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Nanotechnologie et Huile d'Opuntia pour Cicatrisation

Ce document décrit le processus de cicatrisation cutanée et ses différentes étapes. Il présente également les composants de la peau et explique l'intérêt d'utiliser des huiles végétales comme celle d'Opuntia ficus-indica pour accélérer la cicatrisation. L'objectif est d'étudier les effets cicatrisants d'une nanoémulsion contenant cette huile comparée à une émulsion conventionnelle.

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Nanotechnologie et Huile d'Opuntia pour Cicatrisation

Ce document décrit le processus de cicatrisation cutanée et ses différentes étapes. Il présente également les composants de la peau et explique l'intérêt d'utiliser des huiles végétales comme celle d'Opuntia ficus-indica pour accélérer la cicatrisation. L'objectif est d'étudier les effets cicatrisants d'une nanoémulsion contenant cette huile comparée à une émulsion conventionnelle.

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INTRODUCTION

La cicatrisation est un processus physiologique complexe et bien organisé qui


vise à rétablir l’intégrité de la barrière cutanée à la suite d’une blessure [1].
Cependant, il se produit très lentement et peut s'accompagner d'un risque élevé
d'infection microbienne. Par conséquent, le recourt à des traitements adjuvants
s’avère nécessaire pour accélérer le processus et éviter d’éventuelles infections
ou autres complications [2]. De nos jours, diverses stratégies comprenant des
pommades contenant des enzymes (DNase et collagénase), des pansements, des
polyuréthanes, des hydrogels d'acide hyaluronique et des facteurs de croissance
synthétiques ont été développées pour le traitement des plaies, mais beaucoup
d'entre elles sont coûteuses et nécessitent une longue durée de traitement [3].
Ainsi, le recourt à d’autres alternatives plus économiques avec une efficacité
optimale est devenu nécessaire.

Dans ce cas, la médecine traditionnelle et la phytothérapie peuvent être un choix


intéressent, vu la richesse des plantes médicinales en phytocomposants actifs,
leur innocuité et leur coût faible par rapport aux médicaments conventionnels.
Ces dernières années, il y a eu une augmentation significative de l'utilisation des
remèdes naturels avec un potentiel de guérison notable pour divers types de
troubles cutanés [3]. Cependant, le développement de phyto-médicaments à base
d’extraits de plantes présente également quelques limites, notamment leur faible
solubilité due à leur nature lipophile, leur diffusion limitée à travers les barrières
biologiques, ainsi que leur instabilité physico-chimique [4]. Afin de contrecarrer
ces difficultés, les tendances actuelles évoluent vers le développement de
traitements innovants pour le soin des plaies, combinant l'utilisation d'agents
cicatrisants traditionnels et de produits/pratiques modernes [5]. Dans cette
optique, le recourt à la nanotechnologie peut être un choix judicieux pour
dépasser les limites de la formulation phytogalénique. En effet, les « Drug
delivery systems », incluant les nano-émulsions, représentent une forme
innovante pour l’administration ciblée des médicaments, et présentent des

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avantages remarquables par rapports aux formulations conventionnelles d’actifs
végétaux et d’extraits, qui comprennent l'amélioration de la solubilité, de la
biodisponibilité et de la diffusion tissulaire, l'amélioration de la stabilité et de
l’activité pharmacologique, la protection contre la toxicité et contre la
dégradation physique et chimique des phytocomposants [4,6].

Opuntia ficus-indica ou figuier de barbarie, une plante médicinale appartenant à


la famille des Cactacées, est traditionnellement utilisée pour traiter nombreuses
pathologies et notamment pour la cicatrisation des plaies [7]. Plusieurs extraits
des différentes parties de la plante, notamment les fleurs et les cladodes ont
montré une activité cicatrisante intéressante [8–10]. Récemment, quelques
études ont également exploré l’activité cicatrisante de l’huile de pépins
d’Opuntia ficus-indica, qui a présenté des résultats prometteurs [11,12].

En prenant en considération les résultats des études ultérieures concernant les


bienfaits de l’huile de pépins d'Opuntia ficus-indica cultivées en Tunisie, le but
de notre travail était d’évaluer les effets thérapeutiques de cette huile fixe,
extraite par pression à froid et d’étudier l’apport de la nanotechnologie (nano-
émulsion) en tant que « drug delivery system », pour potentialiser l’effet
cicatrisant de notre huile, comparé à l’émulsion conventionnelle. Nous avons
utilisé un modèle de plaie par excision chez le rat pour évaluer la capacité de
cicatrisation cutanée de notre préparation phytogalénique.

1. RAPPEL BIBLIOGRAPHIQUE
1.1. La peau
La peau est le plus grand organe du corps, représentant environ 15% du poids
corporel total d'un adulte. Il remplit de nombreuses fonctions vitales, notamment
la protection contre les agressions physiques, chimiques et biologiques externes,
ainsi que la prévention de la perte excessive d'eau du corps et un rôle dans la
thermorégulation. [13] La peau contient de nombreux nerfs sensoriels et

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participe à la formation de la vitamine D [14]. Ainsi, elle a de nombreuses
fonctions et intervient dans le maintien de l’homéostasie.
La peau est constituée de 3 couches distinctes : l’épiderme, le derme et
l’hypoderme. Chaque couche a différentes spécifications [15].

Couche cornée
Epiderme

Derme

Hypoderme

Figure 1: Structure de la peau [16].


1.1.1. L’épiderme
L'épiderme, épithélium pavimenteux kératinisé stratifié, est la couche la plus
externe de la peau. A ce titre, sa fonction principale est celle d’une barrière
protectrice contre les différentes agressions extérieures (toxines, pollution,
entrées des agents pathogènes, rayons UV etc.) et contre la perte des fluides
[17].
L'épiderme est principalement composé de kératinocytes et a généralement une
épaisseur de 0,05 à 0,1 mm [18]. Il est divisé en cinq couches, de la plus externe
à la plus profonde : le stratum corneum, le stratum lucidum, le stratum
granulosum, stratum spinosum et stratum basale [17].

Figure 2: Structure de l'épiderme [16]


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1.1.2. Le derme
Le derme est subdivisé en deux couches : le derme papillaire, superficiel, mince
et le derme réticulaire, plus épais et plus profond. Son épaisseur varie de moins
de 0,5 mm à plus de 5 mm. Véritable charpente de la peau, il est constitué de
tissu conjonctif (fibroblastes, mastocytes et cellules dendritiques), de collagène,
d’élastine et de réticuline, dont la cohésion est assurée par la substance
fondamentale, composée de glycosaminoglycanes, notamment l’acide
hyaluronique. Le derme fournit à la peau sa force, sa souplesse, son élasticité et
protège le corps contre les blessures mécaniques. Il possède également une
grande capacité hydro-rétentrice grâce à la substance fondamentale, ce qui
contribue à préserver le volume de la peau. Le derme contient aussi des
vaisseaux sanguins qui nourrissent l’épiderme, des vaisseaux lymphatiques, des
glandes sébacées et sudoripares, des récepteurs sensoriels ainsi que les racines
des cheveux [13,16,18–20].

Couche papillaire
du derme
Glande sébacée
Couche réticulaire
du derme

Follicule pileux
Glande sudoripare

Figure 3: Structure du derme [16]

1.1.3. L’hypoderme
L’hypoderme est la couche la plus profonde de la peau, son épaisseur varie dans
les différentes parties du corps et d’un individu à l’autre. Elle est principalement
constituée d’adipocytes regroupés en amas entrecoupés de tissu conjonctif lâche
(fibres de collagène) et de vaisseaux sanguins. Cette couche a essentiellement

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une fonction d’amortisseur de chocs et de protection du froids par isolation
thermique [16,19,21].

Tissus adipeux Vaisseaux sanguins

Figure 4: Structure de l'hypoderme[16]

1.2. Physiologie de la cicatrisation


La cicatrisation de la plaie est un processus complexe et hautement régulé de
mécanismes cellulaires, humoraux et moléculaires qui commence directement
après la blessure et peut durer des années. Elle est caractérisée par des
changements dynamiques du microenvironnement de la plaie qui recrutent et
dirigent les différentes cellules participantes. L'ensemble du processus est
généralement divisé en quatre phases consécutives et qui se chevauchent :
l'hémostase, l'inflammation, la prolifération et le remodelage [22,23].
L’objectif principal de la cicatrisation est de rétablir l’homéostasie et l’intégrité
des tissus [24].
1.2.1. Définitions
- Plaie : Lésion tissulaire entraînant la perte de continuité de l'épithélium
avec ou sans perte de tissu conjonctif sous-jacent.
- Plaie aigue : Lésion tissulaire qui procède normalement au processus de
cicatrisation, de façon ordonnée, qui entraîne une restauration durable de
l'intégrité anatomique et fonctionnelle, dans un lapse de temps prévisible.
- Plaie chronique : Lésion tissulaire qui ne parvient pas à passer par un
processus de cicatrisation ordonné et opportun pour produire une intégrité

