100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
437 vues39 pages

Saint Epfremi Makri Du Grece

Ce document long décrit la vie et les miracles de saint Ephrem le Nouvel-Apparu. Il contient des détails biographiques sur le saint ainsi que des témoignages de ses apparitions et miracles après sa mort.

Transféré par

Cristian
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats RTF, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd
100% ont trouvé ce document utile (1 vote)
437 vues39 pages

Saint Epfremi Makri Du Grece

Ce document long décrit la vie et les miracles de saint Ephrem le Nouvel-Apparu. Il contient des détails biographiques sur le saint ainsi que des témoignages de ses apparitions et miracles après sa mort.

Transféré par

Cristian
Copyright
© © All Rights Reserved
Nous prenons très au sérieux les droits relatifs au contenu. Si vous pensez qu’il s’agit de votre contenu, signalez une atteinte au droit d’auteur ici.
Formats disponibles
Téléchargez aux formats RTF, PDF, TXT ou lisez en ligne sur Scribd

S.

am4- Moitastère 4e U\ Toutc-&iint:c Mèrc-


cle-Dieu Néu Mskri, ÀU-ique
Apparitions et miracles de saint Ephrem
Apparitions et miracles de saint Éphrem le Nouvel-Apparu (1384-

1426)

Saint Monastère de l’Annonciation à la Toute-Sainte Mère de Dieu


Néa Makri, Attique GrèceCette édition en langue française est dédiée
avec amour et reconnaissance à la Très Vénérable Higoumène Makaria.
Que par ses saintes prières elle nous obtienne la faveur du grand Saint
Êphrem, le Nouvel-Apparu, afin qu'il nous accorde prompt secours, conso-
lation et réconfort dans les difficultés spirituelles et matérielles de notre vie
terrestre.
Par les prières de la Moniale Makaria, Êphrem Très Saint, viens à notre
secours
.Cet ouvrage est la traduction française, la plus fidèle possible, du
premier livre de l’Higoumène Makaria sur la vie, les apparitions et les
miracles du Saint Mégalomartyr et Thaumaturge Êphrem le Nouvel-
Apparu.
Que cette édition permette à tous les pieux pèlerins et chrétiens
francophones de connaître les hauts faits et miracles de notre Très
Vénéré Saint Éphrem qui a daigné se manifester à nous.
Que la puissance des témoignages de ses miracles et de son
redoutable martyre nous soit une force, un encouragement spirituel, et
une espérance totale pour nos âmes en la grâce divine et en la grâce
rayonnante et bienveillante de Saint Éphrem, afin, qu’ainsi fortifiés,
nous nous élevions en une ascension ardente et continuelle vers la
sanctification, plénitude de notre vie dans le Christ.
Par les prières de Saint Éphrem, Seigneur lésus-Christ notre Dieu,
aie pitié de nous et sauve-nous.
Amin.

(La dédicace et les textes qui suivent sont intégralement les textes
traduits du livre de l’Higoumêne Makaria.
)Ce livre est dédié, avec piété, à la sainte assemblée des Élus, des Saints,
hommes et femmes, qui ont brillé dans les déserts, les montagnes, les
cavernes, les antres de la terre, ainsi qu aux saints moines de vie
cénobitique.
Daigne, Seigneur, accueillir leurs prières sur Ton Autel Céleste, et aie
pitié de nous au four du Jugement.

Âmin
.Le Saint Corps.
Tu avais les paupières closes et les lèvres serrées.
Son visage était pâle et rayonnait la paix.
Son expression montrait qu’il avait ce courage
pour porter sans peur le poids du martyre.
Et il avait les pieds affaiblis, nus et raidis
ainsi qu’on les avait attachés, mêlés dans les cordes, et tout
son corps nu était partout meurtri ; il était accroché à l’envers,
complètement martyrisé.
Et son visage était blême et défiguré, tandis que son sang béni s’écoulait.
Mais que vois-je à l’arbre alors ? Un tison brûlant consumait la
région de son ventre, et le tissu qu’il portait attaché autour de la taille
était lui aussi, mes frères, imprégné de sang.
Et un peu plus loin se tenaient ces damnés qui déchiraient ses chairs
comme des chiens enragés.
Et une terre légère t’a recouvert, qui était frafche et froide, sèche par
manque de plante verte, terre dénuée de tombeau.
Quel pleur, quel gémissement, quel murmure, quelle peine seraient
convenables pour t’arracher à ton sommeil ?
Dors, Saint de Dieu, repose-toi éternellement, prends du repos
pour toujours dans les parvis du Paradis.

Moniale Makaria
.
(Dieu est admirable
dans Ses Saints. > (PS.
67,36).

Brève notice biographique.

Le Saint mégaiomartyr et thaumaturge Éphrem est né le 14


septembre 1384. Il fut orphelin de père très jeune, et avec l’aide
de Dieu, sa pieuse mère prit soin de lui et de ses six autres frères.
A l’âge de 14 ans, le Dieu très Bon conduisit les pas d’Êphrem
vers le Monastère, alors florissant, de l’Annonciation à la Très
Sainte Mère de Dieu, sur la colline des Irréprochables, en
Attique. Là, il prit sur ses épaules, avec zèle, la précieuse Croix
du Seigneur avec, comme achèvement à sa consécration, sa mort
redoutable et très glorieuse en martyr.
Un désir divin et l’amour de Dieu enflammaient son jeune
cœur, et il se soumit volontairement à la bienheureuse obéissance
du Christ. Il devint, par sa vie monacale et semblable à celle des
anges, un disciple des grands Ascètes et Saints Pères du désert,
imitant pendant environ 27 ans leur sainte conduite.
Saint Éphrem a suivi le Christ avec un zèle divin, «ayant rejeté
tout charme de ce monde». U s’est distingué par la splendeur de
sa conduite et les peines de son combat sur la colline des
Irréprochables.
Avec l’aide de Dieu et par ses labeurs ascétiques il a purifié son âme et son corps des
passions corruptrices de l’âme, et il fut digne de devenir unhabitacle du Très Saint-Esprit. B
fut digne aussi de recevoir le grand mystère et charisme de la prêtrise, et de servir au Saint
Autel comme un ange, avec crainte de Dieu et grande componction.
Le 14 septembre 1425, jour de la fête de TExaltation de la Croix, il fut fait prisonnier et
son martyre commença ; il prit fin le 5 mai 1426, un mardi, à 9 heures du matin. Le Saint
Hiéromartyr avait 42 ans. En prière, et au milieu d'horribles supplices - on l’avait attaché à
l’envers à un arbre qui existe encore, on l’avait cloué par les pieds et la tête, et finalement on
avait percé son corps martyrisé et couvert de blessures avec un bois enflammé - le
1
courageux athlète du Christ Éphrem remit, son âme sainte entre les mains de son Maftre
dont il reçut la couronne du martyre et la grâce des miracles.
Après plus de 500 ans, il a plu au Dieu Ami des hommes de révéler par de nombreuses
apparitions et autres événements miraculeux, tout ce que nous connaissons aujourd’hui.
Tout ceci fut confirmé par la découverte, le 3 3 janvier 1950, des Reliques pleines de grâce
du Saint Martyr, reliques qui, ■ non seulement exilaient un parfum divin et céleste, mais
sont aussi une source de guérison pour ceux qui les embrassent avec foi et qui demandent
l’aide du Saint toujours prompt à agir. .V"
Parce qu’il a glorifié le nom du Dieu trinitaire par sa conduite pure, et à cause du martyre
supporté par amour du Christ, le Seigneur Tout-Puissant ;! l'a richement glorifié en retour.
Ainsi, pour ceux qui demandent son inter*. cession, saint Êphrem accomplit, avec ta grâce
du Christ qu’il a reçue én abondance, des miracles étonnants et surnaturels pour l’âme et le
corps.
Le Saint Hiéromartyr et Thaumaturge Éphiem est fêté deux fois par an : y le 3 janvier,
jour de la découverte de ses saintes et précieuses Reliques, et le 5 mai, jour de sa mort en
martyr.
Puisse Notre Seigneur Jésus Christ avoir pitié de nous et nous sauver
miséricordieusement, par les prières du Saint mégalomartyr Êphrem !
Puisse-t-il plaire à Dieu de nous rendre dignes de vénérer ses
Reliques odorantes et de vivre en plénitude les saints et
inexprimables dons de notre Foi Orthodoxe Véritable ! Et puisse
le Seigneur nous rendre digne aussi de confesser avec ardeur
que «Dieu est admirable dans ses Saints» et
que«quant aux Saints qui sont sur sa terre, le Seigneur les a
rendus admirables ; toutes Ses volontés sont accomplies en eux.»
(Ps. 15,3).

