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Chapitre 3

Résolution numérique des équations

Département de Mathématiques et Informatique

Université Moulay Ismail - Meknès

2018/2019

Abdelkader FASSI FIHRI (ENSAM-Meknès) CMN 1 / 18


1 Introduction
Position du problème

2 Cas scalaire p = 1
Méthode de dichotomie ou bissection
Méthodes itératives pour la résolution de F(x)=x (Point Fixe)
Facteur de convergence
Méthodes itératives à 1pas
Méthode de base
Méthode de Newton
Méthodes multi-point : méthode de la sécante et Regula Falsi
Méthode de la sécante
Méthode de la fausse position ou Regula Falsi

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Introduction Position du problème

Problème
Etant donné f : Rp → Rp .
On cherche un vecteur x ∈ Rp solution de f (x) = 0

Nous allons nous limiter au cas scalaire p = 1.

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Cas scalaire p = 1

Résoudre numériquement l’équation f (x) = 0, revient à chercher x ∗ tel


que |f (x ∗ )| ≤ , avec  très petit.
On va supposer dans la suite que la racine x ∗ est séparable, c’est à
dire qu’il existe un intervalle [a, b] tel que x ∗ est la seule racine de f
dans cet intervalle.
On rappelle le théorème des valeurs intérmédiares:

Théorème des valeurs intérmédiares


Soit f une fonction continue dans [a, b], et soit
y ∈ [min(f (a), f (b)), max(f (a), f (b))], alors il existe x ∈ [a, b] tel que
f (x) = y .

Supposons qu’il existe un intervalle [a, b] tel que f (a)f (b) < 0, donc
d’après le théorème des valeurs intermédiares, il existe un point x̃ tel
que f (x̃) = 0.

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Cas scalaire p = 1 Méthode de dichotomie ou bissection

Hypothèse : x ∗ est séparable dans [a, b]. Supposons de plus que


f (a)f (b) < 0.
On définit l’algorithme suivant:

Algorithme de la bissection
Initilisation : a0 = a, b0 = b avec f (a)f (b) < 0
Iterations : Pour k = 0, 1, 2, . . .
ck = ak +b2 ,
k

Si f (ak )f (ck ) < 0


alors ak +1 = ak et bk +1 = ck
sinon ak +1 = ck et bk +1 = bk
fin du si
fin du pour

Dans les deux cas, il existe une solution xk de l’équation f (x) = 0 dans
l’intervalle [ak , bk ].

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Cas scalaire p = 1 Méthode de dichotomie ou bissection

Comme (an ) est par construction une suite croissante, (bn ) une suite
décroissante, et (bn − an ) → 0 lorsque n → +∞, les suites (an ) et (bn )
sont adjacentes et donc elles admettent une même limite.

D’après le théorème des gendarmes, c’est aussi la limite disons l de la


suite (xn ). La continuité de f montre que
f (l) = limn→+∞ f (xn ) = limn→+∞ 0 = 0. Donc les suites (an ) et (bn )
tendent toutes les deux vers l, qui est une solution de l’équation
(f (x) = 0).

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Cas scalaire p = 1 Méthode de dichotomie ou bissection

Il est évident que


b−a
bn − an = 2n

Donc si |bn − an | ≤  alors 2n ≥ b−a b−a


 Et donc n ≥ log2 (  ).
Si par exemple a = 1, b = 2 et  = 10−4 , alors n ≥ 14. Ce qui montre
que 14 itérations sont suffisantes pour avoir une erreur inférieure à
10−4 .
Comme approximation on propose an +b 2 . La convergence de la
n

méthode de dichotomie est linéaire.


Cette méthode nécessite une seule évaluation de fonction par itération.

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Cas scalaire p = 1 Méthode de dichotomie ou bissection

Facteur de convergence
on a |xn+1 − x| ≤ |xn2−x| .
L’erreur à l’iteration n est définie par en = xn − x et on a |en+1 | ≤ |e2n | .
On parle de convergence linéaire par ce que l’erreur à l’itération n est
une fonction linéaire de la précédente

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Cas scalaire p = 1 Méthodes itératives pour la résolution de F(x)=x (Point Fixe)

On présente ici la méthode des approximations successives. Elle


consiste, à partir d’un point x0 , de calculer les itérés xn par la formule
de récurrence xn+1 = F (xn ) Sous des hypothèses convenables syur la
fonction F et sur x0 , cette suite va converger vers un point fixe unique,
i.e. qui vérifie F (X ) = X .

Théorème
si f est dérivable sur [a, b] et si sa dérivée y est bornée par L, f est
lipschitzienne de constante de Lipschitz L.

Théorème
Soit F une application de [a, b] dans [a, b], lipschitzienne de constante
de Lipschitz L < 1. Alors pour tout x0 la suite définie par xn+1 = F (xn )
converge vers un point fixe unique.