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anatomique et fonctionnelle ou qui poursuit le processus de réparation
sans établir un résultat anatomique et fonctionnel durable [25].
1.2.2. Les phases de la cicatrisation
[Link]. L’hémostase
La première étape de la cicatrisation physiologique ou aiguë est dédiée à
l'hémostase et à la formation d'une matrice provisoire de la plaie. Cette phase
survient immédiatement après la blessure et s'achève au bout de quelques
heures. Avec une lésion cutanée dépassant la couche épidermique, les vaisseaux
sanguins et lymphatiques sont traumatisés, provoquant ainsi des saignements
ayant pour but d’une part d’éliminer les micro-organismes et les antigènes de la
plaie et d’autre part d’activer l’hémostase. Les différentes cascades de
coagulation sont alors initiées par les facteurs de coagulation de la peau lésée
(système extrinsèque) et les plaquettes sont activées pour l'agrégation par le
collagène exposé (système intrinsèque). Parallèlement, une vasoconstriction de 5
à 10 min survient au niveau des tissus lésés, déclenchée par les plaquettes
activées, pour empêcher la poursuite de la perte de sang et combler le vide
tissulaire avec un caillot stable riche en fibrine et en fibronectine. Ce caillot
rétabli l’hémostase et permet de fournir une matrice provisoire pour la migration
cellulaire et la protection de la plaie.
Les plaquettes ont un rôle crucial dans le processus de cicatrisation. Elles sont
non seulement essentielles à la formation de caillots, mais elles produisent
également de multiples facteurs de croissance, cytokines et d’autres agents
induisant la survie ou l’apoptose et régulant le reste de la cascade de
cicatrisation.
Les composants clés de la réaction de libération des plaquettes comprennent le
facteur de croissance dérivé des plaquettes (PDGF) et les facteurs de croissance
transformants A1 et 2 (TGF-A1 et TGF-2), qui attirent les cellules
inflammatoires telles que les leucocytes, les neutrophiles et les macrophages
Ainsi, la phase d’hémostase initie la phase inflammatoire [22,25–28]
[Link]. L’inflammation
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La deuxième étape, l'inflammation, commence peu de temps après l'hémostase
et se termine généralement dans les 72 premières heures suivants la blessure. La
brève période de vasoconstriction est suivie d’une vasodilatation, des substances
vasodilatatrices et des molécules chimiotactiques attirent vers le lit de la plaie
des cellules inflammatoires, notamment les neutrophiles (leucocytes
polynucléaires LPN) et les macrophages, dont la fonction principale est
d’amorcer la phagocytose pour détruire les bactéries, les corps étrangers et les
débris cellulaires. Les neutrophiles, les premières cellules à apparaître sur le site
de la blessure, nettoient les débris et les bactéries pour fournir un bon
environnement pour la cicatrisation des plaies. Dans ce qui suit, les
macrophages s'accumulent, poursuivent le processus de nettoyage de la plaie,
facilitent la phagocytose des bactéries et des tissus endommagés. Ils abritent un
grand réservoir de facteurs de croissance, tels que le TGF-b et l'EGF, qui sont
importants dans la régulation de la réponse inflammatoire, la stimulation de
l'angiogenèse et l'amélioration de la formation du tissu de granulation. Les
macrophages atteignent leur concentration maximale dans une plaie 48 à 72
heures après la blessure. Les lymphocytes apparaissent dans la plaie après 72
heures et sont considérés comme importants dans la régulation de la cicatrisation
de la plaie, par la production d'un échafaudage de matrice extracellulaire et le
remodelage du collagène. Ainsi, l’objectif principal de la phase inflammatoire
est de prévenir les infections, qui peuvent entrainer un retard de cicatrisation et
même induire la chronicité de la plaie. À la fin de la phase d'inflammation de la
cicatrisation, le saignement est contrôlé et le lit de la plaie est propre. Cela crée
un environnement parfait pour la prochaine étape de la prolifération et de la
réparation des cellules [22,25,27,29,30]
[Link]. La prolifération
Lorsque la lésion en cours a cessé, que l'hémostase a été obtenue et qu'une
réponse immunitaire s'est mise en place avec succès, la plaie aiguë évolue vers
la réparation tissulaire. La phase proliférative commence le troisième jour après
la blessure et dure environ 2 semaines, voire 21jours ou plus, selon la taille de la
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plaie [29,31]. Cette phase implique 3 processus bien observables à savoir la
néovascularisation (restauration de l’intégrité vasculaire de la région) la
réépithélialisation (formation d’une nouvelle couche protectrice), et la
granulation (formation d’un nouveau tissu conjonctif qui va remplacer
progressivement la matrice provisoire pour rétablir l’intégrité structurelle)
[25,28].
- L’angiogenèse ou néovascularisation : elle est déclenchée à partir du
moment où le bouchon hémostatique s'est formé lorsque les plaquettes
libèrent TGF-b, PDGF et FGF. En réponse à l'hypoxie, du VEGF est
libéré qui, en combinaison avec les autres cytokines, induisent les cellules
endothéliales à déclencher la néovascularisation et la réparation des
vaisseaux sanguins endommagés. Au fur et à mesure que le processus
d'angiogenèse progresse, un riche réseau vasculaire de capillaires se
forme dans toute la plaie à partir de ramifications de vaisseaux sains [27].
La néovascularisation permet de rétablir la perfusion et d’assurer l’apport
en oxygène et nutriments essentiels à l’activité métabolique de la plaie
[29].
- La ré-épithélialisation : c’est le renouvellement des cellules de l’épiderme
formant un épithélium pavimenteux stratifié, organisé et kératinisé, qui
rétablit les propriétés protectrices de la peau [29]. Cette étape est
indispensable à l’organisme pour retrouver rapidement la fonction barrière
que joue l’épiderme, et plus particulièrement la couche cornée. Ceci est
vital pour conserver l’équilibre hydrique de l’organisme et le protéger des
agressions externes, en particulier l’agression bactérienne. Les
kératinocytes, stimulés par des facteurs de croissance libérés localement,
prolifèrent et commencent leur migration à travers le lit de la plaie dans
les 12 à 24 heures suivant la blessure [25].
- Granulation : Sous cette nouvelle couche de cellules basales, formée au
cours de la réépithélialisation, la fibroplasie est initiée en réponse au FGF,
TGF-β1 and PDGF. Cette étape consiste en la différenciation, la
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prolifération et la migration des fibroblastes dans la plaie pour former le
tissu de granulation qui va remplacer progressivement la matrice
extracellulaire provisoire [28,32]. Le tissu de granulation est composé,
entre autres, de macrophages, de fibroblastes et de cellules endothéliales
imbriqués dans une matrice lâche composée de collagène, de fibrine, de
fibronectine et d’acide hyaluronique [29].
[Link]. Le remodelage
La dernière étape de la cicatrisation est une phase de remodelage, responsable
du développement d'un nouvel épithélium et de la formation finale de tissu
cicatriciel [31]. Elle nécessite un équilibre précis entre l'apoptose des cellules
existantes et la production de nouvelles cellules. La dégradation progressive de
la matrice extracellulaire abondante et du collagène de type III immature et la
formation de collagène de type I mature sont critiques dans cette phase, qui peut
durer jusqu’à 2 ans. Toute aberration dans cette phase peut entraîner une
cicatrisation excessive ou une plaie chronique [27,30]
1.3. Les nano-émulsions
1.3.1. Définitions
Les émulsions sont constituées de deux phases liquides non miscibles (phase
lipophile et phase hydrophile) où l’une est dispersée dans l’autre sous forme de
gouttelettes à l’aide d’un mélange tensioactifs/co-tensioactifs :
- Le liquide dispersé sous forme de gouttelettes est qualifié comme phase
dispersée, phase discontinue ou phase interne.
- L’autre liquide est appelé phase dispersante, phase continue ou phase
externe.
Les émulsions peuvent être de type huile dans l’eau (L/H) où la phase dispersée
est lipophile et la phase dispersante est hydrophile ou de type eau dans l’huile
(H/L) où à l’inverse, la phase dispersée est hydrophile et la phase dispersante est
lipophile [33].

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Quant aux nano-émulsions, ce sont des émulsions définies comme ayant une
taille de gouttelettes nanométrique, comprise entre 20 et 200nm [34]. Elles sont
thermodynamiquement instables mais cinétiquement stables [35].

Tableau I: comparaison entre émulsions et nano-émulsions [35,36]

Emulsions Nano-émulsions
Taille des globules 1-100 µm 20-200 nm
Polydispersité Elevée Basse
Préparation Haute énergie Haute ou basse énergie
Stabilité Instable Instable
thermodynamiquement thermodynamiquement
et cinétiquement Stable cinétiquement
Aspect visuel Aspect laiteux, opaque Translucide ou transparente
avec un reflet bleuté
Texture Semi-solide Fluide

1.3.2. Préparation des nano-émulsions


[Link]. Composition
Les nano-émulsions sont formées à une certaine concentration d’huile, d’eau et
de mélange de tensioactifs/co-tensioactifs. Le choix de chaque composant et les
ratios entre les composants est critique pour générer des systèmes stables in vitro
et in vivo et joue un rôle critique dans sa performance [37]. D’autres additifs
peuvent être rajoutés afin d’améliorer la formulation, comme les agents
viscosifiants afin de réduire la fluidité et générer la consistance finale souhaitée
du produit [35].

[Link]. Méthodes de préparation des nano-émulsions


Les nano-émulsions peuvent être préparées par des méthodes à haute ou basse
énergie. Différentes méthodes peuvent aussi être combinées. [37,38] Dans les
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méthodes à haute énergie, des forces perturbatrices importantes sont fournies par
l'utilisation de dispositifs mécaniques, qui permettent de produire des
gouttelettes de petite taille [37]. À l'inverse, dans les techniques à faible
énergie, aucune force externe n'est fournie. Elles utilisent plutôt l'énergie
chimique interne du système pour effectuer l'émulsification. Ceci est obtenu en
modifiant les paramètres tels que la température ou les propriétés physico-
chimiques intrinsèques du tensioactif, des co-tensioactifs et des excipients dans
la formulation [39].
Les méthodes à haute énergie comprennent l'homogénéisation à haute pression,
l'émulsification par ultrasons, l'agitation à cisaillement élevé, la
microfluidisation et l'émulsification par membrane. Les méthodes à faible
énergie comprennent les méthodes à inversion de phase et l'auto-
nanoémulsification [37].
1.3.3. Avantages des NEs par rapport aux émulsions
Les NE présentent de nombreux avantages par rapport aux émulsions
conventionnelles, notamment en raison de la taille nanométrique des gouttelettes
dispersée, ce qui en fait un choix intéressant en tant que système
d’administration de médicaments. La taille ultrabasse des gouttelettes est à
l’origine de la stabilité des NEs par rapport aux émulsions conventionnelles.
Bien que les NEs soient des systèmes poly-phasiques hors équilibre
thermodynamique, elles montrent une stabilité cinétique plus importante. Cela
provient de la résistance des NEs à la majorité des mécanismes de
déstabilisation. La très petite taille des gouttelettes entraîne une forte réduction
de la force de gravité, le mouvement brownien devient alors prédominant et
permet de vaincre la gravité. Cela signifie qu'aucun crémage ou sédimentation
ne se produit lors du stockage. La prédominance du mouvement brownien
permet également d’éviter la floculation, ce qui permet au système de rester
dispersé, sans séparation. La taille nanométrique des gouttelettes leurs confère
également une élasticité qui empêche les fluctuations de surface et permet ainsi
d’éviter le phénomène de coalescence. Les nanogouttelettes ont une tension
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interfaciale très basse ainsi qu’une zone interfaciale H/E très large, ce qui leur
permet de se déposer uniformément sur les substrats, et améliore le mouillage,
l'étalement et la pénétration à travers la barrière cutanée, ce qui permet
l’administration transdermique des molécules dispersées. Bien que les émulsions
permettent de disperser les composés lipophiles dans les véhicules hydrophiles,
les NEs permettent de solubiliser de plus grandes quantités de composés
hydrophobes. Elle permet d’augmenter la biodisponibilité, aussi bien par voie
orale que par voie transdermique, des molécules dispersées, facilite leur
diffusion et élimine la variabilité de l'absorption et permet également une
administration ciblée des molécules dispersées. Les nano-émulsions pourraient
également améliorer la stabilité des composés chimiquement instables en les
protégeant de la dégradation oxydative et de la dégradation par la lumière. Grâce
notamment à la taille nanométrique de leurs gouttelettes, les NE sont des
préparation non toxiques et non irritantes [37,38,40,41].

1.3.4. Domaines d’application des NEs


Les nombreux avantages des NEs cités précédemment, et notamment leur non
toxicité, l’augmentation de la biodisponibilité et diffusibilité des molécules ainsi
que l’administration ciblée, offrent un large spectre d’utilisation et en font un
choix innovant pour l’administration des médicaments ou « drug delivery
systems » pour différentes voies telles que la voie orale, parentérale, topique,
oculaire, transdermique et dans la biotechnologie. Les NEs sont également à
l’étude pour la prévention, la détection et le traitement des cancers, notamment
grâce aux thérapies ciblées [41]. En plus du domaine pharmaceutique, les NEs
sont de plus en plus utilisées dans différents domaines notamment comme la
cosmétique ou l’agro-alimentaire [42].

1.4. Opuntia ficus-indica (Figuier de barbarie)

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Figure 5 : Opuntia ficus indica (L.) Mill.