En faveur de l’Eglise de notre Monastère.

L’Église qui n’est pas encore terminée réchauffe nos cœurs.


Elle a besoin de notre obole pour sa construction, et si
quelqu’un n’a pas d’argent, qu’il emprunte, même une drachme,
pour participer à son achèvement.
Et si tu as donné une ou deux fois, n’hésite pas pour une
troisième ; la maison de Dieu doit devenir belle. Mange un jour
ton pain sans rien d’autre, et tout l’argent économisé,donne-le, et
tu auras la grâce.
Donne-le en souvenir des morts, donne-le pour ton âme, et tu
recevras la bénédiction de Dieu en abondance.
Que ce soit comme un cierge tout lumineux, allumé
éternellement, que tu verrais brûler devant le Crucifié,
O mon frère, œuvre ici pour ton âme, et au Ciel des anges
prépareront ta demeure.
Ceux qui construisent des églises témoignent pour le
Christ, mais le Christ témoigne aussi pour eux quand ils vont au
Ciel.
Les prêtres feront mémoire de ton nom, et ils diront
respectueusement pour toi : «Seigneur, sanctifie ceux qui aiment
la beauté de ton Église !»
ii

Denys Moustoyiannis.

Prologue à la première édition.

Longtemps j’ai hésité à écrire et à raconter la manifestation


merveilleuse et les miracles de notre Saint, surtout parce que ce
sont des événements
surnaturels qui se basent sur des révélations et des visions si
nombreuses que j’ai du mal à les dénombrer. Peut-être certains
de ceux qui liront ce livre considéreront-ils ce qui est écrit
comme exagéré et diront-ils : «En ce siècle de matérialisme et de
décadence spirituelle, est-il possible que se produise tout
cela ? »
Et cependant, si on ouvre les livres inspirés de Dieu de
l’Ancien et du Nouveau Testament, on voit qu’il s’y trouve
d’innombrables événements hors des conceptions terrestres, et
l’esprit commun de l’homme est incapable de les saisir et de les
interpréter.
Pour que ces miracles puissent être compris, il faut avant tout
üne foi fervente. Elle seule ouvre les rideaux célestes, et avec la
grâce du Saint- Esprit, l’homme voit les mystères surnaturels
que Dieu révèle pai moment pour soutenir, fortifier, illuminer, et
rendre sage chaque âme faible sur la sainte route de sa grâce.
Où sont ces chrétiens, jeunes, vieux, enfants, hommes et
femmes qui d’avec une foi ardente couraient vers le martyre ?
Que Dieu envoie aujourd’hui f encore son Saint-Esprit pour que
notre Église fleurisse de nouveau et . qu’elle révèle de tels êtres
zélés et ardents de notre Sainte Foi Orthodoxelf. Alors se
réaliseront les paroles du prophète Joël : «Je répandrai de mon ^
Esprit sur toute Chair...» Puissent de nombreuses âmes être
touchées par les miracles de notre Saint et venir en pèlerinage
pour recevoir sà grâce et ^ sa bénédiction. r: s
-"
Prologue à la deuxième édition.

Tandis que la magnifique Église de notre Saint Éphrem se


construit et avance jour après jour, nous considérons cette
œuvre avec allégresse car ainsi la volonté de notre Saint se
réalise.
Avec les soucis et les dépenses énormes pour l’achèvement de la
construction, nous avons pensé qu’il fallait entreprendre une
nouvelle édition de ce livre, en ajoutant quelques éléments
nouveaux, et en corrigeant la première édition. Nous voulons de
tout notre cœur faire connaître autant qu’il est possible la
manifestation de notre Saint Éphrem. On nous le
demandeconstamment, et le désir des pieux pèlerins de connaftre
notre Saint s’accroft chaque jour. Ils demandent par sa grâce la
guérison, la consolation et un soutien sur le
chemin de la vie.
Nous espérons que cette édition recevra un bon accueil. Les
recettes du livre sont employées pour les besoins de l’église et du
Saint Monastère. Puisse notre Dieu Saint éclairer de nombreux
chrétiens fidèles afin qu’ils prennent la direction de la Colline des
Irréprochables.
Là se trouve le havre spirituel de notre Saint Êphrem, et ils y
puiseront la force, la grâce et la bénédiction ; mais ils aideront
aussi moralement et matériellement au difficile travail de
l’achèvement du lieu de pèlerinage miraculeux du Saint
Mégalomartyr et Thaumaturge Éphrem qui est nouvellement
apparu.
15 août 1981
Moniale
Makaria.

La Colline des Irréprochables.


ii

Ce n’est pas un hasard si le Seigneur a


conduit les pas de notre Saint Éphrem sur la Colline des
Irréprochables.
Du Xôme au Xlèmc siècle, selon la tradition, la colline était en
plein essor, avec un grand nombre d’ermitages dispersés dans
toute la montagne couverte de pins, d’oliviers, de caroubiers et
autres arbres. Le panorama et la beauté de la colline étaient tels
que le voyageur repartait triste à la pensée de quitter un endroit
si beau où jaillissent des eaux cristallines.
Très nombreuses étaient les personnes pieuses, même des rois,
qui enviaient la vie angélique des Saints Moines et
abandonnaient la vanité des plaisirs passagers de ce monde.
Enflammé d’un désir divin, Saint Éphrem admira lui aussi
l’exemple de ces Saints Ascètes, et vint mener une vie d’ascèse au
monastère stavropigiaque de l’Annonciation à la Très Sainte
Mère de Dieu. Ce monastère, autrefois resplendissant, était le
centre spirituel des Moines et des Ascètes.
Là, le Saint vécut sa vie ascétique comme un ange, et pour cela le
Seigneur lui accorda la grâce et la force de rendre témoignage au
milieu d
etortures atroces qui durèrent du 14 septembre 1425 au
5 mai 1426, jour de sa terrible fin en martyr.
Avec son martyre plein de souffrances, le Saint a
illuminé et glorifié encore plus la Colline des
Irréprochables. Là se réalisent les paroles du
psalmiste : «Qui montera à la montagne du Seigneur, et
qui se tiendra dans son lieu saint ? L’homme aux mains
innocentes, au cœur pur...»

Dans les ruines de Vancien Monastère.

