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ARGUMENT ANALYTIQUE /
l)B \.\ VIE W, CÉSAR.

I. I^mitié de César cl c!e Sylla. — II. César, pris ji.n des corsaire»,

les Iraile avoc beaucoup de liorlé cl les fail pendre eiibuilc. — III. Son
grand lalcnl pour réloquoncc. — lY. Sa faveur aupns du peuple.
'
V. Il fait l'oraison funèbre de sa feiumç ^JCL^^^^use ensuite Ponipéip. ^
- ^''
il place dans le Capilolc les imaL,'Cs de Marius cl de siis vic-

\II. Il 08t nomnic grand-ponlift\ On reproche, à celle

icasion, à Ciccron de l'avoir é[)argné lors de la conjuration de

Caubua. — VIII. Le sénat ,


pour cgnlre-balanccr le crédit de César,
£ait distribuer du Ijlé au peuple. — XI, César se rend en Espai;ne
on qualité de préteur. — XII. Sa coiuiuilc dans celle province. —
Xlll. Il réconcilie Pompée et Crassus. — XIV. H oblicut le consulat
par leur crédit. Conduite odieuse de César cl de Pompée. CésarJV^il
arrêter C.ilon ri le roMchc aussilôt. — XV. Sommaire dos succès <!e

César dans les Gaules. — XVI. Kxcmples de rallacbemenl qu'il

ipspirait à ses ofliciers et à ses soldais. — XVII. Comment il gagne


leur alTection. Sa sobriété. — XVI II. Première guerre de César dai.i

les Gaules. — XIX. Seconde guerre, contre Ariovisle. Il remporle


sur lui une victoire complet»;. — XX. Il passe l'hiver dans la Gaul»
cisalpine. Défalle des Belges et dos Nerviens. — XXI. Le gouverne-
menl des Gaules lui est confié pour cinq ans. — XXII. Guerre contre
'e» Usipiens et les Tencteres. Pont sur le Rhin. — XXIII. Double
expédiiion djtn* la Grand(vDrclagne. Mort de Julie, lillc de Cés ar e t j^

femme de Pompé e. — XXIV. Soulèvement de la Gaule. Défaite

d'AnliKiorix. — XXV. Révolte des Arvernes et des Carnules, sous la

conduite de Vercingétorix. — XXVI. Après une marche dillicile à

travers le u-rritoire des IJngons , César parvient à mettre les ennemis


en déroule. — XXVII. 11 oblige Vercingétorix de se renfermer dans
U ville d'Alésia , dont il fait le siège. Une grande armée vient au
secours des assiégés. César la bal , et Vercingétorix se roa^ 4 ^^'^
Vl£ DE CàSAR. 1

M ' V^
2 ARGUMEMT ANALYTIQUE.
\X yiH. Commencement de» diviiioni de César et de Pornpé**.

Pompée, nommé seul consul, reçoit de plus le gouvernemcDi de


l'Espagne et de l'Afrique. — XXIX. César fait dciiiandcr le consulat

et la prolongaliun de son gouvernement. Erreur de l'umpée sur les

dispositions des troupes envers César. — XXX. César otirc de dé-


poser les armes, si Pompée veut les déposer aussi. — XWI. 11 se

réduit à dctiiandcr le gouvernement de la Gaule cisalpine. Antoine


et Curion se rcfu;;ienl dans son camp. — XXXIj. I*assagc du Ru
bicon et prise d'Arinjinum. — XXXIII. EOrui que celle nouvelle
répand dans Rome. Fuite de Pompée. — XXXIV. Divers Rcnliraents
de crainte et de confiance dans la ville. — XXXV. César! à it

Rome. — XXXVl. en Espagne, d'où


11 [)asse il chasse les iieiit...iant«

«iti Pompée. — XXXVIl. De retour à Rome, il est nommé dictateur,

et se met à la poursuite de Pompée. Murmures des soldais. —


XXXVIII. Il entreprend de repasser d'Apollonie à Brindes dans une
simple barque. — XXXIX. Disette de ses soldais. Pompée viclorieux

ue sait pas profiler de sa victoire. — XL. César décampe, Pompée el

se laisse déterminer, malgré lui, à le poursuivre. — XLl. César


s'empare de Gomphes en Thessalie , et l'abondance est rétablie dans

^ son camp. — XLll. Les deux armées en présence à Pharsale. Con-


iiance des Pompéiens. — XLIII. Présages divers. — XLIV. Disposi-
tions des deux généraux. — XLV. César remporte la victoire. —
XLVl Ses . paroles et(sa^conÏÏùit#'^prc8 la bataille. — XL VIL Pré-
sages de Cornélius. — XLVil L Larmes de César, lorsqu'on lui pré-
sente la tête de Pompée. — XLIX. Guerre d'Alexandrie. Cléopâlre
se fuit porter chez César dans un paquet de bardes. Il la met s urvie

trdjae d'Ëgjpte. — L. Rapidiié de ses victoires en Asie. — LL Son


retour à Rome. Insolence d'Antoine et d'autres amis de César. —
LIL César passe en Afrique. Disette qu'il y éprouve. — LUI. il défai-
en un jour trois généraux et prend leurs trois camps. — .LIY. P our-
,

quoi César cua.pusa l'Anti-Caton. — LV. Dénombrement qui fait

connaître Fénorme dépopulation causée par les guerres civiles. —


LVL César défait en Espagne les fils de Pompée. Son triomphe. —
JjVIjU 11 est nommé dictateur perpétuel. Sa belle conduite depuis la
tîn de la guerre. — LVIII. 11 projette de nouvelles conquêtes et en-

7
^

ARGUMENT ANALYTIQUE. 3
Ireprcnd de grands travaux. — LIX. II réforme le calendrier. —
LX. 11 se rend odieux en voula nt se faire nommer roi. — LXl. An-
toine lui présente le diadème, qu'il refuse. — LXII. Comnoencemenl
de la conjuration de Crulus et de Cassius. -^ç^LXllî^ Picsages qui

annoncent à César sa mort. —^^LXJ^V.Ml va au sièûal^ malgré les avis

qu'il reçoit. — LXV. Billet d'Arlémidore.^ LXVI, ji^'l de César.


— /LXyiI. Brulus et Cassius se présentent devant le peuple. —
''JLXVllI. Fureur du peuple contre les meurtriers de César. —
LXIX. Mort de Cassius et de Hrulus.
,

llAOVTAPXOr

BIOE KAIIAPOS.

I. Tr,v Kt'vva tou jjiovapyr^aavTOç OuyatÉpa, Kopv-/;).iav , o><

£7r£xpaTr,ae 2uXXaç , out' eÀTiiaiv oote cpoCw ouv/;0£iç aTro^Traffai

Kaiaapcç, £Ôr,u.£u<7£ tvjv cpcpv/jV aÙTr,ç. AiTia oi Kcicapi Tr,<;

irpoç 2iuX).av (XTrE/Otiaç r, Tcpô; Motpiov oixeiotTjÇ -/jv. 'lo'jÀîa yi?,

irarpo; àoù.-^r, Ka'.aapoç, ô 7:p£oCuT£po(; cuvwxei Mapio;, £;r,;

lyE^ovEi Mapioç ô V£coT£poî, àvc']/iO!; wv Kataapo;. '12; o' urô


ttXv^Oouç çovojv £v ap/vj xai oi' àcyoXi'aç 67:0 2û)v)va Trapopco-

[jiEvoç oùx r^'(i^K^r^(JV^ y àXXà {xôticov Σpa)?;uvr,v , £1:; tov û9;aov

7rporjX0£v, ouTTioTTavu (jLSipaxiov («v*, Tau-rr,ç jxàv IxTCcOTiTv auTOv

OTTEvavTiioOciç lîiuXXaç TzapcGXEuacc' TCEpl ô' àvaipî'(7»(«ç jiouXfiuô-

(jt,£voç, Iviwv Xc^ovrcov cbç oox £^oi Xoyov àroxTivvuvai Traîoa

1. Sylla, devenu maître de Uorae et n'ayant pu, ni pnr ses pro-

messes ni par ses menaces , déterminer César à répudier Cornélie


fille de Cinna , celui qui avait exercé la souveraine puissance , con-
fisqua la dot de sa femme. La parenté de César avec le vieux Marius

fut la cause de son inimitié pour Sylla. Marius avait épousé Julie,
sœur du père de César, et en avait tu le jeune Marius ,
qui par la

était cousin germain de César. Dans les commencements des pro-


scriptions, Sylla, distrait par beaucoup d'autres soins et par le grand
nombre de victimes qu'il inmiolait chaque jour, ne songea pas à
César, qui , au lieu de se laisser oublier, se mit sur les rangs pour le
sacerdoce et se présenta devant le peuple pour le briguer, quoiqu'il

fût dans la première jeunesse. Sylla, par son opposition, fit rejeter

sa demande ; il voulut même le faire mourir. Et comme ses amis lui

représentaient qu'il n'avait pas de raison pour sacrifier un si jeune


, , , , , , , ,

PLUT ARQUE.

YIE DE CÉSAR.

I. ùi ZùA)as iittxpâ.rr}7t I. Dès que Sylla domina,


n'ayant pu
OUTC (/7t(7(y ouTC «oSoj ni par espérances ni par crainlc
ànoaitiaxt Kxivupoi arracher à Côsar
K.opvyi}.ict'j TÔv OvyxTépx Kt'vvz riornclie, la fille de Cinna,
TOJ /xova/s/iriyavTO; celui qui avait eu-le-pouvoir-absolu ,

«û>{/*eu« Trjv fsp'j/i-J u\jzyji. il confisqua la dot d'elle.


Ahlx Si YixiGicpi. Mais une cause à César
Tr,ç ÙTieyOsixi -npbi Zû/iav <le son ininiilié pour Sylla
riv Y) otxiidryjç npoç Mz^otov. était la parente avec Marius.
Car Marius le [ilus vicuv
(Tuvcôxci lov/ta hahilait-avec Julie
ào«Ày>î itUTpoi Kxiaupoi .
sœur du père de César,
*S »^» i/eydvet de laquelle élait né
M«/2io^ ô yî'j'jrepoi, Marius le plus jeune,
Siv oL-jsiiiài Kxi7xpoi. qui élait cousin de César.
ûj û£ xxpopdtuvjo^ Ûttô SJ)>a Or comme , négligé par Sylla ,

UTTO 7t/î^';0'J^ ^dvwv à cause de la iimltitude des meurtres


iv à|0x*5 dans le conuuencement
xal ûià àî/oÀia^ et par suite de Sun occupaliou ,

O'jx i^yîC7ï/;ïCv il ne-se-tint-pas-conlent


àAià /ASTieùy (i^cjTÛvyjv mais briguant le sacerdoce,
1tpQï',À0i-j cl^ T&V Or,fX0-J, il s'avança vers le peuple,
OUTTU blV n'étant pas^ncore
icâvu fieipxxtov ,
lout-à-lail auolescent
2û>Aaç /x£v ÛTTSvavTtwOslç Sylla d'abord s'élaut opposé
prépara
aurèv ixnijiîv raÛTïjç* lui être exclu de ce sacerdoce :

poui«v)d_a«voç 5è puis délibérant


njpl àvacpéjcwç, sur l'exleruiinalion de lui,
(ytoiv ÀcydvTOjy quelques-uns disant
({u'd a'avail pa« de raisoo
6 KAIZAPOZ BIOZ.

TY)XixouTov, oCiy. i'^Yi voov l/iiy a-Vrol;, cî fx-?', 7roXXoi;ç Iv tî;

Tcaiôi TOUTw Map(ouç ivopûJat. TfltuTTjç T^ç ^biv^ç lveyOe(flnrx

irpbi; Kaiaotpa, çuyvov (xev Tiva ypo'vov TcXavoifievoç ^v ^iaô^voiç,

^xXetttev iauTOV eTreixa ûi' à^^o)CTiav el; olxfav iTcpav jxtTOi-

xoaiÇd|/.£vo<; , xaxi vuxxa TrtptTriTrrei cTpaTioitatç toû 2'J)Ji.«

5iepEUV(i)jxévoiç IxEÎva zk X*'*P^* ^^ti


Toùç x£xpu(xjx£vou; CTjXXau-

êavouffiv. "^liv Tov f,Y£îJL($>a ; Kopvr,).iov*, 'Kil'yi^ ^u^l TaÀavroi;,

à^Ei'Orj, xa\ xttTaêi^ eCiOù; ètci OaXarcav, £;t7rA£'j(;£v Et; BiOu-

viav Trpbç Nixo}jn^5r,v tov ^oiciktoi, Ilap' w ôtaTpi']/a<; /pôvovoù

TToXùv, eTt' àTr07r).£a)v, àXiffXETai Trepi Ty,v 4>apu.axoûa7av ' vr,<iov

u7to TCEtpaTwv, rjôT) TOTÊ OToXo'ç (XEYOtXot; xat cxaioeaiv aTr/iroc^

xaT£/dvTU)v r^v ôoéXarcav,

II. IlptoTov (xèv oov aÎTTjÔEi*; utt' aCrrôiv Xurpa Etxoci TaXavTa,

xaxEYeXaaev wç oùx eîSo'tcuv 3v •Jjpi^xoicV auToç o* u>aoXdYT,(T£

enfant: « Vous êtes vous-mêmes, leur répondit-il, bien peu avisés

« de ne pas voir dans cet enfant plusieurs Marins. César, à qui


cette parole fut rapportée , erra longtemps et se tint caché dans le

pays des Sabins. Un jour qu'il était malade et qu'il fut obligé de se
faire porter dans une autre maison , il tomba la nuit entre les mains
des soldats de S) lia ,
qui faisaient des recherches dans ce canton et

emmenaient tous ceux qu'ils y trouvaient cachés. 11 donna deux


talents à Cornélius, leur capitaine, qui à ce prix favorisa son éva-

sion. 11 gagna aussitô^es bords de la mer, et s'étant embarqué , il

se retira en Bilhynie, auprès du roi Nicomède. Après y avoir séjourné


peu de temps , il se remit en mer et fut pris auprès de l'île de Phar-
macusc par des pirates ,
qui , ayant déjà des flottes considérables et

un nombre infini de petits vaisseaux, s'étaient rendus maîtres de


toute cette mer.

II. Ces pirates lui demandèrent vingt talents pour sa rançon ; il se

annqua d'eux de ne pas savoir quel était leur prisonnier, et il leur en


, , , , ,

VIE Di: CESAR.


awoxTivvuvai de faire-périr
TzaXôx t»3).(xoDtov, un pnfîtnt do-rpt-âge,
(fn auTOÙç oùx tx'i\> voûv , il ilitoiixn'.ivoirpaslespns-commitn,
il fii) kvopSisi TTO^^oùç 'Mupioj^ s'ils ne voient pris plusieurs M;tiiui
Iv toûtw t(û -nociSl. (hins col cnfant-la.
TaÛT>jç Ti^i ywvrjç r.oito parole
à/eX^*^'*?? 'rpûç Kalaapsi, ayant clé rapportée à César,
errant d'abord chez les Sabins
Ttwi ypô-jov (j\j-j^vbv t un certain temps assez-long
txitWTCv iatUTOv* il cachait lui :

ensuite se faisanl-transporter
S là àp^wîTtav à cause de maladie
«tç irép-xv ohlxv, dans une antre maison ,

itspinÎTtru xxrà vûxra il tomhe de nuit


<Trp%Ti'j')Toc(.ç ToO Zû»a dans les mnius de soldats de Sylla
Siepevvo}fjLivoii iy.€T-*a ri y/jjcia qui fouillaient ces lieux-là
xal TU// z^êâ vouât et qui saLsissaient

Toùç y.exp\j/iiJLivo\jq. ceux étant cachés.


û» Tre^Tstç Desquels ayant persuadé
ràv 7)-/gfj.6-jx f Kopv»5)«ov, le capitaine, Cornélius,
5uïl TaiâvTOtç au moyen de ileux talents,
àftidyj, x»l eùOùs il fut rrlà<:hé, et aussitôt

xaraêàç «ttI ôâlarTav étant descendu vers la nier,


èÇ^7r).£U7£v fî; BtOuv^av vogua vers la Bithynie
irpbi; TÔv j9ao^t/ix Kixouïjo/;^. auprès du roi Niconu'de.
Ilapà ^ ûixrpi'paç Chez lequel ayant séjourné
ypôvov où TToiùv un temps non considérable,
(ITX àTT07T>i£Uy, puis mettant-à-la-voile
àA^jx£Tai il est pris
ICepl Tl^V V^ffOV ^ap/JLXX0t)7'7'X'J près de l'île Pharmacuse
ùità «5«paTûv, par des pirates,
^îïj to'ti xaTe;(dvToov qui déjà alors occupaient
nV» Oalarrav /xeyâiotç arro/otç la mer par de grandes Qottet
««l OTtâ^tfftv àiriérotç. et des navires iniinis.
II. DpÛTOv /xèv ouv II. D'abord donc
ayant été réclamé par eux
ii»T|Oa crx07i TâiavTflf ^'une rançon de vingt talents,
xaTr/é>ajcv il se moqua
M( oùx ctôdruv comme eiuz ne sachant pas
jv r;û»{xottv* celui qu'ils avaient pris ;
8 KAIIAPOI BIO£.

rrevTTQxovTa ôcoaeiv. 'Etzh-zol tôîv Trept aurov dtXXov eU d?A)^y,»

Oia7r£(/.^a; ttoXiv £7r\ tov tÔjv ypiQaotTwv 7ropiff(y.ov, £v ivOpoWou;

(povixo)TaTOt<; KiXi^t * [xeO' Ivoç îpO.ou xai ôuoîv dxoXov6oiv iroXt-

XettjLtxsvoç, OUTO) xaTa:ppovY,TiX(ô(; cTyev , waxe Treaxwv, Oî'ixt;

dtvaTcauoiTO, 7rpo(T£TaTT£> auTOÏ; cioJTrav. 'lltxépat; 02 rcT^apa-

xovxa oueîv OEoucaiç, w^TTcp où ^poupoûixevoç, (^XXà îopu^opou-

(XEVoç utt' «ùtwv, £7ri TToXXriç àoEi'aç cuv£7rai2^e xai cx»V£*|^avà-

Ç£TO. Kal Tcoiï^ixara Ypa.j/0)v xat Xo'yw; Tivât;, dxpoaTalç ixEivoiç

ly^pîÎTO , xa\ Toùç fxr) Oauaa^ovTaç avrixpuç àiraiOfiuTou; xai

PapCapouç a7T£xaX£i, xat cùv ye'Xojti TToXXaxiç r,7r£iXr,7£ xpELtav

auTouç. Ot 5' eyaipov, à^£X£(a Tivl xa\ TcaioiS ttjV 7ra^pr,(7iav

TauTYjv V£[JL0VT£<;. 'Ûç ô' ?)xov £x MiXv-^TOu* xi XuTpa, xai çoùç

(icp£iôyi, TrXoîa TcXTjpoWaç euOuç £x tou MiXr,ffiu)v XtjxÉvoç, ItÙ

Toùç Xr,GT3cç àvT^YE'-o* ît^'i xaTaXaCwv sti Trpot; t^ vt^cw vouXo-

promit cinquante. II envoya ceux qui raccompagnaient dans diffé-

rentes villes pour y ramasser cette som;nc , et ne retint qu'un seul


de ses amis et deux domestiques , avec lesquels il resta au milieu de
ces corsaires ciliciens, les plus sanguinaires des hommes; il les trai-

tait avec tant de mépris ,


que lorsqu'il voulait dormir, il leur faisait

dire de garder un profond silence. Il passa trente-huit jours avec


eux , moins comme leur prisonnier, que comme un prince entouré
de ses gardes. Plein de sécurité, il jouait et faisait avec eux ses exer-

cices , composait des poèmes et des harangues qu'il leur lisait; et

lorsqu'ils n'avaient pas l'air de les admirer, il les traitait sans ména-
gement d'ignorants et de barbares : quelquefois même il les menaçait,
en riant, de les faire pendre. Ils aimaient cette franchise, qu'ils
prenaient pour une simplicité et une gaieté naturelles. Quand il eut

reçu de Milet sa rançon et qu'il la leur eut payée, il ne fut pas plu-
tôt en liberté ,
qu'il équipa quelques vaisseaux dans le porl de cette

ville et cingla vers ces pirates, qu'il surprit en embuscade dans la


, , , ,

VIE DE CESAR.
puis il convint lui-même
SoJisrj TrîvTyj/ovTa. d'en devoir donner cinquante.
Ensuite nyant envoyé
TÛv Tre^l «ùràv de ceux autour de lui

un dans une ville un dans une autre


,

Inl Tb-JTTopi7ubv zCi-j ypy;/xâzoiv , pour la fourniture de l'argent,


àîro)î)ej//yivo; /zirà Ijù; ^û.o\j ayant été laissé avec un seul ami
xal SvoT-j àxoXovOoiv etdeux serviteurs
iv Kt'itÇiv parmi les r,ilici<'ns
àvO^cÔTTOiî fi'Jiy.ttiriroiç, hommes trés-porlés-au-uieurlre
ft/ev ouTW xsiTXfpo'jrjrinûi, il se comportait avcc-tant-dc-mépris,
que envoyant vers eux
TtpOjiTXTZfJ XUTOXç fJlOinÛJ, il enjoignait à eux de se taire
ivixtç àvaTrxûoiTO. toutcs-lcs-fois-quc il allait reposer.
Ti73xpi/ovrx 08 fifiipziç Or pendant quarante jours
Siovaxiç SviïVf manquant de deux,
av^inxi^s il jouait-avcc eux

et s'c\erçait-avcc eux
inl no).l7,i xSzixi, avec une grande sécurité,
SiTTiSp où fpO'JpoÙflSVOi, Comme n'étant pas gardé en captif,
à).Aà cop'j^opo'jiivjoi. mais ciitouré-di'-gardes d'honneur.
Kal y^âpwv noi-^ij.xxx Et écrivant des poésies
xxl Ttvaç yôyovi, et certains discours,
l/prÎTO è/îtvot5 ùxpoxrxXç. il se servait d'eux comme audileurf
xxl à-îzâ/ft avTi/puj et appelait ouviîrlcmcnt

aTrat^cÛTOU; xxl ^xpZxpoJi ignorants et barbares


ro'Ji fi/) Oxu/zxÇovTaç (eux n'admirant pas,
xal TIoHîtXlÇ ffÙV '/iicuTl et souvent avec rire
#,7rî^X>;TC Aptjxxv auTOÛî. il menaça de pendre eux.
Oî ûè i/'xt.pn) ,
Mais ceux-ci se réjouissaient,
viaovreç raJT/jv Ti^v z^xppr^'slx') attribuant cr franc- parlcr-là
Tivl àyeJeta xal jratîcâ. à une simplicité et |)laisanterie.
û» û£ Ta iuT^a Miiis dès que l.i rançon
/xov ix Mti>5T0u, fut arrivée de Milel,
«5tl îoùç à^Jl'O/J ,
et que /'ayant donnée il fut relâché,
«wOùç n).r,p'M7xq tz/oXx aussitôt ayant éipiipé des na>ircs
i/. TOÛ ii,uévo> Mi^yjsiwv du port des Milcsiens ,

àvi{y«TO «Tri T0Ù5 >>3ïTâî* il |)artit contre les brigands :

xal xaralaSwv et ayant surpris


Iri vauioxoOvTaç -npbi t^ v>{7w , eux encore stationnant vers Ille
.

10 KAIIAPOÏ BIOI.

youvTŒÇ , ixpttTTjae TÔiv TtXiiaTûïv. K«\ xk (xlv yjnf^yMxa Xt(«x

^TTOty'fTotTO, 'wùç 5* avÇpotç Iv TTepYcip^)* XŒTaOtaevoç eî; rb ce-

au.(i)Tr'ptov, aÙTo; liropEuOr TrpbçTOv ûieTTOvra t^,v *Aatav*Iouviov ',

w; Ixe(v(|) 7rpoa9;xov ovti aTpaTrjVo) xoXdiarcti rot; Ja)j0JX0Taç

*Ex£ivou 51 xoti Toîç ypr^ixadiv Iro^OaXjxuSvTOç (r,v


y^P ^^'^

^Xi'ya) xa\ Trepi twv aîyjjLotX(OT(»)v oxÉ'j/saOat ^aCTto>Toç ^tti cyo-

X^ç, yatpEiv ^otao^ auTOv 6 Kaïcap el; népYajXOv w^^'o» 3ta\

TrpootyaYwv roùç XifjfTTiç ârctvTaç (îvEdTaupoxTfV, oj^rsp auToîç

80XC0V Tratî^eiv £v tîj vi^cw TcpotipT^xe». TroXXaxiç.

III. 'Ex Bï TOJTOU, T^C 2uX).at 5uVa{X£u)^ TÎ^T, jJLipOtVOOtVT.qxai

TÔiv oixoi xaXouvTwv auTOv^ETiXEucev £Î; 'Po5ov • [Itti -r/^o/^v] rpi?

AtcoXXcoviov*, tov tou MoXwvoç, oô xa\ Kixepwv r,xpoÎTO oo^i-

(TTSUOVTOÇ £7ClCpaVc5; Xai tov TpOTTOV ÈTCUIXOUÇ Etvai OOXOÔVTOÇ.

AsycTai Bï xai <pvvai Trpoç Xc^youç TroXiTixoù; ô Kaîcap apitira,

rade même de IMIe ; il en prit un grand nombre et s'empara de tout


leur butin. De là il les conduisit à Pergarae , où il les fit charger de
fers , et alla trouver Junius , à qui il appartenait , comme préteur
d'Asie, de les punir. Junius , ayant jeté un œil de cupidité sur leur
argent, qui était considérable, lui dit qu'il examinerait à loisir ce
qu'il devait faire de ces prisonniers. César, laissant là le préteur et
retournant à Pergame, fît pendre tous ces pirates , comme il le leur

avait souvent annoncé dans l'île , où ils prenaient ses menaces pour
des plaisanteries.
III. Comme la puissance de Sylla commençait à s'affaiblir et que
les amis de César lui écrivaient de revenir à Rome , il alla d'abord
i Rhodes pour y prendre des leçons d'Apollonius Molon , celui dont
Cicéron avait été l'auditeur, qui enseignait la rhétorique avec beau-
coup de succès, et qui d'ailleurs avait la réputation d'un homme
vertueux. On dit oue César, né avec les dispositions les plus heureu-
, ,, , , , , ,

VIE DE CESAF. 1t
ty.pdrvin vénv njiiiruj. il s'empara du plus grand nombre.
Kat iwot>|7aTO fiiv Et il fit, d'une part,

ri yp^^tfixra ltlv.j <lo l'arijent uno proie,


y.ixraGiu.evoi; Sk toù; v.jSpu.q <lo rniiiro ayant (Ij^pusé les homme»
tlq rà StTficori^ptev èv Ueoyv.txy d.-ins la prison à Per"ame
tKoptxjOvi aùràç Trpiî rov laùvtov il alla lui-nK^nio vois Jimius
qui ijouvornait l'Asie ,

cî); Trpo<rr,xov èxetvb) conuiie coiiMMiaiU à lui

ôv-ci (Txpa'nriY^) qui était préteur


xoictjai Toùç îaAwxoraç. do punir coux ayant élà pris.
Mais colui-ci
et couvant-des-ycu\
TOÎç yp/ifj.a.vf* l'argent
(^v yào oùx i/t'ya) (car il était non peu-considérable)
xal ^ây/ovTOç et répétant

7xipt7dxi iizl Tyor/\^ lui devoir examiner à loisir

nspl Tûv aî;^^uaAwrwy au sujet des prisonniers .

ô Ka7j3t^ îâaaç aùrôv yv.icv.i César ayant laissé lui se réjouir

w^STO îîî UipyxiJ.o-j s'en alla à Pergame ,

xal irpox'/aywv et ayant fail-sorlir


aTravTaç toùç )>j7Tài tous les brigands
àvejTaûjOWTev il tes fit-mctlre-en-croix ,

ÛTTTîp rcpoiip-^/.ii ajTorç comme il /'avait dil-d'avancc à eux


îToAÀâxtî èv t:^ v»JT« plusieurs-fois dans l'île

ooxâiv TrxtÇftv. paraissant plaisanter.


m. 'E/. ûi TOJTOJ, 111. Mais aprrs cela ,

tt|$ Ôuv«/accj$ ZÛ)Jz la puissance de Sylla


fixpoi.ivo/xijr}^ r,Qr, se Uétrissant déjà
xal TÛv o'xoi et ceux du dedans de Rome
xaioûvTWv aùrôv appelant lui

£7r){U7£v êiî Pdôov il navigua vers Rhodes


[inî o^o/yjvj [pour l'école]
npèç ATro/).'jjvtov, vers Apollonius
TOV TOU Md/wvoj \cfth de Molon,
ou iJOÇ'lJTfiÛOVTOÇ fiTtlSXV&ii duquel professant remarquablement
xai ^oxoOvTOf sivai et passant pour être
knituLOÏ/i TOV rpoTzo'j honnête de mœurs
xal ILixipwv yjxposcTO. Cicéron aussi était-disciple.
O ûè Kxlffxp >é-/JTac Or César est dit
x«l çwvai âpiffTX et être dc Ires-beureusemenl
12 KAIZAPOÏ BIOZ.

x«\ 5iarov9;(Toti otXoTiuorotTa i^y çuiiv, fî)Ç ri îeuripclot fl^/

«or)p(TO); ?/eiv , to c^ 7rpo)TEÎov , Stzuk tt; Sovauci xa\ toîç Snkoiç

veÎTO T^ç Iv Ttjt ).ey£iv ceivoTr,TO<, Otto arpaTeiwvxal ';ro).iT£taç.

^ xaTe/.Tr'aaTO tv;v f.yîaoviîv , ovx I;ixo'/evo;. ACto; o* ouv

CcTîpov £v xr, Trpoi; Kix-'pojva TTEpl Karrovo; àvTiYp^'î'7, rapai-


TsTTai |7.yi
cTpy.TKOTf/.oô )>o'^ov dvcpoc (ivT£;îTa^Etv Trpôc; C£tvoTr,TOt

^•/Topo; eu'^uoîi; xat (ryokry iT:\ toô'to 7ro).).7;v avovTo;.

IV. 'E7ravc)/J(ov o'eU 'Po')'xr,v , AoAoÇî'/.Xotv ^xptve xaxw<T£o)ç

tTTapyiotç, xat TroÀXal oIttÔ ty;!; 'R/)»aooç twv ':ro)>£(/)v [xaprupiaç

ajToi TrapETyov. '0 t/iv ouv AoXoÇe'aXœ; àrio'->y^ tv;v cîxr,v. 'O
ûs KaTcap, àaeiêo'ixEvoç tyjv *EXXa$a tv;ç TrpoOuuia; , cuvtjYO-

pEU(7£v aùr/) rioTrXiov 'Avxoiviov Siwxou^ttt; Swpoôoxia; , IttI Aeu-


xouXXou Tou Mapxou Maxôûoviaç cTpaTr^you. Ka\ tocoûtov

ses pour l'éloquence politique , avait cultivé avec tant de soio ce


laleot naturel, que, de l'aveu de tout le monde, il tenait le second
rang parmi les orateurs de Rome; et il aurait eu le premier, s'il

n'eût pas renoncé aux exercices du barreau ,


pour acquérir par les

talents militaires la supériorité du pouvoir. Détourné par d'autres


soins, il ne put parvenir, dans l'éloquence, à la perfection Ters
laquelle la nature le portait ; il se livra uniquement au métier des
armes et aux affaires politiques, qui le conduisirent enGn à la

suprême puissance. Aussi, dans la réponse qu'il lit longtemps après


à l'éloge que Cicéron avait fait de Caton , il prie les lecteurs de ne

pas comparer le style d'un homme de guerre avec celui d'un ora-
teur excellent, et qui s'occupait à loisir de cette sorte d'étude.

IV. De retour à Rome , il accusa Dolabella de concussions dans le

gouvernement de sa province , et trouva dans les villes de la Grèce


un grand nombre de témoins qui déposèrent contre l'accusé. Cepen-
dant Dolabella fut absous; et César, pour reconnaître la bonne
volonté des Grecs, plaida contre Publius Antunius, qu'ils accusaient
de malversations , devant Marcus LucuUuSt préteur de la Macédoine.
, , , , , .

VIE DE CESAR. 13
itpài ).dyouç ixoXtTixoiii, pour l'éloquence politique,
cl avoir Iravaillc son naturel
©tioTt/iOTara, avcc-la-p1u8-gran«le-éniulation
au point «l'avoir

àSy;pir(,)i ri Si'JTCpeXoi^ sans-conlnMJii le second rang ,

àfel'jxi ôi t6 Tr^cureTov ,
et d'avoir renoncé à la priinauic,
étant plus occupe
à ce qu'il fût le premier
T>J Juvâaït xkI roTî é;rJiotî, pjw la puissance et les arnies,

eux èÇi/o'uevoj n'étant [)as arrivé


à. ce point d'Iiabilelé dans le parler
Kpàç OTiip vj fùviç CyyjyiÏTO ,
vers lequel la nature /e conduisait ,

uizà arpxTiitHv à cause des cxpéilitions


xx\ no)iTiixç, et du li\'iin-de-vic-poliii(jue

TJf xxreA7Tn7y.T0 ti^v ^yî^aovtav. par lequel il obtint l'cinpirc.


Auràç 0£ ojv uvnpov Lui-même certes plus tard
dans sa réponse sur Galon
itpès Ki/.ip'ji'jx a Cicéron
KxpxiTsXrxi IJ.Y) àvTsÇcTocÇîiv |)rie de ne pas comparer
)rf-/ov àvJ.'yà; ffrpxTiwTt/oy la parole d'un homme de-guerre
"npbi csu6Tr,rx avoc riialtilclé

pi^ropoi «ùjjuoûç d'un orateur bicn-doué-par-la-na turc


xal âyoJ7o; ItzI toûto elemployant pour cela
ItoXXrjv <iyoli/,-j. beaucoup de loisir.
IV. E7rav£>9wv Ji eJç 'Pw/*>jv, IV. Ltanl revenu à Rome
Ixpivs Ao/oSiiiav il accusa Dolnbella [men?
xaxwffïw; tTtxpyJxç, de prévarication dans son gouverti- -

xal 7ro).).al twv Tro'Aîwv et plusieurs des villes


àïrà t:^; 'FA'jxùoi de la Grèce
nxpivyoj auro"j fMxp'Tvpixi. fournirent à lui des lémoigoages.
'O fjLtv oZv So).oèéyÀxç Cependant Dolabella
ànifv^s r/;v our,-^. échappa au cliàtinient.
O Sk Kxïuxp Mais Gésar,
ifiti&ôixsvoi rriv 'E).Xiix récompensant la Grèce
ttJç izpcd'j/iîxi f de son empressement,
9vvtjy6peu7c-j aÙT»î défendit elle
otwxoûïv; Supoooxixç qui poursuivait pour vénalité
U^^iov AvTwvtov Publius Antonius
hi ToO Afv>xoû»ou Mâ^xou devant Lucullus Marcus
•T^KTTjyow Maxiôovtaç. préleur de Macédoine.
14 KAI2AP0I BIOX.

ta^ufftv war» tûv 'A.vtwviov ^TrixaXeTaaOai tou; ÎT,aap^ouc

ffXTj^atxevov oùx £^/_eiv to Tjov iv t^ 'EXXaoi rpo; 'tXyvTjVaç. 'tv

8à 'Piofty) TToX/v:?) jjiâv IttI T({i Xoytj) Trepi xi; cuvTjYOf i«Ç oôto"

•/apiç IçsXaiXTTe, TroXXr) $à r7;ç Trepl xi; ^e;t<tfOciç xai 6(xiX{otç

cpiXocppocjuvTjÇ eovoia irapà twv Sr,{xoTwv à7r/;vTa, OspaTrrjTixcâî

Trap* f,Xix(av (Jvtoç. ilv Se tiç xa\ dcTro Seitti^wv xai Tpa7réÇ>)ç

xal ^ojç t9;ç TTEpi ti^jv ôiaixav Xa(A7rpOTr,To; ao;avoa£vr, xaxi

{jLixpbv aCiTÔî Suvaai; eît; x^jV TroXixetav. "Hv xo rpûixov oî ^60-

vouvxEç , ûîû(jL£voi xa/ù, xwv àvaXu)|/.àx(ov £7riXi7rovxo)v , c;txr,Xov

£a£cOat, 7r£pi£0)3wv àvOouaav Iv xoîç iroXXoîç* ô^j/l 0' tjsOovxo,

|X£YaX-/)ç xai Sucavaxp£7rxGU y£vo|X£V/;ç , xai ^aCiî^ouG-/;? avxixpuç

ettI xV "^(^"^ ^wv (X£xa6oXr,v , wç oOoEjxiav à^yr^y Tz^fOc^yLXZùti

vjyrjXEOv {xixpàv , o-ou* xa/u ttgisT ixsYOtXrjV xô £vo£A£/£; , Ix xoû

Il parla avec tant d'éloquence ,


qu'Anlonius ,
qtii craignît (Tëtre con-

damné , en appela aux tribuns du peuple , sous prétexte qu'il ne


pourrait obtenir justice contre les Grecs dans la Grèce même. A
Aome, les grAces de son éloquence brillèrent au barreau, et lui

acquirent une grande faveur. En même temps que son aûabiliié &a ,

politesse , l'accueil gracieux qu'il faisait à tout le monde qualilée ,

qu'il possédait à un degré au-dessus de son âge , lui méritaient l'af-

fection du peuple; d'un autre c6té, la somptuosité de sa table et sa


magnificence dans toute sa manière de vivre accrurent peu à peu
8on influence et son pouvoir dans le gouvernement. D'abord ses
envieux ,
persuadés que faute de pouvoir suiïjre à cette dépense
excessive, il verrait bientôt sa puissance s'éclipser, firent peu d'at-
tention aux progrès qu'elle faisait panni le peuple. Mais quand elle se

fut tellement fortifiée, qu'il n'était plus possible de la renverser et


qu'elle tendait visiblement à ruiner la république, ils sentirent, mais

trop tard, qu'il n'est pas de commencement si faible oui ne s'accroisse


, , , , ,

vu: DE CESAR. 15

El il fut-puissant tellement
biJTt TOv A'JTCtiVlOV au puiiil Aiiioiiius

CD avuir a[)[)clc aux tribuns,


ayant allégué
O'JK i/jiv TO r^ov AC pas avuir la partie égale
«v T-Pj 'E)>aot Ttpbç 'EX^yivxç. dans la Grèce contre des Grecs.
Ev Sk "PùJ/xy; Cependant à Rome
une grande fa\oar d'une pari
éclatait
«TTt Tû ioycj auToO à cause de l'éloquence de lui

7t«pi Ta; 7\Jvr,yopiui dans les déieiibes


uoXXy) ôt «uuoca etde l'autre une grande bienveillance
àîniJvTa se rencontrait
Tra^à Twv Srjfioxciv du cùté des gcns-du-pcuple
Tri; fûoyno7{jvrii à cause de sa familiarité
TTcpï Ta» ôsÇicôaitç en-fait-dc poignées-de-main
et lie Conversations ,

OVTO5 OîpxTreuTtxoû lui étant courtisan


irapà i^>ix(av. au delà de .vo» âge.
Ti; ûi oOvz/xt; De plus une certaine puissance
^v aùrôj était à lui
Ct{ Tl^V 7T0/lTffa» vers le gouNcrnement
aùÇavo//iv>j xaTà fiupàv s'augmentant i)eu-a-pcu
XXI àirb ôîtTTvwv xal T|5xit<Çv;î et par sfs repas et par .«a table
Xal O/WÇ T»JÇ ia/i7CpÔTï7TO{ et en-général par l'éclat
Ttepl Tiiw oiaiTav. de son geiire-de-vie.
Uv TÔ npcSTO)» Laquelle puissance d'abord
ol yôovoyvTeî ceux qui /'enviaient
otôfuvoi iynOxi rayy èÇtTïîiov, pensant devoir être vile évanouie ,

Tûiv àvXMtifJiXTUiV t^L^CnJVTOiV ,


les dépenses ajraul manqué
négligeaient
àvOoÛTxv èv TOtç TioÀ^oTs* tlorissanlc dans la multitude :

ifJjflovTO ôè ô'^i y mais ils s'aperçurent tard


"j/lVQ/jiijrii; /xf/XArti elle étant devenue grande
xal JuffavaTf éwTOU, et dillicile-a-renverser,
xal paûiÇo'Jar;ç âvTtxpuç et marchant ouvertement
tffl T17V /iitTaêoirjv TÔiv Sicov , au ciiangcment de toutes tes ujjuves,
w< i^-/J7Tiov fxixpxv que il Ht faut juger petit
O'Jtjtfiixv xp-j^tiit npx-^fi.xTOi aucun conuucncement de chose ,

lno\i Ta ivQuixki puisque la continuité


IG KAIIAPOÏ BIOZ.

xaTa^povy,09;v2i to (a*); xoj).uOr,vai XaCovaov. 'O f(Ky irpoiroç

67ri2c'cOai ccxtov aùxou xai ^o€r,Oy,vai tyjç itoX:tc(«ç , w-rirep

ôaXaxTTjÇ , TOC ciaYtAwvxa , xat t),v £v Ttji ^lAotvOpojTrw xai iÀ3p<j>

xtxpu|JLix£vr)v Seivor/ixa toû i^Oouç xaTajxaOojv Kixcpoiv £)v£Y£ voî;

dtXXoiç éc7:affivl7riGo'jX£Oji.aciv aoTou xal TroXixeuaaai Tupavvixi^.v

^vopSv ôiotvoiav « 'AXX' ^xav , ^^ , t);v xo|xr,v OfSxo) Siax£iu.c'r/;v

TTEpiTxtoç ÎSo) xàxEÎvov £v\ GaxxuXw xvojixrvov * , oij aoi coxei

TraXtv OOTOÇ fivOpojTXOç £?ç vouv av ItxÇaXEcOat tt,Xixo~xo xct/.ôv ,

àva(peciv xv;? 'Po)(jLa((ijv TroXix£(aç. » Tauxa (xiv cuv oaxepov.

. lo'j ôc è/){jLOu rpojXTjV (Ji£v tt^TOOEiçiv xr,ç Trpoç auxov ixrfAOi^

IfXaêev, ^T£ Trpôç Fociov nort'Xiov Èpiaaç Girsp yiXiap/iaç Trp^

xepoç àvTQYOps'jOTT SsuxEpav ol xai xaxa^xvECTEpav , ^x£ , x9;ç

Mapiou "^iivcuxo^y 'louXiaç, d7xoOavouc7)<; , àctX^iSovç wv aùxTjç

promplement par la persévérance ,


grâce au mépris qui a empêché

qu'on n'arrêtât ses progrès. Cicéron paraît avoir clé le premier à


soupçonner et à craindre la douceur de sa conduite politique, qu'il

comparait à la bonace de la mer, et à reconnaître la méchanceté de


son caractère sous ce dehors de politesse et de grâce dont il la cou-
vrait. « J'aperçois, disait cet orateur, dans tous ses projets et dans
« toutes ses actions des vues tyranniques ; mais quand je regarde se?
cheveux si arlislement arrangés ,
quand je le vois se gratter la léte

« du bout du doigt, je ne puis croire qu'un tel homme puisse conce-

« voir le dessein si noir de renverser la république. » Mais cela ne


fut dit que longtemps après.
V. César reçut une première marque de l'affection du peuple, lors-

qu'il se trouva en concurrence avec Caïus Popilius pour l'emploi de


tribun des soldats ; il fut nommé le premier. Il en eut une seconde
encore plus évidente, quand , à la mort de la femme de Marias , dont
, , , ,

ViE DE CESAR. 17

Hiit vile /ui ^rand ,

ayant reçu le ne pas élre empêché


Ix Tou xaTaypov/jO/Jvat. du lîlrc moprisé.
*0 youv Kuipbiv Du niuiiis Cicci'un

SoKÛtV ItpCiTOÇ paraissant le premier


Û7Tioî;0ai avoir soupçonné
xxi (fo&rjOfitxi rà otaysAûvra et avoir cruinl les dehors riants

Tiiis nOMTiiXi aUTOO, du gouvernement de Wi


Ûisnîp QulÛTTriç, comme de la mer,
xal Ka.TXfj.xOuv et ayant compris
lu dureté du caractère
Xi/.p\Jfiiiivr,v caclice
iv TÛ ^(/avOpciÎTCcjj xal iXxpiJ %o\x&\' apparence humaine et enjouée
£A«7««èvo|5âvotâvotav rvi^avvtx-^v disait voir une pensée tyrannique
xn-j.Ui Toï; â//oii iKiZo'jXîjuxst dans toutes les autres résolutions

XXÏ Tlo'/.lTiÛ/XXHJ aUTOO* et mesurci-[)olili{]uos de lui :

« ÂÀ^à, i'f/jf OTxy (Jea « Mais, disait-il, quand je vois


T/jy xd^a/jv oiaxei^uév/jv sa chevelure arrangée
si supérieurement
xal ixilvoj xvoJ/Asvov et lui se grattant
(vl «axTJ/u d'un seul doigt,
irâAiv ojto; à xvOpùtuoi de nouveau cet homme
ou yuot ooxi7 ne me parait pas
ay t/xëx).é7Ûa( £({ yoûv devoir s'être mis dans res[)rit
T>3AixojTO xaxoy, un aussi grand mal
àya(|9£7(y la destruction
T^i TtOÀlTSixi 'r&j/xxîwv. «"
du gouvernement des Romains. »

Tay-ra /jtèv ouv Ces choses du moins


UffT«/50y. furent dites plus tard.
V. 'EAaêi oi V. Mais il reçut
lt/5WT>jy /xèy àrtoociÇiv d'abord une première preuve
Tîîî «ùyoï'aj ro\J or,fj.o'Ct de la bienveillance du peuple
vpbi aùrov, pour lui

5t« ipiixi lurs(]ue ayant rivalisé


Wlip y^ù.ixpyix^ pour le tribunat-mililaire
ttpbi Faioy Uotûàioj avec Caius Popilius
à-ji^yopeùO/) Tzpàrcpoi' il fut |)roclamé le premier .

ovjzipxv oc puis une seconde


k.tt KxrxfxvsvTÎpx'j , et plus éclaiante,
lorsque, Julie,
Vit D£ ClSAA. 2
18 KAIIÂPOI 13IOI.

èY>tw(xiôv Te Xa|x:rpôv iv àfopôf otr,/.Oe xai ict^i t^v 6c^pop4«

èroXji.7,ffry eîxova; Mctpioo TTpoOéaOai,TC>TC TcpûÎTOv d^Ottaaç (xeià

r>,v ^Til iuXXa 7coXiT£iav , 7coXc{xi(ov TÔiv ivopci» xf tOcvtwv.

'EttI tout(}) y^P ^v{o)V xaTaÇoTjCotvTOJv tou Ka(cotpo<, 6 ô^|xoç

àvT>^^y,ai ÀafXTrpôiç , 5fi;apL*voç xpoTW xai 6au(xa<7aç uxirctp i^

5oou ûicc ypovojv TTOÀXwv ocvdtYOVTa xiç Mapiou Ti|xi; et; Tr,v

TCoXiv. To |X£V ouv IttI -pvaiçl TcpecCwrepatç Xoywç iicira^iouç

oi£;tévai Tcotxpiov TjV 'Po>ixa(oiç** veaiç ô* otjx 2v £v eOei, TrpwTOi;

eiTTS Kaïcap e-rri Tr,ç éavrrou yuvaixoç aTroOavoucr.ç *• xai tcôt

^vsyxtv aoTO) yctpiv xivà, xai CM'*^tr^uxLyu)'fr^cl xw TraOci xou;

-TToXXvOuç w; v^jxepov àvSpa xai Trepitxeffxov r)6Qoç ayaTiav. Bxj/aç

oè xr)v yuvaïxa, xafxi'aç eîç *IÇr,piav* £vl xûv ffxpax7,Y*»iv, BcTEpt,

cuvEÇTjXOcv , ôv aoxov x« xijxûiv àel oiexéXeae , xai xov ulbv ttcxXiv

il était le neveu, il prononça avec beaucoup d'éclal son oraison funèbre


dans la place publique, cl qu'il osa faire porter à son convoi le«
images de Marius, qui n'avaient pas encore paru, depuis que Sjlla ,

maître dans Rome, avait fait déclarer Marius et ses partisans enne>
mis de la pairie. Quelques personnes s'étant récriées sur cette aa-
dace, le peuple s'éleva hautement contre elles, et par les applau-
dissements les plus prononcés témoigna son admiration pour le

courage que César avait eu de rappeler, pour ainsi dire , des enfers
les honneurs de Marius, ensevelis depuis si longtemps. C'était de
toute ancienneté la coutume des Romains de faire l'oraison funèbre
des femmes qui mouraient â^ées; mais cet usage n'avait pas lieu

pour les jeunes femmes. César j&it le premier qui prononça celle dsS

k sa feraine,i:i "i 1' f 1 1 jiune. Cette innovation lui tft honneur, loi con
Icilia la laveur publique et le rendit cher aupeup'e, qui vil dans celte

mensibililé une marque de ses mœurs douces et honnêtes. Après avoir


fait les obsèques de sa femme , il alla questeur en Espagne sous le

préteur Yéter^ qu'il honora depuis tant qu'il vécut, et duot il oomma
, , , , ,

VIE DE CESAR.
la femme de Mariiu
étant murle
lui élaat neveu d'elle
àiviJ.Oi Ti èv U'/opôL et il prunuiiça sur la place-publiq::'-

Xa/jiTtpb-j è'/xw/xtov UD brillant cluge


Xat JTûi/*/Jffî TTÎ/li zr,j t/.-^Op'X-é et il osa à son convoi
npoOizOxt ti/.6iv.i }i\xpiou fair«>-pori(r K-s images deMariua»
ofOtia^i TOT» npôJTO» vues alors pour-la-promière-foi«
ttjrà Tr,j 7ro/iT«iav irri Sû».a, depuis le i;i)u\criiement sous Sylla ,

les honinji's de ce parti


ayant été jugés ennemis.
'Ettî TOJT'-J yàp ivi'wv Car sur ce quelques-uns
ayant crié-contre César,
le peuple répondit avec-éclat,
Si^xixvjoi y.pôxoi /"ayant reçu avec applaudissements
xat daD/Aàaof et /'ayant admiré
biiTtsp àvâyavToc comme ramenant
Jtà y^pojdiv iro).),ô5v après des temps longs
iÇ âèou ct$ T/;v ttÔ^i» de l'enfer dans la ville

Tiç Tt^uiàç Maptou. les honneurs de Marins.


Certainement le prononcer
des oraisons funelires
sur des femmes âgées
^v nirpioj Pw/xaioti* ilait d'usage-anlique aux Romains :

oùx ôv ôi èv (d£( mais chose n'étant pas en usage


pour les jeunes femmes.
César le premier parla
èict T/jj yuvatxoj éauroO sur la femme de lui

étant morte :

xat roJTO >fvîy/îv auroî et c«'la attira à lui

Tivà ;(acptv, une certaine faveur,


xjcl ffuveû»;/xa-/w-/>7ff£ toj 7Tx6'tt et excita par la sympathie
Toù^ itoi/oùî àyaTriv la niullilude à aimer lui

W( avopx r,fxtpov comme un homme doux


rxï ntpifiivrov :?6ou^. et plein de moralité.
6x<|<Z4 oj Ti^v yuvaîxa Mais ayant enseveli sa femme,
il partit (|uesleur
ili ï€r,plixvy D«Te/5t, pour l'Espagne avec Véter, ,

un d<^s pnHeurs
lequel et il coolioua toujours
ÎO KAIiAPOZ IiI02.

oùtck; ap/wv rarxcav iTzoir^ii. revdjxtvc/Ç û* aTrô ty;; ip)^^ç ix*t-

v/jç, TpiTr,v TQYotYtxo ifuvsîza, Iloairr/iav , {/_wv ix Kopvr/îaç

ÛuyaTepa t->,v CffTspov no(JL7rr/!o) Mayvw Y^JJ^T^Oeicav. Xpojjx£vo<

Oâ Tai; oaTCavaiç à^eiotoç, xai ooxôiv |jiv i^'/îjxEpov xa'i ppot/£tav

avTixaxa^XaTTeaÛai (xeyaÂojv àvaXojaaTOiv 6Ô;ay^ ùvotjaevo; ôè

Taîç àX/jOeiaiç xi (jLeyi^xa (jiixpwv , ^('(ix'xi , Ttptv eîç ip/j^v Tivot

xaOïcrxaaOai ,
^tXicov xai xpiaxociwv fiwLcOzi ypéwîpciÀiT/iÇ tï-

XavTwv. 'EttsI 8* xouxo ixèv , ôoou x^; 'A.7r7cîa; aTroOci/OÊiç cri-

(AsXrjr/jç , TratxTToXXa y p-z-u-axa 7rpoaavàXt»>a£ twv iauTOj touxo

S', (XYopavojxwv, ^euYV) {xovojxa/ojv xpiaxocia xai £Ï/.o<7i 7:ap£c/e,

xa) Taîç aXXaiç repi xà Os'xxpa x»i TTouiTràç xaî càTT/a "/^pv;-

Yiaiç xai uoXuxeXeiotK; xàç Trpo ajxou xaxsxXuas 3»iXoxia(a<;

le fils son questeur, quand il fut parvenu iul-mdme à la préiure. Au


retour de sa qucslure, il épousa en Iroifticmes noces Pompéia; il

avait de Cornélie, sa première femme, une tille, qui plus tard fui

mariée au grand Pompée. Sa dépense, toujours excessive, faisait

croire qu'il achetait chèrement une gloire fragile et presque éphé-

mère; mais, en réalité, il acquérait à vil prix les choses les plus

précieuses. On assure qu'avant d'avoir obtenu aucune charge , il

était endetté de treize cents talents. Mais le sacrifice d'une grande

partie de sa fortune, soit dans l'intendance des réparations de la

voie Appienne, soit dans son édililé, oii il fît combattre devant le

peuple trois cent vingt paires de gladiateurs; la somptuosité des

jeux , des fêtes et des festins qu'il donna et qui effaçaient tout ce

qu'on avait fait avant lui de plus brillant, inspirèrent au peuple une

telle affection ,
qu'il n'y eut personne qui ne therchât à lui procurer
, , , ,, , , , , , , ,

v 11, l)K CHSVR. 21

TlflSlJ V.JT'iJ honorant lui ,•

rai r^Hrj «yràç ûpy^tav et à-son-lonr lui-mdme rommand.int


ircolrini rbv uîèv rautav. il fit son lils quosteur.
rcvrfyncvo? Si Puis étant soili
àitb h€ivr,ç r^ç ocpyftit de cette charge-là
h'/i'jt'O tfiinnv yuvaïxa il prit pour troisième fomme

Uounr,(x-j Poni|>cia

éx«v £/ Ko/9Vïj)i/«î OM'/azipoc ayant de Cnrnélic une fille

ril'j yy:jjLr,0îT7Xv vjzspov celle ayant été mariée plus tard


Uoij.Ttr,tu Mâ'/vw. à Pompée le Grand.
Xpû/jiîvoi Si scftiSSiç Or se servant sans-ménagement
des dépenses
xxl Soxûiv fih et paraissant il-est-vr;ii
rccevoir-en-échangc
de grands frais

îdÇav ?y>{,u£oov xal ^paye'y.j une gloire éphémère et courte


Tocï^ Se à)./;Oî^at{ mais dans la vérité

&)voj//£vo; rà /Aiytffra achetant les plus grandes chose*


fiirpôi'j par de petites,
Xi-jSTXt yrnhOxi yps(^<f!Ùl-:r,^ il est dit avoir été débiteur
yiXiùiV X5Ù rpiccy.OJtùtv tx/kvtwv, de mille et trois-cents talents,

ir/slv xaOt'yrayOat avant de se constituer


sTç Ttva àpyT^v. en queli]ue charge.
Eirel 5è toOto /xèv, Mais comme d'une part,
à7to5£t;(0îtî £:tt//£).rîTi^S ayant été nommé intendant
Trîç é?oy ATrTitaç, de la voie Appienne,
il dépensa-en-outre
yp^^lXXTX 7tâjU7T0)Ja un argent trcs-considér;ible
TWV ixuToO* de celui de lui-même;
T9ÛT0 ûj, à-/opa'JOfi&v et que d'autre part, étant-édile
nxpijys il fournil
rpi7.y.67ix xal e'xOTi Ç«ûy>3 trois-cent et vingt paires
de gladiateurs
xal xaTC/.).u7C et q«'il submergea [cffuça)
ràç yiioTi/xiaç itpè «ùroû les libéralités (/'avant lui
TaTç â)>atî yopr^-jixii par les autres frais-de-féles
xal woiuT£),etat{ et somptuosités
tripl Ta Oixzpx relativement aux théâtres
xat iro/uiTTà$ xal Octïrva et aux cérémonies et aux festins

«lîO.JXC TOV O^/AOV il disposa le peuple


,

22 KAIIAPOI BIOS.

oCxti) CitOr,XE Tov cr,u.ov, o>; /.«iviç {jl^v ^p/otç, xottvdi^ 2è Tt|4.à<

VI. AuEÏv 5' ûùaôiv £v TY) TTO^ei oraTEwv , ty.ç (xiv iiro SuXÀa
-f {A^Y* 5uva(ji£vr,(;, ttjç ô£ Maptavr,? , r, TÔre xaTirrTjjrei xal

"/ Si^aTraffTO, xo(xi5ri xaTrcivi upaxtou^ra, rauTr.v àvappo>77.i xot\

^ TrpoaYay^^JÛai fiûuXofjitvo; , £v xaîç àyopavofAixaiç cpiÀvrijxîai^

àx|x:^v ij^ouaatç eixo'vaç £7roir,7aTO Mapiou xpu^a xai Nixo^ Tpo-


Traioçopouç , Aç (fispojv vuxtoç £iç to KaTTiToV/iov av£'3T7;'Tîv.

"Ajxa 8' "^jtAEpa Tolç OcaaaiASvou; {xapaaipovTa Travxa /.p'J^ôi xai

tI/VT) XaT£(IXE'ja<Tf/£Va TTEpiTTlo; ( OlEOT^Xou oà YP*.'''^f^*^'


**

Kifxêpixà xaTOpOojaaTa* ) Oâ;/€oi; £(r/£ tt.ç TO^ar^ç tovÎ àvaOEv-

Toç* où yàp ^v aûr,Xo(;* xa/u Se TTEpiitov 6 Xo^oç Y;Opoi^ Travxaç

avOpwTTOUÇ TTpoç x^v o']/iv. 'AXX* oî u-Èv E^otov xupawiGa rroXi-

TEueaOai Ka(c7apa , vouloir xoti SoY{Ji.a<7t xaxopo)pvY|X£vatç Irav-

iffxavxa xifiLÔtç , xa\ xouxo TCEipav ItzX xov GTJfxov eTvai TrpotxoXax-

de nouvelles charges et de nouveaux honneurs ,


pour le récompen-
V ser de sa inagniGccnce.
VI. Rome était alors divisée en deux factions , celle de Sylla , tou-
jours très-puissante , et celle de Marius ,
qui , réduite à une grande
faiblesse et presque dissipée , osait à peine se montrer. César voulut

relever et ranimer celte dernière : lorsque les dépenses de son édi-


lité lui donnaient le plus d'éclat dans Rome , il flt faire secrètement
des images de Marius , avec des Victoires qui portaient des trophées j
et une nuit il les plaça dans le Capitole. Le lendemain ,
quand on
vit ces images tout éclatantes d'or et travaillées avec le plus grand
art , dont les inscriptions faisaient connaître que c'étaient les vic-

toires de Marius sur les Cimbres , on fut effrayé de l'audace de celui


qui les avait placées : car on ne pouvait s'y méprendre. Le bruit qui
s'en répandit aussitôt attira tout le monde à ce spectacle : les uns
diraient hautement que César aspirait à la tyrannie, en ressuscitant
des honneurs qui avaient été comme ensevelis par des lois et des
décrets publics : que c'était un essai qu'il faisait pour sonder les dis-

positions du peuple , déjà amorcé par ses libéralités , et pour voir ai


, , , , ,

VIE DE CESAR. 23
lellemcnl, que chacun
Çïj-elv xaivàç /*4v àpxôti » chercher sciil de nouvelles charges ,

xatvàç Ô£ Ttu'iî, soil (le nouveaux honneurs,


aTç à^ci'|atvTO aùrov. par lesquels ils récompensassent lui.

VI. Auelv Si vriveav VI. Deux factions


étant dans la ville ,

Ti^iî /iiv àwo S'j//« l'une de Sjlla


ivvaixi'/r^i fj.iyac pouvant beaucoup,
T/f; Ô£ Maptav^^ l'autre de-Maiius
^ rdre xare7rT/5;«;ît laquelle alors était consternée
KXÏ 5li9TtX9T0, et était dissipée,
npÛTT0\J7X yO/ilûf, T«7T£tvà faisant tout-à-fait humble /j/jirtf.
^ouXo//Jvoî ofjxppôjvat César voulant fortilier

Kx\ itpoxyayiiOxi rxxjTcv et relever celle-ci

ivrxTifdorifjilxiiàyopxjofj.i/.uTi dans les libéralités de-son-édilité

ayant Ic-plus-haut-dcgré
ÎTtotïJTaro xpu^a (it-fairc secrètement
clxdv»; filxpîo'J des images de Marius [phées,
Ax\ Nfxaç rpo-nxtofôpovç ,
et des Victoires portant-des-lro-
Xi fipoiv vu/.rèç lesquellos portant de nuit
iviffT>3ff£v tii TÔ E.xniT(!tlioj. il dressa au Capitole.
'A/*a 0£ hfJ-ipx Or avec le jour
reflroi de l'audace
Toû xvxdhzoç de celui les ayant placées
io-j^e TOJç Osxjxfiivovç s'empara de ctux ayant vu
navra pLxp/xxipovzx X/^uj&i toutes ces choses éclatantes d'or
xal xaT£TX£uaî/x£va et travaillées

Té;(vy7 TTî^CTTÔiî avec art merveilleusement


( ûi«5»5ioy ôc ypx/j.<xx7i (et elles indiquaient par des lettres
Tx xx7opO-JtfjLX-:x Rifièpir.x]' les succès cimbriques) :

où yà^ ^v ac/;/o;* car l'auteur n'était pas incertain :

h ûi Àoyoi mpiiù'/ ruyy et la rumeur circulant vite

i^OpotÇî Travraç àv0pc^7io-J> rassemblait tous les hommes


itpà? Tyjv O'^tv. vers celle vue.
A^^à ol /xèv fSooiv 'E.xiaxpx Cependant les uns criaient César
TtoXt'zfjt'jQxi Tupavvioa, machiner la tyrannie,
•itaviffTavTa rt/iàç en relevant des honneurs
enfouis
y<i/AO(( xal coy fixai, par des lois et des décrets ,

tul TOUTO flvxi niïpav et cela élre une épreuve


24 KAIXAPOÏ BlOi.

TC(jLevov*, cl TETiOâctuTai Taïç ç»tXoTiu.Î!tt; Ot:' aOtoC xai oiiutai

Traic^eiv TOictora y.oti xaivocoatlv. O'i oè M^ptavo'i rapaOa^^^-

vavTEç auToùç , tiX/jOei te OaujxotffToi ocoi oieî»avr,<iav i;ai9vr,<

/.«\ xpoTO) xaTEÎ/ov ?o KaiTiTO)Xiov '


TToXXoîç 5à xat Sa/pya tt.v

Mapiou 0EO)(j.Évot(; oi^iv O'V r.covr,; i/fopei* xai {Acva; r^v ô Kaî-

(7ap E*pt(oaio'.ç aîpoaevoi; , 6)Ç àvTi rav?o)v a;ior t?r, o àv^,p tv;;

Mapîou cuYY£V£Îaç, ilu v a/ £•!<;•/;; ci rEp\ to'jto)v ty;<; ^o'/a?,?,

KaxXo:; AouraTio;, àv•^Jp eCiÎoxi'xwv tote aa)a7ra 'Po);xaiojv,

àvaiTTotç /.a\ xar/iYOprjTaç KaiVapo;, ETE^Oî'YîaTO to u.vy,;xo-

VSUOU.EVOV « Ojy. £Tl Y^p UTTOV'JaOK; , ECpr, , KaÎTOrp, «Xa* 7JC7,

(Ay)/avaï<; atpeî tv-jv TToXiTEiav.» 'Ette'i o* à7roXoYr,cau.£vo; Trpoç

TauTtt Kaîaap etteite Tr,v cuyxXtjTov, eti jxaXXov oî Oa'jaot^ovTEç

aÙTov ETTr^pOri^av , xai —apEXcXEuovto «xr^OEVi toû çpovr,|xaTO<

assez apprivoisé par les fêles publiques qu'il lui avait données avec

tant d'ostentation , il lui laisserait jouer de pareils jeux et entrepren-

dre des nouveautés si téméraires. Les partisans de Marius, de leur

côté, s'encouragoant les uns les autres , se rassemblèrent en très-

grand nombre et remplirent le Capitole du bruit de leurs applaudis-

sements ;
plusieurs même d'entre eux, en voyant la ligure de Marius,

versaient des larmes de joie; ils élevaient César jusqu'aux nues ci

disaient qu'il était seul digne de la parenté de Marius. Le sénat

s' étant assemblé, Calulus Lulalius,le plus estimé de tous les Romains

de son temps, se leva, et parlant avec force contre César, il dit cette

parole si souvent répétée depuis : « Que César n'attaquait plus la

république par des mines secrètes , et qu'il dressait ouvertement

contre elle toutes ses batteries. >» Mais César s'élant justifié auprès

du sénat, ses admirateurs en conçurent de plus hautes espérances;


iU l'encouragèrent à conserver toute sa fierté et à ne plier devant
, , , , ^ ,

VIE DE CKSAR. 25
iitï Ttv Qiifj.ov xpofxx'iur-zàa'. vov, sur le peuple amolli-d'avance,
ti rertOâ.aevrxi ÛTto cilnoij pourvoir s'i\ a clé apprivoisé par lui

Taïç ^t/or(uiatî, au moyen des largesses,


xa> Sio<ti7i TraeÇetv el s'\\ lui accorde de jouer
xal xa(voTO,us(y rotxÛTZ. et d'innover en de telles choses.
01 oè Mstocayol Mais les parlisatis de-M;u*ius
TTxpxQv.poifJU.vTS^ aûroùi, «'élanl (Miliai'Iis ciix-mcmcs ,

»'t étonnants
0731 Tr/ïjOit cond)ien ils étaiiiit de nomltre
se numlrcrenl toul-à-coup [menls
xal xaT«T;/ov y porta el ils remplissaient d'applaudisso-
le Capitole :

Tro//o7{ os xal Ozùiaivoii à plusieurs nic'me voyant


rriv O'piv Mapt'oo la figure de Marius
Si.y.pvv. €y'j')pit Ûtto i^^ovi^i' des larmes s'échappaient de joie :

xat à Kxl7up Tjv cl César était

xipéfjisvoi .(xéyaî iyAuiiioiç, exalté grand parles éloges,


ôii àv/;o îr/j comme-fpidi cet liommc était
àvT( TrâvTCJV a^to^ au lieu de tous digne
''^î ffuy/îvefaç Ma/st'ou. de la parenté de Marius.
r»îî oè j9o'ji-^i sv-JxyOiiiéf^ Mais le sénat s'élanl assemblé
nipi toÛtwv, au sujet de ces choses
Kâr/o; AouTârto^, Catulus I.utatius,
àv/;^ TOTî êjooxi^a'ijv homme alors étant estimé
^XÂiirx Voi/ixidJ-j le plus d'entre les Romains,
XVXGTXi s'élanl levé
/aï xxzn-^opr,7Xi ¥iv.Î7xpoi, et ayant accusé César,
prononça
t6 fÀ.vr,tjL0-Ji\j6iJLS-J0v' ce mot mémorable :

« Kaïffs:^ V^t/î» 65/;, * César, dit-il

'î|5îï T/JV Tro/tTîtx.» attaque le gouvernemcnl


ovx en uTtovd^uocj non plus par des mines
z/).à i^'j>3 fJLT^yx-Jxî^. » mais déjà par des machines. »
EttîI ôé K.ai!rap Mais lors(pie César
s'élanl défendu sur cela
muai Tr,v ffJ-/x/>;TOy cul persuadé rassemblée,
0Î Oau^ui^ovTîj aùxo» ceux admirant lui

tn»i/36»37av crt /xâ//ov, s'exallércnl encore davantage,


<at Tta^oîxe/îJovTo el ils /'exhortaient
a ne se relâcher devant personne
,

20 KAIIAPOÎ BI02.

O^picrOai •
7:avT0)v é/.cîvTi to) or'jxo) îrtpitctsOai /.ai Trpw-
y«P
reuaeiv.

VIL 'Ev ÔÊ TouTfo xai MeTtXXou tou ^pyrep^M^ TeXevTT,-


cavToç xal r^v Upoxr-jvrjV 7repttxa/r,T0v cr-^av 'lo-aypixovi X7i
KoitXou jXETi^vTOjv, iTri^avECTa-rtov àvopwv xat u.eyt^'fov £v ôou)y,
ouvau.£vo)v, ou/ OtteÎçev aoTOÎç 6 Kaîorofp, <x).)A xaTaCiç ei; tov

ô9)u.ov àvTiTTapy'YYS^^-'-' • 'Ayyojtxa/.O'j oÈ Tr,ç cttouv?,; ^ivo;/e-


vTjÇ, 6 KaT).0(; àro iaôÎ^^ovoç à;îa; u.5a).ov oppoKtTrv rJ;v dtov^ô-

TTja, 7rpOG-£7r£|r]/£ rsiOojv cit7T07TT,vai tÔv KaiTipa ttjç çO.oti-

ixiaç lîci TToXXoîç yprjixotaiv. '0 oï xai ttaeio) TrpoaoavEiTaw-fvo^

£cp7) ûiaYO)vi£Î(70ai. Tr,; 8' -/KxÉpaç ivtrzfxcrrfi xat tt;ç (X7)Tpôç È-rri

Totç 6upaç aCiTov ojx dôaxpurl TipoTrcairouirr,; , aTTraTa;xcvoc;

auTv^v • « 'il y.9ÎT£p, £Î7:£ , Tr^uLspov r, àp/iôpÉa tov u'.ôv y; "^'JY^oa

o^£t. » AiEVcyOci'ar,? 0£ xyjç •j/rj'Y.O'j xai Y£''0;jL£vr,ç à;xi)7.r,; , i/.pâ-

TTjGE, xai Trapecr/E ty; So'j).r, xai toî? àpt^TOi; ï^ôôov w; Èzi Trâv
OpacutriToç îrpoa;ujv tov 8-^uov. "OOsv ot TTEpi lÏEÎcojva xoti

personne, en l'assurant que, soutenu de la faveur du peuple, il

l'emporterait sur tous ses rivaux et aurait un jour le premier rang


dans Rome.
VII. La mort de MélcUus ayant laissé vacante la place de grand-
ponlife, ce sacerdoce fut brigué avec chaleur par Isauricus et Catu-
lus , deux des plus illustres personnages de Rome , et qui avaient le
plus d'autorité dans le sénat. César, loin de céder à leur dignité, se
présenta devant le peuple et opposa sa brigue à celle de ces deu\
rivaux. Le zèle de tous les partis étant à peu près égal , Catulus ,
qui
avec plus de dignité personnelle, craignait davantage l'issue de cette
rivalité , fit offrir secrètement a César des sommes considérables , s'il

voulait se désister de sa poursuite. Mais César répondit qu'il en em-


prunterait de plus grandes encore pour soutenir sa brigue. Le jour
ide l'élection ,
sa mère l'accompagna tout en larmes jusqu'à la porte
de sa maison : « Ma mère, lui dit César en l'embrassant , vous verrez
aujourd'hui votre fils ou grand-pontife ou banni.» Quand on recueil-
lit les suffrages , les contestations furent très-vives ; mais enfin César
l'emporta, et un tel succès fit craindre au sénat et aux meilleurs
citoyens qu'il ne prît assez d'ascendant sur le peuple ,
pour le porter
, ,, , , , ,

VIK DK CKSAR. 27
dfi sa fierté :

ntpiiaivbui ycip car /ui ilevoir avoir-lc-(l<'was

xal npoiTCJ7tiv xxvtwv et devoir primer «ur tous


le peuple s'y prtîlant.

vu. 'Kv 5è toÛtw Vil. Or sur ce


xal Mî-HJiou TOÛ ctpxiiplftii el Méiellus le grand-pontife
TeisuTvjffavro^ étant mûri,
jcal 'lyau^ixoii xat KiiTiou , el Isaurii'us et Cntulu«
ocvSpôiv «TttyavïTTâTWV hommes très-illustres
x«l ôuva//îv6jv uîytsrrov îv 3oJ/v; , et pouvant le plus dans le sénat,
/zeTto'vrwv TT^v {îoûj7Ûv>;v briijMiant le sacerdoce
ojffsv •niptfi.ix't'^o^i y qui était trcs-disputé ,

h ¥iaÏ7xp olty vnel^e-j uhroXi , César ne céda pas à eux


à)Jix xarxGiî eîî ràv oôaoy mais étant descendu vers le peuple
àvTtK5C|5>577t) ).£V. il briguait-contre eux.
Or la faveur popu/a/re
©atvouivir;ç àyjjwjuiâiou paraissant égale,
ô KâT)o; Catulus
àità /ieiÇovoî àÇt'aç à cause d'une plus grande dignité
, redoutant plus l'incertitude ,

envoya quelqu'un
Tte^Owv TÔv KatTXca engageant César
à se désister de sa rivalité
èitl wo»oTî yp-fifixavi. pour beaucoup d'argent.
'O ^î é'j?»; ^'.a'/wvtîTîÇzt Mais celui-ci dit devoir lutter
itoocJavjiast/xevoç xxt 'K).eeft). ayant emprunté encore plus.
T^4 5e rifiipoiç hvTivrji Et le jour étant arrivé
xat Tv:^ /ir,rcQi; et samère
accompagnant lui
£:tî ràs ôOpaç owx àJox^UTl aux portes non sans-larmes ,

ÙTTZccnitisjOi auTi^v* ayant crnl)rassé elle :

« "û ixrJTSp , «Iwe , Tï5/JL£/S«v • mère , tlil-il , aujourd'hui


ojici ràv uu>y tu verras ton fils

)^ ùpyiepia. r, ^ijyiSx. » ou graml-pontifo ou banni. »

Tr;; ûi <{'t-^ou Sisviy_0si3r,i Or le suQrage ayant été porté


xal â/ft/XXr^; 7r.io/ji(v)f;{ el une contestation ayaat eu-lieu
il l'emporta ,

xal Ttxphyt foto-* et inspira de l'effroi

rf, ^oui»î xal TOÎç à/sfffrotî au sénat et aux nobles


comme devant exciter le peuple
28 KAUAPOX IJIOI.

KatXov r,Ti(ovTO Ktxep«ov7, ^£i7a;xîvov Ka'!7ap.<>; iv toîç Trtpl

KotTiXivotv )a€i>iv T:i^rt.r:-fy^-zn\. 'O fip cr, KctTiXîva;, oO {iôv-vv

T^v TToXiTciotv (xcTCfGaAeîv, àXX' ^TjV àvcXeiv t^,v f^Y^i^^^^'*^ y-'»

TT'îcvTa TOC TTpaYfAaTa CKi^/ioa 5i«vor/j£tç, aôro; uiv £;£7r£<;e

TrepiTTraicaç eXocttotiv tXeY/oi;, Trpô tou -riç liT/'x''3ii^ ai»TO^

pouXiç à-rox7).'j:pOy;vai' A/vtXov ûî /al KeOyjYOV £v tv^ rroy.E»

SiaÇ^ycu; àTTsXiTrE -rvii; cuvcoixo^ia;, oi; tl uÈv xpu^a r.r^ii/i ti

Oapco'jç xai SuvdttjLEtoç 6 Kcâaap aor,Xo; £<yTiv Iv 5È tt; ^ouXrj

xaxà xpocTo; i^iki^/^^^'^^"* '^'^^ Kixepojvo; tou uraTOU y^'^^^u-siÇ

SptfJTtOVTOÇ TTEpi XoXotffEOiÇ EXaCTOV, oî (JlcV a)^>oi {J-E/pl Ka'Ç7poç


6:<va-oijv exeXeuov *
6 Zï Kaicap àvasT^ç Xovov oir,XO£ ttî ipov-

T'.çyaÉvov, wç 'XTTOXTEÎvcti LtÈv à/.piTO'jç avopaç a;io)uaTi xai vÉvei


Xaarpoùç où ûox£Ï Trarpiov où^s Sixatov Elvai , txr, u-ETa ttîç

IcryàTr,? àvaYt'/jç* £Î oz ^poupoîvTO oeOevte; iv ttoXeci tt^ç 'fTa-

atix plus grands excès. Ce fut alors qne Pison cl Catulus blâmèrenl
fort Ciccron d'avoir épargné César, qui avait donné prise sur lui dans
la conjuration de Calilina. Celui-ci avait formé le complet, non-seu-
lement de changer la forme du gouvernement, mais encore d'anéan-
tir la république et de détruire l'empire romain. Dénoncé sur des
indices assez légers , il sortit de Rome avant que tous ses projets
eussent été découverts; mais il laissa Lcntulus et Célhégus pour le

remplacer dans la conduite de la conjuration. H est douteux si César


encouragea secrètement ces hommes audacieux et leur donna même
quelques secours ; ce qu'il y a de certain , c'est que ces doux conju-
rés ayant été convaincus en plein sénat par les preuves les plus évi-
dentes , et Cicéron , alors consul , ayant demandé l'avis de chaque
sénateur sur la punition des coupables, tous opinèrent à la mort,
jusqu'à César, qui, s'étanl levé, fit un discours préparé avec le plus

grarvd soin ; il soutint qu'il n'élait conforme ni à la justice , ni aux


coutumes des Romains, à moins d'une extrême nécessité, de faire
mourir des hommes distingués par leur naissance et par leur dignité,
sans leur avoir fait leur procès dans les formes; qu'il lui paraissait
plus juste de les renfermer étroitement dans telles villes de l'Italie

que Cicéron voudrait choisir, jusqu'après la défaite de Calilina;


, , , ,, , ,

Vn: I)H CESAK. 29


iirl Ttâtf ô(î»JWT/JTOÇ. uu cuiiiblu (Je l'audace.
D'uu ceux étulU auluur Je l'isun
xxl Kâr/ov el du Caluluâ
accusaicdl Ciccrun
qui avait iiic'iia^ù Césur
jtxfj'xa/^ôvroi J.xor,v lequel avail donné pribe
iv TOïi TXipl RxTtXhxv. dans les ujfuircs de Caiiliu;i.

O yàp 0/) K.aT(/tva(, Car ccrles CaUliua


o(xvo/]4<i( où fiôvov ayanl résolu iiun-t>euicineul
[lexaCaXeîv triv TïoXtxeiav, de tiiau^LT le youserueuioul, [lière

àÀÀa àv£/.eiv Tr.v fjYe^JLOvtav o;r,v uiais de détruire la republique eu-


xal ffu/;(iat navra rà npi/iJ.'y.TX, el de bouleverser toutes les allaire»,

ilineat /acv auiTOç fut chassé il-est-vrai lui-iuèiue


nipiTtTatixaç £/âTT07iv è/r//0(5, ayant échoué [tarde moindres iodice&
Trpo ToO rà^ è j;(^âTaç j-^ouÀJci x vroO a\ant les dentiers desseins de lui

à7roxa).uyO/;vat* avoir été découverts :

à7ré/(Tic ôi èv r/\ 7rd/si mais il laissa dans la ville

èiaôd;(OUi T^iî ffuvw/iOïtaî to/»mt' successeurs de la conjuration


AsvT/ov xai KiO/j/ov Lenlulus et Céthéyus
o'j fiiv ô ILoLî^up au\<|uels a-la-véritc César
£7Tty aô/;/oî est incertain
ti izxptïx' x/sû^Ja s'il donnait secrètement
T( Os(/9aou{ xal Suvi/xsui' un peu d'audace et de furce ;

lliÀf//^OijTù)y oè mais ctux-ci ayant été coiivaiQCif.s

xarà /.pxTOi èv t^ ^ouÀip par lorce dans le sénat


xx( ToO ûnârou HLixÉ^uvoi et le consul Ciccrun
ÏO'jJTWVTOî i/.X7T0J iiilerr()L,<'anl chacun
mpi xo/x7£CJ{ sur le chàiin)cnt à injlujcr,
oî /ASv UÂJ.01 fJ^i/^pi HxiixpOi les autres sénateurs jusqu'à Gés.ir
îxi/îuov OavxTOJv" unlonnaient de Its metlre-à-morl
ôé K.aïffxp àvasTis mahs César s'elant levé
OHQ/Û* /d/ov jtfpo-jri7{Jiivov prononça un discours médité,
Wî àTIÛ/TiCVXl /xîv àxptTOuj disattt que lut;r sans-juj^emenl
S.vQpxi /a^rrpoui des hommes distini^ués
aÇi'ji^xTi xal 7ÏVCI pai' le rang et la naissance
où ôoxci fîvat ne semble pas éire
Kir^cov oùo« ôixaiov, conlornte-a-l'usajje ni juste,
la chose n'étant pas
/»«Ti Txii i^x^'f*!* «vi/xïjî* avec la ilirnicre nécessité
<( ôi ocucvTCj mais si étant cachaiues
M) RAIIAFOI blOZ.
1 Ataç, àç otv aù'oti TÀTixai Kixipoi>v, ixt/piç ot »aT«iroÀ«aT;OT;

KaxiXtvaç, CoTCpov êv eîpr'vy) xai xaO' r^<rjyii^ ".iok hA'szrAt

7 r9; pouÀy; yvcovai irap£;£i *.

