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ARGUMENT ANALYTIQUE /
l)B \.\ VIE W, CÉSAR.

I. I^mitié de César cl c!e Sylla. — II. César, pris ji.n des corsaire»,

les Iraile avoc beaucoup de liorlé cl les fail pendre eiibuilc. — III. Son
grand lalcnl pour réloquoncc. — lY. Sa faveur aupns du peuple.
'
V. Il fait l'oraison funèbre de sa feiumç ^JCL^^^^use ensuite Ponipéip. ^
- ^''
il place dans le Capilolc les imaL,'Cs de Marius cl de siis vic-

\II. Il 08t nomnic grand-ponlift\ On reproche, à celle

icasion, à Ciccron de l'avoir é[)argné lors de la conjuration de

Caubua. — VIII. Le sénat ,


pour cgnlre-balanccr le crédit de César,
£ait distribuer du Ijlé au peuple. — XI, César se rend en Espai;ne
on qualité de préteur. — XII. Sa coiuiuilc dans celle province. —
Xlll. Il réconcilie Pompée et Crassus. — XIV. H oblicut le consulat
par leur crédit. Conduite odieuse de César cl de Pompée. CésarJV^il
arrêter C.ilon ri le roMchc aussilôt. — XV. Sommaire dos succès <!e

César dans les Gaules. — XVI. Kxcmples de rallacbemenl qu'il

ipspirait à ses ofliciers et à ses soldais. — XVII. Comment il gagne


leur alTection. Sa sobriété. — XVI II. Première guerre de César dai.i

les Gaules. — XIX. Seconde guerre, contre Ariovisle. Il remporle


sur lui une victoire complet»;. — XX. Il passe l'hiver dans la Gaul»
cisalpine. Défalle des Belges et dos Nerviens. — XXI. Le gouverne-
menl des Gaules lui est confié pour cinq ans. — XXII. Guerre contre
'e» Usipiens et les Tencteres. Pont sur le Rhin. — XXIII. Double
expédiiion djtn* la Grand(vDrclagne. Mort de Julie, lillc de Cés ar e t j^

femme de Pompé e. — XXIV. Soulèvement de la Gaule. Défaite

d'AnliKiorix. — XXV. Révolte des Arvernes et des Carnules, sous la

conduite de Vercingétorix. — XXVI. Après une marche dillicile à

travers le u-rritoire des IJngons , César parvient à mettre les ennemis


en déroule. — XXVII. 11 oblige Vercingétorix de se renfermer dans
U ville d'Alésia , dont il fait le siège. Une grande armée vient au
secours des assiégés. César la bal , et Vercingétorix se roa^ 4 ^^'^
Vl£ DE CàSAR. 1

M ' V^
2 ARGUMEMT ANALYTIQUE.
\X yiH. Commencement de» diviiioni de César et de Pornpé**.

Pompée, nommé seul consul, reçoit de plus le gouvernemcDi de


l'Espagne et de l'Afrique. — XXIX. César fait dciiiandcr le consulat

et la prolongaliun de son gouvernement. Erreur de l'umpée sur les

dispositions des troupes envers César. — XXX. César otirc de dé-


poser les armes, si Pompée veut les déposer aussi. — XWI. 11 se

réduit à dctiiandcr le gouvernement de la Gaule cisalpine. Antoine


et Curion se rcfu;;ienl dans son camp. — XXXIj. I*assagc du Ru
bicon et prise d'Arinjinum. — XXXIII. EOrui que celle nouvelle
répand dans Rome. Fuite de Pompée. — XXXIV. Divers Rcnliraents
de crainte et de confiance dans la ville. — XXXV. César! à it

Rome. — XXXVl. en Espagne, d'où


11 [)asse il chasse les iieiit...iant«

«iti Pompée. — XXXVIl. De retour à Rome, il est nommé dictateur,

et se met à la poursuite de Pompée. Murmures des soldais. —


XXXVIII. Il entreprend de repasser d'Apollonie à Brindes dans une
simple barque. — XXXIX. Disette de ses soldais. Pompée viclorieux

ue sait pas profiler de sa victoire. — XL. César décampe, Pompée el

se laisse déterminer, malgré lui, à le poursuivre. — XLl. César


s'empare de Gomphes en Thessalie , et l'abondance est rétablie dans

^ son camp. — XLll. Les deux armées en présence à Pharsale. Con-


iiance des Pompéiens. — XLIII. Présages divers. — XLIV. Disposi-
tions des deux généraux. — XLV. César remporte la victoire. —
XLVl Ses . paroles et(sa^conÏÏùit#'^prc8 la bataille. — XL VIL Pré-
sages de Cornélius. — XLVil L Larmes de César, lorsqu'on lui pré-
sente la tête de Pompée. — XLIX. Guerre d'Alexandrie. Cléopâlre
se fuit porter chez César dans un paquet de bardes. Il la met s urvie

trdjae d'Ëgjpte. — L. Rapidiié de ses victoires en Asie. — LL Son


retour à Rome. Insolence d'Antoine et d'autres amis de César. —
LIL César passe en Afrique. Disette qu'il y éprouve. — LUI. il défai-
en un jour trois généraux et prend leurs trois camps. — .LIY. P our-
,

quoi César cua.pusa l'Anti-Caton. — LV. Dénombrement qui fait

connaître Fénorme dépopulation causée par les guerres civiles. —


LVL César défait en Espagne les fils de Pompée. Son triomphe. —
JjVIjU 11 est nommé dictateur perpétuel. Sa belle conduite depuis la
tîn de la guerre. — LVIII. 11 projette de nouvelles conquêtes et en-

7
^

ARGUMENT ANALYTIQUE. 3
Ireprcnd de grands travaux. — LIX. II réforme le calendrier. —
LX. 11 se rend odieux en voula nt se faire nommer roi. — LXl. An-
toine lui présente le diadème, qu'il refuse. — LXII. Comnoencemenl
de la conjuration de Crulus et de Cassius. -^ç^LXllî^ Picsages qui

annoncent à César sa mort. —^^LXJ^V.Ml va au sièûal^ malgré les avis

qu'il reçoit. — LXV. Billet d'Arlémidore.^ LXVI, ji^'l de César.


— /LXyiI. Brulus et Cassius se présentent devant le peuple. —
''JLXVllI. Fureur du peuple contre les meurtriers de César. —
LXIX. Mort de Cassius et de Hrulus.
,

llAOVTAPXOr

BIOE KAIIAPOS.

I. Tr,v Kt'vva tou jjiovapyr^aavTOç OuyatÉpa, Kopv-/;).iav , o><

£7r£xpaTr,ae 2uXXaç , out' eÀTiiaiv oote cpoCw ouv/;0£iç aTro^Traffai

Kaiaapcç, £Ôr,u.£u<7£ tvjv cpcpv/jV aÙTr,ç. AiTia oi Kcicapi Tr,<;

irpoç 2iuX).av (XTrE/Otiaç r, Tcpô; Motpiov oixeiotTjÇ -/jv. 'lo'jÀîa yi?,

irarpo; àoù.-^r, Ka'.aapoç, ô 7:p£oCuT£po(; cuvwxei Mapio;, £;r,;

lyE^ovEi Mapioç ô V£coT£poî, àvc']/iO!; wv Kataapo;. '12; o' urô


ttXv^Oouç çovojv £v ap/vj xai oi' àcyoXi'aç 67:0 2û)v)va Trapopco-

[jiEvoç oùx r^'(i^K^r^(JV^ y àXXà {xôticov Σpa)?;uvr,v , £1:; tov û9;aov

7rporjX0£v, ouTTioTTavu (jLSipaxiov («v*, Tau-rr,ç jxàv IxTCcOTiTv auTOv

OTTEvavTiioOciç lîiuXXaç TzapcGXEuacc' TCEpl ô' àvaipî'(7»(«ç jiouXfiuô-

(jt,£voç, Iviwv Xc^ovrcov cbç oox £^oi Xoyov àroxTivvuvai Traîoa

1. Sylla, devenu maître de Uorae et n'ayant pu, ni pnr ses pro-

messes ni par ses menaces , déterminer César à répudier Cornélie


fille de Cinna , celui qui avait exercé la souveraine puissance , con-
fisqua la dot de sa femme. La parenté de César avec le vieux Marius

fut la cause de son inimitié pour Sylla. Marius avait épousé Julie,
sœur du père de César, et en avait tu le jeune Marius ,
qui par la

était cousin germain de César. Dans les commencements des pro-


scriptions, Sylla, distrait par beaucoup d'autres soins et par le grand
nombre de victimes qu'il inmiolait chaque jour, ne songea pas à
César, qui , au lieu de se laisser oublier, se mit sur les rangs pour le
sacerdoce et se présenta devant le peuple pour le briguer, quoiqu'il

fût dans la première jeunesse. Sylla, par son opposition, fit rejeter

sa demande ; il voulut même le faire mourir. Et comme ses amis lui

représentaient qu'il n'avait pas de raison pour sacrifier un si jeune


, , , , , , , ,

PLUT ARQUE.

YIE DE CÉSAR.

I. ùi ZùA)as iittxpâ.rr}7t I. Dès que Sylla domina,


n'ayant pu
OUTC (/7t(7(y ouTC «oSoj ni par espérances ni par crainlc
ànoaitiaxt Kxivupoi arracher à Côsar
K.opvyi}.ict'j TÔv OvyxTépx Kt'vvz riornclie, la fille de Cinna,
TOJ /xova/s/iriyavTO; celui qui avait eu-le-pouvoir-absolu ,

«û>{/*eu« Trjv fsp'j/i-J u\jzyji. il confisqua la dot d'elle.


Ahlx Si YixiGicpi. Mais une cause à César
Tr,ç ÙTieyOsixi -npbi Zû/iav <le son ininiilié pour Sylla
riv Y) otxiidryjç npoç Mz^otov. était la parente avec Marius.
Car Marius le [ilus vicuv
(Tuvcôxci lov/ta hahilait-avec Julie
ào«Ày>î itUTpoi Kxiaupoi .
sœur du père de César,
*S »^» i/eydvet de laquelle élait né
M«/2io^ ô yî'j'jrepoi, Marius le plus jeune,
Siv oL-jsiiiài Kxi7xpoi. qui élait cousin de César.
ûj û£ xxpopdtuvjo^ Ûttô SJ)>a Or comme , négligé par Sylla ,

UTTO 7t/î^';0'J^ ^dvwv à cause de la iimltitude des meurtres


iv à|0x*5 dans le conuuencement
xal ûià àî/oÀia^ et par suite de Sun occupaliou ,

O'jx i^yîC7ï/;ïCv il ne-se-tint-pas-conlent


àAià /ASTieùy (i^cjTÛvyjv mais briguant le sacerdoce,
1tpQï',À0i-j cl^ T&V Or,fX0-J, il s'avança vers le peuple,
OUTTU blV n'étant pas^ncore
icâvu fieipxxtov ,
lout-à-lail auolescent
2û>Aaç /x£v ÛTTSvavTtwOslç Sylla d'abord s'élaut opposé
prépara
aurèv ixnijiîv raÛTïjç* lui être exclu de ce sacerdoce :

poui«v)d_a«voç 5è puis délibérant


njpl àvacpéjcwç, sur l'exleruiinalion de lui,
(ytoiv ÀcydvTOjy quelques-uns disant
({u'd a'avail pa« de raisoo
6 KAIZAPOZ BIOZ.

TY)XixouTov, oCiy. i'^Yi voov l/iiy a-Vrol;, cî fx-?', 7roXXoi;ç Iv tî;

Tcaiôi TOUTw Map(ouç ivopûJat. TfltuTTjç T^ç ^biv^ç lveyOe(flnrx

irpbi; Kaiaotpa, çuyvov (xev Tiva ypo'vov TcXavoifievoç ^v ^iaô^voiç,

^xXetttev iauTOV eTreixa ûi' à^^o)CTiav el; olxfav iTcpav jxtTOi-

xoaiÇd|/.£vo<; , xaxi vuxxa TrtptTriTrrei cTpaTioitatç toû 2'J)Ji.«

5iepEUV(i)jxévoiç IxEÎva zk X*'*P^* ^^ti


Toùç x£xpu(xjx£vou; CTjXXau-

êavouffiv. "^liv Tov f,Y£îJL($>a ; Kopvr,).iov*, 'Kil'yi^ ^u^l TaÀavroi;,

à^Ei'Orj, xa\ xttTaêi^ eCiOù; ètci OaXarcav, £;t7rA£'j(;£v Et; BiOu-

viav Trpbç Nixo}jn^5r,v tov ^oiciktoi, Ilap' w ôtaTpi']/a<; /pôvovoù

TToXùv, eTt' àTr07r).£a)v, àXiffXETai Trepi Ty,v 4>apu.axoûa7av ' vr,<iov

u7to TCEtpaTwv, rjôT) TOTÊ OToXo'ç (XEYOtXot; xat cxaioeaiv aTr/iroc^

xaT£/dvTU)v r^v ôoéXarcav,

II. IlptoTov (xèv oov aÎTTjÔEi*; utt' aCrrôiv Xurpa Etxoci TaXavTa,

xaxEYeXaaev wç oùx eîSo'tcuv 3v •Jjpi^xoicV auToç o* u>aoXdYT,(T£

enfant: « Vous êtes vous-mêmes, leur répondit-il, bien peu avisés

« de ne pas voir dans cet enfant plusieurs Marins. César, à qui


cette parole fut rapportée , erra longtemps et se tint caché dans le

pays des Sabins. Un jour qu'il était malade et qu'il fut obligé de se
faire porter dans une autre maison , il tomba la nuit entre les mains
des soldats de S) lia ,
qui faisaient des recherches dans ce canton et

emmenaient tous ceux qu'ils y trouvaient cachés. 11 donna deux


talents à Cornélius, leur capitaine, qui à ce prix favorisa son éva-

sion. 11 gagna aussitô^es bords de la mer, et s'étant embarqué , il

se retira en Bilhynie, auprès du roi Nicomède. Après y avoir séjourné


peu de temps , il se remit en mer et fut pris auprès de l'île de Phar-
macusc par des pirates ,
qui , ayant déjà des flottes considérables et

un nombre infini de petits vaisseaux, s'étaient rendus maîtres de


toute cette mer.

II. Ces pirates lui demandèrent vingt talents pour sa rançon ; il se

annqua d'eux de ne pas savoir quel était leur prisonnier, et il leur en


, , , , ,

VIE Di: CESAR.


awoxTivvuvai de faire-périr
TzaXôx t»3).(xoDtov, un pnfîtnt do-rpt-âge,
(fn auTOÙç oùx tx'i\> voûv , il ilitoiixn'.ivoirpaslespns-commitn,
il fii) kvopSisi TTO^^oùç 'Mupioj^ s'ils ne voient pris plusieurs M;tiiui
Iv toûtw t(û -nociSl. (hins col cnfant-la.
TaÛT>jç Ti^i ywvrjç r.oito parole
à/eX^*^'*?? 'rpûç Kalaapsi, ayant clé rapportée à César,
errant d'abord chez les Sabins
Ttwi ypô-jov (j\j-j^vbv t un certain temps assez-long
txitWTCv iatUTOv* il cachait lui :

ensuite se faisanl-transporter
S là àp^wîTtav à cause de maladie
«tç irép-xv ohlxv, dans une antre maison ,

itspinÎTtru xxrà vûxra il tomhe de nuit


<Trp%Ti'j')Toc(.ç ToO Zû»a dans les mnius de soldats de Sylla
Siepevvo}fjLivoii iy.€T-*a ri y/jjcia qui fouillaient ces lieux-là
xal TU// z^êâ vouât et qui saLsissaient

Toùç y.exp\j/iiJLivo\jq. ceux étant cachés.


û» Tre^Tstç Desquels ayant persuadé
ràv 7)-/gfj.6-jx f Kopv»5)«ov, le capitaine, Cornélius,
5uïl TaiâvTOtç au moyen de ileux talents,
àftidyj, x»l eùOùs il fut rrlà<:hé, et aussitôt

xaraêàç «ttI ôâlarTav étant descendu vers la nier,


èÇ^7r).£U7£v fî; BtOuv^av vogua vers la Bithynie
irpbi; TÔv j9ao^t/ix Kixouïjo/;^. auprès du roi Niconu'de.
Ilapà ^ ûixrpi'paç Chez lequel ayant séjourné
ypôvov où TToiùv un temps non considérable,
(ITX àTT07T>i£Uy, puis mettant-à-la-voile
àA^jx£Tai il est pris
ICepl Tl^V V^ffOV ^ap/JLXX0t)7'7'X'J près de l'île Pharmacuse
ùità «5«paTûv, par des pirates,
^îïj to'ti xaTe;(dvToov qui déjà alors occupaient
nV» Oalarrav /xeyâiotç arro/otç la mer par de grandes Qottet
««l OTtâ^tfftv àiriérotç. et des navires iniinis.
II. DpÛTOv /xèv ouv II. D'abord donc
ayant été réclamé par eux
ii»T|Oa crx07i TâiavTflf ^'une rançon de vingt talents,
xaTr/é>ajcv il se moqua
M( oùx ctôdruv comme eiuz ne sachant pas
jv r;û»{xottv* celui qu'ils avaient pris ;
8 KAIIAPOI BIO£.

rrevTTQxovTa ôcoaeiv. 'Etzh-zol tôîv Trept aurov dtXXov eU d?A)^y,»

Oia7r£(/.^a; ttoXiv £7r\ tov tÔjv ypiQaotTwv 7ropiff(y.ov, £v ivOpoWou;

(povixo)TaTOt<; KiXi^t * [xeO' Ivoç îpO.ou xai ôuoîv dxoXov6oiv iroXt-

XettjLtxsvoç, OUTO) xaTa:ppovY,TiX(ô(; cTyev , waxe Treaxwv, Oî'ixt;

dtvaTcauoiTO, 7rpo(T£TaTT£> auTOÏ; cioJTrav. 'lltxépat; 02 rcT^apa-

xovxa oueîv OEoucaiç, w^TTcp où ^poupoûixevoç, (^XXà îopu^opou-

(XEVoç utt' «ùtwv, £7ri TToXXriç àoEi'aç cuv£7rai2^e xai cx»V£*|^avà-

Ç£TO. Kal Tcoiï^ixara Ypa.j/0)v xat Xo'yw; Tivât;, dxpoaTalç ixEivoiç

ly^pîÎTO , xa\ Toùç fxr) Oauaa^ovTaç avrixpuç àiraiOfiuTou; xai

PapCapouç a7T£xaX£i, xat cùv ye'Xojti TToXXaxiç r,7r£iXr,7£ xpELtav

auTouç. Ot 5' eyaipov, à^£X£(a Tivl xa\ TcaioiS ttjV 7ra^pr,(7iav

TauTYjv V£[JL0VT£<;. 'Ûç ô' ?)xov £x MiXv-^TOu* xi XuTpa, xai çoùç

(icp£iôyi, TrXoîa TcXTjpoWaç euOuç £x tou MiXr,ffiu)v XtjxÉvoç, ItÙ

Toùç Xr,GT3cç àvT^YE'-o* ît^'i xaTaXaCwv sti Trpot; t^ vt^cw vouXo-

promit cinquante. II envoya ceux qui raccompagnaient dans diffé-

rentes villes pour y ramasser cette som;nc , et ne retint qu'un seul


de ses amis et deux domestiques , avec lesquels il resta au milieu de
ces corsaires ciliciens, les plus sanguinaires des hommes; il les trai-

tait avec tant de mépris ,


que lorsqu'il voulait dormir, il leur faisait

dire de garder un profond silence. Il passa trente-huit jours avec


eux , moins comme leur prisonnier, que comme un prince entouré
de ses gardes. Plein de sécurité, il jouait et faisait avec eux ses exer-

cices , composait des poèmes et des harangues qu'il leur lisait; et

lorsqu'ils n'avaient pas l'air de les admirer, il les traitait sans ména-
gement d'ignorants et de barbares : quelquefois même il les menaçait,
en riant, de les faire pendre. Ils aimaient cette franchise, qu'ils
prenaient pour une simplicité et une gaieté naturelles. Quand il eut

reçu de Milet sa rançon et qu'il la leur eut payée, il ne fut pas plu-
tôt en liberté ,
qu'il équipa quelques vaisseaux dans le porl de cette

ville et cingla vers ces pirates, qu'il surprit en embuscade dans la


, , , ,

VIE DE CESAR.
puis il convint lui-même
SoJisrj TrîvTyj/ovTa. d'en devoir donner cinquante.
Ensuite nyant envoyé
TÛv Tre^l «ùràv de ceux autour de lui

un dans une ville un dans une autre


,

Inl Tb-JTTopi7ubv zCi-j ypy;/xâzoiv , pour la fourniture de l'argent,


àîro)î)ej//yivo; /zirà Ijù; ^û.o\j ayant été laissé avec un seul ami
xal SvoT-j àxoXovOoiv etdeux serviteurs
iv Kt'itÇiv parmi les r,ilici<'ns
àvO^cÔTTOiî fi'Jiy.ttiriroiç, hommes trés-porlés-au-uieurlre
ft/ev ouTW xsiTXfpo'jrjrinûi, il se comportait avcc-tant-dc-mépris,
que envoyant vers eux
TtpOjiTXTZfJ XUTOXç fJlOinÛJ, il enjoignait à eux de se taire
ivixtç àvaTrxûoiTO. toutcs-lcs-fois-quc il allait reposer.
Ti73xpi/ovrx 08 fifiipziç Or pendant quarante jours
Siovaxiç SviïVf manquant de deux,
av^inxi^s il jouait-avcc eux

et s'c\erçait-avcc eux
inl no).l7,i xSzixi, avec une grande sécurité,
SiTTiSp où fpO'JpoÙflSVOi, Comme n'étant pas gardé en captif,
à).Aà cop'j^opo'jiivjoi. mais ciitouré-di'-gardes d'honneur.
Kal y^âpwv noi-^ij.xxx Et écrivant des poésies
xxl Ttvaç yôyovi, et certains discours,
l/prÎTO è/îtvot5 ùxpoxrxXç. il se servait d'eux comme audileurf
xxl à-îzâ/ft avTi/puj et appelait ouviîrlcmcnt

aTrat^cÛTOU; xxl ^xpZxpoJi ignorants et barbares


ro'Ji fi/) Oxu/zxÇovTaç (eux n'admirant pas,
xal TIoHîtXlÇ ffÙV '/iicuTl et souvent avec rire
#,7rî^X>;TC Aptjxxv auTOÛî. il menaça de pendre eux.
Oî ûè i/'xt.pn) ,
Mais ceux-ci se réjouissaient,
viaovreç raJT/jv Ti^v z^xppr^'slx') attribuant cr franc- parlcr-là
Tivl àyeJeta xal jratîcâ. à une simplicité et |)laisanterie.
û» û£ Ta iuT^a Miiis dès que l.i rançon
/xov ix Mti>5T0u, fut arrivée de Milel,
«5tl îoùç à^Jl'O/J ,
et que /'ayant donnée il fut relâché,
«wOùç n).r,p'M7xq tz/oXx aussitôt ayant éipiipé des na>ircs
i/. TOÛ ii,uévo> Mi^yjsiwv du port des Milcsiens ,

àvi{y«TO «Tri T0Ù5 >>3ïTâî* il |)artit contre les brigands :

xal xaralaSwv et ayant surpris


Iri vauioxoOvTaç -npbi t^ v>{7w , eux encore stationnant vers Ille
.

10 KAIIAPOÏ BIOI.

youvTŒÇ , ixpttTTjae TÔiv TtXiiaTûïv. K«\ xk (xlv yjnf^yMxa Xt(«x

^TTOty'fTotTO, 'wùç 5* avÇpotç Iv TTepYcip^)* XŒTaOtaevoç eî; rb ce-

au.(i)Tr'ptov, aÙTo; liropEuOr TrpbçTOv ûieTTOvra t^,v *Aatav*Iouviov ',

w; Ixe(v(|) 7rpoa9;xov ovti aTpaTrjVo) xoXdiarcti rot; Ja)j0JX0Taç

*Ex£ivou 51 xoti Toîç ypr^ixadiv Iro^OaXjxuSvTOç (r,v


y^P ^^'^

^Xi'ya) xa\ Trepi twv aîyjjLotX(OT(»)v oxÉ'j/saOat ^aCTto>Toç ^tti cyo-

X^ç, yatpEiv ^otao^ auTOv 6 Kaïcap el; népYajXOv w^^'o» 3ta\

TrpootyaYwv roùç XifjfTTiç ârctvTaç (îvEdTaupoxTfV, oj^rsp auToîç

80XC0V Tratî^eiv £v tîj vi^cw TcpotipT^xe». TroXXaxiç.

III. 'Ex Bï TOJTOU, T^C 2uX).at 5uVa{X£u)^ TÎ^T, jJLipOtVOOtVT.qxai

TÔiv oixoi xaXouvTwv auTOv^ETiXEucev £Î; 'Po5ov • [Itti -r/^o/^v] rpi?

AtcoXXcoviov*, tov tou MoXwvoç, oô xa\ Kixepwv r,xpoÎTO oo^i-

(TTSUOVTOÇ £7ClCpaVc5; Xai tov TpOTTOV ÈTCUIXOUÇ Etvai OOXOÔVTOÇ.

