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Watchman Nee

La victoire par le sang de l’Agneau


Traduit de l’allemand Original:

Das Blut des Lammes Tiré de:

« Die Herrliche Gemeinde »

© Verlag « Der Strom »

© de l’édition française 1997

Editions « Le Fleuve de Vie » Chemin des Brandards 56 2000 Neuchâtel - Suisse courriel :
lefleuvedevie@bluewin. site : www.lefleuvedevie.ch

La victoire par le sang de l’Agneau

« Ils l ’ont vaincu à cause du sang de l’Agneau» (Apoc. 12:11). Dans le combat spirituel, la victoire est
basée sur le sang de l’Agneau. Le sang n’est pas seulement valable pour le pardon des péchés et pour
le salut, mais il est aussi la base qui nous permet de vaincre Satan. Certains ont pu penser que le sang
n’était plus tellement important pour ceux qui ont déjà grandi dans le Seigneur. Ils ont parfois
supposé qu’il était possible d’atteindre un standard où nous pouvons nous passer du sang; notre
devoir est de déclarer avec force que ce n’est pas le cas! La Parole de Dieu dit: «Ils Vont vaincu à
cause du sang de l'Agneau ».

L’activité principale de Satan, pour s’élever contre les chrétiens, consiste à les accuser. Satan

est un meurtrier, bien sûr; il est aussi le père du mensonge, et le tentateur. C’est l’attaquant auquel
nous

devons résister. Mais ce n’est pas là son oeuvre de prédilection: il passe en fait la majeure partie de
son temps à nous accuser. « Car il a été précipité, / 'accusateur de nos frères, celui qui les accusait
devant notre Dieu jour et nuit » (Apoc. 12:10). Nous voyons ici que Satan accuse les frères jour et
nuit. Il ne le fait pas seulement devant Dieu, mais également dans notre conscience, parce qu’il sait
bien que cela peut nous affaiblir et nous rendre complètement incapables d’agir. Le diable se plaît à
accuser les chrétiens, afin que ceux-ci, découragés par leur état spirituel, se considèrent comme
inutiles pour l’œuvre du Seigneur, et perdent ainsi toute base pour lutter contre l’ennemi. Nous ne
prétendons pas qu’il ne faille pas traiter le péché, et c’est une chose à laquelle nous devons prêter
une extrême attention, mais cela ne signifie pas que nous devons accepter les accusations de Satan.

Si un enfant de Dieu se laisse accuser par Satan, il aura sans cesse l’impression d’être dans son tort.
En se levant le matin, en vaquant à ses occupations ordinaires, en priant, il aura toujours un
sentiment négatif. Il ne croira même plus que Dieu répond à ses prières. S’il a l’intention de dire
quelque chose à la réunion, il pensera que cela n’en vaut pas la peine, venant d’un pareil pécheur!
Quant à faire une offrande, il se demandera si Dieu peut en accepter d’un homme aussi indigne. Ces
chrétiens-là sont principalement préoccupés par leur pitoyable état, et par leur manque de valeur
dans toutes les situations au lieu d’être centrés sur le Seigneur Jésus, qui est victorieux et si plein de
gloire! Du matin au soir, ils sont consumés par la pensée de leur manque de conduite « chrétienne ».
Qu’ils travaillent, qu’ils se reposent, lisent les Ecritures, mangent ou prient, ils ont constamment sous
les yeux leur condition indigne et misérable. C’est l’effet des accusations de Satan. Si ce dernier peut
nous maintenir dans un tel état, il a gagné la bataille, car ainsi, nous sommes sans force devant lui.
Personne, en acceptant les accusations de l’ennemi, ne peut remporter de victoire sur lui. Le pire qui
puisse arriver dans une telle situation, c’est que nous pensions ainsi réaliser la véritable humilité
chrétienne.

Mais c’est une grossière erreur, et nous nous trompons nous-mêmes: nous ne voyons pas que nous
endurons simplement les accusations de l’ennemi. Il est vrai que nous devons traiter notre péché
lorsque nous sommes tombés: nous devons le confesser au Seigneur, et lui demander de nous laver
par son précieux sang; mais nous devons aussi apprendre la leçon suivante, c’est- à-dire cesser de
nous contempler nous-mêmes, pour fixer nos regards sur le Seigneur Jésus. Sans cesse penser à son
« moi », être conscient de sa présence jour et nuit, voilà bien un état maladif! C’est ce qui arrive
lorsque nous nous laissons accuser par Satan.

