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Université de Tizi-Ouzou/Département de Pharmacie

5eme Pharmacie/ Toxicologie


Dr. Belazougui

Herbicides
1. DEFINITION :

Les herbicides (désherbant, débroussaillant, défoliant) sont des substances actives ou produits
formulés ayant la propriété de tuer les végétaux ; Ils sont destinés à détruire les mauvaises herbes
qui viennent en concurrence des plantes cultivées.

2. ETUDES TOXICOLOGIQUES DES PRINCIPAUX HERBICIDES :

a. HERBICIDES TRES TOXIQUES :

- CHLORATE DE SODIUM NaclO3 :

1. PROPRIETES :
Les chlorates sont à l’origine de plusieurs accidents conduisant à son abandon progressif
(réagissent avec les acides forts, donnant des gaz toxiques et explosifs). Ce sont des
désherbants totaux présentant une langue persistance dans le sol (5 ans).

2. TOXICITE :

• L’ion chlorate est un oxydant puissant, les solutions concentrées sont irritatives pour la peau
et les muqueuses.
• À forte dose il provoque une désorganisation des protéines membranaires des hématies et
une inactivation des enzymes membranaires conduisant à une hémolyse avec libération de
l’hémoglobine dans le plasma qui est ensuite oxydée de façon irréversible en
méthémoglobine.
• L’agression oxydative s’exerce sur les tissus et cellules, expliquant l’atteinte multi-
vicsérale observée en cas d’ingestion suicidaire
• L’insuffisance rénale est d’origine mixte due à la précipitation intra tubulaire d’hémoglobine
libre et à une néphrotoxicité directe.

5-20g : dose mortelle (voie orale) pour un adulte.


DL50 (rat) : 1,2 g/kg.

- LES AMMONIUMS QUATERNAIRES (Dérivées de Bipyrilidium) :


1. PROPRIETES :
Synthétisés dans les années 50, ils sont formés par l'association de 2 cycles pyridilyques.

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Exp. : diquat, paraquat.

Il est rapidement inactivé après épandage (dégradation microbienne et photodégradation). Cette


rapide dégradation en fait un composé peu polluant.

2. TOXICOCINETIQUES :
• La pénétration dans l’organisme est percutanée en milieu professionnel : elle est négligeable
sur peau saine (≤0.3%) ;
• La pénétration respiratoire est quasi-nulle du fait de la taille des particules d’aérosol ;
• L’absorption digestive (volontaire ou accidentelle) est faible (5-10%) mais rapide ;
• La distribution est large avec fixation précoce au niveau du poumon, du rein et des muscles :
les concentrations pulmonaires sont 10-15 fois supérieures aux taux plasmatiques en raison
d’une accumulation activée au niveau des cellules alvéolaire ;
• Il n’y a pas de biotransformation : le paraquat est éliminé pour plus de 95% sous forme
inchangé au niveau des urines ;
• Demi-vie d’élimination : 84H.

3. MECANISME D’ACTION TOXIQUE :


L’ion paraquat fonctionne comme un agent « redox », sa réduction par le NADPH-cytchrome c
réductase induit la formation des espèces radicalaires de l’oxygène (anion super oxydes (O2-)
donnant ensuite naissance à des radicaux hydroxylés (OH*) suivi d’une régénération du paraquat,
celle ci entraîne une peroxydation en chaîne des lipides membranaire et une déplétion en NADPH ;
La Toxicité est alors dûe:
- Formation de radicaux superoxydes.
- Déplétion en NADPH.
- Inhibition de la synthèse du surfactant.
- Lipopéroxydation et destruction des parois cellulaire.

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La destruction des cellules épithéliales alvéolaire se traduit par une alvéolite compliquée d’une
fibrose pulmonaire diffuse par prolifération fibroblastique.
La toxicité pulmonaire du paraquat est liée:
- A la grande vascularisation du poumon ;
- Capacité à fixer le toxique;
- Possibilité d’auto-entretenir le cycle oxydoréducteur grâce à l’oxygène.
D’autres organes peuvent fixer le paraquat (cœur, reins, foie, puis surrénales et muscles) où il va
exercer une cytotoxicité nécrosante qui est l’origine d'insuffisances organiques.

Le diquat possède un mode d’action identique, il provoque une nécrose tubulaire marquée mais pas
de fibrose pulmonaire en raison d’une absence d’accumulation dans ce tissu.
DL50 (rat) Paraquat = 125mg/Kg ;
Le diquat est moins toxique : DL50 (rat)= 250 - 400mg/Kg.

4. SYMPTOMATOLOGIE :
Les premiers signes d’intoxications aigues sont des phénomènes d’irritation (peau, muqueuse, ou
tube digestif en cas d’ingestion), suivie après 24h à 48h d’une atteinte hépatorénale modérée. Ces
manifestations semblent alors céder pendant 5 à 15 jours pour faire place à une dyspnée de plus en
plus importante et à une fibrose pulmonaire avec prolifération des fibroblastes et hypoxie, capables
d’entrainer la mort.
Lors d’intoxications chroniques, on observe des dermites de contacte, rhinite et toux.
Le paraquat est foetotoxique.
Les concentrations maximales permises par le Règlement sur la qualité de l’eau potable sont
présentement de 70 µg/l pour le diquat et de 10 µg/l pour le paraquat.