Assise dans les ruines de l’ancien Monastère, où la Sainte


Providence avait conduit mes pas, je tournais mes pensées vers
des années passées, vers d’anciens temps, quand étaient
dispersés partout les ossements des Saints “ qui ont arrosé de
leur sang l’arbre de l’Orthodoxie. En nettoyant ces ruines, je
songeais que je me trouvais en un lieu sacré, et je priai ainsi :
«Mon Dieu, . ,*,■ rends-moi digne, moi ta pauvre servante, de
voir un des Pères qui ont vécu
v>
ici.» Après qu’un certain temps fut écoulé, pendant lequel je
priais sans cesse/ j’entendis une voix à l’intérieur de moi-même
me dire : «Creuse là-bas;-. =0^0 et tu trouveras ce que tu
désires», et il me fut montré merveilleusement,^ d’une manière
mystérieuse, un coin de terre dans Tavant-cour du Monastère,
Le temps passait, et la voix, plus forte, plus ardente
m’exhortait : «Creuse et tu vas trouver ce que tu
désires.» J’indiquai alors l’endroit révélé à l’ouvrier
que j’avais appelé ces jours-là pour une petite
réparation. Mais cet homme n’était pas disposé à
creuser à l’endroit que la voix intérieure m’avait
indiqué. U voulait creuser plus loin. Devant son
obstination je le laissai faire, V . ■ mais je restai là, et je
priai pour qu’il ne puisse pas creuser, qu’il trouve des
rochers, et soit obligé de venir à l’emplacement indiqué
par la voix. »
Et en effet, tandis qu’il essayait à trois ou quatre endroits, il
trouvait toujours des rochers, et c’est pourquoi il revint à
l’endroit que je lui avais \ montré au début.
Là, avec le foyer, les trois niches, le mur à moitié écroulé, tout
montrait qu’à une époque avait existé la cellule d’un moine, et il
en restait les ruines pour nous dire le drame qui avait eu lieu ici.
Nous avons ne.ttoyé cet emplacement des pierres qui s’y
trouvaient et l’ouvrier a commencé à creuser
.E était assez vif, un peu en colère, et j’avais peur qu’il ne fasse
des dégâts. Je lui dis : «Ne te presse pas, ne te fatigue pas, fais
plus doucement.» Mais comme il ne m’écoutait pas et creusait
toujours de la même façon je lui ai dit : «Peut-être que quelqu’un
ii

est enterré et tu risques de faire du dégât ! Je t’en prie, fais


attention !» Alors il comprit et- il me dit : «Tu crois que c’est vrai
ce que tu as en tête ?», et en vérité, j’en étais aussi sûre que si je
l’avais vu. En progressant dans l’exhumation sainte et sacrée, et
arrivant à une profondeur d’à peu près lm 70, la pioche amena
d’abord à la lumière le crâne de l’homme de Dieu. Et au même
instant, un parfum ineffable se répandit dans toute l’atmosphère
alentour. L’ouvrier pâlit, sa langue se lia, il en eut le souffle
coupé.
«Laisse^-moi seule, je t’en prie», lui dis-je, et il s’éloigna. Je
m’agenouillai avec respect et j’embrassai les restes du Saint, et je
pressentis profondément l’étendue de son martyre. Mon âme fut
emplie de joie ; j’acquérais un grand trésor. Puis, retirant avec
soin la terre, je découvris l’intégrité des saints ossements qui, en
dépit de leur séjour depuis plusieurs siècles dans la terre, ne
s’étaient pas décomposés.
Je compris qu’il s’agissait d’un clerc, car en enlevant la terre à
l’emplacement de ses saintes mains, je vis l’ourlet de la manche
d’un rason. Et il ne comportait pas la moindre trace de
poussière, il était tout propre, grossièrement tissé avec un métier
de l’ancien temps, et l’épaisseur du fil était supérieure à 1mm.
En dévoilant l’emplacement des pieds, voilà de nouveau l’ourlet
du rason propre comme aux manches, et l’empreinte des pieds
du Saint était imprimée sur îe sol. Je ne savais que faire en
premier - me réjouir ou pleurer - me demandant comment
l’homme de Dieu s’était retrouvé enterré là. Que s’était-il passé ?
Qu’avaient vu ses yeux ? Je pensais qu’il avait dû se produire
quelque drame. J’essayai de nettoyer les ossements de la boue,
mais les os de la main s’émiettaient ; la pluie pénétrait dans la
tombe. C’est pourquoi je déposai les ossements tels qu’ils étaient
dans une niche au dessus du tombeau.
Mais que vous dire de cette pluie ? On aurait dit que le Ciel
jetait des petites feuilles argentées avec lesquelles il arrosait le
Saint et son tombeau.

C’était le soir, je lisais les Vêpres ; j’étais encore seule en ce


saint lieu où le Seigneur m’avait amenée. Soudain j’entendis des
pas qui partaient du tombeau et avançaient dans la cour ; ils
arrivèrent jusqu’à la porte de
L’église. Ces pas étaient vigoureux et fermes, et je ressentis en
moi-même que c’était ceux d’un homme au caractère puissant.
Ce fut la seule fois où j’eus peur ; Je sentis mon sang s’arrêter
dans ma tête, et paralysée par l'effroi, je ne me retournai même
pas. Alors j’entendis sa voix me dire : «Jusqu’à quand me
laisseras-tu là-bas ? Et lui qui m’a mis la tête dans cet état... !» Je
me retournai et je le vis : il était haut de taille avec de petits yeux
ronds et de légères rides sur les côtés, sa barbe couvrait son cou,
et de ci, de là, se divisait avec grâce sur les côtés et en avant ; elle
était un peu bouclée et de couleur noire, et il portait toute la
tenue monastique ; dans sa main gauche il y avait une lumière
très brillante et sa main droite bénissait.
Mon âme se remplit d’allégresse et d’une joie indicible ; je
repris courage et force. La peur disparut, je le sentais proche de
moi et je lui dis : «Pardonne-moi, et demain, dès que Dieu aura
fait se lever le jour,je m’occuperai de toi.» Immédiatement il
disparut et je terminai paisiblement les Vêpres. Le lendemain,
après l’office des Matines, je pris les saints ossements, je les
nettoyai, les lavai et je les disposai dans une ancienne niche, dans
le sanctuaire, auprès de laquelle j’allumai une veilleuse.
Le soir de ce même jour, je vis dans mon sommeil le saint
homme de Dieu debout dans l’église, à gauche, et tenant contre
lui une icône resplendissante le représentant. Elle était de la
même taille que lui, façonnée d’un vieil argent et travaillée à la
main. A côté de lui se trouvait un grand chandelier sur lequel
j'allumai un cierge de cire pure. Je l’entendis alors mè dire * «Je
te remercie beaucoup. Je m’appelle Êphrem.»
Puis le temps passa, et j’avais en moi de l’incertitude à propos
de tout cela. Un jour, après les Vêpres, alors que j’étendais la
main pour fermer la porte de l’église, j’entendis trois coups,
comme provenant d’un chapelet d’ambre. Je compris que c’était
le Saint. J’entrai dans le Sanctuaire, où j’avais déposé ses Saintes
Reliques, et après avoir allumé un cierge^ je me prosternai.
ii

Mais que dire ? Qu’exprimer devant ce parfum céleste


qu’exhalaient les Saintes Reliques ? Un véritable torrent envahit
tout mon être, je ressentis en moi-même le Paradis, mais aussi
ma petitesse devant cette magnificence.
Le Nom du Monastère.

Le soir du 24 mars 1965, nous célébrions une agrypnie de


toute la nuit en l’honneur de la féte de l’Annonciation à la Très
Sainte Mère de Dieu, et nous fêtions aussi notre libération du
joug turc. La nuit avançait, tranquille et paisible. L’office se
poursuivait, et les beaux tropaires de l’Annonciation étaient
chantés. B y avait un grand recueillement. Nous étions arrivés à
l’heure redoutable de la Consécration des Saints Dons. Je me
trouvais devant la sainte prothèse et je suivais les belles prières
pleines de componction que le Père Nicolas lisait devant le Saint
Autel avec une grande piété. Et soudain le sanctuaire devint tout
lumineux et resplendissant comme s’il était d’or pur ; à l’endroit
où une ancienne fresque représente l’Annonciation, des rayons
élancés descendaient du ciel, brillant d’une manière tout à fait
particulière et rayonnant jusqu’au sol. On entendit une voix
dire : «Voilà ! Aujourd’hui il faut célébrer. Aujourd’hui comme
dans l’ancien temps, le monastère célèbre sa plus grande fête.»
Tout de suite je voulus savoir si notre Saint vivait à cette
époque, et je demandai : «Saint Éphrem était-il là à l’époque où
le monastère célébrait cette fête ?» Et la voix me répondit :
«Saint Éphrem prenait part à cette fête avec beaucoup d’éclat, et
maintenant pourquoi ? pourquoi ? pourquoi ?» Je ne voyais
personne, mais j’entendais cette voix et contemplais cette
splendeur qu’il est impossible à ma langue terrestre de vous
décrire. La voix disait chaque mot avec énergie et d’un ton
différent du mot précédent ; les trois «pourquoi» interrogatifs
furent prononcés avec de l’affliction et une douleur
inexprimable. Ainsi se termina cette agrypnie qui m’a laissé une
impression profonde. Mon désir est de réaliser, avant de quitter
ce monde, la mission que j’ai reçue. Et le véritable nom de notre
Monastère est bien celui de l’Annonciation à la Très Sainte Mère
de Dieu, quoi qu’aient écrit de nombreux cîercx et laies à ce
sujet.
Les deux visions.

