Vous êtes sur la page 1sur 6

Le Figaro (Paris.

1854)

Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France


Le Figaro (Paris. 1854). 23/07/1854.

1/ Les contenus accessibles sur le site Gallica sont pour la plupart des
reproductions numériques d'oeuvres tombées dans le domaine public
provenant des collections de la BnF. Leur réutilisation s'inscrit dans le
cadre de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :
- La réutilisation non commerciale de ces contenus est libre et
gratuite dans le respect de la législation en vigueur et notamment du
maintien de la mention de source.
- La réutilisation commerciale de ces contenus est payante et fait
l'objet d'une licence. Est entendue par réutilisation commerciale la
revente de contenus sous forme de produits élaborés ou de
fourniture de service.

CLIQUER ICI POUR ACCÉDER AUX TARIFS ET À LA LICENCE

2/ Les contenus de Gallica sont la propriété de la BnF au sens de


l'article L.2112-1 du code général de la propriété des personnes
publiques.

3/ Quelques contenus sont soumis à un régime de réutilisation


particulier. Il s'agit :

- des reproductions de documents protégés par un droit d'auteur


appartenant à un tiers. Ces documents ne peuvent être réutilisés,
sauf dans le cadre de la copie privée, sans l'autorisation préalable du
titulaire des droits.
- des reproductions de documents conservés dans les bibliothèques
ou autres institutions partenaires. Ceux-ci sont signalés par la
mention Source gallica.BnF.fr / Bibliothèque municipale de ... (ou
autre partenaire). L'utilisateur est invité à s'informer auprès de ces
bibliothèques de leurs conditions de réutilisation.

4/ Gallica constitue une base de données, dont la BnF est le


producteur, protégée au sens des articles L341-1 et suivants du code
de la propriété intellectuelle.

5/ Les présentes conditions d'utilisation des contenus de Gallica sont


régies par la loi française. En cas de réutilisation prévue dans un autre
pays, il appartient à chaque utilisateur de vérifier la conformité de
son projet avec le droit de ce pays.

6/ L'utilisateur s'engage à respecter les présentes conditions


d'utilisation ainsi que la législation en vigueur, notamment en matière
de propriété intellectuelle. En cas de non respect de ces dispositions,
il est notamment passible d'une amende prévue par la loi du 17 juillet
1978.

7/ Pour obtenir un document de Gallica en haute définition, contacter


utilisationcommerciale@bnf.fr.
JOURNAL NON POLITIQUE

frotter, le tromblou reparaît toujours à la surface des constances présentes la République ne nuise aux fi- Mllc Fix est un talent très-sérieux, qui nous paraît
de sang sur la clef nances espagnoles. appelé à de hautes destinées. En supposant que son
CHRMIQUE. PARISIENNE mœurs espagnoles comme la tachevoisin fait aux Es- Les fêtes du Pronunciamento ont été très spirituel- avancement au sociétariat soit aujourd'hui de la fa-
de Barbe-Bleue. Quand un peuple Mlle Favart
SKldAISB pagnols la galanterie de les attaquer ils sont naturel- lement traduites sur la scène des Variétés, il y a une veur, ce sera bientôt de la justice.
HEVUK DE LA
lement enchantés de faire une partie de tromblon avec douzaine d'années, par MM. Théophile Gautier et nous est moins connue. Je l'ai vue aux Variétés où
l'étranger, mais quand on leur fait la mauvaise farce Siraudin, dans un vaudeville intitulé le Voyage en elle ne semblait pas promettre une sociétaire à la Co-
L'Été. Les Touristes. Une Révolulioii en Espagne. médie française. Mais dans tous les cas je ne me sens
Le Tromblon et le pronun- de les laisser tranquilles, les espagnols sont bien Espagne. M. Laurencin fera bien de reprendre cette
Ses causes philosophiques. pièce à moins que M. Dormeuil, qui possède le nez de pas le courage de discuter une si jolie femme. La
ciamento. Conseils à MM. Laurencin et Dormeuil. obligés de flatter leur manie en famille. De là les in- beauté ne justifie pas tout, mais elle explique beau-
Mme de Lieven. Symptômes de paix. La duchesse et surrections et les révolutions. Hyacinthe, un nez de la création, ne s'en avise avant
la comtesse de Plaisance. Un Procès. Les Théâtres Les voyageurs ont amplement décrit les cérémonies lui. coup de choses.
devant et derrière la toile. Français. La Comédie à usitées en Espagne lorsque vient la saison du trom- Madame de Lieven vient de renouveler bail pour Une haute sollicitude continue à veiller sur la Co-
Fernay. Deux sociétaires. M)le Fix. Mlle Favart. son hôtel de la rue Saint-Florentin,et comme on ne médie française. On dit que M. Alexandre Dumas
blon. D'abord on accorde les guitares et on va sous les fils a été expressément invité à donner au Théâtre-
Les ordres de début: Fusion de l'Opéra-Comique et du fenêtres des alcades chanter les délices du Pronuncia- doit pas de ménagements aux ennemis de la France,
Théàlre-Lyrique. Appréciation de cette combinaison, M. de Rotschild, le propriétaire, a augmenté sa loca- Français, une pièce en 5 actes, qu'il élaborait en vue
Les jeunes et les vieux auteurs. M. Séveste.– M. Perrin. mento. Le Pronunciamento est une façon d'invita-
tion au tromblon que l'on adresse de ville en ville. Les tion de deux mille francs. Je compte sur votre in- du Gymnase. On parle de restaurer les ordres de
Les chanteurs. Gymnase. Les Cœurs d'or. débuts et d'insérer dans tous les nouveaux privilèges
MM. Lafontainc. Geoffroy. Dupuis. MUc Teissen-e. alcades et les autorités civiles et militaires se montrent telligence pour deviner en quoi ceci est une nouvelle.
M"e Lauvenlinc. Palais-Royal, la Mort de Pompée. généralement très-empressés à s'associer aux fêtes du Mmc de Lieven passe pour être dans le secret des une servitude qui obligerait les privilégiés à livrer
Pronunciamento. Quelques fonctionnaires feignent de Dieux et des Empereurs et on tire des conclusions pa- leurs comédiens à la première sommation. Dans la
résister afin d'ajouter aux chances du tromblon. cifiques d'un épisode qui n'a problablement pas une si pratique il est bien sous-entendu qu'une pareille me-
L'été vient de se prononcer enfin avec quelqu'é- Il n'y a pas pour les pronunciamentos d'époque fixe haute portée. sure ne pourra s'appliquer qu'avec certains ménage-
et périodique. Ces fêtes s'improvisent en raison de J'ai reçu quelques réclamations à propos de la du- ments pour les intérêts des théâtres purement indus-
nergie, et comme toutes les malles étaient faites de- chesse de Plaisance dont j'ai annoncé la mort dans ma triels. Mais la grande affaire du jour, c'est la réunion
puis deux mois, les touristes n'ont eu qu'à courir au certains prétextes qui tiennent à la situation du pays, du Théâtre-Lyrique h l'Opéra-Comique,
et les prétextes ne manquent jamais. On a d'abord précédente chronique. Cette fois les réclamants sont
chemin de fer pour se mettre en campagne. La dé- dans leur tort ils ont confondu la duchesse avec sa En présence des récriminations dont cette mesure
sertion commençait à jeter quelque langueur dans la les fueros, inépuisable mine de pronunciamentos. Les
fueros c'est la richesse du pays au point de vue du belle-sœur, la belle et blonde comtesse de Plaisance, est déjà l'objet, j'éprouve une certaine confusion à
causerie parisienne, lorsque, fort à propos, il nous disparue depuis une douzaine d'années de la société avouer que cette combinaison me paraît tout simple-
arriva d'Espagne une révolution pour charmer la tromblon. C'est ce qu'on peut appeler du pain sur la
planche. parisienne et fixée longtemps au lac deCôme, où au- ment la meilleure possible. Il est vrai que je ne suis
conversation. jourd'hui on demande de ses nouvelles. pas de ceux que le monopole scandalise et que le casucl
Les causes secondaires et accidentelles du mouve- Pour ménager les fueros on s'en prend quand on
ment qui se manifeste en Espagne sont bien connues peut à des prétextes transitoires,-la Constitution,- La duchesse qui vient de mourir à Athènes était la ne me déplaît pas du moment qu'il est exercé par un
et elles ne sont pas de notre domaine. Il y a d'autres l'enbompoint de la reine-mère, -la
laideur du pre- fille de M. de Barbé-Marbois. Il y a une vingtaine homme d'une intelligence supérieure et éprouvée,
en d'autres termes, j'aimerais mieux voir trois ou
causes plus générales qui tiennent à la matière des mier ministre, -la
jolie tournure du roi de Portugal, d'années elle avait quitté la France" pour voyager en
Orient avec a. fille, morte depuis dix ans environ. quatre théâtres de Paris entre les mains d'un homme
choses et que nous devons signaler aux esprits super- la maladie des cigarettes, etc. Il se confirme que la duchesse avait embrassé le ju- capable, que chacun de ces théâtres entre les mains
ficiels. Une fois les pronunciamentos terminés on brise les d'un imbécile.
guitares, on suspend toute relation de société de com- daïsme et ce qui est certain, c'est qu'elle a laissé toute
On a voulu faire des Espagnols un peuple constitu- Il semble à entendre certaines gens que les théâtres
tionnel et boutiquier, habile à la harangue, lisant des merce et d'industrie. Toute la population virile se sa fortune à un vieux juif. M. le duc de Valmy,
cousin de la duchesse par sa mère, qui était une Barbé- aient été inventés pour une classe speciale, celle qui
Il journaux, écoutant des vaudevilles, construisant des rend dans la montagne avec le tromblon.- Chaque
Marbois, se dispose à plaider pour faire casser le tes- monte par l'escalier des artistes. C'est une erreur.
chemins de fer, et appliqué aux prosaïques spécula- province a des bannières et des devises différentes
dont la variété produit un ravissant coup-d'œil. Les tament. Les théâtres sont faits avant tout pour le public et
tions de l'industrie. On y a réussi dans une certaine la Les théâtres ont beaucoup occupé Paris, cette se- en ce qui concerne la musique, je ne vois rien de
mesure, mais comme la nature ne perd jamais ses uns tiennent pour la reine-mère, les autres pour maine, par devant et par derrièrela toile. mieux que de pouvoir transporter un beau jour
droits, le peuple espagnol éprouve tous les dix ans le reine-fille, ceux-ci pour un caporal de leur régi- l'Étoile du Nord, par exemple, sur le boulevard du
besoin violent de fermer boutique et d'aller se pro- ment, ceux-là pour le roi de Portugal. Cette an- Le Théâtre-Français a d'abord donné un petit acte
née quelques fantaisistes ont pris le tromblon pour la de MM. Lurine et Albéric Second, la Coméolie à Temple, tandis que le Bijou perdu viendrait faire ses
mener dans la montagne un tromblon sur l'épaule et prouesses de vocalises sur le boulevard des Italiens.
Le tromblon en Es- république. Ceci est un vilain jeu qui devrait être Fcrnay, que l'on dit très-gaillardement spirituel.
un chapeau pointu sur la tête. national, défendu; il est permis de s'amuser maison ne doit pas D'autre part il a reçu deux sociétaires, Mlles Fix et Mais les jeunes auteurs et les jeunes compositeurs
pagne est la base du caractère comme l'o-
s'exterminer. Je crains d'ailleurs que dans les cir- Favart. que vont-ils devenir ?`?
gnon cru estla.base de la cuisine. Vous aurez beau

L'Araignéo de Bourse, longue chevelure en filasse, à l'air gauche et effaré. Présen-