AsycTai Bï xai <pvvai Trpoç Xc^youç TroXiTixoù; ô Kaîcap apitira,

rade même de IMIe ; il en prit un grand nombre et s'empara de tout


leur butin. De là il les conduisit à Pergarae , où il les fit charger de
fers , et alla trouver Junius , à qui il appartenait , comme préteur
d'Asie, de les punir. Junius , ayant jeté un œil de cupidité sur leur
argent, qui était considérable, lui dit qu'il examinerait à loisir ce
qu'il devait faire de ces prisonniers. César, laissant là le préteur et
retournant à Pergame, fît pendre tous ces pirates , comme il le leur

avait souvent annoncé dans l'île , où ils prenaient ses menaces pour
des plaisanteries.
III. Comme la puissance de Sylla commençait à s'affaiblir et que
les amis de César lui écrivaient de revenir à Rome , il alla d'abord
i Rhodes pour y prendre des leçons d'Apollonius Molon , celui dont
Cicéron avait été l'auditeur, qui enseignait la rhétorique avec beau-
coup de succès, et qui d'ailleurs avait la réputation d'un homme
vertueux. On dit oue César, né avec les dispositions les plus heureu-
, ,, , , , , ,

VIE DE CESAF. 1t
ty.pdrvin vénv njiiiruj. il s'empara du plus grand nombre.
Kat iwot>|7aTO fiiv Et il fit, d'une part,

ri yp^^tfixra ltlv.j <lo l'arijent uno proie,


y.ixraGiu.evoi; Sk toù; v.jSpu.q <lo rniiiro ayant (Ij^pusé les homme»
tlq rà StTficori^ptev èv Ueoyv.txy d.-ins la prison à Per"ame
tKoptxjOvi aùràç Trpiî rov laùvtov il alla lui-nK^nio vois Jimius
qui ijouvornait l'Asie ,

cî); Trpo<rr,xov èxetvb) conuiie coiiMMiaiU à lui

ôv-ci (Txpa'nriY^) qui était préteur


xoictjai Toùç îaAwxoraç. do punir coux ayant élà pris.
Mais colui-ci
et couvant-des-ycu\
TOÎç yp/ifj.a.vf* l'argent
(^v yào oùx i/t'ya) (car il était non peu-considérable)
xal ^ây/ovTOç et répétant

7xipt7dxi iizl Tyor/\^ lui devoir examiner à loisir

nspl Tûv aî;^^uaAwrwy au sujet des prisonniers .

ô Ka7j3t^ îâaaç aùrôv yv.icv.i César ayant laissé lui se réjouir

w^STO îîî UipyxiJ.o-j s'en alla à Pergame ,

xal irpox'/aywv et ayant fail-sorlir


aTravTaç toùç )>j7Tài tous les brigands
àvejTaûjOWTev il tes fit-mctlre-en-croix ,

ÛTTTîp rcpoiip-^/.ii ajTorç comme il /'avait dil-d'avancc à eux


îToAÀâxtî èv t:^ v»JT« plusieurs-fois dans l'île

ooxâiv TrxtÇftv. paraissant plaisanter.


m. 'E/. ûi TOJTOJ, 111. Mais aprrs cela ,

tt|$ Ôuv«/accj$ ZÛ)Jz la puissance de Sylla


fixpoi.ivo/xijr}^ r,Qr, se Uétrissant déjà
xal TÛv o'xoi et ceux du dedans de Rome
xaioûvTWv aùrôv appelant lui

£7r){U7£v êiî Pdôov il navigua vers Rhodes


[inî o^o/yjvj [pour l'école]
npèç ATro/).'jjvtov, vers Apollonius
TOV TOU Md/wvoj \cfth de Molon,
ou iJOÇ'lJTfiÛOVTOÇ fiTtlSXV&ii duquel professant remarquablement
xai ^oxoOvTOf sivai et passant pour être
knituLOÏ/i TOV rpoTzo'j honnête de mœurs
xal ILixipwv yjxposcTO. Cicéron aussi était-disciple.
O ûè Kxlffxp >é-/JTac Or César est dit
x«l çwvai âpiffTX et être dc Ires-beureusemenl
12 KAIZAPOÏ BIOZ.

x«\ 5iarov9;(Toti otXoTiuorotTa i^y çuiiv, fî)Ç ri îeuripclot fl^/

«or)p(TO); ?/eiv , to c^ 7rpo)TEÎov , Stzuk tt; Sovauci xa\ toîç Snkoiç

veÎTO T^ç Iv Ttjt ).ey£iv ceivoTr,TO<, Otto arpaTeiwvxal ';ro).iT£taç.

^ xaTe/.Tr'aaTO tv;v f.yîaoviîv , ovx I;ixo'/evo;. ACto; o* ouv

CcTîpov £v xr, Trpoi; Kix-'pojva TTEpl Karrovo; àvTiYp^'î'7, rapai-


TsTTai |7.yi
cTpy.TKOTf/.oô )>o'^ov dvcpoc (ivT£;îTa^Etv Trpôc; C£tvoTr,TOt

^•/Topo; eu'^uoîi; xat (ryokry iT:\ toô'to 7ro).).7;v avovTo;.

IV. 'E7ravc)/J(ov o'eU 'Po')'xr,v , AoAoÇî'/.Xotv ^xptve xaxw<T£o)ç

tTTapyiotç, xat TroÀXal oIttÔ ty;!; 'R/)»aooç twv ':ro)>£(/)v [xaprupiaç

ajToi TrapETyov. '0 t/iv ouv AoXoÇe'aXœ; àrio'->y^ tv;v cîxr,v. 'O
ûs KaTcap, àaeiêo'ixEvoç tyjv *EXXa$a tv;ç TrpoOuuia; , cuvtjYO-

pEU(7£v aùr/) rioTrXiov 'Avxoiviov Siwxou^ttt; Swpoôoxia; , IttI Aeu-


xouXXou Tou Mapxou Maxôûoviaç cTpaTr^you. Ka\ tocoûtov

ses pour l'éloquence politique , avait cultivé avec tant de soio ce


laleot naturel, que, de l'aveu de tout le monde, il tenait le second
rang parmi les orateurs de Rome; et il aurait eu le premier, s'il

n'eût pas renoncé aux exercices du barreau ,


pour acquérir par les

talents militaires la supériorité du pouvoir. Détourné par d'autres


soins, il ne put parvenir, dans l'éloquence, à la perfection Ters
laquelle la nature le portait ; il se livra uniquement au métier des
armes et aux affaires politiques, qui le conduisirent enGn à la

suprême puissance. Aussi, dans la réponse qu'il lit longtemps après


à l'éloge que Cicéron avait fait de Caton , il prie les lecteurs de ne

pas comparer le style d'un homme de guerre avec celui d'un ora-
teur excellent, et qui s'occupait à loisir de cette sorte d'étude.

IV. De retour à Rome , il accusa Dolabella de concussions dans le

gouvernement de sa province , et trouva dans les villes de la Grèce


un grand nombre de témoins qui déposèrent contre l'accusé. Cepen-
dant Dolabella fut absous; et César, pour reconnaître la bonne
volonté des Grecs, plaida contre Publius Antunius, qu'ils accusaient
de malversations , devant Marcus LucuUuSt préteur de la Macédoine.
, , , , , .

VIE DE CESAR. 13
itpài ).dyouç ixoXtTixoiii, pour l'éloquence politique,
cl avoir Iravaillc son naturel
©tioTt/iOTara, avcc-la-p1u8-gran«le-éniulation
au point «l'avoir

àSy;pir(,)i ri Si'JTCpeXoi^ sans-conlnMJii le second rang ,

àfel'jxi ôi t6 Tr^cureTov ,
et d'avoir renoncé à la priinauic,
étant plus occupe
à ce qu'il fût le premier
T>J Juvâaït xkI roTî é;rJiotî, pjw la puissance et les arnies,

eux èÇi/o'uevoj n'étant [)as arrivé


à. ce point d'Iiabilelé dans le parler
Kpàç OTiip vj fùviç CyyjyiÏTO ,
vers lequel la nature /e conduisait ,

uizà arpxTiitHv à cause des cxpéilitions


xx\ no)iTiixç, et du li\'iin-de-vic-poliii(jue

TJf xxreA7Tn7y.T0 ti^v ^yî^aovtav. par lequel il obtint l'cinpirc.


Auràç 0£ ojv uvnpov Lui-même certes plus tard
dans sa réponse sur Galon
itpès Ki/.ip'ji'jx a Cicéron
KxpxiTsXrxi IJ.Y) àvTsÇcTocÇîiv |)rie de ne pas comparer
)rf-/ov àvJ.'yà; ffrpxTiwTt/oy la parole d'un homme de-guerre
"npbi csu6Tr,rx avoc riialtilclé

pi^ropoi «ùjjuoûç d'un orateur bicn-doué-par-la-na turc


xal âyoJ7o; ItzI toûto elemployant pour cela
ItoXXrjv <iyoli/,-j. beaucoup de loisir.
IV. E7rav£>9wv Ji eJç 'Pw/*>jv, IV. Ltanl revenu à Rome
Ixpivs Ao/oSiiiav il accusa Dolnbella [men?
xaxwffïw; tTtxpyJxç, de prévarication dans son gouverti- -

xal 7ro).).al twv Tro'Aîwv et plusieurs des villes


àïrà t:^; 'FA'jxùoi de la Grèce
nxpivyoj auro"j fMxp'Tvpixi. fournirent à lui des lémoigoages.
'O fjLtv oZv So).oèéyÀxç Cependant Dolabella
ànifv^s r/;v our,-^. échappa au cliàtinient.
O Sk Kxïuxp Mais Gésar,
ifiti&ôixsvoi rriv 'E).Xiix récompensant la Grèce
ttJç izpcd'j/iîxi f de son empressement,
9vvtjy6peu7c-j aÙT»î défendit elle
otwxoûïv; Supoooxixç qui poursuivait pour vénalité
U^^iov AvTwvtov Publius Antonius
hi ToO Afv>xoû»ou Mâ^xou devant Lucullus Marcus
•T^KTTjyow Maxiôovtaç. préleur de Macédoine.
14 KAI2AP0I BIOX.

ta^ufftv war» tûv 'A.vtwviov ^TrixaXeTaaOai tou; ÎT,aap^ouc

ffXTj^atxevov oùx £^/_eiv to Tjov iv t^ 'EXXaoi rpo; 'tXyvTjVaç. 'tv

8à 'Piofty) TToX/v:?) jjiâv IttI T({i Xoytj) Trepi xi; cuvTjYOf i«Ç oôto"

•/apiç IçsXaiXTTe, TroXXr) $à r7;ç Trepl xi; ^e;t<tfOciç xai 6(xiX{otç

cpiXocppocjuvTjÇ eovoia irapà twv Sr,{xoTwv à7r/;vTa, OspaTrrjTixcâî

Trap* f,Xix(av (Jvtoç. ilv Se tiç xa\ dcTro Seitti^wv xai Tpa7réÇ>)ç

xal ^ojç t9;ç TTEpi ti^jv ôiaixav Xa(A7rpOTr,To; ao;avoa£vr, xaxi

{jLixpbv aCiTÔî Suvaai; eît; x^jV TroXixetav. "Hv xo rpûixov oî ^60-

vouvxEç , ûîû(jL£voi xa/ù, xwv àvaXu)|/.àx(ov £7riXi7rovxo)v , c;txr,Xov

£a£cOat, 7r£pi£0)3wv àvOouaav Iv xoîç iroXXoîç* ô^j/l 0' tjsOovxo,

|X£YaX-/)ç xai Sucavaxp£7rxGU y£vo|X£V/;ç , xai ^aCiî^ouG-/;? avxixpuç

ettI xV "^(^"^ ^wv (X£xa6oXr,v , wç oOoEjxiav à^yr^y Tz^fOc^yLXZùti

vjyrjXEOv {xixpàv , o-ou* xa/u ttgisT ixsYOtXrjV xô £vo£A£/£; , Ix xoû

Il parla avec tant d'éloquence ,


qu'Anlonius ,
qtii craignît (Tëtre con-

damné , en appela aux tribuns du peuple , sous prétexte qu'il ne


pourrait obtenir justice contre les Grecs dans la Grèce même. A
Aome, les grAces de son éloquence brillèrent au barreau, et lui

acquirent une grande faveur. En même temps que son aûabiliié &a ,

politesse , l'accueil gracieux qu'il faisait à tout le monde qualilée ,

qu'il possédait à un degré au-dessus de son âge , lui méritaient l'af-

fection du peuple; d'un autre c6té, la somptuosité de sa table et sa


magnificence dans toute sa manière de vivre accrurent peu à peu
8on influence et son pouvoir dans le gouvernement. D'abord ses
envieux ,
persuadés que faute de pouvoir suiïjre à cette dépense
excessive, il verrait bientôt sa puissance s'éclipser, firent peu d'at-
tention aux progrès qu'elle faisait panni le peuple. Mais quand elle se

fut tellement fortifiée, qu'il n'était plus possible de la renverser et


qu'elle tendait visiblement à ruiner la république, ils sentirent, mais

trop tard, qu'il n'est pas de commencement si faible oui ne s'accroisse


, , , , ,

vu: DE CESAR. 15

El il fut-puissant tellement
biJTt TOv A'JTCtiVlOV au puiiil Aiiioiiius

CD avuir a[)[)clc aux tribuns,


ayant allégué
O'JK i/jiv TO r^ov AC pas avuir la partie égale
«v T-Pj 'E)>aot Ttpbç 'EX^yivxç. dans la Grèce contre des Grecs.
Ev Sk "PùJ/xy; Cependant à Rome
une grande fa\oar d'une pari
éclatait
«TTt Tû ioycj auToO à cause de l'éloquence de lui

7t«pi Ta; 7\Jvr,yopiui dans les déieiibes


uoXXy) ôt «uuoca etde l'autre une grande bienveillance
àîniJvTa se rencontrait
Tra^à Twv Srjfioxciv du cùté des gcns-du-pcuple
Tri; fûoyno7{jvrii à cause de sa familiarité
TTcpï Ta» ôsÇicôaitç en-fait-dc poignées-de-main
et lie Conversations ,

OVTO5 OîpxTreuTtxoû lui étant courtisan


irapà i^>ix(av. au delà de .vo» âge.
Ti; ûi oOvz/xt; De plus une certaine puissance
^v aùrôj était à lui
Ct{ Tl^V 7T0/lTffa» vers le gouNcrnement
aùÇavo//iv>j xaTà fiupàv s'augmentant i)eu-a-pcu
XXI àirb ôîtTTvwv xal T|5xit<Çv;î et par sfs repas et par .«a table
Xal O/WÇ T»JÇ ia/i7CpÔTï7TO{ et en-général par l'éclat
Ttepl Tiiw oiaiTav. de son geiire-de-vie.
Uv TÔ npcSTO)» Laquelle puissance d'abord
ol yôovoyvTeî ceux qui /'enviaient
otôfuvoi iynOxi rayy èÇtTïîiov, pensant devoir être vile évanouie ,

Tûiv àvXMtifJiXTUiV t^L^CnJVTOiV ,


les dépenses ajraul manqué
négligeaient
àvOoÛTxv èv TOtç TioÀ^oTs* tlorissanlc dans la multitude :

ifJjflovTO ôè ô'^i y mais ils s'aperçurent tard


"j/lVQ/jiijrii; /xf/XArti elle étant devenue grande
xal JuffavaTf éwTOU, et dillicile-a-renverser,
xal paûiÇo'Jar;ç âvTtxpuç et marchant ouvertement
tffl T17V /iitTaêoirjv TÔiv Sicov , au ciiangcment de toutes tes ujjuves,
w< i^-/J7Tiov fxixpxv que il Ht faut juger petit
O'Jtjtfiixv xp-j^tiit npx-^fi.xTOi aucun conuucncement de chose ,

lno\i Ta ivQuixki puisque la continuité


IG KAIIAPOÏ BIOZ.

xaTa^povy,09;v2i to (a*); xoj).uOr,vai XaCovaov. 'O f(Ky irpoiroç

67ri2c'cOai ccxtov aùxou xai ^o€r,Oy,vai tyjç itoX:tc(«ç , w-rirep

ôaXaxTTjÇ , TOC ciaYtAwvxa , xat t),v £v Ttji ^lAotvOpojTrw xai iÀ3p<j>

xtxpu|JLix£vr)v Seivor/ixa toû i^Oouç xaTajxaOojv Kixcpoiv £)v£Y£ voî;

dtXXoiç éc7:affivl7riGo'jX£Oji.aciv aoTou xal TroXixeuaaai Tupavvixi^.v

^vopSv ôiotvoiav « 'AXX' ^xav , ^^ , t);v xo|xr,v OfSxo) Siax£iu.c'r/;v

TTEpiTxtoç ÎSo) xàxEÎvov £v\ GaxxuXw xvojixrvov * , oij aoi coxei

TraXtv OOTOÇ fivOpojTXOç £?ç vouv av ItxÇaXEcOat tt,Xixo~xo xct/.ôv ,

àva(peciv xv;? 'Po)(jLa((ijv TroXix£(aç. » Tauxa (xiv cuv oaxepov.

. lo'j ôc è/){jLOu rpojXTjV (Ji£v tt^TOOEiçiv xr,ç Trpoç auxov ixrfAOi^

IfXaêev, ^T£ Trpôç Fociov nort'Xiov Èpiaaç Girsp yiXiap/iaç Trp^

xepoç àvTQYOps'jOTT SsuxEpav ol xai xaxa^xvECTEpav , ^x£ , x9;ç

Mapiou "^iivcuxo^y 'louXiaç, d7xoOavouc7)<; , àctX^iSovç wv aùxTjç

promplement par la persévérance ,


grâce au mépris qui a empêché

qu'on n'arrêtât ses progrès. Cicéron paraît avoir clé le premier à


soupçonner et à craindre la douceur de sa conduite politique, qu'il

comparait à la bonace de la mer, et à reconnaître la méchanceté de


son caractère sous ce dehors de politesse et de grâce dont il la cou-
vrait. « J'aperçois, disait cet orateur, dans tous ses projets et dans
« toutes ses actions des vues tyranniques ; mais quand je regarde se?
cheveux si arlislement arrangés ,
quand je le vois se gratter la léte

« du bout du doigt, je ne puis croire qu'un tel homme puisse conce-

« voir le dessein si noir de renverser la république. » Mais cela ne


fut dit que longtemps après.
V. César reçut une première marque de l'affection du peuple, lors-

qu'il se trouva en concurrence avec Caïus Popilius pour l'emploi de


tribun des soldats ; il fut nommé le premier. Il en eut une seconde
encore plus évidente, quand , à la mort de la femme de Marias , dont
, , , ,

ViE DE CESAR. 17

Hiit vile /ui ^rand ,

ayant reçu le ne pas élre empêché


Ix Tou xaTaypov/jO/Jvat. du lîlrc moprisé.
*0 youv Kuipbiv Du niuiiis Cicci'un

SoKÛtV ItpCiTOÇ paraissant le premier


Û7Tioî;0ai avoir soupçonné
xxi (fo&rjOfitxi rà otaysAûvra et avoir cruinl les dehors riants

Tiiis nOMTiiXi aUTOO, du gouvernement de Wi


Ûisnîp QulÛTTriç, comme de la mer,
xal Ka.TXfj.xOuv et ayant compris
lu dureté du caractère
Xi/.p\Jfiiiivr,v caclice
iv TÛ ^(/avOpciÎTCcjj xal iXxpiJ %o\x&\' apparence humaine et enjouée
£A«7««èvo|5âvotâvotav rvi^avvtx-^v disait voir une pensée tyrannique
xn-j.Ui Toï; â//oii iKiZo'jXîjuxst dans toutes les autres résolutions

XXÏ Tlo'/.lTiÛ/XXHJ aUTOO* et mesurci-[)olili{]uos de lui :

« ÂÀ^à, i'f/jf OTxy (Jea « Mais, disait-il, quand je vois


T/jy xd^a/jv oiaxei^uév/jv sa chevelure arrangée
si supérieurement
xal ixilvoj xvoJ/Asvov et lui se grattant
(vl «axTJ/u d'un seul doigt,
irâAiv ojto; à xvOpùtuoi de nouveau cet homme
ou yuot ooxi7 ne me parait pas
ay t/xëx).é7Ûa( £({ yoûv devoir s'être mis dans res[)rit
T>3AixojTO xaxoy, un aussi grand mal
àya(|9£7(y la destruction
T^i TtOÀlTSixi 'r&j/xxîwv. «"
du gouvernement des Romains. »

Tay-ra /jtèv ouv Ces choses du moins


UffT«/50y. furent dites plus tard.
V. 'EAaêi oi V. Mais il reçut
lt/5WT>jy /xèy àrtoociÇiv d'abord une première preuve
Tîîî «ùyoï'aj ro\J or,fj.o'Ct de la bienveillance du peuple
vpbi aùrov, pour lui

5t« ipiixi lurs(]ue ayant rivalisé


Wlip y^ù.ixpyix^ pour le tribunat-mililaire
ttpbi Faioy Uotûàioj avec Caius Popilius
à-ji^yopeùO/) Tzpàrcpoi' il fut |)roclamé le premier .

ovjzipxv oc puis une seconde


k.tt KxrxfxvsvTÎpx'j , et plus éclaiante,
lorsque, Julie,
Vit D£ ClSAA. 2
18 KAIIÂPOI 13IOI.

èY>tw(xiôv Te Xa|x:rpôv iv àfopôf otr,/.Oe xai ict^i t^v 6c^pop4«

èroXji.7,ffry eîxova; Mctpioo TTpoOéaOai,TC>TC TcpûÎTOv d^Ottaaç (xeià

r>,v ^Til iuXXa 7coXiT£iav , 7coXc{xi(ov TÔiv ivopci» xf tOcvtwv.

'EttI tout(}) y^P ^v{o)V xaTaÇoTjCotvTOJv tou Ka(cotpo<, 6 ô^|xoç

àvT>^^y,ai ÀafXTrpôiç , 5fi;apL*voç xpoTW xai 6au(xa<7aç uxirctp i^

5oou ûicc ypovojv TTOÀXwv ocvdtYOVTa xiç Mapiou Ti|xi; et; Tr,v

TCoXiv. To |X£V ouv IttI -pvaiçl TcpecCwrepatç Xoywç iicira^iouç

oi£;tévai Tcotxpiov TjV 'Po>ixa(oiç** veaiç ô* otjx 2v £v eOei, TrpwTOi;

eiTTS Kaïcap e-rri Tr,ç éavrrou yuvaixoç aTroOavoucr.ç *• xai tcôt

^vsyxtv aoTO) yctpiv xivà, xai CM'*^tr^uxLyu)'fr^cl xw TraOci xou;

-TToXXvOuç w; v^jxepov àvSpa xai Trepitxeffxov r)6Qoç ayaTiav. Bxj/aç

oè xr)v yuvaïxa, xafxi'aç eîç *IÇr,piav* £vl xûv ffxpax7,Y*»iv, BcTEpt,

cuvEÇTjXOcv , ôv aoxov x« xijxûiv àel oiexéXeae , xai xov ulbv ttcxXiv

il était le neveu, il prononça avec beaucoup d'éclal son oraison funèbre


dans la place publique, cl qu'il osa faire porter à son convoi le«
images de Marius, qui n'avaient pas encore paru, depuis que Sjlla ,

maître dans Rome, avait fait déclarer Marius et ses partisans enne>
mis de la pairie. Quelques personnes s'étant récriées sur cette aa-
dace, le peuple s'éleva hautement contre elles, et par les applau-
dissements les plus prononcés témoigna son admiration pour le

courage que César avait eu de rappeler, pour ainsi dire , des enfers
les honneurs de Marius, ensevelis depuis si longtemps. C'était de
toute ancienneté la coutume des Romains de faire l'oraison funèbre
des femmes qui mouraient â^ées; mais cet usage n'avait pas lieu

pour les jeunes femmes. César j&it le premier qui prononça celle dsS

k sa feraine,i:i "i 1' f 1 1 jiune. Cette innovation lui tft honneur, loi con
Icilia la laveur publique et le rendit cher aupeup'e, qui vil dans celte

mensibililé une marque de ses mœurs douces et honnêtes. Après avoir


fait les obsèques de sa femme , il alla questeur en Espagne sous le

préteur Yéter^ qu'il honora depuis tant qu'il vécut, et duot il oomma
, , , , ,

VIE DE CESAR.
la femme de Mariiu
étant murle
lui élaat neveu d'elle
àiviJ.Oi Ti èv U'/opôL et il prunuiiça sur la place-publiq::'-

Xa/jiTtpb-j è'/xw/xtov UD brillant cluge


Xat JTûi/*/Jffî TTÎ/li zr,j t/.-^Op'X-é et il osa à son convoi
npoOizOxt ti/.6iv.i }i\xpiou fair«>-pori(r K-s images deMariua»
ofOtia^i TOT» npôJTO» vues alors pour-la-promière-foi«
ttjrà Tr,j 7ro/iT«iav irri Sû».a, depuis le i;i)u\criiement sous Sylla ,

les honinji's de ce parti


ayant été jugés ennemis.
'Ettî TOJT'-J yàp ivi'wv Car sur ce quelques-uns
ayant crié-contre César,
le peuple répondit avec-éclat,
Si^xixvjoi y.pôxoi /"ayant reçu avec applaudissements
xat daD/Aàaof et /'ayant admiré
biiTtsp àvâyavToc comme ramenant
Jtà y^pojdiv iro).),ô5v après des temps longs
iÇ âèou ct$ T/;v ttÔ^i» de l'enfer dans la ville

Tiç Tt^uiàç Maptou. les honneurs de Marins.