VIII. OuTW 0£ T7;ç poj;jir,ç (piXavOpoiTrou 9av£{c-/;; y.at to" ).<>-

you Sovaxcoç £t:' ai-r, pr,0£VTOç , où (xo'vov o'. ^xÀ tovÎtov àviora-
p.£vot 7rpoa£TÎ0£vTO, 7toa).oI 0£ xai Twv Trpô aùroû t^ç £Îpr,jX£vaç

yva)(j.a; (X7r£i7raix£voi, rpôç -djv £X£ivou jX£T£(iTr,a«v, £(,>< lirt

Karojva to Trpayaa xai KoctXov 7r£pi^X0£. To'jtwv ol v£avixw<;

£vavTu»)Oî'vTcav, Kâ-rujvo<; û1 xai rr,v uTcovoiav âaaTÎji Xc>yo> <juv«-

TTEpEtffavToç auTÔi, xai (7uv£;avacTavT0ç l^^wjxÉvoj; , oî ixiv dfv-

ôp£<; àTToOavoujjLEvoi 7rap£ôdÔr,aav, Kaiaapi oà Tr;? ôouXîjç içiôvri

TtoXXol TWV KixEpwva cppoupouvTwv TOTE v£wv y^uvi xi ^i^r,

"T^ auvSpaaovTEç ItceV/^ov. 'AXXà Koupiiov x£ XÉ^fixai r/j xr,€£vvaj

TTEpiêaXwv uir£;aYaY£tv auxo; X£ ô Kixipwv, wç ot V£aviaxo'

qu'alors le sénat pourrait, pcodaut la paix, délibérer à loisir sur ce

qu'il conviendrait de faire de ces accusés.

VIII. Cet avis, qui parut plus humain et qu'il avait appujc de
toute la force de son éloquence, fit une telle impression, qu'il fut

adopté par tous les sénateurs qui parlèrent après lui j


plusieurs méoie
de ceux qui avaient déjà opiné revinrent à son sentiment ; mais lors-

que Caton et Catulus furent en tour de dire leur avis , ils s'élevèrent

avec force contre l'opinion de César j Caton surtout ajant insisté

sans ménagement sur les soupçons qu'on avait contre lui , les ayant

même fortifiés par de nouvelles preuves, les conjurés furent envoyés

au supplice , et lorsque César sortit du sénat, plusieurs des jeunes


Romains, qui servaient alors de gardes à Cicéron , coururent sur lui

I l'épée nue à la main ; mais Curion le couvrit de sa toge et lui donna


^ le moyen de s'échapper. Cicéron lui-même , sur qui ces jeunes gen»
, , , , ,
,

VIE DE CESAR. dl
fpovpoXvro ils étaient gardés
iv Trô/f7t rf.i Iraitaç, ihins des villes de l'Italie,
ct{ Hi/.ipu)/ ahzbiav Vxrirai, que Gicéron 1 ui-nrwiine aurai l choisres,
(li-^pi^ o'j KaTtit'vaç jusqu'à ce que Calilina
ait été vaincu
il sera permis plus-tard au sénat
de statuer sur chacun
£v tîpr,vri /xl xari r.roylx-j. en paix et à loisir.
Mil. Tîïî ci yvûi/iïjç VIII. Or cette opinion
ayant paru lelUMiienl humaine
xai roi3 /070'J el le discours [elii*

ajant clé prononcé avec-force »u;


oy /JtOVOV non seulement
0'. àvKrriixevoi (jLexàTcùTOv ceux se levant après celui-ci
se joi^naicnl-à lui,
mais beaucoup même
rôiv TT^oà aÙToU de ceux avant lui

ayuiil lé trac lé
Tà« yv'ji/xaî lip/ifiir^i , les upinions dites par eux
/utîT£7TT7jav TTpà; tt^^ î/.k'voj . se raiigtrent à celle de celui-ci ,

£Wi t6 TZpÛ.-/p.X JZtpUi'/.OîV jusqu'à ce (juc la chose arriva


à Caton et Catulus.
ToÛtwv ôi ÈvavTiwOivrwv Ceux-ci s'élant opposes
avcc-une-ardcur-juvénile
et Caton
X5C( Tuv£Trîp*i<r«irroç âl/jia ayant même appuyé à la fois
les soupçons cutitrc César
Tîj >dyw aÙTùJ, avec le discours même dit par lui

xxt ffuvâçavaïTâvTO; iprjwth'jii et s'élant élevé avec force contre lui

01 fx'n ûrApt^ rry.fi^oOrrfy.'* les hommes conjurét furent livrés


devant mourir,
:io//ot ôi Tcôv vî'jtfV el beaucoup d's jeunes gens
y/50'JfOJv7WV TOTf Kt/£^wva gardant alors Cicéron
étant accourus
(irt7)^ov ri Çi^/j '/uv-và opposèrenl leurs épétîs nues
Kaiaap< iÇtdvTt t^^î^ou).)^^. à César sortant du sénat.
A>>à Roupiuv T« iéycrat Mais el Curion est il il

/'ayant enveloppé de sa loge


v.TfÇxyaycîv* /"avoir fail-échapper ;

et Cicéron lui-uiéiue
32 KAiiAi'oï liiui.

Trpoc-tCXcJ/ctv, àvav£Ùffat, cpoCr/Jt'i; tÔv o^|xov,


r, to/ yvvo, o/.a><:

dfoixov xai Trapavoixov Tr(o6^t),o(;, ToÙto jxiv ouv oOx oToa 2ic»<

û Kixepojv, etTrep ^v ctAr.Osç, ev rôi uept r?,; OTrarciaç oùx rypot-


+£v aÎTi'av S' J/Ev OffTgpov, <î)ç âpiCTa TÔi xaipÔi xoTe Trapot-

(T/ovTi xaTà Tût; Kaicrapoç pL-}) ypr,^à;x£voç, àXX' ciTrooEiXiaaaç

TOV û^f/.ov* Grreptpuw; Trepic/^ouLEvov to-J Katcapoç. "Oç ^e xai jxet'

^Xi'ya^ ^jf/.£paç, eU Tr^v ^ouXy)v eiaEXOdvToç ajiou xa\ r.ifi wv iv

u7:o']/taiç v^v dTroXoYOUtxevou xai TCEpiTriTTTOvTOç Oopugoi;


, ttovt,-

poîç, tTTEior) TtXeiojv Tût; cuvr^Oouç èyiyve.zo tt, pouXvi xaOc^lopiiv/;

ypovoç, éTT/iXOe (xsTà xpauy-Tiç, >t*t repiECTTj tt.v «tuyxXtjTûv,

(XTracTwv tov àvûpa xai xeXeuwv à^eîvai. Aïo xai KotTOJv, cpoêr^-

Geiç p.aXic7Ta tov ex twv aTrôpojv vEwTEptcTaov, oî toj Trarrôç

U7r£xxau[xa TlX/jOouç r^cav, ev tw Kaicapi t^ç éXûioaç e/ovTeç,

jetèrent les yeux , comme pour recevoir de lui l'ordre de le luer, les

arrêta, soit qu'il craignît le peuple , soil qu'il crût ce meurtie tout a

fait injuste et contraire aux lois. Si ces particularités sont vraies , je

ne sais pourquoi Ciccron n'en a rien dit dans l'histoire de son con-
sulat; mais dans la suite il fut bldnic de n'avoir pas saisi une occasion

si favorable de se défaire de César, et d'avoir trop redouté raiTectiuo

singulière du peuple pour ce jeune Romain. Au reste, peu de jours


après, César étant entré au sénat pour se justifier des soupçons qu'on

avait conçus contre lui, y essuya les plus violents reproches. Comme
rassemblée se prolongeait au delà du terme ordinaire , le peuple

accourut en foule, environna le sénat en jetar.t de grands cris, et

demanda, d'un ton impérieux qu'on ,


laissât sortir César. Caton ,
qui

craignait quelque entreprise de la part des indigents de Rome , de


ces boule-fonx dp la multitude, qni avaient mis en César toutes leurs
, , ,, ,,

VIE DE CESAR. r>3

itç et y(av/7xo( coiiiino les jeunes-gens


le regardèrent
est dit avoir fail-un-signe-négalif,

ayant craint le peii|>le,

^ 1970Û/XÏVOÇ TOV fÔ-JOV ou pensant ce meurtre


iXbti y.ouov xat -lïxpivo/J.o^^. loul-à-fait injuste et illégal.
Oùx oToa /jiîv O'jv Je ne sais pas à-la- vérité
inotç b Ki/.ip(t)v comment Cicéron
eux iypctpe TOÛTO, n'a pas écrit cela
('ns/s :^v à)./; Os;, si c'était vrai

iv Tû Trepl T>}ç ÛTcaTJ^aç' dans le livre sur son consulat :

«tX« oi aÎTt'ai; mais il avait une accusation


tifjrspO'J t plus-tard
ùii fiii y^pfjuûfiVJOi upiirx comme n'ayant pas profilé très li! •

TÛ ït-ctAp'^ TzoLpxayô-iri to'tî de l'occasion qui se [vésenta aKM>


xarà Toû Kat'o-a^o;, contre César,
mais ayant eu-peur du peuple
it«|Otîy^oaevov ToO Kat!T«/30î qui proléi;eait (^dsar
extraorilinaircment.
'Oç ye xal Lequel peuple certes aussi
fitTX 3)17x5 Y]/xipXff après peu de jours
auTou «tT4>0dvTO5 «îç ti^v^ou>ï;v lui (Ct'var) étant entré dans le sén.i
y.xl àito).oyo'JfjLVJO\) et se défendant
ntpl ojv sur les choses sur lesquelles
?v èv ÛTro|tat5, il était en suspicion,
Xal 7rî/3lTCt7TTOVT05 et rencontrant
OopÛSoc; TTOvyjpoîç, un tumulte hostile,
ineiS/i xpô-JOi iyiyjtTO comme le temps devenait
TtXtiùiV TOO ffUVïjÇoUÇ plus long que le temps habituel
T/J ^OU/rJ XxOî^OfJihY}, au sénat siégeant
i7t>î/0c {J.i7x y.pu^\jyi',i t entra avec des cris
xal "nepihrY} r/jv ffû'/xz/jTOv, et entoura rassemblée,
àîcatTcôv TOV i-iopx réclamant cet honniic
xal xi/«û'jjv à^sîvat. et ordonnant de le laisser-sortir.

Atà y.at Kârcijv, C'est pourquoi méiiiC Caton ,

foSïjOjii /xi/ttiTa ayant craint surtout


TÔv vtwTcpiT^uôv èx Twv àrro'ccjv, l'innovation venant àa nécessiteiiN.
iA r^JX'i ÙTtéxxxuua lesquels étaient le boute-feu
KacvTO{ ToO :c/>iOou$, de toute la multitude,
îXOvTCîTài8/iiioa;èvT(5Kxi7z/5t, ayant leurs espcrances en César,
Vl£ Dl CiftAR. 3
84 KAlïAPDS IMOI.

Iiretffe t?iv (r^fyXr^Tj'i a7rovcI[xai ciTr,pt(jiov a^ToU lajxf|vov, il

ot» 5x7ravr,<; (jiiv iTcxaxoffiai* Trevn^xovTa |xuptaîiç hit^jciontpaa-

eyi'vovTo toï; dtXXoiç dvaXoijxaai. Tôv (xevToi [i^y*^ ^^ "^y '^'"

po'vTt ':po6ov i'yCi(7i rEpicpovw; to 7ro).("r£Ujxa touto, xai to ititl-

CTOv àrep57i;£ t9;c; KaiTapoç SuvdtixEO); xoti SiETXtoa^Ev £v xaipo),

CTpa-:r,v£lv ttÉXXovTO^ xa\ cpoCeporrepou 6ii Tr,v dp/r,v Ôvtoç.

XI '. '0 6£ Kaîaap euOùç (XTroTT)? (TTparrjY^^; twv ^TrapyiSiv t))v

I6r]piav* Xa6(uv, w; r,v SucSiaôerov aiiTO) to Trepi xoùç oavticr^ç,

evo/XouvTaç e;iovTi xai xaTaêowvTaç , Itti Kpa^raov xaTÉ^uye,

TrXouaiojtaTOv ovxa 'Poijxafoiv, ôeouevov Ss tv,; Kaiçapoç (Jxuirç

xa\ 6tpaoTr,TO<; £7ti tvjv Trpo^ TToaTrr'ïov ovTiTroAiTEiav, 'Ava^sça-

fx^vou Ô£ Totî Krxcffou Toù; [jLaXi(rra yaXexoùç xa\ à-rrapamiTOo^

Twv Sav£i(7Twv, ya\ SiEYyuT^ffavTo; 3xTQtxo<riwv xal Tpiaxovxa ra-

cspérances , conseilla au sénat de faire tous le» mois à cette classe


du peuple une distribution de blé, qui n'ajouterait aux dépenses
ordinaires de l'année que sept millions cinq cent mille drachnDCs.
Cette sage politique fit évanouir pour le moment la crainte du sénat;
elle affaiblit et dissipa même en grande partie l'influence de César,
dans un temps où l'autorité de la préture allait le rendre bien pins
redoutable.
XI. César, aussitôt après avoir obtenu la préture, fut désigné par
le sort pour aller commander en Espagne. Ses créanciers, qu'il était

hors d'état de satisfaire , le voyant sur son départ, vinrent crier apref
lui et solliciter le paiement de leurs créances. II eut donc recours à

Crassus, le plus riche des Romains, qui avait besoin de la chaleur

et de l'activité de César pour se soutenir contre Pompée , son rival

en administration. Crassus s'engagea envers les créanciers les plus

difficiles et les moins traitables pour la somme de huit cent trente

talents* César, dont il se rendit caution , fut libre de partir pour son
,, , , ,, ,

VIE DE CESA.R. 36
ZTism rr.v aûyxi>jrov persuada l'assemblée
ànojtïfixt auToT; de distribuer à eux
airr,pl7L0j i/xixTnyov ,
unc ration mensuelle
tÇ oZ par suite de laquelle
iitra.K63ixnt:vTr,/.ojrx fx'jptÛQei sept-cent cinquante myriades
2v(a07(a( Suitivrjç annuelles de dépense
TXp07tyho-JTO s'ajoutaient
zoïç ûXXoii xJxX'Jtfi'xai. au\ autres frais.

ToOto fihroi TÔ Ttoitrev/jio Certainement cette mesure poliliquf


cleij,'nil rfin.irquablenienl
TOv fii/xv <f6Zo-j la grande tcireur
dans le moment présent,
xxl ànipp/}^! Axl JieTxioaffc» et brisa et dissipa

<v xxipci à propos


t6 TtXctOTOV la plus grande partie
de la puissance de César,
/liÀiovTOj 7rpxTr,ytu qui clail-sur-le-point d'ètrc-préleur
xal ovTOî ^foZsp'jiripov et qui était plus redoutable
ûti Tr;v oLp'/j^v, à cause île sa charge.
XI. 'O oi ILxl'sxp \l. Mais César
«ÙÔÙ5 àîrà T<[î arpxT/i'/ixi aussitôt après la préture
XxZù-j Tr,v \Zr,pix-J ayant rc^u rKspagne
TÛv i-:ixpyi€iv d'entre les [)rovinces ,

comme Vajfaire avec les créancier»


2vo^).oûvr3t5 èÇidvTt qui gênaient lui sortant
XXt XaTXoOWVT3(5 et qui criaient-contre lui
rjv aurai ôusotstO^TOv était à lui dillicile-à-arranger,
y.xzi'^'jyî-j ètiI Kpx7<T0v eut-recouis à Crassus
qui était le plus riehc des Uomaint
et (|ui avait-besoin de rinlluence
xx\ 0!pij.6-:r,roi ¥ixC7upoi et de l'ardeur de César
»iil T/,v àvrtTO/iTtt'av pour sa rivalité-polititpic
itjoàî IIo^u:rv:iov. avec Pompée.
ToO-5j Kpâ-7oy àvxoi^auivov Or Crassus s'étanl chargé
TOjç /i'i/icra /x/îaoji des plus dilliciles

xal àîrapatTïÎTOUç Cl intraitables


Tciv ôaveijTwv des créanciers ,

xxl ôt«77Uï57xv70> 3/.Taxo-iwv et s'éiant-engagé-pour huit-cents


xal rptâxovTa raictvTwv, et trente talents,
i\iiXOiv otrw; tTrl rr.v l-::xpx^xj. César partit ainsi pour sa province.
36 KAiiAPOi moî.

XavTo>v, oCtojç £;r,)/j£v £7r'i t^,v £7:otp/iav. A^y"** ^K '^c'AXTrttç

oTTcpêaXXovTOç aÙToU, xa\ ttoXi^viov ti {5apÇapixbv,oîxo'ja«vov oir'

àvOpoJTTO)'/ TravTaTraoriv (î)viYO)v xotl Xurpov 7rapepyo;xEvov», 'zrrj:

£Taipo'.>ç à'aa yÉ^^wti xa\ [XExi Tratoia;* « IIttou, -^avat, xavTaÛOcf

Tive'ç stGiv uTrèp àpy wv cpiXoTiaïai xai r£pi rrpwTEioiv a-xiXXai /.ai

çOovot Twv 8uvaTtov7rpoç àXXy^Xou;; » Tôv o* Kai^apa CTTOuoaçavTa


Trpoç auTOÙç eÎTrsïv « 'Eyw [J-ly ISouX<$iJLr,v Ttapà toutoi; Etvai

aaXXov TcpwTOç v'j t:» pà *Poi[i.aîoi(; SfUTEpo;. » 'Oaoïo)? 0£ -ttoiXiv cv

'16r)pta, cyoX^; oucTiç, àvaYivwcrxovra ti twv 7r£pi 'AX&^avopou

YcYpau.[X;'vojv, c7^oopaY£V£<;0ai7rpO!; lauToi zoXùvypovov, Eka xa\

oaxptiaai* twv oi ^l'Xojv Oau|Jia7avTO)v r^jV aiTiav, clrslv « C)j

ôoxsT uaïv à;iov îîvai Xu7rr,<;, ei r/jXixouTOç asv wv 'AX£;avopo!; r,OY;

TOso'jTtov iSaffi'XcUEv, £U.oi û£ XaaTTpov ouSev ouTTOi 7T£7:paxTai;»

Ail. !•/;(; vo'jv lor.piaç î-ioa;, e'jOu^ r,v evîpvo:;, oj7'J '/iiAî-

gouvcrnemcnt. On dit qu'en tratersant les Alpes , il passa dans une


petite ville occupée par des Barbares, et qui n'avait qu'un petit
nombre de misérables habitants. Ses amis lui ayant demandé, en plai-

santant, s'il croyait qu'il y eût dans cette ville des brigues pour les
«ùiarges, des rivalités pour le premier rang, des jalousies entre les
citoyens les plus puissants , César leur répondit trcs-scricusemcnt
qu'il aimerait mieux être le premier parmi ces Barbares que le second
dans Rome. Pendant son séjour en Espagne , il lisait , un jour de
loisir, des particularités de la vie d'Alexandre; et, après quelques
moments de réOexion, il se mit à pleurer. Ses arais, étonnés, lui en
demandèrent la cause : « N'est-ce pas pour moi , leur dit-il , un juste
•I sujet de douleur, qu'Alexandre , à l'âge où je suis , eût déjà con-
M quis tant de royaumes, et que je n'aie encore rien fait de mcmo-
« rable ? >»

XII. A peine arrivé en Espagne il ne perdit pas un moment , et en


, , , , , ,, , ,

VIE DE CESAR. 37
Aév(T«( ôÉ Kl il est dil,
altroû ûnepoû).}.ovTOi t«î 'A/tij lui rrancliissanl les Âlpcs,
xa.1 TZxptpyofiivQM et Iravcrsanl
tI Tcoii^viov ^oipZxpixh-j certaine pclilc-ville barbare
oix.o\jfjitvo-j Ûtto OL'iOp'M-K'jyj Jiabiiée par ik's hommes
irxjTot.na.aiv oXiyb)'/ loul-a-fail peu-nombreux
*ul XxjnpàVf et triste
Toùç iTuipooi â.fJLOc yi\uTi ses compai^nons avec rire
Xa( /XtTÙ TlCClOlXi' et avec plaisanterie:
• 'IIttou, ^scvai, « Certes , avoir dil,
/.aï îvTaDOa est-ce-que mémo ici

sont quoUjuos rivalités


UTtip àpyôj-j pour des charges
XXI âfH/.AXt TXepl TrpWTît'ùiV et des contestations pour primautés
xal ySdvoi TÔiv ûuvaTùJV et des jalousies des puissants
les uns contre les autres? »

Tov û£ RxiTapa (TTrou^âffavra Mais César ayant parlé-sériousemctit


ctTrêïv TT^oî aÙTOû^' avoir dit à euv :

« Eyw fiiv è6ou>ô/AY;y /i«//cv « Moi certes je voudrais plulAt


«ivat irpÛTOî Tia^à to JTOt^ être le premier parmi ceu\-('i
>; oiÛTipOi Tiupx Pwuxi'otî. »»
que le secoml parmi les Uinuams.
Et senjblablement de nouveau
iv I8*;pta en Espa^'HC
ffXO^"^« 0Uff>3î , du loisir étant à lui

àyayivûffxovrâ Tt b'sanl queUjue chose


TÛv •/£ypx//^ui£vwv de celles écrites
7t£/3t 'A/iÇâvÔpOU , sur Alexandre
yevéyôai a^ocpx itpbi îaurùi avoir été fortement en soi-même
ïroiùv ypoJTv , un long temps
elra xaî C'x/puzxC puis aussi avoir pleuié :

et ses amis
6avi/xaffâvTWv tt^v ulrixv étant étonnés du motif,
«îirîïv* « Où 5o/£t ûjUîv avoir dil : « Ne semble-t-il pas à vous

clvai âÇiov /ûnr,> »


être dijj'iie dcî cliat;rin

si Alexandre d'une part


iv T>j).ixoyTo; étant de-cct-âg(î
kCaff^fUÏV î)$^ TOffOWTûJV ,
régnait déjà sur tant de pciiplrs ,

ouccv ô( Xa/iTtpôv et que d'autre part rien d'éilataiii

ouitu irén/5a/.Tai èuoi; » n'ait encore élc fait par moi? »

Xil. Entêàf yoOv XII, Du moins ayant mis-lc-picd


,,

38 KAISAP02 RIOZ.

pat< oX^yatç Sexa <T7rsipa<; (TuvayotYïîv upoç ralç Trp^^Ttpov o^at/;

etxoat* xa\ (jTpaTeoTaç ^tti KaXXaïxobç* xa\ AouaiTotvou;, xpa-


Tr,aat, xcà TrpoeXOEÎv a/pi tt); ^w OotXaa7T|;', t^c fx-Jj Trpoitpov

uTraxouovxa 'Ptoaa^OK; eOvrj xotTaTTpc'^otxcvoç. ©suir/Oî 5è ri

Tou TroXsjxou xaXtoç, où yêîpov iêpaÇeuE xi r7,ç Eipy/zr,;, ôao-

voiav T£ xaîç tto/vEci xaGiaTa;, xai jxaXiTTa xi; xwv y '^umoik-^


Xetwv xai cavEKjTwv ttottEvoç cia^opaç. "Ktoiçe y^P "^wv TrpoT-

lovxoov ToTç ocpêiXouai xaO' exocctov ÈviauTOv ouo aev (Xcpr, tov

5av£i(7T-^jV àvaipEÎGOai, tw ûe Xoitco) ypY;aOai xbv oecttoty.v,

aj^piç av oîÎtwç exXuOyî to ôavEiov. 'Et:i toutoiç eÙ5oxiu.ôjv àirr,).-

Xoty/j t9)ç iTcapyiaç, «utoç te TrXouaioç yeyovwi; , xat touç (TTpa-

Tioitaç (î)^£Xr,xw(; aTTO xwv axpaxTjYiwv, xa\ 7rpoffr,Yop£uaîvo<;

QtUTOxpaxojp utt' auTtov.

XIII. 'Ettei ô£ toÙç ;xlv {jLVwuLEVouç OpiaaCov £;w ciaTpîoctv

£^£1 , xouç Se tjLExiovxaç uTraxEiav Trapovxaç Iv xvj 7to).£i xouxo

peu de jours il eut mis sur pied dix cohortes, qu'il joignit aux vingt
qu'il y avait trouvées : marchant à leur tôte contre les Callécicns et

les Lusitaniens , il vainquit ces deux peuples , et s'avança jusqu'à la

mer extérieure , en subjuguant des nations qui n'avaient jamais été


soumises aux Romains. A la gloire des succès militaires il ajouta

celle d'une sage administration pendant la paix; il rétablit la con-


corde dans les villes , et s'appliqua surtout à terminer les diCTérends

qui s'élevaient chaque jour entre les créanciers et les débiteurs. Il

ordonna que les premiers prendraient tous les ans les deux tiers des
revenus des débiteurs, et que ceux-ci auraient l'autre tiers jusqu'à
l'entier acquittement de la dette. La sagesse de ce règlement lui

fit beaucoup d'honneur; il quitta son gouvernement après s'y être

enrichi , et avoir procuré des gains considérables à ses soldats ,


qui
avant son départ, le saluèrent du titre d'imperator.
Xlll. Les Romains qui demandaient l'honneur du triomphe étaient
obligés de demeurer hors de la ville ; et ,
pour briguer le consulat
, , , , , , , ,

VIE DE CESAR. 39
rfii 'lè^ripixi cn Espagne
tltOuç Yivhepyàq, aussiiûl il fut actif,

WTT« ffuv'.</a/eïv iityatç r.nipuii au point tic réunir en peu de jourf


oixx ffîTctpaç Ttpài ratî eîy.oiiv dix cohortes aux vingl
o\jfj(x.ii itporepoV qui y étaient auparavant :

KXi ITpXTéilIXÇ et s'élaiil inis-iMi-canipagno

C7rl Ka^>x(xoù$ contre les Calléciens


xai Ao\i9iTxvo'\Ji, et k*s Lusitaniens,

npxrri'jot.i , xal ifpotAdtîv les avoir vaincus , et s'être avancé


jiiscju'à la nuT du dehors,
KUTa7rpsfàfj.fjOi ri. iOvy) sul)jui;uanl les nations

fi-^ unuKoiiOvrx itpovspov n'étant pas soumises auparavant


Pbi/xx(0(;. aux. Romains.
Qé/xevoi S's xx>û{ Mais ayant arrangé bien
rà Toû TTO/é/AOU les ùffuires de la guerre
owx ièpsL^iui -/^tlpov il n'administrait pas moins bien
rà rfii sip-^'jTjif celles de la paix,
xaOïTTaîTe et établissant
bfiôvoixv xatç TiQÀiai , la concorde entre les villes,
xal juâ/ivTx iû/Mvo; raç oia^opà^ ct surtout guérissant les diUcrends
Tùv ;^piWjj£i/£Tciiv /.al ûaviiffTwv. des débiteurs et des créanciers.
'EraÇf yà/î tov /zev oav«iJT»;v Car il régla d'une pail le créancier
àvac/oîïîOatxaTiêxayTovivtauTov prendre ])ar cha({uc année
$vo {Jitpn deux paris
TûJv irpo'Jtovrctiv xoïç ôyet/ouai des biens revenant aux débiteurs,
TOV 0£ oiznoTyjv et d'autre |)arl le possesseur
XpflvQxi TÛ '/otitû f se servir du reste de sa fortune

â-XP*'
"^^ oâvsiov jusqu'à ce que la dette
àv i/.'j.\)()ri ouTw^. fût acquittée ainsi.

EÙÔOXl/iÛV iltl TOWTOCÇ Estimé pour cela


il sortit de sa f>rovince,
aitroi T£ 7£70vgL»5 tt/oûtio^ , et lui-même devenu riche,
xai ôife'ÀrjKùii Tovi rzpxTiÛTXi ct ayant aidé ses soldats
àltO TCÔV <JTpxTy]-/iûv , du produit de ses commandements
xai npo'7r,-jopi\jp.ivo^ Ùtto aùrcôv et ayant été proclamé par eux
«UTOxpaTWp. impcrator. [côlé
Xlll. EtTsI OÏ éôît /i£V XIII. Mais comme il fallait d'un
Toùî /ivw/jiévouî QpixiM&ov ceux as|)irant au triomphe
Sixrpi^tiv cÇw rester hors de la ville
TOj; «îè yCTtévraç ùiraT«iav et de l'autre ceux briguant le consulat
,

40 KAIIAPOZ BI02.

TCparrciv, ^v TOiauTY, Ycyovwç (XVTivou.ia, x'/i rpôç aCitiç Ti<

aÎTOujxevoç «ùtw ooOrjVai TrapayyeO.Xeiv elç GTraTtiotv i-rrovri cti

TWV (pl).0)V. KaTOJVOÇ ùï ICp'OTOV piv iT/Upl^Otx/vOO TW VOU.W


TTpo; Tr.v àçi'waiv, EtTa , d); £u)pa ttoaXouç TtOtparEuaEvcruç Orrô

Tou Kat-japo;, l/.xpojaavToç tw ypovw to irpaYiJ^ît scoti Tr,v rj'xé-

pav Iv TW ^eyeiv xaTaTpi'|/avTo;, if^^tû tov ÛpiaaSw à'^Eti; o

Kaïatzp e/egOoh t/jÇ uTraTEtaç* xai TrapeXOwv e'jOo;, Cro^uîTai

TToXiTEU'jLdt Ti TTavTaç àvOpojTToui; I;a7:ar7,cav TrXfjV KaTO)v&ç.

Hv Si TouTO ôiaXXayy) HoiLTzrttoxj xai Kpdt^jcou, twv (xe^icto/

£v TV] TToXei SuvttfXc'vwv otç cuvayaywv ô KaTffap eîç oiAt'av £/.

ôiacpopaç, xa\ r^^v (XTr* àp^poîv cuvEVEYxaaevo; tcyuv eÎ; lauTov,

Epyw (piXavOpoJTCOv e/ovti 7tpoa'/;YOp'!av e).aO£ jj-ETo^r/saç ttjV

TToXiTEiav. Où Y^tP) wç oî ttXeïgtoi voy.iî[ou<7iv, r Kaicxpo; xa''

IIotxTrrjiou ôta^opà xoù? EacpuXiouç (XT:£ip*'a<7aT0 ttoXeixo'j;, aXXà

il fallait être dans Rome. César, arrêté par ces lois contraires , car
on était à la veille des comices consulaires , envoya demander au
sénat la permission de solliciter le consulat par ses amis , en restant
hors de la ville. Caton , s'appuyant sur la loi , combattit vivement la

prétention de César; mais, voyant que celui-ci avait mis plusieurs

sénateurs dans ses intérêts , il chercha à gagner du temps , et em-


ploya le jour entier à dire son opinion. César alors prit le parti
d'abandonner le triomphe et de briguer le consulat. Il entra dans

Rome, et fit une action d'éclat, dont tout le monde, excepté Calon,
fut la dupe : il réconcilia Crassus et Pompée , les deux hommes qui
avaient le plus de pouvoir dans la ville. César apaisa leurs dissen-
sions, les remit bien ensemble ; et par là il réunit en lui seul la puis-

sance de l'un et de l'autre. On ne s'aperçut pas que ce fut cette

action , en apparence si honnête ,


qui causa le renversement de la
république. En effet, ce fut moins l'inimitié de César et de Pompée
comme on le croit communément ,
qui donna naissance aux guerres
, ,

VIE DE CESAR. 41
faire cela

1tXf.6-JTCt.i èv T/J 7td>£t , étant présents dans la ville,


ycyovwç Èv TOiaÛT»j àvTtvo^a^a se trouvant dans un telconllit-de-lo j

et élanl arrivé

à l'époque dos comices consulaires


uuTÙi, t-rzîfipfnpài rr,v axiy/.j.r.To-j eux-iiiéines, il envoya au sénat
«iToOufvo; ôoO^vsci aÙTù ànovri demandant élrc a(;cordé à lui absent
7rapxy76//îiv de se-mcllrc-sur-les-rangs
ei^ ÙTzxreixv pour le consulat
oix TCÔV yt).wv. par-rinlermétiiairc-de ses amis.
KxT'jjvo; ûè n/sùTOv fi'sv Mais Calon d'abord
iffyypi^oijiho\J Tù vduw sc-faisant-fort de la loi

îT/îOi T/;v «Çt'wTtv contre cette demande,


cira, wî «i!(p3t noÀioùi puis, connue il voyait plusieurs
TeOepaTiîu/iivouî ayant été gagnés
par César,
£/x^oJîavTOiTùx/50''w TOTT/sây/iz ayant dilléré par le temps l'alfairc

/«i xararpif avTOî tïjv r)ixipv.v et ayant consumé la journée


iii Ttjj ).£y£tv, à parler,
i E.xl73t.p iy-jot César résolut
kftli TOv Opix/xtov laissant-dc-côté le triomphe
d(ï s'allachcr au consulat :

xai nxpùf^Cif «jOùj, cl étant venu aussitôt,


ùno^uïTaf Tt no>iTey/Aa il machine une mesure-politique
î|a7raT/;7av 7râvT«î àvOpûrcovi qui trompa tous les hommes
excepté Caton.
ToOto Ô£ t]v ôia).).a7TÔ Or cette niMHreétait la réconciliation
no,u:r/;iou /aï Kpiaffou d«* Pompée cl do Crassus,
TGJv 5uv«//ivwv/x£yi7T0v qui pouvaient le plus
«V T^ itdÀfi* dans la république:
o*î h ^xl'jy.p ffuvayaywv lesquels César ayant ramenés

i/. ôiayopâî etç ^i/i'av, de dissension en an)itié,

xal ffuvjveyxâ/xfvoî eiç éauTÔv et ayant reporté sur soi-même


Tiiv î<T/ùv aTTÔ àix^oïy , la puissance di^ tous deux ,
«iaOe /xeTaffTvjîXî fut ignoré ayant renversé
le gouvernement par un acte
»/ovTfTrco5»)yoûtav ytiâvOpojTTov. qui avait nom d'-humanilé.
'H yùp èiayopà Car le dilVérend

E^aiaxpoi xal IIo/x7r»jfou de César et de Pompée


eux àiici/s7«caT0 ne produisit pas
,

42 KAiïAPOz nios.

(xaXXov f\ çpiXta au(TTavTU)v iiTi xaTaXo-yei r7,ç àpi<jTOxp«Ttaç to

TrpwTov, ElTa oÎÎto) xai rpb; àXXT^Xou; ciaaxavTwv, KaT(»>vt et

TToXXaxiç T^ 'XEAXovTa TtpoOeffTriJJovTi 7:£pi7;v cu«7y.o)vOV (xlv iv-

ÛpojTrou TOTE xoti TroAu-Trpctyjiovoç , oiTEpov oi '^povitxo'j alv, o^x

EijTuyo*j; ôl (jutxÇo'j/.ou XaCsiv 5o;av.

XIV. Où pLYjv àXX' ô Kaï(7op Iv (ji£(70) TT^ç Kpatc'joo xai

no|X7rr,iou cpiXiaç ôopu:popou|Ji.£Voç , ettI ttjv OraTEiav 7rpor'/0r,

xai XatjLTrptoç otvaYOpEuOElç uet^ KaXTroupviou BîG-ou, /.ai y.7Ta-

ŒT^ç eÎç t-),v àpyvjv, euOo; eldE'^EpE vo'tjLOUç où/^ uTraTw rpoT/;-

xovTaç, àXXà Srjii.ap/(o tivi OpaouTarw, Trpo; r,ûovr,v twv tto/j'iwv

x),7]pouyiaç Tiviç /lopaç xa\ ciavoai; EtcrjYOuaevo;. 'Ev os tt

3ouXy) tcov xotAcov TE xàYaO<ov avTixpo'j'TavTOJv, TaXat ceouevo!;

7rpocpà(7cO)ç, àvaxpaywv xai [xapTupaaevoç wç ei; tov cy-;jlov

axoiv E^tXauvoiTO , OEpaTTEuawv exeïvov Iç àvarxr,? uoçei xai

civiles ,
que leur amilié même ,
qui les réunit d'abord pour renverser

le gouvernement aristocratique, et qui aboutit ensuite à une rupture


ouverte entre ces deux rivaux. Caton ,
qui prédit souvent le résultat
de leur liaison , n'y gagna alors que de passer pour un honomc diflG-

cile et chagrin : dans la suite, l'événement le justifia; et l'on

reconnut qu'il avait dans ses conseils plus de prudence que de


bonheur.
XIV' . César, en se présentant aux comices , entouré de la faveur de
Crassus et de Pompée, fut porté avec le plus grand éclat à la dignité

de consul : on lui donna pour collègue Calpurnius Bibulus. Il était à

peine entré en exercice de sa charge, qu'il publia des luis dignes ,

non d'un consul , mais du tribun le plus audacieux. Il proposa ,


par
le seul motif de plaire au peuple , des partages de terres et des dis-
tributions de blé. Les premiers et les plus honnêtes d'entre les séna-
f
teurs s'élevèrent contre ces lois; et César, qui depuis longtemps ne

cherchait qu'un prétexte pour se déclarer, protesta hautement qu'on


le poussait malgré lui vers le peuple ;
que l'injustice et la dureté du
sénat le mettaient dans la nécessité de faire la cour à la multitude ;
, , , , , ,

VIE DR CKSAR. 43
les guerres civiles,
comme la plupart le pensenl,
kXXx fiv.)yo'j f) ftUx mais plutôt l'amitié
d'eus li''ués li'abortl

inl xxTx'/J7it ri^i xpisroxpy.^LZi, pour la ruine île l'aristocralie*


puis divises ainsi
xctl ttpbi x)Xri\oui. mdme l'im contre l'autre.

lUpii'.v oi K.âTa>v( Mais il arriva à (<alon


qui prédisait souvent
ri uîl/ovra les choses devant arriver
iaêfitv Tore ^uiv odÇa» de premlre alors la réputation
àvOpc^icou 0U7x^).ov d'un homme fâcheux
et tracassier,

MITipO-J ci JVfl&0\)).0'J et plus lartl d'un conseiller


fpovifJOM jusv , oùx £Ùtu;^oû? 5î. sage il-cst-vrai , mais non heureux.
XIV. Où fjiiiv à//à ô K.aïï«|9 XIV. Cependant César
escorté
au milieu de l'amitié
Kpâff5-ou xxl Ilo/jiTt/îi'ou, de Crassus cl de Pompée
TtjOO>{;(ô/3 èrrl t/)v ûîtartiav fut conduit au consulat,
xal àva70;s£uOcl$ }.x^tc/sm; et ayant été proclamé avec-éclat
/*«Tà Ka/TTOu^v^ou BiS/ou avec Calpuriiius iJibulus,
x«l xaT:<7Tàî eli riiv ''p//,'' » et étant entré en charge,
fùflyç el^ifspt vd/xou; aussitôt portait des luis
convenant non à un consul,
iXXx Ttvt Qr,ax.p-/^co Opx7j':'j.-:co , maisà (|uel([ue tribun très-téméraire.

proposant
Tivàî ïf./.r,po\)y_ixi •//''p^-i certains partages de terre
xal ôtavo^àî et des disliibulions de blé
wpè; vJovy;v tcjv no).X6i'j. pour l'agrément de la multitude.
Ev oc rf ,9ou>^ Mais «ians le sénat
TÔv xa/ôjy T« xal àyaOdiv les gens honnêtes et vertueux
àvTtxpouTavTWV s'élant opposés,
CAiar demandant depuis-longtemps
itpofxTeui t un prétexte
avxxpayùjv xal ij.xprvpifi.vjOi ayant crié et protesté
w« â/wv iXù.xi)-jQizo que malgré-lui il était poussé
Ht TÔV ofiflOV, vers le peuple
0C|Ox>riij7wv «xïïvov èÇ cc*xyr.r,i devant caresser eelui-ci parnéce*«lé
à cause de l'insulencc ut de la dureté
4i KAIÏAPOI BI02.
/a).£7ror/]Ti rTJç ^ouX^ç , Trpoç aùrov içcTn^îr^^e *
xai 7rcpt<rr/;<T^-

(xevoç £vO£v |x£v Kpascov, evOev Si IIojXTnîtov, ^^jpwTyjTtv el toIç

vdaouç iTTaivoîev. 'E7raiV£Îv ci «potTxovTOJV, rapexaAci fl'/r/Jeiv

Trpoç Toùç lvi(7TacOai |jL£Tà ;i:pÔ)v arsiXoûvTOtç. 'Exeîvoi ô' Gtt-

ic/vouvTO* noaTT-z-ïo; os xai 7:pocr£7r£i7r£v w; (X^i;oito rpôç t^


^l'^r, (i.£Tà TOÎJ çi'^oi»; xai OupEov xoai!^ojv. 'Etti touto) toÙ; (xev

apiaxoxpaxixooç -i^viaaEv, oOx (x;iav tyjç TTEpi aOrôv aïoov»!; oOoe


TV] Trpcx; Tr,v cuyxXriTov eùXa^Eia Trpc'rou^av, d'/Xk jj[.avtxy;v xa'i

fXEipaxico^T) ©ojVYjv àxouaavTaç" ô û£ oyjtxo; fj(i07). Kaîaap û£

[XciÇovoiç £Ti T/jç IToaTrrjiou ôuvatXEw; ETriopatToacvo; (^v yàp


aÙTw 'louXta 0'JY*TTr,p iy(v^\ir^\j.hr^ SEpouïÀiw KaiTriojvi), rauTTjv

£V£Yur,or£ IIo(7.7rrjitp •
tTjV oe nou.7r/;ioo to) SEpouïXio) ouxjeiv l^^r^•

c£v, ooo' auTr,v (xvc'yyuov où<7av, à}Ai 4>a'J(7T(o, tw il'j)7,a raiSi,

xaOw{jLoXoYrjU.£vriV. 'OXiyw 5' GcTEpov KaTcap r^Y^Y^'^ KaA-oup-


viav, OuY^TEpa Ileiffwvo;, tov oe IlEÎatova xaTÉ(7Tr,c£v UTraTov
EÎç TO (jleXXov, Ivtauôa xai ccpoSpa (xapTupojxÉvou KaTWvoç
n l)\

et sur-le-champ il se rendit à l'assemblée du peuple. Là ayant à , ses

côtés Ciassus et Pompée , il leur demanda à haute voix s'ils approu-


vaient les lois qu'il venait de proposer. Sur leur réponse affirmative ,

il les exhorta à le soutenir contre ceux qui ,


pour les lui faire retirer,

le menaçaient de leurs épées. Ils le lui promirent tous deux ; et

Pompée ajouta qu'il opposerait aux épées l'épée et le bouclier. Celle

parole déplut aux sénateurs et aux nobles ,


qui la trouvèrent peu
convenable à sa dignité personnelle , aux égards qu'il devait au

sénat , et digne tout au plus d'un jeune homme emporté ; mais elle le

rendit ircs-agréable au peuple. César, qui voulait s'assurer de plus

en plus la puissance de Pompée , lui donna en mariage sa fille Julia ,

déjà fiancée à Servilius Cépion , auquel il promit la fille de Pompée ,

qui elle-même n'était pas libre , ayant été déjà promise à Faustus ,

fils de Sylla. Peu de temps après il épousa Calpurnie , fille de Pison ,

et fit désigner celui-ci consul pour l'année suivante. Caton ne cessait


,, , , , , ,

vu: DK CKSAR. 45
du sénat
s'élan(,a vers lui :

xal tteptvrriaâ.fievoi et ayant mis-autour de lue


I

ivOiv /xîv Kpûavo^ (l'un côté Crassus


âvOev Oc IIouTCiiVov, et (le l'aulre l*uinj)ée,
I

I ripÛT-/i<:VJ il leur demanda


I
eî £Ttatvoï«v Toùj vd/zoui. s'ils approuvaient ses lois.

I
"^a7/.dvTwv Si inxi-JsXv , El eux répélanl les approuver,
I
Trapsxst/et ^o/iOsXv il les engageait à les soutenir
itpài Toùî àTtïtioûvrai contre ceux qui mrnaçaient
- ivivravOxi /jutù ?t^6jv. de s'y opposer avec l'épëe.
Exjîvot ûi ùift'jyvo'Jvzo' Et ceux-ci prumcltaienl de le faire

llofjiTf^ioi Si y.at Tr^OïîTCil-iv et Pompée mémo ajouta


qu'il viendrait apportant
y.xl 0\Jpîb-j /JLizà To'j \i'^o\)i le bouclier aussi avec l'épée
itpbi TÙ. Ii'yyj. contre les épécs.
E:rl TOJrw fxkv Pour cela certes
Ôviaoe Toù; àpKXTOxpat'.y.oJ;, il chagrina les nobles,
àxoûffavTaç ^cjvr.v qui avaient entendu cette parole
oùx àÇiav -zY.i atoou? nspi aùrèv non liigne du respect de lui-même
o\)Si izpi7(0D7xv ni ct)tivenal)le

T>î cùiaêîiat Ttpbç rr,v ffûyxÀ/îTOv, à la déférence due au sénat,


iXXêc fjL»viy.r,v xal /x- tpaxtr-jo/]* mais furieuse et de-jcunc-homme :

à Sk Sr,fX0i vî^Qr]. mais le peuple en fut charmé.


'K.CcXvXp Ôî iTllSpXTT6ff.£-J0i Or César s'altachant
in fxii^o-^ttii encore plus fortement
riii ouvâjUîw^ Uo/xnr,(o\j à la puissance de Pompée
( lo'jXlx yùp Ouyâryjp 5cÙT'7i (car Julie lillc à lui
r,v v/yv/\jr,y.vJY} était promise
2epo\>X).iu KaiTTt'wvt), à Servilius Cépion),
ivr/ûvjffs rx\>Tr,v lIouTr^l'aj* fiança celle-ci à I*ompéc :

ifT^9t Sk S'J>asiv TW Sîooul/t'w mais il dit devoir donner à Servilius


Ticv no/ATT/; fou, hxjille «le Pompée,
oyôè ouîav a'JT/;v àviy/'jov n'étant pas elle-même non-promise,
àiià xaOw,ao>.07/:/xiv/;y mais ayant été accordée
ayarw tû , Tratot iC j//a. à Faustus, le (ils de Sylla.
OXi'/(ii oc u^Tî^ov K.3tîffa^ Mais peu après César
iqyà-/«TO Ka/Ttoupvi'av épousa Calpurnie,
Buyaripx Uiiaatvoi lille de Pison
*9.Ti'Jrr,7S Si TOV Uîl'ïWVX et institua Pisou
,

46 KAI2AP0Z BIOZ.

xai poTivTo; odx àvexxov cTvai, "^ôiiioi^ 6ia|xao-rû07rtuo;iivrj; tt,;

^Y^Hi-Ovia;, xai cii y'^^*^'*'^^ ^U âirap/ia; y.ai arpariuLtaTa xai

SuvattEii; àXXr,Xouç àvTeicaYO'/TOJv. '0 |jl£V o'jv cuvap/(»)V -roo

Kaidotpo;;, BîO.o;, êttei xoAowv to-jç vojxou; o'joÎv ^TTipacvtv,

àXXà ttoXXocxk; exivOjveuî (XETa KctTojvo; £7r\ tt,;


^Y^pâ; otTToOa-

veîv, £Y/.X£icatj.evo(; oixoi tov tîjç apyy,;


y povov oi£T£>^c£. Il&u.-
TD^ïo; 8È Y'^^H'-^fÇ e^Oùç EVETrXrjffE r/jv aYopiv ^::)aijv, xai cuvettî-

xupou TCO o-/iaw Touç voixouç* Kaiffapi 0£ t);v Ivtoç 'AX-eojv y.at

T');v IxToç ^Ttaffxv K£XTixrjV*,7rpoaOii; To'DwXupixov, ttîTa TaYH"-**

Ttov TSTcapoJv eU TTEVTaETiav. KaTojva fjièv ot»v i-iziyz'pr^çTnoL

TOUTOi; àvTiXsYEiv à:n;Y£v £Îç <j»uXaxr,v 6 Kaîcap, oIoixevo; auTOv

ETrixaXE'cEcOai touc ûr,tJLapyou;' exsivou o' à^wvoy fiaoî^ovro;,

ôpwv ô Kaîcap où (jlo'vov touç xpaTiCTO'j; oy<7:j»opoUv':a; , "x/Xt.

xai xû SrjaoTixov a'.ooî ty)!; KctTtovoç àpET^ç cicottT; xai jAETa

de se récrier, et de prolester en plein sénat contre l'impudence avec


laquelle on prostituait ainsi Tempire par des mariages; et , en trafi-

quant des femmes, on se donnait mutuellement les gouvernemenis


des provinces , les' commandements des armées et les premières
charges de la ré[)ublique. Bibulus, le collègue de Cciar, voyant l'inu-
tilité des oppositions qu'il faisait à ces lois , ayant même souvent
couru le risque, ainsi que Caton , d'être tué sur la place publique,

passa le reste de son consulat renfermé dans sa maison. Pompée


aussitôt après son mariage , ayant rempli la place d'hommes armés
fil confirmer ces lois par le peuple, et décerner à César, pour cinq
ans , le gouvernement des deux Gaules cisalpine et transalpine , au-
quel on ajouta Tlllyrie, avec quatre légions. Caton ayant voulu s'op-

poser à ces décrets , César le fit arrêter et conduire en prison , dans


la pensée que Ciilon en appellerait aux tribuns j mais il s'y laissa

mener sans rien dire ; et César voyant non-seulement les principaux


citoyens révoltés de cette indignité, mais le peuple lui-même .
r-''
, , , , , , ,

VIE DK CESAR. «T
wiraTOv eli fô fx.i))o'i. consul pour Vannée à-venir.
EwraOOa orj Kccreavoj Alors ccrli's Calun
cl protestant vivement
xal ^oûvTOç oùx eîvai àvexrôv, etcriont/flcAojffn'élrepastolérable,
l'empire
SiocuxtjrponcxJOfiivni '/àfJ-oii, ûlnnl [)roslilué par «les mariages
yal àvretffa'/dvTWV et des ciluycns se poussant
les uns les autres
otà yuva/cjv ft{ Inxpylxç fiar des femmes aux gouvernemcnla
: vrpxxeùfj-oira xat ôuvâuîf^. <'t aux annc'j'set aux ïorccsmilitftires.
^ :oio5 fXfJ OjV ,
Hibuliis donc
b dMvip'^ùiv ToO Kocldocpo^ ,
le collègue do. César,
insi xuyiiuv TOÙç vôfiovç comme s'opposanl aux lois

inipxtvsi) oùûè'j il «'avançait à rien ,

àAià 7ro).).âxi5 ixtv5ûvsus mais que souvent il courait risque


^erà Kârwvo^ avec (la ton
àTToOaveïv cttî t/Jî àyopûi. de mourir sur la placc-puMique,
SitrOiit rèv xpôvo'i 'zfa àp^rii passa tout temps de sa charge
le

s'ctant renferme à la maison.


UouTc/iïoi Si 7*5/A«Ç Mais Pompée s'étant marié
aussitôt remplit d'armes
rr,'j àyopx'J la j)larc-[Hil:lique ,

XXI (TUvcTTî/û^oo TOÙ5 vôuovt; et il laisail-sanctionncr les lois


par le peuple,
ILxhxpi Se puis décerner à César
rVjv K£).Ttxy;v (t^v) èvrà; 'A^ttîwv la Gaule c/'en-deçà des Alpes
xal TTiV i/TÔç âiraffav et celle d'au-delà loule-cnlicre

jcpovOeiç rà I/^upcxàv ayant ajouté l'illyric ,

//ira Tfjîâowv TXyfXXTWJ avec quatre légions


tii TTÎVTXÎTt'aV. pour l'espace-de-cinq-ans.
fi'vj oj-j KxXcxp Cependant César
«w^yev et; ^u).axy)v lit conduire en prison
KstTwva ÏTtiytipT^vx'JTX Caton qui s'était efforcé

avTÙi/ttv TOUTOtç, de contredire ces toii

oiôixtiOi ayrov pansant celui-ci


t-KixuXiataOxi toù^ Syifjukpyw^' devoir en-appeler aux tribuns:
htivov ce ,3ai5tÇovTOç ày^ivou, mais celui-ci marchant silencieux
6 Kxïjxp hp&t ^j yudvov César voyant non-seulement
Toùç xpxr'ivroMi iwjfopoûjzui, les nobles mécontents,
«iià xal t6 SijfjLorixbv mais aussi le populaire
,

48 KAIiAPOr BÏ02.

xaTYi:peic«; é7rô/i.£vcv , «vtÔ; èor/jO/) xpu:j»a twv or^ixap/ojv cvô<

àcpeXiaOai tov KotTOJva. Twv o* aX)ui)v <rjY/-X''jftxô)v ^Atyoi Trav-

TOtTradiv aCiTOj cuvv^eaav eî; ^ouX^.v, oî oï AoiTCoi ou(r/£p'jtvvov':tç

^KTTOOwv y;(7av. EÎttovto? os Kovffiîiou tivoç "côiv (ï^oopa Y^P'^*"

TO)v, w; ':po6o'ja£voi -rà ^'ttÀx xai tou; crTpaTiwrotç où (TJvep/oivTo-

< Ti ouv, E-^v) ô Kaîcap, où xai eu TaÔTa C£^u)}ç olxoup£Î;;» xai

6 KovGioio; £i7r£V «"Oti ue ttoieî y.^ î^oÇîîaOai to '^îipa;' b fap


£Ti XEiTTo'iJLEvot; [i(o; oO ttoXav)!;, oXiyo; wv, OEÏTai Trpovoiaî;. »

AïoyioTOV 81 TWV TOTE TToXiTEua-otTcir; £oo;£v, £v t7) Kaisapoç


'jTraTEia or^jxapyov a'.p£0^vai KXojoiov. 'HpEÔrj ô' £7:1 tt; KiX£-

pcavoç xaTaXucEi '


xai Kaïaap où TrpoxEpov e^yJXOev ez'i T7;v

cTpaTEiav ïj xa~acTa<7ia<7ai Kix£pojva (aet^ KXojoio-j xai ouv-

sx.êaXcIv £X T^ç 'IiaXia;.

XV. ïoiauTa {X£V oOv X^yETai yEVEcôai "COCTrpo twv FaXaTixwv.


'0 5e twv tcoXejjlwv otiç £7:oX£u.y,ce (X£Tà touTa, xai twv CTpa-

respect pour la vertu de Galon , le suivre dans un morne silence , fa

prier sous main un des tribuns d'enlever Caton à ses licteurs. Apres
un tel acte de violence , Ircs-pcu de sénateurs l'accompagncrent au
sénat; la plupart, oQensés de sa conduite, se retirèrent. Considius,
un des plus âgés de ceux qui s'y étaient rendus, lui dit que les séna-
teurs ne s'assemblaient pas, parce qu'ils avaient craint ses armes et

ses soldats : « Pourquoi donc , reprit César, cette même crainte ne


« vous fait-elle pas rester chez vous?»—'» Ma vieillesse, repartit Con-
« sidius, m'empêche d'avoir peur; le peu de vie qui me reste n'exige
« pas tant de précaution. » Mais de tous les actes de son consulat,
aucun ne lui fit plus de tort que d'avoir fait nommer Clodius tribun
du peuple. Cette élection avait pour motif
de Cicéron; et la ruine

César ne partit pour son gouvernement qu'après l'avoir brouillé avec


Clodius et l'avoir fait bannir de l'Italie.

XV. Tels furent, dit- on, les actes de sa vie qui précédèrent
son commandement dans les Gaules. Les guerres qu'il fit depuis
, ,

vu: DE CESAR. 49
par révérence pour la verlu de Catun
suivant en-silence
y.ul fj.i7Ù x«T/jj?îtaî cl avec aballcincnl,
ècîy;0/j aùrèî y.pdfx pria lui-nithnc en-secrel
un des trilnins

ÙfÛélOxi TÔV K«TWV(X. d'enlever Calon.


IlavraTraTt ôi o/iyot Or loul-à-fait j)eu
rûv a>iwv auyx/ïjTtzûv des autres sénateurs
allaient-avec lui au sénat,
ot oi JotîTOt OUa;ir«pxiVOVT£î mais le reste indigné
•/:7av è/Tîooùiv. se tenait à-l'écart.
K.ovi7(0(ou os Et Cunsidius
Ttvà; Tùy 9f6Spx yg^c'vrwy un des trcs-vieux
itTTo'vTOi, CJî où cvvipyotvro ayant dit (|u'ils ne s'assemblaient pas
yoooûfxs'joi rà ot^Ïu. craignant les armes
/.al T0Ù5 arpxTiojrxi' et les soldats :

« Tf ow , éjî/j é ILuXvap ,
« Pourquoi donc, dit César,
/.xl au oùx ot/ou^-rç loi aussi ne gardcs-tu-pas-la-maison

^îotwç raCra ;
» craignant ces choses? •

Kal ô Kov7(^(os «T:iiv* Et Considius dit :

« 'On TÔ yi'.pxi « Parce que la vieillesse

itoteï ju« /jiyj ^oZîliOxt' fait n)ui ne pas craindre :

b yàp ^ioi Xstnô/JLS-jOi Iti ,


car la \ ic cpii iiic reste encore ,

Siv oXiyoÇf oh oslrat étant courte, n'a-pas-besoin


7roi).>55 Tzpo-joixi. » de beaucoup de prévoyance. »

Tûv oé Tro/tTCu/xxTWV to'tî Mais dos mesurns-poliliqucs d'alors


tooçsv aiïyjiffTOv ccUc-ci parut la plus hoiiteizte,
K/wôiov tt.ip£OY,-JXi OTifjixpyoj Clodius avoir été élu tribun
iv Tj; ûîrxTeta TLxizxpoi. dans le consulat de Cesur.
llpéOr} Sk iîtl TT, xara/J7£t Or il fut élu pour la perte
Ktxi|5wvoâ •
xat Kxc;;cp de Cicéron : et César
eux iXf.'j.Oc'j Itzi t/;v ffToaTîiKv ne partit pas j)our son expédition
Ttpôzepoi >5 xaraTTxyiaTai avant que d'avoir brouillé
K.(xé|9cjva ^uîric K/woiou Cicéron avec Clodius
xxl ffuve/SaÀcïv sx t:^^ 'ira/iK^. et do /'avoir chassé de l'Ilalie.

X> . ToiauTa ajv oùv /ÉySTi'.t XV. Telles donc sont dites
'/ftVsaOai Ta avoir été les affaires
W/îO TÛV ra/«Tixûiv. avant celles de-Gaule.
U oc xpo-^Oi Tiv :ro/£«wv Mais ré[)0(jue des guerres
e<.> â7toÀt/t>j(j« /ijTà TscÛTa ,
que César guerroya après ces chocs
Vlfi DK CiSÀR. h
,,

«50 Eàaè^oi moi.


Ttiôiv ai; y,{xep('T<7«T0 tvjv KeATixr,v, ypovo;, otmtp aX).T)v ipyi^»

XaCovTOç aÙTou xoti xaTsaravroç elç Itepav Tivi pt'o'j x«i irpa-
Y|xaTti)v xaivôiv 65ov, ouxecïtiv ^tou twv j^.dtXiaTa TeOau'xacijwvw*
Èçp' f,Y£jJ-ov(a xot\ jXEYiTTwv yt'fo'^ôzo)'^ dtroXeCîrovTa -TTV.su.iTrîii»

xal <7TpaTr,)>aTr,v à7:îo£i;ev auTov '


ccÀa' iiTt 4>a€toui; xoti ixi-
;r(o)va<; x.oil MîteÀXou!; xai Toùç xax' «utov, y^ jxtxplv ejxTrpo^OEv

aOtou ioXXctv xa\ Mapiov, àatpOTc'pouç te AeuxctO.Xo-jç, r, xat

no{X7n;ïov «utov, oO xA£0; uTTOupàviov TjVÔEi [tote] TiavTûta;

TEpl ttoXejjlov àpsx^ç*, TTotpaoaXoi Tiç, ctî Ka((7apo; O^rEpoaAÀouTi


Trpot^Eiç, Tov {jlÈv -/aXEroTriTi tottoiv £v oÎç £roÀ£xy;T£, tov C£

{XEye'OEi TrpoTcXxr.TaTO , tov ce ttÀt/Jei X3t\ [ii'a 7:0)^-


y/'V^Ç ''i^

-^ tjLto)v oCk; ivtx'/;G£, tov 0' aTOTrtaiç xai anoriaiç r/Jwv a /.«Ooj-

IxaXiffE^, TOV 0' ETTiciXEta xat TrpaoTTjTi rpbç Toùç àXiffxofj-ô'voui;

TOV oï Scopoiç X7i yotptci Trpb^ Toùç cvyTTpaTEuoaEvcj;, Tt'ivTa;

5è TÔi TtXEiGTaç |X£{ji.ay^r,aOai [xayaç xai ttXeiotouç àvT,pr,X£vai

ces expéditions fameuses, dans lesquelles il soumit les Gaules, lui

ouvrirent une roule toute diflérenle, et commencèrent en quelque


sorte pour lui une seconde vie c'est dans celte nouvelle car- ;

rière qu'd se montre à nous aussi grand homme de guerre aussi ,

habile capitaine qu'aucun des généraux qui se sont fait le plus


admirer et ont acquis le plus de gloire par leurs cxpluils. Soit
qu'on lui compare les Fabius ou les
, les MélcUus , les Scipions ,

autres généraux ses contemporains , ou ceux qui ont vécu peu


de temps avant lui tels que les Sylla les Marius les LucuUus
, , ,

et Pompée lui-même, dont la gloire, élevée jusqu'aux cicux, lui


faisait comme une auréole de tous les mérites guerriers , on recon-

; naîtra que les exploits de César le mettent au-dessus de tous ces


grands capitaines. 11 a surpassé l'un par la difïicuUé des lieux où il

a fait la guerre ; l'autre ,


par l'étendue des pays qu'il a subjugués ;

celui-ci ,
par le nombre et la force des ennemis qu'il a vaincus ;

celui-là, par la férocité et la pcrlidie des natiuns qu'il a sou-


mises ; l'un ,
par sa douceur et sa clémence envers les prisonniers ;

un autre ,
par les présents et les bienfaits dent il a comblé ses
troupes ; enfin , il a été supérieur à tous par le nombre de batailles
qu'il a livrées , et par la multitude incroyable d'ennemis qu'il a
, , , , ,

Vii: DE CJiSAK. 51
Cl (les e\i)cdilions
par U'sqiullcs il soumit la Gaule ,

iiTtcp aùroû iaCôvTOç coninie lui ayant pris


s(Jl).]9y àpx'hv un autre coninmnceraent
et étant et) lié
c'î Ttva iripxv hobv ^io\) dans une cci taine autre route de \ic
XX l :rpx-//A«Tuv xatvûv , et d'allain s nouvelles,
montra lui

:To)îatTTriv xal 7rp'XTr,/.i-:r,-j guerrier ti clief-d'arniées [aucun]


y.TtOysi'XOVTti OWK CffTlV OTOO N'étant-iiiIVricur il n'est pas a qui (à
de ceux le plus admirés
«ttI r,-/tii.o-JÎX pour le Commandement
.*al yjyovOTWV /iîyt'yrwV et ayant été les plus grands
au contraire si quelqu'un
îrapaSâ/ot /mi comparait
't>y.€iou; xicl SxtTticavaî les Fabius et les Scipions
xat M£Tî).>ou» xal roùj xarà ayràv, elles Mélellus et ceux du temps de lui,
fi fj.t/.fb-j timpovOvj auToO ou un peu avant lui

Sylla et Mari us,


et les deux Lui ullus
yj /al Uouîr/Iiov xhrà-J ou aussi Pompée lui-même,
dont la gloire élevée-jusqu'au-ciel
Uorissuit [alors]
7zx-nob'i y.pszlli ntpi :tà).îiJ.o-j , de toute vertu concernant la guerre.
A'Kp'x^iii&.xhupoiù-ittpZôuj.ovzi les aclit»ns de César surpassent
TOV jULÎV ;(X>£TCOT>JTl TOTÎWV l'un par la dillicullé des lieux
dans les(piels il lil-la-guerre,
l'autre par l'étendue du pays
r,'J TTjûOfffiXT'^ïaTO , qu'il ajuula-par-conquétc à l'empire^
TOv 0£ it/ïjOci xal j3ta l'un par le nombre et la force

XOJ.Sy.iOiV Oλ» £VtX>J7fi, des ennemis ()u'il vainquit;


rov ô£ iroTtiats xal à:riïTt'atj l'autre parles étrangelés et perfidies

r^Oiy à xaOw,aâ).tye, des mœurs qu'il puliça;

TOV oi è:ri-:ixiia xal TcpxÔTri'i l'un par la clémence et la douceur


Ttpbi Toùî aii5/o/iivou5 envers ceux qui étaient pris
TÔv Si B'Jipoiç xal x^pf l'autre par les dons et les faveurs

ît^oç TO'jj fjyjvrpxrt'joixhoo^ à ceux faisant-campagne-avec lui,


«âvraç i( T<3 fJLtfia-^tiO-xt et tous par le avoir combattu
nXtisTXi iiix^i le plus de combats
/7.1 àvrc^îxtvai •n:>£tJTOUi et avoir détruit le plu«
52 KAlïAPOi BIOZ.

TÛv dvTiTot/OÉvTOiv. "Ety) yrtçj oùol Stxa TToXtjxr^aaç irtpi FaXa-


T^av, ttoXek; jxiv uTrlp ^xTa/.oc^aç xa-ri xpato; tiÀcv, ?0v7i c'

«y^tipojcctTO Tpiaxdata' [Aup'.â^t oè 7rapaTa;acuvoç xari fAc'poç

Tpiaxooi'aiç, éxaxbv (xèv £v y/p<yi oieipOtipEV, d'/Xoi^ cï -lOTauToti;

£^toYpv;(7cv.

XVI. Eùvoia 0£ xai rpoOuatot CTpaTionôJv a/p/'caTO -rosaoT/;

irpoç auTov, waxe touç i'ipoyj ar,0£v ev Taï; a/j'.at; cTsaTî'i'jttç

§iaçÉpovxaç , àaa/ouç xai àvuTToaTctTOuç cj/EpecOai rpôç ttîv


Seivov uTCÈp TÎjç Kotiaapoç oo;/,?. Oio; r^v toûto aèv 'AxO.ioç, 6;
Iv t9) TTEpi MaaaaXiav vauy.a/ia, vew; —oÀEfxta; ÈmCtÇr/xôjç,
tJiv (jlev OEÇiàv a/rsxoTT/; y.'îpoc (xa/aîpa, tt, o' às'.CTcpa tov

ôupEov oùx à.j>-7,xEV, àXXot TUTTTOJv Eiç Ta 7Tpoc7i»j-a TO\i; ttoXe'xÎoj;

aTrETpE']/; Travtaç, xai tou cxacj-O'jç £7r£xpaT-/;c£ •


tovJto ce Kâc-
aïoç ixîuaç, ô; Iv tv^ Trspi Auppa/iov* y-a/r, tov ô:j<OaX;xôv Ixxo-
TTÊiç To;£uiJ.aTi , TOV o' cojjLOv Gcaw xat TOV tXTjpOV £T£pw oiîXrjXa-
{XEvoi;^, Tw os OupEw jî&Xwv ExaTov xal Tpiaxovra TcX-r^Yàç àvaôe-

fait périr. En moins de dix ans que dura sa guerre dans les Gaules,
il prit d'assaul plus de huit ccnls villes, soumit trois cents nations

diliérenles , cl coniballil en plusieurs batailles rangées contre tri>is

millions d'ennemis , dont il tua un million et fit autant de pri-


sonniers.
XVI. D'ailleurs , il savait inspirer à ses soldats une aÛecticn et une
ardeur si vives , que ceux qui , sous d'autres chefs et dans d'autres
guerres , ne dillcraient pas des solilats oi dinaires , devenaient invin-
cibles sous lui et ne trouvaient rien qui jmt résister à l'impétuosii:';
avec laquelle ils se précipitaient dans les jdus grands dangers. Ti I

fat Acilius, qui, dans un combat naval donne prés de Marseille,


s'étant jeté dans un vaisseau ennemi et ayant eu la main droite abat-
tue d'un coup d'cpée, n'abandonna pas son bouclier qu'il tenait de
la main gauche et dont il frappa sans relâche les ennemis au visage ,

avec tant de raideur, qu'il les renversa tous et se rendit maître du


vaisseau. Au combat de Djrrachium , Cassios Scéva eut l'œil percé
d'une flèche, l'épaule et la cuisse traversées de deux javelots, et
,

VIF, DK CESAR. 53
de ceux rangés-en-bataille-conlr«
Oùoè '/y.p Tro)«u>Î7aç Cnrn'aynnt pas incîme gut^rroyé [lui,
<lix ans «lans la Oaule,
iVfi jièv xaxà xpdTo; il prit (le force
au delà (le huit-cente villes,
t/iipui7Xzo St rpixy.Q9tx tOv/,' et subjugua Irois-cenls nations :

n ayant livré-bataille
xarà //fpo; en-tliverscs-fois
rptaxoTtatç fiMpiiti , trois-cenis myria(Jes d'hommes,
SiifOstps fiiv ixarbv èv yjp^'j, ilen tlétruisil cent dans la nnîlée,
ii^'Ii-jpr.ii ûi TOTaÛTa^ â))^:. cl en prit autant d'autres.

XVI. Ex^»;a'aTO oi XVI. Il se servit d'ailI(Mirs


cùvoj'a xai TtpoOv/Ji(x d'une bienveillance et d'iuie ardcu:
de ses soldats pour lui

TOTauT*; , WTxe telle, au point


ToOs 5ta^î|90VTaç /x/;cèv «Técov ceux ne dillérant en rien d'autres
iv T«î{ âi/at5 arpxrziaii; dans les autres expéditions
©speïOsît TT^ôî Trâv oîtvèv se porter à tout danger
pour la gloire de (lésar
a/Aâ;(OU{ /x! àvuTroTTXToy^. invincibles et irrcsistdjles.
OTbç »;v TOÛTO ,uèv \/.(Xioi ,
Tcl-(]uc fut d'un côté Acilius,
qui dans le combat-naval
près de Marseille,
étant monté sur un vaisseau ennemi,
àTTizoTT/; juèv [xxy7.lpx fut tranché d'une épée
T/JV ytXpV. OiÇtXV, à la main droite,
Ti^ 04 àptarepû cl de la gauche
oùx «y^cxe TÔv 6\jpibv ,
ne lâcha point son bouclier,
ii)à tÛtctwv toÙj Tto/î/Atov;; mais frappant les ennemis
cîç rà TpoTWTra aux visages
les fit-fuir tous,
xal lTî/.^âT/î7« TOy axâjpO'Ji" et resta-maltrc du navire :

roOro oè Kx7ïtOâ Sxrjaç, d'un autre c(jté Cassius Scéva,


îç iv ryj jJiXyr, TitpX ^xjppiyir^j qui dans le combat de Dyrrachium
CKxcTïctîTÔv o^fOx^iJ^v ro^fjy.y.ri, ayant été frappé à l'œil d'une ll.tlic,

itXr}).XfiivOi et ûîffdi ràv 'J<;/qv el transpercé d'un javelot à l'épaula


xal iripw tôv /iinpbv et d'un autre à la cuisse ,

àvxô«5«y/iivoî oè Tû Oupfi'Ji et ayant reçu sur son bouclier


ixaràv xxl T/stâxovra cent et trente
coups de traits,
,,

54 KAIiAPOl BIOZ.

îtYfjL^voç, fxaXii Tot;; TroÀejxto'j; wç 7rotpao<uc«wv lotut^v. A*^w


Se TcpoaiovTOiV, toC (liv oltzIxjo^ tov (ofxov t^ {xx^a^par, tov 2i

/caxi Tou TrpocwTTOu 7raTa;aç areTpE'j/ev •


«otoç 5t ^uTOi^r, , Twir

otxeitov TcepioyovToiv. 'Ev ci lipiXTavia tcjv 7roXe(jiioov tiç tottov

fXtoS-/) xai fAEaxov CcaTOç IjXTTEaotîtJi Toïç irpwTOtç Ta;iapyaiç

ÊTTiOEfxévwv, crpaxicoTrjÇ , Kaicapoç aoTOÎÎ tt,v [t-i/ry £cj»op<«iv-

Toç, (îxratxevoç eîç [jlecou;, xa\ 7ro)Aà xai TcepiOTrra TOÀtxr^ç à7rr>-

SciçajjLEVOç epya, xoîx; {Jisv Ta;ictpyou; t^ojffs , T(Tjv ^apootpojv

çuyovTtov, auToç Se yaXeTTcoç eri Trasi ciaSaivwv Ippi-^'ev éourov

etç pEuixara TtXixaxojorj , xal {/.o'Xiç àv£U tou GuptOÛ xà uiv

\T^y6u,tvo:;, xi Se fJaSiJ^ojv SiETTî'pace. 0au(Jt.a^ovxwv SE xwv irepi

xov Kaicapa xat (jiexà /apôc; xai xpau'pjç aTxovxojvTojv, a'jxoç

£0 p.aXa xaT7;îpY;ç xai SsSaxpuixsvoç rpoaeTTEce tw Kaiaopi,


ffUYyvwjjLrjV atxouaevo; £~l xw Tcposcôat xov ôupsov. '£v Se Aiêur,

reçut cent trente coups sur son bouclier. Il appela les ennemis
comme s'ileùt eurintcniion de se rendre ; et de deux qui s'approchè-
rent, l'un eut l'épaule abattue d'un coup d'épée; l'autre, blessé au
visage, prit la fuite. Cassius, secouru par ses compagnons, eut le bon-
heur de s'échapper. Dans la Grande-Bretagne, les premiers chefs de
cohortes s'étaient engagés dans un fond marécageux et plein d'eau
où ils étaient attaqués vivement par les ennemis. Un soldat de César,

sous les yeux mêmes du général , se jetant au milieu des Barbares ,

fait des prodiges incroyables de valeur, les oblige de prendre la fuite


et sauve les officiers. Ensuite il passe le marais le dernier, traverse
avec la plus grande peine celle eau bourbeuse, partie à la nage,
partie en marchant, et gagne l'autre rive, mais sans son bouclier.
César, qui ne pouvait trop admirer son courage , court à lui a¥ec
toutes les démonstrations de la joie la plus vive ; mais le soldat , la

tête baissée et les yeux baignés de larmes , tombe aux pieds de César
et lui demande pardon d'être revenu sans son bouclier. En Afrique
, , , ,, , ,

VIF. I)i: CESAR. 5cj

i/.âXti rox)^ Tfoy.e/j.ioj^ appelait les ennemis


6i^ Trapxûwo-wv caurd;;. curnino dcvanl rundre soi.
àvtï'j Si npoviàvTotv , Mais deux s'uppruchaot
il abattit de l'épée
TOV W^UOV TOO ,
l'épaule de l'un ,

TrarâÇaç ^i tôv et ayant frappé l'autre


au visajje

le niil-cn-fuile :

aùrèî Sî SitV'^Orjf mais lui-même fut sauvé,


rrôv oly.titji'j •rzsptv/ô-jrwj. SOS compagnons /'ayant entouré.
Ev Ci hpSTTUvix El en l>ielaj;n('

les ennemis s'étanl jetés


sur les prcmitTS chofs-de-cohorles
t/z7r«ïOÛ<riv «cç rdnov qui s'élaienl enrayés dans un lieu
JAcjô>; xat fitv-zb'J tSxroi, marécageux et rempli d'eau ,
ITTpXTlÛTrjÇ ÙlÛfJLi-JOi un soldat s'étant précipité
au milieu des ennemis,
y.oil àitoo ttXx fitvoi ci ayant montré
e^7« To/firii Tto)/.à des actes d'audace nombreux
cl remanjuablcs ,

Ka/flra|îOî <]?o/5s3i»roç César voyant


n^v fxiyriv «ùroO, le combat de lui

sauva d'une part


les chcfs-de-cohortcs

TÛv âxpZ'xpoi-j ^uydvTUv les barbares ayant fui

aJTO^ oè oiaSatvwv et lui-même s'avançanl


;(xi£Tr(ûç ÈttI Trifftv avec-peine après tous les autre»
ippvpvj IxuTOv jeta soi
etç pe-jaurtx. rsJ fixrûor, , dans des courants bourbeux
X«l 5t£TépaC£ /id/tî et traversa péniblement
ai<£u ToD Ou(&«oû sans son bouclier
rà /xiv v»;;^d/ievoç, rà oè ^^ao ti;wv. tanlùt na^'eant, tantôt marchant.
Tûv 5« TTc^l TOy l^xisxpx Et ceux autour de César
BxMflX^Ô-JZOiV Xxl XTZX-JT'j^J-'jiJ /'ailmiranl et venanhà-*a-rcncontre
fitzk X'-</554 xal y.px'jyr.i, avec joie et clameurs,
lui bien fort abattu
xal 5«3azpuuivoç et pleurant
irpoviiriTC TÛ Rotiffaoc toml).i-au\-pieds de César,
a{roû/xivo« v\jyyvbtfir,v demandant pardon
«7:1 Tû npohOxi tôv Oucîdv. pour le avoir abandonne soDboucIici.
,

56 KAIÏAPOl BIOZ.
vauv f/ovT£ç 01 TTEpi XxiTci'ojva Kai^apoç, £v r^ Tpav-o; ITetport
iTrérXei xatAtaç otTrooeoeiYuevoç, xou; jxÈv àXXvjç ^TTOto^ivTo /t{av,

Tw ôl Ta|i.ia ôiSovai t>,v <7(or/;piav Ê^acatv. '0 S*, eIttwv ^ti toI»ç

Kaiaapoç crpaTitora; où Àaix^oîvEiv, àÀXi oioovai c(i>r/;pi5ty

eOoç I<jt\v; lauTÔv TÔi çi'^ei TcaToc;:?? àv£Î)>£.

XVII. Ti 5s Toiaura Xr'aa-ra xot'. xi; ^iXoriaïaç a-jToç dve-


OpE'l^e xai xaT£GX.£uac£ Kaïcap, TrpôJTOV {xîv Toi /api^E^Oai y.ai

Ttaav dcp£tû(o<;, ivceixvuaEvoç ^Ti tov ttXoutov o'jx eÎç Tp'j5-/;v

loiav oùo£ Tiva; v;ou7raO£iaç Ix tiov 7roX£u.o)v àOpoi^Ei, xoivct o'

àOXa Ty;ç dvopaYOtOtaç rap' auTw çuXaccotxEva àTrpxEiTar xai


fX£T£aTiv £X£ivw Tou ttXguteÎv 5<7a Toîç (£;ioi<; Twv <rrpaTii.)To)v

oiooxriv •
£7r£iTa tîo TrdvTa jxiv xivSuvov £x6t)v ostiTTa^ôa». , ttûo;

U7)5£va Ôà Twv TTOvojv aTrayop^'^Eiv- Tb (aev ouv tpiXoxivcuvov oùx

lOaujxaJ^ov auTOu oik x'/jv oiXoxijxiav * i^ Oc xwv ttovwv u7ro|jt.ovr,

Scipion s'était emparé d'un vaisseau de César, monté par Granius


Pétron, qui venait d'élre nommé questeur. Scipion fit massacrer tout
l'équipage, et dit au questeur qu'il lui donnait la vie. Granius répon-

dit que les soldats de César étaient accoutumés à donner la vie aux
autres , non pas à la recevoir. En disant ces mots , il tira son épée et
se tua.