Feuilleton de FIGARO du 23 Juillet 1834. ce chemin-là avec celui de Bordeaux à Cette, et comme c'est tez-vous demain matin chez lui pour lui parler d'achat ou de
pas positivement la même route, ça fait baisser. vente, il vous recevra dans sa salle à manger, et causera
M»10 Pochet. Qui vous a dit ça.
un petit grêlé qui a un Disons quelques mots du spéculateur-araignée, autrement
gilet en tartan de cachemire. dit araignée de Bourse. avec vous tout en déjeunant.
Tapi daus sa toile, il reste des mois, quelquefois des an- Me conseillez-vous d'acheter de la rente, comment va-
M'»e Pipelet. Ah! Castorine. faut l'écouter, y m'a déjà t-elle ?
mis dedans pour ma Vieille-Montagne, y .m'a dit qu'on allait nées entières, sans donner signe de vie, sans faire le moin- fait ses grosses dents.
.L.ES.BQJJ.RSIÇOTIÈRES la rajeunir au moyen d'une opération dont qu'était M. Rots- dre mouvement; mais que forage gronde, que les ténèbres -Coussi, coussi, elle
child j'ai pris des actions, et y a évuseulementunebaisse de la baisse se répandent sur la Bourse, que la panique règne, En vous répondant ainsi, il prendra son pain rôti pour la
de 5 francs. Plus souvent que j'croirai encore à Castorine. aussitôt on voit le spéculateur-araignée sortir de son trou et théière, et l'era des tartines de beurre sur la manche de sa re-
Regardezlà-bas sous ces arbres devant la Bourse, vous ap- dingote.
qui s'intitulent femmes Mme Pochet. Qu'est-ce que vous faites depuis vingt jours, se précipiter sur les meilleures valeurs et les entrainer avec
percevrez un groupe d'êtres animésjupon m'ame Gibou ?P ses longues pattes.
Qu'un ami entre et lui demande des nouvelles de sa femme,
parce qu'elles portent un tartan, un et un cabas. Ces
M"'e Gibou. J'haricote, j'haricote, j'ai gagné 800 francs Le spéculateur dont je parle attend pour acheter juste le il s'empressera de répondre « Très-ferme et très-deman-
femmes donc cherchent à se rapprocher de la grille qui en-
ta- depuis lundi, et j'en aurais gagné bien davantage si je n'é- moment où la baisse a atteint ses limites les plus extrêmes,
dée. »
il v a dans ce groupe
toure la Bourse revendeuses des maîtresses de
tais pas sortie des lits militaires pour entrer dans le Gua- ici la Bourse doit rendre l'àme ou bien entrer dans une crise Vous lui parlez de la rente, il s'imagine qu'il est question
ble d'hôte, des à la toilette des portières, des de sa petite fille vous vous informez de la rente, il croit que
dalquivir, une grande mine qu'on disait qu'elle était pleine favorable; il a foi dans le tempérament du malade, il achète
gardes malades, des ouvreuses de loges, etc., etc. Ce sont de charbon, cependant. donc. Le lendemain, en effet, l'amélioration se déclare, la vous lui demandez des nouvelles de sa femme le Ménalque
des boursicotières..
Saint-Phah accourant avec la figure bouleversée. santé et la hausse reviennent peu à peu, le spéculateur se de La Bruyère n'est rien auprès de lui. C'est le distrait par
Voilà Filoselle et Réséda; deux de mes anciens confrères de M"10
tient coi après avoir vendu, et attend tranquillement qu'un
excellence. Ses distractions ne l'empêchent pas cependant
la petite coulisse viennent prendre les ordres de ces dames. Mesdames, mesdames vous ne savez pas la nouvelle?
7
d'avoir une des plus brillantes clieulèlles de la Bourse.
Je les reconnais bien toutes en effet. Voila Miue Pipelet, M™ M"ie Pipelet. Ciel de Dieu! est-ce que le quatre ne s'rait nouvel accès de panique se présente.
plus que du deux et demi? J'ai donné à tous ces gens-là le nom de spéculateurs,c'est
Saint-Phar M'»e Pochet, M'"c Gibou et les autres. J'ai sténo- bien plutôt joueurs qu'il faudrait dire; la Bourse, en effet, est Conseils suprômes.
graphié autrefois la conversation de ces dames je te ollrc, M!ue Saixt-Phau. On dit que toutes les valeurs baissent,
baissent que ça fait frémir la nature et les agents de change. le plus ardent, le plus fiévreux, le plus émouvant de tous les
ami lecteur. il y a là, si je ne me trompe, le sujet d un joli
proverbe..
Pipelet, criant
Mmc au coulissicr qmmonle l escalier de la
Vendez
jfme
vendez vendez
gibou. Quoi vendre? vendre? vendre?
jeux; il a les charmes du hasard et ceux de la pensée, il dure
en se renouvelant, il est plein d'imprévu et de péripéties
c'est un drame à cent mille personnages qui a l'Europe et
J'ai trouvé l'autre jour dans la rue une lettre qui me servira
de conclusion. Cette lettre était ainsi conçue
Paris, '20 mai 884.
Bourse M'sieu Filoselle m'sieu Filoselle achetez -moi deux M"10 Saixt-Phar. Tout tout tout
M"10 Réséda descendant les marches quatre à quatre et quelquefois le monde pour théâtre; il touche à la politique, chère amie,
H^tz1}^. « Ma
venant se coller contre la grille. Mesdames, mesdames, au hasard, à la fortune, à l'adresse, à tout. Aussi comment
Mmc
Et rfil'.1!1 Strasbourg.
Pochet.
remettez-vous,- c'était une panique, une simple panique. s'étonner qu'une fois assis à ce tapis vert on ne le quitte qu'à « Dans ta dernière lettre tu me félicitais sur mon prochain
M.«FiwS"m»i/ «» CZML& sa poche et avec Aine la mort, et qu'après y avoir fait et défait trois ou quatre fois mariage. Aujourd'hui il est définitivement rompu.
voix de bosse-taille qui s'apprête à Xl^r une demt-tam Les chemins sontenbonnevoie on recherche les Guadalqui-
vir, on se dispute les nord les lits militaires valent leurpe- sa fortune et son honneur, on soit disposé encore a jeter sur « Mon père possède pour toute fortune 100,000 francs,
ait café de la Rotonde. Bôôôôn santd'or, tout monte. la table ces deux terribles enjeux. fruit de toute une vie de travail et d'économie. Il m'en don
M"10 Gmou. Vous ne savez pas la nouvelle ? nait la moitié.
Mme p,pELET. Non, quoi qui g'na.
Mine Pipelet. Jeune marron vos paroles sont un baume
Nos fonds sont placés sur les chemins; de fer; pour se
Mme Gibou. Eh bien il parait que les nord sont
baisse pour mon cœur je vous invite, en réjouissance de cette
bonne nouvelle, à venir prendre avec ces dames une prune à
Ménalque au parquot. «
procurer l'argent de ma dot, mon père serait obligé de
de 10 francs, par suite du bruit qui court qu'on va?n<»rc l'eau-de-vie %est moi qui régale; àtrois heures un quart, Arrêtons-nous un moment devant ce gros bonhomme ( l'em- vendre ses actions pour la moitié de ce qu'elles lui ont coûté.
rendez-vous au Lingot d'or. bonpoint est commun chez MM. les agents de change), à la Il serait ruiné.
1 Chez Taride, éditeur, galeries de VOdéon.
On n'imagine pas combien de sottises se débitent à Chaîne, de
C Diane de £ys, de Qu'en dira le monde? Mais la les plus braves, et le tout finissait par des disputes, des gros
PARIS INCONNU mots, des jurons, quelquefois des horions échangés en l'hon-
l'endroit des ,jeunes auteurs et des jeunes composi- ppièce est traitée très-littérairement quoique un peu neur d'un des corps de la grande armée.
teurs §courtée à certains endroits qui comporteraient des
elle est d'ailleurs très-spirituelle Villa des Chiffonuiers Tout est bien change maintenant les vieux ont suivi leur
Combien de fois faudra-t-il le répéter? Il n'y a ni diéveloppements La mère Marré, ancien au tribunal suprême. C'est à peine si par ci parla on
Les veillées du
jeunes. ni vieux auteurs,- il y a des auteurs qui ont ddans les détails et elle a obtenu un véritable succès crochet et de la hotte. Souvenirs de l'Empire. y rencontre encore quelques débris de notre gloire. La mère
Physio-
du talent et des auteurs qui n'en ont pas. dd'émotion surtout parmi les personnes du sexe nomie du père Moscou. Ses mœurs. Sa gaîté. -Son
Marré a pris le gouvernementde la maison, et tout n'en mar-
Il y a de vieux auteurs comme MM. Scribe et Auber, vvengé. crédit. Les traditions du restaurant Passoir ou un bon che que mieux. Elle a lavictoire en horreur, les succès, les
à qui chaque printemps apporte une nouvelle mo:s- M. Lafontaine a mis au service de la pièce les exemple à suivre. La barrière de la Chopinetle. Français, les guerriers, les lauriers lui donnent des nausées.
La
inspiration
son dans leur cerveau fertilisé par cetteauteurs qui,
qualités
q un peu étranges qu'on lui connaît une dis- petite bourse des chiffonniers. Tapis-francs. Elle a tant et tant entendu parler d'Eylau, Wagram, Auster-
Le petit pot
litz, Moscowa,qu'elle raconterait ces grandes pages de l'his-
qui est le secret de Dieu. Il y a de jeunes t
tinction qui n'est pas due uniquement au tailleur gris, le grand Saint-Nicolas et l'abattoir. L'aristocratie de
toire impériale, comme le ferait un écrivain stratégique,bien
certaine ampleur dans la simplicité, et je ne sais la chiffe les chiffonniers de naissance et les parvenus. La
n'étant auteurs que par l'ambition de l'être, suivent une
v
profond et d'âcre qui donne accent parti- giberne et le cachemire d'osier. Système d'éducation du renseigné.
les maîtres à la trace, cherchant l'empreinte de leurs quoi
c de un chiffonnier. La mère Marré a quatre-vingt-cinq ans; c'est une femme
l'espoir de s'en culier à composition; aux prises avec un rôle qui
pas, dérobant à chacun un épi dans (
devient
sa
dur et implacable, je lui sais gré d'avoir com-
de petite taille, replète, alerte, a l'œil fin et narquois, à la voix
faire une couronne, couronne de fleurs, dans leurs (
pris qu'il portait l'idée de la pièce, de n'avoir cherché I
nasillarde, toujours grognonnant, de mauvaise humeur, au
demeurant la meilleure femme du monde, un cœur d'or, un
rêves, couronne d'épines au réveil. ]

