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TÉLÉCOMMUNICATIONS - La révolution numérique

Article écrit par Daniel HARDY

Prise de vue
Les signaux échangés au travers des réseaux de télécommunications ont été initialement de nature analogique, c'est-à-dire à variation continue. Malgré les progrès des techniques de traitement du signal, cette caractéristique a toujours rendu difficile la restitution du signal reçu avec une qualité voisine de celle du signal émis. La transformation du signal analogique en signal numérique est alors apparue comme une solution particulièrement prometteuse pour résoudre ce problème de qualité, tout en offrant bien d'autres perspectives. Cette transformation, ou processus de numérisation, consiste à mesurer l'amplitude du signal analogique source (quantification) à intervalles de temps réguliers (échantillonnage), la fréquence de cet échantillonnage devant être égale à au moins deux fois la fréquence maximale du spectre d'énergie du signal analogique. Par exemple, cette fréquence est de 8 kHz (kilohertz) pour un signal téléphonique dans la bande 300-3 400 Hz. Chaque mesure est ensuite exprimée sous la forme d'un nombre composé d'une suite de 1 et de 0, les éléments binaires ou bits (codage de source). Le codage de source est généralement suivi d'une opération de compression dont l'objectif est de réduire le débit binaire de manière à occuper le minimum de place sur les supports de transmission ou dans les mémoires. Enfin, une autre opération de codage intervient avant l'émission, sur un support de transmission, du signal issu du codage source : c'est le codage de canal dont le but est, en particulier, d'adapter le signal issu du codage source aux caractéristiques propres du support de transmission considéré, par exemple sa largeur de bande. Les exploitants de réseaux téléphoniques ont été les premiers à se lancer, dès les années 1960, dans la numérisation de leurs réseaux en commençant par les systèmes de transmission. Mais, au fur et à mesure des progrès technologiques, d'autres démarches ont fait converger les mondes de la téléphonie, de l'informatique et de l'audiovisuel pour adopter progressivement le numérique, aussi bien dans les réseaux que dans les équipements périphériques, terminaux (postes téléphoniques, téléviseurs, ordinateurs...) et serveurs. Et on peut constater aujourd'hui que le numérique est omniprésent dans l'ensemble de ces domaines. Toutefois, si le terme de « révolution » est utilisé pour caractériser ce vaste mouvement, c'est surtout parce que cette grande aventure technique s'accompagne de profonds et rapides bouleversements : dans le monde des acteurs – industriels, exploitants de réseaux, fournisseurs de services... –, mais aussi pour les utilisateurs, dans leurs différentes sphères d'activité, de la vie professionnelle aux loisirs.

I-Les atouts du numérique
L'atout principal de la numérisation a d'abord été la qualité du signal restitué. En effet, sauf perturbation majeure, les déformations subies par les éléments binaires au cours de leur trajet à travers les réseaux n'empêchent pas de restituer fidèlement le signal d'origine. Mais la numérisation offre d'autres avantages importants qui ont fait d'elle un concept particulièrement séduisant : – Elle a permis d'envisager la conception de réseaux véritablement multiservices. En effet, à partir du moment où tout type de média (sons, textes, graphiques, images fixes et animées) peut être converti en numérique à la source, des techniques de transfert d'informations (transmission, commutation, routage), elles-mêmes adaptées au numérique, conviennent par définition à tous les types de communications, sous réserve toutefois de respecter leurs contraintes propres de qualité de service. – En combinant les effets de la compression de débit à la source et d'un codage de canal performant, la bande passante nécessaire pour transmettre un signal converti en numérique devient moins importante qu'avec des solutions analogiques, ce qui entraîne une réduction des coûts de transmission. Ainsi, dans le cas de la télévision, on transmet facilement jusqu'à huit programmes numérisés dans un canal qui ne transporte qu'un seul programme sous forme analogique.

