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Science & Sports (2009) 24, 273—280

REVUE GÉNÉRALE

Activité physique et cancer du sein et du côlon :


l’activité physique basée sur les preuves
scientifiques
Physical activity and breast and colon cancer:
Evidence-based physical activity

M. Duclos a,∗,b

a
Service de médecine du sport et des explorations fonctionnelles, CHU Gabriel-Montpied,
58, rue Montalembert, 63003 Clermont-Ferrand cedex 1, France
b
Laboratoire de nutrition humaine, UMR 1019, université d’Auvergne-I, INRA, 63009 Clermont-Ferrand, France

Reçu le 1er avril 2009 ; accepté le 20 juillet 2009


Disponible sur Internet le 31 octobre 2009

MOTS CLÉS Résumé


Activité physique ; Objectifs. — Mise en évidence d’une association entre prévention de certains cancers (sein et
Cancer du côlon ; côlon, principalement) et activité physique (AP), publiée ces dernières années.
Cancer du sein ; Actualités. — C’est pour le cancer du côlon qu’il existe le plus grand nombre d’évidences sur
Prévention primaire ; l’effet bénéfique de l’AP : sur les 51 études portant sur le cancer du côlon et le cancer colorec-
Prévention tertiaire tal, 43 ont démontré une diminution du risque chez les sujets ayant l’AP la plus intense avec
une réduction moyenne de 40 à 50 %. Pour le cancer du sein, les études mettent en évidence une
association inverse entre AP et cancer du sein chez la femme ménopausée, avec une réduction
des risques allant de 20 à 80 % selon les études ; pour les femmes non ménopausées, l’association
est moins forte (15—20 % de réduction). De plus, la plupart de ces études rapportent une rela-
tion dose—effet, une augmentation du niveau d’AP (supérieur à trois à quatre heures d’AP
d’intensité modérée par semaine) étant associée à une diminution plus importante du risque
de survenue d’un cancer du côlon ou du sein. Enfin, en prévention tertiaire, l’AP démarrée
après le traitement du cancer diminue le risque de récidive de 50 à 60 % pour le cancer du sein
et pour le cancer du côlon.
Conclusion. — Les effets bénéfiques de l’AP sont dépendants de mécanismes multiples intriqués
entre eux.
© 2009 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.

∗ Auteur correspondant.
Adresse e-mail : mduclos@chu-clermontferrand.fr.

0765-1597/$ – see front matter © 2009 Elsevier Masson SAS. Tous droits réservés.
doi:10.1016/j.scispo.2009.09.003
274 M. Duclos

Summary
KEYWORDS Aim. — Since last years, numerous studies have reported a significant association between pre-
vention of some cancers (mainly, breast and colon cancer) and physical activity (PA).
Physical activity;
Current knowledge. — This is for colon cancer that the strength of evidence is the highest:
Breast cancer;
43 studies out of 51 have demonstrated that subjects with higher PA have a 40 to 50 % decreased
Colon cancer;
risk of developing colon cancer compared to sedentary subjects. For breast cancer, there is
Primary prevention;
an inverse relationship between incidence of cancer and PA in postmenopausal women with
Tertiary prevention
a decreased risk of 20 to 80 % depending on studies; for premenopausal women the associa-
tion is weaker (15—20 % decrease). Most of these studies show a dose—effect relationship, an
increase in PA (greater than 3—4 h of moderate intensity PA per week) being associated with
a more important decrease on the risk of developing breast and colon cancer. Finally, in ter-
tiary prevention, PA started after the completion of anticancer treatment decreases the risk of
recurrence of 50—60 % for both types of cancer.
Conclusion. — The beneficial effects of PA are mediated through different interrelated mecha-
nisms.
© 2009 Elsevier Masson SAS. All rights reserved.

