuo.
3.
Itaque cum dictum nobis fuerit in paradisum nos futuros, cogitamus
aliquem hortum amoenum. Et si ampliorem cogitamus quam uidere
35
consueuimus, hoc ipsum tamen rerum genus augemus. Si solemus uerbi
gratia uidere arbores paruas, cogitamus eas magnas ; et si solemus talia
uel talia poma uel fructus, cogitamus ampliora. Si solemus uidere
aliquanti spatii prata, sine fine immensa animo uoluimus : eadem tamen
augemus cogitando quae oculis nouimus. Rursus cum audimus : Deus
40
habitat lucem inaccessibilem, ex ista luce quam corporeis oculis nouimus
iUam metimur et amplificamus in immensum modum, tamen hoc augendo
quod nouimus, cum sit illa lux longe alterius generis : lux est enim illa
non oculorum, sed mentium. Et sicut oculus carnis mundandus est ut
corpoream istam lucem, quae uel e caelo desuper fulget et de nocturnis
45
luminibus micat, possit sustinere, et si fuerint oculi saucii et aliquo
humore interno uel extrinsecus irruente aliqua re perturbati, lucem ipsam
qua uegetari consueuerant poenalem habebunt et ea cruciabuntur qua
gaudere consuerunt, sic et ad illam lucem inteUegibilem atque immorta-
lem, non oculus /209/ carnis, sed oculus cordis mundandus est. Nam sicut
50
carnis oculum perturbat pituita, quae lippitudinem facit, ita illum
perturbat iniquitas. Habet etiam ipse imbecillitatem suam, habet immundi-
tiam suam, non de puluere, sed de peccato uenientem. Sicut ergo iste
corporis oculus ad uidendam lucem suam corporalem mundandus est, sic
et ille interior oculus mundandus est ad uidendam iUam lucem quam nec
55
oculus uidit nec auris audiuit nec in cor hominis ascendit.
4. Quare in cor hominis non ascendit ? Nam corde conspicitur, cum
conspicitur. Sed quare in cor hominis non ascendit ? Quia hominis. Quid
33. Cf. Lc 23, 43
40. Cf.
I Tim 6, 16 - S. Mayence 54 (f. 165 = Lorsch 8) : «Lux
quaedam est, nec taHs qualem uidemus oculis, nec si hanc qualem uidemus oculis augeas,
dilatans eam per phantasiam cogitationum tuarum». 43. Développement analogue dans
le S. 88, 5-6.
54-5. I Cor
2, 9.
56-8. I Cor 2, 9.
27.
nec add. M in marg.
29. perceperunt MP C : preceperunt M ac
Il cor add. M in
marg.
38. immensa : in mensa M
39. post nouimus add. illa M ac
48. intelligibilem M
(hic etpassim)
53. suam : an istam ?
60 FRANÇOIS DOLBEAU quia hominis ? Qui scripturas nouerunt, inteUegunt et quod dicturus sum cogitatione
60
FRANÇOIS DOLBEAU
quia hominis ? Qui scripturas nouerunt, inteUegunt et quod dicturus sum
cogitatione praeueniunt. Homines aliquando certa quadam significatione
60
scriptura nostra eos appeUat, qui adhuc carnaliter sapiunt. Homines enim
sunt, id est Adam sunt. Nostis autem quod Adam peccauit, et inde origi-
nem concupiscentiae carnalis trahit quisquis mortaliter nascitur. Gerit
secum ergo uubius oculi, et quamdiu homo est, quamdiu inest illud quod
laesum est et primo peccato turbatum. Vnde clamat quidam in psabnis et
65
dicit suspirans et gemens ad deum : Et lumen oculorum meorum non est
mecum. Quamdiu ergo homo sic est carnaliter sentiens, non potest
cogitare nec mente capere illam lucem, et propterea dicitur : Quod oculus
non uidit nec auris audiuit nec in cor hominis ascendit. Quid est hominis ?
Carnaliter sentientis. Quid est hominis ? Adhuc Adam gestantis. Vnde
70
quos* homines erant, quid eos facere uolebat, quibus opprobrium erat
quod homines erant ? Ait enim illis : Cum enim dicit unusquisque
uestrum : ego sum Pauli, ego autem Apollo, ego autem Cephae.
Diuiserant enim sibi ministros dei et partes sibi fecerant de ecclesia
Christi, incipiente malo schismatum, quae postea errore hominum /209v/
75
confirmata sunt. Haec dicebant carnaliter sentientes et non in deo
ponentes spem suam, sed in homine, non corde cantantes quod paulo ante
cantauimus : In te speraueruntpatres nostri.
5. Hos ergo obiurgans apostolus ait talia dicentes* : Nonne homines
estis et secundum hominem ambulatis ? Rursus in psahno dicitur in
80
persona dei loquentis : Ego dixi : dii estis etfilii excelsi omnes. Vos
autem sicut homines moriemini et sicut unus de principibus cadetis. Sicut
nostis, antiquum unum ex principibus dicit diabolum. Nam cum esset
angelus, superbia lapsus factus est diabolus. Qui ergo tunc lapsus inuidit
stanti, ipse et nunc inuidet redeunti. Homines propterea mortales facti
85
sunt, ut maiore afflictione poenae erudirentur ad humilitatem, et flagellati
60.
Cf.
Rm 8, 5
65-6. Ps 37,
11
67-9. I Cor 2, 9
71-2.
I Cor
1,
12 (3, 4)
75-6.
Cf. Ps 77, 7 ; Ier 17, 5
77.
Ps 21, 5.
78-9. I Cor 3, 3
80-1. Ps 81, 6-7
83-4. In ps. 58, 2, 5 : «Sola superbia lapsus
est
Lapsus etiam inuidit stanti».
58. intelligunt M (hic et passim)
63. post
secum interpunxit
M
66. mecum
Madec ex graeco : meum M 70. quos : lege (eos) qui Il erant iterauit M ac 72.
appollo M 76. homine scripsi : -nes M
78. talia dicentes apostolus Siitfort. legend.
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 61 quodammodo mortalitate sua et cogitantes quia diutius hic uiuere non possunt
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 61
quodammodo mortalitate sua et cogitantes quia diutius hic uiuere non
possunt et, si diutius uiuerent, semper tamen non uiuerent et aliquando
esset uita ista finienda, humiliarent se deo et conarentur capere futuram,
praesente fugiente. Non enim teneri potest quod fugit uel labitur. Aut
90
quisquam nostrum modo, cum uel nos stamus et loquimur uel uos statis et
auditis, tenere potest aetates suas, ne uel pueri crescant uel iuuenes
senescant. Videtis quia ex quo loquimur tempus est. Et si ex quo
loquimur tempus est, et longitudine temporis fit ut uergamus in senium,
iam hoc ipso tempore quo locuti sumus aliquantum senuimus. Istae autem
95
mutationes nostrae ratione comprehenduntur, oculis autem uideri non
possunt. Quia nec capilli tui uidentur cum crescunt, et tamen nisi
perpetuo crescerent, non post paucos dies tonsorem quaereres : non enim
sub una nocte crescit quod crastino tonsor detracturus est. Sicut autem
capilli et modo crescunt, sed uideri non possunt, sic et aetas /210/ ipsa et
100
modo senescit, sed capi oculis non potest.
