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Guerre froide

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Guerre froide Guerre froide 1 Guerre froide La confrontation des blocs en 1959 Pays membres de

La confrontation des blocs en 1959

Pays membres de l'OTAN

Autres pays alliés des États-Unis

Pays colonisés

Pays membres du pacte de Varsovie

Autres pays alliés de l'URSS

Pays non-alignés

Informations générales

Date

De 1947

à 1991

Lieu

Cuba, Berlin, Prague, Afghanistan, Angola, etc. (lieux de tensions et des guerres d'influence)

Issue

- Chute du bloc soviétique en Europe de l'Est Fin du monde bipôlaire - Les États-Unis deviennent la seule hyperpuissance dominant le monde - Dissolution de l'URSS

Belligérants

Le terme guerre froide désigne la période de tensions et de confrontations idéologiques et politiques entre les deux superpuissances que furent les États-Unis et lUnion des républiques socialistes soviétiques (URSS) et leurs alliés entre 1947 et 1991, année de l'implosion de l'URSS et de la dissolution du Pacte de Varsovie.

Cest sous la plume de lhomme dÉtat américain Bernard Baruch, en 1947, que lexpression « guerre froide », déjà utilisée au XIV e siècle, fait son apparition pour la première fois dans l'Occident moderne. Elle est vite popularisée par le journaliste Walter Lippmann [réf. souhaitée] . D'après Raymond Aron, il s'agissait d'une « guerre limitée » ou « paix belliqueuse » dans un monde bipolaire où les belligérants évitaient laffrontement direct [1] , d'où l'expression « Paix impossible, guerre improbable ».

De nombreux conflits, depuis la guerre de Corée, la guerre du Viêt Nam jusquà la guerre d'Afghanistan, ont illustré l'opposition entre Soviétiques et Américains, avec la participation de leurs alliés respectifs. Les pays du tiers-monde tels que lInde de Nehru, lÉgypte de Nasser et la Yougoslavie de Tito formèrent pour un temps le mouvement des non-alignés, proclamant leur neutralité et jouant de la rivalité entre les blocs pour obtenir des

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concessions.

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Désignation

Le terme « froide » apposé en oxymore indique quil ne sagit pas dune guerre au sens habituel du terme, mais dune confrontation qui proscrit l'affrontement armé direct entre les deux grands vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale ; elle fut également marquée par la course aux armements, la menace nucléaire (équilibre de la terreur) et la compétition technologique dans le domaine de la conquête de l'espace.

Il existe une autre définition de la guerre froide : si on retient généralement les dates de laffrontement idéologique entre les deux blocs est-ouest (1947-1989), André Fontaine, ancien rédacteur en chef du journal Le Monde, quant à lui, fait remonter cet affrontement à la révolution russe de 1917. Certains historiens [Qui ?] estiment que la guerre froide aurait déjà commencé lors de la bataille de Berlin en 1945 suite aux tensions américano-soviétiques pour s'emparer des recherches nazies.

Volonté de reconstruction et de paix au lendemain de la Seconde Guerre mondiale

En 1945, face aux États européens ruinés par la Seconde Guerre mondiale, deux superpuissances émergent dans le contexte géopolitique mondial. Les États-Unis détiennent le monopole nucléaire depuis les bombardements atomiques de Hiroshima et Nagasaki en août 1945 et disposent dune puissance économique et financière inégalée. LUnion soviétique possède une force militaire décisive en Europe centrale et orientale, et un prestige politique considérable.

et orientale , et un prestige politique considérable. L'Europe au temps du rideau de fer. Bloc

L'Europe au temps du rideau de fer.

Bloc de l'Ouest, pays de

l'Organisation du traité de l'Atlantique NordOTAN

Bloc de

l'Est, pays du pacte de Varsovie

Rideau de fer

Pays Neutre

Mouvement des non-alignésL'Albanie finira par rompre avec l'URSS pour s'aligner sur la Chine Populaire.

Une reconstruction économique

Un nouvel ordre monétaire et

financier mondial est créé autour du dollar américain, pour éviter linstabilité économique qui

existait

lentre-deux-guerres et relancer les échanges internationaux. Instituée le 22 juillet 1944 par les accords de Bretton Woods, à lissue dune conférence qui réunit 44 pays, cette nouvelle organisation de léconomie mondiale fut négociée en fait entre la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.

pendant

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Les accords établirent un Fonds monétaire international (FMI), ainsi quune Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), appelée communément « Banque mondiale ». Le FMI et la BIRD auraient pour mission notamment dassurer la stabilité des devises nationales et daccorder des prêts à la reconstruction et au développement.

Par ailleurs, les accords instituaient un système de parités fixes par rapport au dollar US, seule monnaie entièrement convertible en or. Comme les États-Unis avaient une réserve dor avoisinant les trois quarts des réserves mondiales, le dollar US simposa forcément comme monnaie de réserve internationale, au même titre que lor. En effet, pour financer la guerre, les puissances européennes avaient dû vendre leurs stocks dor aux États-Unis. Ainsi donc, le nouveau système monétaire ne reposait plus uniquement sur le métal fin détenu par les banques centrales, mais sur le dollar US, as good as gold, dont la valeur était garantie par la Réserve fédérale des États-Unis, de même que par la formidable puissance économique des États-Unis.

En juin 1947, dans un discours prononcé à lUniversité de Harvard, le secrétaire d'État George Marshall offrit à lEurope « une aide fraternelle » afin de vaincre « la faim, le désespoir et le chaos ». Le plan Marshall ou « plan de Reconstruction européenne » ((en) European Recovery Program) était proposé à toute lEurope, y compris les pays de lEst et lUnion soviétique elle-même. Il était toutefois assorti de deux conditions : laide américaine serait gérée par des institutions européennes communes et le gouvernement fédéral américain aurait un droit de regard sur sa répartition. Staline hésita, puis, fin juin, fit part de son refus. La Pologne et la Tchécoslovaquie, qui, dans un premier temps, avaient donné une réponse favorable à la proposition américaine, se virent obligées de la refuser à leur tour.

Finalement, seize pays, rejoints en 1949 par la Allemagne de l'Ouest (RFA), acceptèrent le plan Marshall : la France et le Royaume-Uni, qui en seront les principaux bénéficiaires, lAutriche, le Benelux, la Grèce, lIrlande, lIslande, lItalie, les pays scandinaves, le Portugal, la Suisse et la Turquie. En avril 1948, ces seize pays fondèrent l'Organisation européenne de coopération économique (OECE), qui deviendra lOrganisation de coopération et de développement économiques (OCDE)en 1960, organisme supranational dont la fonction première était de gérer et de répartir laide américaine entre les pays membres.

De 1948 à 1952, plus de treize milliards de dollars US, 5/6 sous forme de dons, 1/6 sous forme de prêts, furent fournis par les États-Unis. Cette aide à la reconstruction se composait dune partie financière (subventions et prêts) et dune autre en produits et équipements divers (denrées alimentaires, tracteurs, outils de production, etc.).

Dans un espace économique « dollarisé » par les accords de Bretton Woods, le plan Marshall fut conçu pour combler le « dollar gap », permettant ainsi aux Européens dacheter aux États-Unis approvisionnements et équipements tout en assurant un débouché aux produits américains. En effet, en 1946, 42 % des exportations américaines ayant pris le chemin de lEurope occidentale, un effondrement économique de lEurope » se serait répercuté sur léconomie américaine elle-même. Le secrétaire adjoint à léconomie, Will Clayton, lexprimait ouvertement : « Disons, sans tourner autour du pot, que nos objectifs ont pour arrière-plan les besoins et les intérêts des États-Unis. Nous avons besoin de marchés, de gros marchés, pour y acheter et pour y vendre. » [2]

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Cependant, lobjectif du plan Marshall nétait pas uniquement économique. Le gouvernement fédéral américain à Washington avait compris que la détresse des populations européennes faisait le jeu des partis marxistes alignés sur Moscou, en France et en Italie notamment où plus dun quart de lélectorat votait communiste. Dès lors, linjection de capitaux américains fut le complément économique de la doctrine du containment : endiguer linfluence soviétique par la création dun espace de prospérité en Europe.