Certainement le prononcer
des oraisons funelires
sur des femmes âgées
^v nirpioj Pw/xaioti* ilait d'usage-anlique aux Romains :

oùx ôv ôi èv (d£( mais chose n'étant pas en usage


pour les jeunes femmes.
César le premier parla
èict T/jj yuvatxoj éauroO sur la femme de lui

étant morte :

xat roJTO >fvîy/îv auroî et c«'la attira à lui

Tivà ;(acptv, une certaine faveur,


xjcl ffuveû»;/xa-/w-/>7ff£ toj 7Tx6'tt et excita par la sympathie
Toù^ itoi/oùî àyaTriv la niullilude à aimer lui

W( avopx r,fxtpov comme un homme doux


rxï ntpifiivrov :?6ou^. et plein de moralité.
6x<|<Z4 oj Ti^v yuvaîxa Mais ayant enseveli sa femme,
il partit (|uesleur
ili ï€r,plixvy D«Te/5t, pour l'Espagne avec Véter, ,

un d<^s pnHeurs
lequel et il coolioua toujours
ÎO KAIiAPOZ IiI02.

oùtck; ap/wv rarxcav iTzoir^ii. revdjxtvc/Ç û* aTrô ty;; ip)^^ç ix*t-

v/jç, TpiTr,v TQYotYtxo ifuvsîza, Iloairr/iav , {/_wv ix Kopvr/îaç

ÛuyaTepa t->,v CffTspov no(JL7rr/!o) Mayvw Y^JJ^T^Oeicav. Xpojjx£vo<

Oâ Tai; oaTCavaiç à^eiotoç, xai ooxôiv |jiv i^'/îjxEpov xa'i ppot/£tav

avTixaxa^XaTTeaÛai (xeyaÂojv àvaXojaaTOiv 6Ô;ay^ ùvotjaevo; ôè

Taîç àX/jOeiaiç xi (jLeyi^xa (jiixpwv , ^('(ix'xi , Ttptv eîç ip/j^v Tivot

xaOïcrxaaOai ,
^tXicov xai xpiaxociwv fiwLcOzi ypéwîpciÀiT/iÇ tï-

XavTwv. 'EttsI 8* xouxo ixèv , ôoou x^; 'A.7r7cîa; aTroOci/OÊiç cri-

(AsXrjr/jç , TratxTToXXa y p-z-u-axa 7rpoaavàXt»>a£ twv iauTOj touxo

S', (XYopavojxwv, ^euYV) {xovojxa/ojv xpiaxocia xai £Ï/.o<7i 7:ap£c/e,

xa) Taîç aXXaiç repi xà Os'xxpa x»i TTouiTràç xaî càTT/a "/^pv;-

Yiaiç xai uoXuxeXeiotK; xàç Trpo ajxou xaxsxXuas 3»iXoxia(a<;

le fils son questeur, quand il fut parvenu iul-mdme à la préiure. Au


retour de sa qucslure, il épousa en Iroifticmes noces Pompéia; il

avait de Cornélie, sa première femme, une tille, qui plus tard fui

mariée au grand Pompée. Sa dépense, toujours excessive, faisait

croire qu'il achetait chèrement une gloire fragile et presque éphé-

mère; mais, en réalité, il acquérait à vil prix les choses les plus

précieuses. On assure qu'avant d'avoir obtenu aucune charge , il

était endetté de treize cents talents. Mais le sacrifice d'une grande

partie de sa fortune, soit dans l'intendance des réparations de la

voie Appienne, soit dans son édililé, oii il fît combattre devant le

peuple trois cent vingt paires de gladiateurs; la somptuosité des

jeux , des fêtes et des festins qu'il donna et qui effaçaient tout ce

qu'on avait fait avant lui de plus brillant, inspirèrent au peuple une

telle affection ,
qu'il n'y eut personne qui ne therchât à lui procurer
, , , ,, , , , , , , ,

v 11, l)K CHSVR. 21

TlflSlJ V.JT'iJ honorant lui ,•

rai r^Hrj «yràç ûpy^tav et à-son-lonr lui-mdme rommand.int


ircolrini rbv uîèv rautav. il fit son lils quosteur.
rcvrfyncvo? Si Puis étant soili
àitb h€ivr,ç r^ç ocpyftit de cette charge-là
h'/i'jt'O tfiinnv yuvaïxa il prit pour troisième fomme

Uounr,(x-j Poni|>cia

éx«v £/ Ko/9Vïj)i/«î OM'/azipoc ayant de Cnrnélic une fille

ril'j yy:jjLr,0îT7Xv vjzspov celle ayant été mariée plus tard


Uoij.Ttr,tu Mâ'/vw. à Pompée le Grand.
Xpû/jiîvoi Si scftiSSiç Or se servant sans-ménagement
des dépenses
xxl Soxûiv fih et paraissant il-est-vr;ii
rccevoir-en-échangc
de grands frais

îdÇav ?y>{,u£oov xal ^paye'y.j une gloire éphémère et courte


Tocï^ Se à)./;Oî^at{ mais dans la vérité

&)voj//£vo; rà /Aiytffra achetant les plus grandes chose*


fiirpôi'j par de petites,
Xi-jSTXt yrnhOxi yps(^<f!Ùl-:r,^ il est dit avoir été débiteur
yiXiùiV X5Ù rpiccy.OJtùtv tx/kvtwv, de mille et trois-cents talents,

ir/slv xaOt'yrayOat avant de se constituer


sTç Ttva àpyT^v. en queli]ue charge.
Eirel 5è toOto /xèv, Mais comme d'une part,
à7to5£t;(0îtî £:tt//£).rîTi^S ayant été nommé intendant
Trîç é?oy ATrTitaç, de la voie Appienne,
il dépensa-en-outre
yp^^lXXTX 7tâjU7T0)Ja un argent trcs-considér;ible
TWV ixuToO* de celui de lui-même;
T9ÛT0 ûj, à-/opa'JOfi&v et que d'autre part, étant-édile
nxpijys il fournil
rpi7.y.67ix xal e'xOTi Ç«ûy>3 trois-cent et vingt paires
de gladiateurs
xal xaTC/.).u7C et q«'il submergea [cffuça)
ràç yiioTi/xiaç itpè «ùroû les libéralités (/'avant lui
TaTç â)>atî yopr^-jixii par les autres frais-de-féles
xal woiuT£),etat{ et somptuosités
tripl Ta Oixzpx relativement aux théâtres
xat iro/uiTTà$ xal Octïrva et aux cérémonies et aux festins

«lîO.JXC TOV O^/AOV il disposa le peuple


,

22 KAIIAPOI BIOS.

oCxti) CitOr,XE Tov cr,u.ov, o>; /.«iviç {jl^v ^p/otç, xottvdi^ 2è Tt|4.à<

VI. AuEÏv 5' ûùaôiv £v TY) TTO^ei oraTEwv , ty.ç (xiv iiro SuXÀa
-f {A^Y* 5uva(ji£vr,(;, ttjç ô£ Maptavr,? , r, TÔre xaTirrTjjrei xal

"/ Si^aTraffTO, xo(xi5ri xaTrcivi upaxtou^ra, rauTr.v àvappo>77.i xot\

^ TrpoaYay^^JÛai fiûuXofjitvo; , £v xaîç àyopavofAixaiç cpiÀvrijxîai^

àx|x:^v ij^ouaatç eixo'vaç £7roir,7aTO Mapiou xpu^a xai Nixo^ Tpo-


Traioçopouç , Aç (fispojv vuxtoç £iç to KaTTiToV/iov av£'3T7;'Tîv.

"Ajxa 8' "^jtAEpa Tolç OcaaaiASvou; {xapaaipovTa Travxa /.p'J^ôi xai

tI/VT) XaT£(IXE'ja<Tf/£Va TTEpiTTlo; ( OlEOT^Xou oà YP*.'''^f^*^'


**

Kifxêpixà xaTOpOojaaTa* ) Oâ;/€oi; £(r/£ tt.ç TO^ar^ç tovÎ àvaOEv-

Toç* où yàp ^v aûr,Xo(;* xa/u Se TTEpiitov 6 Xo^oç Y;Opoi^ Travxaç

avOpwTTOUÇ TTpoç x^v o']/iv. 'AXX* oî u-Èv E^otov xupawiGa rroXi-

TEueaOai Ka(c7apa , vouloir xoti SoY{Ji.a<7t xaxopo)pvY|X£vatç Irav-

iffxavxa xifiLÔtç , xa\ xouxo TCEipav ItzX xov GTJfxov eTvai TrpotxoXax-

de nouvelles charges et de nouveaux honneurs ,


pour le récompen-
V ser de sa inagniGccnce.
VI. Rome était alors divisée en deux factions , celle de Sylla , tou-
jours très-puissante , et celle de Marius ,
qui , réduite à une grande
faiblesse et presque dissipée , osait à peine se montrer. César voulut

relever et ranimer celte dernière : lorsque les dépenses de son édi-


lité lui donnaient le plus d'éclat dans Rome , il flt faire secrètement
des images de Marius , avec des Victoires qui portaient des trophées j
et une nuit il les plaça dans le Capitole. Le lendemain ,
quand on
vit ces images tout éclatantes d'or et travaillées avec le plus grand
art , dont les inscriptions faisaient connaître que c'étaient les vic-

toires de Marius sur les Cimbres , on fut effrayé de l'audace de celui


qui les avait placées : car on ne pouvait s'y méprendre. Le bruit qui
s'en répandit aussitôt attira tout le monde à ce spectacle : les uns
diraient hautement que César aspirait à la tyrannie, en ressuscitant
des honneurs qui avaient été comme ensevelis par des lois et des
décrets publics : que c'était un essai qu'il faisait pour sonder les dis-

positions du peuple , déjà amorcé par ses libéralités , et pour voir ai


, , , , ,

VIE DE CESAR. 23
lellemcnl, que chacun
Çïj-elv xaivàç /*4v àpxôti » chercher sciil de nouvelles charges ,

xatvàç Ô£ Ttu'iî, soil (le nouveaux honneurs,


aTç à^ci'|atvTO aùrov. par lesquels ils récompensassent lui.

VI. Auelv Si vriveav VI. Deux factions


étant dans la ville ,

Ti^iî /iiv àwo S'j//« l'une de Sjlla


ivvaixi'/r^i fj.iyac pouvant beaucoup,
T/f; Ô£ Maptav^^ l'autre de-Maiius
^ rdre xare7rT/5;«;ît laquelle alors était consternée
KXÏ 5li9TtX9T0, et était dissipée,
npÛTT0\J7X yO/ilûf, T«7T£tvà faisant tout-à-fait humble /j/jirtf.
^ouXo//Jvoî ofjxppôjvat César voulant fortilier

Kx\ itpoxyayiiOxi rxxjTcv et relever celle-ci

ivrxTifdorifjilxiiàyopxjofj.i/.uTi dans les libéralités de-son-édilité

ayant Ic-plus-haut-dcgré
ÎTtotïJTaro xpu^a (it-fairc secrètement
clxdv»; filxpîo'J des images de Marius [phées,
Ax\ Nfxaç rpo-nxtofôpovç ,
et des Victoires portant-des-lro-
Xi fipoiv vu/.rèç lesquellos portant de nuit
iviffT>3ff£v tii TÔ E.xniT(!tlioj. il dressa au Capitole.
'A/*a 0£ hfJ-ipx Or avec le jour
reflroi de l'audace
Toû xvxdhzoç de celui les ayant placées
io-j^e TOJç Osxjxfiivovç s'empara de ctux ayant vu
navra pLxp/xxipovzx X/^uj&i toutes ces choses éclatantes d'or
xal xaT£TX£uaî/x£va et travaillées

Té;(vy7 TTî^CTTÔiî avec art merveilleusement


( ûi«5»5ioy ôc ypx/j.<xx7i (et elles indiquaient par des lettres
Tx xx7opO-JtfjLX-:x Rifièpir.x]' les succès cimbriques) :

où yà^ ^v ac/;/o;* car l'auteur n'était pas incertain :

h ûi Àoyoi mpiiù'/ ruyy et la rumeur circulant vite

i^OpotÇî Travraç àv0pc^7io-J> rassemblait tous les hommes


itpà? Tyjv O'^tv. vers celle vue.
A^^à ol /xèv fSooiv 'E.xiaxpx Cependant les uns criaient César
TtoXt'zfjt'jQxi Tupavvioa, machiner la tyrannie,
•itaviffTavTa rt/iàç en relevant des honneurs
enfouis
y<i/AO(( xal coy fixai, par des lois et des décrets ,

tul TOUTO flvxi niïpav et cela élre une épreuve


24 KAIXAPOÏ BlOi.

TC(jLevov*, cl TETiOâctuTai Taïç ç»tXoTiu.Î!tt; Ot:' aOtoC xai oiiutai

Traic^eiv TOictora y.oti xaivocoatlv. O'i oè M^ptavo'i rapaOa^^^-

vavTEç auToùç , tiX/jOei te OaujxotffToi ocoi oieî»avr,<iav i;ai9vr,<

/.«\ xpoTO) xaTEÎ/ov ?o KaiTiTO)Xiov '


TToXXoîç 5à xat Sa/pya tt.v

Mapiou 0EO)(j.Évot(; oi^iv O'V r.covr,; i/fopei* xai {Acva; r^v ô Kaî-

(7ap E*pt(oaio'.ç aîpoaevoi; , 6)Ç àvTi rav?o)v a;ior t?r, o àv^,p tv;;

Mapîou cuYY£V£Îaç, ilu v a/ £•!<;•/;; ci rEp\ to'jto)v ty;<; ^o'/a?,?,

KaxXo:; AouraTio;, àv•^Jp eCiÎoxi'xwv tote aa)a7ra 'Po);xaiojv,

àvaiTTotç /.a\ xar/iYOprjTaç KaiVapo;, ETE^Oî'YîaTO to u.vy,;xo-

VSUOU.EVOV « Ojy. £Tl Y^p UTTOV'JaOK; , ECpr, , KaÎTOrp, «Xa* 7JC7,

(Ay)/avaï<; atpeî tv-jv TToXiTEiav.» 'Ette'i o* à7roXoYr,cau.£vo; Trpoç

TauTtt Kaîaap etteite Tr,v cuyxXtjTov, eti jxaXXov oî Oa'jaot^ovTEç

aÙTov ETTr^pOri^av , xai —apEXcXEuovto «xr^OEVi toû çpovr,|xaTO<

assez apprivoisé par les fêles publiques qu'il lui avait données avec

tant d'ostentation , il lui laisserait jouer de pareils jeux et entrepren-

dre des nouveautés si téméraires. Les partisans de Marius, de leur

côté, s'encouragoant les uns les autres , se rassemblèrent en très-

grand nombre et remplirent le Capitole du bruit de leurs applaudis-

sements ;
plusieurs même d'entre eux, en voyant la ligure de Marius,

versaient des larmes de joie; ils élevaient César jusqu'aux nues ci

disaient qu'il était seul digne de la parenté de Marius. Le sénat

s' étant assemblé, Calulus Lulalius,le plus estimé de tous les Romains

de son temps, se leva, et parlant avec force contre César, il dit cette

parole si souvent répétée depuis : « Que César n'attaquait plus la

république par des mines secrètes , et qu'il dressait ouvertement

contre elle toutes ses batteries. >» Mais César s'élant justifié auprès

du sénat, ses admirateurs en conçurent de plus hautes espérances;


iU l'encouragèrent à conserver toute sa fierté et à ne plier devant
, , , , ^ ,

VIE DE CKSAR. 25
iitï Ttv Qiifj.ov xpofxx'iur-zàa'. vov, sur le peuple amolli-d'avance,
ti rertOâ.aevrxi ÛTto cilnoij pourvoir s'i\ a clé apprivoisé par lui

Taïç ^t/or(uiatî, au moyen des largesses,


xa> Sio<ti7i TraeÇetv el s'\\ lui accorde de jouer
xal xa(voTO,us(y rotxÛTZ. et d'innover en de telles choses.
01 oè Mstocayol Mais les parlisatis de-M;u*ius
TTxpxQv.poifJU.vTS^ aûroùi, «'élanl (Miliai'Iis ciix-mcmcs ,

»'t étonnants
0731 Tr/ïjOit cond)ien ils étaiiiit de nomltre
se numlrcrenl toul-à-coup [menls
xal xaT«T;/ov y porta el ils remplissaient d'applaudisso-
le Capitole :

Tro//o7{ os xal Ozùiaivoii à plusieurs nic'me voyant


rriv O'piv Mapt'oo la figure de Marius
Si.y.pvv. €y'j')pit Ûtto i^^ovi^i' des larmes s'échappaient de joie :

xat à Kxl7up Tjv cl César était

xipéfjisvoi .(xéyaî iyAuiiioiç, exalté grand parles éloges,


ôii àv/;o îr/j comme-fpidi cet liommc était
àvT( TrâvTCJV a^to^ au lieu de tous digne
''^î ffuy/îvefaç Ma/st'ou. de la parenté de Marius.
r»îî oè j9o'ji-^i sv-JxyOiiiéf^ Mais le sénat s'élanl assemblé
nipi toÛtwv, au sujet de ces choses
Kâr/o; AouTârto^, Catulus I.utatius,
àv/;^ TOTî êjooxi^a'ijv homme alors étant estimé
^XÂiirx Voi/ixidJ-j le plus d'entre les Romains,
XVXGTXi s'élanl levé
/aï xxzn-^opr,7Xi ¥iv.Î7xpoi, et ayant accusé César,
prononça
t6 fÀ.vr,tjL0-Ji\j6iJLS-J0v' ce mot mémorable :

« Kaïffs:^ V^t/î» 65/;, * César, dit-il

'î|5îï T/JV Tro/tTîtx.» attaque le gouvernemcnl


ovx en uTtovd^uocj non plus par des mines
z/).à i^'j>3 fJLT^yx-Jxî^. » mais déjà par des machines. »
EttîI ôé K.ai!rap Mais lors(pie César
s'élanl défendu sur cela
muai Tr,v ffJ-/x/>;TOy cul persuadé rassemblée,
0Î Oau^ui^ovTîj aùxo» ceux admirant lui

tn»i/36»37av crt /xâ//ov, s'exallércnl encore davantage,


<at Tta^oîxe/îJovTo el ils /'exhortaient
a ne se relâcher devant personne
,

20 KAIIAPOÎ BI02.

O^picrOai •
7:avT0)v é/.cîvTi to) or'jxo) îrtpitctsOai /.ai Trpw-
y«P
reuaeiv.

VIL 'Ev ÔÊ TouTfo xai MeTtXXou tou ^pyrep^M^ TeXevTT,-


cavToç xal r^v Upoxr-jvrjV 7repttxa/r,T0v cr-^av 'lo-aypixovi X7i
KoitXou jXETi^vTOjv, iTri^avECTa-rtov àvopwv xat u.eyt^'fov £v ôou)y,
ouvau.£vo)v, ou/ OtteÎçev aoTOÎç 6 Kaîorofp, <x).)A xaTaCiç ei; tov

ô9)u.ov àvTiTTapy'YYS^^-'-' • 'Ayyojtxa/.O'j oÈ Tr,ç cttouv?,; ^ivo;/e-


vTjÇ, 6 KaT).0(; àro iaôÎ^^ovoç à;îa; u.5a).ov oppoKtTrv rJ;v dtov^ô-

TTja, 7rpOG-£7r£|r]/£ rsiOojv cit7T07TT,vai tÔv KaiTipa ttjç çO.oti-

ixiaç lîci TToXXoîç yprjixotaiv. '0 oï xai ttaeio) TrpoaoavEiTaw-fvo^

£cp7) ûiaYO)vi£Î(70ai. Tr,; 8' -/KxÉpaç ivtrzfxcrrfi xat tt;ç (X7)Tpôç È-rri

Totç 6upaç aCiTov ojx dôaxpurl TipoTrcairouirr,; , aTTraTa;xcvoc;

auTv^v • « 'il y.9ÎT£p, £Î7:£ , Tr^uLspov r, àp/iôpÉa tov u'.ôv y; "^'JY^oa

o^£t. » AiEVcyOci'ar,? 0£ xyjç •j/rj'Y.O'j xai Y£''0;jL£vr,ç à;xi)7.r,; , i/.pâ-

TTjGE, xai Trapecr/E ty; So'j).r, xai toî? àpt^TOi; ï^ôôov w; Èzi Trâv
OpacutriToç îrpoa;ujv tov 8-^uov. "OOsv ot TTEpi lÏEÎcojva xoti

personne, en l'assurant que, soutenu de la faveur du peuple, il

l'emporterait sur tous ses rivaux et aurait un jour le premier rang


dans Rome.
VII. La mort de MélcUus ayant laissé vacante la place de grand-
ponlife, ce sacerdoce fut brigué avec chaleur par Isauricus et Catu-
lus , deux des plus illustres personnages de Rome , et qui avaient le
plus d'autorité dans le sénat. César, loin de céder à leur dignité, se
présenta devant le peuple et opposa sa brigue à celle de ces deu\
rivaux. Le zèle de tous les partis étant à peu près égal , Catulus ,
qui
avec plus de dignité personnelle, craignait davantage l'issue de cette
rivalité , fit offrir secrètement a César des sommes considérables , s'il

voulait se désister de sa poursuite. Mais César répondit qu'il en em-


prunterait de plus grandes encore pour soutenir sa brigue. Le jour
ide l'élection ,
sa mère l'accompagna tout en larmes jusqu'à la porte
de sa maison : « Ma mère, lui dit César en l'embrassant , vous verrez
aujourd'hui votre fils ou grand-pontife ou banni.» Quand on recueil-
lit les suffrages , les contestations furent très-vives ; mais enfin César
l'emporta, et un tel succès fit craindre au sénat et aux meilleurs
citoyens qu'il ne prît assez d'ascendant sur le peuple ,
pour le porter
, ,, , , , ,

VIK DK CKSAR. 27
dfi sa fierté :

ntpiiaivbui ycip car /ui ilevoir avoir-lc-(l<'was

xal npoiTCJ7tiv xxvtwv et devoir primer «ur tous


le peuple s'y prtîlant.

vu. 'Kv 5è toÛtw Vil. Or sur ce


xal Mî-HJiou TOÛ ctpxiiplftii el Méiellus le grand-pontife
TeisuTvjffavro^ étant mûri,
jcal 'lyau^ixoii xat KiiTiou , el Isaurii'us et Cntulu«
ocvSpôiv «TttyavïTTâTWV hommes très-illustres
x«l ôuva//îv6jv uîytsrrov îv 3oJ/v; , et pouvant le plus dans le sénat,
/zeTto'vrwv TT^v {îoûj7Ûv>;v briijMiant le sacerdoce
ojffsv •niptfi.ix't'^o^i y qui était trcs-disputé ,

h ¥iaÏ7xp olty vnel^e-j uhroXi , César ne céda pas à eux


à)Jix xarxGiî eîî ràv oôaoy mais étant descendu vers le peuple
àvTtK5C|5>577t) ).£V. il briguait-contre eux.
Or la faveur popu/a/re
©atvouivir;ç àyjjwjuiâiou paraissant égale,
ô KâT)o; Catulus
àità /ieiÇovoî àÇt'aç à cause d'une plus grande dignité
, redoutant plus l'incertitude ,

envoya quelqu'un
Tte^Owv TÔv KatTXca engageant César
à se désister de sa rivalité
èitl wo»oTî yp-fifixavi. pour beaucoup d'argent.
'O ^î é'j?»; ^'.a'/wvtîTîÇzt Mais celui-ci dit devoir lutter
itoocJavjiast/xevoç xxt 'K).eeft). ayant emprunté encore plus.
T^4 5e rifiipoiç hvTivrji Et le jour étant arrivé
xat Tv:^ /ir,rcQi; et samère
accompagnant lui
£:tî ràs ôOpaç owx àJox^UTl aux portes non sans-larmes ,

ÙTTZccnitisjOi auTi^v* ayant crnl)rassé elle :

« "û ixrJTSp , «Iwe , Tï5/JL£/S«v • mère , tlil-il , aujourd'hui


ojici ràv uu>y tu verras ton fils

)^ ùpyiepia. r, ^ijyiSx. » ou graml-pontifo ou banni. »

Tr;; ûi <{'t-^ou Sisviy_0si3r,i Or le suQrage ayant été porté


xal â/ft/XXr^; 7r.io/ji(v)f;{ el une contestation ayaat eu-lieu
il l'emporta ,

xal Ttxphyt foto-* et inspira de l'effroi

rf, ^oui»î xal TOÎç à/sfffrotî au sénat et aux nobles


comme devant exciter le peuple
28 KAUAPOX IJIOI.

