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Séminaire La bête et le souverain. Vol.

1 Jacques Derrida

Pena de muerte/Soberanía : Historia política y onto-teológica de su concepto y de sus figuras. Entrelazar esta historia con la del pensamiento de lo vivo, con la del tratamiento de la vida llamada animal en todos sus registros. Il fallait surtout explorer les « logiques » qui organisaient tantôt la soumission de la bête (et du vivant) a la souveraineté politique, tantôt une analogie irrésistible et surchargée entre une bête et un souverain qui sont supposés partager le lieu d’une certaine extériorité au regard de la « loi » et du « droit » (hors la loi : au-dessus des lois : origine et fondement de la loi). Cuestiones generales de la fuerza y el derecho, el derecho y la justicia, lo « propio del hombre » y la interpretación filosófica de los límites de lo que se llama el hombre y lo que se llama abusivamente y en singular, el animal. Il n’y a pas de loup / Il n’y a « pas de loup ». Qu’est-ce que la raison? Qu’est-ce qu’une raison? Bonne ou mauvaise? Avoir une bonne raison à faire valoir dans un débat ou dans un combat. Avoir raison / Avoir raison de : dans un rapport de force, une guerre de conquête, une chasse voire une lutte à mort. [...] il n’y a que du théo-zoologique, et dans le théo-anthropo-zoologique l’homme est coincé, evanescent, disparaissant, tout au plus une simple médiation, un trait d’union entre le souverain et la bête, entre Dieu et le bétail [...]. (33) La souveraineté (politique ou social ou individuelle —et ce sont déjà des dimensions différentes et terriblement problématiques)... (35). Trait minimal qu’on doive reconnaître dans la pulsion de souveraineté : Un certain pouvoir de donner, de faire mais aussi de suspendre la loi; c’est le droit exceptionnel de se placer au-dessus du droit, le droit au non-droit [...] ce qui 1

vers la toutepuissance divine (qui aura d’ailleurs le plus souvent fondé le principe de souveraineté dans son origine sacrée et théologique) et. méprise la loi. exterior. contradictoriamente. qui. es decir. en su soberanía misma. como animalidad. à cause de cette arbitraire suspension ou rupture du droit. por encima y por tanto fuera de la ley. del origen de las leyes. à la fois. heterogénea a la ley. La polis fait partie des choses de la nature et l’homme est par nature un vivant politique. (43) Dévoration/Voracité/Vocifération (46) Aristote : Il y aurait cette figuration de l’homme comme « animal politique » ou « vivant politique ». la forma de la Ley misma. avasalla. condición de la ley. ce qui marque bien que la politicité. Un ser sin polis es por naturaleza y no por azar o bien más malo o bien mejor que el hombre. sea una bestialidad monstruosa y ella misma mitológica o fabulosa. (38) Aristóteles / Hobbes : Escribe su Leviatán o su De cive para romper con las consecuencias que Aristóteles extrae de su definición del hombre como ser vivo o animal político. chacun à sa manière. es decir bestialidad (vamos a distinguir esos dos valores). en disponer de su vida. y notablemente del Estado soberano. b) por otra parte. l’êtrepolitique du vivant nommé homme est un milieux entre ces deux autres vivants que sont la bête et le dieu. como si la Ley.risque de porter le souverain humain au-dessus de l’humain. 2 . superior al hombre. Estaría esta figuración del hombre como « animal político » o « ser vivo/viviente político » y una doble y contradictoria figuración del hombre político como: a) por un parte. la Ley. (37-38) La ley con mayúsculas. superior. pero. sea una bestialidad normal. Aquí la soberanía consiste en elevarse por encima del animal y en apropiárselo. seraient « apolitiques ». figuración del hombre político. Le vivre et la vie comme zên (politikon zôon) y no como bios. estuviera antes. el garante de las leyes. risque justement de faire ressembler le souverain à la bête la plus brutale qui ne respecte plus rien. se situe d’entrée de jeu hors la loi. à l’écart de la loi. a la bestia que él domina.

