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Chapitre introductif

La fin de l'Ancien Régime ou les causes de la


révolution

Le concept Ancien Régime prend naissance au début de la révolution en s'opposant à la révolution. Elle a donc
été inventé dès 1789 par Mirabeau pour condamner le système politique antérieur. Le sens péjoratif de cette
expression sert à souligner l'inadaptation du système. Cette expression d'Ancien Régime sera vulgariser, plus
tard, par Tocqueville dans son ouvrage de 1856 L'Ancien Régime et la révolution.
Ce concept a, aujourd'hui, perdu sa connotation péjorative et désigne la période du XVIè à la révolution.

Entre l'Ancien Régime et la révolution, il y a une rupture.


La structure sociale et le mode de gouvernement de l'Ancien régime vont être détruit en 1789. Le changement
est soudain, brutal et radical. Malgré tout, il faut prendre en compte l'évolution qui a pu se produire avant 1789.
Tocqueville a mis en évidence la continuité malgré la rupture entre l'Ancien régime et la révolution. En fait, la
révolution a été un accélérateur en mettant un terme à un régime Ancien mais, dans bien des domaines, elle n'a
fait qu'achever brutalement une évolution pluriséculaires.
En réalité, les institutions anciennes avaient déjà beaucoup évoluées. Par exemple, en matière politique, on a
assisté depuis plusieurs siècles à la montée de l'absolutisme, elle a fortifiée dans le même temps la notion d'Etat,
arrivé à certain degré d'autonomie, l'Etat n'avait plus besoin de la monarchie.
Louis XIV avait déjà conscience de cette évolution « je meurs mais l'Etat demeure ».

Les causes de la révolution


La société française connait des tensions avec le pouvoir royal qui sont l'aboutissement des luttes engagées
depuis des siècles. La société est étrangère au pouvoir et demande des réformes. Un élément nouveau surgit,
c'est la remise en cause doctrinale des fondements du pouvoir.
La philosophie des Lumières propose des nouveaux fondements au pouvoir politique plus en rapports aux
aspirations de la société.

S.1 L'Etat monarchique en crise ou les


causes profondes de la révolution
La société et l'Etat sont caractérisée par l'inadaptation et le disfonctionnement, ces problèmes sont mis en valeur
par les philosophes.

§ 1 L'exaspération sociale
Au milieu de XVIIIè siècle, la France est le pays le plus peuplé d'Europe (hors Russie), et connait un essort
démographique important. 26 millions d'habitants dont 20 millions en campagnes. La population est donc assez
rurale même si l'industrie se développe. La population est, de plus, jeune, en effet, la majorité de celle-ci a
moins de 30 ans.
La France connait une croissance économique: industrie lourde, commerce... Le commerce et les affaires

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prennent de l'importance.
La structure de la société est ancienne, c'est le reflet d'une stratification fondée à l'origine sur des critères
fonctionnelles. Effectivement, la société française est une société d'ordres: le Tiers Etat, Clergé, Noblesse.
Chaque ordre correspond à un statut juridique et juridiquement la société française est hierarchisée et
inégalitaire. Dès le XIVè, XVè, la société se fige sur ses ordres.
La naissance donne des droits et des privilèges. La distinction fonctionnelle ne se justifie plus au XVIIIè.
Cette société est aussi de qualifié de corporative car l'individu est, en quelque sort, effacé par tous les groupes
auquel il est rattaché par nécessité (ordre, travail...).
L'ancienne structure est maintenue au XVIIIè siècle mais elle ne répond plus à l'attente des nouveaux acteurs de
l'époque, au besoin des libertés économiques. Des clivages demeurent et certains défauts sont mis en valeur.
Des tensions, des contestations s'élèvent aussi bien au sein des ordres qu'entre les ordres.

Le clergé
Le clergé comporte deux parties: le haut clergé qui est recruté exclusivement dans la noblesse (1 seul sur 130
évéchés n'est pas noble), en revanche le bas clergé (surtout les campagnes) partage la situation des paysans et
surtout des pauvres. Ce bas clergé ne vit que de la « portion congrue », l'une des ressources la plus importante
du clergé est la « dîme », à l'origine elle équivalait à 1/10 des récoltes. Cette redevance permettait l'entretien des
lieux de cultes,....Elle est percue soit par le haut clergé soit par des seigneurs laïques « decimateur » qui
reversent aux prêtres des petites paroisses une portion infime de la dîme, (congrue signifiant convenable). Les
curés sont en quelques sortes des « salariés », il est arrivé que le roi fixe lui-même par édits le montant
minimum de cette portion congrue. Il y a donc une grande différence entre le haut et le bas clergé.
Le clergé, a un staut juridique uniforme, en plus de sa fonction religieuse assure une assistance aux pauvres et
aux malades et surtout l'enseignement.

La noblesse
La noblesse est l'ordre priviligié par excellence. Le terme de privilèges renvoie aux avantages acquis. La
noblesse n'a que peu de charges aux regards de ses privilèges. La noblesse dispose d'un statut juridique mais à
l'intérieur il y a des grandes disparités surtout de fortune.
Il a d'abord la haute-noblesse de cour, elle vit de rentes, de pensions et de traitements, elle se ruine pour tenir
son rang. Elle occupe de hauts postes surtout de conseil vis à vis du roi. Louis XIV a écarté la haute noblesse
des affaires politiques mais, dès Louis XVI elle monopolise les hautes fonctions. Cette haute noblesse est peu
nombreuses (300 familles).
La haute noblesse qualifiée également d'éclairée, stimulée par l'activité industrielle. Elle s'intéresse au
commerce et à certaines activités industrielles par dérogations (normalement un noble ne travaille pas) comme
le commerce de gros ou colonial.
La noblesse de robe est composé des magistrats des cours souveraines et des conseillers d'Etat. Elle est plus
récente et souvent méprisées par les nobles de race. Elle est souvent fort riche et compte environ 40 000
personnes.
La noblesse éclairée ou noblesse libérale favorable à certains changements recrute dans la haute noblesse et
dans la noblesse de robe. Elle conteste l'absolutisme monarchique sans vouloir perdre leur privilèges.
La moyenne et petite noblesse, souvent rurale, elle se partage entre le service du roi aux armées et la gestion de
ses terres. Elle éprouve de grandes difficultés à se maintenir car elle s'apauvrit. Cette petite noblesse est très
attachée à ses privilèges et au roi.
La noblesse engage à la fin de l'Ancien régime une politique double de réaction:
réaction nobiliaire: la noblesse tente d'accaparer les charges publiques en monopolisant, par exemple le
métier des armes avec l'accord du roi. En 1751: création à Paris de l'école militaire réservée aux
candidats qui ont au moins quatre quartiers de noblesse. En 1781: le ministre de la guerre, le Comte de
Segur obtient une décision du roi qui exige que les grades supérieurs de l'armée soit réservés à la
noblesse de souche (au moins quatre quartiers).
réaction féodale: à partir de 1750 pour lutter contre leur affaiblissement, les nobles remettent en vigueur
les anciens droits féodaux qui étaient tombés en désuétude (droits portant sur les terres, les banalités...).
Ceci provoque l'hostilité des paysans.

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Le Tiers-Etat
Le Tiers-Etat est composée de la majorité de la population, il existe des divisions sociales importantes en sous
sein. Il éprouve une hostilité à l'encontre de la noblesse. L'élite du Tiers-Etat, la bourgeoisie, mène un mode de
vie relativement semblable à celui de la noblesse car elle détient également la fortune mais au point de vue
juridique, elle est dans une situation inférieure.

Progression sociale
En principe, il est possible de progresser dans les ordres mais la progression sociale est, en réalité faible,
l'anoblissement est une récompense pour service rendus, la mobilité sociale sera encouragée sous Louis XIV.
Après Louis XIV, ses successeurs ne pratiquent pas la même politique et ce système d'anoblissement cesse de
fonctionner. Ce moyen de promotion sociale n'existe quasiment plus sous Louis XV et Louis XVI. Au
contraire, les offices anoblissants (plus hautes charges publique qui, une fois acquises procuraient la noblesse)
cessent de circuler ainsi que les plus hautes fonctions de judiciaire (les charges les plus importantes dans le
monde de la finance). Ces offices, charges publiques, sont devenus héréditaires ou pour l'acquisition de ces
charges, il faut faire la preuve de sa noblesse.
Le corps de la noblesse se ferme et la noblesse plus ancienne réagi contre les anoblissements récents. Elle
obtient du roi le monopole de certaines fonctions.

Les privilèges
L'organisation sociale ne répond plus aux besoins de la société, elle fait reposer les avantages sur la naissance et
non le talent ce qui exaspère la bourgeoisie. La bourgeoisie détient la puissance économique et culturelle, elle
est sensible à la philosophie des Lumières et ses idées se focalisent sur l'injustice des privilèges.
Privalex: le clergé est soumis aux tribunaux écclésiastiques et ont des avantages fiscaux. La noblesse a des
privilèges juridiques.
En droit privé, les règles de succession ne sont pas les mêmes. Il y a des tribunaux nobles qui jugent leurs pairs.
La peine de mort n'est pas la même, les nobles ont la tête tranchée tandis que les membres du Tiers Etat sont
pendus. Au XVIIIè, les nobles ne sont plus les seuls à combattre mais il ne payent pas d'impôts. Ainsi, la
noblesse a des privilèges (porter l'épée, chasse, titre....).

§2 Contestations et tensions politiques


A. La monarchie absolue, principe et réalité
Dans un système de monarchie de droits divins, le pouvoir est sans partage. Le roi n'est responsable devant
personne. La souveraineté s'incarne dans le roi. Le pouvoir du roi connait certaines limites notamment morales
et juridiques mais elles s'exercent sans contrôle.
La notion de séparation des pouvoirs est très récente et impensables par la plupart des sujets du roi.
Malgré ses efforts centralisateurs, la monarchie n'est pas venue à bout de toutes les disparités: provinces
diverses aux coutumes variées. Mirabeau à la veille de la révolution: le royaume reste une mosaique de peuples
désunis. Le système administratif est marqué par la disparité. Les rois ont superposé leur administration aux
structures déjà existantes, aucune province n'a le même statut. On arrive à une accumulation, une
sédimentation. Les juridictions ne coincident pas entre elles. La contestation vient du principe de concentration
des pouvoirs alors que la centralisation est imparfaite.
La grande idée sur laquelle l'opinion publique centre sa contestation est le fait qu'il n'existe pas en France de
système représentatif. Le roi est souverain absolu et exerce ce pouvoir sans consulter ses sujets.
Au XVIIIè, l'institution représentative de la nation organisée est tombée dans l'oubli, les Etats généraux ont été
réunis pour la dernière fois en 1614. Il n'y a pas de contrepouvoir en face du monarque.
Les tensions qui se développent se cristallisent sur ce phénomène et elles vont trouver, malgré tout, un relais
dans les Parlements.

B. Les Parlements, force d'opposition


Grâce à la pratique de l'enregistrement et à leur droit de remontrance les Parlements jouent un rôle de premier
plan. Ils sont sanctionnées en 1766 sous Louis XV et, sous Louis XVI ils entendent jouer un rôle actif.

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Ils tentent, tout au long de la deuxième moitié du XVIIIè de se faire reconnaître comme un ensemble unique: le
Grand Parlement de France dépositaire des intérêts de la nation. Ils se disent les portes paroles de l'opinion
publique et précipiteront la France dans la crise pré-révolutionnaire.

§3 Idées nouvelles et propositions de réforme


Au XVIIIè, c'est l'âge d'or de la civilisation des Lumières. La société, qui connait un accroissement des
richesses matérielles et qui est morcellée, s'unifie par la culture de l'époque. Un nouveau pouvoir est en train de
naître, c'est l'opinion publique dont le lieu de prédilection est Paris. Tous les philosophes interviennent et font
connaître leurs positions dont on débat dans les salons. Pensée du XVIIIè revendique un esprit de réforme. Les
propositions de réformes sont nombreuses et les idées ne vont souvent pas dans le même sens. Il y a une remise
en cause du fondement du pouvoir, de son mode d'exercice et des structures de la société. De multiples projets
naissent et sont sources d'inspiration pour la période postérieure.

A. La diversité des projets politiques


Projet de l'équilibre des pouvoirs par Montesquieu
Montesquieu (1689-1755), il évoque l'équilibre des pouvoirs et le libéralisme. De l'esprit des lois en 1748. Il
condamne l'absolutisme et propose une doctrine juridique du pouvoir limité: il faut que le pouvoir arrête le
pouvoir.
Il analyse les différents régimes politiques, les classe, soit république, soit monarchie, soit despostisme. Chaque
régime se caractérise par sa nature. La nature de la République démocratique est d'être gouverné par le peuple
tout entier. Dans le régime aristocratique, la souveraineté appartient à un petit nombre. La nature du régime
monarchique est d'être gouvernée par un seul selon des lois fixes et établies. Dans le régime despotique, un seul
individu gouverne selon sa propre volonté.
Tout régime politique se caractérise non seulement par sa nature mais aussi par son ressort c'est à dire par ce
qui fait agir le gouvernement. Dans la démocratie c'est la vertue (civique). Le principe de l'aristocratie est la
modération. Dans la monarchie, le principe est l'honneur. Par définition, un système monarchique n'est pas
égalitaire. Dans un régime despotique, c'est la crainte qui caractérise le régime.
Chaque régime peut dégénérer.
Montesquieu n'envisage pas un régime idéal valable en tout temps et en tout lieu. Tout système est fonction
d'un certain nombre de règles ou de lois différentes selon l'époque et le lieu. Montesquieu a une préférence pour
la monarchie tempérée. On a parfois dit que Montesquieu était un pré-libéral. La monarchie tempérée est
instauré grâce à une distribution des pouvoirs selon la règle du non cumul. Il existe, pour Montesquieu trois
fonctions: exécutif, législatif et judiciaire, la fonction législative étant supérieure aux autres. La fonction
législative prédominante ne doit pas avoir la primauté politique en étant concentré dans un organe unique, elle
doit être partagée, balancée entre plusieurs organes. Pour éviter l'empiètement d'un pouvoir sur un autre, il faut
séparer les organes sans cloisonner leur action.
C'est la séparation des pouvoirs. En matière sociale, Montesquieu n'est pas novateur, il est partisan d'un
conservatisme social et favorable aux réactions nobiliaires. Pour lui, la modération du pouvoir se trouvera dans
le partage des pouvoirs entre différentes puissances: roi, noblesse et peuple. La noblesse est appelée à jouer le
rôle de corps intermédiaire comme rempart des libertés.

Approche de Rousseau: souveraineté populaire ou la subordination de l'exécutif


Du Contrat social de 1762, Rousseau est né en 1712 et meurt en 1778. Il pose une nouvelle vision de la
souveraineté. Pour lui, la souveraineté réside dans l'ensemble des citoyens qui forment le corps social ce qui
explique les termes de souveraineté populaire. La souveraineté est inaliénable, indivisible et perpétuelle. Selon
Rousseau, la souveraineté appartient au peuple et non plus au roi, cette souveraineté demeure absolue ce qui
signifie que la démocratie comme la monarchie ne tolère aucun fractionnement des pouvoirs. Il n'y a donc pas
de séparation des pouvoirs.
La souveraineté appartenant au peuple, elle consiste dans la volonté générale qui s'exprime par la loi « la loi est
l'expression de la volonté générale ». Le pouvoir législatif appartient au peuple, il ne peut pas le partager.
Toutefois, le peuple souverain ne peut pas nécessairement exercer au jour le jour cette souveraineté, il peut
donc déléguer l'exécution de la loi à des commis, des mandataires et non à de véritables représentants.
Rousseau pense que si celui qui fait la loi et le même que celui qui l'exécute, il pourrait se préoccuper d'intérêts

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particulier au lieu de l'intérêt général. Il ne s'agit pas de séparer les pouvoirs, la souveraineté appartient au
peuple et il y a un organe spécialisé subordonné que Rousseau appelle gouvernement (exécutif) qui est chargé
d'exécuter la loi.
Le meilleur système politique, pour Rousseau, est la démocratie directe, néanmoins cela est impossible en
pratique. Rousseau opte donc pour une démocratie semi-directe dans laquelle les pouvoirs sont confondus dans
le souverain (le peuple) mais exercé par des organes spécialisés. Rousseau propose un mandat impératif qui est
indispensable pour que le peuple puisse contrôler les gouvernants.

B. Les modèles politiques étrangers


Dès le XVIIè en Angleterre et au XVIIIè en Amérique du Nord, deux révolutions politiques se produisent cela
donnent naissance à de nouveaux régimes politiques qui mettent en pratique des concepts nouveaux et rejettent
le despostisme.
En Europe, un certain nombre de pays opte pour l'absolutisme éclairé

I. Le modèle anglais
C'est une monarchie tempérée qui respectent les libertés.
Elle est né de la révolution politique du XVIIè. Le roi d'Angleterre, Charles I Stuart a voulu fonder un régime
de monarchie absolue mais a rencontré une forte opposition. En 1649 la monarchie est renversée et le roi
exécuté. Il s'ensuit une période de république mais dès 1660 la monarchie est rétablie.
1688-1689: Glorieuse révolution qui aboutit à la destitution du roi, il sera remplacé par son gendre. Le roi et la
reine doit désormais accepter une déclaration de droits qui posent des limites strictes au pouvoir « Bill of
rights ». Le Parlement (composé de la Chambre des Lords et de la Chambre des communes) devient le centre de
décision politique.
Ce modèle anglais séduit beaucoup en Europe, J.Locke théorise ce modèle. Il considère que les hommes
possèdent des droits naturels au premier rang desquels se situent la liberté et la propriété (sens large: personne
et biens). Pour lui, si les hommes se constituent en société politique, s'ils se donnent des lois ce n'est que pour
garantir leurs droits individuels. Le pouvoir politique tire sa légitimité du consentement des individus, acte de
confiance (« trust »). Il parle déjà de contrat, idée reprise plus tard (Rousseau).
Pour que la monarchie modérée parviennent à cet objectif, il faut que le pouvoir soit partagé: exécutif, législatif,
fédératif (relations internationales). Tout gouvernement qui outrepasse ses limites peut être sanctionné car les
individus ont un droit de résistance à l'opression.

II Le modèle Américain
Dès 1765, les colons britanniques des colonies protestent contre les charges imposées par l'Angleterre. Les
représailles de cette rebellion conduisent les colons a formé un Congrès qui décide du boycottage des
marchandises anglaises. L'intransigeance du roi d'Angleterre conduit à la guerre.
Le 4 juillet 1776, la déclaration d'indépendance est adoptée. La guerre contre l'Angleterre se poursuit, elle est
soutenue par la France. L'indépendance est accordée en 1782. En 1787, une déléguation élabore une
Constitution fédérale. C'est la première grande république démocratique dotée de déclaration de droits.
Cette révolution servira d'exemple en France.

III L'Europe
La doctrine de la monarchie éclairée, les souverains utilisent le pouvoir au profit de l'amélioration de l'homme,
de son éducation et luttent contre les forces de l'obscurantisme et leur politique se traduit, en principe, par la
libération de l'homme des cadres traditionnels. Il lutte pour la tolérance religieuse, la réduction des privilèges,
l'intervention étatique en économie...
Souvent les monarques se proclament eux mêmes souverains absolus éclairés.
Les philosophes français ont manifestés la plus grande bienveillance devant ces despotes éclairés tandis qu'ils
luttaient contre la monarchie française.

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S. 2 Des réformes impossibles ou les causes
immédiates de la révolution
En France, nombreux sont ceux qui ont conscience des problèmes et veulent des réformes.

Apercu de la situation
En 1780, le Roi, la Reine et la Cour sont des gouvernants. Louis XVI n'avait que 20 ans lorsqu'il est monté sur
le trône.
A l'origine, comme ce n'était pas l'aîné, il n'était pas destiné au trône. Il a recu une très bonne éducation et,
lorsqu'il arrive au pouvoir est marié à Marie Antoinette. Il a beaucoup de bonnes intentions mais n'a pas de vrai
goût pour le gouvernement et pas la volonté pour les mettre en pratique.
Marie Antoinette est, elle, mal préparé pour le trône de France, elle est vite désapprouvée.
La Cour qui avait été domestiqué sous Louis XIV est devenue un symbole de revanche sous Louis XVI: le Roi
se soumet à la volonté de la noblesse.
Louis XVI redonne une certaine popularité à la monarchie. Il précipite la France dans la crise en augmettant la
dette suite à l'aide apportée aux insurgés d'Amérique.
Des réformes doivent être effectuées suite aux dettes qui augmentent et aux ressources limitées. Le budget est
alimenté essentiellement par les impôts qui pèsent sur les moins riches. Les impôts ne peuvent être augmentés
et l'égalité devant l'impôt serait la solution. Mais un dialogue de sourd s'engage, deux mouvements s'affrontent:
Un mouvement réformateur qui se réclame du libéralisme politique conduit par la noblesse et la
bourgeoisie éclairée. Ce mouvement entre en lutte directe contre l'absolutisme monarchique et
réclament une participation au pouvoir politique. Si le roi tente quelque chose on l'accusera de
despotisme.
Un mouvement réformateur d'origine monarchique parfois autoritaire, il est hostile au partage des
pouvoirs mais favorable aux réformes sociales. Ce mouvement est soutenu par le roi mais non par les
privilégiés et si le roi tente quelque chose on l'accusera d'arbitraire, d'inégalitaire.
Il y a donc un double mouvement de contestation.

§ 1 Entre réformisme autoritaire et réformisme


libérale: 1774-1781
Il faut établir plus d'égalité devant l'impôt pour assainir la question financière. La difficulté pour le roi est de
contourner l'opposition des privilégiés et notamment des Parlements.

A. La réforme de Maupeou 1771-1774


Les Parlements estiment être la seule opposition au pouvoir royal. Louis XV a affirmé l'absolutisme
monarchique, il lui faut également opérer des réformes notamment relatives aux impôts et, en 1770 le
contrôleur général des finances souhaiterait créer un impôt unique fondé sur la terre. Les parlementaires étant
des privilégiés, ils refuseront probablement cette réforme.

Le Chancelier (ministre de la justice) fait une proposition en évoquant la réforme de la Justice car le sytème est
archaïque, c'est la réforme de Maupeou de 1771-1174 réalisée par un édit de 1771.
Le Parlement de Paris va subir de nombreuses restrictions:
le Parlement de Paris a le droit d'enregistrement mais non de remontrances
le ressort du Parlement de Paris est réduit, décomposé en 6 circonscriptions
en province sont installés 6 Conseils supérieurs (Cour de justice). Dans ces tribunaux, les magistrats
sont des fonctionnaires payés par le trésor, révocables et ne bénéficient donc plus la vénalité des offices.

Cette réforme est bénéfique, la population est plus proche des tribunaux, la justice est moins lente et moins
couteuse. Cette réforme est boycottée par les parlementaires mais aussi par la population qui estime que cet acte
est une preuve de l'autoritarisme du roi. Toute fois la réforme entre en vigueur. Louis XV meurt en 1774 et
Louis XVI qui souhaite être populaire supprime cette réforme et les Parlements sont rappelés. Ils vont
désormais mener une opposition systématique au pouvoir.

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B. Les réformes libérales
Louis XVI s'entourent de ministres réformateurs dont Turgot. Ce dernier obtient du roi la libéralisation du
commerce des grains en 1774. Il demande également la supression de la corvée royale (impôt en nature qui
pèse sur les ruraux et qui consiste à demander à chacun de travailler gratuitement quelques jours par an pour
l'entretien des routes et des canaux). Enfin, il demande la libéralisation du monde du travail avec la supression
des corporations.
Turgot ne voit pas pourquoi l'ensemble des individus ne paient pas la corvée ce qui conduit à toucher aux
privilèges. Les réformes proposées par Turgot vont se heurter à une opposition des classes et notamment du
Parlement et de la noblesse. Louis XVI fait machine arrière et cède, en 1776 Turgot quitte le gouvernement.
Louis XVI fait appel à un nouveau ministre: Necker.

C. Les réformes de Necker


Il est nommé en 1777, c'est un banquier désigné à la tête du royaume, il est directeur des finances. Il devient
très populaire et lance une politique d'emprunt traditionnel ce qui rassure la population.
Un problème va se poser lorsque Necker propose de publier pour la première fois en France un budget de l'Etat.
Il donne donc un compte rendu mais il est truqué pour faire apparaître un bilan positif, il est appelé conte bleu.
Il révèle les dépenses de la Cour ce qui scandalise la population (du montant des dépenses) et la Cour (pour
avoir publié cela).
Necker crée des Assemblées provinciales, administration décentralisatrice dans une ou deux régions. Les
Parlements sont hostiles et s'opposent à cette nouvelle réforme. Le conte bleu a fait chuter la popularité de
Necker ce qui l'oblige à démissionner en 1781.

§2 La crise pré-révolutionnaire 1781-1788


On assiste à la montée en puissance de l'opposition.

A. Calonne
Le roi fait appel à un nouveau ministre, Calonne. Conscient de la nécessité des réformes, il reprend l'idée d'un
impôt général sur tous les propriétaires et l'appelle la subvention territoriale. Soutenu par le roi, il essaie de
mettre en oeuvre cette réforme, il convoque une Assemblée de notable. Cette une institution qui ressemble un
peu aux Etats Généraux, des représentants des trois ordres sont convoqués à la discrétion du roi (sans élection,
désignation par le roi, nombre non équitable).
Cette Assemblée est réunie de février à mai 1787. Pour être sûr que l'Assemblée accepte les réformes ont lui
propose d'adopter de nombreuses réformes. Néanmoins, l'Assemblée s'estime incompétente pour consentir à la
subvention territoriale en présentant le fait que le consentement à l'impôt est du domaine des Etats Généraux.
Calone est congédié en avril 1787.