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Cas scalaire p = 1 Facteur de convergence

Pour la méthodes de approximations successives, on a

en+1 = |F (xn ) − F (x)| ≤ L|xn − x| = L|en |

La convergence est linéaire, et l’algorithme converge d’autant plus vite


que sa dérivée est petite (i.e. plate)

La formule de taylor:
F 00 (x)
xn+1 − x = F (xn ) − F (x) = F 0 (x)(xn − x) + (xn − x)2 + . . .
2
si F 0 (x) 6= 0, on peut écrire formellement, que si la suite converge on a
en+1
limn→∞ = F 0 (x)
en
et la convergence est linéaire. Mais si F 0 (x) = 0 et F 00 (x) 6= 0, on a
en+1 F 00 (x)
=limn→∞
en 2 2
et la convergence est quadratique, etc . . .
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Cas scalaire p = 1 Méthodes itératives à 1pas

Toutes les méthodes que nous allons décrire pour résoudre f (x) = 0
reposent sur l’application de la méthode des approximations
successives à une fonction obtenue à partir de f .

Méthode de base
On peut écrire f (x) = 0 ↔ x + f (x) = x et résoudre cette dérnière
équation par la méthode des approximations successives pour
F (x) = x + f (x) et donc définir la suite xn+1 = xn + f (xn ) la condition
de convergence sur l’intervalle [a, b] s’érit max |1 + f 0 (x)| < 1
[a,b]

Remarque
Pour toute fonction φ régulière, on a aussi
f (x) = 0 ↔ x + φ(x)f (x) = x.

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Cas scalaire p = 1 Méthodes itératives à 1pas

On suppose que f est dérivable sur [a, b], et que f a un seul zéro dans
[a, b], notée x. On se donne un point initial x0 , et on trace à partir du
point (x0 , f (x0 )) la tangente à la courbe. Elle coupe l’axe des x en x1
(si f 0 (x0 ) 6= 0). Et on itère.
Cette méthode converge beaucoup plus vite que la méthode de
dichotomie, mais elle ne converge pas toujours.

Définition
La méthode de Newton s’écrit
f (xn )
xn+1 = xn −
f 0 (xn )

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Cas scalaire p = 1 Méthodes itératives à 1pas

Remarque
La méthode de Newton est une méthode de point fixe associée à la
fonction F (x) = x − ff0(x)
(x)

on a
(f 0 (x))2 − f (x)f 00 (x)
F 0 (x) = 1 −
(f 0 (x)2
Si x est un zéro de f , alors F 0 (x) = 0 et la méthode est quadratique.

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Cas scalaire p = 1 Méthodes itératives à 1pas

Théorème
Soit f une fonction C 2 dans un voisinage ]r − α, r + α[ d’une racine r de
f , avec f 0 (r ) 6= 0. Alors il existe δ < α tel que si x0 ∈]r − δ, r + δ[, alors:
1 xn est défini pour tout n,
2 xn ∈]r − δ, r + δ[ pour tout n,
3 xn converge quadratiquement vers r , c’est à dire que:

|xn+1 − r | ≤ C(δ)|xn − r |2

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Cas scalaire p = 1 Méthodes multi-point : méthode de la sécante et Regula Falsi

Méthodes multi-points
Ce sont les méthodes du type

xn+1 = F (xn , xn−1 , . . . , xn−N )

La méthode de Newton est rapide, mais nécessite le calcul de la


dérivée de f en tout point xn , ce qu’on n’a pas toujours.
La méthode de la sécante consiste à se donner deux points x0 et x1 , à
tracer la droite qui passe par les points (x0 , f (x0 )) et (x1 , f (x1 )), elle
coupe l’axe des x en x2 , et on recommence avec les points x1 et x2 .

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Cas scalaire p = 1 Méthodes multi-point : méthode de la sécante et Regula Falsi

Algorithme
L’algorithme s’écrit:
xn − xn−1
xn+1 = xn − f (xn )
f (xn ) − f (xn−1 )

Une autre formulation est


f (xn )xn−1 − f (xn−1 )xn
xn+1 = f (xn )
f (xn ) − f (xn−1 )

Les deux formulations sont mathématiquement équivalentes. La


deuxième formulation est cependant moins stable car elle divise deux
petits termes, alors que, dans la première, le terme de ce type est une
perturbation

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Cas scalaire p = 1 Méthodes multi-point : méthode de la sécante et Regula Falsi

Théorème
Soit f une fonction C 2 dans un voisinage ]r − α, r + α[ d’une racine r
de f , avec f 0 (r ) 6= 0. Alors il existe δ < α tel que si x0 et
x1 ∈]r − δ, r + δ[, alors xn converge vers r et

|xn+1 − r | ≤ C(δ)|xn − r ||xn−1 − r |

Cette dernière équation se traduit par |xn+1 − r | ≤ C(δ)|xn − r |λ avec


λ ≈ 1.6 (nombre d’or). La convergence est alors superlinéaire

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Cas scalaire p = 1 Méthodes multi-point : méthode de la sécante et Regula Falsi

La méthode de la fausse position est une variante de la méthode de la


sécante. Elle consiste à mélanger dichotomie et sécante.

Algorithme de la fausse position


La méthode de la fausse position consiste à se donner deux points x0
et x1 tel que f (x0 )f (x1 ) < 0, à tracer la droite qui passe par les points
(x0 , f (x0 )) et (x1 , f (x1 )), elle coupe l’axe des x en x2 . Si f (x0 )f (x2 ) < 0
on recommence avec x0 et x2 sinon on recommence avec x1 et x2 .

Abdelkader FASSI FIHRI (ENSAM-Meknès) CMN 18 / 18