faire effet de savoir. concrète. un savoirfaire pour faire-savoir là où il n’y a pas de savoir. à accréditer l’interprétation d’un récit. Faire savoir au sens : a) de porter un savoir à la connaissance de l’autre . à disposer le discours de façon à raconter. Hobbes : Estado : Suplemento que suple una naturaleza añadiéndole un órgano artificial. est indéniablement effective. cópula. Ahora. La peur. des deux côtés du front. dès lors. Et comme il n’y 3 . Le corrélat passionnel. Porque en Aristóteles es una figuración del hombre como « animal » o « viviente » « político ». proestatal. hymen. le geste. [. de « faire » savoir. (67) La peur : Hobbes : Passion politique par excellence. Et / est indecidé. c’est la peur.. l’affect essentiel de la loi. Léviathan : Nom d’un animal-machine à faire peur. (63) Il s’agit toujours de savoir faire peur. des télé-technologies de l’information et des médias aujourd’hui ne fait peut-être qu’étendre l’empire de la fable. ne serait-ce que l’opération qui consiste à produire du récit. la « seule chose » qui. Mais il y faut une technique. dans l’humanité de l’homme. Le savoir est un prétendu savoir. principio protético. La bête et le souverain.] Eh bien. Le ressort de la politique. La bête est le souverain. figuración de lo político. de savoir terroriser en faisant. Et cette terreur. Le fabuleux engage aussi l’acte. à organiser. à opérer le savoir [.] un séminaire ne réleve pas de la fable.. Pour qoui? La réponse envoie à Thomas Hobbes.. un art du simulacre.. (50) Principio de una respuesta. Montrer / Démontrer : différence suspendu. indecidable. au fait que la fable est constituée de mots. à faire le savoir. motive l’obéissance à la loi. réelle.L’homme politique supérieur à l’animalité et l’homme politique comme animalité. une rhétorique. même si cette effectivité concrète déborde la présence du présent vers un passé ou un avenir du traumatisme qui n’est jamais saturé de présence. l’action. à « faire-savoir ». le déploiement fabuleux de l’information. (59-60) Faire savoir. Conjunción. Le fabuleux de la fable ne tient pas seulement à sa nature langagière. del Estado y de la soberanía en la alegoría o la fábula del animal monstruo. à faire performativement. de mettre en scène des vivants.

Souveraineté / Loi / Crime. (72) On institue la souveraineté parce qu’on a peur (pour sa vie. thèse. État. et divisible.a pas de loi sans souveraineté. fait la loi en s’exceptant de la loi . la souveraineté. puis on obéit à la loi qu’on a instituée par peur d’être puni si on enfreint la loi. Elle [la souveraineté] est posée comme immortelle et indivisible précisément parce qu’elle est mortelle. au moment même où elle en marque le suspens dans l’acte de poser la loi ou le droit. par sa propre force. Qu’on ne puisse pas faire de l’exception une norme générale. 2) Cette prothétatique protectionniste pose l’indivisibilité absolue de la souveraineté. obligé à obéir l’État comme on obéit à sa peur. provoque la peur. comme la décision. obliger à la reconnaissance. la prothèse. prothèse. comme sa condition de possibilité mais aussi comme son effet majeur. il faudra dire que la souveraineté appelle. comme l’exception. une loi ou un théorème. une règle. la thesis. « Je te protége » veut dire. prothétatique. (72) Deux sens du terme ‘obliger’ : contraindre et rendre service en protégeant. Être le sujet de sa peur et être le sujet de la loi ou de l’État. sans souveraineté. tu es mon sujet. je t’assujettis. suppose. c’est au fond la même chose. Anthropologie pessimiste de l’homme comme animal dangereux. La 4 . en suspendant la norme et le droit qu’elle impose. Carl Schmitt : Protego ergo obligo est le cogito ergo sum de l’État. pour l’État. c’est bien la question. le contrat ou la convention étant destinés à lui assurer ce qu’elle n’a pas o u n’est pas naturellement. Et cette prothèse artificielle de l’État souverain est toujours une protection. tout cela rappelle au moins trois assertions : 1) Cette théorie conventionnaliste fait de la souveraineté prothétatique le propre de l’homme. Pas de crime sans loi civile. je t’oblige. (68-69) Peur / effet et condition de possibilité / souveraineté. La prothèse protége. Entre protéger et obliger à obéir il y a un lien essentiel. La souveraineté fait peur. et la peur fait le souverain. pour son corps propre) et donc parce qu’on a besoin d’ être protégé. le contrat qui est à l’origine de la souveraineté exclut aussi bien Dieu que la bête. 3) La convention. Mais justement.

