Vous êtes sur la page 1sur 2

A SUIVRE

A L’INSERM

Contraception : chacun son tour !

Le vieux rêve féministe de l’égalité masculine et féminine devant la contraception enfin réalisable ? C’est ce que le RU 486 nous permet d’espérer. Cet antiprogestatif n’a décidément pas fini de nous étonner

S
S

elon les derniers travaux de

l’équipe du Pr Etienne-Emile Bau- lieu (Unité 33 de l’Inserm), réalisés en col- laboration avec le service de biologie de l’hôpital de Bicêtre et le CECOS (Centre d’étude et de conservation du sperme), le RU 486 exercerait un effet de première importance sur les spermatozoïdes et serait un outil potentiel de contracep- tion masculine révolutionnaire. L’entrée du calcium dans les sperma- tozoïdes, absolument indispensable pour leur mobilité et leur capacité de féconda- tion, se déclenche sous l’influence de la progestérone contenue dans le liquide fol- liculaire qui entoure l’ovocyte ; celle-ci agit très rapidement en augmentant le taux de calcium intracellulaire, accroissant la mo- bilité du spermatozoïde et provoquant la réaction acrosomiale, c’est-à-dire l’ultime

modification de la tête du spermatozoïde avant sa pénétration dans l’ovocyte. En soumettant, en tube à essai, douze spermes humains à l’action de la progesté- rone et du RU 486 (ainsi que de quelques analogues de structure de la même famille)

seuls ou en combinaison, il est apparu que :

le RU 486, utilisé seul, freine immé-

diatement, de façon transitoire et dose-dé-

péndante, l’arrivée du calcium dans la cel- lule, diminuant du même coup sa mobilité et la rendant incapable de fé- conder l’ovocyte ;

le RU 486 contrecarre complète-

ment l’effet d’activation acrosomique de la progestérone sur les sper- matozoïdes.

Phototake CNRI

logues déjà testés semblent agir sur la mo- bilité du sperme. Enfin, toutes ces étapes une fois franchies, l’épreuve décisive avant toute application chez l’homme, consistera à vérifier l’effet inhibiteur du RU 486, ou de son analogue, sur la fécondation, in vi- tro, d’un ovule par un spermatozoïde hu- main (toute précaution éthique étant prise, bien entendu). Les méthodes de contraception actuel- lement proposées aux hommes comportent un certain nombre d’inconvénients : depuis

la stérilisation chirurgicale (vasectomie), tout à fait définitive, en passant par le blocage hormonal de la spermatogenèse, long à s’établir (plusieurs semaines) comme à ré- verser, et qui provoque des effets secondaires importants, pour arriver au préservatif dont les problèmes d’utilisation sont bien connus (malgré ses vertus

utilisent-ils le même récepteur membranaire ? La question est posée, bien que les résultats acquis jusqu’ici soient davantage en faveur de sites différents. Compte tenu de la pro- duction quotidienne de spermatozoïdes (130 millions), il restera également à dé- montrer que le produit agit sur l’ensemble

des candidats à la fécondation de l’œuf. Pour répondre à toutes ces questions, il sera nécessaire de passer du tube à l’ani- mal (rat, cobaye et singe), en cherchant à mettre au point un dérivé du RU 486 dé- pourvu de ses effets hormonaux, c’est-à-

dire ne possédant aucune affinité vis-à-vis de ses récepteurs habituels : quelques ana-

La rapidité d’action du RU 486, ainsi que sa totale réver- sibilité, laissent augurer qu’il s’agit là d’un mécanisme met- tant en jeu un récepteur mem- branaire du spermatozoïde (sur lequel il exerce son antago- nisme bien connu qui lui confère sa propriété abortive). L’effet fonctionnel de la progestérone sur le spermato- zoïde résulte également pro- blablement aussi d’une liaison avec un récepteur de surface non encore identifié. Le RU 486 et la progestérone

protectrices contre les MST). Bref, aucun moyen n’est com- plètement satisfaisant. Si un comprimé, absorbé

quelques instants avant un rap- port sexuel, pouvait être à la fois totalement et rapidement efficace ainsi qu’immédiate- ment réversible, les hommes se trouveraient enfin face à une responsabilité comparable à celle qui pèse depuis si long-

temps sur les femmes

Un es-

poir, aussi bien pour les pays industrialisés que pour ceux du tiers monde.