Restreignons la question h la mesure qui l'a sou- aucune atténuation à l'imitation de cet acteur dont II existe un fait curieux et qu'il est bon de constater par véritable diamant au milieu d'un faisceau d'épine. Il s'agit de
sont parlait un journal de théâtres, « qui à force de talent ce temps de statifticomanie où nous vivons. La misère hi- savoir la prendre, voilà tout. Elle compatit a toutes les dou-
levée, en composition musicale deux noms intéressant un personnage que l'auteur deuse, sale, crasseuse, fainéante, vicieuse, se cache dans leurs, car elle a tant vu de misères poignantes qu'elle a
sortis de la foule depuis cinq ou six ans, M. Massé et « avait su rendre
avait voulu rendre odieux. les fonds de Paris, dans les humides noires, en- fini, la bonne nature, par sympathiser avec le malheur, comme
M. Duprato, né d'hier,– qui les a reçus? 1 Opera- » bas rues
« d'autres ne sympathisent qu'avec la fortune et le bon-
Maintenant, qu'a produit le Théâtre- M. Geoffroy a donné, à mon sens, la physionomie caissées de la Cité, du faubourg Saint-Marceau, sur les bords tant
Comique. vulg'aire d'un commis marchand à un peintre dela Bièvre, autour de l'Hôtel-de Ville, dans l'enchevêtre- heur.
Lyrique, ce théâtre créé spécialement pour les révé- un peu
joué, du reste, le rôle ment inextricable de petites tortueuses que le marteau La mère Marré est une femme d'une activité incroyable à
lations ? qui n'est pas un rapin; il a rues
avec de l'édilité vient heureusement de faire disparaitre; tandis minuit, on la voit assise dans son vieux fauteuil près de la
la tombe fraîche de M. Sé- cette habileté irréprochable qui, malheureusement, que la misère remuante, honnête, travailleuse, artiste, si nous porte cochère; à trois heures du matin, on la retrouve à son
Je ne veux pas troubler devient un procédé, je n'oublie pas que M. Geoffroy pouvons nous exprimer ainsi, cherche l'air, les plateaux éle- poste, l'mil au guet, surveillant ses nombreux locataires au
veste, un mort d'hier qui n'a pas encore pris sa pos- s'est montré une fois en sa vie un artiste tout à fait vés, les sommets des montagnes qui encaissent la ville, la moment de leur sortie. La case de la mère Marré, car ce n'est
ture pour l'éternité, mais je ne puis lui dissimuler supérieur dans Mercadet. C'est que Balzac, en tail>- montagne Sainte-Geneviève, la butte Saint-Claude, les Deux- ni une chambre, ni une loge, ni un salon, ni une pièce, ni un
qu'on a singulièrement abusé à son profit des licences lant la figure de son agioteur en pleine comédie hu- Moulins sont occupés par les chiffonniers, les ravageurs, les logis, la case donc de Mme Marré est une véritable ménage-
laudatives de l'oraison funèbre. Tant que M. Sé- maine, ne s'était paspréoccupé de tel ou tel interprète; gens qui exercent les mille petites industries de la fantaisie rie, compliquée d'une volière chiens, chats, seins, pinsons,
veste a vécu, j'entendais sur tous les tons la com- l'artiste à tour prises cette physiono- parisienne. Les abords de la place Maubert,les rues du bas- tourterelles, chardonnerets, moineaux francs et friquels, y
« II ne joue que les
son aux avec fonds de l'Hôtel Dieu, les quartiers submergés' du bas de la vivent en parfaite intelligence, y ont signé un traité de paix.
plaints que vous connaissez mie si complexe et si originale a dû s'écarter de ses Depuis la mort de son pauvre Augustin, elle a reporté toutes
vieux, son théâtre estle théâtre de M. Adam, etc. rue Saint-Jacques, sont habites par cette race patibulaire,
qu'il laisse
»
derrière pratiques ordinaires, dépouiller sa nature propre, se hâve, sombre, rachitique, qui fait ta désolation de toute capi- ses affections sur ses pauvres petites bêtes qui, du moins, ne
M. Séveste mort, il semblerait décomposer pour ainsi dire dans le moule que lui tale, et qu'on est convenu d'appeler, nous ne savons pour- se soûlent pas et ne font pas enrager maîtresse.
lui une pépinière de Rossini. Il n'en est rien. M. Sé-
présentait le grand écrivain pour en sortir transfi- quoi, les bons pauvres. Autant le chiffonnier est gai, gouail-
veste a fait strictement ce qu'il devait faire dans l'in- Mais un artiste ne rencontre pas tous les leur, chanteur, insouciant, autant le bon pauvre est triste, III
devoir. guré.
térêt bien combiné de sa fortune et de son jours une pareille fortune. La plupart des auteurs désolé, morose, ennuyeux. L'un boit, rit, plaisante, se porte
Dans l'intérêt de sa fortune il a recherché les noms qui écrivent en vue d'un acteur ont soin de distribuer bien, se donne des airs casseurs l'autre se fait petit, parle Le père Moscou
déjà consacrés par le succès, pour satisfaire aux dans son rôle certains effets correspondant à certains bas, est cagot, ivrogne en cachette, malingre, hypocrite. Le Il se passe les scènes les plus curieuses dans le bouge de
exigences de son privilège, ilaMt exécuter, à l'heure tics de sa nature, tout est prévu et calculé, les éyor peuple, qui est bon juge, dit du chiffonnier c'est un bon la mère Marré elle est toujours en dispute avec ses locataires
zig; peut faire ce qu'il veut de son argent, il lui coûte as- pour leur faire paver leur loyer, qu'ils acquittent par petits à
du potage, par deux ou trois chanteurs des Champs- lution de son corps, comme les intentions de sa voix cher à gagner. De l'autre, il vous dira c'est un faigiiant, comptes. Le père Moscou surtout lui donne un mal de galère.
Élysées, avec accompagnementde clarinettes, quelques il résulte pour l'acteur un succès facile mais sez
il ne se remue pas. Ne pas se remuer c'est le nec plus ultra
dont le nomm'aété révélé sur la en Le père Moscou est le vieil enfant gâté de la mère Marré. Il
jeunes compositeurs aussi un succès perfide car ne il s'aperçoit pas qu'on de la fainéantise, car le contraire peut se traduire par cette était l'intime de son pauvre défunt, aussi, malgré toutes ses
tombe de M. Séveste. Décomposez les affiches de
combien de l'use en reproduisant devant le public une figure déjà maxime de Lafontaine frasques, l'aime-t-elle toujours. Dès deux heures et demie,
M. Séveste et vous verrez sur 365 jours tirée à plusieurs centaines d'exemplaires. C'est par on entend la voix du vieux soldat chiffonnier fredonnant de
compositeurs Travaillez. prenez de la peine,
représentations reviennent aux jeunes
ce procédé qu'on a tué Bouffé et qu'on en tuera bien C'est le fond qui ^manque le moins: toute la force de ses poumons d'acier
et combien aux anciens. d'autres, si on n'y prend garde. s'il Si vous passez sur la place Vendôme,
Maintenant le théâtre Lyrique est toujours sur le En effet, est ouvrier qui donne du mal, qui re-
Perrin M. Dupuis a un rôle très-court, mais au Gymnase c'est bien le
un
chiffonnier il
se
fait tout qu'il peut
se N'oubliez pas le grand vainqueur des rois.
boulevard du Temple, à sa place; M. ne va
on ne compte pas les lignes, on les pèse; deux ou trois mue, honorablement vie le travail,
ce
tandis
pour
l'autre, Il est fièrement campé sur sa jambe nerveuse, le bonnet de
pas l'amortir, il va au contraire l'exploiter;- à défaut gagner sa par que
scènes importantes d'ailleurs parce qu'elles entraî- confiant en la charité publique, laisse doucement couler sa police crânement pose sur- l'oreille, il porte sa hotte en vrai
de M. Auber qui ne travaille plus, de M. Halévy péripéties, ont suffi à M. Dupuis pour com- vie, attendant nonchalamment les dons du bureau de l'ad- troupier fini, comme jadis il portait son sac de soldat, il
nent à des
qui travaille lentement et qui d'ailleurs sera ab- poser une physionomie chevaleresque qui sauve un ministration de l'assistance intrépide au repos, il fait des ef- semble manier uue poignée d'épée en faisantvoltiger son cro-
sorbé par sa pièce de l'Opéra-Comique, il faudra
peu l'honneur du sexe masculin dans cette terrible forts inouïs pour se rendre completement inutile. chet entre ses doigts. Malgré ses soixante-dix ans, il a con-
bien a M. Perrin des compositeurs or il y a ceci de pièce. Nous avons eu souvent occasion, pour nos études particu- servé son allure militaire, ses airs de grognard troubadour et
remarquable qu'en présence de sa double responsabi- Tesseire est comédienne qui bien de lières et pour des missions que nous confiaientdes personnes son aplomb de vainqueur de l'Europe coalisée.
M"a une a eu La mère Marré l'arrête au passage
lité, M. Perrin est le seul directeur qui au théâtre la peine à se décider à jouer la comédie au Vande- qu'enferme charitables, de voir de près toutes les classes nécessiteuses
Paris, et, nous ne pouvons nous le dissimuler, Ah le beau chanteur, et mes dix sols, quand me les
Lyrique ait intérêt à découvrir des vocations et des ville elle trouvait les maillots trop clairs, au Palais- sentons propension toute particulière pour le donneras-tu, mes dix sols, vieux sac-à-vin ça ne peut pas
acteurs nouveaux. Tout autre que lui dirig-eant ce il lui a paru que le dialogue manquait de feuiles
nous nous une
s'il cher- Royal chiffonnier. C'est là, en effet, que nous avons rencontré le durer comme ça, je ne paie pas les impôts avec des sornet-
théâtre serait traitre à sa propre fortune ne de vignes on se rappelle les procès et l'intervention de plus de probité, de courage, de volonté, de philosophie. Nous tes, et le propriétaire» avec des chansons, moi. Il me faut
chait à y attirer les vieux compositeurs. Seul Veuillot prenant parti cette vierge cltrétienne y avons trouvé des types uniques, des caractères a part, qui de l'argent à moi ah mais, ou pas de clef.
M. pour Allons,
M. Perrin est forcément amené à réserver les grands aux prises avec les tendances couleur de chair de semblent avoir adopte instinctivement pour devise ce pré- vieille, pas de mots inutiles, il y aura
-a à la saint
noms pour l'Opêra-Comique en ouvrant sa seconde M. Thibeaudeau. cepte d'Horace Sperat infestis, metuit secundis bene prwpa- Marengo quarante ans que tu me dis la même chose, et je suis
scène aux débutants. je figurais voir ralum peclus. toujours ici. Que ferais-tu sans ton petit Moscou, ton ami,
D'après ces antécédents me une
Je me doute bien qu'en dehors des auteurs il y a actrice sortant du couvent des Oiseaux, rougissant à seul, il aime laGénéralement, le chiffonnier vit par bande; il n'est jamais ton chéri
s'effrayer de voir les société, parce qu'il est causeur, parleur, con- C'est bon, c'est bon je ne me contente plus de belles
encore les chanteurs qui doivent déclaration d'amour et refusant d'achever la ter- paroles, moi il me faut des espèces.
deux théâtres lyriques dans les uïams du même une teur. Dès que l'un d'eux a découvert une maison ou un
pièce au premier baiser. C'est tout au contraire une rain à louer, tous les autres le viennent visiter et finissent Cependant.
directeur. Cette fusionne permettra plus aux artis- gaillarde qui galoppe .en chantant sa chanson dans les bientôt par former une colonie, un clan, une grande famille, Il m'en faut.
tes de faire chanter le directeur au lieu de chanter sentiers de M"e Déjazet. Elle a très-bien réussi-, cette une espece de société de secours, ou ils s'aident généreuse- -Je n'en ai pas la vieille. crème des bonne femmes.
eux-mêmes. Ici je me borne à exprimer un vœu, demoiselle Teisseire; mais je crains que ses qualités, ment, quand viennent les mauvais jours. C'est ce qui est ar- Déclare-moi en faillite, fais-moi faire banqueroute, dés-
c'est que M. Perrin puisse élever et maintenir à un non moins que ses défauts, ne puissent s'acclimater rivé pour la maison de la mère Marré. honores ton vieil ami, cloue son nom au pilori, envoie-le à
Clichy pour dix sols qu'il te doit après quarante ans de loca-
chiffre honorable la moyenne des appointements. Gymnase. tion. Mais, je te l'ai payée ta barraque; allons, ouvre, et ne fais
Quant aux artistes qui gagnent quarante mille francs auM"e Laurentine, toujours jolie, est quelque peu ma- II
pas de peine à celui qui a l'honneur d'être ton très -humble
par an et veulent gagner le double, j'avoue je
que suis niérée dans les scènes de comédie. Quand vient le et très-obéissant serviteur, Antoine-Joseph Dalland dit Mos-
il leur La mère Marré
peu ému de leur déconvenue d'ailleurs drame, elle reprend tous ses avantages. Au 3" acte, cou la Bravoure.
reste l'étranger, qui est généreux. elle a eu quelques beaux cris bien déchirés et elle a A l'extrémité de la rue Grange-aux-Belles, sur la colline Il profite du moment où la mère Marré a le dos tourné, il al
été fort applaudie. qui domine le canal Saint-Martin,l'hôpital Saint-Louis, à deux longe te bras, tire le cordon et sort en chantant La victoire
Au Gymnase, MM. Laya et Prémaray nous ont pas de nos splendides boulevards, au milieu des riches usines est a nous, zim, boum, boum. La pauvre vieille le regarda
donné les Cœurs d'or. A rencontre de la fameuse Il me reste à vous parler de la Mort de Pompée, au
des faubourgs du Temple et Saint-Martin; au centre du quar- s'éloigner et dit
Palais-Royal. A ma place, un critique du grand for-
pièce du Vaudeville, les cœurs d'or sont ici des cœurs mat raconter à cette tier le plus peuplé et le plus travailleur de Paris, s'élève une Cet être-là fait de moi tout ce qu'il veut.
de femmes. Les cœurs de marbre sont des cœurs ne manquerait pas de vous oc- grande bâtisse blanche de quatre étages ayant toutes les ap- En effet, le père Moscou est le seul débiteur de la maison 1
d'hommes. Dans la donnée de M. Barrière, une cour- casion une forte partie de l'histoire romaine. Rassu- parences, mais, hélas rien que les apparences du comfort. personne n'oserait faire attendre sa semaine à la mère Marré,
une hasard, de toute la vitesse rez-vous, et même, tenez, je veux faire une galan- Son aspect est même, il faut le dire, guilleret et fort plaisant. car elle loue indifféremment à la semaine, au jour, au mois ou
tisane, fille du passe et à l'administrationet je ne vous En un mot, c'est une maison de celles qu'on nomme conve- au terme et il y a des gens qui y sont logés au jour depuis
de son coupé le de son amant. Marco terie aux auteurs
sur corps raconterai même pas la pièce du Palais-Royal. nables. C'est la demeure de la mère Marré. vingt ans et plus. Maischez le père Moscou, c'est un principe,
déserte les amours chastes et sincères pour un peu La mère Marré! Thaï is the question laisse toujours une petite queue chez tous ses fournisseurs
d'or, un peu -de dentelles et quelques diamants. M. Victor Massé écrit en ce moment un ouvrage Feu M. Marré, car il y a cinq ou six ans que ce digne ci- pour, dit-il, avoir ces gens qui le regretteront et penseront à
Honte à Marco, n'est-ce pas ? Attendez voici l'Opéra-Comique. La pièce aura pour titre toyen est parti pour rendre ses comptes au juge éternel, étaitt lui après sa mort.
destiné à
des hommes bien nés et bien élevés qui répudient la Miss Fauvette. C'est la table dramatisée du Savetier et un ancien militaire, un vieux de la vieille, un vrai dur à cuire. Sa journée commence à trois heures du matin il
foi de' leur jeunesse, qui immolent la femme qui du Financier. Il avait attiré autour de lui tous les débris de la vieille armée fouille de droite et de gauche tous les tas d'ordures sur son
leur a donné sa vie, au devoir, à l'opinion, –à Miss Fauvette, bien entendu, chante du soir au barrières, qui exerçaient à Paris les petites professions des abords des> passage, jusqu'à ce qu'il arrive à sa rue, aux bons tas qui lui
la considération du monde, a leur position so- matin; son nom l'indique et son emploi l'exige Un miques, detels que marchands de gâteaux, d'allumettes chi- sont réservés, car Moscou étant connu pour sa probité, a ses
radis noirs, de cahiers de chansons, de lacets, clients et ses maisons. Les portiers lui gardent les paniers
ciale. Les mots sont plus
plus avouables et surtout bien mieux
pompeux, les
acceptés
prétextes
par la i
original, un Anglais, une espèce de Midas britannique, fils et aiguilles. Sa maison avait l'air d'une succursale de la des bonnes à condition qu'il jettera tous les détritus à la
et devant Dieu, lui offre de l'argent pour se taire. caserne des vétérans. On n'v parlait que de guerres, de ba- borne avant le passage des boueux de la salubrité et avant
société, mais, devant la conscience Repoussé à chaque tentative du même genre, notre tailles, de marches forcées, de redoutes emportées, de batte- l'arrivée des lanciers du préfet de police, c'est ainsi qu'il
le crime n'est-il pas le même ? Anglais a l'idée ingénieuse de lui offrir un mari. ries enlevées, de canons cncloucs. Les soirées du coin du feui noiiiine les balayeurs embrigadés. En quelques minutes, il a
Telle est l'idée philosophique que les deux, peut- Miss Fauvette ne chante plus. y étaient des veillées d'armes, Assis autour du poêle de lai visité tous ces paniers, supputé la valeur de chaque objet,
être les trois auteurs, ont dégagée de leur scénario. Auguste Villemot.'
i
chambre, plus d'un commensal s'y croyait au bivouac de la os, papiers, chiffons, tessons, tout lui sert, tout lui est bon. A
Bérézina ou de Leipzig. On y jugeait les généraux, les maré- huit heures, sa notice pleine, il va au faubourg du Templa
Sans doute les éléments qu'ils ont mis en œuvre ne chaux, les brigades et les régiments. Chacuiravait servi avecï prendre son rang à la queue du restaurant Passoir.
sont pas inédits. On y retrouve des aspects de une

blier les auteurs des Mémoires de Bilboquet Sous le Acette époque, voir sur le rempart était l'affaire impor-
Je resterai donc fille en attendantque nos actions revien-
amie, que
*_ Pensées, Maximes et Aphorismes
titre générique des Petits Paris, l'illustre Saltimban- portante, à ce que nous apprend du moins un récent et spi-
nent au taux de l'achat. il faut convenir, chèretriste
«
Méfiez- vous des gens ordinairement bien informés. que se promet de passer en revue la foule des origi- rituel volume, plein d'actualités« Paris démoli. » Avant ce
surtout pour nous autres pauvres femmes c'est un la hausse
temps
Si tous les boursiers se ruinaient la Bourse serait vide. livre, le Chevalier dans un proverbe de Carmontel, la Mai-
que celui où le bonheur des familles dépend de L'homme sage n'est jamais actionnaire.
naux qui composent la grande famille parisienne il son du boulevard, nous avait dit « Je trouve le rempart
ou de la baisse. Celui qui est convaincu que deux et deux font quatre ne
veut bien donner chaque semaine à Ugaro la pri- charmant on n'a pas besoin de sortir pour voir tout Paris
doit jamais mettre les pieds à la Bourse. meur de ses livraisons humoristiques et lui permettre il vient passer chaquejour sous vos fenêtres. L'idée de
»
Je t'embrasse. d'y butiner à sa guise. C'est donc une série piquante
«
« Rosé R. »
-L'opinion politique est une corde au cou du joueur.
Jeu de Bourse, chasse à l'affût. d'articles inédits que nous allons publier, puisque
Crozat avait été contagieuse et de riches habitations n'a-
vaient pas tardé à sortir de terre pour border, de ce côté-ci
A laBourse, c'est l'argent qui a raison. Figaro paraît 24 heures avant le petit livre dont il du moins, le nouveau boulevard. De la rue Richelieu au
donnera des extraits. Nous espérons que cette publi- point où finit de nos jours la rue Louis-le-Grand, se trou-
Ne jamais croire aux fusions.