XVII. Cette ardeur et cette émulation pour la gloire étaient produites


et nourries en eux par les récompenses et les honneurs que César leur
prodiguait; par la preuve qu'il leur donnait qu'au lieu de faire servir
à son luxe et à ses plaisirs les richesses qu'il amassait dans ces guer-

res , il les mettait en dépôt chez lui pour être le prix de la valeur,

également destiné à tous ceux qui le mériteraient; et qu'il ne se

croyait riche qu'autant qu'il pouvait récompenser la bonne conduite


de ses soldats. D'ailleurs , il s'exposait volontiers à tous les périls et

ne se refusait à aucun des travaux de la guerre. Ce mépris du dan-


ger n'étonnait point ses soldats ,
qui connaissaient son amour pour la

gloire ; mais ils étaient surpris de sa patience dans les travaux, qu'il»
, , ,,, ,

I», rtry.

VIE DE CESAR. 57
El» Si Atêârj ol Txepl Sxitti'cjvx Kt en Libye ceux autour de Scipior»
i^ovre^ vsiûv Kxhvpoi, ayant /»;i,ï un vaisseau de César,
h f,
jTfiTrlet Vpivioi Ilir^wv dans lequel naviguait Granius Pélron
à.Koàtctt'jfih'ii mfxlv-i nciinnié questeur,

ino'.o'jvro /x£v /stav rob^ y/zov,-, traitaient romme proie les autres,
mais disaient au questeur
StOÔvUt Tr,-J TOiTTiploiV. ///j donner la vie-sauve.
ôj, «tTTwv oTt éOoç «ttI Mais lui , ayant dit que CDutunie est
T0Ù5 »T/5aTto5raç Ka(7Z/90{ les soldats de César
où ix/zCâvîtv ne pas recevoir,
«Hâ ctodvat jojTïjp^av mais donner la vie-sauve,
ïcary.çxî «auràv rw Çtfct ayant frappé soi de l'épée
il se tua.
XVII. KaXactp Sk àvlOpels XVII. Or César entretint
et prépara lui-même
rà TOtaOra iïj/xara de tels courages
et de lellfs rivaiilés-de-gloire,

tl'abord par le faire-des-largesses


xal Tt^txâv à^st^dJ; et honorer libéralement,
èv5etxvû^ar/oç montrant
^Tt oùx àQpol^et ràv îrioOrov qu'il n'amasse pas la richesse
ix TCÔV TToii^uwy des guerres
tli ioîuj zpu^i\'j pour ses propres délices
oùci ruxç /lOMTtxd&iai ni pour quelques voluptés,
aOXx 0£ /.oi'jx mais que des prix communs
Xï^i à-jopxyxOixi du courage
«TtO/.StZXt yuÀajT9/A!VX sont mis-en-réserve
Ttapù x-JTfZ' auprrs de lui :

xal 07a ôt'owTt et que ce qu'il donne


roî^ àÇt'ot^ Tûv jTpaTtwTây aux dignes d'entre les soldats
,uSTî(jriv î/ît'v'jj Toy îr/ourîïy' fait-partie pour lui du s'enrichir :

CTrsiTx Tû /jtèv ù'shrx'jOxi i/.wi ensuite par le s'exposer volontiers


TtetVTa xlvSu'JOv, à tout danger,
àinx'/ops'jsvj Si et ue se décourager
itpb^ lJir,Sijx Tûy Tcdvwv. devant aucune des fatigues.
Oùx iOx-j/xx^oj fiïv luv Les soldats n'admiraient pas cerl •<

TÔ ^().ox(youvov cet amour-du-ilnnger


Six Tcv ^cioTC/Aïav* à cause de son ardeur-pour-la-gloin- ;

ifl ai ûîro/zovr) mais sa forcc-à-supporler


les fatigues
,

5f RA12AP0I BIOI.

T£v, ^Tt xai t:?)v i';iv ojv lay vo; , xai Tr,v adipxa Xeuxoç xal inza-

Xo;, xa\ TTEpc Ti^/V xesaXyjv voa(oor,ç , xal toîç lriAr,Tmxot;

Evoyo;, £v KopSuCr) Trpwtov aoTw toÎÎ raOouç, w; ^EyETai , tou-

tou TTpOaTTECOVTOÇ, OU (XaÀot/.iaÇ ^TTOir^TOtTO T/jV à^p«J7Tiav TTpO-

^ cpaacv, àÀÀot OtpaTEiav Tr,; àppworia; r/,v crpoTEiav, Taîç àT£u-

f Toiç ôSoiTTopiaiç xai Tat; EÔTEXc'ffi oiaiTatç xai tw 0*jpay/.£Ïv

j
ÈvSEXîy wç xai TaXaiirùjpEÎv à7ro|jt.ayou.cvo; to) —ocOei , xai to

cwpa ypoupwv ouffaXwTOv. 'LxoifxÎTO (aev y^ "'''''Ç ttÀeittouç

^-jj.- Cttvoûç Iv oy^-ï^aaaiv yj çopsioiç, elç 7rpa;iv ttjv dvaTrajct/ xaTor-

tiÔe'jxevo;, Cy/zlzo tï jj.£Ô' r,|/.£pav IttI toc ^povipia xai t^; ttoXeu

xa'i Touç yapaxaç, Évoç auTw auYy.aOrjUEVou Traioô; tÔjv λ~q-

Ypa'>p£cv 6f{j[.a oiojxovto; eIOitulevojv, évoç o' e^ottic^ev £:pc(7TrjXOTo;

CTpaTlOJTOU ^Î'^OÇ EyOVTOÇ. S'JVTOVOJÇ o' r,).a'JV£V OUtOJÇ, OJ-TTE TT,V

7rp(0TY]v £;ooov àuo 'PtoixTjÇ TroiYiaatjLEvo;, oY^oalo!; ettI tov Po-

^ trouvaient supérieure à ses forces ; car il avait la peau blanche et

délicate , était frélc de corps et sujet à de fréquents mau\ de t(!'tc et à

des attaques d'cpilepsie , dont il avait senti les premiers accès à Cor-

doue. Mais, loin de se faire de la faiblesse de son tempérament un


prétexte pour vivre dans la mollesse , il cherchait dans les exercices
di la guerre un remède à ses maladies j il les combattait par des
marches forcées ,
par un régime frugal ,
par l'habitude de coucher
en plein air et d'endurcir ainsi son corps à toutes sortes de fatigues.
Il prenait presque toujours son sommeil dans un chariut ou dans une
litière pour faire servir son repos même à quelque fin utile. Le jour,

1 visitait les forteresses, les villes et les camps; et il avait toujours

A à côté de lui un secrétaire pour écrire sous sa dictée en voyageant


et derrière, un soldat qui portait son épée. Avec cela , il faisait une
si grande diligence ,
que, la première fois qu'il sortit de Rome, il se

rendit en huit jours sur les bords du Rhône. 11 eut, des sa première
, , , , ,, , , , ,

VIE Di: CKS^AR. 59


ôo/.o\)m<i l'/yv.orspsX^ lui paraissant élre-forme
itst/îà rr.v ôùvy/Aiv tou a'Jtfxxroi au-delà de la force de son corp»,
èr:TT/r;rriv, Sri ûiV /tî drcunccrlail ,
parce (jue élaiU

Ivyyb^ r^.'j iXit t


et maij;re' «le compicxion ,

/.ai )w£uxo;xatàTi(x>.C(;xT;v<rïf,xa, et blanc cl dOlicat de chair,


/.OLÏ yoTjjô/;^ -xirÀ t/;v xîya)/;v et maladif de lêlc ,

A9Ï îvoxot; roli i-xiAr,TtTtKoîi et sujet aux acci(/t7if* épileptiquos

TOJTOu T9Û TrâÛtfyç celle alleclion-là


7r^co7T:î79vTo,- xùrùi , w; yt/fry.i élanl snr\onueàlui,conimeilcst dit,
irp^Jjra-j èv Ko/sôvô»?, pour-la-[M-enjicre-fois àCordoue,
oùx £7ro£ir;jxT0 Tr,v àppuazix-j il ne lit pas celle indisposiliuii
un prélexle de mollesse,
à)Aà n^» arpxTsixv mais la guerre
Bioxnîixv Tr,i àppcMizlocçt une cure de son indisposilion ,

à-::oixxyôfX£JOi tw TrxOct combalt.inl la maladie


par les courses infatigables
Cl les réginjes st)bros

XXl TW Ou/5XU/£tV èvO£/4;/(ÎJ; elle c<)U(lier-à-r;>ir continuellement


xat TaiatTTwpîTv, cl le prcndre-de-la-peine
xal fpoopôtv 70 aôjfix et gardant son corps
S\J7X).U70-J. dillicile-à-surprendrc.
Ejcot/xàtTO /xiv yc Il dormait certes
TOÙÇ Ttift'ffTOU^ UTTVOUÇ la plupart de ses sommeils
Iv 3;(»{/zafftv 17 ffopdoii ,
dans des chariols ou des litières,
xaTaTi0i,u«voi ti^v àvaTtau^iv mettant le repos
en action
i/erTO ôè //«ri ritiipoc* et il se faisait voiturer de jour
vers les forteresses
xal ràç tto/ciî y.xX tojî yipxyixiy et les villes et les relranchemenls ,

un esclave de ceux accoulunu's


witoy^iyîiv à ccrire-sou$-5a-dicléc
ijXX ^l'jJXOVTOi pendant qu'il pressait sa marche
ffU7xa9v;/x£vou aùrû élanl assis-avcc lui

et un soldai
JyïTr>;/dTo; c^ÔTTCffOcv se tenant par-derrière
ayant une cpéc.
H^scuvc ^i oûru eruvrôvoiç Et il allait si vile ,

au point ayant fait

rrr» itp'JtzT.v i^ooov àTxo 'Pm/xti^ , sa première sorlie de Rome


hlOtXv i-/Soxloi d'être arrivé le-huitième-jour
60 KAIZAP02 BI02.

ootvôv AOelv. To (xlv oov Îuttcueiv ix raioôç -^v ainôi ^ai\r*


1161TT0 Y^P cl; TOUTT^ao) T^tç yeîpa; dt7TaY0)v, xai t<j> vojtcj) iripi

ttX^xwv, (Jvi xpotTo; IXauvciv tov ÎTrrov. *Ev Ixtivr; ci tt) arp?.-

T£ia 7rpoa£^T^axy,(y£v tTTTraÇojxEvoç xi; ^TctCToXiç OraYopeueiv xai

oufflv 6u.ou Ypa^O'Jffiv i;apx£Îv, wç ô' "OTTTrioç ^r.ci, xai -Xeio'71.

AeYETai ùï xa\ xb 5ià yP*^'!^*'^*'^^


'^'^'^ oiXoiç ÔjxiXeîv Kai^apa
-rrpwxov u.r|-/av7^aaaOai , t7;v xaxi Trpoaojrov £vt£o;iv U7:£p xwv

ETTEiYOvxwv xou xatpou O'.a T£ 7rXr/Joç àcyoXiwv xa\ xr; 7:o).eo)ç

xo (jle'ye^Ôo; u.^ TCEpiuLEVovxoç. Tîjç ôi TTEpi x^,v oiaixav £'!»/.OAtaÇ

xaxEÎvo TTOtoîîvxai ff-/;u.£Îov, ^i, xou oeittvi^ovxoç aoxov Iv Meoio-

Xavw ^£Vou , OùaXEpiou Aeovxoç , TrapaOsvxo; àcrapavov, y.i\

txupov avx' eXaiou xaxa/Eavxoç, aùxoç [jl^v àcpEXwç e^xys, xoï;;

ôi cpiXoiç oucyepaivouîiv £7r£7:Xr;;£v* «"HpxEi Y^p> £9^1» '^ I-*-^»

/prjffôat xoTç (XTrapEcxouciv ô os xvjv xoiauxYjV (XYpoixiav £;£-

jeunesse , une grande habitude du cheval, et il acquit la facilité de


courir à toute bride , les mains croisées derrière le dos. Dans la

guerre des Gaules, il s'accoutuma à dicter des lettres étant à cheval,


et à occuper deux secrétaires à la fois, ou même un plus grand
nombre, suivant Oppius. 11 fut, dit-on, le premier qui introduisit
à Rome l'usage de communiquer par lettres avec ses amis , lorsque
les circonstances ne permettaient pas de s'aboucher avec eux pour
affaires pressées , soit à cause d'occupations nombreuses , ou do
l'étendue de la ville. On cite un trait remarquable de sa simpli-
cité dans sa manière de vivre. Valérius Léo, son hôte à Milan,
lui donnant un jour à souper, fit servir un plat d'asperges que
l'on avait assaisonnées avec de l'huile de senteur, au lieu d'huile
d'olive. 11 en mangea sans avoir l'air de s'en apercevoir j et ses amis
s'en étant plaints , il leur en fit des reproches. « Ne devait-il pas vous

« suffire, leur dit-il, de n'en pas manger, si vous ne les trouviez pas

bonnes? Relever ce défaut de savoir vivre, c'est ne pas savoir


, , , , , , ,

VIE DE CESAR. Gl

ittl rb'J 'Pooavdv. vers le Rhône.


Or le allcr-à-chcval
^v pocdiov auTw èx Tratôd^' Ctail facile à lui de|>uis lui enfant :

car il s'clail accoutumé


i/aûy«(v TÔv Ïttttov àvà Apûroi à pousser son cheval avec force
àTtâywy ràç x^^P^i *'» *o ùtti^w, ramenant les main« en arrière,
xai izspi-nÀUOiv tû vwtw. et /t'jf enla(,'ant sur son dos.
Ev èx<(vyi oi T!^ sTpctTsia Mais dans celte expédition-là
lt/507£Ç>5a'x/!<7«v tTTTraÇd/xevo; il s'c\cr(,a-en-oulre étant-à-cheval
\iTtx'jopt\)Uv TSC5 ÎTrtffToAà; à dicter ses lettres
et à suflire à deux personnes
ypâfQ\t7iv b/xQjf écrivant ensemble,
xal irAetoo't de, etmême à un-plus-grand-nombre,
comme Oppius le dit.
AiytTcti Si xal JLochapv. El il csl dit aussi ('ésar
np&TQV yix>7;(av>jJKffO«t le premier avoir imaginé
TO ô/xtieiv ûtà ypafxy.xTbiv le converser par lettres
Toli yi'ioiî, avec ses amis,
la circonstance ne souffrant j)as

Ti^y évT«uÇiv xarà wpojwrtsv la rencontre /ace à face


UTtèp TCiv tTtJf/dvTCUV pour les choses pressantes

et à cause du nombre
de ses occupations
Xxl TO fJii'/iOoi Tr,i Ttd/SW'î. et de l'étendue de la ville.

IIo(oDyTat Si xai sxsïyo arjfieïov On donne encore cette preuve-ci


T»5î eùxoiiaî TTS^l Sixirv.-j , de sa facilité de régime,
on, Oùa/sptou AioyTOî, que , Valcrius Léo ,

TOÛ Çivou û£iTryi$oyT05 aùrov l'hùlc qui donnait-à-SGuper à lui


iv Mio to/âvu à Milan
nxpxOi-JTOi ctTjiipxyov ayant servi des asperges
xal xaTa;^éxyTOi et ayant versé
/lû^oy de rhuile-dc-scnleur
àvTt c).xcou au lieu d'huilo-d'-olive,
auras /*(''' e^ayrv ècj?s).cii$ , lui-même en mangea simplement,
et réprimanda
TOtî Ç>l/Otî SiJ7^tpx{yO\)7U' ses amis qui s't'H offensaient :

m 'U/3xct yxp , ty»j » Certes il suffisait , dit-il

TÔ u/î yr,r,70xi de ne pas user


T«î« jtTtaacTxouaiv* des choses vous déplaisant :

6 Jè t^(>t/;^'jiiy l'iais celui faisanl-remarquor


Wà KAIIAP02 blOZ.

X^Y/ov, aÙTOç ^(TTiv «Ypoixoç. « 'Kv ooo) oé -norzi oweAsOttc Otnè

/^eifAwvoç eU {itauXiv fltvOpojiroo revrjoi; , wç vjîèv et»pt -tt/^o»

olxrjaaTo; évôç yXioy po)ç £va ^ÉçaaOai ouvojxtvou , rpoç Toù;


çiXouç éIttwv, ojç twv fxèv £VTi}Aojv 7rapa/o)ir,Téov £ir, toI; xp«-
TtaroK;, tojv o avay^atoiv xoî; acOevEaTaTOiç, OTrrnov £XEAev-
(T£v avaiTaûyaaOai' atri oà twv àX/^wv aoToç èv tw TpoiTTtY«w
Trjç Oupaç eV.aOeuîev.
XVIII. '/\XXàt
Y^p ^ JJtÊv TupwToç a'jTÔ) TWV KeXtixwv 7ro>i-
fxojv Tirpoç LXSyjTTioui; auvéarr) xa'i Ti*pjpivoù(;*, ot Taç aîrrwv
ooiô£xa ttoXeiç xai xtoaotc; TETpaxo^iac; luTrpr.'javTE!; , £/(.jp''Aiv

7rpoa-o> ûii T^ç OtcÔ 'Poj|j.aiO'jç TaXaTiaç, wîTTcp TTotXai K(|x6poi

xal rfiUTOvsç, ouT£ ToXu.av £X£ivtiJV 07roC££GT£poi ooxoûvte; £tvai,


xat 7rAr,0o^ 6(AaAwç Toiâxovxa ixàv al Traçai (xupiâo£; ovt£ç,
Eixoai al iJLÇiypiityai ixtaç oioucai. ToaT<i>v TiYuptWjç uiv owx
auToç, aXXà Aaéiyjvoç, tteu^Oeiç utt' aCiToù, 7T£p'i tÔv 'Apapa
TTOTatxov cnjV£Tpi'j'îv. 'EXÇrjTiojv û' auTO), Tipoç Tiva tto/.iv :^iAr,v

« vivre soi-même. «Surpris, dans un de ses voyages, par nn orage


violent, il fut obligé de chercher une retraite dans la chaumière d'un
pauvre homme , où il ne se trouva qu'une petite chambre, à peine
sullisanie pour une seule personne. « Il faut, dit-il a ses amis, céder
« aux grands les lieux les plus honorables mais les plus nécessaires,
;

« il faut les laisser aux plus malades. » Il fit coucher Oppius dans la

chambre, parce qu'il était incommodé, et il passa la nuit avec ses


autres amis sous l'avant-toit de la porte.
XVIII. Les Helvétiens et les Tigurins furent les premiers peu-
ples de la Gaule qu'il combattit. Apres avoir eux-mêmes brûlé leurs
douze villes et quatre cents villages de leur dépendance , ils s'avan-
çaient pour traverser la partie des Gaules qui était soumise aux Ro-
mains, comme autrefois les Cimbres et les Teutons, à qui ils n'étaient
inférieurs ni par leur audace ni par leur multitude; on en portait le

nombre à trois cent mille, dont cent quatre-vingt-dix raille étaient

en âge de servir, il ne marcha pas en personne contre les Tigurins ;

ce fut Labiénus , un de ses lieutenants ,


qui les défit et les tailla en
pièces sur les bords de l'Arar. 11 conduisait lui-même son corps d'ar-
, , ,, , , ,

Vll^ DE CESAR. 63
une lolle incivilité ,

JjtIv ctjzbi û-/pouoi. »• ost.lui-ni(îiuc incivil. »•

Ev Ôfî'JJ Oi TZOTS Kl fin route une-fois


ayant ûié poussé par un orage
tiç tTtauAtv àjOpûinoM tt^j/to;, <lans la cabani; d'un homme pauvre,
r>>{ su<c£y oùôèv Tz'kéov comme il ne trouva rien de plus
«vèç otxr;/ji«TO; o\j/ctfiito\i qu'une seule chambre pouvant
dîiÇauOat yXi^xpui îva, recevoir à peine une seule personne
«tîrwv TT/îOç T0Ù5 y^iouç, ayant dit à ses îimis,

w; î'ï; 'i^y.py.y(i}priTéov (pie il (allait céder [sanls,]


les /;/«trs d'honneur auv plus puts-
Tcôv os àvayxaiuv mais les nécessaires
To"$ x-yOrjirTÔLTOii aux plus malades
il ordonna Oppius s y reposer :

auras Ji /zerà TÛv â)-Xwv mais lui-même avec les autres


îxâOfuoev il dormit
îv TciJ TTponztyidf rr,i Qjpxi. sous l'avant-toit de la porte.
XVllI.'Aiià yà/5 b fxh TipCizo^ XVIll. Cependant la première
des j^uerrcs de-Gaule
eut-lieu à lui
Trpàç E/SïjTTtoui xat Tf/'jotvov;, contre les Ilelvéliens et les Tigurins,
les(jue!s ayant incendié
les liouzc villes
xal TCTpx/.ozixi y.'riv.^ ix.\j-:'Jyj, et tes quatre-cents villages d'eux ,

iy/J)pO\JV TTjîCTW s en allaient en-avant [mains ,

'•/^--,
ôtà ra).aTt:<i T/;; Jrrô r-.iv- à travers la Gaule soumise aux Uo-
Stnrttp TriJat commc autrefois
YiifxZpoi /.xl TîJTOvi^, les Citiibies et les Teutons ,

ne paraissant pas être


ÛltOOîiTTîpOl £/îtVWV TÔlfJ.V.J , inférieurs à ceux-là en audace,
et étant également quant aunombu
aljusv TtxTxi rptx/.ovry. 'AVptv.'!:^, cn-tAul trente myriades,
xl ci fjLxyôyvjxi et celles qui combattaient
Jt/OTt oîoyyat /xtâ^. vingt myriades man(]iiant d'une.
TovTûJv /tev , oùx a JT^î De ceux-ci , non lui-même
à).ià AaSiyjvôj, mais Labiénus
Tîjut^Oflî !»7t6 awToy, envoyé par lui

écrasa les Tigurins


nepi TOv itora^uÀv '\papv.. vers la rivière d'Arar.
E/S»;r7tsjv ôè èntOj/i.ivwv Mais les ilclvétieoji s'clant jetés
,,

(A KAIIAPOX DIOZ.

dfyovTi t:?)v orpatiiv, xaO' ooôv àTrpoaooy.rjo)^ 2irtOe{xtva»v, ^Od[-

caç iirl yo)p(ov xapTepôv y.axe^puYe* xàxeî auvaY*Y**^^ *^*^ irapi

Tot^a; T^^v 5uva(xiv, w; ittito; aÔTÔi irpoo-^yOrj' «Toutcj) (itv.

^^r], viXTq<ja< ypr^<70|/,at Trpoç tyjv cioj;iv, vûv 5' to){X£v £7:1 toùç

7roX£u.iou; • « xai TreJ^ô; opa-z-^aç evtCaXc. Xpovw ce xat ya/^TrôJ;

u)(Ta(JL£voç TO (/.dt/ijxov, TTEpi Taï; àaa;aiç xat tw /otpaxi tov

ttXeÎctov eG/£ TTc'vov, O'jx ajTojv U.OVOJV G^i7Taijt.evo)v exil xa'i

f^.ayouLevojv, oXXà xat TraïOEç aùxwv xa'i ^uvaixeç àu.uvou.£vai

uL£/pi OavaTOu cruyxaTExoTT/jaav, wcte r/;v (xayr,v jxoXi; Et; a£7a;

vuxTaç TEXEUT^aai. Ka/oj ci Tto Tr,ç vi'xr,; ^pY^o xpEÎTTOv

ETTEÔriXE, TO ffuvoixiaat Tûoç oia^uYOVTa; Ix v7,ç {xa/r,? xwv TTcp'ov-

Twv* ^apCàpiov, xat xaxavavxa^ai xy;v yojpav àvaXaCeiv r// à:T£-

XiTïOv, xa\ xàç TcoXEtç a; SiÉ'^Ottpav, ovxaç u7T£p cÉxa ixupiàoa!;.

'Eupa^E ùï xouxo OcOiwç u.r, xr,v '/wpav £pr,u.ov 'fv/(ju.vrry c-

TEpixavoi ôtaSavxsç xaxac^/toci.

mce dans une ville alliée , lorsque les Helvéliens tombèrent sur lui

sans qu'il s'y atlcndll. Il fut oblige de gagner un lieu fort d'asbieiu-
où il rassembla ses troupes et Ir.s mil en bataille. Lorsqu'on lui arucua
le cheval qu'il devait monter: « Je m'en servirai, dit-il, aprcs la

« victoire , alin de poursuivre les ennemis maintenant marchons à


;

« eux; » cl il alla les charger à pied. Il lui en coûta beaucoup de


temps et de peine pour enfoncer leurs bataillons ; et, après les avoir
rais en déroule , il eut encore un plus grand combat a soutenir pom*
forcer leur camp : outre qu'ils y avaient fait, avec leurs chariots , un
fort retranchement et que ceu\ qu'il avait rompus s'y étaient ralliés,

leurs enfants et leurs femmes s'y défendirent avec le dernier achar-


nement; ils se firent tous tailler en pièces , et le combat finit à peine
au milieu de la nuit. Il ajouta à l'éclat de celte victoire un succès
plus glorieux encore : ce fui de réunir tous les Barbares qui avaient
échappé au carnage, de les faire retourner dars le pays qu'ils avaient

abandonné, pour réiablir les villes qu'ils avaient brûlées : ils élaieni
plus de cent mille. Son motif était d'empêcher que les Germains,
voyant ce pays désert , ne passassent le Rhin pour s'y établir
,, ,, , , , , ,

Viii DE CESAK. 65
par le chemin ù-l'impiovisie
aùx(j> dcYûvxi TYjv orpaxiàv sur lui qui cunduisuil Sun armée
npôi Tiva TrdAtv y^i/jv vers quel(|ue ville amie,
fOxtjoci xaTiyu7<v ies ayanl prévenus il be réfugia
èni •/^ùipîov xa^Tjpdv* dans un lieu furt :

xat £x«î TUva'/ayùv et là ayant rassemblé


xal -rrapxTâÇaç Ti^v Sdvx/JLVJ et ayant rani;é^en-bataillc sa troupe,
ûjj Îttkoî -KponôxO*) «ÙtùV comme un cheval fut amené à lui :

« Nixïjjaç ymiy , «yiij, « Ayant vaincu, dil-il,


Xp^lOfiXl toûtw je me servirai de celui-ci
pour la poursuite
vOv Û( '(tifltV luais maintenant allons
aux ennemis ;
»

xal ip/xi^<rxi ttsÇo^ èvtox/â. et s'élantclancéà-pied il /w chargea.


Xpdvcj èi xat j^a/ïTrcô^ Or avec du temps et péniblement
wffâ/iîvoî TÔ /jiû.-/^iixo-j ayanl enfoncé ce-qui-comballait
^7X• TÔV 1T/«ïffT0V TtOVOl' il eut le plus de peine
TTïpl xaïçâ/iâÇaiî /.sùtû yû.pu/.i. , vers les chariots et le rclranchemenl,
oltx vfitjxafiivbiv aùrdiv ixovuv les hommes ne résistant pas eux seuls
XK( /Ase^o/Acvbty excï, et combattant là
à^>à xai Kx'iQti «UTCïJv mais encore les enfants d'eux
xat 7uvat/£i a,auvo/ji£vai et les fennncs se défondant
jusqu'à la mort
furent laillés-on-piéces
wîTf rrjv fix-/_T^v TtÀfiUT^aat /x6)i.i au point le combat avoir fini à-peino
c({ /AC9a$ vuxraî. au miUeu de la nuit.
Toi os xsùcô ïpv^ '^'*ii vi/./;^ Mais au beau fait de la victoire
i7rCÛ>îXC X^fÏTTOV ,
il en ajouta un meilleur,
leréunir-en-corps-de-peuple
TOÙç TÔiv ^xpQxpuv nepiô-JTUJ ceux des barbares survivant
ClXf\)y6vTXÇ èx 7r,i /JLXX'fii ,
qui avaient échappé au combat
xal xaravayxâjai et les contraindre
àvoiaêeîv ti^v x^pxv à reprendre le pays
riv ànOinov , qu'ils avaient quitté,
/cti xài itdAetçàî StéfOnpx-j et les villes qu'ils avaient détruites,
o-^TXi ùnip otxa /xupiscôa^. tous étant au-delà de dix myriades.
hTljOaçC Ot TOUTO Or il ht cela
àcôlùi fJLi) ol r€p/j.X)iol craignant que les Germains
tiiaêâvT<> xaTâff;(ajji ayant traversé /l'occupassent
T^» X^jpxv '/ivOfiÀvrtV ipïifjiov. le pays devenu désert.
Yl£ Uik CisAR,
66 KAUApoz moi,
XIX. Aiuxep'^v 0£ TCpb; Tepuavou; ovTiKpu^ 6icip êukrvM
f/roXÉfxriTE, xaiTOi tov ^affiXta irpoTcpov aÙTwv, *Apio€urrov , £v

'Pôi[i.Yi <ju(jt.|jLayov TTîTrof/juivo;* àÀX' r,(7av d^opT|Xûi xoi; trtciij-

xooiç auTOu yei^ovEç, xa\ xotipotî Trapaoovxoç, oux 5v looxovv 2'jr\

toi; Tcapouffiv <xTp£u.T^a£iv, aXX* iTTiVEur^c^cûai xat xa(»fc^iv t^


I^otXaTiav. 'Opwv ûè touç r,Y£jxova; aTrootiAicôvraç, xat aa).i(rrat

0701 Twv èTTt'^avwv xai viwv aùtôi çuvE;r,AOov, u>< or/; Tpu^
/pY)COjjt.£voi xat ^pr,aaTi(7aw ty; (jL£-:à Kai^apoç crpaTEia , Tuva-

yaywv etç ixxXr,(iiav, IxiXeuaEV aTTievai xal [ay) xivcuveuetv Trapà

yvojjjirjV , ouTOJç àvdtvopwç xai (xaXaxw; l/ovta;* auTOç 5*£3nr, to

SExaiov Tayixa (xovov 7rapaXa€<i)v , l::i Toùç fiapCapou; Tcopêu-

aeaOai, {xtqxc xpsiTTOci fxs'XXwv Ki[A6pwv |xa/£cOai ttoXîjjlioiç ,

(xt^t' auTo; o)v Mapiûu yfitpoiv <rrpaTr,Yo;. 'Ex toutou ib uiv

ÔexaTOV TaYfJ'-st 7:pcG€£UTo«; eTTsa'i'E 7rpb<; auTOV, /apiv r/_£'.v

XIX. La seconde guerre qu'il entreprit eut pour objet de défendre


les Gaulois contre les Germains. Il avait fait, quelque temps avant,
reconnaître à iionie Arioviste , leur roi, pour ami et pour allie des

Romains; mais c'étaient des voisins insupportables pour les peuple»

que César avait soumis , et l'on ne pouvait douter qu'à la première


occasion ,
peu contents de ce qu'ils possédaient , ils ne voulussent
s'emparer du reste de la Gaule. César, s'étant aperçu que ses capi-
laincs , les plus jeunes surtout et les plus nobles ,
qui ne l'avaient

suivi que dans l'espoir de s'enrichir et de vivre dans le luxe, redou-

taient celte nouvelle guerre, les assembla et leur dit qu'ils pouvaient

quitter le service; que, lâches et mous comme ils étaient, ils ne


devaient pas , contre leur gré , s'exposer au péril : « Je n^ai besoin

« ajouta-t-il, que de la dixième légion pour attaquer les Barbares,

a qui ne sont pas des ennemis plus rcdjutablcs que les Cimbres; et

«je ne me crois pas inférieur à Marius. » La dixième légion , flallée

de cette marque d'estime, Uii députa quelques ofllcier* pour lui


, , , , ,, , ,

VIE DE CESAR. e?
XIX. Àeûrcysov Ô£ faoXifUfjct XIX. ED-seooD(l-licuil iU-Ia-guer: -.'

itpbi ripjx'xvobç aux Germains


xvrixpvç ùnip Ke).Tâiv ouvertement pour les Gaulois
xxiroi Kpôrtpo» quoique auparavant [Ronn
ayant fail-rcccvuir comme allié a
TÔv j3aarti<a aÙTÛv , 'A/sioCuîtov' le roi d'eux , Ariovistc :

à»à ^5«v yjiTovfç mais ils étaient dcsvofsinf


à^àpr,roL insupporUihles
ToTî ÛTiyjxdotç aùroû, aux sujets de lui

xal xatpoû TrapaôôvTOç, et roccasiim se présentant


oùx iod/ouv ils ne soniblaiiMit pas
i» à.rpîfjLr,7etv devoir se-contenlcr
in\ ro'i TTxpoûatv, des biens présents
àXAà £Tt(vi/i>J7<ffOa( mais devoir ravager
xal xaOî^stv Ti^v TxXixrlxv. et devoir occuper la Gaule.
OpCi-j oi Toù» ri'/t/x6'JXÇ Mais voyant ses capitaines
XVOÙiiXtûtJTXif qui avaienl-pcur,
xal /iâ).{7Ta 570( et surtout tous-ceux-qui
Tôiv îTTtyaviiiv xal viuv d'entre les nublos et jeunes
étaient vcnus-;ivec lui,

û; ô^ ypr,76ixt'^oi comme certes devant user


rii 77pxz£ix /xirx KxÎ7xpoç de l'expédiliun avec César
Tp\Jff, xal ypr;fxX7t7/iy ,
pour délices et gain ,

TUvayyycLiv £tj cxxAijffiav ,


les ayant réunis en assemblée,
è/îiiUTcv àziîvai il ordonna eux s*cn aller
/al /a;^ /tvouv£j£iv et ne pas se hasarder
T-xpi. yv'ji/z/jv conlre leur pensée
élsktïl disposés si lâchement
/zl /uta/ax&j;' cl si mullemont :

KÙrrft; £< Ifrt -xxpxXuZit-j mais lui-même il dit ayant pris


70 oÏâxtoj Ticy/ta ijl6:^o-j , la dixième léi;ion sculeinenl

nopcitcizOxi iTzl To'ji ^upZy.'.oJi, devoir marcher conlie les barbare .

/l>5r£ flD/ùi-J /j.xyS7f)xi ni ne devant combattre


nolsfj.ioii ypîirT07i "Kt'uo^wv des ennemis supéricursauxCinibr- s,

/x>ÎTC iv aÙTÔ; 7rpxrT//bi ni » otaiillui-nième un ^CDécai


X^ipiM Mx]B(eu. inférieur à Marius.
£/ TOUTOU TÔ fAtj ài/M.7ûJ 7x-^fj.x Sur cc la dixième légion
intfiY^ Tt^xcSrjxà» :tpbi «utôv , envoya des députés vers lui

ifuXo'/ovv7ti confessant tous


Ciffiy xâpt»* aYohp reconnaissance à lui :
G8 KAIÏAPOI blOÏ.

6|jLoXoYouvT£Ç xà ù akXa toos tauTwv ixaxiCov f,Y*M^"Ç' ^pH-^iC

oà xai 7rpoOu(x{aç Y^vc^fxevoi uX-z-peiç ôiTravTeç ,


fjxoXouOyjTotv ocirt

^,aepiov ttoXXwv , fojç h Siaxo^iot; twv TroXtjxiwv aT«6ioiç x«t-

effTpaxoTr^Seuoav. ilv (aIv ouv 8 ti xal irpoç r^jv T^ocov aW)V


£T£0pau(jTO TYjç ToX(xrjÇ TOo *Apioêu(rrou. Tep^xavoîç yôip crtOr,-

csaOai Pa)[xaiouç, wv ETrepyofxsvwv oux àv eooxouv JT:ocr7,/ai,

(xr) TrpoaSoxTQffaç , âOaujxaCe ttjv Kaiaapoç ToXjxav, xa\ tov orpa-

TOv fcopa T£TapaY(A£vov. 'Eti tï (xSXXov auTouç r,u.Qov£ Ta

(xavT£o(ji.aTa xwv Upcov Y'J^^ii^ûv, aî Tcocaj/iov otvaiç 7:po<roA£-

irouaai , xal ^cufjiaTcov £Xiy|ji.oîç xa» ij^<Kj»oiç Texjxaipoofivai rpo-

eÔeairiCov, oux iwaai jxà)(^rjv xiOficOai Ttp'iv £7:iAa[A'}ai vgav ceXt,-

vy)v. Tauxa xo) Kaicocpt tcuv^vojxêvo) , xai xoùç r£p(xai»oo<

^^cu^oc^ovxaç ôpwvxi, xaXwç sy£iv eSoçev aTrpoOuaoïç oO^jiv aùxolç

ci>{jiêàX)v£iv, ixaXXov -^ xov Ixeivcov àvajxEvovxa xaipov xa6rja6ai.

témoigner sa reconoaissance; les autres légions désavouèrent leurs


capitaines ; et tous , éj^alement remplis d'ardeur et de zèle , le suivi-

rent pendant plusieurs journées de chemin et campèrent à deux cents

stades de l'ennemi. Leur arrivée rabattit de beaucoup l'audace d'Ario-


visle. Loin de s'attendre a être attaqué parles Romains , il avait cru

qu'ils n'oseraient pas soutenir la présence de ses troupes; il fui

étonné de la hardiesse de César et s'aperçut qu'elle avait jeté le

trouble dans son armée. Leur ardeur fut encore plus émoussée par

les prédictions de leurs prêtresses ,


qui ,
prétendant connaître l'ave-
nir par le bruit des eaux, parles tourbillons que les courants font
dans les rivières , leur défendaient de livrer la bataille avant la nou-

velle lune. César, averti de cette défense et vojant les Barbares se


tenir en repos , crut qu'il aurait bien plus d'avantage à les attaquer

dans cet état de découragement, que de rester lui-même oisif et


, ,

VIE DE CÉSAR.
69
et Ips niiiros légions înjurlnîpnt
les chefs rJVIIos :

«TxvTeç ^è yt'JÔfxevoi ir^yj^ît; et tous (Icvonus pleins


bpufji y.ctl icpoOvuixq, d'élnn et de zèle,
/'ncconipagrirrent
une route «le plusieurs jours,
Iw^ x«Te7r^xrorr<ôru»av jusqu'à ce qu'ils rampèrent
èv Stccy.OTtOli TTZOtOtî à (Icux-cenls stades
des ennemis.
Tif; uèv ovv T0)u/;5 Certes de l'audaec
Toû AjOtoovjTOy d'Ariovistc
r,v 3 Tt xa? iTiOpuvzro une partie (^tait laquelle fut blessée
à cette arrivée-là.
M>î yàjO 7r^o?5o/.>Î7xj Car ne s'rtant pas attendu
les Romains
^7rt9>{T£70xt Tepuxjo'i;, devoir attaquer les Germains,
wv l7rîi;;/oy.évwy lesquels survenant
oux ê5d/0'jv les Jlomains ne semblaient pas
&v Û7ro5T/;vat, devoir leur résister,
il admirait l'audace de César,
xxl i'Jipx TÔv Tzparbv et voyait son armée
TtTSpXyixi'JOV. troublée.
Ta 5s /iavrrjuxTa Mais les prédictions

t5jv yuvat/sJv ?e^(ïiv des femmes sacrées


émoussaient encore davantage eux,
«t 7r/307?/î7rOU73Ct lesquelles /tinmc* regardant
Jt'vaeç TTOra^uûv, dans les tournoiements des lleuves,
xxl rt/u.xip6tifiXi. et conjecturant

iXc/ixolq /.x\ '^ôfoiç par les tourbillons ot les bruits

des nota
prophétisaient, ne permettant pas
d'engager le combat
irptv vîav Tïiiîvvjv è7t().â/A'^zt. avant la nouvelle lune avoir brillé.
EJoÇîv V/tiv y.xkSi^ Il parut être bien
rSf J^'xi.i'xpi TTuvOzvOjUivw raprît, à César apprenant ces choses
xal ipûvTi Toùç rep/*avoù; et voyant les Germains
qui se-tnnaient-lranquilles ,

ffy/i^i)»tv auToTç d'assaillir eux


o-^tv à:Tpo9'j/xotç, étant découragés
ttîXiov ]^ xaO/;jOat plulùl que de rester^oisif
,

70 KAJÏAPOÏ BIOZ.

^orpaTOTrtOEuov, içr,Y£i^aiva /.al 7Mtpo!>;uvc xotTaêavTa; rpôç àfpiv


$iaYO)viaaaOat. revojjLcvTjç 0£ XauTrpîç TpoTrrjç aùrÔiv, Iti ttb-

Siou; T£Tpaxoaiouç* à/pi tou *T*y]voo oio);»!;, xaT£itXr,7e touto ttî»

VExpwv TO TTEOiov xai Xa.j/'jpojv. 'ApioCucTo; 21 çOatTa; (X£t' <ÎX(-

yojv, 5t£7r£paffc tov Pr,vov. 'Ap'.0'j.ov Zï vsxpwv jx'jptaio^ dxtù»

YcVEaOat X^youTi.
XX. TauTa StaTrpa^atxEvoç , t?)v (xiv ouvaatv Iv 2rpcouT/oî<
a7r£Xi7:£ 5iay£i(jLa(70u<iav, aùxoç 5e toïç Iv 'Poiar, rpo7£/£iv ^ov-
Xo(X£vo<;, eÎç x7]v TTcpi ITaoov^ FaXa-ciav xaTsCr,, Tr,ç aÙTui oêoo-
(xevTjç ETrap/iaç ouaav. '0 yàp y.aXouixEvo; 'PouCtxwv^ TToraixoç

aTTO TYjç U7T0 Tai; "AXttcTI HeXtixt)!; 6pi^£i ttjv àXXr.v 'iT^Àiav.

EvratiOa xaOïQUEVOç Eor,tjLaYtoY£i , ttoXXwv irpoç auTov aï»ixvo'j-


ixÉvcov , Siôoùç (bv ExasTOç o£y,0£tY) , xa\ TTdtvTaç àTror£|X7:oiv "zk

{xèv EyTOVTaç -^ûY) Trap' owtou, xà ô' eXTri^ovxaç. Rai Tiapot -mv

oXXov S& Travxa t9)ç arpaxEiaç /povov IXdtvôave x6v XIou^iov Iv

d'attendre le moment qui leur serait favorable. Il alla donc escar-


moucher contre eux. jusque dans leurs retranchements et sur les col-

lines où ils étaient campés. Cette provocation les irrita tcUemenl

que , n'écoutant plus que leur colère , ils descendirent dans la plaine
pour combattre^ Ils furent complètement défaits ; et César, les ayant
poursuivis jusqu'aux bords du Rhin , l'espace de trois cents stades
couvrit toute la plaine de morts et de dépouilles. Arioviste, qui avait
fui des premiers, passa le Rhin avec une suite peu nombreuse j il

resta , dit-on ,
quatre-vingt mille morts sur la place.
XX. Après tous ces exploits , il mit ses troupes en quartier d'hiver
dans le pays des Séquanais ; et lui-même ,
pour veiller de plus prés
sur ce qui se passait à Rome , il alla dans la Gaule qui est baisée
par le P6 , et qui faisait partie de son gouvernement ; carie Rubicon

^
sépare la Gaule cisalpine du reste de l'Italie. Pendant le séjour assez

î long qu'il y fît, il grossit beaucoup le nombre de ses partisans; on

f l'y rendait en foule de Rome, et il donnait libéralement ce que cha-


cun lui demandait: il les renvoya tous, ou comblés de présents ou
pleins d'espérance. Dans tout le cours de cette guerre , Pompée ne se
, , ,

IHB DE CESAH, T!
àya/AsvovTa ràv xatpov aùràiv* attendant roccasion d'eux.
Kt faisant des cscarniuuchos
Contre les rcinparls cl les hauteurs,
sur Ios<|UL*Is iU caiii|)uiout,
Hvyplxtvt xal TtapojÇuv* il les irrita et les excita

à coiiil>allre par coK-re


/aTaCavTa;. élaiil descendus.
Or une fuite éclatanlo d'eux
ayant eu-lieu,
les ayant poui"suivis jusqu'au Rhin
èni TîTpaxoyiouç araotouj, à quatre-cents stades
zaT^Tri/îTS Trâv tojto tô tisoio- il remplit toute celle j)lairie-là
vixpûv xal \xff\ipoi-i, de morts et de dépouilles.
Mais Ariuvistc
/'ayant prévenu avec peu d hommes,
Sititépx7S t6v Pc'Ov. traversa le Rhin.
Ai-/ou7i ^c àpiQ/JÙ)v 'jiApCiv El on dil le nombre des morts
avoir été tic \iuit n)yriades.
XX. AiairpscÇi/ACvoç TxDra, XX. Ayant fait ces choses ,

àTléÂtTCC /AÈV T^^y ciiJOiflfJ César laissa son armée


SlX/HfJiX70-J73.V qui devait hiverner
chez les Sé(|uanais,

auras ôè j9ûuiô,u£vo5 mais lui-mèmc voulant


rpo7£;^ctv ToT; £v Pw/x]l, s'appliquer aux choses (h; Rome ,

xaréêrj ei; Ty;v raJ.scrtscv il descendit dans la Gaule


(ttqv) Ttepl Ilscbov, d'autour du Pu
ow<Tav TÂ5 inxpyiui laquelle était de la province
donnée à lui.

O yàp Ttora/iO; Car la rivière

/aioû/iîvoî 'PouSi/wv appelée Ruhicon


cotÇst Tr.v 'lj.Xr,j Ira/tKv sépare l'autre Italie

àirô Ti^5 K.eÀTtx/-s de la Gauloise


ÙtÔ TSCÎ^ A/TTÎTt. au pied des Al|)es.
K.xO»5/xîvoî îvTaGOa i5r)fixyû-/-:i ^ S'élanlarrèlé lail gagnait-lc-peuple,
:toi>(i5« àçiixvou/uivwv icpbi aOrov, beaucoup arrivant vers lui [soin , ,

accordant ce dont chacun avail-bc-


xal àîioirijuLTiuv Ttavraj el les renvoyant tous
Ta fiiv i/^avr*i ^o»j izxpx xltTOJ ,
soit ajaul des présents déjà de lui

Ta ^< i^ni^ovrxi. soit espérant.

K.ul 7ZX0X nivTX Sk El aussi duranl tout


,

72 KAtïAPOI BIOI,

(A^pct, vov (X£v TO'j; TroAEijLiou; toïç twv 7ro).tTÔiv ^)oi; xarot-

(jTpEOi^fxevoç , vuv 85 Toïç iîco TWV ro)v£|Ato)v y pi^ixaffiv atpwv -roi»;

TToXîxaç xa\ yEipouiJLevoç. 'Ettêi c^ Re^Yaç >jX0u«7e, êuvarorraT'yuç

^
KsXtwv, xai T-Jjv TpiTTjV àra(rr,<; tv;; Ke/tixt)!; veaojxévou^,

à'^Effxavai , ttoAX^ç oy^ Tivaç {xupiao'x; Iv07r)i6>v otvopôiv r,Opoix'>-

TOfÇ, iTTlCTpE'j/aç eOOÙç, È/(op£l TOC'/El 7ro).).ô)' Xa\ TTOpOot-Tl TOVÇ

(rj|X[/.ayou(; FaXaTaç iTTirsçcov toï; 7:o).£t/.ioi(;, Toùç uiv 40&o'j-

cTotTouç xa\ ttXeittou? aîcypwç aYwviTajxEvo'jç TSE-I/aar/oç ot-

éq>0£ip£V, wcTE xcti Xifxvotç xat 7roT0t|xoùç paOEÎç toï; 'Po)aaiot(;

VEXpWV TtXt^OsI TTEpaTOUÇ YEVEsOàl. Twv 0£ aTTOTTCCVTOlV OÎ U.£V

"t Tcapwxsdtvioi TTavTEç à{xotyEi TrpojEywpTjaav Iri oÈ touç àvpio)-

TotTouç xa\ u.aytaojTaTOUi; Ttov TTiOS, NEp^iouç*, ETTpaTS'jTEv

I oiTTEp eÎç (T'Jt7.jxijeîç Spuuouç xaxwxTjfXEvot , yEVEotç 0£ xai xtt'ceiç

ev Tivi pu6w Tvjç uXtjç aTTWTQtTw 6£(jt£voi TWV 7roX£u.io)v , aùzoi

douta même pas que tour à lour César domptait les ennemis avec les

armes des Romains et gagnait les Romains avec l'argent des enne-
mis. Cependant César ayant appris que les Belges , les plus puissants

des Gaulois, et qui occupaient la troisième partie de la Gaule, s'étaient


soulevés et avaient mis sur pied une armée nombreuse , y courut en
diligence , tomba sur eux pendant qu'ils ravageaient les terres des
alliés de Rome , défit tous ceux qui s'étaient réunis et qui se défen-
dirent lâchement; il en tua un si grand nombre, que les Romains
passaient les rivières et les étangs sur les corps morts dont ils étaient

remplis. Cette défaite effraya tellement les peuples qui habitaient les

bords de l'Océan ,
qu'ils se rendirent sans combat. Après cette vic-
toire , il marcha contre les Nerviens, les plus sauvages et les plus

belliqueux des Belges ; ils habitaient un pays couvert d'épaisses

forêts, au fond desquelles ils avaient retiré, le plus loin qu'ils avaient

pu de l'ennemi , leurs femmes . leurs enfants et leurs richesses. Ils


, , , , , , , , ,

vu: Di: cksar. 7a


rbv âyïo'j yp6-J0)f rrji aTpxrîi^; l'autre lemps de l'expôdition [ment,
liotvOave rèv Uo/xht^\'ov, h fxipn, il échappait à Pompée, alternaliNi^-
vuv flïv /aT(X9TpSf6nfJ0i tantôt suhjuguanl
les ennemis
ToTî ÎTriotç TÛv noy.irâi'j par les armes des citoyens
vûv ^t ac^ûv xxl ysipo!jiÂt'JOi tantôt prenant et soumettant
les citoyens

ToT; ypi^ixctijiv àitb Tûv Tiolsfxiu-j. par l'argent tiré des ennemi*.
Mais lorsqu'il apprit h's lîelgcs,

ôuvxTWTîcrouç KcAtûv ,
les plus puissants des Gaulois,
et qui habitaient la troisième partie

de toute la Gaule
s'être soulevés

:^0/OO(XOTaç Jiô ayant rassemblé certes


Ttvàç TToiiàç fji\jpiiSxi quelques nombreuses myriades
ic-^opûv ivoTriwy d'hommes armés,
étant reyenu-sur-ses-pas aussitôt
iyypn •Ko\ï€i riyst.' il marcha avec une grande vitesse :

/.%l iTrtTTfo'wv roîî :to/£/Jtioti et étant tombé sur les ennemis


r:2pQoï>9tTOtJi TO/jifxiyo\>iT».j ÛT-jç, qui ravageaient ses alliés Gaulois ,

Tori/âuevoîToùç/tèv àO^ouTTKTOu^ ayant rnis-en-fuile les plus serrés


el les plus nombreux
ccywJtiXfiivovi at(TX/5Û; qui combattirent honteusement
'HifdstptV , il les lailla-en-pièces

'ijTJ /al yifjivxç au point et les lacs


xal wora/xoùç ^aOîïç et les lleuvcs profonds
être devenus guéables
roTç Pcâj^uaiotç aux F{omains
TrAniOci vtup&v, par la multitude des morts.
TsiJV ^î à7t07TâvTCiJ» Ht de ceux ayant fait-défection
ot ftiv nxpùix.iûvioi les voisins-dc-l'Océan
ftpoasyûpv}<Txv TrâvTCç à/4a;(îi se rendirent tous sans-combat :

hrpirtuvt Si puis il conduisit-son-armée


contre les Mervicns,
Toùç à'/ptuTârous les plus farouches
xal /*a/c/jiûJTâT0uç et les plus belliqueux
Tiv Trjûl de ceux de ce côté
aXtXtp XSTCUXTJ^VOt lesquels habitant
dans des forêts épaisses ,

6<^voc oc yevcàf xai xT>;Tî(i et ayant placé familles et biens


74 RAIlArCJl I3I02.

T(T> Katiapt , roiouy.fvo) yapaxa xa\ u."?! ir|>oao£'/ojxiv(j) rr,»!»»

xaÛTa T:?iv ]X.''j:/r^^ , £;ay.t7aupiûi xô TrXr/Jo^ ûvt£^ al;p>i^u«); tt^oo-

ETreaov y.ai Toù; uîv trrxs'.ç dTp£'{/avTO, twv oi z'j'^\vx'.w* to

6(o5î'xaTov xVi To iCcoij-o^ TrEptfTyovreç , fiTrayTa; a7r{/.TUvav

Toùç xa^iap/ou;. El oi {xr, Kai^orp, àpTra^aç tgv Ûufibv,

y.ai ûiatr/wv touç Trpo auToy ixayoaévouç, ivi&a/t rots; ^arp-

oapoii;, xct\ aTTO twv OLY.owt to Cî'xarov, /.'.vîuveuovTOç «utoô,

xaT£5pa(J.£ xac ôiExo-Lî toc; Tâ;£i!; twv 7:o)^uu»)v, oùotl; àv 5o-


xoir/ TrEpiyevÉGOat. Nuv oè ttj Kaisapoç ToXaTj r?;v /.rpasV/jv

uTrèp Suvajxiv [lôi/rpj aYwviTav.svoi, TpÉTrovtai ixiv oùs* w; Toùç


\£pêiouç, xaTaxoTTOu-ji c' à(xuvoa£vou;. ITôVTaxoffioi vip à:rô

aupiaSojv ê; (7ojOr,voti XsYOVTai, ^ouXcorai O; xpE»; aTrô TcTc-ïxo-

CIOJV.

XXI. Taïïxa -fj ffuY''-^''i'°'î''^^^[^-"^*1 7C£vx£xaiûîAxf,;jL£aa; rirr,-

vinrent au nombre de soixante mille fondre sur César, occupe alors

à se relranclicr, et qui ne s'attendait pas à combattre. Sa cavalerie


fut rompue du premier choc ; et les Barbares , sans perdre un in-
stant, ayant enveloppé la douzième et la septième légion, en massa-

crèrent tous les officier». Si César, arrachant le bouclier d'un soldat

et se faisant jour à travers ceux qui combattaient devant lui , ne se


fùi jeté sur les Barbares ; si la dixième légion ,
qui , du haut de la

colline qu'elle occupait, vit le danger auquel César était exposé^ a' eût

fondu précipitamment sur les Barbares, et n'eut, en arrivant, ren-


versé leurs premiers balaillons, il ne serait pas resté un se-tl Ro-
main; mais, ranimés par l'audace de leur général, ils combattirent
avec un courage supériexir à leurs forces : cependant , malgré tous
leurs efforts, ils ne purent faire tourner le dos aux Nerviens ,
qui
furent taillés en pièces , en se défendant avec la plus grande
valemr. De soixante mille qu'ils étaient, il ne s'en sauva, dit-on, que
cinq cents; et, de quatre cents de leurs sénateurs, il ne s'en échappa
que trois.

XXI. Dès que le sénat à Rome, eut appris ces succès extraordi-
, , , , , ,,

VIK UK CKSAR,

dans un fonil de bois


àjrWTCCTW TCJV TTO/e/iÛJV, le plus loin des cnnoinia,
ir^oaiTreTOv «ùrol atyviôt'wç lombcrcnlcux-iiKÎuicsà-rimprovisia
étant do nombre soixante-mille ,

rû ÏL,xi7apL noioufjiiwj^ ydpXAX sur (^ésar faisant un rclraQchcnient


Aoù ftii nporoey^o/jLi'JCi cl n'aUcndant pas
T>jv(xaÛTa rr,v ij.iyr,-i' alors le combat :

mx\ èrp/'f avTO fxtv toùç iTTTtîr; cl ils mircnt-en-fuitc les cavaliers,
et ayant entouré
TO ôcjot/XTOv xal xà tSoO/iOV la douzième cl la septième
di's légions ,

àiri/Tftvav ils massacrèrent


aTtavraç toù^ raÇiacppçouç. tous les chcfs-de-cohorlcs.
El ô( Kalva^, El si César
ipitivxi Tov 0\jpiQ'^ f
ayant saisi le bouclier,
xal 5{ai7;(wv et ayant traversé
TOÙÇ /i2;(OuévOU$ Ttpè aUTOÛ ,
ceux comballant devant lui

/x-^ èvi6«>c T0Ï4 ^up&upotif ne se fût jeté sur les barbares


xal rà ocxxTOv et si la dixième U'yion j
«ÙtOÛ XtVOUVïÛOVT^ ,
lui étanl-cn-daiiger,
xariSpa/xs-j aTrô tûv âx|0wv ne fût accourue des hauteurs
xal 5c^yOTfï TK» râÇsiç et w'eùt coupé les rangs
Tftiv itoXefjLibi-j , des ennemis
0Ùô«($ àv doxocv; Trspr/îvcTÔat. nul n'eût semblé devoir écliapper.
NOv 5è àywvtffâ/xwoi Mais alors ayant combattu
T>} rd)./*/? K.atffapoç par suite de l'audace de César
/ite(;^>]v Tiqv liyofxi-jfjv un combat dit
!m'tp ôûva/Atv , au-dessus de leur force
oùdj rpiTToyTat /xi'i» wj ils ne font-pas-fuir même ainsi
les Nervicns,
xaTJtxÔTrTOufft oi mais taillenl-cn-pièces
à/*uvo/xïvouç. eujc se défendant.
IlevTaxdïtot yàp ié/ovrai Car cinq-cents sont dits
ffùiOrlvai àîtô éÇ ivjpi'XQ(tij y s'être sauvés de six myriades
rptTi oè ^ouirural et trois sénateurs
iitô TjTpaAOTiwv. de quatre-cents.
XXI. H ffuyxJlyjTOÇ XXI. Le sénat
informé de ces choses décréta
/fï Romains se-mctlaul-cn-féle
9J*iv TOF^ Oforj sacrilier auv dieux
,

76 KAIÏAPOÏ HI02.

ôejjLiôf v(y.y) Trpoxepov. Kcti yip 6 xivovvo; i^avTj jxÉYa;, £Ovrov

ÛtU-Ot T0T0UT03V à'J'X^^Oi-^i'^TO)^ y XOl\ TO v(xr,jJLa ).a|X7:p''yTE p'JV , ^1


Kaïdap ^v 6 vixôiv, i\ Trpb; Ixtïvov euvoia twv tto/J.wv £vro(tt.

Kal Y^P a'J'fo; eu OsaEVOç xi xati tYjV FaXaT^av , TraXiv £v toi;

Tiepi IlàSov ywp(oi<; OiE/Etfxaî^e, cucxEuaJ^ô^i^voç rr.v roÀiv. Où


yip [xdvov o\ riç àp/iç TrapaYYS^^^'^^'EÇ > Ixeivw y pojaEvoi yop-

TjYW, xai Toîç Trap' Ixeivou ypv^uLaat 5ia^0£ipcr;TEç tov ^u-ov,

àvTjYopsuovTo , xa\ rav Erparrov 8 t/;v Ixeivo'j cuvaatv a'j;£iv

euleXXcv , aXXi xcti twv l'7ri^av£<rraT0)v <Jv5pwv xai a£YiCTO)v ot

7rX£Î(7Toi cnjvrjXOov TTpoç aijTov eîç Aouxiv *, no'xT-/(Vo!; te xai

Kpaccoç , xot\ "AuTTioç ô t9;i; iapoovoç *?iY£fJt-tov , xat N'e'zw; 6 r^ç

'Iêr,pia? àvOuTTaroç* wcte ^a€$ou/ovç (xlv éxaTOv eixo^i •{vUc^oUf

c\jyy(.\y\-zixoh^ Se TrXEiovaç rj oiaxoffiouç. BouX'J'iV Se Oitxsvoi 5i-

£xpi6r,aav etci toutoiç* eoei TIofATcr^'iov jxèv xa\ KpacGOv u7:aToo<

naires , il ordonna qu'on ferait, pendant quinze jours , des sacrifices


aux dieux et qu'on célébrei-ait des fêtes publiques : jamais encore on
n'en avait fait autant pour aucune victoire; mais le soulèvement
simultané de tant donations avait montré toute la grandeur du péril;
et l'affection du peuple pour César attachait plus d'éclat à la viotoire
qu'il avait remportée. Jaloux d'entretenir cette disposition delà mul-
titude, il venait chaque année, après avoir réglé les affaires de la
Gaule, passer l'hiver aux en>-irons du Pu ,
pour disposer des affaires

de Rome. Non-seulement il fournissait à ceux qui briguaient les

charges l'argent nécessaire pour corrompre le peuple, et se don-


nait par là des magistrats qui employaient toute leur autorité à
accroître sa puissance; mais encore il donnait rendez-vous, a
Lucques, à tout ce y avait dans Rome de plus grands et de
qu'il

plus illustres personnages, tels que Pompée, Crassus, Appius, gou-


verneur de la Sardaigne, et Népos, proconsul d'Espagne; en sorte
qu'il s'y trouvait jusqu'à cent vingt licteurs et plus de deux cents
sénateurs. Ce fut là qu'avant de se séparer, ils tinrent un conseil
dans lequel on convint que Crassus et Pompée seraient désignés con-
,, ,, , , ,,

VIE DE CESAR. 77
et prendre-du-repoa
pendant quinze juurs,
aulanl-quo auparavant
pour aucune vicluire.
K.al y-xp ô xl-jS\jvoi ifivrj /j-i'/xç, En effet le danger parut grande
tant de peuples ensemble
Ùj'XppX-/ivTbiV ,
s'étant soulevés,
/.A ûTt 6 L.xÏ9»p ïiv 6 vi/.CàJ et parce que César était le vainquant,
la bienveillance du grand-numbre
TipOi «ÙtÔV pour lui

èTTocit 70 vUrifix Xa/xnpÔTipo-j. rendait la victoire plus éclatante.


h.ut -/ocp awTÔî OifJie-JOi £v En ellellui-intîine ayant arrangé bien
rà xarà tî^v Fa^arfav, les affaires de la Gaule
de nouveau bivernait
iv roXç y^upioii (toïç) mpi Uxooj, dans les pays autour du Pô
7U<rx(vaÇo/ji.(vo( Tr,v nôÀiv. disposanl-des-choses de la ville.

Où yocp fjiovov Car non seulement


ol iKocp'x-jyiXlovrti ràî àpy/xi ceux briguant les charges,
•/^pûifMevoi è/cîvea '/opwt<^ > se servant de lui pour fournisseur,
xal ô(a^O<(povTf$ rày Sr^/iov et corrompant le peuple
roîi x^»j/jL5tffi (roîî) tixpx cAiuo'j, avec l'argent de lui

àvrjyoptûovTO , xxl iitpxTTQv étaient élus, et faisaient


izxv ijxeXXsv xv^tiv tout ce qui devait augmenter
TYiv ûûva/Aiv èxîtvou, la puissance de lui

odXx KXl ol K/SÏJTOt mais encore la plupart


Tûy xvQpûtv èmfaysffTecTcuv des hommes les plus distingués
xal fXi'/ivru-J et les plus grands
auv»jÀOoy npài xurbv tlç Aouxxv, accoururent vers lui à Lucques ,

Uo/ATiyjVdç TC xal Kp(X790{, et Pompée et Crassus,


xat 'AniTtoî et Aj)pius,
h -nys/xùiv Tïii ï,xpS6voif gouverneur de la Sardaigne
xal NtTTWf et Népos
'
ô àvôuTtaroî ttjç Itripixi proconsul de l'Espagne :

&<JTt ytvlaOxi au point s'être trouves réunis lu


ixaràv fiÀv «1X091 pxZSoûyoui , cent vingt licteurs
ir^kct'ovaf ôc 1^ et plus que
j(axo7(ou{ ffu-/xJi»jTUOÛç. deux-cents sénateurs.
A(«xpiO>j7ay ôi Or ils se séparèrent
l;<JUl«VOl (^0\J>ir;v CTtl TOJTOli* ayant tenu conseil sur ceci :

{«<i /A(y Ilo/x7tTjVoy xal ïipd770J il fallait d'abord Pompée et Oassiis


,

78 HAliAlKJÏ blOÏ.

iTro^Ei/Or.voti, K«i(Tapi 5È ypT,aaTa xai TrevTotCTi'av i).),r,v lici-

(X£Tpr,09ivai Tr,; (XTpaTrjia;' 5 xai rcfpaXovoVraTov t^ai/eTo toI<

voov £/ou(7iv. Oi Y^p ToaauTa ypy^aaT'a rapà Katcapo:; /a}JL6a-

vovTEÇ, (i); oÙk if^ovTt ôiOovai Ty,v pouAr^v Irtiûov, (aS/J^ov S*

vîvaYXot^ov l7rtnT^vouTT«v ovç g'|/T,'^i!^ovTO, KàTO)vo; «iv oO ira-


pôvTOç* £7riTr,8£(; ^^p aCiTOv eÎç Kurpov àTTEÎiOTrouTr/^savTO' ^ao>-
viou o\ oç v ^r,AoK7;<; KaTO)vo<;, wç oOoÈv £7r£paiv£v iyzùJ.'(o)'*

£;aXoij.£vou oià Oupwv y.ai [ioo)VTO<; tU "^ Tr/.r/jo;' à/7.à 7rpoa£ly£¥

oùû£i<;, T(ov [X£v ÏIoaTTr/tov aiôouac'vojv xai Kpa<77ov* ot C£ ttÀsI-

aroi Kaicapi yapi^oy.£voi xai Trpôç xàç aV Ixeivov ^wvTé:; e).-

TTicaç rjcûyc.^ov.

XXIL Tpa7roa.£Vo; o' auO:; o Kaïcap l-i -ri; iv tt; Ke/tixt-


O'jvaaeiç , roX'av xaTaXaoêavci TTOAEaov ev tt, /««p», O-io f'Ep-

•j.avtxtov eOvwv [XEyaXojv ettI xaraxTr'^Ei y^i? af"i "^^"^ 'Pîjvov

Ôia6£Çr,xoTO)v OùaiTraç^ xaAoûai touç ETÉpouç, xol»; &£ T£VT£pi-

suls pour l'année suivante ;


qu'on continucrart à César, pour cinq
autres années , le gouvernement de la Gaule , Cl qi/on lui foumrrail

de l'argent pour la suide des troupes. Ces disposrtions révolt -n'Ot


tout ce qu'il y avait de gens sensés à Rome ; car ceux à qui César
donnait de l'argent engageaient le sénat à lui en fournir, comme s'il

on eût manqué; ou plutôt ils arrachaient au sénat des décrets dont ce


corps lui-même ne pouvait ^'empêcher de gémir. 11 est vrai, que
Calon était absent; on l'avait à dessein envoyé en Chypre. Favonius,
imitateur zélé de Calon , tenta de s'opposer à ces décrets ; cl, voyant
que ses elïorls étaient inutiles , il s'élança hors du sénat et alla dans
l'assemblée du peuple pour parler hautement contre ces lois ; mais il

ne fut écouté de personne ; les uns étaient retenus par leur respect
pour Pompée et pour Crassus ; le plus grand nombre voulaient faire
plaisir à César et se tenaient tranqudles, parce qu'ils ne vivaient que
des espérances qu'ils avaient en lui.

XXII. Lorsque César fut de retour à son armée des -Gaules , il

trouva la guerre allumée. Deux grandes nations de la Germanie , les

Usipes et les Tenctères , avaient passé le Rhin pour s'emparer des


terres situées au delà de ce ûeuve. César dit lui-même dans ses Ccm-
, , , , ,

'9
VIE DE CESAR.
éire nommés consuls
j)uis «le l'argonl

xat âAJ.Tjv TrtvTOtrr/av et un autro pspaco-de-clnq-ans


tyIç irpurr^yioLi Je commandement
ini/j.îrpr,07,jxi Ka^^a^i* <îlrc prorn^cs à César :

a xal i-fui-jero nxpxyoy^rxzoj ce-qiii paraissait fort tléiaisonnaWr.

TOT» t-^o\)9t voûv. à ociKX ayant du aons.


01 yùp ia/xSavûVTCfi Car ccu\ recevant
Tra^oàK.c/.tja|30iTOTauTax/'*5i'^*'^» ^'' César tant d'argent
érriiOov t/jv ^o\j\^v persuadaient au sénat
âiùdyat (ûç oùx é^owi, lie liéi d(mnnr comme n'cnayanl-pa»,
et plutAi le forçaient

îTriTTévoutrav bien que gémissant


de ce. qu'ils décrélafont,

K.âTOjvo^ /xiv où Ttxpo-JZOïi' Calon d'une part n'élanlpas-présent:


xneSiQ-no/jLTtT^vavzo yàp altroj car ils avaient relégué lui

exprès à Chypre :

<fra&>vù>u ai., daulre part Favonius,


^» ^''' Çl^wrVji KiT6Jv05, qui était imitateur de Caton ,

û{ CTiJpatvcv oùJiv comme il «'avançait rien


en coiilrcdisant ,

ïçaiOjUivou s'étant jeté hors du sénat


otà 6'jpôiv par les portes
y.u.1 ^O'Z-jroi «îç TÔ TrV?,Oai' et criant dans la multitude :

àiXà oùû«U Tfpo9sXye ,


mais personne ne faisait-attention ,

Twv /iiiv atooUjUivwv les uns révérant


P(»mp';e et Crassus;
oî 0£ 7r).eîïT0c et la plupart
y^xpt^àixvjQi 'E.u.i'sv.pi y.xl Ç'5vtjj favorisant César et vivant
Ttpbi ràj è).7rtûa5 xTzb èxri'voy, au gré des espérances de lui,
rtirùyu^o'^f. 8C tenaient-tranquilles.
XXII. 'O Se ILx-nup XXU. Mais César
Tparrd/jLfivoî aZOf.^ étant relmirné de nouveau
îwl ràî Su-JXfietç èv ri} ILsXrix/), vers les armées dans la Gaule
xaraist/xSâvît èv rr,
X'^P^ trouve dans le pays
noXùv Ttdie/xov une grande guerre
Jo /xr/âXwv iOvîiv Tip/MX-Jiy.cÔJ deux grands peuples germanique;^
ÛlxClSrjXOTWV 'Ipri TÔV 'Vi'i'JQ'J ayant passé depnis-pcu le Ilbm
lui xoToxTijjfi yf;i' pour une ccmqucle <le territoire :
xaioufft TOÙ; éripouç Obciituç , OD appelle les uns UsipicDS.
, ,

80 KAIiAl'OÏ DIOÏ.

Ta;*, Ilepi ùï Tr,<; Trpo; toutou; Ycvo(X£vr,; (xa/r,ç 6 jxtv Kalîap


iv Taïç t'^rj(Aepi<7i' y^YP*^^^> <**Ç ^î flapCapoi OiaîrptcGeuôjxtvyj

Trpoç auT^v, £v dTcovoaîç ^ttiOoîvto xaO' 6ocrv, )ca\ ôii tovto Tpt-

«j^aiVTO TOViÇ aÙTOu, iwvTaxiayiX{ou<; ^vTaç ÎTTTreiç, dxTaxoaîoi;

Toï; £X£iva)v ,
(x:^ TrpocSoxwvTa;* elTa tc/ (x'j/eiav ÉTepou; Trpô; au»

Tov aoOiç IçauaTwvTa;, otiç xaTaoywv ^TraYoïYOi toî; flapCapoiç

TO aTpaTEUjxa, t'^v Trpo; ootwç à7:((7TOu; xai TrapaoTrdvoou; ttittiv

euTQOEiav :î)YOU{jL£voç. Tavuaioç* 5è Xe'Yei, KaTwva, tt,ç ^ouX9;;

èià t9) vixr) ']/'/)cpi^O(X£vr,ç éopT^ç xal (nrovoiç* xai Ouciaç, aTroç.-/;-

vaaOai yvojjxviv, w; Ixûoteov £(7t\ tov KaiVapa toï; ^apCapoi;

açooiou{jL£Vou(; to 7rapa(77ro'vor,ixa uTiÈp tTjÇ tto'Xeio; xai ty.v àiàv

eîç tov aiTiov TpçTTOVTaç. Twv oà oiaCàvTwv aï (jiv xaTaxorel^rai

TEffoapaxovTa (jiupiaOEç vj-jav ôXi'youç oè touç aTrorEpà^avra^

auOi; UTTESÉçavTo 2o-JY*H"-^poi *> FEpjxavixov lOvo;. Kai Taurr.v

mentaires, en parlant de la bataille qu'il leur livra, que ces Barbare»,


après lui avoir envoyé des députes et fait une trêve avec lui , ne
laissèrent pas de l'attaquer en chemin , et , avec huit cents cavaliers
seulement, mirent en fuite cinq mille hommes de sa cavalerie,

qui ne s'attendaient à rien moins qu'à cette attaque : ils lui envoyè-
rent une seconde ambassade , à dessein de le tromper encore ; mais
il fit arrêter leurs députés et marcha contre les Barbares, regardant
comme une folie de se piquer de bonne foi envers des perfides , qui

venaient de violer l'accord qu'ils avaient fait avec lui. Tanusius écrit
que, le sénat ayant décrété une seconde fois des sacrifices et des fêles
pour cette victoire , Caton opina qu'il fallait livrer César aux Bar-
bares pour détourner de dessus Rome la punition que méritait l'in-
fraction de la trêve et en faire retomber la malédiction sur son
autem*. De cette multitude de Barbares qui avaient passé le Rhin

quatre cent mille furent taillés en pièces; il ne s'en sauva qu'un


petit nombre que recueillirent les Sicambres, nation germanique.
, , , , , ,

VI K DE CFSAR. 81
TOÙç Si TevTspiruç, et les autres Tenctrres.
Utp'i Si T-^ç H-^'A'^ii Or touchant le combat
'/îvoiilvr,/; Tcpbi T0ÛT0U5, qui eul-Iieu contre ceux-ci,
Ô fiiv KxXaoïp yiypccft'J César a écrit
iv TxTç ifrifxepifTtv, dans ses éphéméridcs,
Ôjç ol ^'xptxpot. que les barbares
cixnptaèivô/jLfJOi npbç aùrôv, ayant député vers lui

éTTtôoïvTO xarà qqqv /'alUujuèrent en route


h aitojoxXi, pendant une trêve,
Xxl Six TOUTO rpi'llXlVTO et par cela mirent-cn-fuite
inzxtiovioif TOtî èxeivwv avec huit-cents d'eux
Toùç auToO , évraç ceux de lui ,
qui étaient
7rîvTax(»/(Atou{ t:r:reÎ5, cinq-mille cavaliers,
ft^ rr/oo(Toox6JvT«5* ne s'y attendant pas
lira nl/x^six'j aZOïç puis r;u'ils envoyèrent de-nouveriu
itpbç auTÔv héporji vers lui d'autres disputés
iÇxrraràivTaç, le trompant,
o-*î x3tTaff;^&jv lesquels ayant retenus
iitx/x/ot t6 azpûzz\>iix il conduisit son armée
roTç ^xpèxpoii , contre les barbares,
hyoii/j.svoi e-jr,Oiixv t^v Tt^ffttv estimant simplicité la foi

trpOÇ OUTWî àlTtffTOUÇ vis-à-vis d'hommes si perfides


xal ira^xffTTOvôou^. et infracteurs des trêves.
Tavûfftoj ci /lyst, Mais Tanusius dit

le sénat décrétant
io/oràç xal ffTTovoàç fêtes et libations
xxl Ouff/aç èrrl t/J vtx>j cl sacrifices pour la victoire,

Kârwva àrTOp^vxffOai yvw/xijv Caton avoir émis l'avis,


û( «ïTtv ^xooTiov Tov Ratorapa qu'il faut livrer César
Toîç ^xptûpoiç , aux barbares
àjJOffiou/xivouç TÔ ny.pxaTiovonax expiant la violation dc-la-trève
yjitkp t7,ç TtdAîwç au nom de la ville,

X:<1 TpéTTOVTXJ TïJV ScpxV et détournant la malédiction


tli t6v a'Ttov. mrj' auteur du crime.
Tûv Sk Six&ivTOiV Or de ceux ayant passé le Rltin

ai /xcv /xuptdtoeç xaT«X07r«Tffai les myriades taillées-en-pièces


nffav Tt77XpXK0VTX' étaient quarante :

ïciyxfiZpoi Sk, et les Sicambres,


l6>oç Tc/D/xavuèv nation germanique,
reçurent les quelques hommes
Vie de Cisak
,

82 KAITAPOZ I;I01.

XoiÇwv aiTi'av itz' otCtouç ô Kaîaotp, a)Jai); ok èoçr,^ £^«j4rvo;

xal Tou TrpwTOi; àvOpoWojv TTpaTÔi ûia€r,vai tov *P^vov, ^iftvj^'/-»

TrXa-o; TE TToXùv ^via xax' Extivo too r'ipou jjtâXiCTa rXrjxay


pouvTa Kttl Tpa/ù> xal powor), xot\ toTç xaTa:j>Epoa/vot; (rr£À£;^î7i

xa\ Ç'JXoi; irXr,Yi; xai (TTTotpaYH-ouç ivoioc>v7a xati twv EpEi^^Jv-

Tojv Ti^v ye^upav. 'AXXà xau-ca TrpoÇoXoi; ^u)vOJV fU^aXtuv oii. tou

Tcopou xaraTTEX'/iYO'wv dvctor/^^iAEvo:; , xai yaXivoj7a<; to rpoa-

TTÏTTTOv ^EÛfxa To) ^lû^uoL'i^ '7ri<rT£(0(; 7rdt7r,<; Oeaua xpEÎTTOv eue-


SfiiçaTO T-^jV Y^T-upav y;uL£pau; 0£xa cuvTEXEcOEÎcav.

.( XXIII. nspatoicaç os ty;'» ouvau.iv, oCoevoç OTTcr/riaorai toX-

;xr^aavToç , àXXà /.ai twv r,YctJiovixo)TaTOJV toj Fepy.avixovi,

-t- —our'Çtov*, eÎç (iaOEtç xal uXcooeiç aCXtova; à vac xî jaca;x£ vtav

TrupTToXr^aa; (j.£v ti?;v twv 7roX£aiojv, Ôa^^uvaç 0£ to'jç àei xi

Poj(ji,aiojv (xff7T-a^ou.£vouç , àvr/topr,ffEV aoOi; e'.ç xr,v FaXaxiav,


EixOffi ouEÎv Sfioucaç r,{jt.£pa; Iv xr, repfxavixr) ôiaxExpr^cuç. 'H

César saisit ce prétexte de satisfaire sa passion poarla gloire ; jaloux


ti'étre le premier des Romains qui eût fait passer le Hhin a une
armée , il construisit un pont sur ce lleuve ,
qui , ordinairement fort
large , a encore plus d'étendue en cet endroit; son courant rapide
enli aînait avec violence les troncs d'arbres et les pièces de bois que
les Barbares y jetaient, et qui venaient frapper avec une telle impé-
tuosité les pieux qui soutenaient le pont , fju'Fls en étaient ébranlés
ou rompus. Pour amortir la raideur des coups , il fit enfoncer, au
milieu du fleuve , au-dessus du pont , de grosses poutres qui détour-
naient les arbres et les autres bois qu'on abandonnait au Cl de Teau,
et brisaient en quelque sorte la rapidité du courant. Aussi vit-on la

chose qui paraissait la plus incroyable, un pont entièrement achevé


en dix jours.
XXlll. y fil passer son armée, sans que personne usdt s'y oppo
11

ser j les Sucves mêmes , les plus belliqueux des peuples de la Germa
aie , s'étaient retirés dans des vallées profondes et couvertes de bois-
César, après avoir brûlé leur pays et ranimé la confiance des peuples
qui tenaient le paru des IWmaias , repassa dans la Gaule ; il n'avait
, , ,
, , , , ,,

vu: DE CKSAK. 83
qui passèrent le fleuve de nouveau.
Kal b Rxîffap Ll C'I'sar

XaSùv ÈttI aùroùj raÛTïjv aÎTt'xv, .lyanl pris contre cu\ ce grief,
mais d'aillours «Irsiroux de gloire
xat ToO -rxpùroç àvOp'jJTTW.» et du le premier des hiiinitios

îiaS/;vat ràv 'Px[vov arpxxo) , avoir passé le Rhin avec une armée,
l)iiil-un-pont sur le fleuve
îvra T« noïbv nXiroi qui L*tait ;^'tand en lari;eur,
Kxl xxrà ixiXvo toû 7cd|0ou et à cet endroit du passage
le plus plein
Kxl rpvy^b'j xal poJèôri et raidc et inipctueux ,

*x\ èvÔlÔdvTX TOtÇ ffTSié/ÎTl et donnant avec les troncs-d*-arbres

xal XûXqiç et les piéces-dc-l»uis


XXTXfSpOfJiijOli emporlécs ilaiisson cours
TrAi^yàç xal (TJtapayjnovs des coups et des déchirements
xaràTWv îckgovtwv t^v yi:fjpx-j. contre les pieux soutenant le poni.
AXXx àvXOÎ'/^àlJiîJOi TXÛTX Mais recevant ces chocs
itpo&ôXoiç /iî'/âiwv Çj>wv avec des pilotis d'énormes bois
xaTaTttTt/jyÔTWV 5ià ToO Tzàpo-J , fichés au-travcrs du passage,
xal y^xXtv'Jjaxi tô psûfix et ayant bridé le courant
TTjOOJTrîTrTOv T'^j ÇeyyyuixTi qui se jetait contre le pont,
înioitlaro OixfjLX il montra un spectacle
x^iïTTûv :zx7T,i ixlsrictii supérieur à toute cnoyauce
TT^V •/£J)U|CaV ffUVTt/.SOÛîÏTav le pont achevé
oixx r,ixipxii. en dix jours.
WllI. U^paiûffKj ôè XXI II. Et ayant fait-passer
T^v Sûva/jitv l'armée
oJ?£vÔ5 ?o).,a>ÎTXVTOî ÛTr«vrty.r7.t personne «'ayant osé s'y opposer,
à//à xal Twv x;7e^uovtxwTâTwv mais même les |>lus importants
ToO Tf^/jiavixou, Souï^Swv, du corps gernjani(|ue , les Suéve.^

x-Jxnt.iMX<ix{xhwi etî aù/ôJvsî^ ayant émigré dans des vallées


j9a9îÎ5 xat ûX'jioît; profondes et boisées,
irjpTTO/riffzç /ièv Ti^v Tûiv Ttoieaicjv, ayant brûlé le pays des ennemis
ôxppûvjtç ôè àïl et ayant encouragé successivement
Toùç iTrraÇo/xévouç ceux embrassant
fà Puuatojy, le parti des Romains,
àv«5{<p)pifjaev au9tç il retourna de nouveau
dans la Gaule,
•îiarcrpt^.; èv ttJ rep;ttœvtx*; ayant séjourné dans la Germanie
rxoviv iifiipxç ôcoûvaç ouclv. vingt jours manquant de deux.
R/f KAIÏAPOÏ niOZ.

