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Le stress professionnel

• Professeur Peretti
• Hôpital Saint-Antoine
Quelques notions générales
sur le stress.
• Dans la société contemporaine, le terme de stress
est largement utilisé pour nommer chacune des
difficultés de notre existence. Parmi les sources de
confusion, on peut noter :
- Une confusion entre la source de stress (le “ stresseur ”) et la
réaction de l’organisme (la “ réaction de stress ” proprement
dite)
- Un emploi général du terme de stress pour exprimer une
émotion à valence négative : la tristesse, la colère, la peur, la
honte, le dégoût, l’angoisse, la culpabilité, etc..
- Une utilisation du mot stress pour aborder la pathologie
mentale (avant tout anxiété et dépression).
Considérations générales
sur le stress
• Le stress n’est pas considéré comme une
maladie.
• Le stress est un phénomène normal
d’adaptation. Il nous fait souffrir lorsque nos
capacités d’adaptation sont dépassées. Nous
pouvons alors déclencher une pathologie.
• Les spécialistes ne sont amenés à intervenir
que lorsqu’une pathologie est présente. Ce qui
représente un biais dans l’observation du stress.
Un modèle largement admis aujourd’hui
en psychiatrie  :
le modèle bio-psycho-social

Vulnérabilité
biologique

Facteurs déclenchants :
le stress

Un psychisme issu de
l ’expérience et
de l ’hérédité
Un peu d’histoire pour comprendre les
conceptions actuelles du stress
• Hans Selye, un chercheur austro-hongrois émigré au
Canada fait en 1936 des découvertes essentielles :
• 1) il fait subir à des rats des contraintes (chocs
électriques, bruit, brûlures, froid ...) ;
• 2) il constate que, quelque soit les agents agressants,
les effets sur l ’organisme sont les mêmes. Il appelle ce
mécanisme “ syndrome général d'adaptation ” (S.G.A.) ;
• 3) il conclut que le stress est le résultat physiologique
de ce SGA qui entraîne de très nombreuses maladies.
Les conséquences
de cette conception du stress
• La désignation de causes extérieures comme source
de nos souffrances.

• La généralisation de l'attitude passive par rapport au


stress : le stress est la maladie du siècle.

• L'amplification de la tension liée au stress par l'impression


qu'il n'y a rien à faire d'autre que de subir.
Une définition opérationnelle
du stress

• Il y a stress à chaque fois que l'individu est


sollicité par son environnement et qu'il doit
faire un effort pour s'adapter.

• L’élément clé : l’impression de contrôle


Le stress au travail
• Le stress professionnel est en relation directe avec les
sentiments de maîtrise et de contrôle ressentis par
l ’individu.
• Deux extrêmes
• Forte demande Très fort stress
ex: la caissière du supermarché
Absence de maîtrise

Faible demande Peu de stress


Ex: certains postes d ’enseignement
universitaires
Forte maîtrise
Les facteurs du stress
professionnel
• Une surcharge de travail toujours augmentée

• Une inadéquation entre les aspirations et la


réalité offerte

• Des situations relationnelles toujours remises


en cause
Facteurs de surcharge
Le temps
une pression constante
Trop de travail ou pas assez de temps ?
- Un problème de possibilité et de capacité à
dire NON

- 57% des salariés estiment ne pas avoir assez


de temps pour faire leur travail (SOFRES,
avril 2000), 68% pour les cadres.
Facteurs de surcharge
Le zapping permanent
• Les interruptions dans le travail sont de plus
en plus fréquentes.
– Parmi les causes :
• des moyens de communications omniprésents
(téléphone cellulaire, fax, émail, etc...),
• une culture d’entreprise qui favorise le « toujours
disponible ».
• La conséquence : un conditionnement qui
encourage, au final, au zapping, même
lorsque le travailleur n’est plus dérangé!
Facteurs de surcharge
Le techno-stress
Les nouvelles technologies apportent du
confort et... des problèmes nouveaux:
- Le web (et ses 80 mails quotidiens), avec la
systématisation des « cc ».
- Auparavant, nul n’était sensé ignoré par loi.
Aujourd ’hui, ce sont toutes les infos de l’entreprise
qui doivent être connues en temps réel.
- Le portable
- Le palm
Le changement organisationnel
permanent
• Les organisations de l’entreprise sont en
perpétuelle mutation