Des cellules germinales en culture : une avancée scientifique majeure

Les cellules de la lignée germinale (précurseurs des cellules reproductrices), en charge de notre patrimoine génétique, vont-elles bientôt pouvoir nous livrer leurs secrets ? La voie est ouverte pour les cellules sexuelles mâles, l’obstacle technique qui s’opposait jusqu’ici à l’étude de leur différenciation hors de l’organisme venant d’être levé.

L’
L’

équipe de l’Inserm (U273, dirigée

par M. François Cuzin). Cette équipe est parvenue, pour la première fois, à mettre en culture des cellules sexuelles souches de souris mâles et à suivre leur différenciation progressive en cellules sexuelles matures, les spermato- zoides. Comment ? En établissant une co- culture des cellules germinales sur une li- gnée de cellules de Sertoli immortalisées, obtenue grâce à la fabrication de souris transgéniques exprimant un oncogène dans leurs cellules testiculaires. Ce système de culture va permettre non seulement d’accéder aux tréfonds des mé- canismes moléculaires de cette lignée de cellules, mais laisse également entrevoir de multiples applications techniques et

médicales. Ces travaux sont publiés dans la revue Cell du 3 décembre 1993. La maturation des cellules de la lignée germinale assure une fonction cruciale dans le maintien de la diversité humaine. A l’ori- gine de cette diversité, un mécanisme com- plexe, la méiose, qui réduit de moitié le nombre initial de chromosomes de la cel- lule (1) tout en recombinant au hasard les gènes pour chaque chromosome. Au final de cet événement : chaque cellule sexuelle est génétiquement unique. En charge de notre patrimoine géné- tique et responsable de la diversité des es- pèces, la différenciation germinale se situe ainsi au cœur de nombreuses questions de santé, voire de société. Quels sont les risques d’atteinte de la lignée germinale par des agents toxiques de type polluants chi- miques et radioactifs ? Quelle est l’incidence des traitements thérapeutiques telles que les chimiothérapies anticancéreuses et an- tivirales ? Quelle est la cause de certaines stérilités masculines ? Autant de questions qui demeurent sans réponse faute d’un ou- til permettant d’étudier, hors de l’organisme, les mécanismes intimes de la différencia- tion germinale, qui restent aujourd’hui en- core largement mystérieux. Les cellules sexuelles ne peuvent vivre et se développer seules : elles sont sous la haute dépendance des cellules de Sertoli qui assurent leur isolement, leur nutrition, voire leur protection, mais aussi dirigent et

coordonnent les différentes étapes de leur maturation. Etablir une culture germi- nale exige donc la mise en culture préa- lable des cellules de Sertoli. Mais tous les efforts dans ce sens se sont révélés dé- cevants, ces cultures dégénérant rapide- ment avant de disparaître. Quelle parade trouver ? Les chercheurs de l’Inserm ont choisi l’insertion dans le génome des cellules de Sertoli, d’un on- cogène, l’antigène « grand T » du virus po- lyome : un oncogène connu pour im- mortaliser les cellules sans pour autant modifier leurs propriétés intrinsèques. La cellule de Sertoli, ainsi modifiée, peut se diviser à l’infini tout en restant fonctionnelle. La transfection directe du gène dans la cellule étant très peu efficace, les cher- cheurs ont établi une famille de souris transgéniques qui expriment l’oncogène, chez le mâle, dans les cellules testiculaires (germinales et de Sertoli). Ainsi, ont pu être établies des lignées de cellules de Sertoli portant l’oncogène. Mises en coculture, des cellules germinales de souriceaux mâles immatures âgés de 8 jours (2) ont passé avec succès les étapes successives de la matu- ration (méiose) : les chercheurs ont pu ob- server, au bout de 10 à 12 jours, des cel- lules sexuelles matures dont le contenu en ADN a effectivement été réduit (cellules haploides) et possédant les caractéristiques morphologiques classiques de ces cellules. Ainsi, pour la première fois, un mo-