Les Soviétiques ne tardèrent pas à sen rendre compte et, en octobre 1947, lors de la conférence fondatrice du Kominform, Andreï Jdanov, secrétaire du Parti communiste de l'Union soviétique (PCUS), réunit avec les délégués des neuf partis communistes européens, dénonça l« impérialisme américain » qui, daprès lui, vassalisait les économies européennes en les plaçant sous la tutelle de Washington. Selon la doctrine Jdanov, le monde était désormais divisé en deux camps antagonistes : un « camp impérialiste et anti-démocratique » dont les États-Unis sont « la principale force dirigeante » et « un camp anti-impérialiste et démocratique », placé sous légide de Moscou.

Une volonté de paix

En août 1941, Churchill et Roosevelt avaient signé la charte de lAtlantique, une déclaration commune dans laquelle, sinspirant des principes wilsoniens, les deux chefs dÉtat prévoyaient la mise en place dun « système étendu et permanent de sécurité générale ». En février 1945, les accords de Yalta reprirent ce propos et annoncèrent la convocation d« une conférence des Nations unies sur lorganisation mondiale () le 25 avril 1945, aux États-Unis. » [3]

Le 26 juin 1945, portés par le mouvement dune opinion publique choquée par la barbarie nazie et la cruauté des combats, les délégués de 51 pays approuvèrent à San Francisco la Charte des Nations unies, le texte fondateur de lOrganisation des Nations unies (ONU), dont lobjectif le plus important serait de « préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en lespace dune vie humaine a infligé à lhumanité dindicibles souffrances. »

Les débuts

Causes

Après la Seconde Guerre mondiale, les relations entre les Américains et les Soviétiques se dégradent. L'URSS affirme vouloir garantir sa sécurité en s'entourant de pays alliés le long de ses frontières. L'Armée rouge ne se retire pas des pays qu'elle a libérés du nazisme et, contrairement aux engagements pris à la conférence de Yalta, elle n'y organise pas d'élections libres. Une « guerre » dun nouveau genre oppose les États-Unis à l'expansionnisme soviétique, et la guerre des influences concerne rapidement le tiers monde, stabilisée par un équilibre nucléaire, dit l'« équilibre de la terreur », dès 1949, année où l'URSS possède à son tour la bombe nucléaire.

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Les causes immédiates : la situation de l’après-guerre

Staline cherche à mettre lURSS à labri dune nouvelle attaque par la création dun « glacis » territorial et idéologique, cest-à-dire dun espace protecteur qui éloigne la menace des frontières soviétiques :

en repoussant plus à lOuest les frontières de lURSS par lannexion des pays baltes et dune partie de la Pologne, alors que les territoires allemands situés à lest de lOder et de la Neisse de Görlitz sont placés sous administration polonaise (partage effectué lors de la conférence de Potsdam) ;

en imposant des gouvernements pro-soviétiques dans les pays dEurope centrale et orientale occupés par lArmée rouge (à l'exception de l'Autriche), pays qui deviendront plus tard des « démocraties populaires ». Le coup de Prague en Tchécoslovaquie, une des rares réelles démocraties davant-guerre en Europe de lEst, fut lexpression la plus visible pour lOuest de cette politique et fut perçu comme la manifestation de la volonté hégémonique de lURSS.

Avant même la fin des hostilités avec lAllemagne, lUnion soviétique établit sa domination dans les territoires libérés par lArmée rouge :

arrestation de seize dirigeants de lArmée secrète polonaise, formellement conviés à Moscou pour des « entretiens politiques », les deux principaux leaders de la résistance polonaise mourant en prison quelques mois plus tard. Le gouvernement polonais en exil à Londres, abandonné par les Occidentaux, se voit dénier peu à peu toute responsabilité et le comité de Lublin, formé par les Soviétiques, prend le contrôle du pays ;

attribution de la province tchécoslovaque de Ruthénie subcarpatique à lUkraine, ce qui procure à lUnion soviétique une frontière commune avec la Hongrie ;

installation au pouvoir des partis communistes tant à Bucarest quà Sofia, et élimination de toute autre formation politique ;

mise en place à Vienne, sans consulter les Occidentaux, dun gouvernement provisoire pro-soviétique dont le chef a approuvé lAnschluss en 1938 ;

enfin, le maréchal Tito, maintenant établi à Belgrade, refuse, contrairement à ce que le Kremlin avait promis aux Alliés, de laisser le roi Pierre II rentrer de son exil.

De plus en plus inquiet de ces violations répétées de la charte de l'Atlantique et de la Déclaration sur l'Europe libérée de Yalta, Churchill salarme dans un télégramme du 12 mai 1945 à Truman des risques de voir les forces soviétiques savancer jusquaux rives de lAtlantique et utilise déjà lexpression « Rideau de fer », qui deviendra célèbre. En mars 1946, dans un discours retentissant, il dénonce ouvertement cette mainmise soviétique sur lEurope centrale et orientale. « De Stettin dans la Baltique à Trieste dans lAdriatique, un rideau de fer est tombé sur le continent. () Les partis communistes, qui étaient très faibles dans tous ces États de lEst de lEurope, ont obtenu un pouvoir qui dépasse de beaucoup leur importance et ils cherchent partout à exercer un contrôle totalitaire. Des gouvernements policiers sinstallent un peu partout, au point quà lexception de la Tchécoslovaquie, il ny a pas de vraie démocratie. »

En Allemagne, dans leur zone doccupation, les Soviétiques mènent avec vigueur la dénazification décidée à la conférence de Potsdam. Plus de 120000 personnes sont internées dans des « camps spéciaux », qui existeront jusquen 1950. 42000 détenus y seraient morts de privations et de sévices [4] . Cette politique dépuration va de pair avec la nomination de cadres communistes aux postes-clés de ladministration, de la police et de la justice, plusieurs milliers dagents ayant travaillé sous le III e Reich sont « recyclés » par les

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nouveaux services de sécurité dAllemagne de lEst ou maintenus dans l'administration [5] et de nombreux fonctionnaires de l'ancien régime serviront le nouveau pouvoir jusqu'aux années 1960.

Les alliés occidentaux, en revanche, misent davantage sur une « rééducation » (Umerziehung) du peuple allemand [6] , associée à une politique dindulgence à légard des « suiveurs » (Mitläufer) et sympathisants du régime. Des scientifiques allemands sont ainsi récupérés par la Joint Intelligence Objectives Agency (JIOA) afin de travailler pour les États-Unis (opération Paperclip), tandis quil est permis à danciens fonctionnaires ou militaires du III e Reich, sils nont pas été condamnés par la justice, dexercer à nouveau leurs fonctions. Dès la fin de la guerre, lOffice of Strategic Services (OSS), embryon de la Central Intelligence Agency (CIA), confie à lex-major-général de la Wehrmacht Reinhard Gehlen, chef de lAbwehr pour le front est (Abteilung Fremde Heere Ost), le soin de créer un service de renseignements couvrant lensemble des territoires naguère occupés par lAllemagne [7] . Pour justifier son budget qui est en partie utilisé pour exfiltrer, en collaboration avec lODESSA, danciens collaborateurs ou des criminels de guerre nazis , ce réseau despionnage nouvellement créé, précurseur du Bundesnachrichtendienst (BND) et baptisé Gehlen Org par la Défense américaine, transmet parfois des informations entièrement fabriquées et de plus en plus inquiétantes sur la puissance de lArmée soviétique et sur la stratégie expansionniste de lURSS. Dès 1947, les États-Unis en font un élément de leur propagande, alors quen réalité lUnion soviétique na pas encore commencé à se remettre du conflit mondial [8] .