Notre monastère possède un orphelinat. Un soir, une des fillettes


pensionnaires vit le Saint s’approcher d’elle alors qu’elle était
couchée, encore éveillée. Elle eut peur. Mais le Saint lui dit :
«N’aie pas peur, mon
prêtre. Le Saint Myron qu’il répandait nous transportait
complètement de la terre au Ciel.
Un autre jour, il était midi, et fatiguée, je m’étais allongée
pour me reposer. Alors que j’étais à moitié endormie, j’entendis
se rapprocher plusieurs voix qui psalmodiaient avec une grande
douceur. En Içs entendant, je me mis à psalmodier moi aussi car
je connaissais les tropaires que les voix chantaient. J’avais
l’impression qu’il s’agissait d’une procession sacrée qui
s’approchait de plus en plus de ma cellule. Elle semblait venir
de lTiigou- ménat, de l’autre côté du mur de ma cellule, et se
déplacer à l’intérieur des bâtiments . Je vis alors le mur de ma
cellule s’ouvrir comme une tenture que l’on tire, et la procession
se retrouva dans ma cellule. Le corps de Saint Éphrem était
porté sur les épaules de tous ceux qui avaient été guéris par lui,
et de ceux à qui il avait fait du bien de diverses manières. Ils
psalmodiaient, ils chantaient des hymnes et remerciaient le
Saint pour tous ses bienfaits. Ils déposèrent le Saint Corps dans
mes bras, et tandis que je le tenais ainsi, je distinguai, à travers
son rason, son corps squelettique. Je le portai ainsi, attendant
que les prêtres célèbrent ses funérailles. Puis je me trouvai dans
une très belle église byzantine dédiée au Saint. Là se terminait
ce songe.
Beaucoup plus tard une sœur du monastère vit dans une
vision comment le Saint avait été enterré à cet endroit. Elle vit
qu’un chien du monastère d’alors, blanc avec des tâches noires,
qui vivait au temps du Saint, se tenait près de l’arbre creux. D
était très malheureux et des larmes coulaient de ses yeux. A ce
momént*là, trois paysans entrèrent dans le monastère ; aussitôt
le chien se mit à faire des va-et-vient entre les paysans et le
creux de l’arbre en aboyant. L’un des hommes comprit qu’il se
passait quelque chose. Ils s’approchèrent et virent le corps tout
ensanglanté et déchiqueté du Saint, lis creusèrent une fosse et y
déposèrent le corps. Dès qu’ils eurent pris le corps du Saint, le
chien alla dans le creux de l’arbre et prit un morceau du côté du
Saint qui était tombé après les nombreuses tortures qu’on lui
avait fait subir, et, le tenant délicatement entre ses dents, il le
mit dans la tombe avec le corps du Saint. Puis les hommes
recouvrirent la tombe et partirent.
2

Témoignage d'un paralytique.

Une année, un malade paralysé demanda à assister à


Tagrypnie pour la fête du Saint. Quelques heures avant l’office,
les siens l’amenèrent au monastère. Le malade pleurait
pitoyablement dans l’église et confessait avec franchise ses
péchés. «Pardonne-moi, mon Saint Éphrem, c'est ma faute. Je
souffre à cause de mes péchés. Aie pitié de moi et rends-moi la
santé.» La scène était si émouvante que nous pleurions tous avec
lui. On lui disait de se taire, mais lui criait encore plus fort :
«Aie pitié de moi, Saint de Dieu, aie pitié de mes enfants.» Vint
le moment où nous devions aller au Tombeau pour chanter la
Litie ; et tandis que je portais les Saintes Reliques et que le
cortège sortait de l’église en direction du Tombeau du Saint, le
malade criait encore plus fort. Et nous le vfmes soudain se
mettre debout sans aide, faire son signe de Croix, accompagner
la procession jusqu’au Tombeau et repartir en marchant tout
seul. Quel miracle terrible ! Il marchait tout seul ! Sa maison
était située sur une hauteur, et il descendit alors de là jusqu’aux
cafés et aux tavernes et il devint un prédicateur des merveilles
de Dieu. Il disait : «Regardez-moi donc, vous qui me saviez
paralysé ! Maintenant vous me voyez debout sur mes pieds.
Ayez la foi et rendez gloire à Dieu.» Un dimanche où ce même
homme guéri était au Monastère, on amena un enfant à moitié
paralysé. En le voyant, l’homme se mit à pleurer, et pria le Saint
en disant : «Saint de Dieu, guéris l’enfant comme tu m’as
guéri.»
Non loin de notre Monastère vivait un paralytique alité.
Les siens venait souvent à genoux, et ils suppliaient le Saint, en
pleurant, de les aider. Leur prière ne tarda pas à être exaucée.
Le paralysé guérit. Il travaille maintenant pour sa famille, et
tous ensemble ils rendent gloire à Dieu et au Saint pour le grand
miracle qui leur est advenu.

Les craintes du ramasseur de résine.


3

Il y a de nombreuses années, quand l’ancien monastère était


encore abandonné, diverses personnes venaient pour les olives,
la vigne, et pour entailler les pins pour la résine. Un de ces
hommes qui avait autrefois récolté la résine vint au Monastère
en pèlerinage quand il entendit parler du Saint et de ses
miracles, et me raconta céci :«Vous savez, ce doit être le moine
que j’ai vu à cet endroit, car un jour où j’étais à l’extérieur du
pressoir du Monastère, j’ai vu un moine se diriger vers le bas.
J’ai pensé qu’il était bien capable de me prendre l’huile, et je iui
ai crié : «Où vas-tu, Papouii, viens par là, je vais faire du café.»
Mais le moine continua et ressortit à un autre endroit où les
moines avaient, dans l’ancien temps, installé le chaudron du
pressoir. Alors je lui criai à nouveau : «Viens, Papouli, le café est
prêt.» Mais il disparut de ma vue. Maintenant je comprends que
ce moine, dont j’ai craint qu’il me prenne mon huile, ce n’était
nul autre que Saint Êphrem lui-même. Que son nom soit
glorifié», dit en se signant Barba Pétros le Koulouriotis.
Le pauvre récolteur de résine avait eu peur de perdre son
bien matériel, il croyait que c’était son unique bonheur.
Malheur à nous cependant, car il nous arrive à tous la même
chose. Nous pensons que les biens matériels sont les seuls qui
donnent un sens à notre vie, et nous négligeons le véritable
trésor, la vertu, sans laquelle toutes les choses de ce monde sont
vaines.

Le Saint est parfaitement vivant.