5' i-Ki Toùç lipcTTavoù; cTpaTEia t^,v }xèv -rOt/av eT/tv ivofioe-

ffTT^v rptoToç eÎc; tov irsrAoxn^ ^ûxEotvov IréÇr) aTo).<;), x«\


Y«p
Sii Tyjç 'ATXavTixr.ç* OaXaTTr.f; <TTpaTov ^TTt TroXeaov xou-^ov

?7rX£U(7£* xai vr,aov à7Ti(7Tou(>.Évr,v uro (jleyeOou;, xa\ 7roX).*J;v «p.v

iraixiroXXoK; (juyYpaÇt^'^i Trapacyovîcav, w; ovoixa xat Xo^o; ou

YEvouLÊvyiç 0'!»$' ouoTjÇ 7:£7rXa(7Tai , xaTa(r/£Îv iTriOeaevoç , Trpo'/^-

Y^YEV ECO) TYÎç oîxoufXEvrjÇ Trjv 'Po)ULai(iJv -/lYEU-oviorv. A\<; oÈ oia-

irXEuaaç eîç t^ vr,aov Ix ty)? àvriTTEpaç TaXaTiaç, xai u-a/aK

TToXXaïç xaxtoaaç tou; 7roX£[xio'j; (AaXXov ^ xouç tSiouç oj.j«cXr,aa<

(ouôsv Y^p ô' Ti xat XaSsIv ^v a;tov à::' àvOpojrojv xotxo^ioiv /.t'.

'7r£vrjT0)V ) , ou/ oîov I6ouXeto, tw ttoXêu-w te^vO;; Ir.ihry.vij d/./.

ôfi-vipouç Xaêwv Trapà tou SaTtXÉojç , xai xa^oj^Evoç ç^opou: ,

àTTv-pEV Ix T^ç vr^orou. Kai xaTaXaa^avEi *(p'x\t.fj.i':ix ixùXvni


êia-jrXsïv Tupoç auTov cxTro twv Iv 'Pwari çiXwv, SrjXouvxa ttjv tt^?

employé que dix-huit jours à celte expédition dans la Germanie.


Celle qu'il entreprit contre les habitants de la Grande-Bretagne est
d'une audace extraordinaire. 11 fut le premier qui pénétra avec une
flotle dans l'Océan occidental, et qui fit traverser à son armée la mer
Atlantique ,
pour aller porter la guerre dans cette lie. Ce qu'on rap-
portait de sa grandeur faisait douter de son existence, et a donné lieu
à ime dispute entre plusieurs historiens ,
qui ont cru qu'elle n'avait
jamais existé et que tout ce qu'on en débitait ,
jusqu'à son nom
même, était une pure fable. César osa tenter d'en faire la conquête
et de porter au delà des terres habitables les bornes de l'empire
romain. Il
y passa deux fois, de la côte opposée de la Gaule; et.
dans plusieurs combats qu'il livra , il fît plus de mal aux ennemis
qu'il ne procura d'avantages à ses troupes ; elles ne purent rien tirer

de ces peuples, qui menaient une vie pauvre et misérable. Celte expé-
dition ne fut donc pas aussi heureuse qu'il l'aurait désiré; seulement
il prit des otages de leur roi , lui imposa un tribut et repassa dans la

Gaule. y trouva des


11 lettres qu'on allait lui porter dans l'île , et par
lesquelles ses amis de Rome lui apprenaient que sa fîUe était morte
, , , ,, ,,

VI K DE CKSAU. 85
'û SivTpxTtiu i-ni roifil^fjîTTx-jo'vç Mais l'cxpédilion conlre .es Bretoni
tl/S fJiVJ Tr.V T^/XZV O-JO^aUlTTiV' avait une audace luéiuorable :

npCJzoi '/àp car le premier


tTTïEirj ffTO'iùl il s'avança avec une llollc

tli TÔv ûxixvôv ij-nipioj dans l'Océan uccidenlal,


xxl (n>eu7( et navigua
Six Tr,i Qx)xTTr,i S.r)x-j :i/.Z; mer Allanii<|ue
à travers la
xotii^(>iv arparov «Ttl 7r&/£aov* emmenant une année a la guerre :

et ayant tenté de s'emparer


v>;(jo« àTTtffTOu/xivïjy d'une lie qui élail-suspecte
ûrrô fieyiQoui par sa gramieur,
xal Tcxpctaxo'Jvxv Ttoiiiîv £^tv et qui a fourni grande dispute
à beaucoup d'écrivains,
&)( OVO/JLX X.XI Xo-jOi comme quoi le nom et le récit

où ycvoiJiivrii d'elle n'ayant pas existé


ouo't Q'J7r,Ç ni N'existant pas
TTSTr/aarai avait été forgé,
Trfovjyave il poussa
T/;v r,yî{xoAxj ['uixxiuv l'empire des Romains
hors de la Icne habitée.
Atxirieûffaç oè ol< «i{ ti^v v^tov Or ayant passé deux-fois dans l'ilc
ix T5Ô> ra/xTt«î àvT<Trc|0X5, de la Gaule à-l'oppositc, i
XXt XXX'JilTXi TO'J» 7rO/£//.lOU5 et ayant maUrailé les ennemis
noxiaïç fxx'/^xiç dans plusicms combats
,uâ//ov :^ WjJ£/>{7aç plutôt que ayant servi
TOÙ{ (Ol'oUî ses propres (jcns
(oùûèv yàp (car rien n'était
û Tt xxl r;v uçtov ia6«ïv qu'il fût digne de prendre
àTTÔ àvOo'JiTzoj-j xxxooiuj à des hommes vivant-misérablcnient
xxï nevyÎTWv), et pauvres)
inlOr,/.! TJ/oî T(ii -noA/itày il mit Gn à la guerre,

0\>X oTov iooi)).tTO ,


non comme il voulait,
à^>à Aaêùv bfj.T^povi mais ayant pris des otages
itxfx Toû ^as-t/twî, de leur roi

xal Taçâ^aevoj (fàp-ovi et ayant établi des taxes,


iiVC7,p€v ix Ti^Ç V>5ffOU. il revint de l'Ile.

K.al xaTa>a/xSâvei ypx/MaxTX Et il trouve des lettres


fiO'j-ovTx ôiaTt/tcv Ttpèî avTOv qui allaient voguer vers lui
àn^ TOJy fùbiv iv 'Pûfir, de lapart de ses amis dans Rome.
lui marquant la fiu
fif) KAisAVOî moi.

Kal (x^ya (i.£V otuTov ïcr/z nou.7r/''rov, (x^y'' ^^ xai Kil^xpa


TTEvOoç* ot ?à cpO.ot axi^ixi^'i/^r^on^, wç tt;*; ^v t^fr'vr, xa\ Ojxo-

vota toXXa voaoucav T7;v •n:o)aT£iav ^j/uXacTOoTHc; oIxeiotTiTOç

XeXu[j!.£vyi(;. Kat y^-*? "^^ Pps?''-'*; £ÙOù;, où TcoXXi; ^^ul^nq \t.v:\

x\m fXTjTc'pa Sia^vic'xv, eteXeut/jCE. T');v jxiv ouv 'louÀîav [îici twv

Sriu,apjro)v àpai/.£VOv to 7rXr,0oç Etç to "Apôiov 7;vcyx£ Tieoiov,

xaxEÎ xrjSsuOEÎTa XEÏTat.

XXIV. Toîi Se Kaicapoç (jleycO.TjV iJ^otj Tr,v Sovafxiv ouaav eiç

iroXXât xot' àvayxrjV yeiaccoux oieXovtoç , airrou oe Ttpo; r/p^

TraXiav, wcTTEp euoOii, Tparou-Evov , TravTa jxlv aoOtç a]^2-

pv^YvuTo Ta Twv FîtXaTÛjv, xai ctpotTOi aev^^'^i ttep'.Vovteç £;e-

xoTtTov TOC "/EifjLaoïa, x.a\ TrpOdEi/.cx/ovTO toT; yapaxojjxaci Ttov

'PojfjLai'oJv. 01 û£ ttXeîctoi xai xpaxicxoi twv aTTO^TcivTwv ulet'

'AtxêiopiYOç KoTTav [xiv aùxw (rxpaTOTTESw xai Tixo'jpiov ci-

eo couches dans la maison de Pompée. Celle mort ne causa pas moins


de douleur au père qu'au mari ; leurs amîs en furent vivemcnl affli-

gés j ils prévirent que celle mort allait rompre une aTliance qui
'\ entretenait la paii cl la concorde dans la république , déjà travaillée
par des maladies dangereuses. L'enfant môme dont elle claîl accou-
chée mourut peu de jours après sa mère. Le peuple malgré , les tri-

buns , enleva le corps de Julie et le porta dans le champ de Mars, où


elle fut enterrée.

XXIV. César avait été obligé de partager en plusieurs corps l'ar-

mée nombreuse qu'il commandait, et de la distribuer en divers quar-


tiers pour y passer l'hiver; après quoi, suivant sa coutume, il était
allé en Italie. Pendant son absence toute la Gaule se souleva de
,

nouveau el fit marcher des armées considérables, qui allèrent atta-

quer les quartiers des Romains et entreprirent de forcer leurs retran-


chements. Les plus nombreux et les plus puissants de ces peuples ,

commandés par Ambiorix tombèrent , sur les légions de Colla et de


Titurius et les taillèrent en pièces ; de là ils allèrent , avec soixante
,

VIF. DE CESAR. 87
de la fillo de lui :

or elle ci.iii morte accouclianl


nxpà. Hofinritw. chez Pompé»'.
Et une grrindc douleur
iiyt DouTriiVoi» «urèv , s'P!)ipnra de pDiDpéc lui-même,
uÀygt. Sk ttoLÏ K.a(ffapa* et une grnnde aussi <l«' Césnr :

ol St fÛ.Ol 9MnT9.p'Ji-/Qr,9V.'i y et l('u^^ aniis fiuvnl lroul>lé8,

comme étant brisée la parenté


yu)affffoyff*j{ £y etp»îv>j x«lô//ovoiflt qui niaint«'nail en paix et en accord
TT^v ffolcTe^avvoTOÛTav rà «//«. la répulilique malndc d'ailleurs.
En-ellct l'(Mif;u)t «o/it"eaM-nd
cùflù{ ircXsxjTYiaSf aussitôt mcturut,
iia.!^r',yxv ol) :ro)iàç fifûpxi ajant vécru non beaucoup de jouri
fÂtrù r-^y fir,Tipx. après sa méi*c.
Tè ^èv cri tt).^Ooç Toutefois la multitude
ocpv.iisvo'j Ti^v io\>\lav ayant enlo\é Julie
^Ix TîJv or,ijûpy(^v en dcjiit des tribuns
v^vt'/xiv eiç TÔ TTîoiov Xpnoj la porta au champ de-Mars,
xx\ xîtrxt £xit x/;ûeuOîtora. et elle repose là cntorréo.
XXIV. ToO cï Yixivxpoi XXIV. Cependant César
ûteidvTOç xttTi àvây>«y7v ayant partagé par nécessité
on plusieurs quarliers-d'hiver
ri)v o'jvaixiv oZcxv /joT} fisyû).r,v , son anuée qui était déjà nombrouse,

auToû 0£ rpxno/xévov el lui-même étant retourné


Ttpôç TYjv IzxÀÏav^ •vers l'Italie,

itarzsp ei'LOztf comme il avait-coutume,


icivra ficv rx tûv TalxrHiv lous les peuples des Gaulow
àveppî^yvuTO xjOiç ,
se soulevaient de-nouveau ,

xxi fiv/x/oi rrpxroX -rrtptXôvzt^ et de grandes :irmées allant-çà-ct-là


«Ç^KyTTTOv ri yttixièitt ,
détruisaient les quarliors-d'hiver,
xat -npO'Jtuûyovro et attaquaient

rotç yv.pxx-oixxvi rûv 'PotpLxifuj. les retranchements «les 'Romains,


Oî Si TrietTroi Mais les plus nombreux
xal xpirtnrot Cl les ydus puissants

ré5vàTt(WT3tvTwv/jteTi*A/io(dp£yaç des révoltés avec Ambiorîx


5té^0«tp«v fiiv taillfrenl-en-ptèces
Kérrxv kxI Ttroûptov Cofta et Titnrius
7TpxT0TciSu avrâl" avec letir cnnip lui-même :

mptax^évrn ôi puis ayant entoure


\l uupis^vtv (ie six myriades d'hommes
88 KAiiAi'or Bior.

^cj»Octpav xh ùt Im Ktx^pcovi xi-v^oi (xuptacriv î; icepioyivTef;


ÉTToXio'pxouv, xal (xixpôv dîTeXiTOV ^,p'/;y.£vat xït^ xpaTo;,cvjv-
TeTptij|X£vo)V aTTOtvTOJV, xai Trapà Suvaatv Otto 7rpoO'jjj.(a; ^jx'jvo-

p.c'vwv. 'liç 8' rjYYeXy) xaura tw Kotfaapi (xaxpiv ^vtt, Tr/éo);


£7ri(TTpev|;aç xal auvaYaywv lirTaxiffyiXiouç touç (yuixTravTaç, i?,Tret-

ysTO Tov Kix£p(ova Trjç TroXiopxi'aç ^;aipr,7<Ju.£Voç. Tooç 51 ro-


).iopxo'jvTaç oOx e)vaO£V, àX// à7r/^vT0)v wç àvotpTraTO'XEvoi , Tr.î

6âiyot7)toç xaTa'ppovr'ffavT£<;. KàxEÎvoç èlan'xzoy/ Gtte^S'jvev àît,

xal yojpia Xaêwv e7:ir/)8£ioj<; eyovxa rpoç xoÀXoiiç (ji«/ou£vo)


|x£t' oÀiytov, cppayvuTai CFTpaTOTreSov xai [xa/r,ç It/e touç £auTotJ
7raa*/)ç, àvayaYEÎv Ss xov yapaxa xai xi; iruXaç àvoixocouEÎv wç
^EOoixoTaç r,votYxa^£ , xaTacppovr,Oyjvai orpaTr.Ywv •
u-s/piÇ ou

aTTopaSrjV ôtto Opaco-jç TrpocêaXXovTa; £T:£;eXOo)v IrpÉ-j/aro , xa't

TToXXoUÇ aOTCOV 5l£o0cip£.

XXV. TouTO T^ç TToXXâcç àitocrcàcEK; xwv lvTa\36of FaXaTÔÎv

mille hommes , assiéger la légion qui était sous les ordrea de Q. Cicé-
ron, cl peu s'en fallut que ses retranchements ne fussent forcés ; tous
ceux qui y étaient renfermés avaient élé blessés et se défendaient
avec plus de courage que leur état ne semblait le permettre. César,
qui était déjà fort loin de ses quartiers , ayant appris ces fiicheuses
nouvelles , revint précipitamment sur ses pas ; et, n'ayant pu rassem-
bler en tout que sept mille hommes , il fit la plus grande diligence
pour aller dégager Cicéron. Les assiégeants, à qui il ne put dérober
sa marche levèrent le siège et
, allèrent à sa rencontre, méprisant
«on petit nombre et se croyant sûrs de l'enlever. César, afin de les
tromper, fît semblant de fuir, et , ayant trouvé un poste commode
pour tenir tête , m onde
armée nombreuse il for-
avec peu de , à une ,

tifia son camp défendit à ses soldats de tenter aucun combat, fit
,

élever de grands retranchements et boucher les portes, afin que cette


apparence de frayeur inspirât aux ennemis encore plus de mépris
pour lui. Son stratagème lui réussit; les Gaulois, pleins de con-
fiance , viennent l'attaquer, séparés et sans ordre : alors il fait sortir

sa troupe , tombe sur les Barbares qu'il met en fuite , et en fait un


;,Tand carnage.
XXV. Cette Tictoire comprima tous les soulèvemeots des Gaulois
, ,, l, , ,

VIE DE CESAR. S9
TÔ ri-ffix (tô) ûïri Kixî/îwvi hi lûgiuii sous Cicéron
èlT0)td/5X9'JV , ils /';issiéi;caicnl

xxl «niÀtrrov fxixpb-j cl faillirent de peu


yiprjy.ivxi xarà xpâroj, /'avoir prise de force
tous les Romains ayant été blessés
xxi ùfjL'jvo/j.iv(a\t ùrrà T:poO'jy.iui et se défendant avec une ardeur
itxpi. S\j-jxfÂiv. au-delà de leur force.
'ûç 0£ raOra i^/yiiyj Or dés que cela fui annoncé
à César éianl loin ,

étant rcvcnu-sur-scs-pas vile


x«t (Tuvaystywv tojî ffû/i7t««Ti<; et ayant rassemblé cn-lout
sopt-niille hommes
^TCît'yîTO îÇ«t/9/:a'd/xîvo5 il se bâtait devant délivrer
TÔv Ktxiporjx rZi TtoUopxixi. Cicéron du siéye qu'il soutenait.
Oùx éAstO: (^è Mats il n'écbappa pas
TOÙÇ TTOitO^XOÛVTaÇ ,
aux assiéjjcanls
mais ils venaient-à-5a-rcnconlre
W» CfJXplZXlÔlXtVOl ,
comme devant /"enlever,
xaT«ippov>{7avT«ç T1^5 3il7dT>JTOî. ayant méprisé ce petit-nombre.
Kat èxîTvoî iÇxTrarûv Et celui-ci les trompant
\>nifs\)-/îv àtl, fuyait toujours,
xxl Xxèù-/ y^ftipix et ayant pris des postes
i'/^O-JTX èTTlT/J^îl&Jj disposés avanlagcuseincnl
/ia;(0^u£vw pour quelqu'un combattant
n/50^ 7ro)./oùç /iîrà èXiyoiv ,
contre beaucoup avec peu,
fpiyvurxi TTpxTOTtfiûov" il fortifie son cam[) :

xaî £t;^î T0Ù5 £xuToO cl il retint ceux, de lui

de loul combat
mais il les forçai

itJxyxysX-^ tôv y^xpxxx d'élever le retranchement


xal avotxoôo/ifîv rà^ 7rj).X4 et de construire des portes
comme ayant peur,
aTpXT/J'/CJV )(.XTX^pOJr,Qr,-JXL' s'ellurçant d'être méprisé :

l^iiXpi-i ou Ca£$£).Owv jusiiuàcequc^yanlfail-une-sorlie


il nnl-en-fuitc
npoîSâiiovTaî 9TzopxSr,-j les ennemis aitaquant eu-désordre
Ùttô Opiaoyji , par audace
et détruisit beaucoup d'entre eux.
XXV. TOÛTO XaT£7Tdp£7£ XXV. Cela abattit
les noiubreux soulèvements
90 kAIIAI>0£ BIOZ.

xa\ 7rpo7£/it)v '5;e(»)ç toîc; vsoiTepiaixoî;. Kot\ ^^p ^^-tv 2; "Ira).?»;

àvT^ Twv àiroXtoXoTwv oluxÎû Tpi'a Tay^-*'*» noy.TTY,iou |jùv £x

TfTw 6a»* «'jTov ouo ypiqaavTOç, Iv ol VEoooXXextov ^x tt;^ rtst

Ildt^ov FaXotTiaç. TIop^o) 5i touto)v aï 7:a).ai xaTaÇtÇ/.r.jjiévatt

Xûu'ja xai v£fxoj/.Evai oiît twv ouvaTO)TdfTO)V ivîpôiv Iv tou; fn/t-

/ L/.0)TaTO'.Ç Yî'vE'TlV àçT/tX TOU Ul£Vl<TTOU Xïl XlVOUVOWETTaT'J'J TWT^

lx£Î 7ro).£^wv (xvE^aivovTO, ^ojsOcîcai ttoX).?; |a£v r/i/.(a xat

TravTCtyoOEV ^ttXoiç à6potffO£Î(7i, UHyaÀotç 5È ttXoutoiç eÎ; TaÙTO

auvEVE/OEÏffiv, lrr/\)poûi; ol ttoXeci, O'jîE'jlCoXoiç ce yoipai?. Tcrn


1^ Sa xat yEiuôivoç wpa Trayci Trorautov, xa\ vt^pEToTç àrr'WCErpva-

i7,£voi oputxol , xal TCEûia y£taaa^5oiç l7rt).£Xiuvaffuiva , xai ir^

{/.3V axExaapxoi ^aOst yiovoç aToaTroi, to) 51 Si* IXwv xat Sew-
[xatcov TrapaTpsTOiJiEvwv à(7a'5-ia ttoX)."); t9;<; TrooEiaç , tt/'A-

dans ces quartiers-là ; César, pour en prévenir de nouveaux, se por-


tait avec promptitude partout où il voyait quelque aiouvemenl à
craindre. Pour remplacer les léijions qu'il avait perdues, il lai en
était venu trois d'Italie, dont deux lui avaient été prêtées par Pom-
pée, et la troisième venait d'être levée dans la Gaule aux environs
du Pô. Cependant on vit tout à coup se développer, an fond de la
Gaule , des semences de révolte ,
que les chefs les plus puissants

avaient depuis longtemps répandues en secret parmi les peuples les


plus belliqueux, et qui donnèrent naissance à la plus grande et à la
plus dangereuse guerre qui eût encore eu lieu dans ces contrées.
Tout se réunissait pour la rendre terrible : une jeunesse aussi nom-
breuse que brillante, une immense quantité d'armes rassemblées de
toutes parts , les fonds énormes qu'ils avaient faits , les places fortes

dont ils s'étaient assurés, les lieux presque inaccessibles dont ïis

avaient fait Icui s retraites : on était d'ailleurs dans le fort de l'hiver ;

les rivières étaient glacées , les forêts couvertes de neige les cam-
;

pagnes inondées étaient comme des torrents ; les chemins , on


ensevelis sous des monceaux de neige, ou couverts de marais et
d'eaux débordées , étaient impossibles à reconnaître. Tant de diffi-
, , , , ,, , , , ,

VIF. DR CKSAR. 91
TÛv raiaTûiv èvrauOa dos Gaulois rfe là ,

Kxt avrbi ToD yiifx&voi, cl César lui-même pendant rhi\cr,


l-nifOlZ''M.I Tî nXJTUyÔSS allant dc^-lous-cùlés
xarl TTjSOTî/'jJv oÇ/'jj; et surveillant vivement
les innovations.
Kxl yàp Tpt'a ri'/fMxrx Kn <'lT«'t trdis lésions

>fxîv «ùrii î? lT«>^fa> étaient venues à lui d'Italie

àvrl Twv à:Toiaii)dTwv pour remplacer les perdues,


Pompée en ayant pr(îlc deux
èx TÛV jno aÛTÔv de celles qui étaient sous lui

Iv Si v:o7jîl/flKTOy etune ayant été nouvcllen>cnt-lev6.^


ix zr,(; ru/.xrîui mpl Ilâoav. de la Gaule aut(jur du Pô.
Tlôppu 0£ ro'JTWv Mais loin de ces pays
àve|)X(,'vovTO al «p/at se montrèrent les semences [leusc
Toù fxv/hroM xalxivûuvwoiTTir ou de la plus grande et de la plus pcril-
TÛV Troiîuwv £xjï, dcs guerres de la

X'xzxîit/.r^ixi-jxi TtûXxt xp'j'^x jetées depuis-longtemps en-secret


et entretenues
oià Tciv àvopwv ouvxTtirrâTCiJv par les honunes les plus puissants
£V TO'î 'jijS7l IXXj^lfiOiTXTOi.i ,
ilans les races les plus belliqueuses,
semences fort! liées

par une nombreuse jouiiono


et par des armes
àO/îOiïÛiïfft 7ravT«;^dOiv rassemblées de-tous-côlés,
fjLiyxyoïi ôè 7t/oJTOi5 et par de grandes richesses
îuv£vî;^0àlyiv etj tô auTÔ réunies dans le même lieu,
t(j;,^Uj5>'.rî ci 7Td).£ffl , et par de fortes villes,

y'Zp'xii 05 ou«,a6diotî. et par des [)ays difliciles-à-envahir.


ToTî û£ xai Trâyot Ttorapnû'j Et alors les glaces des rivières
Ctpx ystfjiôivoi , y.xl cp-jULol dans la saison d'hiver, et les bois
ànoxsxpjtxfjiéjoi vi^iTOc^ couverts de neiges,
xal Tttûix èratXtXifivMjfAivx et les plaines convertics-cn-marais
XiiH-xppoUf par les torrents
xal 7t»j pLtV XTpXTtol et d'un côté les sentiers
xrixfixproi méconnaissables
^ûOct yiojoi par la profondeur de la neige,
ttrî et -xoIa-^ Mxftix et de l'autre une grande incertitude
Tîjç TTOpe/aç du chemin
f là c/câv k:c( |itu/K«CT«M wtravers les marais et les cours-d'eau
Tia/Î X 7/3 J .T0/4Cl»»V , débordés
92 KAIIAPOÏ BI02.

racriv loo/touv «vETriy tipy,Ta Kaiaapi xi TÔiv dt^icrToijxivojv roiiîv.

xai KapvouxTvoi*. Tb 51 cutjiTrctv aiptOetç xpaxo; Elye tov> ro/.cjxo'j

OuEpY£VT(^pi; y ou Tov TraTepa Fa/aTat, Tupavvioa ooxovvt»


TrpaTTeiv, «XTréxTEivotv.

XXVI. OuTo; oov £Îç TToXXà 5ieX(ov -nfjv 6uva;/iv u-Ép*/; , xa\

7ro)vXooç éTriaxr'fTaç f.vEaovaç, (oy.EiotÎTO t^,v Trépt; «Tra-rav. a/pi


TCi)v TTpoç TOV 'A papa* xexXiijlsvojv , oiavooooEvoç , "/;v/i 'wv èv

P(ou.r i •'
(7uviarTa'/.£V(i)v,'
i
Itti Kaicapa
r
cuaTracav I littw
h/v.cv.i tto-

X£|X(o FaXariav. "OrEp £Î jxixpov CcTEpov îr.^i\i, Kaî^apo; £•.;

TOV llJLOuXlOV EULTTECOVTOÇ 7ro'),£aOV, OOX Sv D.0LZ>p6ziÇ>0'. TWV K'.jJL-

êpixôiv £X£ivo)v cj/o€oi t};v *lTaXiav xiziir/O'^. Nuvi o* 6 Tract

[xèv apiaxa yp^aOai [ôoxwv] toÎs Trpbç xoO.Efxov, aaXirra et

xaipw TtE^uxwç KaÏGap, aaa Tfo TruOscOat r);v àro'cTaîiv apaç


è'/biçeij Talç auTaïç ôooîç âç 5i9;X0î, xa\ pta xa\ Ta/si t7ç tto-

cullés faisaient croire aux Gaulois que César ne pourrait les attaquer.

Entre les nations révoltées , les plus considérables étaient les Ar\er-
nes et les Carnules ,
qui avaient investi de tout le pouvoir militaire
Vercingélorix, dont les Gaulois avaient massacré le père, parce qu'ils
le soupçonnaient d'aspirer à la tyrannie.
XXVI. Ce général après , avoir divisé son armée en plusieurs corps
et établi plusieurs capitaines, fit entrer dans cette ligue tous les peu-
ples des environs jusqu'à l'Arar; il pensait à faire prendre subi-
tement les armes à toute la Gaule ,
pendant qu'a Rome on préparait
un soulèvement général contre César. Si le chef des Gaulois eût dif-

féré son entreprise jusqu'à ce que César eût eu sur les bras la guerre
civile, il n'eût pas causé à l'Italie entière moins de terreur qu'autre-

fois les Cimbres et les Teutons. César, qui tirait parti de tous les avan-
tages que la guerre peut oûrir, et qui surtout savait profiter du temps,
n'eut pas plutôt appris cette révolte générale ,
qu'il partit sans per-
dre un instant ; et , reprenant les mêmes chemins qu'il avait déjà
, , , ,

VI K DE CKSAR. 93
iiôxoD'J itoiiXv Kaiixpt scinhlîiicnt rendre à César
Itxv7xny.7iv xvsT:i/î{pr,rx lout-à-fait inallafjuables
rà TÔJv à^tTTX/jiévciJV. les /orctrj des rcljclles,
UoXXà. //îv orj-j fûXx Certuinenient beaucoup de tribus
àf£l(JTr,/.îi ,
s'élaient révolloes,

ApZip'joi Si xal KapvouTÏvot mais les Arvcines et les Carnules


T^axv iTpôjyri/jix. étaient les principales.
Oùi/syîvroptÇ et xlptdùi Et Vercin;^éloi ix ayant élé élu ,

ou Fx'jxzxi à-nixTStvxv (hujuel les Gaulois avaient lait-péi ir

rcv Tzxripxy ^oxoDvra le père, qui paraissait


ifpxrrsij rupxvvtoa, fair»^ de la tyrannie,
tlyî t'o iv/xTfxv xpiroi avait toute la force

ToD 7ro)«,uou. de la guerre.


XXVI. OuTOj o'jv 5teiwv XXVI. (lelui-ci donc ayant divisé
Ty)v Sitvxijiu ei<; Ttoi^à /J^^P'Î >
ses forces en |)lusieurs parties,
cl ayant mis-à-leur-tèle
iro).)oùî r,-jt{j.6-ixq plusieurs chefs
fcjxstoÛTO KTraffxv t^v Tripi^ ,
s'attacha tout le pays d'alentour,

ôixP'' "^^'^ nex\ip.hù)v jusqu'aux lieux situés


T^pOi TGV Kp'jpx ,
vers l'Arar,

Jtavooyujvoi, songeant
ceux à Home se liguant déjà ,

lys(p:i'j T'ô 7roié/x« à éveiller parla guerre


9vp.TtX7X'j rxXxriuv toute la Gaule

iirl ïixhxpx. contre César.


'ÛTzep £1 tTrpxÇe Laquelle chose s'il eût faite

flUpà.) U7T!pQV ,
un peu |)lus tard

'E.xivxpoi i/jLTîSvovroi César étant tombé


dans la guerre civile,

foZoï O'jx i'/.xfp6Tipoi des terreurs non moindres


huthtàv r€i'i Ki/iêptxwv que celles causécs-par-les-Cimbrcs
âv nxriiyo'i ty)^ IraXtav. auraient saisi l'Italie.

Nuvi ûà K.xlaxp [ûoxôiv] /i£v Mais alors César [paraissant]


XpTQaOai ôpiata profiler très-bien
Kàaixoî; Tipô; TiôXe^iov, de toutes les choses pour la guerre,
nepuxài; Ô£ {ià).icrxa xaiptô, et né pour UA'er surtout de rocca>ioii
â;jLx Ttô iTv6é(j6ai ttiv àiïoa'ca'Tiv dès le avoir appris la rébellion
dpa; txiôpei, ayant levé /e camp avançait, [versées,
•cotïç ajtaî; ô5oî; â; ôir^XOe, par les m»lmes routes (ju'il avait tra-
%a\ iKiteifàuËvo; tolç ^apodipoi; et ayant montré aux barbares
,

Oi KAIIAPOS BlOi,.

pefaç 5iât ToaouTou yciatûvo; i7riCc'.;aacvo(; toîç ^ap^ctpot; , 4f


d((Aa/o; aÙTOïç xai irjTTjTo; ?7r£t7i CTpaTOÇ. 'Ottocj y^? arveÀov

y) YP^f^F'-^'^Pt'^?'^^ ûtaSuvai twv rap' auToO ypovo) ro>A(j) il^V'

dcTTiatov, evxaoOa jjlstoc 7ra7r,ç IwpÏTO r7,; (jTpaTiî;, atxa /wp»^


Xujxaivojxevoç aoxwv xai êxxotttojv xi
'/J^^s'^^ j xaTaTrpc-j/OjjiEvoç

7:o)v£i(;, àvaXajxSàvojv xouç (jLETaxiOîjxévoui;* jxi/pi /.al xo xwv

Aîooufov * êOvo; è;e7roXeao)0y) irpo; auxov, ot xbv dfÀ/.ov ypovjv

ào£)/^oÙ!; (xvaYopsuovxEç aOxoùç 'Povjiaiojv xai xi;jloVx£vci oia-

rtpsrwç, xox£ ci xoïç àzoffxàxaiç rpoTY^votuvot, 7:o)3.yjv t7;

Kaiffapoç «TTpaxia 77£pi£(7T/;cav aO'jaiav. A'.07T£p /.ai /.ivr'-r-/:

IxeTÔîv UTTEpÉSaXc xà AiYYO^iïtà^j pojXoaEvOç al/a^Oai xv;ç 2r,-

xouavwv, cpiXwv qvxo)v xai 7rpo/.£itx&vo)v x"7,ç 'IxaÀia;; ttso; t/v

àXXr,v FaXaxiav. 'tLvxouOa 8* aùxoî xwv TroXEULiojv iTxiTrîTdvxojv

xai 7r£pi(7/ovxo)v jxupiàsi 7ro)Aaï<;, èpar^ciaç ^laYojvicïa^Oai, xoîç

ijLEV ôXoiç xaxaTToXtjxwv IxpàxTjtre, /po'vw txo)v).w xai c^ovoj xaxa-

icnus , il fit voir aux Barbares, par la célérilc de sa marche dans un


hiver si rigoureux, qu'ils avaient en tête une armée invincible, a

laquelle rien ne pouvait résister. Il eût paru incroyable qu'an simple


courrier fût venu en un temps beaucoup plus long du lieu d'où il

était parti , et ils le voyaient, arrivé en peu de jours avec toute son
armée ,
piller et ravager leur pays , détruire leurs places fortes et

recevoir ceux, qui venaient se rendre à lui ; mais ,


quand les Éduens,
qui jusqu'alors s'étaient appelés les frères des Romains et avaient éié

traités avec la plus grande distinction , se révoltèrent aussi et enirè-

ront dans la ligue commune , le découragement se jeta dans ses


troupes. César fut donc obligé de décamper promptement Ct de tra-
verser lé pays des Lingons ,
pour entrer dans celui des Séquanais

amis des Romains et plus voisins de l'Italie que le reste de la Gaule.


Là , environné par les ennemis ,
qui étaient venus fondre sur lai

avec plusieurs milliers de combattants , il les oharge avec tant de


vigueur, qu'après un combat long et sanglant , il a partout l'avantage
, , , , , ,

vu: dl: cksah. 95


|3tst xx\ x%'^n xr,i Txoptixç par la violence et la vilcs&e de sa
ClX TOffO'JTOU yU/lâfJOi, dans liiî lel hiver, [marche
; rsrp'x-zbi; îTtetfftv qu'une année s'avance,
j j.y^Oi AOtï ày}TT>jT05 altroXç. in\ incible et irrésisliltic pour <ii\.
''
>:tou yip ^v «TttffTOV ('ar où il était incroyable
yî/ov >î ^pxfifi.xxofopov un messager ou un courrier
.> Ttupù, aUTOÛ de ceux (i'auprés de lui

'?Ovxt TioXXù xpàvu, être parvenu en beaucoup de temps,


la il était vu
/x<Tx 7ri3T7î T>ïç orpartâî , avec toute son année,
Jlu//a(vo/A£yo« â/xa X'-^p^i acuTbiv ravageant à-la-fois les pays d'eux
x«l è/xd;iTWv T« -/^upixt et détruisant les places-fortes,
•AXTXiTptfo/JiVJOi nàXeii soumellant les villes,
àvx).a/z€âvcijv accueillant
ceux «]ui passaicnt-dc-son-cùté
l^i'/Cpt' <<^^ 'ô tOvoj jusqu'à ce que même le peuple
TÛV Aîûoûwv des Ëduens
iÇîTtoie/jicôO/j npbi kÙtov, se mit-en-guerrc contre lui,
ol TÔv a/iov '/^pi'iO-i lesquels le reste du temps
à.vxyop€ÙovTtç aûravs proclamant soi

frères des Rwmains


XXl T(/XÛ/XSVOl ^(a7r/9£7Câ>{ , et honorés avec-distinction,
TOT* 5« 1tp07-/Vjàp.S'J0l mais alors s'élanl joiutâ
T0Ï5 à:t07TâTaii, aux rebelles,
îr£/5t£ffT>;ïav TroÀ/'^v àOu/xiav jetèrent un grand découragement
(Lins l'armée de César.
àiÔTisp /.ul xcvyJTa; È/iïûcy C'est pourquoi aussi él;i ni parti de-là,
ûw£^£Saii Ta Aiy/ovixà, il traversa le pays des-Lingons,
pouAo/x£»o$ â'}jca<}o(i voulant toucher
celui des Sé(|uanais
5vTwv ^c'/oiv (|ui élaieuL amis
xal TLpoKiifiivctiv Tfii IrxÀc'xi et placés-cn-lélc de Tltalie
it^àç T)^v âÀAr;^ FxXxrùx'j. eu-égard au reste de la Gaule.
Evraûda ôà twv TtoJis/AiVv Mais là les ennemis
'nT(7T£7ÔvTcav aurai étant tunibcs sur lui
XZl TtCptO^MTWM et /'ayant enveloppé
IcoÀ^alf /Âuptâaiv de nombreuses myriades d'kommêêf
lui s'étanl empresse de combattre,

ct-rles vamquanl eux


il eut-lc-dessu6 au-total
06 KAIXAPOI BIOZ.

Xyjvai, xa\ SeixvjO'j^iv 'ApÇ/pvoi ^ivioiov Trpô; lepw xptjxaixe/'yv,

(o; 8-^ Kaiaapo; Xatptpov, *0 OeaiaixEvoç auTOç oaTepcrv £}x£i-

Siaore , xai twv çO>o)v xaOeXeîv xeXeuovtojv, oôx eîaasv, Itpvv


-/jyouuLEVo;.

XXVII. Où |ji.r,v àX).^ xÔte TÔiv 6ia^uYovTO)v ol ttXeT'Jtoi ;j4Ti

Tou [iaatXeo); îiç ttoXiv 'AXrjaiotv* auvs^uvov, xai TToX-.opxovVTi


tauTTjV Kaicapi, ooxojaav àvaXwTov elvai uEy^Oei Te Tsiyôiv

xai TrXr^Oei twv à7roixayou.£vojv, iTriTiTTTEi TravToç Aoyou ;;.îi^wv

xivSuvoç £^o)0£v. O yàp v^v êv FaXaria xpaxtcrrov àro tôov èOvwv


àôpoidÔEV, ÊV é^TrXoii; ^xov etci Tf,v 'AXr,(;iav, rpiaxovTa tx'jpiàoE;*

aï ô' ev auTTJ tcov (xayoasviov oC»x eXoittove!; yj-rav ÉTrraxaîocxa

(jLupiaôwv w(7T£ Iv (xecoj ttoXe^oj tocoutou tÔv K'X'.rj'ïÇT. xaTci-

Xr,u.(X£vov xai 7roXiopxouu.£vov àvayxacrOrîvai oitt^ "^V/j "P"^^^-


XÉffôai, TO (xâv TTpoç T/;v 7:o)av, lo o àito twv £7:&Xr,XuOc>":ojv,

wç , El (tuveXôoiev aï 8uva(X£i;, xoixiot] oia7r£7:paYjX£vojv twv

et met en fuite ces Baroares. Il semble néanmoins qu'il y recul


d'abord quelque échec; car les Arvernes montrent encore suspendue
dans un de leurs temples une épée ,
qu'ils prétendent être une dé-
pouille prise sur César. 11 l'y vit lui-même dans la suite et ne lit qu'en
rire ; ses amis l'engageaient à la faire ôter; mais il ne le voulut pas,
parce qu'il la regardait comme une chose sacrée.

XXVII. Le plus grand nombre de ceux qui s'étaient sauvés par la

fuite se renfermèrent avec leur roi dans la ville d'Alésia. César alla

sur-le-champ l'assiéger, quoique la hauteur de ses murailles et la

multitude des troupes qui la défendaient la fissent regarder comme


imprenable. Pendant ce siège, il se vit dans un danger dont on ne
saurait donner une juste idée. Ce qu'il y avait de plus brave parmi
toutes les nations de la Gaule, s'étant rassemolé au nombre de trois
cent mille hommes, vint en armes au secours de la ville; ceux qui
étaient renfermés dans Alésia ne montaient pas à moins de soixante-
dix mille. César, ainsi enfermé et assiégé entre deux armées si puis-
santes , fut obligé de se remparer de deux murailles , l'une contre
ceux de la place , l'autre contre les troupes qui étaient venues au
secours des assiégés : si ces deux armées avaient réuni leurs forces
, , , , , ,

VIE DK CESAR. 97
ayant dompté les barbares [na;^e-

7to)>ÔJ x«ov(u xal ydvw* avec beaucoup de temps et de car-


tooÇs 'J£ xarà àp/^ici mais il sembla au commencemeiit
xai ff^ai^va^ Tt, avoir échoué eD quelque-chose
xxl ApZip-joi Siixvùoxtat et les Arvernt's montrent
X'.ffîOLOV une pi'lite-opéc
/.pt/jLÛfiivov itpbi lep'^ t
suspendue dans un temple,
r'jç Sri ).i^\jpov ILaiffapoj. comme ('(mIcs une dépouille de ('ésar,
O a-jTÔ» QixiifiivOi 'jvnpov l.aquelle lui-même ayant vue plublaitl

i'xtiSixis , xai Tûv ^ ^Aeuv il sourit, et ses amis


/i/«uovrwv xaOeisîv /'engageant à enle\er elle,
OKx e*u7tv , Yf/OJ/iivoç Ispév. il ne /t? [)ermil pas,/«jugcantsacrce.
XX VII. Ow fXYiv àXXà to'tc XXVII. Cependant alors
la plupart de ceux ayant échappé
(Tuvéyu/ov /xerà toû âaiiiiwç se réfugièrent avec leur roi

eli itôXiv AÀrjalxv f


dans la ville d'Alésia,
xxl xivôuvoç fiei^ojv Ttavrôç idyou et un danger plusgiand(7wetoutrécit
èTTlTtlTTTfl «{wOiv Kaiffapi tombe tlu-dehors sur Cébar
TtoÀiopxoûvTt TaÛT/;v, qui assiégeait celle-ci,
àoxQ'jix.v «Tvai àvsc^UTOv paraissant être imprenable
Il par la hauteur des murs
xal nAvi6s( tûv àno/xaxofiivuv. et par le nombre des combattants.
*0 yà^ :^v xpXTl9T0V Car ce qui était le plus brave
«V la^area dans la Gaule
ùQpoivdiv aTrà tûv tOv&ty, rassemblé des différents peuples,
>rxov èv OTiictç ciç T/jy AA/jaiav était venu en armes vers Alésia,
rpiâ-KOvra. fj-upiioii' au nombre de Irenle myriades :

a\ ci Tûv /jLSt'/^OfjLhuv cv aùry? et celles de ceux combattant dedans


OÙX ir)ffav è)âTTOV£ç n'étaient pas moindres
iltTa.Kxicixx fiuptiôuv' que dix-sept myriades :

(WJTC Tov K.a(7apa de sorte César


xxr€i\r,fjifihov xal Ttoito^xojyoïfivov surpris et assiégé
iv /iéau TOffoOrou Tto/i/xoi» au milieu d'une si grande guerre
àvayxaaOï^yai irpoSa^éffOat avoir été forcé de meitre-devant-lui
deux murailles,
Ta /icy n/s6ç t^v itdiiy l'unedu cùlé de la ville,

TÔ ôi ànà Tûv inclYjXudoTwy l'autre du cùlé des assaillants ,

Mv Tùv xarà aÙTÔv comme les troupes de lui

ôiaTTiTTpay/Aivwv xo/xt8i^ étant exterminées entièrement,


(t al ôwvâ/ui( 7uyi>0o((v« si les deux armées se réunissaient.
Vig DK César. 7
i)8 JUUAPOl BIOX.

xotO' a&TOv. Aiàt TcoÀXi jxrv ouv elxÔTwç 6 Trpô; 'AÀr,cr(a xivôuvo<

fcr/^t ôo^av a>ç ?pY« toXjxt,<; xa\ 5£iv^,"roç , oia xôiv àyJ^av àyJr-

TrapaT/Ojxcvo;* ptaXiaxa ô' av tiç &anjaaatit tô


v(ov oùôtlç,

XaÛeïv Tobç Iv ttj ttoXci Kaiaapot xocauTaiç (/upia7i xaii; £;oj

<ju[x6aXotTa xoei TrepiyevôiJLBvov • |j.aXXov 5i xai tcjv 'Poijxauuv

Touç To irpoç rJjv ttoXiv teï/oç çuXàrcov'a;. Où *^àp TrpoTcpov

TjgOovto t^jV vtXYjv, t| xXaoOuLOv £x T^ç 'AÀTiaîaç àvopôiv xai

xoTTSTOV •pvaixtov àxouaOr,vai, OeaGa|X£V(ov apa xaxi Oâ-repa

(jLepT) TCoXXouç (xèv àpYupw xa\ XP^'^V xéxocjjlt.jaévou; Oupeoùç ,

ToXXouç 5' atjxaxi Trecpupaevouç ôcapooco^, Iti ô' £x7:tojxaTa xat

oxTjvàç raXaTixàc; vtzo twv 'Pwjjliuov eiç to (7TpaTÔ7rci<y» xojxi-

^op.évaç. OoTwç 6\ioK ^j "coaauTT] ûuvajiLiç wCTrtp eiwuXov r^ ovtipov

fjÇpàviaTO xai 8ie7r£!j.opr,TO, tSv TrXeicTwv êv ttj {xa/r, Trscôvxtov.

Ot 5â T^v 'AXrjdiav e/^ovT£ç, oùx ôXiYa irpaYjAaTa 7:apac^dvT£;

c'en était fait de César. Aussi le péril eitréme auquel il fut exposé
devant Alésia l«i acquit , à plus d'un titre , la gloire la mieux méri-
tée; c'est de tous ses exploits celui où il montra le plus d'audace ei

le plus d'habileté. Mais ce qui doit singulièrement surprendre , c'est

que les assiéijés n'aient élé instruits du combat qu'il livra a tant de
milliers d'hommes qu'après qu'il les eut défaits ; et ce qui est plus

étonnant encore , les Hocuains ,


qui gardaient la muraille que César
avait tirée contre la ville, u'apprirent sa victoire que par les cris des

habitants d'Alésia et par les lamentations de leurs femmes, qui virent,

des différents quartiers de la ville , les soldai romains emporter dans


leur camp une immense quantité de boucliers garnis d'or et d'argent,

des cuirasses souillées de sang , de la vaisselle et des lentes gauloi-

ses. Toute cette puissance formidable se dissipa et s'évanouit avec


la rapidué d'un fantôme ou d'un songe; car ils périrent presque tous

dao6 le combat. Les assiégés, après avoir do&né bien du mal à César
, ,

ME DE CESAR. 99
Aià noÀÀà ftèv orè Aus!>i 5UU8 plusieurs rapporta
le ilangcr devant Alé&ia
à-b(iti-(iri)it cul Je la gloire
cuinnic ayant suscité
des actes d'audace et d'hahilelé,

tels-({ue aucun des autres cunibltts:


mais surlual od s'étuunera
Césur avoir été ignoré
de ceux dans la ville

ffu/xêa/dvTa en-étanl-venu-aux-mains [dehort


707»\Jzuii jiKipiiii raXi îÇw avec tant de myriades celles du
xai •nipr/fjô/ievov' et ayant élé-supérieur :

et plus encore de ceux des Runiains


qui gardaient le mur
71/905 TriV 7idA(y. du côté de la ville.

où '/ùp r,70ovTO Car ils ue s'aperçurent pas


Vr,J )iiKr,V de la victoire jiies

npOTipo-j y; x).auO/Aoy àvcpeôv avant que le gcniisscnienl des hoin-


xal xoniTOv '/uvxuôjy et les lamentations des feiumes
ix Ti^$ A>ï;9^a{ d'Alébia
Ocx3xy.iyù)v ûpx qui avaient vu certes
xuTx rà Iti/aa H-^P^ de diverses parties de la ville

TTO/ÀOÙî /i£V Ov/SiO'J^ beaucoup de boucliers


K*X07/X)7jBlévO'J5 7.pjÙp'jt A'A )^p\J9ii, ornés J'arj^'ent et d'or,

•KOAkoiji 01 Oojpa.xxi et beaucoup de cuirasses


ne^up/iivoiti ulfMxri Souillées de sang,
tTl 0« iXlt'MfXXTX et encore des coupes
xat 7/))và{ Fa^aTCxà; et des tentes Gauloises,
XO/XtÇO/ZtV»» ÙtTO TCÔV Pw/Jty.vUJV emportées par les Humains
4(5 t6 77/9X70 JtiJov ,
dans le camp
âxousOVjvai. avoir clé enlemlus.
il T07«U7rj oitvx/jiti Celle si -jr'nde puissance

';yayt070 xat ûux«^o/9/;70 avait dis[)aru et s'était dissipée


oGt*»5 ciiui «linsi ra|)idement
^o-Ktp cràoiÀov :^ o-fSipo-J ,
Comme un tantùme ou un songe,
7{iy Tt/tiaTwv TC«7dy7wy la plupart étant tombés
tV 71^ MKZ!»' dans le combat.
01 oc t;(0V7«5 T/jy Â).)r,7l«v , Mais ceux tenant Alésia,
ayant suscité a eux.-uiémes
«ai Ik.Ac93cp( et a César
,

100 KAIIAPOI BI02.

iauTOÏç xa\ Kaiaapi, xeXoç TrapeSoaav feauTouç. '0 oï tg^J cu|x-

irotvTOç -^lYtl^wv 7roÀé|xou, OùepYEVxdpi;, dvaXaCojv twv S^tiXojv

xà xdtXXiaTa xat xo(T|i.r,<7aç tov TuTrov, £;i7r7racaTo oii twv tcu-

Xtuv • xal xuxXw TTEpi TOV Kaicapa xaOei^Ojxtvov D.aca;, eTr

acpaXojAEvoç tou I'ttttou, ttjv jxèv TravoTrXiav àTTÊ^piiev, auTo; ce

xotOiaaç otto TTOcaç tou Kaiaapoç -fiTuyiav r,v£v, a/p'.î; oj rapc-

8d0ri cppouprjadixcvoç eui tov Opia|i.Çov.

XXVIII. Kaicapi 0£ TràXai }X£v eceoo/.to xotTaÀuciv ïloix-

TnQÏov^ wGTTcp àu.e)v£i xàx£(voi TOUTOV. Kpàccou yàp £v Ilapôoi;

aTToXcuXoTOÇ, ÔÇ rjV ECpEOpOÇ àtxtpoîv, aTTEXeiTTETO TÔi aiv OTràp TOÛ

YEveaOai ^cyiGXOi tov ovTa xaToXuEiv, TÔi o', îva uv, "âOr; tojto,

TrpoavaipEÏv ov eoegoixei. Touto ci Hoairr^ioi jjlev e; ôXi^ou

(poêcîaôai Tcaps'ffTY), teco; uTrepopwvTi Kaicapo:, w; o'j /aXcrôv


Epyov ov, 8v auTo; rju;r,(7£, xaTaXuôrjvai TràXtv Gtc* aoTOÛ* Kot'cap

et en avoir beaucoup soullert eux-mêmes, fÎDircnt par se rendre.


Vercingélorix ,
qui avait été l'âme de toute celte guerre, s'cianl cou-

vert de ses plus belles armes , sortit de la ville sur un cheval magni-
fiquement paré ; et, après l'avoir fait caracoler autour de César, qui
était assis sur son tribunal, il mit pied à terre, se dépouilla de tou-
tes ses armes et alla s'asseoir aux pieds du général romain , où il se

tint dans le plus grand silence. César le remit en garde à ses soldats
et le réserva à l'ornement de sou triomphe.
XXVI II. César avait résolu depuis longtemps de détruire Pompée
comme Pompée voulait, de son côté, ruiner César. Crassus, qui seul
pouvait prendre la place de celui des deux qui aurait succombé,
ayant péri chez les Parihes, il ne restait à César, pour devenir le plus

grand ,
que de perdie celui qui l'était déjà ; et à Pompée ,
pour pré-
venir sa propre perle ,
que de se défaire de celui dont il craignait
l'élévation. Mais c'était depuis peu que Pompée avait celle crainte,

jusque-là il n'avait pas cru César redoutable ,


persuadé qu'il ne lui

serait pas difficile de renverser celui dont l'agrandissement était son


, , , , , , , ,

VIE DE CÉSA.R. 101


des aiïaircs non pelitcs,
rO.oi éauTOÙç ifxpioova.j, à-la-fin se livrèrent eux-mêmes.
Et le chef
de loule la guerre,
Oùî/syîvTo'ptÇ, àva^aScùv Vercingciorix, ayant pris
les plus belles ilc ses nrme»
X3'J xo7^>{»aç t6v cttttov, et ayant paré son cheval
èçcTTTâffaTO Jcà tûv ttuIûv* 8ortit-à-cheval par les portes :

et avant chevauché en cercle


Tzîpl t6v Kxi'japx xaOfÇd^uïvov , autour de (Icsar assis,
eTra àfxXéixvjoi tou Î7r:rou ,
piiis s'étant élancé de cheval
àirippi-p: fi'vj rf}j ttxvott/ixv ,
il armure-complète
jeta son ,

«Ùtôç et xaOtTaç et lui-même s'étant assis


uTà -nôSxç ToO KatTOtpoî aux pieds de César
garda le repos
âxpiç ou TixpsSôOr] jusqu'à ce qu'il fut livré
fpovpr^zôfjirjoç i-rtl rèv flotzuSîv. devant être gardé pour le triomphe.
xxvm. nâ>at fii'j û£ XXVIII. Or depuis longtemps
«ôéooxTO RatTapt ilavait été résolu par César

— X5tTa>ûstv riouTrïjl'ov ,
de détruire Pompée

&1TZip Ù/lOtl comme sans doute
xal IksIvu toDtov. par celui-là aussi de détruire celui-ci.
"KpxjyOK) yxp ,
Car Crassus
%i ^v t^ftôpoi xfX'poXv ,
qui était les surveillant l(uis deux ,

«7ro)fij)dTOî èv UxpOoiç, étant mort chez les Parlhos ,

ècntXeinero rô» fih il restait à l'im

VTcip Toû ycjéiOxt iivjii-zu pour devenir le plus grand


rXTx\\Jtl.V TÔV OVT«, <ie détruire celui qui /'était
et à l'autre ,

Tv3t ^y; TziO^t TO JTO ,


pour qu'd n'éprouvdt pas cela ,

de se défaire-le-premier
iv CÔfÔotXfC. de celui qu'il craignait.

ToCiTO ûè Tïapé<jrn (j.èv i% OAÎyou Mais cela arriva depuis peu


à Pompée
jusque-la dédaignant César,
W» OJX Ôv ip-/Oi •/^XÏtTiOJ ,
comme n'étant pas chose difUcile,
cc/t/ique lui-même avait grandi
».a.xx\\j%9yxi Triitv uTrà «yroy, être renversé de nouveau par lui
fo€«îiJÔa»* d'avoir peur
'Kalvxp ôi mais Cé^or
102 KAIÏAPOÏ BIOI.

<rr:^,v, waTTEp àOXr,T-^,(; iauTOv à7ro(m^<7a; aaxpiv, xa\ toU KiXti-

xoTç l^^\Via.<jéi]xviO<:, TtoXepLOïc , l^rf^^r/Lr^<:t uèv r))-!! ^ûva{Mv,

rju;yj(i£ hï r^v oo;av ^tto twv t^'^wt, eÎç àvrfxaXov àpOelç toîc

TIoixTCTiiou xaropOtiWaat , Aajj.€avo)v rpo^aTStç, riç [X£v aùrou


IIojjiTrrjiou , -ri;; 6È twv xottpôiv Iv8i5ovto)v, xaV t9;<; h 'PtWifj

xaxOTToXiTEi'aç, ci* rjV ol alv àp^iç (xêtk^vtcç, Iv fjLÉcw OÉasvot

TpaTTE^^Qt;, loexaÇov àva'.<r/uvTw; Ta 7:).rjOr, , xaTT^si c' 6 c-^'/f>î

EfjLjxiaôoç, où ^j/Tj^oiç uTTÈp Tou ûeSojxoto*; , àXÀi tÔ;oi? xai \iosa%


xai ccpsvôdvaiç àtjLiXXwuEvoç. At'JLOtxi Zï xa\ VExpoT; 7:o)7.axiç

aicyuvavTÊç xo p^{xa ot£xp(0r,(7av, àvapyta r^,v 7ro)>tv oirrEp

axuSÉpvr.TOv u7ro:pEpotxEvr,v aTroXtTrovTEç* oj^te touç vcwv ly ovts;

ayaTrav eÎ upoç (/.r,0£v aLiToI<; /EÏpov, ixKK\ [xovapyiav ex Toiot-j-

Tr,ç TCapa<ppoauv7î<; xai Toaourou xXu5ojvoç EXTC£«7EÏT0ti xi —pa-

ouvrage. César, qui de bonne heure avait eu le projet de détruire


tous ses rivaux , avait fait comme un athlète qui va se préparer loin
de l'arène où il doit combattre. Il s'était éloigné de Rome , et , en
s'exerçant lui-même dans les guerres des Gaules , il avait aguerri ses
troupes, augmenté sa gloire par ses exploits et égalé les hauts faits

de Pompée. Il ne l'ai fallait que des prétextes pour colorer ses des-
seins ; et ils lui furent bientôt fournis , soit par Pompée lui-même ,

soit par les conjonctures , soit enfin par les vices du gouvernement.
A Rome , ceux qui briguaient alors les charges dressaient des tables
de banque au milieu de la place publique, achetaient sans honte les
suflVages des citoyens ,
qui , après les avoir vendus , descendaient au
champ de Mars , non pour donner simplement leurs voix à celui qui

les avait achetées , mais pour soutenir sa brigue à coups d'épées , de


traits et de frondes. Souvent on ne sortait de l'assemblée qu'après
avoir souillé la tribune de sang et de meurtres ; et la ville ,
plongée
dans l'anarchie, ressemblait à un vaisseau sans gouvernail , baltupar
la tempête. Tout ce qu'il y avait de gens raisonnables aurait regardé
comme un grand bonheur que cet état si violent de démence et d'agi-
tation n'amenât pas un plus grand mal que la monarchie. Plusieurt
, , , , , ,, ,, , , ,

VIE DE cï:s\r. 103


l'étant Fait ce but-U
ànb àpyr,i àc» l(î prinripe
enl rbv àvray'jvtT-nôv, contre son a'Ivprsafro
«'étant reléj^ué lui-méuie loin
Stttup àOrjTi^î, comojp un alhlclfi,

et s'étanl cxorré
ToI( iro}i/t.o(( RsirnolCt pnr 1«8 gu#»rrc« de-Gaiili;
^TTn^TXïjiTC /*èv Triv Sûvaymtv, d'une part exerça son armée,
»)uÇir;ïe 5è tVîv îdÇav de l'autre augmenta la gloire

à-rrà rfi» c/Bywv, de 80» ar.tio»»%

s'étant lové en rival


TO'ç xxTO/sO'jjuaîrt IIo/zir/;foy , aux suit/'s (le Pompée
Xz/kSjcvuv -rrpofxvaiç , prenant dos prétextes,
rài /iiv Do^TT/^Cou auTOÛ , les uns de Pijmpé<i lui-même,
rà; Sk rSfj xatpdjv les autres des circonslauces

qui /«« lui donnaient,


xal T»îç xxxoiro>tTe^a< et du mauvais-gouvernement
iv P'>'>//r; dans Rome
$tà. Yiv 01 /iiv iMiTti'Tctt ocpyxi par lequel ceu\ briguant (les charge =1

Qifitvoi iv fxhoi ayant mis au milieu de lu place


rpr-ni^y^ , des tables de banque
ISixxl^ov rà 7t)»50i7 corr*>mpaient-par-argenl lesmass !

àvaier^ûvTwç, offronlément,
6 de d^,uoç xxTi^st ifiputaOoi < cl le |)eu].)le descendait salarié
Cou)battant
pour celui ayant donné de l'argent ^

non avec des suffrages ,

jnais avec (Jes arcs


xal Ç(Y<ffi xai affjS6'*xi^ Cl des épées et des frondes.
DoDsCXC^ Ô£ Olty.piOlQTXV Or souvent ils se séparèrent
.1- «?T;fûvavT£î TO ,^>;,oia ayant souillé la tribune
al/iarc xal vrxpoTç do sang et de Cîidavre»
àiroititôvrsç ttîv rra^tx aynnt laisbé la villo

\rxo{ftp')ixhriv à.v«p^''x emportée par l'anarchie


&TKtp àxuSépvirjTOv* comme sans-pilote :

WTTt TOvç ï;(0vt7:ç voOv de sorte eenx ayant du s^n«


ày'JMtû» (î rà irpay/xara ôlre-conlcntâ si les allaires
ixirf9t7TZ( ne devaient pas tomber
|,
ix roixùrxi TfxpT^poTJvrjç d'une telle démence
f— Xnl TOffOJTOU xiOôûivoç et d'une si grande agitation
104 KAIZAP02 BIOZ.

Yixara. IloXXoi ô* ^cotv oX xat Xt^eiv i^ [licoi toajawvti; i^^r.

ttXV ^7^^ \LO\ttxç/ii(i ivTÎxeaTov elvai r>;v iroXiTctav, xal t?) ^«^5-

jAaxov TOÎÎTO /p^vai Toti TTpaoTaTou Twv larpôiv ivac^^oOat Trpoa-

(pipovTO;* uTTOôr.XouvTeç tov IToixTrr'ïov. 'EttcI 5s Xfixcîvoç,


X<>yv
TrapaiTEÏffOai xaXXwTriCotjLEVoç , ^pyw iravTCx; (xaXXov irspaivev

e; (*)v àvaSei^^Or^ffoiTO Stxxaxojp, auix^povr^aavTeç ot Trcpi KatTorva

Treiôoudi T^jv YEpouffiav ÔTraxov aOx^ à7ro5EÎ;at (xovy/, wç (x:?J

Piaaa-.TO StxTaT(op yEVEVOai , voat(xti)T^pa [xovap/ia Trapr.Yopr,-

ÔEt;. Oî Si xa\ ^'povov £7r£'J/r,^i(iavTo twv l7rap/itov. Auo ô' eT/ev,

lêrjpiav xat Ai6ur,v <ju{X7ra<;av, âç ôiwxei upEaÇEurii; ir.QT-.ù.-

XWV, xat (TTpaT£U|X3lTa TpE^WV, oTç EXafA^aVEV Ix TÛÛ ÎTJjJLOfflOU

TafjLEiou ';(iXia xaXavTa xaO' exacrov iviauTOv.

XXIX.. Ex TOUTOU Kataap ÔTcaTEiav IpivaTo Trgurwv xai

même osaient dire ouvertement que la poissance (Ton seul était

l'unique remède aux maux de la république, et que ce remède, il fal-

lait le recevoir du médecin le plus doux ; ce qui désignait clairement

Pompée. Celui-ci affectait dans ses discours de refuser le pouvoir

absolu ; mais toutes ses actions tendaient à le faire nommer dictateur.


Caton, qui pénétrait son dessein, conseilla au sénat de le nommer seul

au consulat , afm que , satisfait de cette espèce de monarchie plus

conforme aux lois, il n'enlevât pas de force la dictature. Le sénat prit

ce parti; et en même temps il lui continua les deux gouvernements

dont il était pourvu, l'Espagne et l'Afrique : il les administrait par

SCS lieutenants , et y entretenait des armées dont la dépense mon-

tait chaque année à mille talents ,


qui lui étaient payés du trésor

public.

XXIX. Ces décrets du sénat déterminèrent César à demander le


, , , ,

VIE DE CESAR 105

npbi nviStv x<^/30v axiTOTi, dans rien de pire pour eux


mais tlans la monarchie.
JIo))ol Si Yjaxv oi Et nombreux élaionl ceux
osant m«îme déjà
).i/etV CV fA.l'Kii dire publiquement
rr,-* noïixtlxv cTvxt àvr|x£7T0v le gouvernement être incurable
excepté par la monarchie
xtX xp7,-joi.t àjxs^iiQcit et falloir recevoir
roxjTO xà tfipiXTLxot ce remède-là
TOO 7r/53(OT3(TOU TÛV (aT/JCÔV du plus doux des médecins
qui présentait lui :

ÛTro^/;)ovvT«î TÔv IIouTTiîVoy. dési^'nanl Pompée.


£?r;2 oi xai txjîyo; , Mais comme celui-ci
adVctant en paroles
de refuser,
c/57« /xâ/)ov TTxvTÔ; en action plus que tout autre
i-xip'xvjvj îÇ wv faisait les choses par lesquelles
àvxôît;(9ïÎT0tT0 àiXTirup, il dût être nommé dictateur,
ol wîpt KâT6Jvx ceux autour de Caton
s'élant concertés
TTif'OouTt Tr;v yepo\>9(xv persuadent au sénat
àifoStî^xi alrbv fxôvov uirxTOv , de nommer lui [Pompée) seul consul,
ùi [ir, |3ixffxiro afin qu'il n'us4l-pas-de-force
yVihOv.l ÙlKTXTUpt pour devenir dictateur,
nxcYiyopriSeïi étant consolé
fio-jxp-j^ix vouiuitAizipx. par une monarchie plus légale.
01 oî xxl i-Jspr,^iax-j-:o Mais ceux-ci décrclcrciit aussi
Xpo^o-J i:ra/9;(t65y. la prorogation de ses gouvernements
F.^X- ^^ ^^0 » Or il en avait deux ,

IQripîxv xxl Ai6j>;v 7\jtx7cx7xv , l'Espagne et la l-ybie entière,


«î St'j'iXCi lesquelles il gouvernait
«TTOTT^JOcov npnZvjzùi ,
envoyant des lieutenants
XXI rpifuv (TTpxrtJfxxTX et entrctcnonl des armées,
oTj ili/iZx-jev pour lesquelles il recevait
ix Toû rxij.tio\) SrifjiOiiox) du trésor {mblic
X'iia Tâ/avra mille talents
XXTX Ixxvrov cvtauT^v. par chaque année.
XXIX. 'Ex tcjtou Kaîïxp XXIX. D'après cela César
envoyant à Rome
i/avzTO ùicsTCiay demanda le consulat
,

106 KillAPOI BlOÏ.

ypovov o;xotw<; tSm» loûow ÈTrapiytwv. Tô jaIv oîv itpÎTW Ilofx-

irr.iou TuoTTwvTOÇ, o\ 7:gp\ MapxelXov xa\ AtvrXov ?,vavTi^-ro

[jLicouvTEç oXXojç Kaic^pa xai toTç àva*ptaioiç odx dtvTp:*'»

TrpoaTiOfcVTEç eÎç àTt(xiav auTou xal 7rpoinr,Xotxiîjxov. Neoxo){ii":aç

yàp svay/oç utto Kataapoç Iv FaAaTia xiTwxiiatvouç ix.rj^ovvTO

T^ç TToXiTEiaç* xai MstpxEXXoç uTcaTEuwv eva TÔiv exeî ^wXeu-

xwv, Eiç 'Po'jfXTjv i^ixo'asvov, rjxiffTO* ^ao3o'.ç, iTriXEYWV w; T«îÎTa

TOu (JL-?) 'PwaaTov Eivai 7rapa<T7i(xa Trpo<TTiOr,<Tiv aOTw , xal tii-

xvuEiv aTriovxa Kaiffotpt exêXe'jê. Met^ ùI Mapx£)3vOv, v-o-/; Kai-

capoç Tov FaXaTixc/V TrXotÎTOV àpuEdôai ^'^pT^v (J^eixoto; ttît'.

Toîç 7CoXiTEOOu,£'voiç , x«\ Koupiwva (AEV Srjfxap/oûvTa 7ro)vÀô>v

IXcuOEptoaavTOÇ Saveiwv, nau)vW ûe, tiziiif ovti, X^'Xia xa't rEv-

Taxodia raXavxa û(>vtoç, à:p' (î)v xa\ Tr;v ^aciXtxrjV £xeïvo<;, ôvo-

fxaoTOV àvdcÔYiu.a, tv) àyopa TrpocEXOcfXTjCEv avxi xt,<; <I>ouXÇia;

consulat et une pareflJe prolongation des années de ses gouverne-


ments. Pompée d'abord garda le silence: maisMarcellus et Leotulus,

ennemis déclarés do César, proposèrent de rejeter ses demandas ; et,

pour faire outrage à Césnr, à une démarche nécessaire ils en ajoutè-


rent qui ne l'étaient pas. Ils privèrent du droit de bourgeoisie les
habitants de Néocorae, que César avait établis depuis peu dans la

Gaule. Marcellus ,
pendant son consulat , Gt battre de verges un de
leurs sénateurs qui était venu à Rome, et lui dit que, n'étant pas
citoyen romain , il lui imprimait cette marque d'ignominie ,
qu'il

pouvait aller montrer à César. Après le consulat de Marcellus, César


laissa puiser abondamment dans les trésors qu'il avait amassés en

Gaule tous ceux qui avaient quelque part au gouvernement. H


acquitta les dettes du tribun Curion ,
qui étaient considérables, et

donna quinze cents talents au consul Paulus qui ,


les employa à bâtir

cette fameuse basilique qui a remplacé celle de Fulvie. Pompée


, , ,
, ,
, , , ,

VIR DK CKS^R lo:

ot pnrolllcmpnt la prorogation
«!(• 9PS propres gouvernemmls.
0|- (r:il)or(!

l*i»mpoo se taisaat,
M.ircrllus ol Lonluliis
flront-dc-ropposition ,

haÏRsani d'ailleurs César


/.'A 7rfa»TiOivTiiTOc4àvayxxi«!5 et ajoutant nu\ choses nérossaires
aj/ ivayyaïa dos chose.f non nécessaires
el; i.T tfilrxv pour le (léslionneor

xxl TT/BOït/jî^axtj/ièv xinaû. et l'outraj^e <le lui.

Car ils privèrent du droit-de-cité


les hahitnnts-de-Néocome
x'xruxt7 fxijOJi Ijxy/^Q; élahli-'^ depuis-peu

Ij Va.)xTl'X ùrrà KiztVxpo;* dans la daiile par César :

X3tl Mipxei^oç ûas'.Trwwv et Miircellus étant-roosul

avait-fait-haltre de verc:es
îvx TÛv 3ou)£UTc5v èxîT, un des sénateurs de là [de la Goule),
oc^ixô/xïvov ct5 "Pw/or», qui était venu à RonTe
t7r«).iycjv wç Trp07TiO/;fftv xjtôî ajoutant qu'il faisail-donner à lui

TxDra :^xpÛ7r,y.x CCS coups comme nianiues


Toii /*i^ «Tv«t Pw/xaTov du ne pas être lîomatn
xxl èxé/î'Jîv «Tcovra et il ordonnait celui-ci s'en allant
lea luontrer à (V-sar.
MiTÔ. û£ Mâpxs^^ov, Mais depuis Marcellus
Kac7a|S0î à^îixoro^ /icr, César avant abandonné dés-lor?
TOv tt/oOtov r«>aTixôv les trés<»rs de-la-(iaule

àsvcvOxt pûo/;y pour y (^Lre puisé abondaraniCQt


niji TOcç à tous ceux
prenanl-pat t-au-j^ouvcrncment
xal è/euOî/s'jJffxvTOî juèv cl ayant ndranclii', d'un côté,
'jTO/)flv ôxvetaw de plusieurs deltcfi

ïioMpicavx CYjfj^p'/^^JTX t C.uriun qui élail-lribun ,

iàjxo^ Si Uxù}.(f y
de l'autre avant donné à Pauîus,
Ivre ÛTtârw qui était consul
X<ic« xal 7rr»T«xd7ia râ/zvTK, mdlo et cinq><'ent6 taleals
à«ô biv xxl «xjTvoî avec lesquels celui-ci
VpOStKÔ^lJ.ri'JtV TT) à'/opx rijoula-comme-ornemcnl au ftrui:i

la basilique,
dan incnK>rable
,

108 KAIIAPOZ BIOÎ.

oîxo5ojjir,0eï(7av •
ooto) cy) cpoÇr,0£t<; t),v (juTTOtaiv 6 Tlou'rn'ïoç,

ctva^«voov y)or, Si' iauTou xai twv ç(Xo)v Jf;rpaTTCv àTTo^tr/OfiVii

Siaoo/ov Kai'cotpi tv;? àçt/r^ç,' xai 7r£|x?rojv aTO^Tei too; CTpaTio>-

Taç ot»ç lypr^Giv aCiTÔi Trpoç Toùç KeXrixoùç iySî'^aç. *0 2' ^tto-

TréuLTTei, 5ci)pr,(Tauevoç £xa(TTov avcpa rEvrr'xovxa xa\ Siaxoci'aiç

Spa/ixaTç •
oî oè toutouç TToaTrrjiw xofAÎcavTEÇ clç (xlv to rÀ9;0oç

oùx iTrieixeïç oùSc '/pr^<JXO\J^ xaTECiTEipav Xo^ouç &7rlp tovÎ Kai-

crapoç, auTov 8ï TTotXTrr'ïov tkTzici XEvaîç 8i^;p6£tpav, w; ttoOov-

fi.evov Ô7C0 TYJç Kaiaapoç CTpaTiaç, xai xi jX£v IvTaîîôa cii oOovov

xai TToXiTEiaç OttouXod; (xoXiç e/ovTa , tt;? S' Ixeî SuvatxEdj; £toi-

[xy)ç U7rapy(^ouo7)<; aoToi, xav (jlo'vov Ô7rEp6aXoj7iv £tç 'IvaXiav,

EÙOùç l(T0ji.£V7](; Trpo; Ixstvov • otitoi YEyovsvai xôv Kaiçapa ttat'Oei

(TTpaTeicûV XuTOjpbv aoToTç xa), cpo'êw (xovapyia; STrorrrov. 'Etti

craignant cette espèce de ligue, agit ouvertement, soit par lui-même,

soit par ses amis ,


pour faire nommer un successeur à César ; il lui fit

redemander les deux légions qu'il lui avait prêtées pour la guerre des

Gaules , et que César lui renvoya sur-le-champ , après avoir donné à

chaque soldat deux cent cinquante drachmes. Les officiers qui les

ramenèrent à Pompée répandirent parmi le peuple dos bruits très-

défavorables à César, et contribuèrent à corrompre de plus en plus

Pompée , en le flattant de la vaine espérance que l'armée de César

désirait l'avoir pour chef; que, si à Rome l'opposition de ses envieux

et les vices d'un mauvais gouvernement mettaient des obstacles à ses


desseins , l'armée des Gaules était toute disposée à lui obéir ; qu'à

peine elle aurait repassé les monts ,


qu'elle serait tout à lui : tant

disaient-ils , César leur était devenu odieux par le grand nombre


d'expéditions dont il les accablait! tant la crainte qu'oa avait qu'il

aspirât à la monarchie l'avait rendu suspect! Ces propos enflèrent


, , , ,

Vir. DE CES\H. 109

qui Fut h^lliu


«vTt T/i; <tfo\j/.&ixi' à la place do celle de-Fulvie :

ainsi Poni|)ce
ayant ciainl celte ligue,
travaillait iIcs-Idis ouverleiiient

par lui-ni(}nic et ses amis


pour un successeur de sa charge
ànoùit/^07,vui Kctivupt' être nunuiié a César :

xv.i TiifjiTiatv a7i>ÎT<i et envoyant vtrs lui il réclamait


roJi'3Tf)oi.ri'Jj-:u.ioZiiypr,ssvu\j7'Z les soldats <pi'd avait pr(îtés à lui
Ttpoi Toùî àyûvai Kt/ri/oj^. pour les cunihals de-la-GaiiU'.
Mais celui-ci tes renvoie
Sojpï)7âfxsvoç éxx7T0V ijopx ayant gratifié chaque homme
de deux-cents
xal TcevTi^xovTa ipa^fixi^' et cinquante drachmes :

o\ oi xofiivxvTtç toûtou; mais ceux qui amenèrent ceux-ci


à Pompée
xaTÉaneipav (xèv uTièp Kaiaapo; senièrcnt sur César
eii t6 n/.7,Qoi Jans la imillilude
j /o\Jiol)AiniiutliO\Joi xpr,(;ro'ji, desbruilsnun honiiétesni favorables
'itivQttpxv ok et corron)pirent
par de vaines espérances
Ponq)ée lui-même
comme étant regretté
vnb Tf,i (jTpocTiXi E.oi.l<jxpo: par l'armée de César,
xat rà /jiîv èvraOûa et comme les choses d'ici {de Rome)
allant avec-peine par l'envie
—^ xxl Û7tOÛ/OU$ t!t les plaies-cachécs
du guusernement,
rili o( ôvivâ/ASbi^ txcZ mais l'armée de la {de la Gaule)
ûn3cp;(i)ûar/;î itoifJir,ç a\)rû , étant disposée pour lui

Kxi âv fXOJOV ÙiZSpOXAOlSlV vl SI sfulemenl ils passaient


<is lTS(/iav en Italie ,

*
270/lAévir;$ ('jOÙ{ 7T/Sà{ CXCÏVOV devant être aussitôt pour lui :

ouTw TOv Ra(7xpa -/r/ov^vai tellement César être devenu


iv/iT>;pèv auTOÎî lâcheux à eux
par legrand-nombredesexpéditions
xal uTtonTOv etsuspect
çdSw fAOvxpxia.t» par la crainte de la monarchie.
'Eni TOWTCitj l*ar suite de ces choses
,

110 KAIZAP02 BI02.

TooToiç no|X7r/''ïoç £/aviVot)To, xai 7rapa<jx£ur,ç lùv i^|x{Xii orp»-

TiwTwv, ux; (a:?j SfSoixwç, ^oyoïç oï xai YvoWaiç y.aTcT:o).iTr^iTo

tw So*/.£Ïv KaiGQipa 'j/rjOi^ojXcvoç. ilv £x£Îvo< oùcev £'>pôvTtJ|tv •

àXXa XsyeTai Tiva twv à:ptYtjLÉvo)v 7:ap' aOrou ':a;tapyfôv icrrôrra


Trpo Tou [iouXcur/;piou xal TruOofxevov o»<; oi oioojtiv /, '^i^rAjz'ii

Kaiaapi ypo'vov tv^ç àpy/jÇ* u 'AXX' «utt^ , :f<otvai, ôuiiei • >»

xpouaavxa Tvi /eip'i tvjv Xa67)v tv^ç (xctyatpaç.

