Vous êtes sur la page 1sur 15

Gestion de l’Épuisement du Budget Général de

l’Etat

Exposé
Présenté par

Le Conseil d’Administration d’Audit Suprême de la
République d’Iraq

A

La Conférence Annuelle du Consortium International sur
la Gestion Financière Gouvernementale

Qui aura lieu en

Floride/USA

Du 18 au 22 mai 2009

1
Le rôle du budget public dans les activités économiques:

Le budget public peut être défini comme un processus de prévisions pour
les recettes et dépenses de l’état, généralement pour une période d’un an,
reflétant les buts économiques et sociaux de l’état. Le budget public est vu
sous deux aspects principaux: le premier, en termes de comptabilité, où les
futurs revenus et dépenses sont estimés et légiférés. Le deuxième est
considéré comme un dispositif de l’état pour accomplir ses buts
économiques et sociaux. En d’autres termes, c’est une prévision des
montants qui peuvent être encaissés, et ces montants doivent être dépensés
par l’état pour réaliser ses buts politiques, économiques et sociaux pour
l’année suivante, sous condition de l’assentiment du peuple à travers le
parlement. Actuellement, le budget public est de grande importance
puisqu’il inclut des dimensions politiques, économiques et sociales dans
les pays développés et en voie de développement, malgré les variations
dans ces systèmes politiques et il est devenu un moyen indispensable et un
dispositif gouvernemental pour accomplir ses objectifs. L’importance du
budget de l’état peut être illustré par :
1- En termes d’aspect politique, le budget est de grande importance,
particulièrement dans les pays qui adoptent le système
démocratique et parlementaire puisque ce système oblige l’autorité
exécutive d’obtenir l’approbation annuelle de l’autorité législative
de sorte à ce que les parlementaires autorisent les décaissements et
le recouvrement des recettes. Cela signifie que le budget est sujet à
un contrôle permanent par le parlement, en plus d’accorder à
l’autorité législative l’occasion de discuter du programme
gouvernemental et d’effectuer les amendements et changements
nécessaires.
2- En termes d’aspect économique, cet aspect n’est pas moins
important que l’aspect politique, comme la politique que l’état a
adoptée pour les dépenses et recettes a abouti à un impact du budget
de l’état sur les activités économiques. L’objectif désiré est
d’augmenter le revenu national et d’élever le standard de vie des
membres de la communauté, en plus du rôle de la redistribution du
revenu national à travers la retenue d’une partie des revenus des
individus par l’intermédiaire d’impôts et de frais, et ces revenus
sont distribués à nouveau à travers les dépenses publiques, alors
que leur importance est accentuée chaque fois que le rôle de
l’activité économique de l’état est augmenté. A travers cette
intervention les points suivants peuvent être atteints:
a- Réaliser l’assainissement économique.

