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COMMUNAUTE URBAINE MARSEILLE PROVENCE METROPOLE (MPM

)
CONTROLE ANNUEL DES COMPTES DE DELEGATION DE SERVICES PUBLICS DE LA COMMUNAUTE URBAINE MARSEILLE PROVENCE METROPOLE

LOT 1 : SERVICE PUBLIC DE L’EAU ET DE L’ASSAINISSEMENT

Analyse de l’exercice 2007 Rapport Final – Contrat du Canal de Marseille – DSP d’adduction et de distribution d’eau

24 Juillet 2009
Adresse du siège (PARIS) 69, rue Saint Lazare 75009 PARIS Tél. 01 44 90 00 66 Fax 01 44 90 95 55 E-Mail : contact@finance-consult.fr – Site Internet : www.finance-consult.fr Bureau de LYON 63, rue de la République 69002 Lyon Tél : 04 72 776 777 Fax : 04 72 776 779

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

Sommaire
SYNTHESE DE L’AUDIT DE LA DSP EAU DU CANAL DE MARSEILLE ...................... 4 11.1 1.2 233.1 PRESENTATION DE L’AUDIT FINANCIER ................................................. 12 OBJECTIFS DE L’AUDIT FINANCIER .....................................................................12 METHODOLOGIE DE L’ANALYSE.........................................................................12 FICHE TECHNIQUE .................................................................................. 13 L’ANALYSE DU CONTRAT ........................................................................ 16 ANALYSE JURIDIQUE DU CONTRAT .....................................................................16 Historique contractuel .......................................................................16 Analyse contractuelle ........................................................................19 Identité du délégataire ......................................................................39 Périmètre géographique du contrat .....................................................40 Répartition des missions ....................................................................41 Dispositions de fin de contrat .............................................................42

3.1.1 3.1.2 3.2 3.2.1 3.2.2 3.2.3 3.2.4 44.1

ANALYSE FINANCIERE DES DISPOSITIONS CONTRACTUELLES.......................................39

ANALYSE DES COMPTES RENDUS FINANCIERS ....................................... 44 ANALYSE DES PRODUITS D’EXPLOITATION ............................................................44 Analyse des produits de distribution d’eau ...........................................44 Analyse des autres produits du service ................................................59 Analyse des produits perçus pour le compte de tiers .............................65 Analyse des charges d’exploitation hors charges calculées .....................67 Analyse des charges contractuelles .....................................................75 Analyse des charges patrimoniales .....................................................78 Les charges financières .....................................................................91

4.1.1 4.1.2 4.1.3 4.2 4.2.1 4.2.2 4.2.3 4.2.4 4.3 4.4 5-

ANALYSE DES CHARGES DE L’EXPLOITATION .........................................................66

ANALYSE DE LA STRUCTURE FINANCIERE DU CONTRAT ..............................................92 ANALYSE DE LA RENTABILITE APPARENTE .............................................................93 L’ANALYSE DE LA DOCUMENTATION FINANCIERE DISPONIBLE ............. 94

