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II- Mesure de l’activité économique

L’activité économique des agents produit de la valeur qu’il convient de mesurer. En agrégeant
la richesse produite (la valeur ajoutée) par les différents groupes d’agents économiques, la
Comptabilité nationale produit des agrégats qui évaluent la richesse nationale (le RNB) et la
richesse intérieure (le PIB). Cependant, ces agrégats n’évaluent que la richesse monétaire et
sont soumis à de nombreuses limites, ce qui explique l’utilisation d’autres indicateurs, non pas
de richesse, mais de bien-être.

1 Le Produit intérieur brut (PIB)


1.1 Définition

On appelle Produit Intérieur Brut la valeur de tous les biens et services finals produits dans
un pays au cours d’une période de temps définie (un an). C’est un agrégat qui représente le
résultat final de l'activité de production des unités productrices résidentes. Plus précisément,
Il mesure la richesse créée dans une économie sur une période donnée. par le biais de la
production de valeur ajoutée (VA). La valeur ajoutée est elle-même calculée comme il suit.
1.2 Les méthodes de calcul du Produit Intérieur Brut

Le PIB peut se calcule selon trois optiques :


L’optique de la valeur ajoutée ou de la production
Le PIB est égal à la somme des valeurs ajoutées brutes des différents secteurs institutionnels
augmentée des impôts moins les subventions. On parle de l’optique production.

PIB = Σ VA + droits à l’importation + TVA - Subventions aux importations

Avec, VA = Valeur de la production finale – Valeur des consommations intermédiaires

L’optique des dépenses


L’optique des dépenses comptabilise toutes les dépenses effectuées pour acquérir la
production nationale : la consommation finale des ménages (CF), les dépenses
d’investissement brut (IB) incluant les variations dans les inventaires (∆S), les achats publics de
biens et services (G) et les achats effectués par les non-résidents, c’est à dire les exportations
(X). Des dépenses C, I, G et M précédentes, il faut soustraire celles qui ont servi à acquérir la
production d’un autre pays, c’est-à-dire les importations (M). Le PIB est donc égal à la somme
de ces grandes catégories de dépenses:

PIB = CF + IB + G + (X - M)
Le PIB est aussi égal à la somme de la consommation finale (C), de la formation brute de capital
fixe (FBCF), de la variation des stocks (Δ Stock), des exportations (X) moins les importations
(M). C’est-à-dire :

PIB = C + FBCF + Δstock + (X - M)

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Dans cette dernière équation (C) représente les consommations finales des ménages (CF) et
des administrations publiques et FBCF représente les investissements des entreprises, des
ménages et des administrations publiques.

L’optique des revenus


Le PIB est égal à la somme de la rémunération des salariés, des impôts sur la production et les
importations, de l'excédent brut d'exploitation et du revenu mixte moins les subventions.
PIB = Rémunération des salariés + EBE (y compris les revenus mixtes) + Impôts (sur la
production et les importations) – subventions d’exploitation (sur les produits et sur les
facteurs).

Remarque : les différentes optiques de calcul du PIB se valent c’est-à-dire que le PIB optique
valeur ajoutée doit être égale au PIB optique dépense qui aussi égale au PIB optique revenu.

2- Les modalités du Produit intérieur brut

2-1- Le PIB nominal


Le PIB nominal désigne la valeur des biens et services produit à l’intérieur d’un pays et
mesurée à prix courants.
Supposons une économie à deux biens A et B produits à deux dates 0 et t. Le tableau ci-
dessous récence les données sur les deux biens.

Biens A B

Période

Quantités Prix Quantités Prix

Période 0 Q0A P 0A Q0B P 0B

Période t QtA PtA QtB PtB

Le PIB nominal de la date 0 de cette économie est égale à :


PIB nominal0 = QA0 P0A + QB0 P0B = ∑ Qi0 P0𝑖

Le PIB nominal de la date t de cette économie est égale à :

PIB nominalt = QAt PtA + QBt PtB = ∑ Qi𝑡 P𝑡𝑖

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Le PIB est mesuré au prix du marché et il correspond aux différentes mesures du PIB vues ci-
dessus. On l’appelle aussi PIB en valeur ou PIB à prix courant, PIB en monnaie courante.
L’utilisation de cette mesure du PIB pour effectuer des comparaisons dans le temps ou dans
l’espace pose des problèmes spécifiques.

2.2. Les comparaisons dans le temps et le PIB réel


Le PIB nominal calculé ci-dessus ne permet pas de faire aisément des comparaisons dans le
temps. La variation du PIB entre deux dates pourrait résulter, soit d’une variation des prix des
biens soit d’une variation des quantités de biens ou des deux en même temps. Si on s’intéresse
à la hausse de la production réelle, une augmentation des prix peut augmenter le niveau du
PIB nominal, ce qui ne reflète l’objectif visé, il faut éliminer l’effet des prix. Le PIB réel
correspond au PIB corrigé de l’inflation, il ne reflète que les variations dans le volume de la
production.
Le PIB réel est une mesure basée sur la variation du PIB en volume d'une période de référence
à une autre (une année, un semestre ou un trimestre), mesuré avec des prix constants. Son
calcul se fait selon les étapes suivantes :

Etape 1 : Choisir une date de référence ou date de base. Par exemple la date 0.

