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Réflexions sur les Ressources architecturales endogènes des Sociétés Africaines:

l'Exemple des Murailles en Pierre taillée sur le Mont Agu (TOGO).

Par K. Kofi FOLIKPO 1

Introduction.

La consécration de la localité de Koummatakou au Nord-Togo comme Patrimoine mondial de l'Humanité par l'UNESCO à cause de l'Architecure originale dénommée «Tata» et conçue par le Peuple Somba (encore appelé Bètabaribè ou Ditamari) incite à se pencher sérieusement sur les ressources et les capacités endogènes dont disposent les Peuples Africains depuis toujours dans les divers domaines d'activités, et plus particulièrement dans le domaine des Connaissances solides sur les Matériaux du Terroir, sur les Techniques de leur utilisation ou de leur transformation dans les différents Terroirs Africains, et surtout sur la conservation et la transmission de ces Connaissances et Techniques de génération en génération. En effet, quelques-unes des causes premières des graves problèmes liés au progrès scientifique, technique et économique en Afrique coloniale et postcoloniale sont l'acculturation inadaptée imposée par le dominateur colonial et néocolonial européen et ses valets locaux ainsi que l'extraversion intellectuelle et économique au profit du même dominateur européen. L'acculturation inadaptée est un phénomène anthropologique qui consiste en un mimétisme incohérent et contre-productif du mode de pensée, du mode de vie, des habitudes culinaires et alimentaires ainsi que des orientations religieuses propres à une culture dans un autre environnement culturel. L'extraversion intellectuelle pour sa part relève du domaine de la Sociologie des Sciences et de l'Histoire de l'Evolution des Idées. Elle désigne le transfert volontaire ou involontaire des productions intellectuelles et artistiques d'une Communauté estimée inférieure(à tort ou à raison) au profit d’une autre communauté en position de domination (réelle ou supposée). L'extraversion économique quant à elle relève du domaine de la Sociologie du Développement et de l'Economie du Développement. Elle désigne d'une part le phénomène de la production de biens et services par une Communauté au profit exclusif de l'économie d'une autre Communauté, comme la culture des produits de rente en Afrique en donne une belle illustration. Elle englobe également le phénomène bien connu du Brain-drain qui se produit dans une Communauté estimée économiquement faible (à tort ou à raison) au profit d'une autre Communauté estimée (à tort ou à raison) beaucoup plus prospère.

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Contacts:

PYRAMID of YEƲE CH-5400 Baden (SUISSE) E-Mail: Kofi.Folikpo@hotmail.com Téléphone: +41 (0)78' 754' 57' 86

Cet Article est dédié à la Divinité ancestrale multimillénaire «Kpetsu» ou «Kpessu» (encore surnommée «Manyámli ! Àzàgìdììì!»), une des Manifestations concrètes des Forces sacrées de la Tectonique et des Lois sacrées de la Pesanteur dans la Cosmologie et dans la Cosmogonie ancestrale Kamites.

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Or un développement technologique, économique et social des Sociétés Africaines ne peut être conçu de façon saine, appropriée et durable que lorsque les ressources et les capacités endogènes sont efficacement maîtrisées de façon optimale et déployées en priorité avant que des apports exogènes et extérieurs ne viennent compléter les efforts individuels et collectifs pour le progrès collectif dans les différents domaines. Dans le domaine des Sciences des Matériaux ainsi que dans le domaine de l'Architecture par exemple, on constate que les Sociétés Africaines regorgent en réalité d'immenses ressources tant sur le plan naturel que sur le plan intellectuel qu'elles n'ont pas encore exploité de façon optimale avant de se laisser envahir par des produits exotiques douteux venus d'ailleurs ainsi que par des techniques architecturales douteuses venues d'ailleurs.

Quelques-unes des conséquences fatales pour le développement de l'Habitat tant en milieu rural qu'en milieu urbain sont d'une part une perte continue des Techniques et Connaissances endogènes accumulées pendant des siècles voire pendant des millénaires sur les propriétés chimiques, physiques et métaphysiques des matériaux disponibles dans les différents Terroirs Africains, et d'autre part les coûts excessivement exorbitants pour la construction de l’Habitat en raison de la dépendance quasi-totale vis-à-vis des matériaux importés. Si l'on ajoute à cette situation désastreuse l'impact négatif d'une très grande partie des matériaux importés d'ailleurs sur la Santé des Populations en Afrique à l'instar de la nature cancérogène des tuiles en amiante, on peut comprendre le grand intérêt pour les Africaines et pour les Africains de renouer sainement avec l'usage des matériaux endogènes et sains qui peuvent être commercialisés à grande échelle sans représenter un quelconque inconvénient ergonomique, économique et écologique.

Au regard de ces impératifs, il devient objectivement nécessaire de démontrer aux Africaines et aux Africains à travers la présente publication la valeur très précieuse des divers matériaux issus de leur propre Terroir, le caractère très précieux des Connaissances et Technologies endogènes accumulées sur ces matériaux par des centaines de génération au fil des âges et surtout la très grande appréciation que plusieurs Professionnels non-africains assez honnêtes et assez probes accordent objectivement à ces matériaux et à ces Connaissances endogènes africaines, pendant que les Nègres eux-mêmes se font ensevelir par des matériaux de construction souvent inadaptés et par des Modèles et Techniques architecturaux inappropriés.