1. Introduction [8]. Cette caractérisation repose sur les définitions déve-


loppées par le Fonds de recherche mondial sur le
Les cancers les plus fréquents chez l’homme et la femme cancer et l’institut américain de recherche sur le cancer
sont, respectivement, le cancer de la prostate et le cancer (niveau d’évidence scientifique allant de « convainquant » à
du sein : ils représentent à eux seuls plus de 80 000 nouveaux « probable », « possible », puis « insuffisant »). En effet, sur
cas estimés en 2000 en France. Ils sont suivis en termes les 51 études portant sur le cancer du côlon et le cancer
de fréquence par le cancer du poumon et du côlon. La colorectal, 43 ont démontré une diminution du risque chez
prévention de la survenue de ces différents types de can- les sujets ayant l’AP la plus intense avec une « réduction
cers représente donc un véritable enjeu de santé publique moyenne de 40 à 50 % ». Sur les 29 études ayant recherché
pour lequel l’activité physique (AP) pourrait jouer un rôle un effet dose—réponse, 25 ont démontré qu’une augmenta-
important. En effet, de nombreuses études montrant une tion du niveau d’AP était associée à une diminution du risque
association entre prévention de certains cancers (sein et [31]. Cet effet protecteur de l’AP pour le cancer du côlon
côlon, principalement) et AP ont été publiées ces dernières n’est en revanche pas retrouvé pour le cancer du rectum.
années. Le dernier rapport du Fonds mondial de recherche L’effet protecteur de l’AP est indépendant de la nutri-
contre le cancer (2009) va dans le même sens et conclue que tion. Slattery et Potter [35] ont montré que les facteurs
sur les dix millions de nouveaux cas de cancer par an dans de risque nutritionnels du cancer côlon (régime riche en
le monde entier entre un quart et un tiers (dont 30 % des graisses saturées et en sucres raffinés, consommation faible
cancers du sein et du côlon) pourraient être évités avec un de légumes et de fibres) ne peuvent pas être des facteurs
mode de vie plus sain associant AP régulière et alimentation de confusion dans l’association AP—prévention du risque de
riche en fruits et légumes. cancer côlon, car ils ne modifient l’association existante
Le nombre de « survivants » après traitement d’un can- entre le niveau d’AP et la prévention du cancer du côlon.
cer (cancer survivors) est aussi en augmentation. En France, À l’inverse, l’AP a une influence positive sur l’importance
pour le cancer du sein, on compte 30 000 nouvelles cancer relative des autres facteurs de risque, en particulier sur le
survivors par an, et au total, deux millions de femmes sont régime alimentaire et sur le poids.
concernées. En 2006, la Société américaine de cancérologie « Quelle AP et à quelle période de la vie cette AP pourrait
a publié, pour la première fois, des recommandations sur AP être la plus efficace sur la prévention du cancer du côlon ? »
et prévention tertiaire des cancers. Concernant la période optimale de pratique de l’AP pour
Les cancers du côlon et du sein étant les cancers les maximaliser l’effet protecteur, les auteurs préconisent une
plus fréquents et ceux pour lesquels les publications sur pratique régulière de l’AP tout au long de la vie.
les relations avec l’AP sont les plus nombreuses, cet article Les caractéristiques d’une AP qui pourrait avoir un effet
s’attachera à développer les relations entre AP et cancer de protection vis-à-vis du cancer du côlon sont controver-
du côlon et cancer du sein, en prévention primaire et en sées, les données de la littérature étant très contradictoires
prévention tertiaire. (Tableau 1). Les catégorisations et les méthodes de mesure
de l’AP sont probablement à l’origine de ces divergences.
2. Activité physique et prévention primaire Bien que les résultats soient hétérogènes, « 30 à 60 minutes
par jour d’AP d’intensité modérée à élevée » semblent
du cancer du sein et du côlon
suffisantes pour réduire le risque de cancer du côlon
[5,7,19,21].
2.1. Cancer du côlon

C’est le cancer pour lequel il existe le plus grand nombre 2.2. Cancer du sein
d’évidences sur l’effet bénéfique de l’AP [15,19,31].
L’évidence scientifique sur l’effet bénéfique de l’AP sur la Plus d’une douzaine d’études prospectives et un nombre
prévention du cancer du côlon est de type « convaincante » encore plus important d’études cas-témoins ont examiné les
AP et cancer du sein et du côlon : AP basée sur les preuves scientifiques 275

Tableau 1 Recommandations d’activité physique en prévention primaire et tertiaire du cancer du côlon et du cancer du sein :
il faut associer 1 + 2 + 3 [5,13,21].

Type d’activité physique Intensité (ou échelle Durée de Fréquence par


visuelle en 10 points) chaque session semaine

1. Exercices aérobies
AP d’intensité modérée (exemple : marche à Modérée 30 minutes Au moins 5 fois
pas soutenus) Échelle visuelle : 5—6
AP d’intensité élevée Élevée 20 minutes 3 fois
Échelle visuelle : 7—8
Combinaison des deux
2. Exercices contre résistance = renforcement Faibles charges 20 minutes 2 fois
musculaire Faible incrémentation
3. Étirements Au moins 3 fois