XXX. Où (xy;v (xXa* f} y^ Trapà Kaiaapoç à;iu)7i(; tô Trpô-

o^Y]u.a TVjç ôtxaioXoyiaç XapLTTpov £?/£v. 'llçi'ou yàp auTO^ Tt


xaTaOsGÛai Ta or/a, xai ïlotxTrr/iou TauTO xpâ;7vT0ç, aiaoo-

T£pouç îûiioTaç yfivoaÉvouç fiGpicxecÛai ti rapà twv ttoXitcûv

àyaOûV wç touç «utov ejlsv avaipO'ja£vouç , êxîtvw 8* -?,v cTyE

PcCaiouvxaç Sovaa.iv, £TEpov ôiaSàXXovTaç , ^Tepov xaTaTXc'ja^î'.v

Tupavvov. Tauxa TrpoxaXouixEvoç Iv toÎ or'jjiw Koupiojv uzàp

Kaiaapoç, ÊxpoTstxo Xaijnrpôji;' oi oà xai ortcpavouç Itz aùxbv

tellement le cœur de Pompée ,


qu'il négligea de faire des levéc>
croyant n'avoir rien à craindre, et se bornant à combattre les deman-
des de César par des discours et des opinions dont César s'embar-
rassait fort peu. On assure qu'un de ses olliciers ,
qu'il avait envojc a
Uume et qui se tenait a la porte du cuuseil, ayant entendu dire ([ul'

le sénat refusait à César la continuation de ses gouvernements :

« Celle-ci la lui donnera >•, dit-il , en mettant la main sur la garde de


son épée.
XXX. Cependant César avait , dans ses demandes , toutes les ap-
parences de la justice : il offrait de poser les armes, pouivu que
IVmpée les quittât aussi. Devenus ainsi l'un et l'autre simples parti-

culiers, ils attendraient les honneuis que leurs concitoyens vou-


draient leur décerner ; mais lui ôier son aimée et laisser à Pompée
la sienne , c'était , en accusant l'un d'aspirer a la tyrannie , donner a
l'autre la facilité d'y parvenir. Cuiion, qui faisait ces oûres au peuple
au nom de César, fut singulieremenl applaudi j et, quand il sortit de
l'assemblée g on lui jeta dos couronnes de Heurs , comme à un athlète
, , , , ,

ViK DE Ci:SAIl. 111

Pompée s'enfljit

4:tcfrl£S négligeait

TîapaaKt'jyj; Tipaxiiûxàiv, les apprêts de soldats,


ôj; jaV) Seôoixco;, comme ne craigi:aMi pas,
xaTETio/ixeûcTO ôè KatOQpa mais attaquait César
xti) ûoxcîv v{/rj^i!|ojji£vo; en a|)parettce en décrétant
Àoyoi; xal Yva>|xai;. avec des discours et dis opinions.
'liv èxeîvoç éf pôvTtJJsv oùSév* Desquels celui ci ne se souciait en rien;
à).Aà /iyrrai mais il t*El dit

Ttvà Tôiv raÇta^/cù» un des clu'fs-de-cuhurlcs


/.jjf/;u4vwy :tapà auroû arrivés d'auprès de lui
«OTTÔiTa it|SO TOÛ ,5ou/«UT>;/3toy se lcnaiit-ik'l)out devant la curie
xal wwôo/irvov wj i^ yipousix et ayar>l appris que le sénat
où â(ôeoj( Rxic^c^i n'accordait [)as à César
X/3^vov T>;s ^PX^éi' la proroj^aliun de sa chartje :

• Du moins celle-ci, avoir dit,

jcôcrcc * » la lui accordera : «

xpoûjavra t/S x"P^ ayant frappé de la main


Ti^v /a6ï;v Tyjç iLOL'/OLipv.^. l;i poignée de son épcc.
XXX. Où fxri-i à//â 7< XXX. Toutefois certes
;^ àÇ((U7({ Ti'xpk K.xiaupoi la dom;in»le de César
il^e rà ÀXfxnpàv tt^oj^/î/zx avait l'éclatante ap[)arcnce
de la justice.
llÇt'ou yùp Car il ju;^pait-à-propos
xaraûtuôxi aùrd; rc Ta û7i.a et lui-même déposer les armes,
xal llo//in/;iou TipàÇavros to u-urà, cl Pompée ayant fait la même chose^
f-lJitforipoji tous-deu\
devenus simples-particuliers
. ipJaxisQxi se procurer
ri iyaôûv que!(|ue-ehose d'avanlaj^eux
nxpà T^iiy îToiiTÛv *
de la part des citoyens :

ôiTOÙf àyzc^ou/Aévous /u.r^ aurov, car ceui ôtant à lui iCésar)


et maintenant a celui-là [roiiipév]
l'armée ({u'il avait,
ija6i/>ovTaç Irtjîov en calomniant l'un
/aTXJ/,«ui^ftv Ircpov TÛpavvov. établir l'autre tyran.
Loupiwv itpoxa>oûtt«yoi TaÛTx Curion proclamant ces offr&s
è» Tù o/ifiti ù-Ktp ILaissipoi dans le peuple au nom de César,
JxpOTIÏTO lOLfltipHtÇ' était applaudi avec-érlat :

ol ôi i(x( àvOoCo/oûv 't^ et ceux-ci même jelant-dcs-lliur*


.,

1 12 KAiiAPoi moi.

OiO-Ktp (iOXyjljV àvOoÇoXoovTc; r.^ucav. 'AvTwvtoç îi ^.jiapyTjv

Kaiffotpoç ÛTcèp TOuTOJV iTTKrroX-Jjv xoiAfjOelaav elç to -jtXr.Oo;

I^TjveYîte, xa\ (xve'yvo) piot twv 6raTojv. 'Ev tï ty; fouX^ 2xt-

irdov (xèv, ô no{X7nr,iou TTEvOepoç, tlcr^fr^aaro yytouryj av ^v

-^iixepa (5i"/]T9i (ji-^ xaTaOy,Tai xi ^TrXa Kaîaap, i-nociiyhryon tzo)!-

(jLiov auTo'v. 'EptoTOJVTOJv ùï Twv uirotTojv, el 2oy.£Î notxTrr'îc/v

àcpEÏvai Toùç aTpaTio>Taç, xai 7rot).iv, il ùoxtl Kai'capa, tt) «xÈv

éXiyoi TravTotTraGi, tyj 0£ TravTEÇ rap* ôXi^ou; TrpocjiOEVTO. Tôiv

8â TTEpi 'AvToiviov TraXiv a;iouvTWV àixîpoTE'pouç ry;v àp/r,v à2.eî-

vai, TravTEç éfxaXCx; 7rpo(7Ê/a)pr,aav. 'AXX' £x€ta^ou.£vo-j 2xi-

ttCojvoç , xa\ AevtXou too uTraTOu ^owvto; oTrXcav ûeIv rpcç avcpa

Xr)(TT>iv, où <j/r':pwv, xore (xÈv StEXuOr,(7av, xal \uxiCoî/Xo^zo -rà;

IffôrJTaç ETrl ttevOei BA t^,v CTocffiv.

XXXI. 'EtteI Si Trapoc Kaiaapoç ^xov l7ri(7ToXa\ jXETpta!^£iv

ooxouvTOç, (t^^{ou y^P œ^eIç ToXXa Travxa, rJjv Ivtoç 'AÀtteojv

victorieux. Antoine , l'un des tribuns du peuple , apporta dans l'as-

semblée une lettre de César et la lit lire publiquement dans le sénat,

malgré les consuls. Scipion , beau-père de Pompée, proposa que si,

à un jour fixe , César ne posait pas les armes , il fut traité en ennemi
public. Les consuls demandèrent d'abord si l'on était d'avis que
Pompée renvoyât ses troupes, et ensuite si on voulait que César
licenciât les siennes : il y eut très-peu de voix pour le premier avis

et le second les eut presque toutes. Antoine ayant proposé de nou-


veau qu'ils déposassent tous deux le commandement , CPt avis fut
unanimement adopté; mais le bruit que fit Scipion et les clameurs
du consul Lentulus, qui criait que contre un brigand il fallait des
armes et non pas des décrets , obligèrent le sénat de rompre l'assem-
blée. Les citoyens , effrayés de cette discussion ,
prirent des habits
de deuil.
XXXI. On reçut bientôt une autre lettre de César, qui parut encore
plus modéré il offrait de tout abandonner, à condition qu'on lui
:

laisserait le gouvernement de la Gaule cisalpine et celui de l'Illyrie


, , f , , , , ,,

vu: I)K CKSAU. 113


^fitascv (trtfxvoxti laiiccreal des couronnes
inl auTûv Siintp à0).»3T/5v. sur lui comme sur un athlète.
AvTùJVioç ûi S/ifxxpx^J^'^ Mais Antoine qui élait-tribun
apporta à la multitude
InisTO^iiv Kuiaxpoi vizip toÛtcjv une lettrede César sur ces chosa
(jui avait été envoyée ,

xa.1 à.'ji-/v(ii ^t'oc Tciv ÙTrâTwv. et la lut en dépit des consuls.


'Ev St r^ ^ov)i^ SxtTt/w» /xîv Or dans le sénat Scipion d'abord,
é ne-jOepbi UofJLTir,(o\)^ lebeau-père de Pompée
eiir,-/r,7XT0 yj'Jifxr.v proposa cet avis,
iv Kxïaap iv r^ft-ipT. pv}r^ si César à un jour dit

fJLYi xaTccOrjTai rà e7t).a, n'avait pas déposé les armes,


lui être déclaré ennemi.
Tcôv ôè ÛTtârwv è/owTwvrwv ,
Puis les consuls demandant
£1 ôox£î IIo/xTr/itov s'il plaît Pomj)ce
renvoyer ses soldats
xai TrâAtv et ensuite
tl SoAiï KxiaoLpx s'il plaît César renvoyer les siens,

ri) /lèv npoiiOfjro à l'un (le CCS avis se joignirent


TrxvTaTraffiv oii'yot, lout-à-fait peu de sénateurs
et à l'autre tous e\ce|>té peu.
Tcôv Si Tlîp'l. AvTwvto^ Mais ceux autour d'Aiitoiiic
«ÇtOUVTWV Tti/lV demandant cle-nouvcau
àp.!fOTif>o\Ji à^ilvac 7ir;v àpyy,-j, tous-deux déposer leur cliarjje ,

irscvT£s npQvsyûpr,(jxv 6u.«/&j,-. tous y accédèrent unanimement.


^XAà Zxinicovo; Cependant Scipion
èxëiaÇo/AÉvou, s'opj)osaiit-violemment,
xai TOÛ UTTiCTOU AévT/ou et le Consul Lentulus
j^'ivTOî Stïv Sti/wv, criant èlre-besoin d'armes,
ou i|/ï;ç)wv, non de suUragcs
n,ooi ûvopx /r,9TriVf contre un homme brigand ,

alors ils se séparèrent


xai /xîT£6â//ovTO rà; £70;;ra^ et changèrent leurs habits
tTli îlivOil Olà T/JV ffTâfftV. par deuil à cause de la dissension.
XXXI. 'EtciI oc tTtisTOÀai XXXI. Mais lors(|ue des let'.res
/^/ow Ttapà Kx(7apo{ furent arrivées de la part de Césa;
qui paraissait se modérer,
(«fxi» yxp nivrx rù xXXx (car ajant renoncé à tout le reste
il demandait
ript ivTO< 'aAthwv le pays ea-deçà des Alpes
Vit ut CiaAR. 8
,

114 KAiïAp(;i: iJioï.

xa\ TO 'lÂXopixàv (jLETà ûUEÏv TaYULCtTOJV avT(j) ioW;vai, l^i/pic

ou T-^jV 6£UT£pav UTTXTEtav uiTcUi,) xa\ Ki/.£pwv p'/iTwp, i^i


irapojv ix KiXixiaç xat ôiaÀXayi^ rpaTTO)";, ^xaXaTTc lôv liofA/>

Trr^ïov •
ô ûà xaXXa (Tuy/oipôîv, touç GTpaTKoTaç a^i-pEi. Ka*.

KiXtpwv (Xcv etteiOe toÙç Kaicapoç cpiXou;, cuvevoovTaç, sTit tœî^

£Îpr,{X£vaiç ETcapy l'ai; xai arpaTiioraiç {xovoiç £;axi(r/iXtotç Tzoiii-

cOai ^àç SiaXucEiç. noa7rr,tou oï xajX7rrou.£vou xai ûiio'vxo;, ol

TTEpi Ae'vtXoV oÙx EltOV UTTaTEUOVTEÇ , (x)»Xà Xat TTjÇ ^OoX^Ç 'A>-

Tujviov xai Koupiwva 7rpo7n;XaxicavT£ç Eçr^Xacav ariooiç, Tr,v

£U7rp£7:E7TaTy,v Kaicapt tÛv TrpoçacEwv oùtoI jxr,/avrjCa{iavoi

xat 8i ïfi jjLâXi(jTa Tou; cxpa-riioTaç Trapoj^uvEv, l7riC£txvuu.r»oç

avSpaç IXXoYitxouç xa\ apyovTa; ItzX fxisOiwv Çeu^wv izi'^tu'fô'ZT.ç

Iv EîOyjaiv oixsTixaîç '


outo) yip àiro *Poju.r,ç cxaJOKjotTeç £acu-

Touç ôia cpoDOv uTTcçrjEcrav.

avec deux légions, jusqu'à ce qu'il eût obtenu uq second consulat.


L'oraleur Ciccron ,
qui venait d'arriver de son gouvernement de
e Cilicie , et qui cherchait à rapprocher les deux partis , faisait tous ses

eÛbrls pour adoucir Pompée. Celui-ci , en consentant aux autres


demandes de César, refusait de lui laisser les légions. Cicéron avait

persuadé aux amis de César de l'engager à se contenter de ses deux


gouvernemenls a\cc six mille hommes de troupes , et de faire sur ce

pied- l'accommodement. Pompée se rendait à celle proposition ; mais

le consul Lenlulus ne voulut jamais y consentir j il traita indigne-

ment Antoine et Curion et les chassa honteusemeat du sénat. C'était

donner à César le plus spécieux de tous les prétextes ; et il s'en

servit avec succès pour irriter ses soldats, en leur montrant des

hommes d'un rang distingué, des magistrats romains obligés de


s'enfuir en habits d'esclaves, dans des voitures de louage i car la

crainte d'être reconnus les avait fait sortir de Rome sous ce dégui-

sement.
,,, , ,

VIE DE CLS.VK. ns
cl rillyriu
éirc ciunncs à lui
fisrà ouï?'» ray/xarwv, avec doux létjions

A'-Xy't» ow fJ-i'sit'Jt jusqu'à ce qu'il Lri^'u;ll

T<v JîjrijCxv wTrare^av ^ un sccunii consulat),


xxè K'xipwv ff/iTtap , Cicéron l'uratcur
ûpTi it'y.fiùv do[)ui8-[n!ii présent
i/. Kùixiuç lU' retour An Cilicic
xxl TtpirruT* Siz).).y.'/ùi cl lrav:»il!.iiil à une réconciliation,
l/lÛXxTTt TOV no/i7i<(i0y* adoucit r Jinpéc :

ô Si au/;f «^oûv ri x//a mais celui-ci accurdanl le reste,

ûlail à César les soldais.

Kai Ku(ip(éit /l'fj El Cicéron certes


persuadait aux amis de César,
eux ayant cédé,
TTOtîîaOai ràç ^taiûffàt^ de fiiire raccomraodemcDt
moyennant les provinces
dites plus haut
xal éÇxxt7;(uLioiî ffT|3XTt'j!iT: et six-mille soldats
seuls.
Ilo^rr/;t'ou 0£ xa/i7rT0/<îv3J El Pompée se laissant-fléchir
xal ciodvTOÇ, et accord.iul cela,
Lenlulus qui était-consul
oùx s'oiv, àA).à y.9.h ne le jicrmil pas, mais même
il chassa i^nominieusomeul Juséuat
AvTCiJViov xal TLQ\jpi(tfJX Antoine et Curion
itpoTtr,Xsi.in9Xvrei ,
ayant insullé eux,
/j.r,-/^3L'jr,'7Û./Jiiv0i x-JTol K.at^. -.yanl préjiaré lui-méinc à César
le plus spécieux
TÔJv rrpojjâjîwv »lrs prétextes
xal ôii y7s /xx/tsTa ol par liMjuel surtout
nap'jJÇuwr T0Ù5 (Tr/saTtvrai, il anima les âuldalâ ,

27noctxv'J/Aivo{ xvSpui leur monlraul des hommes


illustres l'i revélus-de-diynilés
nîj»«j/dTai qui avai(.'nl fui
«Tt- ^r-J-ySÔv yUllffOlUV sur des chariots de-louago
âv i7';/;7»i* Otx«TlX«r;' dans (les habits d'-esclaves :

ffxjuâ7avT«5 yà/î ««utoj; 0'^: car s'étant habillés eux-mêmes ainsi


ilsétaifnt'SorliB-furtivemeotdcRoiiie
n.ir (•|-.:;tUr.
116 KAIIAPOZ BIUZ.

XXXII. Haav |xèv ouv uepi aùxôv ou irXeiouç ÎTmto/v tpt'i-

xoffiwv xa\ TcevTaxKTyiAiwv ottXitwv •


to y^P dDJlo (TTpaTtujia

TTc'pav AXTreojv (J7roXeXeiu.[i.£vov ^jjitXXov dfçeiv ol 7r£tAî»0£VTeç.

'Opôiv ùï r^jv à^yry ojv £v{(7-:aT0 7:paY[xàT0Jv xai ty;v I^ooov ou

TToXuy'Etpiotç S£0(X£vyjv iv Tw TTapdvTi (xaXXov 'î^ 0a(|x6ei T£ TOAjXrjÇ

xai Toc/^ôi xaipou xaTaAr,7rT£av oucav (£X7rAy,^£iv y^p ^ttkîtou-

(AEvoç ^aov ^ pidcGEaOai (Xô-rà 7capa(7X£u^<; ItteXOcuv), touç (ùv

fjY£H'-0'''°t<; xal Ta;iapyou; Ixfi'XEUdE (xa/aîpaç l/ovTaç aveu twv

dtXXojv ottXwv Xaxacr/^eiv 'Apiixivov*, r7,ç ReXtixt,? ixt^-xk-ry vroXiv,

(oç ivÔÉy^e-ai [xaXiaTa <p£iGa{i.£vou; tj^ovou xai Tapay-r,;* 'OpTTjGto)

8È r^v Ôuvajxiv îrapsÔcoxEv. Autoç ùï Tr,v (jtiv fjtxî'pav or^vev £v

cpavEpw, {xovojxa/oiç I'^&ctwç "^M^^^iaX^'Jii.ViQK^ xai 6ca)|X£vo;. Mi-

xpov Ss Tipo IffTTEpaç ÔEpaTTEuca; xb cwfjLa, xai TcapeXOôiv £i; tov

àvSpwva , xai (7UYY£votjt.£voç ppa'/^£a toï; 7capax£xX'/;jX£voiç Itzi

XXXII. César n'avait auprès de lui que cinq mille hommes de


pied et trois cents chevaux. Il avait laissé au delà des Alpes le reste

de son armée ,
que ses lieutenants devaient bientôt lui amener. Il

vit que le commencement de son entreprise et la première attaque

qu'il projetait n'avaient pas besoin d'un grand nombre de troupes; qu'il

devait plutôt étonner ses ennemis par sa hardiesse et sa célérité, et

qu'il les eilraierail plus facilement eu tombant sur eux lorsqu'ils s'j

attendraient le moins ,
qu'il ne les forcerait en venant avec de grands
préparaiils. Il ordonne donc à ses capitaines et à ses chefs de cohor-

tes de ne prendre que leurs épées.sans aucune auLre arme, de


s'em-

parer d'Ariminum ville considérable de la Gaule mais d'y causer


, ,

le moins de tumulte et d'y verser le moins de sang qu'ils pourraient.

Après avoir remis à Hortensius la conduite de son armée , il passa le

jour en public à voir combattre des gladiateurs; et un peu


avant la

nuit il prit un bain, entra ensuite dans la salle à manger et resta


, ,
,

VI K DK CKSAR. 117
XXXII. où Tr)«/ou4 fiiv ovv XXXII. Or de* hommes non plus
Tpi«/07(''dV lTCTti(tlV //MP trnis-ronts rnvaliors[nombreux
xal mvrxy.i'jyiXiuv ÔTritrûv ot rinq-millc hoplitos
*
riïav ire^ol «Ùto'v élaiVnt autour de lui :

car ceux ayant été envoyés devaient


aÇeiv rè âi)o 'rzpxn.Mij.x amener le reste de l'arm^'o
v.no\t\tiiJ.fj.ho'i Tiipxv 'A)7r:0)v. laissée au-<lelà des Alpes.
OpiJv Si Ti^v à/î;fiîv Mais voyant le commenrement
npayuiruv Ziv iviVraro, des allaires qu'il entreprenait,
et la première-attaque
ou SîQui'jrjv n'ayant pas-hesoîn
::oXvystpfxç <!«' heaucoup-tle-mains
Iv Tfi itxpôvrt dans le moment présent
fiStXXov r, oujxv y.xTxli^nréyv plntù* que étant à-saisir
BdfjL&ei re ràX/xrji et par la terreur de raiidare
xal TCtx^t xae/9oû et par la promptitude de l'occasion
(è/Tr)>{Çé(v yxp pxov (car devoir déconcerter plus aisément
ttiti.'jroiifj.tvoç n'-étant-pas-aitendu
fi ^liiizQxi que devoir vaincre-de-force
IntlOiiV fj-sri itapX'Txevili) étant survenu avec des préparatifs^
i/.i)tv9e fxiv il or<lonna d'ime part
roui r.ys/Jiôvai xal ra^ixpyo'j^ les capitaines et chefs-de-cohorles

lyo-^raç ustyxfpxq ayant leurs éj)éei


xv:\j rdiv x/)(tiv OTiïuv sans les autres armeg
y.xrxvy^tXv kplfjn'jov , occuper Ariminum
ixeyi.)r,-j t:6}iv ri^ç Ke).Ttx<î, grande ville de la Gaule,
yîtca^aévou; ffoZoM xxl rvcx/r^ ,
épargnant la terreur et le tumulte,
/idtitTTa wç ^^îé;(STai* le plus comme il est-possible;
Ttapé^'jjxf Sk TYiv Svvafjnv d'autre part il remit l'armée
'0prr,9{rji. à Ilortensius.

Aùràç Si Sii'.yt /ziv Mais lui-même passa


Tl^V TifJLipaV £V fx-jspiû ,
le jour à découvert
assistant
/jLOvofiiyotç yv»/ivaÇo/xévotç à des {gladiateurs qui s'exerçaient
xal 0«'.j/xîvoî. et les regardant.

Mixpèv 5è 7t|5Ô i(mipxç Mais peu avant le soir,

ayant soigné son corps ,

XXÏ 7CXpS/9d>V îtç TÔV X-iS'iCiJX ,


et étant venu dans la salle-A-mangcr,
xalrjyytv6uî/0i ^pxyix et étant resté un temps roiirl

T«Tç irap«yï>r>»;/i<votç avec ceux invités


,

118 KAIIAPOI DIOZ.

tÔ ôtÎTTVov, i?,or, et» 7X070^0 v-oç, £;avé(iTy,, xai tctjç fiiv «À>.vjç

juvov, èXiyoïi 5è Twv :p0vojv 7rpO£(pr,To \i}\ xari xb a'Vrô TtavTaç,

dfXXov 8* a)^T| Sio)X£iv. A'jToç cï twv (iKrOtoiv 2[(vyb>v ^xi^iç


Ivbç, ^Xauvev ér^pav xivi Trpôi-rov 6obv, tlxa irpbç to 'Astuivov

iTriaTpE'j/aç, w; y,XO£v Itci tov oiopi^ovra t:?;v ivtbi; *AÀt5ojv

FaXaTiav aTrb tTjÇ aAXr;<; 'IraXiaç TcoTau-ôv {'Pou€<.xvn xaXet-

Ttti), xa\ Xoyicjxoç auTov £ÎGr,ci (xôcXXov lyV^^''''''''^* '^* îc'.vT), xat

7r£pi'^£pO(X£VOV TW (X£Y£0£l TWV ToXjXOJU.£VWV , EC/ETO OpO|XO'J *


Xai

t)jv ropEiav eTriCTT^caç , xoX}A (^iv atjTOç £v laurw on*veY>C£ ,

ciyr) T'J'jV YVWji,r,v ett' a|xç»OT£pa {x£TaXau.Çavo)v, xcti Tpo":Tiç c7/£v

aÙTw TO T£ ^ouXeuaa TcXEiaxaç, ttoXX^ oà xa\ twv cj.i}aijv tcJ;

Trapouaiv, (îjv :^v xai IToXXiory 'Acivioç, C'jvot7propr,crEv, avaX-i-

yi^Oja-EVOÇ YjXixwv xaxwv ap^Ei 7:5t(7iv àvOpw';TOiç r^ oiaoac.^

^ffov T£ X(Jy°^ auTTjÇ Toïç ttuOi; à7:oX£i'|ooci. TÉXoçci {JUTa ôuaou

quelque temps avec ceux qu'il avait invités à souper. Dès que la nuit

fut venue, il se leva de table, engagea ses convives à faire bonne


chère et les pria de l'attendre , en les assurant qu'il reviendrait bien-
tôt. Il avait prévenu quelques-uns de ses amis de le suivre , non pas
tous ensemble, mais chacun par un chemin différent; et , montant
lui-même dans un chariot de louage , il prit d'abord une autre roule
que celle qu'il voulait tenir, et tourna bientôt vers Ariminura. Lors-
qu'il fut sur les bords du Rubicon , fleuve qui sépare la Gaule cisal-
pine du reste de l'Italie, frappé tout à coup des réflexions que lui

inspirait la crainte du danger et qui lui montrèrent de plus près la

grandeur et l'audace de son entreprise, il s'aiTéta; et, fixé long-


temps à la même place , il pesa , dans un profond silence , les dîLé-

rentes résolutions qui s'ouïraient à son esprit, balança tour à tour les
partis contraires et changea plusieurs fois d'avis. Il en conféra long-
temps avec ceux de ses amis qui l'accompagnaient, parmi lesquels
était Asinius PoUion. Il se représenta tous les maux dont le passage
de ce fleuve allait être suivi et tous les jugements qu'on porterait de
lui dans la postérité. Enflu, n'écoutant plus que sa passion et rejetant
, , , , , ,

VrE DE CESAR. Î19


inl rb oilnvov , à «nnpor,
ffUffxorâÇovTOç iîi>j faisan»-nuil déjà,
iÇxvéaT»?, il se leva ,

xal fiXofpovriOtiç fiLt-j toùç a//ou^ et ayant irailé-nvcc-bonté les aotrcs,


xal xeieû^a; Tzspifxévîiv aùrôv cl tes ayant cnga{^és à allcndre lui
comme devant revenir,
npotCpriro oi mais il avait été dil-d'avance
à (]ut'l(|uc's-uns des amis
fiil oi'jjxiiv rrâvra» de njvpas te suivre tous
xarà TÔ aùrô dans le n)éme lieu,
mais l'un d'un côté, l'aiitrcdc l'autre.
AÙtoç oî îTttSàj Et lui-même étant monté
sur un des chariots de-louage ,

T^Xauve îTiOtÛTOv éTe'pav Tivàûoôv, s'avança d'abord par uno autre roule,
eiTal7r'.TTp£']/a;7:pc);Tè'Ap([X'.vov, puis ayant tourne vers Ariminum
6iç ^/0jv C7rt Tèv TioTXfiov comme il arriva vers le lleuvc
{y.xhZzxi VovoUbiv) (il s'appelh; Uubicon)
Siopi^O'jrx qui sépare
Tr,v ra>aTiav (n^v) évrèç'AiTtîwv la Gaule en-deçà des Alpes
àîro zr.i â>>>;ç Ira/i'aj, du reste de l'Italie,
xat /.oyivfib^ îtïv-ît «jtov et la réilexion s'empara de lui

iyyiÇovrx u&'/,).oy tw ^sevûi qui approchait d'avantage du d;mi;(;r


XXl £»/5T0 OpàflOV et l'arrêta de sa course
nepifipofxivo-j ri y.-yiOn agité par la grandeur
Tûv ro\u(Aifxév(av' des choses osées;
xxl âîrcTTyJTXj t/jv nopeiwj et ayant arrêté sa marche,
auràç /Aîv on/ivsy/s lui-même il balança
iro^à èy saurai beaucoup de choses en lui-même ,

portant en-silence
T^v /v'Jifir,v iTii ài.fxfàrîpx ,
sa pensée de deux côtés,
xal To T£ |3o jy^u/jia a'JT^i et la résolution à lui

lit plusieurs tours;


CUvJi>;7ropy;ff£ 5î /at :ro//à et il hésita aussi beaucoup
ToTç nxpo'j7i T6Jv yi'/ûjy, avec ceux présents de ses amis
i» >]vxai no/>é«v 'AtiVjo^, desquels était aussi Pollion Asinius,
rélléchissant quels-grands maux
1% Jtd6a7tî «fÇ£t son pasiiage conmienccra
'

irlfftv àv9^ojitot<, pour tous les hommes,


iffov T« >d/ov ajTTÎç et quelle renommée de celui-ci

ils laisseront à ceux d'aorc».


,

120 KAISAPOÏ BI02.

Tivoç, o)(T7rep à'pe\(; laurov ix tou XoYiffjxou 7rpo< to {xéÂÂov, x«t

TOUTO B-}\ TO xoivbv Toïç filç Tu/ofç ^(AÇaivo'jaiv ^TT^pouç xa\ to).-

jjiaç 7roooitjt.iov UTreiTTOJV «*Av£^pt:f/Ooi xû^oç-» wpuLr,ffE rpo; rr,v

oiotêaaiv xai ôpô{j!.w to Xoittov v^ot) yDo'>{X£voç, iiçi^iffc rpô

yi[X£paç eîç xo 'Apijjiivov, xai xarÉcye.

XXXIII. 'EtceI ce xaTeXyi^Orj to 'Apiuivov, w'TTrep àvEo)-

Yixévou TOU TToXsaou TTAaTsiaiç iruXotiç Itti Tradav Ô(jloû t^/V y9;v

xai ôaXaaaav, xai auYXEyuuÉvojv 5(xa toi; ^poiç t7)ç iTrapyia;

Twv vofxtov Tyjç ttoXeo); , oux avSpaç av Ttç wtiOt) xat Y^valxaç

ôffTrep oXXoTE, (juv exTrXv^çei Sia:poiTav ttjÇ 'ÏTaX(a<;, 6lX)À xi;

TToXeiç aOT^ç àvi(TTa(jL£vaç ç^Y^i StacpspeaOai oi' àÀX*/iXo)v tt.v

Ss P(»)[ji.r,v, waTTTEp UTTO ^EuaccTOiv 7Cia7rXa(i.£VT,v, ouya:; twv

irÉpi^ S'îQj/.cùv xal juLSTacrTOtaEciv, out' apyovTi TCElcai ^otoiav cOcav

tous les conseils de la raison pour se précipiter aveuglément dans

l'avenir, il prononça ce mot si ordinaire à ceux qui se livrent à des

aventures diDQciles et hasardeuses : « Le sort en est jeté ! » et ,


pas-

sant le Rubicon , il marcha avec tant de diligence qu'il arriva le len-


demain à Ariminum avant le jour et s'empara de la ville.

XXXIII. La prise d' Ariminum ouvrit, pour ainsi dire, toutes les

portes de la guerre et sur terre et sur mer ; et César, en franchissant


les limites de son gouvernement, parut avoir transgressé toutes les

lois de Rome. Ce n'étaient pas seulement , comme dans les autres

guerres, des hommes et des femmes qu'on voyait courir éperdus dans

toute l'Italie; les villes elles-mêmes semblaient s'être arrachées de

leurs fondements pour prendre la fuite et se transporter d'un lieu

dans un autre; Rome elle-même se trouva comme inondée d'un

déluge de peuples qui s'y réfugiaient de tous les environs ; et , dans


une agitation , dans une tempête si violente , il n'était plus possible

à aucun magistrat de la contenir par la raison ni par l'autorité ; elle


, ,, , , , , , ,

VIE DE CESAR. 121

Téioî Si fitri Ttvo^ OujuoO Mais enfin avec une certaine passion,
Sutttp à^îlî îaurè» comme s'étanl (l(jl)arrassé lui-mc^me
de la réilexion
rclativen)enl à l'avenir,
xai ùri CiTrctTTWv et certes ayant prononcé
TOOtO TO IXpOOifllO'J cet adage-ci
xotvàv ToI{ (,uSs((you7(y commun à ceux qui s'embarquer/
e?S TÛ;/aç ocnopouç dans des chances incertaines
xat Td),uaç* cl des témérités :

« KOêo» àvsûpifQù) ' « Que le dé soit jeté : »

Sipfir,is -npbi rriv Siâtxavj '


il s'élança pour le passage :

XX t ypfJi/jLivOi SpàfJLCù et usant de course


riûr] rà ioiTiàv, dès-lors le reste du temps
f ijéTTîffî npb rjfiépvi il arriva avant le jour
«iç rà \pi/jiivov, xxi xariax-"''' à Ariminum et /'occupa.
XXXIII. 'Eîrel 5« \p{/xivov XXXIII. Mais lorsque Ariminum
xxrtXYifOf] fut pris ,

comme la guerre
àvîw-y/iivou 7r>aT«fatç 7tûAat{ étant ouverte par de larges portes
cnl Trâtjav t^v yrjv ô/xoO sur toute la terre à-la-fois
xal OâAaavav et la mer,
xal TÛv vd/AOjy tt|( ndA<u; et comme les lois de la république
»uyxî;fu/iivci)v étant confondues
â/ia Toîi opotç rr^i Inap^ioii, avec les limites de son gouvernement,
on aurait cru
oùx âvSpxi xal yuvaïxa;, non des hommes et des femmes ,

WTTtep dc>).OT«, comme les-autres-fuis


JtatyotTâv Ti^5 It«)i^«; courir par l'Italie
»ùv £XTri/;Çîi avec épouvante,
àA).à ràî Trd^itj aùràç mais les villes elles-mêmes
se levant
être emportées par la fuite
dix à»YJ)MV* les-unes-vcr»-les-aulrcs :

rry ûk PufiriTt f etRome


ttamp ni/xn^ajutiyyjy comme remplie
de flots

f\)-/aii /al /xtraffTâffCffi par les fuites et les déplacements


TÛ» à»;^'jjv ("TÛy) ni^cÇ, des peuples rf'alenlour,
ovjxv jTï pzoïay niivai «'étant ni facile à persuader
poui' le mâgi.slrat
122 KAI2AP02 BI02.

ouTE \6^tiû xa9exT:^jV Iv 7roX).o) xXuoojvi xa\ aaX<j)| txixpôv irri-

XiTceïv aOr^jv u^' auTÎ;ç àvaTETpà,j.Ûai. IlaOr) y^p irvi^ioîka /ni

piaia xaTEÎ/^e xivr^u.aTa Tràvra tottov. Ouoi y^p "^^ /«tpov fi^ti-

j(^(av Tjyev, àXXât xw Ôêooikoti xa\ XuTrouixévw xaxi 7:o/.Ai «tuul-

Tcïirrov ev [XEYotXrj 7:0)^1,' xai OpaauvoaEVov dnkp xoû ue/^.ovtoç,

01* IpiSiov TjV • aoxo'v T£ ÏIoixTn^ïov £X7r£7:Xr,Yjx£vov oDJwç d)>/(a-

•/oÔEV IxaparrE, toîç ixiv, toç rju;r,(7£ Kaicapa xaO' Éairrou, xai

T7)ç ii'^eit.o'^ioiç EuOuvaç uTzgyovza. , twv S*, ^xi TMtpEvxovxa /.ai

TTpOTEivotxEVOv euyvfo'xova; 5iaXu(7£iç £cj>r,x£ xoïç TCEpi Aevxaov

uêpiaai, xaxy)Yopowvxa)v. 4>aa)Vio; 5' auxov ixiÀeuc xio ttoûi

xuTrreiv xyjv y^jV ettcI (X£Ya)i7^Y°?'^^ Tcoxe irpoç t?;v cTJY^«^>'''r^''î

oùôÈv £ia 7coXu7rpaYu.ov£Îv oùô£ 9povxi^£iv EXEivouç XT,ç Itzi tÔv

ttoXeixov Trapaaxcuvjç* auxoç Y^p, oxov ettit;, xpouca; to £sa3»oç

fut sur le point de se détruire par ses propres maies. Ce n'étaieat


partout que des passions contraires et des mouvements convulsifs;

ceux mêmes qui applaudissaient à l'entreprise de César ne pouvaient


se tenir tranquilles : comme ils rencontraient à chaque pas des gens

qui en étaient affligés et inquiets (ce qui arrive toujours dans une
grande ville), ils les insultaient avec fierté et les menaçaient de
l'avenir. Pompée , déjà assez étonné par lui-même , était encore plus
troublé par les propos qu'on lui tenait de toutes paris : il était puni
avec justice, lui disaient les uns, d'avoir agrandi César contre lui-
même et contre la république ; les autres l'accusaient d'avoir rejeté

les conditions raisonnables aax.quelles César avait consenti de se

réduire, et de l'avoir livré aux outrages deLeniulus. Favonius même


osa lui dire de frapper enfin du pied la terre ,
parce qu'un jour Pom-
pée , en parlant de lui-même en plein sénat dans les termes les plus

avantageux , avait déclaré aux sénateurs qu'ils ne devaient s'embar-


rasser de rien , ni s'inquiéter des préparatifs de la guerre ; que . àps
, , , ,,

VIE DE CESAR. 123


ni susropliljle-tl'èlro-r.ontftnue
Adyw pnr lu raison

dans cette grande agitation


y. al 9i)ù) , et tomptitc,

avoir man(|u6 de peu


àvaTST^iyOai aùt^v dire renversée ellc-mi^mc
ûrri aÛTrîç. par elle-même.
nâO/j yùp àvT^'xaia Car dos passions contraires
xxl jîtata xtvyî/*aTa et de violents mouvements
y.xTÛ-^t rrivTa tottov, tenaient tout lieu.
To y^xXpo-j yùp Car la partie joyeuse

ne gardail-mdnic-pas la paix,
à))à oTju-rrÎTTTOv xarà 7ro).)à mais rencontrant fréqucnuncnl
iv /jLSyiXr, TTo'/ec dans cette granile ville
Tôi jf^otxoTt xai XuTTOU/civu la partie eUrajcc cl chagrine
xal 0/5:/'7Uvouîvov et se prévalant
ÛTTîp TOÛ /zé//0VT05 , de l'avenir,
*
Yjv 0ià soi JOJV était dans les dispntes :

cl l'un troublait
à»a/dOîv d'un côté, l'autre de l'antre^
no/xTTïjVov aùràv ix:r«T)yj7/A£vov, Pompée lui-mdme déconcerté
ToTç /xèv, d'abord par 1rs uns qui disaient,
*>Ç »îwÇ>:»e xarà isroroû qu'il avait agrandi contre lui-même
Ka^ffapa Ù7ré;^ovTa sùOûua^ César ayant à rendre compte
xaJ T»|î ^y«/iOvtaç, même de son commandement
tûv ^é xaT/jyo^OJVTwv et les autres /'accusant
ÎTl ïj>l^/e TOÎÎ 7r£/9l AivT/OV de ce qu'il avait laissé Lcnlulus
ù€^{o-ai -rzxpsi/.o-JTx insulter César qui cédait
jtal ïrpoT£ivd,u£vov cl qui proposait
des accords raisonnables.
acjwtoç Je «/.i)rj£v aÙTOv Favnnins même sommait lui
TVUTHv Tôi Tioôi T^v yr,v
'
de frapper du pied la terre :

k-Kiï ixffal/i'fopûv nors puisque se vanlunt uD-juur


«pas T/;v rÛ7x).«;T0V devant le sénat
ffa £/îivouî il 7<'avait laissé eux {les sénateurs]
iro)wTr/;ay/iov£îv oùîsv s'occuper de rien
0'j5è ycovT^^£tv ni s'inquiéter

T>;^ TrapaTxevV;; tri rè» ito/e/xov * des préparatifs pour la guerre :

«vro{ yàp , ^Tstv rirt»). cor lui-niéme, quand viendrait Cdsor


ayant frappé du pied le sol
, ,

124 KAIiATOi liKJÏ.

Tw troSl (jTpoiTeujxaTov IulttXtjCCiv t/,v 'Itojaiov. Ou jj.^,v i'/Ak

xa* Tore 7rXr,0Ei 6uva(AE(i)(; oireptCaXXtv 6 ITourT'ïoç tI^v Kai^a-

po;* eîaac ô* oùociç xov avopa '/ç,r,f:'x'j()oii toîç Iïutoù yo^icaoîç

(Jtô5to<; rjôr) tou TcoXÉfxou xai Travcot xaTeyovTo^, tî;»!; xa\ O'jvex-

xpouaOelç t9î 7:avT0)V <pop5, "Inr^^iJ^ETai zoi^T/}y ^p5v , xa\ tt.v

irôXiv I^ÉXiTTÊ, xeXeuffa; i'TTsaÔai t-/;v yspouciav xai jxr,0£va piiveiv

Twv Trpô TYÎç Tupavviîoç -^,pr,jji£v(«)v r?;v Trarpioa xal r^jV £)^<>-

ÔEpiav.

XXXIV. Oî [XEV ouv UTraTOi ur,o' â vouloç £(rr\ irp?) I^oso-j

OuffavTEç EcpuYOv • EcpEu^ov 5è xai TWV pouXtUTWv ol ttXeIctoi,

xpoTTOv Tivà ûi'àpTraYÎiç aTro twv iSiwv S xi tu/oiev, wcrEp a)JvO-

Tpiwv, XafxêavovTEç. Eîai ô' oî xai crtpoSpa t^ Kaicotpo^ •?;pr,;jL£V'i

TrpOTEpOV, I^ETTEGOV UTTO ÔOtlxêoUÇ TOTE TWV Xo^l^TU-WV Xai OUpLTTa

que César se serait mis en marche , il n'aurait qu'à frapper la terre

du pied et qu'il remplirait de légions toute l'Italie. Pompée était encore


supérieur à César par le nombre de ses troupes j mais il n'était pas le
maître de suivre ses propres senliments; les fausses nouveHcs qu''^n
lui apportait, les terreurs qu'on ne cessait de lui inspirer, comme si

l'ennemi eût été déjà aux portes de Rome et maître de tout , l'obligè-

rent enfin de céder au torrent et de se laisser entraîner à la fuite

générale. Il déclara que le tumulte était dans la ville, et il l'abandonna,


en ordonnant au sénat de le suivre, et intimant à tous ceux qui préfé-
reraient à la tyrannie leur patrie et leur liberté , la défense d'j rester.
XXXIV, Les consuls quittèrent Rome, sans avoir fait les sacrifices

qu'ils étaient dans l'usage d'offrir aux dieux, lorsqu'ils sortaient de la

ville; la plupart des sénateurs prirent aussi la fuite, saisissant, en


quelque sorte, ce qu'ils trouvaient chez eux sous leurs mains, comme
s'ils l'eussent enlevé aux ennemis : il y en eut même qui , d'abord
Irès-attachés à César, furent tellement troublés par la crainte que
,
, , , ,, , ,

VIE DE CESAR. 125


devoir remplir d'armée»
Tfiv ^IraXlav. ritalie.

Où fi-^v à.X}.x xal TÔTi Toutefois mdme alors

b UofJL-m/iïoi (iTCipi6xXX€ Pompée sui-})assait


par le nombre de ses troupes
rriv Kaiua^Oî *
celles de César :

oùofi; ùt tixat ràv âvSpx mais personne ne laissa cet homme


Xp^oaaOxi roXi Xo'/i9/ioXi iauroû , user des réUexions de lui-môme
àXXà. \)Tià ày/tXfiiTOi» mais par des nouvelles
nombreuses et fausses
et par des terreurs

ùç ^Sr] To j noXéfxov IfsTriiroi conmie déjà la guerre cxisiani


nai xjxTÏxO'^roi Trâvra et occupant tout,
tt^xç nal TJvtxxpovvdilç ayant cédé et ayant été entraîné
rij fopx navTwv par l'élan tle tous,
«l^iiy^ÇeTac bpûv Txpa^/iv il décrète iui \o\r le tunmlie,
xtcl mXi-ns n^v noAiv et abandonna la ville,
il

xtXeitaai r^v ytpoxialav ayant ordonné le sénat


IntaQxi , y.xi /A/jJîva suivre lui , et personne
Tûv f)py)fiivuv de ceux ayant choisi
de préférence à la tyrannie
rriv nxTpiSx kxï t^v iXtvOîpixv la pairie et la liberté

fiivtiv. ne rester.
XXXIV. 01 [liv ouv tnxTOi XXXIV. Or donc les consuls

IJ-Yjùi 0\J7xvrii n'ayant pas-méme fait-lcs-sacriliees


& vô/AO{ iarl lesquels la loi est de faire
Tipo cÇdôoo avant la sortie

(yuyov* iifîMyov Si xal s'enfuirent : s'enfuyaient aussi


ot nXeîaTOi twv ^oxjXsvtùv , la plupart des sénateurs,
ia/ji6âvovT£5 x-xb twv îoi'wv , prenant de leurs propres !>ien3 ,

&7Titp xXXorpictiv comme de biens étrangers ,

i Tl Ty^ot»"'' ce qu'ils rencontraient


Tcvà TpdiTOv 5ià «pitx-/r,i. en quelque sorte par pillaî;c.
Eial Si X9cl o1 Quelques-uns même sont qui
npoTtpovO^àSpa
^/syi/mivoi ayant choisi d'abord avec-ardeur
rà Ka^92po{ le parii de César,
Vn6 ôâ/JlS0U{ TOTI par terreur alors
iÇiTTCffOy TÛV )07(9jtifiôy furent jetés-hors de leurs réflexions
xal ffUM^3tp/;vi^0»j»a» ot furent entraînés
oùjiv £(d/yi«yO( n'en ayanl-aucun-besoiD
,

12G KAIIAPOX lilOÏ.

çrr^)ti/()r^C'X'^ oûSèv cerJacvot toi ^cujxaTi ttîç ^p8fç ètt^vr^ç. Of-


XTpoTaTOv 0£ To Û£a(/.a Tr,ç iroXeMÇ r,v, iTri^tpojjuvofu tooovTOo
y^eittôivot; , wTTrep v«m< 6-xro xt^écpvrjtuv dtTraY«pe»oyto»v Tcpoç to

ffuvTu/^ov ixTiEGEÏv vo|xi![o(x£vrjÇ. 'AX)vi xaiTTcp oÎtw ttJç fltTa-

CTàa£0)ç oîxrpôt^ oocr,;, tyjv jxev cpuy^iV et avûptimoi Ttarp/ia cia

no(i.7n^ïov TjyouvTO, T7;vog 'Ptojx7;v, wç Kotwotpo; OTpTTOTrrîov,


Içe'XiTTov. "Ottou xa\ Aa€ir,voç, àvr;p £v xoïç [xséXiCTa ^'i''^? Kai-
(xapoç, xa'i 7rp£(7ê£UTr,ç y^^^'^'î **'^ cuvrjYWViajXc'vo; Iv ttïcx

TrpoOujxoTaTa toTç Ksatixoïç iroXiaoi;, tôt' exsîvov aTroipà;,

à'pi/t£To TTpoç noa:r/,ïov. 'AXXi toutw |X£v xal xi ypr'fxaTa xai

Tocç dtTToaxeuaç d7rfi7rsa*|'£v ô Kaïaxp • Ao|iitiw o' r,Youjxevt.j

GTTEtpwv TpiaxovTa xai xaTE^QVTi Kop^tviov *, ETrtXOojv TrapEOTpa-

T07r£C£uc£v '
Ô S' aTZûYvoùç TOC xa&* auTOv, •^Tr,CÊ tov ia"pôw

oixETr^v ovTtt cpapaaxov xaà Xa€wv xb SoOàv, etticv w; T£Ovr,;c>-

[XEvoç. Mex' oXiyov 0£ àxQucaç tov Kaiaapa ûotu(xacx9; xivi

sans aucune nécessité, ils se laissèrent emporter par le torrent des

fuyards. Celait un spectacle digne de pitié que de voir, dans une si

terrible tempête, celle ville abandonnée, et, semblable à on vais-

seau sans pilote , floller au hasard dans l'incertitude de son sort. Mais
quelque déplorable que fût celte fuite, les Romains regardaient le

camp de Pompée comme la patrie , et ils fujaient Rome comme le

camp de César. Labiénus lui-même , un des plus intimes amis de


César, son lieutenant dans toute la guerre des Gaules, et qulTaiaii
toujours servi avec le jilus grand zèle ,
quitta son parti et alla joinJre'-

Pompée. Celte désertion n'empêcha pas César de lui renvoyer son


argent et ses équipages : il alla camper ensuite devant Corfinium , où-

Domilius commandait pour Pompée. Cet officier, qui désespérait de

pouvoir défendre la ville , demanda du poison à un de ses esclaves


qui était médecin, et l'avala dans l'espérance de mourir prompie-
ment ; mais , ajant bientôt appris avec quelle extrême bonté Céiar
, , , , .

VIE DE CESAR. 127

par la rapidité de ce mouvemant-lQ


To St ôiccfta Mais le spectacle
tiv ol/.rpoTXTOv était très-diyne-de-pitié

Tf\i nô'Jioii , ôiVTtep vcwç de la ville , comme d'un vaisseau


cru par h;» pilules
qui désespèrent
lx7t«(jcTw irpàç Ta ffuvru^àv » dcviiir s'égarer à l'aventure,

TOffOÛTou ;(:i/iûyos livifcpoij-hov. un si grand orage s'élevant.


'A».à xsclntp x^i fJ.srxaTX9C(ùi Cependanl quoique le déj)lacemen(
OjSr,ç O'JTW^ OtXT/iSti, éiiint si misérable,
ol ivSpraiiot riyntjvro les bummes estimaient
T/;v ^uîv fv/ry TzarpiSa la fuite t!ire la patrie

Six lio^uniiVou à cause de Pompée,


ÈÇs/tTiûv 5î -n^v Pcô/zïîv, et ils abanduonércnt Home,
comme étant le camp de César.
'Orroy xal Aa6t/;vèr, Puisque méuKî L:djiénus
liomnie ami de César
£v To7ç /xâitffTa parmi ceux qui l'étaient le plus

xat ye^oviù; irpeaêeuTï'iç et ayant éié lioulonant de lui


xal ffuv»;ywviï/xévoç et ayant combattu-avec lui

TrîoOu^aÔTaTa avcc-le-plus-de-zèle
iv 7r5»t Toîç Tro)i^aoi5 K,£).Tixorî ,
dans toutes les guerres de-Gaule,
TÔT£ ùno'lpùç tXîtVOV, alors ayant quille lui,
viol vers PompéCi
AilJlà à KalaajO âlais César
à'ni7Te//'|c TOÛTOi /AiV renvoya à celui-ci
xal ri y^p-f,iJ.xroL et l'argent
*
xal Tàj àTTOïxeuaç et les bagages :

puis étant allé il campa


Ao/xtti'w i^youuivw devant Dumitius qui commandait
rptixovTx ffTTîtp&iv trente coliorles
xxi xari/ovTt Koje^i'viov* et q»ii ocnipail Corfinium:
0» ànoyvû'jç et celui-ci ayant désespéré
rà xarà aùràv, relativement à soi,
f,Tr,9l fip}j.XXOV demanda du poison
Tov (arpov XvTct ouiTïjv* au méilccin qui était son esclave :

xal Jaê'Iiv Tè ûoOèv , et ayant juis le pnison donné.


«Tliiv «Jç T£9v/;Çoaîvoî. il le but comme devant mourir.
MîTà "i/i'yov Si àxovwaç Mais après pçu de temps ayant appri -

Tàv Katffapa xp>i«ôiC( César user


128 KAiiAPOi moi.

^i).avÛpo)7rîa ypr,aOai Trpôç xoùç éaXojxora;, aorô; «Gtov «irt-

Ûpr^vEi xal xfjV ô;uTr,Ta TotJ pou^eojxaTO; r,TiaTO. Toîî 2* \r'.:,'jZ

Oap^uvavToç auTOV wç u7rvo)Tixbv, où Oavaai(jt.ov ircrojxoTa, tc^i-

•/ap^jÇàvaffTiç (XTry'ei Trpôç Kotiaapa, xai Xa6ojv&£;iàv, auOiç ou;-


CTTEGE Trpoç ITo|X7rr^ïov . Taux' tîç TrjV 'P(o|xy,v à7ra*^£ÀÀdacva
TOUÇ àvÛpojTTOU^ r,5lOUÇ ItTOIEI , Xai TlVSÇ ÇpUYOVTEÇ dvE^TpEyav.

XXXV. O 0£ Kaîaap tTjV te tou Aoulitiou orpaiiiv Tiai-

eXaSs , xa\ touç aX)vOU(; ocouç iv raîç roXeffi IlojxTajioj crpaio-

Xoyoufjiévouç ECpOacE xaTaXaowv. IloAuç 8à y^Y^^*'^'» ''i^^i


^-'^^

«^o^Epoç êtt' auTov yjXauvE riojjLTnr/iov. \) ô* oùx £oi;aTo t?;v fcpo-

8ov, aXX* etç BpEvrrjdiov* (puywv, touç (xàv uTtctTOU!; TrpÔTEpov

laxEiXE j^exà SuvaixEo^ç eîç Aup^a/iov, aùxoç 5' èXiyov CffTEpov

ItteXOovtoç Kaicapoç £;i7:X£uaEV, wç Iv toTç Trepi êxEivou yP*?^»'

cojxEVoiç xà xa8' exaaxov ôr,XioOrja£xai. Kaiaapi Zï PouXoixe'vw

traitait ses prisonniers , il déplora son malheur et la précipitation avec


laquelle il avait pris une détermination si violente. Son médecin le

rassura, en lui disant que le breuvage qu'il lui avait donné n'élait pas
un poison mortel , mais un simple narcotique. Content de cette assu-
rance , il se leva sur-le-champ et alla trouver César, qui le reçut avec

beaucoup d'amitié: cependant, peu de temps après, Domilius se


rendit au camp de Pompée. Ces nouvelles, portées à Rome causè-
rent beaucoup de juie à ceux qui y étaient restés, et plusieurs de ceux

qui en avaient fui y retournèrent.


XXXV. César prit à sa solde les troupes de Domitius; et, ayant
prévenu ceux qui faisaient dans les villes des levées de soldais pour
Pompée , il incorpora ces nouvelles recrues dans son armée. Devenu
redoutable par ces renforts, il marcha contre Pompée; mais celui-ci,

ne jugeant pas à propos de l'attendre , se retira à Brindes, d'où il fit

d'abord partir les consuls pour Dyrrachium avec des troupes , et y


passa lui-même bientôt après l'arrivée de César devant Brindes, Je
raconterai ces faits en détail dans la Vie de Pompée. César eût bien
, , , , , , ,,

VIE DK CriSAH. 123

d'une humanilé merveilleuse


npbi T0Ù5 ioc^ùixàrcti envers eeux pris par lui

aurai; à.TZidpr,vst auTÔv il se lamenlail sur soi- intime


et accusait la promplilude
de sa résolution.
ToO ûè Ixrpoû OaccûvavTO» kjtûv Mais le médecin ayant rassuré lui

W5 nsTtoixora comme ayant bu


ÛTTvwTtxôv, où Oavâfft^uov, un breitvatje soporifi<iue, non mortel,
àva^ràî Tiepixsipr,i s'élant levé très-joyeux
il s'en alla vers César,
xal iaêwv JîÇtàv, et ayant pris sa main droite ,

5(sÇ£7rî7£v auôtî 7rpÔ5 IIo,u:r/;lûv il passa de nouveau vers Pompée.


TajTx ccTtxyysX}.6/ji£vx Ces choses annoncées
à Rome
ÉTTOtît TOÙ; àvO^OùJTTOOJ -^^l'OUi ,
rendaient les hommes plus contents,
xa^ Tivs; yuydvTîî et quelques-uns qui avaient fui

^vi7T^£|av. revinrent.
XXXV. '0 ùk KxXaxp XXXV. Cependant César
prit avec lui
Trjv arpxrtàv toO Ao/itTtou l'armée de Domitius
xal Toù; aA^ouç 070u; et les autres tous-ccux-que
IfOxvt xxTxXa6ù-j il prévint les ayant surpris
(jrpxzoy.oyovu.é-jQ\)i no/iTrïjfw faisant-des-levées pour l'ompée
iv Taîj ïidisTtv. dans les villes.
U5>j Ô£ ysyovùi Kt déjà devenu
noXùi xal foZspbi forl-en-nombre et redoutable
^^auvsv è:rl IIo/xTtïiïov aùrov. il poussa vers Pompée hii-mème.
O Si oùx èoiÇaTO t-^v i:foûoj Mais celui-ci n'allonditpds l'allatjue,
àXXi. yuywv eîç B|5cvtï{t(ov , mais ayant fui à Prindes
«yxetAî {xh npàripov il envoya d'abdnl
T0Ù5 ÙTTctTOUç eii àvppâytov les consuls à Dyrrachium
fltTX OVvi/JLCUÇ, avec des troupes
«urèî û£ oA^/ov UTTeûov et lui-même un peu plus tard,
Ka^^apoi tjtXOô'JZOi, César étant arrivé,
s'embarqua
6J5 Ti y.xTk îxaffTOv comme les choses une-à-une
seront exposées
iv TOTç ypxfY](joixisfoii dans celles devant être écrites
%tpi ix( vou. sur celui-ci {Pompée).
*Ano/3^a «i vf&y ^v Or mamiuc de vaisseaux était

Vil de Cls/ib. 9

b
130 KAIÏAPOI Iil02.

|/iv iùOùç i$u')x«iv OLizoploL vtwv ^v. EU ôi TTjV 'Pojjxr.v dNifl-rprl^t,

yeyovojç h -^diEpaK; £;r'xovTa rarr,; ivaiuom r7,; 'Iioy.ta; xup^;.


'Kret ci xal T^,v TiûÀtv eupe fxaX).ov ?! rpoctcoxa xïOîttwct»,
xai Twv àîrà PouX^ç ^v aÙTr; cxr/vooç, tootoiç [xlv IriEixY) xal

6r,u.0Ttxi ûieXÉ/Orj, TrapïxaXwv aÙTOuç xa\ Trpo; Floixir/'/ov «tco-

/ teXXêiv àvSpai; £irt (7u{jL6aaeffi irpETTOu^ai;* uTn-xovCE 5* oO^ceç,

.îT£ ^oSoufxsvoi nou.7r/''Tov eyxaTaXEXeitxaEvov, eTte {xr; vou.i-

ÇovTEç ooTw Kaiaapa (ppoveïv, dXX' eu7rp£7r£ia Xo^wv ypy;aOai.


Tou Sa Sr,(xapyou ÎNÎetÉXXou xwXuovtoç outov ex twv ^TroOeTury

ypr'uaTa Xa(x6aveiv, xat vofxou; Ttvà; TrpotpspovTOç, oix l^r, tov

auTj>v ^ttXwv xa\ vouoiv xotipV/ eTvai" «2j o* il toI; rparrcr-

x^voiç SuaxoXaivEii;, vuv {xiv Ixiroowv anOi TrappirTiaç fip o'j

SeTrai 7:(0^£(i.oç- ^tav cï xotTaOojjxai t^ ^TrXa, (rj;j.€a7£0jv tevo-

|X£va)v, TOTE Trapiwv tr^lt.ct^^ù'^r^Ge.^^. Kal xauxa, E^r,, )i'YU) twv

vouln le poursuivre; mais îl manquait de vaisseaux; il s'en retourna

donc à Rome, après s'être readu maître, en soixante jours, de io«le


l'Italie , sans verser une goutte de sang. Il trouva la ville beaucoup
plus calme qu'il ne l'avait espéré; il parla avec beaucoup de d(ju-

ceuret de popularité à un grand nombre de sénateurs que la confiance

y avait ramenés, et les exhorta à députer vers Pompée pour lui porter
de sa part des conditions raisonnables. Aucun d'eux ne voulut accep-
ter cette commission , soit qu'ils craignissent Pompée après l'avoir

abandonné, soit qu'ils crussent que César ne pailait pas eiocere-


ment , et que ce n'étaient de sa part que des paroles spécieuses. Le
tribun Métellus voulut l'empêcher de prendre de l'argent dans le tré-

sor public, et lui allégua des lois qui le défendaient. « î c temps des
« trmei , lui dit César, n'est pas celui des lois : si tu n'approuves pas

«ce que je veux faire, retire-toi j la guerre ne souilre pas cette


< liberté de parler. Quand, après l'accommodement fait, j'aurai posé

«les armes, tu pourras alors haranguer tant que tu voudras. Au


« reste , ajouta t-il ,
quand je parle ainsi ,
je n'use pas de tous mes
, ,, , , , ,

VIE Dli CESAR. 131

à César qui voulait cerlc»


[xjursuivre lui aussilùl.
Xvhrpe^t Si jtç ti^v Voifi^v ,
Mais il retourna à Home,
yeyovws àvatjuaiTl étant devenu sans-vorscr-de-sang
xvpiûç ni.(sr,i riii IraA(a$ maltro de tuule l'ilalie

iv îÇïj/ovTa rifiipxii. en soixante jours.


EttîI ^« xal ï*^« Ti^v 7iô/(v El ctunnic il trouva la ville

remise plus qu'il ne s'y allcndait,


xal cv aÙTY} et dans elle

ay;^voj{ TciiJv «Tià fiou).?ii beaucoup di; ceux du sénat,


Sit).i'/^Orj fih TOÛTOtî il s'cnlrclint avec ceux-ci [laires,

iTTtetxfj xal 5>j/itOTtxà par des paroles modérées et popu-


irapaxaidiv aliTo'vç exhortant eux
xxl àtiovzijJetv ôi'jopxç niêiuc à envoyer des gens
Ttpbç Do/iTT/iVOV vers Pompée
pour des conventions convenables :

oùoc($ ôc ùm^MMaev mais aucun n'obéit,


s'tc foèojixsvct soit craignant

Do/iTTiiVov èyxaTsc>e),£i/Ji/xévov Pompée abandonné par eujc

eTre /z;^ vo/z^Çovtsç soit ne croyant pas


Ksti7XpX ^pO-JtïV OUTW«> César penser ainsi
à/).à ;{/3;^j(}ai mais se servir
evTr^îTiâta ).6-/(ii)>. (Tune bellc-apparcncc de paroles.
ToO ôè ir,u.iipyjo\) M;t£//OU Et le tribun Mélellus
XwiOoVTOS «tWTOV empêchant lui

prendre de l'arf^ent
Le Tûv ànoOiT*)y> de celui mis-eu-réscrve,
/al TcpofipQJTOi Tivai vouo^^, cl alléguant certaines lois,

£jj>; Kocipàj il {Ci'sar) dit le temps


OTt/WV xal -JQlX'jiV dos armes cl des lois
où/ cTvat TÔv auTOv
*
n'élre-pas le même :

« rù Jî «t 5u7X0/atvetç « Mais toi si tu 8oullres>avec»p<ine


les choàcs qui se font,
vûv ,U4» aict&( èxTTOO'jiv* maintenant certes va-l'-«ni à-l'écarl:

:r3/4/uiûi yàp où ci'nxt car la guerre n'a-pas-besoin


'
:izpprt'3ia.i de liberlé-de-parolc :

ôrav ôi xaraOû^uai Ta 0Tr)a, mais lorsque j'uurai drposélcs armes.


ff'j/*6âjswv yîvo^uivwv des conventions ayant eu lieu,
tÔti Tta^iwv aloi-s venant
OCuayojyr.ffïtî. lu harangueras-ic-peu]>le.
,

132 KAISAPOÏ UI02.

tD.r,;pa tojv 7rf.ô(; i|x£ cTacria'7avT0)v. « TaîJ-ra Trpo; tov M£Tt)v).ov

Eirwv, Ê^aoïCe "irpôç xiç Oupaç tou TapiiEtou, M"?; O5tivoaevo>v ce

Twv xXeiSwv, ya)a£Î<; |x£Ta7r£t/.'j/afxevoç EX/.OTrreiv Ixe/.euev auOiç

o' £vi(JTa|X£vou Toîî MeteXXou, xai Ttvojv EiraivouvTOJv, 2nT£iva-


(J.EVOÇ r,7:£iXr,a£v aTTOXTEVEÎv auxov, t\ (x-)) rauaaiTO '7r«pEvoy).wv.

« Kai TOUTO, Ecpy), fXEipaxiov, oOx à^voEtç, on (XOl CUCXOAOlTEpOV

>^v eÎtteïv y^ 7rpa;at. » Outo; Ô Xo'yoç tote xai MeteXXov àrcXOEtv


£roiY,<T£ xaxaoEtffavTa , xat xoXXa (>aoiwç auToi xai Tct/E'oj; Gtt/;-

psTEÏaOai Trpoç tÔv ttoXeu.ov.

AXAVl. JlCTpaTEue o eiç loy,piav, TrpoTôpov £*r;o)/.c»j? tou;

TTEpi 'Açpocviov xai Botp^ojva, IloaTrr.iou TipEC^Euràç, ExÇaAEÎv,

xa; ràç exeI ouvaixsiç xa\ Tàç iTrap/iotç 6ç>' auTw Ttoir.aaaEVoç

ouTtoç Eui IIoaTrr'ïov IXauvEiv, {JLr,0£va xaxà vojtou xwv ttoÀeuliojv

UTToXiTToaEVoç. KivûuvEucaç 8e xai tôî awaaTi TToXÀax'.; xoct'

a droits ; car vous m'appartenez par le droit de la guerre , toî et tous

« ceux qui , après vous être déclarés contre moi , êtes tombés entre
« mes mains. » En parlant ainsi à Métellus, il s'avança vers les portes
du trésor, et, comme on ne trouvait pas les clefs , il envoya chercher
des serruriers et leur ordonna d'enfoncer les portes. Métellus voulut
encore s'y opposer, et plusieurs personnes louaient sa fermeté. César,
prenant un ton plus haut, menaça de le tuer, s'il l'importunait en-
core : « Et tu sais, jeune homme, ajouta-t-il, qu'il m'était moins
facile de le dire que de le faire. » Métellus , effrayé de ces dernières

paroles , se retira , et tout de suite on fournit à César, sans aucune


difficulté, tout l'argent dont il avait besoin pour faire la guerre.

XXXVI. Il se rendit aussitôt en Espagne avec une armée pour en


chasser les deux lieutenants de Pompée , Afranius et Varron , et pou-
voir, après s'être rendu maître de leurs troupes et de leurs gouver-
nements, marcher contre Pompée, sans laisser derrière lui aucun
ennemi. Dans cette guerre, sa vie fut souvent en danger parles
, , , , , , ,

VIE DE CESAR. 133


Et jo (lis cela, (lit-il

v^iifjLtvoç Tcôv ût/atw» me relâchant i\o.5 justes droits


i/ixuToO. Et yàp Ifibi de moi-mdmc. Car tu es mien
xxl al) xal TrâvTîî ojovi !U.r,'jx et toi et tous ccux-quc j'ai pris
(leceuxayantpris-parli contre moi.*
EtTTûjy raOra irpbi t6v MiTe>)ov, Ayant dit cela à Mfjtellus ,

iiûoi^e Ttpb^ ràç Q'jpoci il marchait vers les portes


ro'j TXfiitiov. (lu trésor-public.
TôJv ci /.)ieiSSî)> fir) fxivofxi'Jùiv Mais les clés ne paraissant pas
ayant en voy(>-rhorrher des serrurier
*
i/.D.:v£V î/ZCÏTTTStV il ordonna eux briser les portes :
aî0t5oèToDMeTiAioi»ivtffT«usvou, et de nouveau Métcllus s'opposant,
X3t( Ttvwv «rratvouvTWv, et quelques-uns approuvant lui,

ayant clcvé-la-voix il menaça


àTTOXTeveïv aùrov de faire-périr lui
«t fxYj T^xiijxirç nxpivo^^j.ij'i s'd ne cessait /'importunant.
» Kal oùx à-/v'5£ri , éy/j « Et tu n'ignores pas, dit-il,

ttstpâxtov, OTi toOto jeune-homme que ,


cela
)^V //Ot ÔU7X0>CÔT£|00V était à moi plus difficile

«ÎTTfïV ^ TTjOâÇat. » à dire qu'à lairc. »

OuTo» ô Xàyoç roTS Cette parole alors


inoir,7î y.xi Mîrî/).ov fit et Mctellus

«îTS/Oiïy xaTaoîtîavra, se retirer eOrayé,


xal ri £?>ia et le reste
VTlT^ptTSXsOxt aÙTW élrc fourni à lui [César]
pxSiui xal Ta/É'jjç facilement et promptemcnt
TT^ô; TOv Trd>£/xov. pour la guerre.
XXXNI. EïT/oâreuî oi XXXVI. Or il conduisit-l'arméc
iii \or,pix'J en Espagne,
tyvfljxwj èxêaAfîtf -npôrspo-j ayant résolu de chasser d'abord
ro'j^ nspl Ap^aâvtov xal Bxcowva, Afranius et Varron ,

7r|0£T6£UTà5 Il0^UTT*îJ'0U, lieutenants de Pompée,


xal Trotyjjâ^onvo» utto aÛTw et ayant mis sous lui
Tà^ 5uvâ^a£(î les troupes
xal rxi ÏTzxpxlxi ("ràç) è/it et les provinces de là [d'Espagne]
liaûvciv ouTwç iitl IIo/xTt>{tov, de pousser ainsi contre Pompée,
uTo)t7rdar.;Oî xaTi «irou n'ayant laissé sur ses derrières
(irjOîva Tejv TzoXtfjiiuv. aucun des ennemis.
Ktvivvtiisxç Si Et ayant été-en-danger
xal râ «<û/<a(T( et de son corps
134 KArSAPOÏ BIOZ.

IvsSpoti;, xai tw orpaTo) (/.aAicxa ûi\ Xijxov, oOx avr,xi itp4Tipo>

O((ox(ijv xai 7rpoxx).ou|Jievo; xai repiTa^pEuwv toL< av3p«<, y

xupioç pia YEVccOai twv cTpaTOTteoojv xa\ twv ^uva|i.£o>v. Oî o*

T^YSf'-ovEç wyovro rcpoç nouL7r/-tov cpEUYovteç.

XXXVIf. 'E7rav£)vO(^vTa 5' etç 'Po)U.r,v Kaiffotpa rTEiTwv txlv

ô TTEvOepo; Tcofp£xotX£t TTpoç ITojxTrv^ïov àTTocTeAXiiv dfvopotç Gitàc

ototXuceojç , 'lax'jptxoç -îi Kct^Tapi /^pi^oy-Evoç dfvTsîrîv. Aîpi-

Oô\<; 8e xai SiXTottoip utto t^<; jîouX^ç, (j^uy^^^*; "^s xoLTf^^Vft %i


TWV IttI SuXXa ou<rTu;^r,(TavTOJV -roùç Traîootç iTriTiaoyç l-zrAr^':'..

xai CEiGa/Oci'a -rtvl toxwv exootpiÇs rrouç yp£Oj^£iA£Taç' aXÀwv


TE ToiouTwv /^•j/aTo TToXiTEuaaTWv où -rroXXûJv i)J»' Iv y,a£'pai;

EvoExa T7;v [aIv ixovap/iav (XTrEiTratAEvoç , CitaTOv 5* àvao£Î;a;

lauTov xai SspouiXiov 'Icaupixov eÎ/£TO t?,? ffTpoiTEiaç. Kai Tic


(JLEV oÉXXaç SuvaiXEiç xaO' 6oov ETrEiyo asvoç Trapr,XO£v, ÎTrTTEÎç o'

embûches qu'on lui dressa , et son armée manqua de périr par la

disette; mais il n'en fut pas moins ardent à poursuivre les ennemis,

à les provoquer au combat, à les environner de tranchées, jusqu'à

ce qu'il eût en sa puissance leurs troupes et leurs camps. Les cliefs

prirent la fuite et allèrent trouver Pompée.


XXXYII. Quand César fat de retour à Rome, Pison , son beau

père , lui conseilla d'envoyer des députes à Pompée ,


pour traiter

d'un accommodement; mais Isauricus, qui voulait plaire à César,

combailit cette proposition. ÊJu dictateur par le sénat, il rappela les

bannis , rétablit dans tons leurs droits les enfants de ceux qui avaient
été proscrits par SylTa, et déchargea les débilenrs d'ane partie des

intérêts de leurs dettes. Il fit quelques autres ordonnances sembla-


bles , et ne garda la dictature que onze jours : après ce terme , il

déposa celte magistrature, qui tenait de la monarchie, se nomma


lui-même consul avec Servilius Isauricus , et ne s'occupa plas que de
,

VIE DE CESAR. 135

souvent par de» embûche»,


xal T'I) jrpary cl (le s(tn ariDCe

fiii.t9rx Six yiybvt snrttiul par la famine,


oit* àv^r StdiX'jiv il ne se reldrha pas poursuivaiu
»al irfiOxa)oû/x;vo( cl provoquant
xal iztptTXfpi'jojJ cl l'nvironnanl-tlo-tranchée»

T0J5 ûvipaç los hommes (/t'« einiemis)

xpàrspO'Jf fi, yrvîïOat ^(x avant q\ic d'être devenu par force
xilplOÇ TÛV ffTpaTOTtéOCJV insitrc lies camps
xal r&v S\Jvifj4oiv. et des troupes d'eux.
Oî Si Y)-/Sy.ÔJti r'/O-JTO M. lis les cht'fs prniircnl
fuyant vers l'oinpée.
XXXVll. Dî^jw» Sk XKXVII. Or Pison
b TttvOspbç bcau-prrc de lui

7ta/oexâ>et /x-v Kxi^xpx engageait César


étant revenu à Rome
à envoyer des gens
npài
»i
Ilo/ix/iiov •j:ztp ota/ûff-w,-,
,•..-.,
ITaUjCtXOî 0£ XVTîlTTS
vers
......
Pompée pour un
mais Isauricus dil-le-contraire
traité,

X^pi^ôarJOi Kxhxot. l'herehanl-à-plaire à César.

AipeOùi Si nxl ot/T-ir-Jo Cependant élu diclalcur


par le sénat
I AXT^yscyi tî ^'J'/ù-Cxi et il fit-rcvenir les exilés

r.xl iirolT,vtj i7:ir{ixovi et il rendit honorés

roùç TtxtSx(; les enfants

T6/V S\>vT\>'/yi7Xjrcèyt de ceux ayant été-malheureui


cttI SûIXa, sous Sylla,
/.xl Ixoûftt^t TOJs j(|Ocw^îi)iTa{ rt il alléiiea les délii leurs

Ttvl ansx'/^Oîîx TO/wv *


par une abolition de dettes :

r,pxrà re cl il touclïa

aXXùiv TOtoÛTWv •nroiiTîV'/ârojv à d'autres telles mesures-politiques


ou 7T0»&iv* MiMi nombreuses :

àJl>là èv »voî/a r;u£9a(^ mais fin onze jours


ccnetnâfAc-joi yiv t/;v pjfixpiix-*, ayant abdiqué la dictature,
àva^ec'Çaj oî UTtarov ixjzoj et avant noininé Consul soi-m nie
xal S«|00uQtov \7xvpty.bv cl Servilius Isauricus
c'x'TO Tfii VTpXTCixq. il s'occupa de son expédition.
El se hâtant
Tzap^XQt r.xrx oSbv il passa en route
devant les autres troupes.
136 KAISAP02 BIOZ.
?/o)v Xo^a^otç £;a/.((7iou; xai TtevTe •zi.'^[j.i':'x y
yet(xojvo< iv tûo-

Tral; ovTo; , îffTaacvo'j 'Iavouctp{ou (XT,vb; (oÎtoç o' av eîr, Ovïti-


ceô)v * 'AO-/;vaioiç) , à^7;x£v tîç to TreXay'^? * xoti 5ia€aX(ov tov

'(o'viov, iipixov* xai 'A7roXXo)viav atpeï, xi oà TrXoTa ttocaiv ir-


eTTEi^-'j/îv £Î<; BpcVTr^<7iov Itti tooç u(7T£pr'<7avTa; rT; ropeia TTpa-
TiojTa;. Oî ô', à/pi (X£v xaO' 6oôv '/icrav, axE C"/) xai -rrapr^xixa-

y.oxeç rjSy) xoï; GtotxaGi xoti irpoç xi TrXr'Or, xwv 7:o).£|xoiv ttTrei-

py,xoT£ç, £v aixiaiç filyov xov Kai<7apa* « Iloï 5y) xat rpo; xi

TTEpa; rjfj.aç oOxoç ô àv:^,p xaxaOï^aExai irEpi^Épojv xai /pojtuvoç


ajc77r£p àxpuxotç xai d'^u/oiç y,[i.îv; xa\ cior^po; t;€xaa£ 7:Àr,Yaï;,

xai ôupEou Ttç Effxi (pEtûw Iv ypo'voi xo(7oux(o xa\ Ôojpaxo;. OOo'

aTTO xwv xpau[xàxoiv apa ^oyiC^'^Œi Kaïcap oxi Ovy,xwv iik^^

ap/£i; Ov/)xà 0£ 7r£:puxa[A£v Tzic/vy xai dX-yEiv ; a>pav ûe •/£».-

uwvoç xai TTVEUjxaxot; ev OaXaxxr, xaipov o\jZï Oew ^ta^EcOi.

la guerre. Il fit tant de diligence ,


qu'il laissa derrière loi une grande
partie de son armée , et ,
quoiqu'il n'eût que six cents chevaux

d'élite et cinq légions, quoiqu'on fût vers le solstice d'hiver, au com-


mencement de janvier, qui répond au mois Posidéon des Athéniens,
il s'embarqua , traversa la mer Ionienne , et se rendit maître des villes

d'Oricum et d'ApoUonie. Il renvoya des vaisseaux de transport à


Brindes pour amener les troupes qui n'avaient pu s'y rendre avant
qu'il partît. Ces troupes , épuisées de fatigue , rebutées de combattre

sans relâche contre tant d'ennemis , se plaignaient de César dans leur


route : « Où donc, disaient-elles, cet homme veut-il nous mener?
a quel terme mettra-l-il à nos travaux? ne cessera-t-il jamais de nous
« traîner partout à sa suite , et de se servir de nous comme si nous
« avions des corps de fer? mais le fer même s'use par les coups dont

« on le frappe ; les boucliers et les cuirasses ont de temps en temps

« besoin de repos. Césnr, en voyant nos blessures, ne doit-il pas son-


« ger qu'il commande à des nommes mortels, et que nous ne pouvons
« souffrir des maux au-dessus de l'humanité ? Un dieu même pourrait-il

«forcer la saison de l'hiver et le temps du vent sur la mer?