1
Pères prudents, méditez cette lettre, et suivez le proverbe vaient ainsi côte à côte le splendide hôtel Crozat, étendant
qui défend de mettre tous les œufs dans le même panier; Fusion annoncée, fusion escomptée. cité sera doublement profitable à nos lecteurs d'a-
gens de fortune médiocre, c'est à vous que cet exemple Être avec les gros bataillons. bord qui trouveront dans les Petits Paris de piquantes son domaine jusqu'à la rue de Grammont l'hôtel de Tres-
s'adresse; ayez quelques actions, je le veux bien, mais gar- Croire à la hausse. mes, les jardins du petit hôtel de Conti sur lesquels, baptisée
Ne soyez jamais l'ami d'un agent de change.
anecdotes au livre lui-même que chacun voudra par un prévôt des marchands, s'ouvrit plus tard la rue de la
dez-vous bien de convertir votre modeste héritage, ou votre lire en entier après en avoir parcouru des fragments. Michodière enfin la demeure splendide du maréchal duc de
petit magot en valeurs industrielles. Les valeurs industrielles sont une excellente valeur pour
les gens qui n'ont pas besoin d'argent. Richelieu.
Mes exhortations seront-elles écoutées? J'en doute fort; H. de Villemessant,
Si désireux cependant' que fût le maréchal d'avoir un pi-
Si le crédit mobilier n'existait pas il faudrait l'inventer,