KatXov r,Ti(ovTO Ktxep«ov7, ^£i7a;xîvov Ka'!7ap.<>; iv toîç Trtpl

KotTiXivotv )a€i>iv T:i^rt.r:-fy^-zn\. 'O fip cr, KctTiXîva;, oO {iôv-vv

T^v TToXiTciotv (xcTCfGaAeîv, àXX' ^TjV àvcXeiv t^,v f^Y^i^^^^'*^ y-'»

TT'îcvTa TOC TTpaYfAaTa CKi^/ioa 5i«vor/j£tç, aôro; uiv £;£7r£<;e

TrepiTTraicaç eXocttotiv tXeY/oi;, Trpô tou -riç liT/'x''3ii^ ai»TO^

pouXiç à-rox7).'j:pOy;vai' A/vtXov ûî /al KeOyjYOV £v tv^ rroy.E»

SiaÇ^ycu; àTTsXiTrE -rvii; cuvcoixo^ia;, oi; tl uÈv xpu^a r.r^ii/i ti

Oapco'jç xai SuvdttjLEtoç 6 Kcâaap aor,Xo; £<yTiv Iv 5È tt; ^ouXrj

xaxà xpocTo; i^iki^/^^^'^^"* '^'^^ Kixepojvo; tou uraTOU y^'^^^u-siÇ

SptfJTtOVTOÇ TTEpi XoXotffEOiÇ EXaCTOV, oî (JlcV a)^>oi {J-E/pl Ka'Ç7poç


6:<va-oijv exeXeuov *
6 Zï Kaicap àvasT^ç Xovov oir,XO£ ttî ipov-

T'.çyaÉvov, wç 'XTTOXTEÎvcti LtÈv à/.piTO'jç avopaç a;io)uaTi xai vÉvei


Xaarpoùç où ûox£Ï Trarpiov où^s Sixatov Elvai , txr, u-ETa ttîç

IcryàTr,? àvaYt'/jç* £Î oz ^poupoîvTO oeOevte; iv ttoXeci tt^ç 'fTa-

atix plus grands excès. Ce fut alors qne Pison cl Catulus blâmèrenl
fort Ciccron d'avoir épargné César, qui avait donné prise sur lui dans
la conjuration de Calilina. Celui-ci avait formé le complet, non-seu-
lement de changer la forme du gouvernement, mais encore d'anéan-
tir la république et de détruire l'empire romain. Dénoncé sur des
indices assez légers , il sortit de Rome avant que tous ses projets
eussent été découverts; mais il laissa Lcntulus et Célhégus pour le

remplacer dans la conduite de la conjuration. H est douteux si César


encouragea secrètement ces hommes audacieux et leur donna même
quelques secours ; ce qu'il y a de certain , c'est que ces doux conju-
rés ayant été convaincus en plein sénat par les preuves les plus évi-
dentes , et Cicéron , alors consul , ayant demandé l'avis de chaque
sénateur sur la punition des coupables, tous opinèrent à la mort,
jusqu'à César, qui, s'étanl levé, fit un discours préparé avec le plus

grarvd soin ; il soutint qu'il n'élait conforme ni à la justice , ni aux


coutumes des Romains, à moins d'une extrême nécessité, de faire
mourir des hommes distingués par leur naissance et par leur dignité,
sans leur avoir fait leur procès dans les formes; qu'il lui paraissait
plus juste de les renfermer étroitement dans telles villes de l'Italie

que Cicéron voudrait choisir, jusqu'après la défaite de Calilina;


, , , ,, , ,

Vn: I)H CESAK. 29


iirl Ttâtf ô(î»JWT/JTOÇ. uu cuiiiblu (Je l'audace.
D'uu ceux étulU auluur Je l'isun
xxl Kâr/ov el du Caluluâ
accusaicdl Ciccrun
qui avait iiic'iia^ù Césur
jtxfj'xa/^ôvroi J.xor,v lequel avail donné pribe
iv TOïi TXipl RxTtXhxv. dans les ujfuircs de Caiiliu;i.

O yàp 0/) K.aT(/tva(, Car ccrles CaUliua


o(xvo/]4<i( où fiôvov ayanl résolu iiun-t>euicineul
[lexaCaXeîv triv TïoXtxeiav, de tiiau^LT le youserueuioul, [lière

àÀÀa àv£/.eiv Tr.v fjYe^JLOvtav o;r,v uiais de détruire la republique eu-


xal ffu/;(iat navra rà npi/iJ.'y.TX, el de bouleverser toutes les allaire»,

ilineat /acv auiTOç fut chassé il-est-vrai lui-iuèiue


nipiTtTatixaç £/âTT07iv è/r//0(5, ayant échoué [tarde moindres iodice&
Trpo ToO rà^ è j;(^âTaç j-^ouÀJci x vroO a\ant les dentiers desseins de lui

à7roxa).uyO/;vat* avoir été découverts :

à7ré/(Tic ôi èv r/\ 7rd/si mais il laissa dans la ville

èiaôd;(OUi T^iî ffuvw/iOïtaî to/»mt' successeurs de la conjuration


AsvT/ov xai KiO/j/ov Lenlulus et Céthéyus
o'j fiiv ô ILoLî^up au\<|uels a-la-véritc César
£7Tty aô/;/oî est incertain
ti izxptïx' x/sû^Ja s'il donnait secrètement
T( Os(/9aou{ xal Suvi/xsui' un peu d'audace et de furce ;

lliÀf//^OijTù)y oè mais ctux-ci ayant été coiivaiQCif.s

xarà /.pxTOi èv t^ ^ouÀip par lorce dans le sénat


xx( ToO ûnârou HLixÉ^uvoi et le consul Ciccrun
ÏO'jJTWVTOî i/.X7T0J iiilerr()L,<'anl chacun
mpi xo/x7£CJ{ sur le chàiin)cnt à injlujcr,
oî /ASv UÂJ.01 fJ^i/^pi HxiixpOi les autres sénateurs jusqu'à Gés.ir
îxi/îuov OavxTOJv" unlonnaient de Its metlre-à-morl
ôé K.aïffxp àvasTis mahs César s'elant levé
OHQ/Û* /d/ov jtfpo-jri7{Jiivov prononça un discours médité,
Wî àTIÛ/TiCVXl /xîv àxptTOuj disattt que lut;r sans-juj^emenl
S.vQpxi /a^rrpoui des hommes distini^ués
aÇi'ji^xTi xal 7ÏVCI pai' le rang et la naissance
où ôoxci fîvat ne semble pas éire
Kir^cov oùo« ôixaiov, conlornte-a-l'usajje ni juste,
la chose n'étant pas
/»«Ti Txii i^x^'f*!* «vi/xïjî* avec la ilirnicre nécessité
<( ôi ocucvTCj mais si étant cachaiues
M) RAIIAFOI blOZ.
1 Ataç, àç otv aù'oti TÀTixai Kixipoi>v, ixt/piç ot »aT«iroÀ«aT;OT;

KaxiXtvaç, CoTCpov êv eîpr'vy) xai xaO' r^<rjyii^ ".iok hA'szrAt

7 r9; pouÀy; yvcovai irap£;£i *.

VIII. OuTW 0£ T7;ç poj;jir,ç (piXavOpoiTrou 9av£{c-/;; y.at to" ).<>-

you Sovaxcoç £t:' ai-r, pr,0£VTOç , où (xo'vov o'. ^xÀ tovÎtov àviora-
p.£vot 7rpoa£TÎ0£vTO, 7toa).oI 0£ xai Twv Trpô aùroû t^ç £Îpr,jX£vaç

yva)(j.a; (X7r£i7raix£voi, rpôç -djv £X£ivou jX£T£(iTr,a«v, £(,>< lirt

Karojva to Trpayaa xai KoctXov 7r£pi^X0£. To'jtwv ol v£avixw<;

£vavTu»)Oî'vTcav, Kâ-rujvo<; û1 xai rr,v uTcovoiav âaaTÎji Xc>yo> <juv«-

TTEpEtffavToç auTÔi, xai (7uv£;avacTavT0ç l^^wjxÉvoj; , oî ixiv dfv-

ôp£<; àTToOavoujjLEvoi 7rap£ôdÔr,aav, Kaiaapi oà Tr;? ôouXîjç içiôvri

TtoXXol TWV KixEpwva cppoupouvTwv TOTE v£wv y^uvi xi ^i^r,

"T^ auvSpaaovTEç ItceV/^ov. 'AXXà Koupiiov x£ XÉ^fixai r/j xr,€£vvaj

TTEpiêaXwv uir£;aYaY£tv auxo; X£ ô Kixipwv, wç ot V£aviaxo'

qu'alors le sénat pourrait, pcodaut la paix, délibérer à loisir sur ce

qu'il conviendrait de faire de ces accusés.

VIII. Cet avis, qui parut plus humain et qu'il avait appujc de
toute la force de son éloquence, fit une telle impression, qu'il fut

adopté par tous les sénateurs qui parlèrent après lui j


plusieurs méoie
de ceux qui avaient déjà opiné revinrent à son sentiment ; mais lors-

que Caton et Catulus furent en tour de dire leur avis , ils s'élevèrent

avec force contre l'opinion de César j Caton surtout ajant insisté

sans ménagement sur les soupçons qu'on avait contre lui , les ayant

même fortifiés par de nouvelles preuves, les conjurés furent envoyés

au supplice , et lorsque César sortit du sénat, plusieurs des jeunes


Romains, qui servaient alors de gardes à Cicéron , coururent sur lui

I l'épée nue à la main ; mais Curion le couvrit de sa toge et lui donna


^ le moyen de s'échapper. Cicéron lui-même , sur qui ces jeunes gen»
, , , , ,
,

VIE DE CESAR. dl
fpovpoXvro ils étaient gardés
iv Trô/f7t rf.i Iraitaç, ihins des villes de l'Italie,
ct{ Hi/.ipu)/ ahzbiav Vxrirai, que Gicéron 1 ui-nrwiine aurai l choisres,
(li-^pi^ o'j KaTtit'vaç jusqu'à ce que Calilina
ait été vaincu
il sera permis plus-tard au sénat
de statuer sur chacun
£v tîpr,vri /xl xari r.roylx-j. en paix et à loisir.
Mil. Tîïî ci yvûi/iïjç VIII. Or cette opinion
ayant paru lelUMiienl humaine
xai roi3 /070'J el le discours [elii*

ajant clé prononcé avec-force »u;


oy /JtOVOV non seulement
0'. àvKrriixevoi (jLexàTcùTOv ceux se levant après celui-ci
se joi^naicnl-à lui,
mais beaucoup même
rôiv TT^oà aÙToU de ceux avant lui

ayuiil lé trac lé
Tà« yv'ji/xaî lip/ifiir^i , les upinions dites par eux
/utîT£7TT7jav TTpà; tt^^ î/.k'voj . se raiigtrent à celle de celui-ci ,

£Wi t6 TZpÛ.-/p.X JZtpUi'/.OîV jusqu'à ce (juc la chose arriva


à Caton et Catulus.
ToÛtwv ôi ÈvavTiwOivrwv Ceux-ci s'élant opposes
avcc-une-ardcur-juvénile
et Caton
X5C( Tuv£Trîp*i<r«irroç âl/jia ayant même appuyé à la fois
les soupçons cutitrc César
Tîj >dyw aÙTùJ, avec le discours même dit par lui

xxt ffuvâçavaïTâvTO; iprjwth'jii et s'élant élevé avec force contre lui

01 fx'n ûrApt^ rry.fi^oOrrfy.'* les hommes conjurét furent livrés


devant mourir,
:io//ot ôi Tcôv vî'jtfV el beaucoup d's jeunes gens
y/50'JfOJv7WV TOTf Kt/£^wva gardant alors Cicéron
étant accourus
(irt7)^ov ri Çi^/j '/uv-và opposèrenl leurs épétîs nues
Kaiaap< iÇtdvTt t^^î^ou).)^^. à César sortant du sénat.
A>>à Roupiuv T« iéycrat Mais el Curion est il il

/'ayant enveloppé de sa loge


v.TfÇxyaycîv* /"avoir fail-échapper ;

et Cicéron lui-uiéiue
32 KAiiAi'oï liiui.

Trpoc-tCXcJ/ctv, àvav£Ùffat, cpoCr/Jt'i; tÔv o^|xov,


r, to/ yvvo, o/.a><:

dfoixov xai Trapavoixov Tr(o6^t),o(;, ToÙto jxiv ouv oOx oToa 2ic»<

û Kixepojv, etTrep ^v ctAr.Osç, ev rôi uept r?,; OTrarciaç oùx rypot-


+£v aÎTi'av S' J/Ev OffTgpov, <î)ç âpiCTa TÔi xaipÔi xoTe Trapot-

(T/ovTi xaTà Tût; Kaicrapoç pL-}) ypr,^à;x£voç, àXX' ciTrooEiXiaaaç

TOV û^f/.ov* Grreptpuw; Trepic/^ouLEvov to-J Katcapoç. "Oç ^e xai jxet'

^Xi'ya^ ^jf/.£paç, eU Tr^v ^ouXy)v eiaEXOdvToç ajiou xa\ r.ifi wv iv

u7:o']/taiç v^v dTroXoYOUtxevou xai TCEpiTriTTTOvTOç Oopugoi;


, ttovt,-

poîç, tTTEior) TtXeiojv Tût; cuvr^Oouç èyiyve.zo tt, pouXvi xaOc^lopiiv/;

ypovoç, éTT/iXOe (xsTà xpauy-Tiç, >t*t repiECTTj tt.v «tuyxXtjTûv,

(XTracTwv tov àvûpa xai xeXeuwv à^eîvai. Aïo xai KotTOJv, cpoêr^-

Geiç p.aXic7Ta tov ex twv aTrôpojv vEwTEptcTaov, oî toj Trarrôç

U7r£xxau[xa TlX/jOouç r^cav, ev tw Kaicapi t^ç éXûioaç e/ovTeç,

jetèrent les yeux , comme pour recevoir de lui l'ordre de le luer, les

arrêta, soit qu'il craignît le peuple , soil qu'il crût ce meurtie tout a

fait injuste et contraire aux lois. Si ces particularités sont vraies , je

ne sais pourquoi Ciccron n'en a rien dit dans l'histoire de son con-
sulat; mais dans la suite il fut bldnic de n'avoir pas saisi une occasion

si favorable de se défaire de César, et d'avoir trop redouté raiTectiuo

singulière du peuple pour ce jeune Romain. Au reste, peu de jours


après, César étant entré au sénat pour se justifier des soupçons qu'on

avait conçus contre lui, y essuya les plus violents reproches. Comme
rassemblée se prolongeait au delà du terme ordinaire , le peuple

accourut en foule, environna le sénat en jetar.t de grands cris, et

demanda, d'un ton impérieux qu'on ,


laissât sortir César. Caton ,
qui

craignait quelque entreprise de la part des indigents de Rome , de


ces boule-fonx dp la multitude, qni avaient mis en César toutes leurs
, , ,, ,,

VIE DE CESAR. r>3

itç et y(av/7xo( coiiiino les jeunes-gens


le regardèrent
est dit avoir fail-un-signe-négalif,

ayant craint le peii|>le,

^ 1970Û/XÏVOÇ TOV fÔ-JOV ou pensant ce meurtre


iXbti y.ouov xat -lïxpivo/J.o^^. loul-à-fait injuste et illégal.
Oùx oToa /jiîv O'jv Je ne sais pas à-la- vérité
inotç b Ki/.ip(t)v comment Cicéron
eux iypctpe TOÛTO, n'a pas écrit cela
('ns/s :^v à)./; Os;, si c'était vrai

iv Tû Trepl T>}ç ÛTcaTJ^aç' dans le livre sur son consulat :

«tX« oi aÎTt'ai; mais il avait une accusation


tifjrspO'J t plus-tard
ùii fiii y^pfjuûfiVJOi upiirx comme n'ayant pas profilé très li! •

TÛ ït-ctAp'^ TzoLpxayô-iri to'tî de l'occasion qui se [vésenta aKM>


xarà Toû Kat'o-a^o;, contre César,
mais ayant eu-peur du peuple
it«|Otîy^oaevov ToO Kat!T«/30î qui proléi;eait (^dsar
extraorilinaircment.
'Oç ye xal Lequel peuple certes aussi
fitTX 3)17x5 Y]/xipXff après peu de jours
auTou «tT4>0dvTO5 «îç ti^v^ou>ï;v lui (Ct'var) étant entré dans le sén.i
y.xl àito).oyo'JfjLVJO\) et se défendant
ntpl ojv sur les choses sur lesquelles
?v èv ÛTro|tat5, il était en suspicion,
Xal 7rî/3lTCt7TTOVT05 et rencontrant
OopÛSoc; TTOvyjpoîç, un tumulte hostile,
ineiS/i xpô-JOi iyiyjtTO comme le temps devenait
TtXtiùiV TOO ffUVïjÇoUÇ plus long que le temps habituel
T/J ^OU/rJ XxOî^OfJihY}, au sénat siégeant
i7t>î/0c {J.i7x y.pu^\jyi',i t entra avec des cris
xal "nepihrY} r/jv ffû'/xz/jTOv, et entoura rassemblée,
àîcatTcôv TOV i-iopx réclamant cet honniic
xal xi/«û'jjv à^sîvat. et ordonnant de le laisser-sortir.

Atà y.at Kârcijv, C'est pourquoi méiiiC Caton ,

foSïjOjii /xi/ttiTa ayant craint surtout


TÔv vtwTcpiT^uôv èx Twv àrro'ccjv, l'innovation venant àa nécessiteiiN.
iA r^JX'i ÙTtéxxxuua lesquels étaient le boute-feu
KacvTO{ ToO :c/>iOou$, de toute la multitude,
îXOvTCîTài8/iiioa;èvT(5Kxi7z/5t, ayant leurs espcrances en César,
Vl£ Dl CiftAR. 3
84 KAlïAPDS IMOI.

Iiretffe t?iv (r^fyXr^Tj'i a7rovcI[xai ciTr,pt(jiov a^ToU lajxf|vov, il

ot» 5x7ravr,<; (jiiv iTcxaxoffiai* Trevn^xovTa |xuptaîiç hit^jciontpaa-

eyi'vovTo toï; dtXXoiç dvaXoijxaai. Tôv (xevToi [i^y*^ ^^ "^y '^'"

po'vTt ':po6ov i'yCi(7i rEpicpovw; to 7ro).("r£Ujxa touto, xai to ititl-

CTOv àrep57i;£ t9;c; KaiTapoç SuvdtixEO); xoti SiETXtoa^Ev £v xaipo),

CTpa-:r,v£lv ttÉXXovTO^ xa\ cpoCeporrepou 6ii Tr,v dp/r,v Ôvtoç.

XI '. '0 6£ Kaîaap euOùç (XTroTT)? (TTparrjY^^; twv ^TrapyiSiv t))v

I6r]piav* Xa6(uv, w; r,v SucSiaôerov aiiTO) to Trepi xoùç oavticr^ç,

evo/XouvTaç e;iovTi xai xaTaêowvTaç , Itti Kpa^raov xaTÉ^uye,

TrXouaiojtaTOv ovxa 'Poijxafoiv, ôeouevov Ss tv,; Kaiçapoç (Jxuirç

xa\ 6tpaoTr,TO<; £7ti tvjv Trpo^ TToaTrr'ïov ovTiTroAiTEiav, 'Ava^sça-

fx^vou Ô£ Totî Krxcffou Toù; [jLaXi(rra yaXexoùç xa\ à-rrapamiTOo^

Twv Sav£i(7Twv, ya\ SiEYyuT^ffavTo; 3xTQtxo<riwv xal Tpiaxovxa ra-

cspérances , conseilla au sénat de faire tous le» mois à cette classe


du peuple une distribution de blé, qui n'ajouterait aux dépenses
ordinaires de l'année que sept millions cinq cent mille drachnDCs.
Cette sage politique fit évanouir pour le moment la crainte du sénat;
elle affaiblit et dissipa même en grande partie l'influence de César,
dans un temps où l'autorité de la préture allait le rendre bien pins
redoutable.
XI. César, aussitôt après avoir obtenu la préture, fut désigné par
le sort pour aller commander en Espagne. Ses créanciers, qu'il était

hors d'état de satisfaire , le voyant sur son départ, vinrent crier apref
lui et solliciter le paiement de leurs créances. II eut donc recours à

Crassus, le plus riche des Romains, qui avait besoin de la chaleur

et de l'activité de César pour se soutenir contre Pompée , son rival

en administration. Crassus s'engagea envers les créanciers les plus

difficiles et les moins traitables pour la somme de huit cent trente

talents* César, dont il se rendit caution , fut libre de partir pour son
,, , , ,, ,

VIE DE CESA.R. 36
ZTism rr.v aûyxi>jrov persuada l'assemblée
ànojtïfixt auToT; de distribuer à eux
airr,pl7L0j i/xixTnyov ,
unc ration mensuelle
tÇ oZ par suite de laquelle
iitra.K63ixnt:vTr,/.ojrx fx'jptÛQei sept-cent cinquante myriades
2v(a07(a( Suitivrjç annuelles de dépense
TXp07tyho-JTO s'ajoutaient
zoïç ûXXoii xJxX'Jtfi'xai. au\ autres frais.

ToOto fihroi TÔ Ttoitrev/jio Certainement cette mesure poliliquf


cleij,'nil rfin.irquablenienl
TOv fii/xv <f6Zo-j la grande tcireur
dans le moment présent,
xxl ànipp/}^! Axl JieTxioaffc» et brisa et dissipa

<v xxipci à propos


t6 TtXctOTOV la plus grande partie
de la puissance de César,
/liÀiovTOj 7rpxTr,ytu qui clail-sur-le-point d'ètrc-préleur
xal ovTOî ^foZsp'jiripov et qui était plus redoutable
ûti Tr;v oLp'/j^v, à cause île sa charge.
XI. 'O oi ILxl'sxp \l. Mais César
«ÙÔÙ5 àîrà T<[î arpxT/i'/ixi aussitôt après la préture
XxZù-j Tr,v \Zr,pix-J ayant rc^u rKspagne
TÛv i-:ixpyi€iv d'entre les [)rovinces ,

comme Vajfaire avec les créancier»


2vo^).oûvr3t5 èÇidvTt qui gênaient lui sortant
XXt XaTXoOWVT3(5 et qui criaient-contre lui
rjv aurai ôusotstO^TOv était à lui dillicile-à-arranger,
y.xzi'^'jyî-j ètiI Kpx7<T0v eut-recouis à Crassus
qui était le plus riehc des Uomaint
et (|ui avait-besoin de rinlluence
xx\ 0!pij.6-:r,roi ¥ixC7upoi et de l'ardeur de César
»iil T/,v àvrtTO/iTtt'av pour sa rivalité-polititpic
itjoàî IIo^u:rv:iov. avec Pompée.
ToO-5j Kpâ-7oy àvxoi^auivov Or Crassus s'étanl chargé
TOjç /i'i/icra /x/îaoji des plus dilliciles

xal àîrapatTïÎTOUç Cl intraitables


Tciv ôaveijTwv des créanciers ,

xxl ôt«77Uï57xv70> 3/.Taxo-iwv et s'éiant-engagé-pour huit-cents


xal rptâxovTa raictvTwv, et trente talents,
i\iiXOiv otrw; tTrl rr.v l-::xpx^xj. César partit ainsi pour sa province.
36 KAiiAPOi moî.