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Table des illustrations :
Tableau 1 : Répartition des missions .......................................................................41 Tableau 2 : Tarifs contractuels et évolution sur la période d'observation ......................51 Tableau 3 : Abonnés du service ..............................................................................54 Tableau 4 : Synthèse des volumes facturés .............................................................55 Tableau 5 : Détail des volumes facturés ..................................................................56 Tableau 6 : Produits d'exploitation du service ...........................................................57 Tableau 7 : Détail des produits de la vente d'eau facturés .........................................57 Tableau 8 : Travaux attribués à titre exclusif ...........................................................59 Tableau 9 : Vente d'énergie ...................................................................................60 Tableau 10 : Rémunération sur redevance assainissement.........................................61 Tableau 11 : Détail de la redevance assainissement sur 2007 ....................................62 Tableau 12 : Détail de la recette relative au frais d'accès au service ...........................62 Tableau 13 : Part du contrat du Canal de Marseille dans le chiffre d'affaires de la SEM ..64 Tableau 14 : Produits perçus pour compte de tiers ...................................................65 Tableau 15 : Détail des charges .............................................................................66 Tableau 16 : Charges de personnel .........................................................................69 Tableau 17 : Achats d'énergie électrique .................................................................69 Tableau 18 : Tarifs d'électricité ..............................................................................69 Tableau 19 : Frais de structure ..............................................................................74 Tableau 20 : Redevances versées ...........................................................................76 Tableau 21 : Evolution des redevances ....................................................................77 Tableau 22 : Charges d'entretien et de gros entretien ...............................................78 Tableau 23 : Charges de renouvellement .................................................................80 Tableau 24 : Détail des dotations et des dépenses de renouvellement .........................82 Tableau 25 : Stock de provisions communiqué par la SEM .........................................82 Tableau 26 : Dépenses d'investissement - Compteurs ...............................................84 Tableau 27 : Charges d'investissements contractuels ................................................85 Tableau 28 : Charges d'annuités d'emprunt prises en charge .....................................89 Tableau 29 : Investissement du domaine privé ........................................................91 Tableau 30 : Rentabilité du service .........................................................................93 Graphique 1: Evolution du Kv en fonction des volumes..............................................48 Graphique 2 : Evolution de la part fermière depuis 1992 ...........................................51 Graphique 3 : comparaison des tarifs avec les pratiques des autres communes MPM ....52 Graphique 4 : Répartition des abonnés sur le périmètre ............................................55 Graphique 5 : Charges d'investissements contractuels ..............................................87 Graphique 6 : Charges d'investissement - Reprise des emprunts ................................90 3

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

SYNTHESE DE L’AUDIT DE LA DSP EAU DU CANAL DE MARSEILLE
Le contrat d’adduction et de distribution d’eau du périmètre du Canal de Marseille lie depuis 1960 la Ville de Marseille et la Société des Eaux de Marseille (SEM). La compétence eau appartient à MPM depuis 2001. La SEM est détenue à parts égales par la Lyonnaise des Eaux et la Compagnie Générale des Eaux. La SEM n’est pas une société dédiée au service. Il n’existe donc pas de comptabilité sociale certifiée, propre au service, le suivi patrimonial dans ce qui rend difficile l’analyse de l’économie du où les comptes annuels de résultat contrat, notamment sur les points suivants : la mesure d’exploitation (CARE) ne retracent que les charges économiques l’appréciation exhaustive des moyens de financement affectés au service l’analyse exhaustive du cycle d’exploitation et des stocks, c réances et dettes circulantes propres au contrat Le contrat de distribution d’eau du Canal de Marseille représente 56% de l’activité de la SEM. Les principaux points qui ressortent de notre audit sont les suivants : 1. 1.1. Au plan juridique Consolidation du contrat

Le contrat du périmètre du Canal de Marseille a fait l’objet de nombreuses modifications par voie d’avenants. Par soucis de clarté et de sécurité juridique, il conviendrait d’éditer une version consolidée de la convention de DSP, ainsi que du règlement du service.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 1.2. Périmètre fonctionnel du contrat

Le contrat ne comporte pas de chapitre général sur les obligations du délégataire, qui sont réparties dans les différentes stipulations du contrat. Il ressort de l’analyse du contrat que la SEM est en charge de : l’exploitation du service l’entretien courant la majorité des travaux de gros entretien renouvellement.

MPM garde à sa charge des travaux de premier établissement, sauf dispositions contraires prévues par voies d’avenant. 1.3. Programme de travaux

Conformément à l’article L. 2224-11-3 du CGCT, un programme prévisionnel des travaux de gros entretien renouvellement à réaliser par le délégataire doit être annexé au contrat. L’annexe VI fixe des objectifs non chiffrés pour la plupart des renouvellements de réseaux et ne porte donc pas sur l’ensemble des travaux à réaliser par la SEM. 1.4. Qualification des biens

Les stipulations contractuelles ne distinguent pas précisément les biens, selon qu’il s’agisse de biens de retour, de biens de reprise ou de biens propres. Une telle distinction est cependant essentielle, notamment dans la perspective du renouvellement de la DSP en 2013 et pour la bonne compréhension de la politique d’amortissement et de renouvellement des ouvrages et équipements. contrat nous semble souhaitable. La SEM précise qu’elle a engagé une étude ayant pour objet la classification des biens du service. Les résultats de cette étude seront disponibles dès 2010 dans le rapport annuel du délégataire relatif à l’exercice 2009. Une révision des articles 39 et 40 du