Etape 2 : calculer le PIB réel à chaque date en multipliant les quantités par les prix de la date
référence ou de base.
Le PIB réel de la date 0 de l’économie est égale à :

PIB réel0 = QA0 P0A + QB0 P0B = ∑ Qi0 P0𝑖

Le PIB réel de la date t de cette économie est égale à :

PIB réelt = QAt P0A + QBt P0B = ∑ Qi𝑡 P0𝑖

Le PIB réel ainsi calculé est l’indicateur fondamental de la performance macroéconomique


d’un pays. On l’appelle PIB en volume ou PIB à prix constant, PIB en monnaie constant. On
remarque dans le calcul ci-dessus que le PIB réel à la date de référence est égal au PIB nominal.

Le PIB réel est concrètement utilisé pour mesurer la croissance du PIB d'une année à l'autre.
Il est également utile pour calculer le déflateur du PIB (égal au rapport entre le PIB nominal et
réel), une des mesures de l'inflation. Le déflateur de notre économie à la date t est égal :

𝐏𝐈𝐁 𝐧𝐨𝐦𝐢𝐧𝐚𝐥𝐭
𝐃é𝐟𝐥𝐚𝐭𝐞𝐮𝐫𝐭 =
𝐏𝐈𝐁 𝐫é𝐞𝐥𝐭

Le déflateur constitue une mesure approchée du niveau de l’inflation.


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2.3. Le PIB en parité de pouvoir d’achat

On veut ici comparer les PIB de plusieurs pays, éventuellement à plusieurs dates, pour
comparer leur croissance économique. Il faut d'abord une unité commune. On utilise souvent
le dollar, mais pour transformer des yens ou des euros en dollars, il faut savoir quel taux de
change retenir d’autant plus que les taux de changes sont variables.

Une réponse possible est de calculer les PIB de manière à les rendre à peu près comparables
et non dépendants des taux de change : les PIB en parité de pouvoir d'achat ou PIB-PPA.
La méthode consiste à chercher le taux de change fictif qui assure (compte tenu des prix sur
chacun des marchés) le même pouvoir d'achat dans les deux pays concernés.
Si on suppose que 1000 euro peuvent acheter la même chose en France que 1000 dollars aux
Etats-Unis, le taux de change en PPA du dollar en euro est 1 pour 1. Ce taux de change fictif
peut donc être utiliser pour transformer le PIB français exprimé en euro en dollars PPA, quel
que soit le taux de change réel sur le marché des changes. Les taux de change en parité de
pouvoir d'achat sont donc utilisés pour comparer les niveaux de vie dans différents pays.
Le PIB calculé en PPA est très important pour les pays en développement, où la structure des
prix est très différente de ce qu'elle est dans les pays développés.
Finalement, comparer les PIB de différents pays à différentes dates pose donc des problèmes.
Ces problèmes ont des solutions mais celles-ci ne sont pas parfaites et les taux de croissance
que l'on calcule à partir de ces PIB peuvent ne pas être exactement comparables
3- Les principales limites du PIB et l’utilisation d’autre indicateur de mesure

Les agrégats produits par la Comptabilité nationale ne sont pas exempts de reproches. C’est
pourquoi certains auteurs utilisent, en fonction de ce que l’on cherche à mesurer, d’autres
indicateurs macro-économiques. On distingue plusieurs limites liées à :

 La mesure de l’activité productive totale des agents résidents

 La mesure du bonheur et du bien-être

3-1- Le PIB ne mesure pas toutes les productions des unités résidentes

Bien que destinée à mesurer la richesse produite par les résidents, le PIB ne peut appréhender
(faute de sources statistiques précises) toutes les sources de la création de richesse,
notamment en ce qui concerne les activités liées aux phénomènes :

 De travail clandestin (travail au noir).

 D’activités illicites telles que le trafic de drogue, les fraudes, l’évasion fiscale, etc.

 D’autoproduction des ménages (jardin potager, ménage) qui sont considéré comme
de la production domestique.

La valeur mesurée par le PIB n’est donc pas la richesse réelle, ni totale. Il ne mesure donc pas
la totalité des activités productives des unités résidentes.