Il faut préciser toutefois que, même si Staline navait sans doute pas lintention détendre la sphère de domination soviétique par les armes, lURSS nen vassalisa pas moins les pays quoccupait son armée par la mise en place progressive de « démocraties populaires » et entreprit plusieurs tentatives daccroître par intimidation sa sphère dinfluence en Iran (voir crise irano-soviétique), en Grèce et en Turquie. Comme le disait Staline lui-même, il savait ne pas aller trop loin si la résistance à ses ambitions se crispait.

Opposition idéologique

Dès le XIX e siècle, Alexis de Tocqueville prédit que les États-Unis et la Russie impériale ont tous deux vocation à devenir un empire à léchelle mondiale et quils sopposeront pour la domination globale dès quils entreront en contact. Il écrit que « chacun d'entre eux [États-Unis et Russie] semble être appelé par un dessein secret de la Providence à tenir un jour dans ses mains les destinées de la moitié du monde » [9] . La « destinée manifeste » des États-Unis dun côté, la volonté dexpansion de la Russie de lautre, entraîne la rivalité des deux principaux États impérialistes.

Les deux systèmes socioéconomiques sont différents, voire opposés sur plusieurs points :

 

Système du bloc de l'Est

Système du bloc de l'Ouest

Politique

Régime dit de « démocratie populaire » *

Société

Officiellement, société sans classe dominante**, en réalité société dotée d'une nomenklatura privilégiée

Importance de la bourgeoisie

Économie

Planification centralisée (plans quinquennaux)

Économie capitaliste reposant sur linitiative individuelle et le libre marché

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Conception de lindividu

L'individu est soumis aux objectifs politiques fixés par le parti qui réforme la société.

La liberté individuelle est le moteur de la société et de léconomie.

Conception du progrès

La progression de la société entraîne le progrès des individus dans leur ensemble.

La progression personnelle de lindividu entraîne le progrès de la société.

* En réalité dictature d'un parti unique. Certains pays de l'Est (comme la Pologne) disposaient de plusieurs partis politiques mais tous ont été sous le diktat dun parti inféodé à lURSS.

** De 1918 jusqu'à l'adoption de la Constitution de 1936 l'URSS se définissait officiellement comme « dictature du prolétariat » avec les ouvriers comme classe dominante.

Les origines de la guerre froide dépassent toutefois le cadre socioéconomique.

Le fait que l'Union soviétique fût une société « fermée », surtout sous Staline, où il fut extrêmement difficile de savoir qui avait de l'influence sur quoi, quelles étaient ses vraies ressources et ses réelles intentions fut un des traits marquants de la guerre froide, alimentant les doutes et les craintes réelles ou imaginaires de l'Ouest qui, de son coté, avec ses changements de gouvernement et de politique en fonction des élections rendait souvent perplexes les analystes soviétiques.

La mise en place des blocs et la question des armes nucléaires

Au centre de la guerre froide se situent les questions nucléaires. Il semble que celles-ci, grâce à leur capacité de destruction inégalée, sont en grande partie responsables de labsence de conflit à grande échelle entre les deux blocs, ce qu'on appelle l'« équilibre de la terreur » par la dissuasion, une peur du nouveau conflit mondial sous peine de la « destruction mutuelle assurée » (DMA), à partir du moment où les superpuissances ont admis que lusage des armes nucléaires doit être restreint au maximum (admission faite au moment de la guerre de Corée) [10] . Ainsi la menace de conflit nucléaire aura désamorcé la crise des missiles de Cuba, ainsi que la crise du canal de Suez, limitant les conflits aux théâtres régionaux ou locaux.

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Les deux blocs (1947-1953)

La formation des blocs sexplique en partie par larme nucléaire que les États-Unis possèdent, mais pas lURSS (qui laura bientôt cependant : la bombe A RDS-1 explosant en 1949). Chaque État se range donc sous la protection de lune ou lautre des superpuissances : cest le « parapluie nucléaire ». Le ralliement des États se fait par une série de pactes : cest la « pactomanie », expliquant la rapide mise en place des blocs durant la guerre froide. Un bloc se définit donc comme un ensemble de pays sous le parapluie nucléaire dune superpuissance. Très vite, le monde se divise en deux blocs [11] .

Le bloc de l’Ouest

divise en deux blocs [ 1 1 ] . Le bloc de l’Ouest Alliances militaires La

Alliances militaires

La formation des démocraties populaires est ressentie par les pays occidentaux comme une menace. Ils réagissent :

politiquement : le 12 mars 1947, un an après le discours de Fulton, le président Harry Truman annonce sa politique de containment (endiguement) du communisme, aussi appelée la doctrine Truman, qui considère lopposition ouest/est comme un conflit entre deux systèmes antinomiques : « démocratie » contre « totalitarisme ». La doctrine Truman prévoit d'assister tout pays qui pour conserver son indépendance combat l'expansionnisme soviétique. L'application de cette doctrine amènera les États-Unis à intervenir loin de leur

doctrine amènera les États-Unis à intervenir loin de leur Alliances économiques territoire et en faveur de

Alliances économiques

territoire et en faveur de régimes dictatoriaux. En 1954, les États-Unis participent au coup dÉtat au Guatemala qui remplace un gouvernement démocratiquement élu par une dictature (Opération PBSUCCESS). Lors de la guerre froide, beaucoup de dictatures dAmérique latine et dEurope soutiennent les politiques américaines, qui sont vues comme un rempart face à la montée du communisme :

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partir de 1964, etc. Il y a aussi une opposition économie de marché contre économie planifiée quoique là encore, la Yougoslavie de Tito adopte un système « autogestionnaire », tandis qu'en Europe des régimes d'économie mixte sont adoptés : le dirigisme en France, de larges nationalisations au Royaume-Uni.

économiquement : à partir de 1947, les États-Unis mettent en œuvre le plan Marshall, aide économique pour la reconstruction de lEurope, en tant que complément à la doctrine Truman [12] .

militairement : les États-Unis et leurs alliés créent un important réseau dalliances défensives : lOrganisation des États américains (1948), le traité de Bruxelles (1948), le Pacte atlantique (1949) doté en 1950 dune structure militaire, lOrganisation du traité de l'Atlantique Nord (OTAN) (avec mise en place des cellules paramilitaires clandestines du stay-behind, Gladio), lANZUS (1951), lOrganisation du traité de l'Asie du Sud-Est (OTASE) (1954) et le pacte de Bagdad (1955). Les pays signataires sengagent à saider mutuellement en cas dagression. En 1947, les services de renseignements des États-Unis, du Canada, de lAustralie et de la Nouvelle-Zélande signent laccord UKUSA, dans le cadre duquel le système de renseignement d'origine électromagnétique Echelon sera mis en place dans les années 1960 [13] (dès 1945, la National Security Agency intercepte les télégrammes, débutant l'opération Shamrock [14] ). Une base de renseignement d'origine électromagnétique (SIGINT) est installée à San Vito dei Normanni en 1964, tandis que le premier satellite COMINT (CANYON) est lancé en août 1968, suivi de sept autres entre 1968 et 1977 [15] .

Le bloc de l’Est

LURSS adopte une stratégie strictement parallèle. Elle réagit :

politiquement : en septembre 1947, en réponse à la doctrine Truman et au plan Marshall, qui daprès eux vise « à lasservissement économique et politique de lEurope », les Soviétiques mettent en place le Comité dinformation des partis communistes (Kominform). Le but officiel de cet organisme est « léchange des expériences et la coordination de lactivité des partis communistes ». Lors de la réunion constitutive, Jdanov, dans la même perspective manichéenne que Truman, formule la doctrine soviétique en matière de politique internationale : le monde serait désormais divisé en deux camps hostiles, le camp anti-impérialiste et démocratique et le camp impérialiste et antidémocratique ; lURSS serait le leader du camp démocratique, alors que les États-Unis seraient à la tête du camp impérialiste.