Certains enfants de Dieu n’ont dans leur conscience qu’un faible sentiment à l’égard du péché, et ne
sont donc pas très utiles dans le domaine spirituel. Toutefois, nombreux sont aussi ceux dont la
conscience est si faible qu’ils n’ont aucune connaissance réelle de l’œuvre du

Seigneur Jésus. Si nous leur demandions quel est le péché précis qui les préoccupent sur le moment,
ils ne pourraient en désigner aucun, alors même qu’ils ont continuellement le sentiment que quelque
chose ne va pas, et qu’ils ressentent perpétuellement leur médiocrité et leur faiblesse. Chaque fois
qu’ils pensent à eux- mêmes, ils perdent toute leur paix et toute leur joie. En fait, le problème vient
du fait qu’ils écoutent les accusations de Satan; chaque fois que nous prêtons attention à ce
menteur, nous sommes affaiblis, et nous ne pouvons plus lui résister.

Les accusations de Satan ne sont pas inoffensives! La besogne principale de l’ennemi consiste à nous
accuser, nuit et jour, devant Dieu et devant notre conscience, jusqu’à ce que cette dernière devienne
faible au point qu’elle ne puisse plus être fortifiée.

La conscience du chrétien est d’une importance capitale, tant dans sa vie personnelle que dans son
service. Dans

1 Corinthiens 8, l’apôtrePaul met bien en évidence que si


la

conscience d’un

croyant est souillée, il périt. Non qu’il soit perdu pour l’éternité, mais il ne peut simplement plus être
édifié, il est devenu tellement faible qu’il est inutile.

1 Timothée 1 nous dit qu’un homme qui rejette sa conscience a

fait naufrage par rapport à la foi, comme un bateau qui ne peut plus naviguer parce qu’il a coulé. Par
conséquent, pour qu’un chrétien puisse tenir ferme devant Dieu, il ne faut pas que sa conscience soit
entachée d’une seule offense (chaque offense est comme un trou dans la coque du bateau). Si nous
acceptons les accusations du diable, notre conscience est submergée par les offenses, et de cette
façon, il nous est impossible d’avancer dans notre service ou de combattre pour Dieu. Nous devons
donc réaliser que c’est dans ce but que Satan passe la majeure partie de son temps à nous accuser;
aussi devons-nous impérativement vaincre cela.

Comment le pouvons-nous? La voix qui vient du ciel le dit: « Ils Vont vaincu à cause du sang de
l'Agneau ». Le sang est la base et l’instrument pour vaincre Satan.

Ce dernier peut bien nous accuser, mais alors nous pouvons lui répondre que le sang de Jésus- Christ,
le Fils de Dieu, nous purifie de tout péché (l Jean 1:7)! « Tout péché » signifie vraiment « chaque »
péché, grand ou petit. Le sang du Fils de Dieu nous purifie de tout péché! Peut- être Satan essaie-t-il
de nous décourager en nous montrant nos torts, mais nous pouvons répliquer que nous avons le
sang du Seigneur Jésus, qui peut ôter tous nos péchés, même s’ils sont nombreux. Voici ce que dit la
Parole de Dieu: « Le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché » (1 Jean 1:7).

Il est évident pour nous que nous devons rejeter les accusations

sans fondement, mais peut-être n’avons-nous pas réalisé qu’il en est de même pour celles qui sont
réellement fondées. Lorsque les enfants de Dieu ont agi incorrectement, ils n’ont pas

besoin pour autant de prêter attention aux accusations de l’ennemi, mais au sang de Jésus, le Fils de
Dieu; c’est le précieux sang qui est nécessaire pour les purifier de leur péché, et non

l’accusation qui accentue encore la culpabilité. La seule question qui doit être réglée est la suivante:
avons-nous oui ou non confessé notre péché? Si nous l’avons fait, que dire de plus? Si nous avons
péché et que nous ne confessons pas notre faute, alors nous méritons bel et bien d’être repris. Mais
là où le péché a été confessé, donc pardonné, l’accusation n’a plus de raison d’être. Autrement dit, si
nous avons confessé notre péché, nous ne devrions pas être accusés.