La visée pédagogique de la présente publication n'est pas donc de déprécier gratuitement et injustement ce qui vient d'ailleurs, mais plutôt d'indiquer aux Populations Africaines qu'elles disposent en principe de meilleurs produits issus de leur propre Terroir qu'ils ont souvent méprisé pour aller chercher vainement mieux ailleurs.

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De la Connaissance topographique du Terroir et de l'Essence des Matériaux comme Prérequis.

Muraille en pierre taillée sur le Mont Chestenberg en Argovie (Suisse). Crédit K. Kofi FOLIKPO,
Muraille en pierre taillée sur le Mont Chestenberg en Argovie (Suisse). Crédit K. Kofi FOLIKPO,

Muraille en pierre taillée sur le Mont Chestenberg en Argovie (Suisse). Crédit K. Kofi FOLIKPO, 2012.

Muraille en pierre taillée sur le Mont Agu (Togo). Crédit K. Kofi FOLIKPO, 2010.

sur le Mont Agu (Togo). Crédit K. Kofi FOLIKPO, 2010. Murailles en pierre taillée pour la
sur le Mont Agu (Togo). Crédit K. Kofi FOLIKPO, 2010. Murailles en pierre taillée pour la

Murailles en pierre taillée pour la protection contre le Bruit dans la ville de Baden en Argovie (Suisse). Crédit K. Kofi FOLIKPO, 2012.

Muraille en pierre brute et taillée pour la protection contre lérosion pluviale sur le Mont Agu (Togo). Crédit K. Kofi FOLIKPO, 2010.

Les constructions avec les matériaux du Terroir tels que l'Argile et la Pierre relèvent de l'exploit intellectuel original de presque toutes les Sociétés et se retrouvent aussi bien partout en Afrique qu'ailleurs. C'est ainsi que les caractéristiques fondamentales de l'Architecture en milieu montagneux en Suisse et au Togo par exemple présentent une similitude assez intéressante concernant l'usage de la pierre brute ou taillée comme matériau de construction incontournable, car les Populations de ces Terroirs se sont toujours données la peine depuis des générations d’étudier la nature et les propriétés de ce matériau et d’étudier également son utilité architecturale ou autre dans l’environnement naturel de ces Terroirs. Mais l'intérêt particulier que ces constructions revêtent est essentiellement lié à la spécificité des matériaux de chaque Terroir et surtout aux Connaissances et Techniques accumulées au fil des âges par les Sociétés qui en font usage. Les maisons et les murailles en pierre taillée sur le Mont Agu au Togo ont non seulement l'avantage de présenter au Visiteur une image pittoresque du Terroir, mais aussi et surtout de lui proposer la lecture codée de la très vieille Histoire naturelle de ce Terroir qui est chargé de

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nombreux mystères. En effet, le Terroir du Mont Agu, constitue un écosystème très complexe ayant un biotope et une biocénose très denses qui reposent sur un environnement géophysique assez complexe fait à la fois de Roches volcaniques, de Roches sédimentaires et de Roches métamorphiques. Si des Missionnaires chrétiens allemands tels que Bernhard Schlegel et Ernst Bürgi qui sont suivis plus tard par des Chercheurs allemands tels que Willi Koert et Jakob Spieth et par des Administrateurs coloniaux allemands tels que Dr. Hans Grüner et Dr. Hans von Döring ont fini par accorder une attention particulière à ce Terroir qu’ils ont vainement tenté d’usurper en s’évertuant de le rebaptiser fallacieusement «Mount Baumann» (Pic Baumann), c’est justement à cause de ces richesses naturelles (florales, fauniques et minérales) combinées avec sa situation topographique hautement stratégique. Les Roches principales qui sont familières à la Population de ce Terroir Togolais depuis des lustres et qui ont été également identifiées de façon formelle depuis le début du 20 e siècle par plusieurs Chercheurs occidentaux et africains tels que Koert (1905, 1906, 1910), Ammon (1911), Behrend (1937), Attignon (1963), Blot (1986) et Boukeke (1996) sont le Quartz, le Gneiss, le Mica, le Schiste, le Micaschiste, le Basalte, le Feldspath, le Granite et le Silex, telles quelles sont présentées de façon succincte dans le tableau ci-après:

Aspect morphologique de la Roche

Appellation française

Appellation en Eʋegbe

Granite Adzáglí

Granite

Adzáglí

Feldspath Èdè

Feldspath

Èdè

Basalte Kutu

Basalte

Kutu

Mica Anyígbá ŋkú

Mica

Anyígbá ŋkú

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Silex Sokpé

Silex

Sokpé

Schiste Dzòkpé

Schiste

Dzòkpé

Quartz Dzèkpé

Quartz

Dzèkpé

Micaschiste Gó

Micaschiste

Gneiss Nú ɖ ákpé (Núnyrékpé)

Gneiss

ɖákpé (Núnyrékpé)

A l’instar de l’Architecture en milieu montagneux en SUISSE, l’Architecture de montagne sur le Mont Agu au TOGO utilise essentiellement Trois Roches principales pour la construction des édifices en pierre:

a) Le Granite brut ou taillé pour la construction des fondations, des murailles et des murs, comme c’est également le cas dans les montagnes suisses;

b) Le Schiste taillé pour la protection des façades contre l’eau de pluie, comme cela est également le cas dans les montagnes suisses pour la construction des toitures;

c) Le Basalte comme ciment pour la construction des fondations, des murailles et des

murs, comme cela est le cas avec la craie (le calcaire) dans les montagnes suisses. Les gisements de ces différentes Roches indiquent généralement la présence d’autres ressources minières très précieuses telles que la Bauxite, la Chromite et le Diamant dans le sous- sol de leur gisement, comme les prospections minières minutieusement effectuées dans le Mont Agu et dans ses vallées environnantes sur ordre de l’Administration publique coloniale et néocoloniale le confirment irréfutablement.

