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MATHÉMATIQUES II Filière TSI MATHÉMATIQUES II Filière TSI

MATHÉMATIQUES II Filière TSI

Dans tout le problème, n est un entier naturel supérieur ou égal à 2. Partie II - Cas n = 2
On note M n ( IR ) l’ensemble des matrices carrées réelles de taille n et M n ( C
I)
Dans cette partie, on fixe une matrice A ∈ M 2 ( IR ) , non diagonale, qu’on écrit
l’ensemble des matrices carrées complexes de taille n .
t
A = a b et on cherche à résoudre l’équation ( E ) : AP = PA ,
t
On note A la matrice transposée d’une matrice A .
c d
On note det ( A ) le déterminant d’une matrice A appartenant à M n ( IR ) ou
Mn( CI ). où l’inconnue P est une matrice appartenant à M 2 ( IR ) , qu’on cherchera sous la
forme
Partie I - Questions préliminaires
P = x y .
I.A - Soit E un IR -espace vectoriel de dimension n , U et V deux bases de E ; z t
on note P la matrice de passage de U à V .
II.A - Trouver un ensemble de conditions, portant sur x , y , z et t , qui soit
Soit f un endomorphisme de E , A sa matrice sur U et B sa matrice sur V . nécessaire et suffisant pour que P vérifie ( E ) .
–1
Exprimer A en fonction de B , de P et de P . (On ne demande pas de démons-
On ramènera cet ensemble à deux conditions, l’une étant y = z et l’autre ne por-
tration).
tant que sur x , y et t .
I.B - Soient M et N deux matrices appartenant à M n ( IR ) ; on rappelle que M
II.B - En prenant l’un des deux nombres x ou t nul, l’autre égal à d – a et, dans
est dite semblable à N s’il existe une matrice inversible Q appartenant à
–1 chacun des deux cas, en choisissant convenablement y , trouver deux matrices
M n ( IR ) telle que M = QN Q .
P solutions ; montrer que l’une au moins de ces deux matrices est inversible.
Montrer que si M est semblable à N , alors N est semblable à M . On dit alors, t
de façon abrégée, que « M et N sont semblables ». II.C - Montrer que A et A sont semblables.

I.C - Soit A , B et C trois matrices appartenant à M n ( IR ) . On suppose que A est


Partie III - Cas n = 3
semblable à B et que B est semblable à C .
3
Montrer que A est semblable à C . Dans cette partie, on munit l’espace vectoriel IR de sa structure euclidienne
t t
Montrer aussi que A et B sont semblables. usuelle. La base canonique est donc orthonormée. Le produit scalaire de deux
vecteurs x et y est noté x . y .
I.D - Soit A ∈ M n ( IR ) . 3
On fixe une matrice A ∈ M 3 ( IR ) . On note f et h les endomorphismes de IR qui
t t
I.D.1) Montrer que si A est diagonale, A et A sont semblables. admettent respectivement A et A pour matrices sur la base canonique. On
I.D.2)
t
Montrer que si A est diagonalisable, alors A et A sont semblables. désigne par id l’endomorphisme identité et par I la matrice unité d’ordre 3 .
3
On rappelle qu’un sous-espace vectoriel V de IR est dit stable par f si, pour
Plus généralement : tout vecteur v de V , le vecteur f ( v ) appartient à V .
Le but du problème est de montrer que toute matrice A appartenant à
M n ( IR ) est semblable à sa transposée. III.A - Questions préliminaires
III.A.1) Montrer que toute fonction polynomiale de IR dans IR , de degré
impair, admet au moins un zéro.