relations entre AP et risque de cancer du sein et la majo- Ces discordances s’expliquent probablement par le fait
rité d’entre elles rapportent une diminution du risque chez que la plupart des études ont étudié l’association entre
les sujets ayant l’AP la plus importante avec une réduction cancer du sein et AP de loisirs (marche, vélo, natation,
allant de 20 à 70—80 %. Ces résultats ont été confirmés et gymnastique), mais peu d’études ont inclus dans le calcul
précisés dans une revue récente des articles publiés entre de l’AP de loisirs les effets d’autres AP de faible inten-
1994 et 2006 sur les relations entre risques de cancer du sein sité telles que le jardinage, le ménage ou les courses,
et AP [26]. La qualité méthodologique de ces articles a été ce qui a probablement conduit à une sous-estimation de
calculée sur la base d’un score statistique de qualité et la dépense énergétique totale, surtout chez les femmes
seuls les articles de qualité élevée ont été gardés. Ainsi sur qui n’ont pas accès à une activité sportive. L’inclusion
76 articles identifiés, 28 ont été exclus tandis que 19 analyses dans les questionnaires d’AP de l’activité domestique de
de cohortes (nombre de sujets allant de 46 à 3424 par ménage est très importante car c’est celle qui est la plus
étude) et 29 études cas-témoins (nombre de sujets allant pratiquée par la plupart des femmes. Cela est mis en
de 81 à 6888) ont été analysées. Du fait de l’hétérogénéité évidence dans la cohorte européenne European Prospec-
statistique et méthodologique de ces 47 études, l’analyse tive Investigation into Cancer and Nutrition Study (EPIC)
statistique de type méta-analyse n’a pas été possible. Les (étude sur le cancer du sein et du côlon ayant inclus
résultats mettent en évidence une association inverse entre 500 000 sujets dans dix pays) qui a montré que le risque
AP et cancer du sein chez la femme ménopausée avec une de cancer du sein était diminué chez les femmes situées
réduction des risques allant de 20 à 80 % selon les études. dans le quartile d’activité domestique le plus élevé vs
Pour les femmes non ménopausées, l’association est moins celles qui étaient dans le quartile le plus faible : −19 %
forte (15—20 % de réduction). Près de la moitié de ces chez les femmes ménopausées et −29 % chez les femmes
études rapportent « une relation dose—effet », une augmen- non ménopausées [16]. De même, l’étude française E3N,
tation du niveau d’AP étant associée à une diminution du qui est la partie française de l’EPIC, fait état d’une
risque. baisse du risque relatif (RR) de 18 % lorsque les acti-
« À quelle période de la vie cette AP pourrait être la plus vités ménagères sont d’intensité légère alors que cette
efficace sur la prévention du cancer du sein ? » Plusieurs diminution est de 38 % lorsque l’activité est d’intensité
études ont tenté de déterminer l’existence d’une période élevée [36], un effet dose—réponse étant aussi démon-
de la vie au cours de laquelle les effets protecteurs de tré pour ces activités ménagères. Cet effet dose—réponse
l’AP seraient maximaux. En l’absence d’études concluantes est observé dans 50 % des études qui ont rapporté une
(période pubertaire pour certains, pratique à l’âge adulte diminution du risque [19,27]. Dans la « Nurses’ Health
pour d’autres), un continuum de la pratique d’une AP tout Study », la comparaison de l’intensité la plus faible à
au long de la vie apparaît comme le moyen préventif le plus la plus élevée montre qu’il n’existe pas d’intérêt sup-
adapté [6]. plémentaire à augmenter l’intensité de l’AP au-dessus
« Quelle AP ? » Si les études épidémiologiques font état de la catégorie 9—14 équivalent métabolique (MET) par
d’une relation négative entre l’AP et le développement heure par semaine [11]. La récente revue de littéra-
du cancer du sein, les caractéristiques de l’AP sont loin ture de Monninkhof et al. [27] confirme ces résultats. De
de faire l’unanimité. En effet, certains auteurs rapportent plus, dans cette étude, une analyse de tendance montre
que les activités physiques d’intensité modérée seraient que le risque de développer un cancer du sein diminue
les plus efficaces [8]. D’autres montrent que la diminu- de 6 % chaque fois que l’on ajoute une heure d’activité
tion du risque est identique pour les activités physiques par semaine, montrant que le niveau d’AP « total » est
d’intensité modérée et élevée. Ainsi, quatre heures d’AP essentiel.
par semaine à intensité modérée ou une AP à inten- Au total, l’analyse de la littérature montre qu’au moins
sité élevée semblent donner des résultats équivalents trois à quatre heures par semaine d’AP d’intensité modérée
[37]. En revanche, d’autres études mettent en avant à intense seraient nécessaires pour produire une diminu-
l’importance des activités physiques de loisirs à intensité tion statistiquement significative du risque de cancer du
élevée [36]. sein.
276 M. Duclos

