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Asile seulement c’était vrai

De Jérémy Boulet

Un psychopathe (avec camisole de force) et les bras camouflés dans le dos Un autiste (façon rainman) Un déjanté (avec hallucination force 7) Une infirmière (la petite nouvelle)

Acte 1

L’infirmière et le directeur de l’asile

Toc toc toc

Le directeur : Ah bonjour

L’infirmière : Bonjour monsieur le directeur

Le directeur : Je vous en prie asseyez-vous… j’ai eu le temps d’étudier votre CV pendant votre retard…

L’infirmière : Je suis vraiment désolée, je suis arrivée à l’heure à la clinique mais le vigile ne m’a pas laisser rentrer. Quand je lui ai dit que j’avais rendez vous, il a procédé à un contrôle drastique, avec fouille au corps et tutti quanti … je comprends bien qu’il ne faut pas prendre de risques mais quand même un vigile, une fouille au corps aussi euh… minutieuse… je trouve ça un peu exagéré. ;

Le directeur : C’est aussi mon avis… c’est pour ça que j’ai toujours refusé de mettre un vigile dans cette clinique !

L’infirmière : Comment… mais… la fouille au corps…

Le directeur : Un grand ?

L’infirmière : Euh… oui plutôt …

Le directeur : Roux ?

L’infirmière : Oui… mais qui est-ce ?

Le directeur : René

L’infirmière : Un fou ?

Le directeur : Non c’est juste René… le technicien de surface. Un homme plein d’humour… mais un peu obsédé…

L’infirmière : Oh mon dieu…

Le directeur :

une fouille au corps…(il a un petit rire) il en rate pas une… Revenons en à ce qui vous amène ici ; Vous êtes donc venu postuler pour devenir infirmière en chef en charge des patients à forts troubles du comportement et déficience partielle ou totale des capacités mentales et intellectuelles. Alors, qu’est-ce qui vous a conduit à vouloir vous occuper de patients à forts troubles du comportement et déficience partielle ou totale des capacités mentales et intellectuelles.

L’infirmière : Euh … oui, très bien…Euh… En fait, j’ai eu un parcours assez classique, je me suis mariée à 16 ans avec un homme qui souffrait du complexe freudien d’Eudipe doublé de paranoïa diffusionnelle critique avec psychopathologies neuro-agravés qui l’ont conduit vers une psychose doublée d’un alcoolisme obsessionnel exutoire avec trouble décadent du comportement personnel intérieur, et développement extérieur de réflexes psychomoteurs inconsidérés avec option grande claque dans ma gueule. J’ai donc suivi un cursus normal : dépression avec défaillances psychoaffectives ayant pour conséquence un suivi psychiatrique, une psychanalyse, avec intervention psychothérapeutique et mise sous psychotropes jusqu’à recouvrement d’une psycho stabilité au niveau du psychisme interne. C’est donc tout naturellement que lorsque je me suis mise à chercher du travail je me suis dirigée vers la branche que je connaissais le mieux : le domaine des psycho déficiences.

Le directeur : Je vois… bon vous m’avez effectivement l’air qualifiée, je dois quand même évaluer votre motivation … alors laissez moi chercher le questionnaire de motivation…ou est-ce que je l’ai mis ce satané questionnaire… (il cherche) il doit pas être loin … ah le voilà !! (il tire une petite bandelette de papier) Alors euh… Etes vous motivée ?

L’infirmière : euh… Oui !!

Le directeur : Bien ça me parait parfait… parlons de vos fonctions maintenant. En tant qu’infirmière en chef vous serez responsable du bon encadrement global des patients.

L’infirmière : ( fière) Je vais être la chef des infirmières alors !

Le directeur : Euh…oui…en quelque sorte oui… vous serez l’infirmière en chef surtout…

L’infirmière : Combien y’a-t-il d’infirmières

Le directeur : Euh… à part vous ?

L’infirmière : et bien oui…

Le directeur : (embarrassé) techniquement… aucune, mais ne vous inquiétez pas ils ne sont pas trop nombreux, environs une vingtaine … vous verrez ils sont gentils… en tout cas ils sont attachants … c’est ça ils sont attachants…

L’infirmière : Euh… puis-je vous demander, bien que cela ne me regarde pas, pourquoi avez- vous dû changer d’infirmière en chef ?

Le directeur : Oh la dernière a demandé un départ en retraite anticipée … qu’on n’a pas pu lui refuser.

L’infirmière : Quel âge avait-elle ?

Le directeur : 35ans …

L’infirmière : 35 ans ?!!

Le directeur : oui, ils sont attachants mais… usants. Venez plutôt, je vais vous présenter vos nouveaux patients.