la plupart des réseaux téléphoniques sont entièrement numérisés.– Les traitements associés au numérique s'appuient sur des technologies matérielles (microélectronique sur silicium) et logicielles dont l'évolution rapide des performances se traduit par une amélioration continue de la compétitivité technico-économique des produits numériques. dans un réseau numérique. dans le courant des années 1960. puisqu'elle concernait le réseau de loin le plus important et que le « 64 kbit/s » allait constituer la base des réseaux numériques aussi bien en transmission qu'en commutation. les DSP ont d'abord été utilisés dans le domaine du signal vocal puis. y compris les installations privées téléphoniques du secteur professionnel à base de commutateurs temporels (les PABX ou private automatic branch exchange). Il n'est donc pas surprenant que les premiers développements aient porté. baladeurs. un canal à 64 kbit/s s'avérait très . 6. Cette orientation a été réellement déterminante.048 Mbit/s (c'est le multiplex primaire de 32 voies à 64 kbit/s). grâce aux progrès dans le domaine des mémoires. 16 puis 64 multiplex primaires. Apparus en 1979.S. soit une fréquence d'échantillonnage de 8 KHz et 8 bits par échantillon. Reste un dernier « bastion » encore largement analogique : il s'agit de la partie terminale du réseau. Le R. Aujourd'hui. on est encore loin en effet de la microélectronique à très haut niveau d'intégration VLSI (very large scale integration) ou de la puissance des microprocesseurs et des processeurs de traitement de signal. mais aussi dans de multiples produits devenus réellement multimédias tels que lecteurs-enregistreurs. sur le signal téléphonique dont la bande s'étend seulement de 300 à 3 400 Hz. II-La longue marche vers des réseaux tout numériques et multiservices La numérisation des réseaux téléphoniques Le processus de numérisation nécessite des technologies d'autant plus performantes que la bande de fréquence du signal concerné est large. disques durs). plusieurs évolutions se sont très vite dégagées (fig. le champ d'application du numérique s'est également très vite étendu au stockage de sons et d'images au sein des ordinateurs (CD-DVD. le numérique a donné naissance à la technique de commutation temporelle. téléphones portables.N. Cette duplication de normes se perpétue d'ailleurs dans la hiérarchie actuelle. 34 et 140 Mbit/s regroupant respectivement 4. eux-mêmes raccordés au réseau public par des liens numériques. À cette époque. ou commutation de circuits à 64 kbit/s. réseau numérique à intégration de services Au-delà de cette numérisation dont la portée initiale était limitée à la téléphonie.I. puis les multiplex d'ordres supérieurs à 8. Quant à la commutation. exploitée notamment aux États-Unis et au Japon. 1). Les normes définissent une autre hiérarchie à 1. dans sa version filaire correspondant aux lignes de raccordement en cuivre des installations privées résidentielles à leur commutateur de rattachement. dans celui de l'image. 45 et 140 Mbit/s. grâce à des performances sans cesse accrues. ont conduit à un débit de 64 kbit/s pour une voie téléphonique. appelée aussi boucle locale. Les choix retenus en normalisation pour la téléphonie numérique. – Enfin. à comparer aux mégahertz (méga = 106) de l'image animée. qui a généralement été introduite au niveau des commutateurs de transit avant d'être étendue aux commutateurs d'abonnés ou commutateurs locaux. La hiérarchie des systèmes de transmission conçus pour transporter un nombre de plus en plus grand de voies téléphoniques part en effet de ce débit élémentaire de 64 kbit/s pour définir un premier niveau de multiplexage à 2. Tout d'abord.. contribuant ainsi à l'émergence et à la diffusion des produits multimédias évoqués plus haut. assistant personnel (PDA. dite synchrone ou SDH (synchronous digital hierarchy). les DSP (digital signal processor). personal digital assistant) etc.544 Mbit/s (24 voies à 64 kbit/s).