la de Dios.]. le topos approprié de la topolitique de cette souveraineté humaine et bien celui d’une autorité sujette. ou d’ailleurs de Bodin. b) Le lieu propre du souverain. Or les choses me paraissent bien plus retorses comme la logique et la rhétorique théoriciens du politique. l’exclusion de toute convention avec Dieu sera comme symétrique d’une autre exclusion. y otra.. de substitut représentant de Dieu dans la cité terrestre de la politique et de l’État des hommes. croient nécessaire d’insister sur la modernité de leur concept de souveraineté. Le souverain (humain) a lieu comme lieu-tenant. n’entamant pas. hay dos exclusiones. está la imitación : la institución humana del Estado como copia de la obra divina. 5 de ces . una.. la de la bestia. celle d’une convention avec la bête. le lieu tenant lieu du souverain absolu qu’est Dieu. médiatisé. soumise et sous-jacente à la souveraineté divine [. en tant qu’il serait justement émancipé de la théologie et de la religion et aurait enfin atterri sur un sol purement humain. ne réduisant pas la spécificité et l’autonomie humaines du politique. (85) Beaucoup de commentateurs experts de Hobbes. Ce modèle théologique du Léviathan et du politique exclut du politique tout ce qui n’est pas le propre de l’homme. La bête est Dieu sans l’être. (85) Si bien Hobbes antropologiza y humaniza el origen y el fundamento de la soberanía estatal queda que esta antropologización permanece de manera esencial sostenida por la trenza de un doble cordón umbilical : a) Por una parte. ne menaçant pas. Dieu comme la bête. aussi bien Dieu que la bête. Chez Hobbes. [. comme concept non théologico-politique. comme concept politique et non théologique. et donc le visage humain de la souveraineté. mais Dieu est le modèle de la souveraineté.position ou la fondation de la loi ou du droit sont exceptionnelles et ne sont en elles-mêmes ni legales ni proprement juridiques. comme de la convention qui la fonde. Dieu comme la bête. (86) Ahora bien.. il tient lieu. ne soit là pour justifier ou en tout cas laisser ouvert la possibilité d’un fondement chrétien de la politique. mais un fondement médiat. assujettie.] il est peu douteux que ce concept de Lieu-tenance..

pas plus qu’avec Dieu. inversamente.] il est faux de dire que les bêtes en general (à suposser que quelque chose de tel existe) ou les bêtes dites brutes (que veut dire « brutes » ?) ne comprennent pas notre langage.. voire superposées. le sujet souverain du souverain. pues hay. discursifs et écrits. Si on ne peut passer une convention avec la bête... (89-90) Comme toujours. c’est-à-dire ne saurait nous faire savoir...]. (87) [.] les deux exclusions (celle du contrat avec Dieu et celle du contrat avec les « bêtes brutes ») sont en quelque sorte juxtaposées et consécutives. La bête ne comprend pas notre langage. il ne faut pas se contenter 6 . et le sujet assujetti au souverain. en nuestras lenguas y delante de notario. (87) Ces trois figures se remplacent. si notre convention est ou non acceptée de lui. y si no sostienen con los hombres convenciones literales. avec consentement mutuel et rationnel des sujets concernés. c’est pour une raison de langage. à tous les sens de ce mot. y por otra parte. [. por una parte. la figure humaine et politique du souverain se trouvant là.] c’est ce qui reste à penser de cette contiguïté métonymique entre la bête et Dieu. elles se substituent l’une à l’autre... todo tipo de convenciones. la bête. tenant lieu l’une de l’autre. celui qui commande au souverain humain. et donc nous ne pourrions pas savoir en retour. acuerdos o desacuerdos adquiridos por aprendizaje y experiencia (es decir.. personne ne peut prétendre (et surtout pas Hobbes) que les conventions humaines à l’origine des États prennent toujours et même le plus souvent la forme de contrats littéraux. Reparar en la construcción. ne répondent pas ou n’entrent dans une convention. Los animales tienen inteligencia de nuestro lenguaje . les sujets du souverain. [. discursivas. la bête et Dieu devenant. no innatos ni naturales) entre lo que se llama los animales y los hombres .[.. entre la bête et Dieu.] à supposer que quelque chose de tel existe [. et Dieu ne saurait nous répondre.. le souverain et Dieu. l’une veillant comme lieutenant ou suppléant de l’autre le long de cette chaîne métonymique. contiguës. pour m’en tenir au schéma de mes objections récurrentes et déconstructrices à tout ce discours rationnel sur l’ « animal » (comme si quelque chose de tel pouvait exister au singulier).