, , , , ,

VIF. DE CESAR. 137


et ayant six-cents
InrtiXç ).oyâ5xi cavaliers d'-élilc
y.u.1 ni'JTS tx'/jjlxtx ,
cl cin(j légions ,

;f«t/iûJvoî ovTOç h rpoitxXi, l'hiver étant au solstice,


fir.vbi Ixvovxpiox» î»Ta/x«vou le mois de janvier coinniençaiu
(ouTO; 04 uj t'rj (or ce mois serait
IIoTîcotwv AO>]va^ot{) le Posidéon aux Athéniens)
àfrl/.VJ iti zb Jtiy.xyoi' il se mit en mer :

y.ccl ûtxoxXdiv rb-j Idvtov, et ayant traversé la mer Ionienne ,

ulpsX 'û/5txov y.xl 'A7ro»wvtxv, '1 prend Oricum et Apollonie,


l'uis il renvoya de nouveau
rà Tzlolx tiç Hpt'JTTiiiot ses vaisseaux à Drindes

inl TOÙ{ arpxTioirxi pour les soldats

V7T!pi^7XV7Xi Tfi TZOptlx.


qui élaient-en-rclard de marche.
Oic't, âxpt /A«V Or ceux-ci , tant que
rr,7xv xarà bùbv ils furent en route,
are Si] y,ùv] comme certes déjà
xxl nxpYiy.fixxÔTeç TOt{ co')ij.x7i et usés de corps
xal àTretjOvjxÔTeç et épuisés

npbi rx nMOrj rûv iro/é/xcjv par le grand nombre des guerres


tlyoj £v atTiatç xov Yixi7xpx '
avaient en accusation César :

« Ilot Sii xal npbi ri népxç « Où donc et vers quel terme


OJZOi b àvr,p y.xrxOr,7iTXi r.uxi cet homme déposcra-t-il nous
iTîpi^épo)-j y.xl j^p'JifjLîvOi r,p.li nous entraînant et usant de nous
Ci7Tzs.p àrpÙTOiç xal àif Jx®'» ;
comme infatigables et inanimés?
/.xi aiCTipoi le fer même
iXé/.xpLt 7t>r;yatç, se fatigue par les coups,
xa^ T($ fnoù et quelque épargne
OuoîoO xal 0'J)pxAOi du bouclier et de la cuirasse
«îtIv iv T070UTW ^p6-ju. csl nécessaire dans un si long temps.
KatTap oOoi ôipx ioytÇsrzi César ne songe-t-il-donc-pas
«TTO TÙV rpXV/XXTUV d'après les blessures de nous
Sri /ijv ûpyei Ûv/îtwv ,
quil commande à des mortels,
:T£^Oxa/i(v ôc et que nous sommes nés
TTâ7x«tv xal à^yctv pour éprouver et soullrir
des maux propres-aux-mortels?
JuvZTàv Ôc OÙÔC OCIÛ or il n'est-pas possible même à un
^ix^tiQxi ûpxv x^ifiHtoi de forcer la saison do l'hiver [dieu
xal xai^ov itvcû/xxTO» et le temps du vent
'
iv 6aAaTT>j sur la mer •
138 KAIXAPOÏ m02

îuvaTCV ot/.À* 00T0< TZ'/^oiSa/Xtxon xotOairip oij ctkixayv rro)^-

jjl(ouç, àXXi ^Evvtov. ). Toiauxa ).£yovt£<; iTropeuovTO vyoÀstM; tic

TOtyu TTotXiv au u.tr'x^'xlô'vrzç Ixaxiî^'Tv {«wrobç, rposoraç âhr-i-

xaXo~vT£(; Tou aÙTOxpvTopoç •


exoxi^ov oï xai tou; /.YE^-Ovaç o-jx

èTriTayuvavTOtf; tvjv Trope-av. KoO/'aevoi o' IttI tÛiv xxp<ov, rç,ô;

70 TTî'XaYOç xai Typ> "ll-rreipov axEcxoTTOUv xûi< vaîîç , e^' uw tjjuÀ-

)>ov TTEpatouTOai Trpoç Ixeîvov.

XXXVIII. 'Kv 5* 'ATroXX(»)via Kaî-rap, c'x ?/o)V à;tO|xr/ov

Tr,v jxeO' éauTo-j ouvaaiv, ^pacuvoucr,? cï tt;; excIOev, àro&o-^


UEVoç xai TCEpiTraOôiv, ôttvov eSouXeute ,3o'j)^uaa, xp'j^a ravror;
eÎç ttXoîov Ejji^àç, tÔ [f.é'fz^0(; &t»)Ocxa(7xaXaov, (fyay07;vai ttso;

tÔ BpEVTr^aiov, Tr,Xixo'jTOtç ctoXoiç TrEpiE/oasvou toù TrEÀavoyç

ôtto tÎov TroXEauov. NuxToç oOv laOyÎTi OEparovTOç £7rtxpv|/a|j.£voç

Ivr^T] , xai X7TotÇaA(Ov £air:ov toç Ttva tcov '7rapr,jXc}j/',a«'vwv r.ou-

•/a^£. Toîi 5e 'Aviou* TTOTaaou -r/;v vavîv uTto^Eporroç £?!; t);v ^a-

« El cependant c'est dans celte saison qu'il nooê expose à tous lea
« périls de la mer. On dirait, non qu'il poursuit ses ennemis, mais

« qu'il fuit devant eux. » Tout occupes de leurs plaintes, ils s'ache-
minaient lentement vers Drindcs; mais, lorsqu'en j arrivant ils trou-
vèrent César déjà parti, alors, changeant de langage, ils se firent à
eux-mêmes les plus vifs reproches, et s'accusèrent d'avoir trahi leur
général ; ils s'en prirent aussi à leurs officiers ,
qui n'avaient pas pressé
leur marche et assis au haut de la c6le , ils portaient leurs regards
, ,

sur la mer et vers l'Ëpire, pour voir s'ils apercevraient les vaisseaux
qui devaient revenir les chercher.
XXXVIII. Cependant César se trouvait à Apollonîe avec une armée
trop faible pour rien entreprendre ,
parce que les troupes de Brindes
tardaient à arriver. Livré à une incertitude afll'geanle, il prit enfin la
résolution hasardeuse de s'embarquer seul , à l'insu de tout le monde,
sur un simple bateau à douze rjimes, pour se rendre plus prompte-
ment à Hrindes, quoique la mer fût couverte de vaisseaux ennemis.
A l'entrée de la nuit , il se déguise en esclave , monte dans le bateau ,

se jette dans un coin comme le dernier des passagers, et s'y lient


sars rien dire. La barque descendait le lleuve Anius, qui la portait
, , , , , ,

VIE DK CF.SAR. 139


mais relui-'"! s'expose
où xaOâffi^ o(olx&)v voXt/À.(oiti nun comme poursuivant des euitemiâ,
mais comme fuyant. »
^
Af/OVTf{ T0t«UT3t Disant Je toiles choses
cffOjOCÛevTO 9;^Xa/&>^ ils marchaient lcnten>ent
«Ù fà DpzvT/jJtov. vers Hrindes.
Mais comme arrivés ils trouvèrent
César parti
ra^fj Tcâ)iv au /*cTa6«irfvT£j vite de nouveau alors ayant chargé
îxixtÇov iauTOÙ^, ilsjs'accusaicnt cux-miimcs
à7roxa).oDvT£5 Ttpoùôzx^ «'appelant traîtres
'
TOV cx^JTfj/rAropoi do jour trônerai :

ixâxtÇov Si xal robç if/efié-joc.; et ils accusaient aussi 1rs chois


ovx ^ictTa;ij0va»Ta5 n^v Tropscov. qui n'avaicnt-pas-hdlé la marche.
KaO>f^£vot ôè iîtl Twv a/^wv , Et assis sur los promontoires,
aTTSy/OTTOUV ils regardaient
ff/oi^ Tè 7ri).ayoç xal tV"* 'Hrtf tpov vers la mer et vers l'Épire
los vaisseaux , sur lesquels
£,a£/>ov TTC^atojTOat :rf à^ î/îïvov. ils devaient passer vers lui.

XXXVIII. *Ev êè 'A7i©i>'j>via: XXXVIII, Cependant à ApoUonie


Ky.tsajO, oùx é^wv ;i«Tà jxwtoO César, n'ayaol-pas avec lui

T5CV oûua/Aiy les troupes


àÇto^u«;(Oy, suflisantes-pour-combattre
T/f; ôè £/iî(JcV 3paouvoÛ7/;5, et celles dc-là {d'futlie) tardant

à7ro^OJ/x£voi xal Trî^iTraOiiv , livrc-à-rinccrtilude et allli^jc,

è€oû).£U5£ |3oyiru/ia oîtvov il résolut une résolution hasardeuse,


«vnyOr'.'jxi "Kpbi TÔ BpevrTfçiov ,
(le se rendre à Urindes,
iaCà; /piiix TiâvTWV étant monté à-l'insu dv tous
f($ TrAoïov, sur une barque
owoîxaffxai/xov tô fit/iOo^f à-dou7.e-raii»os pour la grandeur,
la mer étant couverte
TïjitXOÛTOtÇ OTToi.Of^ de si grandes flottes

U7rè Twv 7ro).£^u^wv. par les onneniis.


NuxTèj ojv Èîrix^U'^a^îVOj De nuit donc s'étanl déguisé
t«r9>îTi 0e^a7tovTO5 avec un habit d' esclave

il s'embarcpia ,

xat X3Ta6a>ùy ca\iTCv et ayant jeté soi da:is un cvin


w« Ttva Tcjy ica.prifAtAV}fiivuj comme un de ceux négligé»
il se tcnait-cn-rcpos.
ToD Oî TToraufly Avt'oy Mais le fleuve Anius
140 KAIÏAPOÏ lîIOI.

Xaaaav, r^jV |i.iv £o)Oiv^jV aopav, •?, Trapeï/c rriVixot'jTa -rrepi ri;
ixÇoXàç YaXr^^r,v, àro/Jouca tto^^j to xujxot, TroXtç TTi^ev-jaç

TAXotyioç Ôià vuxToç OLTzi^jCKje' 7rpO<; Si rJ;v irXr,jji|xupav r/jç

ôaXotaffriÇ xa\ t9]v àvTiêactv xotî xXuSojvoç ^ypiaivoiv i TroTajxôç,

xai xpaj^u; à'iJLa xal xtuttw f/EYdtXw xaù cxXrjpaîç dvaxorrroaFvo;

S^vaiç , dcTTOpoç /jV PiaaOr,vai tw xuÇepvt^tt) •


xa'i aeTaÇaXeîv
IxeXeucje touç vauxaç w; aTroaTpt'j/cov tov ttXouv. AlaOotxcvo; ô'

6 Kaïaap àvaSeixvuffiv lauTOv, xai xou x'jÇEpvr'-rou Xaoôaevo;

TTJç /eipoç, £X7:£7rXr,Y(/.£vou rpoç tyjv 5.}/iv «'lOi, e:j.r,, YE'vaïe,

ToXfxa xat ôÉoiOi [/.r^oiv •


Kai'capa ©epei; xai T7;v Kai^apoç r-jy/jv

cruixTrXso'Jcav. » 'EXaOovxo jxsv O'jv tou yeifxtôvoç o\ 'jtjxoli , xat

xaïç xoSiraiç Ija^uvteç, lêia^ovTO 7:a(7r, 7rpo6uaia tov rroTaao'v.

iiç Ô' -^v dcTTOpa, Ô£;aji,£vo(; ttoXXyîv OaXaxTav, xai xivouveucaç Iv

vers la mer. L'embouchure de ce fleuve était ordinairement tran-

quille; un vent de terre ,


qui se levait tous les matins, repoussait les

vagues de la mer et les empêchait d'entrer dans la rivière : mais cette


nuit-là il s'éleva tout à coup un vent de mer si violent qu'il fit tom-
ber le vent de terre. Le fleuve, soulevé par la marée et par la ré-
sistance des vagues, qui, poussées avec furie, luttaient contre son

courant , devint d'une navigation dangereuse ; ses eaux , repoussées


violemment vers leur source par les tourbillons rapidiis que celte lutte

causait, et qui étaient accompagnés d'un affreux mugissement, ne


permettaient pas au pilote de gouverner sa barque et de maîtriser les
flots. Il ordonna donc à ses matelots de tourner la barque et de re-
monter le fleuve. César , ayant entendu donner cet ordre , se fait

connaître , et prenant la main du pilote , fort étonné de le voir là :

«Mon ami, lui dit-il, continue ta route et risque tout sans rien
« craindre; tu conduis César et sa fortune. » Les matelots, oubliant
la tempête, forcent de rames et emploient tout ce qu'ils ont d'ardeur

pour surmonter la violence des vagues ; mais tous leurs efforts sont

inutiles. César, qui voit la barque faire eau de toutes parts , et près
vu: DE CKSAR. 141
portant la barque
et» Tïjv 6x/aff jav , vers la mer,
un vent dc-nicr ayant soufflé violent
oiù vu/Tûi àtzi'jZi'jt |>cn(lant la nuit abattit
zri'J ctup'xy éw0iv/;v la brise du-niatin
>3 Tïjvt/.aCiTa TC«/Jîîx« '^u.j.'',\i> laquelle alors donnait du calinc
nspi rà, £/ëo^à{, vers renibouchurc
*
àTTwOoOTa Ttoppoi ri xOax repoussant loin le ilôt :

à 04 TioTxixbi ùyptxivwj mais le ileuvc se roidissant

npbi rri'j rrinj/x/AÛ/sav rili 6a).â77/;; contre le llux de la mer


X3Ù rr,j àvTiSaïiy toû z/!/cwvo? et contre la résistance des Ilots
xal rpxy'ji a/xx et roide en-niènjc-tcnips

xat àvsc/OTrTo'/zîyOî et repousse


fltyOLAU XTUTtW avec un grand bruit
xaî (j/.j.r,pu.ïq Shxii et de rudes tournoiements,
^v ccTTopoî jSiaffûôvac était impossible à être forcé
TùJ xuSî^av/JT*;
'
pour le pilote :

xal tAtMx/aî rovi vaûra; et il ordonna les matelots


/it.«Ta6a/iïv changer de manœuvre
cj{ ànoirpL^bt^t comme devant remonter
TOV 7t).0JV. le cours du JJeuve.
5è Kaîjap xiaOo/xevoi Mais César s'en étant aperçu
àvaoei'xvufftv saurov fail-connaîlre soi
xal y.xè6/J.i'J0i T>Î5 X^'/'ô' et ayant pris par la main
TOO Xuê'pVTJTOU ,
le pilote

èx7t£1ti/37,aévOU TT^Oî t:^v y^tv* déconcerté à celle vue :

« 101, if ri , yevjxlif « Va , dit-il , bravo homme,


Td>/xa xal clciOi /jLr,Sév' ose et ne crains rien :

fipuç Kxivxpx tu portes César


xal Ty;v tû;^/3v Kxt'ffa^o» et la fortune de César
ffu/iTriéouïav. » voguanl-avec toi. »

01 vaûrai ouv Les matelots certes


i^iOovTO /xèv ToO ysifxû-jo; oublièrent la Icmpélc
xal i/A^uvTeî rat; xwTtai^, et s'ailachanl-foricment aux rames,
cëiâÇovTO TÔV TlOTa/Aèv ils forçaient le lleuve
nijr, TT/soOu/A^a. avec tout le zèle possible.

U{ ô( Tji; litopx , Mais comme c'était impraticable,


César ayant reçu
TiOilirîv OâiaTTav beaucoup d'cau-dc-mer,
Mal xivôuviûo'af et ayant couru-du-danger
,,,

142 KAIiAPOi BI02.

Tto cTÔ;xaTi, cruv:/u)pr,'7£ (xaX* axojv T(jj xjÇeprr^Tr, ottaÇiAtiv.

*AviovTi 2' aÙTto xaT^. 7:Xy;0o<; dcTr/'^vTojv oî CTpaTiôirai , TroXÀi


(ji£(jLcpoa£voi xai ouffraOouvTEç el a-^ TrÉrEiîTai xai cùv aÙTCH^

|j.ovoi; îxavo; elvai vtxav, dtXX* dt/Oerai xa\ 7rapa€â>.A£Tat $ti

XXXIX. Ex TOUTOU x'X'iiù^Exjoe jjiÈv 'Avrwvioç à-'> BpÊv-


Tr,<7iûu Tctç ouvaixsiç otYOiv. Oa^p/.ca!; oè Kaîaap rpovxaAEÎTO
no(i.7rr^ïov, Bpou.£vov ev xaXw xai /opr,YOyjx£v&v ex X£ ^9;; xai

Ûa\àTTr,(; aTro/pcovroj;, aÙTOç ev oùx à:j»Oovoiç ôiaywv xar' àp/à;,


ûo-repov Se xat a'^dopa TrietrOeiç aTTopia twv àvavxaîo/v. 'A/.Xà

f i^av* Tivot xo'ttttovts; oî cxpaTiwTai xai y^a^xti ^'jpwvîe; rpo?-


EcpspovTo, xai roTe xat otarXacavTcç I; a-jT?;? àpTov;, xa'i Taî;

TrpocpuXaxaîç twv TroXeatwv l7ri5pau,ovTci; , ïCoùù^ctf stTto /.ot

otep^iTCTOuv, ÈttiXeyovtîç wç, aypiç âv i^ y^ ToiauTa; ^/.fSp'f.

de couler à fond à l'embouchure même du fleuve ,


permet au pilote

avec bien du regret, de retourner sur ses pas. Il regagnait son camp,

lorsque ses soldats, qui étaient sortis en foule au-devant de lui, se


plaignirent avec douleur de ce que , désespérant de vaincre avec eux
seuls , et se méfiant de ceux <|ui étaient auprès de lui , il allak, par
une inquiétude injurieuse pour eux , s'exposer au plus terrible danger
pour chercher les absents.

XXXIX. Antoine étant arrivé bientôt après avec les troupes de

Brindes , César, plein de confiance ,


présenta le combat à Pompée
qui ,
placé dans un poste avantageux , tirait abondamment de la terre

et de la mer toutes ses provisions , tandis que César, qui n'en avait
pas d'abord en abondance, se trouva bientôt réduit à manquer des
choses les plus nécessaires. Ses soldats ,
pour se nourrir, pilaient

une certaine racine qu'ils détrempaient avec du lait ;


quelquefois

même ils en faisaient du pain, et, s* avançant jusqu'aux premiers


postes des ennemis , ils jetaient de ces pains dans leurs retranche-
mcnis , en leur di^axit que tant que La terre produirait de ces racines
, , ,, ,

VIlî DE CLSAU. I'i3

2v TÛ 9x6flUTl , à reiubuuchure dujïeuie,


]>c'nnil Lieu lual^ré-lui
au pilule
de diaagcr la manœutnre.
El les 6olJ;ilâ

venaicQl-à-la-rcnconlre en foule
aOrw àvidvTt à lui rcveiianl

fi:fji^6ixs-J0i rtoXlà se plaignanl beaucoup


ot fr'uiN^guanl

iC /X/J TTÎTtîtJTat de ce qu'il n'a pas cru


«Ivai uxvoi vt/.âv être capable de vaincre
même avec eux seuls
ài/à â^OsTstt A»l -Kxp'xZu.'j.izxi mois se lounnenlc el s'expose
OIX TO'ji OL-XOiXXi à cause des absenls
comme se mélianl des préscnls.
XXXIX. 'Ex Toûrou fj.'v<> XXXIX. Après cela
AvTÛvio, Auluiue
/:xT£;r)ieu«v àîrô B^oîVT>;7tou arriva-par-mer de Brindes
amcnanl les Iroupes.
Kaij>c^ 0£ OxppT^iTXi Ll César ayant pris-confiance
TlpOÎAXJ.ùxO 110jU7r//lOV , provoquait Pompée
lopvfxhov £v xa>â> établi dans un poste avantageux
xal x^P'îVV-'''^''' àTTOXP'^''''^' et pourvu abondamment
£/ T£ 7^5 xal OaiflCTT^ç;, el du c6lé de terre el ducùié de noer,

oii/ûiv aJroî xxTà ipx*î se trouvant lui-même d'abord


£y «JX à^Oovoi>, en des lieux non ubondanls,
oiTspov 01 xxl a'^oopa. TttsvOù; et plus lard môme vivenuMit pressé
x-xopix TCJv àvay/xiojv. par le man(|uc des choses nécessaires
A)./à oî crr^îXTidJTat Mais les soldats

/.oirrovréi riva /st'^av coupant une certaine racine


X3cl owrv'jjvTîi 7aÀxxTi et la pétrissant avec du lait
1ip07<^é/S0VT0, s'en nourrissaient,
xai non xal otxnÀecoayrs; et quelquefuis même ayant ful^riqué
des pains d'elle
XSl (Ttlèp3(/LtdvT(> cl ayant couru
Tal« npo fMÏxKxlç Tûv iro/s^oLiwv, jusqu'aux avant-postes des ennemis,
iîxXXov xat citp'pi-K-:o\»'j «'sw , en jetaient el lançaient dedans ,

iiK(Àé-/ovTC{ b>;, ajoutant que,


âxpii ^ yf! iv ixfip^ tant que la terre porterait

TOiaOras pi^ccj, de telles racines


,

\ii KMIAVOI BIOÎ.

&(![aç, 00 'rrau<70VTai TroXtopxouvTtç îlojxirr'ïov. (x^vroi Ilou.-

irr^ïoç ouT£ touç apTouç ouxe tou; Xoyo'j; eta touto'jç ^y.'^^f.tcOai

Trpbç TO ttXyîOoç. PIOu(xo'jv


y^P <>Î «rrpaTiwTai , ty.v otYpiôrz-ja

xai T^v (XTraOEiav xwv roXeuioiV, ojcTrep Or,piojv, oppoioovvTi;.

'Ae\ Se Tiveç uepl toïç lpuji.a<Ti toTç IToixTr/iiou jxayai cropàoeç


Iyivovto* xal Trepiyjv Trdtaaiç ô Kaïcatp ttXyjv [xiSç, êv y,, Tpoinîç

(xeYaXiqç Y-^°i"'^'^''i^ > IxivSuvEuae (xèv àroXÉcai to crpaTOTreco** •

no[X7ajio'j Y^p TrpoGêaXovTOç, oùotiç eaeivsv, àXXi xai Taï»poi

xaxeTTijXTrXavTO xteivoixêvwv, xai Trepi toïç aGrôiv yapax(o;jLa<7i

xa\ 7r£piT£iy la-fxaaiv £77nrrov EXauvo'xevoi 7rpOTp07raor,v *


KaT^ap
S' uTravTia^ojv IrEipocTO ucv àvaaTp£:p£iv touç ^vj'fO'^'ZT.^ , irzi'

paiv£ ô' ouO£v •


àXX' £7riXau.Savout.£vou TÔiv CTjjXctojv, aTrsppiTTToyv

OÎ XOJXl^OVTEÇ, C0C7T£ OUO Xttl TpiaXOVTa Xaêcîv TOÙ; TToXEaiOKÇ

auToç 8è Trapà jxixpov y^Xôev aTCoOavstv. 'Avopt y^? 'J-t^rx/M xai

fls ne cesseraient pas de tenir Pompée assiégé. Pompée défendit


qu'on rapportât ces discours dans son camp , et qu'on y montrdt ces
pains; il craignait l'entier découragement de ses soldats, qu'il voyait

redouter déjà la dureté et l'insensibilité farouche de leurs ennemis,


qui, comme des bétcs sauvages, supportaient patiemment les plus

grandes privations. Il se faisait chaque jour, près du camp de Pom-


pée , des escarmouches où César avait toujours l'avantage ; une fois

seulement ses troupes furent mises en déroute, et il se vit en danger

de perdre son camp. Pompée les ayant attaquées avec vigueur,


aucun des corps de César ne tint ferme ; on en fit un si grand car-
* nage que les tranchées furent couvertes de morts, et ils furent
poursuivis jusque dans leurs lignes et leurs retranchements. Césai

courut au-devant des fuyards pour les ramener au combat, et,


voyant ses efforts inutiles , il saisit les drapeaux des enseignes , afin

de les arrêter; mais ils les jetaient à terre, et trente-deux tom-


bèrent au pouvoir de l'ennemi. César lui-même manqua d'y périr :

il avait voulu retenir un soldat grand et robuste qui fuyait comme


, , , , , ,,

vu: DE CESAR. Ml
ou irau<jovT«t ils ne cesscronl-pas
iro/.top/ouvT«< IIo/ia»5Vov. assiéjj'oant Pomj)ée.
'O fxévTOi llo{jL-nr,'(Oi e'a Or Pompée tie laissait

OUT« TOÛtOUî T0Ù{ ÛpTO\)i ni CCS pains-là

OUTS TOÙi y.6/0Ui ni ces paroles


ixflpt30:tt npbi TÔ 7ti:^0o;. se répandre dans la foule.
Ot yàp aTpxTiôtrat i^OJ^aovv, Ciir les soldats se décourageaient,
oppuQOÔ'jrei Tifjv àyoedr/jTa redoulanl la férocité

et l'insensibililé

T4lJv Ttoie/Atwv des ennemis


SiTKtp Oyipi(t)'j, comme de hétes-féroccs.
'kil oi Ttv£i /*st;^at vitopio-q Mais toujours (jiicl(juos combats épars
iyivovTO npbi roXi ip'juxzi avaienl-Iieu vers lesretranchciuciils
70Ïi no/xTT/jfou
*
vers ceux de Pompée :

r.al ô Kxïs-x^ T:spif,v kt.i'm^ et César avail-le-dessus dans tous


n\-i]v fitxç, èv ïf, excepté un , dans lequel
une grande déroule ayant eu-licu,
âxtvûûveuTe yiièv il courut-risque
'
aitolisan rà ffTpaTOTTîoov de perdre son camp :

no^artî^fou yàp itpovZxXôvroi car Pompée ayant chargé ,

oxjûii^ é/x£(y£v , nid ne soutint le choc


àHà xat zy.ypoi mais et les fossés

XXTeTtifJ.TlXxVTO XTÎtVO^UÎVWV, se remplissaient de tués


xal tniTZTOV el ils tombaient
nepl roli )(^xpxx(!>/xx7i dans les retranchements
x«î Ttept.Tîtyî^/xxatv cl dans les murs-d'enccintc
auTÛv (reux-mèmes
*
èAauvd/xcvot 7rpoTpoTtâo/;v poursuivis à-toutcs-jambcs :

K.at7ap Oî ûîravTiâÇûJv el César courant-au devant d'eux


èTTîtpâTO /jièv essayait il-esl-vrai
àvjtarpé^îtv toùç ysûyovrx;, de ramener les fuyards ,

*
iTripatvs ôè où5év mais il n'avançait rien :

àX>à £7rt)a/i63Cvo/x£vou au contraire lui saisissant


Tûv Tr}fjLiioiv ,
les enseignes
el xo/AtÇovTCf oL-neppimouv , ceux qui tes portaient les jetaient ,

WTTf TOJ; HoXfi/Xt'O'JÎ de sorte les ennemis


ia6£îy t^istxovTa xal 5jo , en avoir pris trente-deux
aùràç 5è ïj^Oi napà fiir.pb-j el lui-même en vint à petite distaua
ànoOavfïv. du périr.
Car ayant porté la main
V|K DE CiSAA. 10
MO KAlIAPOi m02.

J<i)[xaXéo), '^coy^^f i ^^tp* aotbv, ^7:i6a>uijv rr,v /tlpa, (livetv txt-

Xeuae xal axpecpeaOai Trpoç xoùç 7roXe(xiou;. '0 c£ (xecr-rô; wv


TOfpa/rjç Trapot to 5itviv, iTO^pato tyjv aa/aip«v wç xiOi^ôo^vo;»

cpOdtvEi 5' ô Tolî Kaiffapoç UTradUKjTi^jÇ a7:oxo|/aç aÙTotJ tov toaov.

OCtw 8' iniyvui rà xaO' aOtov, w7t*, Ittei nouTD^ioç oîr' EuXa-

êe{aç Tivbç ^ xu/r,; epyw (aeyoiXw tsO.oç oox l7r£0r/.£v, aX).i

xaôeip^aç e'iç xov /apaxa rooç ^ptuYO"^*^*? > »v£/ojpr,civ, eiTcev apa

Trpoç Toù; cpiXouç aTziwv 6 Kaîcxap • « Xr,u.£pov àv i^ vixr, Tiapà

Toîç 7roX£|jLÎoiç TTjV sl TOv vtxîovTa £f/ov. » Aùtoç ôè irapEXôwv stç

TTiv axrjvrjV xai xaxaxXtOci; , vuxTa Tia^wv £X£ivr,v àviapoTar/-//

Si>lY*Y£v £v ^TTOpotç Xoviaaoïç, w; xaxwç I^Tpar/^^'O'****? »


^~^

xai /o)paç £7nx£ia£vr,(; ^aO£iaç xai tcoXewv £Ùoaiu.ovo)v Tcôv Ma-


xeSovixwv xal ©ETTaXtxiov, locoraç Ixeî TEpiairobat tw iroXefxov,

Evxauôa xaOc'CoiTO Ttpbç OaXctTTri, vauxpaxouvTwv twv ttoXejjliojv,

les autres , et l'obliger de faire face à l'ennemi ; cet homme , troublé

par le danger, et hors de lui-même , leva l'cpée pour le frapper;

mais récuyer de César le prévint , et d'un coup lui abattit l'épaule.

César croyait déjà tout perdu; et lorsque Pompée, ou par un excès


de précaution , ou par un caprice de la fortune , eut manqué de
conduire à son terme un si heureux commencement; que, satisfait

d'avoir forcé les fuyards de se renfermer dans leur camp , il se fut

retiré ; César, en s'en retournant , dit à ses amis : « La victoire était

« aujourd'hui assurée aux ennemis , si leur chef avait su vaincre. »

Après être rentré dans sa tente, il se coucha et passa la nuit dans la

plus cruelle inquiétude , livré à de tristes réflexions : il se reprochait

la faute qu'il avait faite , lorsque , ayant devant lui un pays abondant
et les villes opulentes de la Macédoine et de la Thessalie , au lieu

d'attirer la guerre flans ces belles contrées, il s'était campé sur les

borda de la mer, dont les ennemis étaient les maîtres, et où il était


, , , , , ,

VIF. DF CESAR. 117


sur un homme grand et Tigoureux
ycû^ovTi itxpx aUTOV , qui fuyait près de lui

il ordonna lui s'arrêter

xal (jrpifs^Oxt et se tourner

npbi Toùç 7ro)c/t/ovç. contre los ennemis.


'0 Sk àw /lJffTÔ« TKp«;f»îî Or celui-ci étant j>lcin de trouM»
irapà rà oîivèv , à cause du «langer,
è7r>{paT0 T/îv {xiyf^xipxv leva son rpée
àç xa6tÇdjur»oç* comme devant frapper :

mais l'étuyer de Cés.'ir

^9zve( omo/.ô'^xi le prévient ayant :»ljatlu

rbv bifiov aùroO. l'épaule de lui.


'Xniyju ôi rx /arà aJrèv Copondanl il désospéra quant à soi

oGtOJ( WTTC , (TTCI Il0/A7l>}tC j tellement que, comme Pompée


uTrd Ttvo5 s\>Xaèe(scç ^ txjx^iî par quelque circonspection ou for-
o'jx lTtiO-/!/.t riXoç nc mil pas un lorme [tune
usyâXu ip'i'-'f » à cette grande action ,

àiJlà xa0«(joÇas toùj ^îj/ovtk; mais ayant renfermé les fuyanls


dans le retranchement
se retira
E^xîaxp à:itoùv César s'cn-allant
îTîTfv a^a 7r/5Ô$ TOÙj j?t).0'j;* dit certes à ses amis :

« ï.-^txipo-i Y) vlxr] Aujourd'hui la victoire

XV ry Tzixpx roïç Tro^e/zt'ofç serait aux ennemis


ît î';^9v ràv vtzflvTx. » s'ils avaient celui qui vainc. »
AÙtoç oè :rxpsy.0wv Et-lui même étant allé
etç t:%V OTrrri»»)V dans sa lente
/.al x2Tax)(9cl$, et s'élant couché
ot»{yaycv £/itv>;v vûxra passa celte nuil-là
kviap077Lrr,v Ttajû»» la plus triste de toutes
iv ioyiT/jiotç àTrdjSOt; ,
dans des rélle\ions incpiièles ,

cl>ç i7T|5aT/;7r;/wî y.-j .r-li^


, comme ayant conduil-la-gucrre mal
irtf xal X'-^'^P^i ^xOtÏT-i parce que , et un paysbas(dcplaineh
iirtxstjuiîvirç clanl-clevant lui
et des villes opulentes
T«v MauMûovixûvxalôiTT«>t/.d!iw, Celles de-Macédoine et dc-Thcssali
ixjxç ttipiz-xiyxi ayant négligé d'attirer
TÔv 7td>£,uov i*tXf la guerre là,
xxOiÇotTo ivraCOa il avait campé ici

itedç OaiiTTT} vers la mer,


,

1^8 KM i A PO 2 I5I02.

7coXiopxou|X£VO!; Toî; àvay'tîtioiç (jLaXXov ^ toÎç ^ttXoi; roAtopxÔiv.

Oiito) oi àviaOeiç xai àor,uovy,aaç rpôç Tr;v dTroptav y.at /a/J-


7roTr,Ta twv uapovTOjv àviCT/, tbv aipaTOV, êtti lixtTrîoiva rpcr-

ayEiv eiç Maxeûoviav ÊYV(j)y.to!; •


^ y^P iTriTTrGtGeaOai IIouL7r/;ïov

6'7rou [xayeîxai [i.^ yopr,YOU|jt,Evoç ôjxoio>; aTro ttjç Oa/arrr,; , /i

TTEpiéacaOai [aeixovojjjlevou Lx.itticuvoc;.

XL. TouTO t:?)V no;i.7rr,:ou ffTpaxiotv iTnjpE xai tou; Trapi aùrôv

yjY£(jt.ovaç , wç yiTTrdxÉvou xal çeuYO^'^Oî > e/E^Oai Kaijapo;.

Aùxbç [X£V yàp EiiXa&coç eT^e nou.7nr,ïoç àva^pil/ai u.a/r,v repi

TYjXixouTOJV, xal 7rapîcx£ua(7(X£V0(; apicxa 7:a<Ji Trpo; tov ypovov,

i^^iou Tptêstv xai jjiapaivEtv t*^,v twv ttoXeixiojv àx;xy;v |>pa/£Ïav

ouaav. ïo Y*p "^oi (xa/iji-coTaTOV r7,ç Kaicapoç cuvaacoj; la-


7r£ip(av (i.£V eT/^e xa\ xoX[xav àvuTrocxaTov rpoç xoùç aYwvotç, £v

ô£ xaïç TrXavaiç xal xaîç axpaxoTCEôc.. < Teiyo^uXa/.ouvTc; y.ai

lui-même bien plus assiégé par la disette qu'il n'assiégeait Pompée


par les armes. Déchiré par ces réQexions, tourmenté du défaut d'
vivres et de la situation fâcheuse dans laquelle il se trouvait, il leva

son camp , résolu d'aller dans la Macédoine combattre Scipion : il

espérait ou attirer Pompée sur ses pas , et l'obliger de combattre dans


im pays qui ne lui donnerait pas la facilité de tirer ses provisions par
mer, ou opprimer aisément Scipion, si Pompée l'abandonnait.

XL. La retraite de César enda le courage des soldats de Pompée


et surtout des officiers, qui voulaient qu'on le poursuivît sur-le-champ,
comme un ennemi déjà vaincu et mis en fuite. Mais Pompée n'était

pas assez imprudent pour mettre de si grands intérêts au hasard d'une


bataille : abondamment pourvu de tout ce qui lui était nécessaire pour
attendre le bénéfice du temps , il croyait plus sage de tirer la guerre

en longueur, et de laisser se consumer le peu de vigueur qui restait

encore aux soldats de César. Les plus aguerris d'entre eux avaient
beaucoup d'expérience et d'audace dans les combats ; mais quand il

fallait faire des marches et des campements ,


garder des place*
, , , , , ,

VIK DE CESAR. H9
Tûiv 7ro)î,utwv les ennemis
vaux|oaTO'JvTwv ayant |)lus-<lc-forces-navales ,

ito^iop/:o\jfj.vjoi zoXi rvzyxy.i'otç assiéjjé par les choses nécessaires


fiâXXov -fi TTO>to/5x'J5» Toï; OTT/oej. plus (]ue assiégeant par les armes-
Or ainsi chagriné
x#ci àoriuO-J-/,70Ci et tourmenté
Tpèç Tr;v ànopix-j à cause du défaut-de- vivres
et de la dinicultc

TÛv irapovTWv «les iiffnbes présentes


ivt'jT»} t6v fjTpxr'oj il lil-dé('ampor l'armée,
f/voi>ià)i "npoi-'/tvi ayant résolu de conduire elle

contre Scipion en M.icédoino •

1^ -/àjO èTtTirâarecrOy.i no//:r/;'Ov car ou (l(n<)ir entraîner Pompée


îrroo _u«;(eÎTat où il eoniiviltrait

/xyj y^opr,yo\JixvJOç bfjoioii n'étant pas pourvu pareillement


àixb Tv^i dxXôcTrr.ç , du côté «le la mer,
yf TtepiiasiOcii ou devoir avoir-le-dessus
sur Scipion isolé.
XL. ToOto èTrfî/3î XL. Cela anima
#f>* ffTpaTiàv WofntTftQM l'armée de Pompée
f.xX TOÙ; r,y€u6-jxq nepï o^'jt'o-j et les chefs autour «le lui

iysvOoci Kctîaocpoç, à presser César,


âiç :9TT>7//iyoo xal ^îûyovro^. comme vaincu et fuyant.
Car Pompée lui-même
était disposé avec-circonspection
à'JocppXpctt fiij(^Y}v à risquer un combat
ntpi T/;)txouTcav sur «le si gran«ls intérêts
xxl Trxps7xs\)X7/jiVJ0i xpiiry. et pourvu très-bien
TtOLVl TljOàç TÔV y(^p6-iOi ,
de tout pour le temps
il jugeait-à-propos
rpièetv y.xl fixpxlvtiv d'user et de consumer
la vigueur des ennemis
Oyjav ^pxyilx^. étant de-peu-de-durée.
To -/àp TOI /jLxyifjiûrxroj Car certes lapar/ie la plus belliqueuse
des troupes de César
*'X* /**' è/x7Tîtptav avait il-est-vrai de l'expérience
xal To/aav àvuiréirraTOV et une audace irrésistible
pour les combats
rtixof\>).xy.o\jvrtt Sk mais gardanl-des-remparts
ml vyxT«7tpToOvT«{ et veillant-toutes-les-nuit*
,

150 KAIÏAP02 hlOl,

vuxTC"]f£pTOtJVT£<; £;j')caj/.vov ir.o Y/^poiç, xoti fiapEÎç y-Tav toU


ciofxaai TTpoç touç ttûvou;, Si' àaOc'veiav £Y*aTaÀti7rovT£; r};v Trpo-

OyjjL^av. ïoxe oè xai xt voar,;xa Xoijjuoie; i\i/jit\y t>jv iToxta*

T^ç 8ia(T>iç Troir^actfAevov àpy-^y, Iv tÎ) orpaTiS Trcpi^EpcaOai t9î

Ka(aapo;. Kal to lAsyiaTOv, oute /pr^jxaaiv I^^ojjxîvo; oute xpo-


(pY)!; EUTTopcav,
y povou Ppa/eoç eooxei 7rep\ aOrw xaTaÀuOr^aeaOai.
XLI. Ali Tauxa noixTnrjUj) {xdt/eaOai jjl:^, PouXoae'yoj (xdvoç

lirr^vEi Kàxwv cpEioûî xôiv TroXixôiv ^ç ye xa\ xoùç rccovxaç Iv

xrj ftay^^r, xwv ttoXeiaicov eîç /iXiouç xb tcXtjÛoç ^evouevou; îoùrv

aTrrjXOev eyxaXu'j/aixEvo; xai xaxaoaxpuaaç. Oî o' àXXoi ravxeç

Ixaxi^ov xov nouLTrr^ïov ^'jyojxay'^ouvxa xal 7:apa);'jvov, 'ÂYat^'-

(xvova xai paatXea pactXéoiv aTcaxaXouvxEç, dx; or, (Ar, ^uXôpiEvov


aTTOôéaOai x^jV [jLOvapy lav, àXX* aYaXXoasvov, ^jY^I-'-^^''^
xocou-

xcov e^r,pxr,u.£va)v auxou xal (poixcovxwv etti cxt^vt^v. ^acovio;

fortes et passer les nuits sous les armes , leur vieiHesse les faisait
bientôt succomber à ces fatigues ; ils étaient trop pesants pour '^
travaux si pénibles , et leur courage cédait à la faiblesse de leur corps.
On disait d'ailleurs qu'il régnait dans son camp une maladie conta-
gieuse, dont la mauvaise nourriture avait été la première cause; et
ce qui était encore plus fâcheux pour César, il n'avait ni vivres ni
argent, et il ne pouvait éviter de se consumer lui-même en peu de
temps.
XLI. Tous ces motifs déterminaient Pompée à refuser le combat.
Caton était le seul qui ,
par le désir d'épargner le sang des citoyens
approuvât sa résolution : il n'avait pu voir les corps des ennemis tués
à la dernière action , au nombre de mille, sans verser des larmes;
et en se retirant il se couvrit la tête de sa robe , en s'gne de deuiL
Mais tous les autres accusaient Pompée de refuser le combat par
lâcheté ; ils cherchaienl à le piquer en l'appelant Agamemnon et roi
des rois , en lui imputant de ne vouloir pas renoncer à celle autoriié
monarchique dont il était investi , à ce concours de tant de capUameé
qui venaient dans sa lente prendre ses ordres , et doai sa vanilé éuit
, , , , ,

VIE I)K CKSAR. 151


|y raXç nXivKtç dans les marches
et les caiiipeinenls
iXé/ocfi-JOv ùrri y^ip'jii il» se faliguaient de vieillesco ,

cl i!s élaienl lourds


TOTç 9(ti/lX9t npbi TOÙÇ TT^VOUÇ , de corps pour les fatigues
h/Axrx).tinovvti ri]v Ti/JoOy/uitsty abandonnanl leur ardeur
I par faiblesse.
ToT« Sk xal Kl allers aussi
une certaine maladie contagieuse
è/i/Ovj , TtO'.rjTitxS'JOv xpyr/J fut dite, ayant eu pour principe
T-hv àroTTiav t^* iia^Tv;^ , l'étrangelé delà nourriture,
ntpi^ipzyOxi tv t-^ arpuriS. se répandre dans rarnice

Tf, Ky.iaxpoi» celle de César.


Et ce qui était le plus grave
o-jze ip'p'jijxhoi y^pr,ij.y.zvj , ni ;j'étanl-fort d'argent
ours svnopci-j Tpfi-yf,^ , ni n'étant-bicn-pourvu de vivres ,

èodxei xaTa).uO/}«70ai il semblait devoir se dissoudre


TTîpl aÛTôi ypÔJO'J ^pxyioi. de lui-même en un temps court.
XLI. Atà txOtx K.3CTWV ixi-joi XLI. \ cause de cela Caton seul
approuvait Pompée
qui ne voulait-pas combattre
filÙOl rd'J TTQ/tTÛJV* par épargne des citoyens :

Oi ye xat loùv lequel du moins ayant vu


TOJ5 Tôiv no'j.s/xioiv ceux des ennemis
tombés dans le combat
ysjoij.ivo\ji cii yù.ioui 70 tcj.-^Oo^,, étant jusqu'à mille tle nombre,
s'en-rcvinl s'elant voilé
Xxi KXTx5x/ipJ7»i, et ayant versé-des-larmcs.
DâvTCi o( oi xjj-oi Mais tous les autres
èxfiC/t^OV XQ-J llo{i-j/,\'ov accusaient Pompée
f\jyopLX^o\Jvra qui éviiait-le-cond)al
XXl TZXp'Ji^U'JOJ , X'XQA.XJo'Jv; et /'excitaient, /'appelant
AyxijLipL-joyx Agamemnon
xal ^X7i\ix px'jù.iùi-j et roi des rois,
Wî 5Vj fl-h ^OMlotlViO-i comme certes ne voulant pas
aTTo0îj6ai T/iv p.(i-txp-yji'j.-i déposer l'aulorilé-souvcraine j
à^Aà à-/a»ô,uevoy mais s'cnorgueillissant,
TOtoÛtwv ^yi^ôvwv tant de chefs
i^Y;prr,fxhtt\> aùroô dépen<lant de lui

et venant dans sa tente.


152 K A II A PO I BIOÏ.

^È, Tr,v KaTO)voç 7:ap^-/)(7i'av u7ro;:oiO'jacvoç, jj.ïvtxo); ir/izXi'x-


Cev, £t (/r,oi t^teç sarai twv ucpl TouTx/.avov * droÀsvcai cuxtov
Si^ T^v nofi.7r/;îou oiXotp/fav. 'Acppdtvioç Si (veoxrri II *lCr^'
Y^p
ptaç àîpuTO xaxtoç cTpar/iYTicoti;), oiaÇa)v)vO(X£VO(; Irt yjiy'aaoi

irpooouvai tov cxpaTOv, rjpoiTa ûià xi Tcpo; xov ^jxTiopov où txa-


/ovxai TOV £o)vv]u,£vov Tiap' aÙTorî xiç i-r'xpyiT.ç. *Ex toutojv
â-TravTOJV cruvEXctuvoaEvoç axwv eIç (xà/TjV ô noa.7rT^tO!; l/topci xàv

Zvataapa oiwxojv. '0 Se tyjv [xev oXXtjV ropEiav yoîkBTzôx; -/[vucev,

ouSevoç Trapé/ovToç otYopotv, oùXt. ttocvtojv xara^povouvTwv oii

tV evayyoç ^xxav. '12? ô' eTXe Fouicpou;*, 0£caa)axriv tto'Xiv, où


jxo'vov £0p£^]/£ xv)v cxpaxiàv, dX)A xofi xoîî vocr^aaxo; a7rr'XXa;£
TCapaL^c'yo)?. 'A'^Oo'vw y^? ivc'xuyov oîvw , xal ttio'vxc; àvEor^v,

ttxa ypojasvoi xtouoiç xai Sax/ê'jovxsç ctvàc x^v ôoov, £x uiOr^


ûiâxpoucavxo xai 7Tapr^XXa;av xo TràOoç, £tç l;iv éxipav xoîç cw-
fxaai (jLExaTTEadvxEç.

tlattée. Favonius, qui cherchait à imiter la liberté de Caton dans ses


paroles, déplorait d'un ton tragique le malheur qu'on aurait encore
celle année de ne pas manger des ligues de Tusculum ,
pour ne pas
dépouiller Pompée du pouvoir absolu. Afranius , nouvellement arrivé
d'Espagne, où il avait fort mal conduit la guerre , et qu'on accusait
d'avoir vendu et livré son armée , lui demanda pourquoi il n'allait pas
combattre contre ce marchand qui avait acheté de lui ses gouverne-
menls. Tous ces propos ayant forcé Pompée de se déterminer à com-
battre, il se mit à la poursuite de César. Celui-ci avait éprouvé les plus
grandes difficultés dans les premiers jours de sa marche. Personne ne
voulait lui fournir des vivres, et sa dernière défaite lui attirait un
mépris général; mais lorsqu'il eut pris la ville de Gomphes en Thes-
salie , il eut des vivres en abondance pour son armée ,
qui fut guérie
même de sa maladie d'une manière fort étrange. Ses soldats , ayant
trouvé une quantité prodigieuse de vin , en burent avec excès , et , se
livrant à la débauche , ils célébrèrent dans tout le chemin une espèce
de bacchanale. Celte ivresse continuelle chassa la maladie, qui venait
d'une cause contraire, et changea entièrement la disposition de leuis
corps.
, , , , , -

vil' DK Cr.SAK, I5:i

Kt Favonins , oontrofaisanl
le fr;inc-j)nrler tlf (laton,

lff;(ïT)t«Ç« /iavtxûç sfi lourmontail folloinent,


Cl //>:ôe ï»Tat rrÎTîç s'il no sera pas possible cetle^anné
àiro^aûvat tûv 9Ûxuv de jouir des ligues
ir«pl Touffxiavov de Tusculum
Six TT^v ^(iapjjfav Ilo/Alt/îfo'J. à cause de l'ambition de Pompée.
A^/sscv(o$ ûk Mais Afranius
{ àprxTO yà/9 v«wctI (car il élail arrivé récemment
d'Ks|»agne
arpxTrjyT^vai xxxHi), ay.int rommandé mal )

accusi} d'avoir Irahi


rarnu'e pour de l'argent
Vip'JjTX dcinandait
Sti. ri où /iâ^ovTai pourquoi on ne combat-pas
•nphq XQ'J t/xitopo-j contre le trafiquant
TÔv £wvy;^a£vov Tzy.poc aùroO qui avait acheté de lui
l<\s prt)vinces.
fcÇ âTrâvTWv TOJTOJv liouTr/;t>;j Par suite de tout cola Pompée
o\)vîiauvd,u£vo{ âxojv ei^ jxiyj.'i entraîné malgré-lui au combat
iyûpst ûtûxcjy TÔV Kai'ffa^a. allait poursuivant César.
'O ^f ^vuï» fxîv yxhnûii Mais celui-ci acheva avec-peine
TYj'j ûX}.r,'j Ttopiix'i , le reste de sa marche ,

O'jîevoî •7rapi;(ovT05 àyopxv , nul ne lui fournissant de marché


àiAà TiâvTwv xxra^povoûvTwv mais tous le méprisant
5tà Ty;v ifTTav à cause de sa défaite
(tyjv) évavxo^-. arrivée récemment.
flî 0£ fDs rd/Jl50Uî , Mais (b's qu'il eut pris Gomphes,
TToAtv 0£ffffaii/.y;v ville (le-Tliossalie ,

oj fià-JO'j tOptlis TT^v ffTpartàv non seulement il nourrit son armée


à)ià xal àTTïj^istÇî Tzxpx).6'/<>ij mais encore il /a délivra étrangomer.;
roû vovYiftXTOç. lie la maladie. [moni,
Eviru/ov yâ/î o'vw àyôdvw , Car ils trouvèrent du vin abondant
x«l Ttto'vTî; àvéo»;v, et en ayant bu librement,
iira jf^oi/zsvot A^Jjfioiç puis usant de débauches
JTtt ^XX^ÎJOVTfî àvà T^v ôoov et se livrant-à-l'orgie sur la routt .

â.< /Ai9y;{ otjx^ooOïavTO par l'ivresse ils chassèrent


xal 7rap»{iiaÇa» tô irâOo^, et renvoyèrent la maladie ,

jUfTaffeTOVTCÇ TOÏÇ ffci/ASTIV étant tombés de corps


ft« iripxi £$iv. en un autre ('•int.
,

154 KAiiAPoï nioï.

XLII. *ii<i y et; "f'V' *^«pTa)ll«v i|j.ÇaX<>vTcç âi{xy^'repci /.tt-

lOTpaTOTTc'oeuaav, 6 |i.iV rioaTrr'ïo; auOt; elç tov apyr^alov ive-

xpouexo XoYUJfiov t'))v YvojtjLYiv, £ti xa\ çotajxaTttv oùx a{aui>v

7rpoffY£vo(x£vo)v [xat xaO' {iTTvov ^j/eo);, 'Eooxct y^p îa-jTov 6pï>

£v Tw Oeàrpto xpoTOU(X£vov Otto *Poj;i.aiojv], Oi oï r£pi auTOv

ouTU) OpadEÎç r^Tav xai TOvixr,|xa xaîç D-iziii 'Trpo£i).r(^'>T£;, (uotc

cpiXovEixeîv uTrèp tv;; KaiVapoç ^p/i£po)cuvrj(; AojxtTtov xa\ Zriv-

6/ipa xai 2ixi7riwva, cia{i.iX).(Ojxivou(; à)Ar'Xotç* -tujxtteiv ci roA-

Xoi>ç £Îç 'Pojtjt.r,v (jLicOouuEvou; xai TrpoxaTaXaaêocvovTo^ oixt'ot;

u7rax£uouGt xal ffTp«Tr,You<Tiv ItitTjSci'ouç , ôç eo9ù; ap;o'/T£ç

j.£Ta TOV 7roAcp.ov. .>laAt(7Ta û £T^ac.a!,ov oi t7:7r£i; în Tr,v

jt.a/r,v r,(7X'/;|jt.£vot irEpiTTw;, SttXojv XaaTrpoTr.ci xa'i Tpuç<ai^

VTTTTojv xa\ xàXXei cwaotTOJV fAsya spovouvreç, xai lik to tt/tOo;

CTTTaxKT/iXioi Tcooç '^iXiouç Tou Kaicapo; ovteç. 'ilv oà xai tc.

XLII. Quand les deux généraux furent entres dans la Thcssalic , ci

qu'ils eurent assis leur camp l'un vis-à-vis de l'autre, Pompée revint

d'autant plus volunliers à sa première résolution qu'il était alarmé pur


des présages sinistres [cl par une vision qu'il avait eue pendant son
sommeil. 11 avait cru cire à Rome dans le ihédlre , où le peuple le

recevait avec de grands applaudissements]. Mais ceux qu'il avait au

près de lui étaient bien loin de partager ses inquiétudes; au contraire,


pleins de présomption , cl prévenant la victoire par leurs espérances
déjà Domilius , SpinlUer et Scipion se disputaient la charge de graod-
prêlre que César possédait; plusieurs avaient envojé retenir et louer
d'avance à Rome les maisons les plus convenables à des consuls et

à des préteurs , ne doutant pas qu'à la On de la guerre ils ne fussent


élevés à ces magistratures. Mais aucun corps de l'armée ne lémoignaii

plus d'impatience de combattre que celui des chevaliers : fiers de la

beauté de leurs armes , du bon état de leurs chevaux , de leur bonne


mine et de leur nombre (car ils étaient sept mille, contre nulle que

César en avait), ils se teiiaient assurés de la victoire. Leur infantorir.


, , , ,

VI r. ni'- CKSAK. 165

XLII. 'ûjç ôà àfxfànpot XLII. Maie qnand tous-deux


s'étaul jclcs sur la IMiarsalie
xxrevrpxroné<}t\J9'xv, curent campé,
Poinpro il-csl-vrai do nouveau
àviApoinro TTtV 'j-jû^yf* rejetait »a p«*n8ée

eîi ràv àpy^xlo-j ÀoyniJih-J , dans Sun ancien raisonncnKint


xxt ÇJXTuârCOV OJ/ 5tt7tWV et tlfS visions non favorables
[xai ôi^eco; xarà ufrvov [et une apparition dans le sommet!

itpo-jytvo/ÀÀy^v «Ti. ayant cu-lieu cocure.


*Lô6xei yàp ûp,^v éauTOv Lai- il cruvail 6e voir lui-mOuie
«poTOJ,a«vov ètf T*i Oeâr/joi applaudi ou lliécUre
ùrtà Pw^at'wv.] par los Romains.]
Oî Je TTî/ol aùràv Mais ceu\ autour de lui

vjTxv oÛtûj OpocstTi étaient tcllfinenl présomptueux


kkI npoeOrjfôrtç et ayant présumé
rà vUr,jjiu. rscîi iXTiinv , la victoire dans leurs espérances
au point Doniiliws cl Spinlhcr
al S)'.t7Tt6j.>a ^t).ovfiz«fv et Scipion rivaliser
sur le souv<*rain-ponlilîral de César,
se débattant l'un-avec-l'aulre :

ïro//oyç 5i irl/xTiciv et plusieurs envoyer f,


ei^ Pcij/*>jv à Rome
//KTÔouuîvoyî des gens louant
xal 7cpoxaT3tia/*6ar»©vTa^ et retenanl-d'avance
des maisons convenables
UTtariJOUffi xaci TT/3aT>iyoÛBiv à des consuls et à des préteurs
comme devant avoir-ce«-charges
aussitôt après la guerre.
Oî Ji ÎTTTtîT^ ui).nTX Mais les chevaliers surtout

s'agitaient pour le combat


merveilleusement parés,
fpovo'j-JTt^ fiéy» pensant grandement
).Xftnp6ryitttv St/uu à cause de l'éclat de leurs armes
xxl rpuçalï ÎTTTiwy et du bon-état de leurs chevaux
x»i xx>^t ffMairojv, et de la beauté de leurs corps ,

ctélaot par le uoiubre


sept-mille
contre mille de César.
Tè ^è x«l irX>{9oç tûv «sÇûv Et aussi le nombre des rantassins
n'était pas semblable-
,

156 KAIIAPOI BIOÏ.

irevraxiT/iXioi TrotpeTdtTTOvTo OfTîA'j&ioiç xai Si-r/iXCotç.

XLIII. 'O 5È Kaî<7ap Touç CTpaTtoixaç cuva^aY'^-»'' > *** '^^'-

eiTTWv o)<; 5uo (jlêv «Ctw iol-^iliti Kop-pivioç* «•^)v ivvuç i^riv,

«XXai ôà 7C£VTExa(o£xa CTTEipai uet^ KaAy'vou xaOr,vTai irtp'.

M^Y^P^^* '^^^ AOrjvaç, :n?wryj<jev eÎte ^ouXovtœi TrcpiaÉvciv Ixti-

vouç, etx* aoTol SiotxivSuvEuaai xaO' loturouç. Oî o' àvcÇw.cav

OEOjxEVOi (x:^ 7rEpi|X£V£tv, dXX^ ttaXXov ^TTi»); Tayicra auvio37iv eiç

ysîpaç Toî; TroXEtxiOK; TE/và^^saOai xai cTpaTr,YEÎv. TTotO'jaEvo) Zi

xaôapjjLOV aùxw t^îç ouvctaEw; xai ôucavTi to TrpwTOv Upeîov,

coOu; 5 (xavTK; E^pa^e xpitov "fjtxEpwv ixa/ir) xpiOr'cEcOai Trpo;

Toùç ttoXeijl^ouç. 'Epou.£vou 5e tou Kaicapoç ei xai 7rÊp\ tou te-

XOUÇ EVOpa Tl TOÏÇ ÎEpElOK; EUTTjUOV, a AOtOÇ ttV, EVr, , CU TOUTO

SAtiov (XTroxpCvaio ffauxw. Mey^XtiV y^P o^- ^^'^^ a£Ta€oXr,v xa\

|X£Ta7rTO)(7iv £7ri TOC IvavTia tcov xaOEorojTOJV or,Xo~C7iv •


waT*, £i

supérieure aussi en nombre , était de quarante-cinq mille hommes


et celle des ennemis ne montait qu'à vingt-deux mille.
XLIII. Mais César, ayant assemblé ses soldats, leur dit que Corni-
ficius ,
qui n'était pas éloigné, lui amenait deux légions ; que Calénus
avait autour de Mégare et d'Athènes quinze autres cohortes ; et il leur
demanda s'ils voulaient attendre ces renforts, ou hasarder seuls la
bataille. Ils le conjurèrent tous de ne pas attendre, mais plutôt d'ima-
giner quelque stratagème pour attirer tout de suite l'ennemi au com-
bat. Il fît un sacrifice pour purifier son armée, et, après l'immolation
de la première victime , le devin lui annonça que dans trois jours il

en viendrait aux mains avec les ennemis. César lui demanda s'il voyait
dans les entrailles quelques signes d'un succès favorable : « Vous
•» répondrez à cette question mieux que moi , lui dit le devin. Les
« dieux me font voir un grand changement , une révolution générale
•I de l'état actuel des choses à une situation toute contraire : si donc
,
, , ,

VIE DE CESAR. 157


àAÀà TtTpO(.XliJfl\jpiOl mais quaranle-mille
el cinq-mille
vapeTazro'JTO ce rangeaicnt-en-bataille
Si9/jLvp(oii xxl ii^xi^ioii. contre vin^l-niille ot deu\-mille.
XLllI. 'O Si Kataa/s XLIII. Mais César
TUvayaywv toùj 'JTpxri'Jtru.; , nynnl rassetnhlé ses soldais ;

xai Ttpoimùv ùi /xiv ROjOjJt'vioî el leur ayant dit que Cornilicins


ayuv auTÛ Jûo riyftxra. amenant à lui deux légions
iffrlv èyyyç, est proche
ircvT«xa^ô«xa Je âl^Lai amïpxt et ijue quinze autres cohortes
xâôïjvrat ^erà Kai>{you se tiennent avec Calénus
iw/sl Miya^a xal AO>fvaç, autour de Mégarc et d'Athènes ,

rjpdjTYjatv t'rt ^oûiovrat leur demanda s'ils veulent


nipifjiivstv ixeivoviy attendre ceux-là
('tc JtaxtvJuvsOaai ou s'ils veillent se hasarder
auTol xaTà iauTOÛ^. seuls par eux-mêmes.
01 Ji àveêd)79av Et ceux-ci s'écrièrent
ScQfitvot /xri Ttepi/Jiivtiv, le priant de ne-pas attendre,
xXlà, fJLÔiXyov TfxvaÇîîOai mais plutôt de ruser
xal arpctTYiytXv ÎTtwç râ^tïTa el de travailler pour qu'au plus liM

oMvluaiJ eli ^eXpui ils en-vienncnt aux mains


ToTç noie/xtotç. avec les ennemis.
Aùrû ûs TTOtou^y&i xa.6apfxo-j Or à lui faisant une lustration
rfjç Svvci.fjLeùiç xal Oûaavrt de l'armée el ayant sacrifié
rà npôiTOv IspeloVf la première victime
(Ù6ù$ ô uscvTts t^paÇc aussitôt le devin dit
y.piQi/iJtiQxt fJixx^ devoir èlre décidé par un combat
contre les ennemis
T/O'.ûjv Yi/xepûv. dans trois jours.

ToO J« K.ai(Ta/30î ipofxho\> Mais César demandant


cl xat èyO|oâ TOt» Upsioii si aussi il voit dans les victimes

tI «vffTj^ov quelque chose de-bon-augure


sur l'issue
Toi-même , dit-il,
&y ànox^^vato toOto répondrais cela
îéJlTtov (jauTû. mieux à toi-même.
1 yàp d<oî ôyj^oOai Car les dieux indiquent
^Z'/iXifiv fitra^oXiiv un grand changement
xal /i£7iTtT«7iy et une révolution
r<lty xadiVTÛTMv des choses éiabliec
i;,8 kAIïapoz bioz.

|ùv «3 irpaxTEiv >^'fr, ciauih^ l-nX tÔ) irap^^VTi, r>,v •/.t(pova Tcpoc-

5<ixa Tu/TiV et Se xaKÛiç, x^,v ofxtfvova. » Ty; iè rpô ttîç fAr/rc

vuxxl riç (puXaxàtç i^o^e-jovTOç aii-ro\î, 7rep\ tÎ> ptccrovuxTiov ua^^rr

XafxTT^ç oùpaviou irup?);, -îlv CTrepEvevOeîcav •:o Kaicapo; (repaie^

tteSov, XaixTrpiv xa\ cj^Xo^wor) Ytvo;x£vy,v, l3oçii» eî; rô n-îy.Tnr.tTj

xaTa7r£(7EÎv. 'EojOivtîç 51 çuXaxrjç xa\ Travixov xapr/ov -/JîOovro

YiYVOjxEvov Trapàc tcÎç ttoXejxioiç. Ou {x/jv (xot/sïoOai vt x3tT ixii-

6$£jojv (Îve-
^ vy,v TrpocEOOXot r^v •^txEpav, àXX' wç Irl Sxotoucct.ç*
^EuyvuEV.

XLIV. 'Ette^ ZÏ, twv crxTfVtov tJ^t) xaTaX«XuuL£vo>v, oX TXcWt


•jTpoff^TTTTEucav auTw Tobç 7roXe{x(ouç l:r\ ixayr, xaTaÇaivEiv àraY"

Ye'XXovteç, iTEpi^ap:?;? y^vcJixevoç xa\ 7rpoc£'j;au.£vo<; toTç Oeoïç,

irapsTarre t-^jv (çaXaYY'^j "^^ Ta^iv Tpi7rX9iv ttoiôjv. Ka\ toTç oev

aldOlÇ £7T£(7Tr,(7£ KaXSîvOV AojXlTlOV*, TWV 0£ XEporiUV TO ;x£V

eT/ev "AvTWVioç, aÙTOç oè xb OE^ibv, Iv tw OExarw ravuiotTi uiX-

vous croyez être bien maintenant , attendez-vous à un état fâcheux ;

« si vous êtes mal , espérez un meilleur sort. » La veille de la bataille,

il visitait lui-même les gardes, lorsque, vers minuit, on aperçut en


l'air une traînée de feu qui ,
passant par-dessus le camp de César, se
changea tout à coup en une flamme vive et éclatante , et alla tomber
dans le camp de Pompée. Quand on posa les gardes du malin , on
reconnut qu'une sorte de terreur panique s'était répandue parmi les

ennemis; mais César, qui ne s'attendait pas à combattre ce jour-là,


avait donné le signal de décamper, pour se retirer vers la ville de
Scotuse.
XLIV. Déjà les tentes étaient levées , lorsque ses coureurs vinrent
lui dire que les ennemis se disposaient au combat. Cette nouvelle le

comble de joie , et , après avoir fait sa prière aux dieux , il range ses
troupes en bataille , et les divise en trois corps. Il donne à Domitius
Calvinus le commandement du centre , met Antoine à la tête de l'aile
, , ,, , , , . , , ,

mi: dh cksar. 1A9

inl rà. ivavTta* en leurs coDtraircf :

(Û7TC , «î //èv r)y7i de sorle que si lu , pen8<»s

Mavrbv Tzpv.rrtv* eu t()i-m(^mo (^iro-homou\


èrrl Tw TrapdvTt pour le temps présent,
.illontls la fortune pire :

si tu penses tVrc'-malhouroux ,

Ty)v à;ueivo«a. » attends In foriune incineuro.


T>î 5è vuxtI TT/sà T^ç /*«X'^^ Mois In nuit avant le combat
Ininirmo porcourant les postes,

Iz^Ttxi wy/iàj oi>pxvio\> un ntélôorc de feu céloste


<Zfdy) nspl rà /*£»ovûxTtov fut vu vers le milicu-de-la-nuit,
lequel plannnt
TÔ azpx.TOTiiùO'J SMiactpoi, sur le camp de Césxr,
/tvofxivr^v }.a/xiipù.J xal fJ.O'/cùv/}, et devenu brillant et tlaniboyant
iJoÇî /«raTTîTîîv il sembla s'abaltre
sur celui de Pompée.
"l>uAaxïîç 5è ^wdtv^ç Et à la garde du malin
ils rcniarqiK reiil aussi

TflijMcxov 7Tav(xèy un tunmili; panique


ytyvàpLSvov Ttapi toÎ; tto^î/xioi;. se faisant chez les ennemis.
Oy juyjv ye npovsoixx Pourtant il ne s'allendait-cerlt's-pas
fjLxyîîiOxi devoir condjallrc
xar» «xf^vTjv Ti^v r,(j.ipuv dans ce jour-là,
xXXà. àvi^îû'/vujv mais il décampait
comme marchant vers Scotuse.
XLI\ . KttîI û£ , 7Û>-J i:-*.r^-yjy) XLIV. Mais lorsque , les lentes

?,ûri xaraAîi'JjUévwv , déjà étant dérailcs ,

ol (TxoTTOt -rrooT/TTTrruïxv les éclaircurs vinrcnt-à-cheval


àwayyéJiAovTfç aurai annonçant à lui

Toùç Tto/9/iiiou{ xaraCatvîtv les ennemis descendre


IttI /iâxjj pour le combat

•/fvd/jiivo; nepiyupr.i devenu tout-joyeux


xxl "KpO-JiyjX'i.p.VJO^ TOt^ O-o',- cl ayant prié les dieux,
•jtapéTXTTi Ti^v r^iXxyyx, il rangea-cn-bataille ses Iroapes,
TTOtdiv T^iv râÇtv rpiTci/jv. faisant rordre-dc-bulaille triple
Kal irti7Tïjï£ /Acw toÎ^ /*470c,' Va il prép«>8a à ceux du-inilieu
K.aÀ6cvov AoaiTtov Calvinus Domilius
VvTwvtOî 5è eix* et Antoine avait
ro u^.» Twv KipxvjiJ l'une des ailes ,

iùrèç je t6 5iÇtèv et lul-ménie aiail la drolle,


,

H)0 KAIÏAI'ul iîIOZ.

Xwv {xdtyeaOai. Kaxà touto 0£ toÙç tojv 7roA£]x(oi>v IrTcâç àvT%-

TOTTopi^vouç ipwv xa\ oeûoixwç t:>)v Xa{i7rp<^Tr,Ta xat to ttÀt.Ock

aCiTÔiv, drcô ttiç è<r/otT7]ç toi^eojç àSr^wq Ix^uae TrepttXOeTv irpo;

lauTOV £^ ffTreipaç, xai xaTOTTiv (arr,Gi xoÛ Seçioti, oica;»; ^

yp"?) TTOiEÎv, â»Tav oî Twv TcoXttxfojv ÎTTTreîç 7rpoaç^p(ovTai. ïlofi-

/rY)ïoç Se to (jl^v auTÎx; eTye twv xepaxojv, tû o' e-joîv'jaov Aoy.i-

cioç, Toîî Se y.éGO\j SxiTTiojv v]p/£v 6 TrevOepoç. Oi c' iTrjziiq

fiTcavTEç Itti.xo àpiaxepov EÔpicav, wç xo &£;iov xuxXoiaoïxEvoi

Twv TcoXEfxiwv xal XajXTrpàv Trapt aùxov xbv -^jYEjxova 7:oiT,(7oa£voi

TpoTnnv, OùSèv Y^p àvO£;£iv ^aGoç 67rXixtxy;<; oaXayYOç , dXXi

cuvxpi'jyeaôai xai xaxap^açEcOai uàvxa xoîç Ivavxîoïc;, e7ri€o/.rîç

éf[xa xoffouxwv tTCTTEwv ^Byo[Li'^T^ci. 'EtteI ôà crr,{xaîv£iv tuiEXy.ov

àjxcpoxepoi x^^jv IcpoSov , IIofXTrrjïo; (jtiv IxéXEuas xou; ÔTrXixaç

laxwxaç Iv TrpoSoXîj xa\ (Asvovxaç dpapdxwç CE/EcOai xr.v etti-

gauche, et se place lui-même à la droite, afin de combattre avec la

dixième légion. La cavalerie des ennemis était opposée à cette aile

droite 3 et César, qui craignit leur nombre et l'éclat de leurs armes,


tira secrètement de sa dernière ligne six cohortes, qu'il plaça derrière

son aile droite , après leur avoir prescrit ce qu'elles devaient faire
|uand la cavalerie ennemie viendrait à la charge. Pompée était à son
iile droite ; Domitius commandait la gauche , et Scipion , son beau-
père, occupait le centre. Toute sa cavalerie s'était portée à l'aile

gauche , dans le dessein d'envelopper la droite des ennemis , et de


commencer leur entière déroute à l'endroit même où se trouvait le

général ; elle ne doutait pas que le bataillon le plus profond de cette


aile ne cédât à ses efforts; que le premier choc d'une cavalerie si

nombreuse ne la mît en désordre et ne la rompît entièrement. Les


deux généraux allaient faire sonner la charge , lorsque Pompée or-
donna à son infanterie de rester immobile et bien serrée ,
pour
, , , ,

VI K Di: CESAR. 16J


(levant comballre
èv Tw Oî/ârw T«y/itstT(. dans la divièmc légion.
'O/oûv 5i Mais voyant
les cavaliers des ennemis
àvTiTaTTOjaf,;ouç xarà toOto rangés-cn-face de celle aile
Xal SiSotAùii TïJV ia/ATT/SOT/jrX et craignant l'éclat

xal TO Tti-^Ooç aÙTùv, et le nombre d'eux ,

èxéisuTsv cÇ vTzsipcti il ordonna six cohorles


nspielOiX-j ào>î)w; Trpà? ^«urèv venir secrrlcmeril vers lui

de la dernière ligne ,

xai éjT/;»î xaTOTCtv tou OîÇioi, al tes plaça derrière l'aiVe droite,
tes ayant instruits
â x/S'O TTOtsTy des choses qu'il f.uit faire ,

lorsque les cavaliers des ennemis


se porteront-contre eux.
no/iTr»5Vo5 04 sT^sv «Ùtôî Mais Pompée avait lui-même
TO /ièv Tcôv xî/sârwv, l'une des ailes,
^QfllTlOÇ ûi TO Ù'JiVMflO-i , et Domilius avait la gauclio ,

SxtTrfwv oi ô its-jOspbç et Scipion beau-père de Pompée


^/3;rJ TOO /i£70VJ. commanilail le centre.

Ot 5j ÎTTTTîïî eS^iffav a:ravT£î Mais les cavaliers pesèrent tous


«7rl Ta ùpi7T£pb-j , sur la gauche
&)$ XU/A(<J70',UÎV0t comme devant envelopper
TÔ ^sÇtÔV TWV TTOit^UtCOV la droite des ennemis
xal 7toiï;7o'aîvot ia^uTpàv t^ottv^v et devant faireune éclatante dérouff
irjpl TÔv YiysfjLÔvx auTOv. autour du général lui-même.
OùSsv -/àp ^iOoç Car aucune profondeur
fxXxy/Oi Ô7lilTt/^î de la troupe des-hoplitcs
àvOîÇîtv ne devoir résister,
àviià TrâvTX toî^ Èvavri'o!; mais toutes les forces aux onneniis
ffuvT/5t'f£7Gxi xal xaTstôpxÇssOae, devoir être écrasées et rompues,
t7ri6o/-^î T070ÛTWV tTTTTSWV une attaque de tant de cavaliers
7îvo/*cvr;5 â^a» ayant eu lieu à-la-fois.
'EttîI 5« à^uyoTepoi tixtWo-J Mais lorsque les deux chefs allaieiu
cy]fioiiviiv Tr,v tfoSov ,
donner-le- signal de l'attaque
lIo/jiTr>5Voi /ièv ixOey« Pompée ordonna
TOÙi ÔTtitTaç les hoplites
iffTWTaî Iv "npoto).?) se tenant en défense
X9.1 /ifyovTaî àpxp6r(>>i et restant en-ordre
recevoir le choc
Vie de CrSAR. 11
1G2 KAIIAPOÏ BI02.

6pojji-),v Ttov TToXeix^OJV, jXÊypi; 2tv Cffaou ^o)vr,ç ivTo; y^'^**^»*

Kaïorap Bï xal 7r£p\ touto SiaaapTeîv çr^civ aoTOv , d*j^o^«»vT«

T-^iv (AETa Spoaou xct) cpopïç £v ^p/vj Y^^^I-'^v^iV ffup^5t;tv, wç £v

TE xaT; TrXrjyaic; pîav 7rpo<7TiOy,7i xai cuvexxaui t&v Oujjuov , ix

7ravT0)V ivap^iriî^dfxevov. Autoç 51 xiveÎv t^jV ^aXa^y* fiAXwv,


xat Trpoiwv Itc' epyov v^or, , Trpwxov 6pa tojv Ta;iapyâ»v avopa

Tiva TTKjTov auTO) xa\ ttoXejxwv EfXTTEipov lrtOap<rjvovTa tooç Cr^'

auTw xal TrpoxaXouaevov ctç dtjxuvav iXxY-ç. Toûtw ^votta^rl

TrpoaayopEuaaç* « Ti êXttiÎ^ojxcV , eiTrev, w Faïe KpacsCvu, xa'i

TTtoç Ti Oapffou; e/oixcv; » '0 oè Kpa(7c(vio< , IxTCtvxç tÎ;v îsîiènr

xai (jLEya Sov^caç* « Nixv^aojxEV , ^cpr, , XatATcptoç, w Kaîcap* epii

yàp ^ ^(ovxa Tr'uLôpov ri T£Ovy,xoTa Iraivs^Eiç. » ïaût' eIt^wv


TTpwTOÇ l(xÇaXX£t TOÎÇ XoX£ti.(oiÇ SpOULO^ , CUVETnCTTacdt'JtEVO^ Tol/Ç

7r£p\ lauTov Ixarov xai Eixoat c-rpaTiw-raç. Aiaxo'vJ/a; Se tooç

attendre le choc de l'ennemi et ne s'ébranler que lorsqu'il serait à

la portée du trait. César dit qu'en cela il lit une grande faute; qu'il

i^orait sans doute qu'au commencement de l'action l'impétuosité de


la course rend le choc bien plus terrible ,
qu'elle donne plus de rai-

deur aux coups, et qu'elle enflamme le courage, qui est comme


allumé par le mouvement d'une si grande multitude. César ébranlait
déjà ses bataillons pour aller à la charge, lorsqu'il vil un de ses

premiers capitaines , homme d'une grande expérience dans la guerre

et d'une fidélité à toute épreuve, qui animait ses soldats à comballre


en gens de cœur. César lui adressant la parole : « Eh bien, Crassi

« nius , lui dit-il ,


que devons-nous espérer aujourd'hui ? Avons-nous
a bon courage ? » Crassinius lui tendant la main : « rÇous vaincrons

a avec gloire, César, lui dit-il d'une voix forte; et aujourd'hui vous
« me louerez mort ou vif. » En disant ces mots , il s'élance avec im-

pétuosité sur l'ennemi, et entraîne après lui sa compagnie, au nombre


de cent vingt hommes. Il taille en pièces les premiers qu'il trouve sur
, , , .

VIK DE CESAR. 103


T&v rtoï'.[iiwi t des ennemis,
fii/pii «V yijiAiJrca. jusqu'à ce qu'ils fussent
ivrbi ^oXiii ù»7oO, en dedans de la portée du Irait.
Kaltrao Se fr,9u aùràv Mais César dil lui [Pvmpée)
Jea/tizpTîîv xal irepl roOro , avoir failli en cela ,

*yvo»jaf«vTa t;^v TÎtppu^vJ ayant ignoré le choc


ttvofiivrtv iv sipx^ qui a-lieu dans le commencement
yîTÙ cp6fj.ov xai fopSii, avec coursiî el élan
6IÇ irpo7riOr,7i tc ^tav combien il ajoute de force
iv TaTî TtA/j'/aTi dans les Coups
xal ffuvîxxatet rbv Ov/xàv et onllamiiie le courage,
àva|5|JtKtÇd,usvov ix TtâvT'-'Jv. qu s'allume par /emof«'em^nf de tous
AùtÔî Sk //iJlAùJv Mais lui-n'iiîine élant-sur-l<'-point
X(y(7v T^v jîaAxy/a, de mollre-en-ni(»u\cmor)i sa Irnupo,
xal npolwv :Ço>j ini ip^^o-j, cl s'avançanl déjà à l'œuvre

bpÛ TTpSJTOV il voit le premier


Tûv TxlixpySJv des chefs-de-cohorles
Ttvà &'jcpx TrtffTiv «ùrû un homme fidèle à lui
xal ifjLUsipo-j TToii/Jiwv cl ayanl-l* -expérience des guerre
iîrtOapTÛvovTa roJi ûrro xûràJ qui animait ci'u\ sous lui
xal itpOÂxXo'juvjQv et qui les excitait

tlç âfiM'iXJ àX/.7,i. au soutien de leur courage.


U.p09XyOpî\J7Xi ro'jTO-j Ayant apostrophé celui-ci
'
ivo/xxsri par-son-nom :

« Tt ?X:Ti^o,a£v, eiTT-v ,
« Quoi espérons-nous, dit-il,

w râVc K^a7ff''viî, 6 Caius Crassinius,


xal vcSii Tt ixofjisv et comment sommes-nous
Q'Xpiovi; » du côté du courage ? »

O Jf K^xïfft'vtoç, El Crassinius
éxT£lVX$ Tl^V ÛsXlX'J ayant étendu la main droite
xal ^OTiixi fJiiyx' et ayant crié forl :

* Nix/jTO/xr.», £jj/j, XyixTtpHi, « Nous \aincrons, dit-il, brillammenl,


ùt Kalffsp* T>5uîcoy yip à César : car aujourd'hui
l'saiviffîi^ èai tu loueras moi
^ ÇûvTa Ti0y»jxÔT-<. »
1?/ ou vivant ou mort.
Etnùv TawT« t/Aocciist tt^ûto; Ayant dil ces mots il fond le premiav
SpÔuCi TOÎ5 TtolîUtO'.;, à la course sur h.'s enneiuis,
ayant entrai ué-avcc lui
ixarèv /ai (1X071 ffTpaTicltaç ccot et vingt soldats
Toùç TTjpl iawrdy. ceux autour de lui.
1G4 KAiiAPos moi.

TTTexai çr^îi 7:)vr,Y£t!; oià tou TTOjxato;, w7tc xai zry «/.jx/jv*

uTrâp tÔ îviov otva^^EÎv.