Les Missionnaires européens, les Chercheurs académiques et l’Administration publique coloniale et néocoloniale sont essentiellement fascinés d’abord par les réserves minières commercialisables exprimées par la présence de ces Roches dans ce Terroir (pour se raviser heureusement par la suite

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assez souvent). La Population autochtone pour sa part est toujours allée depuis les temps immémoriaux au-delà de l’importance uniquement mercantiliste des trésors miniers cachés derrière la présence de ces Roches dans ce Terroir, car elle a parfaitement décelé leur nature complexe et leurs fonctions polyvalentes à la fois comme matériaux de construction, comme moyens de défense parfaitement adaptés au milieu topographique et surtout comme Matières naturelles chargées d’Energies complexes ou en relation avec ces Energies complexes qui revitalisent en permanence les Humains, la Faune et la Flore de ce Terroir et participent ainsi à lEquilibre énergétique et bio-systémique. L’Histoire militaire récente du Peuple Eʋe enseigne par exemple que la redoutable Armée du puissant Royaume Asante (au Ghana actuel) a été miraculeusement mise en déroute et complètement défaite entre 1870 et 1872 au pied du Mont Agu grâce au maniement très habile de «simples» pierres comme projectiles, comme moyens de défense et comme boucliers par les

Combattants du Terroir (Aƒe Kalẽawo). Des vestiges toujours intacts qui datent de cette époque témoignent encore sur les sites historiques de ce Terroir très stratégique de la manière dont des blocs de pierre pesant plusieurs dizaines de kilogramme ont pu être miraculeusement empilés les uns au-dessus des autres sur les versants très escarpés, pour être ensuite déversés en avalanche ou aisément lancés à la main vers les vallées assiégées par les assaillants Asante qui ont été ainsi décimés par dizaines de milliers. La même Histoire militaire récente d’autres Peuples Africains enseigne par ailleurs comment des édifices en pierre, des rochers naturels ainsi que des grottes naturelles ont offert une protection assez sûre aux Populations exposées à des hostilités diverses menaçant leur quiétude et leur sécurité. Il est par ailleurs connu empiriquement dans plusieurs Terroirs Africains que les différentes roches possèdent chacune de nombreuses vertus curatives pour diverses pathologies et dysfonctionnements biologiques ou psychosomatiques, ce qui explique leur fréquente utilisation en tant que joyau, en plus de leur grande utilité en tant que matériau de construction et en tant que projectile potentiel en situation de défense ou d’attaque. On voit donc clairement de tout ce qui précède que les Peuples Africains, contrairement aux Occidentaux, ne considèrent pas une pierre comme une «simple» créature inanimée et amorphe, mais plutôt comme une créature chargée d’Energies, véhiculant des Energies ou isolant des Energies! Ils ne se limitent pas aux simples propriétés physiques et chimiques des pierres et encore moins à leur simple valeur mercantiliste, mais vont plus loin pour prendre en compte leur Essence profonde qui s’exprime à travers les rapports complexes, utilitaristes, appropriés et harmonieux qu’elles entretiennent ou sont censées entretenir avec les autres créatures. C’est là l’un des grands quiproquos entre la solide Pensée scientifique multimillénaire kamite et le jeune académisme euro-centriste trivialement dualiste, superficiellement mimétique et gravement dévergondant qui parle toujours et toujours d’un prétendu «Animisme Ancestral Africain» (sic!) en lieu et place d’un véritable Vitalisme panthéiste inhérent à toute créature (animée ou non-animée), lorsque les Peuples Africains et leurs Descendants à travers le monde entretiennent des rapports holistes et respectueux avec les créatures visiblement inanimées mais foncièrement chargées d’Energies complexes! Dans le cas spécifique de l’exemple venant du Mont Agu, la présence concomitante de Roches volcaniques, de Roches sédimentaires et de Roches métamorphiques dans le seul et même Terroir exprime l’interaction continue entre des Energies complexes venant des profondeurs terrestres sous forme de Forces tectoniques, géomagnétiques et radioactives, des Energies complexes venant de l’Astre solaire sous forme de radiations calorifiques, chromatiques et radioactives et des Energies complexes au sein de l’Enveloppe atmosphérique sous forme de Catalyseurs de condensation, de synthèse, de filtrage et d’ionisation On peut retenir de tout ce qui précède que les Connaissances et les Techniques liées à la construction des fondations, des murailles et des maisons en pierre taillée dans un milieu africain

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comme le Mont Agu englobent à la fois les considérations fonctionnelles, ergonomiques, écologiques et économiques. Cela demande en conséquence quune attention particulière soit accordée aux Corps de Métier impliqués dans la conception et la réalisation des édifices en pierre taillée en milieu montagneux.

