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QUESTIONS

1. Faisant suite aux scandales financiers qui avaient eu pour conséquence une perte de confiance des
tiers dans les auditeurs, le Congrès américain a adopté le 30 juillet 2002 la loi Sarbanes-Oxley. La
France a apporté sa propre réponse par l’adoption d’une loi le 1er août 2003. De quelle loi s’agit-il ?

Il s’agit de la loi sur la sécurité financière (LSF) qui faisait suite à la loi relative aux nouvelles
régulations économiques (NRE) du 15 mai 2001.

2. Quelles sont les principales différences entre un audit légal et un audit contractuel ?

Le commissaire aux comptes (auditeur légal) est chargé de certifier les comptes de l’entreprise. Il est
indépendant de la direction de l’entreprise et rend compte à l’assemblée générale des actionnaires. La
loi encadre sa mission (restrictions, indépendance, mandat de six ans, etc.).

L’auditeur contractuel intervient comme prestataire extérieur de l’entreprise à la demande de la


direction de celle-ci. Il identifie et évalue les risques et formule des propositions. A la différence de
l’auditeur légal, il peut réaliser des missions de conseil auprès de l’entreprise.

3. Le code de déontologie du commissaire aux comptes interdit à celui-ci de fournir à la personne ou à


l’entité dont il certifie les comptes certaines prestations. Parmi les prestations énumérées ci-dessous,
indiquez si celles-ci sont des prestations autorisées ou des prestations interdites ?

Autorisée Interdite
Recrutement de personnel  
Diagnostic de contrôle interne  
Mise en place de mesures de contrôle interne  
Réalisation d’acte de gestion ou d’administration  

4. La loi sur la sécurité financière a spécifié un délai de carence relatif aux commissaires aux comptes
(articles L. 822-12 et L. 822-13). Préciser ce que signifie ce délai de carence.

« Art. L. 822-12. – Les commissaires aux comptes et les membres signataires d’une société de
commissaires aux comptes ne peuvent être nommés dirigeants ou salariés des personnes morales qu’ils
contrôlent, moins de cinq années après la cessation de leurs fonctions. Pendant ce même délai, ils ne
peuvent exercer les mêmes fonctions dans une personne morale contrôlée ou qui contrôle au sens des I
et II de l'article L. 233-3 la personne morale dont ils ont certifié les comptes. »

« Art. L. 822-13. – Les personnes ayant été dirigeants ou salariés d’une personne morale ne peuvent
être nommées commissaires aux comptes de cette personne morale moins de cinq années après la
cessation de leurs fonctions. Pendant le même délai, elles ne peuvent être nommées commissaires aux
comptes des personnes morales possédant au moins 10 % du capital de la personne morale dans
laquelle elles exerçaient leurs fonctions, ou dont celle-ci possédait au moins 10 % du capital lors de la
cessation de leurs fonctions. Les interdictions prévues au présent article pour les personnes
mentionnées au premier alinéa sont applicables aux sociétés de commissaires aux comptes dont
lesdites personnes sont associées, actionnaires ou dirigeantes. »
5. Vous intervenez en tant qu’auditeur à la demande du cabinet d’audit italien AAA. Il vous est
demandé d’auditer une filiale française du groupe coté italien X dont l’auditeur est le cabinet AAA.
Vous allez donc émettre une opinion d’audit à l’attention du cabinet AAA (inter-office report).
D’après quel référentiel d’audit (normes) allez-vous effectuer votre mission ? Selon vous, quelles
seront les normes comptables utilisées par la société et d’après lesquelles vous allez émettre votre
opinion d’audit ? Justifiez vos réponses.

Dans le cas d’espèce, vous n’êtes pas commissaire aux comptes de la filiale française du groupe X.
Votre mission consiste donc en l’émission d’un rapport d’audit à destination des auditeurs italiens du
groupe X (inter-office report). S’agissant d’un groupe européen, les normes d’audit que vous
appliquerez seront les International Standards on Auditing (ISA). Les normes comptables utilisées par
la société seront les normes IFRS.