B. Lomenie de Brienne
Le roi décide de désigner son opposant le plus viruleux, Lomenie de Brienne en tant que principal ministre. Il
est libéral en matière politique mais bénéficie d'un courant favorable.
Lomenie de Brienne constate vite qu'il n'y pas de véritables options politiques pour régler la situation. Les
notables refusent toujours la subvention territoriale. L'Assemblée des notables s'achèvent en mai 1787.
Lomenie de Brienne poursuit la réforme administrative inspirée par la philosophie des Lumières, il fait adopter
des mesures libérales comme la supression de la question préalable en matière de justice tout comme la sellette.
En 1787, il crée un état civil pour les protestants.
Les Parlements refusent toujours toutes les mesures.
En mai 1788, le roi décide une dernière réforme de la Justice sous l'impulsion du Garde des Sceaux Lamoignon
où il propose une nouvelle fois un démentelement du Parlement de Paris mais, là encore le lit de justice tenu
pour l'enregistrement est dénoncé comme un coup d'état. C'est la révolte en France.

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C. les etats généraux comme seule solution
En 1788, à Grenoble se produit la journée des tuiles. La réforme de la justice est refusée par les Parlements. Le
roi décide l'exil des Parlements. Les parlementaires de Grenobles sont exilés par des troupes. La population
lance des tuiles sur les troupes qui ne peuvent pas emmener les parlementaires.
Lors de l'Assemblée de Vizille, représentant les trois ordres, le Tiers Etat est doublé, l'Assemblée réclame la
tenue d'Etats Généraux. Mounier et Barnave font partie de cette Assemblée.
Les Etats-Généraux deviennent inéluctable.
Le 8 août 1788 le roi annonce la réunion des Etats Généraux pour le 1er mai 1789.
Quelques jours plus tard, la banqueroute de l'Etat est déclarée. Le ministre Brienne est renvoyé et le roi rappelle
Necker. Les Parlements sont rétablis. Il y a une opposition généralisée aux réformes et il faut remarquer la
faiblesse du roi qui ne parvient pas à s'imposer.

S.3 Le recours aux Etats Généraux


§ 1 La préparation des Etats Généraux
Les Etats Généraux n'ont pas été réunis depuis plus de 150 ans, ils se rattachent à la structure traditionnelle de
la France, c'est la réunion des trois ordres de la société. La représentativité sous l'Ancien Régime est différente
de notre représentation actuelle: les individus, la nation abstraite ne sont pas représentés, au contraire, on
représente la nation organisée c'est à dire l'ensemble de corps, de villes et les ordres.
Le Tiers Etat étant plus nombreux, il apparaît normal de doubler le Tiers Etat mais cela ne signifie rien si
chaque ordre possède une voix. Il se pose la question de savoir si le vote aura lieu par ordre ou par tête.
Les parlementaires se scindent en deux camps:
les aristocrates, libéraux en matière sociale mais conservateurs en matière politique qui souhaitent que
l'on vote dans le maintien des formes traditionnelles: par ordre
les patriotes pour qui les réformes sociales et politiques sont liés, ils souhaient le doublement du Tiers
Etat et le vote par tête.

Les notables se prononcent pour le doublement du Tiers mais contre le vote par tête.
Des contestations s'élèvent de la part de la population.
Sur les conseils de Necker, en janvier 1789, le roi fait parvenir un règlement électoral: le doublement du Tiers
est acquis mais il ne se prononce pas sur le vote (par tête ou par ordre).
L'abbé Sieyes prend la tête des patriotes.
Mirabeau, membre de la noblesse sera élu avec Sieyes par le Tiers Etat pour qu'ils les représentent.

La circonscription de base est le baillage. Tous les baillages ont le même nombre de représentants.
A l'origine les députés sont titulaires d'un mandat impératif.
En même que sont élus les députés, des cahiers de doléances sont rédigés pour porter à la connaissance du roi,
les besoins de ces sujets. Ils sont rédigés au sein de chaque ordre. Tous les cahiers rappellent leurs attachement
au roi. On condamne l'arbitraire, l'absolutisme à travers parfois l'intendant de province.
Enormément de cahier demande une représentativité et que la compétence des Etats Généraux soit élargie.
Les cahiers du Tiers demande l'abolition des droits fédodaux, des privilèges et du système fiscal.
Ces doléances se transforment souvent en exigeances, on attend désormais la réunion même des Etats
Généraux.

§ 2 La composition des Etats Généraux


Plus de 1100 députés sont présents.
Les représentants du Clergé sont à peu près 300, le Haut Clergé est plutôt minoritaires (seulement une
cinquantaine de prélats). Ce bas clergé est lui même très hostile aux privilèges aristocratique, il constituera un
apport décisif pour le Tiers Etat.

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La noblesse comprend environ 300 représentants. La moyenne et petite noblesse compte plus de représentants
que la Haute noblesse, l'esprit conservateur y est très affirmé.

Le Tiers Etat compte 500 membres et surtout la bourgeoisie. Une centaines de personne viennent de l'industrie,
du commerce. Il y a une écrasante majorité de juristes de professions (magistrats: + de 200, avocats: + de 150
dont Robespierre, Mounier, Barnave..) Il y a également une cinquantaine de propriétaires terriens et quelques
personnes choisit pour leur réputation dont Sieyès et Mirabeau.
Tous sont favorable à la promotion de l'individu et de ses droits. Il y a deux orientations principales en matière
politique:
courant modéré dans la tradition de Montesquieu qui veut négocier
courant plus radical qui ne veut aucune négociation avec l'aristocratie, il estime que la nation doit être
une et qu'il ne faut plus d'ordres.

Au mois de mai 1789, les Etats Généraux vont s'ouvrir. Il faut souligner le fait que la crise politique et sociale
de 1789 se trouve accélerer par une crise économique et sociale sans précédents. Suite à une inondation et une
sécheresse, les récoltes sont nulles en 1787, 1788. Dans l'agriculture, il y a une crise grave.
En 1786 a été conclu avec l'Angleterre un traité de libre échange « Traité d'Eden », l'Angleterre est un pays plus
industrialisé qui va inonder le pays de produits manufacturés. Le chômage se développe. C'est une situation très
précaire pour une partie de la population.

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PREMIÈRE PARTIE:
L'ÈRE DES RÉVOLUTIONS 1789 - 1799

Chapitre 1
La révolution des juristes
5 mai 1789 – 20 septembre 1792
L'Assemblée nationale constituante et
l'Assemblée législative

En quelques semaines, on a une rupture entre deux conceptions: l'Ancien Régime, absolutisme monarchique et
inégalité contre la souveraineté nationale et égalité. Cette rupture est politique, sociale et philosophique.
La Monarchie subsiste mais devient limitée.
Les Etats Généraux s'ouvrent alors porteurs de tous les espoirs, dès 1789 il y aura un énorme chantier de
réforme qui sont le fait des Etats Généraux qui se transformeront et s'approprieront la souveraineté.

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S.1 La révolution en marche ou les étapes
de la révolution
Les Etats Généraux s'ouvrent le 5 mai 1789. Pour le roi il s'agit d'une réunion limitée à son rôle de conseil, ainsi
il y a un malentendu entre eux et le roi. Pour les représentants des différents ordres, c'est l'occasion de participer
au pouvoir.
Le conflit débute dès le premier jour et très rapidement, les représentants du Tiers Etat s'émanciperont et se
proclameront Assemblée Nationale.
La première révolution est donc juridique et pacifique.

§ 1 La révolution juridique et la naissance de


l'Assemblée Nationale
Beaucoup de personnalités sont présentes. Très rapidement les représentants font preuve de détermination.

A. L'ouverture des Etats Généraux et la victoire du


Tiers Etat
Le 5 mai s'ouvre les Etats Généraux dans une immense salle. Cette journée se révèle décevante pour les
représentants du Tiers Etats avec un cérémonial archaïque (ordre d'arrivée, discours dont celui de Necker qui
reste muet quand au fonctionnement des Etats Généraux...). Les députés du Tiers Etat sont prêts à s'opposer à
tous ce qui discrimineraient le peuple, ils vont avoir l'occasion de se manifester très rapidement.
Les députés refusent que la vérification des mandats de pouvoir soient faites ordre par ordre.
Ils refusent également de siéger séparement, ces députés du Tiers occupent la salle des menus plaisirs et ne
voulant pas se mettre dans l'inégalité, ils attendent que les autres députés les rejoignent pour une vérification en
commun. Cette inaction dure un mois. Pendant cette période, les députés se rejoignent par groupes: le club
breton.... Sur une suggestion de Sieyes, les députés du Tiers décident de passer à l'action.
Le 10 juin, le Tiers Etat met les autres ordres en demeure pour qu'il le rejoigne. Dès le 12, le Tiers Etat
commence la procédure de vérification. L'appel nominal commence tous ordres confondus. Assez rapidement,
19 Curés se rallient au Tiers Etat et répondent à l'appel. La noblesse refuse mais les opérations se poursuivent.
Le 17 juin l'appel est terminé et on connait les noms des représentants vérifiés de la nation, sur la suggestion de
Sieyès, l'Assemblée décide de s'appeler Assemblée Nationale.Cela annonce le transfert de souveraineté, cette
rupture, puisque les ordres se sont unis, c'est la fin de la vieille structure des ordres. L'Assemblée décide de
prendre les dispositions qui s'imposent. Dès le 19 juin, le clergé se joint à l'Assemblée, la Noblesse décide, elle,
d'en appeler au roi. L'Assemblée a le pouvoir d'interpréter et de présenter les volontés de la nation.
Il se pose le problème de la cohabitation avec le roi.

B. Deux pouvoirs antagonistes: l'Assemblée et le Roi


ou la résolution de l'Assemblée
L'Assemblée autorise la perception provisoire des impôts mais elle décide que, ultérieurement, toute perception
sera soumise au vote de l'Assemblée. L'Assemblée crée des comités ou groupes de travail.
Le 20 juin, la salle des menus plaisirs est fermée par le roi, les députés décident de se réunir dans une autre
salle, la Salle du Jeu de Paume et un serment solennel est prononcé: de ne pas se séparer avant d'avoir donné
une Constitution à la France par Bailly. Serment du Jeu de Paume.
Le 23 juin, le roi tient une séance royale, c'est à dire une séance sollennelle avec tous les députés. Le roi résiste
et déclare nul les délibérations prises par les députés du Tiers Etat le 17 juin. Le roi essaie de maintenir
l'absolutisme, le roi annonce enfin un programme de réforme. Ce programme inclut le vote de l'impôt, de
l'emprunt, du budget par les Etats Généraux, il reconnaît la liberté individuelle de conscience, la liberté de la
presse mais le roi se borne à souhaiter que les privilégiés acceptent l'égalité fiscale sans rien n'imposer. Le roi
réccuse l'égalité des droits et l'Assemblée Nationale. Le roi ordonne la séparation des trois ordres et
l'Assemblée refuse d'obéir et confirme sa détermination.
Dans les jours qui suivent, le clergé et la plupart des représentants de la Noblesse rejoignent l'Assemblée.
Face à cette situation, le 27 juin, le roi ordonne lui-même aux privilégiés de délibérer avec le Tiers. C'est ce que

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l'on a appelé la fusion des trois ordres. L'Assemblée Nationale représente l'ensemble du peuple. Le 7 juillet
l'Assemblée nomme un comité de Constitution.
Le 9 juillet, l'Assemblée se proclame Assemblée Nationale Constituante. L'absolutisme est mort, et les Etats
Généraux sont devenus une Assemblée Nationale mandatée par le peuple. La révolution est une révolution
légaliste jusqu'à lors mais elle devient populaire.

§ 2 La Révolution populaire
A. Un symbole: le 14 juillet 1789
Le roi, pour rétablir le calme dans la capitale convoque des forces armées. La population parisienne suit les
évènements avec attention, elle est en état d'alerte et de réunion permanente. Elle interprète le recours aux
forces armés comme un complot contre l'Assemblée. Le 11 juillet, le roi renvoit Necker qui était très populaire,
le roi nomme plutôt des ministres de tendances aristocratiques ce qui provoque colère et panique à Paris. Le 12
juillet, des manifestations se produisent et un conflit entre la population et l'armée. Le 13 juillet, Paris est en
arme, et se crée de façon spontané une milice bourgeoise. Le 14 juillet a lieu la prise de la Bastille, prison d'Etat
considéré comme le symbole du despotisme. La population cherche à s'armer.Le soir, la Bastille tombe. C'est
un symbole qui s'effondre, c'est l'émancipation collective d'un peuple.

B. La révolte municipale
A Paris, la Bastille est tombée, la bourgeoisie s'empare de l'hotel de ville et crée un comité qui se dote d'une
mairie, c'est la première commune qui a un maire Bailly, une force armée, la garde nationale sous le
commandement de Lafayette.
Paris devient le centre de la révolution. A travers toute la France, un certain nombre de ces villes connaissent
une révolution municipale, l'administration d'Ancien Régime s'effondre. Les revendications sont populaires
mais aussi bourgeoises. Dans de nombreuses villes, on voit s'effacer les autorités de l'Ancien Régime. L'arrêt de
la levée des impôts caractérise cette révolution. La bourgeoisie s'impose et se crée un peu partout des gardes
nationales. La garde nationale est une milice bourgeoise.

C. L'attitude du roi et de son entourage


Le roi annonce le retrait des troupes et rappel Necker. Il se rend à Paris où il recoit de Bailly la cocarde
tricolore, emblème nouveau de la révolution triomphante. La cocarde est un accessoire très à la mode. Pour
symboliser la reconnaissance des patriotes on accroche au chapeau la cocarde.
Louis XVI semble approuvé ce qui s'est passé.
Le peuple reste armée (fusils,...). C'est à ce moment que commence les migrations d'un certain nombre de
personnages hauts placés comme le futur Charles X. Il discrédite la monarchie à l'étranger. Il y a un fossé entre
une certaine noblesse et la nation.

§ 3 La révolution sociale ou l'élargissement de


la vie politique au monde rural
Le mouvement révolutionnaire se propage dans la campagne dès la fin de juin. Ces violences vont obligées
l'Assemblée Nationale à prendre des mesures.

A. La grande peur
C'est un mouvement de panique qui se transforme en volonté d'action et qui soulève la campagne française au
cours de la deuxième quinzaine de juillet.
Le monde paysan n'est pas représenté aux Etats Généraux, et il entend les rumeurs de Versailles, de Paris mais
il reste très mal informé. La Grande Peur traduit les angoisses de ce monde rural qui refuse oublié et qui
souhaite participer aux changements.
C'est une peur collective alimentée par des nouvelles déformées, on annonce des pillages, la destruction des

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récoltes.
Les paysans décident de s'armer et de prendre leur propre bastille, ils vont demander notamment aux
propriétaires, aux nobles, de leurs rendre des comptes. Ils se rendent dans les chateaux, brulent les terriers (qui
contiennent les textes féodaux). Tous ces paysans posent le problème de la féodalité. Les députés doivent
s'attaquer à ce problème.

B. La nuit du 4 août
L'Assemblée était en train de réfléchir à une déclaration des droits de l'homme et du citoyen, la question de la
propriété n'était pas d'actualité mais, face au problème soulevé par les paysans, les députés décident d'examiner
la question de la propriété.
La loi doit triompher du désordre et protéger les propriétés. Le processus qui aboutit en définitive à l'abolition
des privilèges se passe en deux temps. Une première phase politique, en effet, la question qui se pose est celle
de la protection de la propriété. Il est inconcevable de liquider simplement ces droits de propriétés. La propriété
fait parti du droit féodal.

Le vicomte de Noailles et le duc d'Aiguillun, deux nobles libéraux interviennent et expliquent que la Noblesse
doit montrer l'exemple et renoncer aux privilèges. Ils plaident l'indulgence pour les paysans opprimés par les
seigneurs et proposent une solution politique à la crise. Ils dénoncent la féodalité comme la plus grande
malédiction nationale et propose l'égalité de droit.
Ils veulent sacrifier les privilèges. Les députés vont défiler à la tribune et chacun propose le renoncement à un
privilège. Cette nuit du 4 août est un élément considérable.

Cela ressemble plus à un marchandage. Pendant une semaine, les députés vont discuter pour mettre au point un
texte final qui révisent à la baisse les privilèges.
Le décret du 11 août revient effectivement sur certaines choses, ces dispositions précisent quelles sont les
privilèges auxquels on renonce, il dispose que l'Assemblée Nationale détruit entièrement le régime féodal. Ces
termes de « régime féodal » est utilisé sans distinction entre les institutions, l'Ancien Régime...

Ce décret distingue deux catégories de droit, d'une part il y a les droits personnels, et d'autre les droits réels.
Les droits personnels sont ceux qui pèsent sur les personnes, ils sont abolis sans indemnités (le servage, les
droits seigneuriaux, les incapacités, les droits des nobles....).
Les droits réels, ceux qui pèsent sur les terres sont des droits rachetables c'est à dire que les paysans peuvent
devenir pleinement propriétaire en rachetant le droit que possédait le seigneur. Il abolit également des
privilèges qui ne touchent pas à la féodalité comme la dîme sans indemnités alors que pendant la nuit du 4 août
elle était abolie mais indemnisée (puisqu'elle rendait des services).
La vénalité des charges est abolie, ceux qui exercent une charge public n'en sont plus propriétaire, ellels sont
rachetables par l'Etat.

Désormais, la justice doit être gratuite, l'Art.9 pose le principe de l'égalité devant l'impôt puisqu'il supprime les
privilèges pécuniers. Fondement de l'unification. Il existe un droit commun unique, applicable universellement
à chaque procès, il n'y a plus de catégories intermédiaires.

Les droits féodaux sont pour la plupart rachetables et les propriétaires de ces droits n'ont pas à en faire la
preuve. Le malaise paysan va se développer jusqu'à ce qu'en 1792 ces droits soient supprimés.
Les représentants aux Etats Généraux affirme l'unification de la France, elle va consacré dans la DDHC.
Certaines dispositions vont être prises afin de supprimer certains corps.

13
S. 2 L'affirmation d'un nouvel ordre
politique ou le travail préparatoire de
l'Assemblée constituante
Le but est de donner à la France une nouvelle Constitution. Pendant deux ans l'Assemblée doit se consacrer à
l'ensemble des réformes. Elle va d'abord poser les principes.

§ 1 L'adoption de la DDHC
C'est la consécration de la rupture avec l'Ancien Régime.
Les préoccupations des constituants sont doubles: fonder l'ordre futur et protéger les hommes.

A. L'origine et les enjeux


La DDHC est un texte préalable et indépendant de la Constitution.
Certains pensaient qu'il fallait qu'elle fasse partie de la Constitution. Maloue, Lally-Tollendal, Mounier sont des
monarchiens, anglomanes pour qui ils n'est pas nécessaire de faire une déclaration des droits. Pour eux, il y a
danger à séparés l'énoncé abstrait des droits et la mise en forme concrète.
Pour d'autre, l'enjeux est ailleurs, il faut rechercher un fondement indiscutable à la souveraineté de la Nation.
Les députés se sont auto-proclamés représentants de la Nation, une déclaration de droits assurera leur légitimité.
Il faut faire reposer la souveraineté sur un fondement véritable, étranger à la tradition monarchique. Ce
fondement est le droit naturel.
Par le droit naturel, les hommes sont doués de raison, égaux et dépositaires de la souveraineté. Par contrat, ils
peuvent déléguer l'exercice de leur souveraineté à un corps ou à un individu mais cette déléguation est toujours
révocable. La Nation souveraine peut, légitimement changer ses institutions et elle peut notamment se donner
une Constitution.
Elle est adoptée le 26 août, c'est un texte incomplet et mal ordonné mais qui sert de fondement à la Constitution
et aux réformes. Ce texte est en quelque sorte la charte du libéralisme individuel.

B. Les droits de l'homme


La libertu et l'individu sont au coeur de ce texte
L'essence même de ce texte est le droit naturel. Les droits de l'homme sont pré-existants, ils sont antérieurs à
toute société, à toute loi positive.
La déclaration n'est pas un texte constitutif des droits, elle constate les droits propres à l'homme qui existent.
Les droits de l'homme sont inaliénables, imprescriptible, sacrés, universelles.
Ces droits s'imposent à l'Etat lui-même qui doit les respecter, la finalité de toute société et le maintien de ces
droits. Le droit positif, la législation doit respecter le droit naturel afin d'être juste. Le caractère universel de ces
principes est accentués par la référence à l'Etre suprême sans nommer aucune religion.

Les droits de l'homme sont:


● liberté
● égalité
● propriétés
● suretés
● résistance à l'oppression

Ils sont établis sans ordre particulier ni classement. Certains sont qualifiés de naturel et imprescriptible comme
la liberté, la propriété, la sureté et la résistance à l'oppression. L'égalité est posé comme un principe essentiel.

I. L'Egalité
Elle est entendu au sens civil et juridique, Art.1; 6 et 13. C'est une marque de la victoire sur les aristocrates, sur
le roi. Egalité devant la loi qui est la même pour tous. Tous sont soumis à la même loi, c'est la fin des privilèges
et des lois particulières. Egalité devant l'emploi, c'est la fin des emplois réservés en fonction de l'échelon

14
sociale. La priorité est donnée au talent, au mérite, à la vertu.
Il y a une égalité fiscale, c'est la fin des privilèges, cette déclaration dans ces Art.13 et 14 posent également
toute une doctrine de la fiscalité qui prolonge la doctrine de la propriété.
Selon la déclaration des droits, l'impôt n'est légitime qu'à proportion de la nécessité de la conservation de l'Etat.
L'impôt est légitime pour assurer cet Etat mais on fait un lien entre la garantie des droits et la force publique. Il
faut une proportionnalité entre la garantie et le prélèvement et cette contribution doit reposer sur le
consentement des assujettis.
L'égalité civile est proclamée, l'égalité politique est proclamée en apparence par la déclaration puisque dans
l'Art.6 on peut lire que la loi est l'expression de la volonté générale et tous les citoyens ont le droit de
conccourir à sa formation (par lui-même ou par ses représentants). Il sera pourtant institué un suffrage
censitaire. Il existe des inégalités de faits puisque la DDHC souligne que l'égalité peut être rompue car les
facultés, talents, vertues peuvent être différents.
Pour les hommes de 1789, l'Etat n'a pas pour fonction de réduire les inégalités autre que juridique.

II. Les autres droits: les droits naturels


Le premier de ces droits est la liberté, en effet c'est le droit fondamental, naturel par excellence et dont le
prolongement naturel est la propriété, dont la garantie est la sureté et en cas de non respect la sanction est la
résistance à l'oppression.
Il existe diverses libertés, propres aux différents groupes, c'est l'existence de ces libertés qui garantit les libertés
individuelles.

Plusieurs définitions de la liberté: avant la révolution, des contestations s’élèvent contre la monarchie absolue
au nom de la liberté. Mais il s’agissait des libertés, et non pas de la liberté: les libertés, au 18 ème siècle sont le
respect par le roi des libertés (privilèges, franchises, immunités considérés comme indissociable de la société et
de la monarchie de l’époque).

Ainsi, Montesquieu explique que la diversité des libertés, l’existence de libertés propres aux différents
groupes, peut garantir la pluralité des intérêts individuels, empêchera la suprématie d’un seul. De là,
Montesquieu tire la théorie de l’équilibre réalisé au moyen de poids et de contrepoids. Donc la neutralisation
des intérêts assure la liberté des individus. C’est ce qu’on appelle parfois la liberté aristocratique ou à
l’anglaise: cette liberté naît d’une extrême diversité, elle est indifférente à l’égalité.

Cette conception se heurte à celle de Rousseau qui est celle de la majorité des révolutionnaires: la liberté est
liée à la souveraineté du peuple, qui forme une unité, un tout, à partir « du fourmillement des opinions
individuelles ». Le citoyen ne va pas puiser sa liberté dans la diversité des statuts, mais dans l’unité de droits
identiques.

C’est un droit abstrait, malgré tout défini dans les articles 4 et 5 de la DDHC. Être libre, c’est n’être pas
empêché d’agir selon les buts qu’on s’est choisi, c’est ne pas subir de contraintes. L’individu de 1789 retrouve
une liberté originelle qui est propre à la condition humaine. L’article 2 précise que le but de toute association
politique est la conservation des droits naturels de l’homme. La liberté est donc antérieure à toute loi produite
par la société puisque c’est un droit naturel.

Universelle, donc toujours présumée, cette liberté préexistante ne nécessite en principe aucune formulation
précise. Malgré tout, la liberté naturelle a besoin de garanties, d’être protégée contre l’arbitraire. Les
constituants vont supprimer tout ce qui fait obstacle à l’expression de la liberté: organisations professionnelles,
ordres religieux…

La liberté individuelle connaît quand même des limites:


Autrui : la liberté de chacun s’arrête là où commence celle des autres.
Posées par la loi: si la liberté est totale, son exercice peut être limité. Les limites sont à
l’appréciation du législateur car il peut y avoir des nécessités collectives. Face à l’État, les
libertés individuelles peuvent être limitées, voire s’effacer.
La DDHC, dans les articles 10 et 11, précise les aspects de la liberté d’expression et la liberté d’opinion.

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La liberté d’opinion (article 10): « nul ne peut être inquiété pour ses opinions, même religieuses » : toute
opinion religieuse est recevable. Article laconique qui ne rend pas compte de débats qui ont eu lieu en août
1789. En effet, 2 attitudes face à la liberté religieuse :
Pour les uns, la liberté religieuse ne signifiait que tolérance religieuses
Pour d’autres, comme Mirabeau, au contraire, il faut proclamer une totale liberté de religion

La liberté de communication (article 11): droit précieux de l’homme: « tout citoyen peut parler, écrire
librement sauf à répondre de l’abus de cette liberté »: libre-expression de la pensée. Proclamation de la liberté,
c’est une réponse aux abus dénoncés de l’ancien régime car on veut proclamer la fin de la censure, la liberté de
la presse. Toutefois, limite : la loi détermine les abus de la liberté d’expression. Cela signifie que les députés
(qui font la loi) peuvent restreindre éventuellement cette liberté.

