Article Banque & Finance 109

Les prêts développent

entre

“amis”

se

Appartenir à une communauté sur internet, c’est dorénavant aussi une opportunité de financer des projets en vase clos grâce à ses membres … sans les banques.

Réussir ses projets grâce aux réseaux sociaux
Les réseaux sociaux occupent aujourd’hui une part toujours plus importante dans notre vie de tous les jours. Ils permettent en particulier de réunir des personnes au sein de communautés partageant, par exemple, des mêmes centres d’intérêt ou de compétence, un même objet (un iPhone, une Ferrari, …) ou une même activité (sport, voyage, cuisine, …). Rien d’étonnant alors que des idées puissent y germer et des projets se développer en leur sein. Les réseaux sociaux, propulsés par des plate-formes dorénavant technologiquement matures, peuvent maintenant fédérer les efforts individuels au sein d’une communauté. La taille n’est donc plus un point bloquant et une personne seule peut désormais, grâce à la puissance d’internet, profiter de son réseau d’amis virtuels pour réaliser ses projets jusqu’alors impensables. Réunir et organiser les membres d’une communauté dans un tel objectif est appelé en anglais le croudsourcing. Ce principe ne s’arrête bien entendu pas à la mise à disposition de forces de travail mais il peut bien entendu être étendu au financement du projet lui-même. On parle alors de crowdfunding ou, en français, de financement collectif.

La communauté plutôt que les banques
Les petites rivières font les grands fleuves et, dans le cas du financement colllectif sur internet, ce n’est certainement pas Barak Obama qui contredira cette maxime. Lors de la course présidentielle de 2008, il a récolté plus de 265 millions de dollars de fonds privés versés par plus de 1,5 millions de personnes et plus de 90% des donations étaient inférieures à 100$. Dorénavant de nombreux sites se positionnent sur ce segment pour mettre en relation prêteur et emprunteur sur une même plate-forme. Ils souhaitent ainsi proposer une vraie alternative de financement face aux banques et en particulier là où celui-ci peut se révéler difficile à trouver : L’art, la culture, un projet personnel, … même le journalisme d’investigation possède ses communautés de financement participatif.

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Aujourd’hui, le crowdfunding aurait permis de lever près d’un milliard de dollars de crédit dans le monde. Les montants des prêts vont de quelques milliers de francs et peuvent dépasser le million de francs. La rémunération du crédit n’est pas obligatoirement financière. Elle peut prévoir d’autres contreparties comme par exemple, dans le cadre du financement d’un film, un pourcentage des recettes des ventes de la billetterie ou même qu’un personnage du film porte votre nom.

Et si Facebook devenait une banque?
Là où jusqu’alors la banque se révélait souvent le seul interlocuteur, internet et ses communautés chamboulent les modèles économiques établis en pratiquant la désintermédiation sur le marché du crédit. En poussant plus loin ce raisonnement, que se passerait-il si Facebook offrait un tel service de crowdfunding? Il deviendrait alors le plus gros acteur financier du monde avec 500 millions de clients-banquiers-amis. Une pure utopie? Pas si sûr que ça ...

Focus
En Suisse, c-crowd (www.c-crowd.com) et cofundit (www.cofundit.com) sont actifs sur ce marché depuis fin 2010. C-crowd vient d’annoncer son premier projet en février 2011. De son côté, Cofundit finance actuellement un projet de 250KCHF grâce à 15 investisseurs. En France, Friendsclear (www.friendsclear.com) propose depuis 2008 des prêts de 3 à 25’000 Euros. En Angleterre, le site Zopa (http://uk.zopa.com/) est présent sur ce marché depuis 2005. Retrouvez tous les références à cet article ici : http://bit.ly/hNT0OL

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Liens
b3b sur le web : www.b3b.ch b3b sur Twitter: www.twitter.com/b3b

Signature et portrait
Marc Barbezat, créateur et éditeur de b3b, marc@b3b.ch Portrait : http://www.flickr.com/photos/b3b/sets/72157625620579709/

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