6. Vous êtes commissaire aux comptes de la société B. Cette société est une filiale française du groupe
américain Y. Vous devez émettre votre rapport général à destination de l’Assemblée Générale des
actionnaires de la société B.
D’après quel référentiel d’audit allez-vous effectuer votre mission ? Selon vous, quelles seront les
normes comptables utilisées par la société et d’après lesquelles vous allez émettre votre rapport
général ? Justifiez vos réponses.

Il s’agit d’une mission d’audit légal. Vous êtes commissaire aux comptes de la société B et vous devez
donc réaliser votre mission d’audit d’après les normes de la Compagnie Nationale des Commissaires
aux Comptes (CNCC). Les normes comptables utilisées par la société B, s’agissant d’une société
française et de comptes annuels à destination l’Assemblée Générale des actionnaires de la société,
seront les normes françaises (Plan Comptable Général).

7. Dans le cadre de votre audit des comptes clients, vous vérifiez que la provision pour dépréciation
des créances clients est comptabilisée en diminution de l’actif et non au passif. Quel(s) risque(s) de
non détection (ou assertion d’audit) couvrez-vous ?

Présentation et information.

8. Une de vos diligences pour l’audit des provisions pour risques et charges consiste à envoyer des
confirmations (circulariser) aux avocats de la société. Vous demandez aux avocats de la société de
lister les litiges de la société pour lesquels ils ont été saisis et de préciser les demandes des plaignants
et leur estimation du risque financier pour la société. Quel(s) risque(s) de non détection couvrez-vous ?

Exhaustivité / Existence et Occurrence / Valorisation.

9. Dans le cadre de votre audit des comptes immobilisations, vous obtenez le listing de calcul des
amortissements. Vous vérifiez que les calculs sont corrects et que le total des amortissements d’après
le listing correspond aux amortissements comptabilisés au bilan. Quel(s) risque(s) de non détection
couvrez-vous ?

Exactitude.

10. Une de vos diligences pour l’audit des comptes fournisseurs consiste à sélectionner un échantillon
de bons de réception du dernier jour avant la clôture de l’exercice et du premier jour après la clôture.
Vous vérifiez que ces réceptions de marchandises ont été comptabilisées sur l’exercice auquel elles se
réfèrent. Quel(s) risque(s) de non détection couvrez-vous ?

Séparation des exercices.


11. Durant votre revue du contrôle interne de la société, vous identifiez le contrôle suivant : « Pour
tout achat de fournitures supérieur à 10 000 euros, un appel d’offres réunissant au minimum trois
fournisseurs différents sera réalisé. Le fournisseur présentant le prix le plus faible sera sélectionné. »
Parmi les trois objectifs du contrôle interne, quel est l’objectif de ce contrôle ? L’efficience ou non de
ce contrôle aura-t-elle une incidence sur votre audit ? Justifiez vos réponses.

Operations (réalisation et l'optimisation des opérations). Ce contrôle a pour objectif que de réduire les
coûts de l’entreprise pour les transactions dépassant un certain seuil.
Ce contrôle n’ayant pas pour objectif la fiabilité des informations financières (financial reporting), son
efficience ou non n’aura pas d’incidence sur l’audit.

12. Le COSO est un référentiel de contrôle interne défini par le Committee Of Sponsoring
Organizations of the Treadway Commission. Il est utilisé notamment dans le cadre de la mise en place
des dispositions relevant des lois Sarbanes-Oxley pour les entreprises assujetties aux lois américaines.
Le référentiel COSO 1 définit le contrôle interne comme un processus mis en œuvre par les dirigeants
à tous les niveaux de l’entreprise et destiné à fournir une assurance raisonnable quant à la réalisation
de trois objectifs. Quels sont ces trois objectifs ?