le loup. Généalycologie commune.de marquer que ce qu’on attribue au « propre de l’homme » appartient aussi à d’autres vivants. si on y regarde de plus près. Le souverain ne répond pas. l’homme-loup. l’homme-Dieu. (91) Et c’est bien là la définition la plus profonde la souveraineté absolue. mais inversement. lui. de cette absoluité qui l’absout. mais qu’il ne répond pas. Dieu-le-père-loup ou la grande-mére-loup. le préjugé le plus puissant. l’homme même. qui le délie de tout devoir de réciprocité.. le Dieu-loup. et donc en passant ici par Hobbes. (90) Derrida reprends ici le motif de la réponse qu’on trouve à l’oeuvre dans la double exclusion de la convention avec Dieu aussi bien qu’avec la bête. le plus impassible. Dans le champ politique ou zooanthropolitique.. lui non plus. (92) Le loup. le souverain. qu’il ne signifie pas et n’a pas de signe à sa disposition. (91) Lévinas : la mort : la no-réponse / Le souverain (91) Excepcional excepcionalidad del soberano. La zooanthropologie plutôt que la bio-politique. (90) Hobbes est cartésien de ce point de vue-là. comme la bête.. et qu’il faut donc restructurer toute la problématique. le plus dogmatique au sujet de l’animal ne consistait pas à dire qu’il ne communique pas. de Kant et Hegel à Heidegger inclus. de l’absolu de la souveraineté. cette production fantastique qui nous importe dans l’accès politique que nous recherchons. que ce qu’on attribue au propre de l’homme ne lui appartient en toute pureté et en toute rigueur .] Le loup. ne répond pas. Il réagit mais il ne répond pas. il est celui qui peut.] Le souverain a le droit de ne pas répondre. Il a droit a une certaine irresponsabilité. (100) 7 . C’est cette métaphore ou plutôt cette métamorphose analogique. dans l’abord ou l’approche politique de ce qui peut jouer un rôle de schème médiateur entre la bête et le souverain. (90) De Descartes à Lacan inclus. qui a toujours le droit de ne pas répondre. etc. il a droit au silence de cette dissymétrie. en tant qu’on ne le connaît pas [. c’est pour l’homme l’homme (en) tant qu’il excède tout savoir et tout faire-savoir. en particulier de ne pas répondre de ses actes [. c’est. (95) Le devenir-homme du loup ou le devenir-loup de l’homme (le loup-garou). voilà notre horizon problématique. pour l’homme.. Dieu. mais tant qu’on ne le connaît pas.

Et cela vaudra aussi bien pour les « premiers ». de cette auto-position de qui pose ou se pose comme ipse. ipse : lui (soi) même Maître : souveraineté Plaute: Lupus est homo homini. (101) Le concept de souveraineté impliquera toujours la possibilité de cette positionnalité. proprement le même que soi. le même. c’est celui qui a le droit et la force d’être et d’être reconnu comme lui-même. «» 8 . souverainement). le même. au sens le plus large du terme. de cette thèse de soi. pour le souverain comma personne princière. Le souverain. non homo. (102) Deux suspens du pendule du titre la bête et le souverain : 1) la différence sexuelle . voire pour le sujet citoyen dans l’exercice de sa liberté souveraine (par exemple quand il vote ou dépose son bulletin secret dans une urne.Pouvoir : Ipseité. Ipsissimus : maître. soi-même. le monarque ou l’empereur ou le dictateur. le prince. que pour le peuple en démocratie. 2) seconde oscillation. patron. entre la conjonction (et) et la copule et l’accouplement est. quom qualis sit non novit.