1) La propriété
Selon l’article 17, la propriété est le prolongement naturel de la liberté. Opposition à l’ancien régime car la
propriété est considérée comme un droit naturel, inaliénable et sacré. Cette définition s’inspire de la théorie de
Locke pour qui la propriété est le pivot de l’état de nature. On veut donc empêcher tout retour à la définition de
la propriété de l’ancien régime = propriété sur la terre qui n’était pas unique mais qui pouvait relever de
plusieurs personnes, (seigneur et paysans), Ce principe n’est marqué par aucune limite (l’expropriation n’en est
pas une puisqu’il y a indemnisation juste)

2) La sûreté
Définie dans les articles 7, 8 et 9: c’est la garantie de la liberté individuelle. Ces dispositions assurent la
protection de la liberté individuelle face aux tribunaux répressifs: réponse aux critiques formulées contre la
justice de l’ancien régime et son arbitraire. Les dispositions sont développées par la suite dans le code pénal et
le code de procédure civile. Elles constituent le fondement du droit pénal. Ces disposition énoncent le principe
de la légalité des délits et des peines, le principe de présomption d’innocence et la non-rétroactivité des lois.

3) La résistance à l’oppression
Article 2 de la DDHC: c’est la sanction du non-respect du contrat social. Cette disposition s’inspire de la
théorie de Locke: si le souverain ne respecte pas le pacte de gouvernement, le pacte peut être rompu par l’autre
partie. C’est le seul correctif du non-respect des libertés par le souverain. Mais surtout, si ce droit figure dans la
DDHC, c’est qu’il constitue une légitimation des évènements passés: la révolution a eu lieu parce qu’il fallait
résister à un pouvoir autoritaire, arbitraire.

C. Les nouveaux principes du droit public


Les nouveaux principes sont la souveraineté de la nation (articles 3, 6, 14 = mission fondatrice de la DDHC =
prolongement juridique aux évènements du 17 juin) et la séparation des pouvoirs.

I. La souveraineté de la nation
Un pouvoir nouveau s’instaure, une légitimité nouvelle est proclamée: la légitimité nationale. Le droit naturel
fonde la souveraineté de la nation. Le roi est un des membres de la nation souveraine, le 1er des citoyens. Dans
la DDHC, on proclame la souveraineté nationale en la distinguant de son exercice. La souveraineté appartient
en principe à la nation, mais elle peut en déléguer l’exercice à une Assemblée ou à un roi. (La Constitution dira
que l'Assemblée et le roi représentent la nation)

II. La séparation des pouvoirs


Principe supraconstitutionnel puisque proclamé dans la DDHC, c’est un élément nécessaire de toute
constitution. Les hommes de 1789 font tout pour que les membres du corps social soient protégés contre les
organes de l’état. Les citoyens acceptent de déléguer leur souveraineté à des organes, qui vont agir en leur nom.
Mais il faut être sûr qu’ils garantissent toujours leur droit: séparation des pouvoirs nécessaires.
L’exécutif (le roi) apparaît plus menaçant puisqu’on sort à peine de l’absolutisme: donc contrôle donc

16
séparation.
Le législatif émane des citoyens par la voie de l’élection, sachant que la violation des lois doit être sanctionnée
par le pouvoir judiciaire.
3 fonctions différentes, 3 organes différents pour éviter l’absolutisme. Pour les hommes de 1789, il s’agissait de
soustraire au monarque la fonction essentielle, celle de légiférer (d’autant plus qu’il y a suprématie essentielle
de la loi) En apparence, on fait référence à la théorie de Montesquieu mais en réalité, lorsqu’il s’agit de mettre
en œuvre la séparation des pouvoirs, les constituants s’apparenteront bien plus à la conception rousseauiste de
la souveraineté: la caractéristique essentielle de la souveraineté est le pouvoir de faire la loi, nécessairement
supérieur. L’exécutif n’a qu’un rôle d’exécution.

La DDHC est largement influencée par Sieyès. Texte fondateur du libéralisme dans lequel un certain nombre de
notions sont sous-jacentes (volonté générale, représentativité): ouverture démocratique. Pourtant, les
constituants eux-mêmes s’apprêtent à établir des institutions qui le sont beaucoup moins, comme le suffrage
censitaire. Toutefois, la DDHC constitue un legs essentiel car elle pose des principes. Sa portée a été très large,
même si ce texte n’est ni ordonné ni complet (les constituants pensaient y revenir). La DDHC figure dans le
bloc de constitutionnalité. Les constituants ayant élaboré cette déclaration de principes, il leur fallait ordonner
les institutions.

§.2 Les premiers débats constitutionnels sur la


répartition des pouvoirs
La DDHC devait servir de préambule à la Constitution: il fallait donc s’intéresser désormais à l’organisation
des pouvoirs: au mode d’exercice de la souveraineté. Mais il faut tenir compte des circonstances: à cette
époque, le roi Louis XVI marque son hostilité au changement, n’a toujours pas sanctionné le décret du 11 août
et tarde à sanctionner celui du 26 août. Pour éviter les conflits, affirmer sa suprématie et avancer le travail
constitutionnel, l’assemblée doit rapidement préciser l’étendue de ses pouvoirs à elle et des pouvoirs du roi.
Premiers débats constitutionnels sur la répartition des pouvoirs: le système doit-il être un système d’équilibre
ou y a t-il un pouvoir prépondérant sur l’autre?
2 éléments: Une ou deux chambres? Rôle respectif de l’exécutif et du législatif?

A. Un système monocaméral ou bicaméral


Les constituants sont divisés. 2 tendances:
Tendance minoritaire: les monarchiens constituent l’aile droite des patriotes = Mounier, Malouet:
favorables à un système conforme au modèle anglais, avec une chambre basse élue, une chambre haute:
tendance proche des nobles libéraux qui fait référence à l’œuvre de Montesquieu: pouvoir important du
roi car la chambre haute serait désignée par lui. Les partisans de ce système sont hostiles à la
démocratie, redoutent un pouvoir populaire mais ils sont favorables à un compromis entre tradition et
idées nouvelles, entre peuple et royauté

Vigoureuse opposition des patriotes constitutionnels menés par Sieyès, Barnave, Duport. Quelques
aristocrates appuient également cette tendance car ils estiment qu’ils leur faut pratiquer la politique du
pire pour que le système échoue et qu’on revienne au système ancien. Pour eux, la nation est une: elle
ne peut être représentée que par une seule assemblée. Souveraineté indivisible, assemblée unique.

Le vote a lieu le 10 septembre 1789: assemblée unique. 849 voix contre 89. Le système monocaméral est passé.

B. Le rôle du roi, titulaire de l’exécutif


Le roi est titulaire de l’exécutif dans l’esprit des constituants. Mais faut-il lui accorder un pouvoir fort?
Plusieurs conceptions:
Équilibre des pouvoirs
Subordination de l’exécutif
Les constituants souhaitent une monarchie constitutionnelle, limitée, le roi étant soumis à la nation et à la loi.

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Quel va être le pouvoir dévolu, le roi peut-il intervenir en matière de législatif, en particulier doit-il avoir un
droit de veto sur les textes votés par le pouvoir législatif?
Si non, les pouvoirs sont strictement séparés. Le roi n’a qu’un pouvoir d’exécution subalterne,
subordonné au législatif.
Si oui, le pouvoir royal est fort: il peut s’opposer à la promulgation d’une loi. Le débat oppose Mounier
(veto absolu) et Sieyès (refus du veto).

La constituante opte pour une autre solution: le 11 septembre, vote en faveur d’un veto suspensif: le roi peut
refuser de sanctionner une loi votée par l’Assemblée. Mais ce veto est suspensif: son opposition ne vaudra que
pour un délai limité, fixé à 2 législatures maximum = temps qui s’écoule entre deux élections à l’assemblée.
Cette décision est prise très largement: 673 pour, 308 voix contre.

Deux décrets apportent ensuite des précisions sur le veto et la sanction royale: « aucun acte du corps législatif
ne pourra être considéré comme loi… »: les actes du corps législatif doivent d’abord être votés par l’assemblée
: on les appelle alors des décrets. Ils doivent être sanctionnés (=approuvés) par le roi pour devenir des lois. Le
roi intervient dans le pouvoir législatif de par sa sanction.
L’assemblée estime qu’elle lui a fait de grandes concessions. Elle attend en retour un geste de bonne volonté du
roi. Elle espère qu’il va enfin sanctionner les décrets des 11 et 26 août ; malgré tout, le roi tergiverse et finit par
déclencher une nouvelle crise.

§.3 La crise de septembre-octobre 1789


Malgré les décisions importantes prises et l’avancement des travaux, le régime de la constituante se heurte à des
difficultés de plus en plus importantes:

A. Une crise financière


Le roi a rappelé Necker aux finances, qui a lancé un emprunt qui n’a eu aucun succès. Il est donc incapable de
trouver les moyens de survie du régime.

B. Une crise sociale et économique


La pénurie règne toujours, les prix montent, le chômage se développe donc les tensions sociales sont extrêmes:
elle se conjugue avec une effervescence politique: les élections municipales entraînent une agitation extrême
entretenue par la presse.

De son côté, le roi a la tentation de reprendre la situation en main: il en a assez de sa position de subalterne. Il
convoque de nouveau des troupes à Versailles fin septembre (régiment de Flandres) Un incident va mettre le
feu aux poudres et déclencher des émeutes: la reine donne un banquet à Versailles où sont présents les chefs des
armées. Des soldats du régiment de Flandres ont profané la cocarde tricolore, symbole de la nation française.
Aussitôt, rumeurs de complot contre la nation.

L’opinion publique estime que le roi est soumis à une influence néfaste de son entourage: il faut l’y soustraire.
Le peuple de Paris décide donc le retour du roi dans la capitale («retour du père de la nation auprès de son bon
peuple») Le 5 octobre a lieu une marche sur Versailles, organisée au départ de Paris, d’une foule nombreuse où
dominent les femmes, encadrée par les gardes nationaux commandés par Lafayette.
Le roi reçoit une délégation, mais les évènements dégénèrent: le 6 octobre, elle prend d’assaut le château de
Versailles, massacre les gardes du corps de la reine et il faut l’intervention de Lafayette pour empêcher
l’effusion de sang.

Louis XVI annonce qu’il accepte de partir pour Paris: la marche sur Versailles a eu le résultat escompté. La
famille royale part pour Paris et tout l’appareil d’état suit: l’assemblée constituante inséparable du roi part
également. Désormais, Paris devient le centre des évènements.

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C. Conséquences
Le roi se sent alors pris en otage, le 10 octobre l’assemble traduit ces évènements en termes politiques:
désormais, Louis XVI est « roi des français » et non plus roi de France.
La souveraineté échappe encore davantage au roi. Modification significative. L’assemblée et le roi sont soumis
au peuple parisien qui a fait plier les institutions et qui entend participer à l’œuvre de réformation.

Échec définitif des monarchiens: Mounier émigre. Tournant de la révolution. Roi otage, Assemblée qui
entreprend des réformes.
De plus, Paris est ravitaillé: la tension retombe. L’assemblée connaît quelques mois de calme pour entreprendre
des réformes. Euphorie de 1790 car on croit que la révolution est terminée, l’assemblée est au travail.
Le 14 juillet 1790, fête de la fédération au champ de Mars pour marquer l’unité de la France nouvelle.
Talleyrand célèbre une messe solennelle, Lafayette prononce l’union des français, le roi prête serment à la
nation. Mais l’euphorie est limitée, le climat est tendu, évènements qui montrent que la révolution n’est pas
finie

S.3: l’œuvre réformatrice de l’Assemblée


constituante
Elle s’étend de septembre 1789 à septembre 1791. Œuvre magistrale.
L’Assemblée est formée des députés des Etats Généraux. Elle s’est attaquée à une tâche colossale: répondre aux
aspirations des cahiers de doléances, mettre en pratique les principes de la DDHC: des réformes sont entreprises
dans un contexte difficile.

Le contexte politique et social ou les forces en présence


L’assemblée constituante est le maître d’œuvre des réformes; politique modérée, elle cherche à terminer la
révolution. C’est l’un des acteurs politiques majeurs, mais il y a aussi le roi et le peuple.
Le roi est caractérisé par sa faiblesse et sa lucidité, sa maladresse, sa soumission à son entourage: il a vu sa
popularité s’effriter. Louis XVI, persuadé de son bon droit, soucieux du bien de ses peuples, n’est pas hostile
aux réformes, mais il est respectueux de la tradition et il est soumis aux aristocrates, eux-mêmes hostiles aux
réformes.
L’Assemblée nationale constituante siège tous les jours à Paris, près des Tuileries (résidence royale) dans la
salle du manège, sous la direction d’un président. Subdivisée en comités de travail qui préparent les lois.
Contact avec le peuple par la présence du public dans les tribunes.

Des groupes se forment. Les partisans d’un pouvoir royal fort s’installe à droite du président, leurs adversaires
progressistes s’installent à gauche. Politiquement, assemblée modérée (les Etats Généraux sont constitués de
représentants des 3 ordres: moitié de privilégiés)
Plusieurs tendances au sein de l’assemblée:
droite: aristocrates;
centre droit: monarchiens qui rêvaient du modèle britannique: déclin;
le reste: majoritaire: les patriotes divisés en groupes opposés (de droite à gauche):
Les constitutionnels : groupe le plus important, monarchie tempérée, ils mènent les réformes.
Leur but est de terminer la révolution en empêchant une surenchère démocratique. Parmi eux, il
y a Mirabeau, transfuge de la noblesse. Il meurt en 1791. Lafayette, très populaire.
Le triumvirat : parmi les porte-paroles, Barnave, Duport…ils se joignent aux constitutionnels en
1791.
À l’extrême gauche, démocrates de plus en plus actifs: Robespierre, l’abbé Grégoire: ils
défendent les droits de peuple (Suffrage universel, hostilité à toute limitation des libertés)

La présence du peuple et la liberté de la presse


Le peuple est présent car il peut intervenir dans les tribunes: il participe à la garde nationale, se réunit dans les
sections parisiennes, lieux où s’expriment les opinions. L’opinion publique prend connaissance des évènements

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et partage des discours grâce à la presse et aux clubs: période de liberté totale opposée à la censure de l’ancien
régime. La liberté de la presse est proclamée par la DDHC. Plusieurs journaux expriment les idées de toutes les
tendances. Presse d’information même si elle influence l’opinion.
Divers journaux:
Le Moniteur (centre, ancêtre du JO), L’ami du Peuple, Le patriote français…
Les clubs et sociétés populaires:
JACOBINS: société des amis de la constitutions
CORDELIERS: société des droits de l’homme et du citoyen
FEUILLANTS: juillet 1791-août 1792.

Le club Jacobin
Les groupes politiques se multiplient. La liberté de réunion existant, les clubs bénéficient d’une grande liberté
et se multiplient. Le plus important est le club des Jacobins.
Création du club breton (crée lorsque les députés du Tiers Etat attendaient pour la vérification des pouvoirs),
très vite ouvert à d’autres députés; lorsque le roi et l’assemblée partent pour Paris, le club suit et s’installe dans
le couvent des dominicains et devient la « société des amis de la constitution ».
Surnom de Jacobins: le club s’ouvre aux non-députés. Emprise sur l’ensemble du territoire.
En 1790, ce club révolutionnaire est relativement modéré. Mais de grands seigneurs libéraux (duc d’aiguillon)
font partie de ce club.
Il suit l’évolution des évènements et se radicalise: évolution vers la gauche. Il connaît une scission en juin 1791
(lors de la fuite à Varennes): certains souhaitent la destitution du roi, d’autres son maintien.

Club des Feuillants relativement modéré (Barnave), club des Cordeliers (société DDHC) fondé par Danton en
1790: situé dans un quartier populaire (Desmoulins, Marat) A la pointe du combat révolutionnaire; il mène
souvent les journées insurrectionnelles.
Pas de relation d’exclusivité dans l’appartenance à un peuple. Les clubs sont les symboles de la politisation du
corps social.

§. 1 Une œuvre magistrale: la réforme de


l’administration et de la justice
La régénération de la France est le projet des hommes de 1789. La nuit du 4 août a fait table rase d’un grand
nombre de principes. Cette régénération passe par une régénération rationnelle du territoire : subdivisions utiles.
Mais aussi refonte des institutions selon les principes de la DDHC.

A. La réforme administrative: unité, égalité


Enjeu administratif et politique. Réforme vainement tentée sous l’Ancien régime.
Elle résulte de 2 grandes lois: 14 (pour les communes) et 22 (pour les autres circonscriptions) décembre 1789.
Ces lois simplifient et unifient l’espace administratif dénoncé comme enchevêtré par les cahiers de doléances
qui réclamaient un redécoupage administratif.
Les constituants vont plus loin: ils mettent en pace une administration locale.

But utilitaire: unifier, uniformiser, rationaliser. Ce but utilitaire (nouveau découpage territorial) sera une
innovation durable des constituants. Grand principe de l’unité nationale: il faut faire disparaître les anciennes
disparités et créer des circonscriptions uniformes et commodes, notamment dans lesquels le chef-lieu soit
facilement accessible pour les administrés: il faut que la ville soit accessible en une journée de cheval.

Le projet de Sieyès à base territoriale imagine que le territoire sera subdivisé en 80 départements de 18 lieues
de côté, découpés en 9 cantons. Conception égalitaire pour éliminer les différences naturelles.
Un autre projet est présenté par Mirabeau, à base démographique: 120 circonscriptions égales en population.

On établit des circonscriptions de taille à peu près égale selon le projet de Thouret et Sieyès. Entre 80 et 90

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départements d’une superficie à peu près équivalente. On supprime les éléments d’autonomie provinciale et les
particularismes, on veut l’unité nationale. Mais cela permet de rapprocher administrateurs et administrés. On
clarifie, on unifie la carte administrative. Les départements sont subdivisés en districts, subdivisés en cantons,
en communes. 83 départements qui respectent la géographie coutumière. Dans ce cadre territorial, pour
maintenir l’unité nationale, on ne va pas créer de collectivités autonomes à proprement parler ayant la
personnalité morale sauf au niveau de la commune. Mais les 40 000 communes qui subsistent ont le même type
d’organisation. En fonction du nombre d’habitants, organes plus ou moins développés.

Les principes directeurs de l’administration concernant l’organisation administrative:


Élection: En effet, par opposition à l’ancien régime (administrateur unique désigné par le pouvoir
central) dans chaque circonscription le principe électif est la règle, il exprime la souveraineté de la
nation. Chaque citoyen élit les administrateurs et peut devenir lui-même administrateur. En réalité, le
régime est moins simple: pas de suffrage universel.
Séparation des organes: organe délibératif, conseil qui se réunit en sessions et prend les décisions au
cours de délibérations. (dans le cadre du département, conseil général; dans le cadre du district, conseil
de district; dans le cadre de la commune, conseil municipal). D’autre part, organe exécutif permanent
qui met en œuvre les décisions : le directoire
Collégialité: on n’a pas voulu d’un agent administratif unique: en matière d’exécutif en particulier, à
chaque échelon, organe collégial: directoire de département, district, corps municipal.

Les fonctions des administrations sont des fonctions générales: elles doivent mettre en application la politique
du pouvoir central: elles participent à l’administration générale du royaume. Il n’y a qu’au niveau de la
commune que des intérêts locaux peuvent subsister.

B. La réforme judiciaire
Elle résulte de la loi des 16 et 24 août 1790: la justice et le système judiciaire avaient fait l’objet de critiques:
complexité, multiplicité des degrés de juridiction, incertitude quant à la compétence, archaïsme du système
pénal et de la procédure criminelle, arbitraire en matière d’appréciation des délits et des peines. La monarchie,
sensible aux critiques, avait tenté de moderniser le système (réforme de Maupeou) Aucune réforme de fond
n’avait pu être adoptée de façon définitive.

On reproche à la justice d'Ancien régime d'être fondée sur l'arbitraire.


Sous l'Ancien régime, tout le système judiciaire est organisé en dehors de toute législation, il n'y a pas de code
pénal, de textes généraux qui définissent les infractions et les peines, il n'y a pas non plus de lois générales. Les
ressorts des tribunaux se cumulent, se chevauchent ce qui fait naitre une difficulté de plus.
Il existe un code de procédure criminelle, en 1670 a été promulgué sous Louis XIV une ordonne de procédure
criminelle.
Ce manque d'organisation laisse donc une grande liberté d'appréciation au juge que l'on nomme l'arbitraire. En
effet, le juge n'est lié par aucun texte, il apprécie lui-même l'infraction et la peine. Le juge a également un
pouvoir d'appréciation des règles, il juge en équité et est libre d'appliquer une règle positive (règle prévoyant
une peine dans un texte). Il ne peut aggraver une peine prévue dans texte.

A la fin de l'Ancien régime, ce pouvoir arbitraire est assimilé aux caprices. On considère que l'arbitraire est le
reflet en matière de justice du bon plaisir du roi en matière politique.
La DDHC dans les Art.7,8,9 traite de la légalité des délits, des incriminations, c'est aussi le principe de la
légalité des peines.
En France, c'est Voltaire qui mène une action directe contre la justice arbitraire de son époque.
Les idées de Beccaria ont servi de base aux discussions pour la rédaction des articles 7, 8, 9 de la DDHC.
Il faut modifier le système existant. Les constituants ont pris très vite un certain nombre de mesures provisoires
(comparution dans les 24h, publicité des jugements, assistance d'un avocat, abolition de la question qui visait à
extorquer des aveux par des supplices, suppression de la confiscation totale des biens). Adoption de l'égalité des
peines pour des délits identiques. Ils ont également proclamés le principe de la personnalité des peines (avant
on pouvait confisquer les biens de l'individu et de sa famille).

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En novembre 1789, on supprime les Parlements et les Cours souveraines. Les discussions aboutissent à la loi
des 16 et 24 août 1790 qui modifie la justice.

I les principes directeurs


1) Unification et simplification de l'organisation judiciaire
Désormais les circonscriptions judiciaires correspondent aux circonscriptions administratives. Les ressorts des
tribunaux sont connus et restreints, la circonscription la plus vaste est le département. Ainsi, la justice est à la
portée des justiciables.

Pour désengorger les tribunaux, la constituante prévoit de nouvelles procédures: la conciliation et l'arbitrage
afin que le recours aux tribunaux ne se fassent qu'en cas d'échec de ces procédures.
● En 1790, la conciliation est un préliminaire qui a lieu devant le juge de paix, elle est obligatoire dans
toute les affaires civiles sauf celles qui intéressent la nation, l'ordre public et les affaires commerciales
qui relèveront de tribunaux spéciaux. (subsiste aujourd'hui en matière de divorce par ex)
● l'arbitrage est une procédure qui a pour but de trancher les conflits sans passer par un tribunal, c'est une
solution amiable. Il est obligatoire dans certains cas (affaire de famille). Ils prennent des décisions dont
l'exécution est garantie par l'Etat. Les décisions sont susceptibles d'appel devant le tribunal de district.
Ces tribunaux montrent l'optimiste des Lumières et des constituants, car pour eux, ils apparaient
indispensable de trouver une solution naturelle au problème.

2) La séparation des pouvoirs


Art.16 de la DDHC. Selon Montesquieu les tribunaux sont les protecteurs des libertés. Le judiciaire doit donc
être distinct de l'exécutif. Ceci est d'autant plus vrai que la nation est souveraine, la justice est déléguée par le
souverain comme l'exécutif mais à des organes distincts. Sous l'Ancien régime, toute justice émanait du roi.
En 1789, il existe trois formes de pouvoir: législatif, exécutif et judiciaire. Ils sont censés être sur un pied
d'égalité, d'ailleurs Montesquieu les appellait les puissances.
Le principe de séparation des pouvoirs est supra-constitutionnelle. Le pouvoir judiciaire doit être autonome afin
de mieux garantir les droits des individus.
En réalité, le judiciaire est seulement gardien de la loi, il doit protéger les droits individuels. Les constituants
veulent éviter que le judiciaire soit créateur de droit, il faut limiter le pouvoir des juges.
Les constituants croient véritablement que la loi, émanation de la nation est claire, parfaite. On ne peut donc
faire des lois supplétives, la fonction du juge étant simplement d'appliquer la loi.

3) Le principe électif et l'omnicompétence du citoyen


Désormais les juges sont élus, les constituants pour établir cette règle se sont inspirés de l'Angleterre, des Pays-
Bas. Ce principe signifie que les citoyens collaborent à la justice (jury en matière criminelle).

De plus, le citoyen est juge, comme les lois sont claires et simples, tous les citoyens peuvent accéder à la
fonction de juge. Toutefois l'Assemblée reste prudente, aucun diplôme n'est nécessaire pour l'exercice de la
justice, malgré tout une certaine expérience professionnelle est exigée des juges (en principe 5 ans exception
faite pour les juges de paix (aucune expérience requise puisque l'on juge en équité) ainsi que pour les juges de
cassation où, comme les problèmes sont plus complexe il faut une expérience professionnelle de 10 ans).

Les professionnels de la justice disparaissent, les avocats, auxiliaires de justices sont supprimés. On réintroduit
une fonction de conseils officieux (des avocats).

Le double degré de juridiction est maintenu malgré une Assemblée partagée sur ce point. En effet, le principe
mis en place est celui de l'appel circulaire, on souhaite éviter tout retour des Parlements et l'on peut ainsi faire
appel à un tribunal voisin de même niveau. Il peut y avoir une rupture de l'unité jurisprudentielle puisque des
tribunaux proches peuvent avoir des jurisprudences différentes.

II Distinction entre justice civile et justice représsive


1) La justice civile
C'est seulement en cas d'échec des procédures amiables.L'affaire peut être soumise:

22
● au juge de paix pour les petites affaires (tribunal d'instance actuel) fonctionnera jusqu'en 1958
● tribunal de district, c'est le tribunal de district (tribunal de grande instance actuel), il siège dans le chef
lieu de district, il est composé de 5 juges élus par les électeurs du second degré. Il comprend également
un ministère public (commissaire du roi nommé à vie). Exercice collégial de la justice. L'appel est
possible (appel circulaire).