Operations (réalisation et optimisation des opérations)


Financial reporting (fiabilité des informations financières)
Compliance (conformité aux lois et règlements)

13. Le contrôle interne, tel que défini par le COSO 1, comporte cinq composants. Ces composants
procurent un cadre pour décrire et analyser le contrôle interne mis en place dans une organisation.
Quels sont ces cinq composants ?

Control environment (environnement de contrôle, qui correspond, pour l'essentiel, aux valeurs
diffusées dans l'entreprise)
Risk assessment (évaluation des risques à l'aune de leur importance et fréquence)
Control activities (activités de contrôle, définies comme les règles et procédures mises en œuvre pour
traiter les risques, le COSO imposant la matérialisation factuelle des contrôles)
Information & communication (information et la communication, qu'il s'agit d'optimiser)
Monitoring (supervision, c'est-à-dire le « contrôle du contrôle » interne).

14. Rayez les mauvaises réponses.

Un niveau de risque faible/élevé requiert des travaux d’audit renforcés tandis qu’un niveau de risque
faible/élevé requiert moins de travaux d’audit.

Un environnement de contrôle interne faible/élevé requiert des travaux d’audit renforcés, un


environnement de contrôle interne faible/élevé requiert moins de travaux d’audit.

EXERCICES

1. Dans le cadre de votre mission d’audit, vous devez contrôler l’exhaustivité de la provision pour
congés payés. Quelle(s) procédure(s) allez-vous mettre en place ? Justifiez vos réponses.

Dans le cas d’espèce, il s’agit de s’assurer que la provision pour congés payés tient compte de
l’ensemble des salariés. Une des procédures pouvant être mise en place consiste à rapprocher le
nombre des salariés pris en compte dans le calcul de la provision du nombre de salariés d’après le
registre du personnel. Tout écart devra être justifié.
2. Quelle(s) procédure(s) pouvez-vous mettre en place afin de contrôler l’existence de créances
clients ? Justifiez vos réponses.

Plusieurs procédures sont possibles. Sur la base d’un échantillon défini, il sera possible soit de vérifier
si les créances sélectionnées ont été payées après la date de clôture (en partant du principe que le
paiement d’une créance valide son existence) soit de réunir les éléments probants justifiant cette
créance (bon de commande, bon de livraison, facture).

3. Dans le cadre de votre mission d’audit, vous devez contrôler la valorisation des stocks. Vous savez
que les stocks sont valorisés au coût unitaire moyen pondéré (CUMP) et consistent exclusivement en
marchandises. Quelle(s) procédure(s) allez-vous mettre en place ? Justifiez vos réponses.

Sur la base d’un échantillon défini (références produits), vous allez obtenir le détail du calcul du coût
des marchandises. Vous allez ensuite tester les éléments composant ce coût, c’est-à-dire
principalement le coût des marchandises et les frais logistiques. Pour ce faire, vous obtiendrez les
factures afférentes à ces coûts et frais. Par ailleurs, vous vérifierez que la méthode du CUMP a été
correctement appliqué (ceci peut se faire par cohérence si les variations au cours de l’exercice sont
faibles ou bien par sondages si les variations sont significatives).

4. La société que vous auditez a mis en place un unique contrôle (qui est efficient d’après vos tests)
permettant de valider la valorisation de la provision pour dépréciation des stocks : « A la fin de chaque
mois, le coût unitaire moyen pondéré des références en stock est comparé au coût moyen des ventes du
produit au cours des douze derniers mois. Si ce dernier est inférieur au premier, une provision est
comptabilisée ». Ce contrôle vous est-il utile pour valider la provision pour dépréciation des stocks ?
Devez-vous mettre en place des procédures complémentaires afin de valider cette provision ? Justifiez
vos réponses.

