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I.

Introduction à la téléphonie

A. Principe
La téléphonie a été initialement prévue pour transmettre la voix
humaine entre deux lieux distants l’un de l’autre. Elle utilise comme
support des lignes électriques sur lesquelles transite un courant analogue
aux signaux sonores.

Pour transmettre le signal vocal (c'est-à-dire la parole issue d’ondes


acoustiques) d’un terminal à un autre, il faut d’abord le transformer en
signal électrique pour être ensuite transformé en signal vocal chez le
destinataire. Nous verrons que ce sont le microphone et l’écouteur qui
réalisent cette opération.

Signal vocal Signal vocal


Figure 1 Réseau téléphonique

Le mode de transmission correspondant à cette liaison


téléphonique est le mode bidirectionnel-duplex (la transmission a lieu
dans les deux directions en même temps, de l’émetteur vers le
récepteur)

Emission Réception

Réception
Emission

Figure 2 Mode de transmission Bidirectionnel – duplex du RTC


Une liaison téléphonique élémentaire est constituée par :

 Deux dispositifs « émetteurs-récepteur » appelés postes


téléphoniques
 Une ligne bifilaire acheminant les signaux (paire torsadée)

Une somme d’énergie électrique E (la tension continue nécessaire à


l’alimentation des postes fournie par le central TPH)

Figure 3 Structure d’un poste téléphonique

B. Organes constitutifs d’un poste téléphonique

 Les organes de conversation du poste téléphonique assure


l’échange conversationnel entre les deux correspondants
sont :
o Le microphone qui est un convertisseur d’énergie. Les
ondes sonores ou acoustiques entrainent la vibration
d’une membrane sensible qui provoque la création
d’un signal électrique variant au même rythme que la
voix. La variation de pression du milieu provoque un
déplacement de la membrane qui agit sur une bobine
produisant ainsi une tension induite.

Microphone = Transformation d’ondes acoustiques en variation de


tension induite.
o L’écouteur restitue sous forme acoustique l’énergie
électrique reçue, en la transformant en énergie
mécanique imposant un mouvement vibratoire à l’air
ambiant. Les signaux électriques traversent une bobine
qui se trouve dans un champ magnétique et de ce fait,
la membrane se déplace et les ondes acoustiques
deviennent audibles.

Ecouteur = Transformation du signal électrique de conversation en


vibration sonores audibles à l’oreille.
o Le combiné n’est le support ergonomique sur lequel
sont montés le microphone et l’écouteur.
o Bobine d’induction (ou transformateur) et
condensateur, assurant l’adaptation d’impédance entre
le microphone et la ligne et entre la ligne et l’écouteur,
m’élimination de l’effet local (évite d’entendre sur
l’écouteur les sons émis sur le microphone du même
combiné) et la séparation des courants de natures
différentes (signaux sonores et polarisation).
o Deux diodes montées en antiparallèle sur le récepteur
qui absorbent les surtensions et réduisent le choc
acoustique à un niveau supportable par l’oreille.
o Un redresseur qui rend l’appareil indépendant de la
polarité
 Les organes d’appel d’émission : l’abonné téléphonique fait
connaitre à son central de rattachement le numéro
d’identification du correspondant désiré en le composant soit
sur le cadran d’appel rotatif (ancien), soit sur le clavier
numérique (actuel). Ce dispositif transmet alors au central un
signal codé.
 Les organes de réception d’appel : la signalisation d’un appel
est faite par une sonnerie mise en marche par un courant
alternatif (à travers un filtre). Lors du décrochage du combiné,
le centre de rattachement constate la fermeture du crochet,
interrompt le signal d’appel et établit la liaison.

Synthèse Partielle :

Le poste téléphonique possède un écouteur et un micro. Il est


alimenté en -48V DC par le central téléphonique. Le poste raccroché se
comporte comme un interrupteur ouvert et lorsqu’il est décroché il se
comporte comme un interrupteur fermé. Lors d’un appel entrant le
poste reçoit une tension alternative de 75V à 80V et 50Hz pour le faire
sonner. Lors d’un appel sortant le poste utilise l a signalisation
décimale ou à fréquence vocale.

II. La numérotation téléphonique


La numérotation téléphonique est la phase qui suit la détection du
décrochage de l’abonné appelant. Le central téléphonique détecte le
décrochage et invite l’utilisateur à taper le numéro du correspondant
désiré (tonalité d’invitation à numéroter reçue)

Au repos, une tension de 48V DC circule sur la ligne (fournie par le


commutateur de rattachement) avec un courant i < 3mA. Au
décrochage, le commutateur qui explore les lignes toutes les 500ms
détecte le décrochage et émet une tonalité continue « invitation à
numéroter » de 440Hz indiquant qu’il est à l’écoute du numéro à
contacter.