XLV. OuTOJ 8Î Twv TCE^wv xatà tÔ (xï'tov au^po^^ÉvTwv xot\

jLa/otxEVOJV (XTro tou XEpaxoç , ol no{^.7rr,iou Îtctteiç co^apôiç Irr'-


Aauvov, eîç xux)v(o<7iv Totî Se^ioj Ta; siXaç àvayecaevoi* xa\ Trp'tv

Tj rpo^CaXâv auxojç, EXTps/ouciv at CTTEtpai Trapà Kaîcapo;,


oùy , ojçTCEp EiwOsaav , dxovTi<7u.aGri "/pojtxEvoi xoî; uccoî;, o-jOE

fXTjpoùç TraiovTEç Ix X_£ipO(; rj xvr^aaç twv ttoXeuiojv, àÀX^ tôÎv


O'j/Ewv £'«fti£'f7.EVoi xai xà 7rpo!7o>7ra GUVxixpwGxovxcç, ut:o Kai'cotpo;
SeSiSaY^-Evoi xouxo ttoieîv, eXtti^ovxoç àv$pa; o-j TTO/.Xà 7:o/.£'|jLot;

oùSè xpau|jt,a<7iv wtxiXr/.o'xaç , veouç oè xat xo'xwvxa^ Iri xà/ÀEi


xai wpa (xocXiaxa , xi; xoiauxaç ttXtjY^ç OTro-liEcrOai xai jx9) fXE-

vEÎVjXov Iv xw Ttapdvxi xivouvov atxa xai xr,v auOiç ai7/uvT,v


ôsSoixoxac;. ^0 Sv) xai cuvÉôaivEV où yàp r,v£i]^ovxo xwv G(7C7wv

àvaçp£po{X£voJV , oùô' lxoX;/.ojv ev 6'^0aX|xoï<; xôv cîo-/;pov opôîvTEç,

son passage ,
pénètre au milieu des plus épais bataillons , et s'entoure
de morts ,
jusqu'à ce qu'cnOn il reçoit dans la bouche un coup d'épée
si violent que la pointe sortit par la nuque.
XLV. Quand deux armées fut ainsi engagée dans
l'infanterie des
une mêlée trcs-vive de l'aile gauche de Pompée s'avança
, la cavalerie
avec fierté, et étendit ses escadrons pour envelopper l'aile droite de
César j mais elle n'avait pas encore eu le temps de la charger, lorsque
les six cohortes que César avait placées derrière son aile courent sur

ces cavaliers et au lieu de lancer de loin leurs javelots suivant leur


; ,

coutume, et de frapper à coups d'épée les jambes et les cuisses des


ennemis elles portent leurs coups dans les yeux et cherchent à les
,

blesser au visage; c'était l'ordre qu'elles avaient reçu de César, qui


s'était bien douté que ces cavaliers si novices dans les combats et,

peu accoutumés aux blessures qui d'ailleurs à la fleur de l'âge,


,
,

étalaient avec complaisance leur jeunesse et leur beauté, éviteraient


avec soin ces sortes de blessures et ne soutiendraient pas longtemps
,

un genre de combat où ils auraient à craindre et le danger actuel et


la difformité pour l'avenir. Il ne fut pas trompé dans son espérance -•

ces jeunes gens délicats ne purent supporter les coups de javehne


qu'on leur portait au visage , et, n'osant fixer ce fer qui brillait de si
I

I
, , , , , , ,

VI K DK CESAR. 165
Et ayant rompu ]os prcmînrs e;mcm7«
et marchant en avant
avec beaucoup de carnage
et faisant -iles-eirorls, il est aballu

TtJl>7yîU Çtfît 0'« ToO (TTo/AXTOi, fiappc (le l'épée à la bouche,


w<TT« xal T^v àx/iîTiv (le sorte même la pointe
àvîtT^^îTv ÙTrèp tô tvt'ov. être ressoiiieau-dfssus de la nuque.
XLV. Tûv ôî TTîÇwv XLV. Or les fantassins

ffuppa'/ivTwv ouTw /arà tô uîtov s'étanl entrechoques ainsi au centre


xal fx-xy^oiii-i'^yi à:ro toû xéoy.TOî, et cnmballant loin de l'aile,

les cavaliers de l*on)péo


s'avancèrent fièrement,
répandant leui"S escadrons
efç xûx>w(7tv ToO 5i;{oy* pour l'investissement derai/e droite
et avant que eux avoir chargé,
al (jTtiXpxt napà. Kctiaxpoi les cohortes devers César
ixrpi'/^O'jitv acctjurent
où ^po')HE'Joi roTi V770ti ne se servant pas de leurs traits

àxovTtT/zaîtv, comme de javelots


SiiTztp eîoiOiuav, selon qu'ils avaient-coutume,
oùôè TratovTï; ix x^'P®* ni ne frappant de la main
//>;_coji 1^ xvyfuaç twv tzo/.su.(o)v , lescuissesoulesjambesdcsenneni's
àXXù ifié/Jisvot Tcôv o'^Ewv mais visant aux yeux fi
xstt TUvTirpwffxovTîs rà TTf c-TWTra, et blessant les visages

OiO ic oc.-/ fiîvoi noitiv Tojro instruits à faire cela


Ùttô Kscijx^coj, èAtti'Çovtoj par César, qui espérait
ûvSpui des hommes
q'j tzoXXù ôint\r,/.6Ty.^ n'ayant-pas-beaucoup-l'habilude
ito/é/jiot^ o'joï 'zpxiiix'xziy des guerres ni des blessures ,

vioUi Zï AXX lJ.iXl7TX XOpLÔÎVTXi mais jeunes et surtout Qcrs


inl xaA/ît xal ojpx, de leur beauté et de leur jeunesse
vTiàpezOxi Txi Toiaûra; nlrr/yç devoir redouter de tels coups
xal fx-i] fieviXv , el ne-pas rester-fermes
SiSoixÔTXi czua craignant à-la-fois
TÔ» XIVÛUVOV £V TÔ) TTÎtpcivTt le danger dans le moment présent
xal nôv aîffxûvïjv xZdii. et la honte ensuite.
*0 orj xal ffuviSxivîv* Ce qui certes aussi arrivait :

ou yxp ryd-^rro car ils ne supportaient pas


TâSv wffTÛ» xvxftpo/jAvbiv les traits dirigés-en-baut,
Q'Jàk èroi/i'jjv bpôivTii ni /l'osaient voyant
,

166 KAIIAPOÏ KIOI.

iXk' dtirtarpéipovTO xa\ TuvtxaXuTTTOvTO , ^peio-^jx^voi twv itpoa-

toTTWv. Kai TsXoç ouTio xapà^avTeç £auToù<, ixparovTO çeuyttv,

aïOy^KTTa XuiJirjVajXEVOi xo cuixTrav. KoOl»; vip ot (xiv veviy.r,xdxeç

Touxouç £XuxXouvxo Touç TTE^oùç , xai xaxi VOJXOU irpo^TTiTTcorrcç

^xOTTxov. lïojXTrrjïoç o' wç xaxÊÎOEv àtro Oaxepou xouç Îtttieï^ ^'t^i

ffxeSaffOevTaç , oùxet' r)v ô aOxoç, ouS' lijiEavrjo nojA7rr,ïoç wv

McxYvoç , dXX' UTTO Oêou (xaÀidxa pXaTTXOjxevw Tr,v Yvojar,v èoixùç

i^ Sià ôe(aç oxxtjÇ T£0a|x6r,a£VO(; , a^OoYYOç w/-'' ^^'wv Iti

(rxvjVT^v xa\ xaOeCoix'voç IxapaooxEi to ijleXXov, a/pi; oO, xpoirT^ç

aTràvrcov y^^ot*-^^''!?? cTréSaivov oî roXepLioi xcti yapotxof; xai

5i£(/.aj(^ovxo Tcpoç xoùç çpuXàxxovxaç. ïoxe o', w7Z£p evvouç ye-

v(^{jL£voç xa\ xauTYjV {/.ovr,v , wç 'ipaci, çwvTjV à^£iç •


a OOxoùv xat

près à leurs yeux , ils détournaieni la vue et se couvraient la tête pour

préserver leur figure. Ils rompirent enfin eux-mêmes leurs rangs , et

prenant honteusement la fuite , ils causèrent la perte du reste de l'ar-

mée; car les soldats de César, après les avoir vaincus , enveloppèrent

l'infanterie, et, la prenant par derrière, ils la taillèrent en pièces.

Pompée n'eut pas plutôt vu, de son aile droite, la déroute de sa

cavalerie ,
qu'il ne fut plus le même : oubliant qu'il était le grand

Pompée, et semblable à un homme dont un dieu aurait troublé la

raison, ou peut-être accablé d'une défaite qu'il regardait comme


l'ouvrage de quelque divinité, il se retira dans sa tente sans dire un
seul mot, et s'y assit pour attendre l'issue du combat. Son armée

ayant été entièrement rompue et mise en fuite, les ennemis vinrent

attaquer les retranchements et combattre contre ceux qui les défen-

daient. Alors , revenu à lui-même , il s'écria : t £h quoi ! jusque dans


, , , , , ,

VIE DE CESAR. 167


ràv 9ioy;pov èv IfO-ylixoTif le fer devant leurs yeux,
àXXx ànsarfA-fio-Jzo mais ils se dcluurnaieat
Xal ffUVfXaiOTTTOVTO, et se voilaient
^îl50j(/.CV0t TÛV TtpOt'Jnt'jiV. ménageanl leurs visages.
ïiul ri)oi Kl c/ilin

Tupi^xvrxi iauTOÙç oOtw^, «'étant troubles eux-mt^ine» ainsi


-•TcyTTOvTO ^e'jyîiv ils se tournèrent puur fuir,
X\)/Jir,yaLfiî-jot ut^xi^TX ajaut perdu très honieuseiiieul
TÔ ffÛ/*7r«V. l'année entière.
(lar aussitôt

ot /xiy vsycxyjxd'rt; tojT^uj ceux qui avaient vaincu ceux-ci


ixuxJloOvTO rOÙ$ TCf^OÙf, enveloppaient les fantassins
Xal TTjOOffTttTlTOVTîî Xatà VÛJTOU et loiuljaiil-sur eux par derrière,
éxOTTOV. les tailluient-en-pièces.

no/x7c>5Voî j< &)ç xafTîî5îv Mais Pompée dés qu'il vit

de l'autre aile les cavaliers


dispersés par la fuite
oùxsTt rfj b alirbi , n'éiait-plus le même
ni ue se souvenait
2ty IIo/x7cr)Vo$ Mâ'/vo;, étant Pompée le Grand ,

àiià èoixùç fiiXi77X mais ressemblant surtout


^iaTTTO/xivw t;^v yv/i/z/jv à quelqu'un blessé dans sa raison
ûiTO OioO par un dieu
1^ rtOx[j.èrift.éjoi ou frappé-dc-slnpcur
Six OTTTji ddxç, par une voix divine,
il 8C retira sans-dire-un mot

àniùv iTTi ff/yjvyjv s'en-allant dans sa tente :

xal xxOf^daîvoî et s'asseyant


ixapxôdxït TÔ uî/zov il attendait ce qui allait-arriver,

âx/5«5 ou jusqu'à ce que


"zpoTzfti âaâvTMv 'jitOfLi*.',;,, la déroute de tous ayant eu-lieu ,

o\ noÀiftioi les ennemis


iniSatvov toO yip'/xoi envahirent le retranchement
xal cicfixyo/ro et combattirent

"rtpài TOÙJ yU/â770VT3tî. contre ceux qui le gardaient.


TÔT! Si, Stzutp ycvôfjivjoi evvsjî, Et alors, comme devenu sensé ,

xal iyslç, et ayant laissé-échapper,


&i fx9(, comme on dit,
TavT>jv fi6v*iy0 ^Mv^* cette seule parole :

«Oùxoi>vxaliirlt^yirapc/ui6o)yjv'.'* « 'V)nc même dans mon camp ? '


108 KAIÏAPOI BIOÎ,

itri tV 7rap£|/.Co).v^vj » «Treouffaxo |/iv Tr,v hoLyot^tim xa\ ç?pa

r/'jYixr,v l707;Ta, (^eu'fov^i cï TrpETrouaav jxc-aAaÇojv Oreçr/Oiv.

*AXX' oÎto; (i.Êv oiaiç CoTEpov ypY.TaaEvo!; Tu/aiç cJttojç te rocpa-

Soùç iauTOv Toï; AiYUTrrioiç àvopaTiv àvr,p£07j , cr/,o\îa£v iv toîç

TTC pi IXEIVOU YP'^H'!-'-*'^'^'

XLVI. '0 ùï Kaîcap wç £v tw yapaxi toj ncix7r/;io*j y^''^"^*''-^

TO'jç te x£i(X£vouç VExpobç v^OY) Twv TTOÀsaioiv tlo£, xai TOUÇ ftl

xTcivo(i,£voi>; , eiTTcv apa CTEvàçaç* « Tout' £6ouX/^0r,cav •


[eiç

TotÎTO p.e otvocYxrjÇ UTrrjyaYOVTo , tva] Faïo!; Kaîcrap, 6 {xeyi'T^'^'-'?

TToXsp-ouç xaTOpOoxraç, £Î 7rpor,xa(X'/;v t^ CTpaTcuaaTa, xîv


xaT£SixaaOriv * • w TauTa <^r^çl UoWa'wv 'Aaivioç Ta p/^ixaTa poj-

(xaiWi (xèv àva^O£Y;a<:Oai Tov Kaicotpa Tcapà tov tot£ xaipov,

IXXyivio-ti o' utt' aÙTOu y*Y?*?^*^- '^'^'^ ^' aTToOavovTojv to'jç

TrXetaTOUç oîxsTaç yf^iaOot.ij TCEpl tv;v xaTaXr/l'iv toj yapaxo;


dvaipEÔc'vTa;- cTpaxiiuTaç os iat, ttXeiouç £;axicyiXiojv ttcTeTv.

« mon camp ! » Il quitta sa coite d'armes avec toutes les autres mar-
ques de sa dignité, et, prenant un habillement plus propre à la

fuite, il se déroba du camp. La suite de ses aventures et son assas-


sinat par les Égyptiens, auxquels il s'était livré, sont rapportés en

détail dans sa Vie.


XLVI. César, entrant dans le camp de Pompée, vit ce grand
nombre d'ennemis dont la terre était couverte et ceux qu'on massa-
crait encore; ce spectacle lui arracha un profond soupir : « Hélas!
a dit-il, ils l'ont voulu; [ils m'ont réduit à cette cruelle nécessité :]

a oui , si Calus César eût licencié son armée , malgré tant de guerres
« terminées avec gloire, il aurait été condamné. » Asinius PoUion dit

que César prononça ces paroles en latin , et que loi les traduisit en
grec dans son histoire. Il ajoute que le plus grand nombre de ceui
qui furent tués à la prise du camp étaient des valets de l'armée , et

que dans la bataille il ne périt pas plus de six mille hommes. César
incorpora dans ses légions la plupart des prisonniers et fit grâce à
, , , , ,

VIE D1-: CKSAR. 109

«Trîô'jjaTO /ièv il se dépouilla


du v(îlcmenl de-guerre
cl de-général
et ayant pris-en-échango
un fialnlletnciu CDnvcnable
yîvyovrt à qu(>l(|u'un qui fuit
il soilil-à-Ia-dérobéc.
Mais nous montrons ilans les écrits
( TOtç) TTjpl «/Jl'vOU, conccrnanl lui
oTa«ç TÛ;^atç OUTOÇ de quelles vicissitudes celui-ci
ypr^jd/MS'joi \J7Tepov ayant usé plus tard
et coninienl i'élaut livré lui-môm<
TOÏç ày^pâfftv AiyuTCTtotî au\ lioninies d*-Kgypte
il fui assassiné.
XLVI. '0 ôi KaTîao XLVI. Mais César,
wç ysvà/xc'JOi dès que arrivé
dans le retranchement de Pompcv
eT5f TOxJi T« vcxpoùj Tûjv 7ro).£y.t'wv il vit et les morts des ennemis
^0^2 X£(/xiyou$, déjà gisants,
xxl Toùç £Tt xreivofjiijoMi cl ceux encore que l'on tuait,

dit certes ayant gémi :

*
• 'E6oui*56>îTay toOto Us ont voulu cela :

[ÛTtrviyovTo' /xs [ils ont amené moi


et» Toiro àvâyxv;? , îva] à cela de nécessité ,
que]
rdïoi fiuïaxp, b xxropOûvxi vioi Caïus César, qui avais réussi
/xeyicro'Ji Troiiaouj «lans les plus grandes guerres,
«î nportXiiJ.r,'j rù. srpy.TVJu.XTV. si j'eusse licencié mes troupes,
xxi &v xaTîJixâffO/îv. » j'eusse été condamné. »
lIo)),ifjv Afftvio'i y>;ïi /zèv Pollion Asinius dit
ràv Hxiaxpx àvayOsyÇa^Oai César avoir prononcé
raûra rà pi^fixTx paiuxXczi ces paroles-là en-romain
TZXpà. TOV XXipb-J TOTÎ, dans la circonstance (/'alors ,

yt/pAfOxi Si i\yr,)>i<jrl mais elles avoir été écrites en-grec


par lui (Pollion.)
Tûv 5è àuoOavôvTwv Cepondanl de ceux qui étaient morts
i7 dit la plupart avoir été
ycviffOat otxiraç, des serviteurs ,

àvzt^ofSévTa^ qui furent tués


itcpl rr,-j xxrxXr)^iv roû '/xpxf.o^' à la prise du retranchement s

ii'ais les soldats être toml»és


,

170 KAIÏAPOI moï.

Twv 51 Ço)VTO)v àXovTwv xaTe'txiÇE Tobç TiXeiOTOuç 6 Kaicxc ec;

xi Tayf^.aTa' ttoXXoîç oè xa\ twv ^n^avôiv dfociav ?oojxcv, wv >'jti

BpouTOç rjV 6 XTEivaç auTov Caiepov Icp' w XtyeTat (xr, ^atvojiivuj

fA£v àycjuvtaGai, cujOi'vxoç ô£ xal Trapay^"^^."'^"''^^ "p'-'î ît'^ô-/

/i(TOr,vai oia'^EpovTOJÇ.

XXVII. 21r,tx£iwv 0* 7roX)i!>v yevojxévojv Tt;ç vÎxt;ç 27T'.^otv^-

cxaTov t(77op£ÏTai xb TTtp'i Tpaz-Xeiç*. 'Ev yip Upoj Ntxr,ç ivcpiiç

£:ctttqx£i Kaiaapoç, xat xy TiEpi «ùxo /ojpi'ov ajTO xe cxEpeàv

cpu<T£i xal XiOfo c/.Xr,pio xax6<Txpoiu.£vov r,v dtvtoOîv £x xoûxou

XsYOUTiv àvax£ÏÀai ^oi'vtxa Tcapi x-/;v ^a^iv xoû àvopiavxo;. 'Ev

0£ Ilaxaêioj^ Faïo; KopvvîXiOç , àvr;p £uûoxi(xoç £3t\ oavxixr;,

Aiêiou xoîi cuyYpîx^-'wi; iroXixr,? xai Yvwpifxoç , ixuyyavEv ett*

oîojvoîç xaOr,u.£vo<; £X£Îv/;v xr,v r^(X£pav. Kai Trpûixov (xîvjOjç Ai-

êioç çrjai, XGv xaipôv eyvoi xr,ç {xa/r,; xai TTpoç xoo; TTxpôvxaç

EÎTTEV éixi xai 8)) x£paiv£xai xb /.pî;{Jt-a xa\ ci»v(affiv £Î; spyov oî

avôp£ç. AuOiç Bï TTpbç XYÎ Oia yêvoijievoç xal xà orjjjLEta xaxtûwv

plusieurs des plus distingués : de ce nombre fut Brutus , celui qui ie

tua depuis. César, ne le voyant pas paraître après la bataille, en té-

moigna beaucoup d'inquiétude ; et quand il le vit venir à lui sans avoir

éprouvé aucun accident, il montra la plus grande joie.

XLVII. Entre les divers présages qui précédèrent cette victoire, le

plus remarquable est celui qu'on en eut à Tralles. Il y avait dans le

temple de la Victoire une statue de César; du sol d'alentour, qui,

ferme par lui-même, était encore pavé d'une pierre très-dure, il

sortit un palmier près du piédestal de la statue. A Padoue, Caïus


Cornélius , devin célèbre , compatriote et ami de rhistorien Tite-Live,
était assis ce jour-là pour contempler le vol des oiseaux. 11 connut
l'instant de la bataille , et dit à ceux qui étaient présents que l'allaire

allait se terminer, et que les deux généraux engageaient le combat.

Il se remit à ses observations, et , après avoir examiné les signes ,


il
, , , , ,,

VIE Di: CESAR. 171

/Ai^ vUlovi i(ax(9;/(/(uy. non plus nombreux que six^rnille.

Twv Se à)dvTwv Çcjvtwv El de ceux (jui furent juis vivaiilG


ôKaï(japxaT£ji'.;cXOJ;nXciffT&u; César mêla la plupart
dans ses légions :

iSuxt ci XU.I aoscav et il accurda iu(!ine l'inipuoité

à plusieurs des di»linL;ués ,

desquels nidnic était Brutus


'
é XTC^va^ auTÔv tiiripov qui tua lui plus tard :

iiiï Zi u.r, •snuofj.h'ji a propos du(iuel itc [)araissaiit-pa9


ïi-ftTXi /xsv «-/ojvtâffat il est dit avoir eu-de-l'inquiétude
i)vB?,VOil oi OlX^tpOVTUÇ puis s'être réjoui excessivement
celui-ci ayant été 6au\é
xal Tcxpcf/ivoiihoM -Kpbi ccutÔ'j, et étant venu \crs lui.
XLVII. Iloi/div oè ar,txii(^j XLVII. Or des nombreux signet
Xf,i vixYii ysvOfJLtvu-j de celte victoire qui curent lieu
TÔ ït£/îJ T^x//«t5 celui de Tralles
îffTopjTTXt inifxvinuTO-J. est rappoilé le plus remarcpiable.
Ev yàp îîpû Ncx>;ç Car dans le tcmj)le île la Victoire
ùvSpiài lLxi<jy.pOi thtriUCi une statue de César était dressée
xal TÔ j(Câ)ptov (to) Trî|sl aÙTo et la place autour de ce lemptc
était et elle-même ferme de nature
xctl xxrtarpctifû-^ov avwOcv cl recouverte par-dessus

ifOw ffxin/sôi d'une pierre dure :

iéyovwi fOLVua. on dit un palmier


kvxrtVxi èx toutou avoir poussé de ce terrain
«apà Ti^v j3âiTiv toO àv^^iâvro,- près de la base de la statue.

'Ev Si UxTxoi'M râïoi Ro^v»5/toî, Or Padouc Caïus Cornélius,


à
«vTjp «ùoo'xt/40i cnl pixvrixi-f homme renommé pour l'arl-dc-devi-
KoUrr,ç xxl yj'Jipifioç compatriotc et intime ami [ner,
A{S''ou TOu îuy/^ajJiCoî de TUe-Li\c l'iiibloricn

iTÛ7;^5Cv£v è/£iv/;v rr,v fipiipxj se trouvait ce jour-là


xxO-^fj-svo^ lizi otwvoFî. assis pour contempler les oiseaux.

Kal TrpÛTOv /ièv, wj ^r,<ji AtSto;, Kt d'abord, comme dit Ti/e-Livc,

lyvw TÔ» xxtpbv Tf,i p^yr,^ il connut l'instant du C(jmbat


XXI il-Kt -npci ro'ji nv.po'jzxç cl dit à ceux qui étaicnt-présenls
Îti xxï ôy} Ta ipÂp-x TZipxij&rxi que certes l'allaire se termine
K ï ol xvcpsi i:iqut\cs homme» {César et Pompée]
Twvi'afftv sic toyov. en viennent à l'œuvre.
Av6iç ûà yr^ôp-ijoç Et de nouveau étant venu
xpo« Tf 6ix à l'observation
,

I7'i KAI2AP02 BIOS.

dvi^).aTO [xct' ^vOou(Tiaa(jLOÛ ^ooiv « Nix.S;, w Kaîcap. » ICx-

7rXaYÉvT0)v Se twv rapaTU/ovTwv , TrepitXwv t^ (TTt^pavov itt^

Tr,; xecpaXrîç, ivojuoTox; £^7) [x-)) Trpiv iTriOy^aETOai raXiv , ^ rr.^t

t9) T£/vri (xapTuprjTai to ^pyov. TaÛTa (xiv ouv 6 Ai'ôioç oSto*

YcveaOai xaTaêeSaiouTai.

XLVIII. Kaîaap oà, tÎo BeTTaXtov eOvcirrjV ArjOcpiav dva-

Oîiç vixTjTv^piov , eoûoxE no{X7:r,ïov à-l^aixEvo; os rî); 'Aai'a;,

Kviôiouç* TE 0£O7ro|X7rw TÔi cuvayavovri Tou? (xuOou; -/api^otavoç

rjXsuOt'pojaE , xai Ttaffi xoîç ty;v 'Aaïav xctxoixouci to TpiTov TOiv

cpopojv àvTJxEV. Eîç ô' 'AX£;avop£iav etti ITofXTrrjiw TcO'/r/xoTi

xaTa)(^0£iç, 0EOÔOTOV fi-iv àTre^Tpaçr, tI,v IIou.7niiw X£'^xXy;v

TTpoff^ÉpovTa, Ty)v û£ ccppaYÎûa OEçaaEvoç tou dvopoç xaT£oaxpu-

c£v •
0(701 0£ TWV lTaipo)V ttuTOu xa\ cvivT^Ôwv TrXavojjxEvoi xaTât

t9)v /^wpav £aXojX£ffav utto tou ^aaiXÉoiç, TravTaç £i»£pY£T-/;T£ xoti

se leva avec enthousiasme et s'écria : « Ta triomphes, César ! » Comme


il vil tous les assistants étonnés de cette prophétie, il déposa la cou-
ronne qu'il avait sur la tête, et jura qu'il ne la remettrait que lorsque
l'événement aurait justifié sa prédiction. Voilà, au rapport de Tite-

Live , comment la chose se passa.


XLVIII. César, après avoir rendu la liberté à toute la Thessalie

en considération de la victoire qu'il avait remportée , se mit à la

poursuite de Pompée. Arrivé en Asie , il accorda la même grâce aur"


Cnidiens en faveur de Théopompe, auteur d'un recueil de mytholo-
gie , et déchargea tous les habitants de l'Asie du tiers des impôts. Il

n'aborda à Alexandrie qu'après l'assassinat de Pompée ; et quand


Théodote lui présenta la tète de ce grand homme, il détourna lesi

yeux avec horreur; et en recevant son cachet, il ne put retenir seu


larmes. Il combla de présents tous les amis de Pompée, qui , s'étanJ

dispersés , après sa mort, dans la campagne, avaient été pris par lei

roi d'Egypte , et il se les attacha; il écrivit à ses amis de Rome que


• , ,

VIE DE CESAR. 173


xal xariocùv rie zfifxtXXf et ayani vu les présages,
il s'élança criant
avec enthousiasme :

« Nixâç , w K.at»at^. » « Tu vaincs , à César. »

Tûv 5è •ira^aTV»;(dyTwv Et ceux qui se truuvaicnt-là


ixTrAayivTWv , étant étonnés
TTÎjOtsAwV TOV ffTîyavOV ayant saisi la cuurunne
àirà T>;ç x«ya>yî{, de dessus sa této ,

il dit avec-serment
ne-pas la devoir renjeltrc de nouveau
ir^tv ^ TO «p-/ov avant que le fait

/xa^OTU^yÎTXt avoir rendu-témoignage


T/Joj xi] T«;(v>j. à cette divination.
O /iiv ojv A^6(o$ Or donc Ti/c-Live
xaraCeêxtoOrat raDra assure ces chosex
ycviaOat ourcj. avoir eu-lieu ainsi.
XLVIIU KaTffap 5è, XLVUI. Mais César
àvaOtts vtx>3T>5|5iov ayant oUert comme gage-de-vicloire
T1ÎV è).cvOiptav la liberté
au peuple des Thessaliens,

kSloiifs lIo^uTiyjl'ov poursuivait Pompée :

et ayant mis-le-pied en Asie, fi


et il allranchit les Cnidiens
se rendant-agréable à Théopompe
qui recueillit des fables ,

xal àvïjxj TÔ rpÏTOv tûjv fopu-j et il remit le tiers des tributs


Itill TOÎÇ à tous ceux
xaroixoOfft n^v 'Â9^av. qui habitaient l'Àsio.
Karaxfiiîf 5è «($ 'AA«$âyû|5£txv Puis ayant débarqué à Alexandrie
èîrt lIoa7Tr;fw tîOvïjxoti, après Pompée mort,
ÙTtsirpi<f/l /xi-j QioQOTO-j il se détourna tle Théodote
npovfipovTX qui lui présentait
TYiv xîyaXrjv IIo/x:Tyjl!'cu la léte de Pompée,
JîÇâ/zcvo? o£ T/jv afpxylox et ayant reçu le cachet
roO àv^pàf de cet homme
xaT«5ixpu»4v il pleura :

t.\>iprfiTr,fji oè xal lipoJ-qyiysTo etil con»bla-de-bienfaits et s'alUclu


«devras ^^ot tous ceux qui
Tùv iTxc'pwv d'entre les compagnons
«ai (jyvïjOwv aùrow et familiers de lui
l'/4 KAIÏAPOZ BI02.

•Kporrifayno. Toi; ùl ^iXoi; eî; 'Po>jxr,v ^ypot^cv ^ti t9jç vixt;^

(XTroXauoi toÎJto (xeyiotov xal f^îtrcov, to cw^f.v Tiviç ici twv

TTÊTroXEjXrjXOTWV TToXlTÔiv aÙTÔi. TÔV 5* OtJToOl TCOAtaOV 01 jX£V oox

àvayxaîov, àXX' epojxi KXso^rdtTpaç a5o;ov aOTÔJ xa'i xivîuvci^r,

yevEcOai X^youdiv ol ôstwç paffiXixouç aKiwvTai, xa\ ttaXcara

TOV ELtvou^ov IIoOcivov, $<; TrXcujTov ouva'xevoç xai IIo}i7rr^ïov [xlv

<xvripy,xw(; evay/oç, IxêcQrjXwç 0= KXsoTraTpav, xpu^a oiv

ItceSouXeus to) Kai'aapi* xat 5i^ xotÎTO cpajiv ajTOv àp^afxtvov

eXTOTE 5iaVUXT£p£U£lV Iv TOÏÇ TCOTOIÇ, fvEXa ÇuXoXTjÇ TOU OWfXaTOÇ

cpavEpôjç 0* oùx ^v àvEXTOç, ETCisOova TToXXi xa\ Trpô; Cêpiv Ctç

TOV Kaicapa Xiyorf xa\ TcpaTTWv. Touç (xÈv yàp crpaTHoraç, t?)v

xàxKTTOv {jLExpo'jjAEvouç xai TraXaio'Ta'ov cÎtov exO^uoev àv£-

le fruit le plus réel elle plus doux qu'il pût retirer de sa victoire était

de sauver tous les jours quelques-uns de ceux de ses concitoyens qui

avaient porté les armes contre lui. Les historiens varient sur les mo-
tifs de la guerre d'Alexandrie : les uns disent que son amour pour

Clcopâtre la lui fit entreprendre avec autant de honte pour sa répu-

tation que de danger pour sa personne; les autres en accusent les

ministres du roi, et surtout l'eunuque Pothin ,


qui ,
jouissant auprès

de Ptolcmce du plus grand crédit, après avoir tué Pompée, aval

chassé Cléopdtre et tendait secrètement des embûches à César. Ce

fut là , dit-on , ce qui détermina César à passer depuis ce temps-la

les nuits dans les festins, pour veiller à sa sûreté. D'ailleurs, en

public même, Pothin n'était plus supportable : il ne cessait de dire et

de faire tout ce qui pouvait rendre César odieux et méprisable. 11

donnait pour les soldats romains le pain le plus vieux et le plus gâté.
, , ,

vu: DE CES\R. 175


avaient élé pris par le roi d'Égypu
iriav'jj/Aîvot xxTx rr,v ^^'/jpxv. orranls par le pays.
'Eypatpt 5é t©îç fiXotç Kl il écrivait à ses amis
i Rome
In àîroJaûot toOto qu'il recueillait ce fruit
le plus grand cl le plus agréable
Ad sa victoire , de sauver toujours
Ttviî T'Z-J TZollTÛV quelques-uns des citoyens
7r£7To)e/AT}xÔT&ty qui avaient fail-la-gucrrc
à lui.
Mais les uns disent
TÔv TtdÀf^o» oùtro&i la guerre de là [d' Alexandrie)

oùx scvxyxxZov ,
non nécessaire
«A>à 5.QQX0V aÙT6i xxl xiv5uvcôô>7 mais honteuse à lui cl dangereuse
ycv<TOac avoir cu-licu

l/9&»Tt lL\to-xirpoi<i par amour pour CléopAlrc : [roi

ol ci atTiùJvrai toùç ^y.7t).ixobç, les autres accusent les mi>m/re* d u-


xxl/xst/tïTaTÔvîJvoi/ovIIoOîivôy, Cl surtout l'cunuquc Polhin ,

hi ùv»iftiivoç Tt/ttTtov qui pouvant le plus


xat xvY;pr/.ùi uiv UouTtr/iov et ayant lue Pomjice
récemment,
ix€<€/>;xù{ 5è KieoTrxrpxv cl ayant chassé CléopAlrc,
iifcto'j/.s'js fiiv xp'jfx tcndaii-des-cmbùches secrètement
Tû K.atffapt* à César;
xal ûià To'jzô |)asiy et à cause de cela on dit

a'jTÔv àpÇx^uîvov é/.TOTî lui(C<ijar) ayant commencé dès-lor»


îiavuxTioeûstv iv toïî TtoTot» , à passer-lcs-nuils dans les festins,
fv-:xx ^jia/^S toO aûiJi'xroi' pour la garde de son corps ;

O'^J^ y;v oc mais il {Potliin] n'était pas


àvexroç fxvsp'Zq, supporlalilc en-public,
/cywv xat T^âTTOJV disant et faisant
eî; Tov Ky-ijapa contre César
beaucoup do choses odiemes
xaî 7Tpô{ uSptv. cl jH)ur l'outrage.
Ex£À(v)7( ^uèv -fùp Car d'une part il orJoana
To'ji TTpXTtVtTaç les Soldats
/AtTjSOu^uévouç rcccvant-pour-ration
TÔv alTc» xoxcrrev le blé le plus mauvais
XX l WX/aiÔTOTOV cl le plus vieux
le «apporter cl s'en contenter
17b KAIIAPUÏ lilOI.

•/EcOai xcà (jte'pyeiv ecOtovTaç xi à/.AOTpia* irpb; li xk Ccitt/v

(T/EueTiv £/prjTO çoAivoiç xoti xepajxeoiç, Aç x^ /P^^î xat i^-rj^a.


tA^-zt. Kai'cap oç e/ovtoç eÎç ti /pÉoç. ''û^peiXc yip 6 to;) {Jaai/eo>;

TOTE 7raTr,p KaiVapi /tXiaç irTaxocia; TTEVT/jXovTa |/'jsià'$aç,

wv xàç |JL£V aXXaç cxv7;x£ toîç Traialv aorou irpoTepov 6 Kal^ap,


Totç Oc y iXiaç r,;iou tote XaÇwv oiaOp£']/ai to crpatEuixa. 'l'ou '5g

IloOcivûti vov (/.£v auTOv dcTTiévai xal tcov |jLcYa"A(ov iytçhii r&a-

YjxaTOJV XEAEuovTOç, uaTEfov Ot xotxiEÏaOai (x£Tà /apiTo;, eIttwv

wç Aiyutctujjv EkoL/iaiOL céoiTO oufxêouXwv, xpu^pa Tr,v K).£07:a«

XpaV OCTTO T-^Ç /OJpaç U.£T£7:£a.7r£TO.

XLIX. KàxEiVT) TrapaXaSouca twv cpO.wv 'ATroX/.o^topov tov

IixeXiojTTjV [xovov , £Îç dxocTtov (xixpov £u.65t!7a, 70ÎÇ |X£v ^àac-

Xeioiç irpOGEffyEv, vIo-/; (TuaxoTa^ovxoç •


(XTropou Ô£ toû XaOcïv ovto;

aXXtoç, -^ (X£v eîç CTpoj{xaTdûc<T(xov evSûaa uporeivEi u.axpâtv

et leur disait que , vivant aux dépens d'aulrui , ils devaient s'en con-
tenter et prendre patience. Il ne faisait servir à la table même du roi

que de la vaisselle de bois et de terre, sous prétexte que César avait


reçu ,
pour gage d'une dette , toute la vaisselle d'or et d'argent. Le
père du roi régnant avait en ellét contracté envers César une dette de
dix-sept millions cinq cent mille drachmes , dont César avait déjà
remis aux enfants de ce prince sept millions cinq cent mille sesterces,
et demandait les dix millions restants pour l'entretien de ses troupes.
Pothin le pressait de partir pour aller terminer les alTaires impor-
tantes qu'il avait , en l'assurant qu'à son retour il recevrait , avec les

bonnes grâces du roi , tout l'argent qui lui était dû. César lui répondit

qu'il ne prenait pas conseil des Égyptiens, et il manda secrètement


à Cléopâtre de revenir.
XLIX. Elle partit sur-le-champ , et ne prit de tous ses amis que Is

seul ApoUodore de Sicile; elle se mit dans un petit bateau, et arriva


de nuit devant le palais d'Alexandrie. Comme elle ne pouvait y en-
trer sans être reconnue, elle s'enveloppa dans un paquet de bardes.
, , ,
, , ,

VIE DE CESAR. 177

mangeant les Wc/m" tl'-aulrui :

npb<; ^î rà oeïzva n d'autre part pour les repas


lypvjro (ïxeûeji il se servait de vaisselle
XvXlvoii xal xtpscfisotç , dc-bois et dc-terre,
6JÎ lLv.iijv.poi ixo'itTOi connme César ayant
Tzivrx rà jjpuffôc xal àpyvpj. toute celle d'-ur et d'-argcnl
pour quchjue dette.
'O yàp Tixriip ToO jSaertiiw; to'tî Car le père du roi (/'alors

(Zfeùs Kxijxpt devait à César


XiXixç £7iTaxofftaç mille sept-cent
TTSVTïjxovTa a'jpiioo^f cinquante myriades,
&v ô Kaîaap Ttpàrtpov desquelles César auparavant
àvfjxe TXi /xèv £?Aiaç avait remis les autres
roU iratTlv aùroD aux enfants de lui {de ce roi) ,

tàrt Si iaêwv t«5 X'^'^5 et alors ayant reçu les mille re*/flH/ei

i^Ç^ou Sixdpi'^xt rb arpâ.'ci'Oiix. voulait en entretenir son armée.


ToO ck IIoOîivou xî).eûovTOî aùrov Mais Pothin engageant lui

àniévai ixh vOv xal t'/^saQxi às'cn-aller mainlenantctàs'occuper


Tdiv fiiyxlu-J Tzpx'/fJLXTU-J de ses grandes allaires ,

ttmpov Si et disant lui plus tard


xo/itiïaOzi devoir recevoir le tout

/xcrà -/^âpiroi, avec la faveur du roi.


tlltÙiV César ayant dit
û{ iAâxioToc ôiotTO qu'il «'avait-nullement-bcsoin
ffu/i6oû).wv AiyuTTTt'wv, de C(jnscillers Égyptiens,
IxersTiifMTZiTO xpûya manda secrètement
t:^v KisoTrârpav Cléop.^trc
de l'endroit où elle était.

XLIX. Kal cxe^vyj XLIX. Et celle-ci


TrajOaiaSoÛTa ayant pris-avcc elle
jurfvov rijv ^t'iwv un seul de ses amis
ÀTroiidJûjpov TÔv 2(xe).tojTy:v Apollodore le Sicilien

ifxtxax eii (xi/.phv àxârtov ,


étantmontée sur un petit bateau,
Ttpoai'ryt y.vj T0Ï5 ^aadstot; ,
approcha du palais ,


vISyi ffuçy.oTiÇovToç déjà faisant-nuit :

ToO 5è iaOilv mais le se cacher


î»TOî aXiwî àndpou étant autrement impossible j

:^ fii'j ivûOja s'élant enveloppée


|{$ irpUlÀXTÔSci/MOV dans un paquel-dc-hardes
ir0OT((vc( lauTi^v fjLxxpx'J elle s'y étend longue,
\ 11 Dt CÛAR. 12
,

178 KAIÏAP02 moi.

lauT-^jV, 6 5' 'ATToXXooojpoç îjxavTi ouvor^caç toi» Trpo)(xiT^c(ipiftv

etoxojjLi^ct ûiâc Oupôôv Trpoç tov Kaiaapa. Ka\ toury zi it^tinf^

X^yETai TO) Teyvy'jxaxi Tr,ç KXeoTraTpaç a)i(jvat, Xau.up8; ^«¥c(-

ar,<;, xai tt,(; aXXr,<; ôu.iX(a<; x4\yapiToç -îJttwv yevoixevoc;, îioX-

Xdt^ai TTpoç TOV (xûeX^ov* ux; oujxôaaiXEucouaav. 'EitnzoL oi. ralt^

SiaXXayaî; laTiwaevwv aTtdtvTWV, oîxcTr,ç Kaiootpoç xoupcu<; ?ii

SeiXfav, ^ TravTaç avOptoirouç 67repé€aX).£v, oooèv ttûv ivi^e-

TadTov, àXX' WTaxouffTwv xal iroXuTrpaYtxovcIiv ffuv7;xev «tti^ou-

Xr,v Kataapi irparroiAévr^v Ôtt* 'A/tXXa tov orpaTr^voû xai IIo-

ôeivOfD Totî eôvou/ou. <ï>o)paaa(; o* ô Kaïcap, çpoupiv (Jiiv

TrepiéffTTiffe xto àvôpwvi, tov cÏ HoOeivov àvtïXsv 6 o' 'AyiX).aç

90Yàv £^ç TO CTpaToVeiov, 7r£pi£aTr,<Tev aCiTco papùv xai Sucjxe-

Ta/_£ipiaTOV 7rciX£u.ov oXiyootw Trpoç ToaaiJTT,v àuurc^ojxÉvw icoXiv

xai ouvau.iv. 'Ev w TrpoiTOV [xèv IxivSuveuoev CoaTo; à7T0x).£i-

qu'ApolloJore lia avec une courroie, et qu'il fit entrer chez César

par la porte même du palais. Cette ruse de Cléopàtre fut, dit-on,


le premier appé.t auquel César fut pris j il en conçut une idée favo-
rable de son esprit, et, vaincu ensuite par sa douceur, par les grâces

de sa conversation, il la réconcilia avec son frère, à condition qu'elle

partagerait le trône. Dans le festin qui suivit cette réconciliation ,

un des esclaves de César, qui était son barbier, et l'homme le plus

timide et le plus soupçonneux, en parcourant tout le palais, en

prêtant l'oreille à tout, en examinant tout ce qui se passait, décou-

vrit que Pothin et Achillas ,


général des troupes du roi , dressaient

une embûche à César pour se défaire de lui. César en ayant eu la


preuve, plaça des gardes autour de la salle, et lit tuer Pothin.

Achillas, s'éiant sauvé à l'armée, suscita contre César une guerre


difficile et dangereuse, dans laquelle, avec très-peu de troupes, celui-

ci eut à résister à une ville puissante et à une nombreuse armée. Le


premier danger auquel il se vit exposé fut la disette d'eaa; les enoe-
VIE DE CESAR. 179
et ApoUudorc
ayant lié avec une courruie
ràv arpùtjuxTÔoevfAOv , le pa(|uet-de-hartie«
tîvKOfjii^si ô(à Oupôjv /'inlroiluil par les portcf
itpbi ràv K.xt72pz. aupri'S de César.
Kal XiytTcci xXHvxl t( Et il C£t dit et avoir été prit
toÛtw tû np'JjTC^ Tcx^'^/**'^* par ce premier arlillcc

Trjç K.).«airârpxç, de Cléopdlro


qui lui parut plcinc-d'csprit
xal yevoajvo; i^rruv et ayant été vaincu
par le reste de sa convcr»aUon
xal xâ/5tT0«, et de sa grdce,
îtaA>âÇai trpèç ràv xSt/.fàv ravoir réccinciliéc avec s(m frère
comme elle devant régner avec lui,

'ETTïtra ^à aTtâvTwv El ensuite tous


feslinanl pour la réconciliation,
KOvpti)^ oly.izr^i K'xhypoi un barbier valet de César
oùJèv lûv ù.v*%iTxaro-J ne laissant rien non-exaniiné
par suite de la poltronnerie,

f,
\)-KtpiZx\).s. par laquelle il surpassait
irstyrxc àyOpw7rou( tous les il uni ni es
à).ià wTaxouTTÛv mais prôtanl-roreille
X3tt TtoiuTrpxy/jiovwv et s'occupanl-dc-tout
Tuv^xev è7Ti6ou),i^v découvrit le piège
KpxTrofj.évr,v K-ximpi fait {tendu) à César
par le général Achillas
X3ci ToO «yvoû/c IloOstvoû. et l'eunuque Pdlhin.
'O ^£ Katystp ^«upâyjtî, Et César les ayant pris-sur-le-fait,
mpdTzr^'si fj.h fpoupx-j mit une garde
TÛ SfJCpÛJl ,
autour de la salle-des-buniines,
àver).« ce TÔv IloOsivdv* cl lil-périr Pulhin :

ck A^tvàa, fuyùiv mais Adiillns ayant fui

tlç t6 ffT/:aidrt«ôov, dans le camp


n«pié7T>J3-e 7td).£jU0V suscita une guerre
^xpùv xal oujuîTîr^ttotTT&v redoutable et dilficile

zùrdi à.y.\t»ofiij(j à lui {César, qui se défendait


avcc-peu-de-monde
contre une si grande ville
jt2t à'Jvautv. cl une si grande année.
*Ey ^ npôèxot fuiv Daos laquelle guerre d'abord
180 KAiiAPoi moz.

aOe(;' aï •^ap twiÇ)\i'/t<; à7:o)xooo|Ar7Jr,(7av Gttotwv T:o)v£fi(o)v. Aiu-

xepov Bïy 7repix07rTOjjL£voç xov ctoÀov, ryT^xÔLahr^ Ik\ -rrjpô^

otTroWaaOai t^v x(v5uvov , 8 xa\ t?jv [AevaX/jV fliÇXioOv;xr,v Ix twv

vetopiwv e7riV£}AO|jL£vov oiE^Oetpe. Tp^rov ci, Trept tt; *I>apo)* u.4-

yir](; otivecTojtryjç, xaT£7n^0Y,a£ [^iv aTrb too yojixaroç £?(; à/.dtTiov

xai TrapeêoviOsi toïç àYt'>viCo[A£votç. 'ETriTTAEOvTwv O; 7:o/.Xa/oO£v

auTO) TWV AiYOTTTiojv ,


^l'Wç lauTOv £Î<; r^jv OotXotTTav, àTT£VY;;aTo

pLoXiç xai y aX£7rw; •


ô'te xai XEyETai pi^ioia xpaTwv TOAÀà ur,

irpoÉaOai PaXXou.£vO(; xai pa7m^oui,£VO(; , aXX' àv£/ojv urÈp tt,?

ôaXàffffrjÇ xà ^iCXioia, rT] ^TEpct /eipi vr;/£cOai- xô o' à/.axiov

£Ù6uç lêuOtaGrj. TiXoç SE, xoo [iadiXéojf; Trpoç xouç ttoXeuiouç

mis avaient bouché tous les aqueducs qui pouvaient lui en fournir.

Il courut un second péril, lorsque les Alexandrins voulurent lui enle-

ver sa flotte, et que ,


pour se sauver, il fut obligé de la brûler lui-

môme : le feu prit à l'arsenal , et consuma la grande bibliothèque que

les rois d'Egypte avaient formée. Enfin , dans le combat qui se donna
près de l'île de Pharos , il sauta de la digue dans un bateau ,
pour

aller au secours de ses troupes ,


qui étaient pressées par l'ennemi :

voyant les Égyptiens accourir de toutes parts pour l'envelopper, il se

jette à la mer et se sauve à la nage avec là plus grande difficulté. Ce


fut , dit-on , dans cette occasion qu'il nagea en tenant dans sa main
des papiers ,
qu'il n'abandonna jamais , malgré la multitude de traits

que les ennemis faisaient pleuvoir sur lui , et qui l'obligeaient sou-

vent de plonger ; il soutint toujours ces papiers d'une main au-dessus


de l'eau, pendant qu'il nageait de l'autre. Il était à peine à terre que

le bateau coula à fond. Le roi ayant joint son armée , César le suivit,
VIE DE CESAR. 181
i)«tV0'JVCU7«V r<*.»ar fut-cn-(lan|^pr
àitoy.lmOsii vSxzoi' élanl inicrccplé du côté de l'eau ;

al yxp iifLpv/Si car les aqueducs


avaient été bouchés
ùnb TÛv TTO/e/ifwv. par les ennemis.
^îÛTspov Si , , Et en-second-lieu ,

nepmo-nréixtvQi rèv 9'Td)ov, étant coupé de sa Hotte,


il fut forcé
«jTÛTaarOat tôv x^vJuvov d'éloigner le danger
ôià TTU^ô;, à xal par l'incondie , qui même
iTTtvfuoyîvov ix TÛv vj'jjpi'wv se répandant des arsenaux
détruisit
la grande l)il)li()lhL'(|uc.

T/91T0V 5« , f^Û'/^Tti Et en-lroisiémc-licu , un combat


TOvtVTdivriç Ttepl r-Zj ^ûpu , s'étant engagé près de Phares,
xxr€-x-/,Sr,7S fih il s'élança
xitb ToO ;^w/xaTOÇ etç àxârtov de la digue dans un bateau
xal 7Taps6o>i0et et porta-secours
aux combattants.
Tcôv 0£ AîyjTtTtwv Or les Égyptiens
s7rt7r)«dvTûiV auTw naviguant vers lui

îtol>axd0«v , de-pltisicurs-cO)lés ,

pipxi sauTÔv i'élant jeté lui-même


k. lamer,
il se-snuva-à-la-nage avec peine
xal x^^s^ûJ** et diflicilcment :

ire xal iiyerat lorsque même il est dit


xparûv tenanl-fortemont
7toA).à ^tSKJta plusieurs petits-livres
fiYi npohOxi ne les avoir pas-lâchés [géant,
PolUôiiî-jo^ xat ^ZTTtÇduîvo^ étant-en-butle-aux-trails et pion-
à^Aà àvé^wv ri ,3iê/(Ot3c mais élevant les petits-livres
xiTtïp T*îî Oxiûtffîy;; au-dessus de la mer
vi)x£»Oat T>5 '^'ipv.
X"P'' nager de l'autre main :

TÔ ôi àxxrtov mais le bateau


fut coulé-à-fond aussitôt.
Mais enfin , le roi

s'étant rendu
vers les ennemis
inciLdùv César étant survenu
,,

182 KATÏAP02 Birn.

<Î7royo)p-io'7avTo; , ItteXOojv xat ouval/a; ua/r^v, lv(xy,<yc, iroWjtTjv

7r6(T'5vTO)v aÔTou TE Tùu ^aaiXitoç d^avooç Y*^*^}*^^'^- K'jtToXiwV?

5è t:^v KXeoTrarpav paaiX£uou<Trv Aiy^TTrou xa\ uixp<)v ^TTcpo»

1^ aÙTotJ TEXouaav uîov , Sv 'AXs^avÇpEÎ; Kaiffap(o)va Tipocrj»^

peuov , wpixr,(iev IttI 21upiotç.

L. KàxEÎOsv ETTtwv T-);v 'Aciav , ETfjvOavETO Aou-iTiov txÈv Oxô

4>otpvaxou, Toô Mi0pi5aTou raiSoç, •?jTtt,u.£vov Ix IIovtou 7T£-

cpsuYEvai duv oXiyoïç, <l>apvaxr,v ùï ty] vi'xr, yptiftevov xtiàt^çtox;

xat BtOuvfav ^yovra xat KotrTraSoxiav, 'ApaEviaç loU<7^oci ttç

(xtxpaç xa\ouu.£vr,<; , xai TravTa; avicTavii touç TauTv; pacO.Et!;

xai TETpap/aç ECiOui; oùv Itci tov av5pa xpicriv yjXouve Toryjxa^Ti,

xa\ TTEpl 7ro)av Zr'Xav* fji,a/y,v u.EY*Xr,v «7uva'|'aç, ot^Tov uÈv £;e'-

êaXs TOu ITo'vTOu cpEUYOVTa , r^jv Se crpatriiv ap5T,v ^veO.e. Ka't

TYJç (xayr,<; TauTr,ç Tr,v 6;uTr,"ra xa\ t& ra/oç àva*f^£).X(»jv eU


Po)aYiv Ttpoç Tiva twv oiXojv 'Aixivtiov* EYpot'!/* Tpsîç XÉ^EtÇ"

lui livra bataille, et après lui avoir tué beaucoup de monde, il rem-
porta une victoire complète. Ptolémée disparut à ce combat , et de-
puis on n'en entendit plus parler. César donna tout le royanme
d'Egypte à CléopAlrc, qiii ,
peu de temps après, accoucha d'un fîls

que les Alexandrins appelèrent Césarion; et aussitôt César f>artit

pour la Syrie.

L. En arrivant en Asie , il apprit que Domitius , après avoir élé


battu par Pharnace , fils de Mithridaie , s'était enfui du Pont avec peu
de troupes; que Pharnace, poursuivant avec chaleur sa victoire,
s'était emparé de la Biihynie et de la Cappadoce, et se préparait à
envahir la petite Arménie, dont il avait fait soule:>'er les rois et les

tétrarques. César marche promplement contre lui avec trois légions

et lui livre une grande b.-î.laille près de la ville de Zéla; il taille en


pièces toute son armée et le chasse du royaume de Pont. Ce fut alors

que ,
pour marquer la rapidité de cette victoire , il écrivit à Amintius,

un de ses amis de Rome , ces trois mots seulement : Je suis venu


, , , , , ,

VIE DE CESAR. 183


et ayant livré bataille,
vainquit ,

7C0)iL6>« TTWrfvTûJV beaucoup étant tombés


et le roi lui-même
yevOftivo\j àjjavoOj. étant «lovonu invisible.
KaTxitnwv 5i Tî^v RieoTtiroxv Or ayant lais5;6 Clôupiltre
^îafftifOouffxv AtyvTTTOU régnant sur l'Irljjyple

et qui mil-au-moritlc peu aprèf


i% aùroO do lui

un (ils que Irs Alexandrins


appeliTOnt (".«'sririon ,

btpfjLYjvt'j iitl Zupi'aç. il partit p'iur la Syrie.


L. Rai (xclOiv L. Et d«>-là
ilKOJv T1ÎV ÀTt'xv , avant passe en Asie,
cvuvOâvtTO AouLirto-J fjiv il apprit Doniititis d'une part
ijvrrifjLivo'j Ûtto xpvixoj Taineu par Pharnace,
ToO Ttai^oî MiOjîtoâTOu, le fils de Milhridalc,
irc^cuyivat è/. IIovtou s'être enfui du P(»nt

avec quelques hommes


4»3t^vâx/;v û^ et d'autre part Pliarnace
yp^jxtvfr* Tfi v(r.'r, àltÏTnjr'j); usant de la victoire sans-mesure
xxJ «;^ovTa BtOuvtxv et occupant la Bilhynic
xal K.a7r7cafi»xiav, et la Cappad(>e(î
fi
ây^CffOat 'A/suîviîts se diriger-vers l'Arménie
T»îç xaiou/xivrjç fiiy.pxi , celle qui est appelée petite ,

xal àviTTâvat et soulever


ltâyrx{ Toùî ,^xît>iÎ4 tous les rois
xal Ttrpipyxi raÛTïj. et les tctrarques de ee patjx.
Aussitôt donc il poussa
Iwl rèv ûvSpx contre cet liommo
rptoï râyijiz-i , avec trois légions
xal (TJvipxç et ayant livré
une grande bal;iille

Ittpl Ttd).iv ZiQ/av près de la ville de Zéla,


iC(Sa>s jusv ToO ndvTOu il chassa du Pont
aùràv yîûyovTa, lui qui fuyait
àvcU« îà âpSri-j et détruisit entièrement
TT^v ffToarjiv. l'armée de lui.

Kal à»a77<)Jl«Jv cl{ ^'iftrrf Et annonçant à Rome


iTp6{ A/uityrtov riva Toiy ot'iojv à Aminlius un de ses amis
184 KAIÏAPOÏ DIOÎ.

J^ « ll/.Oov , Eioov, ÊvixriTa. » 'Po)jxaï(jTi oï aï Xe;et; elç Kx'H'n

£/ouaiv.

LI. 'Ex TO'jTOu GiaÇaXwv eÎç 'IxaXiav, dveêaivEv et; 'lV)ar,v,

; Tou (jsv EviauTot» xaTacTp£:j»ovTo; , etç $v f pr,TO otxTaTo)p to îtu-

TEpov, où5£7roT£ T^ç àpy7)(; lx£ivr,Ç7rp(^T£pov IviauTiou v£voa£vr,;.

i Kîç 8è TOuTTiov CTraxoç aTTEOEiyOr, •


xa\ xaxw; v^xourTEv i^Jti . rrov

OTpanoiTwv «TTaciacavTwv xa\ Suo cTpaTr,Yixoî/ç av5paç -ïveXov-

Tojv Kocrxtoviov xai FaX^av , l7r£Tiu.r^(7£ jjl£v auTOÎç to70utov ^tov

avT\ ctpaTiwTwv TroXiraç TrpoffaYopEucai, ydiaç oà Sisvtitxcv

IxaffTw Spa/i^iç xct\ ywpav t7;ç 'IxaXiaç à7:£X/.r'po)i7£ r.ùj.-ry.

'Hv ô' auToti SiaêcXr, xat -^ AoXo^EÀXa (xavia, xa\ f, 'AuLivTtO'^

cpiXapyupia, xai [xeO'jwv 'Avtojvioç, x«'i Kop^ivto;* Tr.v Floa-

7r/)iou (iXEucopo-JuiEvoç oîxiav xai (jletoixoSojxwv wç ixavr;v oO/.

« j'ai vu, j'ai vaincu. » Dans le latin , ces trois mots terminés de même
ont une brièveté qui n'est pas sans grâce.

LI. Après celte grande victoire, il repassa en Italie, et arriva a

Rome vers la fin de l'année où devait se terminer sa seconde dicta-

ture : cette charge, avant lui, n'avait jamais été annuelle. Il fui

nommé consul pour l'année suivante. On le blâma fort de son extrême

indulgence pour ses soldats ,


qui , dans une émeute , avaient tué deux

personnages prétoriens , Cosconius et Galba. La seule punition qu'il

leur infligea fut de leur donner le nom de citoyens , au lieu de celui


de soldats j il leur distribua même mille drachmes par lêle , et leur

assigna des terres considérables dans l'Italie. On lui reprochait aussi

les fiu*eiirs de Dolabella, l'avarice d'Amintius, les ivrogneries d'An

toine et l'insolence de Cornificius ,


qui , s'étant adjugé la maison de
Pompée, et ne la trouvant pas assez grande pour lui , en construisait
, , , , , , , , ,

VI H i)i: ciis.vi;. 18;

la céiériié rt la proinpiiiude
TXÛTÏJÇ T<î; ^«X'^î» de celle bataille ,

il écrivit trois inota :

« 'll/Oov, «Toov, « Je suis venu ,


j'ai vu ,

j'ai vaincu. >»

Pw/iaVïT( oè al iiÇjtç Or en-roinain les expressions


àTToiyiyouïat qui se terminent
etç ^x^ifJ^it 6/iotov pi^/JLxroi en une forme semblable de mol
ont une brièveté
oux ànidxvO'j. non sans-gricc.
LI. Kx TOUTOU LI. Apri'S cela
CtaêxJyJjv etç 'lTa>/«v, ayant passé en Italie ,

àvitxfjtv tli 'Pw/x>7V il revint à Home


ToD/iL(y «vtauTOUXxTayT^^jJOVT Oit l'année finissant,
eiç ôv r,priTo SiXTxrup pour laquelle ilavaitélééludiclateur
rb Si'jzepov la seconde /o«,

èxîtv>jç T^^i àpx^i celte charge-là


•/îvo/*évv;î îviauïtou w'ayant été annuelle
0'j5i;:0TS TtporepQv. jamais auparavant.
AitiSsl^Ori Si ûizxroi Kl il fut nommé consul

ttç TÔ £7ridv pour Vatinéc suivante :

xxl r,xo\J7e xxxôjç, cl il entendit mal parier de lui

OTl, TCiv UT^aTtWTWV parce que , les soldats


ffTXfftaffXVTWV XXl àv£).OVTiJV s'élant révoltés et ayant tué
oûo x-^opxi arpxTrf/tAO'Ji deux hommes prétoriens
Ko7Xcôv(oy xal râ).Sav Cosconius cl Galba
i-n:sT(/xr,7t /xèv auTOÏç il avait blAmé eux
T070UT0V ôïov "npoix-jopvjTxi en tant que de les appeler
TtoXLrxç àvTl ffT/saTtWTÔiv, citoyens au lieu de soldats ,

ûiivsi/x: Si ixx7r(>) cl avait distribué à chacun


Xdixi opx-^fixi mille drachmes
xxi XTttxXripùiVi et leur avait donné-cn-partagc
7ro^^r;v y(jl>px'i TrJi lTaAt:<^. un grand territoire de l'Italie.

AiaSo/yj ûî auTOÛ Maisunsujel-de-reprochecontit^ !

était
xat rj /xavta Ao).oSiXia cl la fureur de Dolabclla
xal rj ^ù-xp-j^pix \ixtv:îo\j et l'avarice d'Amintius,
xai AvTcûvcof /xcO'^uv, et Antoine qui s'enivrait.
«al KopjptviOi lï/.îywpyj^îvc^ et CorniGcius qui fouillait
T^v oixiav IIo/i7T«]rou la maison de Pompée
Ï86 KAIÏAPOI BIOZ,
oucav. 'Eirt Toutoiç y^p ^^J<7:p<^p<>uv 'Po)|xaîoi. Kaîaap li ^i^ rr^v

LU. Twv 51 repi KdtTojva xa\ SxiTriwvot (xcri t-/;v |v 4»a>-

ffaXoi |J-a/7iV £tç AiSuTjV <puY^'''*t>)v, xày.£Ï tov flaïiXtw; *IôÇa

PoYlOouvToc; auToïç , r,Opoixo-:wv Suvauei; à;ioXo-^'>u; , tyvw crpa-

T2U£iv 6 Kaîjap Itt' a'jTOtJ;* xai Trepl xpoiriç yeitupiviç ciaÇà;;

cîç 2ix£Xiav, xai pouXo;x£vo< £ii6ùç aTTOxo-j/ai twv rspl ovtov

^YEfxovwv écTTOtcav IXTrfôa (xeXXt'ceo)!; xa\ ciarpiC^ç , Iri toj

/ xXua|xa-:oi; (rrr^ls. Tr,v lauTotî cxr,V7^v xa\ yv^j'j.v^O'j TT^EuaotTo;,

IftCàç àvv5/0ri jJL£Tà Tpia/iXioJv TUt^ôiv xa\ Itttcecdv oaÎywv. 'Aro-

êiêocffaç Se TOUTOUÇ xai XaOwv, àW^y^Ti TcaXiv, UTrip Tr,ç jxei^ovoç

o^^wSîov SuvajjLcWç* xai xaxà ôocXaTTav oucjiv r)or, 7rpocTU/wv,

sur le même terrain une plus grande. Les Romains claient indignés

de tous ces désordres; et César, qui ne l'ignorait pas, aurait bien

voulu les empêcher ; mais ,


pour arriver à ses fins politiques , il était

obligé d'employer de pareils agents.

LU. Après la bataille de Pharsale, Caton et Scipion s'étaient en-

fuis en Afrique , où , par le secours du roi Juba , ib avaient mis sur

pied une arn>ée assez considérable. César, ayant résolu de marcher

contre eux sans différer, passe en Sicile vers le solstice d'hiver; et,

pour ôter à ses officiers tout espoir de retard et de délai , il dresse

sa tente sur le bord de la mer, et , au premier vent favorable, il fait

voile avec trois mille hommes de pied et quelques chevaux ; il les

débarque sans être aperçu, et se remet aussitôt en mer pour aller

chercher le reste de son armée, dont il était inquiet; il la rencontre


, , , , , , ,

VIR DE CESAR. 187


ACcl /»4TOl/.OOOUÙ0 et qui rcMtissait «//«

cunimc n'élant pas suffisante.


PûJ/zaïoi -/ùp Car les Romains

iSvjfOpO'JV IttI TOÛTOtÇ. étaient indignes de ces choses.


TLxXsxp Sk Mais César,
Sià. rtiv \nz69:7tv Tf,i «oltTitz^ ,
à cause da but de sa politique,
OUX àyvoûv ojoi ^o\jX6y.svo^ n'ignorant pas cela ni uc te voulant,
^vzyy.i^ero ypff'yOxi était forcé d'user

ToXi ùno-jp-^o'jvi. «1«: ceux qui servaient lui.

LII. Teôy ^i TZipl KxTftivz LU. Cependant Calon


XXI SxiTTt'wvX cl Scipion
yuyo'vTûJv f({ AtSûijv ayant fui en Libye
/A!Tà n^v ftâ'/viv tj ifxpvxï'ji , après la bataille livrée à Piiarsale ,

xal jxsï r,Opoixàr()iv et la ayant rassemblé


S\)viy.eii à^toio/ouç, des furi'es considérables ,

ToO ^xatXiuç 'idSa le roi Juba


pojjOoûvTOç auToTç, secourant eux
Ô K.at7a^ éyvcj (-ésar résolut
de se mettre-en-campagne
*
iTTt aùroû^ contre eux :

xxl ôixëà; ci; Ztxs^^xv et ayant passé en Sicile


itipl -zponUi /^Ufxipux^ ,
vers le solstice d' -hiver,

xai ^oy)d,uivo; eùO'jj xTro/oiai et voulant aussitôt détruire


aTCxaav è/TTiûx /Zî»./57iw^ tout espoir de relard
xaè ^tar^tÊi^î et de délai
Tûv Tiyt/xôvoiv (tûjv) Tz-rA xjrc/, dc^s olliciers étant autour de lui

cn/;Ç( T/;v cr/.>;vi^y ixuroû il planta la tenle de soi


(ni ToO xJl'J7/iaT0{ '
sur le bord-de-la-mer :

xal nv£\ijJ.XTQi ysvouévou et un sounie-de-vcnl étant venu ,

ifiixi à..)r,xQn s'étant embarqué il partit


p.tTx rpiv/^iXia-j TiîÇ&iv avec trois-mille fantassins
XXI àil'yWV ÎTtTT^WV. et quelipies cavaliers.
AToStSi'.caî oi toÛtou; Puis ayant <lélK»rqiié ceux-ci
X3(t JI26Ù», el n'clani-pas-apcrçu
il partit de nouveau ,

ippùtSûiV craignant
ÛTrip rô," .uii^ovoç ouva/i«wç •
pour sa plus nombreuse armée :

/.xl npozrj'^btj et ayant rencontré eux


0J9U f.or, xari ôxAaTTay qui étaient déjà en mer,
xarrjyxyry âitavras il ramena eux tous
188 KAISAP02 lilOZ.

xaTr^yayev à'TravTaç ilç to CTpaTOTceoov. îluvOavojjievo; oï '/çrfa'j.uj

, Tivt TraXaiw Oa^^âv touç TroXejxtouç, wç Trpo-j^xov dei tô» i^i-


. TTiojvwv Y^VÊi xpaxfTv Iv AtÇuT), ^aXETTOv eIttcîv £Ît' i/.^Xaupf^wv

Iv TraiSia tivi tov ]Sxi7rto)va a-rpar/JYOÛvTa twv TroXeaiwv, lUi


xai CTTOuS^ TOV oîo)vov oixeiouixEvoç (rjV yip xai Trap* otoTw Tt;

àvOpojTToç, aXXo)ç ijiv eOxa-ra^po'vyjTO; xai 7rapY,a£Xr,u.c'vo;, otxtct;

5c T^ç 'A-pp'.xavwv, 2xi7:iojv IxaXâTO iaXXouTiow ) , toûtov £v

1' xaïç (xotycaiç TiposTaxTEV uxjTzbo -JiYejxova Ty;ç CTpariaî, d/T.'fxi-

CofjLEVOç TToXXàxiç IqaTTTEaOai 7c5v 7roX£u.iojv xai (piXojjLa/£Îv. 'Hv

"t
Y^^P
0^"^^ GÎTOç Toïç àvSpdtffiv a^Oovo;, ouxe Otco^uyioi; /iao:,

àXXà Ppuotç -ï^vaYxdc^ovTO OaXaTTioi:;, à7ro7rXuOc.icrr,; t^ç a)av-


-; piôoç, oXiY'/jv aYpoidTiv wffTTcp v^Su^fAa TtapaaiYvuvTeç , lizoL^fé.'./

Toùç Ttttcouç. OÎ y^P NoaaoEç lTrtï»aivo;jL£Voi ttoXXo» xai -zx/ilc ,

IxàcTOxe xaTcî/ov tyjv yo'jpav. Kai ttote twv Kai^apoç Îtittecov

sur sa roule et l'aincne dans son camp. Il apprit en arrivant que ]os

ennemis avaient la plus grande confiance en un ancien oracle qui


portait que la race des Scipions serait toujours victorieuse en Afrique.

11 serait difficile de dire s'il se lit un jeu de tourner en ridicule Sci-


pion, qui commandait les troupes ennemies, ou s'il voulut sérieuse-
nent s'approprier cet oracle; mais il prit dans son camp un homme
obscur et méprisé, qui était de la famille des Scipions, et qui se
nommait Scipion Sallulion. Dans tous les combats, .il le mettait à la

lète de l'armée , comme s'il eût été le véritable général , et l'obligeait

souvent de combattre contre les ennemis. César, ayant peu de vivres


pour les hommes et peu de fourrages pour les chevaux, qu'il fallait

nourrir avec de la mousse et de l'algue marine qu'on faisait macérer

dans de l'eau douce, et à laquelle on mêlait du chiendent pour lui

donner un peu de goût, était forcé d'en venir souvent aux mains

avec l'ennemi, pour se procurer des provisions. Les Numides, peuple


très-léger à la course, se montraient tous les jours en grand nombre
et étaient maîtres de la campagne. Un jour que les cavaliers de César.
VIE 1)K CLSAR. 189
r(( Tè ffT|BaT07T«O0V. dans le camp.
DuvOavd/iîvo; Si Mais apprcnaDt
TOÙç 7ro)e/x«ou5 les ennemis
s'encuurajjer
Ttvl TCXÀatû ;(^/jT^û, par un certain ancien oracle,
&)ç lïpovnAOv à(( connue «jiparlcnanl toujours
Tw '/«vet l^tTTi'jjvuy à la race des Scipions
xpxTîïv èy At6uy] tl»î doniiner en L) Lie
X3t),£7roy JÎTTiïv il est dillicilc de dire
«'ts £/Ç)ixuptÇCfJV s'il fit cela ridicMlisant
£v Ttvc iratôtâ par qiu'hjuc plaisanterie
TOV £x(7r(COV3C le Scipiun
qui Commandait les ennemis,
c'ts xal oÙ£(oû/iîyO{ ou si s'appropriant
TÔy oiwyèy ffTiouo^ l'oracle sérieusement

(tIç yip uvOpunoç (car un certain homme


Yj'j xai TTx^à aÙTW >
était aussi auprès de lui

scAAwç /ièy eùxaTa^povijTOî d'ailleurs certes méprisable


xal Ttstprjfj.t).r,txévoi ,
et né<;ligé,

rfii Si otxixç Afpixxviâv, mais de la famille des Africains,


ixxXsÏTO SxiTtt'ûjy SaAiouTiwy) il s'appelait Scipion Sallution),
icpoirccTTe roOrov il mil-en-avant celui-ci
Iv Tat{ fJLXxxti dans les conibats
&7T:ep rr/tixô-ix xf,^ arpxriûi, comme commandant de l'armée
àvxyx«^d/x£voî TToi^scxt^ le forçant souvent
d'attaquer les ennemis
xal yt/oua;/jîy. et de combatlre-cn-lémérairc.
O'JTî yàp <ïTt05 Car ni le blé

^y xfQovoç To7{ kvSpiviv y


«'était abondant aux hommes
OUTÎ X''^^» ÛTTOÇuytOlâ» ni le fourrage aux bêtcs-de-somme,
à/).à :^vayx5c^oyTO mais ils étaient forcés
iirâyetv toùj Ttittouj de conduire les chevaux
^pjotî ôaiarTiotç, dans dos algues marines,
Tlïî xXjlMpicOÇ Ot.TZOTzX'jOsi7r,i ,
l'oau-salée en étant ôtée,
«apa/AiyvûvTCî iXlyrjv ôiypoi77u mélangeant un peu de chiendent
&TKip •^,S\)7ixx. comme assaisonnement.
01 yxp NouâJîî Car Numides
les

itttfxiv6fj.tvoi rtoXXoX xal rxytXi;, se montrant nombreux et rapides


txzeïj^Qv txâîTOTs TTjy yûpxv. occupaient partout le pays.
Kxi itoTé Twy inrijwy Kenijxpoi El uu-iour les caNoliers de César
190 KAIIAPOE BI02.

(T/o^r^v otYOvTOiv (eTuye yôtp «Gtoîç iv^,p AiCu; ^nîcixvourvo^

opyr.civ ^i'|xa xai [y.ovauÀwv Oau(i.aTO<; 5;io)Ç' ol ok xi^rAïux'A


^^
|y.aOr,vTO xoîç Traiat loùç ÎTrico»,*? c7riTp£'j/avT£(;) > ^^''•«'''''iÇ ['^*]

.^ TTEpieXôovTïç tjxÇàXXouTiv ot TTOÀeaioi, xa\ Toî«; (xiv a'jroû XTti-

vouGi , ToTç ô' elç TO (TTpaToreSov 7rpo-rpo"r:aor,v £Xauvo|iivoi^

ffuvei(je7reaov. Et oï fxr, Kaîjap auTOç, 5aa 5s Kai-jasi IlftÀXiwv

'Afffvioç poYiOoîîvTCç £X TOI» y^dtpaxoç £(r/ov T^jV 9"j*f/;v5 ^ie'J^ï-

-rrpaxT* av Ô7:oX£|j.o;. "Ecti û' ^t£ xai xaO' éTEpav (xay_r,v etiXêO'^

£XTrj(Tav oî ttoXeixioi , au(xirXoxy;ç Y£V0|X£vrjÇ , Iv ^ Kxîinp "wv


àcToçopov cptuyovTa Xc'Y£Tai xarac/wv Ix Toû aù/_£vo;, ava'jTp£-

vj/ai xai eÎttcÏv «'EvTauOa £tcr:v oi ttoXeu-ioi. »

LUI. TouTOi; tjiEVTOi ToTç TupoTEgr'txaaiv i'trr,^)rt Sxiiçuov


f^
[Aoc/Y) xpiO^vai* xa\ xoraXtrwv yojpiç [XcV '\opaviov, xwpiç ^è

'Idêav, 5i* SXîyou (rrpaTOTTEOEuovxaç, aOxoç £T£iyi^£v unÈp Xt{xr/,ç

eputxa xw crpaTOTceow, irspi tcoXiv 0à'|ov*, wç etr, Tca^tv èitl T*p»

(xayriv 6p{jL7iT7^piov xai xaTa^uyin. IIovouaÉvw 6* aùrw îrep':

n'ayant rien à faire , s'amusaient à regarder un Africain qui dansait


et jouait de la Hûte à ravir; que, charmés de son talent, ils étaient
assis à Tadmircr et avaient laissé les chevaux à leurs valets, tout à
coup les ennemis fondent sur eux, les enveloppent, tuent les uns,
mettent les autres en fuite et les poursuivent jusqu'à leur camp, où ik
entrent pélc-mêle avec eux. Si César et Pollion n'élaicnt sortis des
retranchemcnls pour courir à leur secours et les arrêter dans leur
fuite, la guerre était ce jour-là terminée. Dans une seconde ren-
contre, où les ennemis eurent encore l'avantage. César, voyant l'en-
seigne qui portait l'aigle prendre la fuite, court à lui , le saisit au cou
et le force de faire volte-face en lui disant : « C'est là qu'est l'en-
« nemi. »

LUI. Ces succès enûcrent tellement Scipion qu'il résolut de risquer


une bataille, et que, laissant d'un côté Afranius de l'autre Juba, ,

qui campaient séparément à peu de distance de lui , il plaça son camp


au-dessus d'un lac près de la ville de Thacsus, et le fortiûa pour servir
d'arsfiiial et de retraite à ses troupes. Il était occupé de ce travail .-
VIE DE CESAR. 191

ajant <Iu loisir

(àviîp -/ùp A('6d5 iTrJx^v (car un humiiic L}bicQ se trouva


litt^ïcxvO/ievoç auTOTç tp-^rinj montrant à eux une danse
xal a/xa fiavxMÏSi't elen-iiiéi«e-leinpsjouanl-tle-la-Uûle
àÇt'wî flaw/xaroî* il'unc-inanicrc-digno d' admira lion :

et eux charmés étaient assis


ayant confié les chevaux
aux valcls),
[or] les ennemis tout-à-coup
étant accourus fondent-sur eux ,

cl tuent les uns là,


iMvti'siTti'jo-Ai tlitb arpxrittiQov et se précipilùreat dans le camp
ToTi IXuwo/jiivotç avec les autres qui claient poursuivis
•:xporpo-niÔT,y. à-toules-jaiiibcs.
lui Sk Hxïaxp avTbi, Et si César lui-même
âax Si îixijupi lIoiAi'wv 'Aii-noç et avec Ccsar Pollion Asinius
portant secours à e»x
Ix ToO y^ipxxoç du retraBchemenl
/xii la/^oj TÀv ^M-/-rii , n'avaient arrcié la fuite,
à Tîdiî/xoî ûiJTrérr^xxTO v.v» la guerre aurait éic achevée.
'EdTt 5à txt xxl Mais est que aussi
il

xarà irépxv ixx-/yi)i <lans un autre combat


(A no}.ijJ-i.oi £:t/£Oyi/.T/;ffav, les ennemis eurcnl-ravanlage,
ffU/x:tiox>îç -/ivo/j-ivr,^ f une mêlée ayant eu-lieu,
h rfîLaïffxp >£y£Tat dans laquelle César est dit

K«T5co^wv £x Toû aù/£>o; ayant retenu par le cou


TÔ» àrro^dpov ^t\r/oiTx , le porte-aigle qui fuyait,
*
aoxffT^îfai xxl «ÎTtetv /'avoir fait-reluurocr et avoir dit :

« EvTaûOi t(7iv oi :roÀ£;titot. » « Là sont les ennemis. >


LUI. SxtTTtWV ^UÎVTOt LIU. Cependant Scipion
£:r>{p9yj TOJTStî tsF^ tî^Otî^ /;;/:< fut animé par ces avantages-ci

xptO-^vat /za;(vj* à décider l'affaire par un combat :

MC( xsraJlccùv et ayant laissé


;(&»/5iç ;ji£v 'A^px>»{OV, séparément d'une part Afraaius
séparément de l'aulre Juba,
ffrpaTOîTîcs Jovraç 5tà oir/ov , qui campaient à une petite distance,
lui-même fit-bàlir au-dessus d'un lac
Icuaa TÛ TT.'3>:TOTt£5{j) , un rempart poar son camp
ic«pt iiôiiv6yf«v, prés de la ville île Thnpsus,
afin qtte ua arsenal et un reAige
,

^A.

192 KAisAPoi moi.

TauTa , Kaïaap uXtoSeiç tottouç xa\ Tcpo^CoXiç d^f-parrvjç i//yv-

•rac; à}xrj/^avw Tcx/ei SieXOwv, tou; (xèv IxuxXouto, toîç cl rsoa-

é^aXe xaxi (TTd[Aa. Tps'J/auLEvoç Si toutouç, ^/p^ifo tw xaipr,

xai t9î f)U(i.Y) Tïi; tu/^ç- o-^* ^ç aùtoêoEi |X£V -îîpei to 'Avpaviou

ffTpaTOTTEôov, auToÊoal Si, çpeuyovTOç 'Io6a, oiETropOei to tôt^

No[xaooiV '^aÉpaç Sa (xiaç (xepei (/.ixptj) Tpiwv c-rpaToréSojv

IvxpaTrjç ^'^^ TrôVTaxKjjxupiouf; xwv ttoXcUUijv àvr,pY,-


Y-Y<^^***'î»

xwç, oùSè TTEvn^xovTa twv îoioiv àTTE'êaXtV. Oî (xÈv TajTa ttev.