6. Amant ergo homines uitam praesentem, quam non possunt tenere
fugientem, et illis auctis et illis deficientibus labitur. Quanto ergo melius
tenent aliquid firmum, quo ista finita uenturi sint. Huc accedit quia cum
sit, uita hominis parua, etiam incerta est. Nam si omni homini senectus
105
ipsa certa esset, debuit cogitare quod parua sit uita, etiam si liceret
omnibus usque ad eius metas perduci. Quid enim longum est quod fini-
tur ? Huc ergo accedit quia mortalitati comes est mors, et quae tecum
quodammodo graditur in uia, quando te occupet, utique ignoras. Cum
ergo et uita ipsa parua, et mors omni aetati incerta sit, deberent homines
110
ita cogitantes humiliari deo, supplicare creatori, confiteri, gemere in
peccatis, adlegare medico aegritudinem, ut sanarentur intrinsecus et
oculum illum mutarent*, unde lux illa uideri potest, quae tamdiu non
uidetur, quamdiu oculus interior hominis adhuc est hominis. Euigilent
ergo cum audiunt a deo : Ego dixi : dii estis etfilii excelsi omnes. Quid
115
est ego dixi ? Ego ad hoc uoco, ego facere uolo. Audi euangelium : Dedit
eis potestatem filios dei fieri. Cum ergo ego dicam : dii estis et filii
92. In ps. 38, 12 : «Ex quo loqui coepimus usque ad hoc momentum, sentis quia
senuimus. Neque enim cernis et incrementa capillorum tuorum ; et nunc cum stas, cum
hic es, cum agis aliquid, cum loqueris, in te crescunt capilli tui : neque enim repente
creuerunt, ut tonsorem quaereres».
106. In ps. 101, 2, 9 : «Exiguum est omne quod
finitur».
114-5. Ps 81, 6
115-
6. Io
1, 12
116-9. Ps 81, 6-7.
102. auctis Petitmengin
: actis M
105. quod : an quam ?
112. mutarent : an
mundarent ?
116. ego add. M in marg.
62 FRANÇOIS DOLBEAU altissimi omnes, uos autem sicut homines moriemini, et non uobis prodest uel
62
FRANÇOIS DOLBEAU
altissimi omnes, uos autem sicut homines moriemini, et non uobis prodest
uel ipsa mortalitas ad corrigendos uos, sed quasi immortales sitis, ita
caditis ut unus ex principibus, id est ita superbitis quemadmodum
120
superbire ausus est angelus. Sed si angelum deiecit superbia, quid de
homine factura est ? Eritis ergo dii. Et si non colueritis falsos deos, uos
eritis dii. Et quomodo uos eritis ? Illo faciente qui fecit et homines. Qui
enim nos fecit homines, facere uult deos, non qui pro illo colamur, sed in
quibus ipse colatur.
125
7.
Est /210v/ ergo, ut dicere coeperam, dilectissimi, oculus interior
quem sauciunt perturbantque peccata, camales concupiscentiae et terrena
desideria, ita ut ipse homo peccans audierit : Terra es et in terram ibis. Si
ergo superbus iniquus audire meruit : Terra es et in terram ibis,cur non
humilis pius audiat : 'Caelum es et in caelum ibis' ? Humilitate quippe
130
atque pietate fit sedes dei. lam cum factus fuerit sedes dei, nonne caelum
est ? Dictum est in scripturis : Caelum mihi sedes est, terra autem scabel-
lum pedum meorum. Si ergo caelum sedes est dei, esto caelum ut portes
deum. Cum portare coeperis deum, caelum eris. Vt autem plene eum
portes, ipse te mundabit, cum coeperit habitare, donec perducat oculum
135
illum cordis ad tantam munditiam ut possit uidere faciem eius, in quem
non uisum credidit. Crede ergo antequam uideas, ut per fidem mundato
corde etiam uidere quod credidisti merearis. Promittitur enim tibi lux,
quam nec oculus uidit, quia non est color, nec auris audiuit, quia non est
sonus, nec in cor hominis ascendit, quia homo qui proprie dicitur homo,
140
carnalis, infirmus, animalis, cogitare non potest nisi quae corporis
sensibus hauserit. Non est talis illa lux. Nihil sibi anima, quasi in
phantasia, formare audeat de deo : quem uult inuenire, prius discat non
inuenire.
8.
Quid est quod dixi : prius discat non inuenire ? Vt cum forte cogitat
145
de deo et coeperit ei occurrere quod uidit, occurrit pulchritudo terrae,
respuat ab animo suo ; occurrit species aquarum, occurrit tranquillitas
serenitatis aereae, respuat et hanc cogitatione sua ; dicat sibi : 'Non est
hoc deus meus, opus est dei mei'. Non est hoc, inquam, deus meus, opus
121. Cf. Gn 3, 5.
127-8. Gn 3, 19
131-2. Is 66, 1 132-3. S. 53, 14 : «Ipsi deum portant, et
caelum sunt, quia sedes dei sunt» ; Inps. 121, 9 : «Sic iustificati facti sunt caelum.
Portauerunt deum». 138-9. I Cor 2, 9.
144. Lente ascension vers le mystère du Dieu ineffable : cf. S. 52, 16-17 ; Denis 2, 3
(= 223 A) ; In Ioh. 20, 11-13 ; In ps. 41, 7-8, et le bel article de S. Poque, cité en
introduction.
147. aree M ac
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 63 est dei /211/ mei : quod factum est, cogitas. O anime
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 63
est dei /211/ mei : quod factum est, cogitas. O anime meus, illum quaere
150
qui fecit. Cum autem cogitatio tua et ad caelestia corpora uenerit, non te
illiciat lux caelestis, nec ipsa quae summa est. Summa enim lux caelestis
in sole est. Caelestium corporum primatus fulgoris in sole inuenitur, qui
diei sufficit. Nec tale aliquid cogites deum tuum, nec ipsum fulgorem
augeas in maius et euageris tibi per spatia phantasmatis tui, neque hoc
155
deus est quod in animo tuo ita figuratur quale oculis corporis solet
splendere. Non est hoc deus.
9. Veni ad ipsam animam, quia et ipsa non uidetur. Non uidetur anima,
et magna uis est naturae incorporeae. Non enim corpus est anima,
inuisibile quiddam est, et magnum quiddam est :uideri non potest, sed ex
160
operibus mirare quod non uides. Quid te delectat in rebus humanis ?
Circumspice ordinem rerum, pulchritudinem cultorum agrorum, exstir-
patarum siluarum, insitorum* fructuosorum, quaeque in agris uidemus et
amamus, ordinem ipsum reipublicae, moles aedificiorum, uarietates
artium, copiam linguarum, profunditatem memoriae, eloquentiae uberta-
165
tem. Haec omnia animae opera sunt. Quanta uides opera animae, et ipsam
non uides ! Cum ergo talis quaedam natura* occurrere coeperit, numquid
iam deus tuus quem quaerebas ? Non uidetur, iam incorporeum aliquid
est, aliquid spiritale est, aliquid magnum est, quod uegetat etiam membra
mortalia, quod fluentes quodammodo putredines corporis restringit et
170
tenet. Sed hoc potest et anima pecoris. Magnum quidem aliquid est etiam
anima pecoris, inuisibile quiddam est et hoc. Sed transcende ad animam
hominis : intuere ubi factus est homo ad imaginem dei. Ad imaginem
quippe dei non in corpore fac-/211v/-tus est, sed in mente, in ea re qua
moderatur quis his omnibus, in ea re qua excedit beluas. Nam quam
175
multae beluae nos et firmitate corporis et acrimonia sensuum carnalium
superant ! Et uelocitate et omnibus muneribus corporalibus multis a
beluis superamur. Vnde meliores beluis sumus, nisi quia intellegimus, nisi
quia rationem habemus qua possumus et feram domare ? A fera uero
domari non possumus. Sicut autem idoneus est homo ad domandam
180
bestiam, sic ad domandum hominem non est idoneus nisi deus. Cum ergo
tale aliquid occurrerit, ut mentem humanam uel a corporeis nexibus
169. In Ioh. 8, 2 : «Corruptibilis est enim omnis caro, in putredines defluit, nisi
quodam condimento animae teneatur». 180. S. 55, 2 : «Ergo deus quaeratur, ut
dometur homo».
154.
et (euageris) add. M in marg.