2) La justice répressive
Elle dépend de la classification des infractions.
Les infractions mineures: tribunaux municipaux
Les délits: tribunaux correctionnels
Les crimes: tribunaux criminels
Désormais la procédure est accusatoire, non secrète, contradictoire et orale. La prison devient une peine et non
plus une mesure de sureté comme avant.

a. Le tribunal municipal
Le tribunal municipal ou la police municipale est le premier degré, il s'occupe des infractions mineures (ex:
infractions aux arrêtés municipaux). Il est formé de 3 à 9 officiers municipaux et comprend souvent le maire, le
procureur de la commune est présent. Peines de prison (max 8 jours). Il n'y a pas de séparation entre les
fonctions administratives et judiciaires.

b. Le tribunal de police correctionnelle


Le tribunal de police correctionnelle est compétent pour les délits. Il rend des peines d'amende et
d'emprisonnement (2 ans max), il siège au chef lieu de cantons. Il comprend le ou les juges de paix du lieu et
d'assesseurs qui ont voix consultatives. Le ministère public est assuré par un procureur . L'appel est possible et
se fait devant le tribunal de district.

c. Le tribunal criminel
Le tribunal criminel ou justice criminelle est compétent pour les crimes. C'est l'ancêtre de notre Cour d'assise.
La procédure criminelle est lourde, elle se déroule en plusieurs phases.
L'instruction est assurée par un juge de paix du canton
La mise en accusation a lieu au niveau du district, intervient à ce moment un jury de 8 citoyen qui
décide si l'on poursuit ou non
Le jugement aura lieu devant le tribunal criminel situé au chef lieu du département. Ce tribunal est
composé de magistrats élus des tribunaux de districts, un jury de jugement composé de 12 citoyens et un
ministère public bicéphal: un accusateur public qui représente la nation et un commissaire du roi. Le
jury ne se prononce que sur les faits et sur la culpabilité, si la culpabilité est retenue les juges prononcent
automatiquement la peine. La décision n'est pas susceptible d'appel.

d. Le tribunal de Cassation
Le tribunal de Cassation supervise ces deux formes de juridictions. L'établissement d'un tribunal suprême était
contre les convictions des constituants mais il fallait un contrôle de l'application du droit à postériori. Il est crée
en décembre 1790. Il est composé de 41 ou 42 juges élus dans le cadre des départements à raison d'un juge pour
deux départements pour 4 ans alternativement.
Ce tribunal est le gardien suprême de la loi, il ne peut interpréter la loi.
Il peut casser (anéantir une décision de justice) si elle est entachée d'une inobservation de forme ou d'une
violation de la loi.
Les décisions du tribunal de Cassation s'imposent à toutes les juridictions.

Loi des 25 septembre et 6 octobre 1791: Code pénal


Il établit une nomenclature des infractions et des peines correspondantes. Il supprime les infractions
« imaginaires » et impose des règles fixes d'application des peines. Ce code interdit toute grâce et toute
commutation de peine. Il faut que les peines soient durables, publiques et rapprochées du lieu du crime car on
compte beaucoup sur l'exemplarité de la peine.
La peine de mort ne constitue plus qu'en une privation de la vie (tête tranchée) et non plus par des tortures.
En mars 1792, l'Assemblée adoptera la guillotine.

23
En conclusion, la justice a pu être modernisé, être plus humaine et plus proche des justiciables

§2 Les désillusions et échec de la Constituante:


la question religieuse et le problème financier
Ces deux questions sont très étroitements liées.
Dès le mois d'octobre 1789, les domaines de la couronne ont été mis à la disposition de la nation. La nation se
charge de l'entretien du monarque et de sa famille.
Talleyrand, évèque émet l'idée de la mise à disposition de la nation les biens du clergé afin d'éteindre la dette
publique. 2 novembre 1789 cette mesure est votée. Cette mesure est suivi d'un engagement de l'Assemblée de
verser un traitement aux ecclésiastiques.
Rapport Eglise et Etat? Comment assurer l'exploitation par l'Etat des richesses récupérées qui sont des richesses
immobilières.

A. La question religieuse, la réforme de l'Eglise et la


Constitution civile du clergé du 12 juillet 1790:
l'harmonie brisée.
Les principes proclamés ont une des répercussions importantes.
Dès le début de la révolution, la nuit du 4 août a supprimé les privilèges. Une décision importante a été prise
c'est l'abolition de la dîme. Décision du 2 novembre 1789 qui met à la disposition de la nation tous les biens du
clergé. Toute au long de l'Ancien régime, le roi a menacé l'Eglise de confiscation des biens pour l'obliger à
renégocier sa participation aux charges publiques. Un souverain Joseph II avait déjà nationalisé les biens de
l'Eglise.

Un certain nombre de mesure ont été prises au nom de la liberté individuelle. Par un décret du 13 février 1790,
l'Assemblée constituant interdit les voeux perpétuels et supprime les monastères, les couvents. Une réforme du
clergé était souhaité dans une large part de l'opinion publique. En effet, le clergé des monastères était riche et ne
participait pas à l'éducation, ne se mêlait pas à la population
Le haut clergé était habitué à la négociation.

A la fin de l'Ancien régime, il y a une proportion en France de protestants. Le culte n'est pas libre mais depuis
1788, les protestants ont une existence juridique (Etat civil).
La religion dépend très étroitement du roi lui-même. En France, il n'y a pas de rupture avec la papauté mais
l'Eglise de France bénéficie d'une très large d'autonomie depuis le Concordat de Bologne de 1516. En France,
les évèques sont nommés par le roi et confirmé par le Pape.
Le Gallicanisme revêt plusieurs aspects, c'est une théorie selon laquelle l'Eglise de France dépend du roi au
point temporel bien qu'elle dépend du Pape spirituellement.

La Constituante civile du Clergé


La Constituante doit respecter l'engagement des traitements des ecclésiastiques. Des discussions sont engagées
pour organiser le service public du culte désormais salarié de l'Etat. En principe, il s'agissait de modifier
l'organisation administrative de l'Eglise. Un comité ecclésiastique est formé et le 12 juillet 1790 est voté la
Constitution civile du Clergé, il s'agit d'un acte unilatéral.
Cette Constitution comprend quatres titres essentiels.
Les circonscriptions ecclésiastiques sont alignées sur les circonscriptions administratives. (83 diocèses
regroupés en 10 archevéchés)
À la tête de chaque diocèse, il y a un évèque assisté d'un conseil permanent (Eglise primitive)
Les évèques sont désormais élus, l'élection est faite par tous les citoyens croyants ou non. La
confirmation par l'investiture canonique est conféré par le supérieur hierarchique et non pas par le Pape.
Les évèques et les curés de paroisse sont considérés comme des fonctionnaires. A ce titre là, ils sont
soumis à l'obligation du serment. Il symbolise l'entente entre l'Eglise et l'Etat. Ce serment va être à
l'origine du schisme, de la rupture. A l'origine, il n'est exigé que des évèques et curés de paroisse mais

24
dès novembre 1790 il est exigé de tous les ecclésiastiques.
L'Etat doit fournir un traitement et un logement aux ecclésiastiques. Cela signifie que désormais, le
budget de l'Etat doit comprendre cette part importante (12000 livres par an et par curé). Les
ecclésiastiques ont une obligation de résidence (pour lutter contre les abus).
Au temporel, l'Eglise dépend du pouvoir.

Les conséquences: la crise du serment et le schisme


Le roi souhaite d'abord obtenir l'assentiment du Pape pour approuver la Constitution civile du clergé mais il
finit par la signer le 24 août 1790.
L'Assemblée, en novembre 1790 exige le serment de tous dans les 2 mois suite à la confusion du clergé. Ceux
qui refusent seront considérés comme réfractaires. On observe une scission au sein du clergé. Le Haut Clergé
refusent tandis que le bas clergé accepte à 50%.
Le 10 mars 1791, le Pape condamne la Constitution civile du clergé et les principes révolutionnaires. A partir
de là, il y aura une division entre le clergé jureur ou constitutionnel et le clergé réfractaire. Les troubles
s'intensifient. La crise touche l'ensemble de la population, il n'y a plus d'unité nationale.
A court terme, cette division donne des arguments aux contres-révolutionnaires et les partisans se font plus
nombreux. L'hostilité du roi se prononce contre la révolution.
Un partage va se faire entre les cléricaux et anti-cléricaux qui ne se réglera que bien plus tard.

B. Le problème financier
Afflux de richesses suite à la nationalisation des biens du clergé. La question qui se pose est celle de l'utilisation
de ces richesses. Ces richesses doivent permettrent d'éteindre la dette mais il faut également ré-équilibrer les
finances de l'Etat.
Dès le début de la révolution, le principe d'égalité des citoyens devant l'impôt à été proclamé. Il faut donc
organiser une nouvelle fiscalité.

I Le système des assignats


Dès décembre 1789, la Constituante propose la vente des biens nationaux. La question est celle de la
détermination de la vente, pour une vente immédiate il n'y a pas assez de numéraire en circulation.
La Constituante décide d'émettre des billets portant intérêts à 5%, ils sont appellés assignats. Ils doivent servir à
l'acquisition des biens nationaux et, ces billets doivent donc être récupérés par l'Etat une fois l'emprunt fini qui
le détruira. Ces billets sont d'une somme importante. Dans le même temps, on met des biens nationaux en vente
qui sont le plus souvent achetés par les assignats. L'Assemblée va utiliser ces assignats comme du papier
monnaie. Les Constituants vont donc émettre de plus en plus d'assignats.
Les assignats posent un problème car dans un premier temps, l'emprunt était gagé sur les biens nationaux mis
en vente et la population souhaitait des moyens de paiment plus simple. L'assemblée constituante va utiliser les
assignats sous la forme de petites coupures qui vont avoir un cours forcé: c'est un système de papier monnaie.
Elle va mettre en circulation un grand nombre d'assignats. Le régime postérieur à la constituante fera de même.
La planche à billet sera utilisée pour l'équilibre des finances, ainsi, le problème financier n'est pas réglé (il se
réglera seulement sous Napoléon).

II. La refonte du système fiscal


C'était une question fondamentale qui a poussé à la réunion des Etats Généraux, dans la DDHC, le principe de
l'égalité devant l'impôt et du consentement à l'impôt est proclamé. En principe, le consentement à l'impôt
existait déjà sous l'Ancien Régime puisque les Etats Généraux doivent consentir à l'impôt.
Dès le 17 juin, cela a été presque le premier geste de l'Assemblée de décider que les anciens impôts seraient
prévelés jusqu'à la mise en place d'un nouveau système.
En 1790-1791, cette question va être traitée par les constituants. On élabore un nouveau un système dont les
principes même semblent avoir évolués: on ne parle plus d'impôt mais de contribution: la nature même à
changée. Désormais, le citoyen, librement, va participer aux charges publiques en raison des services qu'il
attend de l'Etat.
Il existe deux sortes de contributions.

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1) Les contributions directes
La Constituante en instaure trois. Elles vont perdurer jusqu'au début du XXè.
La contribution foncière: elle repose sur la terre, sur les revenus fonciers. Elle est essentielle car les
biens immobiliers sont les plus importants, les plus visibles.
La contribution mobilière: elle porte sur les biens mobiliers (= environ la taxe d'habitation d'aujourd'hui)
on s'intéresse à la valeur du loyer d'habitation, à la valeur de son patrimoine (chevaux...)
La patente: elle vise les revenus commerciaux et industriels (taxe professionnelle d'aujourd'hui).
Sous le directoire on ajoutera une contribution sur les portes et les fenêtres (imposition selon le nombre
et l'importance des portes et fenêtres de l'immeuble).
Avec ce rajout, on a « les quatres vieilles ».

2) Les contributions indirectes


Ce sont les taxes sur les denrées, à l'entrée des villes...Elles sont considérées par les constituants comme
injustes car elles pèsent directement sur les denrées et donc tous les individus payent les même. Ainsi, elles
pèsent plus lourdement sur les plus pauvres. L'avantage est quelle sont plus indolores (on ne s'en rend pas
compte).
La Constituante décide de supprimer ces contributions indirectes. Elle ne maintien que quelques droits comme
le droit d'enregistrement (lors de l'achat d'un immeuble, il faut en faire la publicité) et le droit de timbre.
Sous l'Ancien régime, il existait des droits de douane entre les provinces, ne subsisteront que les droits de
douane aux frontières du royaume.
Les constituants étaient trop optimistes: ils ne mettront pas en place de nouvelles administrations fiscales, les
citoyens élus devront se charger de ce problème. De plus, les constituants, ne prévoient aucun moyen coercitif à
l'égard du mauvais payeur pour prélever ces contributions.

C. L'attitude du roi face aux réformes


Au mois de mai 1791, l'Assemblée Constituante arrive au terme de son travail. Les réformes ont été adoptés, les
traveaux relatifs à la Constitution sont presque achevés. Le 16 mai 1791, l'Assemblée vote un texte capital qui
prévoit que les membres de l'Assemblée constituante seront inéligibles dans la future assemblée. Cette décision
a une conséquence non négligeable, en effet, en refusant aux constituants de se présenter aux élections, ils
privent le futur régime des gens qui ont mis en place les réformes et qui sont politiquement compétents.
Duport dit que la révolution est finie, il faut la fixer et la préserver de tous les excès.
Les députés et la population espèrent que le roi va se montrer conciliant envers le régime, et, que la monarchie
constitutionnelle sera stable.
Au printemps 1791, le climat s'est dégradé entre l'Assemblée et le roi. Le roi est surveillé, il n'approuve pas la
politique de réforme du clergé. Il s'imagine que les constituants ne représentent qu'eux-même et que l'ensemble
de l'opinion française n'est pas véritablement d'accord avec la Constituante.
Le roi se persuade, qu'aidé par les puissances étrangères (monarchies européennes proches), il pourra regagner
son autorité. Il révèle ces véritables sentiments dans la fuite à Varennes (nuit du 20-21 juin 1791). Il laisse une
lettre qui prouve qu'il n'a jamais accepté la situation depuis 2 ans. La fuite a été préparée. Le chef des armées de
l'est, Bouille n'est pas au rendez vous (relais pour changer de chevaux) et le fils du maitre de poste reconnaît
Louis XVI et provoque l'arrestation de ce dernier. La fuite de la famille royale s'arrête à Varenne. Cette fuite
provoque la stupeur, le peuple estime que l'ayant abandonné, le roi a abandonné toute souveraineté.
L'Assemblée représente bel et bien l'opinion des français, Louis XVI ne peut que s'en rendre compte
maintenant.

Les conséquences de la fuites à Varennes sont importantes:


Le roi perd son prestige et sa popularité, les idées démocratiques gagnent du terrain.

Cette fuite suscite la peur, on redoute un complot dirigé de l'étranger contre la nation française. Les
souverains étrangers sont affectés par l'arrestation du roi, les souverains de Prusse et d'Autriche
prononce le 27 août 1791 la Déclaration de Pill Nitz dans laquelle ils mettent en garde la population
française en menacant d'intervenir s'il est porté atteinte au roi et à la famille royale.

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Les constituants sont relativement modérés et redoutent révoltes et manifestations. Ils ont travaillés
depuis 2 ans à mettre au point une Constitution et ne souhaitent pas que leur travail soit piétiné. Les
constituants prennent le parti de consolider le régime. Dans un premier temps, l'Assemblée se saisit du
pouvoir exécutif, puis, sous l'influence de Barnave, après avoir décidé la suspension du roi, elle adopte
la fiction de l'enlèvement. L'Assemblée prétend que le roi a été enlevé. Le responsable de cet
enlèvement est Bouille. Le 16 juillet 1791, le pouvoir exécutif est restitué au roi. Les constituants vont
faire quelques modifications à la Constitution et notamment une disposition qui déclare le roi involiable.
Le même jour, l'Assemblée décrète la loi Martial selon laquelle toute manifestations est interdite .
Le 17 juillet, le peuple réagit: « fusillade du champ de Mars » sous l'impulsion des meneurs du club des
Cordeliers (opposé aux Jacobins). Une pétition populaire demande la déchéance du roi. Pour l'encadrer
un bataillon de gardes nationaux est envoyé sur les lieux. Une fusillade éclate: dizaines de morts.
La conséquence de cette fusillade est que l'Assemblée décide de réviser son projet de Constitution dans
un sens anti-populaire notamment en matière d'élections. Le club des jacobins connait une scission
(voir supra), il est relativement modéré et se scinde sous l'impulsion de Barnave, la majorité des
modérés vont formés le club des Feuillants.

On adopte finalement la Constitution le 3 septembre à l'Assemblée, elle va être sanctionné par le roi le 14
septembre.

§.3 La Constitution des 3, 14 septembre 1791


C'est la première Constitution écrite de la France.
Le sens du mot Constitution a évolué.
Avant même la révolution, il existe un débat politique sur l'existence ou non d'une Constitution. Les lois
fondamentales existent comme Constitution coutumière. Pour les philosophes des Lumières, la Constitution est
le moyen de lutter contre l'absolutisme, c'est le partage du pouvoir et la garantie de la liberté des individus. Les
privilégiés pensaient que la Constitution serait la mise en évidence d'une situation acquise (reconnaissance des
ordres...).
Selon les cahiers de doléances, certains imaginent la Constitution comme un texte qui fixerait les termes du
contrat entre le roi et le peuple.
Sieyès, abandonne cette idée de contrat et parle de volonté nationale. Il estime que la nation est l'origine, la
légitimité de toute légalité. La nation étant souveraine, la volonté nationale s'exprime par la Constitution.

Ce mot a évolué depuis l'ouverture des Etats Généraux. Pour Sieyès, la Constitution est un texte nouveau qui
prévoit un gouvernement fondé sur de nouveaux principes. C'est un acte de la volonté nationale. L'idée de
Sieyès finira par prévaloir.
Dès 1789, les discussions sur la Constitution commencent, certaines décisions sont adoptées très vite (législatif
avec une assemblée unique en septembre 1789 comme le véto suspensif).

Le texte comprend:
La DDHC à part en premier
Un préambule qui réaffirme la disparition de l'Ancien régime.
Le texte (210 articles en 7 titres)

Le texte prévoit:
la garantie des libertés
la souveraineté nationale
l'organisation des pouvoirs fondée sur la séparation et la hierarchie des pouvoirs

A. La garantie des libertés


C'est un régime libéral fondé sur les libertés. De plus c'est le premier principe de la DDHC repris dans le titre I
de la Constitution en l'étendant plus que la DDHC: liberté d'aller et venir, liberté de culte, liberté de réunion
même si sont interdits les réunions professionnelles (syndicats), les congrégations religieuses, les partis

27
politiques, groupes parlementaires et associations...
Ces restrictions ont été expressément écrits dans un certains nombre de texte comme la loi (ou appelé décret)
D'Allarde des 2 et 17 mars 1791 qui supprime les communautés de métiers, la loi Le Chapelier du 14 juin 1791
qui interdit les groupements professionnels (syndicats) ainsi que les actions collectives (grèves) en vertu de la
proclamation du principe de liberté du travail. La liberté de pétition est inscrite dans la Constitution de manière
individuelle, chaque citoyen peut envoyer une pétition à l'Assemblée.

B. La souveraineté nationale
Le principe figure dans la DDHC ainsi que dans la Constitution. La souveraineté appartient à la nation qui est
formée de citoyens. La définiton de la souveraineté de J.Bodin est toujours d'actualité.
Le transfert de souveraineté du roi à la nation est consacré dans la DDHC.
Constitution: « la souveraineté appartient à la nation », « la nation, de qui émane tous les pouvoirs ne peut les
exercer que par déléguation ».
La Constitution reprend la conception de Sieyès, la nation doit être représentée. L'électorat est une fonction,
tous les citoyens ne disposent pas du droit politique.
Le corps législatif et le roi sont les représentants de la nation. Le corps législatif est formé d'une seule
assemblée. Le roi est un représentant de la nation par sa participation à la fonction législative.
Le corps législatif est supérieur au roi, de plus, le roi est exclut du pouvoir constituant.

Qui est citoyen?


La nation est composé de citoyens égaux en droit. Dès octobre 1789 s'est posé le problème de l'égalité
politique. Il n'y a pas d'égalité devant les droits politiques, Sieyès fait prévaloir ses idées.
L'âge de la majorité est fixé à 25 ans. Pour les constitutants élir est une fonction importante, il faut un certain
degré d'instruction et un certain niveau de fortune. Les constituants redoutent l'élection populaire.
Sieyès va proposer une distinction: citoyens actifs / citoyens passifs.
Tous sont citoyens passifs (droits et devoirs) mais seuls les citoyens actifs peuvent voter. Outre les femmes,
seront exclus les domestiques (manque d'indépendance vis à vis de leur patron), les faillis (ceux qui ont été mis
en faillite), les condamnés et tous ceux qui ne paient pas une contribution égale au moins à un montant
équivalent à trois journées de travail.

La Constitution de 1791 définit les citoyens actifs: hommes majeurs, français qui résident dans une ville ou un
canton depuis un an, qui paient une contribution égale au moins à un montant équivalent à trois journées de
travail et qui ont prêté le serment politique et qui sont inscrit à la Garde Nationale. Il y a une notion de
volontarisme. Ces citoyens actifs ont le droit de suffrage, ils sont électeurs et se réunissent en assemblée
primaire dans le cadre du canton.

. En raison des conditions restrictives, et notamment celle du cens, il y a environ 4 300 000 citoyens actifs. Ils
participent à un suffrage qui est à la fois censitaire et indirect. Les citoyens actifs élisent eux-mêmes les juges
de paix, les municipalités et les électeurs du second degré qui se réunissent dans le cadre du département. Ces
électeurs du second degré sont beaucoup moins nombreux: environ 50 000.
Le système électif a été imaginé dès 1789: le décret du 22 décembre prévoyait que les électeurs du second
degré devaient acquitter une contribution d’une valeur d’au moins 10 jours de salaire.
Avec la constitution de 1791, le système a été modifié en raison de la fuite à Varennes et de la fusillade du
Champ de Mars: restriction par rapport à 1789 car on redoute les débordements populaires. Pour être électeurs
du secondaire, il faut être:
Soit propriétaire d’un bien évalué à une valeur de 100 à 400 journées de travail
Soit usufruitier d’un bien évalué à une valeur de 100 à 400 journées de travail
Les électeurs secondaires élisent les députés, les évêques et les curés, les juges du tribunal de district (de droit
commun), les administrateurs de département et de district.

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Les conditions d’éligibilité
Selon la loi du 22 décembre 1789, condition supplémentaire pour être éligible : il faut être propriétaire
foncier et payer une contribution directe égale à un marc d’argent (monnaie très importante correspondant à
deux mois de salaire ouvrier)
Après la fuite à Varennes, lorsqu’il y a eu modification du système en 1791 et qu’on a restreint le nombre
d’électeurs secondaires, on a supprimé la condition d’éligibilité. Le problème, c’est que cette modification a eu
lieu tardivement, à l’époque de l’élection de la nouvelle assemblée législative. Cette modification n’était donc
pas forcément connue au moment des élections. C’est un système relativement démocratique et la petite
bourgeoisie participe au scrutin de base.
Les représentants de la nation sont le corps législatif et le roi. Chaque député reçoit l’investiture de toute la
nation: chacun d’eux représente la nation dans son intégralité. C’est ce que l’on appelle le mandat représentatif
dans le cadre de la souveraineté. C’est un système fondamentalement différent de celui des Etats-Généraux où
le mandat était impératif: les citoyens qui désignaient leurs représentants n’avaient pas à donner de consignes
précises sur le vote, les députés étaient libres. Désormais, tous les députés collaborent à la définition et à la
réalisation de l’intérêt général. Cela correspond à l’unité nationale, alors qu’avant les députés défendaient des
intérêts particuliers et étaient attachés à un ordre.

C. La séparation des pouvoirs


Proclamée dans l’article 16 de la DDHC. Mais il est possible de la mettre en œuvre de diverses façons, ce qui a
donné lieu à des débats constitutionnels.
La nation est une, donc il ne doit y avoir qu’une seule assemblée . la nation souveraine traduit la volonté
générale: de la nation souveraine émane la loi, le pouvoir législatif. Donc le pouvoir législatif est supérieur à
tout autre pouvoir. Cela aboutit à une hiérarchie des pouvoirs. Donc en 1791, la séparation est conçue comme
une hiérarchie des pouvoirs, le législatif ayant la primauté.
Selon la constitution de 1791, il n’y a pas de spécialisation rigoureuse des fonctions. En effet, participent au
législatif le corps législatif mais aussi le roi, représentant de la nation. En revanche, il y a une délimitation très
claire des attributions des différents organes.
I Le roi
1) Son statut
Malgré Varennes et la peur d’un retour à l’ancien régime, le régime monarchique n’est pas remis en cause. Le
roi a un statut propre : il n’est plus le roi absolu de droits divins, ni roi de France. Il est roi des français car il est
le premier des citoyens français composant la nation. Le roi est représentant de la nation, mais il est soumis à la
loi, il n’est plus souverain, il règne « par la grâce de Dieu et la loi constitutionnelle de l’Etat ». Il ne donne pas
d’ordres en son nom propre, il donnera des ordres au nom de la loi. Toutes les institutions reposent sur la loi :
légicentrisme. La monarchie reste héréditaire et on retrouve les règles de la loi salique : le trône va au
successeur mâle, premier fils du roi. Le roi est inviolable = il ne peut pas être mis en cause pour ses actes. Il est
aussi irresponsable = les actes juridiques qu’il émet doivent être contresignés par le ministre concerné.
Il y a 3 exceptions au principe d’inviolabilité: 3 cas de déchéance du roi:
- Pour régner, le roi doit prêter serment d’être fidèle à la nation et à la loi et de maintenir la constitution. S’il
refuse de prêter ce serment, le roi est censé abdiquer.
- Si le roi se met à la tête d’une armée dont les forces sont dirigées contre la nation
- Si le roi ne rentre pas en France après l’invitation faite par le corps législatif
Le roi n’a pas de biens: les biens de la couronne ont été dévolus à la nation. En tant que premier fonctionnaire
de la nation, le roi se voit verser une liste civile = somme d’argent pour ses dépenses. Le roi est un pouvoir
constitué = représentant de la nation.