.•,
la Bourse attire aujourd'hui toutes les convoitises ma por-
tière a placé ses économies dans le chemin du Nord; le ba- On n'a pas encore élevé de statue à l'homme de génie gnon sur ce qu on nommait alors le Boulevard-Neuf et,
ses ancêtres qui a créé la liquidationdu 15. Cette idée a sauvé la Bourse, pour perspective, la route champêtre qui conduisait aux
ron qui habite le premier a vendu les terres deeoulissier, Dis-moi sur quoi tu joues, je te dirai qui tu es. Porcherons, il dut faire une halte dans ses désirs. Vaine-
pour acheter de l'Orléans au second habitecinquième
un au
Peut-on fermer la Bourse? Pourquoi pas. LE PAVILLON DE HANOVRE ment il avait quitté son antique résidence de la place Royale
quatrième un quart d'agent de change, au un in- vainement il avait acheté du duc d'Antin (dont le nom de-
termédiaire, au sixième,dans la mansarde à côté de la mienne, -Sion doublait tout à coup le nombre des agents de change, vait demeurer à ce quartier) un immense hôtel que le duc
habite une petite couturière qui travaille et chante du matin qu'arriverait-il?
-On se demande toujours: Que deviennent les vieux agents lecteur veut bien se rajeunir d'un siècle et demi, et se de Toulouse avait possédé, le duc de Richelieu était f-neore
jusqu'au soir celle-là du moins, me disais-je, ne songe pas Si le
éloigné du rempart où s'étalaient les façades et les jardins
à la Bourse. Hier, comme je venais de rentrer, j'ai entendu de change? reporter, avec moi, à 1101 ,nous trouverons que le boulevard
un timide toc toc à ma porte. -La
A la Bourse, un saint-simonien vaut deux juifs.
Bourse rend ce service à l'humanité, de prouver au-
des Italiens était ce qu'on appelait alors te rempart, la dé-
fense de la ville qui, devenue grande fille, étouffait déjà dans
de voisins plus heureux.
Mais une conquête amène une ,<x»!|ùêie nouvelle, *»_,
et à «..«.
Qui est là ? ai-je demandé. `
l'aide des contributions'.I!;X¡' sm>'ie
Içyj'g Riclupays de "Hanovre
thentiquement qu'il faut se défier de ses bons sentiments. ses langes et demandait un peu d'espace. Vers cevéritabletemps, tien-
C'est moi, voisin, m'a répondu une voix douce et
je venais vous demander.
fraîche,
Si la femme pouvait entrer à la Bourse, elle serait l'é- un traitant riche et audacieux, Crozat, vint bâtir un
(~
g~uerrcded:t'iii
dant la guerre à Wil, lieu.
Richelieu, :7ue
scs ao~dats
que ses
avaient surnimim' le petit Père la- Maraude, » fit ajouter
soldats J
Du feu, sans doute, voici ma chandelle. gale de l'homme. palais à la hauteur des rues Saint-Marc et Feydeau, entre
lu porte Richelieu qu'on venait de démolir à cet endroit, et à son hôtel, m côte du boulevard, un beau pavillon demi-
Non pas du feu, j'en ai, mais ce qu'a fait le Crédit mo- circulaire iiquel la malignité publique donna le nom de
bilier. les boulevards reculés jusques à la place ou ils sont aujour-
d'hui puis, par une pente douce, Crozat fit monter la ter- parUloii% Hanovre, appellationque le <iuc adopta lui-même
La grisette elle-même ne croit plus la Caisse d'épargnes; pour témoigner sans doute de son mépris pour l'opinion. Le
oilà où en est la société. L'article qu'on vient de lire est tiré d'un petit livre rasse de son jardin de manière à dominer le rempart, la cam- martial, qui était ainsi parvenu à l'aire prendre jour sur le
hebdomadaire sur le point de paraitre, et que vont pu- pagne et le jeu de boule extra-muros de la Grange-Batelière.
C'est encore là une coutume toute parisienne, qui malheu- une nichée d'oiseaux aux premiers jours du printemps, en ration instantanée du choc des situations musicales, qu'elle avait reçu comme un bienfait et honoré par
reusement tend chaque jour à disparateet qu'il faudrait ce- disant: elle se prenait à envier les sérénités constellées où toutes les vertus modestes du foyer, elle reprit coura-
pendant conserver. Les anciennes maisons de traiteurs, celles Nous aimons mieux chiffonner, vivre à notre guise, en montait sans secouses l'art si pur de la Sontag. Que de geusement le sien attardé depuis vingt ans sur le
qui datent de trois ou quatre générations, ont l'habiiude de liberté, au'grand air, comme de vrais animaux que nous fois après une exécution merveilleuse du Barbier, il chemin de la gloire. Depuis qu'elle s'était éloignée du
faire distribuer chaque jour aux malheureuxtous les restes de sommes. arriva à la pauvre Maria de s'écrier, tout en larmes et théâtre, deux générations de chanteurs avaient brillé
victuailles laissés par les consommateurs elles ont la pu- Un goujat, un marmiton est fier de son métier, dit Pascal; t
la face bouleversée
deur de ne pas tirer un bénéfice de ce qu'elles ont une fois il en est de même du chiffonnier qui aime son industrie, et disparu. Comme une autre Belle-aux-bois-dormant,
Mais c'est affreux de chanter si bien que cela en s'éveillant du rêve de la fortune, ses yeux embras-
déjivendu. Mais la spéculation moderne est venue, elle atout parce qu'elle lui donne droit au vagabondage dans les rues Ce n'était rien encore mais voilà que Rosine a la
changé, maintenanton a trouvé moyen de tirer profit de ces de ce Paris qu'il adore, où il vit dans une indépendance com- saient un public nouveau et un art différent. Elle s'ap-
plète, sans soucis du lendemain, sans souvenirs du passé, à fantaisie d'aborder, un soir, sans avoir beaucoup ré-
rogatons, on les livre à forfait aux marchands d'arlequins la grâce de Dieu, se fiant aux bonnes àmes et à la multipli- fléchi à la témérité de l'entreprise cette admirable
pelait le style, le charme, le goût, le tempéré, et c'est
qui revendent aux pauvres ce qui leur appartient en toute par la force, l'exagération, la couleur criarde et les
justice. Les successeurs de M. Passoir ont religieusement et cite des publications littéraires, et bénissant la fécondité tou- création de donna Anna de Don Juan qu'aucune effets matériels qu'on pouvaitseulementréussir. Faut-
charitablement conservé le vieil usage, de la desserte de leurs jours croissante des auteurs dramatiques, des romanciers et femme, pasmême GiuliaGrisi, ne devait chanter après il le dire? danger plus terrible à lui seul que tou-
tables, ils nourrissent plusieurs familles. C'est une bonne des écrivains qui lui fournissent de quoi ne pas mourir de elle. Il arriva que cette fantaisie fut mieux qu'une
faim. tes les autres impossibilités ensemble, el'.e avait dé-
action qui n'a pas besoin d'être louée c'est là un exemple révélation, une transfiguration.-Pour cette fois la passé largement cet âge deux fois célébré par Babac
qui devrait être suivi par tous les restaurateurs qui ainsi Aussi v a-t-il une espèce d'aristocratie dans la chiffe; ils
comptent leur noblesse par génération; il y a les chiffon- fauvette, comme on disait alors, -venait de pondre et Charles de Bernard, ces deux chantres des
auraient les bénéfices d'une charité toute gratuite. dans le nid de l'aigle. La Malibran ne le lui pardonna
Le père Moscou est un des plus fervents habitués de ces dis- niers de naissance et des parvenus ceux-là sont fiers de leurs amours crépusculaires Elle allait cesser d'être fem-
tributions matinales: il vient y chercher son pain quotidien. ancêtres, ils en parlent avec une espèce d'orgueil. Il n'est jamais, et un jour que les deuxchanteuses, sur le point me. mais elle était épouse et mère. Elle fit son devoir
Sa journée est finie lorsque celles des autres autres com- pas rare d'entendre un de ces hommes bizarres vous dire en de jouer, l'une donna Anna, l'autre Zerline, devaient et laissa faire Dieu. Dieu, qui lui avait donné le cou-
mence, lorsque Paris s'éveillant ouvre à peine ses boutiques relevant la tête s'habiïlerdansunelogecommune, Maria, qui, en avait rage, lui rendit la jeunesse, la beauté, le talent et les
et que les quartiers riches reposent encore tout entiers dans -Dans notre famille, on porte la hotte de père en fils, il pris possessionla première, s'y enferma, s'y verrouilla, succès d'autrefois.
le calme et le silence. Il regagne ses appartements en fre- n'y a jamais eu d'ouvriers,Chez nous on a le fusilsurl'épaule refusant, non-seulement d'ouvrir àsa camarade, mais
donnant quelque vieille marche militaire, il est fier et heu- ou le crochet à la main. Essayons maintenantd'analyser en quelques mots ce
le roi n'est En effet, il y a des familles entières qui, depuis six géné- encore de lui faire passer par la porte entre-baillée, talent,- sinon le plus grand 'de tous, assurément
reux, il a la vie assurée pour vingt-quatre heures, rations exercent cet étrange métier. Lorsqu'un des fils part son costume qu'elle implorait à mains jointes si bien l'un des plus purs qui aient enrichi l'école italienne.
pas son cousin, il porte dans sa hotte assez de marchandise que donna Anna manqua son entrée et ne put pas
pour boire tout un jou>. Son triage fait, il entonne le refrain pour t'armée, tous les parents jusqu'aux cousins les plus Chanteuse et comédienne, c'est peut-être à made-
A demain les affaires sérieuses et il monte à la barrière de éloignés et leurs amis se réunissent pour faire la conduite au dire ce soir là, le récitatifdu premier acte dans le- moiselle Mars qu'il fauteomparermadame Sontag. C'é-
la Chopinette, à l'enseigne du Petit Pot gris. Là il trouve jeune soldai; ils font une quête entre eux, qui lui est remise quel son expression, sa voix son regard son geste, tait chez toutes deux la mômeperfectionsûre d'elle mê-
nombreuse compagnie, c'est la petite bourse des chiffonniers, au moment de la séparation, et tous les mois ils lui envoient :tout avait des proportions épiques.
c'est dans ce cabaret qu'on discute le prix du chiffon du pa- régulièrement une petite somme pour l'aider à charmer les Madame la comtesse Merlin réussit à opérer un me, la même expérience des effets qu'on peut risquer
pier, des os et des tessons de bouteilles, marchandises qui ennuis de la garnison. Dès qu'il a fini son temps, en revenant semblant de réconciliation dans une soirée et dans au théâtre, expérience si bien réglée par le goût,
pour n'être pas portées aux mercurialesdesjournaux de com- dans ses foyers, mot un peu prétentieux pour désigner les que les raffinements d'un art profond et travaillé
hausse et à la baisse bouges où gite cette population, le jeune soldat libéré du une scène qu'elle avait machiavéliquementpréparée à arrivaient à la simplicité et au naturel. Si l'Aramin-
merce, ne sont pas moins soumises àlalacupidité de plus d'un service change son havre-sac contre une hotte, il redevient cet effet. L'auditoire avait le mot; les deux rivales fu- the de Marivaux, si la Célimène de Molière savait se
comme toutes les autres, et excite chiffonnier comme devant Ils s'accouplent chiffonniers et rent conduites sournoisement et simultanément au
spéculateur.
piano et placées en face l'une de l'autre; l'accompagna- montrer touchante et passionnéeen jouant la duchesse
chiffonnières ils donnent le jour à de jeunes chiffonniers, de Guise, on n'a pas oublié que la Rosine du Barbier
IV qui, à leur tour, seront glorieux de prouver un jour aux po- teur attaqua bravement la ritournelle du duo de Tan- atteignait à l'expression suprême du pathétique dans
pulations à venir, que bon sang ne peut mentir ils mourront crède: il fallut bien s'exécuter, ce que, d'ailleurs, Amé-
la hotte au dos, le crochet à la main, en explorant quelque le finale du deuxième acte de la Somnambule et pou-
Tapis-Francs naïde et son chevalier firent avec une vaillance qui vait aborder, avec une égale supériorité d'exécution,
monceau d'immondices. L'ambition n'est pas encore venue électrif les hôtes privilégiés de madame la comtesse
troubler la cervelle de ces braves gens et leur faire rêver donna Anna ou Zerline, Norine de don Pasquak ou la