Il existe deux principaux types de numérotation :

 Numérotation décimale ou à impulsions : le poste appelant


produit des coupures de lignes, dont chaque impulsion dure
100ms (33,3 ms de fermeture et 66,6ms de fermeture),
sachant qu’il y a autant d’impulsion que le chiffre numéroté
(1=1, 2=2,…0=10) avec un temps de 200ms d’écart entre
chaque train d’impulsion.
Exemple : le numéro 01 02 03 04 05 prendra en impulsion
(10/1/10/2/10/3/10/4/10/5 impulsions) soit un total de 65
impulsions de 100ms, soit 6,5s ce qui est considéré
relativement élevé.
 La numérotation DTMF (Dual-Tone-Multifrequency) chaque
chiffre est codé par une paire de fréquences vocales d’une
durée minimum de 40ms et séparées par un silence
minimum de 40ms. Si l’attente dure plus de 10 secondes, le
commutateur envoie le signal d’occupation en attente du
raccrochage.
Le cadran téléphonique se présente comme suit :
Figure 4 Numérotation par fréquences vocales ou DTMF

Si par exemple on appuie sur la touche 1, le poste téléphonique va


envoyer sur la ligne, une fréquence de 697Hz plus une fréquence de
1209Hz, chaque sonorisation doit durer au moins 40ms et doit être, au
moins séparée par 40ms de silence. Pour un numéro à 10 chiffres, la
numérotation prend donc 10 x 40ms + 40ms x 9(espacements) = 0,76 s.

On peut donc déduire que la numérotation DTMF est plus rapide


que la numérotation par impulsions (soit environ 8 fois plus rapide) ce
qui a imposé la DTMF par les constructeurs depuis plusieurs années.

Lorsqu’une touche du clavier est posée on envoie deux fréquences


d’une même durée, d’une même amplitude superposées.

Synthèse Partielle :

Le principe de la numérotation décimale et d’ouvrir/fermer la ligne


téléphonique (boucle) toutes 100ms avec un rapport cyclique de 2/3
suivant le codage des chiffres.

1 : 100ms ; 2 : 200ms ;…; 0 : 1000ms

Ce système est ancien et lent.


Figure 5 Schéma de la numérotation décimale

Le principe de la numérotation par fréquence vocale est d’émettre


deux fréquences différentes en même temps (dans la bande 300 - 3400
Hz) suivant le codage des chiffres. Ce système est rapide. Il permet aussi
de coder les touches *, #, etc utilisés par les services de confort. Ce
codage est le codage DTMF (Dual Tone Multi Frequency norme UIT – T
Q23).

La Structure d’un numéro téléphonique

Un numéro de téléphone suit généralement un codage qui


permet de localiser géographiquement un abonné.

E : Exploitant. 0=FT, 7=Télécom ;


– Z : Zone géographique ;
– ABPQ : commutateur de rattachement donc identification de la
ville.
– MCDU : identificateur de l’abonné.

Figure 6 Structure d'un numéro téléphonique

Architecture globale du réseau téléphonique commuté RTC


Ce schéma d’architecture que le réseau RTC est organisé en
3 sous-parties :

Figure 7 Architecture Globale du réseau téléphonique

 La commutation : partie centrale du réseau. Elle permet de réaliser la


mise en relation entre les abonnés.

 La transmission : ensemble des techniques mises en œuvre pour relier


les commutateurs entre eux. L’ensemble des commutateurs et des
supports de transmission entre commutateurs est appelé réseau de
transmission ou réseau de transport.

 La distribution : organisation technique mise en œuvre pour relier les


abonnés au commutateur le plus proche (commutateur de
rattachement). L’ensemble des dispositifs permettant cette liaison est le
réseau de distribution.

La commutation de circuits
Figure 8 Commutation de circuits

Un faisceau est un ensemble de circuits passant par un même


chemin. Pour assurer un bon fonctionnement du réseau en cas de
rupture d’un support, on duplique les faisceaux de circuits entre les
commutateurs même lorsque la charge à écouler ne le justifie pas (les
artères de transmission reliant les commutateurs entre eux sont toujours
dupliquées et de différents types : câbles coaxiaux, fibres optiques,
faisceaux hertziens, satellites).

Organisation du RTC

Le réseau téléphonique commutés RTC est organisé en trois


niveaux (ou zones) :

 La zone à autonomie d’acheminement (ZAA), au bas de la hiérarchie, les


commutateurs CAA (commutateurs à autonomie d’acheminement)
assurent le branchement des abonnés et l’établissement des
communications, dont les communications locales entre les abonnés de
la même zone.