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2) Ses attributions
Le pouvoir exécutif suprême réside exclusivement dans les mains du roi: il en détient donc en principe la
totalité. Mais, en réalité, sorte de tutelle du corps législatif en raison de la notion de la répartition des pouvoirs.
Puisque le pouvoir exécutif correspond au pouvoir de faire exécuter les lois, la constitution ne prévoit pas
d’activité réglementaire, gouvernementale pour le roi. Ceci étant, l’application de la loi doit être simple: la loi
doit être claire, il suffit de la faire appliquer. En fait, le système est plus complexe: le roi représente la nation à
l’extérieur du royaume (l’Europe est formé de monarchies avec lesquelles il entretient des relations) En
revanche, à l’intérieur du royaume, les prérogatives royales sont moins importantes:
Il dirige les ambassades
Il négocie les traités
La guerre ne peut être déclarée que sur proposition du roi. En principe, le roi est le chef des armées,
mais c’est l’assemblée qui statue sur le nombre des hommes et du matériel.
Il est le chef de la diplomatie et de l’administration, mais cette dernière est formée essentiellement de
personnes élues : ils dépendent donc du peuple.
Les actes du roi doivent être contresignés
En matière administrative, le roi dispose d’un pouvoir de contrôle : il peut annuler en principe les actes
des administrations et suspendre de leurs fonctions les administrateurs. Mais le roi doit en informer le
corps législatif et c’est le corps législatif qui aura le dernier mot.
Il n’a pas de pouvoir réglementaire : il peut seulement faire des « proclamations » (vocabulaire
imprécis…) conformes aux lois pour en ordonner ou en rappeler l’exécution : pas d’interprétation.
Mais le roi garde une certaine participation au pouvoir législatif : il sanctionne les lois et possède un
droit de veto suspensif qui s’étend sur deux législatures de 2 ans. Délai de 2 mois pour faire connaître
son avis. Si les députés maintiennent leur texte malgré le veto, il devient exécutoire après deux
législatures. Mais le veto royal ne joue pas:
o Pour les lois de finance (parmi les lois les plus importantes)
o En matière constitutionnelle
o Pour le fonctionnement du corps législatif
o Pour la responsabilité des ministres
o Pour les décisions relatives au système électoral
De plus, le roi ne peut pas dissoudre l’assemblée.
Les pouvoirs du roi sont limités, d’autant plus que le roi reçoit ses pouvoirs de la constitution, donc ses
pouvoirs peuvent être modifiés.
Dans le cadre du pouvoir exécutif, le roi est assisté de ministres qui sont des collaborateurs du roi. Ceux-ci
étaient la cible privilégiée des accusations, en particulier concernant leur despotisme. Ils doivent être choisis en
dehors de l’assemblée (séparation des pouvoirs). Le roi les nomme et les révoque. Ces ministres sont au nombre
de 6: guerre, marine, affaires étrangères, justice, intérieur, contributions publiques. Ils ne sont responsables
pénalement que devant le roi. Les ministres contresignent tous les actes du roi : il s’agit d’authentifier la
signature du roi, mais aussi de marquer la solidarité du ministre avec le roi = il endosse la responsabilité de la
décision. Les ministres ne forment pas un cabinet, donc pas d’organe collectif. Chacun est choisi
individuellement. Ils ne peuvent entrer dans l’assemblée que s’ils y sont invités. On est donc très loin du régime
parlementaire.

C'est la première Constitution écrite de notre pays garantissant les libertés et organisant la souveraineté
nationale. On a une conception hierarchique des pouvoirs.
La responsabilité des ministres n'est que pénale mais en faisant peser sur eux une menace d'accusation cela crée
un lien entre les ministres et l'Assemblée.
Le roi fait preuve, au départ, d'une docilité. Il est persuadé que les révolutionnaires se trompent et espèrent que

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les français se rendront compte de cette erreur. Le roi fera usage de son droit de véto.

II. L'assemblée législative


1) Son statut
Elle est unique car la volonté de la nation est une.
Chaque député représente la nation dans son intégralité: mandat représentatif. L'Assemblée est permanente, elle
choisit la durée de ses sessions et le lieu de ses séances.
Cette Assemblée est nombreuse, 745 membres. Elle est élue pour 2 ans avec renouvellement intégral. Les
députés sont élus au suffrage censitaire indirect. La durée du mandat est brève pour que les députés puisent une
nouvelle légitimité dans la nation.
Cette Assemblée ne peut pas être dissoute. Les députés rentrant en fonction prête un serment: vivre libre ou
mourir, maintenir de tout leur pouvoir la Constitution du Royaume, de ne rien proposer ni consentir qui puisse
y porter atteinte, d'être fidèle à la Nation, à la loi et au roi. Les députés sont irresponsables et inviolables.

2) Ses attributions
Elle exerce la souveraineté nationale et détient l'essentiel du pouvoir législatif. Elle intervient en matière
d'exécutif. La seule initiative du roi est celle d'inviter l'Assemblée à prendre en compte un projet.
Les textes votés par l'Assemblée sont des décrets soumis au roi pour sanction (majorité absolue des suffrages).
Les lois sont discutées et votées en dehors de la présence des ministres.

Le roi dispose d'un véto suspensif mais les pouvoirs de l'Assemblée sont sans partage dans les domaines les
plus importants (finances, constitutionnelle, fonctionnement du pouvoir législatif, responsabilité des ministres,
système électoral...), ainsi, dans un grand nombre de domaines le roi n'a pas de véto.
L'Assemblée peut contourner le véto en s'adressant directement au peuple par des proclamations. Cette
disposition s'appliquera le 11 juillet 1792 lorsque l'Assemblée proclamera la Patrie en danger

L'Assemblée fixe les dépenses et les recettes publiques. Elle fixe également les effectifs des armées de terre et
de mer.
Elle exerce une tutelle sur le pouvoir exécutif dans tous les domaines en fonction de la conception de la
séparation des pouvoirs.
C'est l'Assemblée qui déclare la guerre sur proposition du roi et qui ratifie les traités.
Séparation des pouvoirs signifie séparation des organes mais il y a une conception hierarchique des pouvoirs.

III. Comment s'organise la séparation des pouvoirs?


1) Statut
L'Assemblée comme le roi détient la souveraineté de la nation. La légitimité est la qualité d'un pouvoir
conforme à la volonté des gouvernés, c'est ce qui lui vaut l'assentiment général et l'obéissance. La
légitimité d'un pouvoir peut changer au cours du temps. Sous l'Ancien régime, la légitimité de la monarchie
vient de la tradition et du droit divin. En 1789, la légitimité du pouvoir vient de l'investiture populaire.
La légitimité de l'Assemblée est élective, l'Assemblée est élue par les citoyens régulièrement.
La légitimité du roi vient aussi de la Nation puisque la Constitution dit bien que la souveraineté nationale ne
s'exerce que par des représentants que sont le Corps législatif et le roi. Néanmoins, cette légitimité est
équivoque, le roi représente héréditairement la nation. Sa légitimité tend à concilier une légitimité historique et
l'appréciation de la nation.

En principe, les deux organes sont indépendants. L'Assemblée est indépendante par son statut.
Le roi est qualifiée de personne inviolable et sacrée dans la Constitution, il ne peut être mis en cause pour les
actes accomplis dans l'exercice de ses fonctions. Toutefois, la Constitution prévoit des exceptions: le roi doit
prêter serment et s'il ne le fait pas ou le réccuse il est censé avoir abdiquer tout comme s'il lance une attaque
contre la nation ou s'il sort du royaume et refuse de revenir.
Tout est prévu pour que le roi ne puisse pas utiliser de force contre la Nation.
Le roi est pourvu d'une liste civile pour subvenir à ses besoins mais ne la gère pas seul, il a également une garde

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mais il ne peut la diriger. Enfin, la régence échappe au roi. Ainsi, le roi est encadré.

2) La répartititon des compétences


La fonction législative est partagée partiellement avec le roi car ce dernier ne possède qu'un véto suspensif et
l'Assemblée a donc toujours le dernier mot.
La Constitution affirme que le pouvoir exécutif appartient au roi mais l'Assemblée intervient très largement
puisqu'elle possède le domaine financier. Les ministres dépendent du roi mais sont responsables pénalement.
Enfin, le pouvoir exécutif du roi est limité puisqu'un certain nombre d'agent sont élus et non désignés par le roi.
Le roi est limité.
C'est l'Assemblée qui crée les emplois publics, qui déclare la guerre, qui ratifie les traités...elle possède donc
une suprématie sur le roi.
Le roi n'a pas de pouvoir réglementaire. C'est l'époque du culte de la loi.

Les Constituants ont prévus une procédure de révision de la Constitution fin juin 1991. En réalité, cette révision
est tellement stricte et difficile à mettre en oeuvre qu'il faudrait un délai de 10 ans pour aboutir à une réforme
partielle.

S.4 L'application de la Constitution: la


législative ou l'échec de la monarchie
constitutionnelle
La Constitution n'est pas soumise à la ratification populaire puisqu'elle a été édité et voté par ses représentants.
En septembre 1791, l'élection des députés a lieu et la législative se réunit pour la première fois le 1 octobre.

Tous les députés qui la composent sont des « hommes neufs » (non rééligibilité des constituants).

C'est un peu la copie du Tiers Etat de 1789, il y a très peu d'anciens privilégiés et toujours aucun paysan ou
artisan. C'est donc une représentation bourgeoise, de juristes, d'administrateurs...Ils sont issus du même milieu
social que les représentants du Tiers Etat.

Plusieurs courants sont représentés:


● à droite: 260 feuillants (aile très modéré des (anciens) jacobins), très attaché à la nouvelle Constitution
et à la monarchie ils redoutent une remise en cause populaire du nouvel ordre établit.
● à gauche: 136 jacobin. Parmis eux, il y a beaucoup d'hommes de talents tel Brissot, Condorcet, Carnot...
ainsi que 3 députés de la Gironde... Les leaders des jacobins ne figurent pas dans l'assemblée car ils
faisaient partie de la Constitutante
● à l'extrême gauche: démocrate partisans du suffrage universel
● au centre: 350 les députés constitutionnel

Cette assemblée est divisée et le régime ne va durer que 10 mois.

Pourquoi cet échec?


Les raisons sont liées à la politique extérieure et intérieure du régime.

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§.1 Les difficultés intérieures et la guerre
inévitable
A. Les difficultés intérieurs
L'échec de la monarchie est liée à plusieurs raisons et notamment à des problèmes de mécaniques
institutionnels. On a voulu établir la séparation des pouvoirs. Les difficultés de fonctionnement viennent des
conceptions même que les pouvoirs ont d'eux-même.
Le roi utilise le droit de véto de façon presque systématique. Il trouble le jeu des institutions et a une attitude
négative. Le roi a tendance à choisir la politique du pire, il estime que s'il favorise les excès de la gauche
révolutionnaire, un désordre naitra de ces excès et engendrera une réaction en sa faveur. Il espère également
que les souverains étrangers interviendront. Les idées révolutionnaires ne font pas l'unanimité dans l'opinion et
l'échec par ex, de la politique religieuse coupe la France en deux.
Il y a la naissance d'un mouvement contre révolutionnaire.
Il y a une poussée démocratique très populaire soutenue par le développement des clubs. Les opinions se font
connaître par les journeaux. L'agitation populaire est presque constante à Paris, elle est liée aux difficultés
sociales, économique...
Le mouvement des sans culottes apparaît dans les sections (faites pour les élections) des quartiers populaires de
Paris. Elles sont animées d'un mouvement démocratique, populaire. Les sans culottes sont les artisans, les
domestiques...: le petit peuple de Paris.

B. La guerre inévitable
I Les raisons du conflit
Sous la constituante, la France et l'Europe des monarchies sont pacifiques. Les constituants sont les héritiers des
philosophes du XVIIIè et sont donc partisans de la paix. De plus, l'argent manque et un grand nombre
d'officiers ont immigrés (nobles). En mai 1790, puis en août 1791, les constituants ont fait des déclarations de
paix au monde.
Les souverains étrangers se désintéressent de la situation car il y a des problèmes dans chaque pays (partage de
la Pologne...., il n'y a pas de réactions systématiques de ceux-ci.
Les constituants formulent un droit international nouveau. On considère la guerre comme un pouvoir de
conquète, de marchandage pour la paix. Quand se dégage la notion de citoyen, ceux-ci sont sont concernés par
la défense de leur territoire et le nouveau droit national et international pose un principe nouveau: le droit des
peuples à disposer d'eux même.
On ne parle plus de sujets mais de citoyens d'où des conflits intérieurs.
Ex: terrain d'Alsace appartient aux princes et les habitants de ces régions aspirent à des réformes comme la
suppression des droits féodaux, un changement de gouvernement.
Ex: Dans le Comtat Venaissin: possession pontificale, 12 septembre 1791: référendum pour que la population
d'Avignon et du Comtat ait son rattachement à la France.
C'est ainsi qu'une certaine résistance à lieu aux proclamations dont le porte parole en Angletterre est Edmond
Burke et qui écrit dès 1790 des réflexions sur la révolution française et cet ouvrage est l'évangile de la contre-
révolution.

L'attitude des émigrés aggrave les choses car ils réclament l'aide des souverains étrangers et estiment qu'il faut
intervenir en France.
Avec la législative, la tendance se modifie. De plus en plus, la guerre apparaît comme un moyen de résoudre les
problèmes.
Le roi veut la guerre pour rétablir l'absolutisme.
Les brissotins veulent la guerre par ivresse révolutionnaire pour supprimer les foyers de contre-révolution et
diffuser la révolution.
La gauche pense que si on arrive à la guerre, on arrivera à forcer le roi à se démasquer et il pourra être écarté.
Les feuillants veulent aussi la guerre, ils pensent que déclarée vite elle sera courte et victorieuse et permettra de
stabiliser le régime et de rendre au roi son statut.
Ne sont hostiles à la guerre que les extrémistes de gauxhe et ceux qui ne sont pas dans l'Assemblée comme

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Robespierre et Marrat car la France n'est pas prête pour eux à cette aventure.
Les brissotins poussent le centre à la guerre. Convergence de vue entre le roi et l'Assemblée d'où le roi nomme
Roland (intérieur), Dumouriez (affaires étrangères)

II. L'entrée en guerre


Le 20 avril 1792, sur proposition du roi, l'Assemblée vote la déclaration de guerre au roi de Bohême et de
Hongrie: guerre déclarée au roi et non au peuple.
Autriche: empereur Joseph II meurt en 1791. Léopold II lui succède et meurt en 1792. Francois II en avril 1792
est roi de Bohême et de Hongrie, empereur après 1792.
La guerre durera 23 ans (jusqu'à Waterloo).
Cette guerre engendrera des défaites nombreuses avec des massacres perdant plusieurs officiers d'où un
flottement dans l'encadrement car ils faut en former des nouveaux mais il n'y a pas de base.

Sous la pression des clubs et de la population parisienne, les girondins font voter beaucoup de mesures
L'Assemblée vote en mai, juin 92 trois décrets révolutionnaires:
emprisonnement et déportations des prêtres réfractaires vus comme responsables des désordres surtout
dans l'ouest de la France
dissolution de la garde personnel du roi
constitution d'un camp de fédéré: on fait appel à 20 000 gardes nationaux venus de tous les
départements pour défendre Paris contre les ennemis intérieurs et extérieurs.

Le roi accepte que la dissolution de sa garde et appose son véto pour les autres mesures. Il renvoie ses ministres
girondins.
Journée révolutionnaire s'engage avec mobilisation des sans culottes le 20 juin 1972.
La foule aux Tuileries mais le roi refuse de relever son véto. Journée sans résultat mais grand retentissement car
à Paris et en Province, rédaction de pétition pour demander la déchéance du roi.
Comme les prussiens avancent sur le territoire national, le 11 juillet 1792, l'Assemblée proclame la Patrie en
danger: on établit un état de siège qui confisque des pouvoirs importants aux municipalités.
Cette prise de conscience pousse les patriotes à se mobiliser (avec des volontaires) mais cela favorise un
nouveau mouvement révolutionnaire puisqu'une mentalité plus violente fait jour contre l'exécutif.

Le 25 juillet 1792: manifeste de Brunswick (commandant en chef de l'armée de Prusse), il menace Paris
d'exécution militaire, de subversion totale en cas d'attentat contre la famille royale. Cet ultimatum est connu
quelques jours plus tard et les sections parisiennes réclament la déchéance du roi.
Un nouveau rassemblement populaire est prévu quelques jours plus tard.

§.2 L'insurrection du 10 août 1792 et la chute de


la monarchie
A. L'insurrection du 10 août 1792
L'initiative appartient à l'extrême gauche sous la direction de Danton. Elle est faite pour forcer l'Assemblée à
voter la déchéance du roi. Les fédérés commencent à affluer dès le 25 juillet et grossissent les rangs des
révolutionnaires.
Des membres des sections parisiennes s'emparent dans la nuit du 9 au 10 août de l'Hotel de ville et mettent en
place une commune insurectionnelle. Ils attaquent les Tuileries pourtant défendu par beaucoup d'hommes
(massacrés).

Louis XVI se réfugie à l'Assemblée et sous la pression des émeutes l'Assemblée prend une série de décrets:
La suspension du roi: fin de la monarchie, dans les jours suivants la famille royale est emprisonnée
Institution du suffrage universel masculin
Désignation d'un conseil exécutif provisoire de 6 ministres dont Danton à la Justice, Roland à l'Intérieur.
Ce conseil exerce le pouvoir. Les ministres sont désignés par l'Assemblée

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Le 25 août: Danton fait voter l'abolition de fait et sans rachat de tous les droits féodaux
La paysannerie adhère à la cause révolutionnaire.
Après le 10 août, la Commune de Paris exerce une dictature car l'Assemblée est désertée par les députés du
centre et de droite.
C'est la fin de la monarchie: la représentation nationale a été bafoué et la Constitution de 1791 ne peut plus
subsisté car il n'y a plus de monarque à la tête du pays.

B. La fin du régime
Le lendemain du 10 août des milliers de suspects sont arrêtés et incarcérés: les prêtres réfractaires....
Dans les jours suivants, l'Assemblée est contrainte par la commune de prendre des mesures très dures:
création d'un tribunal criminel extraordinaire pour juger les suspects à la cause révolutionnaire
(déportation, massacres de septembre)
la route de Paris est ouverte aux armées étrangères
Cela provoque la panique, des rumeurs de complots et de trahison. Lafayette déserte et quitte Paris.
On compte 1200 victimes à Paris que soit les prêtres ou les prisonniers de droits communs. Les extrémistes se
regroupent derrière Danton, Marrat, Robespierre alors que les Girondins, les Brissotins réprouvent ces
violences mais Danton couvre ces massacres comme une mesure inévitable.

La convention
Des élections ont lieu pour élir une nouvelle Assemblée qui doit rédiger une nouvelle Constitution.
On l'appelera la Convention. Suffrage universel indirect.
L'âge de la majorité est abaissé à 21 ans pour les électeurs primaires. Les électeurs secondaires sont éligibles et
doivent avoir 25 ans.
Le vote n'est pas secret. Il y a un taux d' abstention de 90%.
C'est donc une petite minorité qui désignent les 749 députés (car un département de plus) de la Nouvelle
Assemblée.

L'Assemblée est toujours issue de la petite et moyenne bourgeoisie. On compte encore 50 ecclésiastiques, 3
pasteurs protestants, 2 ouvriers, et 1/3 de juristes et beaucoup de députés qui ont fait partie de la Constituante
ou de la législative (Danton, Robespierre).

Les mesures ultimes de la législative


Avant la séparation, la législative prend des mesures ultimes destinées à couronner l'oeuvre qui a été celle de la
Constituante et de la législative:laïcisation de l'Etat civil, le mariage est un contrat civil qui doit être célébré
comme tel, le divorce est introduit en France.

La convention nouvellement élue, le lendemain se réunit le 20 septembre et peut annoncer une bonne nouvelle:
la victoire de Valmy (remportée par Dumouriez et Kellerman): victoire militaire et triomphe psychologique et
politique.

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Bilan 1789-1792
Bilan nuancé. La constituante a posé les grands principes qui régisse encore aujourd'hui.
La France s'est métamorphosée.
Néanmoins, des exclusions demeurent dans cette société dite égalitaire car il y a eu la proclamation de l'égalité
de droit.
Condorcet: pour la cause féminine. De plus, les femmes se sont investies, Olympe de Gouges a publié une
déclaration des droits de la femme citoyenne.
On a voulu que instaurer une liberté individuelle (droit du travail) et on a interdit toutes les coalitions, grêves et
les ouvriers ont été oublués de ces réformes.
Les constituants ont été incapables de concevoir un régime politique durable avec un équilibre des pouvoirs et,
les institutions mises en place ont connu des difficultés et des conflits d'abord latents ont débouchés sur une
nouvelle révolution, laquelle marque l'irruption en force de la démocratie militante ouvrant une nouvelle
période dans la révolution elle-même.

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Chapitre 2
La République révolutionnaire
21 septembre 1792 – 27 octobre 1795

Rupture définitive avec le passé. La mission de la Convention est d'établir la République.


Cette Convention (mot d'origine anglaise) détient deux pouvoirs: le pouvoir constituant (car élue pour élaborer
une nouvelle constitution) et l'exécutif provisoire de la souveraineté donc droit de mener au jour le jour la
politique de la nation (d'où gouvernement d'Assemblée).
La Convention reste en place pendant trois ans.
Elle va élaborer deux Constituions et un projet (lequel ne sera jamais définitivement votéà mais pendant ces
trois ans la France est sans constitution.

Plusieurs périodes marquent la Convention:


● Les Girondins
● Les Montagnards: phase appelée aussi République Jacobine
● Les Thermidoriens
Ces trois tendances domineront chacune à leur tour dans la même et unique assemblée.

Ce régime fera place au directoire.

En août, septembre 1792: suffrage universel indirect pour l'élection de la Convention. Cette Assemblée est
républiquaine, bourgeoise et plus à gauche que la législative. Elle se réunit pour la première fois (vérification
des pouvoirs) le 20 septembre 1792. Le 21 septembre 1792 se tient la première séance. Il y a 749 députés soit le
même nombre que dans la législative plus le département du Vaucluse.
Il y a un tiers d'hommes de lois.Une centaine appartenaient à la Constitutante et certains étaient dans la
Législative. Ils ne se satisfont plus de l'ordre établit par les constituants.

Il y a une radicalisation, ceux qui étaient à gauche sont maintenant à droite:


à droite: les Girondins (150 à 180) parmi eux Brissot, Petion, Vergniaud: plutôt des provinciaux
à gauche: les Montagnard (250 à 300) parmi eux Robespierre, Danton, Marat, Collot D'herdois, St Just,
Fabre D'églantine: venant des grandes villes
au centre: la Plaine ou le Marais (350) qualifiés parfois d'opportunistes se sont des bourgeois plus
prudents dans leurs opinions, patriotes hostiles à la monarchie. Ils défendent le libéralisme. Parmi eux
Sieyès, Cambacéres, Dossy D'angnas.

Les girondins, partisants de la liberté sont également pour la légalité, ils veulent stabiliser la révolution libérale,
fondé un régime sur la propriété, méritocratie, individualiste.
Les montagnards, ils s'appuient davantage sur la rue, sur l'élément populaire, ils rêvent sur une communauté
idylique, ils insistent plus sur l'égalité et ne craignent pas les mesures exceptionnelles.
La plaine est nombreuse mais elle forme un groupe inorganisé. Cette masse, comme dans le régime précédent,
soutiendra souvent les époques plutôt la droite ou plutôt la gauche. Au départ, elle soutiendra davantage les
girondins.

Le club des jacobins regroupent aussi bien des girondins que des montagnards.

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Setpembre 92 CONVENTION Octobre 1798

Septembre 92 Juillet 94

REPUBLIQUE JACOBINE

Septembre 1792 -Juin 93 Girondins

Juin 93 – Juillet 94 : Montagnard

Octobre 98 - .... DIRECTOIRE

REPUBLIQUE DES NOTABLES

Juillet 94 – Octobre 1798


Termidorien

S.1 La Convention girondine


21 septembre 92 – 2 juin 93
La Convention décide de dater ses actes de l'an I de la république. Le 21 septembre, ils ont votés l'abolition de
la royauté. Le 25 septembre, à la demande de Danton, les députés décrètent que la République Française une et
indivisible. Etat unitaire où les lois sont applicables dans tous le territoire.
L'objectif avoué est la démocratie. Un désaccord se manifeste entre les différentes tendances de l'Assemblée
Les girondins au départ dominent l'Assemblée ainsi que le conseil exécutif avec un soutien de la plaine.
Les montagnards leurs reprochent de manquer d'autorité. La crise économique et financière exige des mesures
urgent et les ministres qui sont au conseil exécutif refusent de compenser la hausse des prix, refus d'établir des
mesures de taxation.Ils rétablissent la liberté du commerce (suspendu la nuit du 10 août). Le peuple de Paris
commencent à s'agiter.
Le premier problème politique qui se pose est le sort du roi.

§.1 Le procès et l'exécution du roi


Le roi a été emprisonné au temple. De l'avis de tous, le roi est coupable. Une correspondance a été trouvé où le
roi exprime ses sentiments face à la révolution.
La question est de savoir quel roi sera jugé: le roi constitutionnel inventé par la Constitutiton de 91 ou le roi
incarnant l'Ancien régime tel qu'il se prétend être? Par qui le roi sera-t-il jugé? Par la Convention? Par le peuple
(suffrage universel)?
Robespierre estime que le roi dénoncait le peuple comme rebelle, et que donc le roi s'est condamné lui-même, il
ne reste plus qu'à l'exécuter.
Pour Marat, ce procès fera l'instruction du peuple c'est pourquoi il faut le juger.
Les députés décident que c'est l'Assemblée constituée en Haute Cour qui décidera du sort du roi.
Les girondins espèrent sauver la tête du roi. Pour la plupart ce n'est pas par clémence mais parce qu'ils refusent
une justice d'exception par un tribunal d'exception et préféreraient que l'on en appelle au peuple.