économiquement : en janvier 1949, suite à la création de lOECE, lURSS fonde le Conseil d'assistance économique mutuelle (CAEM, en anglais COMECON), qui est chargé de coordonner les économies des démocraties populaires et de planifier les échanges commerciaux entre elles [16] .

militairement : en mai 1955, suite à ladmission de la RFA dans lOTAN, lURSS crée le pacte de Varsovie, qui officialise lautorité soviétique sur les armées des démocraties populaires [16] .

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Les tentatives de négociation

À partir de 1947, plusieurs conférences internationales réunissent les grandes puissances afin de dégager un consensus sur les problèmes qui les divisent : le sort et le statut de lAllemagne, les conflits internationaux, le désarmement général, etc. Bien quelles constituent une espèce darmistice en pleine guerre froide, ces réunions se soldent par des échecs ou aboutissent à des résultats insignifiants.

Les premières crises (1948-1953)

La crise irano-soviétique

La crise irano-soviétique fut la toute première épreuve de force de ce qui allait devenir la guerre froide, et a pour objet lIran. À lété 1941, lURSS et la Grande-Bretagne, à la recherche dune voie dacheminement des armes et du ravitaillement à destination du front russe, sétaient entendus pour en occuper chacune une moitié et déposer le chah Reza Pahlevi, coupable de trop de sympathie avec lAxe.

Son fils, Mohamed Reza, qui lui a succédé, a conclu avec ces puissances un traité prévoyant le retrait de leurs troupes au plus tard le 2 mars 1946.

Très vite cependant, lURSS soutient deux mouvements indépendantistes dans le nord du pays afin de constituer un glacis protecteur au sud comme elle la fait en Europe. Ceci conduit à des négociations iraniennes et des pressions occidentales qui conduisirent finalement lArmée rouge à se retirer.

La première crise de Berlin (1948-1949)

En juillet 1945, à la conférence de Potsdam, les trois dirigeants des principales puissances alliées, Churchill (puis son successeur, le travailliste Attlee), Staline et Truman saccordent sur le partage de lAllemagne et de lAutriche en quatre zones doccupation : américaine, britannique, française et soviétique. De même, Berlin, lancienne capitale du Reich, est divisée en quatre secteurs doccupation. Enclavée dans la zone soviétique, des voies daccès aériennes, autoroutières et ferroviaires permettent de la raccorder aux zones occidentales.

Après le coup de Prague, en février 1948, les Occidentaux décident de transformer à brève échéance leur trizone en un État souverain ouest-allemand (conférence de Londres, en avril-juin 1948). La première phase du processus est la création du Deutsche Mark, qui devient le 20 juin la monnaie commune aux trois zones occidentales. Staline proteste contre cette division de fait de lAllemagne et, le 23 juin 1948, il profite de lisolement géographique de Berlin pour bloquer tous les accès terrestres et fluviaux des secteurs occidentaux. Plus de deux millions dhabitants et 30000 soldats alliés se retrouvent pris en otage derrière le rideau de fer [16] .

Dans un premier temps, les Alliés envisagent de forcer le blocus, selon la proposition du général Clay. Mais ils ne veulent pas prendre le risque de provoquer un conflit armé dont ils auraient pris linitiative. Ils ne peuvent pas non plus ne pas réagir, puisque cela aurait impliqué léchec de la politique du containment.

Pour sauver la ville de lasphyxie, Britanniques et Américains décident finalement de mettre en place un pont aérien, cest-à-dire dassurer le ravitaillement (vivres, carburant, charbon) par avion. Durant les onze mois que dure le blocus, un transporteur atterrit en moyenne toutes les trente secondes à Berlin-Ouest, sur les aéroports de Tempelhof, Gatow et Tegel.

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Au total, deux millions et demi de tonnes de fret (dont le charbon constitue les deux tiers) sont acheminés par 275000 vols. On estime que moins de 5 % des Berlinois de lOuest ont préféré se ravitailler auprès des autorités soviétiques. Le 12 mai 1949, conscient de son échec, Staline décide de lever le blocus.

Pendant la crise, les États-Unis déploient trois escadrilles de bombardiers stratégiques B-29 de lUnited States Air Force (USAF) au Royaume-Uni pour signifier quils sont prêts à riposter à une éventuelle invasion de lEurope de l'Ouest. Cependant, ils nenvisagent à aucun moment de recourir à la menace dun ultimatum atomique (ils disposent alors du monopole nucléaire) pour faire cesser le blocus de Berlin et contraindre lUnion soviétique à se retirer également de tous les pays où elle avait refusé de « former des gouvernements intérimaires largement représentatifs de tous les éléments démocratiques de la population, qui sengageraient à faire établir aussitôt que possible, par des élections libres, des gouvernements répondant à la volonté du peuple. ». En effet, lEurope de lOuest est en pleine reconstruction et la puissance militaire conventionnelle du bloc de l'Est est de loin supérieure à celle des Occidentaux. Par là, les États-Unis entérinent de facto le partage de lEurope que Staline avait voulu voir dans les accords de Yalta.

Le 23 mai 1949, la division de lAllemagne devient officielle, par la promulgation de la loi fondamentale (Grundgesetz), acte de naissance de la République fédérale dAllemagne (RFA, Bundesrepublik Deutschland), dont la capitale fédérale est Bonn. Le 12 octobre, la zone soviétique à son tour se constitue en un État souverain, la République démocratique allemande (RDA, Deutsche Demokratische Republik), dont la capitale est Berlin-Est. Les deux entités refusent de se reconnaître juridiquement. En 1955, la doctrine Hallstein, élaborée par la RFA, énonce que quiconque reconnaîtrait la RDA couperait, de fait, ses relations diplomatiques avec Bonn, qui s'affirme comme seule représentante légitime de l'Allemagne.

Désormais, lAllemagne se trouve au cœur de la guerre froide [17] .

Cette crise diminuera le prestige de l'URSS dans le monde, d'une part à cause de ces images de Berlinois affamés résistant à sa politique de force et d'autre part l'humiliation militaire, et augmentera parallèlement celui des États-Unis aux yeux des Allemands de l'Ouest, leur statut passant de celui d'occupant à celui de protecteur.

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La guerre de Corée (1950-1953)

La guerre de Corée [18] ,[19] a pour contexte la victoire de Mao Zedong sur le nationaliste Tchang Kaï-chek en Chine: la République Populaire de Chine est proclamée par Mao le 1 er octobre 1949. Les États-Unis appliquent leur doctrine d'endiguement, qui s'oppose à l'expansion du communisme par la force, au bénéfice de la Corée du Sud, pays attaqué par une puissance communiste. La réaction américaine a aussi une explication stratégique : laisser la Corée du nord accomplir impunément son agression contre un allié américain augmenterait le

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agression contre un allié américain augmenterait le 1 2 Des Marines à Séoul , en septembre

Des Marines à Séoul, en septembre 1950

risque d'un basculement d'allégeance du Japon parce que trop isolé face aux puissances communistes.

Après la défaite japonaise en août 1945, la Corée fut coupée en deux au niveau du 38 e parallèle : au Sud, la publique de Corée, proaméricaine, dirigée par Syngman Rhee, au Nord, la République populaire de Corée, prosoviétique, dirigée par Kim Il Sung.

En 1948 et en 1949, les armées soviétiques et américaines quittèrent leurs zones doccupation respectives, de part et dautre du 38 e parallèle.