160.
dilectat M fort, recte
162. insitorum scripsi
dubitanter (litterae insi- uix
leguntur)
164. liguarum M
166. locus suspectus Il nuquid M
174. hiis M
64 FRANÇOIS DOLBEAU liberám cogïtes, nihil tale audeas suspicari deum. lam quidem uideris in proximo,
64
FRANÇOIS DOLBEAU
liberám cogïtes, nihil tale audeas suspicari deum. lam quidem uideris in
proximo, sed longo interuallo. fri proximo ita ut superius aliquid nihil sit
quod propinquet deo, sed tamen inter mentem tuam et deum qui creauit
185
mentem tuam plurimum interest. Non aliqua natura uel locus interiacet,
sed dissimilitudine longe est, quandoquidem ista facta est, ille fecit, nec
ullo modo quod factum est potest comparari factori. hnago tamen dei tui
aliquantum est in mente tua.
10.
Transcende, si potes, et mentem tuam, si tamen cognitione perue-
190
nisti ad mentem tuam. htfuemini, fratres, quod dicam. Forte enim et cum
de tua mente cogitas, aliquid corporeum cogitas consuetudine sensuum
carnalium, ut uideatur tibi mens tua aut aer esse aut ignis esse aut lux ista
quam cernis. Aliquid tale cogitas, cum mentem tuam cogitas. NoIi tale
aliquid cogitare. Statim ut tibi occurrerit quod intellegis, 'quid est quod
195
intellego ? \ dic tibi. Vtique enim nisi lux quaedam ibi esset, non intelle-
geres. Ita enim quandam /212/ lucem cernis interius, ut quandam lucem
cernis exterius. Est enim lumen corporis tui oculus tuus. Sed absente
lumine, quid prodest patens oculus tuus ? Habes quidem integra lumina,
sed alio lumine adiuuaris ut uideas. Ita etiam cum intellegis, <habes*>
200
nescio quid tale, quod potest luce frui interna, quae non est hoc quod
oculis uides. Tale aliquid mentem tuam cogita, si potes ; si autem non
potes, quid est ille supra mentem tuam qui terret mentem tuam, qui
hortatur mentem tuam, qui format mentem tuam ? Quid est ille supra
mentem digne cogitare non potes : illum unde potes, quem pura mente
205
uisurus es ? Ergo si et hoc non potes, et non terra, non caelum, non aer,
non lux ista siderea, non ipsius animae rationalis tam mirabilis uis atque
natura potest recte dici deus tuus, sed ubique debes dicere : 'Non est iste
deus meus'.
11.
Non potes ergo scire quid sit, nisi didiceris ante quid non sit. Ergo
210
prius cogita quid non sit, ut inuenias quid sit. Hoc est quod paulo ante
dixi : ignorare disce deum, ut inuenire merearis. Discis enim eum
ignorare meliori ignorantia, quam falsa scientia. Melior est enim igno-
rantia non errans, quam scientia quae uocatur et non est. Dixeris enim
mihi : 'Scio deum'. Quaero quid sit deus. hicipis explicare uelle, et primo
215
eo ipso nescis quo putas te explicare quod non potes cogitare. Dicturus
197.Cf.Mt6,22(Lc 11,34).
182.
suspicari scripsi : -care M ut uid.
186. facta add. M in marg.
190.
et fratres M ac 197. tui add. M in marg. 199. habes addidi dubitanter
200. quod2 add. M in marg. 204. illum scripsi : illud M 205. et2 superfluum
uidetur
215. nescis add. M in marg.
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 65 ergo mihi es cogitationes tuas, eas dicturus es quae ascenderunt in
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 65
ergo mihi es cogitationes tuas, eas dicturus es quae ascenderunt in cor
tuum. Sed uide quia homo es, et in cor hominis ascendit quod mihi
dicturus es . IHe autem qui seipsum promittit ad fruendum dilectoribus
suis, non utique promittit quod oculus uidit nec quod auris audiuit nec
220
quod in cor hominis ascendit. Quomodo autem diligunt quem /212v/ non
uident, nisi quia credunt antequam uident ? Dilectoribus ergo suis quid
promittit ? Quod oculus non uidit nec auris audiuit. Forte cogitari
potest ? Ne te fallas : nec in cor hominis ascendit.
12. Quid igitur ? Quomodo te paras ? Dic. 'Volo uidere deum meum'.
225
Illi dic : 'Videre uolo', illi dic qui ait : Petite et accipietis, pulsate et
aperietur uobis. Pulsa ante ostium positus, pulsa uehementer. Qui claudit,
non expellit : exercere uult pulsatorem. Pulsa ergo, pulsa, non corporea
manu, sed cordis affectu. Dic domino deo tuo quod in psalmis cantas :
Tibi dixit cor meum : quaesiui uultum tuum, uultum tuum requiram. Dic
230
etiam quod in alio psalmo dicitur : Vnam petii a domino, hanc requiram,
ut inhabitem in domo domini per omnes dies uitae meae, ut contempler
delectationem domini. Desidera contemplari et dic ei : 'Videre te uolo'.
Sed unde uidebo ? Si oculis carneis, ergo lux corporea es. Modo mihi iam
renuntiat cor meum, quia non es tu, deus meus, corporea lux. Quid ergo
235
es ? Transcendi omnia ista, ad mentem meam iam perueni, nec ipsa deus
meus est. Et tamen natura mentis transcendit omnia corporea siue
terrestria siue caelestia, sed nondum est deus meus. Mens enim mea
mutabilis est : deus autem meus incommutabilis est. Aliquid incommu-
tabile quaero, cum deum meum quaero. Mentem autem unde mutabilem
240
agnosco ? Modo meminit, modo obliuiscitur, modo sapit, modo desipit,
modo uult, modo non uult, modo irascitur, modo tranquillatur. Aliquid
incommutabile quaero, cum deum meum quaero. Sic mihi locutus est in
scripturis deus meus, ut possim utcumque cogitare quod credam, /213/
nondum habere quod uideam. Aliquid quaero quod incommutabile
245
semper manet.
217-23. I Cor 2, 9.
225-6. Mt 7, 7 0 ^ 11, 9) 229. Ps 26, 8 230-2. Ps 26, 4 238. S. Mayence
54 (f. 166) : «Deus enim incommutabilis est. Mens autem nostra quia creata est, quia
facta est, non est hoc quod deus : mutabilis est. Videmus et nunc mutationes ipsas. Sapit,
desipit ; meminit, obliuiscitur ; uult, non uult ; delectatur, contristatur. Istae mutabilltates
non cadunt in deum» ; In Ioh. 20, 12 : «Ipse animus mutabilis est
Modo nouit, modo
non nouit ; modo obliuiscitur, modo recordatur ; modo uult, modo non uult ; modo
peccat, modo iustus est» ; Inps. 41, 7 : «Non est talis ipse animus : deficit, proficit ;
nouit, ignorat ; meminit, obliuiscitur ; modo illud uult, modo illud non uult. Ista
mutabilitas non cadit in deum» ; cf. S. 241, 2 et Denis 2, 3.
223.
te uix legitur
226.
hostium M
66 FRANÇOIS DOLBEAU 13. Sed unde uidebo ? Respondebit tibi euangelium : Beati mundicordes quia
66
FRANÇOIS DOLBEAU
13. Sed unde uidebo ? Respondebit tibi euangelium : Beati mundicordes
quia ipsi deum uidebunt. Si ergo beati mundicordes quia ipsi deum
uidebunt, immunda autem corda peccatorum praegrauatione gestamus,
quid agemus ? Vnde mundabimus interiorem oculum nostrum, quo uideri
250
<possit*> facies dei nostri ? Vnde mundabimus ? Habes et hoc in scrip-
tura : Mundans fide corda eorum. Duo ergo ista testimonia teneamus :
unum ex euangelio, alterum ex actibus apostolorum. Quod ex euangelio ?