2. Les Métiers liés à la Construction des Murailles en pierre sur le Mont Agu (TOGO).

S’il est vrai que les constructions en pierre au TOGO et en SUISSE en milieu montagneux présentent une similitude très frappante du point de vue esthétique et topologique, il est très important de souligner qu’il semble exister une différence notoire du point de vue fonctionnel et ergonomique. En effet, les murs et les murailles en pierre dans les montagnes suisses semblent assumer essentiellement une fonction protectrice contre les avalanches sur les versants et contre les bruits très nuisibles provenant de la circulation routière et des usines industrielles. La fonction protectrice pour l’environnement en milieu montagneux togolais par contre se concentre essentiellement sur les dégâts causés par l’érosion pluviale qui constitue l’une des causes premières de la dégradation des sols cultivables en milieu tropical. Outre cette fonction protectrice, les murs et les murailles en pierre dans les montagnes togolaises sont habituellement érigées pour réguler l’influence des Energies multiformes sur les Humains, sur la Faune et sur la Flore. Les Professionnels de la construction en pierre sur les montagnes du TOGO ne considèrent pas une pierre comme une matière totalement amorphe, mais plutôt comme un Elément central dans une chaine énergétique qui unit l’ensemble de la Création Divine. Cette chaine énergétique tire son origine d’une Matrice énergétique originelle dénommée «Ŋú» (souvent transcrit comme «Nũ», «Nún» ou encore «Noun»). Le terme «Ŋú» qui exprime le Concept spirituel et mystique de base dans la Pensée cosmogonique kamite comme cela est attesté en Egypte kamito-pharaonique signifie «Energie» et a donné en Eʋegbe des expressions idiomatiques telles que «Ŋúsé» (Force/Puissance) et «Ŋútété» (Capacité). On voit donc que le travail de la pierre et avec la pierre dans le contexte africain est synonyme de hantise avec des Energies. C’est dire que les Professionnels des constructions en pierre travaillent avec des Energies multiformes dont ils connaissent la nature et les effets. Ces Professionnels sont généralement organisés en 4 Corps de Métier interdépendants que forment les Casseurs (Kpégbalá), les Ciseleurs (Kpékpalá), les Porteurs (Kpédrólá) et les Bâtisseurs (Kpéɖólá). Le Casseur (Kpégbalá) est, comme son nom l’indique, celui qui casse les rochers pour aménager leur emplacement et en tirer des morceaux de roches plus ou moins transportables. Habituellement armé de Marteau, de Burin, et surtout de la Pyrotechnie (qui est la Science de la combustion des matériaux sans participation de l'oxygène de l'air), il est un vrai connaisseur de la dureté et de la fragilité des roches. Avant l’introduction de la dynamite «moderne» dans le Sud-Togo par le colonisateur européen et par le commerçant européen qui était toujours l’un des compagnons de fortune (ou d’infortune) pour le colonisateur à côté du missionnaire chrétien, le Casseur «traditionnel» africain (Kpégbalá) recourait soit à la technique très habile du réchauffement très intense des rochers suivi d’un refroidissement très rapide à l’eau froide qui provoque leur éclatement subit, ou soit à des explosifs fabriqués de façon «artisanale» entre autres à base de la poudre à canon (Ɖù), de dérivés de phosphates (phosphore) et de nitrates habituellement extraits dans les grottes des montagnes et du soufre (Womí) habituellement extrait des (vieux) cratères volcaniques. En plus de ces solides Connaissances empiriques du Terroir, le Casseur africain (Kpégbalá)