Le 12 janvier 1950, le secrétaire dÉtat américain Dean Acheson déclara devant des journalistes que le périmètre de défense des États-Unis comprenait les îles Aléoutiennes, les îles Ryūkyū, le Japon et les Philippines. En dautres termes, la Corée nen faisait apparemment pas partie.

Le 25 juin 1950, larmée nord-coréenne franchit le 38 e parallèle, avec laccord de Staline, encouragé peut-être par les déclarations américaines.

Le 27 juin, les Nations unies condamnèrent lagression nord-coréenne et décidèrent de venir en aide à la Corée du Sud. Depuis février 1950, afin de protester contre la présence de Taïwan et non de la Chine populaire, lURSS boycottait les séances du Conseil de sécurité et navait donc pas pu mettre son veto à cette résolution. Le général Mac Arthur, le vainqueur du Pacifique, fut nommé commandant en chef des forces de lONU, formées en majeure partie de contingents américains, mais aussi de troupes britanniques, françaises, australiennes, canadiennes entre autres.

Fin septembre 1950, MacArthur atteignit la frontière chinoise.

En octobre, devant lintervention de 850000 « volontaires du peuple chinois », en fait des troupes régulières, il dut se replier sur le 38 e parallèle, où le front finit par se stabiliser en mars 1951.

Pour remporter la victoire, MacArthur proposa alors un plan d'escalade du conflit à Truman : bombardement de la Mandchourie, blocus naval des côtes chinoises, débarquement des forces du général Tchang Kaï-chek en Chine du Sud et, le cas échéant, emploi de larme atomique. Truman, qui était convaincu quune telle initiative provoquerait une intervention soviétique, limogea Mac Arthur et le remplaça par le général Matthew Ridgway.

Guerre froide

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Le 27 juillet 1953, après la mort de Staline et deux ans de pourparlers, larmistice fut signé à Panmunjeom, mais ne sera suivi daucun traité de paix.

« Guerre » idéologique

En Union soviétique et dans le bloc de l’Est

Progressivement, les leaders des partis non-communistes sont écartés, soit par discréditation ou intimidation, soit par des procès politiques suivis demprisonnement voire dexécution.

Le bloc de lEst fut le théâtre de nombreux procès politiques contre des personnes accusés dêtre « titistes » (terme qui vient de Tito, chef de la Yougoslavie), accusés de dévier de la politique de Moscou, (donc d'être « déviationnistes »), de « cosmopolitisme » ou de « sionisme », ou de travailler pour l'Occident.

De très nombreuses personnes furent emprisonnées ou exécutées, limmense majorité tout simplement car ils gênaient les régimes alors en place alors que plusieurs dentre eux étaient dauthentiques communistes comme László Rajk qui en Hongrie fut lune des premières victimes avec 19 autres hommes de ces grandes purges en 1949.

Aux États-Unis

Aux États-Unis, à partir de 1947 les artistes suspectés de sympathies communistes sont placés sur la « liste noire », et empêchés de travailler. Les « Dix d'Hollywood », refusant de répondre aux questions en invoquant le premier amendement, furent emprisonnés. La Commission denquête de la Chambre des représentants sur les activités anti-américaines (House Un-American Activities Committee ou HUAC) enquête sur la propagande communiste et fait boycotter 300 artistes par les studios. Des artistes comme Bertolt Brecht, Charlie Chaplin, et Orson Welles durent quitter les États-Unis.

Entre 1950 et 1954, le sénateur républicain du Wisconsin, Joseph McCarthy, mena une véritable chasse aux « Rouges ». Il fit mettre en accusation pêle-mêle tous ceux quil soupçonnait dêtre des membres du Parti communiste, des « compagnons de route » ou de simples sympathisants : des fonctionnaires, des artistes, des intellectuels, des savants et des hommes politiques.

Le secrétaire dÉtat Dean Acheson fut suspecté dêtre « mou dans la lutte contre le communisme » (soft on communism) et George Marshall, lancien secrétaire dÉtat, accusé davoir lâché Tchang Kaï-chek en 1946. Ethel et Julius Rosenberg, un couple de juifs communistes américains, furent arrêtés, condamnés à mort et exécutés pour espionnage au profit des Soviétiques. Cette affaire suscita une vive émotion en Europe, et tout particulièrement en France, où lon dénonça le climat dhystérie collective qui avait entouré le procès. Cependant, il est établi aujourdhui que, selon différentes archives et témoignages que les Rosenberg, en particulier lépoux, étaient bien des espions qui avaient transféré aux Soviétiques des documents relatifs au radar et à des armements. Ce sont les seuls espions exécutés, suite à une procédure judiciaire, durant la guerre froide, aux États-Unis. [20]

Finalement, en 1954, McCarthy dépassa les bornes et mit en doute la loyauté de larmée. Il fut alors lobjet dun blâme de la part de ses collègues du Sénat : cétait la fin du maccarthysme. La liste noire resta cependant en activité pendant plusieurs années.

Guerre froide

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Coexistence pacifique et nouvelles crises (1953-1962)

La coexistence pacifique

Le 5 mars 1953, Staline meurt. Il est remplacé par le nouveau numéro un soviétique Nikita Khrouchtchev, dit « Mr K », qui condamne les crimes de Staline et commence le processus de déstalinisation. Commence la coexistence pacifique (1956).

La théorie des dominos est formulée le 7 avril 1954 par le président Eisenhower, justifie l'intervention des États-Unis dans le monde, qui abandonnent ainsi définitivement l'isolationnisme. La même année, la doctrine Dulles prévoie des « représailles massives » en cas d'attaque de l'URSS: la coexistence pacifique est fondée sur l'« équilibre de la terreur ». Enfin, en 1957, Eisenhower énonce la doctrine Eisenhower, qui promet des aides économiques et militaires aux États du Moyen-Orient pour faire front à l'influence soviétique. La doctrine est appliquée lors de la crise de 1958 au Liban, durant laquelle 14000 militaires américains débarquent au Liban (opération Blue Bat).

De l'autre côté, la doctrine Sokolovski, énoncée par Khrouchtchev en 1960, réaffirme l'usage soviétique de l'arme nucléaire en cas d'attaque.

Dès 1950, un PB4Y Privateer est abattu par la chasse soviétique. À partir de 1956, les Américains utilisent des U2 volant à plus de 20000 mètres daltitude. Mais, lors de l'incident de l'U-2 de mai 1960, lun deux est abattu et son pilote, Francis Gary Powers, est emprisonné à la suite dun procès très médiatisé. Les Américains créeront alors des avions espions de plus en plus perfectionnés, avant de développer un programme de satellites de surveillance (Corona et KH-6).

Durant cette période, il y a un dialogue plus ouvert entre les dirigeants des deux blocs. Khrouchtchev rencontre Eisenhower en 1956 au Royaume-Uni, en 1959 aux États-Unis, en 1960 en France et Kennedy en 1961 à Vienne [21] . En effet, le jeune démocrate John F. Kennedy a gagné les élections de 1960.

Il préfère une coexistence pacifique avec lURSS, mais veut en même temps empêcher le communisme de se répandre dans le tiers monde. Dans le cadre de la doctrine Kennedy, il appelle ainsi à ce que la « force et l'unité militaire requise dans la lutte contre le communisme soient contrebalancées par des espoirs de désarmements et de coopération globale ». Dans ce cadre, il créé « lAlliance pour le Progrès » (1961), un programme d'aide économique pour aider lAmérique latine et contrer l'influence de Cuba. Celle-ci se révèle néanmoins plutôt décevante.

De plus, il accroît laide américaine au Congo-Kinshasa et envoie des « conseillers militaires » au Laos et au Viêt Nam. Dans le même temps, la doctrine MacNamara de riposte graduée remplace, en 1962, la doctrine Dulles de représailles massives.