S.I.N. Enfin.T. notamment des données pour lesquelles. Ce sont aussi les accès radio à haut débit de la troisième génération de téléphonie mobile ainsi que les accès sur fibres optiques aux possibilités multipliées en terme de débit (de la centaine de Mbit/s au Gbit/s selon la topologie du réseau). Pour le grand public. les progrès technologiques ont en effet donné naissance à d'autres solutions plus prometteuses que les accès à 144 kbit/s sans la perspective de développement de services multimédias : outre les accès partagés (réseaux câblés) ou diffusés (satellites). Le R.N. a été essentiellement exploité pour les télécommunications du secteur professionnel.attractif pour transporter autre chose qu'un signal téléphonique. plusieurs opérateurs ont programmé le câblage en fibre optique dans plusieurs grandes villes à partir de 2007.T. Il a déjà commencé en particulier au Japon et aux États-Unis.N.) La prise en compte de ces besoins s'est traduite par trois évolutions majeures caractéristiques du R. en perspective. (réseau numérique à intégration de services . au début des années 1980. pour le grand public. ISDN en anglais pour integrated services digital network) : – La possibilité d'exploiter les canaux à 64 kbit/s soit pour échanger des données entre terminaux raccordés au R. Pour garantir la cohérence dans ce domaine d'un bout à l'autre de la chaîne de communication entre terminaux. de type transmission de données et donc mieux adaptée aux échanges entre ordinateurs impliqués dans le traitement des services que les techniques antérieures fondées sur des impulsions ou des combinaisons de fréquences. Il devenait également impératif de prolonger le numérique jusqu'aux installations privées et même jusqu'aux terminaux afin de tirer pleinement profit de ses avantages dans une large gamme de services téléphoniques et de données.A. Alliée à la connexité numérique de terminal à terminal. après un démarrage timide au début des années 2000.(2009 Encyclopædia Universalis France S. c'est-à-dire la garantie d'un trajet continûment numérique de terminal à terminal. Le R.I. l'autre à 144 kbit/s (2 × 64 kbit/s plus un canal de signalisation à 16 kbit/s) pour les petites entreprises et.N.I. avec l'introduction de l'informatique dans les commutateurs pour piloter les services offerts aux utilisateurs. En France.S. – Une technique de signalisation appelée « signalisation par canal sémaphore ».S. Le numérique dans les mobiles . le déploiement de la fibre n'est encore envisageable que dans les zones urbaines denses. Pour des raisons évidentes de coût.S.C. offrait ainsi ce qui est appelé la « connexité numérique de bout en bout ». soit pour donner accès à un réseau de données en utilisant les raccordements R.N.I. le 64 kbit/s faisait figure de haut débit. il faut citer les évolutions des accès sur ligne téléphonique avec les techniques numériques xDSL (digital subscriber line) – dont la version asymétrique ADSL (asymmetrical digital subscriber line) – qui permet de fournir à chaque client des débits d'un à plusieurs mégabits par seconde (voire plusieurs dizaines de Mbit/s) en réception et de quelques centaines de kbit/s par seconde à quelques Mbit/s en émission. surtout dans sa composante « accès au réseau ».I.. – Le raccordement numérique des installations privées sur la base de deux types de systèmes permettant de répondre aux besoins en trafic d'installations privées de différentes tailles : l'un à 2 048 Mbit/s (32 × 64 kbit/s dont un canal de signalisation) pour les grandes et moyennes entreprises. cette connexité de signalisation a permis de lever les principaux verrous au développement d'offres véritablement multiservices aux utilisateurs. no 7.I. cette technique a été mise en œuvre aussi bien sur les accès au réseau avec le protocole D qu'entre commutateurs du réseau avec le système C. une évolution de la signalisation téléphonique s'imposait pour faire face à la diversification et à la complexité des nouveaux services qui s'annonçaient.S. Télécommunications : le numérique dans les terminaux Le développement du numérique dans les terminaux.. Le débit correspond à celui des médias traités dans les terminaux et non aux possibilités de stockage ou débits potentiels à l'accès de ceux-ci.