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 2. Au plan financier 2.1. Tarifs et produits de la vente d’eau

La grille tarifaire contractuelle distingue 12 tarifs différents jusqu’en 2007 (l’avenant 19 supprime un tarif à compter de 2008), ayant des structures différentes (forfaitaire, variable par m3 ou par l/s ou par m3/ha/an, avec ou sans par fixe, avec ou sans tranches de consommation). Cette grille tarifaire rend complexe le suivi des produits d’exploitation facturés aux usagers. La diversité tarifaire génère un risque de non respect de l’égalité de traitement des usagers. Le principal tarif (81% des abonnés) est le tarif « tous usages au compteur ». Il est composé d’une part variable unique au m3. Selon la facture 120 m3 communiquée pour l’exercice 2007 et pour toutes les communes du périmètre Canal de Marseille (MPM ou hors MPM), il ressort à : Part SEM = 1,5623 € / m3 Part MPM = 0,0440 € / m3

Ce tarif se situe dans la moyenne haute des communes MPM. La part MPM représente 2,7% du tarif ce qui paraît faible compte tenu des missions qui reste à la charge de MPM : investissements de premier établissement, renouvellement des ouvrages.

2.2.

Modalité d’indexation des tarifs

Les modalités d’indexation des tarifs sont complexes. Elles font intervenir 3 coefficients d’indexation : K : est le coefficient principal. Le paramètre S n’est pas publié ce qui rend difficile son contrôle. La pondération des indices ne reflète pas la structure des charges du service. Kv : ce coefficient permet à la SEM de limiter le risque lié à l ’évolution des volumes. Ce coefficient n’est pas symétrique : o o Il a une croissance exponentielle à la baisse des volumes Il a une décroissance asymptotique à la hausse des volumes.

Ainsi, les tarifs seront davantage inflationnistes en cas de baisse des volumes que déflationnistes en cas d’augmentation des volumes. 6

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Ki : ce coefficient permet à la SEM de limiter le risque inhérent au recouvrement des produits de la vente d’eau aux usagers domestiques. Ce coefficient a une tendance inflationniste du fait de l’accélération de l’individualisation des compteurs.

2.3.

Recettes financières

Aucune recette financière n’est identifiée dans les comptes du service, tandis que les comptes sociaux font apparaître 8,5 M€ de produits financiers relatifs à des opérations de placements. Ces produits financiers ne semblent pas venir minorer les frais de structure imputés à chaque contrat mais ces derniers intègrent les coûts des services administratifs et financiers. Selon la structure de financement de la SEM (Stocks de provisions et résultats cumulés), 70% à 80% des produits financiers générés au niveau de la SEM émaneraient du contrat d’adduction et de distribution d’eau du Canal de Marseille. Selon cette analyse, les produits financiers constitueraient une marge de manœuvre comprise entre 5,95 M€ et 6,80 M€ par an, pour le contrat d’adduction et de distribution d’eau du Canal de Marseille.

2.4.

Charges de personnel

Les charges de personnel correspondent à la principale dépense du service et représentent une dépense de 32,3 M€. Le tiers de ces charges est affecté directement au service. Les autres charges de personnel sont mutualisées selon des clés de répartition analytiques. La clé utilisée pour la répartition des services administratifs et financiers est 80% pour le contrat du Canal de Marseille et 20% pour les autres contrats. Cette répartition ne semble pas pertinente puisque le contrat du Canal de Marseille représente 56% du chiffre d’affaires de la SEM. Les autres clés de répartition n’appellent pas de remarque particulière. Le personnel étant mutualisé, la SEM semble dans l’incapacité de produire un organigramme des employés affectés au service.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 2.5. Sous-traitance

La sous-traitance concerne deux postes du CARE : « Sous-traitance, matières et fournitures » (12,0 M€ en 2007) : Dans ses compléments d’information, la SEM précise que 10,8 M€ correspondent à des charges de sous-traitance, dont 8,7 M€ sont assurés par des sociétés des Groupes SEM ou VEOLIA « Charges de renouvellement » (16,0 M€ en 2007) : Dans ses compléments d’information, la SEM précise que 14,3 M€ correspondent à des charges de sous traitance, dont 14,2 M€ sont assurés par des sociétés des Groupes SEM ou VEOLIA ou SUEZ.