5. TRAITEMENT :
- Vomissements provoqués ;
- Terre à Foulon (argile naturelle) : réduire l’absorption intestinale ;
- Lavage gastrique ;
- Vitamine C.

- DERIVES NITROPHENOLIQUES :
1. PROPRIETES :

Les principaux sont : 4.6-dinitro-ortho-cresol (DNOC), le dinoseb et le


dinoterbe (huiles jaunes), bien qu’interdit, ils persistent encore dans
l’environnement.

C’est un toxique cumulatif ;

2. TOXICITE :
Ce sont des découpleurs des réactions de phosphorylalion oxydativc cellulaire. Ils rendent impossible la
libération d'énergie sous forme d'ATP ; cette énergie est dégagée sous forme de chaleur.
Chez l'homme, une ingestion de 1 à 3 g de DNOC serait potentiellement létale.

3. SYMPTOMATOLOGIE :

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L’intoxication aigue fait apparaitre des symptômes d’hypermétabolisme :
- Nausées, vomissements, agitation ;
- Rash cutanée ;
- Transpiration, hyperthermie ;
- Tachycardie, tremblements, convulsions ;
- Collapsus, coma : la mort peut survenir en 24 à 48h.
L’intoxication chronique réalise des symptômes ressemblant à ceux de l’hyperthyroïdie :
- Fatigue, anxiété, transpiration, amaigrissement ;
- Cataracte avec coloration jaunâtre fluorescente des conjonctives, coloration jaune de la
peau;
- Parfois agranulocytose.

4. TRAITEMENT :
- Lavage gastrique, décontamination cutanée ;
- Traitement de la déshydratation et de l’hyperthermie.

- ARSENITE DE SODIUM :
Utilisé comme antifongique et herbicide. Il présente la toxicité systémique de l’arsenic et peut
provoquer la mort à dose suffisante.
En chronique, c’est un toxique cumulatif et cancérogène.

b. HERBICIDES PEU A MOYENNEMENT TOXIQUES :


- PHYTHORMONE DE SYNTHESE (ARYLOXYACIDES) :

Ce sont des dérivés des acides dichlorophénoxyacétique (2,4-D), trichlorophénoxyacétique (2,4,5-T),


méthylchlorophénoxyacétique (2,4-MCPA), méthylchlorophénoxypropionique (MCPP).

L’agent orange utilisé pendant la guerre du Viet-Nam faisant partie de ces composés ; il est
soupçonné d’être cancérogène (leucémie lymphoïde en particulier) et diabétogène.
Ces acides peuvent pénétrer dans l’organisme par toutes les voies. Ils se distribuent largement dans
les tissus. Ils s’éliminent dans l’urine, à la fois inchangés et sous forme de métabolites conjugués.
Leur demi-vie d’élimination va de 10 à 40 heures.
En aigue on peut observer : vomissement, diarrhée, fibrillations musculaires, coma.

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Le traitement comporte des lavages d’estomac, l’administration de vitamine C et de cardiotoniques.
La diurèse osmotique alcaline en favorisant l’élimination rénale.
L’exposition chronique se manifeste par des effets irritatifs au niveau de la peau et des muqueuses,
une hépatotoxicité, des troubles neuropsychiques. Une chloracné pourrait apparaitre chez les
ouvriers exposés aux produits intermédiaires, ou secondaires à la synthèse des phytohormones, ou
aux impuretés que l’on peut y rencontrer, dont une dioxine, le TCDD (tétrachlorodibenzoparadioxine)
ou dioxine de Seveso, tératogène et mutagène, également cancérogène pour l’homme d’après l’OMS
( TCDD est un puissant inhibiteur de l’ALA synthétase d’où une porphyrie)

- UREES SUBSTITUEES :

Présente une toxicité aigue relativement faible. A très fortes doses, ils sont caustiques et entrainent
vomissements et diarrhée. La toxicité chronique se traduit surtout par des phénomènes irritatifs
(peau et muqueuses). Certaines molécules seraient mutagènes, voir cancérogènes chez l’animal.
Le traitement d’une possible intoxication est symptomatique.
• Exemples : chloroxuron, diuron, éthidimuron, isoproturon, linuron, monolinuron…

- DIAZINES ET TRIAZINES :

Diazines : bromacil, chloridazone, pyridate…

Triazines : atrazine, cyanazine, simazine…

Ces produits sont en général peu toxiques. Ils peuvent être responsables de dermites de contact.
L’atrazine est classé par le CIRC dans le groupe 2B (cancérogène possible pour l’homme) : elle
pourrait entrainer des leucémies ou des cancers du sein et des testicules, et serait aussi tératogène.

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