dèle d’expérimentation de la différen- ciation in vitro est disponible. Couplée avec les méthodes performantes de la gé- nétique moléculaire, cette nouvelle tech- nique va permettre l’identification des gènes et donc des protéines impliquées dans le mécanisme complexe de la méiose. Elle va offrir également la possibi- lité de s’attacher aux effets des produits toxiques sur la lignée germinale et de développer des moyens de protection effi- cace de la lignée germinale et de la fertilité. Certains points restent encore bien mys- térieux. Les spermatozoïdes issus de ce type de culture auront-ils gardé leur pouvoir fé- condant ? Le transfert de gène sera-t-il tech- niquement possible dans les cellules ger- minales ? Ces questions, encore bien loin d’être résolues, laissent toutefois entrevoir une ouverture sur la transgénèse. Aussi, pa- rallèlement à l’acquisition des connais- sances et aux avancées techniques et mé- dicales majeures que peut apporter ce travail, se poseront bien évidemment dans l’avenir des questions d’ordre éthique aux- quelles la société se doit de réfléchir.

(1) Toutes les cellules comportent normalement deux co- pies du génome, d’origines respectivement paternelle et maternelle. La méiose réduit le contenu en ADN du noyau à une seule copie. La situation de double copie sera re- constituée au moment de la fécondation, spermatozoïde et ovule amenant chacun une copie. (2) 8 jours : le processus de méiose n’a pas encore com- mencé, les cellules sont au stade diploïde. Les premières méioses débutent à partir du 9 e jour. Les premières cellules haploïdes sont observables au bout du 18 e jour.

N° 5 – 1994 – A.I.M.

Photothéque Inserm - Nitenberg A. PR

A SUIVRE

A L’INSERM

Cancer du sein : un signal d’alarme des métastases osseuses ?

D ans la quête d’un marqueur prédictif des métastases os-

seuses dans le cancer du sein, les travaux de Mme Zhor Bouizar (U 349 Inserm, dirigée par Mme Marie-Christine de Ver- nejoul) balisent la piste d’un peptide, le PTHrP (Parathyroid Hormone Related Peptide). Une forte expression du gène de ce peptide déjà responsable du syndrome d’hypercalcémie ma- ligne (1) serait, en effet, le signe annonciateur de la survenue ul- térieure de métastases osseuses. Quelques études avaient montré la présence de ce peptide dans un grand nombre de cancers du sein, cette expression étant plus fréquente chez les patientes développant par la suite des métastases osseuses. La production du PTHrP ne serait-elle pas liée à la capacité des cancers du sein à s’établir et croître dans l’os ? Difficile de répondre avec les techniques utilisées jusqu’ici. Pour pousser plus loin l’investigation, Zhor Bouizar s’est ar- mée de la « Polymerase Chain Reaction » (PCR) pour identifier et quantifier le taux d’expression du gène du PTHrP (2) dans des tumeurs primaires de 38 patientes normocalciques traitées au centre René Huguenin entre 1981 et 1989 et suivies pendant au moins cinq ans. Les échantillons issus d’une banque de tumeurs ont été sélectionnés en trois groupes : patientes sans rechute ni métastases, patientes avec développement ultérieur de méta- stases dans les tissus mous, patientes avec métastases osseuses. L’expression du PTHrP a été retrouvée, et cela pour la pre- mière fois, dans toutes les tumeurs, exceptée une. Néanmoins, le taux diffère selon le type de tumeurs. En effet, si le niveau d’expression du PTHrP est sensiblement identique dans le groupe des patientes sans métastase et dans celui avec mé- tastases dans les tissus mous, il se révèle en revanche beau- coup plus élevé (environ 3 fois) pour les femmes ayant dé- veloppé par la suite des tumeurs osseuses. Ainsi, une forte expression du gène du PTHrP dans la tu- meur primaire pourrait bien être un facteur prédictif de méta- stases osseuses chez des femmes atteintes d’un cancer du sein. Si ces résultats sont confirmés par de plus vastes études pros- pectives, ils devraient permettre d’envisager la mise en route d’essais thérapeutiques pour le traitement spécifique et préven- tif des métastases osseuses chez les femmes à risque.

thérapeutiques pour le traitement spécifique et préven- tif des métastases osseuses chez les femmes à risque.