 La zone de transit secondaire ZTS qui comporte les commutateurs de


transit secondaires (CTS). Les abonnés ne sont pas reliés aux CTS. Ces
commutateurs assurent le brassage des circuits pour établir la relation
entre les deux CAA auxquels sont rattachés les deux abonnés concernés
par la communication lorsqu’un CAA ne peut atteindre directement le
CAA destinataire.

 La zone de transit principale (ZTP), comporte les commutateurs CTP qui


assurent la commutation des liaisons longue distance. L’un des
commutateurs CTP est relié au commutateur de transit international
(CTI). Assurant l’acheminement des communications du réseau.

 Dans les zones à faible densité, les abonnés sont rattachés à des
commutateurs locaux (CL) : concentrateurs de trafic (des unités de
raccordement déportées au CAA).

Figure 9 Hiérarchie du RTC

Un commutateur local (CL) gère de 100 à 5000 abonnés situés à


moins de 10 Km (limite de la boucle locale) un commutateur à
autonomie d’acheminement (CAA) autorise jusqu’à 50000 connexions.
Dans les grandes agglomérations, les CAA peuvent être directement
reliés entre eux. L’interconnexion des commutateurs est réalisée
essentiellement par fibres optique avec secours par faisceaux hertziens
(on privilégie maintenant la fibre optique comme autoroute de
l’information).

Pour mieux assurer le transport des communications entre


les commutateurs, on multiplexe les voies que l’on transporte ensuite sur
des supports à bande passante élevée (faisceau hertziens, fibres
optiques, coaxiaux) suivant les supports, on met en œuvre les techniques
de multiplexage :

 Multiplexage analogique par répartition de fréquence :

Ce multiplexage est dit à courant porteur. Chaque canal


analogique 300 – 3400 Hz est modulé en BLU sur des porteuses séparées
de 4 KHz.

Cette technique de multiplexage consiste à découper la bande


passante permise par le câble, en plusieurs bandes de fréquences plus
étroites ou canaux à un utilisateur ou à un usage exclusif. Le nombre de
fréquences ou canaux disponibles est directement fonction des
caractéristiques du câble.

Le multiplexage est donc un procédé ou une technique qui permet


de transmettre plusieurs signaux au moyen d’une seule ligne ou canal de
transmission.

Le groupe primaire B consiste à regrouper 12 voies


téléphoniques de 4000 Hz (3000 Hz utilisables plus 2 espaces interbandes
de 500 Hz) ce qui donne une largeur de bande de 48 KHz répartie entre
60 et 108 KHz. Ces canaux sont obtenus par modulation BLU (supérieure)
des porteuses 60, 64, 68, 72 …, 104 KHz.
Le groupe primaire A regroupe selon la même technique
(modulation BLU inférieure), 12 canaux téléphoniques sur la bande 12 à
60 KHz.

Le groupe secondaire GS est constitué par multiplexage de 5


groupes primaires (60 canaux). Ce groupe occupe la bande 312 à 552 KHz
(en BLU inférieure).

Le groupe tertiaire GT est constitué par multiplexage de 5


groupes secondaires (300 voies), il occupe la bande 812 à 2044 KHz.

Le groupe quaternaire GQ est constitué par multiplexage de


5 groupes tertiaires (900 voies). Il occupe la bande 8516 à 12388 KHz.

Le multiplexage numérique (apparu au début des années 1970),


c’est un multiplexage temporel (multiplexage à répartition dans le temps
MRT ou TDM Time Division Multiplexing). Le principe consiste à partager
le temps d’accès au support de transmission dans le temps et d’allouer à
chaque utilisateur un espace de temps pendant lequel on lui affecte la
totalité de la bande passante du support et ce à tour de rôle pour chaque
utilisateur.

Le schéma de principe suivant montre différentes informations


envoyées par différents terminaux réparties dans le temps puis placées
les unes derrière les autres sur la ligne de transmission.

Ce type de multiplexage est utilisé sur les canaux E1 qui


regroupe 30 voies analogiques en une voie numérique 2048Kb/s. Ce type
de multiplexage est basé sur la modulation par impulsions et codage
MIC. Les commutateurs du réseau RTC sont reliés entre eux au moyen de
jonctions MIC CEPT adoptant cette technique de multiplexage qu’on
désigne aussi par « multiplexage MIC CEPT ». C’est le premier niveau
multiplexage. Il est constitué de 32 canaux à bas débit, à 64 Kb/s (30
voies d’informations, une voie de signalisation et une voie de
synchronisation), une trame MIC constituée d’un échantillon
d’information de chaque voie dure 125 microsecondes. La trame MIC se
compose d’un octet (8 eb) de synchronisation, de 15 octets représentant
les voies à multiplexer 1 à 15, d’un octet de signalisation et de 15 octets
pour les voies 16 à 30.