Dès queMoscou adéjeûné, vidé chopine, pris son café, son pour, leurs fils des positions plus élevées que celle des pa- Merlin. Cédant à l'enthousiasme qu'elles venaient de
pousse-café, sa rincette et sa surrincette, et qu'il connaît le comtesse des Nozzc, Linda ou Marie de la Fille du Ré-
à vivre, dit-il, c'est-à- rents. Ils n'ambitionnent ni le doctorat, ni le notariat, ni l'é provoquer, les deux cantatrices, par un mouvement giment.
cours de sa marchandise, il commence rafraîchir. V Abattoir tud» d'avoué ou d'huissier, ni ce fameux barreau qui mène à spontané et charmant, se jetèrent dans les bras l'une Le théâtre Italien a vu se succéder trois vocalistcs
dire qu'il se rend à l'Abattoir pour se tout, disent les vaudevillistes, et qui, en résumé de compte, de l'autre et se séparèrent. mortelles ennemies.
est une sorte de cave enfumée sombre, basse, humide, sans hors ligne, dont madame Sontag est restée la plus
air, que le soleil n'a jamais été assez audacieux pour visiter, a produit plus d'existences déclassées que de gens arrivés. Cette comédie eut, au demeurant, un dénouement justement célèbre
ses ta- Ils ne se laissent point leurrer par les apparences, ils sont artistique. L'opéra italien conçut l'heureuse idée de
ses murs squalides suintent la misère et la puanteur, trop philosophes pratiques pour cela d'ailleurs ils connais- Madame Persiani faisait des choses de légèreté avec
bles boiteuses et serf bancs éclopés servent de dortoir à toute remonter Tancrède, et le succès de cette reprise causa un style en zing
sent lés goûts de leurs enfants, et ils savent qu'en chassant
une population d'êtres abrutis n'ayant plus conscience de
le naturel violemment, ils ne feront que précipiter son retour une sensation si vive à Paris qu'un moment elle fit Madame Damoreaupossédait un mécanisme recou-
leur existence, ni rien d'humain. C'est un des spectacles les diversion à la po'itique et quelle politique? celle de
plus nàvrants qui se puisse voir, qu'une réunion de ces pau- au grand galop, l'année où l'on voyait passer dans l'air les éclairs pré- vert de velours;
annihilés par la dé- Devenu vieux et infirme, le chiffonnier n'ira pas à l'hôpi- Madame Sontag, elle, semblait battre un trille et
vres idiots brûlés par les liqueurs fortes, tal, ses voisins ne le souffriraient pas ils l'assisteront,ils fe- curseurs des ordonnances de juillet. Le vieux roi
bauche, qui ne pensent plus, agissent mécaniquement com- filer une vocalise avec les deux ailes d'un ange.
regardent avec de
gros yeux ternes ront des collectes pour lui donner le nécessaire; ils se pri- Charles X, absorbé par les soucis du trône et presque Ses deux émules avaient la science de l'agilité,
me des automates, vous veront pour lui procurer quelques petites douceurs. C'est à détaché de ce monde se vit réveiller en sur saut au
ébétés, et n'ont même plus assez d'intelligence pour com- qui lui portera du tabac, des pipes, et le demi-setier d'eau- elle en avait la poésie.
prendre ce que vous leur dites. Ils ne mangent pas, l'eau-de- fond de son palais par les échos d'un duo magique Le seul éloge qu'on doive faire de l'artiste qui vient
vie suffit à tous leurs besoins animaux, ils vivent on ne sait de-vie, qui est pour ces natures brûlées d'une nécessité plus merveilleusement exécuté et sa dernière visite au
immédiate que le pain. Le chiffonnier pur sang a horreur de de s'éteindre, c'est de dire que, seule, depuis la mort
comment, un matin on les trouve morts au coin d'une borne l'assistance publique, il regarde comme un déshonneur d'être théâtre fut pour la Malibran et la Sontag fraternel- de Rnbini, elle attestait, elle glorifiait en Europe la
ou bien au fond de quelque bouge, et personne ne s'inquiète inscrit au bureau de bientdisance. Il proclame tout haut à lement associées dans le même succès. grande école italienne, et qu'elle était le dernier en-
de ce qu'ils sont devenus ils ont disparu comme l'insecte qui veut t'entendre que tout homme, à moins qu'il ne soit Ces deux femmes se touchèrent encore, et par un
qu'emporte la bourrasque, sans qu'on s'en émeuve. Il faut côté plus intime que celui de la vie et des triomphes chantement, le modèle suprême d'un art à jamais
infirme, doit gagner sa vie, nourrir sa famille, élever ses en
un tempérament de fer pour résister aux influences délé- fants jusqu'à leur première communion. Après, ils s'arrange- de théâtre.
évanoui
tères de cette eau de mort, qu'on débite aux alentoursdes bar- Mais voici qui la loue plus dignement que je ne sau-
rières, elle Gr«/Sa:M<-A M'~as et d'AGrcttoir sont peut-être ront, ils feront comme les autres. Une indiscrétion des Mémoires de madame Merlin,
indiscrétion tombée depuis longtemps du livre dans rais le faire. Jusqu'au dernier jour de sa vie et de ses
les plus dangereux de ces débits et cependant les plus fré- Alex. Privât cl'Anglemont.
triomphes, sur ce front d'où l'artiste avait volontaire-
quentés, parce que les gouttes y sont très-copieuses, c'est-à- (La fin au prochain numéro.) le journal, nous a appris, en effet, que le célèbre ment détaché sa couronne blasonnée, le respect de
dire qu'ils tuent en moins de temps que leurs confrères. violoniste de Bériot, se guérit de l'amour sans espoir
Lorsque le père Moscou a absorbé une dizaine détournées tous s'obstina fi la replacer. Ses camarades ne l'appe-
de cet horrible breuvage, ivre de poison déguisé sous
s
le que lui avait inspiré Henriette Sontag, au moyen d'un lèrent jamais autrement que madame la comtesse. Et
chancelant réactif violent, son mariage avec l'illustre fille de dans le long applaudissement dont la foule accueillit
nom d'eau-de-vie, il regagne en son pauvre gite, Garcia. D'abord confidente d'une passion dédaignée,
HENRIETTE SONTAG avant comme après la jjus-
se jette sur le tas de paille maculé qui compose tout son mo- Maria Malibran finit par allumer son propre cœur sa rentrée au théâtre
bilier, et s'endort en fredonnant son retrain favori tice rendue à la cantatrice éminsnte, on compre-
Si vous passez sur la place Vendôme, etc.
Henriette Sontag avait dix-sept ans, lorsqu'elle vint à cet incendie qu'elle s'efforçait d'éteindre dans le nait I'hommag3 discrètement adressé à l'honnête
débuter au théâtre Italien de Paris, en 1823, dans le cœur d'un autre. femme, à l'épouse dévjuéa, à la mère de famille. Il y
Le lendemain, il recommencera de longues années s'é- rôle de Rosine du Barbier de Séville. Peu de temps après ces deux événements mademoi-
couleront toujours semblables, toujours accompagnées des Blanche, jolie, distinguée avec de beaux cheveux selle Sontag quittait le théâtre et épousait un ambas- avait toujours même dans le plus violent enthou-
mêmes joies, des mêmes souffrances; il ne sera jamais plus siasme du spectateur, quelque chose qui semblait
heureux ni plus malheurenx un jour que l'autre, il aura tou- blonds, une vbixd'un timbre d'or, une agilité d'oiseau, sadeur, M. lecomte Rossi. En homme habilequi sait pê- dire
jours froid en décembre, il grillera en juin, sans se plaindre, beaucoup de charme et peu ou point de sensibilité, à cher dans les eaux du suce set de l'actualité.M. Scribe, -Madame la comtesse veut-elle me permettre de
sans murmurer, sans accuser le sort, sans maudire les heu- cette époque, elle se plaça tout d'abord dans l'estime s'inspira de cecoup de fortune inouïe d'une chanteuse l'applaudir ?7
reux de ce monde, en ayant toujours une parole compatis- des amateurs rleLouvois, un peu au-dessus de madame pour faire YAmbasadrice. La pièce est charmante;
sante pour ceux qui souffrent de la faim et de la maladie, Damoreau,-alors la signoretta Cinti,-et fort près de mais l'auteur s'est laissé aller en l'écrivantà un man- B. Jouvin.
une larme pour ceux qui passent l'arme à gauche. Et c'est là Maic Mainvieille-Fodor,cette française italianisée, que que de tact qui ressemble fort à une inconvenance.
l'existence de milliers d'individusqui; chaque jour, foulent le Stendhalbaptisaiten ce temps-là une serinette sublime. Donner, ainsi qu'il l'a fait, le prénom transparent
pavé de la grande ville. Parmi eux, il se trouve des hommes Ainsi que toutes les organisations exceptionnelles, d'Henriette à l'héroïne de sa fiction cela revenait à
jeunes et vigoureux, d'autres qui ont occupé des positions
élevées dans le monde, des femmes jeunes et quelquefois vouées parleur destinée à un radieux avenir, la can- mettre en scène madame la comtesse Rossi. ALBUM DE FIGARO
belles, qui vivent avec une résignation toute philosophique, tatrice devait avoir plusieursmanières. Elle entra dans La leçon que méritait M. Scribe, en cette circons-
s'habituent à la misère et meurent sans avoir jamais envié la seconde phase de son talent à l'époque où Maria tance ne s'est pas fait attendre ce sont les têtes cou-
ce qu'ils oient aux autres, mais aussi souvent sansL'eau.. avoir Malibran, de deux années plus jeune qu elle, débutait ronnées de l'Europe qui se sont chargées de la donner. VIII
pensé un seul moment à l'abjection de leur position. avec l'éclat que vous savez à l'Opéra, dans la Sèmira- A Berlin, à Vienne, à Saint-Pétersbourg, la grande
de-vie leui! a, dés l'enfance, anéanti l'intelligence. mide, donnée au bénéfice de Galli et au théâtre Ita- artiste du théâtre Italien s'est assise à la table des Cette publication de Figaro a obtenu un succès qui
lien, dans la Gazza ladra. rois, honorée et respectée de tous. Dans l'accueil fait à ne saurait nous surprendre; on aime à voir, dans le
De 1828 à 1830, ce fut une lutte de deux soirs l'un l'ambassadrice, sans doute perçait l'hommage sous- déshabillé de l'esprit ou du cœur les hommes célèbres
L'aristocratie de la chiCTc entre les deux virtuoses, que leurs admirateurs entendu adressé à la femme de talent on y sen- ou ceux qui ont joué un rôle en évidence à notre épo-
suivant une coutume invariable, s'efforcèrent de po- tait comme une nuance délicats qui voulait dire que. Mais il faut que le lecteur demeure convaincuque
Quelquefois, lorsque les bras manquent dans les usines ser en rivales.Du côté de la Sontag, cette lutte s'éleva « Vous pouvez oublier le passé, car nous en gardons la là est la pensée et le but de ce Musée épistolaire, et que,
d'alentour, les industriels viennent demander des hommes toujours jusqu'à l'émulation; elle descendit parfois mémoire.; » en aucun cas on ne doit y chercher un dessein hypo-
de bonne volonté à la maison de la mère Marré, où ils sont jusqu'à la jalousie de la part de la Malibran non Jusqu'ici,il avait manqué à l'artiste la consécration crite et prémédité de notre part de dénig-rer les hom-
certains de rencontrer beaucoup de monde, car il n'y a pas qu'on ne lui rendît et qu'elle ne se rendit du talent en ce monde, celle que donne le malheur. Il mes et de fronder les choses.
moins de trois cents locataires dans les chambrées de la justice. Elle se savait plus grande que son émule, arriva un jour que la grande dame se trouva aussi Aujourd'hui, par exemple, lorsque nous venons
vieille femme. S'il fait mauvais, s'il pleut par exemple, ils mais elle reconnaissait, elle confessait chez celle- pauvre que l'artiste à ses débuts. En présence du dé- publier une lettre des plus curieuses de M. le duc de
trouveront quelques rares individus qui daigneront peut-être ci une désespérante perfection, et au milieu des sespoir de sa famille, une grande tache lui était im- Nemours à M. le prince de Joinville, son frère, Dieu
leur donner un coup de main mais dès que le beau temps
reviendra, au moindre rayon de soleil, ils s'envoleront comme éclairs et de la foudre que faisait jaillir son inspi- posée elle n'hésita pas. Quittant ce nom de Rossi nous garde de vouloir manquer de respect à ce qui est

splendides.
suivante

boulevard à sa nouvelle demeure, y donnait alors des fêtes
Aussi fit-on sur les constructions nouvelles l'epigramme