Innombrables sont les témoignages de la présence manifeste


du Saint. Voici ce que raconte un pieux pèlerin : «Je n’en
croyais pas mes yeux lorsque, pendant la procession des Saintes
Reliques, je vis le Saint lui-même, parfaitement vivant, se
promener au milieu de nous le jour de sa fête.»
Et une autre personne, profondément touchée, raconte :
«Comment pourrais-je oublier cette psalmodie céleste qui venait
du fond de l’église ! Ce soir-là, j’entendais, venant de l’oratoire
et de son tombeau la douce et émouvante psalmodie de notre
Saint.»
4

Si souvent les gens nous racontent qu’ils ont vu le Saint en


prière avec nous, ou protégeant notre monastère ; et plusieurs
fois il a prévenu que la veilleuse s’était éteinte et qu’il fallait la
rallumer.
Pendant le Grand Carême, une Sœur vit notre Saint plusieurs
jours de suite, à l’heure de l’office. D paraissait très attristé, il se
signait, se mettait à genoux, levait les mains avec supplication, et
priait le Père céleste pour le monde. La sœur se demandait s’U
ne s’agissait pas d’une illusion, tant elle le voyait avec réalité :
elle le voyait nu, couvert de blessures, supplicié, mort et sans
sépulture. Elle se mit à se lamenter fortement, et alors qu’elle
faisait un signe de Croix, elle entendit le Saint lui dire : «Tout ce
que tu vois, c’est la Téalité. Voilà pourquoi tu dois tenir allumée
ma veilleuse.»
O mon très Saint Êphrem, Athlète Mégalomartyr, je t’en prie,
et nous t’en supplions, nous tes serviteurs inutiles, couvre-nous
de ta sainte etpuissantepro- tection jusqu’à ce que tu présentes
nos âmes sauvées à notre Sauveur et Dieu.
Manifestations lumineuses du Saint.

Nombreuses sont les apparitions de notre Saint


sous l’apparence de la lumière. En voici quelques récits. Une
sœur raconte : «Dans mon sommeil, je rêvais que je me trouvais
dans l’avant-cour du Monastère et que je parlais du Saint*
Alors, dans la semi-obscurité de la nuit, j’ai distingué la
silhouette d’un moine avec une auréole toute lumineuse. Et cette
lumière faisait le tour du monastère et le protégeait.»
Une autre sœur dit : «Je l’ai vu en tenue de célébrant devant
les Portes Royales, et il resplendissait tellement de lumière que
les fidèles demandaient : qui est ce célébrant qui officie et qui
brille tant ?»
Un jour, vers 9 heures du matin, j’entends le prêtre s’écrier :
«Qui a allumé la lampe à une heure pareille ?» Je suis sortie voir
ce qui se passait, et soudain je vis une lumière s’élever du
tombeau du Saint, s’avancer jusqu’à la Croix, faire le tour des
cellules, et enfin se perdre dans le tombeau.
Une autre fois, après Complies, la splendeur de la lune
associée à la beauté du paysage nous avait retenues pour une
discussion spirituelle. Quand enfin nous nous sommes levées
pour rentrer, une lumière resplendissante, venant de la cour
5

située plus bas, attira notre attention. Nous avons alors vu un


grand astre, d’environ un mètre de grandeur, partir du
Tombeau et venir dans notre direction. D nous a survolés, est
passé entre les cyprès, puis au-dessus du toit. Chaque branche
de l’astre avait des cannelures, et chaque branche rayonnait,
s’ouvrant et se fermant, et cela provoquait une grande
magnificence. Quelques jours auparavant, une des Sœurs s’était
plainte qu’elle n’avait jamais vu le Saint. Ce soir-là, l’astre s’est
approché tellement d’elle qu’elle a ressenti au visage sa chaleur.
Nous te remercions, ô Saint ; intercède pour nous, afin que
nous puissions échapper aux pièges de l’ennemi. Amin !

Le Saint chasse les démons.


«Je me suis retrouvée dans une pièce très claire où Mère
Makaria peignait l’icône de Saint Êphrem. Soudain une femme
malade entra et nous dit qu’elle avait besoin de notre prière.
Aussitôt nous avons commencé à prier en faisant des métanies
devant l’icône inachevée de Saint Êphrem. Puis nous nous
sommes arrêtées un peu, et je suis allée auprès de la malade qui
était tombée et paraissait à demi-morte. Je lui ai dit : «Je sais
quelle est ta maladie : tu as un démon en toi.» Aussitôt la femme
ouvrit les yeux avec un regard sauvage et elle me dit :
«Comment as-tu compris que je me trouve là ?» J’eus très peur
et je voulais me tourner vers le Saint, mais je n’en eus pas le
temps. Un être à l’aspect monstmeux se retrouva devant moi et
me dit : «Vous n’avez fait sortir que moi par votre prière, mais
je ne suis pas seul, il y a une légion en elle.» Alors nous avons
tourné notre regard vers l’icône qui était en train d’être peinte,
et l’icône du Saint prit vie, et avec un signe nous enjoignit de
continuer la prière.»
C’est vrai, quel cadeau céleste et quelle arme redoutable
contre les démons que la prière ! Si nous sentions profondément
dans notre âme la force de la prière, nous trouverions dans nos
souffrances la guérison, dans le désespoir la consolation, dans
chaque faiblesse une force redoutable, et la victoire dans chaque
difficulté de notre vie. C’est pourquoi prions le Saint de nous
accorder à nous aussi la grâce de la prière à Notre Seigneur, à sa
Toute Sainte Mère et aux Saints.
Une fois, pendant mon sommeil, je me suis retrouvée dans
l’église, et j’ai vu le Saint revêtu de splendides ornements
sacerdotaux. Il célébrait, et s’avançant vers les Portes Royales
en tenant le Saint Calice, il proclama d’une voix forte : «Avec
crainte de Dieu, foi et amour, approchez !» Il m’ordonna de
m’avancer pour communier ; alors je bus à trois reprises au
Saint Calice qu’il tenait entre ses saintes mains avec un respect
sacré. La Sainte Communion était si douce que je l’ai ressentie
pendant plusieurs jours.
Dorénavant, ne vous attendez pas à entendre autre chose, de
la bouche de ceux qui ont cru véritablement à notre Saint, que
ces phrases : «Je l’ai vu, le l’ai eu en vision, je l’ai vu en rêve, il
m’a guéri», et d’autres phrases qui enflamment l’âme douce des
fidèles et troublent l’esprit des hétérodoxes.
7

Guérison miraculeuse.

«J’avais des douleurs terribles au cceur et à la tête à cause


d’une paralysie des nerfs du cœur. Je ne pouvais pas tenir
debout ; cela faisait quatre ans que j’étais alitée, avec un grand
désespoir, et les douleurs ne faisaient
que s’accroître. Un jour une âme bienveillante m’apporta le
livre de Saint Éphrem le Thaumaturge. Je le lus en entier, et je
fus grandement dans l’admiration pour ses si nombreux
miracles. Aussi je priai avec ferveur le Christ de m’envoyer le
Saint. Mais que vous dire ? J’étais encore en prière et je le vois
à côté de moi et j’entends sa douce voix : «Qu’as-tu, mon
enfant ?» «Et je lui dis : «Ma téte et mon cœur ! Je ne tiens plus
à cause de la douleur, aide-moi, ô mon Saint !» Et le Saint s’est
mis à me défaire une à une toutes les articulations, et mes
douleurs étaient telles que je criai : «Cela suffit, ô mon Saint.»
Et le Saint me répondit : «Mon enfant, laisse-moi te guérir.»
Alors il a assemblé de nouveau toutes mes articulations et il a
posé sa tête sur mon cœur. Mais que vous dire, mes frères bien-
aimés, je ressentais sa chaude respiration jusqu’au plus
profond de mon cœur. Ensuite il a pris ma téte entre ses deux
mains, et il appuyait avec force, à droite et à gauche, en haut
puis en bas, jusqu’à ce que je me sente parfaitement guérie. Et
le Saint que je voyais toujours à côté de moi me dit : «Mon
Enfant, dis mon nom, on m’appelle Êphrem !» Et je dis : «Mon
Saint Éphrem !» Mais à cause de ma maladie je ne pouvais pas
prononcer distinctement, aussi le Saint me dit : «Dis-le plus
fort, mon enfant.» Et je dis pour la deuxième fois : «Mon Saint
Éphrem !» Il m’exhorta à nouveau : «Encore plus fort !»
Rassemblant toutes mes forces, je criai : «Mon Saint
Éphrem !», si fort que mon enfant se réveilla et me demanda ce
qu’il m’arrivait.
Dès ce moment je fus parfaitement guérie. Je me levai,
allumai la veilleuse et restai dans la joie jusqu’au matin, priant
et remerciant le Seigneur et Saint Êphrem qui m’avait guérie.
Sur le matin je m’endormis et je me vis en rêve dans l’église où
se trouve le tombeau du Saint. Soudain j’entendis une voix
rude me dire : «Non, tu n’iras pas vénérer, tu es une
pécheresse.» Je répondis alors : «Justement parce que je suis
une pécheresse je vais aller vénérer» ; je vis aussitôt de grandes
8