Acte 2

l’autiste, le psychopathe avec une camisole, puis le déjanté puis l’infirmière, (+ 2 personnages qui passent à plusieurs reprises)

Psychopathe : tu regardes quoi ?

Autiste : (avec la télécommande dans les mains)

je sais pas !

le psychopathe : (Il prend la télécommande et allume la télé) ça te dérange pas si je l’allume.

Autiste : Je sais pas

le psychopathe : tu as vu la nouvelle infirmière ? Elle est comment ?

Autiste : nouvelle… oui c’est sûr, elle est nouvelle…

L’infirmière passe au fond de la scène avec des plateaux

Entré du Déjanté, il crie en courant après un animal imaginaire avec un sac plastique

Déjanté : vient ici tout de suite ! Ouh l’teigneux ! …

le psycho pathe : alors du con toujours à courir après tes limaces extra-terrestres ? (il tape du pied) tiens regarde j’en ai eu une !!!

Déjanté : t’es trop con ! C’est pas possible depuis cette nuit elles ont muté en papillons intergalactiques…

le ps ychopathe : (il marche vers lui l’aire agressif) oh ! j’suis p’t'ête con mais j’connais une petite merde extraterrestre qui pourrait subir des mutations à grands coups de boule intergalactiques dans sa gueule si elle continue.

Déjanté : (il se défile l’air concentré faisant mine d’avoir aperçu le papillon sur la tête de l’autiste) Chut…là, en voilà une…

(il s’approche à petits pas et capture la tête de l’autiste dans le sac) (L’autiste se met hurler comme une truie)

Déjanté : j’l’ai eu ! j’l’ai eu !!! Vite il se débat ! Faut le mettre hors d’état de nuire, passe moi mon émetteur d’ondes thermopropulsés à neuro dégradation éclaire. Aah !! Il est en train de générer un champs de force anti- gravitationnel… vite il faut lui envoyer une décharge magnético paralysante.

le psychopathe : (revient avec une batte de base-ball) j’ai trouvé que ça …

Déjanté : c’est parfait !!!

Le déjanté lui met des coups de batte, l’autiste hurle

Bruit de talons de l’infirmière qui arrive en chantonnant ; il enlève le sac plastique le cache derrière son dos ainsi que la bâte et aide l’autiste à se rasseoir. L’autiste est à moitié dans les pommes

L’infirmière : c’est l’heure des petits médicaments pour des gentils petits pensionnaires

Autiste : ah oui c’est sûr des médicaments … c’est sûr il me faut des médicaments… c’est sûr

L’infirmière : qu’est ce qui lui est arrivé

Le déjanté : il s’est fait attaquer par un papillon intergalactique … on a bien essayé de lui

venir

en aide mais vo us savez c’est teigneux ces bêtes là.

Infirmière : bref passons…

Elle distribue les médicaments et le verre d’eau à l’autiste L’autiste le boit tout de suite,

Déjanté : en sautillant il chante : Moi j’aime pas les médicaments…Moi j’aime pas les médicaments…

L’infirmière : (elle aperçoit la batte dans son dos) mais qu’est ce que vous faites avec ça ?

Déjanté : ça ? c’est mon émetteur d’ondes thermo propulsées à neuro-dégradation magnético- paralysantes …. Mais je m’en sers comme batte de base-ball …

L’infirmière : et pourquoi vous avez ça ?

Le déjanté : c’est par rapport à la récupération des débiles par le sport…

L’infirmière : c’est donc comme ça qu’ils dénichent des sportifs au QI négatif… allez donnez moi ça (elle pose la batte dans un coin) et prenez ça ! (elle lui donne des médicaments et un verre d’eau)

Elle arrive au psycho avec sa camisole.

L’infirmière : mais on vous a mis une camisole de force à vous !! mais on ne m’avait pas prévenu qu’il y avait des fous dangereux ici…

le psychopathe : c’est aussi ce que je me suis dit quand j’ai vu deux grands fous furieux d’infirmiers arriver sur moi avec une camisole… (un temps) d’autant plus que c’est complètement con… vu que j’suis manchot !!