Opuntia ficus-indica ou figuier de barbarie est une plante xérophyte et


succulente de la famille des Cactacées (Cactaceae), de la sous famille des
Opuntiodeae et du genre Opuntia [43,44].
C’est une plante tropicale ou subtropicale originaire des zones désertiques du
nord-ouest du Mexique et du sud-ouest des États-Unis [45,46]. Elle répandue
dans toutes les régions au climat aride et semi-aride du monde notamment dans
le bassin méditerranéen, sur les plateaux arides de l'Asie occidentale et dans le
sud-ouest des États-Unis [46,47]. En Tunisie, le figuier de barbarie pousse sur
tout le pays [48]. Il est planté pour la consommation de fruits et aussi comme
plante ornementale, pour les clôtures de protection contre le vent, la
récupération et la réhabilitation des terres et le contrôle de l'érosion [49].
1.4.1. Description botanique
Ce cactus atteint jusqu'à 2 m de hauteur et a une physiologie CAM
(Métabolisme acide crassulacéen) avec une très grande efficacité d'utilisation de
l'eau. [49] Ses cladodes vont du vert au bleu-vert, tandis que les cladodes
terminaux sont toujours vert vif et produisent des fleurs et une nouvelle
croissance. Les cladodes portent quelques épines d'environ 2,5 cm de long ou
sont complètement inermes. Les cladodes sont obovales à oblongs, de 20 à 60
cm de long et de 10 à 40 cm de large. Des fleurs jaunes ou oranges en forme de
coupe se forment au périmètre des cladodes qui mesurent 6–7 cm de long sur 5–
7 cm de large. Le fruit est oblong, de 5 à 10 cm de long sur 4 à 9 cm de large,

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vert au début mais mûrissant en jaune, orange, rouge ou violet selon la variété
[45].

Figure 6: Figue de barbarie Figure 7: Fleur du figuier de barbarie

1.4.2. Propriétés thérapeutiques


Les différentes parties du figuier de barbarie, à savoir les cladodes, les fruits et
les fleurs, ont été largement utilisées dans la médecine populaire traditionnelle
ou comme constituants fonctionnels pour les produits alimentaires et
pharmaceutiques [50]. Par exemple, des enquêtes ethnobotaniques de terrain ont
révélé l'utilisation des fruits d'Opuntia ficus indica (L.) Mill. pour traiter le
diabète, les brûlures, l'asthme bronchique, la constipation, les calculs rénaux et
les douleurs rhumatismales et comme sédatif dans la médecine populaire turque
[47,50–52]. Les données de la littérature ont également démontré que
l’administration par voie orale de l’huile de pépins de figue de barbarie a des
effets anti-inflammatoires, hypocholestérolémiants, cardioprotecteurs,
antithrombotiques, antiarythmique, antiulcéreux et anti-diabétiques [54–56].
En application topique, l’huile a démontré une activité intéressante dans la
cicatrisation des plaies [11], et le traitement des brulures [12]. HFB présente
également un effet protecteur des cellules contre les radiations UV. En effet,
l’huile absorbe fortement dans la gamme UV-C (100–290 nm) et présente une

certaine absorbance dans les UV-B (290–320 nm) et UV-A (320–400 nm). Ces
dernières étant les gammes responsables de la plupart des dommages cellulaires,
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en les absorbant, l'huile de pépins d'Opuntia peut protéger contre ces radiations
et peut donc être utilisée dans la formulation de protecteurs d’UV [48,56].

Différentes études in-vitro et in-vivo ont mis en avant l’activité antioxydante


importante [57] ainsi que l’activité antimicrobienne de l’huile contre différents
agents pathogènes, tels que Escherichia coli, Staphylococcus aureus et
Pseudomonas aeruginosa [58].

Il a été démontré que l’huile de pépins de figues de barbarie est riche en divers
composés phytochimiques aux propriétés antioxydantes et antimicrobiennes
importantes, qui sont sans doute responsables de ses nombreux effets
pharmacologiques.
1.4.3. Composition de l’huile de pépins de figue de barbarie
L’étude de la composition de HFB cultivée en Tunisie a démontré sa richesse en
différents phytocomposants notamment les triacylglycérols, les acides gras
polyinsaturés, les phytostérols et tocophérols.
L’huile de pépins de figue de barbarie se s’est avérée hautement insaturée
(83,12%), comme en témoigne son indice d’iode élevé (108,52±0,250g I2/100g).
L’acide gras majoritaire présent dans l’huile est l’acide linoléique (60,69%),
suivie de l’acide oléique (16,41%) et l’acide palmitique (12,76%).
La composition en phytostérols a démontré que le b-sitostérol est majoritaire
suivi du campesterol. Ils constituent 85,1% de la teneur totale en stérols.
Concernant les tocophérols, le g-tocophérol représente 94,12% de la quantité
totale de vitamine E dans l’huile [48,56].
Ces composés sont à l’origine de l’activité antioxydante de l’huile d’Opuntia et
de son effet protecteur contre le stress oxydatif à l’origine de nombreuses
pathologies [52].
Tableau II: Composition de HFB en acides gras, tocophérols et stérols[48].
Acides gras Fraction (%)
Acides gras saturés 16.71±0.32%
Acide myristique 0,11±0,01

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Acide palmitique 12,76±0,69
Acide stéarique 3,20±0,34
Acide arachidique 0,30±0,07
Acide béhénique 0,15±0,07
Acide lignocérique 0,19±0,05
Acides gras mono-insaturés 22,43±0,05%
Acide palmitoléique 0,75 ± 0,001
Acide oléique 16,41± 0,13
Aide trans-vaccénique 5,01±0,08
Acide 11-éicosanoique 0,26±0,1
Acides gras poly-insaturés 60,69±0,44%
Acide linoléique 60,69 ± 0,44
Tocophérols Fraction (mg/100g)
α-Tocophérol 10,980 ± 0,002
γ-Tocophérol 421,080 ± 0,090
δ-Tocophérol 15,320 ± 0,03
Vitamine E totale 447,380±0,140
Stérols Fraction (g/Kg lipides totaux)
Cholestérol 0,01±0,00
Campestérol 2,17 ± 0,1
Stigmastérol 0,76 ± 0,03
b-Sitostérol 11,50±0,12
Sitostanol 0,57±0,02
Δ5-Avenasterol 0,82±0,03
Δ7-Avenasterol 0,23±0,01
Total 16,06±0,28

1.4.4. Toxicité de l’huile de pépins de d’Opuntia ficus-indica


Les études portant sur la toxicité de l’huile de pépins d’Opuntia ficus-indica ont
démontré sa faible toxicité aussi bien par voie orale que par voie intrapéritonéale
[59]. Les travaux de Boukeloua et al. ont montré que la dose létale médiane été
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DL50= 43 ml/kg de poids corporel suite à l’administration per os et 2,72 ml/kg
de poids corporel suite à l’administration intrapéritonéale. Ces hautes valeurs de
DL50 prouvent la faible toxicité aiguë de l’huile [49].

Afin d’exploiter les données bibliographiques qui ont mis en évidence les effets
thérapeutiques de l’huile de pépins d’Opuntia ficus-indica dans la cicatrisation
des plaies, nous avons décidé de l’incorporer dans une formulation phyto-
galénique stable dans le but d’augmenter au plus son efficacité.

Ainsi, nous avons choisi de procéder à la production d’une nano-émulsion


gélifiée à base d’huile de pépins de figuier de barbarie (HFB), en employant le
schéma « essai-erreur ». Une caractérisation de la NE optimale et du gel préparé
seront faites afin de s’assurer de la stabilité de la préparation. L’efficacité du gel
préparé sera ensuite évaluée par un essai de cicatrisation in-vivo.

2. MATERIEL ET METHODES
2.1 Matériel
2.1.1. Matière première et réactifs
[Link]. L’huile de pépins de figue de barbarie
L’huile étudiée dans ce travail est l’huile de pépins de figue de barbarie, obtenue
auprès de Herbalya®. C’est une huile extra-vierge, produite par pression à froid.
Sans solvant, sans colorant et sans conservateurs. Certifiée Ecocert et ayant le
label d’agriculture biologique.

Tableau III:Propriétés physico-chimiques de HFB[54]


Paramètres
Etat physique à température Liquide
ambiante
Couleur Jaune verdâtre
Odeur Légèrement fruitée
Propriété au toucher Huile sèche
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Texture Non comédogène
Densité à 20°C (masse/volume) 0,905±0,001
Indice de réfraction à 20°C 1,475±0,001
Indice d’acide 1,952±0,034
Indice de peroxyde (meq O2/kg 2,230±0,061
d’huile)
Indice d’iode (g I2/100g d’huile) 108,52±0,250
Indice de saponifiation (mg de 171,4±0,430
KOH/g d’huile)

[Link]. Le surfactant
Le Tween® 80 (T80 : Polyoxyéthylène (20) sorbitan monooléate ou Polysorbate
80) fourni par Sigma-Aldrich. C’est un tensioactif non ionique, hydrophile, de la
famille des polysorbates, de HLB= 15. A 25°C, il se présente sous forme d’un
liquide jaune huileux. Sa formule brute est C32H60O10 et sa masse molaire est
MM= 604.8 g/mol [60].

[Link]. Le co-surfactant
Le Span® 80 (S80 : monooléate de sorbitane) fourni par Loba Chemie. C’est un
tensioactif non ionique, hydrophobe, dérivé du sorbitan, de HLB= 4.3. A 25°. Il
se présente sous forme d’un liquide visqueux jaunâtre. Sa formule brute est
C24H44O6 et sa masse molaire est MM = 428,62 g/mol [61].

[Link]. L’agent gélifiant


SEPIMAX ZEN™ : C’est le Polyacrylate Crosspolymer-6, fourni par SEPPIC.
Il s’agit d’un polymère poudre épaississant, stabilisant et texturant [62].

[Link]. Isopropyl myristate


C’est l’ester de l’alcool isopropylique et de l’acide myristique, de formule brute
C17H34O2 et de masse molaire MM=270,45 g/mol. On l’a obtenu auprès de Sisco
Research Laboratories. Il se présente sous forme d’un liquide incolore à jaune
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pâle, inodore. L’IPM a des propriétés émollientes et améliore l’absorption par la
peau [63].

[Link]. Huile d’olive


L’huile d’olive extra-vierge, extraite par pression à froid à partir des fruits de
saison d’Olea europaea.
[Link]. La triacétine : triacétate de glycérine
La triacétine est un liquide incolore, hydrophobe et visqueux. Sa formule brute
est C9H14O6 et sa MM = 218.21 g/mol [64].

[Link]. L’huile de paraffine ou l’huile minérale


La paraffine liquide est c’est un mélange purifié d’hydrocarbures saturés
liquides obtenus à partir du pétrole, ayant la formule générale CnH2nO2, et est
obtenu à partir de pétrole ou huile de schiste. Elle se présente sous forme de
liquide huileux, incolore, transparent, sans odeur et sans goût [65].

2.1.2. Appareillages et outils


Les appareils utilisés au cours de ce travail sont :Balance de précision
METTLER®,Ultrasons, ZETA-SIZERNanoZ® de Malvern, Réfrigérateur
LG®, un Rhéomètre Brookfield DV-III ultra, Plaque magnétique + Barreaux,
Polytron®.