mains retirer l’échelle qui permettait l’accès au tombeau et je


dis : «Moi je vais aller vénérer, même si je dois me , tuer», et
d’un bond je me retrouvai près du tombeau du Saint. Mes
pieds étaient trempés à cause du myron. Quand je sortis du
tombeau, je me retrouvai dans une cour, dans un coin du
Paradis. Là je vis une femme en deuil qui tenait dans ses mains
un disque avec des Angelots tout autour et je demandai : «Qui
est cette femme en deuil ?» et on me répondit : «C’est la mère
de Saint Éphrem, veuve avec sept enfants.»
Mais que vous dire, mes frères ! Quand, pour la première
fois, j’ai pu aller vénérer Saint Éphrem, l’église et le tombeau
de notre Saint étaient exactement comme dans mon rêve !»
Cette femme a fait, sous l’inspiration de
Dieu l’hymne suivante pour
remercier le Saint :
Je vis un grand homme brun près de
mon oreiller me parler très doucement :
«Qu’as-tu, mon enfant ?»
«Voilà l’endroit où j’ai mal,» dis-je, et je
penchai la tété,
Sa douce main m’apporta la grâce divine.
Le Saint me cria :
«On m’appelle Éphrem, mon enfant,
viens à mon Monastère, vénère mon
ensevelissement.
Là, tu verras mon Tombeau, tu verras
aussi la veilleuse, prends du feu et
allume-la, fais-inoi ce plaisir.»
En cet endroit j’ai trouvé le salut, moi
la malheu reuse.
J’ai trouvé un Père, un Médecin, moi
qui souffrais.
O mon Saint Éphrem,
Je te remercie, je vénère ton nom, sauve
le monde du mal, protège tes enfants.
Zambetaki Georgia, qui a été guérie.
Vrioulon 16, Pankrati
Athènes.
9

Le Médecin gratuit.

Un matin, une de nos petites arriva à ma cellule


profondément émue et me dit : «Un homme courbé est arrivé, il
ne peut pas se redresser.» «N’aie pas peur, mon enfant, lui ai-je
dit, il doit être malade.»
Nous sommes allées à l’église, et là je vis cet homme prier notre
Saint, des larmes dans les yeux, avec une piété et une foi
profondes. Il était connu,
très connu. Quelques années auparavant, une grande peine
l’avait amené au Monastère prier notre Saint de sauver d’une
mort certaine son unique enfant bien-aimé' Maintenant, grâce à
notre Saint Éphrem, il se réjouit de la présence de son enfant,
ainsi que l’ont souhaité Dieu et notre Saint. Aujourd’hui, notre
cher ami est venu prier pour sa grave maladie de cœur. A
genoux devant l’icône miraculeuse de Saint Epluem, avec le
malade, sa femme et leur enfant, nous avons chanté avec piété et
avec une profonde componction, la paraclisis du Saint. Notre
ami est reparti très ému. A peu près quinze jours plus tard, nous
le voyons revenir le visage radieux et plein de joie, et il nous
raconta les choses suivantes. «Chaque jour, à la maison, je lisais
la Paraclisis avec mon enfant. Et un jour, tandis que je lisais, il y
eut un parfum merveilleux et toute la maison fut emplie de ce
parfum comme de la fumée de l’encens. Immédiatement je pris
l’icône du Saint et je l’embrassai. II m’est impossible de vous
décrire comme elle embaumait. Huit jours plus tard, je me vis,
dans mon sommeil, malade, couché dans un lit sur la place d’un
village. Saint Éphrem s’approcha de moi et lorsqu’il fut tout
près, il me dit : «Georges, c’est pour toi que je suis venu», et il
s’assit sur mon lit. Moi, je posai ma téte sur ses genoux, et le
Saint a lu au-dessus de ma téte une prière pour la guérison. A
partir de cet instant je fus guéri.» Avec des larmes de joie et de
reconnaissance, il accrocha sa montre en or à l’icône du Saint,
pour sa guérison si miraculeuse.
O, mon Saint Éphrem, accorde-moi ta grâce sainte et
miraculeuse afin que je puisse chanter et rendre grâces pour la
grandeur de tes nombreux miracles.
Georges Christidis, Athènes.
1
0
Le Saint sauve une jeune femme d'une mort
certaine.

Un ami et familier du Monastère voyageait à l’étranger pour


aller faire soigner son œil malade. Saint Éphrem lui apparut en
vérité et il fut guéri à l’instant : les terribles douleurs cessèrent
et la paupière qui demeurait toujours fermée acquit son
mouvement naturel.
Quelques jours après la proclamation de la mobilisation en
1974, notre Saint apparut de nouveau à cet homme. Il le frappa
légèrement à l’épaule pour le réveiller et lui dit : «Lève-toi
rapidement et va à la maison voisine, quelqu’un est en train de
mourir.» Lui, croyant à un rêve, se rendormit. Mais le Saint le
réveilla à nouveau et reprit un peu sévèrement : «Lève-toi vite,
pourquoi n’as-tu pas fait ce que je t’ai dit ? Quelqu’un est en
train de mourir !» Alors il se leva et alla frapper à la porte de la
maison voisine, mais il n’y eut aucune réponse. Après de
nombreux coups, il perçut un gémissement venant de l’intérieur
de la maison. Il essaya d’ouvrir la porte, mais en vain. II courut
alors à la police et raconta ce qu’il se passait. Les policiers
vinrent avec lui et forcèrent la porte. Ds découvrirent alors une
jeune femme qui s’était ouvert les veines car on avait emmené
son mari comme soldat. Qui resterait insensible devant ce
redoutable miracle de notre Saint ?
Saint Éphrem, nous t’en prions, ne nous, laisse pas, mais sois
toujours proche de nous, comme protecteur, comme aide,
comme celui qui gouverne notre vie.

Prophéties.

Pendant le Grand Carême, du 19 au 21 avril 1967, une Sœur


de notre Monastère a vu, éveillée, le Saint. Elle le voyait prier
avec grande angoisse et tristesse, tantôt à genoux, tantôt
debout ; il paraissait très inquiet et élevait les mains en
supplication. Il entrait et il sortait ; il était parfois dans l’église,
parfois dans la cour, parfois hors du monastère, à genoux dans
la montagne avec Notre Souveraine la Mère de Dieu.
1
1
Qui sait pourquoi ? Peut-être à cause des événements graves
qui eurent lieu ces jours là, et ils suppliaient le Seigneur
qu’aucun sang ne soit versé. Quelle autre force dans la vie serait
plus grande que la prière ? Les peines et les ouragans frappent
les individus et les peuples, mais la prière apaise les tempêtes et
amène d’heureuses conséquences. Seigneur, si nous n’avions pas
tes Saints comme aides et comme intercesseurs, comment
pourrions- nous faire face aux rudes coups de la vie ? Nous nous
réfugions auprès de toi, le Rocher inébranlable de l’espérance.
Soutiens-nous, éclaire notre esprit, et illumine-nous sur la
voie de tes commandements.
Peu de jours après cela, une Sœur du Monastère qui
arrangeait l’église, aperçut quelque chose d’extraordinaire. Elle
vint nous prévenir, effrayée : «Venez voir, le Saint est couvert de
sueur.» Nous avons toutes couru, et que voyions-nous ? la sueur
se répandait du front sur le visage et, jamais je n’oublierai ceci,
de ses deux joues coulait sans interruption, comme de deux
fontaines, le saint myron, céleste et miraculeux. Nous avons
perdu la tête et nous avons commencé la Paraclisis du Saint.
Quand nous sommes arrivées à la fin du Saint Évangile, le corps
entier du Saint exsudait du saint myron et le reste de l’icône
était parfaitement sec. Nous sommes dans une immense
admiration devant la sainteté de notre Saint, dont nous ne
sommes pas du tout dignes. O mon Saint, pardonne-nous, vois
notre faiblesse et guéris- nous. II est probable que cette
manifestation ait été aussi un signe ou quelque angoisse
prophétique.
Le fait suivant est un autre signe prophétique. C’était à peu
près à la même époque. Une de nos Sœurs vit du myron couler
abondamment de l’icône du Saint, et sans interruption. Je le fis
recueillir dans un récipient pour nos malades. Le récipient se
remplit jusqu’au bord, et le myron continuait à couler mais ne
débordait pas du récipient. A cet instant une Sœur vit se former
une grande tache de sang ; en s’inclinant pour la recueillir elle
entendit une voix venir de l’icône du Saint disant : «Il va arriver
du bien, mais il va aussi arriver un très grand mal.» Ces
derniers mots furent prononcés avec grande affliction.
1
2
Visions dans le dortoir des enfants.