Beati mundicordes quoniam ipsi deum uidebunt. Respexisti te, inuenisti
quandam immunditiam cordis tui ; uidere deum desiderans et audiens
255
quia non uidetur nisi cordibus mundis, desiderio uidendi inflammatus,
quaeris utique mundare cor. Vnde ergo mundabis ? Adtende in actibus
dicentem : Mundans fide corda eorum. Tene ista duo : unum in
promissione, alterum in actione, hi promissione quid ? Beati mundicordes
quoniam ipsi deum uidebunt. in actione quid ? Mundans fide corda
260
eorum. Crede ergo antequam uideas, ut possis gaudere cum uideris.
14. Non ascendat in cor tuum uana cogitatio : 'Quid est quod dicunt
christiani : Crede, crede ?' Medicus hoc dicit, qui nouit quid agatur in
oculo tuo. Nunc et resiste manibus medici et dic : 'Non credo, nisi mihi
ostenderis'. Respondebit tibi medicus : 'Non est cui ostendam ; hoc uolo
265
in te sanare quo possis uidere quod me iam cupis ostendere'. Puta homini
obcaecato aliqua caligine, et forte ab initio aetatis suae, ut iam nec quid
uideatur a uidentibus nouerit, dicere medicum : 'Est quod /213v/ tibi
ostendam ; ecce sensu quodam nosti te caecum, alios autem uidentes :
quia uel duce indiges quod illi non indigent, interest profecto aliquid inter
270
illos et te. Vident ergo illi quiddam, quod tu non uides ; quod si uideres,
multum gauderes.' Excitat in illo desiderium uidendi quod nescit, uolens*
246. Développements analogues dans S. 53, 9-10 ; In ps. 109, 8. 246-8. Mt 5, 8
251. Act 15, 9
253.
Mt 5, 8
257. Act 15, 9
258-9. Mt 5, 8
259-60. Act 15,
9.
262. S. Mayence 59 (f. 195 = S. 374 augmenté) : «Medicus ad aegrum uenit saucios
habentem oculos, aut fortasse iam perditos - oblitus est se uidisse aliquando, aut forte a
natiuitate sua numquam uidit - , sed tamen tantus est medicus, qui possit antiquam pellere
caecitatem. Promittit esse aliquid quod possit ostendere, si se ille patiatur curari. Porro
autem ille antequam uideat si non credit, quomodo curabitur ? 'Est, inquit, quod uideas,
sed tunc uidebis, cum sani tibi fuerint oculi'. Et ille : 'Ego nisi uidero, non curabor'.
Quam absurda et peruersa responsio : prius uidere uelle ut curetur, qui utique si uidere
posset, causa non esset quare curaretur. Crede ergo medico demonstraturo, ut non
resistas curaturo.»
246.
ante euangelium uerbum deletwn esse uidetur
250. possit addidi
264.
est : an es ? 271. uolens scripsi : uolo M
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 67 eum curare, ut possit uidere quod non uidet. At ille si
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 67
eum curare, ut possit uidere quod non uidet. At ille si ita sit absurdus et
auersus ab omni ratione ueritatis ut dicat medico : 'Non me curabis, nisi
mihi demonstraueris quod uisurus sum', quid putabis medicum respon-
275
surum ? 'Oportet te curari ut uideas, non uidere ut cureris. Peruersus es,
praeposterus es. Prius illud fiat quod non uis, ut peruenire possis ad id
quod uis. Si haberes oculos quibus possem ostendere quod dico, non opus
esset ut curareris.' Forte ille respondebit : 4 Et quid sum facturus ? Cura
ut uis.' Et medicus : 'Adhibiturus sum quaedam acriora collyria, quae tibi
280
detergant caliginem, de quorum acrimonia sensurus es aliquem dolorem.
Sed oportet te dolorem salubrem perferre patienter nec anxium atque
impatientem doloris repellere manus meas. Noui enim quid agam in
oculis tuis, ut sint oculi qui modo nec oculi dicendi sunt. Noui quid agam,
et ideo tibi praedico aliquid te molestum passurum cum fructu illumina-
285
tionis.' Illfort e territus ne mordeatur illis medicamentis quae imposi-
turus est medicus, rursus redit ad illud detritum et exclusum : 'Egone
passurus sum dolores tantos, quos mihi impositurus es ? Nisi prius
uideam quod demonstraturus es, non feram.' Contra ille : 'Non potes.
Hoc est quod quaero ; rogo te : curare. Videbis, expelletur caligo, re-
290
/214/-splendet tibi lumen illud quod audis uidentes nominare et non uides.
Audis enim : lux, color, fulgor ; nomina haec audis. Haec nomina aliqua-
rum rerum sunt, res ipsas non uides. IHi qui uident beatiores te sunt.
Suffer ergo aliquid doloris compensatione magnorum gaudiorum.' Si
consenserit, curabitur et uidebit. Si non consenserit, prius uolens uidere
295
quam curari ut sit unde uideat, absurdissimus et inimicus salutis suae
deseret medicum.
15. Adtende nunc medicum salutarem uenisse ad nos dominum nostrum
Iesum Christum, inuenit caecitatem cordis nostri, promisit lucem quam
oculus non uidit nec auris audiuit nec in cor hominis ascendit. Hanc
300
uident angeli, de illa gaudent. Sicut enim illi homines sani uident quod
non uidet caecus, sic uident angeli quod non uidet homo. Quare non uidet
homo ? Quia adhuc uult esse homo, hicipiat ergo curari ipse homo, ut ex
homine fiat inter filios dei, quia dedit eis potestatem filios dei fieri. Hoc
est* : dedit eis potestatem, ut curentur, ut detergeatur caligo cordis, quia
305
beati mundicordes quia ipsi deum uidebunt. Et audi quia et in euangelio
est, quod et alibi dictum est : Mundans fide corda eorum. Cum dixisset
dominus : Dedit eis potestatem filios dei fieri, subiecit statim :
299. 1 Cor 2, 9
303-4. Io 1,
12
305. Mt 5, 8
306. Act 15, 9
307-8. Io 1,
12.
276. prepostorus M
277. uis : non uis M ac
303-4. uerba hoc est uix leguntur
68 FRANÇOIS DOLBEAU credentibus in nomine eius. Si ergo credentibus potestatem dedit filios dei fieri
68
FRANÇOIS DOLBEAU
credentibus in nomine eius. Si ergo credentibus potestatem dedit filios dei
fieri - filii autem dei poterunt uidere quod in cor hominis non ascendit - ,
fide mundat corda eorum ut possint esse mundicordes, quia ipsi deum
uidebunt.
16. Beati ergo uos, fratres, qui creditis ; orate pro non credentibus, ut
et ipsi uidere mereantur. Beati qui creditis : non uidetis, sed creditis ;
/214v/ nondum sani estis, sed adhuc curamini. Salus uestra in spe est,
nondum in re. Perseuerate sub manibus medici, praecepta eius tamquam
acria collyria tolerate, abstinete uos a perniciosis uoluptatibus mundi :
non uos ducantillicita gentium, non theatricae nugae, non luxuria ebrio-
sitatis, non uenenum curiositatis iUicitae. Ab his omnibus abstinete uos.
Sed consuestis in istis gaudere, et cum uos ab istis abstinere coeperitis,
consuetudinis infractae auiditas dolebit. Sed ipsa sunt acria collyria,
quibus oculi curantur. Accipite praecepta medici. Quidquid uobis imponit
ut feratis, prior ipse perpessus est. Et in iUo quidem quid curaretur non
erat, quia nihil aegrotabat, sed officio sanandi sustinuit quod proponebat
aegroto. Calicem quendam amarum dabat tumenti et inflato superbia ; ille
humilis ueniens passus est omnia humilia a superbis hominibus.
17. Humilitas Christi medicamentum superbiae tuae. Noli irridere unde
saneris. Dignare esse humilis, propter quem deus factus est humilis. Hac
enim medicina te sanandum esse iudicauit, qui bene nouit et unde aegrotes
et unde sanandus sis. Li omnibus corporis membris causam quaerunt*
309-11. Cf. I Cor 2, 9 ; Act 15, 9 ; Mt 5, 8.
