JOURNEE MONDIALE DE LA LIBERTE DE LA PRESSE 2012 Pétition au Premier Ministre, l’honorable Navin Ramgoolam.

« Retournez le Media Trust aux journalistes ! »

Monsieur, En 2006, vous avez décidé, pour des raisons qui vous sont propres, de ne pas approuver la composition du Board du Media Trust. Ce board a pourtant été démocratiquement élu par l’ensemble des journalistes. Ce qui a forcé, pour des raisons évidentes, ces représentants élus des journalistes au Media Trust Board à la démission. Le Media Trust a pour seul objectif la promotion de la formation des journalistes. Depuis six ans donc, les journalistes sont ainsi privés d’une formation qui leur est pourtant si indispensable. Cependant, nous nous réjouissons de constater que dans le Discours-programme 2012-2015, votre gouvernement affirme qu’il « strongly supports professionalism and highest ethical conduct in the media and will support training initiatives in this regard ». Nous vous invitons par conséquent à joindre le geste à la parole et à permettre au Secrétaire administratif du Media Trust Board à organiser, dans les meilleurs délais, de nouvelles élections dans le but de relancer les activités de formation de cette institution. Cela, en attendant l’adoption par l’Assemblée Nationale de toute loi-cadre sur la presse à Maurice.

Respectueusement vôtres, (les signataires) * membres et sympathisants de l’USEP

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LE MEDIA TRUST* * (extrait du ‘Manifeste’ de l’USEP)

« Le Media Trust a été institué par une loi de l’Assemblée Nationale en 1994 (voir en attaché)9. Il a pour principal objectif la formation des journalistes. Depuis sa création, de nombreux journalistes, SR et photographes, entre autres, ont bénéficié de cours de formation à Maurice et à l’étranger. En 2006, un nouveau Board of Trustees est démocratiquement élu par l’ensemble de la presse. Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, qui n’a pas bonne presse à cette époque, refuse, en tant que ministre de l’Information, d’approuver la constitution de ce nouveau Bord, pourtant démocratiquement élu. Il avance comme prétexte l’imminence d’une éventuelle adoption du Media Commission Bill à l’Assemblée Nationale. Refusant de cautionner cette manœuvre anti-démocratique du gouvernement, les membres élus du Board démissionnent. Depuis six ans le Media Trust ne peut plus ainsi fonctionner. Depuis 2006, des dizaines et des dizaines de gens de presse sont ainsi privés d’une possibilité de formation, si cruciale à leur carrière, à une amélioration de la qualité de la presse mauricienne et à l’approfondissement de la démocratie. C’est l’argent du contribuable (dont fait partie les gens de la presse) que le gouvernement utilise pour financer, à travers le Media Trust, la formation des journalistes (environ Rs 2 millions annuellement). Ce n’est pas l’argent personnel de Navin Ramgoolam. Le PM ne peut unilatéralement décider de paralyser ainsi le Media Trust. D’ailleurs, selon le Media Trust Act, la décision de dissoudre l’institution revient à son Board et non au ministère de l’Information (Media Trust Act, Section 9.1)9. La formation des gens de la presse et des journalistes en particulier reste une priorité. Il y a par ailleurs un malentendu qu’il faut absolument dissiper chez les gens de presse en particulier et chez les Mauriciens en général : le Media Trust n’a rien à voir avec la défense des intérêts des journalistes ou avec la sauvegarde de la liberté de la presse ou de la démocratie ; le Media Trust a pour mission la formation des journalistes uniquement. Soulignons que le Media Trust Act fait de la place pour « a representative of registered associations of journalists » sur son Board. Paralyser une institution d’une telle importance pour la presse mauricienne sous prétexte de l’éventuelle adoption d’une Media Commission relève de la stratégie d’un esprit mesquin et revanchard. »

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