2.2 Méthodes
2.2.1 Choix de l’extrait à étudier : huile de pépins de figues de
barbarie
Notre choix s’est basé sur les résultats des recherches bibliographiques qui ont
démontré que l’huile de pépins de figue de barbarie est riche en
phytocomposants bioactifs aux diverses propriétés, notamment antioxydantes et
antimicrobiennes et ont aussi démontré une activité cicatrisante remarquable.

2.2.2 Choix de la forme phytogalénique : NE gélifiée


Les nano-émulsions sont des systèmes d’administration de médicaments ou
« Drug delivery systems » de plus en plus utilisés dans divers domaines
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médicaux et notamment pour les formulations contenant des extraits végétaux
hydrophobes.

Dans cette étude nous avons choisi la NE gélifiée comme forme galénique. Les
NEs étant des systèmes d’administration de médicaments innovants, permettant
l’encapsulation de notre huile d’intérêt, pour améliorer sa stabilité et augmenter
sa pénétration à travers les tissus biologiques, comparé aux émulsions
classiques, et ce grâce notamment à la taille nanométrique des gouttelettes. Pour
la préparation, nous avons fait le choix de solubiliser l’HFB dans un véhicule
huileux afin de faciliter son incorporation dans la formule et d’obtenir une NE
hautement stable et efficace.

Nous avons aussi choisi de gélifier la NE obtenue afin d’augmenter sa viscosité


dans le but d’augmenter la stabilité de la préparation au cours du temps ainsi que
faciliter son application topique.

Différents paramètres process et proportions des composants ont été testés afin
de parvenir à avoir une préparation optimale. La validation des paramètres cités
est assurée par la caractérisation de la NE grâce à l’étude de la taille des
particules, le PDI, les courbes de dispersion ainsi que le potentiel zêta dans un
deuxième temps. Une étude de stabilité a été faite pour valider les conditions
optimales du process ainsi que de la composition quantitative de la formulation.
L’étude rhéologique de gel préparé à partir de la NE, la mesure du pH ainsi que
l’évaluation de sa stabilité au choc thermique ont été réalisés.

2.2.3 Choix des excipients dans la formulation de la forme


galénique
[Link] Choix des tensioactifs
Les tensioactifs jouent un rôle majeur dans la formation des NEs. Ils abaissent la
tension interfaciale et donc permettre de réduire le stress nécessaire pour casser
les gouttelettes. Les TAs empêchent ainsi la coalescence des gouttelettes
nouvellement formées. Cependant, dans la plupart des cas, un seul tensioactif est

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incapable de diminuer suffisamment la tension interfaciale pour permettre la
formation des NEs, d’où la nécessité d’ajouter un Co-TA pour réduire
efficacement la tension interfaciale et augmenter la fluidité de l'interface liquide-
liquide en diminuant sa contrainte de flexion [34,66,67]. Lors du choix des
TA/Co-TA, il faut envisager des combinaisons qui réduisent efficacement la
tension interfaciale et produisent des émulsions stables avec une granulométrie
appropriée, mais qui garantissent également une irritation cutanée minimale,
ainsi, les tensioactifs non ioniques sont généralement privilégiés [35]. De plus, il
a été démontré que le bon mélange de tensioactifs à HLB faible et élevé
contribue à l’augmentation de la stabilité du système[67].

Ainsi, le choix de tensioactifs s’est basé sur leur non toxicité, leur tolérance
cutanée et leur aptitude à faciliter l’obtention d’une nano-émulsion, tout en
prenant en considération le HLB. Le Tween 80 (HLB =15) et le Span 80 (HLB
= 4,3) ont été choisis comme tensioactif et co-tensioactif respectivement pour la
formulation de notre préparation phytogalénique. Etant des TA non ioniques, le
Tween 80 et le Span 80 sont non irritants et donc des excipients sûrs pour les
tissus biologiques en général et pour la peau en particulier.

[Link] Choix du véhicule huileux : Etude de miscibilité de HFB


Afin de choisir le véhicule huileux que nous allons utiliser pour incorporer HFB
dans notre préparation phytogalénique, nous avons étudié sa miscibilité dans
différentes huiles à savoir l’huile d’olive extra-vierge, la triacétine, l’isopropyl
myristate et l’huile de paraffine. Notre choix s’est basé sur les données de la
littérature qui ont démontré le succès de ces huiles dans la production de NEs
[67].

Pour vérifier l’homogénéité du mélange HFB + véhicule huileux, nous les avons
mélangés dans des tubes à essai, dans les proportions 10% et 90%
respectivement. Le mélange a ensuite été soumis à une agitation continue
pendant 10 min puis conservé à l’abri de la lumière pendant 48 heures. Son
aspect est noté après la fin de l’agitation et après 48 heures pour vérifier la
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miscibilité de HFB dans l’huile choisie, l’homogénéité et la stabilité du
mélange.

2.2.4 Détermination du HLB critique


L’une des étapes fondamentales de la formulation d’une émulsion ou d’une
nano-émulsion est la détermination des proportions de tensioactif et de co-
tensioactif. Ce choix dépend de la valeur de HLB critique pour laquelle l’huile
ou le mélange huileux utilisé donne l’émulsion la plus stable.

Pour déterminer la valeur du HLB critique du mélange HFB+véhicule huileux,


nous avons procédé comme suit :

Une série de 6 émulsions renfermant 10% de la phase huileuse (HFB+véhicule


huileux dans les proportions 10% et 90% de la phase huileuse respectivement) et
5% du mélange de tensioactifs.

La phase aqueuse, préchauffée à 50°C (eau distillée +Tween 80) est ajoutée
progressivement et sous agitation magnétique à la phase huileuse
(HFB+véhicule huileux + Span 80) et également préchauffée à la même
température. L’agitation est maintenue pendant 15 min.

Les quantités de tensioactif et de co-tensioactif incorporés dans les deux phases


ont été variées afin de couvrir un intervalle de HLB supposé contenir le HLB
critique. Le nombre d’expérimentations est égal à 6.

Le calcul des pourcentages des tensioactifs est réalisé par la formule suivante :

2.2.5 Formulation de la NE par l’approche classique « essai-


erreur »
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Le développement de la NE s’est fait selon l’approche empirique « essai-
erreur ». Toutefois, nous nous sommes également basés sur les travaux
antérieurs réalisés au sein de notre laboratoire de recherche (Aymen Barouni,
Dhaou Baccar), notamment pour le choix des proportions initiales de TA-COTA
et de la phase huileuse (Formule 1). Les proportions ont ensuite été ajustées au
fur et à mesure selon les résultats obtenus.
Différentes formules ont été préparées en changeant à chaque fois un des
paramètres (paramètre process, nature du véhicule huileux ou proportions de la
phase huileuse et du mélange TA-COTA). La nature des TA et COTA quant à
elle est restée la même. Il est à noter aussi que le mélange HFB+véhicule
huileux est fixé dans les proportions 10%-90% respectivement.
Les différentes formules et process sont présentés dans les tableaux suivants :
Tableau IV: Process 1 de production de la NE
Formule F1
HFB 0,5%
IPM 4,5%
TA-COTA 20%

Eau QSP 100%


Conditions 2 min polytron
opératoire

Le mode opératoire consiste en la préparation de la phase aqueuse en dissolvant


le Tween 80 (tensioactif hydrophile) dans l’eau distillée. La phase huileuse a été
obtenue en dissolvant le Span 80 (co-tensioactif hydrophobe) dans le mélange
HFB + véhicule huileux. Chaque phase a été mélangée à part pendant 5 min à
l’aide d’un agitateur magnétique et chauffée jusqu’ à atteindre 50°C. On a
ensuite versé la phase aqueuse en totalité sur la phase huileuse et on a
homogénéisé à l’aide d’un homogénéisateur à très grande vitesse

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« POLYTRON » pendant 2 min avec une vitesse de 13000 tpm. Ce process
consiste donc en une homogénéisation par agitation à cisaillement élevé.

Tableau V: Process 2 de production de la NE


Formule F1 F2 F3 F4 F5 F6
HFB 0,5% 1% 1% 0,5% 1% 1%
IPM 4,5% 9% 9%
Huile d’olive 4,5% 9% 9%
TA-COTA 20% 20% 15% 20% 20% 15%

Eau QSP QSP QSP QSP QSP QSP


100% 100% 100% 100% 100% 100%

Conditions 15 min ultrasons suivis de 2 min polytron


opératoires

Le mode opératoire consiste en la préparation de la phase aqueuse en dissolvant


le Tween 80 (tensioactif hydrophile) dans l’eau distillée. La phase huileuse a été
obtenue en dissolvant le Span 80 (co-tensioactif hydrophobe) dans le mélange
HFB + véhicule huileux. Chaque phase a été mélangée à part pendant 5 min à
l’aide d’un agitateur magnétique et chauffée jusqu’ à atteindre 50°C.

Ajouter ensuite la phase aqueuse à la phase huileuse goutte à goutte, tout en


appliquant au mélange des ultrasons pendant 15 min. Placer ensuite le mélange
obtenu sous un homogénéisateur à très grande vitesse « POLYTRON » pendant
2 min avec une vitesse de 13000 tpm. Ce deuxième process consiste donc en
l’association de deux méthodes d’émulsification à haute énergie à savoir la
sonication et l’homogénéisation par agitation à cisaillement élevé.

Il est à noter que tous les constituants ont été pesés à part à l’aide d’une balance
de précision et la quantité préparée pour chaque formule est de 15g.
Pour chaque formule, la taille moyenne de la taille des gouttelettes, les courbes
de distribution de taille et l’indice de polydispersité (PDI) ont été mesurés afin
Page | 24
de caractériser la dispersion des gouttelettes d’huile dans les NEs pour nous
orienter vers la NE optimale, ayant la taille et la PDI les plus faibles et la
dispersion la plus homogène. Ces mesures ont été faites à l’aide d’un
diffractomètre laser Zeta-sizer NanoZS.

2.2.6 Caractérisation de la NE obtenue


[Link] Distribution granulométrique, indice de polydispersité
La mesure de la taille des globules et de l’indice de polydispersité de la NE
optimale ont été réalisés à J1 J2 et J7 afin de suivre la stabilité de la préparation.
La NE a été diluée avec l’eau distillée (1/100) afin de réaliser l’essai. La
distribution de la taille des nanoglobules a été déterminée à 25°C par DLS
(dynamic light scattering) en utilisant le granulométre laser Zetasizer Nano-S
(Malvern Instruments, Royaume-Uni). Toutes les mesures ont été répétées 3 fois
(n=3).
[Link] Potentiel ZETA de la NE optimale
Le potentiel Zeta de notre préparation optimale a été mesuré en utilisant
Malvern Zetasizer (Malvern Instruments Ltd, Malvern, Worcestershire,
Royaume-Uni). La préparation a été préalablement diluée au 1/100 avec de l’eau
distillée et l’analyse a été répétée 3 fois, à 25°C, avec le mode automatique.
[Link] Stabilité à long terme
La NE optimale a été gardée pendant 6 mois à température ambiante, son aspect
a ensuite été noté après 2 mois et après 6 mois afin de vérifié l’éventuelle
apparition de signes d’instabilité.