Tabac : attention au stress des coronaires !

La cigarette, déjà coupable de participer au développement de l’athérosclérose, la thrombogenèse et à l’obstruction des vaisseaux, entre autres méfaits, s’attaquerait également directement à l’endothélium des artères coronaires, perturbant ainsi gravement une de ses fonctions essentielles, la vasodilatation de la paroi artérielle.

essentielles, la vasodilatation de la paroi artérielle. C ela pourrait expliquer en partie pourquoi, chez de

C ela pourrait expliquer en

partie pourquoi, chez de jeunes (30, 40 ans) et grands fu-

être synthétisé sous l’effet stimulant d’un neurotransmetteur, l’acétyl- choline (voir p. 19). L’endothélium, de par sa posi- tion anatomique stratégique entre le sang circulant et la musculature lisse vasculaire, est donc une cible particulièrement sensible à tous les facteurs de risque cardiovasculaires, dont peut-être le tabac Afin d’évaluer une éventuelle perturbation de la fonction endo- théliale liée à la cigarette, un pro- tocole comportant des injections de doses croissantes d’acétycholine di- rectement dans les coronaires a été appliqué à 10 sujets (lors de coro- nographies de contrôle) : 5 fumeurs impénitents (1) (4 hommes et 1 femme âgés de 33 à 38 ans)

mètre de l’artère chez les non fu- meurs, on observe une réduction de 26,5 % de la lumière artérielle pouvant aller jusqu’à 42 %, donc une très importante vasocons- triction. Or, le muscle lisse n’étant pas en cause (2) , c’est bien l’endo- thélium qui est atteint. Le fumeur n’est donc plus phy- siologiquement protégé des effets de la vasoconstriction provoquée par les émotions, les efforts phy- siques, le stress, puisque le NO en- dothélial n’assure plus la régulation nécessaire. Voici donc un effet du tabac dont on ignore encore comment il s’exerce : intervient-il directement au niveau de la synthèse de NO, de sa libération et de quelle manière ?

meurs chroniques, « coronogra- phiquement » normaux, ni hyper- tendus ni hyperlipidémiques, ne présentant aucun signe d’athé- rosclérose, surviennent les in- farctus du myocarde les plus graves. Quelle est donc l’acti!on exercée par le tabac chez de tels in- dividus, pourvus de coronaires par- faitement normales angiographi- quement ? Les chercheurs (Alain Nitenberg, U 251 de l’Inserm dirigée par Claude Amiel et le service d’explo- ration fonctionnelle de l’hôpital Bi- chat) ont fait le pari que la réponse se situait au niveau des cellules en- dothéliales qui jouent un rôle très important dans les variations de dia- mètre des artères coronaires. A l’état normal, ces cellules sont sources de plusieurs facteurs inter- venant dans la vasomotricité, en par- ticulier l’un d’entre eux autrefois ap- pelé EDRF (Endothelium Derived Relaxing Factor), a été identifié ré- cemment comme étant le fameux NO (monoxyde d’azote), qui peut

 

Coronarographie d’un jeune fumeur. A g., état basal, à dr., après injections de doses croissantes d’acétylcholine, on observe une vasoconstriction au lieu d’une vasodilatation.

n’ayant pas fumé depuis 12 heures et 5 non fumeurs (2 hommes, 3 femmes d’âge comparable) : chez les non fumeurs, on observe une augmentation du diamètre de l’artère, proportionnelle à la concentration d’acétylcholine in- jectée. En revanche, chez les fu- meurs, non seulement il n’y ja- mais vasodilatation, mais encore, à une dose qui provoque une augmentation de 12,5 % du dia-

Autant de questions posées, dont les réponses pourront sans doute permettre d’éviter quelques uns des accidents cardiaques parmi les plus graves et d’améliorer notre connais- sance des mécanismes vasomoteurs des gros vaisseaux.