2.6.

Traitement financier et comptable des travaux de GER

Les charges de renouvellement imputées au service résultent d’un calcul économique, préconisé par l’ordre des experts comptable comme l’indique le rapport ORFIS et le rappelle la SEM dans son complément d’information. Cependant, ces charges ne reflètent pas la réalité comptable du service affichée dans les comptes sociaux de la SEM. Dans ses compléments d’information, la SEM communique un détail des dotations aux provisions et des dépenses décaissées faisant apparaître un stock de provisions de 3,1 M€ au 31/12/2007. Le stock de provisions propre au contrat du Canal de Marseille identifié dans les comptes sociaux de la SEM s’élève à 64,9 M€. Ce stock de provisions a été constitué par la comptabilisation de charges supportées historiquement par le service. La trésorerie émanant de ce stock de provisions est censée être affectée au renouvellement des canalisations, des branchements et des installations du service. Ce stock de provisions devrait être mis au regard d’un plan de renouvellement valorisé financièrement, dans le cadre d’un audit technique.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Si le stock de provisions s’avérait trop important par rapport au montant des travaux de renouvellement à réaliser jusqu’au terme du contrat : MPM pourrait élargir les obligations contractuelles de la SEM, en matière de renouvellement ; MPM pourrait négocier le retour de tout ou partie du stock de provisions pour renouvellement au terme du contrat MPM pourrait envisager une diminution tarifaire justifiée par un allègement des charges de renouvellement imputées au service.

2.7.

Charges d’investissement

Les charges d’investissement imputées au service font l’objet d’un calcul économique d’annuités financières progressives, reconnu par l’ordre des experts comptables selon les sources de la SEM. Les charges d’investissement imputées au service font l’objet des remarques suivantes : Taux de financement : le taux de financement permettant à la SEM de calculer son annuité est un taux historique de 1992 (TME 1992 = 8,60%, TME février 2009 = 3,74%). Ce taux est très élevé au regard des conditions économiques actualisées et renchérie les coûts imputés au service. Taux de progressivité : la progressivité entraine un renchérissement des coûts financiers imputés au service par son mécanisme. Avenant 19 : La SEM a imputé au service, dès l’exercice 2007 une charge économique relative au versement de 17,6M€ prévu par l’avenant 19, tandis qu’aucun versement n’avait été réalisé en 2007. Les simulations réalisées ont permis d’identifier des marges de manœuvre financières (cf. 2.9. Rentabilité du service).

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 2.8. Redevances

Le montant des redevances versées à la Ville semble conforme aux dispositions contractuelles. Les modalités d’indexation (K’) semblent avoir une tendance déflationniste du fait de l’intégration du paramètre C (consommation en m3 par an par abonné tous usages et par km de réseau d’eau filtrée). La consommation par abonné semble diminuer sur la période ce qui impacte à la baisse les redevances versées à MPM. Par ailleurs, cet indicateur n’est pas publié et semble maîtrisé uniquement par la SEM. MPM devrait indexer ces redevances selon les modalités d’indexation des tarifs.

2.9.

Rentabilité du service

L’équilibre du service est assuré avec des résultats nets bénéficiaires sur la période d’observation (34,4 M€ de 2005 à 2007). Son taux de rentabilité s’établit à 13,7% avant impôts sur l’exercice 2007, tandis que, pour information, le taux moyen de rentabilité constaté pour ce type de contrats de DSP se situe dans une fourchette entre 8% et 10% Il convient de noter une baisse de la rentabilité en 2007, du fait notamment de l’impact de l’avenant 19 et de la comptabilisation d’une charge s’élevant à 1,7 M€. Par ailleurs, des marges de manœuvre financières ont été identifiées qui pourrait permettre de réviser à la baisse les tarifs appliqués aux usagers :
Marge de manœuvre Global DSP tous tarifs confondus Volumes facturés Recettes générées Produits financiers Frais de structure Charges d’investissements Total * au prorata des recettes générées 6,4 M€ / an 0,7 M€ / an 1,3 M€ / an 8,4 M€ / an 122 485 345 m
3