L’insurrection de Budapest (1956)

Le bloc soviétique vit une importante crise cristallisée par la révolte hongroise à Budapest, laquelle mène à une répression soviétique au moment des Jeux olympiques dété de 1956.

Le mouvement hongrois doctobre 1956 fut une insurrection, voire une révolution. Ce fut un soulèvement spontané, sans dirigeant, authentique mouvement de masse uni par la haine du régime stalinien et par une volonté daméliorer la situation sociale. Lenquête menée par le Comité spécial de lONU sur la Hongrie en 1957 conclut son rapport en disant que le « soulèvement hongrois a eu un caractère non seulement national, mais aussi spontané ».

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Lagitation des écrivains, des étudiants et des journalistes prouve une émancipation progressive vis-à-vis du Parti des travailleurs hongrois (le parti unique), ainsi quune désagrégation du système totalitaire. Mais linsurrection hongroise est rapidement écrasée par les chars soviétiques, ceci sans réelle réaction du bloc de l'Ouest. [22]

La crise de Suez (1956)

Cette crise [23] ne fait pas partie de la guerre froide au sens strict du terme, puisquelle nest pas un conflit opposant de manière directe les États-Unis et lURSS. Certains voient toutefois dans cette crise la fin des actions autonomes des deux blocs et lintègrent donc à la guerre froide.

En 1956, le monde assiste à une guerre entre lÉgypte dune part, la France, le Royaume-Uni et Israël dautre part. La France et le Royaume-Uni subissent les pressions des deux superpuissances, lesquelles napprécient pas de ne pas avoir été mis au courant de lopération autour du canal de Suez. LURSS menace dutiliser larme atomique, car elle y voit une guerre coloniale. Dans ce dossier, les deux grandes puissances adoptent la même position.

La deuxième crise de Berlin (1961)

Entre 1949 et 1961, 3,6 millions dAllemands de lEst transitèrent par Berlin pour passer en RFA. Cette hémorragie démographique était un désastre économique pour la RDA, car cétaient surtout des ingénieurs, des médecins et des ouvriers spécialisés qui commirent le « délit de fuite » (Republikflucht). En même temps, elle était une catastrophe politique en ce quelle portait atteinte à limage de marque officielle de la RDA.

atteinte à l ’ image de marque officielle de la RDA. Rencontre de Kennedy et Khrouchtchev

Rencontre de Kennedy et Khrouchtchev à Vienne, 1961

En novembre 1958, cette situation donna lieu à une crise diplomatique connue sous le nom d'« ultimatum de Khrouchtchev » et dans laquelle furent impliquées toutes les puissances occidentales. En juin 1961, Kennedy et Khrouchtchev se rencontrent à Vienne. Khrouchtchev annonce qu'il va signer un traité de paix avec la RDA, ce qui priverait les États-Unis de leur accès à Berlin-Ouest. Kennedy juge la situation inacceptable et la conférence ne mène à rien. Khrouchtchev envoie son armée devant Berlin-Ouest. Kennedy riposte en étalant les chars américains devant les forces soviétiques et en augmentant le budget militaire américain. Khrouchtchev recule son armée sous la pression.

Guerre froide

Le 13 août 1961, la construction du mur de Berlin entre le secteur soviétique et les trois secteurs occidentaux met fin à ce « débauchage systématique de citoyens de la République démocratique allemande ». [24] Mais, étant donné que les autorités est-allemandes et soviétiques ne firent aucune tentative pour bloquer les voies de communication entre la RFA et Berlin-Ouest et que, par ailleurs, Khrouchtchev ne mit pas en question le statut quadripartite de la ville, la réaction des Occidentaux se limita à des

protestations verbales et à des gestes symboliques : la visite à Berlin-Ouest du général Lucius D. Clay, lorganisateur du pont aérien, et le renforcement de la garnison américaine par 1500 hommes. En effet, aux yeux des Occidentaux, la construction du mur ne constituait quune agression à légard des Allemands de lEst et ne menaçait pas les three essentials (cest-à-dire les intérêts essentiels) du bloc de lOuest. [25]

intérêts essentiels) du bloc de l ’ Ouest. [ 2 5 ] Le Mur de Berlin

Le Mur de Berlin est lun des symboles majeurs de la Guerre froide.

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Conflit Indonésie/Pays-Bas (1962)

En 1962, un conflit peu médiatisé opposant l'Indonésie à son ancienne puissance coloniale, les Pays-Bas au sujet du statut de la Papouasie faillit voir l'entrée en guerre de la marine soviétique au côté de l'Indonésie le 5 août 1962 [26] .

La crise des missiles cubains (1962)

La crise des missiles cubains [27] mit plus nettement en évidence la menace dune guerre nucléaire. En janvier 1959, les guérilleros de Fidel Castro avaient renversé le dictateur Fulgencio Batista, soutenu par les États-Unis. Le nouveau régime prit une série de mesures qui lui valurent lhostilité croissante de Washington : en 1959, démantèlement des latifundia ; signature dun accord commercial avec lUnion soviétique en mai 1960, après la réduction des achats de sucre cubain par les États-Unis ; en juin et juillet, confiscation des entreprises nord-américaines, qui contrôlaient, outre la totalité des raffineries de pétrole, 40 % de lindustrie sucrière, 80 % du tabac et 90 % des mines. [28]

sucrière, 80 % du tabac et 90 % des mines. [ 2 8 ] Photographie aérienne

Photographie aérienne de missiles nucléaires soviétiques installés à Cuba, le 1 er novembre 1962

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À titre de représailles, le gouvernement américain, soumis à la pression des milieux daffaires, mit en place un embargo économique de lîle en octobre 1960 et, le 2 janvier 1961, il rompit les relations diplomatiques avec La Havane. En même temps, la CIA recrutait des « forces anticastristes » parmi les réfugiés cubains. Au début du mois davril, Kennedy donna son accord à un projet dinvasion de lîle, tout en refusant dengager des troupes américaines et en limitant les effectifs à 1200 Cubains. Le débarquement, qui eut lieu le 17 avril 1961 dans la Baie des Cochons, fut un désastre. Kennedy se déclare seul responsable, mais, en privé, accuse la CIA de lui avoir menti et de l'avoir manipulé. Le président se brouille avec l'agence. La CIA œuvre désormais clandestinement contre Castro, en collaborant avec la Mafia, ce qui frustra Kennedy.

En juillet 1961, Cuba signifie son appartenance au « bloc socialiste ». Le 4 septembre 1962, le pays conclut un accord dassistance militaire avec lUnion soviétique et, une semaine plus tard, Moscou déclare que toute attaque contre Cuba provoquerait une riposte nucléaire. Le Congrès américain pour sa part vote le 3 octobre une résolution qui met en demeure contre toute « action subversive dans lhémisphère occidental ». Kennedy interdit cependant lopération Northwoods mise au point et proposée par létat-major, laquelle prévoyait dorchestrer une série dattentats contre les États-Unis, puis den accuser Cuba afin de mobiliser lopinion publique contre Castro.

Le 14 octobre 1962, un avion américain Lockheed U-2 photographie sur lîle de Cuba des rampes de lancement pour missiles nucléaires à moyenne portée (IRBM et MRBM), capables datteindre le territoire américain. En même temps, la Maison Blanche apprend que 24 cargos soviétiques transportant des fusées et des bombardiers Iliouchine font route vers Cuba (opération Anadyr).