XavTo>v, oCtojç £;r,)/j£v £7r'i t^,v £7:otp/iav. A^y"** ^K '^c'AXTrttç

oTTcpêaXXovTOç aÙToU, xa\ ttoXi^viov ti {5apÇapixbv,oîxo'ja«vov oir'

àvOpoJTTO)'/ TravTaTraoriv (î)viYO)v xotl Xurpov 7rapepyo;xEvov», 'zrrj:

£Taipo'.>ç à'aa yÉ^^wti xa\ [XExi Tratoia;* « IIttou, -^avat, xavTaÛOcf

Tive'ç stGiv uTrèp àpy wv cpiXoTiaïai xai r£pi rrpwTEioiv a-xiXXai /.ai

çOovot Twv 8uvaTtov7rpoç àXXy^Xou;; » Tôv o* Kai^apa CTTOuoaçavTa


Trpoç auTOÙç eÎTrsïv « 'Eyw [J-ly ISouX<$iJLr,v Ttapà toutoi; Etvai

aaXXov TcpwTOç v'j t:» pà *Poi[i.aîoi(; SfUTEpo;. » 'Oaoïo)? 0£ -ttoiXiv cv

'16r)pta, cyoX^; oucTiç, àvaYivwcrxovra ti twv 7r£pi 'AX&^avopou

YcYpau.[X;'vojv, c7^oopaY£V£<;0ai7rpO!; lauToi zoXùvypovov, Eka xa\

oaxptiaai* twv oi ^l'Xojv Oau|Jia7avTO)v r^jV aiTiav, clrslv « C)j

ôoxsT uaïv à;iov îîvai Xu7rr,<;, ei r/jXixouTOç asv wv 'AX£;avopo!; r,OY;

TOso'jTtov iSaffi'XcUEv, £U.oi û£ XaaTTpov ouSev ouTTOi 7T£7:paxTai;»

Ail. !•/;(; vo'jv lor.piaç î-ioa;, e'jOu^ r,v evîpvo:;, oj7'J '/iiAî-

gouvcrnemcnt. On dit qu'en tratersant les Alpes , il passa dans une


petite ville occupée par des Barbares, et qui n'avait qu'un petit
nombre de misérables habitants. Ses amis lui ayant demandé, en plai-

santant, s'il croyait qu'il y eût dans cette ville des brigues pour les
«ùiarges, des rivalités pour le premier rang, des jalousies entre les
citoyens les plus puissants , César leur répondit trcs-scricusemcnt
qu'il aimerait mieux être le premier parmi ces Barbares que le second
dans Rome. Pendant son séjour en Espagne , il lisait , un jour de
loisir, des particularités de la vie d'Alexandre; et, après quelques
moments de réOexion, il se mit à pleurer. Ses arais, étonnés, lui en
demandèrent la cause : « N'est-ce pas pour moi , leur dit-il , un juste
•I sujet de douleur, qu'Alexandre , à l'âge où je suis , eût déjà con-
M quis tant de royaumes, et que je n'aie encore rien fait de mcmo-
« rable ? >»

XII. A peine arrivé en Espagne il ne perdit pas un moment , et en


, , , , , ,, , ,

VIE DE CESAR. 37
Aév(T«( ôÉ Kl il est dil,
altroû ûnepoû).}.ovTOi t«î 'A/tij lui rrancliissanl les Âlpcs,
xa.1 TZxptpyofiivQM et Iravcrsanl
tI Tcoii^viov ^oipZxpixh-j certaine pclilc-ville barbare
oix.o\jfjitvo-j Ûtto OL'iOp'M-K'jyj Jiabiiée par ik's hommes
irxjTot.na.aiv oXiyb)'/ loul-a-fail peu-nombreux
*ul XxjnpàVf et triste
Toùç iTuipooi â.fJLOc yi\uTi ses compai^nons avec rire
Xa( /XtTÙ TlCClOlXi' et avec plaisanterie:
• 'IIttou, ^scvai, « Certes , avoir dil,
/.aï îvTaDOa est-ce-que mémo ici

sont quoUjuos rivalités


UTtip àpyôj-j pour des charges
XXI âfH/.AXt TXepl TrpWTît'ùiV et des contestations pour primautés
xal ySdvoi TÔiv ûuvaTùJV et des jalousies des puissants
les uns contre les autres? »

Tov û£ RxiTapa (TTrou^âffavra Mais César ayant parlé-sériousemctit


ctTrêïv TT^oî aÙTOû^' avoir dit à euv :

« Eyw fiiv è6ou>ô/AY;y /i«//cv « Moi certes je voudrais plulAt


«ivat irpÛTOî Tia^à to JTOt^ être le premier parmi ceu\-('i
>; oiÛTipOi Tiupx Pwuxi'otî. »»
que le secoml parmi les Uinuams.
Et senjblablement de nouveau
iv I8*;pta en Espa^'HC
ffXO^"^« 0Uff>3î , du loisir étant à lui

àyayivûffxovrâ Tt b'sanl queUjue chose


TÛv •/£ypx//^ui£vwv de celles écrites
7t£/3t 'A/iÇâvÔpOU , sur Alexandre
yevéyôai a^ocpx itpbi îaurùi avoir été fortement en soi-même
ïroiùv ypoJTv , un long temps
elra xaî C'x/puzxC puis aussi avoir pleuié :

et ses amis
6avi/xaffâvTWv tt^v ulrixv étant étonnés du motif,
«îirîïv* « Où 5o/£t ûjUîv avoir dil : « Ne semble-t-il pas à vous

clvai âÇiov /ûnr,> »


être dijj'iie dcî cliat;rin

si Alexandre d'une part


iv T>j).ixoyTo; étant de-cct-âg(î
kCaff^fUÏV î)$^ TOffOWTûJV ,
régnait déjà sur tant de pciiplrs ,

ouccv ô( Xa/iTtpôv et que d'autre part rien d'éilataiii

ouitu irén/5a/.Tai èuoi; » n'ait encore élc fait par moi? »

Xil. Entêàf yoOv XII, Du moins ayant mis-lc-picd


,,

38 KAISAP02 RIOZ.

pat< oX^yatç Sexa <T7rsipa<; (TuvayotYïîv upoç ralç Trp^^Ttpov o^at/;

etxoat* xa\ (jTpaTeoTaç ^tti KaXXaïxobç* xa\ AouaiTotvou;, xpa-


Tr,aat, xcà TrpoeXOEÎv a/pi tt); ^w OotXaa7T|;', t^c fx-Jj Trpoitpov

uTraxouovxa 'Ptoaa^OK; eOvrj xotTaTTpc'^otxcvoç. ©suir/Oî 5è ri

Tou TroXsjxou xaXtoç, où yêîpov iêpaÇeuE xi r7,ç Eipy/zr,;, ôao-

voiav T£ xaîç tto/vEci xaGiaTa;, xai jxaXiTTa xi; xwv y '^umoik-^


Xetwv xai cavEKjTwv ttottEvoç cia^opaç. "Ktoiçe y^P "^wv TrpoT-

lovxoov ToTç ocpêiXouai xaO' exocctov ÈviauTOv ouo aev (Xcpr, tov

5av£i(7T-^jV àvaipEÎGOai, tw ûe Xoitco) ypY;aOai xbv oecttoty.v,

aj^piç av oîÎtwç exXuOyî to ôavEiov. 'Et:i toutoiç eÙ5oxiu.ôjv àirr,).-

Xoty/j t9)ç iTcapyiaç, «utoç te TrXouaioç yeyovwi; , xat touç (TTpa-

Tioitaç (î)^£Xr,xw(; aTTO xwv axpaxTjYiwv, xa\ 7rpoffr,Yop£uaîvo<;

QtUTOxpaxojp utt' auTtov.

XIII. 'Ettei ô£ toÙç ;xlv {jLVwuLEVouç OpiaaCov £;w ciaTpîoctv

£^£1 , xouç Se tjLExiovxaç uTraxEiav Trapovxaç Iv xvj 7to).£i xouxo

peu de jours il eut mis sur pied dix cohortes, qu'il joignit aux vingt
qu'il y avait trouvées : marchant à leur tôte contre les Callécicns et

les Lusitaniens , il vainquit ces deux peuples , et s'avança jusqu'à la

mer extérieure , en subjuguant des nations qui n'avaient jamais été


soumises aux Romains. A la gloire des succès militaires il ajouta

celle d'une sage administration pendant la paix; il rétablit la con-


corde dans les villes , et s'appliqua surtout à terminer les diCTérends

qui s'élevaient chaque jour entre les créanciers et les débiteurs. Il

ordonna que les premiers prendraient tous les ans les deux tiers des
revenus des débiteurs, et que ceux-ci auraient l'autre tiers jusqu'à
l'entier acquittement de la dette. La sagesse de ce règlement lui

fit beaucoup d'honneur; il quitta son gouvernement après s'y être

enrichi , et avoir procuré des gains considérables à ses soldats ,


qui
avant son départ, le saluèrent du titre d'imperator.
Xlll. Les Romains qui demandaient l'honneur du triomphe étaient
obligés de demeurer hors de la ville ; et ,
pour briguer le consulat
, , , , , , , ,

VIE DE CESAR. 39
rfii 'lè^ripixi cn Espagne
tltOuç Yivhepyàq, aussiiûl il fut actif,

WTT« ffuv'.</a/eïv iityatç r.nipuii au point tic réunir en peu de jourf


oixx ffîTctpaç Ttpài ratî eîy.oiiv dix cohortes aux vingl
o\jfj(x.ii itporepoV qui y étaient auparavant :

KXi ITpXTéilIXÇ et s'élaiil inis-iMi-canipagno

C7rl Ka^>x(xoù$ contre les Calléciens


xai Ao\i9iTxvo'\Ji, et k*s Lusitaniens,

npxrri'jot.i , xal ifpotAdtîv les avoir vaincus , et s'être avancé


jiiscju'à la nuT du dehors,
KUTa7rpsfàfj.fjOi ri. iOvy) sul)jui;uanl les nations

fi-^ unuKoiiOvrx itpovspov n'étant pas soumises auparavant


Pbi/xx(0(;. aux. Romains.
Qé/xevoi S's xx>û{ Mais ayant arrangé bien
rà Toû TTO/é/AOU les ùffuires de la guerre
owx ièpsL^iui -/^tlpov il n'administrait pas moins bien
rà rfii sip-^'jTjif celles de la paix,
xaOïTTaîTe et établissant
bfiôvoixv xatç TiQÀiai , la concorde entre les villes,
xal juâ/ivTx iû/Mvo; raç oia^opà^ ct surtout guérissant les diUcrends
Tùv ;^piWjj£i/£Tciiv /.al ûaviiffTwv. des débiteurs et des créanciers.
'EraÇf yà/î tov /zev oav«iJT»;v Car il régla d'une pail le créancier
àvac/oîïîOatxaTiêxayTovivtauTov prendre ])ar cha({uc année
$vo {Jitpn deux paris
TûJv irpo'Jtovrctiv xoïç ôyet/ouai des biens revenant aux débiteurs,
TOV 0£ oiznoTyjv et d'autre |)arl le possesseur
XpflvQxi TÛ '/otitû f se servir du reste de sa fortune

â-XP*'
"^^ oâvsiov jusqu'à ce que la dette
àv i/.'j.\)()ri ouTw^. fût acquittée ainsi.

EÙÔOXl/iÛV iltl TOWTOCÇ Estimé pour cela


il sortit de sa f>rovince,
aitroi T£ 7£70vgL»5 tt/oûtio^ , et lui-même devenu riche,
xai ôife'ÀrjKùii Tovi rzpxTiÛTXi ct ayant aidé ses soldats
àltO TCÔV <JTpxTy]-/iûv , du produit de ses commandements
xai npo'7r,-jopi\jp.ivo^ Ùtto aùrcôv et ayant été proclamé par eux
«UTOxpaTWp. impcrator. [côlé
Xlll. EtTsI OÏ éôît /i£V XIII. Mais comme il fallait d'un
Toùî /ivw/jiévouî QpixiM&ov ceux as|)irant au triomphe
Sixrpi^tiv cÇw rester hors de la ville
TOj; «îè yCTtévraç ùiraT«iav et de l'autre ceux briguant le consulat
,

40 KAIIAPOZ BI02.

TCparrciv, ^v TOiauTY, Ycyovwç (XVTivou.ia, x'/i rpôç aCitiç Ti<

aÎTOujxevoç «ùtw ooOrjVai TrapayyeO.Xeiv elç GTraTtiotv i-rrovri cti

TWV (pl).0)V. KaTOJVOÇ ùï ICp'OTOV piv iT/Upl^Otx/vOO TW VOU.W


TTpo; Tr.v àçi'waiv, EtTa , d); £u)pa ttoaXouç TtOtparEuaEvcruç Orrô

Tou Kat-japo;, l/.xpojaavToç tw ypovw to irpaYiJ^ît scoti Tr,v rj'xé-

pav Iv TW ^eyeiv xaTaTpi'|/avTo;, if^^tû tov ÛpiaaSw à'^Eti; o

Kaïatzp e/egOoh t/jÇ uTraTEtaç* xai TrapeXOwv e'jOo;, Cro^uîTai

TToXiTEU'jLdt Ti TTavTaç àvOpojTToui; I;a7:ar7,cav TrXfjV KaTO)v&ç.

Hv Si TouTO ôiaXXayy) HoiLTzrttoxj xai Kpdt^jcou, twv (xe^icto/

£v TV] TToXei SuvttfXc'vwv otç cuvayaywv ô KaTffap eîç oiAt'av £/.

ôiacpopaç, xa\ r^^v (XTr* àp^poîv cuvEVEYxaaevo; tcyuv eÎ; lauTov,

Epyw (piXavOpoJTCOv e/ovti 7tpoa'/;YOp'!av e).aO£ jj-ETo^r/saç ttjV

TToXiTEiav. Où Y^tP) wç oî ttXeïgtoi voy.iî[ou<7iv, r Kaicxpo; xa''

IIotxTrrjiou ôta^opà xoù? EacpuXiouç (XT:£ip*'a<7aT0 ttoXeixo'j;, aXXà

il fallait être dans Rome. César, arrêté par ces lois contraires , car
on était à la veille des comices consulaires , envoya demander au
sénat la permission de solliciter le consulat par ses amis , en restant
hors de la ville. Caton , s'appuyant sur la loi , combattit vivement la

prétention de César; mais, voyant que celui-ci avait mis plusieurs

sénateurs dans ses intérêts , il chercha à gagner du temps , et em-


ploya le jour entier à dire son opinion. César alors prit le parti
d'abandonner le triomphe et de briguer le consulat. Il entra dans

Rome, et fit une action d'éclat, dont tout le monde, excepté Calon,
fut la dupe : il réconcilia Crassus et Pompée , les deux hommes qui
avaient le plus de pouvoir dans la ville. César apaisa leurs dissen-
sions, les remit bien ensemble ; et par là il réunit en lui seul la puis-

sance de l'un et de l'autre. On ne s'aperçut pas que ce fut cette

action , en apparence si honnête ,


qui causa le renversement de la
république. En effet, ce fut moins l'inimitié de César et de Pompée
comme on le croit communément ,
qui donna naissance aux guerres
, ,

VIE DE CESAR. 41
faire cela

1tXf.6-JTCt.i èv T/J 7td>£t , étant présents dans la ville,


ycyovwç Èv TOiaÛT»j àvTtvo^a^a se trouvant dans un telconllit-de-lo j

et élanl arrivé

à l'époque dos comices consulaires


uuTÙi, t-rzîfipfnpài rr,v axiy/.j.r.To-j eux-iiiéines, il envoya au sénat
«iToOufvo; ôoO^vsci aÙTù ànovri demandant élrc a(;cordé à lui absent
7rapxy76//îiv de se-mcllrc-sur-les-rangs
ei^ ÙTzxreixv pour le consulat
oix TCÔV yt).wv. par-rinlermétiiairc-de ses amis.
KxT'jjvo; ûè n/sùTOv fi'sv Mais Calon d'abord
iffyypi^oijiho\J Tù vduw sc-faisant-fort de la loi

îT/îOi T/;v «Çt'wTtv contre cette demande,


cira, wî «i!(p3t noÀioùi puis, connue il voyait plusieurs
TeOepaTiîu/iivouî ayant été gagnés
par César,
£/x^oJîavTOiTùx/50''w TOTT/sây/iz ayant dilléré par le temps l'alfairc

/«i xararpif avTOî tïjv r)ixipv.v et ayant consumé la journée


iii Ttjj ).£y£tv, à parler,
i E.xl73t.p iy-jot César résolut
kftli TOv Opix/xtov laissant-dc-côté le triomphe
d(ï s'allachcr au consulat :

xai nxpùf^Cif «jOùj, cl étant venu aussitôt,


ùno^uïTaf Tt no>iTey/Aa il machine une mesure-politique
î|a7raT/;7av 7râvT«î àvOpûrcovi qui trompa tous les hommes
excepté Caton.
ToOto Ô£ t]v ôia).).a7TÔ Or cette niMHreétait la réconciliation
no,u:r/;iou /aï Kpiaffou d«* Pompée cl do Crassus,
TGJv 5uv«//ivwv/x£yi7T0v qui pouvaient le plus
«V T^ itdÀfi* dans la république:
o*î h ^xl'jy.p ffuvayaywv lesquels César ayant ramenés

i/. ôiayopâî etç ^i/i'av, de dissension en an)itié,

xal ffuvjveyxâ/xfvoî eiç éauTÔv et ayant reporté sur soi-même


Tiiv î<T/ùv aTTÔ àix^oïy , la puissance di^ tous deux ,
«iaOe /xeTaffTvjîXî fut ignoré ayant renversé
le gouvernement par un acte
»/ovTfTrco5»)yoûtav ytiâvOpojTTov. qui avait nom d'-humanilé.
'H yùp èiayopà Car le dilVérend

E^aiaxpoi xal IIo/x7r»jfou de César et de Pompée


eux àiici/s7«caT0 ne produisit pas
,

42 KAiïAPOz nios.

(xaXXov f\ çpiXta au(TTavTU)v iiTi xaTaXo-yei r7,ç àpi<jTOxp«Ttaç to

TrpwTov, ElTa oÎÎto) xai rpb; àXXT^Xou; ciaaxavTwv, KaT(»>vt et

TToXXaxiç T^ 'XEAXovTa TtpoOeffTriJJovTi 7:£pi7;v cu«7y.o)vOV (xlv iv-

ÛpojTrou TOTE xoti TroAu-Trpctyjiovoç , oiTEpov oi '^povitxo'j alv, o^x

EijTuyo*j; ôl (jutxÇo'j/.ou XaCsiv 5o;av.

XIV. Où pLYjv àXX' ô Kaï(7op Iv (ji£(70) TT^ç Kpatc'joo xai

no|X7rr,iou cpiXiaç ôopu:popou|Ji.£Voç , ettI ttjv OraTEiav 7rpor'/0r,

xai XatjLTrptoç otvaYOpEuOElç uet^ KaXTroupviou BîG-ou, /.ai y.7Ta-

ŒT^ç eÎç t-),v àpyvjv, euOo; eldE'^EpE vo'tjLOUç où/^ uTraTw rpoT/;-

xovTaç, àXXà Srjii.ap/(o tivi OpaouTarw, Trpo; r,ûovr,v twv tto/j'iwv

x),7]pouyiaç Tiviç /lopaç xa\ ciavoai; EtcrjYOuaevo;. 'Ev os tt

3ouXy) tcov xotAcov TE xàYaO<ov avTixpo'j'TavTOJv, TaXat ceouevo!;

7rpocpà(7cO)ç, àvaxpaywv xai [xapTupaaevoç wç ei; tov cy-;jlov

axoiv E^tXauvoiTO , OEpaTTEuawv exeïvov Iç àvarxr,? uoçei xai

civiles ,
que leur amilié même ,
qui les réunit d'abord pour renverser

le gouvernement aristocratique, et qui aboutit ensuite à une rupture


ouverte entre ces deux rivaux. Caton ,
qui prédit souvent le résultat
de leur liaison , n'y gagna alors que de passer pour un honomc diflG-

cile et chagrin : dans la suite, l'événement le justifia; et l'on

reconnut qu'il avait dans ses conseils plus de prudence que de


bonheur.
XIV' . César, en se présentant aux comices , entouré de la faveur de
Crassus et de Pompée, fut porté avec le plus grand éclat à la dignité

de consul : on lui donna pour collègue Calpurnius Bibulus. Il était à

peine entré en exercice de sa charge, qu'il publia des luis dignes ,

non d'un consul , mais du tribun le plus audacieux. Il proposa ,


par
le seul motif de plaire au peuple , des partages de terres et des dis-
tributions de blé. Les premiers et les plus honnêtes d'entre les séna-
f
teurs s'élevèrent contre ces lois; et César, qui depuis longtemps ne

cherchait qu'un prétexte pour se déclarer, protesta hautement qu'on


le poussait malgré lui vers le peuple ;
que l'injustice et la dureté du
sénat le mettaient dans la nécessité de faire la cour à la multitude ;
, , , , , ,

VIE DR CKSAR. 43
les guerres civiles,
comme la plupart le pensenl,
kXXx fiv.)yo'j f) ftUx mais plutôt l'amitié
d'eus li''ués li'abortl

inl xxTx'/J7it ri^i xpisroxpy.^LZi, pour la ruine île l'aristocralie*


puis divises ainsi
xctl ttpbi x)Xri\oui. mdme l'im contre l'autre.

lUpii'.v oi K.âTa>v( Mais il arriva à (<alon


qui prédisait souvent
ri uîl/ovra les choses devant arriver
iaêfitv Tore ^uiv odÇa» de premlre alors la réputation
àvOpc^icou 0U7x^).ov d'un homme fâcheux
et tracassier,

MITipO-J ci JVfl&0\)).0'J et plus lartl d'un conseiller


fpovifJOM jusv , oùx £Ùtu;^oû? 5î. sage il-cst-vrai , mais non heureux.
XIV. Où fjiiiv à//à ô K.aïï«|9 XIV. Cependant César
escorté
au milieu de l'amitié
Kpâff5-ou xxl Ilo/jiTt/îi'ou, de Crassus cl de Pompée
TtjOO>{;(ô/3 èrrl t/)v ûîtartiav fut conduit au consulat,
xal àva70;s£uOcl$ }.x^tc/sm; et ayant été proclamé avec-éclat
/*«Tà Ka/TTOu^v^ou BiS/ou avec Calpuriiius iJibulus,
x«l xaT:<7Tàî eli riiv ''p//,'' » et étant entré en charge,
fùflyç el^ifspt vd/xou; aussitôt portait des luis
convenant non à un consul,
iXXx Ttvt Qr,ax.p-/^co Opx7j':'j.-:co , maisà (|uel([ue tribun très-téméraire.

proposant
Tivàî ïf./.r,po\)y_ixi •//''p^-i certains partages de terre
xal ôtavo^àî et des disliibulions de blé
wpè; vJovy;v tcjv no).X6i'j. pour l'agrément de la multitude.
Ev oc rf ,9ou>^ Mais «ians le sénat
TÔv xa/ôjy T« xal àyaOdiv les gens honnêtes et vertueux
àvTtxpouTavTWV s'élant opposés,
CAiar demandant depuis-longtemps
itpofxTeui t un prétexte
avxxpayùjv xal ij.xprvpifi.vjOi ayant crié et protesté
w« â/wv iXù.xi)-jQizo que malgré-lui il était poussé
Ht TÔV ofiflOV, vers le peuple
0C|Ox>riij7wv «xïïvov èÇ cc*xyr.r,i devant caresser eelui-ci parnéce*«lé
à cause de l'insulencc ut de la dureté
4i KAIÏAPOI BI02.
/a).£7ror/]Ti rTJç ^ouX^ç , Trpoç aùrov içcTn^îr^^e *
xai 7rcpt<rr/;<T^-

(xevoç £vO£v |x£v Kpascov, evOev Si IIojXTnîtov, ^^jpwTyjTtv el toIç

vdaouç iTTaivoîev. 'E7raiV£Îv ci «potTxovTOJV, rapexaAci fl'/r/Jeiv

Trpoç Toùç lvi(7TacOai |jL£Tà ;i:pÔ)v arsiXoûvTOtç. 'Exeîvoi ô' Gtt-

ic/vouvTO* noaTT-z-ïo; os xai 7:pocr£7r£i7r£v w; (X^i;oito rpôç t^


^l'^r, (i.£Tà TOÎJ çi'^oi»; xai OupEov xoai!^ojv. 'Etti touto) toÙ; (xev

apiaxoxpaxixooç -i^viaaEv, oOx (x;iav tyjç TTEpi aOrôv aïoov»!; oOoe


TV] Trpcx; Tr,v cuyxXriTov eùXa^Eia Trpc'rou^av, d'/Xk jj[.avtxy;v xa'i

fXEipaxico^T) ©ojVYjv àxouaavTaç" ô û£ oyjtxo; fj(i07). Kaîaap û£

[XciÇovoiç £Ti T/jç IToaTrrjiou ôuvatXEw; ETriopatToacvo; (^v yàp


aÙTw 'louXta 0'JY*TTr,p iy(v^\ir^\j.hr^ SEpouïÀiw KaiTriojvi), rauTTjv

£V£Yur,or£ IIo(7.7rrjitp •
tTjV oe nou.7r/;ioo to) SEpouïXio) ouxjeiv l^^r^•

c£v, ooo' auTr,v (xvc'yyuov où<7av, à}Ai 4>a'J(7T(o, tw il'j)7,a raiSi,

xaOw{jLoXoYrjU.£vriV. 'OXiyw 5' GcTEpov KaTcap r^Y^Y^'^ KaA-oup-


viav, OuY^TEpa Ileiffwvo;, tov oe IlEÎatova xaTÉ(7Tr,c£v UTraTov
EÎç TO (jleXXov, Ivtauôa xai ccpoSpa (xapTupojxÉvou KaTWvoç
n l)\

et sur-le-champ il se rendit à l'assemblée du peuple. Là ayant à , ses

côtés Ciassus et Pompée , il leur demanda à haute voix s'ils approu-


vaient les lois qu'il venait de proposer. Sur leur réponse affirmative ,

il les exhorta à le soutenir contre ceux qui ,


pour les lui faire retirer,

le menaçaient de leurs épées. Ils le lui promirent tous deux ; et

Pompée ajouta qu'il opposerait aux épées l'épée et le bouclier. Celle

parole déplut aux sénateurs et aux nobles ,


qui la trouvèrent peu
convenable à sa dignité personnelle , aux égards qu'il devait au

sénat , et digne tout au plus d'un jeune homme emporté ; mais elle le

rendit ircs-agréable au peuple. César, qui voulait s'assurer de plus

en plus la puissance de Pompée , lui donna en mariage sa fille Julia ,

déjà fiancée à Servilius Cépion , auquel il promit la fille de Pompée ,

qui elle-même n'était pas libre , ayant été déjà promise à Faustus ,

fils de Sylla. Peu de temps après il épousa Calpurnie , fille de Pison ,

et fit désigner celui-ci consul pour l'année suivante. Caton ne cessait


,, , , , , ,

vu: DK CKSAR. 45
du sénat
s'élan(,a vers lui :

xal tteptvrriaâ.fievoi et ayant mis-autour de lue


I

ivOiv /xîv Kpûavo^ (l'un côté Crassus


âvOev Oc IIouTCiiVov, et (le l'aulre l*uinj)ée,
I

I ripÛT-/i<:VJ il leur demanda


I
eî £Ttatvoï«v Toùj vd/zoui. s'ils approuvaient ses lois.