(1) Ce syndrome se caractérise notamment par un taux élevé de calcium dans le sang accompagné d’une perte progressive de la masse osseuse. (2) Isolement de l’ARN messager, synthèse de l’ADN complémentaire, puis amplifica- tion par la PCR.

(1) Ayant consommé en moyenne 39,7 cigarettes par jour pendant plus de 10 ans. (2) Le muscle répond en effet normalement à une substance agissant spécifiquement sur les fibres musculaires lisses.

Une dérégulation de la thermogénèse à l’origine de l’obésité ?

La thermogénèse est un intéressant mécanisme sur lequel nombre de nutritionnistes se penchent. Les travaux réalisés par Martine Laville (U 197 Inserm dirigée par R. Mornex) jettent un éclairage nouveau sur ce phénomène en montrant qu’il serait impliqué dans l’origine de l’obésité.

qu’il serait impliqué dans l’origine de l’obésité. L a thermogenèse se traduit, dans les suites d’un

L a thermogenèse se traduit, dans

les suites d’un repas, par l’aug- mentation de la chaleur émise par le corps, soulignant que les premières réac- tions biochimiques de la digestion s’effec- tuent mais que ce mécanisme se déré- gule parfois et l’équilibre subtil qui existe entre apport alimentaire et dépense d’éner- gie se rompt. Chez les obèses, une de ces dérégulations se traduit par une baisse de la thermogenèse liée à l’alimenta-

N° 5 – 1994 – A.I.M.

tion. Que se passe-t-il alors ? L’organisme « stocke » de manière plus ou moins im- portante l’énergie, qui s’accumule alors, participant peut-être ainsi à la prise de poids. Cette baisse est-elle une cause ou une conséquence de l’obésité ? Le débat est ouvert entre les nutritionnistes. En utilisant un test de tolérance au glu- cose, la thermogenèse due au glucose a été mesurée par l’équipe de l’Inserm dans trois groupes de femmes :

Groupe 1 : 12 femmes obèses depuis plusieurs années. Ces femmes étaient, par ailleurs, « insulinorésistantes » (pathologie dont les causes biologiques sont encore mal connues mais qui existe chez la plu- part des obèses, et traduit l’incapacité de l’insuline à jouer un rôle hypoglycémiant). Groupe 2 : 12 femmes sans antécé- dents d’obésité, en cours d’ascension pondérale (ayant pris brusquement 10 kg dans l’année). Ces femmes ne présentaient

pas de signe d’insulinorésistance. Groupe 3 : 8 femmes minces. Les deux premiers groupes ont pré- senté un défaut totalement identique de thermogenèse. Ce défaut était aussi important dans le groupe 2 des femmes qui étaient en cours d’ascension pondérale que dans le groupe 1, où les sujets étaient ins- tallés dans l’obésité avec son cortège de troubles métaboliques (comme l’insulino- résistance). Cette comparaison tend donc à mon- trer que le délfaut de thermogenèse n’est pas secondaire aux autres troubles de l’obé- sité (notamment l’insulinorésistance), mais antérieur dans la chronologie des événé- ments et pourrait être présent pendant des mois ou des années avant le déclenche- ment de la prise de poids. D’autres argu- ments, provenant d’études effectuées par ailleurs sur d’anciens obèses vont dans ce sens puisque ces personnes conservent ce

défaut en dépit d’une normalisation de leur poids. La clé des difficultés que rencontrent

les obèses pour équilibrer leur poids trouve peut-être là une explication, dans ce dé- faut de gestion énergétique. Mais à quel ni- veau se situe ce problème et vers quel sys- tème orienter les recherches ? Les chercheurs lyonnais proposent une piste intéressante : le système nerveux sympa- thique ; le rôle de celui-ci dans la thermo- genèse est bien connu, comme le montrent par exemple les effets de la caféine, et de l’éphédrine : ces stimulants de l’activité sympathique provoque chez les obèses une augmentation de la thermogenèse et une diminution de poids. La piste de la thermogenèse est ouverte.

Recherche à suivre