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Droit de la Propriété Industrielle

1. La marque
1. Définition
(Article L 711-1 du Code de la propriété intellectuelle)
La marque de fabrique, de commerce ou de service est un signe susceptible de représentation graphique
servant à distinguer les produits ou services d'une personne physique ou morale.
2. Les types de marques
(Article L 711-1 du Code de la propriété intellectuelle)
- nominales : sous forme de mots, assemblages de mots, noms patronymiques, sigles…
- figuratives : sous forme de dessins, logos, de reliefs…
- sonores : sous forme de sons, phrases musicales…
3. Conditions de dépôt de la marque
Le signe doit être:
distinctif : (Article L 711-2 du Code de la propriété intellectuelle)
Le signe est distinctif quand il ne correspond pas à la désignation d’un autre produit.
Ces types de marques, non distinctives, doivent rester à la disposition de tous afin de préserver la liberté
de la concurrence. Elles sont dépourvues de caractère distinctif :
- les signes qui renvoient à la désignation générique d’un produit
- les signes qui renvoient à la caractéristique d’un produit
licite: (Article L 711-3 du Code de la propriété intellectuelle)
Le signe est illicite quand il est :
- contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs : choquants, incitant à la violence ou à la haine,
renvoyant à des drapeaux de pays, appartenant aux organismes internationaux…
- déceptif ou trompeur : sur la nature, la qualité, la provenance du produit…
disponible : (Article L 711-4 du Code de la propriété intellectuelle)
Le signe ne doit pas porter atteinte à des droits antérieurs, notamment aux :
- marques antérieures enregistrées
- marques notoires (Article 6 bis de la Convention de Paris pour la protection de la propriété
intellectuelle)
- appellations d’origine protégée (Règlement européen no 510/2006)
4. Acquisition du droit sur la marque
(Article L 712-1 du Code de la propriété intellectuelle)
La propriété de la marque s'acquiert par l'enregistrement auprès de l’Institut National de la Propriété
Industrielle (INPI).
La marque peut être acquise en copropriété.
L'enregistrement produit ses effets à compter de la date de dépôt de la demande pour une période de 10
ans sur le territoire nationale indéfiniment renouvelable, mais le renouvellement n’est pas automatique.
Acceptation :
- Inscription au Registre National des Marques
- Publication au Bulletin Officiel de la Propriété Industrielle
Refus :
- Contestation directement auprès de la Cour d’appel dans un délai d’1 mois
Dépôt de la marque à l’étranger :
- Europe : Office de l’Harmonisation dans le Marché Intérieur (OHMI)
- Monde : Traité de Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI)
(Article L 712-2 du Code de la propriété intellectuelle)
La demande d'enregistrement doit comporter le modèle de la marque et l'énumération des produits
auxquels elle s'applique.
(Article L 712-3 du Code de la propriété intellectuelle)
Toute personne désirant s’opposer à la demande d’enregistrement dispose d’un délai de 2 mois.
(Article L 712-9 du Code de la propriété intellectuelle)

Droit de la Propriété Industrielle 1


L'enregistrement d'une marque peut être renouvelé s'il ne comporte ni modification du signe ni extension
de la liste des produits
Toute modification du signe ou extension de la liste des produits ou services désignés doit faire l'objet
d'un nouveau dépôt

Droit de la Propriété Industrielle 2


5. Droits conférés par l’enregistrement
(Article L 713-1 du Code de la propriété intellectuelle)
L'enregistrement de la marque confère à son titulaire un droit de propriété sur cette marque pour les
produits qu'il a désignés.
(Article L 713-2 du Code de la propriété intellectuelle)
La reproduction identique, l’imitation similaire, l’usage ou l’apposition d’une marque déposée sont
interdits
(Article L 714-1 du Code de la propriété intellectuelle)
Les droits attachés à une marque sont transmissibles.
La cession ne peut comporter de limitation territoriale