2
b- Réduire ou augmenter la demande globale.
c- Arrêter l’accroissement continu de l’inflation et la contenir.
d- Aborder la question du cycle économique.
3- En termes d’aspect social, où il est considéré comme une tactique
d’assistance sociale. Les biens dont l’état ne souhaite pas la
consommation par les citoyens, sont taxés par l’état, tandis qu’au
cas où l’état souhaite augmenter la proportion de la croissance de la
population, il peut réduire les impôts sur les contribuables selon le
nombre de personnes dans leurs familles.
4- En termes d’aspect financier, le budget public est considéré comme
un miroir qui reflète l’activité financière de l’état, puisqu’il montre
les ressources de l’état qui ont été acquises pendant l’année
suivante, aussi bien qu’il clarifie la méthode de dépenses et identifie
les secteurs, ministères et bureaux dans lesquels les dépenses seront
effectuées, et tout cela permettrait à l’état de se rendre compte de sa
position financière réelle et de trouver des solutions appropriées au
cas où il accuse un déficit ou un excédent financier.
Au milieu de la crise financière mondiale, aucun économiste ne peut
prétendre qu’il y a un pays qui puisse échappe à ce qui se passe dans
l’économie mondiale et ignorer l’effondrement qui résulte de cette crise.
Le monde est un territoire limité et il n’y a aucun secret entre les pays.
Tous les documents sont exposés et personne n’a une carte de sécurité. Par
conséquent, ce qui est arrivé aux États-Unis d’Amérique a bien commencé
aujourd’hui, mais c’est une conséquence d’un style financier adopté
depuis des années, et qui est synchronisé avec une injection inéquitable de
fonds et l’épuisement du budget.
Pourtant, les pays développés ont des budgets énormes qui ne sont pas
affectés par la crise; par conséquent, ces pays sont capables de parer à la
crise financière, de programmer leur économie et de corriger certaines
méthodes qui ont été précédemment adoptées afin de tenter de récupérer
graduellement et d’être épargnés par la crise.
En ce qui concerne les pays en voie de développement, les diverses
administrations devraient rechercher un système précis adhérant aux
principes de responsabilisation et de responsabilité pour ce qui a trait au
traitement des fonds avec la capacité de mobiliser les ressources humaines
et les possibilités matérielles disponibles afin de réaliser des objectifs
spécifiques pour chaque entité gouvernementale au niveau d’un certain
mécanisme, et pour atteindre l’efficacité maximum dans la transformation
des intrants en services et produits, dans le cadre d’une période de temps
spécifique et des spécifications acceptées comme niveau minimum, afin
d’augmenter les recettes et la production économique et pour compenser
la communauté pour les opportunités ratées et les capacités gaspillées
auparavant, qui ont découlé des facteurs réels et diagnostiqués concernant
la corruption financière et administrative sans exploiter les ressources

3
humaines de manière optimale, en plus de l’absence de cadres clairs pour
déterminer la responsabilité et le manque de mécanismes appliqués selon
la loi de sorte à questionner les autorités au sujet de leurs taux
d’accomplissement dans leurs bureaux conformément aux normes de
processus administratif efficace et de décisions prudentes pour lier les
dépenses aux résultats et services.
En outre, ils devraient trouver des valeurs ajoutées qui permettent de
réaliser une croissance réelle et de maintenir un système pour empêcher le
mauvais usage, les abus et les pertes de fonds publics et pour éviter
l’épuisement du budget public pour créer de nouveaux actifs qui ne
seraient pas nécessaires si les actifs étaient reconstitués et utilisés de
manière appropriée. Indubitablement, ces politiques diminueront la
pression sur le budget et aideront à réduire le chômage et à améliorer
l’équilibre commercial en diminuant la dépendance des importations.

Émergence et développement du budget public en Iraq:

La préparation du budget public, l’approbation, l’exécution et un système
de contrôle basés sur la constitution sont passés par plusieurs phases, dont
la première, coïncide avec l’établissement d’une gouvernance nationale,
où le premier budget de l’Iraq a été présenté en 1921 conformément à la
Loi Fondamentale sur la Comptabilité Générale de 1911 et aux règlements
de l’Autorité Mandatée Britannique et du Gouvernement Intérimaire de
l’Iraq. Selon l’émission de (Le Système d’Autorité sur les Questions
Financières) No. 1715 de 1924, les dispositions de préparation,
d’exécution et de contrôle du budget ont découlé de ce Système avec la
Loi susmentionnée. Après cette phase, la Loi de l’Iraq (la Constitution) a
été mise en vigueur en 1925, traitant (Chapitre 6) des questions
financières, des règles régissant le budget public, les conditions de son
approbation, la méthode de contrôle de ces questions et les règles émises
par le Parlement.