François dit, après Pa ie


Tout est perdu, foi l'honneur!
Cette prise de possession du Pavillon de Hanovre par la
maison Christotle révèle un fait curieux, qui restera
comme un trait de mœurs
location en l'an degrùçe 1851, et donnera une idée de ce que
vaut à Paris, pour un établissement important, un emplace-
ment bien situe et dont le nom est, par les souvenirs qui s'v
rattachent, gravé dans tous les esprits. Or dans ces derniets
sinon
du moins comme un trait de
févrerie argentée à l'argent massif, pour le service et l'orne-
ment de la table, même dans d'opulentes maisons.
Quelques détails empruntés à la fabrication justifieront la
préférence qu'on accorde sur le plaqué à l'orfèvrerie argen-
tée ou dorée par les procédés électro-chimiques.
Le plaqué s'obtient par la superposition d'une feuille d'ar-
gent sur une feuille de cuivre rouge et l'adhérence s'opère
tante, nous ont offert des groupes de personnages traités
avec une délicatesse extrême des animaux que Fratlin ne
désavouerait pas, des guirlandes de fleurs où les contrastes
du mat et du bruni ont été le plus habilement ménagés.
Mais à côté de ces pièces remarquables, à côté d'aristo-
cralinues aiguières travaillées au repoussé, de gigantesques
fontaines qui inonderaient de punch ou de vin chaud le plus
Richelieu, je le parie, temps, un tailleur occupait le Pavillon de Hanovre. Pour con soit par la pression, soit par la soudure à l'étain. De là, et formidable raout à côté de tous ces riches produits, nous
Tient un langage meilleur. quérir cette position que Richelieu, comme nous l'avons dit, surtout pour les objets de ménage, le défaut de solidité can- remarquons, non moins parfaits comme goût et comme exé-
Ouvrant son palais aux fétes, avait acquise sur ses profils pendant la campagne de Hano- venable. c cution, mais plus modestes dans leurs formes les objets les
Le vieux due intelligent, vre, MM. Ch. Chrislofle offrirent une indemnité d'une cen- L'argenture et la dorure électro- chimiques s'obtiennent plus variés, des plats, des casseroles, des poêlons, des ma-
Dit, songeant à ses conquêtes taine de mille francs au tailleur-locataire, qui, juste appré- par l'immersion de l'objet qu'on veut argenter ou dorer et t'abouts que le feu ne saurait altérer des théières, de sim-
^jjfc^ Tout est perdu, fors i'arsent t ciateur de cette mesure céda la place à ses heureux qui a pour base un métal dit Maillechort, offrant plus de con-
sistance que l'argent.
ples plateaux de carafes, les cent détails de la petite orfè-
«fiirs. Voilà par quel simple procédé les salons du Pa- vrerie, et toute une avalanche de couverts de table et ds
ilanovre, splendidement restaurés, et où nous re- Tandis que ce métal peut se travailler au marteau et rece- dessert, de cuillers à potage, à ragoût, à café; un assem-
'a!v.i. -au", par toutes u
jours de grandeur eL uo iiecu^». h-
chronique. Nous nous contenterons de rappeler m.
s,<•
-d'imc;•;iso-
<;»> 'ce les élégantes sculptures de léurs lambris, de
;.••• •Uuur'nantes peintures, resplendissent en orfévre-
tée, luU-rit par J'aspecl, la solidité, la sonorité avec
k> massive des pièces les plus riches, en même
voir par la fonte et la ciselure les ornements les plus déli-
cats ces mêmes ornements ne peuvent se produire sur le
plaqué que par l'estampage, opération qui ex'ge que la feuille
d'argent soit très-mince. On comprend, en outre, que l'es-
blage, en un mot, de tout ce qui convient aux tables opulen-
tes, au confort de la bourgeoisie, à toutes les classes, à tou-
tes les fortunes.
dant la Révolution, l'hôtel de Richelieu fut loué a des entre- te. Pour. donner par un mot, une idée de l'économie que pré-
preneurs de fêtes publiques, ce fut le premier local ou l'on temps tfu'iis-iu'itent les objets les plus ordinaires, et d'un tauipeur n'a à sa disposition que des- ressources assez res- sente l'acquisilion de l'orfèvrerie argentée, il nous suffira de
donna des bals après la terreur; on le nommait alors le bal usage habituel. treintes. dire que bs pièces d'orfèvrerie de luxe qui sortent des ateliers
des victimes. Dans les dépendances du Pavillon de Hanovre, Les lecteurs, me soy-ont peut-être gré d'entrer dans le Dans la fabrication de l'orfèvrerie argentée ou dorée, au de la maison Christofb ne content que le prix que vaudrait
le frère du comédien Juliet établit, en 1797, le premier jar- vif d'une industrie à iuqaMc les pcrsévéiurus efforts de contraire, comme la pièce est entièrement fabriquée avant la façon seule des mêmes objets en argent massif. Cette éco-
din-café où l'on donna des bals et des concerts, mais qui fut MM. Chrislofle et Ce, recomposés d'aillours aux Exposi- l'argenture, l'artiste a pu donner carrière à son génie; la nomie donne le secret de la faveur dont jouissent en France
éclipsé deux ans après par Frascati. On a conservé le sou- tions de 18v4 et de 1849, de deuiwédaillcs d'or, ont imprimé couche d'or ou d'argent provenant de l'immersion respec- et à l'étranger les produits de cette maison surtout lorsque
venir d'une fête donnée dans ce pavillon, en 1798, en com- tant de progrès. tera ses création?, si fines, si compliquées qu'elles soient. ces produits se distinguent par la J)3auté et la distinction des
..mémoralion du 14 juillet. Les femmes les plus belles et les Les porsonnesqui recherclu'îii tU'-î iv|!f.s d'(-
à choisir, quand la fortune leur lui.sachsUbei.
ont On peut donc affirmer que cette dernière fabrication l'em-
porte sur le plaqué, non-seulement au point de vue de la so-
fermes, par la pnrete etla fini de l'exécution, par toutes les
plus riches de Paris figurèrent à cette fète. n conditions essentielles de solidité et de durée.
Depuis cette époque, le Pavillon de Hanovre eut d'assez tre l'orfèvrerie massive, le plaqué, et Forfév r lidité, mais encore au point de vue de l'élégance et de l'art. Allons! le Pavillon de Hanovre, en donnant asile aux ni3r~
obscures destinées mais, et comme s'il était écrit quelque part quelques pièces usuelles, telles, par c\iiL En visitant dans les salons du Pavillon de Hanovre l'exhi- veilles d'une industrie nouvelle, n'a pas dïgéniré. Les sou-
part que les salons historiques de ce Pavillon dussent, à des couverts de table, l'orfèvrerie massive ne sauras permanente des produits de la maison Ch. Chrislofle
>ilion venirs da goût et d'élégance inséparables du nom de son ton-
intervalles plus ou moins eloignés, renaître à 1 éclat, à la vie, qu'il s'agit de pièces importantes, que le parlng •t C°, placée aujourd'hui à la tête de cette industrie, nous dateur y revivent, seulement sous une autre forme. C'est le
voici que la maison Ch. Chrislofle et Ce y installe somptueu- nombre. EHeexige un capital considérable, absoii avons pu nous convaincre de cette vérité. blason de l'industrie après celui de la noblesse
sement les produits de l'industrie qu'elle a élevée si haut; rêts que ce capital représente et se déprécie, en cas u> Des pièces capitales, destinées à des surtouts de tables Cher. de Launay.
nous voulons parler de l'orfèvrerie argentée et dorée par les d'une valeur egale au prix coûteux de la façon. Il est iaeik ctes corbeilles que des fleurs ou des fruits surchargeront, des
procédés électro-chimiques de MM. Elkinglqn et de Ruolz. de comprendre, dès lors, la substitution progressive de l'or- t girandoles qui éclaireront de leurs feux cette vaisselle étince-
deux fois respectable! notre' but est de satisfairela fet. Ce qu'il y a de plus beau comme spectacle est une pro- annoncée déjà dans les journaux. Il savait que j'avais vanté
curiosité du lecteur dans la mesure des convenances cession deux à deux qui se fait à deux fois dans le second ce titre que je continue a trouver fort beau. Il m'avoua qu'il Un homme de lettres avait perdu sa femme; il était in <
et d'une stricte loyauté. Nous avons pensé qu'on serait acte pour le bonheur deDuponchel; on voit tous les sei- n'avait pas encore d'idée arrêtée sur l'exécution de l'ouvrage,
m'engagea à chercher de mon côté, tandis qu'il chercherait consolable. Chaque jour, quelque temps qu'il fit, il accom-
désireux de connaître cette page de la vie d'un tout gneurs et dames de la cour de Médicis avec assaisonnement plissait un pieux pèlerinage au Père-Lachaise et là pen-
de pages et de gardes portant toujours sur des costumes du sien et nous nous séparâmes les meilleurs amis du
jeune homme ( puisque ceci a été écrit en 1838), se différents les fameuses armures de la Juive, voilà pour le monde. Du reste, nous n'avons donné aucune suite aux dant deux heures, en tête-à-tête avec sa douleur et ses sou~
délassant du métier de prince dans une causerie brillant. Quant à moi, ce qui m'a paru le plus imposant, c'est Parisiens de la décadence. Pour mon compte je puis affirmer venirs, il arrosait, sarclait et fleurissait le jardin de la morte.
pleine d'abandon fraternel. la scène de l'église au commencement du troisième acte. que je n'y ai pas songé une minute. Obligé de s'absenter de Paris pour une quinzaine de jours,.
Non-seulement nous ne nous permettrions de rien Duprez chante très-bien et a eu un très-grand succès, mais Ainsi donc, M. Barrière ne m'a abandonné aucune espèce la veille de son voyage il prend à part le jardinier
d'idée avec l'insouciance d'un millionnaire je ne lui ai pas Mon brave, lui dit-il, soignez bien cette tombe à mon
changer au texte de ces correspondances, mais il il m'a paru débiter des notes hautes et basses sans aucun mo-
retour, je vous donnerai des billets de spectacle.
faut qu'on sache, de plus, que nous n'en tirons copie tif frappant; Mme Dorus est tout à fait au-dessous de son rôle. fait cet aveu pénible qu'il m'était impossible d'utiliser le su-
Dérivis est médiocre, Massol a un assez bon rôle de condot- jet dont nous avions causé ensemble; et enfin, M. Barrière ]I. de Villemessant.
que sur l'original, et que cet original reste déposé pen- tière dont il se tire bien. Le rôle de Levasseur, à l'exception ne s'est pas délié de sa promesse en présence de M.Varner.
dant huit jours dans les bureaux du Figaro afin d'un morceau assommant, au cinquième acte, ne m'a pas Il a été délié par moi sur ses explications loyales. Il est venu
qu'il £oit possible à tous d'en constater l'identité paru très important. exprès chez moi pour me redemander une liberté déjà es-
calligraphique. En somme, je considère cet opéra comme ennuyeux, comptée et tout s'est passé sur le ton de la plus franche con- PETITE GAZETTE
H. de Villemessant.
Villemessant. excepté au second acte où il y a quelque gaité et quel- ,• fraternité.
Tuileries, dimanche, i mars 1838. ques danses les situations sont tellement tristes que cela Il me semble que voilà des faits qui sont pour le moins
donne à la représentation une teinte horriblement lugu- autant à l'avantage de M. Barrière que l'anecdote racontée M. L. Boyer va commencer sa campagne du Vaudeville par la
Rien de nouveau sur l'horizon, mon cher ami, depuis ma bre, mise en scène d'une pièce de Scribe et Mélesville, Y Institutrice,
dernière lettre; pas même de nouvelles de toi, ce qui com- cette et aucune musique remarquable ne venant relever de bonne foi, du reste, par M. Wœstyn. Dans tous les cas refusée au Théâtre-Fançais.
sembler long, quoique les triste uniformité, cela finit par être fort ennuveux. En ce. sont des faits très-exacts, et M. Barrière ne peut manquer
mence nous à furieusement ma- mot, l'impression que j'ai recueillie, hier, me fait classer d'en convenir. Erreur de mémoire n'est pas compte. M. Boyer n'est pas un directeur de l'école de Bouffé, Bouffé
un
rins nous fassent les plus beaux raisonnements pour nous cet ouvrage bien après Stradella et je crois même que
rien n'est plus naturel. Nous la semaine
je Maintenant un dernier mot. Je n'ai pomt insulté l'idée qui qui, quelques semaines avant sa mort, répondait fièrement à Boyer
prouver que avons, mettrais avant lui la Juive. Je fais toutefois, dans l'intérêt de m'avait résisté, comme le dit M. Wœstyn avec tant de bien- lui recommandant, comme une bonne affaire, la Vieillesse de
dernière, enterré assez gaiment notre carnaval, sans toutefois l'Opéra, des pour succès. Je ne te parle pas du veillance. Seulement, j'avoue à ma honte n'avoir pas retrouvé don Juan, pièce au Théâtre-Français
refusée
rien faire pour cela d'extraordinaire,le goûter de tante, et vœux son
ma
mascarade salon, je pense que tu en auras des détails d'ailleurs. J'y ai cette idée dans la Vie en rose, telle que je la comprenais, et Voyez-vous, mon cher, le Théâtre-Français peut bien jouer
le petit bal le soir. Les petits-ont voulu y faire une trouvé des vues de divers points que nous connaissons: une j'ai consciencieusement jugé la pièce. L'occasion était sé- les pièces refusées par le Vaudeville, mais le Vaudeville ne sau-
et après avoir fait louer des costumes' chez Babin, ils sont
déguisés masqués, ayant vue de Tanger, une vue de Bone et deux d'Alger. Il y a du., rieuse pour analyser la manière de M. Barrière, j'en ai pro- rait jouer, sans déroger, une pièce refusée au Théâtre-Français
entrés avec plusieurs camarades et reste un assez grand nombre de jolies choses sans aucun fité. Est-ce que ce n'est pas déjà beaucoup d'accorder une
la prétention de ne pas être reconnus, ce que tout le monde
a pourtant fait tout de suite. Aumale était en vieille femme, Je ouvrage transcendant, toujours énormément de portraits. manière à un vaudevilliste si spirituel qu'il soit? c'est
Au reste. Bouffé, homme d'esprit quelquefois, n'était pas spi-
• tellement ignoble, qu'on l'a renvoyé se déshabiller. Après continuation te souhaite, en terminant, mon cher Hadji, une heureuse; d'un mot le faire sortir des rangs. J'ai eu, il est vrai, le mal-
de voyage sous le rapport traversée, amuse-. heur de caractériser l'esprit de M. Barrière en le comparant rituel tous les jours; il refusa, un soir, une pièce a Jules A. en
cette soirée il y avait un bal chez Rostchild, où moi, et ment, santé, etc., etc. J'espère que nous recevrons de tes à un « feu d'artifice tiré'sous une averse. » Inde irai. lui disant
beaucoup de personnes de la maison allaient. Pour faire nouvelles prochainementet en detail et que tu ne nous feras, Mais non la colère n'a existé que dans l'imagination de Oui, c'est gentil, c'est gracieux, je ne dis pas non mais
quelque chose d'un peu gai, j'ai fait atteler deux bagnes; attendre trop longtemps ton retour. Mille choses à Her- M. Wœstyn. Après mon terrible article je suis resté l'ami de votre deuxième acte se passe à Versailles?.
et mettant un bouquet dans chaque portière, je les ai rem- pas
noux et à tes officiers. M. Barrière, et la preuve que nous nous voulons tous deux Eh bien?
plis de dames et de messieurs de la maison, puis, nous nous du bien, c'est que nous ne ferons jamais ensemble les Pa- Eh bien Jamais, tant que je serai directeur du Vaude-
sommes mis en route, causant l'étonnement des passants et Tout à toi. risiens de là décadence ville, je ne jouerai une comédie dont le deuxième acte se passe à
des boutiquiers qui ne concevaient rien à ces deux énormes Nemours. « La critique n'attaque que les forts,» M. Wœstyn l'a dit, Versailles. Cela est contraire à mes principes Jamais, monsieur,
voitures quatre
à chevaux, avec piqueur et flambeaux, tra- et M. Barrière le sait bien, en dépit de sa modestie, c est pour- jamais
versant les rues de Paris à minuit. Le lendemain, nous avons quoi il préfère, j'en suis sûr la sévérité qui le prend au sé- Et il refusa obstinément l'ouvrage sans donner d'autre raison
été faire une chasse à Versailles, pour laquelle nous avons rieux à la louange exagérée qui égare les meilleurs, les plus que celle-là.
eu un temps chaud et magnifique. Le cuistre y-était dans une solides esprits. Seulement M. Wœstyn s'est trompé dans la Du moins, c'est J. A. qui le dit.
animation prodigieuse et s'est beaucoup amusé. Je ne te CORRESPONDANCE constructionde sa phrase La critique n'attaque pas les forts,
parle pas des masques, qui n'avaient cette année rien re- de elle les juge. C'est là une vérité que le Figaro connaît et
marquable il y avait peu de belles voitures, une quantité Mon cher de Villemessant. respecte mieux que personne. La réouverture de l'Odéon doit se faire au mois d'octobre pro-
prodigieuse de cavaliers en bourgeois, parmi lesquels on Merci, mon cher de Villemessant, pour l'hospitalité large chain par trois grandes pièces nouvelles
voyait en assez grand nombre des postillons bleus ou rouges Quand on combat sur le champ de bataille littéraire, il ne de m'accorder, et croyez-moi tout à vous, La Conscience, drame d'Alexandre Dumas, prèe et de M. Loc-
et des hussards de toute espèce, et quelques Arabes à figure faut pas se plaindre de voir son nom mis à l'ordre du jour. que vous venez kroy. Laferrière doit y créer le principal rôle, à moins qu'il n'en-
peinte. Pour la première fois, avant hier, nous avons été Nous aimons tous le bruit de la renommée, et une seule JULES DE PnÉM.\nAY.
tre au Théâtre-Français
chasser à courre a Saint-Germain. chose nous fait peine; c'est le silence. Je ne profiterais Florentine, drame en cinq actes de M. Charles Edmond.
En fait de spectacles, j'ai été une fois au Variétés, où j'ai donc pas de la bonne grâce avec laquelle vous m'ouvrez les j[me Tcscan, une célébrité du Midi, grande et belle femme, type
vu une excellente bouffonnerie appelée les Saltimbanques, colonnes du Figaro, s'il s'agissait d une rectification dictée des rôles dramatiques à la Georges, doit débuter dans cet ouvrage
dans laquelle Odry est délicieux. Il y a la meilleure tournure par les puérilités de l'amour-propre. Mais M. Eugène Wœstyn, qui a obtenu beaucoup de succès, dit-on, dans les salons du Pa-
possible, des mots parfaits, et danse d'une manière ravis- dans sa biographie de M. Barrière, très-juste et très-spiri- lais-Royal.
sante, ce qu'il appelle la caoutchoucha. Voilà, quant à moi, tuelle, d'ailleurs, me met en scène, à propos de la Vie en NOUVELLES A LA MAIN La Femme d'un grand homme, comédie de MM. Desgranges
mon cher ami, tout ce qu'il m'est possible de dire sur les rose, et je me vois forcé de préciser les faits qui me concer- et Durantin. On dit cette pièce remplie de gaieté; depuis trop
plaisirs parisiens. Il faut maintenant que je t'annonce la ter- nent. Permettez-moi de commencer par reproduire l'anec- longtemps on semble avoir perdu le secret de ces pièces-là nous
minaison d'une affaire, au courant de laquelle tu n'as pas dote que raconte M. Wœstyn, afin que vos lecteurs aient verrons bien si ces messieurs l'ont retrouvé.
été tenu, je crois, ce qui n'eût été, au surplus, qu'ennui pour sous les yeux l'acte d'accusation et la défense. Votre colla- Il était trois heures du matin. Le directeur du télégraphe