I
"^a7/.dvTwv Si inxi-JsXv , El eux répélanl les approuver,
I
Trapsxst/et ^o/iOsXv il les engageait à les soutenir
itpài Toùî àTtïtioûvrai contre ceux qui mrnaçaient
- ivivravOxi /jutù ?t^6jv. de s'y opposer avec l'épëe.
Exjîvot ûi ùift'jyvo'Jvzo' Et ceux-ci prumcltaienl de le faire

llofjiTf^ioi Si y.at Tr^OïîTCil-iv et Pompée mémo ajouta


qu'il viendrait apportant
y.xl 0\Jpîb-j /JLizà To'j \i'^o\)i le bouclier aussi avec l'épée
itpbi TÙ. Ii'yyj. contre les épécs.
E:rl TOJrw fxkv Pour cela certes
Ôviaoe Toù; àpKXTOxpat'.y.oJ;, il chagrina les nobles,
àxoûffavTaç ^cjvr.v qui avaient entendu cette parole
oùx àÇiav -zY.i atoou? nspi aùrèv non liigne du respect de lui-même
o\)Si izpi7(0D7xv ni ct)tivenal)le

T>î cùiaêîiat Ttpbç rr,v ffûyxÀ/îTOv, à la déférence due au sénat,


iXXêc fjL»viy.r,v xal /x- tpaxtr-jo/]* mais furieuse et de-jcunc-homme :

à Sk Sr,fX0i vî^Qr]. mais le peuple en fut charmé.


'K.CcXvXp Ôî iTllSpXTT6ff.£-J0i Or César s'altachant
in fxii^o-^ttii encore plus fortement
riii ouvâjUîw^ Uo/xnr,(o\j à la puissance de Pompée
( lo'jXlx yùp Ouyâryjp 5cÙT'7i (car Julie lillc à lui
r,v v/yv/\jr,y.vJY} était promise
2epo\>X).iu KaiTTt'wvt), à Servilius Cépion),
ivr/ûvjffs rx\>Tr,v lIouTr^l'aj* fiança celle-ci à I*ompéc :

ifT^9t Sk S'J>asiv TW Sîooul/t'w mais il dit devoir donner à Servilius


Ticv no/ATT/; fou, hxjille «le Pompée,
oyôè ouîav a'JT/;v àviy/'jov n'étant pas elle-même non-promise,
àiià xaOw,ao>.07/:/xiv/;y mais ayant été accordée
ayarw tû , Tratot iC j//a. à Faustus, le (ils de Sylla.
OXi'/(ii oc u^Tî^ov K.3tîffa^ Mais peu après César
iqyà-/«TO Ka/Ttoupvi'av épousa Calpurnie,
Buyaripx Uiiaatvoi lille de Pison
*9.Ti'Jrr,7S Si TOV Uîl'ïWVX et institua Pisou
,

46 KAI2AP0Z BIOZ.

xai poTivTo; odx àvexxov cTvai, "^ôiiioi^ 6ia|xao-rû07rtuo;iivrj; tt,;

^Y^Hi-Ovia;, xai cii y'^^*^'*'^^ ^U âirap/ia; y.ai arpariuLtaTa xai

SuvattEii; àXXr,Xouç àvTeicaYO'/TOJv. '0 |jl£V o'jv cuvap/(»)V -roo

Kaidotpo;;, BîO.o;, êttei xoAowv to-jç vojxou; o'joÎv ^TTipacvtv,

àXXà ttoXXocxk; exivOjveuî (XETa KctTojvo; £7r\ tt,;


^Y^pâ; otTToOa-

veîv, £Y/.X£icatj.evo(; oixoi tov tîjç apyy,;


y povov oi£T£>^c£. Il&u.-
TD^ïo; 8È Y'^^H'-^fÇ e^Oùç EVETrXrjffE r/jv aYopiv ^::)aijv, xai cuvettî-

xupou TCO o-/iaw Touç voixouç* Kaiffapi 0£ t);v Ivtoç 'AX-eojv y.at

T');v IxToç ^Ttaffxv K£XTixrjV*,7rpoaOii; To'DwXupixov, ttîTa TaYH"-**

Ttov TSTcapoJv eU TTEVTaETiav. KaTojva fjièv ot»v i-iziyz'pr^çTnoL

TOUTOi; àvTiXsYEiv à:n;Y£v £Îç <j»uXaxr,v 6 Kaîcap, oIoixevo; auTOv

ETrixaXE'cEcOai touc ûr,tJLapyou;' exsivou o' à^wvoy fiaoî^ovro;,

ôpwv ô Kaîcap où (jlo'vov touç xpaTiCTO'j; oy<7:j»opoUv':a; , "x/Xt.

xai xû SrjaoTixov a'.ooî ty)!; KctTtovoç àpET^ç cicottT; xai jAETa

de se récrier, et de prolester en plein sénat contre l'impudence avec


laquelle on prostituait ainsi Tempire par des mariages; et , en trafi-

quant des femmes, on se donnait mutuellement les gouvernemenis


des provinces , les' commandements des armées et les premières
charges de la ré[)ublique. Bibulus, le collègue de Cciar, voyant l'inu-
tilité des oppositions qu'il faisait à ces lois , ayant même souvent
couru le risque, ainsi que Caton , d'être tué sur la place publique,

passa le reste de son consulat renfermé dans sa maison. Pompée


aussitôt après son mariage , ayant rempli la place d'hommes armés
fil confirmer ces lois par le peuple, et décerner à César, pour cinq
ans , le gouvernement des deux Gaules cisalpine et transalpine , au-
quel on ajouta Tlllyrie, avec quatre légions. Caton ayant voulu s'op-

poser à ces décrets , César le fit arrêter et conduire en prison , dans


la pensée que Ciilon en appellerait aux tribuns j mais il s'y laissa

mener sans rien dire ; et César voyant non-seulement les principaux


citoyens révoltés de cette indignité, mais le peuple lui-même .
r-''
, , , , , , ,

VIE DK CESAR. «T
wiraTOv eli fô fx.i))o'i. consul pour Vannée à-venir.
EwraOOa orj Kccreavoj Alors ccrli's Calun
cl protestant vivement
xal ^oûvTOç oùx eîvai àvexrôv, etcriont/flcAojffn'élrepastolérable,
l'empire
SiocuxtjrponcxJOfiivni '/àfJ-oii, ûlnnl [)roslilué par «les mariages
yal àvretffa'/dvTWV et des ciluycns se poussant
les uns les autres
otà yuva/cjv ft{ Inxpylxç fiar des femmes aux gouvernemcnla
: vrpxxeùfj-oira xat ôuvâuîf^. <'t aux annc'j'set aux ïorccsmilitftires.
^ :oio5 fXfJ OjV ,
Hibuliis donc
b dMvip'^ùiv ToO Kocldocpo^ ,
le collègue do. César,
insi xuyiiuv TOÙç vôfiovç comme s'opposanl aux lois

inipxtvsi) oùûè'j il «'avançait à rien ,

àAià 7ro).).âxi5 ixtv5ûvsus mais que souvent il courait risque


^erà Kârwvo^ avec (la ton
àTToOaveïv cttî t/Jî àyopûi. de mourir sur la placc-puMique,
SitrOiit rèv xpôvo'i 'zfa àp^rii passa tout temps de sa charge
le

s'ctant renferme à la maison.


UouTc/iïoi Si 7*5/A«Ç Mais Pompée s'étant marié
aussitôt remplit d'armes
rr,'j àyopx'J la j)larc-[Hil:lique ,

XXI (TUvcTTî/û^oo TOÙ5 vôuovt; et il laisail-sanctionncr les lois


par le peuple,
ILxhxpi Se puis décerner à César
rVjv K£).Ttxy;v (t^v) èvrà; 'A^ttîwv la Gaule c/'en-deçà des Alpes
xal TTiV i/TÔç âiraffav et celle d'au-delà loule-cnlicre

jcpovOeiç rà I/^upcxàv ayant ajouté l'illyric ,

//ira Tfjîâowv TXyfXXTWJ avec quatre légions


tii TTÎVTXÎTt'aV. pour l'espace-de-cinq-ans.
fi'vj oj-j KxXcxp Cependant César
«w^yev et; ^u).axy)v lit conduire en prison
KstTwva ÏTtiytipT^vx'JTX Caton qui s'était efforcé

avTÙi/ttv TOUTOtç, de contredire ces toii

oiôixtiOi ayrov pansant celui-ci


t-KixuXiataOxi toù^ Syifjukpyw^' devoir en-appeler aux tribuns:
htivov ce ,3ai5tÇovTOç ày^ivou, mais celui-ci marchant silencieux
6 Kxïjxp hp&t ^j yudvov César voyant non-seulement
Toùç xpxr'ivroMi iwjfopoûjzui, les nobles mécontents,
«iià xal t6 SijfjLorixbv mais aussi le populaire
,

48 KAIiAPOr BÏ02.

xaTYi:peic«; é7rô/i.£vcv , «vtÔ; èor/jO/) xpu:j»a twv or^ixap/ojv cvô<

àcpeXiaOai tov KotTOJva. Twv o* aX)ui)v <rjY/-X''jftxô)v ^Atyoi Trav-

TOtTradiv aCiTOj cuvv^eaav eî; ^ouX^.v, oî oï AoiTCoi ou(r/£p'jtvvov':tç

^KTTOOwv y;(7av. EÎttovto? os Kovffiîiou tivoç "côiv (ï^oopa Y^P'^*"

TO)v, w; ':po6o'ja£voi -rà ^'ttÀx xai tou; crTpaTiwrotç où (TJvep/oivTo-

< Ti ouv, E-^v) ô Kaîcap, où xai eu TaÔTa C£^u)}ç olxoup£Î;;» xai

6 KovGioio; £i7r£V «"Oti ue ttoieî y.^ î^oÇîîaOai to '^îipa;' b fap


£Ti XEiTTo'iJLEvot; [i(o; oO ttoXav)!;, oXiyo; wv, OEÏTai Trpovoiaî;. »

AïoyioTOV 81 TWV TOTE TToXiTEua-otTcir; £oo;£v, £v t7) Kaisapoç


'jTraTEia or^jxapyov a'.p£0^vai KXojoiov. 'HpEÔrj ô' £7:1 tt; KiX£-

pcavoç xaTaXucEi '


xai Kaïaap où TrpoxEpov e^yJXOev ez'i T7;v

cTpaTEiav ïj xa~acTa<7ia<7ai Kix£pojva (aet^ KXojoio-j xai ouv-

sx.êaXcIv £X T^ç 'IiaXia;.

XV. ïoiauTa {X£V oOv X^yETai yEVEcôai "COCTrpo twv FaXaTixwv.


'0 5e twv tcoXejjlwv otiç £7:oX£u.y,ce (X£Tà touTa, xai twv CTpa-

respect pour la vertu de Galon , le suivre dans un morne silence , fa

prier sous main un des tribuns d'enlever Caton à ses licteurs. Apres
un tel acte de violence , Ircs-pcu de sénateurs l'accompagncrent au
sénat; la plupart, oQensés de sa conduite, se retirèrent. Considius,
un des plus âgés de ceux qui s'y étaient rendus, lui dit que les séna-
teurs ne s'assemblaient pas, parce qu'ils avaient craint ses armes et

ses soldats : « Pourquoi donc , reprit César, cette même crainte ne


« vous fait-elle pas rester chez vous?»—'» Ma vieillesse, repartit Con-
« sidius, m'empêche d'avoir peur; le peu de vie qui me reste n'exige
« pas tant de précaution. » Mais de tous les actes de son consulat,
aucun ne lui fit plus de tort que d'avoir fait nommer Clodius tribun
du peuple. Cette élection avait pour motif
de Cicéron; et la ruine

César ne partit pour son gouvernement qu'après l'avoir brouillé avec


Clodius et l'avoir fait bannir de l'Italie.

XV. Tels furent, dit- on, les actes de sa vie qui précédèrent
son commandement dans les Gaules. Les guerres qu'il fit depuis
, ,

vu: DE CESAR. 49
par révérence pour la verlu de Catun
suivant en-silence
y.ul fj.i7Ù x«T/jj?îtaî cl avec aballcincnl,
ècîy;0/j aùrèî y.pdfx pria lui-nithnc en-secrel
un des trilnins

ÙfÛélOxi TÔV K«TWV(X. d'enlever Calon.


IlavraTraTt ôi o/iyot Or loul-à-fait j)eu
rûv a>iwv auyx/ïjTtzûv des autres sénateurs
allaient-avec lui au sénat,
ot oi JotîTOt OUa;ir«pxiVOVT£î mais le reste indigné
•/:7av è/Tîooùiv. se tenait à-l'écart.
K.ovi7(0(ou os Et Cunsidius
Ttvà; Tùy 9f6Spx yg^c'vrwy un des trcs-vieux
itTTo'vTOi, CJî où cvvipyotvro ayant dit (|u'ils ne s'assemblaient pas
yoooûfxs'joi rà ot^Ïu. craignant les armes
/.al T0Ù5 arpxTiojrxi' et les soldats :

« Tf ow , éjî/j é ILuXvap ,
« Pourquoi donc, dit César,
/.xl au oùx ot/ou^-rç loi aussi ne gardcs-tu-pas-la-maison

^îotwç raCra ;
» craignant ces choses? •

Kal ô Kov7(^(os «T:iiv* Et Considius dit :

« 'On TÔ yi'.pxi « Parce que la vieillesse

itoteï ju« /jiyj ^oZîliOxt' fait n)ui ne pas craindre :

b yàp ^ioi Xstnô/JLS-jOi Iti ,


car la \ ic cpii iiic reste encore ,

Siv oXiyoÇf oh oslrat étant courte, n'a-pas-besoin


7roi).>55 Tzpo-joixi. » de beaucoup de prévoyance. »

Tûv oé Tro/tTCu/xxTWV to'tî Mais dos mesurns-poliliqucs d'alors


tooçsv aiïyjiffTOv ccUc-ci parut la plus hoiiteizte,
K/wôiov tt.ip£OY,-JXi OTifjixpyoj Clodius avoir été élu tribun
iv Tj; ûîrxTeta TLxizxpoi. dans le consulat de Cesur.
llpéOr} Sk iîtl TT, xara/J7£t Or il fut élu pour la perte
Ktxi|5wvoâ •
xat Kxc;;cp de Cicéron : et César
eux iXf.'j.Oc'j Itzi t/;v ffToaTîiKv ne partit pas j)our son expédition
Ttpôzepoi >5 xaraTTxyiaTai avant que d'avoir brouillé
K.(xé|9cjva ^uîric K/woiou Cicéron avec Clodius
xxl ffuve/SaÀcïv sx t:^^ 'ira/iK^. et do /'avoir chassé de l'Ilalie.

X> . ToiauTa ajv oùv /ÉySTi'.t XV. Telles donc sont dites
'/ftVsaOai Ta avoir été les affaires
W/îO TÛV ra/«Tixûiv. avant celles de-Gaule.
U oc xpo-^Oi Tiv :ro/£«wv Mais ré[)0(jue des guerres
e<.> â7toÀt/t>j(j« /ijTà TscÛTa ,
que César guerroya après ces chocs
Vlfi DK CiSÀR. h
,,

«50 Eàaè^oi moi.


Ttiôiv ai; y,{xep('T<7«T0 tvjv KeATixr,v, ypovo;, otmtp aX).T)v ipyi^»

XaCovTOç aÙTou xoti xaTsaravroç elç Itepav Tivi pt'o'j x«i irpa-
Y|xaTti)v xaivôiv 65ov, ouxecïtiv ^tou twv j^.dtXiaTa TeOau'xacijwvw*
Èçp' f,Y£jJ-ov(a xot\ jXEYiTTwv yt'fo'^ôzo)'^ dtroXeCîrovTa -TTV.su.iTrîii»

xal <7TpaTr,)>aTr,v à7:îo£i;ev auTov '


ccÀa' iiTt 4>a€toui; xoti ixi-
;r(o)va<; x.oil MîteÀXou!; xai Toùç xax' «utov, y^ jxtxplv ejxTrpo^OEv

aOtou ioXXctv xa\ Mapiov, àatpOTc'pouç te AeuxctO.Xo-jç, r, xat

no{X7n;ïov «utov, oO xA£0; uTTOupàviov TjVÔEi [tote] TiavTûta;

TEpl ttoXejjlov àpsx^ç*, TTotpaoaXoi Tiç, ctî Ka((7apo; O^rEpoaAÀouTi


Trpot^Eiç, Tov {jlÈv -/aXEroTriTi tottoiv £v oÎç £roÀ£xy;T£, tov C£

{XEye'OEi TrpoTcXxr.TaTO , tov ce ttÀt/Jei X3t\ [ii'a 7:0)^-


y/'V^Ç ''i^

-^ tjLto)v oCk; ivtx'/;G£, tov 0' aTOTrtaiç xai anoriaiç r/Jwv a /.«Ooj-

IxaXiffE^, TOV 0' ETTiciXEta xat TrpaoTTjTi rpbç Toùç àXiffxofj-ô'voui;

TOV oï Scopoiç X7i yotptci Trpb^ Toùç cvyTTpaTEuoaEvcj;, Tt'ivTa;

5è TÔi TtXEiGTaç |X£{ji.ay^r,aOai [xayaç xai ttXeiotouç àvT,pr,X£vai

ces expéditions fameuses, dans lesquelles il soumit les Gaules, lui

ouvrirent une roule toute diflérenle, et commencèrent en quelque


sorte pour lui une seconde vie c'est dans celte nouvelle car- ;

rière qu'd se montre à nous aussi grand homme de guerre aussi ,

habile capitaine qu'aucun des généraux qui se sont fait le plus


admirer et ont acquis le plus de gloire par leurs cxpluils. Soit
qu'on lui compare les Fabius ou les
, les MélcUus , les Scipions ,

autres généraux ses contemporains , ou ceux qui ont vécu peu


de temps avant lui tels que les Sylla les Marius les LucuUus
, , ,

et Pompée lui-même, dont la gloire, élevée jusqu'aux cicux, lui


faisait comme une auréole de tous les mérites guerriers , on recon-

; naîtra que les exploits de César le mettent au-dessus de tous ces


grands capitaines. 11 a surpassé l'un par la difïicuUé des lieux où il

a fait la guerre ; l'autre ,


par l'étendue des pays qu'il a subjugués ;

celui-ci ,
par le nombre et la force des ennemis qu'il a vaincus ;

celui-là, par la férocité et la pcrlidie des natiuns qu'il a sou-


mises ; l'un ,
par sa douceur et sa clémence envers les prisonniers ;

un autre ,
par les présents et les bienfaits dent il a comblé ses
troupes ; enfin , il a été supérieur à tous par le nombre de batailles
qu'il a livrées , et par la multitude incroyable d'ennemis qu'il a
, , , , ,

Vii: DE CJiSAK. 51
Cl (les e\i)cdilions
par U'sqiullcs il soumit la Gaule ,

iiTtcp aùroû iaCôvTOç coninie lui ayant pris


s(Jl).]9y àpx'hv un autre coninmnceraent
et étant et) lié
c'î Ttva iripxv hobv ^io\) dans une cci taine autre route de \ic
XX l :rpx-//A«Tuv xatvûv , et d'allain s nouvelles,
montra lui

:To)îatTTriv xal 7rp'XTr,/.i-:r,-j guerrier ti clief-d'arniées [aucun]


y.TtOysi'XOVTti OWK CffTlV OTOO N'étant-iiiIVricur il n'est pas a qui (à
de ceux le plus admirés
«ttI r,-/tii.o-JÎX pour le Commandement
.*al yjyovOTWV /iîyt'yrwV et ayant été les plus grands
au contraire si quelqu'un
îrapaSâ/ot /mi comparait
't>y.€iou; xicl SxtTticavaî les Fabius et les Scipions
xat M£Tî).>ou» xal roùj xarà ayràv, elles Mélellus et ceux du temps de lui,
fi fj.t/.fb-j timpovOvj auToO ou un peu avant lui

Sylla et Mari us,


et les deux Lui ullus
yj /al Uouîr/Iiov xhrà-J ou aussi Pompée lui-même,
dont la gloire élevée-jusqu'au-ciel
Uorissuit [alors]
7zx-nob'i y.pszlli ntpi :tà).îiJ.o-j , de toute vertu concernant la guerre.
A'Kp'x^iii&.xhupoiù-ittpZôuj.ovzi les aclit»ns de César surpassent
TOV jULÎV ;(X>£TCOT>JTl TOTÎWV l'un par la dillicullé des lieux
dans les(piels il lil-la-guerre,
l'autre par l'étendue du pays
r,'J TTjûOfffiXT'^ïaTO , qu'il ajuula-par-conquétc à l'empire^
TOv 0£ it/ïjOci xal j3ta l'un par le nombre et la force

XOJ.Sy.iOiV Oλ» £VtX>J7fi, des ennemis ()u'il vainquit;


rov ô£ iroTtiats xal à:riïTt'atj l'autre parles étrangelés et perfidies

r^Oiy à xaOw,aâ).tye, des mœurs qu'il puliça;

TOV oi è:ri-:ixiia xal TcpxÔTri'i l'un par la clémence et la douceur


Ttpbi Toùî aii5/o/iivou5 envers ceux qui étaient pris
TÔv Si B'Jipoiç xal x^pf l'autre par les dons et les faveurs

ît^oç TO'jj fjyjvrpxrt'joixhoo^ à ceux faisant-campagne-avec lui,


«âvraç i( T<3 fJLtfia-^tiO-xt et tous par le avoir combattu
nXtisTXi iiix^i le plus de combats
/7.1 àvrc^îxtvai •n:>£tJTOUi et avoir détruit le plu«
52 KAlïAPOi BIOZ.

TÛv dvTiTot/OÉvTOiv. "Ety) yrtçj oùol Stxa TToXtjxr^aaç irtpi FaXa-


T^av, ttoXek; jxiv uTrlp ^xTa/.oc^aç xa-ri xpato; tiÀcv, ?0v7i c'

«y^tipojcctTO Tpiaxdata' [Aup'.â^t oè 7rapaTa;acuvoç xari fAc'poç

Tpiaxooi'aiç, éxaxbv (xèv £v y/p<yi oieipOtipEV, d'/Xoi^ cï -lOTauToti;

£^toYpv;(7cv.

XVI. Eùvoia 0£ xai rpoOuatot CTpaTionôJv a/p/'caTO -rosaoT/;

irpoç auTov, waxe touç i'ipoyj ar,0£v ev Taï; a/j'.at; cTsaTî'i'jttç

§iaçÉpovxaç , àaa/ouç xai àvuTToaTctTOuç cj/EpecOai rpôç ttîv


Seivov uTCÈp TÎjç Kotiaapoç oo;/,?. Oio; r^v toûto aèv 'AxO.ioç, 6;
Iv t9) TTEpi MaaaaXiav vauy.a/ia, vew; —oÀEfxta; ÈmCtÇr/xôjç,
tJiv (jlev OEÇiàv a/rsxoTT/; y.'îpoc (xa/aîpa, tt, o' às'.CTcpa tov

ôupEov oùx à.j>-7,xEV, àXXot TUTTTOJv Eiç Ta 7Tpoc7i»j-a TO\i; ttoXe'xÎoj;

aTrETpE']/; Travtaç, xai tou cxacj-O'jç £7r£xpaT-/;c£ •


tovJto ce Kâc-
aïoç ixîuaç, ô; Iv tv^ Trspi Auppa/iov* y-a/r, tov ô:j<OaX;xôv Ixxo-
TTÊiç To;£uiJ.aTi , TOV o' cojjLOv Gcaw xat TOV tXTjpOV £T£pw oiîXrjXa-
{XEvoi;^, Tw os OupEw jî&Xwv ExaTov xal Tpiaxovra TcX-r^Yàç àvaôe-

fait périr. En moins de dix ans que dura sa guerre dans les Gaules,
il prit d'assaul plus de huit ccnls villes, soumit trois cents nations

diliérenles , cl coniballil en plusieurs batailles rangées contre tri>is

millions d'ennemis , dont il tua un million et fit autant de pri-


sonniers.
XVI. D'ailleurs , il savait inspirer à ses soldats une aÛecticn et une
ardeur si vives , que ceux qui , sous d'autres chefs et dans d'autres
guerres , ne dillcraient pas des solilats oi dinaires , devenaient invin-
cibles sous lui et ne trouvaient rien qui jmt résister à l'impétuosii:';
avec laquelle ils se précipitaient dans les jdus grands dangers. Ti I

fat Acilius, qui, dans un combat naval donne prés de Marseille,


s'étant jeté dans un vaisseau ennemi et ayant eu la main droite abat-
tue d'un coup d'cpée, n'abandonna pas son bouclier qu'il tenait de
la main gauche et dont il frappa sans relâche les ennemis au visage ,

avec tant de raideur, qu'il les renversa tous et se rendit maître du


vaisseau. Au combat de Djrrachium , Cassios Scéva eut l'œil percé
d'une flèche, l'épaule et la cuisse traversées de deux javelots, et
,

VIF, DK CESAR. 53
de ceux rangés-en-bataille-conlr«
Oùoè '/y.p Tro)«u>Î7aç Cnrn'aynnt pas incîme gut^rroyé [lui,
<lix ans «lans la Oaule,
iVfi jièv xaxà xpdTo; il prit (le force
au delà (le huit-cente villes,
t/iipui7Xzo St rpixy.Q9tx tOv/,' et subjugua Irois-cenls nations :

n ayant livré-bataille
xarà //fpo; en-tliverscs-fois
rptaxoTtatç fiMpiiti , trois-cenis myria(Jes d'hommes,
SiifOstps fiiv ixarbv èv yjp^'j, ilen tlétruisil cent dans la nnîlée,
ii^'Ii-jpr.ii ûi TOTaÛTa^ â))^:. cl en prit autant d'autres.