Le statut du budget de l’Iraq n’a pas changé jusqu’à l’émission de la Loi
Fondamentale sur la Comptabilité Générale No. 28 de 1940, qui a
remplacé la Loi sur le Système d’Autorité sur les Questions Financières,
bien que la loi annuelle sur le budget irakien comprenait plusieurs clauses
concernant l’exécution du budget et déterminant entre autres les
décaissements et les autorités ayant droit de décision. La Loi définit le
budget public, conformément à l’Article 2, comme un tableau contenant
une estimation des recettes et décaissements pendant une année fiscale
identifiée dans la loi sur le budget. La Loi établit certains mécanismes clé
pour la préparation du budget et a subi jusqu’à 13 amendements qui ont eu
pour résultat son développement et sa mise à jour pour arriver à l’émission
de la Loi sur le Budget Public No. 107 de 1985, où de nouveaux principes

4
et une nouvelle base ont été introduits pour développer le budget et limiter
les étapes de préparation, d’approbation et d’exécution. La Loi Générale
sur le Budget soulignait la responsabilité du Ministère des Finances, du
Ministère de la Planification et du Ministère du Commerce, aussi bien que
de la Banque Centrale de l’Iraq en termes de préparation d’une base
détaillée pour qu’ils produisent leurs propres budgets en tenant compte de
leur rôle à cet égard. Elle clarifiait également les mécanismes de contrôle
de l’exécution du budget et déclarait l’engagement de chaque partie en jeu
et la responsabilité du Ministère des Finances durant la phase d’exécution.
En outre, elle spécifiait certaines dates pour la présentation des balances
de vérification et des comptes finaux, présentait au Parlement le contenu
du rapport annuel du Conseil d’Administration d’Audit Suprême et
déterminait la responsabilité de toute structure, institution et tout ministère
en question pour ce qui concerne les écarts de budget qui peuvent se
manifester.

La Loi Générale Consolidée sur le Budget No. 107 catégorise les unités de
budget général de l’état en deux groupes principaux, comme suit:

1. Le budget du secteur gouvernemental financé au niveau central, qui
applique le système comptable du gouvernement et inclut deux
parties:
a. Budget public courant.
b. Budget d’investissement (programme d’investissement annuel)

2. Le budget consolidé des unités du secteur socialiste, financé au
niveau central, qui applique le système comptable consolidé.
La loi établit dans l’article no. ( 2 / 1er ,2ème, 3ème ) que le budget financé
centralement du secteur gouvernemental est un budget d’allocation et de
planification qui inclut toutes les recettes attendues des sources de
financement dont l’encaissement est assigné aux ministères, leurs affiliés
et directions non-ministérielles.
Elle comprend également les allocations approuvées pour utilisation
durant l’année fiscale et toutes les divisions du budget sont sujettes aux
dispositions de la Loi Fondamentale sur la Comptabilité Générale no. 28
de 1940 (amendée) et la loi sur le budget annuel public émise chaque
année et annexée aux instructions pour l’exécution du budget public de
l’état.
Ladite loi identifie clairement pour les unités de dépenses publiques le
cadre général du budget public et ses procédures de préparation et
d’exécution, pour ses deux parties (courant et d’investissement), et aussi le
budget du secteur commercial externe et le budget provenant des liquidités
étrangères.

5
Ladite loi oblige (dans l’article no. 13) les unités de dépenses publiques
financées centralement et qui appliquent le système comptable non-central
de présenter leurs comptes mensuels (balances de vérification mensuelles)
et les tableaux analytiques de dépenses, de recettes, d’avances et de dépôts
fiduciaires effectués au département de comptabilité au Ministère des
Finances pas plus tard que 10 jours après la fin de chaque mois. L’Article
no 14 de ladite loi prévoit que les unités mentionnées ci-dessus devraient
présenter leurs comptes finaux (la balance de vérification finale) pour
l’année fiscale accomplie au département de comptabilité du Ministère des
Finances pas plus tard qu’à la fin de mars de l’année suivante.
Cette loi était en vigueur jusqu’à l’émission de la loi sur l’administration
financière et la dette publique no. 95 de 2004 par l’Autorité Provisoire de
Coalition CPA (dissoute) selon laquelle les étapes de préparation du
budget fédéral étaient déterminées comme suit:

1. L’Article no.6 de la loi sur l’administration financière et la dette
publique indique les étapes de la préparation du budget selon les
plans de développement économique ; l’estimation des recettes de
ce budget dépend des prévisions modérées des prix du pétrole, des
taxes et des autres recettes budgétaires.
2. Le Ministre des Finances émet un rapport au sujet des priorités en
politique financière de l’année à venir pour chaque unité de dépense
en général durant le mois de mai, ce rapport doit être soumis au
conseil des ministres pour approbation, le Ministre des Finances
peut consulter le Ministre de la Planification et de la Coopération du
Développement concernant ces priorités.

3. Pendant le mois de juin, le ministère des finances fait circuler les
objectifs de politique financière et l’horaire pour la préparation du
budget et les niveaux de dépenses à travers toutes les unités de
dépenses de l’état afin de préparer en conséquence les estimations
pour chaque unité de dépense.

4. Pendant le mois de juillet, les unités de dépense soumettent les
applications pour les allocations au ministère des finances et
présentent une copie des mêmes applications au ministre de la
planification et de la coopération du développement. Les
applications comprennent les suivants :
a. Estimation des futures dépenses (l’année fiscale à venir).
b. Estimation des besoins en autres coûts d’exploitation.
c. Estimation des besoins en personnel.
d- Estimation des Recettes.
Le Ministre des Finances peut consulter le Ministre de la
Planification & de la Coopération du Développement sur

6
l’estimation des recettes et les propositions liées aux allocations du
Budget Fédéral. Compte tenu des discussions avec les Ministres, les
dépenses estimées des unités de dépenses en plus de tout montant
dans les réserves pour imprévus seront déterminées.

5- Le Ministre des Finances peut préparer une proposition pour
soumission au Conseil des Ministres pour arriver à une décision
finale, au cas où aucun accord n’a été atteint durant ces discussions
entre le Ministre des Finances et les Ministres responsables des
unités de dépenses concernant le projet de budget. Toute
augmentation de la limite de dépenses totales devrait être basée sur
une proposition soumise par le Ministre des Finances et approuvée
par le Conseil des Ministres.

6- Le Ministre des Finances prépare l’esquisse de budget fédéral en
septembre de chaque année et le soumet au Conseil des Ministres
pour approbation.

7- Le budget sera soumis à l’autorité législative pour approbation le 10
octobre.

La Situation Actuelle du budget public de l’État

Une grande partie du Budget public de l’État (courant et
d’investissement) dépend jusqu’ici des recettes pétrolières, et il est prévu
que cette situation va continuer pendant les prochaines années car les
recettes pétrolières forment 95% des recettes du budget public, ce qui
signifie que la capacité de l’état de fournir des services publics, tels que
santé, éducation et sécurité ; de même, ses décisions d’investissement
dépendent grandement des recettes provenant des richesses pétrolières,
comme conséquence des faiblesses dans les autres sources de revenus
comme les douanes, droits de douane et impôts sur la richesse et sur le
revenu.

Les allocations du budget fédéral public pour 2008 ont atteint ID86.683
milliards distribués à ID61.348 milliards pour les dépenses de
fonctionnement et ID25.335 milliards pour les dépenses d’investissement
avec des pourcentages 70,1% et 29,9% respectivement. Lesdites recettes
budgétaires ont été estimées à ID80.476 milliards et le déficit a atteint
ID6.207 milliards. Concernant le budget de 2009, les allocations totales
étaient de ID69.165 milliards distribuées à ID54.148 milliards de dépenses
de fonctionnement et ID15.017 milliards pour les dépenses

7
d’investissement avec des pourcentages de 78,3%) et 21,7%
respectivement, avec un déficit atteignant ID18.757 milliards. Ces
montants sont couverts par les liquidités non décaissées reportées des
budgets des années précédentes.

