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C’EST LE CIRQUE A ORLEANS !

Depuis quelques jours, le centre-ville d’Orléans


circule mal. Des affiches ont bien annoncé sa
venue et enfin ça y est : le grand cirque Dupont
est là, installé Place de la Loire !

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Sur les quais aux abords du chapiteau, une foule
de curieux se presse pour y admirer les animaux
du cirque. Tout est prêt pour accueillir les
premières représentations du lendemain.

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La nuit tombe.

C’est alors que Luigi, le responsable de la


ménagerie, s’aperçoit de la perte de son
trousseau de clefs.
Ni une ni deux, il se précipite au bord de la Loire
mais il fait trop noir pour réussir à voir quoi que
ce soit. Il rentre chez lui, soucieux, sans ses
clefs, et ne prête pas attention au bruit qui règne
du côté des singes.
L’un d’eux, le plus malin, s’amuse à introduire des
clefs dans le trou de serrure de leur cage. Et que
croyez – vous qu’il arrive ? Au bout d’un moment,
l’une des cages s’ouvre, permettant aux singes de
sortir de leur abri.
« Waouh ! Ça ouvre ! » s’émerveille- t- il.
Très content de lui, le singe malicieux retente
son coup avec les autres trous de serrure. Tout
excité, il réussit bientôt à ouvrir toutes les cages,
libérant leurs occupants.
« Venez, leur dit –
il, nous allons
prendre du bon
temps ! »
« Super ! Nous te
suivons.»
répondent les
animaux.

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Le jour pointe déjà le bout de son nez. Les
riverains sont brusquement sortis de leur
sommeil par un vacarme indescriptible.
Tous se précipitent à leurs fenêtres pour voir ce
qui se passe. Et là, quelle n’est pas leur
stupéfaction à la vue de ce qu’ils découvrent !

Mais, mais,…as – tu vu ma
voiture ? Qui a bien pu me
l’écraser ainsi ?
Je veux savoir !

Y a pas que la
tienne, Julien,
Oh ! Sapristi ! C’est regarde
énorme !!!... Ça là – bas,
ressemble à un c’est pareil !
éléphant !?

Pas qu’un éléphant, Julien, ils


sont au moins trois à essayer
de s’asseoir sur les capots
des véhicules.

Comment est – ce possible ?


Comment ont – ils fait pour
être sur les quais et …

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Pétaradant, une voiture
conduite par un singe, poussée
par des chèvres, passe alors
devant eux.

Ecarquillant les yeux, les voisins réalisent enfin


que tous les alentours sont envahis d’animaux,
tous occupés à des loisirs à peine croyables.

D’autres singes utilisent la pente des toits


comme toboggan.

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Des chèvres skient sur
la Loire, leurs cornes
attachées à un fil tiré
par des otaries
habillées d’une bouée
de secours.

Des lapins se nourrissent de pop – corn trouvé


au cinéma, d’autres jouent à saute – lapin dans
les « O » d’Orléans.

Quant aux félins, ils sont tous à se prélasser


dans les arbres sur l’îlot au milieu du fleuve.

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Julien et ses voisins voient soudainement arriver
le maire tonitruant, suivi de gens tout aussi
énervés.
Le Maire
Julien
Mais qui sont ces
hurluberlus laissant leurs Ça vient certainement
bêtes se dégourdir comme du cirque. Les animaux
ils le veulent ? On me en liberté sont des
demande des comptes, singes, des éléphants,
mais je ne sais pas quoi des tigres,…
dire, moi ! Comment cela a
– t – il pu se produire ?
Un riverain
Le Maire
Hein, quoi ? Des animaux Ben, c’n’est pas nous,
sauvages ? Comment M’sieur l’Maire, c’sont
allons – nous nous y les pompiers ou l’patron
prendre pour les de la fourrière…
récupérer ?
Julien
Le Maire
Et les gens du cirque ?
Impossible ! Les premiers Ils peuvent peut – être
sont partis pour la plupart réussir à les ramener
en mission, à l’étranger, le dans leur cage. Après
second a pris des tout, ils sont leurs
vacances bien méritées… dresseurs habituels !
D’ailleurs, où sont – ils ?
Pourquoi ne sont – ils
pas ici avec nous ?

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Dans la rue piétonnière où les caravanes sont
stationnées, les artistes s’éveillent.
Le responsable de la ménagerie, Luigi, lui,
s’attable devant un solide petit – déjeuner qui
devrait l’aider à affronter sa journée.
Il ne croit pas si bien penser.
A peine assis, il entend des voix, ou plutôt des
cris se rapprocher, puis bientôt quelqu’un qui
tambourine à la porte de son domicile. Il se lève
et va ouvrir pour se trouver nez à nez avec une
foule de personnes, certaines encore habillées
de leur tenue de nuit ! Toutes semblent
paniquées.
Monsieur le Maire explique en toute hâte la
situation et Luigi comprend vite sa gravité. Il leur
demande de partir loin pour l’aider à mettre les
animaux en confiance. C’est ainsi que la plupart
des habitants du centre-ville, peu à peu alertés,
s’en vont de chez eux, laissant à notre
courageux Luigi le choix de l’action.

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Toute cette agitation ne laisse pas les animaux
en fuite indifférents. Ceux – ci s’interrogent :
« Oh, mais qu’ont – ils encore ces
humains ? Pas moyen d’être tranquilles à
nous amuser ! », se disent les singes.
« Bien dit », rétorquent les lapins.
« C’est bon, reprennent les chèvres, ils s’en
vont. Allons, reprenons nos jeux. »

La journée passe sans que rien ne change.

Luigi s’entoure des soigneurs du cirque et des


dompteurs pour trouver une solution. Seule l’idée
de les appâter avec leur nourriture quotidienne
leur vient en tête. Ils la leur placent à l’entrée de
leur cage qui se refermerait si les animaux y
pénétraient.