313. Cf. Io 20, 29 317. S. Mayence 59 (f. 194v) : «Ad perniciem generis humani
theatricae omnes nugae non sunt inuentae, nisi ab ingeniosis hominibus» ; pour
«theatricae nugae», voir aussi In ps. 38, 2 et 53, 10. 322. S. Mayence 54 (f. 170v) :
«Ne tu dubitares bibere, prior medicus bibit, non quia medico necessarium fuit, sed ut
dubitationem auferret aegroto».
326. S. Mayence 54 (f. 171) : «Medicinam superbiae nostrae humilitatem domini
nostri Iesu Christi teneamus».
309.
dei add. M in marg.
317.
theatrice iterauit M in marg.
318. hiis M
319. consuestis
MP C :
consueuistisM^ Il isûs 2 iterauitMinmarg.
327. saneris uix Iegitur
329. sis uix legitur Il post quaerunt quattuor uel quinque
litterae non leguntur : bonifort. legend.
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 69 330 medici unde* la omnia quae difficillime tolerantur. Et ideo multi
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 69
330
medici unde* la omnia quae difficillime tolerantur. Et ideo multi
imperiti, curantes accidentes causas et non curantes originales, ad tempus
uidentur mederi, sed manente quasi fonte morborum, rursus in riuos
calamitatis emanat quod in origine perseuerat. Audi ergo unde aegrotet
homo, unde non oculos tantum, sed nuUa membra sana habeat. Audi unde
335
aegrotet, accipe de scripturis ubi ars medici scripta est. Non enim tibi
certior est qui de Hippocrate tibi legit morbum, quam ille qui de diuina
scriptura tibi de-/215/-monstrat unde intus aegrotes. Audi ergo dicentem
scripturam : Initium omnis peccati superbia ; et curris tamen pro salute
corporis tui, pro anima piger es. In oculo tuo si stipula irruit, non
340
differtur ut auferas. Oculum cordis tui premit iniquitas, non curris ad
medicum. Quamquam, dum non poteras currere ad medicum, ipse
medicus ad te uenit et, quod est grauius, hoc ipsum quod ad te uenit
irrides, misericordiam eius pro nihilo habes. Venit, subuenire uult, scit
quid adhibeat. Ideo humilis uenit deus, ne homini non esset imitandus.
345
Altum enim quomodo imitareris ? Non imitato eo, quomodo sanareris ?
Venit ergo humilis, quia nouerat quale tibi poculum daret. Amarum
quidem aliquantulum, sed salubre. Tu autem ferentem poculum irrides
adhuc et dicis tibi : 'Qualem deum habiturus sum ? Natum, passum, sputis
iUitum, spinis coronatum, in cruce suspensum ?' hrfelix anima ! Humilita-
350
tem medici uides, tumorem superbiae tuae non uides. hide tibi displicet
humilis, superbiae tuae displicet, morbo tuo displicet medicamentum
quod tibi dat medicus.
330. S. Mayence 54 (f. 169) : «Medicus peritus, quando uiderit hominem diuersis
morbis languentem, non adtendit proximas causas et relinquit originem causarum
omnium ; si enim curauerit proximas causas, seruato fonte morborum, redeunt
deriuationes calamitatis, et ad tempus uidetur mederi, non autem penitus santat» ; In Ioh.
25,16 : «Medicus quando aegritucünem discutit, si curet quod per aliquam causam factum
est, et ipsam causam qua factum est non curet, ad tempus uidetur mederi, causa manente
morbus repetitur». 338. Sir 10, 15 339-40. S. 88, 6 : «Nemo uel differt si stipula
in oculum cadat». 346. S. 142, 5 (= Lorsch 9a) : «Bibat contra tumorem poculum
amarum, sed salubre : bibat poculum humilitatis». 348-9. In Ioh. 3, 3 : «Sputis illitus,
spinis coronatus, in cruce suspensus».
330. post
unde sex uel septem litterae non leguntur
331. origenales M
336.
ipocrate M 338. tamen : an tantum ? 341. ipse add. M in marg. 351. post tuae et
tuo interpunxitM
70 FRANÇOIS DOLBEAU 18. Si adhuc irrides, phreneticus es. Phrenetici et caedunt medicos plerumque, et
70
FRANÇOIS DOLBEAU
18. Si adhuc irrides, phreneticus es. Phrenetici et caedunt medicos
plerumque, et misericordes non solum non irascuntur caedentibus, sed
355
etiam caedentium salutem quaerunt. Praeualent autem aliquando ut etiam
medicum possint occidere. Sed uitat uehementer occidi a phrenetico, quia
resurgere non potest et sanare phreneticum. IHe autem medicus noster a
phreneticis nec occidi timuit, et de ipsa morte sua phrenetico medica-
menta confecit. Mortuus est enim et resurrexit. Et uide quia uerus
360
medicus non irascitur phreneticis caedentibus se, sed ma-/215v/-gis eos
miseratur et ex eo quod patitur uult sanare saeuientes. Audi medicum
pendentem in cruce ; circumspecta turba saeuientium phreneticorum, ait :
Pater ignosce illis, quia nesciunt quidfaciunt. Nec uox iUius inanis fuit.
Nam posteaquam resurrexit et clarificatus est in oculis discipulorum
365
suorum, ita ut eis carnis eiusdem resuscitatae etiam cicatrices ostenderet,
neque se tantum uidendum sed etiam contrectandum praeberet, ascendit in
caelum, misit spiritum sanctum : coeperunt miracula fieri in nomine
occisi, in nomine crucifixi, magisque tunc compuncti sunt iUi qui occide-
runt quam cum uiderunt in cruce pendentem. Cogitabant enim tanta fieri
370
in nomine eius qui inter suas manus occisus ab eis putabatur. Senserunt
uiuentem, quem irriserant morientem. Compuncti sunt corde, sicut
scriptum est in actibus apostolorum ; quaesierunt consilium ab apostolis
multi ex ipsis iudaeis crucifixoribus domini ; acceperunt etiam consilium,
quia non frustra iUe dixit pendens : Pater ignosce illis, quia nesciunt quid
375
faciunt. Ait iUis apostolus : {Agite paenitentiam t et baptizetur unusquis-
que in nomine domini nostri Iesu Christi, et dimittuntur uobis peccata
uestra. Factum est : baptizati sunt et crediderunt} in eum quem crucifixe-
runt. Hoc est quod dixi, fratres, quia et de ipsa morte sua medicamenta
faciebat phreneticis.
380
19. hide itum est ad gentes. Missi sunt apostoli ad gentes : inuenerunt
totum orbem deditum simulacris. Coeperunt et ipsi discipuli ipsius
medici, in quibus ipse medicus praesidebat, quia caelum facti erant et
353. Nouvel exemple d'un thème courant dans la prédication augustinienne : le
médecin face au frénétique (S. 16 A, 8 ; Lambot 18 [= 111], etc.). 363. Lc 23, 34
371. Act 2, 37
374-5. Lc 23, 34
375-7. Act 2, 38.
353. freneticus M (hic et semper) 355. etiam 1 add. M in marg. 364. postea
quam M 375. apostolus (sc. Petrus) scripsi : apostolis M Il unusquisque + uestrum
Cas 376. nostri om. Cas 377. et om. Cas
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 71 deum portabant, coeperunt ergo praedicare eum qui crucifixus est et mortuus
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 71
deum portabant, coeperunt ergo praedicare eum qui crucifixus est et
mortuus propter delicta nostra et resurrexit propter iustificationem
385
nostram. Coadtestantibus signis et miraculis tantis, coepit impleri orbis
/216/ terrarum. Et primo ut impleretur, occidebantur et discipuli medici,
sicut ipse medicus fiierat interemptus. Sed quando hi timerent occidi, cum
in capite suo etiam carnem resurrexisse conspicerent ? Cui enim timerent
animae numquam moriturae, cum corpore iam resurrexerant in domino ?