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Trois questions se posent au procès:
La culpabilité du roi (qui ne fait pas de doute): vote positif: Le roi est coupable de conspiration contre la
sûreté générale de l'Etat.
La ratification populaire de la sentence: vote négatif: pas de ratification populaire
Le roi étant coupable et ne passant pas devant le peuple, quelle sera la peine infligée au roi? Séance
dramatique puisque deux appels sont nécessaires après contestation. La mort du roi est votée par 361
voix sur 690 votée soit exactement la majorité absolue.
○ Y aura-t-il un sursis à l'exécution du roi? Vote négatif: le roi monte à l'échafaud le 21 janvier 1793.

Rupture avec le passé, toute restauration transformerait les révolutionnaires en coupables. Les montagnards ont
votés massivement la mort du roi.
En France, aucun soulèvement ne se produit dans l'immédiat après la mort du roi.
La réaction viendra immédiatement des souverains européens.

§.2 Les troubles généralisés et la crise du


printemps 1793
A. Les défaites militaires
Au début de la Convention, la France a connu une victoire militaire. Les français dominent sur plusieurs fronts:
Savoie, Nice, Rhin, Belgique. Les français rêvent d'aller le plus loin possible. En janvier 93, Danton évoque les
frontières naturelles: océan, Alpes, Rhin....
Les députés introduisent dans ces nouveaux territoires le système des assignats, abolissent le régime féodal,
confisquent les biens de l'Eglise....mais les populations sont mécontentes.
La Grande Bretagne ne peut pas accepter de voire la France maitresse de territoire de plus en plus vaste, elle
prend le prétexte de venger Louis XVI et pousse les monarchies européennes à se coaliser contre la France.
Février 93: une grande coalition rassemble la Prusse, l'Autriche, la Grande Bretagne, le St Siège, l'Espagne et
un certains nombre de princes allemands et italiens.

B. La crise du printemps 93 et l'élémination des


girondins
Au cours du printemps 93, l'agitation est relancée. La hausse des prix, l'inflation, les défaites extérieures et
l'insurrection vendéenne accentuent la crise.
Dès le 24 février 93, la Convention décide une levée de 300 000 hommes pour défendre la patrie. Elle s'effectue
par tirage au sort, cela suscite de violentes réactions surtout dans l'ouest de la France qui refuse ce tirage. La
population est mécontente de la politique et cette région refuse la conscription et lance une insurrection qui
deviendra une guerre civile: la guerre de Vendée.

La convention interprète cette insurrection comme une extension du complot aristocratique et répond à cette
insurrection par une terreur de masse. Condamnation à mort de tous les porteurs d'une cocarde blanche, mise
hors la loi des chefs d'insurrection.

Les montagnards dénoncent l'inefficacité des girondins en s'appuyant sur le mouvement des sans culottes. Ce
mouvement ne durera que peu de temps. Les sans culottes sont un mouvement urbain qui se développe à Paris,
révolutionnaires à la fois social et politique, radicalisation jacobiniste. Les sans culottes ne sont pas des
marginaux. Ils représentent une bonne partie de la population parisienne (bourgeois,...).
Ils se réunissent dans le cadre des sections parisiennes et propagent un idéal révolutionnaire de fraternité.
Socialement ce mouvement est avancée mais d'un point de vue économique ils sont contre l'industrialisation.
Dès le mois de mars 1793, Danton et les montagnards obtiennent la création d'un tribunal révolutionnaire.
D'autres mesures sont prises contre les émigrés (morts civiles), confiscation des biens....

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Le comité de salut public est crée 6 avril 1793, il est chargé de surveiller coordonner toutes les mesures
touchant la défense intérieure et extérieure.

Les montagnards prennent le pas sur les girondins. A la convention même et ceux-ci avec le soutien des sans-
culottes et de la commune de Paris, les montagnards réclament l'arrestation d'un certian nombre de députés
girondins. Différentes émeutes se produisent dont celle du 2 juin 93: le peuple encerclent la convention avec le
soutien de la Garde Nationale et exigent l'arrestation de 29 députés girondins. Un groupe de députés essaie de
sortir en cortège: ils sont mis en joue par la Garde Nationale.
Le 2 juin 93, la Convention vote le décret d'arrestation de 29 députés, la plupart seront exécutés. Les principaux
leaders girondins sont arrêtés. Les girondins ont perdus et ce vote signifie juridiquement que l'on a rejeté
l'inviolabilité des députés.
La convention montagnarde se met en place.

S.2 La convention montagnarde


2 juin 1793 – 27 juillet 1794
« gouvernement révolutionnaire ». La Convention montagnarde se heurte à une série de périls qui menacent la
République. Il faut organiser le salut public: une véritable dictature de guerre.

§.1 La République assiégée: printemps, été 93


Situation critique. A l'intérieur se développe deux phénomènes: le conflit vendéen (guerre civile) qui s'étend à
tout l'ouest; et, après le 2 juin et l'élimination des députés girondins, il y a une révolte fédéraliste: 60
départements qui s'insurgent contre la convention montagnarde.
Le conflit contre les puissances européennes: les échecs se multiplient, l'Alsace est envahie, la Savoie,
Maurienne sont occupés, les espagnols s'avancent dans les vallées des pyrénnées.
Le salut public est la suspension de l'ordre constitutionnel. Cette notion s'apparente à la raison d'Etat et à l'idée
de nécessité c'est à dire que cette notion justifie un régime exceptionnnel, régime de suspension des lois (elles
perdent leurs primauté), régime de mobilisation générale révoltuionnaire dans lequel l'utilité publique,
l'arbitraire de l'Etat sont placés au dessus de la loi.
Alors même qu'une Constitution est adoptée, elle est immédiatement suspendu et s'établit donc le gouvernement
révolutionnaire (régime de dictature).

§.2 La constitution fantôme: les bases juridiques


du régime, la constitution de l'An I
Elle est adoptée en 1793.
Auparavant la France a connu une Constitution écrite celle de 1791, les révolutionnaires votent la première
constitution de l'ère républiquaine: Constitution de l'An I.
Cette Constitution reprend un projet élaboré par les girondins.Elle est votée le 24 juin 93.
Elle comprend une déclaration des droits et un texte constitutionnel.

A. La déclaration des droits de 1793 plus


démocratique que celle de 1789.
Effectivement, les droits de 1789 sont encore consacrés: égalité, propriété, liberté, droit de résistance à
l'oppression.....aux droits de 1789 sont rajoutés des droits sociaux. En 1793, Robespierre fait consacré le droit à
l'insurrection. Elle est composée de 35 articles donc plus longue et mieux construite. L'Art.1 énonce que le but
de toute société est le bonheur commun.
La liberté est énoncée immédiatement mais ce n'est plus seulement le droit de faire ce que la loi n'interdit pas, il
y a une dimension morale: ne pas faire aux autres ce que l'on ne veux pas que les autres nous fassent (Art.6).

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Il y a aussi la liberté de réunion, de culte, d'association politique, une condamnation de l'esclavage, liberté de la
personne.
L'accent est mis sur l'égalité qui semble plus importante encore que la liberté. Cette déclaration consacre le
droit à l'instruction.
Principe de protection contre l'arbitraire, de sûreté. Liberté mais également droit au travail, droit à l'assistance.
Le droit de propriété est ré-affirmé.
Ebauche de démocratie sociale en assurant par l'intervention de l'Etat des droits.

B. L'acte constitutionnel en lui-même


Les montagnards ont voulu instaurer une démocratie politique.
Le texte constitutionnel comporte 124 articles, il est fondé sur la souveraineté populaire. La souveraineté réside
dans le peuple: universalité des citoyens français. Le suffrage universel et l'électorat droit fondent ce système.
Ces deux institutions traduisent la stricte égalité des citoyens.
Selon le texte, il y a un exécutif collégial qui est seulement l'émanation de l'Assemblée. Hierarchie: l'Assemblée
elle-même est subordonnée au peuple. Régime d'Assemblée avec une hierarchisation des fonctions sachant que
tout part du peuple on a donc des éléments de démocratie semi-directe.

La fonction législative
Elle appartient à l'Assemblée et au peuple. Il y a une assemblée unique élue au suffrage universel direct. Elle est
élue pour un an avec un mandat représentatif. Les citoyens peuvent sanctionnés très fréquemment leurs élus.
Cette Assemblée prend des décrets: elle discute et vote des textes, elle propose les lois. Un texte voté par
l'Assemblée devient définitif s'il est tacitement accepté par les électeurs après qu'ils en aient eu connaissance.
Il y a un véto populaire, il peut y avoir révision des lois d'initiative populaire.

La fonction exécutive
Elle appartient à un collège exécutif de 24 membres choisis par l'Assemblée. Ils sont désignés pour deux ans
renouvelable par moitié chaque année. Leur fonction est limitée à la direction et à la surveillance de
l'administration générale et à l'exécution des lois et décrets. L'usage du référendum complète cette démocratie,
un référendum constitutionnel est organisé et la constitution de 1793 est approuvé par les citoyens.

Cette constitution est appellée « fantôme » car la situation est trop troublée pour permettre le bon
fonctionnement des institutions et c'est pourquoi la convention suspend l'application de la constitution jusqu'au
retour de la paix.
La nécessité fait loi et un gouvernement révolutionnaire est chargé d'organiser un salut public (absence de
constitution).

§.3 Le gouvernement révolutionnaire et la


dictature du salut public
Une dictature est exercée par la Convention et le comité de salut public pour assurer le triomphe de la
révolution et la survie de la République. Ce gouvernement suspend les principes démocratiques.
Les premières mesures avaient été prises avant la chute des girondins. Mars 93: des représentants en mission
avaient été envoyés dans les départements et auprès des armées. Création d'un tribunal criminel extraordinaire.
Comités de surveillance (groupes de bons citoyens). Suprression de l'inviolabilité des députés/

A. L'organisation du gouvernement
révolutionnaires
Théoriquement la convention est prépondérante et concentre tous les pouvoirs.
La Convention dispose des ministres, elle s'organise elle-même, elle crée un certains nombre de comités
législatif et constitutionnel pour préparer le travail et exécuter les décisions. Ces comités sont pour les uns très

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spécialisés dans une tache déterminée.
Il existe également des comités de gouvernement qui comme leur nom l'indique vont détenir le pouvoir exécutif
puis s'arroger tous les pouvoirs. La convention est en principe prépondérante. Le décret du 14 primaire An II
soit le 4 décembre 93 précise que la Convention nationale est le centre unique de l'impulsion du gouvernement.
Au sein même de la Convention ce sont des comités qui concentrent tous les pouvoirs et en particulier le comité
de salut public.

Le comité de sûreté général


Premier comité de gouvernement. Ce système est mis en place pour rechercher et châtier les suspects. Il a en
réalité une action de politique générale. Il est chargé de la sûreté du territoire. Il verra ses attributions croitrent
jusqu'en décembre 93.

Le comité de salut public


La convention estime qu'il est nécessaire de renforcer le pouvoir exécutif et qu'il est important d'établir une
liaison entre l'exécutif et l'Assemblée.
Au départ le comité s'appelle comité de défense générale composé de 25 membres qui mènent une action pour
traduire immédiatement les décisions qu'imposent les campagnes militaires. Les défaites militaires se
poursuivent, le conseil des ministres est hostile à ce comité. Ce comité est trop nombreux, il demande lui-même
son ré-aménagement. Il est remplacé par le comité de salut public. 6 avril 93: naissance du comité salut public.
Dans cette esprit de coordination des institutions, le comité de salut public concentre tous les pouvoirs. En
juillet 93, Robespierre est élu à ce comité, ce dernier comprend 12 membres qui resteront en place (ré-élu)
jusqu'en juillet 94.
C'est une direction collégiale avec une certaine spécialisation du travail. On organise en différentes sections les
matières. Il siège en permanence.
Cet oeuvre de salut public est un véritable apostolat pour ses membres.

Résumé de rappel sur le gouvernement révolutionnaire


L'installation du gouvernement révolutionnaire a été progressive. Depuis septembre 92 le travail de la
Convention s'opèrent entre différents comités (techniques, de gouvernement...). Un de ces comités, le comité de
sureté général peut être assimilé à un « super ministère » de la police, son rôle est de restaurer l'ordre.
Ce comité entre en rivalité avec le comité dit de gouvernement appelé comité de salut public crée en avril 93.
Danton quittera le comité de salut public dès juillet car ce révolutionnaire se modère et se met en retrait.
En juillet 93, Robespierre entre au comité de salut public. Pendant un an, on aura la même configuration dans
ce comité: 12 membres. Le comité devient le moteur du gouvernement, le centre de l'impulsion. Chacun joue
son rôle (spécialisation) mais il y a une collégialité.

Que devient le conseil exécutif?


Une fois la Convention élue, le conseil exécutif des 6 ministres subsistent. Ils sont élus par la Convention et
cantonnés dans un strict rôle d'exécution et non de décision. Danton préfère son statut de député et quittera le
conseil exécutif.
Sous la Convention montagnarde, ce conseil subsiste (Lebrun reste aux affaires étrangères du début à la fin,
Bouchottte est ministre de la guerre...).
Dans les comités, on souhaite la supression du conseil. On craint une concurrence dans cette période troublée.
Le conseil des ministres est supprimé le 1 avril 1794, il sera remplacé par 12 commissions exécutives
spécialisées.Les membres de ces commissions sont désignés en dehors de l'Assemblée. En réalité, les membres
de ces commissions sont en quelques sorte des fonctionnaires et non des membres du pouvoir politiques. Les
commissions ont seulement un rôle d'exécution et de préparation.

Le comité de salut public détient tout pouvoir. Mais ce gouvernement révolutionnaire est issu d'une situation de
fait. Il est néanmoins codifié c'est à dire justifié par un certains nombre de textes en fonction des nécessités pour
légitimer les mesures d'exception qu'il est amené à prendre.
Entre octobre et décembre 1793 deux décrets généralisent cette situation exceptionnelle. Un discours de
Robespierre met en forme théorique cette situation.

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Décret 1: 10 octobre 1793.
Suite à un rapport de St Just. Il est proclamé que le gouvernement provisoire de la France est révolutionnaire
jusqu'à la paix. La Constitution ne peut pas être établi dans cette situation. Ainsi est officialisé le comité de
salut public qui surveille tous les autres organes.
Les lois sont révolutionnaires et ne prennent pas en compte les libertés. Une dictature de guerre s'instaure.

Décret 2: 14 décembre 1793 ( 14 Frimaire An II)


Il organise la dictature de guerre.
Les prérogatives du comité de salut public sont accrues. Le comité est le gouvernement, il prend toutes les
décisions alors que normalement le centre d'impulsion est la Convention, désormais le comité se passe de toute
référence à cette dernière.

Discours de Robespierre: 25 décembre 1793


Il fait la théorie du comité. Il s'agit d'une dictature de guerre dans laquelle le comité de salut public, réaménage,
contrôle.... au nom de la vertu,....
Robespierre est appelé « l'incorruptible ».

B. L'action du gouvernement révolutionnaire


La première difficulté est celle de vaincre les ennemis extérieurs.

I. L'armée
Elle est réorganisée afin que le plus d'hommes possibles participent à la défense. La levée de 300 000 hommes
était insuffisante. Le 23 août 1793, est pris un décret de levée en masse ce qui signifie que tout homme valide
apte au combats est appelé célibataire et veufs sans enfants.
Les anciens soldats (culs blancs) sont mélangés aux nouveaux (bleuets): politique de l'amalgame.
Victoire de Fleurus. Armée d'environ un million d'hommes.

II. La justice révolutionnaire


Le 5 septembre 1793, la Terreur est mise à l'ordre du jour.
Le plus célèbre de ces décrets est le fameux décret (ou loi) des suspects du 17 septembre 1793. Ce fameux
décret prévoit l'incarcération immédiate de tout suspect c'est à dire de tout ennemi de la République. Sont
notamment suspects: les parents d'émigrés, les personnes auxquelles a été refusé un certificat de civisme
(preuve que l'on est un bon citoyen). Sont aussi suspects les partisans du fédéralisme, de la tyrannie et les
ennemis de la liberté. Sont enfin suspects ceux qui ne peuvent pas justifier de moyens d'existence. Tout suspect
peut être incarcéré. La détention devient une mesure de sûreté. Sa durée est indéfinie. Cette justice
révolutionnaire pourchasse aussi les hors la loi au sens strict: ceux qui ne sont pas dignes de la protection de la
loi.
Il a été crée un tribunal criminel extraordinaire dit tribunal révolutionnaire crée le 10 mars 1793.
En principe, il n'y en a qu'un. Il est composé de 5 juges, d'un jury de citoyens, un accusateur public "Fouquier-
Tinville". Ces jugements sont exécutoires et la peine requise est la peine de mort. Assez rapidement des
tribunaux révolutionnaires se mettent en place en province.
Fin 93: Reine Marie Antoinette, Girondins...seront les victimes de ces tribunaux.

Robespierre justifie la terreur.


La terreur s'accentue autour du dernier mois: 10 juin 1794 s'étend la Grande Terreur. Le tribunal révolutionnaire
ne connaît plus que la peine de mort.
La terreur c'est la répression systématique a tout ce qui n'est pas révolutionnaire.

III. L'économie
Il faut au moins avoir le soutien de la population or le gouvernement révolutionnaire prend appui sur les sans
culottes et sur le petit peuple. La priorité est de nourrir ce petit peuple. Cette économie contrôlée vise à

43
instaurer un maximum des prix pour lutter contre la spéculation. Plusieurs lois sont prises dont celles du
maximum général de septembre 93 qui instaure un maximum des prix et des salaires. Cette politique vise à
sanctionner les accapareurs.

IV. L'administration
Elle est centralisée. Le comité de salut public veut reprendre en main les départements des insurgés. Dès mars
1793, des représentants en mission sont envoyés dans les départements. Ce sont des députés de la Convention
munis de pouvoirs extraordinaires. Ils ont tout pouvoirs. Ils sont également envoyés dans les armées.
Au cours de cette période et par l'intermédiaire du décret du 14 frimaire An II l'organisation administrative est
modifiée. Les administrations départementales sont supprimées et toutes leurs attributions sont transférées au
district.
Des comités de surveillance sont mis en place (groupements de citoyens qui s'arroge le pouvoirs de contrôler
les administrations en place).

V. Religieux
Un certain nombre de mesures contre la religion chrétienne sont prises. On a baptisé cette politique la politique
de déchristianisation de l'An II. On a remplacé le calendrier chrétien par le calendrier révolutionnaire le 5
octobre 1793. Volonté de destruction, de répression contre l'Eglise accusée de soutenir la contre-révolution. Il
faut favoriser l'intégration du clergé constitutionnel dans la vie de la nation.
L'Abbé Grégoire qualifie cette politique de vandalisme.

Le 22 septembre 1792 sera le premier jour du calendrier (1 jour de la République). C'est le jour de l'équinoxe
d'automne.
Le jour traditionnel de repos est le décadi. Fabre d'Eglantine avait parlé de ce calendrier dans son rapport en
remplaçant le catalogue des saints par la liste des utiles productions de la terre, des outils et des animaux.
Gilbert Romme a élaboré ce projet.

5 octobre et 24 novembre 1793: décrets d'adoption du calendrier.

Le calendrier est divisé en douze mois de trente jours avec en fin d'année 5 jours supplémentaires.
Les sonorités sont très poétiques. Les noms des communes anti-révolutionnaires sont changées. Lyon perd son
nom et devient ville affranchie. Les rues changent également de nom et les prénoms des individus sont
également modifiés.

Des cultes apparaissent dans lesquels on célèbre la raison, la liberté.... Robespierre y est hostile car ces cultes
sont athées et il pense que l'idée de Dieu est indispensable dans la société. Il instaure l'être suprême en mai
1794. En juin 1794, il fait célébrer la fête de l'être suprême. Ces deux décisions indisposent l'entourage de
Robespierre. C'est l'apogée de Robespierre mais on s'achemine vers sa chute.

§.4 La chute des montagnards


La dictature personnelle de Robespierre s'accompagne d'une lutte entre factions rivales chez les montagnards.
Il y a les enragés qui souhaitent que les mesures soient encore plus radicales avec Hebert que l'on surnommait
Homere de l'ordure.
A l'opposé, se situe les indulgents. Ce sont des montagnards plus modérés qui souhaitent la fin de la terreur.
Parmi eux, il y a Danton.
Les conflits se règlent pas la guillotine et tous ceux qui n'appartiennent pas au clan de Robespierre sont
éliminés. Les enragés, puis les indulgents montent à l'échafaud.
Désormais, les exécutions apparaissent comme inutiles et contestables car la situation générale s'est
considérablement améliorée. Les troubles intérieurs ont cessé depuis plusieurs mois et la situation militaire est
meilleure. Or Robespierre ne modifie pas sa ligne de conduite. Il fait de la terreur non pas un moyen de défense
mais un moyen de fonder le règne de la vertu.
Robespierre est de plus en plus isolé au sein du comité de salut public. Il est de plus en plus contesté depuis les

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victoires. L'opinion est lasse. Les conventionnels en particulier ceux qui font partis de la plaine forment un
complot contre Robespierre et St Just, complot qui aboutit le 9 thermidor An II à l'élimination de Robespierre.
La dictature du salut public cesse.
Les modérés s'emparent du pouvoir, elle est baptisée convention thermidorienne.

S.3 La Convention Thermidorienne: 28


juillet 1794 – 25/27 octobre 1795
Ils vont consolider la République grâce à une nouvelle Constitution qui donnera naissance au directoire. Les
conventionnels se donnent trois ans pour élaborer une nouvelle Constitution.
La devise des thermidoriens est « ni terreur, ni monarchie ». Ils vont lutter contre les jacobins et contre les
royalistes.

§.1 La réaction politique


A. La Convention doit lutter contre les
montagnards (la gauche)
C'est une vague de répression qui s'abat sur les montagnards. Il n'est pas question de tout détruire surtout en ce
qui concerne les institutions.
Les comités subsistent mais sont fréquemment renouvelés dans leur personnel. La règle était au départ que
chaque mois les comités pouvaient être renouvelés mais Robespierre s'était imposé. Chaque comité est
cantonné dans une spécialisation sans empiètement sur les autres comités. Le comité de salut public a un rôle
moins important, c'est l'Assemblée le centre d'impulsion du pouvoir.
Le peuple manifeste une violente réaction contre la gauche: mouvement anti-jacobins et notamment avec
Freron.
Les thermidoriens abrogent la loi du maximum et reviennent à la liberté économique. Ils favorisent une flambée
des prix des denrées les plus communes.
Cela va susciter une dernière insurrection du peuple parisien: émeute de la faim au printemps 95.
Le peuple se précipite à la Convention et demande du pain et la Constitution c'est à dire l'application de la
Constitution de l'An I.
L'Assemblée prend peur et fait appel à l'armée. La répression contre les insurgés est terribles. Les thermidoriens
en profitent pour régler leurs comptes les montagnards. Certains députés sont exécutés, d'autre députés sont
déportés.

Printemps 1795: le peuple cesse d'être une force politique.

B. La Convention doit lutter contre les royalistes


(la droite)
La terreur blanche: terreur des monarchistes par opposition à la terreur rouge des montagnards.
Ce mouvement est soutenu par tous les anti-montagnards, anti-jacobins dont les religieux.
L'Assemblée ne prend pas de mesure tout d'abord car elle s'occupe du problème des montagnards.
Les monarchistes sont nombreux mais divisés en deux tendances:
Ceux qui viennent de rentrer en France, royalistes de l'émigration. Ils sont très virulents contre la
révolution et souhaitent un retour à l'Ancien régime.
Monarchistes de l'intérieur (plus nombreux). Ils sont plus modérés et souhaitent une monarchie
constitutionnelle.

Le mouvement royaliste est puissant mais divisé. Le 8 juin 1795, Louis XVII emprisonné au temple décède.

45
Aussitôt, le comte de Provence (frère de Louis XVI) se proclame roi sous le nom de Louis XVIII.
Ce comte de Provence est en Italie à ce moment (à Verone) et il fait une déclaration: Manifeste de Vérone
proclamé en juillet 1795.

C'est un manifeste de la contre-révolution car le comte annonce différentes mesures:


châtiment des régicides
rétablissement de l'Ancien régime et des trois ordres
rappel des Parlements
religion catholique = religion d'Etat

Les monarchistes modérés sont consternés par l'annonce de cette monarchie absolue. Les conventionnels
perçoivent le danger même si tous les monarchistes ne se rallient pas à la théorie du comte de Provence.
Soutenu par l'Angleterre, les royalistes tentent un débarquement en Bretagne à Quiberon cela sera un échec
réprimé avec violence.

Les thermidoriens choisissent de se maintenir au pouvoir.

§.2 La pérennité des thermidoriens


L'objectif est de consolider la République, instaurer de nouvelles institutions, élaborer une nouvelle
Constitution permettant de conserver les principes de 1789.
Les thermidoriens élaborent la Constitution de l'An III.
Le rapport du projet de Constitution est Boissy d'Anglas. Elle va être présentée à l'Assemblée le 23 juin 1795
par Daunou.
Rapport:
La Constitution de l'An I est trop démocratique, associée au terrorisme, elle fait peur au peuple
Pour stabiliser le futur régime, il faut maintenir au pouvoir les thermidoriens, seuls capables, d'écarter
les risque de la démocratie, les dangers de la dictature et les risque du danger royaliste.
Ils s'appuient sur les propriétaires. Il faut établir le gouvernement des « meilleurs » c'est à dire ceux qui sont les
plus instruits et les plus intéressés au maintien des lois: ceux qui possèdent une propriété sont attachés au pays
qui la contient, aux lois qui la protège, à la tranquillité qui la conserve.