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procède toujours avant le morcellement de tout rocher à un sondage approfondi des Energies telluriques (Anyígbá ŋúsé) en présence dans cet endroit précis et provenant des variations du champ magnétique terrestre, des phénomènes d’ionisation dus aux rayons solaires et provenant du déplacement de fluides conducteurs dans ce champ magnétique local. Il n’était donc pas (et n’est pas) rare d’apprendre d’avance d’un Casseur africain assez expérimenté que la destruction d’un rocher à un endroit précis pourrait entrainer plus tard l’apparition inattendue d’une source d’eau ou l’ouverture de galeries souterraines longtemps insoupçonnées et méconnues. Tandis le Casseur (Kpégbalá) œuvre essentiellement à réduire les rochers en blocs plus ou moins volumineux sans se soucier de l’usage architectural qui en sera fait plus tard, le Ciseleur (Kpékpalá) quant à lui œuvre essentiellement à tirer de ces blocs des morceaux bien taillés qui sont susceptibles de servir valablement comme de bonnes pierres de construction quelle que soit leur forme géométrique. Le travail du Ciseleur (Kpékpalá) est donc un travail de précision qui appelle la combinaison habile de la créativité artistique (donc de l’Energie mentale) avec la vigueur physique (donc de l’Energie physico-corporelle) lui demandant de pouvoir «communiquer» avec la pierre brute sur un plan d’Energies subtiles qu’elle dégage et qui lui permet de donner à celle-ci une forme géométriquement bien taillée et esthétiquement bien modelée à coups de marteau et de burin. On peut donc constater ici que la Connaissance de l’Essence profonde de la matière brute qu’est la pierre par le Ciseleur (Kpékpalá) à travers les propriétés physiques, chimiques, géologiques et à travers d’autres propriétés relevant du domaine de la Science des matériaux telles que l’(im)perméabilité magnétique et la résilience lui permet d’en faire un matériau de construction compatible avec l’environnement naturel spécifiquement choisi pour son usage et selon sa nature. En effet, les morceaux de pierre taillée produits par le Ciseleur (Kpékpalá) ne sont pas utilisés comme matériau de construction n’importe où sans tenir compte de la compatibilité de l’environnement naturel du site de construction avec les diverses propriétés inhérentes au type de pierre utilisé. Des blocs taillés de Micaschiste et de Gneiss par exemple ne peuvent pas servir à construire des fondations en pierre taillée en région montagneuse en raison de leur nature friande et facilement cassable pouvant entrainer l’effondrement de l’édifice! Des plaquettes taillées de Granite ou de Quartz par exemple, malgré leur excellente propriété d’isolation thermique en milieu tropical, ne peuvent pas servir à faire des toitures à température agréable comme cela est plutôt possible avec le micaschiste, car le Granite et le Quartz ont une masse volumique assez élevée et peuvent donc occasionner l’effondrement de l’édifice sous l’effet de leur poids! Mais avant que les morceaux de pierre taillée ne soient utilisés comme matériau de construction sur un site bien déterminé, il faut pouvoir les y acheminer grâce au travail d’un autre Corps de métier lié au travail avec la pierre: les Porteurs (Kpédrólá). Contrairement à la connotation sans doute triviale que le terme «Porteur» pourrait évoquer ici en pensant au dur labeur misérablement rémunéré des «Portefaix» africains (Agbàtèdrólá) des temps coloniaux enrôlés de force pour être au service quasi-gratuit des oppresseurs coloniaux, commerciaux et missionaristes européens qui rétribuaient sauvagement ces serviteurs africains infiniment corvéables à coups de chicotte et de matraque, le noble Métier de Porteur (Kpédrólá) a toujours existé depuis des millénaires dans la Société Eʋe pré-esclavagiste et précoloniale à l’instar des autres Sociétés Africaines! Ce Métier ne requiert pas seulement ou uniquement une robustesse physique (donc de l’Energie physico-corporelle). Il ne requiert pas seulement ou uniquement la bonne maitrise des techniques et outils mécaniques tels que le levier et la poulie. Il requiert surtout de solides Connaissances des Lois naturelles de la Pesanteur, de la Gravimétrie et surtout de la Lévitation (qui est un phénomène basé sur la Loi cosmique du Diamagnétisme superficiellement étudié aujourd’hui en Physique académique euro-centriste aussi!) ainsi que de la

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Téléportation (qui est un autre phénomène basé sur la Loi cosmique de la Psychokinésie superficiellement abordée aujourd’hui par la Psychologie académique euro-centriste aussi!)! C’est donc grâce à ces solides Connaissances de ces Lois naturelles que des blocs de pierre pouvant peser chacun 100 kilogrammes sont aisément transportés d’un lieu à un autre par un seul

individu durant les travaux de construction en pierre sur le Mont Agu! C’est grâce à ces solides Connaissances de ces Lois naturelles que des blocs de pierre pouvant peser chacun 100 kilogrammes peuvent se faire déplacer aisément à distance d’un lieu à un autre par un seul individu durant les travaux de construction en pierre sur le Mont Agu! C’est grâce à ces solides Connaissances de ces Lois naturelles que des blocs de pierre pouvant peser chacun 100 kilogrammes sont aisément empilés de façon équilibrée les uns sur les autres par un seul individu durant les travaux de construction en pierre sur le Mont Agu! Le lecteur avisé et attentif peut constater aisément à travers toutes ces explications que ce qui est communément dénommé «Haute Magie» (Kagbó) et ce qui est dénommé «Magie

pratique» (Dzòkà) ne constituent pas du tout une prétendue ‘superstition’ ou une prétendue ‘prestidigitation’, comme la horde de vulgaires lettrés et diplômés occidentaux et occidentalisés aux titres académiques souvent inutilement ronflants veulent toujours le faire croire aux naïfs et aux incultes. Elles constituent plutôt une Science multimillénaire très solide, très complexe et hautement sacrée qui repose sur les Lois naturelles et sur les Principes cosmiques auxquels peuvent accéder seulement quelques rares et humbles Erudits ayant un haut degré d’Ethique, de Conscience et de Sens très élevée de Responsabilité envers la Création Divine. Le lecteur avisé et attentif peut également comprendre aisément comment de gigantesques blocs de pierre ont pu être transportés sur des milliers de kilomètre par nos Ancêtres Vénérés en Egypte kamito-pharaonique durant la construction des pyramides monumentales, et que la «thèse» farfelue et falsificatrice judéo-centriste du transport de ces matériaux par de prétendus «travailleurs forcés hébreux» peut être aisément battue en brèche. Le lecteur avisé et attentif peut enfin comprendre aisément que les solides Connaissances et Technologies ayant permis à nos Ancêtres vénérés d’être les Eclaireurs de l’Humanité depuis la nuit des temps à travers leurs multiples prodiges dans les divers domaines existent toujours de façon diffuse dans les Sociétés Africaines d’aujourd’hui, et qu’il importe simplement d’identifier méthodiquement ces Connaissances et Technologies aujourd’hui en vue de les réhabiliter sainement pour notre Renaissance et pour notre Progrès collectif. Le quatrième Corps de Métier lié à la construction en pierre taillée en milieu Eʋe et dans d’autres Sociétés Africaines contemporaines est celui du Bâtisseur (Kpéɖólá). Comme son nom l’indique, sa tâche consiste à agencer soigneusement les morceaux de pierre en un lieu bien précis quelle que soit leur taille ou leur forme pour en faire un édifice durablement stable et y créer ainsi une Harmonie aussi bien pour les êtres et les choses qui s’y trouvent que pour les divers types d’Energies qui s’y croisent. Le Bâtisseur (Kpéɖólá) réalise son édifice selon la maxime sociétale typiquement africaine qui stipule quaucun élément n’est inutile dans la formation d’un ensemble. Ainsi donc, il fonde son noble Métier sur la maxime selon laquelle «aucune pierre n’est inutile dans l’édification d’une bâtisse».