L’infirmière : vous êtes manchot ?

le psychopathe : comme un pingouin

L’infirmière : bon je vais vous faire prendre votre médicament. (elle tend le médicament du bout des doigts)

le psychopathe : non pas comme ça… là un petit coup de dent incontrôlé, et c’est trois jolis petits doigts de coupés…non, il faut le mettre sur le plat de la main

(L’infirmière un peu inquiète, le met dans le plat de la main) Le psycho donne des grands coups de mâchoire férocement et fait mine de ne pas pouvoir atteindre sa main…

le psychopathe : je sais ce qui me bloque… c’est cette camisole…elle est trop serrée vous ne voudriez pas me l’enlever… L’infirmière (un peu gêné) : je ne sais pas… vous

le psychopathe : mais oui ne vous inquiétez pas… je suis manchot …

Elle lui enlève la camisole timidement Quand la camisole est enlevée il sort ses deux bras en poussant un cri de psychopathe

L’infirmière apeurée : Aaah !!… mais vous n’êtes pas manchot…

le psychopathe : si !!! Comme un pingouin !! (il fait le pingouin bras raide …)

A ce moment là deux acteurs entrent sur scène l’un derrière l’autre, accroupis, en chantant

« hé hi hé ho on rentre du boulot … »tous les acteurs s’arrêtent de jouer, les regardent

passer,

Les autres acteurs reprennent.

ils passent,

L’infirmière : restez calme ou j’appelle la sécurité …

le psychopathe : parodiant oh non pas René…pas encore une fouille au corps…

L’infirmière : arrêtez sinon je vais crier !

le psychopathe : vous inquiétez pas je vous l’ai dit : je suis manchot … c’est pas mes bras ça, on me les a prêtés. Ils sont à quelqu’un de gentil… ( parlant à ses bras comme à un toutou) hein qu’y sont gentils les petits bra-bras … et à qui y sont les bra-bras ? à René !… et qu’est- ce qu’ils aiment faire les bra-bras : une fouille au corps

L’infirmière se défile se saisit de la batte tape par terre des grands coups

L’infirmière : maintenant ça suffit vous allez prendre vos médicaments et tout de suite !!!!!!

Les deux acteurs repassent en tutu en faisant de la danse classique Même chose, les autres les regardent

L’autiste : j’ai déjà pris mes médicaments… ça c’est sûr… moi j’ai déjà pris mes médicaments… (il va vers l’infirmière) vous auriez pas quelque chose de plus fort … ça c’est sûr il me faut quelque chose de plus fort …

Le déjanté : (lance son médicament par terre) Aaaah mon médicament… il s’est transformé en papillon intergalactique.

Il se jette sur l’infirmière lui lance l’eau au visage et lui arrache la batte et frappe son médicament L’infirmière se jette sur lui pour lui reprendre la batte Ils tiennent tous les deux la batte, le psycho arrive et jette l’infirmière sur le fauteuil

le psychopathe : attention, je vais me fâcher…

Déjanté : (il la bloque avec la batte) c’est bon je la tiens en respect avec mon émetteur d’ondes thermo propulsées à neuro dégradation magnético-paralysantes. Va vite chercher un lasso laser plasma cellulaire à méta structure interne renforcée.

le psychopathe : (revient avec une corde) j’ai trouvé que ça …

Déjanté : parfait

Ils l’attachent ; elle crie

Autiste : marche de long en large nerveusement c’est pas bien … ça c’est sûr c’est pas bien,

je dois faire quelque chose

c’est sûr… je peux pas voir ça … il faut que je fasse quelque

chose… (il se cache les yeux) ça y est je vois plus ça !!

(deux acteurs passent en faisant le singe tourne un peu sur scène )

Le directeur entre

Le directeur : Je vois que tout se passe à merveille …

L’infirmière : Monsieur le directeur au secours, je crois que je me suis trompée je ne suis pas faite pour ce métier

Le directeur : mais si vous vous en sortez très bien

L’infirmière : ah vous trouvez vous…

Le directeur : mais oui vous êtes encore vivante … c’est pas si mal…

L’infirmière : des fous … ils sont tous fous

Le directeur : Mais non ils ne le sont pas … et d’ailleurs je ne vo us avez pas encore présenté vos collègues

L’infirmière : Mes collègues ?? Des fous ? et puis… je pensais que j’étais la seule infirmière

Directeur

seconder 3 infirmiers… vous ne pensiez pas qu’on aurez laissé une femme s’occuper seule de

quelque chose de sérieux. Voici donc Francis, Patrice et Philippe

: et vous êtes effectivement la seule infirmière ! mais vous avez pour vous

L’autiste : alors ça y’est j’peux regarder … on me dit jamais rien à moi

L’infirmière : alors tout ça c’était une mise en scène

L’autiste : oui, un genre de baptême de l’air… un avant goût de ce qui vous attend…

L’infirmière : et René c’était aussi…

le psychopathe : ah non… ça on y est pour rien, lui il est vraiment obsédé.

Directeur : En tout cas laissez nous vous souhaiter la bien venue dans la plus pure tradition. Messieurs ! garde à vous ! (façon chanson militaire) On est pas fou peut -être un peu débile !!!

Tous ensemble : Bienvenu dans notre asile.

Noir