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Grèce: Alexis Tsipras lance le débat sur la réforme

constitutionnelle
Par RFIPublié le 14-11-2018 Modifié le 14-11-2018 à 19:48

Le Premier
ministre grec Alexis Tsipras, ici devant le Parlement à Athènes, le 22 juin 2018.®REUTERS/Costas Baltas

Après la fin des plans d'aide cet été, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a décidé de
lancer une réforme de sa Constitution. Le Parlement s'est réuni ce mercredi 14 novembre
en séance plénière pour mettre en place la Commission de révision constitutionnelle.

Avec notre correspondante à Athènes,Charlotte Stiévenard

Dans son discours devant le Parlement grec ce mercredi, le Premier ministre Alexis Tsipras a déclaré que
la réforme constitutionnelle doit être l'occasion de méditer sur les « causes institutionnelles de la crise ».

« [Notre proposition] prend en compte les transformations de l'Etat et des institutions, mais également
l'émergence de multiples centres de pouvoir nationaux, supranationaux, publics et privés qui ne sont
malheureusement pas contrôlés par le peuple, mais qui imposent des choix économiques, exerçant leur
fonction disciplinaire sur le peuple et ses représentants élus », a poursuivi le chef du gouvernement grec.
Une allusion aux politiques imposées à la Grèce dans le cadre des trois mémorandums.

Parmi les propositions du gouvernement, la création d'un référendum d'initiative populaire, mais aussi
celle d'un référendum obligatoire pour la signature de tout accord qui accorderait des pouvoirs souverains
à une organisation internationale. D'autres idées comme la suppression de l'immunité parlementaire, ou
la neutralité religieuse de l'Etat seront au menu des discussions de la Commission créée pour l'occasion.
Elle devrait rendre ses travaux en février prochain.
La Grèce sort des plans d'aide économique
Par RFIPublié le 20-08-2018 Modifié le 20-08-2018 à 08:11

Un manifestant
anti-austérité devant le Parlement, à Athènes, le 11 février 2015.REUTERS/Yannis Behrakis

Après dix années de crise, dont huit de programmes d’aide internationale, la Grèce sort
ce lundi 20 août de son troisième plan de soutien. A l'occasion de trois plans d'aide
successifs, elle aura reçu de ses partenaires européens 289 milliards d'euros. Ses
créanciers, le FMI et l'Union européenne, mettent un terme à leurs prêts. Une page se
tourne pour la Grèce.

Fin de la perfusion financière. Depuis 2010, la Grèce a reçu 289 milliards d’euros de prêts. Désormais
Athènes pourra décider, seul ou presque, de sa politique économique et retourner sur les marchés pour
se financer, de manière indépendante.

« On a une réelle reprise. On estime que pour cette année, la croissance sera autour de 2%. Le premier
trimestre est très positif. Les étoiles sont alignées pour que les choses aillent bien. Après, la vraie
question, c’est : est-ce que cette croissance est suffisante ? Et est-ce qu’elle sera pérenne ? », constate
Sofia Tozy, économiste Europe du Sud à la Compagnie française d'assurance pour le commerce
extérieur (Coface).

De nombreux atouts

Pour attirer les investisseurs, le pays dispose, désormais, de nombreux atouts. Depuis 2015 et le
lancement d’un troisième plan d’aide internationale, la Grèce a renoué avec la croissance. Le chômage
recule, même s’il reste le plus élevé d’Europe. Il touche encore 20% de la population active.
► A RELIRE : La Grèce adopte de nouvelles mesures de rigueur pour débloquer le plan d'aide

Athènes a même réussi à dégager un excédent budgétaire de 0,8%, au prix de réformes et de mesures
d’austérité sans précédent, et notamment un contrôle de l’Etat sur les finances publiques ou des coupes
massives dans les retraites.

Une économie toujours fragile

Mais l’économie grecque reste encore fragile. La consommation patine, les investissements des
entreprises restent faibles et plus d’un tiers de la population vit avec moins de 500 euros par mois.

« Toute la question maintenant, c’est de savoir si cette reprise de la confiance va entraîner une
augmentation (du revenu) des ménages, une meilleure santé du marché du travail, et donc, une reprise
de la demande interne qui va pouvoir générer une réelle reprise pérenne. Parce qu’au final, le modèle
économique grec reste beaucoup basé sur la demande domestique », analyse toujours l’économiste
Sofia Tozy.

Surtout, la dette publique grecque représente 180% de son produit intérieur brut. Pour cela, le pays reste
sous surveillance étroite de la Commission européenne.