XVI. Ex^»;a'aTO oi XVI. Il se servit d'ailI(Mirs


cùvoj'a xai TtpoOv/Ji(x d'une bienveillance et d'iuie ardcu:
de ses soldats pour lui

TOTauT*; , WTxe telle, au point


ToOs 5ta^î|90VTaç /x/;cèv «Técov ceux ne dillérant en rien d'autres
iv T«î{ âi/at5 arpxrziaii; dans les autres expéditions
©speïOsît TT^ôî Trâv oîtvèv se porter à tout danger
pour la gloire de (lésar
a/Aâ;(OU{ /x! àvuTroTTXToy^. invincibles et irrcsistdjles.
OTbç »;v TOÛTO ,uèv \/.(Xioi ,
Tcl-(]uc fut d'un côté Acilius,
qui dans le combat-naval
près de Marseille,
étant monté sur un vaisseau ennemi,
àTTizoTT/; juèv [xxy7.lpx fut tranché d'une épée
T/JV ytXpV. OiÇtXV, à la main droite,
Ti^ 04 àptarepû cl de la gauche
oùx «y^cxe TÔv 6\jpibv ,
ne lâcha point son bouclier,
ii)à tÛtctwv toÙj Tto/î/Atov;; mais frappant les ennemis
cîç rà TpoTWTra aux visages
les fit-fuir tous,
xal lTî/.^âT/î7« TOy axâjpO'Ji" et resta-maltrc du navire :

roOro oè Kx7ïtOâ Sxrjaç, d'un autre c(jté Cassius Scéva,


îç iv ryj jJiXyr, TitpX ^xjppiyir^j qui dans le combat de Dyrrachium
CKxcTïctîTÔv o^fOx^iJ^v ro^fjy.y.ri, ayant été frappé à l'œil d'une ll.tlic,

itXr}).XfiivOi et ûîffdi ràv 'J<;/qv el transpercé d'un javelot à l'épaula


xal iripw tôv /iinpbv et d'un autre à la cuisse ,

àvxô«5«y/iivoî oè Tû Oupfi'Ji et ayant reçu sur son bouclier


ixaràv xxl T/stâxovra cent et trente
coups de traits,
,,

54 KAIiAPOl BIOZ.

îtYfjL^voç, fxaXii Tot;; TroÀejxto'j; wç 7rotpao<uc«wv lotut^v. A*^w


Se TcpoaiovTOiV, toC (liv oltzIxjo^ tov (ofxov t^ {xx^a^par, tov 2i

/caxi Tou TrpocwTTOu 7raTa;aç areTpE'j/ev •


«otoç 5t ^uTOi^r, , Twir

otxeitov TcepioyovToiv. 'Ev ci lipiXTavia tcjv 7roXe(jiioov tiç tottov

fXtoS-/) xai fAEaxov CcaTOç IjXTTEaotîtJi Toïç irpwTOtç Ta;iapyaiç

ÊTTiOEfxévwv, crpaxicoTrjÇ , Kaicapoç aoTOÎÎ tt,v [t-i/ry £cj»op<«iv-

Toç, (îxratxevoç eîç [jlecou;, xa\ 7ro)Aà xai TcepiOTrra TOÀtxr^ç à7rr>-

SciçajjLEVOç epya, xoîx; {Jisv Ta;ictpyou; t^ojffs , T(Tjv ^apootpojv

çuyovTtov, auToç Se yaXeTTcoç eri Trasi ciaSaivwv Ippi-^'ev éourov

etç pEuixara TtXixaxojorj , xal {/.o'Xiç àv£U tou GuptOÛ xà uiv

\T^y6u,tvo:;, xi Se fJaSiJ^ojv SiETTî'pace. 0au(Jt.a^ovxwv SE xwv irepi

xov Kaicapa xat (jiexà /apôc; xai xpau'pjç aTxovxojvTojv, a'jxoç

£0 p.aXa xaT7;îpY;ç xai SsSaxpuixsvoç rpoaeTTEce tw Kaiaopi,


ffUYyvwjjLrjV atxouaevo; £~l xw Tcposcôat xov ôupsov. '£v Se Aiêur,

reçut cent trente coups sur son bouclier. Il appela les ennemis
comme s'ileùt eurintcniion de se rendre ; et de deux qui s'approchè-
rent, l'un eut l'épaule abattue d'un coup d'épée; l'autre, blessé au
visage, prit la fuite. Cassius, secouru par ses compagnons, eut le bon-
heur de s'échapper. Dans la Grande-Bretagne, les premiers chefs de
cohortes s'étaient engagés dans un fond marécageux et plein d'eau
où ils étaient attaqués vivement par les ennemis. Un soldat de César,

sous les yeux mêmes du général , se jetant au milieu des Barbares ,

fait des prodiges incroyables de valeur, les oblige de prendre la fuite


et sauve les officiers. Ensuite il passe le marais le dernier, traverse
avec la plus grande peine celle eau bourbeuse, partie à la nage,
partie en marchant, et gagne l'autre rive, mais sans son bouclier.
César, qui ne pouvait trop admirer son courage , court à lui a¥ec
toutes les démonstrations de la joie la plus vive ; mais le soldat , la

tête baissée et les yeux baignés de larmes , tombe aux pieds de César
et lui demande pardon d'être revenu sans son bouclier. En Afrique
, , , ,, , ,

VIF. I)i: CESAR. 5cj

i/.âXti rox)^ Tfoy.e/j.ioj^ appelait les ennemis


6i^ Trapxûwo-wv caurd;;. curnino dcvanl rundre soi.
àvtï'j Si npoviàvTotv , Mais deux s'uppruchaot
il abattit de l'épée
TOV W^UOV TOO ,
l'épaule de l'un ,

TrarâÇaç ^i tôv et ayant frappé l'autre


au visajje

le niil-cn-fuile :

aùrèî Sî SitV'^Orjf mais lui-même fut sauvé,


rrôv oly.titji'j •rzsptv/ô-jrwj. SOS compagnons /'ayant entouré.
Ev Ci hpSTTUvix El en l>ielaj;n('

les ennemis s'étanl jetés


sur les prcmitTS chofs-de-cohorles
t/z7r«ïOÛ<riv «cç rdnov qui s'élaienl enrayés dans un lieu
JAcjô>; xat fitv-zb'J tSxroi, marécageux et rempli d'eau ,
ITTpXTlÛTrjÇ ÙlÛfJLi-JOi un soldat s'étant précipité
au milieu des ennemis,
y.oil àitoo ttXx fitvoi ci ayant montré
e^7« To/firii Tto)/.à des actes d'audace nombreux
cl remanjuablcs ,

Ka/flra|îOî <]?o/5s3i»roç César voyant


n^v fxiyriv «ùroO, le combat de lui

sauva d'une part


les chcfs-de-cohortcs

TÛv âxpZ'xpoi-j ^uydvTUv les barbares ayant fui

aJTO^ oè oiaSatvwv et lui-même s'avançanl


;(xi£Tr(ûç ÈttI Trifftv avec-peine après tous les autre»
ippvpvj IxuTOv jeta soi
etç pe-jaurtx. rsJ fixrûor, , dans des courants bourbeux
X«l 5t£TépaC£ /id/tî et traversa péniblement
ai<£u ToD Ou(&«oû sans son bouclier
rà /xiv v»;;^d/ievoç, rà oè ^^ao ti;wv. tanlùt na^'eant, tantôt marchant.
Tûv 5« TTc^l TOy l^xisxpx Et ceux autour de César
BxMflX^Ô-JZOiV Xxl XTZX-JT'j^J-'jiJ /'ailmiranl et venanhà-*a-rcncontre
fitzk X'-</554 xal y.px'jyr.i, avec joie et clameurs,
lui bien fort abattu
xal 5«3azpuuivoç et pleurant
irpoviiriTC TÛ Rotiffaoc toml).i-au\-pieds de César,
a{roû/xivo« v\jyyvbtfir,v demandant pardon
«7:1 Tû npohOxi tôv Oucîdv. pour le avoir abandonne soDboucIici.
,

56 KAIÏAPOl BIOZ.
vauv f/ovT£ç 01 TTEpi XxiTci'ojva Kai^apoç, £v r^ Tpav-o; ITetport
iTrérXei xatAtaç otTrooeoeiYuevoç, xou; jxÈv àXXvjç ^TTOto^ivTo /t{av,

Tw ôl Ta|i.ia ôiSovai t>,v <7(or/;piav Ê^acatv. '0 S*, eIttwv ^ti toI»ç

Kaiaapoç crpaTitora; où Àaix^oîvEiv, àÀXi oioovai c(i>r/;pi5ty

eOoç I<jt\v; lauTÔv TÔi çi'^ei TcaToc;:?? àv£Î)>£.

XVII. Ti 5s Toiaura Xr'aa-ra xot'. xi; ^iXoriaïaç a-jToç dve-


OpE'l^e xai xaT£GX.£uac£ Kaïcap, TrpôJTOV {xîv Toi /api^E^Oai y.ai

Ttaav dcp£tû(o<;, ivceixvuaEvoç ^Ti tov ttXoutov o'jx eÎç Tp'j5-/;v

loiav oùo£ Tiva; v;ou7raO£iaç Ix tiov 7roX£u.o)v àOpoi^Ei, xoivct o'

àOXa Ty;ç dvopaYOtOtaç rap' auTw çuXaccotxEva àTrpxEiTar xai


fX£T£aTiv £X£ivw Tou ttXguteÎv 5<7a Toîç (£;ioi<; Twv <rrpaTii.)To)v

oiooxriv •
£7r£iTa tîo TrdvTa jxiv xivSuvov £x6t)v ostiTTa^ôa». , ttûo;

U7)5£va Ôà Twv TTOvojv aTrayop^'^Eiv- Tb (aev ouv tpiXoxivcuvov oùx

lOaujxaJ^ov auTOu oik x'/jv oiXoxijxiav * i^ Oc xwv ttovwv u7ro|jt.ovr,

Scipion s'était emparé d'un vaisseau de César, monté par Granius


Pétron, qui venait d'élre nommé questeur. Scipion fit massacrer tout
l'équipage, et dit au questeur qu'il lui donnait la vie. Granius répon-

dit que les soldats de César étaient accoutumés à donner la vie aux
autres , non pas à la recevoir. En disant ces mots , il tira son épée et
se tua.

XVII. Cette ardeur et cette émulation pour la gloire étaient produites


et nourries en eux par les récompenses et les honneurs que César leur
prodiguait; par la preuve qu'il leur donnait qu'au lieu de faire servir
à son luxe et à ses plaisirs les richesses qu'il amassait dans ces guer-

res , il les mettait en dépôt chez lui pour être le prix de la valeur,

également destiné à tous ceux qui le mériteraient; et qu'il ne se

croyait riche qu'autant qu'il pouvait récompenser la bonne conduite


de ses soldats. D'ailleurs , il s'exposait volontiers à tous les périls et

ne se refusait à aucun des travaux de la guerre. Ce mépris du dan-


ger n'étonnait point ses soldats ,
qui connaissaient son amour pour la

gloire ; mais ils étaient surpris de sa patience dans les travaux, qu'il»
, , ,,, ,

I», rtry.

VIE DE CESAR. 57
El» Si Atêârj ol Txepl Sxitti'cjvx Kt en Libye ceux autour de Scipior»
i^ovre^ vsiûv Kxhvpoi, ayant /»;i,ï un vaisseau de César,
h f,
jTfiTrlet Vpivioi Ilir^wv dans lequel naviguait Granius Pélron
à.Koàtctt'jfih'ii mfxlv-i nciinnié questeur,

ino'.o'jvro /x£v /stav rob^ y/zov,-, traitaient romme proie les autres,
mais disaient au questeur
StOÔvUt Tr,-J TOiTTiploiV. ///j donner la vie-sauve.
ôj, «tTTwv oTt éOoç «ttI Mais lui , ayant dit que CDutunie est
T0Ù5 »T/5aTto5raç Ka(7Z/90{ les soldats de César
où ix/zCâvîtv ne pas recevoir,
«Hâ ctodvat jojTïjp^av mais donner la vie-sauve,
ïcary.çxî «auràv rw Çtfct ayant frappé soi de l'épée
il se tua.
XVII. KaXactp Sk àvlOpels XVII. Or César entretint
et prépara lui-même
rà TOtaOra iïj/xara de tels courages
et de lellfs rivaiilés-de-gloire,

tl'abord par le faire-des-largesses


xal Tt^txâv à^st^dJ; et honorer libéralement,
èv5etxvû^ar/oç montrant
^Tt oùx àQpol^et ràv îrioOrov qu'il n'amasse pas la richesse
ix TCÔV TToii^uwy des guerres
tli ioîuj zpu^i\'j pour ses propres délices
oùci ruxç /lOMTtxd&iai ni pour quelques voluptés,
aOXx 0£ /.oi'jx mais que des prix communs
Xï^i à-jopxyxOixi du courage
«TtO/.StZXt yuÀajT9/A!VX sont mis-en-réserve
Ttapù x-JTfZ' auprrs de lui :

xal 07a ôt'owTt et que ce qu'il donne


roî^ àÇt'ot^ Tûv jTpaTtwTây aux dignes d'entre les soldats
,uSTî(jriv î/ît'v'jj Toy îr/ourîïy' fait-partie pour lui du s'enrichir :

CTrsiTx Tû /jtèv ù'shrx'jOxi i/.wi ensuite par le s'exposer volontiers


TtetVTa xlvSu'JOv, à tout danger,
àinx'/ops'jsvj Si et ue se décourager
itpb^ lJir,Sijx Tûy Tcdvwv. devant aucune des fatigues.
Oùx iOx-j/xx^oj fiïv luv Les soldats n'admiraient pas cerl •<

TÔ ^().ox(youvov cet amour-du-ilnnger


Six Tcv ^cioTC/Aïav* à cause de son ardeur-pour-la-gloin- ;

ifl ai ûîro/zovr) mais sa forcc-à-supporler


les fatigues
,

5f RA12AP0I BIOI.

T£v, ^Tt xai t:?)v i';iv ojv lay vo; , xai Tr,v adipxa Xeuxoç xal inza-

Xo;, xa\ TTEpc Ti^/V xesaXyjv voa(oor,ç , xal toîç lriAr,Tmxot;

Evoyo;, £v KopSuCr) Trpwtov aoTw toÎÎ raOouç, w; ^EyETai , tou-

tou TTpOaTTECOVTOÇ, OU (XaÀot/.iaÇ ^TTOir^TOtTO T/jV à^p«J7Tiav TTpO-

^ cpaacv, àÀÀot OtpaTEiav Tr,; àppworia; r/,v crpoTEiav, Taîç àT£u-

f Toiç ôSoiTTopiaiç xai Tat; EÔTEXc'ffi oiaiTatç xai tw 0*jpay/.£Ïv

j
ÈvSEXîy wç xai TaXaiirùjpEÎv à7ro|jt.ayou.cvo; to) —ocOei , xai to

cwpa ypoupwv ouffaXwTOv. 'LxoifxÎTO (aev y^ "'''''Ç ttÀeittouç

^-jj.- Cttvoûç Iv oy^-ï^aaaiv yj çopsioiç, elç 7rpa;iv ttjv dvaTrajct/ xaTor-

tiÔe'jxevo;, Cy/zlzo tï jj.£Ô' r,|/.£pav IttI toc ^povipia xai t^; ttoXeu

xa'i Touç yapaxaç, Évoç auTw auYy.aOrjUEVou Traioô; tÔjv λ~q-

Ypa'>p£cv 6f{j[.a oiojxovto; eIOitulevojv, évoç o' e^ottic^ev £:pc(7TrjXOTo;

CTpaTlOJTOU ^Î'^OÇ EyOVTOÇ. S'JVTOVOJÇ o' r,).a'JV£V OUtOJÇ, OJ-TTE TT,V

7rp(0TY]v £;ooov àuo 'PtoixTjÇ TroiYiaatjLEvo;, oY^oalo!; ettI tov Po-

^ trouvaient supérieure à ses forces ; car il avait la peau blanche et

délicate , était frélc de corps et sujet à de fréquents mau\ de t(!'tc et à

des attaques d'cpilepsie , dont il avait senti les premiers accès à Cor-

doue. Mais, loin de se faire de la faiblesse de son tempérament un


prétexte pour vivre dans la mollesse , il cherchait dans les exercices
di la guerre un remède à ses maladies j il les combattait par des
marches forcées ,
par un régime frugal ,
par l'habitude de coucher
en plein air et d'endurcir ainsi son corps à toutes sortes de fatigues.
Il prenait presque toujours son sommeil dans un chariut ou dans une
litière pour faire servir son repos même à quelque fin utile. Le jour,

1 visitait les forteresses, les villes et les camps; et il avait toujours

A à côté de lui un secrétaire pour écrire sous sa dictée en voyageant


et derrière, un soldat qui portait son épée. Avec cela , il faisait une
si grande diligence ,
que, la première fois qu'il sortit de Rome, il se

rendit en huit jours sur les bords du Rhône. 11 eut, des sa première
, , , , ,, , , , ,

VIE Di: CKS^AR. 59


ôo/.o\)m<i l'/yv.orspsX^ lui paraissant élre-forme
itst/îà rr.v ôùvy/Aiv tou a'Jtfxxroi au-delà de la force de son corp»,
èr:TT/r;rriv, Sri ûiV /tî drcunccrlail ,
parce (jue élaiU

Ivyyb^ r^.'j iXit t


et maij;re' «le compicxion ,

/.ai )w£uxo;xatàTi(x>.C(;xT;v<rïf,xa, et blanc cl dOlicat de chair,


/.OLÏ yoTjjô/;^ -xirÀ t/;v xîya)/;v et maladif de lêlc ,

A9Ï îvoxot; roli i-xiAr,TtTtKoîi et sujet aux acci(/t7if* épileptiquos

TOJTOu T9Û TrâÛtfyç celle alleclion-là


7r^co7T:î79vTo,- xùrùi , w; yt/fry.i élanl snr\onueàlui,conimeilcst dit,
irp^Jjra-j èv Ko/sôvô»?, pour-la-[M-enjicre-fois àCordoue,
oùx £7ro£ir;jxT0 Tr,v àppuazix-j il ne lit pas celle indisposiliuii
un prélexle de mollesse,
à)Aà n^» arpxTsixv mais la guerre
Bioxnîixv Tr,i àppcMizlocçt une cure de son indisposilion ,

à-::oixxyôfX£JOi tw TrxOct combalt.inl la maladie


par les courses infatigables
Cl les réginjes st)bros

XXl TW Ou/5XU/£tV èvO£/4;/(ÎJ; elle c<)U(lier-à-r;>ir continuellement


xat TaiatTTwpîTv, cl le prcndre-de-la-peine
xal fpoopôtv 70 aôjfix et gardant son corps
S\J7X).U70-J. dillicile-à-surprendrc.
Ejcot/xàtTO /xiv yc Il dormait certes
TOÙÇ Ttift'ffTOU^ UTTVOUÇ la plupart de ses sommeils
Iv 3;(»{/zafftv 17 ffopdoii ,
dans des chariols ou des litières,
xaTaTi0i,u«voi ti^v àvaTtau^iv mettant le repos
en action
i/erTO ôè //«ri ritiipoc* et il se faisait voiturer de jour
vers les forteresses
xal ràç tto/ciî y.xX tojî yipxyixiy et les villes et les relranchemenls ,

un esclave de ceux accoulunu's


witoy^iyîiv à ccrire-sou$-5a-dicléc
ijXX ^l'jJXOVTOi pendant qu'il pressait sa marche
ffU7xa9v;/x£vou aùrû élanl assis-avcc lui

et un soldai
JyïTr>;/dTo; c^ÔTTCffOcv se tenant par-derrière
ayant une cpéc.
H^scuvc ^i oûru eruvrôvoiç Et il allait si vile ,

au point ayant fait

rrr» itp'JtzT.v i^ooov àTxo 'Pm/xti^ , sa première sorlie de Rome


hlOtXv i-/Soxloi d'être arrivé le-huitième-jour
60 KAIZAP02 BI02.

ootvôv AOelv. To (xlv oov Îuttcueiv ix raioôç -^v ainôi ^ai\r*


1161TT0 Y^P cl; TOUTT^ao) T^tç yeîpa; dt7TaY0)v, xai t<j> vojtcj) iripi

ttX^xwv, (Jvi xpotTo; IXauvciv tov ÎTrrov. *Ev Ixtivr; ci tt) arp?.-

T£ia 7rpoa£^T^axy,(y£v tTTTraÇojxEvoç xi; ^TctCToXiç OraYopeueiv xai

oufflv 6u.ou Ypa^O'Jffiv i;apx£Îv, wç ô' "OTTTrioç ^r.ci, xai -Xeio'71.

AeYETai ùï xa\ xb 5ià yP*^'!^*'^*'^^


'^'^'^ oiXoiç ÔjxiXeîv Kai^apa
-rrpwxov u.r|-/av7^aaaOai , t7;v xaxi Trpoaojrov £vt£o;iv U7:£p xwv

ETTEiYOvxwv xou xatpou O'.a T£ 7rXr/Joç àcyoXiwv xa\ xr; 7:o).eo)ç

xo (jle'ye^Ôo; u.^ TCEpiuLEVovxoç. Tîjç ôi TTEpi x^,v oiaixav £'!»/.OAtaÇ

xaxEÎvo TTOtoîîvxai ff-/;u.£Îov, ^i, xou oeittvi^ovxoç aoxov Iv Meoio-

Xavw ^£Vou , OùaXEpiou Aeovxoç , TrapaOsvxo; àcrapavov, y.i\

txupov avx' eXaiou xaxa/Eavxoç, aùxoç [jl^v àcpEXwç e^xys, xoï;;

ôi cpiXoiç oucyepaivouîiv £7r£7:Xr;;£v* «"HpxEi Y^p> £9^1» '^ I-*-^»

/prjffôat xoTç (XTrapEcxouciv ô os xvjv xoiauxYjV (XYpoixiav £;£-

jeunesse , une grande habitude du cheval, et il acquit la facilité de


courir à toute bride , les mains croisées derrière le dos. Dans la

guerre des Gaules, il s'accoutuma à dicter des lettres étant à cheval,


et à occuper deux secrétaires à la fois, ou même un plus grand
nombre, suivant Oppius. 11 fut, dit-on, le premier qui introduisit
à Rome l'usage de communiquer par lettres avec ses amis , lorsque
les circonstances ne permettaient pas de s'aboucher avec eux pour
affaires pressées , soit à cause d'occupations nombreuses , ou do
l'étendue de la ville. On cite un trait remarquable de sa simpli-
cité dans sa manière de vivre. Valérius Léo, son hôte à Milan,
lui donnant un jour à souper, fit servir un plat d'asperges que
l'on avait assaisonnées avec de l'huile de senteur, au lieu d'huile
d'olive. 11 en mangea sans avoir l'air de s'en apercevoir j et ses amis
s'en étant plaints , il leur en fit des reproches. « Ne devait-il pas vous

« suffire, leur dit-il, de n'en pas manger, si vous ne les trouviez pas

bonnes? Relever ce défaut de savoir vivre, c'est ne pas savoir


, , , , , , ,

VIE DE CESAR. Gl

ittl rb'J 'Pooavdv. vers le Rhône.


Or le allcr-à-chcval
^v pocdiov auTw èx Tratôd^' Ctail facile à lui de|>uis lui enfant :

car il s'clail accoutumé


i/aûy«(v TÔv Ïttttov àvà Apûroi à pousser son cheval avec force
àTtâywy ràç x^^P^i *'» *o ùtti^w, ramenant les main« en arrière,
xai izspi-nÀUOiv tû vwtw. et /t'jf enla(,'ant sur son dos.
Ev èx<(vyi oi T!^ sTpctTsia Mais dans celte expédition-là
lt/507£Ç>5a'x/!<7«v tTTTraÇd/xevo; il s'c\cr(,a-en-oulre étant-à-cheval
\iTtx'jopt\)Uv TSC5 ÎTrtffToAà; à dicter ses lettres
et à suflire à deux personnes
ypâfQ\t7iv b/xQjf écrivant ensemble,
xal irAetoo't de, etmême à un-plus-grand-nombre,
comme Oppius le dit.
AiytTcti Si xal JLochapv. El il csl dit aussi ('ésar
np&TQV yix>7;(av>jJKffO«t le premier avoir imaginé
TO ô/xtieiv ûtà ypafxy.xTbiv le converser par lettres
Toli yi'ioiî, avec ses amis,
la circonstance ne souffrant j)as

Ti^y évT«uÇiv xarà wpojwrtsv la rencontre /ace à face


UTtèp TCiv tTtJf/dvTCUV pour les choses pressantes

et à cause du nombre
de ses occupations
Xxl TO fJii'/iOoi Tr,i Ttd/SW'î. et de l'étendue de la ville.