Cela signifie un énorme gaspillage dans l’utilisation des ressources qui
sont décaissées pour la consommation des biens et empêche de penser à la
réforme de la situation économique en Iraq. Si cette approche est suivie de
façon continue dans une planification où le budget d’investissement ne
contribue que modestement, cette piste conduira à l’incapacité de
promouvoir l’économie de l’Iraq. De plus, le budget a été planifié avec un
déficit (9%) et (27,1%) en 2008 et 2009 respectivement, ce qui aboutit à
l’épuisement des ressources financières, y compris des réserves de la
Banque Centrale de l’Iraq.

Sources d’épuisement du budget:
1- Dépenses de fonctionnement:
a) La responsabilité de l’état de fournir des articles
d’approvisionnement est devenue un droit acquis du public au
point où le gouvernement était incapable d’envisager de se
dispenser de ce genre de vie conditionnel. La part totale
d’allocation de rations dans le budget en 2008 était de
ID6.985 milliards et ID4.200 milliards dans le budget en
2009, i.e. 11,3%, et 7,8% du total des dépenses de
fonctionnement, respectivement.
b) Les conditions que l’Iraq a connues ont mené à l’allocation
d’une grande partie de ses ressources pour le paiement de la
compensation de la guerre du Koweït et pour le service de la
dette publique contractée par l’Iraq à cause des conditions
susmentionnées. Les montants totaux alloués dans le budget
2009 pour les compensations de la guerre du Koweït, les
profits sur les prêts étrangers, la restructuration de la dette
externe selon l’accord du Club de Paris, la restructuration de
la dette selon les accords autres que le Club de Paris, aussi
bien que les frais d’audit, la recherche de fonds en-dehors de
l’Iraq et le programme Oil for Food de l’ONU ont atteint
ID2.572 milliards qui représentent 3,7 % du total des
dépenses.
c) La réduction d’impôts et élimination des douanes, aussi bien
que l’augmentation des mesures protectionnistes
industrielles et agricoles ont contribué principalement à
réduire la croissance économique dans tous les secteurs de
production et à ce titre, l’Iraq est pris dans un tourbillon de
stagnation, d’opportunités réduites d’emplois,

8
d’augmentation du chômage, de taux accélérés de pauvreté et
d’effondrement des taux de production dans les secteurs
industriel, agricole et de services. L’indice le plus notable à
cet égard est la diminution du taux de croissance des activités
agricoles de 6,1% en 2008; par exemple, les régions qui
étaient prévues pour la culture du blé ont diminué de 12% en
2008 comparé à 2007; de même, la productivité de l’unité
standard de terre arable (1/4 d’hectare) a diminué de 18 %.
En outre, l’Iraq importe 80 – 90% de ses biens de
consommation, le taux étant plus élevé pour les biens
d’investissement; le chômage est estimé à 17 – 20 % en plus
du chômage déguisé.
d) Des services d’électricité médiocres ont conduit à
l’importation d’électricité et de matériel pour produire
l’électricité. Les dépenses totales d’importation de courant
électrique ont atteint ID378.5 milliards, et le coût du
carburant importé pour les usines électriques était de ID807
milliards dans le budget 2008; tandis que dans le budget
2009, les coûts d’importations d’électricité sont de ID568
milliards, et les coûts de carburant pour les usines électriques
sont de ID600 milliards. Ces chiffres constituent 1,9 % et
2,1% des dépenses totales de fonctionnement en 2008 et 2009
respectivement, et cela constitue un élément important de
l’épuisement des dépenses publiques.