3. Activité physique en prévention tertiaire du côlon stade III qui tous ont été traités par chimiothéra-
du cancer du sein et du côlon pie et chirurgie [24]. Lors du suivi (2,8 ans en moyenne),
les sujets qui ont une AP régulière post-chimiothérapie ont
un taux de récidive du cancer ou de mortalité toute cause
Trois papiers importants ont interpellé la communauté confondue significativement diminuée de 47 % par rapport à
scientifique en démontrant lors d’un suivi de 2987 femmes ceux qui sont sédentaires.
traitées pour un cancer du sein [11], de 573 femmes traitées Toutes ces études suggèrent donc que l’AP pourrait
pour un cancer du côlon [23] et de 832 patients présen- apporter des effets bénéfiques supplémentaires à ceux de la
tant un cancer du côlon stade III [24] que le niveau d’AP chirurgie, radiothérapie et/ou chimiothérapie pour la survie
démarrée après le diagnostic de cancer diminuait significa- après traitement d’un cancer du sein ou du côlon. Cepen-
tivement la mortalité globale, la mortalité par cancer et dant, il ne s’agit que de résultats d’études observationnelles
le nombre de récidives du cancer. Plus précisément, l’AP qui ne permettent pas de dégager formellement une rela-
après le traitement d’un cancer diminue le risque de réci- tion de cause à effet. L’association de ces études avec des
dive de 50 à 60 % pour le cancer du sein et pour le cancer marqueurs biologiques qui pourraient faire le lien entre can-
du côlon. D’où l’éditorial accompagnant la publication de cer et AP reste nécessaire, mais représente encore un (trop)
ces papiers dans le Journal of Clinical Oncology : « Cancer petit nombre d’études.
survival ; time to get moving ? Data accumulate sugges- « Quelle AP ? » La revue de la littérature montre que cet
ting a link between physical activity and cancer survival » effet bénéfique de l’AP sur la survie est obtenu, quel que soit
[4]. le type d’entraînement : endurance, résistance ou mixte.
La cohorte des infirmières de la Nurses’ Health Study L’intensité à partir de laquelle des effets sur la survie sont
(121 700 femmes suivies depuis 1976) a été le support observés est de 8 à 9 MET par heure par semaine, ce qui cor-
des deux premières études. La première a porté sur respond à 30 minutes de marche à bon pas quatre à cinq fois
2987 femmes dont un cancer du sein a été diagnostiqué par semaine et cela quel que soit le niveau d’AP avant le
(stades I, II ou III) qui ont été suivies pendant en moyenne diagnostic. Cependant, c’est l’AP démarrée après le traite-
huit ans. L’AP a été mesurée par questionnaire tous les deux ment qui compte et cela quelle que soit l’intervalle depuis
ans. Le risque de décès par cancer du sein ou de récidive le diagnostic de cancer [10]. De plus, les travaux récents
d’un cancer du sein est diminué de 20 à 50 % chez les femmes de Holick et al. abaisseraient plutôt le seuil à 2,8 MET par
qui marchent trois à cinq heures par semaine (par rapport heure par semaine, ce qui correspond à marcher au total
à celles qui marchent moins de trois heures par semaine) de 3,2 à 4,6 km par semaine et rejoint les recommandations
[11]. Ces résultats ont été confirmés par l’étude Women’s internationales d’AP. Les femmes qui ont une AP supérieure
Healthy Eating and Living Study (WHEL) qui rapporte un ou égale à 2,8 MET par heure par semaine d’AP de loisirs ont