Une nouvelle Constitution est voté le 22 août 1795 c'est à dire en An III. Elle donne le pouvoir aux notables.
Elle est adopté par référendum. Les conventionnels en 1795 agissent à l'inverse des constituants de 1791 car ils
décident de conserver le pouvoir et, pour cela, la convention vote le décret des 2/3. Cela signifie que le futur
corps législatif qui, en réalité sera composé de deux conseils, devra comprendre au moins 2/3 d'anciens
conventionnels (donc tous si l'on enlève les morts).

L'objectif est de se perpétuer au pouvoir: les thermidoriens seront appelés les perpétuels. Le décret des 2/3 est
soumis au référendum et adopté malgré une forte abstention.
Ce décret prive les royalistes d'atteindre légalement le pouvoir, c'est pourquoi ces derniers préparent un coup de
force contre la Convention: octobre 1795. De nouveau, la Convention fait appel à l'armée.
C'est la seule insurrection royaliste de la révolution, elle est écrasée par l'armée qui est conduite par deux jeunes
généraux: Brune et Bonaparte (appelé aussi général vendémiaire du nom du mois de l'insurrection).
Au bout de 3 ans, la Convention se sépare après avoir élaboré la Constitution de l'An III.

46
Chapitre 3
La République bourgeoise ou le directoire
27 octobre 1795 – 10 novembre 1799

La République est bourgeoise. Les membres du directoire veulent éviter toute dictature. Ils se disent conscients
des problèmes de la société et veulent instaurer la stabilité des institutions par le « gouvernement des
meilleurs » (Boissy d'Anglas). La Constitution est votée et approuvée par référendum ainsi que le référendum
des 2/3. C'est la Constitution de l'An III. Elle est très longue, très précise. En réalité, elle n'a pas su prévoir les
relations difficiles entre les pouvoirs.

S.1 LA CONSTITUTION DE L'AN III


Elle rentre en vigueur le 26 octobre 1795. Elle incarne la volonté des thermidoriens d'éviter les dictatures. Elle
poursuit un double but:
écarter le peuple des institutions: recul de la démocratie
éviter la dictature d'une Assemblée: revenir à un régime modéré
Cette constitution revient à un suffrage censitaire c'est à dire une démocratie capacitaire. Régime représentatif
pur. Il n'est plus question de référendum législatif sauf pour l'approbation de la Constitution. On revient à une
souveraineté dite nationale mais souveraineté de l'universalité des citoyens.
Elle est également caractérisée par la stricte séparation des pouvoirs. Elle s'opère entre un législatif bicaméral et
un exécutif collégial. Elle est précédée d'une déclaration des droits et des devoirs du citoyen.
La Constitution définit les limites du territoire: 89 départements (83 en 1791).

§ 1 La Déclaration des droits et des devoirs


On constate immédiatement que ces auteurs n'ont pas voulu faire place à des considérations philosophiques
contrairement en 1789. Il n'y a pas de préambule simplement, une phrase introductive: « le peuple proclame en
présence de l'être suprême, la déclaration des droits et des devoirs de l'homme et du citoyen ».
Cette déclaration comporte 22 articles pour les droits et 9 pour les devoirs. Il n'est plus question de droit naturel
et imprescriptible de l'homme. L'article sur l'égalité (hommes naissent libres et égaux en droit) a disparu. Il est
question des droits de l'homme en société. La déclaration peut être complétée par certaines dispositions qui
figurent au titre XIV de la Constitution (dispositions générales).

Les droits
Les droits de l'homme en société (Art.1): la liberté, l'égalité, la sûreté et la propriété. Par rapport à 1789, il
manque la résistance à l'oppression.
La liberté (Art.2) consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas aux droits d'autrui.

L'égalité consiste en ce que la loi est la même pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse. Elle
n'admet aucune distinction de naissance, aucune hérédité de pouvoir. Égalité de droit, civile, juridique.
On a voulu empêcher toute revendications sociales se fondant sur cette déclaration: on ne peut pas au
nom de la déclaration, demander à l'Etat de réduire des inégalités telles que celles de fortune.

La liberté économique est affirmée.

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Pas le droit à l'assistance, à l'instruction, à la résistance à l'oppression.

Liberté de la presse, liberté de religion sont mieux définies. Dans le titre XIV Art.352, la loi ne
reconnaît ni voeux religieux ni aucun engagement contraire aux droits naturels de l'homme. Art.353 nul
ne peut être empêcher de dire, écrire ou publier sa pensée. Les écrits ne peuvent être soumis à aucune
censure avant leur publication.

La sûreté résulte du concours de tous pour assurer le droit de chacun.

La propriété est le droit de jouir et disposer de ses biens, de ses revenus, du fruit de son travail et de son
industrie. Caractère intangible de la propriété, grande attache à celle-ci.
Art.8 (devoirs): c'est sur le maintien des propriétés que repose la culture des terres, (...), l'ordre social.

Les devoirs
Les devoirs: ils traduisent une sorte de morale civique conforme à la morale privée de l'époque.

Art.2 précise que tous les devoirs de l'homme et du citoyen dérivent de deux principes:
Ne faites pas autrui ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fit
Faites constamment aux autres, le bien que vous voudriez en recevoir.
Morale (époque) : Nul n'est bon citoyen s'il n'est bon fils, bon père, bon ami, bon époux.

Deux devoirs essentiels: le respect de la propriété et la défense de la patrie.


Envers la société il y a également deux devoirs: la soumission aux lois et le respect des agents de l'Etat.

Il y a un souci de modération, un souci d'ordre que l'on retrouve dans l'organisation des pouvoirs publics.

§ 2 La Souveraineté dans la constitution


« L'universalité des citoyens français est le souverain ».
Les citoyens sont les titulaires du droit de suffrage.
Le droit de suffrage n'appartient pas à tous, le nombre des citoyens diminue par rapport à la période précédente.
Ainsi, le droit de suffrage est diminué et limité. En 1789, on avait proclamé l'importance des élections, celle-ci
est rappelé en 1795 où l'on rappelle que l'élection est le mode de désignation des politiques, des administrateurs,
des magistrats... En réalité, ce phénomène se trouve restreint. On veut établir un gouvernement des sages, un
système modéré.

La Constitution définit la notion de citoyen dans son Art.8: tout homme né et résidant en France qui âgé de 21
ans s'est fait inscrire sur le registre civique de son canton, qui a demeuré pendant une année sur le territoire de
la République et qui paie une contribution directe, foncière ou personnelle. Il faut être contribuable pour être
citoyen.
Les auteurs de la Constitution ont voulu inscrire un suffrage capacitaire. Toutefois, la condition de cens peut
être écartée pour les français qui auront fait une ou plusieurs campagnes pour l'établissement de la République.
On estime qu'ils ont payé une contribution patriotique.
Peuvent également être constitués comme citoyens ceux qui paient une contribution volontaire égale ou
supérieure à 3 jours de travail.
A la différence de 1789, il n'y a pas de distinction entre citoyens actifs et citoyens passifs. Les membres du
souverain sont identifiés au titulaire du droit de suffrage. Le nombre des citoyens est limité.

Les droits des citoyens sont réduits par rapport à 1793:


ils n'ont pas la possibilité d'intervenir dans l'élaboration des lois par référendum
on a un régime représentatif à deux degrés, le suffrage est indirect. Les citoyens réunis en Assemblée

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primaire désignent les électeurs du second degré qui eux, choisissent les députés.

Au total, les électeurs du premier degré en 1795 sont plus nombreux qu'en 1791. En revanche, il y a moins
d'électeurs du second degré en 1795 qu'en 1791.

Les conditions pour être électeur du second degré:


● avoir 25 ans
● être propriétaire, locataire ou usufruitier d'un bien évalué ou produisant un revenu compris entre 150 et
200 jours de travail.

Sont élus au suffrage indirect, les députés et tous ceux qui exercent une fonction administrative, judiciaire.

§3 La répartition des pouvoirs


Les conventionnels veulent éviter une dictature que ce soit celle d'une Assemblée ou celle d'un seul homme.
Ils optent pour une séparation rigide entre le législatif et l'exécutif. En 1795, il y a encore dans les textes une
certaine primauté du législatif. Les auteurs de la Constitution souhaitaient réaliser un compromis entre le
principe de la balance des pouvoirs (1791) et celui de la spécialisation (1793).

A. un corps législatif formé de deux conseils


Boissy d'Anglas justifie cette nouvelle option en disant qu'il ne peut y avoir de Constitution stable lorsqu'il n'y a
qu'une seule Assemblée. Pourtant, en 1795, on opte pas véritablement pour un réel bicaméralisme. Le corps
législatif est formé de deux conseils (et non de chambres!). Ces deux conseils ne sont pas différents l'un de
l'autre: le conseil des 500 et le conseil des Anciens. Ces deux conseils ont le même statut et réalisent seulement
une division fonctionnelle, technique du législatif. Ils sont élus par les même électeurs pour trois ans avec
renouvellement par tiers chaque année.

Le conseil des 500


Il est formé de 500 députés âgés de trente ans. Ils doivent être domiciliés sur le territoire de la République
pendant les dix années qui ont précédés l'élection. On redoute toujours les extrêmes et le danger royaliste: on
veut l'élection des émigrés.
L'initiative des lois appartient à ce conseil. Il élabore et vote des projets de loi.

Le conseil des Anciens


Il est composé de 250 membres. Ils doivent être âgés de 40 ans et mariés ou veuf. Ils doivent être domiciliés sur
le territoire de la République depuis 15 ans.
Ce conseil approuve ou rejette les propositions et les résolutions du conseil des 500. Ce conseil n'a pas de droit
d'initiative ou d'amendement.
Il est qualifié pour fixé le lieu de résidence du corps législatif.

Boissy d'Anglas: le conseil des 500 est l'imagination de la République, le conseil des Anciens en sera la
raison.

Les membres de ces deux conseils bénéficient d'indemnités parlementaires.


Pour éviter la dictature du pouvoir législatif:
● division en deux conseils
● les deux conseils ont l'interdiction de déléguer leur fonction, les membres de ce conseil ne peuvent
exercé par eux-même ou par personne interposée le pouvoir exécutif ou judiciaire.

Pour protéger le pouvoir législatif du pouvoir exécutif ou judiciaire:


le conseil des Anciens fixe le lieu de résidence du corps législatif
les conseils font leur règlement intérieur
le public est admis dans la limite de la moitié du nombre des députés présents

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l'exécutif ne peut pas faire passer ou séjourner des troupes à proximité du corps législatif (distance de 6
myriamètres soit 60km)
le corps législatif est pourvu d'une garde (importants pour la suite des évènements)

B. Le pouvoir executif
La crainte d'un coup d'Etat (républicain ou monarchiste) à conduit à diviser l'exécutif qui est confié à un
directoire collégial formé de 5 directeurs.
Les directeurs sont nommés par le conseil des Anciens sur proposition des 500. (seule entorse à la SDP)
Les directeurs sont assistés de ministres. Le directoire est renouvelé par 1/5 chaque année.

Conditions pour être directeur:


Être âgé de 40 ans au moins
Tout membre sortant ne peut pas être réélu avant un interval de 5 ans.

Chaque directeur assure la présidence pendant trois mois. Par rapport aux régimes précédents, le pouvoir
exécutif est réhabilité: prérogatives importantes et notamment un véritable pouvoir réglementaire.
Il dirige la diplomatie
Il pourvoi à la sûreté intérieure et extérieure de l'Etat
Il dispose de la force armée mais les directeurs ne peuvent pas exercer un commandement effectif
Il conclut les traités qui doivent être ratifiés par le corps législatif
Il a le pouvoir réglementaire, il peut faire des proclamations conformes aux lois et pour leurs exécutions.
Il promulgue les lois et en assure l'exécution
Il nomme les ministres, les généraux, les chefs d'administration, les gouverneurs des colonies....

En réalité, le directoire a conçu de manière extensive le pouvoir réglementaire (règlements autonomes).

Le pouvoir du directoire est soumis à des limites:


Le directoire n'administre pas lui-même puisqu'il y a 6 à 8 ministres.
L'action du directoire ne s'exerce pas sur la trésorerie. Les finances sont confiées à 5 commissaires de la
trésorerie générale désignés de la même façon que les directeurs. Ces commissaires sont chargés de
surveiller les recettes et d'ordonnancer les dépenses.
Le directoire ne participe pas à la confection des lois, il n'a pas de droit d'initiative. Les directeurs ne
peuvent pas rencontrer les membres du corps législatif: correspondance par messages.

Il n'y a pas de moyen de renverser les directeurs ni de dissoudre l'Assemblée: il n'y a pas de moyen pour régler
les différents.

C. Le pouvoir judiciaire
Les fonctions judiciaires ne peuvent être exercées ni le corps législatif ni par le pouvoir exécutif: indépendance.
En principe, les juges sont élus mais progressivement on reviendra à la nomination des juges.

Autre
La procédure de révision est très lourde et longue. Les constituants n'ont rien prévu pour résoudre les conflits
entre les pouvoirs.
Chaque année, il y a des élections qui peuvent bouleverser les majorités et les rapports entre les organes:
période de vulnérabilité.

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S.2 LA vie politique sous le directoire
Échec. Instabilité chronique. Le dernier coup d'Etat aboutira à la chute du régime. Ce régime est dès le départ
en danger car il a des prétentions centristes: régime modéré. Il se heurte à la contre révolution royaliste à droite
et l'ultra révolution jacobine à gauche. Pour arriver à se maintenir, le régime devra toujours avoir recours aux
coups de force c'est à dire qu'en fait il ne pourra se maintenir qu'avec les services de l'armée. Ce régime doit
affronter les épreuves dans une conjoncture économique catastrophique.

Malgré le décret des 2/3, on observe une poussée de la droite: entre 160 et 200 députés de droite. 64 députés de
gauche et une 100 de députés indécis + les 2/3 des conventionnels.

§.1 Une succession de coups de force


C'est une série de crises qui chaque année on marqué le directoire. Le premier épisode constitue une véritable
atteinte à la Constitution.

Le petit peuple est touché par la crise économique. Il espère pouvoir intervenir en participant à des mouvements
marginaux. La conjuration des Égaux menée par Gracchus Babeuf prend de l'importance. Cette conjuration
diffuse l'idéal égalitaire, une sorte de communisme agraire. Les adeptes ont fondé le club du Panthéon. Le
directoire prend peur et fait arrêté Babeuf et à la suite d'un procès décapité.

A. Le coup d'Etat de Fructidor An V (septembre 1797)


C'est le premier renouvellement partiel du corps législatif. On observe de nouveau une forte poussée royaliste.
Cela correspond à une déroute pour les thermidoriens. La droite donne une majorité aux royalistes. En
revanche, 3 directeurs sur 5 sont de majorité républicaine. Les directeurs, prétextant un coup d'Etat en
préparation font appel à l'armée. En septembre 1797: l'armée intervient.

A la suite de cette dernière, un certain nombre de mesures républicaines sont adoptées contre les députés:
les élections sont cassées dans 49 départements, les élus ne seront pas renversés. « députés
fructidorisés »
65 députés sont déportés en Guyane dont Boissy d'Anglas
plus de 40 journaux sont supprimés
les députés doivent prêtés un serment de haine à la royauté.

Les deux directeurs modérés sont remplacés par des directeurs républicains.
L'armée est devenu l'arbitre de la politique. Par la suite, chaque année, il y aura de nouveau coup de force
éventuellement en sens inverse.

b. Le coup d'Etat de mai 1798


En mai 1798, les résultats des élections sont une poussée des jacobins. Les conseils votent une loi qui
empêchent l'élection de ces députés « anarchistes »: coup de force contre les jacobins.

C. Le coup d'Etat DE MAI 1799


En 1799 c'est la revanche des conseils les directeurs vont être mis en cause par les conseils. Trois directeurs
sont poussés à la démission. Les conseils reprochent au directoire les défaites militaires et les contraignent à
démissionner. Les conseils élisent à la place des républicains obscures à la botte de ces conseils.
En 1799, Sieyès est élu directeur. Il a conscience des difficultés et pense qu'en définitive, le régime n'est pas
viable et qu'il faut procéder à un coup d'Etat pour avoir un changement des institutions.

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§.2 Le coup d'Etat du 18 Brumaire An VIII ou la
chute du directoire (9 novembre 1799)
Il apparaît indispensable de réviser une constitution trop rigide. Il faut mettre un terme à la révolution et établir
une Constitution définitive.
Il cherche un soutien militaire quand Bonaparte débarque à Fréjus en 1799. Son prestige est considérable auprès
de la population, il apparaît comme le sauveur militaire qui seconde le sauveur civil.
Il font courir le bruit d'un complot anarchiste dans la capitale.

Le Conseil des Anciens décide de transformer le siège du corps législatif à St Cloud. Bonaparte est nommé
commandant des troupes à Paris. Sieyès arrive à convaincre deux autres directeurs (Barras et Roger-Ducos) de
démissionner avec lui.
Il y a une vacance de l'exécutif.

Le lendemain, 19 Brumaire de l'An VIII, il faut convaincre les conseils de modifier la Constitution.
Le frère de Napoléon Bonaparte était président du Conseil des 500. Mais les conseils constatant que de
nouveaux des troupes sont massées devant le corps législatifs, décident de mettre Napoléon Bonaparte hors la
loi.

Pour hâter les choses, l'armée pénètre dans le corps législatif. Ce qui devait être une manoeuvre parlementaire
se transforme en un coup d'Etat militaire puisque finalement c'est l'armée qui chasse les députés et ne subsistent
que quelques députés favorables au coup d'Etat sous la présidence de Lucien Bonaparte. Ces derniers votent
une loi selon laquelle le directoire est remplacé par une commission de trois consuls provisoires: Napoléon
Bonaparte, Sieyès, Roger-Ducos.
Cette commission consulaire exécutive (ou consulat provisoire) est investie de la totalité du pouvoir qui
appartenait aux directeurs, elle est chargée d'organiser l'ordre dans les institutions, de rétablir la tranquillité
publique de manière à procurer une paix durable et solide.

Le corps législatif est remplacé par deux commissions de 25 membres qui en réalité sont sous la dépendance
des consuls provisoires.
Selon la loi du 19 Brumaire, ces deux commissions législatives doivent préparer les changements à apporter à la
Constitution. En réalité on observe un renforcement de l'autorité exécutive et l'ensemble de l'opinion est prête à
donner un rôle de premier plan à Napoléon.
Il y a une rupture avec la tradition révolutionnaire de 1789. La suprématie de la représentation parlementaire
n'existe plus.

La nouvelle Constitution sera issu de ce nouvel exécutif.


Ce coup d'Etat marque la fin de la révolution. Le directoire, période agité, a jeté le discrédit sur toute la classe
politique. L'opinion aspire à la stabilité et à un pouvoir fort qui parvienne enfin à clore la révolution.
Sieyès sera écarté par Napoléon Bonaparte.

L'assignat est supprimé par le directoire: retour à la monnaie métallique.

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DEUXIEME PARTIE:
LE REGIME NAPOLEONIEN ;
CONSULAT ET EMPIRE 1799 - 1814

Il consolide et établit un certain nombre d'institutions.


Il met un terme à dix ans de révolution, dix ans de troubles. La population aspire à la tranquillité, à la stabilité
même au prix d'une domination autoritaire et de la perte de certains droits.
Napoléon est porteur de tous les espoirs.
En novembre 1799, Napoléon est connu en tant que général victorieux. Il est extrêmement populaire.
Napoléon a participé au coup d'Etat avec Sieyès mais il ne compte pas partager le pouvoir avec lui. Il se veut
l'héritier de la révolution. Il affirme qu'il veut être l'artisan de la réconciliation nationale. Il dit « ni bonnet
rouge, ni talon rouge, je suis national ».
Il se présente comme l'héritier de la révolution: les principes révolutionnaires seront donc sauvegardés mais il
affirme en même temps que c'est la fin du processus révolutionnaire. Cette double idée est marquée dans la
proclamation que font les consuls : « citoyens, la révolution est fixée aux principes qui l'ont commencé, elle est
finie ». Napoléon entend confirmer les principes de la révolution tout en limitant ses effets.
Tout en conservant les principes révolutionnaires, Napoléon Bonaparte réorganise toutes les institutions.
Cette réorganisation se fait sur la base de la centralisation, de la hiérarchie. Napoléon entend renforcer l'autorité
et plus particulièrement celle du gouvernement (terme utilisé en remplacement des termes pouvoir exécutif)..

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Chapitre 1
Les institutions politiques : un Etat
autoritaire et centralisé

Trois formes sous Napoléon:


Le consulat est instauré en l'an VIII et plus précisément en décembre 1799.
Le consulat viager instauré en l'an X et plus précisément en 1802.
L'empire instauré en l'an XII et plus précisément en 1804.

On parle parfois de césarisme politique: système de gouvernement comparable à celui qu'avait instauré Jules
César. Un homme est l'unique dépositaire du pouvoir, par définition c'est un régime autoritaire mais ce régime
utilise la démocratie pour fonder le pouvoir personnel.
Régime autoritaire qui repose sur un très large assentiment populaire. Les différentes constitutions adoptées
sont approuvées par plébiscites.
Sur toute cette période, il y a une unité politique, Napoléon a mis au point un système qui résulte de la
Constitution de l'An VIII, lequel subira de légères modifications.

S.1 La CONSTITUTION DE L'An VIII


Elle date du 22 Frimaire an VIII ou 13 décembre 1799.
La formule du consulat subsiste et une formule décennale est installée. Toute fois ce consulat est dominé par le
premier consul (Napoléon) en rupture avec la tradition révolutionnaire. En effet, Napoléon ne laissera aucun
pouvoir de décision aux gouvernés. Il entend fonder un régime autoritaire.
Bonaparte est à l'origine de la commission consulaire exécutive ou consulat provisoire (Sieyès, Napoléon et
Roger-Dycos).
En réalité, le texte élaboré est l'oeuvre de Napoléon. Sieyès avait établit un texte mais Napoléon fera prévaloir
le sien. Rupture avec la tradition révolutionnaire car le texte émane d'une commission restreinte dominée par
Bonaparte. La constitution qui en émane est qualifiée de courte (95 articles) et obscure.
Dès le départ, l'autorité de Napoléon est manifeste, les commissions législatives ont été mises en place pour
donner une apparence de la légalité. Le projet de Sieyès était plus démocratique, il prévoyait un système
largement représentatif: Assemblées élues, exécutif collégial, arbitre qualifié de « grand électeur » qui
bénéficiait d'une position honorifique pour équilibrer le système.
Napoléon impose son point de vue, il renforce le pouvoir exécutif et divise le pouvoir législatif sachant que les
assemblées qui composent le pouvoir législatif ne sont pas des assemblées délibérantes.
Napoléon confisque le pouvoir ainsi que le grand principe de souveraineté nationale. Il n'y a pas de déclaration
de droit en tête de la Constitution. En revanche, il y a quelques articles qui figurent dans un titre de la
Constitution « Dispositions générales ».
La proclamation des consuls qui date du 15 décembre 1799 précise que la Constitution est fondée sur les droits
sacrés de la propriété, de l'égalité et de la liberté. Souveraineté de la loi, source de toute légalité. Elle s'impose à
l'Etat dans ses relations avec les individus.

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Ces droits affirmés peuvent être interprétés.

La propriété est citée en premier, c'est la garantie de la conservation de l'ordre et de la conservation des intérêts
acquis: caractère irrévocable de la vente des biens nationaux.

Pour l'égalité: égalité civile est maintenue (français égaux devant la loi).
Esclavage réhabilité dans les colonies.

Pour les libertés: les libertés publiques sont ignorées, liberté de la presse proclamée, les libertés peuvent être
suspendues en cas de danger pour l'ordre public.
Dès janvier 1800, la liberté de la presse est suspendue car toute forme de critique contre le régime est réprimée.
Napoléon représente l'intérêt collectif: le contester c'est contester l'ordre public.
Sous l'empire, il ne subsiste plus qu'un seul journal par département et un censeur est présent.

La souveraineté nationale est confisquée.

§.1 La souveraineté et le droit de suffrage


Par la loi du 19 Brumaire An VIII, Napoléon s'était engagé à consacrer inviolablement la souveraineté du
peuple français. C'est une affirmation de principe, le peuple n'est pas associé au fonctionnement du régime.
Les gouvernés doivent donner leur consentement mais sans contrôler le pouvoir. La Constitution de l'An VIII se
caractérise par une conception large de la souveraineté, le rétablissement du suffrage universel. Dans la réalité,
la souveraineté est escamotée car le peuple n'est pas consulté pour l'élaboration de la Constitution et n'est pas
associé au fonctionnement du régime.
Napoléon absorbe la souveraineté, il est le seul représentant de la nation.
Sieyès et Napoléon résumait cette idée dans la formule « l'autorité vient d'en haut et la confiance vient d'en
bas ».
Le suffrage universel est rétablit. En pratique, la portée du suffrage est complètement diminuée.
Dès l'Art.2 de la Constitution, les conditions pour être citoyen sont énoncés:
être âgé de 21 ans accomplis
être né et résidé en France
être inscrit sur les listes électorales.

A. Du référendum au plébiscite
La Constitution de l'An VIII devait, elle aussi, être soumise à l'approbation des français. La consultation porte
en l'An VIII non seulement sur le texte mais également sur le choix des consuls: Napoléon Bonaparte,
Cambaceres, Lebrun.
A partir de là, les consuls font figure d'élus du peuple souverain c'est pourquoi on parle de plébiscite.
Le mot plébiscite trouve son origine à Rome et signifie les décisions du peuple et plus précisément de la plèbe.
A partir du XIXè on donne une autre signification à ce mot: forme corrompue du référendum, consultation
directe de tous les citoyens à laquelle ils doivent répondre par oui ou non. En réalité, les citoyens doivent prêter
plus d'importance à celui qui pose la question qu'à la question elle-même. Le plébiscite légitime le coup d'Etat
du 18 Brumaire.
Cette idée d'appel au peuple sera reprise lorsque le consulat à vie sera proposé à Napoléon ainsi que pour
l'établissement de l'empire.