Dans la journée du 22, Kennedy, après avoir hésité entre linaction et le bombardement des rampes de lancement, se décide pour le blocus maritime de lîle. Cette « riposte graduée », proportionnée à la menace, laisse à Khrouchtchev le choix entre lescalade ou la négociation. Mais Kennedy utilise la plus grande fermeté, afin de forcer Khrouchtchev à reculer. Le 24 octobre, les premiers cargos soviétiques font demi-tour. Moscou ne peut contacter immédiatement les sous-marins armés de torpilles à tête nucléaire (opération Kama) qui accompagnent le convoi avec mission de le protéger (fait qui ne sera révélé quen 2001). Entre-temps, un arrangement permettant à Khrouchtchev de sauver la face est négocié en coulisse entre émissaires officieux. Le 26 et le 27 octobre, dans deux messages, le Kremlin propose le retrait des armes offensives ; en contrepartie, les Américains devraient sengager à ne pas renverser le régime cubain et à retirer leurs missiles nucléaires installées en Turquie, et pointées vers lURSS. Le 28 octobre, Kennedy accepte ce compromis in extremis. Il demande toutefois de cacher le fait que les États-Unis retiraient leurs missiles de Turquie. Khrouchtchev accepta, et il crut avoir gagné la partie. Or, il avait été dupé. Kennedy avait décidé de retirer les missiles de Turquie bien avant la crise. De plus, la reculade de Khrouchtchev l'a humilié devant Castro, Mao Zedong et les autres chefs communistes. C'est décidement Kennedy qui a gagné la partie, en plus il voit sa popularité et son prestige mondial monter en flèche. Kennedy dira néanmoins après cette crise diplomatique qu'il a « négocié au bord du gouffre ».

Le dénouement de la crise fut un succès politique pour les États-Unis, quoiquils doivent tolérer un pays communiste à lintérieur de leur « périmètre de défense ». Dautre part, cette « diplomatie au bord du gouffre » avait effrayé « jusquaux plus hauts décideurs, au point de les rappeler à un comportement rationnel. » [29] Linstallation dun téléphone

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rouge, ligne directe entre Moscou et Washington, et louverture de négociations sur la limitation des armements concrétisèrent ce retour à la rationalité. Kennedy, devenu encore plus populaire, change la politique de son pays vers un plan un peu plus pacifique. Mais il n'a pas le temps de mettre en place toutes ses idées : le 22 novembre 1963, en voyage à Dallas, Texas, Kennedy parade dans les rues de la ville en limousine décapotable. Lors du défilé, il est assassiné en pleine gloire par un tireur d'élite embusqué, et ce devant les yeux horrifiés de la foule. Khrouchtchev, quant à lui, sort très affaibli de la crise. En 1964, il fut remplacé par Brejnev.

La « détente » (1963 -1974)

Les accords nucléaires

Au lendemain de la crise des missiles cubains, les États-Unis et lURSS décident de se rapprocher pour maîtriser, dans un esprit de transparence, un équilibre désormais fondé sur une « destruction mutuelle assurée » (MAD en anglais).

Dès juin 1963, un « téléphone rouge », liaison permanente par téléscripteur entre le Kremlin et la Maison Blanche, leur permet de se concerter immédiatement et déviter ainsi une diplomatie « au bord du gouffre ».

En août 1963, ils signent le traité de Moscou, qui interdit les essais nucléaires atmosphériques et sous-marins.

L'assassinat de John F. Kennedy à Dallas le 22 novembre 1963 bouleverse la planète, partout les gens pleurent ce jeune président, URSS comprise. Le successeur de Kennedy, Lyndon Johnson, s'engage à poursuivre la détente. Johnson va engager son pays dans la guerre du Viêt Nam.

En janvier 1968, par le Traité de non-prolifération nucléaire (TNP), issu dun projet conjoint américano-soviétique présenté à la Commission du désarmement à Genève, ils sengagent, ensemble avec le Royaume-Uni, à ne transférer ni armes ni technologie nucléaires aux États non dotés darmes nucléaires (ENDAN).

En mai 1972, les accords SALT I (Strategic Armements Limitation Talks), signés par Nixon et Brejnev, limitent les armements défensifs anti-missiles (ABM) à deux sites pour chacun des deux pays et gèlent pour une durée de cinq ans les armes nucléaires offensives, cest-à-dire les rampes de lancement fixes pour missiles intercontinentaux (ICBM) et les missiles installés sur sous-marins (SLBM) [30] .

En juin 1979, Carter et Brejnev signent les accords SALT II, négociés depuis 1974 dans le prolongement de SALT I. Ces accords prévoient un gel des lanceurs à ogives multiples (MIRV) et un contrôle réciproque des armes nucléaires. Ils ne furent pas ratifiés par le Sénat américain en raison de linvasion de lAfghanistan par lUnion soviétique, les deux parties déclarant toutefois quelles en respecteraient les clauses [31] .

Les mobiles de ce rapprochement sont multiples. Il y a dabord à lévidence la volonté de se dégager dune course aux armements de plus en plus coûteuse, et absurde en raison de la «

de plus en plus coûteuse, et absurde en raison de la « Malgré leurs accords de

Malgré leurs accords de non-prolifération, le stock d'armement nucléaire des deux grands est resté très important

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capacité de surextermination » (overkill) des arsenaux nucléaires ; par ailleurs, lURSS est contestée par la République populaire de Chine, la rupture sino-soviétique permettant, dans le cadre dune diplomatie désormais triangulaire, un rapprochement sino-américain ; en même temps, en raison dune économie qui stagne, lURSS a besoin dune aide extérieure que les États-Unis lient à des accords politiques (le linkage de Henry Kissinger) ; et enfin, les États-Unis, de leur côté, sont engagés dans la guerre du Viêt Nam qui absorbe une part excessive du budget américain : doù le désir des deux « adversaires-partenaires » (Raymond Aron) daboutir à une gestion raisonnable de la guerre froide.

La « détente » en Europe (1962 -1975)

Dans chacun des deux blocs, pro-soviétique et pro-américain, les deux superpuissances sont contestées. Le modèle soviétique est contesté en Europe de lEst. En 1968 la Tchécoslovaquie est envahie par les troupes du pacte de Varsovie : le Printemps de Prague touche à sa fin, la doctrine Brejnev de 1968 énonçant une « souveraineté limitée » pour les pays du bloc de l'Est, justifiant ainsi l'intervention de Moscou.

À lOuest, De Gaulle prend ses distances avec les États-Unis et lOTAN, en se retirant du commandement intégré de l'Alliance atlantique en 1966. La France continue néanmoins à être membre de l'OTAN mais le siège de l'organisation quitte le pays.

En 1969, Willy Brandt devient chancelier de la RFA et engage une politique de rapprochement et douverture à lEst, lOstpolitik », rompant ainsi avec la doctrine Hallstein de non-reconnaissance de la RDA. Les deux États se reconnaissent mutuellement en 1972 et entrent à lONU en 1973.

Confronté à une intense agitation intérieure (Convention nationale démocratique de 1968, mouvement hippie, etc.), Nixon énonce la doctrine Nixon en 1968, qui décide une réduction de l'engagement militaire direct du Pentagone dans le monde, celui-ci optant de plus en plus pour un interventionnisme discret, via les forces spéciales, et des « guerres proxy » (par intermédiaire). Dans le même temps, la Realpolitik de Kissinger admet l'existence de l'URSS et le dialogue nécessaire, en même temps de l'usage de la carotte et du bâton. En 1971, la publication des Pentagon Papers choque les Américains, qui découvrent les opérations secrètes de la CIA. Le « Credibility gap » (manque de crédibilité), bien réel celui-là, vient remplacer le « Missile gap » et le « Bomber gap » fortement exagérés par les forces armées américaines [32] .

En 1975, les accords dHelsinki [33] sont signés par 33 États européens, URSS comprise dans la somme, le Canada et les États-Unis. Les accords doivent permettre la coopération entre les États, la libre circulation des personnes et le respect des droits de lhomme.