RR de rechute réduit à 0,56 pour les femmes qui marchent une diminution du risque de décès par cancer du sein de 35 à
30 minutes par jour six fois par semaine [28]. 49 % par rapport aux femmes qui font moins de 2,8 MET par
La seconde étude portant sur la cohorte des infirmières heure par semaine d’activité. Le même niveau de réduction
de la Nurses’ Health Study a suivi pendant 9,6 ans en du risque est observé pour les décès toute cause confon-
moyenne 573 femmes dont un cancer du côlon a été diag- due. Enfin, toute augmentation de l’AP d’intensité modérée
nostiqué (stades I, II ou III) [23]. La mortalité à 5 ans est de 5 MET par heure par semaine s’associe à une diminution
diminuée de 61 % dans le groupe ayant une AP correspondant supplémentaire de 15 % de décès par cancer du sein.
à 18 MET par heure par semaine (RR = 0,39) par rapport à
celui ayant une AP inférieure à 3 MET par heure par semaine
(RR = 1). Cet effet est indépendant de l’IMC, du stade du 4. Synthèse des recommandations
cancer et de la localisation du cancer. Cet effet dépend de internationales d’activité physique en
l’AP après le cancer, le niveau d’AP avant la découverte du prévention primaire et tertiaire du cancer du
cancer n’ayant pas d’effet sur la survie. Ainsi les femmes côlon et du cancer du sein
qui ont augmenté leur AP après le diagnostic de cancer, par
rapport aux femmes qui n’ont pas modifié leur AP, ont une Les recommandations internationales d’AP pendant et après
diminution de la mortalité toute cause confondue de 57 % le traitement du cancer sont semblables à celles adres-
et de la mortalité par cancer de 61 %. Les mêmes résultats sées à la population générale pour maintenir ou améliorer
sont retrouvés dans l’étude de Irwin et al. [12] sur les effets son état de santé [13]. Rappelons, qu’en prévention pri-
de la variation de l’AP après le traitement du cancer du maire générale, les recommandations d’AP pour le maintien,
sein. Ils montrent l’effet bénéfique de l’augmentation de voire l’amélioration de la santé des adultes en bonne santé,
l’AP (diminution du risque de 67 % chez les femmes pra- ont été réactualisées en 2007 [9]. Elles correspondent chez
tiquant 2,5 heures par semaine d’AP d’intensité modérée les adultes à la « pratique d’une AP d’intensité modérée »
[9 MET par heure par semaine] par rapport aux femmes inac- (comme la marche à un pas soutenu) au moins 30 minutes
tives) mais aussi l’effet péjoratif de la diminution de l’AP par jour, cinq jours par semaine ou à « la pratique d’une
après le traitement pour le cancer avec un risque de mor- AP d’intensité plus élevée » au moins 20 minutes à chaque
talité multiplié par 4 (RR = 3,95) (après ajustement pour fois trois jours par semaine. Une combinaison d’activités
l’âge, l’ethnie, le stade du cancer, le traitement du cancer, d’intensité modérée et élevée peut également être uti-
l’utilisation de tamoxifène, l’IMC et la quantité de fruits et lisée pour atteindre le niveau recommandé. La pratique
légumes consommés) [12]. « d’exercices de résistance » (musculation—renforcement
La dernière étude a porté sur une cohorte plus homogène musculaire) deux fois par semaine deux jours non consé-
de 832 patients (hommes et femmes) présentant un cancer cutifs est également encouragée (Tableau 1).
AP et cancer du sein et du côlon : AP basée sur les preuves scientifiques 277