2.2.7 Gélification de la NE obtenue


La gélification des NEs a plusieurs objectifs. Dans un premier temps, la NE
gélifiée permet d’avoir une meilleure applicabilité topique par rapport aux NEs
grâce à l’augmentation de la viscosité. De plus, c’est un moyen d’augmenter la
stabilité des NEs, grâce à la stabilisation rhéologique de ces dernières, qui
malgré leur stabilité apparente, elles présentent au fil du temps des signes
d’instabilités thermodynamiques. La gélification a donc pour but de retarder
Page | 25
l’apparition de toute forme d’instabilité notamment le crémage, la coalescence
ou la floculation. La stabilisation rhéologique consiste à ajouter des additifs
permettant d’augmenter la viscosité de la phase continue, tels que des polymères
viscosifiants ou certains tensioactifs, de manière à ce que les gouttes dispersées
soient moins mobiles et que la probabilité de choc entre les gouttelettes diminue.

De plus, dans certains cas, la gélification permet aussi de moduler la libération


des agents actifs [68,69].

Ainsi, une fois la formule optimale de notre NE obtenue, nous avons cherché à
développer un gel à base de cette dernière. Pour ce fait, nous avons utilisé le
Sepimax Zen ® comme agent gélifiant (à 1% du poids de la préparation). Le gel
a été préparé à température ambiante selon les étapes suivantes :
- Peser et tamiser le Sepimax ZEN™
- Saupoudrer l’agent gélifiant (Sepimax) sur la NE émulsion sous agitation
avec un agitateur mécanique à hélice (agitateur digital 2000: Bioblock
Scientific). La vitesse d’agitation a été augmentée progressivement selon la
viscosité, tout en maintenant l’hélice en position inclinée de 45° afin d’éviter
le phénomène vortex et prévenir la formation de bulles d’air.
- Le gel obtenu a été conditionné dans un pot et bien conservé pour éviter
toute forme de contamination.
Il est à noter que, tout le matériel utilisé et le pot de conditionnement ont été
désinfectés par de l’éthanol à 90° v/v avant la manipulation afin de respecter les
règles d’asepsie.
2.2.8 Caractérisation du gel préparé
[Link] Mesure de pH
La mesure du pH a été réalisée à l’aide d’un papier pH 3 fois de suite puis la
moyenne a été calculée.
[Link] Étude rhéologique
Le comportement rhéologique est évalué par un rhéomètre Brookfield RV DVIII
à mobiles tournants en augmentant progressivement la vitesse de rotation (1 à
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250 t/min). On a ensuite tracé la courbe de variation de la viscosité en fonction
de la contrainte de cisaillement pour apprécier le comportement rhéologique à
température ambiante. Les mesures ont été réalisées à température ambiante
(T°=17°C) et nombre de répétition n=5.

[Link] Stabilité au choc thermique


La NE gélifiée a subi 3 cycles d’alternance de température entre 25°C
(température ambiante) et -15°C (congélateur). On a ensuite noté l’aspect visuel
et on a mesuré le pH de la préparation.
2.2.9 Test in-vivo de l’activité cicatrisante du gel préparé
[Link] Choix du Modèle animal
L’évaluation de la propriété cicatrisante de notre gel a été réalisée sur un total de
6 rats albinos femelles, de souche WISTAR, de masse moyenne environ 200 ±
20 g, obtenus auprès de l’animalerie de la Faculté de Pharmacie de Monastir.
Les rats ont été répartis en 2 lots, séparés dans deux cages en polyéthylène bien
marqués, dans une salle à température ambiante, bien aérée. Ils ont été logés
dans des conditions standards de laboratoire (cycles de 12 h de lumière et 12 h
d’obscurité, une température d’environ +25°C et une alimentation standardisée
faite d’eau et de granulés de laboratoire destinés à l’alimentation murine).

[Link] Préparation des incisions


Après avoir été anesthésié par inhalation du diéthyl-éther, les rats ont été rasés
au niveau du dos à l’aide d’une tondeuse électrique PRITECH®. Leur peau a
ensuite été nettoyée avec de l’éthanol afin d’obtenir une peau dépourvue de
poils, dégraissée et bien désinfectée.

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Au dos de chaque rat, des plaies ont été provoquées en réalisant des incisions
avec des ciseaux aseptisés, en délimitant au préalable les contours à l’aide d’un
délimiteur en acier inoxydable de 1cm de diamètre.

Figure 8: Technique de pratique des incisions


[Link] Traitement des plaies
Les rats ont été divisés en deux groupes. Le premier groupe est le groupe
témoin. Dans ce groupe, chaque rat présente 3 incisions. La première est non
traitée et la seconde est traitée par un gel blanc (Eau+SepimaxZen®). Ces deux
incisions représentent les témoins négatifs. La troisième incision, qui représente
le témoin positif, est traitée par une crème ayant l’AMM en Tunisie et à
l’échelle internationale, commercialisée pour son activité cicatrisante, composée
d’acide hyaluronique et de sulfadiazine argentique.

Le second groupe est le groupe essai. Chaque rat présente 2 incisions. La


première est traitée par notre NE optimale gélifiée. La seconde est traitée par
une émulsion conventionnelle gélifiée, ayant la même composition qualitative et
quantitative que notre NE. Cette émulsion a pour but d’une part de confirmer
l’activité cicatrisante de HFB et d’autre de démontrer l’apport de la
nanotechnologie dans la cicatrisation en comparant les résultats obtenus au

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niveau des plaies traitées par l’émulsion avec ceux obtenus avec les plaies
traitées par la nano-émulsion optimale gélifiée.

L’émulsion gélifiée a été préparée selon le mode opératoire suivant :

Préparer la phase hydrophile en dissolvant le Tween 80 dans l’eau distillée sous


agitation magnétique et préparer la phase lipophile en dissolvant le Span 80 dans
le mélange huileux (HFB+IPM) également sous agitation magnétique. Chauffer
chaque mélange à part à 50°C. Ajouter ensuite progressivement la phase
aqueuse à la phase huileuse. Le mélange est soumis à une agitation mécanique à
l’aide d’un agitateur à hélice (6000 tours/min) pendant 15 min.

L’émulsion obtenue est gélifiée avec du Sepimax Zen® à 1%, selon la méthode
décrite précédemment.

Le traitement a été appliqué en couche épaisse en veillant à couvrir toute la


surface de la plaie. Chaque plaie a ensuite été recouverte d’une compresse
propre, et d’un pansement adhésif afin de protéger les plaies. Le traitement a été
appliqué une fois par jour à la même heure pendant 10 jours. Les plaies ont été
observées et photographiées quotidiennement dans le but d’évaluer leur
évolution au cours du temps.

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[Link] Evaluation de la taille des plaies
La surface des plaies a été mesurée à l’aide du logiciel ImageJ. Le pourcentage
de contraction des plaies a été ensuite calculé selon la formule suivante :
(surface initiale de la plaie−surface de la plaie au jour j)
% de contraction=[ ]×100.
surface initiale de la plaie

[Link] Etude statistique


L'analyse statistique a été réalisée à l'aide du logiciel SPSS. Les données
obtenues ont été analysées à l'aide de l'ANOVA à 1 facteur, suivie des tests de
comparaisons multiples de Tukey. Le niveau de signification a été fixé à 0,05 et
(p < 0,05) était statistiquement significatif.

3. RESULTATS ET DISCUSSION
3.1 Etude de miscibilité de HFB
Le choix du véhicule huileux adéquat est une étape critique pour la réussite de la
formulation. L’huile choisie doit à la fois être parfaitement soluble avec HFB
(pour permettre une encapsulation optimale et assurer sa stabilité au fil du
temps) et faciliter la formulation, en permettant l’obtention d’une NE stable aux
gouttelettes de taille nanométrique.
Les résultats de l’essai de miscibilité sont présentés dans le tableau suivant :

Tableau VI: Etude de miscibilité de HFB.

HFB + huile HFB + HFB + IPM HFB + huile


d’olive triacétine de paraffine

T0

Observation Solubilisation HFB est Solubilisation Solubilisation


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insoluble dans
totale de HFB totale de HFB totale de HFB
la triacétine

Observation
après 48h

Les résultats montrent que HFB est totalement soluble dans l’huile de paraffine,
l’IPM et l’huile d’olive, par contre elle est insoluble dans la triacétine. Aucun
changement n’a été observé après 48h.
3.2 Détermination du HLB critique
L’étude du HLB critique s’est faite en utilisant l’IPM et l’huile d’olive comme
véhicule huileux, vu la solubilité de HFB dans ces deux huiles. La gamme de
HLB a été choisie en se basant sur les valeurs de HLB critique de chaque huile
qui sont HLB=11,5 pour IPM et HLB= 10 pour l’huile d’olive.
- IPM

L’observation macroscopique des formules préparées après 1h ont montré une


séparation de phase pour les HLB 9.5, 10, 10.5, 11.5 et 12. La préparation
correspondant au HLB=11 est relativement plus stable. De ce fait, nous avons
choisi de travailler avec la valeur HLB=11 pour l’IPM.

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Figure 9: HLB critique IPM
- Huile d’olive

L’observation macroscopique des formules préparées après 1h ont montré une


séparation de phase pour les HLB 9, 9.5, 10, 11 et 11.5. La préparation
correspondant au HLB=10,5 est relativement plus stable. De ce fait, nous avons
choisi de travailler avec la valeur HLB=10,5 pour l’huile d’olive.

Figure 10: HLB critique huile d'olive


3.3 Formulation de la nano-émulsion
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Les nano-émulsions sont des dispersions transparentes (ou translucides), d'huile
et d'eau stabilisées par un film interfacial de tensioactif et de molécule de co-
tensioactif [70]. Les tailles de gouttelettes de nano-émulsion se situent
généralement dans la plage de 20 à 200 nm et présentent des distributions de
tailles étroites [34,71].
Afin de choisir la formule optimale, la taille moyenne des gouttelettes, les
courbes de distribution de taille et l’indice de polydispersité ont été utilisés pour
caractériser les NEs formées.
Tableau VII: Les résultats du process 1.
Process : Taille moyenne de PDI Aspect visuel
Polytron particules en nm
2min

Formule 1 184,67± 0.441 Blanc laiteux

Les résultats de ce process ont montré une taille de particules de 184nm [180,8 ;
187,6], avec un PDI=0,441[0,399 ; 0,5], un aspect blanc laiteux et des signes
d’instabilité (léger crémage). Ce process n’a donc pas permis d’obtenir une NE
assez fine et stable, d’où la nécessité d’apporter des modifications au processus.
Le nouveau process consiste en une émulsification par ultrasonication pendant
15min suivi d’une homogénéisation mécanique à grande vitesse 13.000tr/min.
Les résultats obtenus avec le process 2 sont présentés dans le tableau suivant.