La République populaire de Chine, le 3 e acteur

La cohésion apparente du «

bloc

communiste

»

se

fissure

à

partir de la rupture

qui

voit

ces

deux

régimes

s'affronter

sur

le

terrain

idéologique

et

diplomatique.

Le risque d'une guerre entre ces deux géants fut pris très au sérieux lors du conflit frontalier sino-soviétique de 1969. Constatant que Pékin ne pouvait affronter à la fois Moscou et Washington, Mao choisit de se rapprocher des États-Unis. La proximité géographique de lURSS posait en effet selon lui une menace autrement plus grande que les États-Unis.

Guerre froide

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Afin daffaiblir lUnion soviétique, les États-Unis saisissent la balle au bond et se rapprochent de la publique populaire de Chine alors quelle se lance dans une course aux armements (bombe A le 16 octobre 1964, bombe H le 14 juin 1967). Nixon cherche à isoler davantage lUnion soviétique, surtout dans le tiers Monde.

Léquipe de ping-pong des États-Unis fait un voyage en Chine le 10 avril 1971 : cest la « ping pong diplomacy ». Le 25 octobre 1971, sous la pression des États-Unis, lONU reconnaît la Chine populaire qui siège désormais au Conseil de sécurité (76 voix pour, 35 contre, 17 abstentions) et au Conseil de Sécurité à la place de Taïwan, qui quitte lONU en signe de protestation. Enfin, le président Nixon, invité par Mao Zedong, se rend en Chine (février 1972).

Malgré l'anti-américanisme d'une grande partie de l'administration chinoise, les relations stratégiques et économiques avec les États-Unis prennent de plus en plus d'ampleur. Le conseiller à la sécurité nationale du président Carter, Zbigniew Brzezinski, gocie avec Deng Xiaoping pour installer des bases servant au renseignement d'origine électromagnétique (SIGINT) en Chine, afin d'écouter l'URSS [34] . La répression des manifestations de la place Tian'anmen, en 1989, a conduit à freiner cette collaboration.

Les limites de la « détente »

Les deux Grands sont impliqués dans des conflits importants. Tous deux mènent une lutte dinfluence dans les pays du tiers monde : c'est ce que l'on nomme les conflits périphériques.

De 1964 à 1975, la guerre du Viêt Nam oppose indirectement les grandes puissances, à travers le Nord Viêt Nam stalinien et le Sud Viêt Nam capitaliste. Les États-Unis sengagent militairement au Viêt Nam à partir de 1962 [35] .

Les États-Unis soutiennent de nombreux dictateurs et provoquent plusieurs coups dÉtat (Cambodge en 1970, Chili en 1973), dans le but de contenir lUnion soviétique. En Amérique latine, le régime castriste soutient des guérillas révolutionnaires contre ces dictateurs, qui se soldent par des échecs.

La guerre du Viêt Nam

La guerre du Viêt Nam (aussi appelée deuxième guerre d'Indochine) est une guerre qui

Nord-Viêt Nam) et son armée populaire vietnamienne - soutenue matériellement par le bloc

à, d'autre part, la publique du Viêt Nam (ou Sud-Viêt Nam), militairement soutenue par

l'armée des États-Unis à partir de 1964, à la suite des incidents du golfe du Tonkin appuyé par plusieurs alliés (Australie, Corée du Sud, Thaïlande, Philippines).

Guerre froide

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Tensions dans le monde

De nombreux pays trouvent la tutelle soviétique ou américaine lourde et veulent s'en séparer.

Par rapport aux États-Unis :

la France sous De Gaulle :

-Distance avec les États-Unis

-Distance avec l'OTAN

-Développement de l'anti-américanisme

-Rapprochement avec Mao

Cuba sous Castro :

-Renversement

du

dictateur

pro-américain

-Distance puis conflit avec les États-Unis

Iran

-Renversement du gouvernement installé et maintenu par les États-Unis

-Mise en place d'une république islamiste

Par rapport à l'URSS :

la Chine sous Mao :

la Hongrie

-Elle s'éloigne de plus en plus de l'URSS

-Elle se rapproche des États-Unis

-Le printemps de Prague

-Linsurrection de Budapest

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La seconde Guerre froide ou « guerre fraîche » (1975 -

1985)

L'expansionnisme de l'Union soviétique

Profitant

du

déclin

des

sur

la

scène

internationale

du

fait

de

lhumiliation

subie

au

Viêt

Nam

et

de

la

politique

relativement

pacifiste

du

président

lUnion

en

profite

pour

sengager

davantage,

notamment en Asie, en Afrique et en Amérique du Sud, mais

des

aussi

en

Europe

Sud , mais de s aussi euromissiles ). en Europe ( Crise Jimmy Carter et Léonid
SALT II à Vienne (Autriche) le 18 juin 1979 Situation de l ’ alignement des pays

Situation de lalignement des pays du Monde sur les deux blocs en 1980; les guérillas liées à la Guerre froide sont mentionnées.

LUnion soviétique se met à déployer de plus en plus d'armes de nouvelle génération inquiétant l'avance technologique de l'Ouest. Carter négocie cependant le traité SALT II avec Brejnev, signés en 1979.

Le 3 juillet 1979, Carter signe l'autorisation mettant en place l'opération Cyclone d'aide militaire et financière aux moudjahidins afghans, escomptant ainsi, sur les

conseils de Brzezinski, provoquer l'URSS à envahir l'Afghanistan [36] [37] . Le 1er octobre 1979, il annonce la formation des United States Rapid Deployment Forces (RDF, Forces de déploiement rapide, qui deviendront CENTCOM en 1983). Plus de deux mois plus tard, à la fin décembre 1979, les troupes soviétiques entrent en Afghanistan.

Quelques jours après l'invasion de l'Afghanistan, Carter rétorque en exposant la doctrine Carter lors de son discours sur l'état de l'Union de janvier 1980: la Maison-Blanche déclare alors qu'elle n'hésitera pas à intervenir militairement dans le golfe Persique pour défendre ses intérêts nationaux. Il déclare en outre le boycott des Jeux olympiques de 1980, à Moscou, tandis que les accords SALT II ne sont pas ratifiés. La Crise iranienne des otages l'affecte néanmoins durement, et Ronald Reagan gagne les élections, les otages étant libérés immédiatement après.

Guerre froide

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« L'Amérique est de retour » (1981)

Aux États-Unis, discrédité par sa politique internationale jugée désastreuse et malgré une bonne gestion de la crise économique, Carter est battu aux élections par Ronald Reagan. Sous les présidences de Reagan (1981-1989), puis de George Herbert Walker Bush (1989-1993), les valeurs conservatrices sont remises à l'honneur, comme la morale puritaine. En économie, Reagan suit un programme néolibéral, inspiré en particulier par l'École de Chicago (monétarisme de Milton Friedman), tempéré par un creusement considérable des déficits publics.

Les interventions extérieures se développent : à lextérieur, ils abandonnent la détente, dénoncent lUnion soviétique comme « lempire du mal » (lors d'une convention nationale dévangélistes) et donnent aux États-Unis les moyens militaires de « défendre la liberté et la démocratie ». Les interventions directes et indirectes augmentent dans le monde :

reprise en main de l'Opération Charly menée dans toute l'Amérique latine par la junte argentine, aide aux Contras contre le Nicaragua en 1981-1986 (débouchant sur l'Irangate) et invasion de la Grenade en 1983.

La course aux armements, l’équilibre de la terreur et sa rupture

Dans un but militaire, plusieurs pays séquipent de matériel, souvent au-delà de ce qui est en pratique nécessaire pour assurer leur survie et leur domination, quelle soit géopolitique ou économique. Les États-Unis et lURSS ont acquis de façon frénétique du matériel de destruction où chacun a tenté de démontrer sa supériorité sur lautre. Cependant, à lusure, cette course aux armements, les