À travers toutes les solutions développées à partir de la fin des années 1960 (Arpanet puis réseaux à la norme X. etc. Enfin.. entièrement numériques. au courrier électronique. des photos et même des séquences vidéo. technique se situant dans la continuité du WiFi (Wireless Fidelity) et normalisée par l'UIT à la fin de l'année 2007 . 2 Mbit/s (UMTS) et jusqu'à plus de 10 Mbit/s avec les accès HSPA (high speed packet access). et assurer une continuité de couverture quel que soit l'endroit où se trouve le mobile grâce à une complémentarité entre accès radio terrestre et par satellite. (European Telecommunications Standards Institute) ou moins avec des codeurs utilisés pour le transport de la voix dans les réseaux IP (Internet Protocol). Par ailleurs. écran. aussi bien en nombre d'usagers qu'en diversification de services et en qualité. succès oblige.). de nombreuses solutions ont été mises en œuvre ou sont en gestation et/ou en concurrence pour répondre à ces besoins. avec les constellations de satellites en orbite basse (plusieurs dizaines de satellites à quelques centaines de kilomètres d'altitude) dont l'atout majeur est d'offrir une couverture mondiale à des terminaux qui restent de faible puissance. enhanced data rate for GSM evolution). Il faut encore mentionner la téléphonie mobile par satellites.I. en plus des fonctions ou composants traditionnels d'un poste téléphonique mobile (clavier. augmenter le débit possible sur un accès radio afin d'apporter une capacité véritablement multimédia aux mobiles. etc. jusqu'à environ 500 kbit/s (EDGE. la téléphonie mobile numérique a connu une croissance considérable qui se traduit par un taux de pénétration au niveau mondial ayant dépassé les 50 p. Ethernet. une conversion de signal analogique/numérique et numérique/analogique complexe permettant de descendre à un débit aussi faible que possible. Des réseaux numériques en « mode paquet » pour l'informatique À peu près à la même époque où les téléphonistes abordaient la numérisation de leurs réseaux. par exemple 13 kbit/s dans le cas du GSM.. sporadicité des données. 100 au début de l'année 2008. LTE (long term evolution) en cours de finalisation au sein du 3 GPP (3rd generation partner ship project) pour une introduction possible dans les réseaux avant 2010.. en particulier au niveau des terminaux : il fallait en effet placer dans un encombrement très limité. Après les premiers déploiements intervenus dès le début des années 1990. general packet radio service). ou encore de produits faisant fonction de baladeurs capables de télécharger des compositions musicales.). le global system for mobiles normalisé par l'E. Les experts se sont donc remis à l'ouvrage pour définir une troisième génération de réseaux appelée IMT-2000 (international mobile telecommunications) au niveau mondial ou UMTS (universal mobile telecommunications system) en Europe et dont les objectifs sont multiples : améliorer l'efficacité spectrale. Mais la saturation prévisible de ces réseaux de première génération – mis en place dans la seconde moitié des années 1980 – ainsi que les perspectives de meilleure qualité et d'ouverture à d'autres services que la téléphonie ont très vite conduit à envisager une deuxième génération de mobiles. la disponibilité d'accès aux services de données pour les mobiles a favorisé l'apparition et la multiplication de terminaux combinant téléphonie et d'autres services.T. La nature très variée des flux d'informations concernés (taux d'activité parfois très faible. il est à nouveau devenu nécessaire d'envisager des évolutions pour répondre à une demande dépassant toutes les prévisions.Comme dans les réseaux de téléphonie fixe. Ce changement constituait un véritable challenge technologique. Dans la pratique. le monde informatique s'engageait dans la mise en réseau des machines informatiques : raccordement de terminaux à des ordinateurs centralisés ou connexion d'ordinateurs entre eux.. Elles se différencient notamment par les possibilités de débit à l'accès : 144 kbit/s (GPRS. signalisation. contraintes de temps réel sans rapport avec celles de la téléphonie.25. apparue en 1998. la téléphonie mobile s'est d'abord développée avec des solutions analogiques.) fit adopter des techniques fondamentalement différentes de celles qui ont été mises en œuvre dans les réseaux téléphoniques. la technique de . et plusieurs dizaines de Mbit/s pour des solutions dites de quatrième génération : WiMax (worldwideinteroperability for microwave access). liaison radio.S. comme l'accès à Internet.. alimentation locale.