Dans le cas de la prévention tertiaire du cancer, ce maximale (RM) avec trois fois huit à dix répétitions par
qui varie c’est la définition de l’intensité de l’exercice série) : au début, les exercices se faisaient sans poids puis
aérobie. En effet, contrairement à l’adulte en bonne ensuite avec des lests aux poignets, la progression se fai-
santé, l’intensité ne peut être donnée en valeur absolue sant selon la symptomatologie. Aucune blessure grave n’a
(3—6 MET), car parfois la condition physique peut être très été relevée à six ou 12 mois et surtout il n’y a eu aucune
basse et une intensité de 3 MET trop élevée. Une échelle de aggravation du lymphœdème. En revanche, les femmes ont
perception de la difficulté peut alors être utilisée (échelle eu un gain de masse musculaire de 1 kg avec une perte
visuelle en 10 points) et les exercices recommandés se de masse grasse de 1 kg. Ces données rejoignent celles des
situer entre 5 et 6 pour les exercices modérés et 7 et 8 pour autres études et permettent de conclure qu’il n’existe pas
les exercices intenses (Tableau 1). d’augmentation du lymphœdème dans les cancers du sein
Il faut aussi intégrer des sessions de renforcement après un programme de réhabilitation par l’AP. Il semble-
musculaire et de stretching (deux à trois séances par rait, au contraire, qu’une AP adaptée permettre de limiter
semaines) à faible charge et faible incrémentation [3,34]. ce risque.
Enfin, des exercices d’assouplissement sont à rajouter après L’AP doit être adaptée à chaque patient et suivie par
chaque session d’exercice aérobie ou de renforcement un professionnel (et l’on revient sur la discussion du rôle
musculaire. La fréquence et la durée sont les mêmes que encore non reconnu des éducateurs médicosportifs, c’est-
dans la population en bonne santé. à-dire d’un professionnel de l’AP adaptée aux pathologies
Il est bien entendu nécessaire de prendre en compte chroniques). Il y a donc, dans ces conditions, très peu de
l’état de fatigue des patients avant de prescrire un pro- contre-indications absolues à l’AP post-traitement d’un can-
gramme d’AP. Dans tous les cas, la prescription doit être cer.
individualisée et mise en place de façon très progressive.
Dans ces conditions, et pour reprendre la conclusion
publiée dans le Lancet Oncology en décembre 2006, « l’AP
5. Activité physique pendant le traitement
est bien tolérée, sans effets indésirables et les oncologues d’un cancer
devraient recommander l’AP à leurs patients après leur trai-
tement » [13]. Plus de 40 études d’essais randomisés et contrôlés publiées
« Quels risques liés à l’AP après traitement d’un cancer ? » depuis 1980 ont rapporté que l’AP améliore les capacités
En prévention tertiaire du cancer, outre les risques de fonctionnelles, les aptitudes cardiorespiratoires pendant et
récidives du cancer, les patients sont aussi à risques de après le traitement, les symptômes liés au traitement (sur-
fatigue chronique, perte de masse musculaire, prise de poids tout la fatigue), la qualité de vie et le sommeil des patients
(la prise de poids moyenne après traitement d’un cancer du atteints d’un cancer, et cela pour tous les types de cancers
sein est de 2,5 kg, or la prise de poids est un facteur de mau- bien que le plus étudié soit le cancer du sein [22].
vais pronostic après traitement du cancer du sein). Enfin, ils Plusieurs travaux portant sur l’effet de l’AP lors du trai-
ont aussi les mêmes risques que la population générale de tement par chimiothérapie pour le cancer du sein font état
développer des pathologies cardiovasculaires et/ou métabo- de nombreuses améliorations de paramètres psychologiques
liques (voire ils présentent un risque augmenté du fait de la tels que la fatigue, l’anxiété, la dépression, le sommeil
sédentarité). N’oublions pas non plus les complications pos- et l’image du corps [25]. Un effet dose—réponse sur la
sibles liées aux traitements du cancer : lymphœdème pour fatigue est observé pour des sessions de durée inférieure
le cancer du sein, cardiotoxicité et/ou neuropathie périphé- à 60 minutes [33]. Il faut rappeler que la fatigue est un
rique secondaires à la chimiothérapie. symptôme fréquent, souvent au premier plan au cours du
Bien qu’il reste encore de nombreux travaux à mener, traitement du cancer, avec un retentissement majeur sur la
les travaux publiés apportent un niveau d’évidences scienti- qualité de vie des patients.
fiques suffisamment élevé pour suggérer que l’exercice est Il existe peu de recommandations sur le type d’AP
bien toléré et sans effet indésirable. Le prérequis est que à pratiquer pendant le traitement (chimiothérapie et/ou
les patients aient obtenu l’accord préalable de leur cancé- radiothérapie). Dans la plupart des études, l’AP proposée
rologue. Dans le cas de patients à risque élevé de toxicité était de type aérobie à intensité modérée, à raison de trois
cardiaque secondaire à la chimiothérapie utilisée, un bilan à cinq fois par semaine avec une durée de 20 à 30 minutes par
cardiaque complet doit être réalisé avant mise en place session. Le type d’AP et surtout son intensité dépendent du
d’un programme d’AP. L’autre complication qui a souvent traitement et de la façon dont il est supporté. L’AP douce de
contre-indiqué toute AP chez la femme traitée pour un can- type marche 20 à 30 minutes, trois fois par semaine et assou-
cer du sein est le risque de survenue et/ou d’aggravation plissements peut être proposée, voire un travail en position
d’un lymphœdème. Pourtant plusieurs publications récentes assise si la fatigue est importante [14].
montrent que le travail spécifique des membres supérieurs
n’induit pas ou n’aggrave pas le lymphœdème [13,32].
6. Mécanismes des effets préventifs de
Citons le travail de Schmitz et al. [32] qui a porté sur des
femmes traitées pour cancer du sein (radiothérapie, chimio- l’activité physique sur le cancer du sein et du
thérapie et curage ganglionnaire pour la majorité d’entre côlon
elles) : 84 femmes dont 14 avaient un lymphœdème. Le pro-
gramme de musculation s’étalait sur six ou 12 mois avec Les mécanismes sous-tendant l’effet bénéfique de l’AP
deux séances d’une heure chacune par semaine. Le pro- sur la prévention de certains cancers commencent à être
gramme de musculation concernait les membres inférieurs identifiés. En 2007, le Fonds mondial pour la recherche sur
et les membres supérieurs (pourcentage d’une répétition le cancer (World Cancer Research Fund) publiait un rapport
278 M. Duclos