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t
III.A.2) Montrer que les matrices A et A ont le même polynôme caractéristi- III.C - Complément
que et que ce polynôme admet au moins une racine réelle. On suppose, dans cette question seulement, que
3
III.A.3) Soit ( D ) une droite vectorielle de IR , dirigée par un vecteur i .
111
Montrer que ( D ) est stable par f si et seulement si i est vecteur propre de f . A = 011 .
Montrer qu’il existe au moins une droite stable par f . 001
III.A.4) On suppose que le réel a est valeur propre de f , le sous-espace propre
associé étant F , et valeur propre de h , le sous-espace propre associé étant H . Montrer que f vérifie toutes les hypothèses de III.B.
t
Comparer les rangs des matrices A – aI et A – aI . En déduire que F et H sont III.D - Dans cette question, on suppose que f ne vérifie pas toutes les hypothè-
de même dimension. ses de la question III.B.
3
III.A.5) Soient x et y deux vecteurs de IR , de matrices X et Y sur la base III.D.1) Montrer qu’il existe une droite ( D ) et un plan ( P ) stables par f , ( D )
canonique. n’étant pas contenue dans ( P ) .
t
Comparer le produit scalaire x . y et l’unique terme de la matrice XY . III.D.2) Montrer qu’on peut trouver un vecteur i dans ( D ) et deux vecteurs j
3
Exprimer de façon analogue les produits scalaires f ( x ) . y et x . h ( y ) et montrer et k dans ( P ) tels que ( i, j, k ) soit une base de IR .
que ces deux nombres sont égaux. Quel est l’aspect de la matrice B de f sur cette base ?
t
III.A.6) Soit u un vecteur propre de h . III.D.3) Montrer, en calculant les produits BQ et QB et en utilisant la
Montrer que le plan vectoriel orthogonal au vecteur u est stable par f . partie II, qu’on peut trouver des réels x, y, z et t tels que la matrice
III.B - Dans toute cette question, on suppose qu’il existe une seule droite, notée 1 0 0
t
( D ) , stable par f . On désigne par i un vecteur unitaire dirigeant ( D ) . Q = 0 x y soit inversible et vérifie BQ = QB .
III.B.1) Montrer qu’il existe une seule droite, qu’on notera ( D′ ) , stable par h . 0 z t
Dans toute cette question III.B, on suppose que ( D′ ) est orthogonale à ( D ) et Montrer que A est semblable à A .
t
3
on introduit une base orthonormée ( i, j, k ) de IR , le vecteur k dirigeant ( D′ ) .
Soit B la matrice de f sur cette base.
Partie IV - Un résultat utile pour la suite du problème
III.B.2) Montrer que f ( j ) est orthogonal à k .
III.B.3) Justifier que B est de la forme On utilise maintenant des matrices complexes.
2
On note i le complexe usuel tel que i = – 1 .
a b c
0 ad . IV.A - Soit M une matrice appartenant à M n ( C I ) . Montrer qu’il existe un unique
0 0 a couple ( P, Q ) de matrices appartenant à M n ( IR ) tel que M = P + iQ .
III.B.4) En considérant le rang de B – aI , montrer que b et d sont non nuls. IV.B - Soient A et B deux matrices appartenant à M n ( IR ) . On suppose que ces
III.B.5) On pose deux matrices, considérées comme éléments de M n ( C I ) , sont semblables.
IV.B.1) Montrer qu’il existe deux matrices P 1 et P 2 appartenant à M n ( IR ) tel-
0 0 b
P = 0 d 0 . les que P 1 A = BP 1 , P 2 A = BP 2 et det ( P 1 + iP 2 ) est non nul.
b 0 0 IV.B.2) Soit g l’application de C I dans C I définie par g ( x ) = det ( P 1 + xP 2 ) .
t Montrer, par exemple par récurrence sur n , que g est une fonction polynomiale.
Calculer BP et P B .
t
Montrer que g n’est pas la fonction nulle de C I dans C I .
Montrer que A est semblable à A .
En déduire qu’on peut trouver un réel x tel que det ( P 1 + xP 2 ) ≠ 0 .