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Tableau VIII: Les résultats du process 2
Process : ultrasons Véhicule Taille de PDI Aspect visuel
15min+ Polytron huileux particule
2min en nm
Formule 1 (F1) IPM 52,32± 0.631 Translucide avec
un reflet bleuté

Formule 2 (F2) IPM 55,19± 0,311 Translucide avec un


reflet bleuté

Formule 3 (F3) IPM 56,46± 0,233 Translucide avec un


reflet bleuté

Formule 4 HO 64,36± 0,462 Jaunâtre

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Formule 5 HO 127,56± 0,207 Jaunâtre

Formule 6 HO 118,86± 0,330 Jaunâtre

L’ajout de la sonication avant l’homogénéisation avec le « Polytron » a permis


de réduire considérablement la taille des gouttelettes qui est passée de 184nm à
52nm. Par contre, la valeur de PDI est élevée (0,631>0,5). Afin de réduire la
valeur du PDI et obtenir une NE monodispersée, nous avons dans un premier
temps, varié les pourcentages du couple TA-COTA tout en gardant l’IPM
comme véhicule huileux. F2 et F3 ont présenté une taille de gouttelettes très
proche (55 et 56 nm respectivement), en revanche, le PDI de F3 (0,233) est plus
bas que F2 (0,311), ce qui prouve qu’elle présente une distribution homogène de
nano-gouttelettes, et donc une meilleure stabilité. Cette différence dans la valeur
du PDI entre F2 et F3 peut s’expliquer par le fait qu’il existe un ratio huile/TA
optimal pour lequel on parvient à la NE la plus stable. En effet, il existe une
concentration optimale de TA au-dessus de laquelle la taille moyenne des
gouttelettes augmente [40].
Les résultats des formules 4, 5 et 6 (où on a remplacé l’IPM par l’huile d’olive
comme véhicule huileux), ont montré que, malgré l’obtention de NE homogènes
avec un PDI < 0,5(nous somme même parvenu à avoir une émulsion
monodispersée avec un PDI=0,2), la taille des gouttelettes est bien supérieure à

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50nm (entre 65nm et 127nm). Ces résultats sont donc en faveur de l’IPM en tant
que véhicule huileux pour la NE.
Ainsi, les résultats ont montré que la modification du process en combinant deux
méthodes d’homogénéisation à haute énergie, à savoir 15 min d’ultrasons suivie
de 2 min d’homogénéisation mécanique par agitation à cisaillement élevé, ont
permis de réduire significativement la taille des gouttelettes en passant de 184
nm à 52 nm. Par contre, la PDI est restée élevée. Pour remédier à ce problème
nous avons procédé à des modifications au niveau de la formulation. Le
remplacement de l’IPM par l’huile d’olive a permis d’avoir des émulsions
homogènes au PDI entre 0,4 et 0,2 (<0,5), par contre la taille des gouttelettes
était supérieure à celle obtenue avec l’IPM.
F2 et F3 ont permis d’avoir les NEs les plus fines et les plus homogènes et
précisément la F3 qui a permis d’avoir un PDI de l’ordre de 0,2 et est donc notre
NE optimale (courbe de distribution en annexe).
Les différents résultats obtenus suite aux modifications apportées aussi bien au
niveau du process qu’au niveau de la formulation ont montré que la nature du
véhicule huileux utilisé, les proportions d’huile et du mélange TA+COTA ainsi
que la méthode de production choisie ont un impact significatif sur les
caractéristiques de la NE.
Le process 1, qui est l’utilisation du « polytron » seul, s’est avéré inefficace dans
la production de NE. Or, l’association des ultrasons à l’agitation à cisaillement
élevé a permis une diminution importante de la taille des gouttelettes et
l’obtention d’une NE translucide aux reflets bleutés. En réalité, dans le
processus d'agitation à cisaillement élevé, les appareils de type rotor/stator tel
que le polytron sont généralement utilisés pour décomposer les plus grosses
gouttelettes en gouttelettes plus petites. Cependant, la taille moyenne des
gouttelettes à l'échelle nanométrique est difficile à obtenir par ce procédé. Pour
pallier à cet inconvénient, une association de plusieurs méthodes doit être
adoptée afin d’atteindre un degré maximal de dispersion. De ce fait,
l’utrasonication a permis dans un premier temps de disperser la phase huileuse
Page | 36
dans la phase aqueuse grâce au mécanisme de cavitation qui fournit l’énergie
nécessaire pour entrainer l’implosion des gouttelettes et augmenter leur surface
interfaciale. L’utilisation ensuite du polytron a permis d’apporter une énergie
supplémentaire pour décomposer les gouttelettes par les forces de cisaillement,
permettant d’obtenir les nanogouttelettes de la taille désirée [72,73].
En outre, les résultats obtenus avec le process 2 (Ultrason+polytron) et les
mêmes proportions de TA+COTA ont montré que la taille des gouttelettes de
NEs obtenus avec l’huile d’olive comme véhicule huileux est plus importante
que celle obtenue avec l’IPM. Ceci est dû notamment à la différence de viscosité
entre les deux huiles. En effet, il a été démontré que plus l’huile dispersée est
visqueuse, plus il est difficile d’obtenir une NE de taille fine et il faut utiliser de
grandes concentrations de TA pour diminuer la taille des particules [74]. Ceci
explique les résultats obtenus, vu que l’IPM est moins visqueuse, elle a permis
d’avoir des particules plus fines (une différence de taille de l’ordre de 70nm).
Ces résultats démontrent donc l’importance du choix du véhicule huileux
adéquat, pour avoir une NE optimale.
Ainsi, les résultats obtenus prouvent le succès de la méthode utilisée ainsi que
les excipients choisis pour obtenir une NE fine, homogène et monodispersée.

Figure 11: Aspect de la NE optimale après dilution au 1/10ème.

3.4 Caractérisation de la NE optimale


Pour confirmer les résultats obtenus précédemment et caractériser la NE
optimale, on s’est basé sur la taille des gouttelettes, l’indice de polydispersité et
Page | 37
le potentiel zêta, vu que ces paramètres jouent un rôle important dans la stabilité
de la NE et dans son efficacité.

3.4.1 Taille des particules, distribution granulométrique et indice


de polydispersité
Les émulsions sont généralement sujettes à différentes formes d’instabilité
notamment la coalescence, la floculation ou le crémage. Les NEs ont permis de
surmonter ce problème grâce à la petite taille des gouttelettes. En effet, la taille
nanométrique des gouttelettes entraine une réduction de la force de gravité et un
mouvement brownien suffisant suffisants pour éviter la sédimentation ou le
crémage. Les petites gouttelettes empêchent également la coalescence, car elles
sont élastiques et indéformables et donc les fluctuations de surface sont évitées
[39,67] ainsi, la taille des gouttelettes a une importance capitale dans la stabilité
des NEs.
L’indice de polydispersité est une mesure utilisée pour indiquer la variation de la
taille d’une population de gouttelettes dans un échantillon donné [37]. La valeur
de PDI varie entre 0 et 1. Plus la valeur de polydispersité est proche de zéro,
plus les particules sont homogènes [75]. Ainsi, il a été démontré que des valeurs
de PDI > 0,7 indiquent que l’échantillon a une large gamme de distribution de
taille de particules alors qu’une valeur de PDI < 0,3 a été considérée comme un
système monodispersé idéal [76].
Pour confirmer les résultats trouvés précédemment et s’assurer de la stabilité de
la NE optimale, nous avons enregistré la taille gouttelettes et le PDI de la NE
pendant 7 jours. Les résultats ont montré que la NE est stable et homogène. (voir
annexes pour les courbes de dispersion).

Tableau IX: Taille des globules et PDI de la formule optimale (F3).


J0 J2 J7
F3 Taille=56,46nm Taille=56,36nm Taille=59,48nm
PDI=0.233 PDI=0.260 PDI=0.248

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3.4.2 Le potentiel zêta
Le potentiel zêta est un déterminant essentiel pour la stabilité des NEs et joue
également un rôle important dans le devenir in vivo de ces dernières [37]. Le
potentiel zêta est le potentiel entre la surface des gouttelettes et le milieu liquide
de dispersion et peut être utilisé pour estimer la charge de surface des
gouttelettes dans ce milieu [77]. Il nous donne ainsi des informations sur les
forces de répulsion entre les gouttelettes.
Il a été démontré que le potentiel zêta devrait atteindre une valeur absolue
supérieure à 30mV afin d’obtenir des NEs stables [77]. En effet, plus la valeur
du potentiel zêta est élevé, plus les forces de répulsion entre les particules sont
fortes permettant ainsi d’éviter le phénomène de floculation ou de coalescence.
Dans le cas d'une stabilisation électrostatique et stérique combinée, un potentiel
zêta minimum de ±20 mV est souhaitable [78] .
Le potentiel zêta de notre préparation est -31,4mV. Ce résultat indique la haute
stabilité de notre préparation optimale.

Figure 12: Potentiel zêta de la préparation optimale.

Page | 39
3.4.3 Stabilité à long terme
Pour vérifier la stabilité de notre NE optimale à long terme, nous l’avons
conservé pendant 6 mois à température ambiante. A l’observation
macroscopique après 2 mois et 6 mois, la préparation n’a présenté aucun signe
d’instabilité.

Tableau X:Aspect macroscopique de la préparation après 2 et 6 mois.


Aspect initial Aspect après 2 mois Observation après 6 mois

Les résultats des essais de caractérisation de la NE obtenue témoignent de la


robustesse de la méthodologie de la formulation ainsi que le succès du choix des
excipients, notamment le véhicule huileux

3.5 Développement du gel


Au cours de notre étude, la gélification s’est faite en ajoutant progressivement
l’agent gélifiant, qui est le Spimax Zen® à la NE dans la proportion de 1%. Le
gel obtenu a une texture non collante, homogène et très mouillée, qui est
favorable à l’application topique.

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Figure 13: Aspect de notre NE gélifiée

3.6 Caractérisation de la NE gélifiée


3.6.1 Mesure du pH du gel

Le pH de la peau est acide et se situe généralement entre 4 et 6. Plusieurs études


ont démontré que l’acidité de la peau joue un rôle important pour garder son
intégrité, assurer l’homéostasie et permettre le bon déroulement des différents
processus tels que la différenciation des kératinocytes, la formation et la
fonction des lipides épidermiques et de l'enveloppe lipidique des cornéocytes
etc. [79] De plus, il a été démontré que le pH du milieux intervient aussi dans le
bon déroulement de la cicatrisation des plaies. En effet, la cicatrisation des
plaies se produit le plus efficacement à faible pH, alors que les environnements
de plaies alcaline ont été principalement liés aux plaies chroniques. Par ailleurs,
le pH acide potentialise l’activité antimicrobienne. [80] Ainsi, le pH de la
formulation doit être acide, proche de celui de la peau, pour éviter
d’endommager cette dernière, assurer l’homéostasie et aussi assurer un
environnement propice pour avoir une cicatrisation optimale et éviter la
surinfection.

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Le pH de notre NE optimale gélifiée a été mesuré à l’aide d’un papier pH à trois
reprises. Les résultats obtenus étaient 6±0,5, qui sont des valeurs satisfaisantes et
ne devraient pas provoquer d’irritation lors de l’application cutanée.

3.6.2 Etude de la viscosité

Les résultats de l’étude rhéologique de notre gel est présentée dans le tableau
suivant :
Tableau XI: Etude rhéologique de la NE gélifiée.
RPM Torque (%) Viscosité (cP)
1 4,2 41000
5 8,9 18000
10 12,6 12500
25 19,8 7880
50 28,7 5600
100 40 4030
150 49,8 3320
200 56,2 2820
250 61 2460

La viscosité est considérée comme une propriété physique essentielle pour les
formulations transdermiques. Elle a à la fois un impact sur l’acceptabilité du
produit (facilité d’application, uniformité d’étalement etc.), sur sa stabilité et sur
son efficacité (affecte la diffusion du principe actif).
A température ambiante, la viscosité de notre préparation dépend de la force de
cisaillement appliquée. C’est donc un fluide non newtonien, ayant un
comportement pseudo-plastique puisque sa viscosité diminue suite à

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l’augmentation de la vitesse d’agitation et subi donc une fluidification par
cisaillement.
Pour la plupart des produits, la viscosité doit être élevée à de faibles gradients de
vitesse pour empêcher toute sédimentation ou affaissement, mais doit se délayer à
des gradients de vitesse plus élevés afin de faciliter l'application ou le traitement
[81]. Ainsi, les propriétés rhéologiques de notre gel préparé semblent intéressantes
et conviennent à une application topique.