Muraille de pierre sur le Mont Agu (TOGO) construite à la main, sans levier ni
Muraille de pierre sur le Mont Agu (TOGO) construite à
la main, sans levier ni machine. © K. Kofi FOLIKPO.

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L’harmonie esthétique dans l’œuvre du Bâtisseur Africain consiste à agencer les morceaux de pierre taillée dans le respect scrupuleux de la Symétrie entre leurs formes géométriques. L’harmonie architecturale consiste à les agencer de manière à former des angles bien visibles, des arcs bien visibles, des cercles bien visibles, des lignes bien visibles, des carrés ou rectangles bien visibles et ayant chacun des significations bien précises en conformité avec la Vision du monde en vogue dans la Société. Elle consiste également à réaliser à travers cet agencement un lieu susceptible d’abriter des Humains ou d’être fréquenté par des Humains sans aucune crainte. L’harmonie énergétique quant à elle consiste à synchroniser durablement en cet endroit précis les Energies hélio-centrifuges, telluriques, géomagnétiques, biochimiques ou biophysiques dans l’intérêt de toutes les Créatures qui s’y retrouvent ou peuvent s’y retrouver. On comprend donc pourquoi le travail de déblayage d’un site de construction par un Bâtisseur (Kpéɖólá) en milieu Eʋe est habituellement désignée avec l’expression idiomatique polyvalente «Kadada» qui signifie la «jetée»/le «déroulement» (dada) du «rouleau de corde» (Ka) servant à la mesure topographique et géométrique des sites de construction, tout comme elle signifie en même temps le «déploiement» (dada) du «Pouvoir magique» (Ka) servant à bien sonder sur le plan énergétique l’environnement naturel du site de construction.

3.

Pour une saine Préservation et Promotion des Connaissances minéralogiques et des Techniques architecturales des Terroirs Africains.

Un haut fourneau en terre cuite construit en 1910 par l'Administration coloniale allemande avec du
Un haut fourneau en terre cuite construit en 1910 par l'Administration
coloniale allemande avec du Calcaire du Terroir Togolais extrait à
Tɔkpli (Tokpli). Crédit Golf Dornseif, 2010 (www.golf-dornseif.de ).

illustration.

Il est réconfortant de constater que certains Chercheurs occidentaux assez honnêtes et certains Professionnels occidentaux du Bâtiment qui sont assez honnêtes ont reconnu depuis longtemps les qualités architecturales hautement appréciables des matériaux de construction des Terroirs Africains de même que les Techniques architecturales endogènes africaines et les ont même utilisé durant l’époque coloniale pour construire à moindre frais les édifices publics,

privés et industriels dont la robustesse

aucun doute

ne jusqu’aujourd’hui. Les cas les plus illustratifs sont les bâtiments administratifs de l’époque coloniale allemande au TOGO, les édifices religieux datant de l’époque coloniale allemande au TOGO de même que les édifices industriels qui datent de l’époque coloniale allemande au TOGO, qui paraissent certes rudimentaires mais demeurent indubitablement très robustes, comme l’image ci-contre en donne une belle

fait

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L Architecture endogène Africaine.

Le Journaliste allemand Golf Dornseif qui a récemment documenté soigneusement la genèse de l’Architecture tropicale de style allemand à partir des documents d’archives coloniaux du «Zentralblatt der Bauverwaltung» [Cahier du Service de l’Equipement, NDLR] a déclaré à ce sujet ce qui suit [1]:

«Bauen in den Tropen bedeutet konstruktive und funktionale Auseinandersetzung mit extremen klimatischen Bedingungen: Wolkenbruchartige Regenfälle, Luftfeuchtigkeit bis zu 95 Prozent, intensive Sonneneinstrahlung und extrem hohe Lufttemperaturen bis etwa 45 Grad Celsius, dazu orkanartige Windbelastungen in Gewitterböen der Regenzeit» [Construire sous les Tropiques est synonyme de la prise en compte constructive et fonctionnelle des conditions climatiques extrêmes: des pluies torrentielles, une humidité de l’air jusqu’à 95 pour cent, d’intenses rayons solaires et des températures de l’air jusqu’à 45 degrés Celsius environ, auxquels s’ajoutent des vents très violents sous forme de tornades durant la saison des pluies, Traduction: K. Kofi FOLIKPO].