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3-2- Le PIB ne mesure pas le bonheur et le bien-être national
Le PIB ne mesure pas le bonheur national pour plusieurs raisons :
 D’abord, le PIB intègre des activités nuisibles : production d'armes, de cigarettes, etc.
L'augmentation du PIB se traduit par plus de pollution, plus de prélèvements sur des
ressources épuisables, etc. (problème de l’économie verte).
 Puis, le PIB est un indicateur monétaire qui ne tient pas compte de la distribution de la
richesse dans la population, donc des inégalités de répartition. Ainsi, deux pays à
population identique pourraient atteindre le même PIB avec pour l’un, la
concentration de la richesse autour d’une classe moyenne très importante, et pour
l’autre une répartition inégale entre une minorité très aisée et une majorité très
pauvre. Cette moyenne statistique (le PIB/habitant) est donc muette sur les conditions
réelles de vie des habitants.
 Enfin, le PIB ne dit rien sur la répartition sociale (l’étendue des services publics par
exemple), sur les conditions de scolarisation, sur l’espérance de vie, tous éléments
indispensables au bien-être de la population.
Remarque : le contenu du PIB est ambigu dans la mesure où on assimile intuitivement la
richesse au bien-être. Il faut comprendre que l'objectif du calcul du PIB n'est pas de mesurer
le bonheur et du bien-être national : il a été conçu pour mesurer la production, donc la
croissance économique, en vue notamment d'améliorer les politiques économiques.
3-3- D’autres indicateurs macro-économiques
Puisque la richesse monétaire collective ne suffit pas à mesurer le bien-être, on utilise d’autres
indicateurs qui intègrent alors des variables non directement monétaires, telles que
l’éducation et l’espérance de vie (IDH) ou des éléments sociaux (BIP 40).
3-3-1. Le PIB par habitant (ou par tête)
Le PIB par habitant (ou par tête) est la valeur du PIB divisée par le nombre d'habitants d'un
pays. Il mesure plus effacement le niveau de développement d’un pays par rapport au PIB.
Cependant, en tant qu'une moyenne, il ne permet pas de rendre compte des inégalités de
revenu et de richesse au sein une population.
Le PIB par tête est certes un bon indicateur de la productivité économique, mais il ne rend
compte qu'imparfaitement du niveau de bien-être de la population ou du degré de réussite
d'un pays en matière de développement. Il présente les mêmes limites que le PIB.

3-3-2. L’indicateur de Développement Humain (I.D.H)


Le PIB par habitant n’est pas un indicateur de la qualité de la vie (subjective). Le PNUD propose
un indicateur qui cherche à mesurer le niveau de développement des pays en dépassant
l’aspect strictement économique. Il s’agit de l’indice de développement humain (IDH) qui est
un indicateur composite résultant de la synthèse de trois séries de données plus qualitatives :
 l'espérance de vie à la naissance qui permet d’évaluer l'état sanitaire de la population
du pays,
 le niveau d'instruction mesuré par la durée moyenne de scolarisation et le taux
d'alphabétisation,
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 le PIB réel (c'est-à-dire corrigé de l'inflation) par habitant, calculé en parité de pouvoir
d'achat (c'est-à-dire en montant assurant le même pouvoir d'achat dans tous les pays).

L’IDH varie entre 0 (pauvreté absolue) et 1 (niveau de développement le plus élevé) et autorise
un classement annuel des économies nationales qui diffère du classement par le PIB/habitant,
des Etats.

3-3-3. Le BIP 40
Le BIP 40 est un indicateur synthétique qui mesure les inégalités et la pauvreté. Il couvre plus
précisément les domaines sociaux tels que le logement, les revenus, le travail et l’emploi,
l’éducation, la santé et les conditions d’accès et d’exercice de la justice. Ces domaines
constituent l'essentielle de la structure du BIP 40.
Le calcul du BIP consiste d’abord à identifier les séries statistiques qui sont censées refléter
les diverses dimensions des inégalités et de la pauvreté, puis de les additionner en les
pondérant selon le poids qu'on lui accorde.
La valeur de l'indice ainsi calculé varie sur une échelle de 0 à 10 c’est-à-dire entre le niveau le
plus faible (0) et le niveau le plus élevé (10) des inégalités mesurées.
La construction d’un indicateur synthétique comporte nécessairement une part subjective.
Quel poids accorder dans l’indice final aux expulsions et au chômage, aux inégalités de revenus
et à la pauvreté ? Aussi, cette démarche de calcul du BIP 40 est largement tributaire des
statistiques disponibles (sur certains sujets, comme la santé, l’information fait singulièrement
défaut).
En résumé, l’économie étudie d’abord les conditions de production de la richesse,
principalement fondées sur la quantité de travail (et de capital) nécessaire à la production.
Mais ses instruments de mesure sont limités, soit par les sources, soit par la définition elle-
même de l’utilité collective de la richesse. Globalement mesurable, l’économie est plus
discrète sur les conditions sociales non directement monétaires des ménages et donc
notamment du facteur travail.

3-4- Le Produit national brut (PNB) et le Revenu National Brut (RNB)

Le PNB s’obtient en ajoutant au PIB, les revenus du travail et de la propriété reçus du reste du
monde moins les revenus analogues versés au reste du monde.
PNB = PIB + revenus du travail et de la propriété reçus du reste du monde - revenus du travail
et de la propriété versés au reste du monde.

L’écart entre le PIB et le PNB montre à la fois :


 l’attractivité du territoire national qui se traduit par un accroissement des
investissements directs de l’étranger vers le territoire en question, ce qui contribue à
la hausse du PIB et,
 la compétitivité des entreprises nationales qui se traduit par un accroissement des
investissements directs de ces entreprises à l’étranger, ce qui accroît le PNB.
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Le PNB a été remplacé dans la plupart des comptabilités nationale par le RNB.

RNB = PIB + revenus reçus du reste du monde - revenus versés au reste du monde +
subventions reçues du reste du monde - impôts sur la production versés au reste du monde.

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