Sûrs de leur coup, Luigi et ses


compagnons vont à la rencontre
des fameux animaux.

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Ceux – ci les voient venir de loin. Ils s’en
amusent.
« Ils ne peuvent tout de même pas nous
ramener au cirque ; être libre, c’est
amusant ! », disent les singes.
« C’est bien plus confortable ! », reprennent en
chœur les éléphants.
« C’est peu de le dire… », répondent les
fauves en écho.
« Et puis, au moins, il y a de l’espace pour
bondir, pour courir…», s’esclaffent les lapins.
« Respirez à fond ! Ça sent rudement bon les
sardines, ajoutent les otaries. Mais, reposons
– nous pour reprendre des forces et après,
nous pourrons chercher d’où vient cette
odeur. »

C’est à ce moment précis que Luigi choisit de


prendre son porte – voix pour annoncer que le
repas de chacun est servi. Les animaux
s’approchent à pas prudents et lourds, peu
d’accord pour se nourrir dans leur cage.

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Luigi leur dit :
- C’est avec amour que nous vous avons
mitonné de bons petits plats.
Les singes répondent :
- Comme vous êtes bons, mais nous
sommes tous si fatigués que nous
prendrons notre repas, là, en plein air !
Cette réponse ne fait pas l’affaire du responsable
de la ménagerie.
Ce dernier réalise que faire revenir les animaux
dans leur abri sera plus difficile qu’il ne le
pensait…

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Sentant les singes à l’origine de cette idée, Luigi
s’en remet à leurs bons sentiments :
- Que devons – nous faire pour que vous
acceptiez de revenir à la ménagerie ?
- Et pourquoi faudrait – il y retourner ? »,
menacent les tigres et les lions.
- Comprenez – nous !
Les Orléanais ont peur de vous.
Ils n’ont pas l’habitude de vivre aux côtés
d’animaux de cirque.
Nous vous connaissons et vous aimons. Mais
eux ignorent votre bravoure et votre
gentillesse.
Là, vous leur avez abimé leurs voitures, leur
centre – ville.
Nous devons réussir à nous entendre pour
regagner leur confiance.
Après un temps d’échanges entre animaux, les
singes coquins annoncent :
- Nous acceptons ta demande, Luigi, à une
seule condition : que vous, les humains, vous
acceptiez de faire nos numéros le temps que
nous récupérions de notre fatigue. Cette
journée passée nous a vraiment fait nous
dépenser et nous en avons plein les pattes.
Vous devrez donc faire tout ce que nous vous
demandons.

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Luigi et ses collègues acceptent à contre – cœur
de suivre leurs exigences.

Avec les éléphants, leur dresseur Mario allongé


sur le dos doit faire tourner un puis plusieurs
cerceaux autour de ses quatre membres. S’il
réussit à faire du hula - hoop avec deux de ses
membres, cela devient plus compliqué au – delà.
Mario se décourage, appelle Luigi.
Mais Luigi s’applique à réaliser l’exercice
commandé par les tigres : il doit faire sauter leur
dompteur Charles à travers des cercles pour qu’il
retombe sur ses pieds et mains ou le faire passer
à travers des cerceaux en feu. Ce qui peut se
produire arrive alors. Charles tout confiant se
brûle.

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D’autres dresseurs, six en tout, surveillés par les
lapins, doivent réussir à faire tourner une roue à
écureuil, tous ensemble. Hélas, la plupart se
casse la figure !

Aie ! Ouille ! C’est impossible !


Et puis, ça fait mal !!!

Plus loin, les otaries obligent les hommes à faire


rouler un ballon sur tout le corps sans jamais
qu’il ne tombe au sol. Une chose est sûre, c’est
peine perdue quand l’exercice n’est pas répété,
et répété, et répété…
Le découragement gagne la troupe et tout le
monde le sait bien, dans ce cas tout va de moins
en moins bien !
Les humains réalisent petit à petit ô combien
sont difficiles les numéros que les animaux leur
demandent. Oui, vous lisez bien ! Et pourtant, ce
sont ceux exigés des dresseurs à l’encontre de
leurs bêtes…
Luigi se tourne vers les animaux et les artistes.
- Vous, nos bêtes bien aimées, sachez que
nous avons compris la difficulté de vos
exercices et nous vous demandons pardon
pour ce que nous vous avons fait subir.

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Que pourrions – nous faire pour nous
entendre ?
Ravis de cette question depuis longtemps
réfléchie, les animaux proposent leurs numéros,
plus appropriés à leurs possibilités.
Les artistes mettent sur pied un nouveau
spectacle, pensent un planning des numéros et
des périodes de vacances.
Enfin, ils conviennent de lieux où se dégourdir
les pattes en toute liberté, sans danger…

Leur souci sera de toujours veiller à ne pas faire


faire à l’autre ce que l’on ne voudrait pas que
l’autre nous fasse !

Tous scellent cette nouvelle entente, en se


tapant la patte et la main ; les animaux
regagnent alors leurs cages que les artistes
s’engagent à rendre plus agréables.

Quand le patron de la fourrière revient,


accompagné de Julien, du Maire et du reste des
habitants partis, tout est rentré dans l’ordre ! Les
gens du cirque sont même en train de remettre
de l’ordre le long des quais de Loire. Ils les
assurent du remboursement de toutes les
sommes pour la réparation des nombreux dégâts
matériels. Enfin, tous reçoivent une invitation à
leur nouveau spectacle.

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Tous les Orléanais y viennent et découvrent un
spectacle de cirque exceptionnel. Artistes et
bêtes partagent les mêmes acrobaties.
Du jamais vu de mémoire de cirque !

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