Et au très célèbre Professeur allemand d’Architecture et d’Aménagement du Territoire Wolfgang Lauber de renchérir dans le même sens en écrivant ceci [2]:

«Unserer Meinung nach sollte beim zukünftigen Bauen in Afrika vom grossen Vorbild Europa abgewichen werden und man sollte die traditionellen afrikanischen Prinzipien umsetzen in eine neue afrikanische Architektur unserer Zeit Ein erster Ansatz dazu waren die Bauten der deutschen Epoche in Togo, denn sie sind in Anlehnung an die traditionelle Baukultur Togos gelungene Beispiele für das Bauen in tropischen Klimazonen mit heutigen funktionalen, konstruktiven und ökologischen Anforderungen. In ganz Afrika entstanden während der letzten Jahrzehnte unsinnig sonnendurchlässige Glashochhäuser in den Metropolen mit riesigem

Klimatisierungsaufwand, gewaltige Betonklötze mit tagsüber aufgeheizten Baustoffen, die

bis in die kühlen Abendstunden etwa Togos alle Räume unerträglich erwärmen

[Selon nous, l’on doit se distancier du grand modèle européen en ce qui concerne les constructions futures en Afrique et l’on doit appliquer les principes traditionnels africains

dans le cadre d’une nouvelle Architecture de notre temps … Un premier essai provenait des constructions datant de l’époque allemande au Togo, car elles constituent des exemples positifs d’inspiration à partir de la Culture architecturale traditionnelle du Togo pour la construction dans les zones climatiques tropicales, en tenant compte des exigences fonctionnelles, constructives et écologiques. Dans toute l’Afrique, on construisit dans les métropoles durant les dernières décennies des gratte-ciel en verre qui absorbent de façon insensée le rayonnement solaire et qui exigent en retour d’énormes dépenses de climatisation, on construisit des blocs de béton ayant des matériaux qui conservent beaucoup de chaleur durant toute la journée jusqu’aux heures de refroidissement au soir où toutes les chambres sont toujours chaudes de façon insupportable au Togo par

exemple Traduction: K. Kofi FOLIKPO].

»

Cette recommandation de l’honnête Professionnel allemand du Bâtiment a été même mise en pratique quelques années plus tôt au TOGO par d’autres honnêtes Européens à travers la construction de certains édifices privés à partir des matériaux du Terroir, comme l’image de l’imposant château en pierre taillée à la page suivante (page 12) en donne une belle illustration. Cette recommandation résume parfaitement toute la tragédie intellectuelle et culturelle en Afrique néocoloniale où de nombreux Nègres hyper-aliénés se détournent par snobisme et par acculturation débridée de tout ce qui vient de leur propre Terroir Ancestral pour aller embrasser de façon bigote et irréfléchie des normes douteuses, des valeurs poreuses, des modes de vie hasardeux et des pratiques religieuses exotiques et aliénatrices qui sont totalement incompatibles avec leur propre

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environnement naturel. Elle résume parfaitement le phénomène dangereux de l’extraversion économique par laquelle les matériaux des Terroirs Africains et les Savoir-faire endogènes qui leur sont liés, sont récupérés par des Non-Africains qui n’hésitent même pas de les breveter sans scrupules pour en faire une production industrielle commercialisable à grande échelle, au grand dam des Populations Africaines auxquelles reviennent incontestablement la Propriété intellectuelle. Elle résume parfaitement le phénomène dangereux de l’extraversion intellectuelle par laquelle les Conceptions et Découvertes scientifiques, technologiques, architecturales ou artistiques provenant des Terroirs Africains sont beaucoup plus appréciées et valorisées par des Non-Africains qui en font habilement et discrètement un précieux trésor commercial inestimable au détriment des Nègres

hyper-aliénés qui traitent toujours ces mêmes Conceptions et Découvertes venant de leur propre Terroir Ancestral avec un dédain dégoutant et un mépris puant, en suivant le slogan totalement imbécile et aliénateur stipulant que «seul ce qui vient du Blanc est bon» (en Eʋegbe: «Yevú

ƒé àkutsá yé ɖi na ame nyúíé»).

L'imposant Château Viale, construit sur le Mont Missahoe près de Kpalimé (Togo) par des Européens
L'imposant Château Viale, construit sur le Mont Missahoe près de Kpalimé (Togo)
par des Européens à partir du Granite et du Gneiss du Terroir Togolais.
Crédit: K. Kofi FOLIKPO, 2010.

Si l’on peut se réjouir de l’intérêt sincère que certains Non-Africains assez probes apportent objectivement aux

qualités des matériaux de construction provenant des Terroirs Africains ainsi quaux Connaissances et Techniques architecturales africaines qui leur sont liées, il est déplorable de constater qu’une très grande majorité de bons Nègres hyper-aliénés attendent toujours que la revalorisation des Patrimoines de leur propre Terroir Ancestral provienne toujours de lextérieur. Il est encore plus déplorable que presque tous les gouvernements des Etats postcoloniaux et néocoloniaux en Afrique subsaharienne nont jamais apprécié les différents Patrimoines endogènes des Terroirs Africains à leur juste valeur pour concevoir en conséquence des Politiques de Revalorisation assez rigoureuses qui ne peuvent quavoir des retombées bénéfiques tant sur le plan économique quécologique et sociétal. Il devient donc impératif dans ces conditions déveiller plus intensément la conscience des uns et des autres à travers des éclairages didactiques constants, et surtout dencourager au niveau citoyen les rares initiatives locales qui sévertuent à promouvoir un développement économique et social essentiellement centré sur les Ressources endogènes.