• La première règle pour annoncer une


nouvelle (bonne ou mauvaise) : connaître
son organisation. A condition d ’avoir été
mis au courant…
Le décalage aspiration/satisfaction
Les mythes liés au changement
Un changement peut s’opérer sans douleur.
C’est oublier le coût de l ’adaptation
Le changement peut s’effectuer dans un temps très court
L’adaptation nécessite du temps
Seuls les grands changements occasionnent du stress.
En réalité, la multiplication de petits changements, c ’est
pire!
Le changement est plus difficile pour certains (les cadres,
ou alors les catégories socio-culturels les moins favorisés).
En réalité : tout le monde
Pour réussir une fusion, il faut oublier le passé.
En réalité : La mémoire ne s ’efface pas.
Les facteurs relationnels
Les relations affectives et le
monde du travail
• Des conflits de rôle de plus en plus
fréquents entre position professionnelle et
position affective.
• Le développement et l ’encouragement du
patriotisme d’entreprise.
• Au final, un manque de reconnaissance et
une frustration.
Stress :
du professionnel au personnel
• Dans les grandes enquêtes menées sur le
stress professionnel :

• La plupart des salariés estiment que leur


stress provient du travail.
Les recommandations de la
Work Research Unit de Londres
1/ Le travail devrait inclure toutes les tâches nécessaires à
l ’achèvement d ’un produit ou d ’un processus. Les
salariés doivent avoir un sentiment de cohérence dans leur
travail.
2/ Le travailleur doit avoir l ’impression de contrôler :
rythme, étapes de travail
3/ Le salarié ou son équipe doivent se sentir responsable de la
qualité du produit fini
4/ Le travail doit être diversifié, susciter de l ’intérêt
5/ Le travail soit permettre des contacts sociaux de qualité
Les relations entre pensées, émotions et comportements

Stresseurs
(modification de l ’environnement)

Cognitions
(pensées, images, représentations)

Emotions
(ensemble des phénomènes physiques)

Comportements
La gestion du stress
• Plusieurs étapes indispensables
- Repérer ses propres facteurs de stress
- Apprendre des techniques préventives
(relaxation et amélioration de l ’hygiène de
vie)
- Apprendre des techniques actives (penser
autrement et affronter plus efficacement ses
problèmes)
Un exemple
Situation Pensées Signes Comportement inten

problème associées physiques (actions sité

(symptômes destinées à

associés) réduire la

tension)

au bureau, il est il faut que impression de je vais me 4/10

10h00. "Je j'écrive à Mr C tension avec prendre un café

commence la et que je contracture (comportement

rédaction d'une prépare les abdominale de fuite).

note". dossiers de la

journée. Il faut

absolument que

je fasse tout en

même temps."
Apprendre à se détendre
Sur le plan médical, deux techniques ont fait la
preuve de leur efficacité :
- la méthode de Shültz (ou training autogène :
basée sur l’auto-hypnose)
- la technique de Jacobson, basée sur le contrôle
de la contraction musculaire.
La sophrologie, le yoga et bien d’autres disciplines
proposent également des méthodes intéressantes de
relaxation.
La gestion du stress
Un sentiment de stress correspond le plus
souvent au ressenti d ’une émotion:
- Tristesse
- Anxiété
- Colère
- Honte
- Dégoût, etc..
• Identifier et étiqueter cette émotion sont des
préalables nécessaires.
L’amélioration de
son hygiène de vie
• Améliorer ses rythmes veille-sommeil,
réduire sa consommation de tabac ou de
café, manger plus équilibré, etc..

• Le vrai problème : comment faire ?


Une petite technologie du
changement
- Se fixer des objectifs raisonnables
- Prévoir une stratégie, un plan d’action
- Le confier à son entourage
- Se donner les moyens d’évaluer les résultats
- Renforcer les résultats obtenus
Apprendre à réfléchir autrement
• Une même situation, plusieurs façons de
penser et d ’agir.

• Exemple : Dans un embouteillage, de


nombreux automobilistes s’exaspèrent
quand d’autres gardent leur calme.
Deux manières d ’être
(entre autres)
• Le stressé articule sa pensée autour du danger (“ je
vais arriver en retard et ça va très mal se passer) ou
autour de la contrainte (“ on ne peut rien faire, je ne
supporte pas ”).
• L’automobiliste calme est certainement plus proche de
la réalité : “ il est faux de dire que je ne peux rien faire.
La seule chose que je ne peux pas faire, c’est
d’avancer ! Si je ne suis pas à l’heure, les
conséquences réelles seront …. En attendant, utilisons
le temps d’immobilité pour réfléchir au plan de la
journée. ”.
Restructuration cognitive
• Un mot d’ordre : le retour à la réalité.

• La gestion du stress vise à mettre du


rationnel dans de l’émotionnel.
Un mot sur
« l ’enfer c’est les autres »….
• Des compétences sociales peuvent
être développées :
- apprendre à écouter,
- à recevoir une critique,
- à formuler une critique,
- exprimer un refus.
Un mot de conclusion

Abandonner une logique de contrainte


systématique et (se) poser
systématiquement la question du
« comment agir autrement ? »