Si vous avez péché, vous pouvez vous agenouiller et confesser votre faute à Dieu; le sang du Seigneur
Jésus vous purifiera immédiatement. Mais ne pensez surtout pas qu’il faille passer beaucoup de
temps à considérer combien vous êtes pécheur, et que plus vous aurez un senti¬ment fort à l’égard
de votre péché, plus vous serez sanctifié...! La seule question que nous devons nous poser est celle-
ci: quelle valeur est-ce que je reconnais au sang du Seigneur Jésus? Nous avons tous péché, c’est vrai,
mais son sang nous lave de tout péché; n’importe quel péché est compris dans ce « tout »: les
grands, les petits, ceux dont 011 se souvient, ceux qu’on a oubliés, les visibles et les invisibles, ceux
qui nous semblent pardonnables, ou qui nous paraissent indélébiles... toutes les sortes possibles et
imaginables! Le sang de Jésus-Christ, le Fils de Dieu, n’efface pas seulement un ou deux péchés, il
nous purifie vraiment de tous les péchés. Oui, nous admettons que nous avons péché! Mais nous
n’acceptons pas les accusations du diable pour autant. Devant Dieu, nous sommes purs, car nous
avons le précieux sang. En aucun cas, nous ne devons accorder plus de crédit aux accusations de
l’ennemi de Dieu qu’au précieux sang! Si nous commettons un péché, nous ne glorifions pas Dieu,
nous en sommes bien conscients, mais nous devons comprendre aussi qu’en ne faisant pas confiance
au sang, nous déshonorons Dieu tout autant; que s’il est honteux de pécher, il est encore plus
honteux de ne pas croire en l’efficacité du sang du Seigneur. Il nous faut apprendre à nous confier
dans le sang de l’Agneau.

Romains 5:9 dit: «...maintenant que nous sommes justifiés par son sang... » Beaucoup de croyants,
lorsqu’ils viennent au Seigneur, n’ont aucune paix dans leur cœur, et ont même parfois un sentiment
d’indignité. Pourquoi cela? Parce qu’ils ont une fausse espérance: ils s’attendent à avoir quelque
chose de positif en eux- mêmes à offrir à Dieu. Puis, lorsqu’ils découvrent que cet espoir est erroné,
les accusations prennent le relais: « Quelqu’un comme toi n’aura jamais rien de bon à offrir au
Seigneur ». Souvenons- nous alors qu’à l’origine nous n’avions de toute façon rien à apporter à Dieu,
qu’il n’y avait rien de bon en nous, aucune vraie bonté devant lui. La seule chose que nous avons pu
lui offrir pour être sauvés a été le sang de Christ, seul moyen pour nous d’être justifiés. Nous n’avons
aucune vraie justice en nous. Notre seule justice est celle que nous avons reçue par la rédemption.
Chaque fois que nous venons au trône de la grâce (et non de jugement!), nous pouvons nous
attendre au Seigneur pour obtenir la

grâce; chaque fois que nous venons à Dieu, nous devons nous souvenir que notre seule qualification
a été le fait d’avoir été rachetés, et rien d’autre, en tout cas pas le fait d’avoir avancé dans ; notre
vie chrétienne. Aucun croyant ne

pourra jamais se glorifier en disant: « J’ai assez bien agi ces derniers temps; j ’ai r ainsi la hardiesse de
prier. » Non, lorsque

nous venons devant notre Dieu, notre unique fondement est constitué par le sang. Aucune
croissance spirituelle, aussi conséquente soit-elle, ne peut y être substituée.

Il arrive que Satan vienne nous accuser lorsque nous avons

péché; en d’autres occasions, il le fait alors même que nous n’avons pas péché! En réalité, souvent, le
problème n’est pas tellement que nous ayons péché ou non; mais Satan nous accuse en mettant le
doigt sur le fait que nous n’avons pas de vraie justice à offrir à Dieu. Il faut cependant être au clair
par rapport à cela: nous entrons dans la présence de Dieu uniquement sur la base du sang. Puisque
nous avons été purifiés et

justifiés par le sang, nous ne sommes aucunement tenus d’accepter les accusations de Satan.

Le sang précieux est aussi notre base pour mener la guerre spirituelle; si nous ne connaissons pas la
valeur du sang, nous ne pouvons pas combattre. Dès que notre conscience est affaiblie, tout est fini;
nous n’avons aucun moyen de lutter contre Satan si nous ne conservons pas une conscience propre,
sans tache, car l’ennemi peut ainsi utiliser des milliers de très bonnes raisons pour justifier ses
accusations contre nous. Si nous les acceptons, nous allons tomber. Toutefois, nous pouvons faire
face à Satan grâce à cette unique réponse: le sang. Aucune raison de l’ennemi ne peut résister au
sang du Seigneur. La guerre spirituelle requiert une conscience sans reproche, et seul le sang peut
nous la donner.