des
toi. Je veux parler de ce que nous appelons, entre nous, borateur s'attendrissant sur les supplices que la critique a électrique faisait, avant d'aller se mettre au lit, sa ronde de
coqs, aliâs laquerelle entre Flahaut et Baudrand, coutume selon lui d'infliger à M. Barrière, s'en prendd'abord surveillance accoutumée, lorsqu'un
qui après je ne sais combien de mois de tiraillements vient au prince des tortionnaires,à Jules Janin, puis, il arrive à moi. sur la ligne de Strasbourg à Paris, attire son attention et
coup de timbre, frappé Le
f
jour de la réouverture de l'Opéra n'est pas encore
elle aura lieu du 1er au 18 août prochain.
fixé

enfin d'aboutir à la sortie de Flahaut, de la maison de Char- éveille son inquiétude. Il n'y a qu'un désastre, une peste ou
tres. Le fait est que ces deux hommes étaient incompatibles, « Ainsi encore M. de
Prémaray, dit-il, qualifia d'odieux une révolution qui ait le droit de carillonner pareille heure.
tant à cause de leur caractère personnel que de leur égalité et d'impossible le sujet de la Vie en rosé, oubliant sans doute Il s'approche avec vivacité et il lit, non sans émotion d'a- La Juive, pour les débuts de Mlle Donati, sera jouée avec so-
de grade et de position, l'un étant chef de la maison mi- que, deux ans auparavant, il avait demandé à M. Barrière bord, la nouvelle suivante que l'électricité venait d'apporter lennité le rôle d'Eudoxie sera rempli par M"e Marie Dussy, dont
litaire, l'autre de la maison civile. Voilà donc quelle était 1 abandon de cette donnée « superbe », ce qu'avait consenti sur son aile invisible• la grande robe à queue cachera les jol es jambes; elle sera obligée
la cause de cette querelle, le prétexte était une rivalité de ce dernier avec son insouciance de millionnaire. Mon vieux, nos feignants de directeurs dorment je te de se rattraper sur le chant. Les yeux du public y perdront ce
préséance dont voici en gros l'histoire. Lorsque Chartres conseille d'aller en faire autant. Bonne nuit 1 que gagneront les oreilles. Gueymardchantera le rôle d'Eléazar.
alla à Compiègne, Baudrand étant absent, Flahaut fut chargé «Ce ne fut que longtemps après, et sur l'aveu de M. de S'armant à son tour de la foudre, notre directeur riposte
d'ordonner toutes les dispositions intérieures du séjour, de Prémaray qu'il lui était impossible d'utiliser le sujet, que instantanément
faire les invitations. En un mot, pour tout ce qui n'était pas M. Barrière se délia de sa promesse, chez le critique, rue des -Ils dorment si peu que je vous mets à l'amende de vingt
F ad-
Mmp Stolz rentrera, du l!î au 50 août, dans la Favorite.
militaire, il était le factotum de la maison. Baudrand étant re- Martyrs, en présence de M. Varner. Le spirituel feuilleto- francs, pour avoir employé à votre usage le matériel de L'opéra nouveau de M. Gounod, sur un poème de M. Scribe
venu sur la nouvelle du départ de Chartres pour l'Afrique, niste de la Patrie crut devoir insulter l'idée qui lui avait ré- ministration. (toujours M. Scribe !) sera prêt dans les premiers jours de septem.
trouva tout cela ainsi organisé et cela lui déplut. Il éleva sisté c'était l'exagération de Fantonysme, et l'antonysme Conversationà cent lieues de distance, plaisanterie irrévé- bre celui de MM. Scribe et Verdi, le grand ouvrage de l'hiver,
des prétentions sur une foule de choses dont il ne se mêlait est passé de mode. » rentieuse, punition, amende, tout cela se trouvait réglé au entrera en répétition le 1er du même mois.
pas auparavant. Flahaut ne voulut pas céder sur tout. Ils se Où donc M. Wœstyn a-t-il pris toutes ces choses ? Il n'y moyen de deux coups de timbre frappés à deux secondes Puis, on préparera pour octobre un nouveau ballet destiné à
disputèrent à qui ferait les invitations, à qui aurait la pre- a que M. Barrière qui ait pu lui fournir des renseignements d'intervalle. M"16 Ros^ti et dont la musique est de M. T. Labarre. Quand son-
miere place à table dans les revues en voiture et sur une aussi précis en apparence, et voici pourquoi M. Varner, L'employé admonesté- aurait pu parodier ainsi ce vers d'un gera-t-on au ballet qu'on doit à MIUC Guy-Stephan, qui a gagné
foule d autres vétilles, chacun créant une nouvelle difficulté l'un des auteurs du Mariage de raison, est pour ainsi dire poète sou procès au sujet de son engagement ? hélas procès gagné
lorsque l'autre cédait, et offrant à tout bout de champ leur appelé en témoignage. C'est en sa présence que je me suis « Le savoit qu\>n me donne est déjà loin de moi » contre son directeur, procès perdu pour l'artiste!1
démission, chacun dans l'espoir de voir accepter celle de avoué vaincu, que je suis convenu d<^ mon impuissance à Enfin, quand le personnel de la troupe chantante sera complé-
l'autre, et de rester seul. Ils allaient sans cesse trouver le traiter la donnée « superbe », et que M. Barrière le million- tement organisé, on nous promet une des grandes œuvres lyri-
roi, Chartres ou la reine, ou ma tante, pour tâcher d'obtenir naire, s'est délié de sa promesse. Certes, il eut été difficile ques de Gluck. La tragédie n'est plus possible aux Français, le
une décision en leur faveur, et Baudrand parlait souvent de pour M. Wœstyn de deviner, que tel jour, à telle heure, je Une moitié de nos amis nous adresse le reproche d'être par sera-t-elle à l'Opéra?
provoquer Flahaut en duel. Les choses en étaient dans cet recevais, rue des Martyrs, la visite de M. Varner. Il ne pou- trop, en fait de Nouvelles à la main, de l'école de M. Clair-
état, lorsque je suis revenu d'Afrique. Après de vains efforts vait apprendre ce détail qu'en couvrant d'or ma femme de ville l'autre moitié, au contraire, nous engage à continuer à
pour les racomoder, Chartres s'était décidé à sacrifier Fla- ménage ou en questionnant M. Barrière. Comme ma femme suivre ne fût-ce que de loin, un si beau modèle. Les premiers En même temps que l'ouvrage en trois actes de M. Adam.
haut par considérationpour les anciens services de Baudrand, de ménage n'a pas cessé d'être inscrite au bureau de bien- ont peut-être raison, mais les seconds n'ont pas tort. Sans Avec M. Sribe ? Parbleu on répète, à l'Opéra-Comique,
et ne voulant avoir l'air de mettre un ami personnel à la faisance, malgré les munificences dont été je l'accable, je suis remonter jusqu'à Rabelais, qui écrit un chapitre bien senti, deux ouvrages en un acte, l'un de M. de la Moskowa, l'autre de
à croire que M. Barrière seul a interrogé. Mais, dont l'analyse n'est M. Varney, ex-chef d'orchestre du Théâtre-Lyrique, sur des pa-
place d'un homme qu'il avait pris au sortir de l'éducation. porté hélas pas chose aisée, a-t-on oublié que Bour- roles de M. Paul Foucher. Qu'on me ramène à M. Scribe
Celte résolutionavait été signifiee à Flahaut, lorsqueBaudrand ses souvenirs l'ont complètement trompé, et je vous sault, dans un siècle poli et de belles manières, faisait débiter
dit qu'il cédait tous les points sur lesquels Flahaut ferait dois la vérité dans toute sa nudité chaste. en plein Théâtre-Françaisune énigme célèbre dont il allait
difficulté. Là-dessus joie et racommodement. Au bout de trois Deux ans environ avant la représentation de la Vie en rose, jusqu'à prononcer le mot impossible ?q Il est question de remonter le Pré aux clercs, d'Hérold, à l'O-
semaines à peu près, Baudrand revient dire qu'il n'a cédé un M. Barrière me proposa, au beau milieu d'une causerie in- Nous trancherons la difficulté en donnant raison à tout le péra-Comique, avec Mllc Caroline Duprez qui céderait son rôle do
point qu'à condition que Flahant cédait l'autre, et que si cela time, chez lui, le sujet d'une pièce renfermé dans un vers monde. Nous publions une fois encore, mais ce sera la
oublié. l'idée à mémoire. l'Étoile dit Nord à Mlle Lefebvre.
n'est pas, il rétracte ce qu'il a dit, (notez bien qu'aucune oc- que j'ai Mais est restée présente ma dernière, une de ces historiettes qui ne blessent que l'odo-
casion de mettre en pratique le point litigieux ne s'était pré- Je ne vous ferai pas l'analyse de cette idée telle qu > rat, ce qui vaut mieux assurément que de blesser les mœurs.
sentée). Dès lors le débat recommence comme auparavant, M. Barrière et moi nous l'avons fouillée dans quelques ra- L'économie est en province la pierre fondamentaledes for- +
Le célèbre Driadust, un Chaix éloquent de la Grande-Breta-
les journaux s'en emparent, et après mille vicissitudes, mille pides entretiens. Nous devions nous occuper sérieusement tunes et des réputations, et, sur ce point, nous devrions bien
aigreurs, mille tiraillements de toutes sortes, Chartres a de la pièce que nous destinions au Gymnase, nous nous imiter un peu plus ces excellents provinciaux; mais, il faut gne, passait dans Alls-Street, lorsqu'un marchand lui montrant
prononce avant-hier l'expulsion définitive de Flahaut. Ainsi promettions de prendre des rendez vous mais j'avais d'au bien tout dire, on y appelle parfois de ce nom chez eux sa un schelling lui demanda s'il était bon.
Fort bon, dit le docteur en le mettant dans sa poche, vous
se termine, du moins quant à présent, cet éternel débat qui manquait très travaux et de son cô!é, M. Barrière, sans doute, n'en sœur ainée, l'avarice.L'anecdote suivante, qui a couru la pe-
pas. Tout était donc à faire, mais il était bien con- tite ville où je suis né, en est une preuve. Le héros est un me donnerez le second une autre fois pour ma consultation.
a l'avantage d'être fâcheux pour tout le monde, pour les jour, dis
deux prétendants qui ont eu des torts réciproques, et pour venu que tout se ferait en commun. Un je en riant jeune banquier, un de ces hommes possédés au superlatif
Chartres, sur qui cela attire les cancans, à qui cela a causé à M. Barrière quel dommage que cette idée ne m'appar- de la manie de thésauriser et bien capables de demander Le Palais de l'Industrie ? qu'est-ce que cela?
beaucoup d'ennui et dont cela désorganise un peu la mai- tienne pas en propre, j'en ferais deux volumes d'abord, et un qu'on nomme un conseil judiciaire au bonhomme Grandet Nouveau journal, monsieur, politique, commercial et litté-
son, puisqu'il a eu en quelque sorte la main forcée par un drame ensuite. M. Barrière avec lequel je suis très-lié (on pour cause de prodigalité. rairel. C'est un prospeclus-spécimenX Capital social: quinze
e
des siens. Tu liras cela dans un moment de loisir, mais je ne s'en douterait guère en lisant l'article de M. Wœstyn), ~4Jn jour, X. arrive à son cercle. cent mille francs.
pense que tu pourrais être bien aise de savoir l'exacte ve- prit la chosel'idée, en riant comme je la disais, et ne m'abandonna Savez-vous, Messieurs le tour que des polissons se Peste 1 quinze cent mille francs! joli denier! Et qui se
rité sur cette affaire, qu'on pourra représenter sous des jours nullement tout millionnaire qu'il est. Il fit plus, il la sont permis de me jouer? fait-il en interpellant les paisi-
ainsi que la charge de trouver la somme par le temps qui court ?
différents. traita avec M. Henri de Kock, et c'est Vie en bles joueurs de domino. Hier soir, je sortais du bal et je Lamartinière, lui seul.
mardi 6 mars. Hier première représentation de Guido et J'ose est venue au monde. Or, voici de quelle manière rentrais chez moi; je soulève le marteau de ma porte. ces Qui dirigera la partie littéraire ?
Ginevra ou la peste de Florence, La reine y fut avec ma M. Barrière m'annonça la nouvelle: drôles l'avaient si copieusement graissé que je donne à 1.
-Alfred Leroy, en personne, Monsieur Alfred Leroy, déjà
.tante et Clémentine nous avons vu les quatre derniers actes, J'étais chez moi avec M. Varner lorsque l'auteur des Filles pleine main dans leur mauvaise plaisanterie. directeur de ce qui concerne l'administration et les annonces. Il
çt quoique, sous le rapport musical, je me déclare entière- de marbre entra. Une visite devait
naturellement tuer l'au- Mais ajoute notre banquier avec le noble mouvement d'or-
sera, en outre, cliargédu feuilleton des théâtres et de la ré-
ment incompétent pour juger un opéra à la première fois, tre. M. Varner était venu le premier, il s'en alla discrètement gueil d'une précaution satisfaite daction en chef de la partie littéraire. Voilà un homme
voilà cependant l'effet que cela m'a fait, musique nulle. Une le premier, et ce ne fut qu'après son départ que la con- Heureusement je venais de quitter mes gants universel et bien occupé 1
excessive pauvreté de motifs, quelques chœurs passables. versation, jusque là générale et insignifiante s'engagea en- -Je suis loin de m y opposer.
Danse au second acte seulement, un assez joli ballet com- tre M. Barrière et moi. Il n'y avait plus que nous deux dans
posé par Mazillier. Un pas de caractère bien médiocre dansé mon cabinet. M. Barrière était adossé à la cheminée; j'étais
Il a déjà recueilli
les adhésions gracieuses et charmantes
Figaro vous racontait, l'autre jour, un trait de naïveté de des grands noms de la littérature contemporaine, comme de juste.
par lui et Mmc Dupont. Costumes peu gracieux à mon avis, assis àBarrière mon bureau.
s'entend à entamer une scène, il ne me fit l'auvergnat qui s'est mis au service de M. Léon Battu en Et, puis, il a reçu une lettre d'AlexandreDumas, r lettre d'au-
quelques-uns sont assez riches. Ils sont je crois du xv° siècle. M. tant plus préc euse, dit-il, qu'elle lui donne, le droit, si envié, de
On porte le pantalon collant, la tunique courte, générale- donc pas attendre. Cette scène fut simple et cordiale, comme voici un second, du même au même qui prouve que
ment garnie de fourrure et pour coiffure le turban des il convient entre amis. Attendu que nous n'avions pas de
ccuyers de Tivoli ou une espèce de bonnet de velours de la sténographe je ne puis la rapporter mot par mot, mais en
forme d'un kepi sans visière. Le costume des femmes n'a
aucune originalité. Parmi les décorations il y en a de belles.
voici ta substance et le dénouement
M. Barrière me demanda si j'avais travaillé à la pièce. Ma
la famille des Jocrisses est comme la raceMes Agamemnons,
éternelle.
M. Léon Battu, recevait cIipz lui douze de ses amis; on y
jouait un loto effréné à deux liards le carton plein.
Il faut que vous sachiez entre parenthèse que lp.<Jrô
ponctuation:
«
Vs Dons amis, .• .
compter Alexandre Dumas au nombre de ses collaborateurs. »
Cette lettre ébourriffante, la voici texkeiAJmenf er*>jixec s»
..«
"'-•'r-
Je vous offre mon concours à votre journal, le Palais de
Le second acte représente un palais doré à hautes colonnades foi non, répondis-je, mais quand tu voudras nous nous y a détrôné «Hânsquenet l'Industrie. J'ai une série d'articles à vous donner sur la pein-
et à arcades, c'est assez beau. Au troisième, on est dans la mettrons. C'est alors qu'il m'apprit qu'on allait jouer la le prosaïque loto des portières, ture qui pourrait orner son vestibule, et qui serait un poème sur
cathédrale de Florence. Le plancher est au tiers de la hau- Via en rose au Vaudeville, et me nomma son nouveau col- plus et le baccarat, et que, au Jockey-Club, par exemple, les
Kock lui avait apporté un travail beaux noms de l'aristocratie nspwrit, chaque soir, des la lutte de l'homme avec les métaux.
teur du théâtre parce qu'on voit au-dessous le caveau avec laborateur. M. Henri de terminé n'entrait pas complètement sommes folles sur le terne, le quatrne et le quine, et bapti- c A vous, Alexandre Dumas. »
le tombeau de Ginevra; on voit en haut tous les cierges allu déjà avancé; l'ouvrage
mes, une grande croix d'argent sur fond noir sur l'autel, et dans notre idée première, mais H s'en rapprochait par beau- sent gravement, du sobrique'traditionnel
chaque numéro Cette lettre seule ne vaut-elle pas les quinze cent mille francs ?
même un peu masqué, et au second plan cela peut choquer, coup de points. Bref, il n'y avait pas à revenir sur un fait sortant. Je reviens à moosTstoire. Au milieu de la soirée, C'est égal, quinze cent mille francs c'est une rude affa re 1
mais comme chœur c'est fort beau et plein d'effet. Au qua- accompli. J'eus un moment de contrariété, mais M. Barrière M. Léon Battu offre desZiraîchissementsà ses invités; qua- Heureusement que lorsqu'on aura deux cent mille francs en
Irième acte, on voit d'abord une grande salle avec peintures mit tant de bonhomie dans la façon dont il me parla de l'af- tre joueurs seulemo»' acceptent un verre de sirop de gro- caisse, le défilé pourra commencer. Nous n'en sommes encore
la muraille, c'est médiocre; vient ensuite une place à faire, son langage était tellement celui d'un ami, que je pris seille. Sur le retfs des autres, le maître de la maison dit à qu'aux bagatelles de la porte.
sur d'apporter-quatre verres. Au bout de quel
Florence avec des statues et beaucoup d'édifices. Effet de gaiment la chose ou plutôt que je la lui laissai de tout mon son domestiquecelui-ci portant un plateau chargé de Allons, Lamartiuière, dzim, boûm
nuit et de neige. C'est beau, mais ce n est ni brillant ni pi- cœur. C'est ainsi que j'abandonnai le sujet, malgré; l'offre ques instanS', pleins et revient de huit verres vides.
quant. Enfin au cinquième acte, on voit d'abord une espece loyale que me fit M. Barrière de s'en rapporteridée à ma décision. quatre veres
de chapelle rustique, outre de la vigne, puis le fond se lève Je n'avais rien à prétendre. Il s'agissait d'une dont nous Pur qui ces verres vides? fait Léon Battu à son Au- Nestor se marie Toujours coquet! C'est pour se rajeunir î
et l'on aperçoit un fond de montagnes.Ces deux décorations avions causé en l'air. Je remerciai M. Barrière de sa dé- ver^iat qui tenait le plateau avec la grâce d'un mastondonte
usa d'un entrain de déménager l'obélisque. Jules Viard.
sont sombres et manquent de lumière et d'éclat. On voit à la marche et tout fut dit. Je me trompe M. Barrière Dam! répond le groom, pour ceux de ces MM. qui ne
fin une procession à qui la décoration ne laisse pas assez bon procédé envers moi, il me proposa comme dédommage- B. JtorviIV.
d'espace et qui pour cela, entre autres choses, manque d'ef- ment de faire avec lui les Parisiens de la décadence, pièce veulent pas boire. L'un DES RÉDACTEURSEN CHEF

PARIS.– lUPROIËlUE D' ADRIEN' DELCAMB11E El' COMP., \Ô, BU 2 ÎUEU.V. .NOUVEAU SVS1È1IE BREVETÉ ES FRANCE ET A l/ÈTRANGER.