Domestiques tous usages au compteur 51 261 966 m3 80,8 M€ 0,100 € / m3 /an * 0,011 € / m3 /an * 0,164 € / m3 /an * 0,275 € / m3 /an *

100,5 M€ 0,052 € / m3 /an 0,006 € / m3 /an 0,011 € / m3 /an 0,086 € / m3 /an

Selon l’analyse réalisée et sous réserve des hypothèses retenues, la part fermière du tarif appliqué aux usagers domestiques « tous usages au compteur » pourrait être revu à la baisse à hauteur de 0,275 € /m3.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 2.10. Information complémentaire communiquée par la SEM La SEM a globalement répondu à toutes les demandes formulées à la suite du rapport intermédiaire. Cependant, les éléments de remarques suivantes : Les informations patrimoniales propres au service du Canal de Marseille restent lacunaires. Seules les valeurs nettes comptables des investissements contractuels ont été communiquées. Aucune information n’est disponible sur le statut juridique des biens (biens de retour, biens de reprises et biens propres). La SEM semble dans l’incapacité de produire un inventaire des biens susceptibles de faire l’objet d’une éventuelle indemnité au terme du contrat. La SEM précise toutefois qu’une étude est en cours, dont les résultats seront disponibles courant 2010. Ce point nécessite une attention particulière et devra faire l’objet d’approfondissement dans les futurs audits. Les informations relatives aux charges de renouvellement ne permettent pas de justifier le stock de provisions pour renouvellement identifié dans les comptes sociaux de la SEM. Ce point constitue un enjeu majeur des opérations de fin de contrat et nécessite des informations complémentaires de la part de la SEM. Les enregistrements comptables et les flux financiers relatifs au renouvellement devraient être indiqués dans les rapports annuels du délégataire. Les informations relatives au cycle d’exploitation (créances et dettes) n’ont pas été identifiées pour le contrat du Canal de Marseille. Les créances et les dettes relatives aux produits perçus pour compte de tiers devront faire l’objet d’une analyse approfondie dans les futurs audits. réponses communiqués appellent les

-

Les modalités d’indexation et le détail des calculs de chaque coefficient devraient être intégrés au rapport annuel du délégataire

2.11. Approfondissements à envisager Une étude approfondie des flux financiers entre les différentes parties (SEM, Maisons Mères, SERAM, MPM, Agences, communes) devra être menée. 11

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1 - PRESENTATION DE L’AUDIT FINANCIER
1.1 Objectifs de l’audit financier
Le présent rapport définitif s’inscrit dans le cadre d’une « mission d’assistance juridico-financière à personne publique pour l’audit et le contrôle annuel des comptes des délégations de services publics d’eau et assainissement ». Les enjeux et objectifs de cette mission sont les suivants :  Vérifier le respect des principes d’égalité, de continuité et d’adaptabilité des services publics  Contrôler le respect des dispositifs contractuels et évaluer leur pertinence  S’assurer de la sincérité de l’information contenue dans les CRF annuels  Dégager d’éventuelles marges financières en vue de renégociations contractuelles.

1.2 Méthodologie de l’analyse
L’appréciation de chaque délégation se base sur la documentation suivante :  Le contrat de DSP, ses avenants et annexes ;  Les rapports annuels du délégataire pour les exercices étudiés, ainsi que les deux exercices précédents afin de disposer d’une vision dynamique des comptes ;  Les réponses apportées par le délégataire aux questions posées à l’issue des rapports d’audits intermédiaires. Le marché conclu entre MPM et ses assistants porte dans un premier temps sur l’ analyse des comptes des délégations pour l’exercice 2007. Cette mission se déroule selon la méthodologie suivante :  Prise en compte de l’état et de l’historique du service  Analyse juridique de la documentation contractuelle et réglementaire  Mise en ligne de la documentation économico-financière  Analyse financière des rapports annuels des délégataires et production d’un rapport provisoire, comprenant notamment des questions à poser au délégataire  Analyse des réponses apportées et production d’un rapport final La mission de contrôle s’effectue sur pièces, à partir des documents communiqués par MPM et des compléments d’information apportés par les délégataires. Il convient de préciser qu’aucune diligence sur place n’est prévue. 12