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IV.B.3) Montrer que les matrices A et B , considérées comme éléments de On note U la matrice de g sur cette base et P la matrice carrée dont la k – ième
k–1
M n ( IR ) , sont semblables. ligne est égale à la première ligne de U .
Montrer que les lignes de cette matrice P , à partir de la p + 1 – ième , sont nulles.
Partie V - Cas général Que peut-on en conclure concernant le rang de P ?
k–1
Pour j et k entre 1 et p , préciser g ( u j ) suivant que k < j, k = j ou k > j .
Dans cette partie, n est un entier quelconque supérieur ou égal à 2 .
n En déduire les p premiers termes de la k – ième ligne de P .
Soit A ∈ M n ( C
I ) et f l’endomorphisme de C
I dont A est la matrice sur la base
canonique. Montrer que la matrice P est de rang p .
Soit h l’endomorphisme admettant P pour matrice sur la base ( u 1, u 2, …, u n ) de
V.A - Rappeler le résultat du cours sur la trigonalisation d’un endomorphisme n
CI et soit W le sous-espace engendré par ( u 1, u 2, …, u p ) .
et justifier qu’il s’applique à f .
Montrer que pour tout v ∈ W , on a h ( v ) = v .
On admettra le résultat suivant, plus précis :
Soit α une valeur propre de f . On peut trouver une base B = ( e 1, …, e n ) de C
I
n En déduire que W et le noyau de h sont deux sous-espaces supplémentaires de
n
I . Montrer que ces deux sous-espaces sont stables par g et par f .
C
et un entier k entre 0 et n – 1 ayant les propriétés suivantes :
• La matrice T de f sur B est triangulaire supérieure. V.C - Dans cette question, k n’est pas nul.
• Les k premiers termes diagonaux sont tous différents de α et les n – k der- V.C.1) Justifier que la matrice de g sur la base B est de la forme
niers sont tous égaux à α .
n
T1 B
On pose g = f – α id , où id désigne l’identité de C
I .
— — ,
V.B - Dans cette question, k = 0 ; les termes diagonaux de T sont donc tous O T2
égaux à α .
V.B.1) Montrer que, pour tout i de 2 à n, g ( e i ) appartient au sous-espace où les matrices T 1 et T 2 sont triangulaires supérieures, de tailles respectives k
engendré par e 1, e 2, …, e i – 1 . et n – k .
n m n–k
En déduire que l’endormorphisme g est nul. ( g désigne l’endomorphisme Montrer que la matrice T 2 est nulle et que la matrice T 1 est inversible.
n–k
composé g o g… o g , où g est utilisé m fois). V.C.2) On admet que la matrice de g sur la base B est de la forme
Dans toute la suite de ce V.B, on désigne par p le plus petit entier supérieur ou n–k
p T1 B'
égal à 1 tel que g soit nul.
t .
Montrer que si p = 1 , alors A est semblable à A . — —
p–1 n–k
On continue en supposant p ≠ 1 . On a donc : 2 ≤ p ≤ n, g ≠ 0 et on désigne par O T2
p–1
u un vecteur tel que g ( u ) ne soit pas nul.
n–k
On pose u p = u, u p – 1 = g ( u ), …, u 1 = g
p–1
(u) . Quel est le rang de cette matrice ? Quelle est la dimension du noyau G de g ?
n
Montrer que la famille ( u 1, …, u p ) est libre. V.C.3) Soit F le sous-espace de C I engendré par ( e 1, e 2, …, e k ) .
n
V.B.2) On suppose que p = n . Montrer que F et G sont supplémentaires dans C I et que ces sous-espaces de
n
I sont stables par g et f .
C
Quelles sont les matrices de f sur les bases ( u 1, u 2, …, u n ) et ( u n, u n – 1, …, u 1 ) de
n t
CI ? Montrer que A est semblable à A .
V.B.3) On suppose que p < n et on complète ( u 1, …, u p ) en une base
n
( u 1, u 2, …, u n ) de C
I .

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V.D - On suppose par récurrence que toute matrice carrée complexe de taille
comprise entre 1 et n – 1 est semblable à sa transposée.
V.D.1) On suppose ici qu’il existe deux sous-espaces F et G supplémentaires
n
dans CI et stables par f , aucun de ces deux sous-espaces n’étant réduit au vec-
teur nul.
t
En considérant les restrictions de f à F et G , montrer que A est semblable à A .
V.D.2) En rassemblant les résultats, montrer que, dans tous les cas, A est
t
semblable à A .
V.E - On suppose maintenant que A ∈ M n ( IR ) . Montrer que A est semblable à
t
A dans M n ( IR ) .

••• FIN •••

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