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Nouveaux affrontements à la frontière entre

la Thaïlande et le Cambodge.
De nouveaux accrochages meurtriers entre soldats ont éclaté, vendredi 22 avril, à la frontière
entre la Thaïlande et le Cambodge en dépit d'un fragile cessez-le-feu négocié en février. Trois
militaires thaïlandais et trois cambodgiens ont été tués, plusieurs autres blessés. Comme lors
des violents affrontements du 4 au 7 février, les deux parties se sont rejetées mutuellement la
responsabilité des incidents qui se sont produits au petit matin près des temples de Ta Krabei
et Ta Muean Tom.

Ces heurts ont duré plusieurs heures. "Les soldats cambodgiens ont tiré avec des fusils
d'assaut sur la Thaïlande en premier et (...) ils ont commencé à nous bombarder avec de
l'artillerie. Nous avons pris les mesures de représailles appropriées", indique le ministre de la
défense thaïlandais, Prawit Wongsuwan. "Je pense que le Cambodge veut prendre le contrôle
de temples à la frontière", a-t-il ajouté.

Des villageois ont été évacués par précaution, 7 500 personnes côté thaïlandais, 200 familles
côté cambodgien, selon les responsables locaux. Trois soldats ont également été tués et
plusieurs blessés côté cambodgien, selon le porte-parole du ministère de la défense
cambodgien, Chhum Socheat. Phnom Penh a accusé les troupes voisines d'avoir pénétré de
400 mètres à l'intérieur de son territoire. Les soldats thaïlandais "ont lancé une attaque non
provoquée", a déclaré le porte-parole du gouvernement, Phay Siphan. "C'est une nouvelle
invasion du Cambodge par la Thaïlande. Nous ne pouvons pas accepter ça."

Il y a quarante-neuf ans, un tribunal international a donné le temple de Preah Vihear au


Cambodge. La frontière entre les deux pays n'a jamais été totalement démarquée, notamment
en raison de la présence de nombreuses mines laissées par des décennies de guerre civile au
Cambodge. En février, les combats avaient principalement eu lieu à une centaine de
kilomètres plus à l'est, près du temple khmer de Preah Vihear. Ces ruines du XIe siècle, dont
le classement par l'Unesco en 2008 avait ravivé les tensions, relèvent de la souveraineté du
Cambodge selon une décision de la Cour internationale de justice de 1962. Mais les
Thaïlandais contrôlent ses principaux accès et les deux pays revendiquent une zone de 4,6
km2 en contrebas de l'édifice. Selon les analystes, ces disputes frontalières sont utilisées des
deux côtés pour exalter les sentiments nationalistes de la population.

A la suite des combats de février qui avaient fait au moins dix morts, dont sept côté
cambodgien, le Conseil de sécurité de l'ONU avait appelé à un cessez-le-feu permanent, mais
rejeté la demande de Phnom Penh d'envoyer des casques bleus à la frontière. Les deux voisins
avaient ensuite donné leur accord pour l'envoi d'observateurs sur les lieux, au terme d'une
médiation organisée par l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (Asean). Mais depuis
l'armée thaïlandaise a indiqué que ces observateurs n'étaient pas les bienvenus et ces derniers
n'ont jamais été déployés. L'Indonésie, qui assure la présidence tournante de l'Asean, a appelé
vendredi les deux voisins à "une cessation immédiate des hostilités" et à "résoudre leurs
différends par des moyens pacifiques". Phnom Penh réclame depuis février une médiation
pour régler ces différends, mais Bangkok insiste pour des discussions uniquement bilatérales.