2-Dépenses d’Investissement
a- Phase de préparation du Budget
Le processus de préparation et d’exécution du budget était accompagné de
plusieurs déficiences depuis 2004, soit aux stades d’établissement du
budget d’investissement, d’approbation des projets d’infrastructure, ou au
stade de financement, d’exécution et de suivi, en plus de la base de
données valide des projets exécutés par le côté irakien, ou du Bureau
Américain de Contrat ou par les pays donateurs. Ces déficiences peuvent
être démontrées comme suit :

Premièrement- La sélection de projets d’investissement par unités de
dépenses et leur regroupement au niveau des ministères sont faits
sur la base de l’ensemble des besoins et ne sont pas faits sur des
bases solides ayant rapport aux indicateurs généraux de
l’économie, aussi bien que l’estimation des coûts des projets et la
réalisation d’études économiques et de faisabilité technique dues
au manque de personnel spécialisé et efficace et le manque de
sélection des projets sur la base de priorités économiques et
sociales, sans compter le manque de coordination entre les

9
ministères quant aux spécifications des emplacements des sites,
l’élimination des obstacles légaux et physiques et la fourniture de
services de fonctionnement pour les projets après qu’ils soient
réalisés.

Deuxièmement- Ne pas documenter et dresser une liste des projets
exécutés ou de ceux qui doivent être exécutés par les donateurs,
comme il n’y a pas de documentation précise sur de tels projets
dans les sous-administrations affiliées avec le ministère ou même
dans les ministères devant être pris en considération lorsqu’on fait
la sélection de tels projets et l’absence de règles irakiennes dans
l’identification des priorités pour les projets selon le plan detaillé.

Troisièmement –Il y a plusieurs parties impliquées dans l’identification
des projets et il n’y a pas de coordination entre elles, donc pendant
que les ministères concernés planifient pour des projets
d’investissement distribués géographiquement partout à travers les
provinces, les conseils provinciaux planifient pour des projets de
leur propre point de vue, sans coordination avec les ministères
concernés, ce qui a affecté négativement le financement et la mise
en oeuvre de ces projets.

B- Phase de Mise en Oeuvre et de Financement
Il y avait plusieurs défauts dans le financement du budget et dans le
processus d’exécution signalés par le Conseil d’Administration d’Audit
Suprême, comme suit :

Premièrement – Un faible taux de mise en oeuvre pour les projets
d’investissement était indiqué cette année en dépit des allocations et
du financement fourni, à cause d’une mauvaise administration qui a
abouti au gel de l’allocation de fonds annuels.

Deuxièmement – En dépit des faibles taux de Mise en Oeuvre et des
comptes gelés, l’administration des unités de dépenses publiques a
effectué un rapprochement pour les allocations financières non
dépensées à la fin de l’année financière et les passent comme
dépenses finales à travers les transactions comptables dans les
dossiers financiers par rapport à l’absence de dépenses sur les
projets durant la même année financière, donc les fonds étaient
virtuellement non dépensés et plus de fonds seront ajoutés pour les
mêmes projets l’année prochaine, quoique toutes les allocations
financières n’étaient pas dépensées l’année dernière. Par
conséquent, de gros montants sont gelés dans les unités de dépenses
publiques sans achèvement réel des projets, ce qui a conduit à un

10
ralentissement du taux de croissance économique, tandis que ces
fonds étaient utilisés pour les aspects opérationnels qui ont excédé
l’allocation.
Troisièmement – La pénurie et l’inefficacité du personnel technique et de
comptabilité qui exécute les projets d’investissement, étaient
reflétées sur la crédibilité des demandes des compagnies
contractantes par rapport aux projets réalisés.