Comportement rhéologique de la NE op-


timale gélifiée
45000
40000
35000
30000 Viscosité (cP)
25000
20000
15000
10000
5000
0
0 50 100 150 200 250 300

Figure 14: Comportement rhéologique de la NE optimale gélifiée


3.6.3 Stabilité au choc thermique

Afin d’étudier la stabilité de notre NE gélifiée, nous l’avons soumis à 3 cycles


de congélation-décongélation (alternance entre -20°C et 25°C). Nous avons
ensuite étudié l’aspect macroscopique et mesuré le pH.
Les résultats obtenus n’ont montré aucun changement dans l’aspect
macroscopique du gel préparé ni dans sa texture au toucher. La valeur du pH est
également restée la même.

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Tableau XII:Résultats de l’essaie de stabilité au choc thermique.

Avant les 3 cycles Après les 3 cycles


Aspect
macroscopique

3.6.4 Essai de cicatrisation in-vivo


La totalité des résultats (10 jours) est présentée dans les annexes (…)
et le pourcentage moyen de contraction des plaies est présenté dans le
tableau suivant :
Tableau XIII: Pourcentage moyen de contraction des plaies.
Jour NT Blanc Crème Émulsion NE
1 0,00% 0,00% 0,00% 0,00% 0,00%

2 7,48% 5,93% 6,13% 7,42% 15,26%

3 9,46% 9,94% 8,29% 11,83% 26,21%

4 13,40% 17,05% 11,34% 18,66% 36,42%

5 17,39%* 24,94% 17,88%* 30,53% 52,51%

6 20,72%* 27,19%* 20,19%* 33,33% 66,81%

7 23,40%** 30,02%* 28,61%* 49,32% 80,28%

8 23,87%*** 34,12%** 30,32%** 60,82% 85,68%

Page | 44
9 24,55%*** 46,22%*** 32,36%*** 76,98% 92,41%

10 25,10%*** 55,56%** 36,88%*** 79,39% 97,44%

120.00% Pourcentage de contraction des plaies

100.00%

80.00%

60.00% **
***
40.00% ***
** ***
* ** ***
* * *** ***
* * **
20.00% * *

0.00%
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

NT Blanc Crème Emulsion NE

Figure 15: Pourcentage de contraction des plaies.


Comparaison du pourcentage de contraction des plaies entre les différents groupes. Différence significative avec le groupe
traité par la NE (*= p<0,05 ; **= p< 0,01 ; *** =p< 0,001).

Tableau XIV:Evolution des plaies non traitées.

Non traités

J1 J3 J7 J9 J10

N1

N2

Page | 45
N3

Les plaies non traitées ont évolué très lentement vers la guérison. A
l’observation macroscopique, on a noté l’apparition de signes d’inflammation.
Une croûte d’est formé à partir de J2/3. Quelques signes de surinfection sont
apparus chez le rat n°1 à J9. Au bout de 10 jours, nous avons obtenu un
pourcentage de contraction de 25%.

Tableau XV:Evolution des plaies traitées par le gel à blanc.

Gel blanc

J1 J3 J7 J9 J10

N1

N2

N3

L’application du gel blanc a permis d’accélérer la cicatrisation par rapport au


groupe non traité. A l’observation macroscopique, on remarque l’apparition de
signes d’inflammation les 3 premiers jours. Les plaies se sont recouvertes d’une
croûte, qui s’est décollé spontanément à J9 chez les rats n°1 et 3 laissant paraître

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un tissu d’aspect rougeâtre, qui laisse penser au tissu de granulation. A J10, le
pourcentage moyen de contraction des plaies était de 55%.

Tableau XVI:Evolution des plaies traitées par la crème commercialisée.

Crème commercialisée

J1 J3 J7 J9 J10

N1

N2

N3

Chez les rats traités par une crème cicatrisante commercialisée à base d’acide
hyaluronique et de sulfadiazine argentique, nous avons constaté une évolution
lente vers la guérison avec une amélioration progressive au bout de 10 jours de
traitement. L’application quotidienne de cette crème a permis d’accélérer
légèrement la cicatrisation par rapport au groupe non traité. A l’observation
macroscopique, nous avons constaté l’absence de signes de surinfection, qui est
expliqué par l’effet antibactérien de la sulfadiazine argentique. La cicatrisation
est cependant incomplète. Au bout de 10 jours, la contraction des plaies était de
37%.

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Tableau XVII:Evolution des plaies traitées par l’émulsion gélifiée.

Emulsion HFB

J1 J3 J7 J9 J10

N1

N2

N3

Selon l’observation macroscopique des plaies, l’application de l’émulsion


conventionnelle gélifiée n’a pas eu d’effet significatif sur les plaies les deux
premiers jours, le pourcentage de contraction est similaire à celui observé avec
les groupes témoins. A J3, nous avons constaté la formation d’une croute
épaisse. Au 7ème jour, on a observé une réduction remarquable de la surface de la
plaie, le pourcentage moyen de contraction était de 49% (a atteint 78% chez le
rat n°2). La croûte s’est décollée spontanément chez les 3 rats, laissant paraitre
des plaies épithélialisées. Au bout de 10 jours, le pourcentage de contraction des
plaies a atteint 79%. Aucun signe de surinfection n’a été observé.

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Tableau XVIII:Evolution des plaies traitées par la NE gélifiée.

NE HFB

J1 J3 J7 J9 J10

N1

N2

N3

A l’observation macroscopique, la NE gélifiée, tout comme l’émulsion


conventionnelle, n’a pas eu d’effet significatif sur les plaies les trois premiers
jours. Le pourcentage de contraction est similaire à celui observé avec les
groupes témoins (p>0,05). Une croûte a recouvert la surface de la plaie. A partir
du 4ème jour, on observe une accélération de la cicatrisation, par rapport aux
autres groupes. Au 6ème jour, le pourcentage de contraction moyen des plaies
était de 66% (a atteint 79% chez le rat n°2). La croûte formée s’est décollée
spontanément en laissant paraître une plaie épithélialisé (aspect rose clair). A
J10, le pourcentage de cicatrisation a atteint 97% et à l’observation
macroscopique nous avons constaté la repousse des poils sur la zone de la plaie
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et la peau a presque retrouvé son aspect initial. De plus, comme pour les rats
traités avec l’émulsion de HFB et avec la crème commercialisée, on n’a pas
observé de signes de surinfection.

Discussion
Notre travail a pour but d’étudier la propriété cicatrisante de HFB et de
déterminer l’apport de la nanotechnologie dans la cicatrisation par rapport à
l’émulsion conventionnelle. Les résultats observés ont démontré une absence
d’amélioration au niveau du groupe non traité et une évolution lente vers la
guérison pour le groupe traité avec la crème commercialisée. Par contre, au
niveau des groupes traités par l’émulsion et la NE de HFB, une amélioration
significative de la cicatrisation a été observée (p<0,05). Toutefois, la
reconstruction du tissu est plus avancée et le temps de guérison raccourci avec la
NE comparé à l’émulsion de HFB.

Les 3 premiers jours, on n’a pas observé de différence significative entre les
différents groupes (p>0,05). A ce stade, la NE HFB, tout comme l’émulsion de
HFB et la crème commercialisée, a permis de diminuer l’inflammation au
niveau du site de la plaie.

La différence entre les groupes commence à s’observer à partir du 5ème jour,


aussi bien sur le plan macroscopique, qu’au niveau du pourcentage de
contraction des plaies. Au 9ème jour, l’observation a démontré une amélioration
considérable de l’aspect de la plaie traitées par NE comparée à celle traitée par
l’émulsion conventionnelle. En effet, on observe une contraction complète de la
plaie, une régénération du tissu, et la peau a pratiquement retrouvé son aspect
initial, pour le groupe traité par la NE.

Pour résumer, les résultats observés aussi bien avec l’émulsion conventionnelle
de HFB qu’avec la NE, notamment l’amélioration de l’aspect de la plaie, la

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réduction de sa surface, l’absence de signes de surinfection, viennent confirmer
l’activité cicatrisante de HFB.

Il faut rappeler que la cicatrisation est un processus complexe, qui se divise en 4


grandes phases à savoir l’hémostase, la phase inflammatoire, la phase
proliférative et la phase de remodelage [30]. D’après les observations notées
précédemment, on peut déduire que HFB agit surtout sur les premières phases
de la cicatrisation et notamment la phase de prolifération, qui est raccourcie
considérablement grâce à l’activité de l’huile. En effet, dans le processus naturel
de cicatrisation, la phase proliférative dure généralement 14 jours voire même
plus, or dans notre cas, la formation du tissu de granulation et la ré-
épithélialisation ont bien avancés au bout de 10 jours (le décollement de la
croûte a dévoilé un tissu épithélialisé). Avec la NE, on a même observé un début
de remodelage. En effet, la peau a presque retrouvé son aspect initial.

L’activité cicatrisante de HFB peut être expliquée par sa richesse en


phytocomposants actifs comme les acides gras insaturés, notamment l’acide
linoléique et l’acide oléique, en triacylglycérols, phytotérols et tocophérols [11]
qui sont dotés de différentes activités notamment anti-inflammatoires,
antioxydante et antimicrobienne, indispensables pour le bon déroulement du
processus de cicatrisation.

Il est à noter que la réponse inflammatoire aigue, qui se produit dès les
premières minutes/heures qui suivent la blessure, a des avantages sur les
fonctions cellulaires précoces de la plaie, mais l'activation chronique et la
production prolongée des facteurs pro-inflammatoires sont susceptibles de
conduire à une destruction continue des tissus, à l'inhibition de la réparation des
plaies et cicatrisation pathologique ou excessive des plaies. De ce fait,
l’équilibre entre les voies inflammatoires et pro-inflammatoires est très
important [30].

Page | 51
L’acide linoléique, qui est l’acide gras majeur de HFB, semble intervenir à ce
niveau. En effet, il a montré un effet bénéfique en augmentant la libération de
médiateurs pro-inflammatoires dans la phase d'inflammation initiale (1 à 4
heures) et la réduit dans la phase proliférative (18 à 48 heures) [82].

L’effet anti-inflammatoire de l’acide linoléique est aussi due au fait qu’il soit le
précurseur de l’acide arachidonique, qui est le principal acide gras polyinsaturé
de la peau et précurseur de différents médiateurs de l’inflammation
(prostaglandines, thromboxane, etc.) qui peuvent stimuler l’angiogenèse, la
fibroplasie et le remodelage de la matrice extracellulaire [11].