390
IUe autem omnes credentes tamquam capiti corpus fecit, ut ipse eis caput,
iUi autem omnes qui ei credunt tamquam membra cohaererent. Ab initio
autem mundi usque in finem creditum est et credetur in Christum, quia et
antequam nasceretur ex Maria uirgine, multi crediderunt uenturum, sicut
modo credunt in eum qui iam uenit. Et per ipsam fidem omnes sanantur,
395
nec est aliud collyrium illius caliginis oculi spiritalis, nisi quomodo
scriptum est : Mundans fide corda ipsorum. Omnes ergo sanctos corpus
sibi fecit, cuius corporis est ipse caput. Nec caput esset huius corporis,
nisi aliquid haberet ex ipso corpore. Vnde enim assumpsit carnem, quae
in illo potuit mori ? Si enim anima hominis mori non potest, diuinitas
400
uerbi quando posset mori ? Occisa ergo sunt et milia martyrum, et
tamquam eorum sanguine seminata surrexit toto orbe seges ecclesiae.
20. Ergo, fratres, ante milia annorum ista praedicta sunt et, sicut
praedicta sunt, ita uidentur expressa et exhibita. Pauca restant quae
legimus et credimus, nam plura iam legimus et uidemus. Ex his autem
405
quae legimus et uidemus, non est magnum credere pauciora quae restant.
Magnum erat credere illis qui nihil horum uidebant quae nos uidemus.
Modo iam non est laudabile credere, sed damnabile non credere. Euigi-
lent aliquando et curentur qui adhuc nolebant curari. Credant : uidebunt.
383. Cf. supra sub 132-3 . 384-5. Rm 4, 25 396. Act 15, 9 397. Cf. CoI
1, 18 401. S. 22, 4 : «Sparsum est semen sanguinis, surrexit seges ecclesiae» ;
Mayence 9 (f. 34v) : «Promisit martyres
Saeuit mundus, saeuire promissus est, non ut
semen conculcaretur, sed ut seges seminaretur ; fusus est ubique martyrum sanguis ;
mundum impleuit messis ecclesiae» (thème fréquent).
403. S. Mayence 12 (f. 56v = S. Caillau II 19 augmenté) : «Numerate tam multa
praeterita quae euenerunt et credite pauca quae restant» ; Mayence 54 (f. 172) : «Si ergo
haec tanta impleta sunt, pauca quae restant non sunt uentura ?» ; Inps. 62,1 : «Stultus est
enim qui non uult credere pauca quae restant, cum uideat tam multa impleta esse» ; 66,
10 : «Sicut usque ad hodiernum diem omnia euenerunt, sic et quae restant euentura
sunt».
387.
hi add. M in marg.
404.
hiis M
72 FRANÇOIS DOLBEAU Non sint tam peruersi ut dicant nobis : 'Videam primo et tunc
72
FRANÇOIS DOLBEAU
Non sint tam peruersi ut dicant nobis : 'Videam primo et tunc credam'.
410
Quid est 'uideam et tunc credam' ? { Qui enim uidet, numquid credit ?
/216v / IHe credit, qui non uidet. Aliud est credere, aliud uidere. Crede
quia non uides, ut credendo quod non uides merearis uidere quod credis.
Meritum uisionis fides est. Merces fidei uisio est. Quid quaeris ante opus
mercedem ? Crede ergo, et ambula in fide : salus tua in spe est. Coepit
415
enim te curare optimus medicus, cui nuUus morbus est insanabilis. NoIi
timere scelera tua praeterita, quamuis immania, quamuis incredibilia,
quae forte gessisti : morbi sunt magni, sed maior est medicus. NoIi ergo
curare de praeteritis : uno sacramenti momento dimittentur, et omnino
omnia dimittentur.} Nihil praeteritorum remanebit, quod angat curam
420
tuam. Eris non in tua fortitudine, sed in manu medici securus. Esto ergo
sub iUo securus, quia et quod reliquum est sanabit : ipsam infirmitatem
mortalitatis nostrae, unde minora quidem, dum hic uiuimus, peccata
subrepunt. Sanabit totum, mundabit totum. Vniuersa caligo tolletur, sed
detur talis oculus cordis ut sis beatus cum uideris, quia credens audisti :
425
Beati mundicordes quia ipsi deum uidebunt. Intueantur qui nondum
crediderunt, o fratres mei, intueantur quanta deus exhibuit. Omnia quae
uidentur per totum orbem terrarum fieri in nomine Christi, praeuisa,
praedicta, praescripta sunt. In manibus nostris sunt codices, in oculis
nostris facta.
430
21. Et si uerum cogitemus, fratres, difficilius fecit quam quod facturus
est. Quid est quod est : difficilius fecit ? Iustificauit {impium, ex idolatra
fecit fidelem, ex ebrioso sobrium, ex luxurioso parcum, ex auaro
donantem res suas, non donantem uenatoribus plaudente diabolo, sed
donantem pauperibus coronante Christo, et acquirentem sibi illud quod
435
transire non possit. Difficilius erat quod fecit. Qui enim ex impio fecit
pium, pio non reddet praemium ? /217/ Aduertite, fratres mei. Quid est
411-3. S. 43, 1 : «Est autemfidescredere quod nondum uides, cuius fidei merces est
uidere quod credis» ; Denis 24, 4 : «Ideo illud non ostendit, ut merces sit fidei. Si enim
ostendat tibi, quod meritum habes quia credis ? Non est iam credere, sed uidere
415-7. S. Mayence 59 (f. 197v) : «Magnus aegrotus, sed maior medicus» ; In ps. 102,
5 : «Magni sunt (languores), inquies, sed maior est medicus. Omnipotenti medico nullus
languor insanabilis occurrit». 425. Mt 5, 8.
431. Cf. Rm 4, 5
433. S. 9, 21 (= Lorsch 18) : «Quanta donatis uenatoribus ?» ;
Inps. 102,13 : «Qui uenatoribus donant, quare donant ?».
411.
ante credit unum uerbwn deleuit M Il aliud 2 + est Cas
415. enim M : ergo Cas
413. ante add. M in
marg.
433. donantem res suas non om. Cas
donantem res suas om. Mor Il plaudentem
Cas
434. coronante M : et coronantem a Cas
Cas : acquirente M
435. fecit* + dominus Cas
et coronandum a Mor Il acquirentem
436. aduertite M : attendite Cas
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 73 incredibilius ? Ex impio facere pium, an ex pio facere angelum
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 73
incredibilius ? Ex impio facere pium, an ex pio facere angelum ? hnpius
et pius contraria sunt. Pius et angelus non sunt contraria. Ex uicino te non
implebit, qui ex contrario te mutauit ? Iam enim cum pius esse coeperis,
440
imitari incipis uitam angeli. Cum autem impius esses, remotus eras a
choro angelorum. Venit autem fides et iustificauit te. Humiliaris deo, qui
blasphemabas deum. Et qui conuersus eras ad creaturam, iam desideras
creatorem. Ecce quid tibi praestitit : exhibuit in orbem terrarum eccle-
siam suam ; sicut eam promisit, exhibuit. Praedicta est idolatria aliquando
445
interficienda et auferenda : legerunt ea maiores nostri et non uiderunt,
nos autem legimus et uidemus.} Praedictae sunt haereses, praedicta
schismata : etiam ipsa sunt. Vnde non turbantur christiani quando haere-
ses et schismata uident. Certius enim sperant euentura quae promissa sunt,
quoniam eueniunt quae praedicta sunt.
450
22. Fugite ergo scelera omnium haeresum et schismatum, fugite
sacrilegia gentium, curiositates daemonum, adorationes idolorum, sacrile-
gia remediorum, consultationes mathematicorum. Fugite ista, fratres.