Quatrièmement – Il y avait des dérogations sérieuses aux règles et
instructions qui contrôlent les procédures d’accord de contrats qui
ont facilité la manipulation et l’absence de compétition
conformément aux lois, et ces violations étaient comme suit:

1- Surévaluation des coûts estimés des projets d’appel d’offres.
2- Ne pas respecter complètement les procédures de soumission
d’offres en termes de publication, d’études, et d’analyse des
offres, techniquement, financièrement et légalement.
3- Ne pas recevoir suffisamment de garanties de la part des
compagnies contractantes selon les instructions valides.
4- Accorder des contrats aux compagnies contractantes en dépit du
fait qu’elles étaient en retard et malgré une mise en oeuvre
inadéquate des projets précédents.
5- Multi-financement et exécution de projets similaires dans les
projets de développement par les conseils provinciaux et les
sous-bureaux dans les provinces affiliées avec les ministères
6- Mauvaise administration des fonds par le Ministère des Finances
puisque l’achèvement réel des projets et leur contribution dans la
reconstruction des infrastructures ne correspondent pas aux
disponibilités du MoF pour les unités de dépenses
7- Il y a des fonds importants gelés à la Banque du Commerce de
l’Iraq et dans les banques correspondantes concernant les lettres
de crédit pour importer des articles nécessaires à l’exécution des
projets d’investissement pendant plusieurs années à cause de la
mauvaise administration des lettres de crédit par les bénéficiaires

C – Phase de Suivi:
Logiquement, le suivi de l’exécution des projets d’investissement couvre
les aspects mentionnés ci-dessous, mais n’était pas appliqué en réalité:

Premièrement – Vérifier l’achèvement réel de ces projets et s’il
correspond aux fonds alloués.

11
Deuxièmement – Vérifier les étapes d’accomplissement en accord avec les
calendriers approuvés par le Ministère de la Planification et de la
Coopération du Développement.
Troisièmement: Vérifier l’authenticité de la documentation et de
l’enregistrement des dépenses financières au niveau de projet, ces
données étant transférées des unités de dépenses publiques au
niveau central dans les ministères concernés et au Ministère de la
Planification et de la Coopération du Développement. Ces
données doivent être prises en considération pour l’approbation du
budget d’investissement pour l’année suivante.
Quatrièmement: L’inventaire et la documentation des projets exécutés par
les donateurs doivent être pris en considération durant la
préparation du budget d’investissement.

Le phénomène financier et les défis de 2009 et des années ultérieures:
A- Insuffisance des recettes pétrolières qui couvrent les dépenses du
budget public.

B- Les coûts d’exploitation en plus des excédents et des énormes
faiblesses dans la structure de l’état.

C- Il y a un manque de souplesse dans l’économie les coûts
d’exploitation.

D- Il y a un manque de ressources nécessaires pour les dépenses
d’investissement pour 2010.

E- Continuer à appuyer les compagnies étatiques, en leur fournissant
de façon permanente des services non payés et des subventions
sociales afin de réduire la pauvreté.

F- Retards dans la gestion financière publique pour la préparation,
l’exécution, la production de rapports et les systèmes d’information
du budget.

G- Le système de taxation est médiocre en termes de base, de diversité
et d’efficacité.

H- La séparation entre le budget public et ses fonctions économiques
et sociales avec l’absence d’une stratégie nationale et
d’identification des priorités, outre l’absence de stratégies des
secteurs.

12
I- Le déficit budgétaire actuel drainera tous les excédents et les
réserves du gouvernement pour 2010 si les prix du pétrole restent à
leurs niveaux actuels.

Mécanismes et solutions proposés pour aborder l’épuisement du
budget
1- Solutions financières

A- Augmenter les recettes fiscales à travers:

Premièrement- Élargir la base fiscale.

Deuxièmement- Diversifier les taxes

Troisièmement- Imposer des taxes locales, selon la province,
d’après les lois valides, afin de réduire la dépendance
du budget du gouvernement central.

Quatrièmement- Développer l’efficience de l’entité fiscale et de
la perception d’impôts

B- Développer des politiques de juste prix pour les services publics
(eau, électricité, téléphone, etc.) et mettre en branle des
mécanismes de perception.

