Il croit sincérement: il est des périodes qu'il faut supporter, où l'absence de son seul amour

est comme celui d'un organe qui prend sans jamais rien donner, pas le coeur, plutôt le
#pancréas, absence qui se fait sentir par des creux dans les journées qu'on ne s'occupe pas
de combler, mais pendant lesquelles rien ne vous distrait, ni les risques d'une mauvaise
rencontre (...), ni la saleté repoussante des #poubelles au pied desquelles on se trouve
allongé au réveil, ni le souvenir confus de la nuit dernière, d'abord peuplée d'étudiants, de
buveurs formidables, puis de cambrioleurs au #chômage, de joueurs de billard, de
#prostituées aussi, de pauvres types qui n'arrivaient pas à finir leur journée, à la tuer de
leurs propres mains, l'unique et infernale journée qu'ils semblaient condamnés à revivre
indéfiniment, tous ces personnages de carton-pâte ne parvenant pas à combler le vide qu'il
a fait volontairement autour de lui (...), il n'est plus sur de son nom cela sonne si mal, et les
minutes grossissant pendant lesquelles il se demande ce que Louise est en train de faire,
qui elle embrasse... Ridicule.

Loïc merle, L'esprit de l'ivresse, Actes Sud, 2013, p.294

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