concluant à l’existence d’une association statistique entre plus important que l’insuline car ils ont une plus grande
excès de poids et certains cancers dont le cancer du côlon affinité pour le récepteur à l’IGF-I.
et le cancer du sein chez la femme ménopausée. Ces L’insulinorésistance est aussi associée à une cohorte
résultats ont été confirmés par un travail récent [30]. Ce d’altérations métaboliques définissant le syndrome méta-
travail rigoureux sur le plan des critères d’inclusion et de bolique et conduisant à une diminution de la sex hormone
l’analyse statistique a rassemblé 300 000 nouveaux cas de binding globulin (SHBG) et des insulin-like growth factor
cancers publiés dans 141 articles et concernant uniquement binding protein (IGF-BP) et donc à une augmentation de la
des études observationnelles prospectives. Le risque de fraction libre, biologiquement active, des hormones liées à
cancer associé à une augmentation de l’IMC de 5 kg/m2 (ce ces protéines (IGF-I pour les IGF-BP, estradiol et testosté-
qui correspond à +15 kg chez l’homme et +13 kg chez la rone pour la SHBG). Or les relations entre concentrations
femme ayant un IMC de départ à 23 kg/m2 ) a été évalué. d’estradiol et cancer du sein sont bien démontrées. Quant à
Chez la femme ménopausée, une augmentation de l’IMC de l’IGF-I, des études expérimentales sur la croissance de cel-
5 kg/m2 est associée à un risque accru de cancer du sein et, lules tumorales de cancer de la prostate et de cancer du
dans les deux sexes, au risque de cancer du côlon. Les résul- sein montrent que, d’une part, l’IGF-I stimule la croissance
tats sont homogènes dans les différentes régions du monde. des ces cellules tumorales et, d’autre part, diminue leur
Les mécanismes par lesquels l’excès de poids pourrait apoptose.
favoriser l’apparition du cancer du sein ou du côlon sont Les effets bénéfiques de l’AP peuvent donc s’expliquer,
probablement multiples [29]. L’une des hypothèses les plus entre autres, par leurs effets bien démontrés sur la dimi-
souvent évoquées est celle des variations des concentrations nution de l’insulinorésistance, la diminution ou plutôt la
des hormones endogènes (insuline, insulin-like growth fac- moindre prise de poids (donc de masse grasse). Les effets
tors [IGF] et hormones sexuelles) qui pourraient modifier la de l’AP régulière sur la diminution de la masse grasse sont
balance entre prolifération cellulaire et apoptose [18]. bien démontrés, y compris sur les sujets de poids normal
L’obésité et la sédentarité induisent une insulinorésis- [38]. Indépendamment des variations de masse grasse, l’AP
tance et un hyperinsulinisme compensatoire. En faveur de régulière diminue l’insulinémie (pour une même glycémie)
cette hypothèse, plusieurs études rapportent une associa- par augmentation de la sensibilité à l’insuline [2].
tion indépendante de l’obésité entre DT2 et cancer du côlon L’AP régulière peut diminuer le risque de cancer du
[17]. De plus, dans une étude la mise sous insuline a aug- sein en diminuant la production endogène des estrogènes
menté l’association entre DT2 et cancer colorectal [39]. (expliquant probablement pourquoi l’AP est plus efficace
En faveur de ces données épidémiologiques, la liaison de en prévention tertiaire chez les femmes ayant des tumeurs
l’insuline à son récepteur active toute une cascade de positives pour les récepteurs aux estrogènes par rapport à
voies de signalisation intracellulaires qui sont mitogènes et celles qui n’ont pas de récepteurs aux estrogènes) et de
anti-apoptotiques. On considère cependant que l’insuline la progestérone, mais aussi en augmentant la SHBG dont
pourrait être mitogène uniquement à des concentrations la production hépatique est inhibée par l’insuline et l’IGF-
supraphysiologiques et que ses principaux effets sur proli- 1 mais stimulée par l’estradiol et la testostérone. Elle lie ces
fération seraient médiés par les récepteurs à l’IGF-I. Les hormones et diminue leur fraction libre, c’est-à-dire biolo-
analogues de l’insuline pourraient avoir un effet mitogène giquement active. Néanmoins, les effets de l’AP sur la SHBG