Quant à l’acide oléique, qui est un autre acide gras composant HFB, il intervient
dans la cicatrisation en modulant à la fois la réponse immunitaire et la réponse
inflammatoire dans la plaie. Il augmente le nombre de neutrophiles dans la plaie,
qui jouent un rôle important dans la destruction des agents pathogènes au cours
de la phase inflammatoire, et réduit l'épaisseur du tissu nécrotique. De plus, il
augmente la libération du facteur de croissance endothélial vasculaire alpha
(VEGF-α), qui participe à l’activation de l’angiogenèse au cours de la
prolifération, et de l'interleukine 1beta (IL-1β) [83].

Le -sitostérol, qui est le phytostérol majeur de l’huile, est aussi reconnu pour
avoir une activité anti-inflammatoire [84]. En outre, des études ont démontré
que le -sitostérol est un facteur angiogénique puissant [85]. Ainsi, il stimule la
néovascularisation des plaies, qui est une étape essentielle pour promouvoir la
cicatrisation, car elle va permettre de rétablir la perfusion et d’assurer l’apport
en oxygène et nutriments essentiels à l’activité métabolique de la plaie [29] et
permettre ainsi le bon déroulement de la suite de la cicatrisation, notamment la
fermeture de la plaie, la formation du tissu de granulation, la différenciation
fibroblastique etc. [22].

Outre l’effet anti-inflammatoire, HFB est reconnu pour avoir une activité
antioxydante remarquable, de par sa richesse en antioxydant naturels notamment
Page | 52
les composés phénoliques, le tocophérol, phytostérol et l’acide linoléique [86] .
En inhibant la formation de radicaux libres et en augmentant la production de
NO, les antioxydants favorisent l’activation des fibroblastes et des macrophages,
accélérant ainsi la ré-épithélialisation au cours de la phase proliférative de la
cicatrisation.

Les études ont démontré aussi la capacité de HFB à augmenter la formation de


collagène au niveau de la plaie, ce qui favorise la reconstruction des tissus. En
effet, le collagène est la principale partie protéique qui fournit la force et
l’intégrité du derme [87]. L’augmentation de la synthèse de collagène a donc
grandement participé à l’accélération de la cicatrisation.

Dans la littérature, il a été démontré qu’un environnement humide et exempt de


microorganismes pathogènes est important pour assurer une cicatrisation
optimale. L’absence de surinfection chez les groupes traités par la NE gélifiée et
l’émulsion contenant HFB au cours de notre étude suggère que l’huile a une
activité antimicrobienne. Des études ont confirmé cette hypothèse et ont
démontré que cette activité est due certainement à la richesse de HFB en acide
linoléique, l’acide oléique et en -sitostérol. Dans l’ensemble, HFB a montré des
effets antibactériens notamment contre Enterobacter cloacae, contre les levures
dont Candida parapsilosis et Candida saké et aussi une activité antifongique
contre Aspergillus niger, Penicillium digitatum et Fusarium oxysporum [11].
Aussi, il a été démontré que l’huile est dotée d’une capacité d'inhibition du
biofilm d'Escherichia coli, de Pseudomonas aeruginosa et de Pectobacterium
carotovorum ainsi que l’inhibition de l'activité métabolique des cellules
microbiennes au sein du biofilm [58]. Quant au maintien de l’hydratation de la
plaie, il a pu être assuré par les acides gras notamment l’acide linoléique et
triglycérides présents dans HFB qui préviennent la déshydratation en empêchant
la perte d’eau transépidermique [11,82]. Il a été démontré aussi que HFB
combiné à l’acide hyaluronique (normalement présent sur les côtés de la plaie),
protégeraient les cellules contre la déshydratation et favoriseraient le processus
Page | 53
de cicatrisation notamment en favorisant l’avancement de l’épithélium sur le
tissus de granulation [11].

En plus de la richesse de HFB en composés actifs, la formulation galénique


choisie a aussi joué un rôle important dans la potentialisation de la cicatrisation.
Ceci a été démontré par l’accélération significative de la cicatrisation grâce à la
NE gélifiée comparé à l’émulsion conventionnelle.

En réalité, les NEs présentent de nombreux avantages tels qu'une solubilisation


améliorée des phytocomposants hydrophobes, la protection des agents actifs
d’origine naturelle tels que les huiles ou les composés naturels d’une huile
contre les dégradations chimiques et enzymatiques puisque ce genre de réactions
se passe en milieux aqueux, grâce à leur encapsulation dans les nanoglobules.
Ces propriétés facilitent l’incorporation des composés actifs dans les
préparations phytogaléniques. Les NEs sont aussi des préparations stables et
protégées contre la coalescence, la floculation ou le crémage, qui sont
généralement observées avec les émulsions conventionnelles, grâce à la très
petite taille des gouttelettes [34].

La taille nanométrique des gouttelettes dispersées est sans doute l’avantage clé
des NEs, grâce auquel elles présentent des atouts autres que la stabilité. En
effet, les nanoglobules possèdent une surface spécifique beaucoup plus
importante que les macroglobules, ce qui augmente leur pénétration à travers la
peau et les couches sous-jacentes de la plaie, optimise la diffusibilité des SA et
augmente ainsi le passage intracellulaire et intratissulaire. La grande surface
spécifique influencerait donc les propriétés de transport des phytocomposants,
qui est un facteur important pour une action plus soutenue et plus ciblée. Grâce
à leur taille, les nanoparticules présentent aussi un rapport surface/volume plus
élevé, leur permettant de transporter des charges plus importantes d’agents actifs
[40,88]. Tous ces avantages peuvent expliquer l’accélération de la cicatrisation
avec la NE optimale.

Page | 54
Des études concernant l’apport de la NE dans la cicatrisation par rapport à
l’émulsion conventionnelle ont montré une augmentation de l’expression des
gènes TGF-, VEGF et CollA [3,87]. Ceci peut être expliqué par la pénétration
accrue des nanomarticules dans les cellules cibles, par rapport aux
macroglobules des émulsions conventionnelles et la capacité des NEs d’offrir
une action plus ciblée, et d’éliminer les restrictions d'utilisation des composés
végétaux via l'encapsulation sous forme de NE. De plus, il s’est avéré que la
reconnaissance des nanogouttelettes par le système immunitaire est renforcée
par la grande surface interfaciale [88]. Cette propriété pourrait avoir contribué à
l’accélération de l’effet, vu que le système immunitaire est l’une des cibles
principales lors du processus de cicatrisation, notamment les neutrophiles,
macrophages et lymphocytes, et pourrait expliquer l’augmentation de
l’expressions des gènes mentionnés précédemment.

La formulation de notre préparation offre d’autres avantages permettant de


potentialiser l’efficacité thérapeutique notamment la présence du tensioactif et
co-tensioactif non ioniques, agissent comme des activateurs de pénétration dans
la peau, en augmentant la fluidité des lipides de la membrane cellulaire et en
diminuant leur densité. La diffusion améliorée de la NE peut également avoir été
facilitée par la fusion de nano-globules avec les lipides cutanés, facilitant ainsi la
perméation de la NE dans les couches profondes de la peau [87,89]. De même,
l’IPM qui a été utilisé comme véhicule huileux dans notre préparation, est connu
pour sa propriété favorisant la perméabilité de la peau [90], ce qui a ainsi facilité
la pénétration des agents actifs plus en profondeur. Un autre point important à
mentionner concernant l’apport de la formulation est la gélification de la NE,
qui en plus d’avoir permis d’augmenter la viscosité de la NE et donc d’offrir une
meilleure applicabilité et augmenter le temps de contact de la préparation avec la
plaie, elle a permis d’avoir un environnement humide, permettant de
potentialiser l’activité cicatrisante, comme le prouve le groupe témoin traité par
le gel blanc.

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Ainsi, on peut dire que grâce aux différentes activités de la HFB (anti-
inflammatoire, antioxydante, pro-collagène, angiogénique, antimicrobienne etc.)
conférées par ses différents agents actifs naturels, qui agissent en synergie et de
façon complémentaire avec les nombreux avantages de la NE, nous sommes
parvenus à obtenir une activité cicatrisante intéressante. De plus, la comparaison
des résultats obtenus avec l’émulsion et la NE démontrent l’apport de la
nanotechnologie par rapport aux préparations conventionnelles. Ceci prouve
l’efficacité de notre préparation.

Page | 56
CONCLUSION

Durant les dernières décennies, la médecine traditionnelle et la phytothérapie ont


connu un intérêt croissant. Les recherches récentes ce sont notamment focalisées
sur les « Drug delivery systems » comme moyens innovants pour préparer des
formules phytogaléniques de haute stabilité et efficacité, afin de traiter diverses
maladies.

Dans cette optique, ce travail a permis d’exploiter les bienfaits de l’huile de


pépins d’Opuntia ficus-indica et de potentialiser son efficacité en l’incorporant
dans une NE gélifiée.
L’étude de miscibilité de HFB a permis de choisir l’IPM et l’huile d’olive
comme véhicules huileux. Un screening du HLB a été ensuite réalisé avant de
procéder à l’étude de différents processus d’homogénéisation et différentes
compostions qualitatives et quantitatives jusqu’à obtenir notre formule optimale.
Ainsi, nous avons pu obtenir une NE avec une taille de particule de 56nm et
PDI=0,233 et un potentiel zêta = 31,4mV, ce qui témoigne de sa stabilité et son
homogénéité.
Ceci a été prouvé par l’étude de stabilité au long cours. Dans un second temps,
nous avons procédé à la gélification de notre NE optimale afin d’augmenter sa
viscosité dans le but d’avoir une meilleure applicabilité et assurer une meilleure
stabilité au cours du temps. Le pH du gel obtenu été 6±0,5 et son étude
rhéologique a démontré que c’est un fluide non newtonien, ayant un
comportement pseudo-plastique. Ces paramètres sont en faveur d’une

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application cutanée. Une étude stabilité au choc thermique de notre gel a
démontré sa stabilité face au stress appliqué.
Les résultats de l’étude de l’activité cicatrisante in-vivo, réalisée sur des rats
Wistar, ont confirmé l’activité cicatrisante de HFB et l’apport de la
nanotechnologie en potentialisant l’efficacité de notre huile par rapport à
l’émulsion conventionnelle. En effet, notre préparation a permis d’avoir une
activité cicatrisante maximale, dépassant l’effet thérapeutique d’une crème
cicatrisante commercialisée et de l’émulsion conventionnelle à base d’huile de
pépins de figues de barbarie, notamment en améliorant sa diffusibilité à travers
les tissus.
Bien que l’utilisation de HFB a gagné en popularité ces dernières années,
notamment dans l’industrie de la cosmétique, les études scientifiques concernant
ses effets thérapeutiques et son utilisation dans des préparations phytogaléniques
restent limitées, d’où l’intérêt de notre travail, qui a permis de mettre en avant
l’efficacité thérapeutique de HFB dans la cicatrisation et a mis l’accent sur
l’apport de la nanotechnologie, en tant que « Drug delivery system », donnant
des résultats encourageants et offrant ainsi de nouvelles perspectives pour des
recherches plus approfondies.

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ANNEXES
Annexe

Page | 71
Annexe

Non traités

J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J8 J9 J10

N1

N2

N3

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Annexe
Gel blanc

J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J8 J9 J10

N1

N2

N3

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Annexe
Crème commercialisée

J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J8 J9 J10

N1

N2

N3

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Annexe
Emulsion HFB

J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J8 J9 J10

N1

N2

N3

Page | 75
Annexe
NE HFB

J1 J2 J3 J4 J5 J6 J7 J8 J9 J10

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