Hébreux 10:2 dit: « ... ceux qui rendent ce cidte, étant une fois purifiés, n 'auraient plus eu aucune
conscience de leurs péchés ». C’est grâce au sang qu’un chrétien peut ne plus avoir conscience de ses
péchés. Une fois que nous sommes basés sur le sang, que nous croyons en son efficacité, Satan ne
peut plus rien faire contre nous. Notre raisonnement suit souvent une fausse logique, qui nous fait
penser que nous ne pouvons plus combattre, puisque nous avons péché. Mais en réalité, le Seigneur
sait que nous sommes pécheurs, aussi a-t-il préparé le sang. Par contre, celui qui accepte
volontairement les accusations de Satan ne bénéficie d’aucune solution puisque d’une certaine
manière il renie la puissance du sang. En fait, celui qui croit au précieux sang ne peut pas, en même
temps, accepter les accusations du diable! Ces deux choses sont incompatibles. Soit notre confiance
dans le sang s’évapore, soit les accusations s’en vont; si nous acceptons les accusations, nous
n’aurons aucune appréciation pour le sang, mais si nous acceptons le sang, les

accusations devront disparaître.

Le Seigneur Jésus est pour nous le Souverain Sacrificateur (Héb. 2:17-18; 4:14-16; 7:20-28) et le
Médiateur (Héb.
8:6; 9:15; 1 Jean 2:1). Il est toujours occupé à servir dans cette position. Le but de son service est de
nous préserver des accusations de Satan. Il suffit de très peu de temps pour qu’un homme reçoive
Jésus comme son Sauveur, mais faire face aux accusations de Satan dure toute la vie. En grec, le mot
médiateur signifie « défenseurétabli ». Le Seigneur est notre Médiateur et notre Défenseur, notre
Avocat; il parle en notre faveur. A nous de savoir si

nous voulons noustenir du

côté de notre Défenseur ou du côté de

l’accusateur! Il serait ridicule de croire les paroles de l’accusateur, alors que notre Médiateur
s’emploie justement à nous défendre! Si un avocat était continuellement en train de

prouver

l’innocence de l’accusé et que celui-ci s’obstine à se croire coupable, persistant à faire confiance à
l’accusateur, ne serait- ce pas absurde? Que nos yeux s’ouvrent pour voir que Jésus est notre
Médiateur, et qu’il s’occupe de notre défense en ce moment même... Si nous réalisons quelle est la
réelle valeur du sang, le nombre de chrétiens qui jouiront de la paix et qui seront remplis de joie va
beaucoup augmenter, aujourd’hui, sur la terre!

« Ils l ’ont vaincu à cause du sang de 1 'Agneau ». Que cette parole est précieuse! Les frères en
question ont vaincu l’ennemi, non en raison de leur mérite personnel, de leur avance dans la vie
spirituelle ou de leur expérience, mais à cause du sang de l’Agneau! Chaque fois que des accusations
nous viennent, de la part de Satan, nous devons les traiter par le sang. Dès que nous accepterons le
sang, la puissance de l’ennemi sera annulée. Tout ce que nous sommes dépend du sang, dont nous
avons besoin quotidiennement. Le jour de notre salut, nous avons mis notre confiance dans le sang
du Seigneur; continuons donc de même! Dépendons du sang et confions-nous dans le sang dès
aujourd’hui, puisqu’il est notre seul fondement. Dieu désire nous délivrer de toutes les accusations
insensées de Satan, il voudrait briser ces chaînes. Ne pensons jamais qu’accepter d’être accusés, c’est
adopter une attitude humble!

Apprenons au contraire à surmonter ces accusations, sinon nous ne serons jamais des vainqueurs.
Ces derniers doivent connaître la valeur du sang; même si nous ne pourrons jamais avoir
connaissance de l’immensité de cette valeur, nous pouvons tout de même dire au Seigneur: «
Seigneur, applique ton sang sur moi, selon ta manière de l’évaluer ». Le Seigneur attribue une
certaine valeur à son sang, et c’est d’après cela que nous faisons face à Satan, non

selon notre propre sentiment.