TYJç [xajç^yjç IxsivrjÇ àvaYYsXXouciv * ot S' oo cpaaiv auTOv ev tw

epYO) YEVE'aOai, cuvTarrovxoç Se rJjv arpaxiàv xa\ Siaxocruouvxoç

5<J^aaOai xb cuvyiOeç vo(7y)u.a* tov S' EoOùç aidôoiAEvov àp/oa£vou,

irpiv IxTapàxTEcOai xa\ xaTaXajxêavEoOai TravTatTraatv ôirb xou

TTCtôouç T^v ataOriaiv, r^ST) aeiojxevov eÎç riva twv TrXrjaiov tzCz-

Ywv xojJLiGÔîivai , xal SiaY^Y^^^ ^"^ ^^royioL. Twv lï tte^euvotwv

lorsque César, traversant avec une incroyable rapidité un pays rca-


récageux et coupé de défilés , tombe sur ses soldats ,
prend les uns

en queue , attaque les autres de front et les met tous en fuite. De là

saisissant l'occasion et profitant de sa fortune , il prend tout d'un trait

le camp d'Afranius, enlève et pille celui des Numides, d'où Juba

s'était retiré. Ainsi, dans la moindre partie d'un seul jour, il s'em-
pare de trois camps et lue cinquante mille ennemis, sans avoir perdu
cinquante des siens. Voilà le récit que quelques historiens font de
cette bataille; d'autres prétendent que César ne fut pas présent à

l'action ;
qu'au moment où il rangeait son armée en bataille et don-

nait ses ordres , il fut pris d'un accès d'épilepsie , maladie à laquelle
il était sujet; que, lorsqu'il en sentit les premières atteintes, et qu'il

était déjà saisi du tremblement , avant que la maladie lui eût en-
tièrement ôté l'usage de ses sens et de ses forces , il se fit porter

dans une des tours voisines , où il attendit en repos la fin de l'accès.

D'un grand nombre d'hommes consulaires et prétoriens qui échap-


, , , , , , , ,

VIE DR CESAR. 193


fussent à tous pour le combat.
AÙtîJ ôi TTOvûu/xiyw nsfil ruûrx Mais lui s'occupant de ces choses,
César ayant tratcrsc
arec une vitesse inexplicable
des lieux couverls-de-bois
xcili/^ojrxç-npQ'sèoXàixfpidTO'Ji, et qui avaient des débouchés caché*,
enveloppa les uns,
npoaitix).e ci rot» xari crôu-x. et fondit sur les autres de front.
Tptpifis'joi Si toûtou^ , Ft ayant niis-en-fuite ceux-ci
iypfiro r(ô x%ip(â \\ usa de l'occasion
xal ryj pûurj tVJî T\ix,*li et de l'élan de la ft)rtuno

ÛTtà >fç >T^£i //èv aùroêoîl grâce à laquelle il prit d'un-trait


TÔ (TTpoiTÔmoov Afpz'jio\J le camp d'Afranius,
auToêoîl ôè , Idêa yîûyovTO.; d'un-trait aussi , Juba fuyant,
^UftépOa rb tûv Noz/âouv '
il pilla celui dos Nuniidos :

ftiypii ci /xipet pnûç rjfiipy.^ et en une petite partie d'un seul jour
yevàfjisvoi iy/.pxTva devenu niaîire
rpiùv ffrparoTTeôciJV de trois camps
xxl à.-jr,pr,AÙ)i et ayant tué
nevTaxiTuupi'ouç tûv wo/î/xtwv cinquante-mille dos ennemis,
il lie pcrtlil-pas-méme cinquante
Tûv iàiu-j. des siens jiropres.
01 fih àv».yyiy.}.o\)9i raOra Les uns rapportent ces choses
sur ce combat-là :

ol ^é fX9u aùrôv les autres disent lui


où yfjhOxt iv 7'Z ip'/tti n'avoir pas été dans l'action ,

TÔ 5è vàyrifjLX u'j-jTiOtç mais la maladie habituelle


â^xaOxi juvrâTTOVTOî avoir saisi lui qui rangeait
xal ûtaxo7/ioOvTOî Trjv vrpxTixv et qui ordonnait son armée :

t6v ôè atTOo'uîvov et lui s'e/i étant aperçu


«ùôùî àpy^oixhoM ,
aussitôt clic Commençant,
tc^tv T<v a'70r,7u l/.rxpxTTizOxi avant sa sensibilité être troublée
AxlxxrxXx aZi-j ivO XI -tzx'jTXTvxju et être saisie lout-à-fait
ÛTtô ToO TiâOo'j; p.^r te mal
r,Sr} fffio/iîvov y.Qfii'sOrt'JXi déjà agile s'être fait-porter
«'ç Ttva Twv 7rup7«v tÔ-TiiIo'* , dans une des tours près ,

xal ûixyxyiXv iv r)TOylx. et être resté en repos.


T&V ÔC icvCpÛV ÛTTXTlXbiv Mais des liommes consulaire
xal vrpxrriyi/.ûiv et prétoriens

Ittfsv/oroiv tK Tr,i P^iy.Vi Qui avaient fui du combat


ViK DK César. i:i
194 KAIlAI'Ui lilOI.

ix T/jÇ (xa//)<; 'jTTOTi/^v y.ai (TTpaTrjYiytwv ivopôiv o'i y.iy «2^:00;


ôieoOctpav àXi'7XO;x£voi, axt/yohc, lï Kaî^ap £/.t;ivcV âXôvTaç.

LIV. KotTOiva cl XaCeîv i^wvxa ^iaoti|jlouu.£vc; , £3iai»ct

Trpbç 'lTuxr,v** £X£ivr,v Y«p TrapacpuXaTTwv t-/)v 7r'0vtv,où |XtTw*/t


Tou àyâivoç. rioôôaevoi; 0' wç lauxov ô avf,p 5tepY^'7'-~'3, ^^oç
|jLcV '^v ûrj/Osiç, é'^' o> 0', a5r,Xov. VAtzi -5' ovv «f
12 Karoj/,

cpOovw <70i TOU OotvaTO'j* xai y^p eu u.01 iTÎî; <70>Tr,pij; iY^&^'f-

aaç. >; '0 (Ji.£v oùv (/.etcc xauTa ypa^Eiç utt' auTOw irpôç Kànova
T£0v£c5Ta XoYOÇ ou ooxeï Trpaoiç eyovToç oùo' £Ùcia/t).axT(uç ov,-

jxEÎov îivai. Ilcoi; yip àv e'^ciaaro Cwvtoç, eÎç dvaiVjy.rov ex/Ea;

ôpY/jV ToaauTTjV ; Trj oè irpoç KixÉpwva xai BpoÛTOv auToû xal


{;.jp(ous oXXouç 7C0V TTcTroXîay/.a^ojv £7ri£ix£ia T£/.jxaipovTai xa*.

TûV Xti^o^ £x£ivov oùx il 'Irzs./^iiî'xq, i/XoL ^iXoTi'xîa ttoXitixt.

TUVTETayôai otà TOia'jTr,v aiTiav. "EYpotj/E KixÉpwv ly^'-^^H-'^

Kavwvoç, ovoi^s to) Xoyw Oe^aevoç KotTcava* xai 7ro)^vOÎç ô X^oç

purent au carnage et qui furent faits prisonniers , les uns se tnèrcnt


eux-mêmes, et César en fit mourir j)lusicurs.

LIV. Gomme il avait le plus i^rand désir de prendre Caton vivant,


il mSiTciia promptement vers Utique : Galon , chargé de la défense de
cette ville , ne s'était pas trouvé à la bataille. Gésar apprit en chemin
qu'il s'était donné lui-même la mort, cl laissa voir toute la peine qu'il

en ressentait; on ignore par quel motif; il dit seulement, quand on


lui en donna la nouvelle : o Galon ,
j'envie ta mort ,
puisque lu
«t m'as envié la gloire de le dunner la vie! » Le traité qu'il écrivit

contre Galon, après sa mort, n'est pas d'un homme adouci a sou
égard et qui fût disposé à lui pardonner. L'eût-il épargné vivant, s'i'.

l'eût eu en sa puissance , lui qui versait sur Galon , mort depuis long-
temps , tant de fiel et d'amertume ? Il est vrai que la clémence dont
il usa envers Gicéron , Drutus et mille autres qui avaient porté les
armes contre lui , fait conjecturer qu'il aurait aussi pardonné à Ga-
ton , et que, s'il composa ce traité contre lui, ce fut moins par un
sentiment de haine que par une rivalité politique : il le fit à l'occasioa
suivante. Gicéron avait composé l'éloge de Galon , et donné même le

nom de ce célèbre Romain à cet ouvrage ,


qui , sorti de la plume du
, , , ,

VIE DE CESAR. 195


les uns clanl [>ri*

id luciciji cuv-imîines,
ILxlvxp Sk c/reive TJyvoiti cl César en fil-pcrir plusieurs
qui nvaient élé pris.
LIV. '^tXoTi/JLo'jy.vjoi ô« LIV. M;jis débiraul-vi veillent

ixêîïv RxTbtys ÇiivTa prcmlrc Galon vivant,



tTTtfUOS Ttpoî 'It'j/.>;v il se hâta vers L'tiquc :

car Cucon gardant


ixiivri'i T^^v wéiiv celle ville-là,
ou fiirhyt toO à/àivoî. n'avait pas-pi is-part au combat.
IluOouîvoi 5i wç à àv^^ Or ayant appris que cet hoiiinie
Siep-/itjixi79 ixurbvy «'était lue lui-niémc,
il était visible étant alliigé, [laine,
mais pourquoi , la chose at inecr-
EiTTi 5è oyy * « "Q. Kârcov II dit donc : n Galon
*
|jOovâi ffot ToD OavscTou j'envie à loi la niorl :

xal -/'xp ffù irf06ir,z'li fioi en ellol lu as envié à moi


TJJs yuTr,pixi;. le salul.
O yuièv o'v )d70ç Ccrtaineinonl le traité
ypuftlç fxtràc. raÛTSt wîrt aùrow écrit après cela par lui
it^ôç KLârwva TcOvséJTa contre Galon mort
ou Sû/.el «tvat a>;//£(ov ne semble pas être la |»reuve

d'un homme élanl (/nj)Oit*douceineiU


oùc£ ejûiaX^.xxTUâ. ni paci(i(]uemenl.
Car comment eùl-il épargné
ÇÔivTOî I
lui vivant,

2x;(éa$ totxÛtjjv èpyr,'f ayant versé tant de coKtc


tU àv::(îO/)TOy ;
sur lui privé-de-scnliment?
Ti^ ôi «Titft/cta aùroj Mais par la clémence de lui

u^èj Ktxtpwvx xxl B^0JT3v envers Cicéron et Drulus


/al fivpio^i a)/ouç et dix-mille autres
TÙV 7t£7ro)5/i>;xdTwv de ceux lui ayant fait-la-guerro
rtxfiv.lpo'iTxi xal è/îTvov /dyov on conjecture ce traité-là aussi
avoir élé composé non par haine
à/>à yiioTt/i/ac îtoÀircx^ mais par rivalité politique

ûtà TOta-JnTv airtacv. à cause d'un tel motif.

Kcxicwv ty^al/cv Cicéron avait écrit


ly/.J)fHOy Rirwvoî, un éloge de (^alon ,

&t/ACVOÇ KÂTAiva aynnl mis Galon


pour titre à l'ouvrage i
lOG KAIÏAPOI BIOÎ.

Tr,v xaXXiffTYjV TTETroiriixEVOf; uttoOeciv. Tout' y,via Kawapa,


xaTYjyopiav aOxou voaiJ^ovTa xbv tou têOvTjXOTo:; ci' ai»Tov £7r«i-

vov. "Eyp^'j'sv ouv TToXXa; Tivotç xax^ toô KaTo>vo(; aÎTia; cjva-

Yaywv *
xô oà [iiêXiov 'Avxixaxojv ertY£Ypa~Tai. Kai arouôcraxà;

eyei xwv Xo'ywv IxotxEpoç oiot Kaicapa xal KotTCrtva* TroXXo-Ji;.

LV. 'AXXà yàp coç £7ravy)X0cV eîç 'IV)ar,v aTio At^-jr,;, rptô-

xov jjièv ÔTrsp x/jÇ vtxr,(; £(jt.£YaXT,Y0pr,(7£ Trpô; xov or,;jLov, wç


xocauxTjV x£/£ipo)ix£vO(; •/o')pav, Ôc/; irapi^Ei xaO* Exa^xov Eviau-

xov £Îç xo S-rjULO-îiov ci'xou (X£v £ixoTi jjL'jpiaoaç 'Axxixwv (xeoi-

(AVWVjIXaîou ci Xixpwv (xupiaoaçxpiotxociaç. 'E7:£ixa Opiàaêoui;

xaxv^Y°^Y^> '^^^ ArruTTT'.axov, xôv FIovxixov, xbv Ai^'jxôv, o-jx

aTTo SxiTricovoç, àXX* aTrb 'lo^a or/j£v xoy jîastXt'oj;*. Tote xa\
'ïoêaç , uîbç wv Ixeivou, xoatori vv^ttioç , Iv xto OpiaaCoj raû-
iQyôr, , aaxapit»)xaxrjV àXoùç aXcoaiv, Ix papSapou xcà Nouaco;

plus grand orateur de Rome, et écrit sur un si beau sujet, était;

A comme on peut le croire , fort recherché. César en eut du chagrin j

"- il regarda comme une censure indirecte de sa personne l'éloge d'un


homme dont il avait occasionné la mort. 11 composa donc un écrit
dans lequel il entiissa beaucoup de charges contre lui, et qu'il inti-

tula Anti-Caton. Les noms de Caton et de César font encore aujour-


/ d'hui à ces deux ouvrages de zélés partisans.
LV. Dès que César fut de retour de son expédition d'Afrique, il

lit une harangue au peuple, où il parla de sa victoire dans les termes


its plus magnifiques; il dit que les pays dont il venait de faire la
conquête étaient si étendus, que le peuple romain en tirerait tous les

ans deux cent mille médimnes attiques de blé et trois raillions de


livres d'huile. W triompha trois fois : la première pour l'Egypte, la

seconde pour le Pont, et la troisième pour l'Afrique. Dans ce der-


nier triomphe , Scipion n'était pus nommé ; il n'y était question que
du roi Juba : le fils de ce prince, qui était encore dans l'enfance,
suivit le char du triomphateur, et ce fut pour lui la captivité la plus
heureuse. Né barbare et Numide , il dut à son malheur de devenir
, , , , ,

VIE DE CESAR. 197


xal h y6-/oi riv ôtà cnto\Jor,i et cet ouvrage était en vcgue
no/^.oïî auprès île beaucoup de (jens

A( tuhit coinnie c'est naturel


««jtoi/j^ivoç ayant été coinpt)sé
ûuo Tou oftvoTiTou Tûv f>r}z6pu-j par le plus élo(juent «les orateurs
sur le plus beau sujet.
ToOto rivix K-xhupsc. , Cela chaj;rinait César,
vo/itÇovra tôv (Tcatvov qui regardait l'éloge
ToO T«0v>jxdTO» Otà aùxôv de celui mort à cause de lui

xaT»3yo/3^av comme une accusation


auTOÛ. «•outre lui-niénie.

Eypa(|/fv o'v auvayaywv 11 écrivit donc ayant rassemblé

7to)t).âî Tivxi atTi'aç beaucoup de griefs


*
xarà ToO Kârwvoî contre Calon :

rà Si ^i&ÀÏo-j elle livre


itiiylypxnTai AvTtxaTwv. fut intitulé Anti-Calon.
Kai ixirtpoç rôiy ).d/uv El chacun des dtax ouvrages
C}(C( vTCOuoavràc a de zélés-partisans
ôià KLai'ffapa xal Rarwya. à cause de César et de Calon.
LV. A).^x yùp wç è;t3cv;;5'0-'' LV. CejK'ndaiil dès qu'il fut revenu
de Libye à Home
îrpôJTov ^îv iutyxXY)y6py]7S d'abord il parla-uiagniliquemenl
npàçroj Or,tj.OJ ûizïp T/ïî Vl'/zj^ , au peuple sur sa victoire [grand, ,

«)$x(xe(p<^/Aivo{ fjjip%''i TOTaÛT/jv comme ayant soumis un pays si

éffyjTTc^^p^ÇîtxxTà êxaffTOvîvtxuTov qu'il fournira par chaque année


<(( TO Or,fX07tOV à la réi)ubli(jue
cfxoffi fi'tv fiMpiiSxç d'une part vingt myriades
/ItSla'^WJ ÀTTtXdiv alTOM , de méilimiies alliqucs de blé,
TpiOC.X.QliXi Û( fJLXipiÛOXi et de l'aulre Irois-cenls myriades
Xirpôiv iXxioM. de livres d'huile.
EittiTX K.XTr^yxyi OpixuZo^i , Ensuite il conduisit des triomphes >

t6v AtyuTTTtaxôv, tov IIov7t/.èv, l'un d'-Égyple, l'autre du-Ponl ,

TÔV Atêyxèv, oùx ànà ^xtTti'wvo^, l'autre de-Libye , non sur Scipion ,

iXXxSr.OcjocTibToû^xdû.éui l6Zx. mais certes sur le roi Juba.


Ton xal 'ibêa^ , Alors aussi Juba ,

Stv ulôî èxî^vou, qui était lils de celui-là,


xo/iiS^ vïJTTioî, tout-à-fail enfant,
wa/5>jx0>) iv Tû Qptâfi&u fut mené dans le triomphe ,

à^ow» ayant été pris


aXtodiv jxaxapta)TfllT>jy, par la prise la plus heureuse
,

198 KhiiAVoi moi,

<peu(7i. Meti 5e tou; OpiaaCooç crpaTuotai; xe uLEyâ/a; o«*oft^;

T" ^5fôou, xal tàv cy,jj.ov àv£).a]xCav£v éaTiajeai xai Oiai;- liuiaoLÇ,

•xiv Iv 5ta(xop{otç xoti oit/iXîoiç TpixX^voiç 6{Xo^ TJaravrat;,

ôeaç Sa xa\ txovoaa/o>v xai vau(xa/ojv àvopûW Trapaoyùv i^i xr

^uyarpl 'IouX(a raXai TECvEtoTY). Mst^ oÏ t^ç O/a; •^v^'j'jJ.voh

-*
Tiixy)<ieojv, àvT\ -rtoi TrpoTspwv C'jeTv xal xpia/.ovTa jrjptaoojv

T £;Y)TaaOr,aav otl Traf^ai -rc£VT£xaiO£xa. T'/jXixaurr.v r, (rziaic

'aTTEipYocffaxo <rua^opav xal tocoutov a7ravaXw7£ tou g/jUlo-j jx£-

pos' e^io Xoyou tiÔ£|ji.£voi; xà xaxaT/ovxTt X7;v aXXr,v 'IxaÂtav

àxuyiQaaxa xal xà; Irapy ixç.

LVI. SuvxeXegOevxojv 5e xouxoiv, uiraxoç a7ro5£iyO£\ç xo x£-

xapxov, £iç 'Iêr,ptav IrrpaxEuaEV ItcI xoùç nou7rr,tou Traîoa;,

un des plus savants historiens grecs. Après ses triomphes, César fit

de grandes largesses à ses soldais et donna des festins et de» spec-

tacles à tout le peuple ,


qu'il traita sur vingt-deux mille tables de

trois lits chacune. Il fit représenter en l'honneur de sa fille Julie

morte depuis longtemps, des combats de gladiateurs et des nauma-

chies. Quand tous ces spectacles furent terminés, on fit le dénom-


brement du peuple, et, au lieu de trois cent vingt mille citoyosis

qu'avait donnés le dernier dénombrement, il ne s'en trouva que ceol


cinquante mille, tant la guerre civile avait été meurtrière pour Rome1
tant elle avait moissonné de citoyens , sans compter tous les fléaux

dont elle avait affligé le reste de l'Italie et toutes les provinces l

LVI. Après ce dénombrement, César, nommé consul pour la qua-

trième fois ,
partit sur-le-champ pour aller en Espagne faire la guerre
, , , , , , ,

VIF DE CESAR 199


ftvitOoti a« poirif d'être devenu
ix ^xptipcv xal No/xâûO( de barbare et Numide
ivo^piOixiOi ToTi Tuyy^«yîj7t complé parmi les hislorient
lo9 plus iiistriiiis <l»'s (irecs.
Mirà ii t9v>< Opiâ/bt€ou( Biais «près les triomphes
èj^ôou TC 77pa.Ti(t»rxti César cl donna aux soldai*
/Ajyâiaç ortiptùç, de grands présenls
xsfl &vt>9t/uiSzyi t6v îi^/iov et gagna le peuple
i(rrt«T«ït xxl dioet;* par dos fostins <'t d(»8 spectacles
ivTCxaa; /xtv d'une pari ayant Irailc
tous les citoyens ensemble
sur vingt-niilli;
xai 019;((/(0C{ T,oixA^»etç et d'îuv-inille laliles-à-lrois-lila
de l'autre ayant dunné des spcctacloi
i.vSp6J-J /3tl /xovo/xâ;fwv d'hommes et de gladi.itours
xxl 'jccvixiy^wj et <1g C(»ii)b.'iltanls-s(ir-r<"au

ivl rii 0\)'/XTpï 'loui^ac à l'occasion de sa lille Julie


morte dejmis longtemps.
MîTà Oî ràî 0/aî El npri'S les spectacles
Tcui{7toiV ycvo/xévuv un dénombrement ayant eu-lieu •

àvTt à la p.lacc

TÛvr|OtâxovT«xal oucTv fiDpiûo'j dee trenle-deux myriades


itporép<ii'j ant«^rieures,
i
tttvrtx^icc/.x al nzsat «]uinze en-t<Hit
furent recensées.
La dissension produisit
TKjXtxaCiTïjv TuajJopàv un si grand malheur

XX l àrtavx/b)?! et (Consuma
T090^TOJ IJÀpOi TOW C>î//OU
*
une si grande partie du peuple :

niiisi est-il pour ceux qui mettent


«Çw Jdyou hors de compte
rà àrux'!/**'^^ xaTaa;(dv7a les malheurs (|ui remplirent
U' rretc de l'Italie

xal ràç ircxp-z^ix^, rt les provinces.

LVI. Toûtwv oè L\'I. Mais ces choses


étant accomplies
a.noocrj(^Oiii u:raTO; César nommé consul
rb rira^TOv pour la quatrième /oi5,
IsrpxTturs-j «tç 'iSrjofjtv fit-une-e\péililion en Espagne
contre les fils de PoinpOe,
200 KAI2APOI DIOÏ.

v^ouç (X£v ^vTaç (-:i, Oau(xaaT?)v ot tw rXr,Oei CTpaxiiv (n/vciXo

j^(jTaç*,xal ToXjxav (X7:ooeixvu(jl£vouç à;io/p»£o>v Trpôç y^Ytitoviiv,

watE x{v5uvov TÔ Katffapi TrepiarTYiaai tÔv ^oyaTOv. 'H ci {xr^aX?)


(xa^r) Trepl 7cô).iv cuv^arr) Moûvoav ', ev
f,
Kaîcap £y.OXiÇoa£Vou<
ôpwv Tobç éauTOu xa\ xaxûjt; dvTeyovTaç, iSoa otot xûjv ^7rXo)¥

xa\ Twv xàçecav SiaOî'wv, ei fxr,5£v aîooovrai, XaCoviaç aCrràv

EY)retpiaai toîç TrofiSapioiç*. Mo'Xi; tï TrpoOuuia T:o)0.r, Toùç ttoXe-


JXIOUÇ WCîaiJLEVOÇ, EXEIVWV (X£V UTTEp TpiGr(JLUpiOU!; GlE^OEipE, TWV
S* auTOu ^(^iXiou; octtojXecje touç dptaTouç. 'Attiwv ce |X£TOt Tr,v

p.aj^r]V Trpoç xoùç cpiXouç eittev, wç ttoXXocxiç [xev àyo^vicaiTO Trepi

vixyjç, vuv Se TrpwTov TCEp't ^\>'/r^^. TaoTT,v T^,v [xa/r,v Evixr^CE xr,

Twv Aiovuaiuiv lopTYJ*, xa9' -^v XÉ^ETai xa\ ncaTTr^ïoi; MaYvoç


Itci TOV 7roXE[xov eçeXGeîv •
ùik jjLEffou û£ ypovoç IviauTojv TEcaot-

ptov SiTjXGe. Twv Cc iroaTr/iiou iraioiov ô (liv VEWTEpoi; oiÉcp'jY- '

Tou 3e TTpEaouTEpou {jLsO' -JiaEpaç ôXi'yaç AeiSioç àvr'vEyxE tTjV

auxfils de Pompée. Malgré leur jeunesse, ils avaient mis sur pied une

armée formidable par le nombre des soldais, et ils montraient une


audace qui les rendait dignes du commandement; aussi mirent-ils
César dans le plus grand danger. Ils livrèrent, sous les murs de la

ville de Munda , une grande bataille dans laquelle César voyant ses
troupes, vivement pressées, n'opposer aux ennemis qu'une faible
résistance, se jeta au fort de la mêlée en criant à ses suldats de le
livrereux-mêmes aux mains de ces enfants, s'ils n'avaient pas de
honte. Ce ne fut que par des efforts extraordinaires qu'il parvint à
repousser les ennemis; il leur tua plus de trente mille hommes et

perdit mille des siens, qui étaient les plus braves de l'armée. En
rentrant dans son camp après
, la bataille , il dit à ses amis qu'il avait

souvent combattu pour la victoire, mais qu'il venait de combattre


pour la vie. Il remporta celte victoire le jour de la fêle des Diony-
siaques, le même jour que Pompée, quatre ans auparavant, était

sorti de Rome pour celle guerre civile. Le plus jeune des fils de Pom-
pée se sauva de la bataille , et peu de jours après Didius vint mettre

aux pieds de César la tète de l'aîné. Ce fut la dernière guerre de


, , ,

VIK DE CESAU. 201


ovraç /xèv «t( vioxjç ,
(jui olaienl il-çsl-vrai encore jeunes,
mais qui avaient rasscinlilé une armée
fiau/xajTi^v TÛ 7r).>{0ei , étonnante par le nombre ,

xaî àTro^eixvu/xivouî et qui montraient


une audace remarquable
pour le commandement,
au point d'avoir suscité à César
Tûv Cff;(aTOv y.i-/6\jvQ-j. un extrême péril.

Or la grande bataille
cv-jiiTrj Tttpl :td/tv Moiivôav, se livra près de la ville de Munda,
«lans laquelle bataille César V(»yant
Toùj ixuToO (xO).(Couévou{ les gens de lui pressés
et résistant mal
l€da ^(aOé'jjy cria en courant

^(à T&v 5:riwv x«l tûv TctÇîuv , à travers les armes et les rangs,
tl aiSoùvrxi /lYjSivj s'ils n'ont-honle de rien ,

iaêdvTXi aùrèv eux ayant saisi lui

i'/y^tipiaxi roXi nex.iSxpioii. de le livrer à ces faibles-enfants.


Qax/j.tyoi oè toù^ 7to/c/iiou$ Et ayant repoussé les ennemis
/uui}l(c -TTo)i).y} -npoOMulctt avec-peine par beaucoup d'ardeur,
iUfQtipt fxkv d'une part il tua
ÙTttp rptu/xvpioiJi ixtivwv, au-delà de trente-mille de ceux-là,
ijroi/efffi oè tùv «Ûtoû de l'autre il perdit de ceux de lui
mille les plus braves.
A:rtwv oè /xerà t^v {i-i-/Yi'f Et s'en-allant après le combat
«iTTj 7r/50î T0Ù5 y^Aouç il dit à ses amis,
û; TTO^Aâxc; /Jicv que souvent certes
èywvtïaiTO tti/sI y6(>](, il avait combattu pour la victoire,

ifCv ôè "npùTQy mais maintenant la première /ow


itipl ^vyjjç, pour la vie.

'EvUri^t fj.iv TaÛTïjv t^v it-iy^t Or il vainquit dans ce combat


T*} loprr\ TÔiv Aiovuatcjv, à la fête des Dionysiaques ,

xarà >^v xat Do/xTrTÎt'o; Mxyvo; dans laquelle aussi Pompée le Grand
est dit être parti

iirl TÔV TZÔJtflOV '


pour la guerre :

Six fiiaoM o( âi);>6c mais dans l'intervalle s'écoula

jfpdvo> T£(iïâ|îwv èviauTÛv. UD temps de quatre ans.


Tûv 6è nat'ûwv DouTt/ifou Or des fils de Pompée
i fiiv ve'JirtpOi oii^uyc le plus jeune il-est-vrai échappa ,

Atfîio; S't {Jiiri iXi-/xi T,(i.épa; luais Didius après pou de jour*
202 KAIÏAPOZ ni02.

xesaXi^v. TouTOv tc/a-rov Kaï^ap ^TToX^jxy^Te tov r'T/.t'xov 5 ^


(Jtt' aÙTOu xaTayôelç Opiotjxêoi;, ux; où^sv a).)j), 'Po)fxaioi*; Tjvîa-

ffev. Ou Y^P (xX)>ofuXou(; -^lYSi^-ovaç, oùo^ papÇdtpou; paTtÀzIç

xaTYiYwviafxévov, àvûpbç Zï 'Pojfxafow xparfcrrou, Tu/aïc xcypir)-

fxlvou, TcaïSaç xa\ y^voç ap5y,v àvyjpy,X'^Ta raî; rî;; TrarpCîoç

iTTiTrofjLTCEueiv cufi^opaîç où xaXtôç £1/êv, ay<xXk6us>to^ iiiX xow-

Toiç, wv (xta xai upoç Oeouç x4\ Trpoç àvOpwrouç àiroAOYta to

|/.et' avayxrjÇ 7C£rpa/0ai' xai Taûta rpoTepov ptr^T* aYY£Àov [xrjr£

YpciuLixaTa Sr,u.ocria Triu-^/avTa Trept v(xr,<; axo twv latpuXiojv to-

Xe(/.o>v, àXX' aTTWGafXEVov alcyuvTj t-J^v Soçocv.

LVII. Ou tjLr,v dX)vi xa\ Trpoç Tr,v tu/TjV toû àvcpoç lY'^exÀi-

xoxeç^ xa\ os^EYlxsvot xbv yaXivôv, xai Toiv Ifx^uXiwv Tro)i}xwv

xai xaxwv àvauvo-^v fiY^^H-^^o^ "^^i^ jxovapyiav, SixTaTojpa uiv

César, et le triomphe qui la suivit affligea plus les Romains que tout

ce qu'il avait pu faire précédemment; c'était, non pour ses victoires


sur des généraux étrangers ou sur des rois barbares qu'il triomphait,

mais pour avoir détruit et éteint la race du plus grand homme que
Rome eût produit, et qui avait été la victime des caprices de la for-

tune. On ne lui pardonnait pas de triompher ainsi des malheurs de sa


patrie , et de se gloriGer d'un succès que la nécessité seule pouvait

excuser et devant les dieux et devant les hommes, d'autant que

jusqu'alors il n'avait jamais ni envoyé de courriers, ni écrit de lettres

au sénat pour annoncer les victoires qu'il avait remportées dans les

guerres civiles; il avait toujours paru rejeter une gloire dont il était

honteux.
LYII. Cependant les Romains pliaient sous l'ascendant de sa for-
tune et se soumettaient au frein sans résistance : persuadés même
qu'ils ne pourraient se relever de tous les maux qu'avaient causés les
guerres civiles que sous l'autorité d'un seul , ils le nommèrent dicta-
, , ,,

VI K DE CESAR. 203
rrifipoi la la léle

<!(' luiiiù.

Kaîvap iTro/i/*>î<ie < (;iar guerroya


ci'llt; guerre la iJornicre :

bôiBpi*fi^0irxTuy6îli'Jt.(0 xjt cj mais le triomphe mené après elle

clinprina les Romains


ât{ OUOiv ;(ÀXo. CDiimie auruiic autre chose.
Oj yàp cT;ff xa/âf Car il ii'clail pas bien
ou xari']*/(ijv(7/xi>'0y celui n'ayant pas combattu
à,"''
r,yiij.ijxç ili's généraux élrani;ers,
ni <h*s rois barbares
àv>;p);xd7a c< ipoviv mais ayant exterminé cnlieremenl
Ttxlôa; xai yivo» les eiilanls et la race
«vcpoi d'un homme
xpxTt'rrou 'Pw/*afwv, le [>lus puissant des Romains,
qui avait éprouvé
rùxatS les clianees-tlc-la-forlunc
lrioni|)hcr
des malheurs de la patrie,
se faisant-gloire de ces choses,
ûv /ui^a àrco)o7^a desfpiclles la seule apologie
/.at Ti/îo» Oîoùç et devant les dieux
xa2 itpài ù.vQpÙTZOxj'i et devant les hommes
Tô irenpKxOxt /xarà àrtû/xr\ç' est d'avoir été faites par nécessité :

y.x'i raura et cela


ïri/x^avTa npOTeaoj lui qui w'avail envoyé auparavant
Orifioiicii publiquement
fj-OTi ûy/lJO-J {J-r,-:s ^pj.ij-iJ.XTX ni courrier ni lettres

Tttpi vUr,i sur une victoire


de guerres civiles

àÀ/.à aîTW^â/xîvov mais qui avait rejeté


celle yluire par honle.
LVII. Où /ii^v àJÙà LVli. Cependant
xxl îy/ïxiixdrsç et courbes
sous la r>rtune de cet homme ,

<at Stcr/fxivoi rbv ;{a>tv6v ,


et ayant reçu le frein

"tI r,-/o-jixi-JOt T/iv fxovxp'/iy./ cl pensant le pouvoir-d'un-seul


.(.vairyor;v rôiv 7io}ii,uoiv tVreun m oyen-de-respirer des guerres
/z( xzxûv i^upuÎLtuy ,
et des malheurs civils .

:7Téôc(Çay /xiv ayro» les Humains nommèrent lui


204 KAliAPOS B102.

aÙTOv à7r£oei;av ûià [iîou. 'i'o^TO r,v oaoAOYOUjxtvr, |i.£v Tjpawt;


TÔi avuTTtuOuvto ir^ç (xovotpy laç xô ûtxîCTdcTTa'jaTov rpo^/aCTOgy,;.

Tifxài; Si xiç TrpcoTai; Kixipwvoç cîç T-Jiv ^ouX-^jV Ypa'j'avTOç, wv


àjxwayeTTojç àvOpoWivov /jV to (xeyeOoç, ^Tepoi TcpoTriOévre; Guep-
CoXà;, xa\ 5ia{xiXXo>u.£voi Trpoç àXXr'Xouç , l;eipYa'7avT0 xcti toî<

TrpaoTaxoiç iTrayOT) xov dcvopa xai Xu7r/;pov '(isirshiK . oii xàv

OYXOv xat xr,v àxoTTiav xwv •]/r,oi?^ou.£vo)v, Oiç oooÈv y^xTC/V otov-

xai (TuvaYWvtffacOai xwv xo)vax£'jovxoiv Kaiaapaxovç [xitoovtœç ,

^TTWÇ ^Xl TT^ElCXaÇ Xttx' auXOU 7rp0^a(T£lÇ £/0)(7l Xai (X£xà (X£Yl'7X0)V

£YxXrj{jLaxwv £7ri/£ip£Ïv Soxo)G"iv. 'EtteI xdt y' aXXa, xôiv lix^u-

X{(ov auxo) 7roX£u.ojv TTEoaç l<7yr,xoxtov, àv£YxXr,xov 7rap£Î/£' xa\

xo Y£ '^'^ç 'E7ri£ix£iaç ÎEpov otjx àro xpOTiou ôoxouti -/apicxT-piov

ETTt xrj TTpaoxTjXi ^r,:f.iGaGOai. Ka'i Y^p àcpr,X£ 7ro)v).ou; xwv 7r£-

7coX£|jLr,xoxcov ixpbç aùxov, evioiç oà xai xijxàç xai apyàç, wç


Bpouxw xa\ Kaaaiw, 7rpo(7£0r,x£v £<7xpar/,Y0^v Yap àuy)X£po'..

(^fléUr a viCj. C'était reconnaître ouvertement la tyrannie ,


puisqu'à
rauronlé absolue et indépendante de la monarchie on ajoutait l'assu-
rx
rance de la posséder toujours. Les premiers honneurs que Cicéron
avait proposé au sénat de lui décerner étaient dans les bornes d'une
grandeur humaine; mais d'autres y en ajoutèrent de si immodérés,
en se disputant à l'envi à qui lui en prodiguerait le plus, que, par ces
distinctions excessives et déplacées , ils le rendirent odieux et insup-
portable aux personnes même du naturel le plus doux. Aussi croit-
on que ses ennemis ne contribuèrent pas moins que ses Ilaiteurs à les

lui faire décerner, pour se préparer plus de prétextes de l'attaquer


un jour, et paraître avoir contre lui les griefs les plus considérables;
car il que les guerres civiles une fois terminées il se
faut avouer , ,

montra depuis irréprochable dans sa conduite. Ce fut donc une jus-


tice que les Romains lui rendirent, lorsqu'ils ordonnèrent que, pour

consacrer sa douceur dans la victoire, on bdtirait en son honneur


un temple à la Clémence^ En effet, il avait pardonné à la plupart de
ceux qui avaient porté les armes contre lui ; il donna même à quel-
ques-uns d'entre eux des dignités et des emplois, ep particulier à
Brutus et à Cassius, qu'il nomma tous deux préteurs.! 11 ne vit pas
, , , , ,

VIE DK CKSAR. 205


îtXTocTw^a ôtà ^('ou. dictateur à vie.
To&TO Tjv rvpuv/tç btJioXo-/o\jfiivn Cela était une tyrannie avouée,
Tris fJiOVUpX^^i TrjOOffiaSoÛTrç ce pouvoir-d'un-scul ajoutant
TO à/.aTsfTrauïTOv tû àvuTreuOûvw. la perpétuité à l'irresponsabilité.
K(xé/S6JyO{ 4 '/pil/OLvTOi Mais Cicéroii ayant proposé
devant le sénat

les piTniiers Imnncurs,


desquels en-cpicNpKvsorlo
rà fiiyeOo; r,v àvOpwwtvov la grandeur était humaine,
izspoi TipovTiOhrti \JTispZo'/.ù.i, d'autres ajoutant des exagérations,
xxl ctajj.ty>'j\uî-JOi irphi j.'j'j.rjo'Ji, et rivalisant Ics-uns-avec-lcs-aulres,

iXtip'fà'jot.vzo rèv uvcpa. firent cet homme (César)


yeviiOxi i-^tx-/^^ ^-^^ iu7r/;/:ov devenir odieux et f;l(heux
xal Tcfî Tr/saoTaTOtç, mémo aux plus modérés
Jtà Tov oyxov xal Ty;v àrOTriav par l'excès et l'étrangeté

des honneurs décernés.


OIç Ol'ovTKt Auxquels on pense
TOÙç /xtffOuvTaç K«fff«pa ceux haïssant César
où^iy (TUvaywvtTaffOai î^ttov n'avoir pas travaillé moins
TÛV /o).a/.£U2VTWV , que ceux (laltant lui,

57cw( iybi'31 xxrà auToO aGn qu'ils eussent contre lui

5Tt Triî^ïTXî npo^iitiç les plus noujhreux prétextes


y.a.1 ^oxeôjiv èîrtyjît^tty et qu'i\s parussent /"attaquer

/ACrà fisyivTOiv iyxiïj/xcxTwv. avec les plus grands griefs, [chose*


Ettsc yâ Ta â/>a Puisque du moins, pour les autres
Ttapeïxîv «viyx^yjTOV, il se montrait irrépréhensible,
rStv -noXifittiV ifjif\)Xl(tiv les guerres civiles
'
i7yrix6T0iv TiipUf awTùi ayant eu fin par lui :

/.xi y« Û0/.0Û71 et certes lesUomains semblent


^r)<flaa.sOxi oùx àîti rpdnou avoir décrété non contre la raison
TO Ispbv rr,i 'ETtuusixç le temple de la Clémence

XxpitjTnpiov comme marquc-de-rcconnaissance


inl T^ npxàTr,ri. pour sa modération.
Kal yâp à^yjx» ttoAJoÙî En eiïet il laissa impunis plusieurs
TÙV IttTTO/e/iyjXOTWV de ceux qui avaienl-fait-la-guerro
ff/3è( aùràv à lui
nposlOr,xt 0£ CvtO({, il ajouta même à quelques-uns,
ojj 13^ oÛTCji xat KavT^cj , comme à Brulus et à Cassius
'
xal Tt/xàî xal otpx^i et des honneurs et des dignités :

oififôrepol yàp âjrpaTTSyowv. car tous-deux furent-préteur».


2(>(; KAI2:AP0i BI02.

div£(TTr,a£V 1^' ojv xal Kt/.£po)v eTttev, ^ti Kat^ap tou; IToij:-

7rr,iou orTv^aaç àvSpiavTotç Toùç îciouç err.ÇE. Twv ce '^O.ojv à;io*jv-

Twv auTov oopu'^opeïcOai , y.ai ttoÀÀcov ettI touto -ziov/'y^'Zifr*

lauTouç, ouy^ U7TÉ|j.etv£v, eîmov wç pO^TiOv l<TTtv 5ra; àrroOavEtv

Tj (XEi TrpoffSoxav. Tr^v o' Eovoiav w; xaXXi<rrov éiaa x'/i ^toarj-

xaTOV lauTO) TTEpiSaXXoaevoç çuXaxTr'piov, auôiç <îv£Àa;x6avE tÔv

^[XOV cO-TlOCCECt Xa\ GlTTjpETlOK, TO tï CTpaTlOJTlXOV àrotxi7'ç'

wv iTriçavicTaxai Kap/r,5ojv xal KopivOoç 7,(7av *


ai; xai Trpo-

xepov T^jv aXcixxiv, xal tot£ t>iv àvotAr,*!/iv étua xai xarèt tÔv

auTov ypovov ajjL'^oTEpaiç ^EvEirOat cjVcTuye.

LVIII. Tîôv os cuvarojv toï<; aèv uraTEia; xa\ GTsct-rr/aa;


e:ç ToCiTTiov £7rr,YY£XX£T0, touç Ô' àXXai; tigiv Eçoo^iai; xai Tiaalç
Trapsu-uOcÏTO , Trâci 5* eXtti^eiv èveoioou [jLVT,(rrcuou.£voç iç»'/}'-'^

lx(JvTO)V •
u)ç xai Ma;i|jw)u xou uTraxou T£X£UTr,<7avT0!; , £i; Ty;v

méms avec indin'crence tp'on eût abattu les statues de Pompée, mai?
il les fil relever. « César, dit à ce sujet Ciccron , en rolevanl les sla-

« tues de Pompée , a aflermi les siennes. » Ses amis lui conseillaient


de prendre des gardes pour sa sûreté, et plusieurs même d'entre
eux s'offraient à lui en servir. 11 le refusa constamment, et leur dit

qu'il valait mieux mourir une fois que de craindre continuellement


la mort; mais, persuadé que l'aflcction du peuple était la garde la

plus honorable et la plus sûre dont il pût s'entourer,|il s'appliqua de


nouveau à gagner les citoyens par des repas publics, par des distri-
butions de blé , et les soldats par l'établissement de nouvelles colo-
nies. Los plus considérables furent Corinthe et Carthage ainri ces :

deu\ villes, qui avaient été prises et détruites en même temps, fu-
rent aussi rétablies et repeuplées ensemble.
LVIII. Il s'attira la bienveillance des grands en promettant aux
uns des consulats et des préturcs, en consolant les autres de leurs
pertes par des charges et des honneurs , en donnant enfin à tous les

plus belles espérances , et cherchant par là à rendre la soumission

volontaire. Le consul Fabius Maximus étant mort la veille de l'exp'-


,

Vlli Di: CKSAR 207

fiai ov mptiXiiv , Kl il ne négligea pcs ,

àAAà àv£jT*;7î mais releva


Tàç etxdyjrç UofiTrriùiv les statues de Pompéo
qui élaicnl ce n versées :

inl Zi-* xal Kcxijoojy «irtfv, sur lcs(|iicllc's nidine Ciccron dil
que César ayant relevé
Toùç àvo/siavTaç Uo/xntjrou les statues de Pompée
avait allcrnii les sictmes prcjpres.
Tûv Je fiïtat àÇtoûwTWv aura» Mais SCS amis conseillant à lui

Jo^u^o/S£ÎjOx( , xai nolX^iv (le s'cntuurcr-de-gardes, et beaucoup


s'olVranl eu\-mémcs pour cela ,

il ne le soulTrit pas,
ciTTÙv ûi tari ^.TiOf disant qu'il est meilleur
à'KodxvtXv âît^Ç de mourir une-fois
^ npoaSoxi-? cttU que d'allcndrc toujours.
U.âpiÊa.).X6fj.tvoi Sk ixvrû» Mais mcllant-autour de soi-même
rr,v tvvoiX'J w; ovyx/.T^,pt.OJ la hicnveillancc comme garde
xiXXtoTOv â/xa /al ^sSatorarov ; la plus belle à-la-fois cl la plus ferme,

a(ud(( ccucAeî/xêovc TÀv o>}/£oy de nouveau il gagnait le peuple


par des festins
xal aiTxptvloiç cl des distributions-de-vivres,
TÔ Je VTpxribiTutbr» x-mtxixiç' et ran\.cc i^ar des colonies :

itv iTtifxviiTxrxi desquelles les plus reuiarquables


^axv Kxpy^riSù'j xx\ KôptyCoi' furent Carlliagc cl Corinlhe :

«Tç x/x^OTtpxii; 7\JviTV/e .. auxquelles luuies-deu\ il arriva


xxlnpÔTipov r^v âiw7tv, cl anléricurement la prise

xal TOTc r/;v àvdcJ,>j'^tv cl alors le rétablissement


ycvéaOMi û/jiX avoir eu-lieu ensemble
/al xarà tov «uTàv -/^povo-j, cl dans le même lenips.
LVIll. 'ETr/jv/iAJuTO oi LVllI D'un autre cùlé il promeUait
Toîç fxiv TWV OOvaTCiJ» aux uns «les puissants
ùwart^aç des consulats
xxl 9rpxTr,ylxi tlçTb èîrtov , cl des prélurcs pour l'avenir,
icotpe/iuôiïTO 5è Toùç cl consolait les autres
TCfflv â^)^i< tÇouff^at5 par quelques autres charges
X2l T(/xa7(, cl honneurs ,

iyffjioo'j ôc :t27(v èAjttÇetv et donnait à tous d'espérer


iiir»j(7Tcvo/x€voi Jcp/tiv aspirant à gouverner

ixovTwv des hommes de-bonne-volonlé :

'ir xal ToO ùirirou MaÇt/«oii au point même , le consul litiiBiot


•208 KAIÏAPOS moï.

irtpio'jffav ixi TYJç àp'/r^<: ^.(av f|J.Epav Crarov fltro5fT;« K'-*'f-

viov 'PtÇtXtov. ITpb; ôv, u»ç eoixc, ttoXXwv St^itocy'^Oai xai rf.o-

TTEfA-pai jEaSi^ovTWv, 6 KixEpwv ff 27reuooj}X£v, ^^T(, rpiv ^Ooisr,

TY); UTraxEiaç IçeXOwv ô àvOpoiTroç. » 'EtcI oê to cpucei fu^a-

XoupYOv auTOu xa\ cpiXoTiuov aï 7:oXXa\ xaTopOojcci; où Trpoç

àroXauaiv eTp£7:ov xûiv TrcTroviqjxevwv, aXX' OTréxxauua xai Octp

<TOç ouaai Trpoi; xa [xsXXovTa, (jlsi^ovwv Ivêtixtov Invoiaç TTsa-

yaaTWv xai xaivyjç epioxa 5o^rjÇ,wç à7:ox£ypr,a£vw x9) TrapouCT)

xo (xàv TràOoc où$£v :r,v CxEpov •?! ^9;Xo!; auxou, xaOà7T£p oXXoo,

xa\ cpiXov£ixia xtç ÔTrlp xôjv a.£XXovx(ov rpoç xi 7:£7rpaYjJ.£va •

irapaax£u-)i aï xai yvi6[iy) cTpax£'j£tv jxev Itz\ ïlapOouç, xaxa-


(7Tp£^a{jL£vto SE xouxou; xa\ 8i' *Ypxaviaç Trapît xr,v Ka77Tiav

OaXaffcrav* xa\ xov Kauxaaov^ £X7r£pi£X0ovxi xov IIovxov £i; x^v

ration de son consulat, César nomma Caninius Rébilius consul pour


le seul jour qui restait; et comme on allait en foule, suivant l'usage,
chez le nouveau consul pour le féliciter et l'accompagner au sénat,
Cicéron dit plaisamment : « Ildlons-nous d'y aller, de peur qu'il ne
« sorte de charge avant d'avoir pu recevoir noire compliment. » César
se sentait né pour les grandes entreprises ; et , loin que ses nombreux
exploits lui lissent désirer la jouissance paisible du fruit de ses tra-
vaux, ils lui inspirèrent au contraire de plus vastes projets; et flé-

trissant, pour ainsi dire, à ses yeux la gloire qu'il avait acquise, ili

allumèrent en lui l'amour d'une gloire plus grande encore. Cette


passion n'était qu'une sorte de jalousie contre lui-même, telle qu'il

aurait pu en avoir à l'égard d'un étranger qu'une ;


rivalité de surpasser
ses exploits précédents par ceux qu'il projetait pour l'avenir. Il avai-

formé le dessein de porter la guerre chez les Parlhes , et il en faisait

déjà les préparatifs. Il se proposait, après les avoir domptés, de


traverser l'Hyrcanie le long de la mer Caspienne et du mont Caucase,
VIK DI-: CESAR. 209
étant mort
àit00îïÇ«t uTraTov lui avoir nommé consul
K.av(y(Ov PcCt'Atov Caninius Hébilius
et^ T^v fiiuv vifiipxv pour le seul jour
7r£/3to0jxv «Tt r?,i xpyriç. qui restait encore de cette charce.
Upb^ îv itoXX&v ^«ot^o'vTwv Vers lequel plusieurs se rendant,
comme il convient,
Ô£;(oJ»affOa( xal -npoTtifX'pxi pour le féliciter et /'accompagner,
b KiAépoiv' « ÎTteûow/xiv, é^/; Cicéron : « Hdtons-nous, dit-il,
tt/dIv à 'Ivdpoitzoi avant que l'homme
odâffr; ne nous ait prévenus
èÇeAOwv T^ç Û7raT«/«$. du consulat. »
étant sorti
EttîI os aî TTO^lilal xxropO'J)<j:ii Mais comme les nombreux .sucres

où/. erpsTrov rr^oj aTidAxuTiv ne tournaient pas vers la jouissance


Tûv 7r«7toy»7/iiivûjy des choses faites-à-force-dc-iravaux
Ta aùrow ^û«c le caracii:rc de lui de nature
fxîyxXovpybv xal ^(Jldrt/Aoy, entreprenant cl ambitieux ,

àlXà ovïat Û7rtxxau/Aa mais étant un aiguillon


X«l 6ip7Qi et un encouragement
rrpo; rà /ii).).ovTa, aux choses futures,
jv^TCXTOV èTrtvot'a; engendraienl-en lui des pensées
^îiÇdvwv TT^xy/JtaTwv de plus grandes affaires

xal (p'jiTx xacv^j odviï» et le désir d'une nouvelle gloire ,

ûç à:TOXf;(jO>3/i£yw t-^ TrapoJyyj


*
comme ayant trop-usé de la présente :

TÔ /*èy Tïâôoç y^y oùoiv trîpoy sa passion Jj'était rien autre chose

^ Ç»î).Oî auToO qu'une jalousie contre lui-même ,

xaOaTtfp âXXou, comme contre un autre


xai T({ fiXo'Jtinix et une certaine rivalité
•jitkp Tojv fiùXôvrofj en faveur des choses devant être
npbi rà. TZiTtpxyui-JX
'
eu égard aux choses faites :

Kxpx<j/.t\>}i ci mais ses préparatifs


xal yvoj/Aïj et son dessein étaient

»TpaT«ùctv /i£y d'abord de fairc-une-cxpédition


«Tri HapOo-jç contre les Parihes
xaTaoTpe|a/iiycj» ûs toutou; puis à lui ayant soumis ceux-ci
xal IxTtepuiOdyTi rèv lIdyTOy et ayant tourné le Pont
Otà Tpxxvixç par rilyrcanie
nxpx Tr,-j OxXx77X/ tix7-xixj le long de la mer Caspienne
xal TOv KaûxaffOy et du Caucase
*
ijJiîxXXsiv tiç riiv SxjOtxJjy de se jeter sur la Scythie :

Vie ii£ CÙAR. 14


210 KAIiAPOi liJOI.

2>tuOixr;v Êix^aÀEÎv xai xi 7r£j»)^o)pa Tepixavoî; xai repjLXviov

aÙTi^v iTTiûpaudvTi, ôiot KcXtwv iTraveXOeîv eîç 'iraXtav xai cuv-

-/ a|ai Tov xuxXov toUtov tt,; y,Y£(xoviaç tw TravTOf/^oOEv H/ce^vM


TTEptoptaOEicnriç. Ati txsirou cà tt;; (jTpaTefaç tov te KopivOuuv

^ 'I(tOu,OV ÊTTc-^EipEl ûiaffXaTTTÊlV, 'AviTjVOV IttI T0UT({) TT^O^EipiCa-

aevoç* X7i tov TiSspiv eùOù; aTro tvjc; ttoXecoç G-roXaÇor/ ouop'j/i

paOeta,xai TrspixXaaaç etti to Kipxaîov*, la^aXEiv eîç t->,v 7rpô<

Tapf axtvvi * OdcXarrav , àa^aXfiav 5aa xai ^a(TTwv/;v toï; Si'

£[X7Copia(; cpoiTwaiv
U
£ 'Poi |xr,v [ji.y,/avo)ix£voç* Trpoç ol toutoiç

Ta [xsv eXtj t^c Trepi no)a£VTiov * xai Sr^Tiov £XTp£.|/a<; rêiiov (XTro-

ûEÎçai TToXXaïç EVEpybv àvOpojTTWv aupiaci" tt^ ô' fvvi^Ta Tr;ç

*Poj}xr,ç OaXà<TG7) xXEÏOpa oià yojtxaTOiv ETraYa^wv xai toi t'jo)A

xat Sucropfxa tt.ç 'QcTiav^ç r,tovoç àvaxaOy.paasvo!; XttxÉva;

do se jeler ensuite dans la Scylhie, de soumettre tous les pays voi-


sins de la Germanie, et la Germanie même; de revecir enOn en Italie

par les Gaules , après avoir arrondi l'empire romain ,


qui aurait été

ainsi de tous côtés borné par l'Océan. Pendant qu'il préparait celle

expédition, il songeait à couper l'isthme de Corinlhe; il avait même


chargé Aniénus de celte entreprise el de celle de creuser un canal
profond qui commencerait à Rome même, el irait jusqu'à Circéum
pour conduire le Tibre dans la mer de Terracine , el ouvrir au com-
merce une route plus commode el plus sûre jusqu'à Rome. Il voulait

aussi dessécher les marais voisins de Pométium et de Sélium, el


changer les terres qu'ils inondaient en des campagnes fertiles qui

fourniraient du blé à des milliers de cultivateurs. Il avait enfin le

projet d'opposer des barrières à la mer la plus voisine de Rome , en


élevant sur ses bords de fortes digues ; et , après avoir nettoyé la

rade d'Ostie ,
que des rochers couverts par les eaux rendaient péril-
feuse pour les navi;;atei'rs, d'y construire des ports et des arsenaux
VIE DK CESAR. 211

<«l intSfyxfiàyrt et ayant envahi


rà nipix^P"^ Vtpftyjo'li les contrées voisines des Germaini
jtal Vtpfioivlscv aÙT^^, et la Germanie elle-m(îme ,

de revenir par chez les Gaulois


en Italie

jtxl ffuvâ-fat toOtov rôv xvxiov cl de ressrrrcr ce cercle


TTi5< rjytfiojivç "îtspioptiOtisrç do l'empire qui aurait été borné
7ravTa;(d0ev tw ilxeavJi. do-lous-côlcs par l'Océan.
Mais dans riiilervalle
Tf,ç STpXTii0(.i de celle oxpcdilion
ittsyrîipsi ôcîtT/iTrretv tî il entreprenait et de creuser
TOv Ijôjtiov KootvOt'wv, rislhme des Coiinlhicns,
7T^;( < (|9 (7 scyuuvo ; ayant désigné
inl toûtw Avtïjvdv* pour cela Aniénus :

«al û:ro>aêwy otûpv/^t ^y.Oiiv. et ayant reçu dans un fossé profond


TÔ» T/6«|5tV le Tibre
immcdialement hors de la ville ,

xat iz£pix).Û7Xi iitl TO Kt^zaïov cl /"ayant courbé jusqu'à Circéura


è/xêaiiïv (($ Tïjv Q'xXxxTXv de le jeter dans la mer
:r/33ç Tctppxxlvr, à Teriacine,
procurant sûreté
à-Ia-fois et facilité
TOti yOCTÛïtV ttÇ 'Pw/*»JV à ceux qui se rendent à Rome
lîtà i/x-xopCxç' pour le commerce :

"Kpbi îè TOÛTOt; et outre ces choses


d'une pari ayant délournéles marais
ceux étunt autour de Pomélium
xal SyjTtov et de Sétium
de montrer à leur place
rreotov htpybv une plaine bonne-à-travailler
ffoDaîç /j.vpiiit'f àv6/3'jjTrwv
*
par plusieurs myriades d'homme? :

rjtxYa'/'Jjv 5è xAiTOjOa (iautropart ayant élevé des barrières


'.ta ;^&)/xâTWV à l'aide de digues
T>î 6x>i79T] à la mer
qui est le plus près de Rome
xal àvxxa&>3p«jixev9$ cl ayant nettoyé
Tsc Tuylà xal Sxifopfix les endroits cachés cl peu-sûrs
rr,i r/'ô-JOi ÛTTtav;^; de la cùie (f-Oslie
IflTtOl^iTXlOai >{^£VXÇ il'y-faire des ports
<al JXjXoxa àÇtOTtyra et des havres sûrs
212 KAIiAPOi hlOl.

i(X7roir^<Taa0ai xat vauXo/a Trpôç TOffauxrjv d^iOTriora va«iTiX(aiv.

Kai TaîÎTa (jl^v ev TrapacxeuaT; -/-jV.

LIX. 'Il ce TotJ yj'jLepoXovîou ctciOeatç xai ciopOoiciç Trjç Trepl

Tov ypovov dtvo)[jLaXia;, (piÀo^O'^r/Jeica /api£VTo>ç ut:' aÙTOvi , xai


Tc'Xoç XaCouaa, yXa^'jpwTaTrjv TiapîV/e /peiav. Où y^p K-o'vov
£v xoTç TraXaioTç ttocvu ypovoiç xexapaYixevaK; i/pwvTO 'Pojaaîoi

Taîç TÔiv (Jt-Tjvwv Trpo; tov iviauxov TrepiGOOiç, wcts Taç Ouaiot;

xat Tocç lopxàç, oT:o9£pou.£va<; xaxà [xtxpov, £Îç evavTia; Ixre-


TTCWXEvai Toîç /po'voiç wpaç, aXXà xai 7:£pi T7;v tote ojçav v)Xia-
x*?)V, oî jjLEV aXXoi TravTaTraci toutcov (xcuXXoyiVtio; e^/ov, ol c'

lEpEÎç (jLOvoi TOV xaipov E'.ooTEç, £;ai:pvr,(; xai 7Tpoy;cOr,a£VO'j

[xrjûEvoç TOV £{jlSo'Xiu.ov TTpoaEypa^ov (x^va, (X£pxr,oo'vvov* ovo|xa-


^ovTEç, 6v Noixaç ô paciXcùç TrpwTOç £(j.€aX£tv XEyETai ,
[xixpiv

xai oiaTEivouaav où ro'ppoj por^Otiav EÇEupwv t9;ç rEpi xàç àîro-


xaxaffTaTEK; TrXyjU.a£X£iaç, wç ev toïç 7:£p\ exeivo'j Y-Yp^cnroti.

Kaîgap ÔÈ , toÎç apiCTOiç twv çiXoco^wv xai (xa6"/;u.aTixcov to

qui pussent contenir le grand nombre de vaisseaux qui s'y rendaient


de toutes parts mais ces grands ouvrages restèrent en projets.
:

LIX. 11 fut plus heureux dans la reforme du calendrier il imagina :

une correction ingénieuse de l'inégalité qui jetait dans le calcul des


temps beaucoup de confusion et cette réforme heureusement ter-
; ,

minée, fut depuis d'un usage aussi commode qu'agréable. Les Ro-
mains, dans les premiers temps de leur monarchie n'avaient pas ,

même de périodes fixes et réglées pour accorder leurs mois avec


l'année; et il en résultait que leurs sacrifices et leurs fêles, en recu-
lant peu à peu, se trouvaient successivement dans des saisons entiè-
rement opposées à celles de leur établissement. Bien plus, au temps
de César, où l'année solaire était seule en usage, le commun des
citoyens n'en connaissait pas îa révolution; les prêtres, qui seuls
avaient la connaissance des temps, ajoutaient tout à coup, sans qu'on
s'y attendit,un mois intercalaire, qu'ils appelaient mercédonius, que
le roi Numaavait imaginé, mais qui n'était qu'un faible remède aux
erreurs qui, comme on l'a dit dans la Vie de ce prince, avaient lieu
dans le calcul de l'année. César, ayant proposé celte question aux
plus savants philosophes et aux plus habiles mathématiciens de s^^r:
, , , , ,,, -

VIK OE CKSAR. 213


pour une si grande navi^^ation.
Kl CCS choses ccrlos
fl-j h nctpninrouX^. étaient en préparalifs.
LIX. 'H Si Siidz7i; I.IX. Mais la consiilulion
TOU YifJ.!po\oyLO\J (lu calenilrier

xal Stôpdoiviç Tïjç àvej/jtx)('a; et la correction de l'inégalité


irspl rèv ypojo'j concernant le tenips,
fÙOVOfYjOtlVX '/^XpihTOi^ ayant clé cludiéo avec-esprit
ùirb «ÙtoD, par lui ,

cl ayant pris (in ,

rtxpéay^s ypiia.'* yiayupwTârvrv. ollrit un usage très coniniodc.


Pw/iarot yàp où fiôjo-j Car les Honiains non seulement
dans les temps tout-à-fait anciens
se servaient
T3t7; -nspioSoiç rûv /Jiyjvdjv de périodes de mois
TSTocpxyfxé-jxiçnpbç tôv svc^utôv, non-réglées par rapport à l'année,
WffTS Tàî Ouataç xal ràç ioprù^, au poinl les sacrilices cl les fêles,

\)TtofspoijiVJV.i xarà {n/.pb'j reculés pcu-à-peu


ixTTfTtTwxîvai fÎ5 wpxç être tombés en des saisons
ivavTiaç contraires
ToTî xpôvoii, aux temps de leur éiablissemenl
à}.Xx xoù nipl T-^v mais même par rapport à la pénode /i
OUffXV TOTÎ :^A(aX^V ,
qui était alors solaire,
ol /*îv ûXXot ei)(^ov iravTocTTaTtv les autres citoyens étaient lout-à-fait

àffyiioy^TTwç toûtwv , dans-l'ignorance de ces choses


ol Si hpiXi fiàvot et les prêtres seuls

tiSôrei Tèv xaipôv sachant le temps-convenable,


tout-à-coup
xal fX-rSî/Oi Ttpor,vOr,fxivO\J cl personne ne /'ayant pressenti
Ttpo'jiypx^OJ Tèv /iijvx è/iSo/t wov, ajoutaient le mois intercalaire,
3v0/XaÇ0VT;î IJiSp/.YiSo-JlOV , le nunuiianl mcrcédonius,
ov b ^XTiXibç Nouâj lequel le roi Numa
iiycTat Tipôiroi iijiSx).iîv , est dit le premier avoir ajouté,
iÇcupùv j3o/;0î(av /xiy.pù-j ayant trouvé ce secours faible
«al ou 5iaT£cvouTav Ttopp'ji et qui ne tendait pas loin
T^« 7ri>jjtx^uc>«taç à l'erreur [astre» .

ir«pl TÔç à7roxaTaTTâ»îtî • concernant les révolutions - des


w{ yiypoLitrxi comme il a été écrit
èv TOTç ÎTïpl (xît'vou. dans le livre sur celui-ci.
ILatvap Je, îrpoOclç Ta np6o)r,:j.y Or César ayant proposé le problème
,

214 KAIlAPUi lilOI.

irp<i6Xr,|JLa TipoOeic; , Ia twv UTroxEtuevojv /^^r, jxeOôowv l;xt;tv

I5{av Tivi x.a't ûir,xpiÇo)iJLevr,v jjlîXXov ^rav&pOojaiv, v; /f'0,»|X4voi

|x^ypi vuv 'Pojuaïoi ôoxoUffiv -/jttov Irepojv c^oiÀÀwOai r£{>i rr.v

otvu)ij.aXiav. Où (X71V àXXà xai Trapà toi; Baaxa^vouci /.ai Ûapcj-

vop.£voi(; tV ôuva{j.iv aÎTiaç Tzrt^v./i. Kt/c'pojv o'jv ô py^Tojp, û>ç

^oix£, cpr^^avioç Tivoç aupiov Itv.Tc'XXeiv A'jpav «Nai, tiicv», ex

ôiaxûCYjxaTOç • » wç xa\ toûto Trpoç àvaYX'/)V twv àvOpojTTOJv cô/o-

(JLEVWV.

LX. To 8' £(jL'^avèç ixccXicrra [/ïtO!; xa\ Oavar/;oopov ^tt' avrov

ô T^ç ^aaiXtiaç epws içsipyotcaTO, toï; jxèv 7:oX).oîç aÎTÎa Trponr,

Toïç S' OttouXoiç TràXai Tipocpa^iç eCiTrpeTTECTotTTj ycvojxeV/;. KaiToi

xai Xoyov xivà xaiécTretpav eIç tov or,ixov otxauTTjv Kaîaapi tt;v

Ti{j.YiV TTpOsîVouvr£< , wç £x YpajjijxaTOJV SiouXXeiiov àXioaiixa Ta


IlocpOtov i^aivoiTo 'Pojtxaioiç cùv ^aaiXei CTpaT£Uû;x£voi; hz au-

temps ,
publia , d'après les mélhodes déjà trouvées , une réforme par-
ticulière et exacte , dont les Romains font encore usage , et qui pré-

vient une partie des erreurs auxquelles les autres peuples sont sujets

sur rinégalilé qui a lieu entre les mois et les années. Cependant ses

envieux et ceux qui ne pouvaient souffrir sa dumination en prirent


sujet de le railler. Cicéron, si je ne me trompe, ayant entendu dire
à quelqu'un que la constellation de la Lyre se lèverait le lendemain :

«Oui, dit-il, elle se lève'-a par édit; » comme si ce changcmeni

même n'avait été reçu que par contrainte.


LX. Mais la haine la plus envenimée des Romains contre lui et la

véritable cause de sa mort vinrent du désir qu'il eut de se faire dé-

clarer roi. De là naquit l'aversion que le peuple commença à lui

porter, et le prétexte le plus spécieux pour ses ennemis secrets


d'exécuter leur mauvais dessein. Ceux qui voulaient l'élever à la

royauté semaient dans le public que, d'après un oracle des livres


Sibyllins, les Parilies ne seraient soumis par les armées romaines que
lorsqu'elles seraient commandées par un roi; que sans- cela elles
, , , , ,

VIE DE CESAR. '215

aux plus habiles des philosophes


cl des malhémalicieus ,

l/M(Çev ix TÛy /xeÇdôsjv mélan^'oa avec les méthodes


dtjà élablics
Ttvà îTtavdpO'jJïtv tJt'xv une cerlaine réforme propre
xsl /*5)iov itirjxpt6w/;iév*;v et rcndue-plus-exacle

>f 'Pw/xaloi yji'JjfxtJOi de laquelle les Homains se servant

fj^i'/^pi vOv jus(|u'à préseul

^oxoOvi 9^â>Xc70at semblent se tromper


moins que d'autres
iieol T/;y àvw/Ax^iay. quant à l'i néi,Ml i lé du calcul des temps.
Où ft-fiv ùlXà xal nxpstyjv cttria; Toutefois il fournit encore des griefs
TOTç j5x7xaivouj< à ceux qui eaviaient
xal ^zpuvo/x£vo(; cl qui iiorlaient-avec-peine

T^ OÛva^tv. sa puissance.
Ainsi Gicéron l'orateur,
ft<( ioi/.s Comme il paraît
TiVÔÇ ^YiT«VTOÇ AÛ/55tV quelqu'un ayant dit la Lyre
lîTiffTtX^fiv aujOtoy* se lever le lendemain :

« Nal , clnjv, jx ^lariy/iaTO; * » « Oui , dit-il ,


[Uir édit : u

ÔJ( tûv àvO/S'jjTrwv comme les hommes


ieXO/jUwcu'^ /al tojto recevant même cela
par nécessité.
LX. 'O 0! e/5Wî T-^5 ^Z7i;r'i:^ LX. Mais le désir de la royaul»

iÇct/svâyaTO îtiI aùrov produisit contre lui


la haiuo la plus évidente
xal OavKTvjydpov et mortelle,

étant devenu il-csl-vrai


TOÏÇ TTO/ioT; pour beaucoup
TrpciirTj a tri a , le premier grief,

TOï^ ci ûrtjûÀoi» mais étant pour ses ennemis-serrels


np6fx'7ii £\JT:pf:tî7zû.rr, le préleMe le plus sj>éci('ux
depuis-loni,lemps.
Kafroi xal oî Trpo^îvoOvrii Or ceux n)éme qui ménageaient
txÛtttjv Tvjv rifxr,j KaiTzct cet honneur à César
xaxésTtïi/sotv Tiva )^/ov semèrent un certain bruit
tU TÔV c</x«v, dans le peujilc,
iii*{ ex yjDa,uuâruv SiSuDd'uv que d'apri'S les écrits Sibyllins

rà DzpOtiiv ^acvoiTd \cs forces des Parlhes paraissaient


àXejTCius P^iuat'O'.; destructibles par les Romains
216 KAILAPOI BIOÏ.

Tolx;, àXXtDç dtvc'cpixTa 3vTa • xoti xataCaivovcoç i$ 'AX^r,;* Ka(-

aapoç et; xy)V iroXiv, ixoX|/.r,aav aotov àffTraaacOa'. paaiAta, Tdû

8è 8-iquou oiaTapa/OévTOç , à/0£(70s\(; Ixeîvoç oùx £^t, ^S'yiAtl;,

àXXât Kaîiap xaXeîcOaf xai Y£vo(X£vr,(; irpo; tovto 7:avT0)v çio)-

TTTÎç , où Travu «paiôpoç oo5' Euixev);!; Tzior^Sivi. 'Ev 0£ cruYxXr'Tfo

Tiixaç Tivaç uTTcpc&UEÎç aùxw '^/rj^icaaÉvojv, etu/e (jlIv urèp tÔ)v

£u.êoXa)v xa0£^0fjt.£voç *
TtpocidvTOiv oe twv uTrtxTOJv xat tôiv (jTpa-

Ty^ywv, à'ua Sa xai x/jÇ ^ouX^ç ocTrac/jÇ l7rou.£vr,<; , oO/ Cr£;a-

vaaxôcç, dXX' waTXsp îcuoTaiç Tt^l ypr,u.axi^(Ov dtTr&xpivaxo, cj-

«TxoXîjç (xaXXov, rj rpOGOÉceo); , t^i; xiaiç CEÏcOai. Kai tovt' oC

(xovov ^viaae T'^v |!louXr,v, àXXà xai xov 5r,u.ov, wç Iv tt; ^o'jÀr

XYjc; TxoXewç 7xpo7r/iXaxi^O(JL£vr,(; •


xal ttexi 5£ivr,(; xaTr,o£(a{;

aTÔiXôov eùôuç olç £;Yiv {Jir, 7rapa(/.év£iv •


w(7X£ xàxsïvov Ivvor'-

n'entreraient jamais dans leur pays. Un jour qu'il revenait d'Albe a

Rome , ces mêmes personnes osèrent le saluer du nom de roi. César,

qui s'aperçut du trouble que ce litre excitait parmi le peuple, fil

semblant d'en être offensé, et dit qu'il ne s'appelait pas roi , mais

César. Ce mot fut suivi d'un silence profond de la part de tous les

assistants, et César suivit son chemin d'un air triste et mécontent.


Un autre jour que le sénat lui avait décerné des honneurs extraordi-
naires , les consuls et les préleurs , suivis de tous les sénateurs , se

rendirent sur la place, où il était assis à la tribune, pour lui fairo

part du décret. Il ne daigna pas se lever à leur arrivée; et, leur

donnant audience comme à de simples particuliers, il leur dit (ju'i

fallait diminuer ses honneurs plutôt que de les augmenter. Le sénat


ne fut pas plus morliiié de celte hauteur que le peuple lui-même ,

qai crut voir Rome méprisée dans la personne des sénateurs ; tous

ceux qui n'étaient pas obligés par état de rester s'e/- retournèrent la
VIE DE CÉSAR. 217
0TpXTi\JOfJ.é'JOlÇ «TCt auTO'Jî faisant-campngne contre eux
avec un roi [bits
*
ovTx âAiw< àvi^txra ces forces clanl autrement invioci
xai K.X(9:(|30{ xaTa6a^.^ovT05 et César revenant
iÇ ^>6ir;{ tli TJ^V 7td/tv ,
d'Albc dans la ville,

èrôÀ/xiQffay àartiaxvôxi ils osèrent saluer


lui roi.

Too Ji ù-fitioM otarapxxOi'^TOi, Mais le peuple étant troublé,


celui-ci s'élarit plaint

8|?y] o\j Y.u.'jtï:$xt ^aatXs'Ji, dit ne-pas s'appeler roi


oiXàù KxXaxp' mais César :

y.at ciwTT^i TiâvTwv et le silence de tous


ytvofiivr,i npbi To'jzo, ayant eu-lieu sur cela,
nxp-^,/.Otv où Ttivu |»at5poi il passa-oulrc non du tout rayonnant
où^è eù/tr.'y;;. ni de-bonne-humcur.
Ey o« eruyxAiQTW Puis dans le sénat
les sénateurs ayant décorné à lui

Ttvàç Ti/iàç ÔTtîpyuîïi certains honneurs excessifs,


eTU;^« /isv xa6i^d,oL£voç il se trouva siégeant
uTrèp rûv tymSdAuv* sur les rostres :

Tûv 0£ vnxruv et les consuls

xal Tcjv arpotTriyciv et les préteurs


TzpoytÔJTu-j ,
venant-vers lui,
â/jia os xal et en méme-lcmps aussi
T^î ^ou)./;; à7tâoT75 le sénat tout-entier
é7ro/i£v>:;, les suivant,
où;( ÛTTîÇavaffTàî, César ne s'étant pas levé,
àAAà SiSTZtp xprifixxil^bit mais comme donnant-audience
Ttfflv lOtcôrati, à de simples-particuliers,
àTTSXjOivaTO rà^ Tt/iàj répondit ses honneurs
cîïdOai ffUTToii^ç avoir-besoin de diminution
aâiAov :Ç npojOijsoii plus que de surcroît.
Kal toOto :^v^affîv Et cela chagrma
ou /Xo'vOV TTJV ^ouii^v non seulement le sénat,
à>/à xal ràv S-fifxov mais encore le peuple,
Wî rr-Ç 7xdi£W{ comme la cité

Tt/90Ttl7>axtÇo/iiw>JÇ iv T>î ^ou)>5 étant outragée dans le sénat :

et ceux à qui il était-possibld


fin nxpxuivîtv de ne-pas rester
s'en-allcrent aussitôt
218 KAIÏAP02: iilOZ.

ffavxa, 7rapayp9iui.a (xèv oixaûs xpaiTEffOat y.ai ^o5v Ttp^ -roU

aCXouç , à^aYaYûvTa tou xpa-^ï^Xou to îtjiaTiw, a>< ^Totuoç cfr,

Tw pouXo|i.evw t),v (jtpaY^jV 7rap£/£iv SaTcpov cl rpo^astZ^ïoOai

r^ voaov •
ou y^ eOêXeiv tv;v aî^Crjcriv àrptoeiv twv outwç

£ydvTO)V, ^Tav t7Taa£vot ô:aX£YojVT2i Trpo; ^'/J^o^fy aAÀi c£it>-

jxévYjv ra/u y.ai 7t£picp£po[Jt.£VTr)v êÎXiyy^*^? £7riff7:ôt(76ai xai xrra-

Xa(x6av£(jOai. To o* oùx £Î/,ev outwç, dXXâc xat Travu pouXôfxs-

vov auTov u7:£qavac7T9ivai xr, jîouXr, Xeyou^iv utto to'j twv 5i).wv,

fAttXXov S; xoXàxojv, KopvTjXiou BàXêo'j xaTa(r^£Or,vai tpr^aavToç'

«Où (JL£(xvr^(r/) Kaio-ap wv, o-jo' à;iioGr£iî; wç xpsiTrova Ocpa-

7r£U£ciOai cEaoTOv j
»

LXI. 'ETTiYivETat TOUTOiç Toîç rpoaxpoucaaciv o tcÛv sry.-

apytav 7rpo7r/;Xaxicu.O(;. 'Hv (jlÈv


Y^p "/l
Ttov Aou-EpxaXtwv âop-rr \

lëte baissée et dans un morne silence. César s'en aperçut , et renirj

sur-le-champ dans sa maison; là, se découvrant la gorge, il cHait ù

ses amis qu'il était prêt à la présenter au premier qui voudrait le

frapper. Enfin il s'excusa sm* sa maladie ordinaire, qui, disait-il,

ôte à ceux qui en sont attaqués l'usage de leurs sens quand ,


fls per-

lent debout devant une assemblée nombreuse; saisis d'abord d'un

tremblement général , ils éprouvent des éblouissements et des ver-


tiges qui les privent de toute connaissance. Mais cette excusa éfiit

fausse, car il avait voulu se lever devant le sénat; et il en fut em-


pêché par un de ses amis, ou plutôt par un de ses Qalteurs , Gûrné--

lias Balbus ,
qui lui dit : o Oubliez-vous que vous êtes César ? el voo-

• lez-vous rejeter les honneurs qui sont dus à votre dignité? «

LXI. Après avoir ainsi mécontenté tous les ordres de la ville , il

fit encore aux tribuns du peuple un outrage sanglant. On célébrai»


VIE ui: ci.s.vR. 219
*
fjLtrài îttv^i xarvjyîcaî avec un luornc abattement \

dj7TC /al £/.iîV9V au point celui-ci aussi


ivvOïjTavTa /'ayant remarqué
nxpax/2^>x /xiv 6ur-lo-cliani|> d'une |>«rt
T/5X7T£aOxt o'aXOI être rcluurné ù la maison
xai ^oâv Tt^ôç Toùç yi'iouç, cl crier à ses amis ,

àrrayayôvTa rd î/A«tT(Ov eii rabattant son manteau


TjO T/3axyj).ov, Je Jestius Sun cuu,
qu'il était priît

Ttvpiyii'j Tr;v j<fuyr,-j à piéscnler la ^orge


*
Tù ^ou/o,uivM à celui vnulanl /rn/iper
v7T£poj ûi 7r/5«j>aa(Ç«aOai luais ensuite prétexter

TI^V VOTOV sa malailie :

car il disait la sensibilité

de ceux étant ainsi

oùx cOi><tv xrptfUÎVf ne-pas vouloir rester-en-rcpos


lorsfjui' se lenanl-dcboul
îtaisywvTat Ttpo; o//ov ils parlent à la nmltitudc,
mais elle agitée rapidement
xai !zspifîf>ouhr,v et eniporlée-ilans-luus-les-sens

iiznizxadxi eiit'y/ouj exciter des vertiges


x«l /.aTa/x/xSiviîOzt. et élre saisie.

Ta ûj OJ/ î'x-'*'
oÛtwj, Or cela n'était pas ainsi,
àiià xal iîyouTtv mais n]éme on dit

auTov |3ou)ou£vov Trâvu lui voulant tout-à fait

Ùir«Çxv«ffTrivai T/; jSo'ji/j se lever devant le sénal


avoir été retenu
Ùtt© tou twv ^tiwv par quelqu'un de ses amis,
/iS/iov 5c xoii/.wv mais plulùt de ses llallcurs,
Cornélius Ualbus (pii dit :

« No te s<tuviendras-tu-pas

wv K.aÎTap, étant César,


et-ne jugeras-lu-pas-conv<Miable
toi-même élre honoré
tç xpiirzovx ; » comme supérieur? »

LX.1. O iTp(mr,XoaiiaftCi LXI. L'outrage


XCài cr,u.ip/(tiv fait aux tribuns
ill(y(v£Tai vicnl-aprt'S
CCS oili-nsi's.

Hv ;*èv yà^ i^ £03t/; Car c'était la f«Mc