Quid in eis speretis, non habetis. Propter uitam futuram numquam
promiserunt ; propter praesentem si dicant*, uobis mentiuntur. Exsistat
455
aliquis qui dicat : 'Mihi, scio, uerum dixit mathematicus, et mihi scio quia
uerum dixit sortilogus, et illud remedium habui, et ualuit'. Hoc solum
sciat caritas uestra, quod facile uideri potest. Felicitas et infelicitas
praesentis temporis, quae nec uera felicitas est nec plena infelicitas,
permixte sparsa est per omnes homines. Si soli essent secundum tempus
460
felices qui ista faciunt, deberetis uos, fratres qui credidistis, propter
futuram felicitatem contemnere praesentem. Cum autem /217v/ uideatis
437. S. Mayence 54 (f. 171v) : «Quid magnum est deo ex homine facere angelum,
qui ex limo fecit hominem ?» ; Morin 16, 7 (= 77 B) : «Difficile est quod promisit, ut
homo fiat angelus, nihil difficilius». 446. S. 22, 4 : «Praedictae sunt scismata et
haereses futurae. Videmus illa» ; Mayence 12 (f. 57v) : «Praedictae sunt et haeresum
concisiones. Numquid non et ipsas uidemus ?».
455-6. Mathematici et sortilogi sont souvent associés, notamment en S. 4, 36 ; 9,
17 ; Denis 21,4 (= 15 A) ; Lambot 6 (= 335 D) ; Mai 25, 3 (= 63 A), etc.
438. sunti + sibi Cas
439. mutauit : non m. Cas
commutauit Mor
440. angeli :
angelicam Cas 440-1. a choro M : om. Cas a uita Mor 441. uenit — te M :
ueniente autem fidem (fide Mor) iustificaris et Cas Mor 444. ita exhibuit Casfort. recte
445. ea : eam Cas
454. dicant Madec : dicam M
74 FRANÇOIS DOLBEAU permixte sanos et illos qui faciunt et illos qui non faciunt, permixte
74
FRANÇOIS DOLBEAU
permixte sanos et illos qui faciunt et illos qui non faciunt, permixte
morientes et qui non faciunt et qui faciunt, permixte diuites et pauperes et
qui faciunt et qui non faciunt, permixte honoratos et ignobiles et qui
465
faciunt et qui non faciunt, cum ergo felicitatem uel infelicitatem
temporalem permixtam uideatis in genere humano, quare non cauetis
aeternam infelicitatem, cum dicetur : Ite in ignem aeternum, et compa-
ratis ueram felicitatem cum dicetur : Percipite regnum.
23. 'Iuno, inquit, parientibus praestat, et Mercurius uenatoribus uel
470
litteratis et Neptunus nauigantibus'. Falsa sunt haec. Nam si uera sunt,
non pariant bene mulieres quae Iunonem blasphemant. Quid magnum est,
fratres mei, ad haec uidenda oculos aperire ? Numquid et ista prophetae
praenuntiauerunt ? Vos ipsos interrogate : genus humanum respondeat.
Naufragent omnes qui non colunt Neptunum ? Damnum patiantur omnes
475
mercatores qui derident Mercurium ? Si autem ista falsa sunt, uitam
futuram numquam uobis promiserunt, ad uitam praesentem nihil prosunt.
Quare coluntur, nisi ut obligent pedes euntium uiam domini, ne quaerant
immortalitatem et aliquam requiem post labores et difficultates huius
uitae ? Opponit se enim ille diabolus cum angelis suis, et quasi necessa-
480
rium se facit ut uos in seruitutem redigat. Vtimini potius libertate ;
maior est qui uos redemit, quam ille qui oppugnat. Quicumque huic
consenserint, cum iUo damnabuntur ; quicumque in Christum crediderint,
cum illo damnabunt. Haec futura sunt, sed ex his quae iam uenerunt
conicite quae restant.
485
24. Praedictae sunt persecutiones futurae christianis a regibus mundi :
euenerunt, facta est strages martyrum, et putabant qui haec faciebant se
posse interficiendo finire christianos. Ecclesia sanguine suo creuit,
467.
Mt 25, 41 468. Mt 25, 34.
469.
S. Mayence 62 (f. 250rv = Lorsch 2) : «Videte si felicius nauigant qui
Neptunum colunt, quam qui eum non colunt, si uberiores agros habent, qui templo
Telluris obligati sunt, quam qui nulla tali superstitione detinentur, si minore dolore aut
periculo pariunt mulieres quae Iunonem colunt, quam christianae quae illam detestantur,
si auctiores sunt qui Mercurium colunt, quam qui talia figmenta derident» ; In ps. 26, 2,
19 : «Omnes qui colunt Neptunum, non naufragauerunt ; aut omnes qui blasphemant
Neptunum, ad portum non peruenerunt ? Omnes mulieres colentes Iunonem, bene
pepererunt, aut omnes blasphemantes Iunonem, male pepererunt». 477. Cf. Ps 19, 9.
485. S. 22, 4 : «Praedictae sunt persecutiones. Factae sunt a regibus colentibus
idola» ; Mayence 12 (f. 57v) : «Praedictum est quod reges persecuturi essent ecclesiam
eius : facta sunt haec».
483. hiis M
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 75 persecutores uicti sunt, qui patiebantur persecutionem /218/ uicerunt. Etiam hoc
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 75
persecutores uicti sunt, qui patiebantur persecutionem /218/ uicerunt.
Etiam hoc praedictum est. Ipsos quoque reges subdituros colla iugo
Christi inuenimus in scripturis sanctis, a quibus primo quasi cauenda
uidebatur ecclesiae persecutio. Et hoc factum est, fratres : iam crux
Christi in frontibus regum est, adorant reges quod irriserunt iudaei. Et
quia sic dictum est : Infirma huius mundi elegit deus ut confundatfortia,
et ignobilia huius mundi elegit, et ea quae non sunt tamquam quae sint, ut
quae sunt euacuentur, uenit dominus noster Iesus Christus ad salutem non
tantum pauperum, sed et diuitum, non tantum plebeiorum, sed et regum.
Noluit tamen eligere in discipulatum reges, noluit diuites, noluit nobiles,
noluit doctos, sed elegit pauperes, idiotas, ignobiles, piscatores, ubi magis
claresceret gratia eius. Venit enim dare humilitatis poculum et sanare
superbiam. Et si primo uocaret regem, diceret rex dignitatem in se
electam ; si uocaret primo doctum, diceret doctrinam suam electam. Qui
uocabantur ad humilitatem, per humiles uocari debuerunt. Itaque non
lucratus est Christus de imperatore piscatorem, sed de piscatore impera-
torem.
25. Veniunt modo reges Romam. Magna res, fratres, quomodo
impletum est. Quando dicebatur, quando scribebatur, nihil horum erat.
Mirum est : adtendite et uidete, gaudete. Sint curiosi qui eam nolunt
489-90. Cf. Ps 71, 10-11 ; 104, 14-15 ; 109, 1 et 5,
etc. - Cf. S. 156, 13 : «Legite
quid dixerit : Euangelium sanctum est, omnium superba colla subduntur. Non haec dicit
Augustinus, haec dicit dominus» ; Denis 24, 5 : «Omnes etiam reges sub iugum ipsius
mittendi erant, et uidemus impleta post mortem Christi quae praedicta erant» ; Denis 24,
9 : «Crediderunt et reges, qui primo persequendo martyres fecerant. Videmus ergo et
modo reges credidisse» ; Mayence 9 (f. 35) : «Crediderunt et reges : erat enim in
chirographo dei : Adorabunt eum omnes reges terrae, omnes gentes seruient illi» ;
Mayence 12 (f. 57v) : «Praedictum est quod reges credituri essent in eum : tenemus iam
fidem regum et de fide Christi dubitamus» ; Césaire, S. 142, 2. 493-5.1 Cor 1, 27-28
497. S. 43, 6 : «Si enim eligeret Christus primitus oratorem, diceret orator : *Eloquentiae
meae merito electus sum'. Si eUgeret senatorem, diceret senator : 'Dignitatis meae merito
electus sum'. Postremo, si prius eUgeret imperatorem, diceret imperator : 'Potestatis meae
merito electus sum'» ; Mayence 55 (f. 174v = S. 341 augmenté) : «Elegit ergo infirmos,
pauperes, indoctos, ignobiles : non quia reliquit magnos, diuites, sapientes, nobiles, sed
si ipsos primo eligeret, merito dignitatum suarum, merito diuitiarum suarum, merito
natalium sibi eUgi uiderentur» ; Mayence 62 (f. 249 = fragm. Verbraken 16) : «Non elegit
reges, aut senatores, aut philosophos, aut oratores ; immo uero elegit plebeios, pauperes,
indoctos, piscatores» ; In ps. 65, 4 : «Si ipsos (doctos) primo elegisset, doctrinae suae
merito se electos putarent
Elegit ergo dominus postea et oratores ; sed iUi superbirent,
si non prius eligeret piscatores ; elegit diuites, sed dicerent merito diuitiarum suarum se
electos esse, nisi primo elegisset pauperes».