Mes chers lecteurs, vous qui avez ce livre en main, chassez


tout préjugé et toute pensée tentatrice selon laquelle je
chercherais à embellir la vie et les miracles du Saint. Jamais je
n’aurais décidé d’être biographe de Saint Éphrem, si cela n’était
une exigence du Saint lui-méme qui, plusieurs fois, a
réprimandé ceux qui gardaient secrètes ses apparitions.
Une de nos sœurs peut vous l’assurer : Le Saint ne l’a pas
laissée vénérer son icône parce qu’elle avait tu quelque chose en
rapport avec sa vie, et j’ai entendu la voix du Saint la blâmer.
Je crois que nous n’avons pas le droit de taire les merveilles
du Saint Mégalomartyr et Thaumaturge Éphrem, qui, par sa
grande ascèse et les terribles souffrances de son martyre, brille
comme un soleil lumineux dans le firmament spirituel de
l’Église du Christ.
Elles sont très nombreuses les occasions où les enfants de
notre orphelinat l’ont vu d’une manière évidente soit dans
l’ancien Higouménat, soit dans l’ancien Moulin à huile où était
leur dortoir. Voici ce que nous raconte une novice. «C’était
après minuit dans le dortoir tout simple des enfants, dans
l’ancien Higouménat. Après une discussion enfantine ingénue
sur Saint Éphrem, trois âmes angéliques s’étaient livrées à un
doux sommeil, et moi, je veillais à côté d’elles. Mon cœur était
débordant d’émotion tandis que les yeux grand ouverts, je
regardais distraitement la porte. Soudain j'entendis la clef de la
porte de notre dortoir faire deux tours rapides et se
déverrouiller. Une main ferme empoigna le loquet et la porte
s’ouvrit. Une silhouette grande, mince et ascétique de moine
s’avança, traversa la chambre et se retrouva à côté des enfants
qui dormaient tranquillement. En cet instant, mon cœur battait
fortement et je sentais mon sang se glacer dans ma tête. Je ne
pouvais pas proférer un mot tant j’avais peur. Je le voyais près
de moi, le visage tourné vers une jeune fille de. 15 ans qui
dormait sans souci à côté de moi. 11 se pencha affectueusement
sur elle et de ses saintes mains il la borda et lui caressa la tête.
Je priai Dieu qu’il ne sc retourne pas et qu’il ne me fasse pas
la même chose, parce que je serais morte de
syncope. Et il advint ainsi, il ne se
1
3
retourna pas vers moi et disparut.»
En ces jours-là, une nouvelle fillette était arrivée à
l’orphelinat. Les autres enfants se préparaient pour la sainte
confession et écrivaient quelque chose sur un papier. Étonnée, elle
demanda, «Qu’écrivez-vous sur le papier?» «Nous
écrivons nos péchés», répondirent «ils. «Pourquoi les
écrivez-vous ?» «Pour nous confesser», dirent-ils. La nouvelle
enfant ne pouvait pas comprendre cette habitude. Ce soir-là, la
petite pensionnaire vit le Saint dans son sommeil, et il
lui dit : «Va te confesser toi aussi, mon
enfant.»

Autre témoignage de Vaide du Saint.

«En 1967, à Ano llissia, mon frère Panayis Mazarakis acheta


un magasin à crédit. Il donna un acompte de 100 000 drachmes,
et devait payer le reste par traites jusqu’en 1970. Le magasin
fut payé, mais le propriétaire l’avait mis en hypothèque et ne
voulait pas établir les contrats pour que mon frère en soit
propriétaire.
Trois années passèrent et le magasin restait en hypothèque.
Notre contrariété était très grande. Un jour une femme nous
laissa un livre de Saint
Éphrem et nous demanda d’aider à la construction de son
église: Je lus alors les miracles de Saint Éphrem, et je demandai
au Saint de nous aider, afin que le magasin devienne la propriété
de mon frère, et je promis d’apporter sept kilos de cire pure.
Quelques jours s’étaient à peine écoulés que les contrats
définitifs furent rédigés, et mon frère devint propriétaire de son
magasin, grâce à l’aide de Saint Éphrem.
Que son saint nom soit glorifié. Jamais nous n’oublierons ce
grand bienfait et sa protection.»
La sœur de P. Mazaraki. Athènes.
1
4
Mardi matin, le 2 octobre Î968.

«Même si mon pied me faisait bien mal, mon âme était dans
la joie à cause de la Liturgie d’hier. J’étais près de vous en
esprit, comme si quelqu’un racontait les miracles de Saint
Éphrem, et moi j’écoutais. J’étais dans l’admiration, mon âme
était très émue et je rendais gloire au Seigneur. Comme je me
tenais à l’endroit où est peint Saint Éphrem, je vis soudain le
Saint devant moi, revêtu de vêtements liturgiques blancs, avec
un épi* trachil léger, de couleur vert clair. Comme j’étais
penchée, je vis aussi ses chaussures noires. Il était le célébrant,
et entrant par les Portes Royales, il continua la divine Liturgie.
Il était très grand de taille et très ascétique.
Gloire à toi, ô Dieu.
Je te remercie mon Saint Éphrem, puisse ta grâce être avec
nous.»
Maria F. Kondoglou. Athènes.

«Mégalomartyr Ephrem» 1969.

Quand je sortis, Révérende Mère, du dortoir des enfants, à


minuit vingt, j’entendis derrière moi des pas lourds ; je me
retournai, et je vis une silhouette mince. Je crus que c’était vous.
A cet instant une lumière éclatante emplit le dortoir et aussi tout
le lieu ainsi que la colline, et je distinguais tout clairement,
même les pierres. Au milieu de cette lumière resplendissante se
tenait Saint Éphrem dans une grande gloire, et j’entendis sa
douce voix dire : «Mégalomartyr Êphrem.» U tenait en main
une Église qui avait quatre petites coupoles et une grande au
milieu,.avec une Croix brillante, et devant il y avait trois
absides. J’entendis à nouveau sa voix dire : «Makaria, Makaria,
Mégalomartyr Éphrem.» Je n’oublierai jamais cette lumière
éclatante, elle se répandait jusqu’au Monastère. Une très douce
1
5
psalmodie qui venait du Ciel s’entendait, elle s’éteignit tout
doucement tandis que Saint Éphrem disparaissait. Avec vos
prières.
Anna Markoyiànni
Salamine 24. Pirée.

Trois lys. 20 mai J971.