2. Le brevet
1. Définition
(Article L 611-1 du Code de la propriété intellectuelle)
Toute invention peut faire l'objet d'un titre de propriété industrielle délivré par le directeur de l'Institut
national de la propriété industrielle qui confère à son titulaire un droit exclusif d'exploitation.
(Article L 611-2 du Code de la propriété intellectuelle)
Les titres de propriété industrielle protégeant les inventions sont :
- les brevets d'invention, délivrés pour une durée de 20 ans à compter du jour du dépôt de la demande
- les certificats d'utilité, délivrés pour une durée de 6 ans à compter du jour du dépôt de la demande
(Article L 612-19 du Code de la propriété intellectuelle)
Toute demande de brevet ou tout brevet donne lieu au paiement de redevances annuelles
2. Conditions de dépôt d’un brevet d’invention
L’invention doit :
être nouvelle : (Article L 611-11 du Code de la propriété intellectuelle)
Elle ne doit pas avoir été accessible au public dans le monde entier avant la date de dépôt de la demande
impliquer une activité inventive : (Article L 611-14 du Code de la propriété intellectuelle)
Elle ne doit pas découler d'une manière évidente de l'état de la technique.
être susceptible d’application industrielle : (Article L 611-15 du Code de la propriété intellectuelle)
L’objet peut être utilisé dans tout genre de l'industrie
3. Acquisition du droit exclusif d’exploitation
(Article L 613-1 du Code de la propriété intellectuelle)
Le brevet d’invention confère un droit privatif d’exploitation sur une invention pour durée maximale de
20 ans sur le territoire français sans renouvellement.
Dépôt du brevet à l’étranger :
- Europe : Convention de Munich (Article L 614-2 du Code de la propriété intellectuelle)
- Monde : Traité de Washington (Article L 614-17 du Code de la propriété intellectuelle)
(Article L 613-2 du Code de la propriété intellectuelle)
Si l'objet du brevet porte sur un procédé, la protection conférée par le brevet s'étend aux produits obtenus
directement par ce procédé

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4. Transmission du droit exclusif d’exploitation
a. Cession de licence d’exploitation
(Article L 613-8 du Code de la propriété intellectuelle)
Les droits attachés à un brevet sont transmissibles, ils peuvent faire l'objet d'une cession de licence
d'exploitation exclusive ou non exclusive.
b. Cession de licence d’exploitation forcée (ou obligatoire)
(Article L 613-11 du Code de la propriété intellectuelle)
Toute personne peut, à l'expiration d'un délai de 3 ans après la délivrance d'un brevet ou de 4ans à
compter de la date du dépôt de la demande, obtenir une licence de ce brevet, si au moment de la requête
le propriétaire de la licence :
- n'a pas commencé à exploiter l’invention objet du brevet ni fait des préparatifs effectifs et sérieux en ce
sens.
- n'a pas commercialisé le produit objet du brevet en quantité suffisante pour satisfaire aux besoins du
marché français.
- a abandonné l’exploitation ou la commercialisation du brevet depuis plus de 3 ans.
C’est le TGI qui délivre la licence obligatoire et qui en fixe les modalités (durée, champ d’application,
montant des redevances…)

3. Action en contrefaçon
Pour la marque : (Article L 716 du Code de la propriété intellectuelle)
Pour le brevet : (Articles L 614 et L 615 du Code de la propriété intellectuelle)
1. Conditions de l’action en contrefaçon
- être titulaire d’un droit privatif
- prouver par tous moyens qu’on est titulaires du droit privatif
(mais la plus parfaite des preuves reste la saisie en contrefaçon par l’huissier de justice)
- prouver qu’on a payé les annuités à l’INPI
2. Types de l’action en contrefaçon
Au civil :
- Engagement de la responsabilité civile de son auteur et versement de dommages-intérêts. (Article 1382
du Code civil)
- Possibilité de régler le litige à l’amiable
- Juges plus compétents à évaluer le montant du préjudice
Au pénal :
- 500 000 € d’amendes et 5 ans d’emprisonnement max
- Dissuader en donnant l’exemple
Au civil et au pénal :
Condition : Intervention du procureur général
- Versement de dommages-intérêts et d’amendes
3. Conséquences de l’action en contrefaçon
- Versement de dommages-intérêts et/ou d’amendes
- Cessation de l’activité de contrefaçon
- Destruction du matériel utilisé
- Publication d’annonce légale dans un bulletin officiel
- Possibilité d’agir en référé
- Astreinte éventuelle
- Délai de prescription de 3 ans à partir de la contrefaçon
- L’entreprise doit obligatoirement engager un avocat

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