– l'accès aux contenus audiovisuels.transfert de données dite « par paquets » s'est imposée et connaît sa consécration. C'est ainsi que la communauté des experts réseaux. téléphones mobiles. réseaux câblés. révolutionnant l'industrie du disque en faisant pratiquement disparaître le disque vinyle. toutes cultures confondues. dont ceux à forte contrainte de temps réel. on franchit alors un ordre de grandeur dans les débits : pour coder un son haute fidélité. c'est déjà le cas.C. – les terminaux qui. (Comité consultatif international télégraphique et téléphonique) : le JPEG (joint photographic expert group) pour les images fixes et le MPEG (moving picture expert group) pour l'image animée. elle n'a véritablement basculé vers le numérique qu'au milieu des années 1990 avec l'apparition des premiers « bouquets » de télévision numérique diffusés par satellite.T. et celles de réseaux à couverture mondiale et à très haut débit. favoriser le déploiement rapide de services à l'échelle de la planète.). Il faut aussi mentionner une évolution dont les impacts s'avèrent être importants à plusieurs titres : il s'agit de la numérisation des appareils de prise de vue. appareils photographiques (photoscopes) et caméscopes. puis sur les réseaux câblés et désormais sur les lignes téléphoniques et les accès radio. Le domaine audiovisuel constitue également un des volets majeurs de cette révolution numérique par ses multiples enjeux sous-jacents concernant : – les types d'accès aux réseaux (satellites. donc une bande de fréquences allant jusqu'à 20 kHz. Avec l'appoint des « Webcams ».T. convergence entre microprocesseur et processeur de traitement de signal. par exemple..O. objets de nombreux débats à propos des œuvres musicales. lignes téléphoniques numérisées xDSL. à doubler pour un son stéréo. à la fin des années 1990. avec les problèmes de protection des droits d'auteurs. admet que le « mode paquet » sera la base des réseaux numériques multiservices.S.) qui cherchent tous à offrir des facilités d'interactivité ainsi que l'accès aux autres catégories de services (téléphonie. Internet est donc sans conteste un des phénomènes marquants – et le plus fortement médiatisé – que l'on peut rattacher à la révolution numérique comme un élément réseau fédérateur. (International Organization for Standardization) et au C. etc). Comme pour les mobiles. on fait appel en effet à une fréquence d'échantillonnage de 44. grâce aussi à la progression du numérique sur les accès aux réseaux fixes et mobiles. Le numérique dans les réseaux audiovisuels Le numérique s'est introduit dans l'audiovisuel par le biais du disque compact audio au début des années 1980. accès radio. offrant alors à environ 2 milliards de personnes des facilités de communication quasi illimitées. avec le succès d'Internet et de ses protocoles TCP/IP (transmission control protocol/Internetwork protocol). fibres optiques avec le FTTH ou fiber to the home. Il illustre parfaitement comment une norme unique au niveau mondial (TCP/IP) a pu. au fur et à mesure des progrès technologiques (systèmes d'exploitation pour produits grand public. Quant à l'image animée. intégration poussée jusqu'à rassembler un système complet sur une seule puce de silicium. et qui vont de plus en plus concerner les productions cinématographiques et télévisuelles. moyennant les adaptations nécessaires pour satisfaire les contraintes spécifiques de qualité de tous les types de services. l'effort de normalisation a été déterminant au sein de groupes d'experts communs à l'I. C'est ainsi que le taux de pénétration d'Internet devrait atteindre environ 25 p.I. des téléphones portables ou encore de téléviseurs qui intègrent les fonctions nécessaires pour surfer sur Internet.1 kHz et à un codage à 16 bits qui conduisent à un débit d'environ 700 kbit/s. 100 dans le monde au début des années 2010... fixes ou mobiles. Par rapport au son téléphonique. données). peuvent s'adapter à toutes sortes de services .. produits qui ont définitivement conquis le grand public par toutes les facilités de manipulation et d'échange d'images qui peuvent leur être associées dans divers terminaux (ordinateurs. on peut dire que la communication par l'image sous toutes .