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Conclusion.

Puisque la Connaissance et le Savoir ainsi que leur application pratique sous forme de Technologie et de Savoir-faire constituent un apanage universel pour toutes les Sociétés humaines, il est légitime que chaque Société humaine ou chaque ensemble de Sociétés humaines sévertuent de promouvoir sainement les Systèmes de Connaissance, de Savoir, de Savoir-faire et de Technologies quelles ont mises au point elles-mêmes pour leur Développement sain, en parfaite adéquation avec leur environnement naturel. Un vrai Développement durable, holiste et sain des Sociétés Africaines contemporaines ne peut advenir quà partir des Ressources endogènes multiformes dont la Revalorisation judicieuse constitue la condition sine qua non et la clé de voûte. Mais la Revalorisation de ces Ressources ne peut nullement consister en la pratique prédatrice néocoloniale dune prétendue «mise en valeur» (sic!) aux finalités exclusivement mercantilistes héritées des réflexes colonialistes. Cette Revalorisation ne peut pas non plus consister en un regard exotique porté de lextérieur sur les Systèmes de Savoir, sur les Systèmes de Savoir-faire et sur les Technologies propres aux Terroirs Africains et liés à ces Ressources endogènes, à linstar de ce que font certains prétendus africanisteseuro-centristes dans les milieux académiques occidentaux. Ces autoproclamés spécialistes de lAfrique(sic!) qui échafaudent depuis des années des théories poreuses autour du conceptfarfelu de savoirs indigènes(indigineous knowledges) semblent propager plutôt une notion de lidéologie suprématiste euro-centriste en lieu et place de la promotion de la Science véritable et de la Technologie libératrice. Cette Revalorisation tant souhaitée ne peut advenir quà travers les efforts conjugués dHommes et de Femmes assez probes et assez proches des Réalités des différents Terroirs Africains, et soucieux de donner à la fois une orientation pragmatique et une Standardisation transdisciplinaire et transcommunautaire à ces Systèmes de Savoir, de Savoir-faire et de Technologies. Cette orientation pragmatique et cette Standardisation à la fois transdisciplinaire et transcommunautaire auront le mérite d’œuvrer pour leur saine transmission aux générations futures.

Références:

[1] Lire l’Article de Golf Dornseif intitulé «Deutsche Tropen-Architektur im Togoland» sur le site web www.golf-dornseif.de et cité dans la Bibliographie.

[2] Lire la Thèse de Wolfgang Lauber intitulée «Klimagerechte Architektur in den afrikanischen Tropen. Eine Untersuchung am Vorbild der traditionellen Architektur des Regenwaldes in Kamerun und der Savanne in Mali» et citée dans la Bibliographie.

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Bibliographie.

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BEETZ, Werner, KLINGNER, Fritz-Erdmann, KNETSCH, Georg: Der geologische Bau: die nutzbaren Lagerstätten und die Bergwirtschaft Afrikas. Teil 2. Walter de Gruyter,

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BOUKEKE, David-B.: Levés gravimétriques de reconnaissances du Togo-Bénin. (Trois feuilles de carte avec notice de 29 pages: 1) Anomalies de Bouguer 1: 4 000 000; 2) Anomalies de Bouguer: stations gravimétriques 1: 1 000 000). Paris: ORSTOM, 1996.

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DORNSEIF, Golf: Deutsche Tropen-Architektur im Togoland. (publié le 2 Juin 2010 sur www.golf-dornseif.de )

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FOLIKPO, Kofi K.: Fondements ontologiques des Lois de la Gravitation universelle dans la Cosmologie et dans Cosmogonie Kamites. (publié le 11 Décembre 2009 sur www.togocity.com sous le lien http://www.togocity.com/spip.php?article4410 ).

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LAUBER, Wolfgang (Editeur): Deutsche Architektur in Togo. Stuttgart, 1993.

13.

LAUBER, Wolfgang: Klimagerechte Architektur in den afrikanischen Tropen. Eine Untersuchung am Vorbild der traditionellen Architektur des Regenwaldes in Kamerun und

der Savanne in Mali. (Thèse présentée à l'Université de Kaiserslautern en Allemagne pour l'obtention du Grade académique de Docteur-Ingénieur). Département d'Architecture et d'Aménagement du Territoire de l'Université de Kaiserlautern (Rép. Féd. d'Allemagne),

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SYLVAIN, Jean-Paul: Carte géologique du Togo. Première édition. Lomé: Direction générale des mines, de la géologie et du Bureau national des Recherches minières, 1986.

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Annexe: Quelques images des Fondations, des Murailles et des Murs en Pierre sur le Mont Agu (TOGO).

des Murailles et des Murs en Pierre sur le Mont Agu (TOGO). K. Kofi FOLIKPO ~

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Birr (SUISSE), le 12 Mai 2012. K. Kofi FOLIKPO ~ 16 ~ L ’ Architecture

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