«Révérende Mère, j’ai vu en rêve Saint Éphrem, tout près de


son tombeau. Notre monastère célébrait une grande fête. Près
du tombeau se trouvaient d’innombrables lys, et je vis notre
Saint Êphrem resplendissant de lumière ; il portait des
vêtements pontificaux et présidait à la célébration. Il s’approcha
de moi et me dit : «Là, à mon tombeau, je veux que tu mettes
trois lys.»
Je me prosterne devant toi, mon Saint Êphrem, et je te
remercie pour ta sainte protection envers moi et toute ma
famille.»

Anna
Markoyiànni
Salamine 24,
Pirée.

Autres manifestations.
1
Un jour, je vis que le Monastère avait son ancien aspect 6et
célébrait brillamment le souvenir de l’Annonciation à la Mère
de Dieu. Là, se tenaitavec grande assurance Saint Éphrem ; il
était vêtu avec éclat. Et on entendit une voix dire que le jour de
son martyre, du sang et de l’eau avaient coulé de son saint
corps.
Une fillette du Pirée, d’environ 12 ans, a vu Saint Éphrem qui
lui a demandé de dire au monde de se repentir afin d’être
sauvé..Il lui dit encore : «Je demeure là-haut, au Monastère de
la Vierge, à côté de Néa Makri. Je n’ai pas de maison. Je désire
que vous construisiez mon Église. Je suis Saint Éphrem.»
Madame Maria Mitropoulou raconte qu’elle a été prise d’une
terrible douleur à l’estomac. Alors, avec une grande foi, elle
s’est écriée : «Mon Saint Êphrem, je crois en ta grâce, guéris-
moi, et cet argent que j’aurais donné au médecin, je le donnerai
pour ton église.» «Je n’ai pas eu le temps de finir, que déjà la
douleur avait cessé et j’étais totalement guérie. Je te remercie
mon Saint Éphrem. Ta servante inutile Marie.»

«Je suis Saint Êphrem.» 17 juin 1971.

«Révérende Mère, je vais vous raconter le rêve que j’ai fait


cette nuit. Nous étions à l’église pour les Complies. A la fin de
l’office, en sortant, je me retournai et je vis Saint Éphrem
devant le Saint Autel, comme s’il faisait du rangement. Je
m’approchai avec crainte et je l’entendis me dire : «Moi, je suis
Saint Éphrem ; allume les veilleuses du Sanctuaire», et il me les
donna pour les allumer. Une grande peur me saisit alors, et
j’appelai une Soeur. Le Saint s’approcha de nous et dit de
nouveau : «Je suis Saint Éphrem», et il commença à chanter de
sa douce voix : «Je suis en proie à de nombreuses tentations...»
Puis il nous fit signe de nous arrêter, et s’asseyant sur une chaise
il commença à nous raconter ses souffrances, à quel point ces
ottomans sans foi, ces loups sanguinaires, l’ont torturé. «Si vous

4
1
7
saviez ce que j’ai enduré, même ma tête...» et il la montra de sa
main. «Us m’avaient enfoncé de grands clous pointus, et il me
clouèrent la tête à l’arbre.» Il se signa et il dit : «De très
nombreux clous», et il refit son signe de Croix.
Je voulais te pleurer mon Saint, pleurer tes souffrances,
pleurer les tortures effrayantes et horribles que tu as endurées,
mais je n’ai pas les larmes dignes de toi, mon Saint, mais par tes
saintes supplications purifie-les et reçois-les comme une prière
d’amour envers ta sainteté de Moine Martyr.
Avec beaucoup de piété, mon Saint, je rends hommage à tes
souffrances. Ne manque pns d’intercéder auprès du Seigneur
pour qu’il ait pitié de nos âmes.
C’est vrai que la grâce du Saint à dépassé nos frontières. Une
jeune fille de KaJamata nous a raconté qu’elle s’était trouvé au
monastère de Zakinthos et l’Higoumène lui dit : «Nous
attendons un Saint qui doit passer ici.» «Quel Saint ?» demanda
la jeune fille, et on lui répond : «Saint Éphrem.» Et elle vit le
saint passer avec gloire et majesté, accompagné d’un grand
cortège, et devant le Saint, marchait avec une grande solennité
une moniale portant un grand cierge allumé.
C’était le 14 septembre 1971 que je devais venir au
Monastère accomplir mon vœu. Cependant, quelques jours
auparavant, je fis le rêve suivant : C’était midi et je me
reposais, quand apparurent devant moi Saint Nectaire et un
autre Saint que je ne connaissais pas. Haut de taille et d’allure
ascétique, il portait un rason, et avait une expression tranquille
et sérieuse. Quand je lui ai demandé qui il était, le Saint m’a
répondu : «Éphrem», et il a commencé à me raconter quelque
chose au sujet de 14 septembre, jour de la Croix... mais avant
que je n’aie compris ce qu’il voulait me dire, je me réveillai.
Ensuite j’appris que c’était le jour où le Saint est né, et aussi le
jour où commencèrent ses terribles tortures qui se sont achevées
le 5 mai 1426.
Avec beaucoup de respect.»

Catherine Makri.
1
8
Interventions miraculeuses de Saint Ephrem.
19 décembre 1971

«Révérende Mère.
Alors que nous nous trouvons Ici à l’étranger, notre pensée
est très souvent près de vous, au Monastère, là où se trouvent la
joie, la paix et la grâce de Saint Éphrem qui nous apparaissait
vivant presque chaque jour, ou dans notre sommeil, et qui nous
dirigeait et nous protégeait. Les temps difficiles sont passés,
mais les miracles du Saint restent profondément gravés en nous,
dans notre mémoire, et même s’il s’écoule de nombreuses
années, il ne s’effaceront jamais.
Je vais vous raconter les miracles que mon mari à vécu, afin
que ma mère et notre fille qui se trouvent en Grèce les
connaissent. Elles ont vu souvent, elles aussi, Saint Êphrem, et
l’ont entendu, soit dans notre maison, soit au Monastère.
A cause d’une imprudence, alors que nous étions très bien
installés dans la vie, mon époux a été entraîné et s’est retrouvé
en prison. Nous avons commencé à perdre nos maisons l’une
après l’autre. Nos enfants, nos frères, ma mère et moi avons
trouvé refuge et protection au Monastère. Mon mari vivait des
heures dramatiques dans sa cellule de prison. Or, tandis qu’il
était assis sur un lit bas, il vit devant lui un Moine avec une
lumière dans la main qui lui dit : «Garde foi et courage ; moi je
vais protéger ta famille, ne t’inquiète pas pour eux, et toi aussi,
je te protégerai. Pour le jugement, je reviendrai.» Ayant dit cela
il disparut et un parfum se répandit dans sa petite cellule
humide. ..
J’allai le voir le lendemain, et je le vis
bouleversé, avec des larmes dans les yeux, et il me dit : «J’ai vu
Saint Éphrem, j’ai eu cette vision et j’ai été apaisé.» Je lui
montre la petite icône du Saint que j’ai toujours sur moi et Ü me
dit : «Oui, c’est lui-même, avec la lumière,cette lumière qui
brillait tellement dans là cellule humide ! Mais je l’ai vu plus
joyeux, me disant : «Garde foi et courage, tout va passer, tout
ira bien.» Je l’attends, il va revenir, j’en suis sûr.»
De fait, vingt jours plus tard, alors qu’il était dans
1
9
l’inquiétude sans savoir quand aurait lieu le procès, il vit de
nouveau devant lui le même Moine, la même lumière, et il sentit
le même parfum qui n’est pas de ce monde. «Je suis venu de
nouveau, lui dit Saint Éphrem, pourquoi t’inquiètes-tu ? Le
procès aura lieu le 3 septembre. Moi, j’y serai. Garde la foi.» Et
il disparut de nouveau, laissant un parfum céleste.
Le lendemain, tandis que les autres prévenus de la même
affaire étaient bouleversés, mon mari leur dit : «Ne vous
inquiétez pas, le procès aura lieu le 3 septembre.» «Comment
le sais-tu ?» demandent-ils. «Je le sais de

Vous aimerez peut-être aussi