Ce contrôle est utile car il permet de s’assurer que les produits en stocks ne sont pas survalorisés par
rapport au prix de vente (net realisable value).
Néanmoins, ce contrôle ne prend pas en compte les quantités en stock et donc la rotation des stocks.
En effet, si une référence spécifique contient 100 produits en stock valorisés 10 euros et que les ventes
de l’année s’établissent à 10 unités vendues en moyenne 8 euros + 1 euro de frais de
commercialisation et transport, aucune provision ne sera comptabilisée. Cependant, cela signifiera que
ladite référence a un équivalent de 10 années de ventes en stock. Compte tenu de la durée de vie du
produit, une provision pourrait être envisagée. Il conviendra donc de tester les éventuelles provisions
pour stocks à rotation lente.

5. Vous êtes commissaire aux comptes de la société Alpha dont le secteur d’activité est celui de
prestations de services dans le domaine informatique (essentiellement des prestations de dépannage et
de réparation). La société Alpha intervient ponctuellement, à la demande des clients, et facture ceux-ci
pour la prestation réalisée.
Le Directeur Financier de la société Alpha vous informe que de nouveaux contrats ont été mis en place
avec plusieurs clients. Ces contrats consistent en une prestation de dépannage et assistance
informatique pour une durée d’un ou deux ans, selon les termes du contrat.
Quel(s) risque(s) d’audit lié(s) à l’application de certains principes comptables pouvez-vous
identifier ? Expliquez.

Jusqu’alors la société réalisait des prestations de dépannage et de réparation ponctuelles qui avaient de
fait une durée limitée (probablement moins d’une journée). La facturation s’effectuait sur la base des
prestations réalisées.

La mise en place de contrats de prestation de dépannage et d’assistance informatique pour une durée
d’un ou de deux ans s’apparente à des contrats long terme. En effet, à la clôture d’un exercice, la
société n’aura réalisé qu’une partie de la prestation.
Ainsi, le risque d’audit identifié est celui de la séparation des exercices.

Il conviendra dans un premier temps de valider la correcte application de la méthode comptable


retenue pour la reconnaissance du chiffre d’affaires (à l’avancement ou à l’achèvement).
Dans un deuxième temps, il conviendra de vérifier la marge que la société réalise sur les contrats long
terme et de s’assurer que d’éventuelles provisions sont comptabilisées dès lors que les marges sur ces
contrats sont négatives.

6. Vous êtes commissaire aux comptes de la société Beta dont le secteur d’activité est celui de la
grande distribution spécialisée en petit électroménager. Outre le siège social, la société possède un
entrepôt et quatre points de vente. La société clôture ses comptes le 31 décembre.
Lors de votre revue du contrôle interne de la société, vous vous êtes aperçus que la « démarque
inconnue » (produits cassés, détériorés, volés, etc.) n’était pas identifiée par la société. Il en résulte un
risque que les quantités enregistrées en stocks dans les comptes de la société soient incorrectes.
Le Directeur Financier répond à vos commentaires en vous indiquant qu’un inventaire physique
annuel est réalisé chaque année durant la période d’été. Le dernier inventaire physique réalisé a fait
apparaître des écarts de stocks significatifs représentant 20% du résultat de la société. Ces écarts ayant
été corrigés dans les comptes de la société, il n’envisage pas de réaliser de nouvel inventaire physique
avant l’été prochain.
Quelles remarques pouvez-vous faire ? Quelle stratégie d’audit suggérez-vous pour valider les
quantités en stocks ?

L’inventaire réalisé durant l’été a mis en évidence des écarts très significatifs puisque la correction de
ceux-ci a représenté 20% du résultat de la société.

D’après l’énoncé, il ne semble pas que la société ait mis en place de procédures permettant de
fiabiliser les stocks et donc d’identifier la « démarque inconnue ».

Sur la base de ces deux points, il est probable que les écarts de stock à la clôture de l’exercice (31
décembre) soient encore significatifs. Il conviendrait donc de réaliser un inventaire des stocks à la
clôture afin de corriger les écarts survenus de la « démarque inconnue » au cours du second semestre
de l’année.