494. quae (sint) MP C : ea quae (sint) M ac
498. ideotas M
76 FRANÇOIS DOLBEAU adtendere, ad ista eos uolumus esse curiosos : relinquant uanarum curiosi- tatum
76
FRANÇOIS DOLBEAU
adtendere, ad ista eos uolumus esse curiosos : relinquant uanarum curiosi-
tatum scelera et nugas, aliquando sint ad scripturas diuinas curiosi,
510
inueniant tanta ante praedicta esse quae modo uident. Mirantur enim in
nomine crucifixi incurrere et confluere genus humanum, a regibus usque
ad pannis uestitos. Nulla aetas praetermissa, nulla secta, nuUa doctrina.
Non enim crediderunt indocti et non crediderunt /218v/ docti, aut credi-
derunt ignobiles et non crediderunt nobiles, aut crediderunt mulieres et
515
non crediderunt uiri, aut crediderunt pueri et non crediderunt senes, aut
crediderunt serui et non crediderunt liberi. Omnis aetas uocata est ad
salutem, omnis aetas iam uenit, omnis dignitas, omnis copia et facultas
humana. Iam intus sint omnia. Iam pauci foris remanserunt et adhuc
disputant ; euigilent aliquando uel ad strepitum mundi : clamat totus
520
mundus.
26. Veniunt, ut dicere coeperam, reges Romam. Jbi sunt templa impe-
ratorum qui superbia sua diuinos sibi honores exegerunt ab hominibus et,
quia poterant - reges enim erant et dominatores -, extorserunt potius
quam meruerunt. Cui potuit tale aliquid extorquere piscator ? Ibi est
525
sepulcrum piscatoris, ibi templum est imperatoris. Petrus ibi est in
sepulcro, Hadrianus ibi est in templo. Templum Hadriani, memoria Petri.
Venit imperator. Videamus quo currerit, ubi genua figere uoluit : in
templo imperatoris, an in memoria piscatoris ? Posito diademate, pectus
tundit ubi est piscatoris corpus, cuius merita cogitat, cuius coronam
530
credit, per quem cupit peruenire ad deum, cuius orationibus se adiuuari
sentit et inuenit. Ecce quae fecit ille crucifixus et irrisus in cruce, ecce
unde strauit gentes, non saeuiente ferro, sed irriso ligno. Bibant ergo
superbi poculum humilitatis, humiliato Christo. Dignentur esse humiles,
iam cognoscant medicamentum suum, ueniant et credant.
535
27. Hortamini eos, fratres, non tantum uerbis, sed et moribus uestris,
et nos hortamur ut iam non differant. Forte enim aliqui cogitant et
513. In ps. 64, 5 : «Numquid uenerunt pauperes, et non uenerunt diuites ? Numquid
uenerunt humiles, et non uenerunt sublimes ? Numquid uenerunt indocti, et non uenerunt
docti ? Numquid uenerunt uiri, et non uenerunt feminae ? etc.»
521. Voir S. Mayence 55, In ps. 65, 4, et les autres textes allégués en introduction.
532. Cf. supra, sub 34 6 ; S. Mayence 54 (f. 170v) : «Bibe calicem humilitatis.
Temperauit tibi eum, quia ad te humilis uenit ».
535. S. 9, 21 : «Non insultetis his qui nondum bene uiuunt, sed eos ipsos moribus
uestris hortemini».
526. adrianus M
adriani M
529. est scripsi : et M
530. adiuuari MP C : -uare
Mac
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 77 dicunt : 'Cras ero christianus'. Si cras bonum est, et hodie
NOUVEAUX SERMONS D'AUGUSTIN 77
dicunt : 'Cras ero christianus'. Si cras bonum est, et hodie bonum est.
Neque enim ut sit christianus, a mathematico quaesiturus est /219/ diem.
Omnem diem fecit deus. IHe tibi bonus est dies, quo boni aliquid gesseris.
540
Si ergo bonum est credere in Christum, ut fide mundetur cor et sanetur
ille oculus lucem tantam uisurus, quare differatur, quare uox coruina
remansit in hominibus ? 'Cras eras', coruus dicit, qui de arca missus non
reuersus est ; columba reuersa est. Coruus 'eras' clamat, columba cottidie
gemit. Non ergo in te sit uox differentis, sed gemitus confitentis.
545
Quicumque fatigati sunt audiendo, ignoscant studiosis. Quicumque adhuc
uolunt audire, ignoscant fatigatis, quia et tempore urgemur finire
sermonem. Nam tantam uestram auiditatem uidemus in Christo, ut plura
possetis audire, sed tempus tenere non possumus. Quicumque hic sunt qui
non crediderunt, ecce sumus, ecce est ecclesia : si uolunt, credant. Si
550
differendum putant, quod, arbitror, iam putare non debent, locum faciant
acturis diuina mysteria.
Et postquam pagani egressi sunt :
28. Iam, fratres, et hesterno die diximus uobis et nunc dicimus et
semper rogamus, ut bene uiuendo lucremini eos qui nondum crediderunt,
555
ne et uos sine causa credideritis. Rogamus uos ut, quomodo uobis placet
uerbum dei, sic placeat et in moribus uestris, non in aure sola, sed et in
corde, non corde solo, sed et in uita, ut sitis familia dei apta et placita
oculis eius ad omne opus bonum. Omnino, fratres, non dubitamus quia, si
uos digni deo uixeritis, cito nullus eorum qui nondum crediderunt in
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infidelitate remanebit.
Paris
François DOLBEAU
540. Cf. Act 15, 9 542-4. Cf. Gn 8, 6-12 - In ps. 102, 16 : «Sunt enim qui
praeparant conuersionem , et differunt, et fit in illis uox coruina : Cras, cras. Coruus de
arca missus, non est reuersus. Non quaerit deus dilationem in uoce coruina, sed
confessionem in gemitu columbino. Missa columba reuersa est» ; voir aussi S. 82, 14 ;
224, 4 ; In Ioh. 6, 2.
558. Cf. n Tim 2, 21 (3, 17 ; Tit
3, 1).
542. dicit add. M in marg.
550. post faciant add. diuinis M ac
78 FRANÇOIS DOLBEAU RÉSUMÉ : Publication provisoire de deux sermons d'Augustin, extraits du sermonnaire de
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FRANÇOIS DOLBEAU
RÉSUMÉ : Publication provisoire de deux sermons d'Augustin, extraits du
sermonnaire de Mayence (Stadtbibliothek 19), du XV e s. ; le premier ^layence n° 60 ;
Mainz 19, f. 201-208), prêché entre 399 et 405, veut prouver aux Donatistes que l'Église
véritable est universelle, et aux païens que les prophètes ont annoncé la destruction de
leurs idoles ; le second (Mayence n° 61 ; Mainz I 9, f. 208-219), prononcé dans les
premières semaines ou les premiers mois de 404, en présence de chrétiens et de païens,
veut convaincre ces derniers de l'urgence de leur conversion.