Figure 1 Modèle proposé pour expliquer le lien entre l’alimentation, l’exercice physique, la résistance à l’insuline et le dévelop-
pement du cancer du sein [5]. IGF-1 : insuline like growth factor ; IGF-1R : insulin like growth factor 1 receptor ; IGFBP-1 : insuline
like growth factor binding protein 1 ; IGFBP-2 : insuline like growth factor binding protein 2 ; SHBG : sex hormone binding globulin.
AP et cancer du sein et du côlon : AP basée sur les preuves scientifiques 279

dépendent aussi de la diététique (régime normo ou hypoca- [4] Demark-Wahnefried W. Cancer survival: time to get moving?
lorique, alimentation riche en fibres. . .) [20] et sont parfois Data accumulate suggesting a link between physical activity
confondus avec les effets de l’exercice. Plusieurs études and cancer survival. J Clin Oncol 2006;24:3517—8.
ont rapporté une relation inverse entre concentration plas- [5] Expertise collective Inserm. Activité physique. In: Contextes et
effets sur la santé. Paris: Les éditions Inserm; 2008. p. 1—811.
matique d’insuline (hyperinsulinémie avec un régime trop
[6] Friedenreich C, Bryant H, Alexander F, Hugh J, Danyluk J, Page
riche en lipides et sucres rapides et inactivité physique) et
D. Risk factors for benign proliferative breast disease. Int J
concentration plasmatique de SHBG [1]. La Fig. 1 présente Epidemiol 2000;29:637—44.
une hypothèse explicative des voies de régulation mises en [7] Friedenreich C, Norat T, Steindorf K, Boutron-Ruault MC,
jeux par l’inactivité physique associée à une alimentation Pischon T, Mazuir M, et al. Physical activity and risk of colon
déséquilibrée dans le développement d’un cancer du sein and rectal cancers: the European prospective investigation
ou du côlon. Le facteur protecteur qu’est l’AP (associé à into cancer and nutrition. Cancer Epidemiol Biomarkers Prev
une alimentation équilibrée) pourrait agir en inversant ces 2006;15:2398—407.
différentes voies. [8] Friedenreich CM, Orenstein MR. Physical activity and cancer
Dans le cas particulier du cancer du côlon, en plus des prevention: etiologic evidence and biological mechanisms. J
Nutr 2002;132:3456S—64S.
effets systémiques de l’AP, un autre mécanisme à effet local
[9] Haskell WL, Lee IM, Pate RR, Powell KE, Blair SN, Franklin BA,
a été proposé pour expliquer les effets protecteurs de l’AP
et al. Physical activity and public health: updated recommen-
régulière sur la survenue de ce cancer : l’augmentation de la dation for adults from the American College of Sports Medicine
motilité intestinale. En effet, l’AP induit une réduction du and the American Heart Association. Med Sci Sports Exerc
temps de transit gastro-intestinal et donc une diminution de 2007;39:1423—34.
l’opportunité pour les cancérigènes d’être en contact avec [10] Holick CN, Newcomb PA, Trentham-Dietz A, Titus-Ernstoff L,
la muqueuse colique et le contenu fécal. Bersch AJ, Stampfer MJ, et al. Physical activity and survival
D’autres mécanismes biologiques ont été proposés (dimi- after diagnosis of invasive breast cancer. Cancer Epidemiol
nution du stress oxydatif, effets sur l’immunité). Il est Biomarkers Prev 2008;17:379—86.
évident que les effets bénéfiques de l’AP sont dépendants [11] Holmes MD, Chen WY, Feskanich D, Kroenke CH, Colditz GA.
Physical activity and survival after breast cancer diagnosis.
de mécanismes multiples intriqués entre eux. Néanmoins, le
JAMA 2005;293:2479—86.
niveau d’évidences scientifiques pour chacun d’entre eux est
[12] Irwin ML, Smith AW, McTiernan A, Ballard-Barbash R, Cronin
encore bas et des recherches sont nécessaires pour déter- K, Gilliland FD, et al. Influence of pre- and postdiagno-
miner quels sont les mécanismes opérant pour chaque type sis physical activity on mortality in breast cancer survivors:
de cancer. the health, eating, activity, and lifestyle study. J Clin Oncol
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[13] Jones LW, Demark-Wahnefried W. Diet, exercise, and comple-
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En conclusion, l’AP a un effet préventif indiscutable sur [14] Kirshbaum MN. A review of the benefits of whole body exer-
les cancers du côlon et du sein. Le plus souvent, un effet cise during and after treatment for breast cancer. J Clin Nurs
dose—réponse est observé pour une activité d’intensité 2007;16:104—21.
modérée à élevée, une AP trop intense n’engendrant pas des [15] Kruk J, Aboul-Enein HY. Physical activity in the prevention of
bénéfices plus importants. Après le traitement, une AP adap- cancer. Asian Pac J Cancer Prev 2006;7:11—21.
tée d’intensité faible à modérée diminue significativement [16] Lahmann PH, Friedenreich C, Schuit AJ, Salvini S, Allen NE,
Key TJ, et al. Physical activity and breast cancer risk: the
le risque de récidive du cancer du côlon ou du sein.
European Prospective Investigation into Cancer and Nutrition.
Dans tous les cas, ces données mettent en exergue la Cancer Epidemiol Biomarkers Prev 2007;16:36—42.
nécessité d’un mode de vie associant AP régulière et ali- [17] Larsson SC, Orsini N, Wolk A. Diabetes mellitus and risk
mentation riche en fruits et légumes et pauvre en lipides, of colorectal cancer: a meta-analysis. J Natl Cancer Inst
mais aussi d’une intégration de l’AP dans la démarche de 2005;97:1679—87.
prévention et de prise en charge thérapeutique des sujets [18] Larsson SC, Wolk A. Excess body fatness: an important cause
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