cette révolution numérique aura amené de nombreux bouleversements beaucoup plus profonds dans le monde des acteurs « traditionnels ». celui du mode de transfert par paquets est devenu incontournable et.. moteur de la convergence pour les réseaux Ayant désormais conquis l'ensemble des réseaux et services de télécommunications. Par exemple. III-Le numérique. via la distribution électrique dans l'habitat grâce à la technique CPL – courant porteur en ligne). dans les pratiques professionnelles où la banalisation d'outils de plus en plus performants remet en cause les métiers mêmes . avec le plus souvent en arrière-plan de formidables enjeux industriels. de « quadruple play » (triple play + téléphonie mobile) et même de « quintuple play » (quadruple play + services de domotique.A. Télécommunications : développement du numérique Quelques jalons de développement du numérique dans les filières de la téléphonie. mais plutôt que les diverses solutions à base d'accès par fils de cuivre ou fibres optiques. une convergence se dégage entre elles sur quelques orientations essentielles: techniques numériques à très haut débit et transfert des informations en mode paquet.). 2). en dehors des aspects techniques. dans les loisirs par les facilités d'accès à l'information où qu'elle soit . ce « tout IP » aura intégré les diverses évolutions nécessaires pour répondre à toutes les contraintes de réseaux « omni-services » de dimension planétaire.) en adoptant certaines caractéristiques de la commutation de circuits comme avec le MPLS (multi protocol label switching) ou l'ATM (asynchronous transfer mode).(2009 Encyclopædia Universalis France S. les grands changements techniques que l'on a évoqués n'ont pas été acquis sans de rudes combats. etc. après des évolutions séparées de chacune des filières vers le multimédia. Comme dans toute révolution. la numérisation généralisée constitue un élément particulièrement favorable dans ce sens et le mouvement est déjà bien amorcé dans de nombreux domaines. illustrent bien cette démarche vers l'intégration complète des services de télécommunications sur les accès réseaux. contraints à des mutations difficiles pour s'adapter aux nouvelles technologies ainsi qu'à un contexte fortement concurrentiel (nouveaux opérateurs. malgré la diversité des normes au niveau mondial. dans les méthodes de commercialisation sous forme de plus en plus électronique . mais qui bénéficient finalement d'un marché en plein essor . la révolution du numérique. Si les écueils sont nombreux.. le numérique apparaît bien aujourd'hui comme le moteur principal de la convergence des réseaux . il ne fait pas de doute que les réseaux de nouvelle génération ou NGN (next generation networks) seront « tout IP ». En fait. même si la commutation de circuits au débit de base de 64 kbit/s perdurera encore longtemps. Les offres d'opérateurs. c'est en . de la téléphonie à l'informatique et à l'audiovisuel (fig.ses formes est désormais devenue une pratique courante. citons l'élargissement des capacités d'adressage à l'échelle mondiale avec IPv6 ou l'extension des performances de qualité de service ou QoS (garantie de débit. dans les pratiques de communication entre personnes par les mobiles.) Au-delà des réseaux proprement dits. pourront partager un maximum de choix techniques communs pour le transfert des informations. d'autres convergences s'avèrent tout aussi impératives pour des utilisateurs qui souhaitent surtout une vision unifiée de leurs services malgré la diversité des terminaux. nouveaux industriels.. respect de l'ordre de transmission des paquets . des accès et des fournisseurs. À partir du protocole IP initial. regroupées sous les appellations de « triple play » (téléphonie + internet + télévision). Parmi ces choix. de l'informatique et de l'audiovisuel. le courrier électronique. cela grâce aux tests préalables d'interopérabilité absolument vitaux pour conserver la qualité à l'échelle de la planète.. Enfin. tout au moins. Et. on peut quand même constater que les performances en qualité attendues du numérique sont généralement atteintes. par radio de terre ou par satellite partageront ou. convergence ne signifiant pas qu'il n'y aura demain qu'un seul réseau. Ce schéma montre que. notamment au sein des instances internationales de normalisation.

1999 P. Artech House. NEGROPONTE. Eyrolles. Internet-Téléphonie-Multimédia. GALTIER. 1995 J. 1996 J. Descours-Berger-Levrault International. Les Télécommunications. 2002 N. PUJOLLE. Daniel HARDY Bibliographie • • • • • • • • E. Hardy. RIVIER. le monde en réseau. Understanding Modern Telecommunications and the Information Superhighway. HUITÉMA. Paris. 1998 G. ALTMAN. à la fois spatiale et temporelle. Paris. FENEYROL. Convergences et complémentarités. A. Eyrolles. M. FERREIRA & J. elle constitue une formidable source de progrès. The MIT Press. entre les personnes et l'information en général. Les Réseaux. Malleus & J N Mereur. Laffont. Internet. Eyrolles. Transmission numérique multimédia. Et Dieu créa l'Internet. 1995 D. Gallimard. A History of Modern Computing.-C. 1995 F. GUÉDON. 1999 / E. technologies et services.I. X.quelque sorte la disparition du facteur distance. NELLIST & E. CERUZZI. Paris. Le R. 1998 / G. La Révolution numérique. DU CASTEL. DeBoeck Université. techniques et atouts. G. TURPIN. Les Réseaux satellitaires de télécommunications. Télécommunication : réalités et virtualités. Masson. Dunod. 2000 C. par là même. Paris. Des télécoms à l'Internet : économie d'une mutation. 2007 E. • • • . Réseaux. Masson. G. GILBERT. 2000. 1993 M.S. Eyrolles. et. A.N. DICENET. Paris..