IIo(oDyTat Si xai sxsïyo arjfieïov On donne encore cette preuve-ci


T»5î eùxoiiaî TTS^l Sixirv.-j , de sa facilité de régime,
on, Oùa/sptou AioyTOî, que , Valcrius Léo ,

TOÛ Çivou û£iTryi$oyT05 aùrov l'hùlc qui donnait-à-SGuper à lui


iv Mio to/âvu à Milan
nxpxOi-JTOi ctTjiipxyov ayant servi des asperges
xal xaTa;^éxyTOi et ayant versé
/lû^oy de rhuile-dc-scnleur
àvTt c).xcou au lieu d'huilo-d'-olive,
auras /*(''' e^ayrv ècj?s).cii$ , lui-même en mangea simplement,
et réprimanda
TOtî Ç>l/Otî SiJ7^tpx{yO\)7U' ses amis qui s't'H offensaient :

m 'U/3xct yxp , ty»j » Certes il suffisait , dit-il

TÔ u/î yr,r,70xi de ne pas user


T«î« jtTtaacTxouaiv* des choses vous déplaisant :

6 Jè t^(>t/;^'jiiy l'iais celui faisanl-remarquor


Wà KAIIAP02 blOZ.

X^Y/ov, aÙTOç ^(TTiv «Ypoixoç. « 'Kv ooo) oé -norzi oweAsOttc Otnè

/^eifAwvoç eU {itauXiv fltvOpojiroo revrjoi; , wç vjîèv et»pt -tt/^o»

olxrjaaTo; évôç yXioy po)ç £va ^ÉçaaOai ouvojxtvou , rpoç Toù;


çiXouç éIttwv, ojç twv fxèv £VTi}Aojv 7rapa/o)ir,Téov £ir, toI; xp«-
TtaroK;, tojv o avay^atoiv xoî; acOevEaTaTOiç, OTrrnov £XEAev-
(T£v avaiTaûyaaOai' atri oà twv àX/^wv aoToç èv tw TpoiTTtY«w
Trjç Oupaç eV.aOeuîev.
XVIII. '/\XXàt
Y^p ^ JJtÊv TupwToç a'jTÔ) TWV KeXtixwv 7ro>i-
fxojv Tirpoç LXSyjTTioui; auvéarr) xa'i Ti*pjpivoù(;*, ot Taç aîrrwv
ooiô£xa ttoXeiç xai xtoaotc; TETpaxo^iac; luTrpr.'javTE!; , £/(.jp''Aiv

7rpoa-o> ûii T^ç OtcÔ 'Poj|j.aiO'jç TaXaTiaç, wîTTcp TTotXai K(|x6poi

xal rfiUTOvsç, ouT£ ToXu.av £X£ivtiJV 07roC££GT£poi ooxoûvte; £tvai,


xat 7rAr,0o^ 6(AaAwç Toiâxovxa ixàv al Traçai (xupiâo£; ovt£ç,
Eixoai al iJLÇiypiityai ixtaç oioucai. ToaT<i>v TiYuptWjç uiv owx
auToç, aXXà Aaéiyjvoç, tteu^Oeiç utt' aCiToù, 7T£p'i tÔv 'Apapa
TTOTatxov cnjV£Tpi'j'îv. 'EXÇrjTiojv û' auTO), Tipoç Tiva tto/.iv :^iAr,v

« vivre soi-même. «Surpris, dans un de ses voyages, par nn orage


violent, il fut obligé de chercher une retraite dans la chaumière d'un
pauvre homme , où il ne se trouva qu'une petite chambre, à peine
sullisanie pour une seule personne. « Il faut, dit-il a ses amis, céder
« aux grands les lieux les plus honorables mais les plus nécessaires,
;

« il faut les laisser aux plus malades. » Il fit coucher Oppius dans la

chambre, parce qu'il était incommodé, et il passa la nuit avec ses


autres amis sous l'avant-toit de la porte.
XVIII. Les Helvétiens et les Tigurins furent les premiers peu-
ples de la Gaule qu'il combattit. Apres avoir eux-mêmes brûlé leurs
douze villes et quatre cents villages de leur dépendance , ils s'avan-
çaient pour traverser la partie des Gaules qui était soumise aux Ro-
mains, comme autrefois les Cimbres et les Teutons, à qui ils n'étaient
inférieurs ni par leur audace ni par leur multitude; on en portait le

nombre à trois cent mille, dont cent quatre-vingt-dix raille étaient

en âge de servir, il ne marcha pas en personne contre les Tigurins ;

ce fut Labiénus , un de ses lieutenants ,


qui les défit et les tailla en
pièces sur les bords de l'Arar. 11 conduisait lui-même son corps d'ar-
, , ,, , , ,

Vll^ DE CESAR. 63
une lolle incivilité ,

JjtIv ctjzbi û-/pouoi. »• ost.lui-ni(îiuc incivil. »•

Ev Ôfî'JJ Oi TZOTS Kl fin route une-fois


ayant ûié poussé par un orage
tiç tTtauAtv àjOpûinoM tt^j/to;, <lans la cabani; d'un homme pauvre,
r>>{ su<c£y oùôèv Tz'kéov comme il ne trouva rien de plus
«vèç otxr;/ji«TO; o\j/ctfiito\i qu'une seule chambre pouvant
dîiÇauOat yXi^xpui îva, recevoir à peine une seule personne
«tîrwv TT/îOç T0Ù5 y^iouç, ayant dit à ses îimis,

w; î'ï; 'i^y.py.y(i}priTéov (pie il (allait céder [sanls,]


les /;/«trs d'honneur auv plus puts-
Tcôv os àvayxaiuv mais les nécessaires
To"$ x-yOrjirTÔLTOii aux plus malades
il ordonna Oppius s y reposer :

auras Ji /zerà TÛv â)-Xwv mais lui-même avec les autres


îxâOfuoev il dormit
îv TciJ TTponztyidf rr,i Qjpxi. sous l'avant-toit de la porte.
XVllI.'Aiià yà/5 b fxh TipCizo^ XVIll. Cependant la première
des j^uerrcs de-Gaule
eut-lieu à lui
Trpàç E/SïjTTtoui xat Tf/'jotvov;, contre les Ilelvéliens et les Tigurins,
les(jue!s ayant incendié
les liouzc villes
xal TCTpx/.ozixi y.'riv.^ ix.\j-:'Jyj, et tes quatre-cents villages d'eux ,

iy/J)pO\JV TTjîCTW s en allaient en-avant [mains ,

'•/^--,
ôtà ra).aTt:<i T/;; Jrrô r-.iv- à travers la Gaule soumise aux Uo-
Stnrttp TriJat commc autrefois
YiifxZpoi /.xl TîJTOvi^, les Citiibies et les Teutons ,

ne paraissant pas être


ÛltOOîiTTîpOl £/îtVWV TÔlfJ.V.J , inférieurs à ceux-là en audace,
et étant également quant aunombu
aljusv TtxTxi rptx/.ovry. 'AVptv.'!:^, cn-tAul trente myriades,
xl ci fjLxyôyvjxi et celles qui combattaient
Jt/OTt oîoyyat /xtâ^. vingt myriades man(]iiant d'une.
TovTûJv /tev , oùx a JT^î De ceux-ci , non lui-même
à).ià AaSiyjvôj, mais Labiénus
Tîjut^Oflî !»7t6 awToy, envoyé par lui

écrasa les Tigurins


nepi TOv itora^uÀv '\papv.. vers la rivière d'Arar.
E/S»;r7tsjv ôè èntOj/i.ivwv Mais les ilclvétieoji s'clant jetés
,,

(A KAIIAPOX DIOZ.

dfyovTi t:?)v orpatiiv, xaO' ooôv àTrpoaooy.rjo)^ 2irtOe{xtva»v, ^Od[-

caç iirl yo)p(ov xapTepôv y.axe^puYe* xàxeî auvaY*Y**^^ *^*^ irapi

Tot^a; T^^v 5uva(xiv, w; ittito; aÔTÔi irpoo-^yOrj' «Toutcj) (itv.

^^r], viXTq<ja< ypr^<70|/,at Trpoç tyjv cioj;iv, vûv 5' to){X£v £7:1 toùç

7roX£u.iou; • « xai TreJ^ô; opa-z-^aç evtCaXc. Xpovw ce xat ya/^TrôJ;

u)(Ta(JL£voç TO (/.dt/ijxov, TTEpi Taï; àaa;aiç xat tw /otpaxi tov

ttXeÎctov eG/£ TTc'vov, O'jx ajTojv U.OVOJV G^i7Taijt.evo)v exil xa'i

f^.ayouLevojv, oXXà xat TraïOEç aùxwv xa'i ^uvaixeç àu.uvou.£vai

uL£/pi OavaTOu cruyxaTExoTT/jaav, wcte r/;v (xayr,v jxoXi; Et; a£7a;

vuxTaç TEXEUT^aai. Ka/oj ci Tto Tr,ç vi'xr,; ^pY^o xpEÎTTOv

ETTEÔriXE, TO ffuvoixiaat Tûoç oia^uYOVTa; Ix v7,ç {xa/r,? xwv TTcp'ov-

Twv* ^apCàpiov, xat xaxavavxa^ai xy;v yojpav àvaXaCeiv r// à:T£-

XiTïOv, xa\ xàç TcoXEtç a; SiÉ'^Ottpav, ovxaç u7T£p cÉxa ixupiàoa!;.

'Eupa^E ùï xouxo OcOiwç u.r, xr,v '/wpav £pr,u.ov 'fv/(ju.vrry c-

TEpixavoi ôtaSavxsç xaxac^/toci.

mce dans une ville alliée , lorsque les Helvéliens tombèrent sur lui

sans qu'il s'y atlcndll. Il fut oblige de gagner un lieu fort d'asbieiu-
où il rassembla ses troupes et Ir.s mil en bataille. Lorsqu'on lui arucua
le cheval qu'il devait monter: « Je m'en servirai, dit-il, aprcs la

« victoire , alin de poursuivre les ennemis maintenant marchons à


;

« eux; » cl il alla les charger à pied. Il lui en coûta beaucoup de


temps et de peine pour enfoncer leurs bataillons ; et, après les avoir
rais en déroule , il eut encore un plus grand combat a soutenir pom*
forcer leur camp : outre qu'ils y avaient fait, avec leurs chariots , un
fort retranchement et que ceu\ qu'il avait rompus s'y étaient ralliés,

leurs enfants et leurs femmes s'y défendirent avec le dernier achar-


nement; ils se firent tous tailler en pièces , et le combat finit à peine
au milieu de la nuit. Il ajouta à l'éclat de celte victoire un succès
plus glorieux encore : ce fui de réunir tous les Barbares qui avaient
échappé au carnage, de les faire retourner dars le pays qu'ils avaient

abandonné, pour réiablir les villes qu'ils avaient brûlées : ils élaieni
plus de cent mille. Son motif était d'empêcher que les Germains,
voyant ce pays désert , ne passassent le Rhin pour s'y établir
,, ,, , , , , ,

Viii DE CESAK. 65
par le chemin ù-l'impiovisie
aùx(j> dcYûvxi TYjv orpaxiàv sur lui qui cunduisuil Sun armée
npôi Tiva TrdAtv y^i/jv vers quel(|ue ville amie,
fOxtjoci xaTiyu7<v ies ayanl prévenus il be réfugia
èni •/^ùipîov xa^Tjpdv* dans un lieu furt :

xat £x«î TUva'/ayùv et là ayant rassemblé


xal -rrapxTâÇaç Ti^v Sdvx/JLVJ et ayant rani;é^en-bataillc sa troupe,
ûjj Îttkoî -KponôxO*) «ÙtùV comme un cheval fut amené à lui :

« Nixïjjaç ymiy , «yiij, « Ayant vaincu, dil-il,


Xp^lOfiXl toûtw je me servirai de celui-ci
pour la poursuite
vOv Û( '(tifltV luais maintenant allons
aux ennemis ;
»

xal ip/xi^<rxi ttsÇo^ èvtox/â. et s'élantclancéà-pied il /w chargea.


Xpdvcj èi xat j^a/ïTrcô^ Or avec du temps et péniblement
wffâ/iîvoî TÔ /jiû.-/^iixo-j ayanl enfoncé ce-qui-comballait
^7X• TÔV 1T/«ïffT0V TtOVOl' il eut le plus de peine
TTïpl xaïçâ/iâÇaiî /.sùtû yû.pu/.i. , vers les chariots et le rclranchemenl,
oltx vfitjxafiivbiv aùrdiv ixovuv les hommes ne résistant pas eux seuls
XK( /Ase^o/Acvbty excï, et combattant là
à^>à xai Kx'iQti «UTCïJv mais encore les enfants d'eux
xat 7uvat/£i a,auvo/ji£vai et les fennncs se défondant
jusqu'à la mort
furent laillés-on-piéces
wîTf rrjv fix-/_T^v TtÀfiUT^aat /x6)i.i au point le combat avoir fini à-peino
c({ /AC9a$ vuxraî. au miUeu de la nuit.
Toi os xsùcô ïpv^ '^'*ii vi/./;^ Mais au beau fait de la victoire
i7rCÛ>îXC X^fÏTTOV ,
il en ajouta un meilleur,
leréunir-en-corps-de-peuple
TOÙç TÔiv ^xpQxpuv nepiô-JTUJ ceux des barbares survivant
ClXf\)y6vTXÇ èx 7r,i /JLXX'fii ,
qui avaient échappé au combat
xal xaravayxâjai et les contraindre
àvoiaêeîv ti^v x^pxv à reprendre le pays
riv ànOinov , qu'ils avaient quitté,
/cti xài itdAetçàî StéfOnpx-j et les villes qu'ils avaient détruites,
o-^TXi ùnip otxa /xupiscôa^. tous étant au-delà de dix myriades.
hTljOaçC Ot TOUTO Or il ht cela
àcôlùi fJLi) ol r€p/j.X)iol craignant que les Germains
tiiaêâvT<> xaTâff;(ajji ayant traversé /l'occupassent
T^» X^jpxv '/ivOfiÀvrtV ipïifjiov. le pays devenu désert.
Yl£ Uik CisAR,
66 KAUApoz moi,
XIX. Aiuxep'^v 0£ TCpb; Tepuavou; ovTiKpu^ 6icip êukrvM
f/roXÉfxriTE, xaiTOi tov ^affiXta irpoTcpov aÙTwv, *Apio€urrov , £v

'Pôi[i.Yi <ju(jt.|jLayov TTîTrof/juivo;* àÀX' r,(7av d^opT|Xûi xoi; trtciij-

xooiç auTOu yei^ovEç, xa\ xotipotî Trapaoovxoç, oux 5v looxovv 2'jr\

toi; Tcapouffiv <xTp£u.T^a£iv, aXX* iTTiVEur^c^cûai xat xa(»fc^iv t^


I^otXaTiav. 'Opwv ûè touç r,Y£jxova; aTrootiAicôvraç, xat aa).i(rrat

0701 Twv èTTt'^avwv xai viwv aùtôi çuvE;r,AOov, u>< or/; Tpu^
/pY)COjjt.£voi xat ^pr,aaTi(7aw ty; (jL£-:à Kai^apoç crpaTEia , Tuva-

yaywv etç ixxXr,(iiav, IxiXeuaEV aTTievai xal [ay) xivcuveuetv Trapà

yvojjjirjV , ouTOJç àvdtvopwç xai (xaXaxw; l/ovta;* auTOç 5*£3nr, to

SExaiov Tayixa (xovov 7rapaXa€<i)v , l::i Toùç fiapCapou; Tcopêu-

aeaOai, {xtqxc xpsiTTOci fxs'XXwv Ki[A6pwv |xa/£cOai ttoXîjjlioiç ,

(xt^t' auTo; o)v Mapiûu yfitpoiv <rrpaTr,Yo;. 'Ex toutou ib uiv

ÔexaTOV TaYfJ'-st 7:pcG€£UTo«; eTTsa'i'E 7rpb<; auTOV, /apiv r/_£'.v

XIX. La seconde guerre qu'il entreprit eut pour objet de défendre


les Gaulois contre les Germains. Il avait fait, quelque temps avant,
reconnaître à iionie Arioviste , leur roi, pour ami et pour allie des

Romains; mais c'étaient des voisins insupportables pour les peuple»

que César avait soumis , et l'on ne pouvait douter qu'à la première


occasion ,
peu contents de ce qu'ils possédaient , ils ne voulussent
s'emparer du reste de la Gaule. César, s'étant aperçu que ses capi-
laincs , les plus jeunes surtout et les plus nobles ,
qui ne l'avaient

suivi que dans l'espoir de s'enrichir et de vivre dans le luxe, redou-

taient celte nouvelle guerre, les assembla et leur dit qu'ils pouvaient

quitter le service; que, lâches et mous comme ils étaient, ils ne


devaient pas , contre leur gré , s'exposer au péril : « Je n^ai besoin

« ajouta-t-il, que de la dixième légion pour attaquer les Barbares,

a qui ne sont pas des ennemis plus rcdjutablcs que les Cimbres; et

«je ne me crois pas inférieur à Marius. » La dixième légion , flallée

de cette marque d'estime, Uii députa quelques ofllcier* pour lui


, , , , ,, , ,

VIE DE CESAR. e?
XIX. Àeûrcysov Ô£ faoXifUfjct XIX. ED-seooD(l-licuil iU-Ia-guer: -.'

itpbi ripjx'xvobç aux Germains


xvrixpvç ùnip Ke).Tâiv ouvertement pour les Gaulois
xxiroi Kpôrtpo» quoique auparavant [Ronn
ayant fail-rcccvuir comme allié a
TÔv j3aarti<a aÙTÛv , 'A/sioCuîtov' le roi d'eux , Ariovistc :

à»à ^5«v yjiTovfç mais ils étaient dcsvofsinf


à^àpr,roL insupporUihles
ToTî ÛTiyjxdotç aùroû, aux sujets de lui

xal xatpoû TrapaôôvTOç, et roccasiim se présentant


oùx iod/ouv ils ne soniblaiiMit pas
i» à.rpîfjLr,7etv devoir se-contenlcr
in\ ro'i TTxpoûatv, des biens présents
àXAà £Tt(vi/i>J7<ffOa( mais devoir ravager
xal xaOî^stv Ti^v TxXixrlxv. et devoir occuper la Gaule.
OpCi-j oi Toù» ri'/t/x6'JXÇ Mais voyant ses capitaines
XVOÙiiXtûtJTXif qui avaienl-pcur,
xal /iâ).{7Ta 570( et surtout tous-ceux-qui
Tôiv îTTtyaviiiv xal viuv d'entre les nublos et jeunes
étaient vcnus-;ivec lui,

û; ô^ ypr,76ixt'^oi comme certes devant user


rii 77pxz£ix /xirx KxÎ7xpoç de l'expédiliun avec César
Tp\Jff, xal ypr;fxX7t7/iy ,
pour délices et gain ,

TUvayyycLiv £tj cxxAijffiav ,


les ayant réunis en assemblée,
è/îiiUTcv àziîvai il ordonna eux s*cn aller
/al /a;^ /tvouv£j£iv et ne pas se hasarder
T-xpi. yv'ji/z/jv conlre leur pensée
élsktïl disposés si lâchement
/zl /uta/ax&j;' cl si mullemont :

KÙrrft; £< Ifrt -xxpxXuZit-j mais lui-même il dit ayant pris


70 oÏâxtoj Ticy/ta ijl6:^o-j , la dixième léi;ion sculeinenl

nopcitcizOxi iTzl To'ji ^upZy.'.oJi, devoir marcher conlie les barbare .

/l>5r£ flD/ùi-J /j.xyS7f)xi ni ne devant combattre


nolsfj.ioii ypîirT07i "Kt'uo^wv des ennemis supéricursauxCinibr- s,

/x>ÎTC iv aÙTÔ; 7rpxrT//bi ni » otaiillui-nième un ^CDécai


X^ipiM Mx]B(eu. inférieur à Marius.
£/ TOUTOU TÔ fAtj ài/M.7ûJ 7x-^fj.x Sur cc la dixième légion
intfiY^ Tt^xcSrjxà» :tpbi «utôv , envoya des députés vers lui

ifuXo'/ovv7ti confessant tous


Ciffiy xâpt»* aYohp reconnaissance à lui :
G8 KAIÏAPOI blOÏ.

6|jLoXoYouvT£Ç xà ù akXa toos tauTwv ixaxiCov f,Y*M^"Ç' ^pH-^iC

oà xai 7rpoOu(x{aç Y^vc^fxevoi uX-z-peiç ôiTravTeç ,


fjxoXouOyjTotv ocirt

^,aepiov ttoXXwv , fojç h Siaxo^iot; twv TroXtjxiwv aT«6ioiç x«t-

effTpaxoTr^Seuoav. ilv (aIv ouv 8 ti xal irpoç r^jv T^ocov aW)V


£T£0pau(jTO TYjç ToX(xrjÇ TOo *Apioêu(rrou. Tep^xavoîç yôip crtOr,-

csaOai Pa)[xaiouç, wv ETrepyofxsvwv oux àv eooxouv JT:ocr7,/ai,

(xr) TrpoaSoxTQffaç , âOaujxaCe ttjv Kaiaapoç ToXjxav, xa\ tov orpa-

TOv fcopa T£TapaY(A£vov. 'Eti tï (xSXXov auTouç r,u.Qov£ Ta

(xavT£o(ji.aTa xwv Upcov Y'J^^ii^ûv, aî Tcocaj/iov otvaiç 7:po<roA£-

irouaai , xal ^cufjiaTcov £Xiy|ji.oîç xa» ij^<Kj»oiç Texjxaipoofivai rpo-

eÔeairiCov, oux iwaai jxà)(^rjv xiOficOai Ttp'iv £7:iAa[A'}ai vgav ceXt,-

vy)v. Tauxa xo) Kaicocpt tcuv^vojxêvo) , xai xoùç r£p(xai»oo<

^^cu^oc^ovxaç ôpwvxi, xaXwç sy£iv eSoçev aTrpoOuaoïç oO^jiv aùxolç

ci>{jiêàX)v£iv, ixaXXov -^ xov Ixeivcov àvajxEvovxa xaipov xa6rja6ai.

témoigner sa reconoaissance; les autres légions désavouèrent leurs


capitaines ; et tous , éj^alement remplis d'ardeur et de zèle , le suivi-

rent pendant plusieurs journées de chemin et campèrent à deux cents

stades de l'ennemi. Leur arrivée rabattit de beaucoup l'audace d'Ario-


visle. Loin de s'attendre a être attaqué parles Romains , il avait cru

qu'ils n'oseraient pas soutenir la présence de ses troupes; il fui

étonné de la hardiesse de César et s'aperçut qu'elle avait jeté le

trouble dans son armée. Leur ardeur fut encore plus émoussée par

les prédictions de leurs prêtresses ,


qui ,
prétendant connaître l'ave-
nir par le bruit des eaux, parles tourbillons que les courants font
dans les rivières , leur défendaient de livrer la bataille avant la nou-

velle lune. César, averti de cette défense et vojant les Barbares se


tenir en repos , crut qu'il aurait bien plus d'avantage à les attaquer

dans cet état de découragement, que de rester lui-même oisif et


, ,

VIE DE CÉSAR.
69
et Ips niiiros légions înjurlnîpnt
les chefs rJVIIos :

«TxvTeç ^è yt'JÔfxevoi ir^yj^ît; et tous (Icvonus pleins


bpufji y.ctl icpoOvuixq, d'élnn et de zèle,
/'ncconipagrirrent
une route «le plusieurs jours,
Iw^ x«Te7r^xrorr<ôru»av jusqu'à ce qu'ils rampèrent
èv Stccy.OTtOli TTZOtOtî à (Icux-cenls stades
des ennemis.
Tif; uèv ovv T0)u/;5 Certes de l'audaec
Toû AjOtoovjTOy d'Ariovistc
r,v 3 Tt xa? iTiOpuvzro une partie (^tait laquelle fut blessée
à cette arrivée-là.
M>î yàjO 7r^o?5o/.>Î7xj Car ne s'rtant pas attendu
les Romains
^7rt9>{T£70xt Tepuxjo'i;, devoir attaquer les Germains,
wv l7rîi;;/oy.évwy lesquels survenant
oux ê5d/0'jv les Jlomains ne semblaient pas
&v Û7ro5T/;vat, devoir leur résister,
il admirait l'audace de César,
xxl i'Jipx TÔv Tzparbv et voyait son armée
TtTSpXyixi'JOV. troublée.
Ta 5s /iavrrjuxTa Mais les prédictions

t5jv yuvat/sJv ?e^(ïiv des femmes sacrées


émoussaient encore davantage eux,
«t 7r/307?/î7rOU73Ct lesquelles /tinmc* regardant
Jt'vaeç TTOra^uûv, dans les tournoiements des lleuves,
xxl rt/u.xip6