C- Mettre à jour la gestion financière publique en termes de
préparation, exécution et suivi du budget et des rapports
financiers pour améliorer le niveau de performance à travers :

Premièrement – Faire la classification fonctionnelle et
géographique du budget.

Deuxièmement – Définir les plafonds financiers pour les
secteurs économiques selon les priorités.

Troisièmement – Fusionner les fonds financés par les donateurs
dans le budget de l’état.

Quatrièmement – Améliorer les procédures de gestion des
liquidités avec suivi des soldes non utilisées dans les
comptes en banque pour les unités de dépenses.

2- Solutions économiques

13
A- Contribution des investissements étrangers dans les industries de
manufacture pour les projets productifs tels que: raffineries de
pétrole, centrales électriques et nombre de projets de service de
haute technologie.

B- Encourager les investissements locaux dans le secteur agricole,
fournir des installations et appuyer les besoins de production
agricole.

C- Encourager les investissements dans les secteurs du tourisme et
des transports.

D- Mise en vigueur de la Loi sur les Investissements d’une manière
qui assure le transfert de la technologie moderne et des
expertises techniques au pays.

E- Accélérer la création et la mise en vigueur d’une loi sur les
hydrocarbures.

F- Créer une législation spéciale sur (la privatisation des projets du
secteur public), pourvu qu’elle comprenne des modèles de
privatisation qui correspondent à la nature des l’activité avec la
nécessité de former des commissions pour organiser, superviser
et contrôler ces projets.

G- Accélérer la détermination des compagnies autofinancées qui
ont des problèmes financiers et suspendre l’appui du budget de
l’état à ces compagnies.

H- Établir des compagnies d’investissement en partenariat
commercial avec certains taux de participation du gouvernement
pour absorber le surplus de ressources humaines dans les
institutions et compagnies d’état et soutenir le budget de l’état, à
l’avenir, avec les recettes provenant de l’imposition d’impôts sur
les profits de ces compagnies.

I- Mettre l’emphase sur l’application du rôle des banques
spécialisées (agricoles, industrielles et immobilières) d’après
l’envergure du travail de chacune.

J- Instaurer le rôle de la Commission Nationale d’Investissement et
de la Direction Générale pour le Développement Industriel en ce
qui concerne l’identification des priorités d’investissement à

14
travers la création d’un plan d’investissement et en considérant
ce plan comme guide à la fois pour l’état et les investisseurs
locaux et étrangers.

3- Autres solutions

Caractérisées par la réduction de la dépendance d’une source unique de
revenus avec des alternatives telles que:

A- Le gaz comme alternative

Le gaz représente l’énergie avec des dimensions qui n’ont pas été
complètement exploitées au même titre que le pétrole, cependant les
aspirations futures impliquent la reconnaissance de son importance.
Certaines études spécialisées indiquent que le gaz naturel contribue
23% de la consommation totale nationale en énergie; et il est prévu
que sa participation va doubler dans les années à venir. En outre, les
études indiquent que le gaz est défini dans certains pays comme un
produit commercial, donc il serait relativement facile de l’exploiter
et l’Iraq est l’un de ces pays.

B- Le tourisme religieux
L’Iraq est l’un des pays arabes et islamiques les plus importants
dans le domaine du tourisme religieux, car son territorire contient
des lieux de pèlerinage sacrés pour les Musulmans et les non-
Musulmans tels que les Juifs, les Chrétiens et autres. Un grand
nombre d’Arabes et de citoyens d’autres pays vont en pèlerinage
dans ces lieux saints. Dans une étude spécialisée sur les recettes du
tourisme religieux, cette étude sur le terrain prouve que ces revenus
peuvent excéder les recettes provenant du pétrole, sinon les égaler.
Leurs recettes, que ce soit en devises étrangères ou locales,
constituent des données importantes dans la recherche d’alternatives
supplémentaires aux recettes pétrolières, de sorte à réduire le
fardeau des dépenses.

15