B. La limitation du droit de suffrage par un


simulacre d'élections
Le suffrage universel n'a pas pour but de désigner les députés du peuple. Il permet seulement l'établissement de
listes de confiance. Il n'y a pas de vrai élections. Le droit de suffrage équivaut à un droit de présentation. C'est
un système pyramidal de listes de confiance qui est établi.
Listes communales de confiance élus par les citoyens.
Les élus figurant sur les listes communales de confiance désignent 1/10 d'entre eux pour former les listes

55
départementales de confiance.
Enfin, ceux qui constituent les listes départementales de confiances désigneront 1/10 d'entre eux afin de former
la liste nationale de confiance.
On se retrouve avec un groupe d'élus qui sont en fait des notables investit de la confiance du peuple. Un organe
choisira dans cette liste, les personnes qui figureront dans les institutions: députés, membres d'administration.....
Ce système sera utilisé en An IX puis ce système deviendra censitaire.
On aboutit au pouvoir d'un seul homme.

Sous le consulat à vie, on utilise toujours Bonaparte ou Napoléon Bonaparte.

§.2 Le gouvernement
Sous la révolution, on parle de pouvoir exécutif. Cette notion est limitée par nature à l'exécution c'est à dire
qu'il se trouve dans un état de subordination. On a un renversement des notions, Bonaparte préfère l'idée de
gouvernement c'est le titre IV de la Constitution.
Le gouvernement recueille l'essentiel du pouvoir.
La loi est désacralisée. L'action est primordiale.
Fiction d'un gouvernement à 3 consuls assistés d'un conseiller d'Etat.

A. Les consuls (au pouvoir déséquilibré)


Ils sont nommément désignés par la Constitution. Ils sont désignés par le Sénat pour 10 ans, rééligibles.
Cambaceres est un conventionnel thermidorien. Il a voté la mort du roi. C'est un juriste très compétent qui a
établit plusieurs projets de code civil. Il sera l'un des principaux rédacteurs du code civil.
Lebrun est un avocat de l'Ancien régime, élu aux états généraux il a fait partie de la constituante. Il a eu un rôle
d'administrateur. On le retrouve en politique sous le directoire. Homme très modéré prêt à adhérer au nouveau
régime.
Seul le premier consul a la réalité du pouvoir selon la Constitution. Le second et le troisième consul ont voix
consultative pour les affaires secondaires. Pour les affaires les plus importante, la décision du premier consul
l'emporte.
C'est une collégialité illusoire. Le premier consul est plus rénuméré et possède des attributions propres:
en matière législative: il est la source unique de la législation, il a seul l'initiative des lois et les
promulgue.
Pouvoir de révocation et de nomination des ministres, des membres du Conseil d'Etat, des
ambassadeurs, des principaux membres de la haute administration, des officiers de l'armée, des
membres de l'administration...
En matière de justice, il nomme les juges criminels et civils autre que les juges de paix (élus) et que les
juges de cassation, il ne peut néanmoins les révoquer
En cas de conspiration contre l'Etat, il peut faire procéder à des arrestations et détentions jusqu'à dix
jours sans que la justice puisse intervenir.

Les attributions confiées au gouvernement dans son ensemble:


un pouvoir réglementaire large
dirige les dépenses et recettes de l'Etat
pourvoit à la sûreté intérieure et à la défense extérieure de l'Etat
entretien des discussions diplomatiques, conclusion des traités, propose aux Assemblées législatives les
traités qui doivent être votées (en l'An VIII)
Les consuls ne sont pas responsables politiquement.
Bonaparte s'installe au Palais des Tuileries.

B. Les ministres
Ce sont des commis, des agents d'exécution. Ils sont nommés et révoqués par le premier consul qui fixe
également leurs compétences. Ils sont individuellement responsables devant le premier consul.

56
Au début du régime, Bonaparte a eu la volonté de s'entourer d'un personnel très efficace:
son propre frère à l'intérieur,
Fouché à la police,
Talleyrand aux relations extérieures

C. Le conseil d'état
Innovation. But: conseiller le gouvernement. Bonaparte, à cet époque, commence une tradition d'experts à la
tête de la haute administration qui sont nommés par l'exécutif et qui ont un rôle fondamental mais qui ne
possède pas de mandats électifs.
On revient à une tradition monarchique: le roi possédait son conseil.
Il contient entre 30 et 50 membres nommés et révoqués par le premier consuls (choisit sur la liste de confiance).
Le conseil est divisé en cinq sections spécialisées: finance, législation, guerre, marine, intérieur. Il n'a aucune
indépendance juridique. C'est un corps technique qui est à la fois organe consultatif et juge suprême du
contentieux administratif.
Ce conseil d'Etat existe toujours et possède des attributions qui restent proches.

Les attributions du Conseil


Attributions législatives: il élabore les projets de loi sous la direction des consuls, il rédige les
règlements d'administration publique. L'oeuvre de codification du conseil d'Etat est très importante.
Le conseil d'Etat a le pouvoir d'interpréter la loi à la demande des consuls sous formes de textes « avis
du conseil d'Etat ».
Attributions juridictionnelles: juridiction suprême, reçoit l'appel des conseils de préfecture (ancêtres des
tribunaux administratif), juge de première instance, tranche les conflits d'attributions entre les
administrations et résout les conflits administratif.

§.3 Les assemblées


On fait entrer dans cette catégorie trois institutions.
Le législatif est réparti, il n'est plus considéré comme étant le seul apte à exprimer la volonté générale de la
nation.

A. Le tribunat
Discrédit du législatif.
100 tribuns âgé de 25 ans désigné par le Sénat sur la liste de confiance nationale. Renouvelable par cinquième
chaque année, les tribuns sont rééligibles. Le tribunat est permanent.

Attributions:
Il examine les projets de lois rédigés par le Conseil d'Etat, suite à un vote il rend un avis favorable ou
défavorable sans pouvoir modifier le projet.
Il peut émettre des voeux sur les lois faites ou à faire.
Il peut déférer les listes d'éligibilités au Sénat de même que les actes du gouvernement et du corps
législatif en vue d'un contrôle de constitutionnalité. (mais pas de définition de l'inconstitutionnalité).

Au début du consulat, le tribunat est composé de personnalités: J.B.Say, B.Constant,.... qui ne sont pas
forcément favorable au premier consul.
C'est le seul organe qui osera s'opposer au consul: dès 1802 il sera sanctionné, le nombre de tribuns passera de
100 à 50 et en 1807 il sera supprimé.

B. Le corps législatif
300 membres âgé de 30 ans désigné par le Sénat sur la liste de confiance nationale. Il tient une session annuelle
de 4 mois.

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Attributions:
organe de décision législative: il vote ou refuse le texte sans discussion. Surnom du corps législatif « le
corps des muets »

C. Le sénat
Pièce maîtresse entre le gouvernement et le législatif. Titre II de la Constitution.
A l'origine 60 membres puis augmentation jusqu'à 140 en 1813. Les sénateurs sont nommés à vie et
inamovibles. Les premiers avaient été désignés pour moitié par les consuls et ont désignés eux-mêmes l'autre
moitié.
Ils doivent être âgés de 40 ans.

Attributions:
fonction électives: désignation des membres du tribunat et du corps législatif, des consuls, des juges de
cassation sur la liste nationale de confiance
contrôle de constitutionnalité des lois suite à la demande du tribunat ou du premier consul. Idée de
désacralisation de la loi.
droit de réviser la Constitution par le biais de senatus-consultes (inventé dès 1801 afin d'éviter la
procédure normale). Droit d'interpréter la Constitution. Senatus-consultes: textes provenant du Sénat qui
modifient ou interprètent la Constitution.
Assemblée docile. 2 séances par mois. Incompatibilité avec autre fonction.

S.2 Du consulat à l'Empire


Épanouissement du pouvoir personnel.

§.1 le consulat viager: la Constitution de l'An X


(sénatus-consultes du 16 Thermidor An 10 ou 4
août 1802)
Monarchie sans hérédité. Popularité extraordinaire de Napoléon suite à un redressement de la France. Paix
extérieure rétablit. Pacification intérieure: résolution du conflit religieux par un concordat avec le Pape en 1801.
Stabilisation sociale, sécurité..... récompense par le consulat à vie.
Consulat viager proposé, Bonaparte dit qu'il acceptera cette récompense si le peuple entérine cette décision.
Plébiscite (Bonaparte sera-t-il consul à vie?), forte majorité de oui sans manipulation des votes.
Constitution de l'An 10: 86 articles. Modifications importantes dans l'organisation des pouvoirs publics.

Le premier consul a des pouvoirs accrus:


pouvoir de désigner son successeur (premier pas vers l'hérédité).
conclusion des traités sans accord du législatif
pouvoir de nomination de tous les fonctionnaires
droit de grâce

Les pouvoirs des autres organes sont affaiblis. Division du nombre des membres du tribunat. Convocation du
corps législatif par le gouvernement.
Les sénateurs, dès 1803 vont recevoir des dotations: sénatoreries: biens nationaux attribués aux sénateurs pour
les soudoyer.

La Constitution de l'An X précise les matières pouvant faire l'objet de senatus-consultes sur initiative du
gouvernement. Fonction constituante active du Sénat. Le Sénat peut dissoudre le tribunat et le corps législatif,
première apparition du droit de dissolution qui n'a qu'un seul but: assurer la soumission des assemblées.

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Création du conseil privé
Le conseil privé comprend 8 (!!!!!!: 11 après calcul) membres: les trois consuls, deux ministres, deux sénateurs,
deux conseillers d'Etat, deux officiers de la légion d'honneur

Supression des listes de confiance, sont crées des collèges électoraux hiérarchisés avec réinstauration d'un
système censitaire.

§.2 L'empire: la constitution de l'An XII 18 mai 1804


La plénitude des pouvoirs du premier consul qui est acquis depuis l'an X ne faisait pas de Napoléon Bonaparte
un roi, le pouvoir était viager et non héréditaire. Napoléon souhaite le pouvoir héréditaire et l'opinion publique
y est favorable.
La guerre a repris contre les puissances européennes, Napoléon a fait l'objet de quelques complots auxquels il a
échappé mais qui posent le problème de la succession de Napoléon.
Il faut consolider les institutions et, au moment de l'adoption de cette constitution, les circonstances sont
favorables car Napoléon vient d'échapper à un complot royaliste.
Il faut instaurer l'hérédité pour qu'aucune restauration ne soit possible. Le senatus consultes du 28 floréal An
XII établi l'empire.
Le pouvoir de Napoléon est personnel, juridiquement les apparences sont sauves car il est précisé que le
gouvernement de la République est confié à un empereur. Napoléon porte ce titre par la grâce de Dieu et par les
Constitutions de la République.
Empire héréditaire: Napoléon Bonaparte réalise la synthèse entre la légitimité révolutionnaire assortis d'une
souveraineté populaire et la légitimité monarchique héréditaire de droits divins.
L'empire est fondé avant même que le plébiscite ait lieu.

Le texte est assez long (140 articles).


L'empire est héréditaire dans la descendance de Napoléon (si pas d'enfant dans la descendance de 2 ses frères:
Joseph et Louis).

Le plébiscite confirme l'appui des citoyens au régime. En réalité, ce senatus consultes ne modifie pas
profondément les institutions. En 1804, est organisée une Cour impériale, on voit reparaître des structures
monarchiques même s'il n'y a pas de privilège juridique (honorifique seulement).

Cette apogée du régime est atteint très vite avec le sacre de Napoléon I le 2 décembre 1804. Napoléon ne se met
pas sous la dépendance du pouvoir spirituel.
Napoléon promet de respecter les principes issus de la révolution comme l'égalité des droit, la liberté....
On ne peut pas parler d'une véritable investiture ecclésiastique, il portait déjà les attributs de la souveraineté et
s'est couronné lui-même.
En 1806 est proclamé le catéchisme impérial où est précisé les devoirs des français envers leur empereur.

Les pouvoirs
Le tribunat est supprimé en 1807.
Le recours aux senatus consultes est plus fréquente, le Sénat est docile.
Le Conseil d'Etat est cantonné dans son rôle contentieux.
Les ministres n'ont plus de grande personnalités.
Le régime devient de plus en plus autoritaire et militaire.
La politique de l'empereur est une politique de conquête.
Cela aboutit à une certaine désaffection de la part de la population, les libertés publiques sont bafouées et le
régime tourne à la dictature. Le régime est néanmoins soutenu jusqu'en 1810.

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Chapitre 2
La réorganisation des institutions

Nouvel ordre socio-étatique.


Les réformes substantielles sont accomplies dès l'époque du consulat, ceci dans un but de pacification et de
restauration de l'ordre. Napoléon veut la réconciliation des français et leur ralliement au régime.
Il veut également contrôler les esprits.
Une société pacifiée mais sous contrôle dans tous les domaines.

S.1 une société pacifiée et sous contrôle


§.1 La pacification religieuse
Depuis la Constitution civile du clergé, les français sont divisés par cette question.
Napoléon Bonaparte estime que le soutien du catholicisme est indispensable car la majorité des français est
catholique: conception utilitaire de la religion.
La religion permet de contrôler les esprits, de maintenir l'ordre social, elle habitue les esprits à l'obéissance
donc, au lieu de combattre le sentiment religieux, Napoléon Bonaparte décide de l'utiliser.
Accord avec Rome: Concordat du 16 juillet 1801 issu d'un acte bilatéral. Néanmoins, le catholicisme n'est pas
religion d'Etat mais religion de la majorité: les consultes doivent être catholique mais la liberté de culte
subsiste.
Le pape reconnaît la République Française. Le clergé ancien disparaît c'est à dire que les évêques qu'ils soit
réfractaires ou constitutionnels sont démis de leurs fonctions.
Il n'y a plus d'élection, les évêques sont nommés par le gouvernement et reçoivent du Pape, l'investiture
canonique.

Les propriétaires de biens nationaux ne sont pas inquiétés et restent propriétaires.


Le clergé reçoit donc un traitement et les membres du clergé sont considérés comme des fonctionnaires. Ils
doivent prêter un serment de fidélité. Les circonscriptions ecclésiastiques sont redécoupées.

En 1802, de façon unilatéral, Napoléon complète le concordat par les articles organiques (77) rédigés pour
l'essentiel par Portalis (ministres des cultes): toute manifestation de la vie religieuse est soumise à une
autorisation gouvernementale. Renforcement de la tutelle de l'Etat sur l'Eglise: réglementation de l'exercice du
culte.
Dans ces articles organiques, on traite aussi du culte protestant afin de contrôler tous les esprits et non que les
catholiques.
En 1808, des dispositions seront prises à l'égard des juifs pour l'exercice de leur culte afin de pouvoir les
contrôler.
Cela réglera les rapports Eglise/Etat jusqu'en 1805.

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§.2 La centralisation administrative
Le but est de renforcer l'Etat pour le pacifier.
La fonction administrative est désormais incorporé au pouvoir gouvernemental.
L'administration locale est le nerf de l'Etat.
Les décisions du haut doivent se répandre de partout. Établissement d'une structure qui restera inchangés
jusqu'au 20è.

Les cadres administratifs restent à peu près les mêmes car ils sont efficaces. A la place du district, il y a
l'arrondissement (plus vaste). Principes de 1789 abandonnés, retour à la centralisation conception d'Ancien
régime. Principe hiérarchique et principe de nomination.
L'agent d'exécution est unique, nommé et révoqué par le pouvoir, il est chargé de faire exécuter les décisions du
gouvernement. Au niveau du département, on crée le préfet qui est chargé seul de l'administration.
Préfets, sous-préfets et maires sont nommés. Ils sont hiérarchisés.

L'organe délibératif qui avait un rôle de premier plan n'a plus qu'un rôle limité car cet organe collégial, dans
chaque circonscription (conseil général de département, municipal...), n'a plus qu'un rôle de consultation et non
de décision. Si le conseil général de département vote le budget ce n'est pas lui qui l'administre.

C'est la fin de la participation locale des citoyens.

§.3 La justice, une fonction dépendante de


l'Etat
Loi du 27 ventôse An VIII: 18 mars 1800.
La justice est sous tutelle étatique.

A. Les principes
Principes:
Abandon de l'élection, retour à la nomination des juges.
Accentuation du professionnalisme.
Principe hiérarchique
Les acquis de 1789, dans une certaine mesure ne sont pas remis en cause: séparation des pouvoirs subsiste.
Bonaparte renoue avec la tradition ancienne de l'autorité. Depuis 10 ans, on a définit de façon abstraite le
pouvoir judiciaire.

Il s'agit de mettre en oeuvre les principes. En matière judiciaire, la séparation des pouvoirs garantit
l'indépendance de l'ordre judiciaire. Il faut aménager les tribunaux comme les gardiens de l'ordre judiciaire.
Seuls les juges de paix ne sont pas nommés, ils restent élus jusqu'en l'An X, les juges de cassation sont nommés
par le Sénat sur la liste de confiance.
Pour garantir l'indépendance est instauré le principe de l'inamovibilité pour préserver les juges de l'arbitraire
gouvernemental. L'avancement est contrôlé par le gouvernement.

Le professionnalisme apparaît comme essentiel car les juges doivent être compétents et efficaces. On exige des
juges des qualifications sérieuses et, avec la réforme qui sera faite dans l'enseignement (université dès 1806) on
exigera dès 1809 une licence en droit.
On voit se reformer un corps de magistrats.

B. L'organisation judiciaire
En matière civile, les procédures de conciliation et d'arbitrage sont réduites (renoncement progressive).
On a essentiellement le juge de paix au niveau des cantons pour les petites affaires. Le tribunal civil dans
l'arrondissement (juridiction de droit commun).
L'appel redevient hiérarchique: des tribunaux d'appel sont crées (1 pour 3 départements).

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En matière pénale, le juge de paix récupère la juridiction de simple police au niveau du canton.
Le tribunal civil devient correctionnel en pénal au niveau de l'arrondissement.
Le tribunal criminel juge au niveau du département.
Les jury d'accusation sont supprimés, subsiste un seul jury.
Il existe toujours un parquet.
Les juridictions d'exception (tribunaux de commerce, prud'hommes) subsistent et se perfectionnent.
A partir de 1804, on a un changement dans les dénominations qui marque le retour aux solutions anciennes et le
prestige que l'on veut redonner à la justice: on ne parlera plus de tribunal de Cassation mais de Cour de
Cassation, de Cour d'Appel qui rend des Arrêts. La robe revient.

Les juges de la Cour de Cassation sont désignés par le Sénat sur la liste de confiance nationale et reçoit les
pourvois. Contrôle de la magistrature et du respect dans l'application des lois par les juges du fond.

S.2 L'encadrement du développement social


et économique
§.1 Nécessité d'unifier le droit français
Napoléon va codifier le droit. La loi étant la même pour tous cela implique l'unification du droit qui n'a pas
encore aboutit malgré plusieurs projets.
Désir de stabilisation.

L'initiative du code civil appartient au premier consul qui établit une commission pour rédiger un projet.
Cette commission est composée de 4 juristes compétents, deux d'entre eux sont spécialisés dans le droit romain
(Portalis et Malleville) et deux autres de droits coutumier (Tronchet et Bigot de Preameneu). Ces spécialistes
connaissent aussi le droit élaborer pendant la période révolutionnaire.
En 4 mois est rédigé un projet qui est soumis au tribunal de Cassation et aux tribunaux d'Appel afin d'être
commenté. Le Conseil d'Etat récupère le projet pour le rédiger ce qui durera très longtemps Napoléon sera
présent.
Le projet est ensuite soumis au tribunat.
Dans le titre préliminaire, Portalis avait rassemblé des définitions générales qui ont été jugées très
traditionalistes par le Conseil d'Etat ce qui a mis en effervescence le tribunat. Ce n'est qu'après l'épuration du
tribunat que les discussions reprennent. Le code sera approuvé morceaux par morceaux.
Le 21 mars 1804 le code civil est promulgué. Il abroge l'ancien droit.
En 1807, il deviendra le code Napoléon. (titre qu'il perdra plus tard).

C'est une oeuvre de compromis.


Il contient 2281 articles en trois livres: personnes, biens et propriété.
Ce code ne consacre pas l'oeuvre révolutionnaire, il est assez réactionnaire en ce qui concerne la famille et
plutôt révolutionnaire dans les contrats.
L'autorité du chef de famille est proclamé, le divorce est autorisé mais réglementé. Le mariage est un contrat
civil.

A la fin de l'Ancien Régime, des codes de procédures avaient été institués.

Le code pénal réalise une transaction entre ancien droit et droit révolutionnaire. Le code pénal de 1791 avait
établi que la finalité était de punir pour assurer la tranquillité publique mais ce code visait aussi l'idée de
corriger le coupable. Cette idée de corriger le coupable apparaît assez utopique à l'époque napoléonienne, la
peine a d'abord une utilité sociale. La mendicité et le vagabondage sont réprimés comme atteinte à la sécurité
publique.
Le code de 1791 avait fixé des peines de façon strictes, le code de 1810 prévoit un minimum et un maximum, le
principe de la légalité des peines est donc assoupli.

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Une fois le code civil promulgué, la doctrine se fit rare car elle n'osait pas critiquer cette oeuvre, de plus les
premières modifications se firent longtemps après pour la même raison.

§.2 L'économie et les finances


La politique et les principes ne changent pas.
Les finances ont été le problème majeur de la révolution et n'a jamais pu être résolu. La situation financière est
enfin assainie sous le consulat. Cet assainissement s'est fait grâce à la réorganisation des administrations, à la
stabilisation de la monnaie à la création de la Banque de monnaie, à la réhabilitation du système fiscale et à la
reconstitution des institutions fiscales.
La Constitution de l'An VIII proclame des principes qui seront progressivement appliqués. Il fallait également
établir un contrôle des comptes, en 1807 est crée la Cour des comptes.
La trésorerie est réorganisée, elle composée d'agents publics responsables.
Le système monétaire est stabilisé. Le directoire avait inventé le franc et renoncé aux assignats. Mais il n'avait
pu que posé des principes et non les appliqués. La monnaie métallique sous le consulat relève la situation
monétaire.
Le franc germinal est défini (loi de Germinal An XI) par une certaine quantité d'argent métal et un rapport de
valeur fixe est établi entre l'or et l'argent monétaire.
A ce moment est élaboré une pièce Napoléon: pièce d'or de 20 francs qui est le symbole de cette monnaie enfin
stable.
La monnaie restera stable jusqu'en 1914.
La Banque de France est crée, à l'origine elle est privée.

En matière d'impôt, Napoléon Bonaparte réorganise tout le système. Les idées de 1789 devaient être rationaliser
pour mieux fonctionner.
Le principal impôt est l'impôt foncier, établissement d'un cadastre (loi de 1807).
Il est nécessaire qu'il y est des professionnels pour lever l'impôt: création d'une administration fiscale.
Sous le consulat on revient à la fiscalité indirecte avec la création dès 1804 d'une régie des droits réunis qui
regroupe un certain nombre de taxes. L'Etat s'arroge le monopole des tabacs.
Néanmoins, les caisses de l'Etat sont majoritairement remplies par les conquêtes.

§.3 Les masses de granit


La révolution a détruit les corps intermédiaires. L'individu s'est retrouvé isolé face à l'Etat.
Napoléon estime qu'il faut recréer des corps sociaux entre l'individu et l'Etat.
Il a crée la légion d'honneur, développée l'enseignement et établit une codification.

L'enseignement
Pour Napoléon Bonaparte, le but de l'enseignement est de former et d'encadrer les esprits. Il faut former les
corps de la Nation (fonctionnaires, officiers...), une armature docile au gouvernement.
Bonaparte se désintéresse de l'enseignement primaire, des filles et des plus pauvres.
Il crée en revanche les lycées destinés à former les futurs cadres de l'Etat.
Il crée également l'université impériale (loi de 1806 mise en oeuvre en 1808): corps qui est chargé
exclusivement de l'enseignement et de l'éducation publique dans tout l'empire. L'université détient le monopole
de la collation des grades par ex, le baccalauréat est crée et n'est dispensé que dans le cadre de l'université.
Les facultés sont réorganisées en un certain nombre d'académies avec à leur tête un recteur

La légion d'honneur
Elle devait être une sorte de milice, de corps instauré dans le régime. Cette légion était à l'origine composée
d'un certain nombre de cohortes, y entraient les individus distingués et qui devaient servir à l'affermissement de
la révolution et les légionnaires prêtaient serment de combattre toute entreprise allant contre le régime.
Très vite, un insigne distinctif a été crée et, finalement cet ordre de la légion d'honneur devient une distinction
honorifique qui est ouverte à tous.

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Le régime prend un caractère militaire dès 1804.
Il se fragilise dès 1811. L'opinion publique se détourne du régime, les catholiques s'opposent à Napoléon car en
1808, Napoléon met la main sur les Etats pontificaux ce qui lui vaut une répartie de la part du Pape: Napoléon
est ex-communié. Napoléon arrête le Pape. Les catholiques deviennent hostiles à Napoléon. Les royalistes
profitent de cette situation pour reprendre une influence.
Crise agricole et industrielle à mettre en relation avec le blocus continental qui entraîne la ruine du commerce
extérieur à une époque où les dépenses de guerre sont considérables (accroissement des impôts et surtout des
impôts directs).
Dans l'opinion, ces guerres entraînent des réactions dans la population suite à la conscription. De plus, elles
deviennent de plus en plus difficiles. En Espagne, la guerre se transforme en guérilla, la Prusse devient un
ennemi redoutable, le tsar de Russie commencent à préparer la guerre.
Napoléon lance une offensive sur la Russie, les troupes sont décimées. En janvier 1814, la France commence à
être envahie et le 30 mars les coalisés (Angleterre, Russie, Prusse et Autriche) sont devant Paris.
Le Sénat trahi Napoléon et prononce le 2 avril la déchéance de Napoléon. Le 6 avril Napoléon se résout à
l'abdication sans condition. Il conserve la souveraineté de l'île d'Elbe.
Le 6 avril, le Sénat rappelle au trône Louis Stanislas Xavier de France au trône (bourbon) en tant que roi des
français et essaye de lui imposer une constitution. Louis XVIII accédera au trône: début de la restauration.

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