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2 - FICHE TECHNIQUE
Communes concernées (en gras, les communes membres de la Communauté Urbaine) Marseille Aubagne Allauch Les Pennes Mirabeau (Quartier Gavotte) Septèmes les Vallons La Penne sur Huveaune

Service public délégué Nom du délégataire Objet et nature du contrat

Eau Société des Eaux de Marseille Gestion du service concédé d’adduction et de distribution publique d’eau du périmètre dit du Canal de Marseille. Le service comprend : Le captage, la production et la gestion des installations de secours Le traitement Le transport La distribution Le service client L’entretien et le gros entretien renouvellement de s feeders, du réseau, des branchements, robinet vannes… Les investissements de premier établissement sont en principe laissés à la charge de MPM.

Nature du contrat

Concession

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Date de signature du contrat Date de prise d’effet du contrat

27 juin 1960 29 juin 1960 L’avenant 9 correspond à une refonte du contrat. Il a pris effet au 1er janvier 1992.

Durée du contrat Terme du contrat Nombre d’avenants Liste des annexes contractuelles

53 ans 6 mois 31 décembre 2013 (avenant 9) 19 avenants Annexe I – Historique et liste des actes en vertu desquels le service d’adduction et de distribution d’eau dit « du Canal de Marseille » a été étendu à d’autres communes Annexe II – Plan de la concession périmètre de distribution du Canal de Marseille. Annexe III – Concession d’eau continue aux communes et organismes publics ou privés Annexe IV – Formules correctives Annexe V – Echéancier de paiements des annuités d’emprunts Annexe VI – Etat schématique du patrimoine et objectif en matière de renouvellement du réseau Annexe VII – Bordereau des prix

Chiffres clés Population permanente Nombre d’abonnés domestiques Nombre d’abonnés industriels / autres Volume d’eau facturé (brut) Evolution des volumes facturés Taux de rendement du réseau (Volumes produits / volumes distribués) Linéaire de réseau de distribution/collecte (hors branchement) Nombre de stations de production Nombre de réservoirs / bassins

2005 887 647 hbts 116 150 26 766 128 252 288 m
3

2006 887 647 hbts 120 223 26 197 127 157 610 m
3

2007 917 425 hbts 121 780 26 699 123 599 895 m3 -2,80% 83,84 % 2 297 km

-0,85% 84,76 % 2 267 km 83,99 % 2 286 km

5 usines (capacité totale = 730 000 m3/j)

n.c. Lors de la rencontre avec les délégataires, la Nombre de branchements plomb restants (eau uniquement) suppression des branchements plombs ne semblait pas être un problème sur le périmètre. Le délégataire devrait tout de même communiquer l’état des branchements plombs dans le cadre du RAD. Nombre d’ETP n.c. n.c. n.c.

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Périodes de relève : Périodes de facturation :

Semestrielles glissantes sur 6 zones de tournées (trimestrielles pour les gros consommateurs) Trimestrielles glissantes en fonction des tournées (2 par estimation / 2 sur relevé) Trimestrielles pour les gros consommateurs

CA du service hors comptes de tiers Vente d’eau aux abonnés (domestiques et industriels) Dont fixe (abonnements) Dont variable Vente d’eau en gros (hors périmètre géographique DSP) Vente d’eau brute Travaux à Titre Exclusif (TTE) Prestations accessoires (assurances fuites, travaux sur domaine privé, autres) Subvention de fonctionnement

104 034 k€ 99 418 k€ n.s. 99 418 k€ Non distingué Non distingué 3 958 k€ 658 k€ 0€

105 822 k€ 100 910 k€ n.s. 100 910 k€ Non distingué Non distingué 4 292 k€ 620 k€ 0€

109 541 k€ 101 950 k€ n.s. 101 950 k€ Non distingué Non distingué 6 802 k€ 789 k€ 0€

Redevances

contractuelles

versées

à

la

3 970 k€ 11 491 k€ 74 794 k€ 8 034 k€

4 083 k€ 13 418 k€ 75 461 k€ 8 256 k€

4 709 k€ 9 469 k€ 77 919 k€ 7 781 k€

collectivité (dont RODP) Résultat du service Compte de tiers Produits perçus pour le compte de la collectivité (surtaxe) Fonds national pour le développement des adductions d’eau Redevance domestique Redevance de prélèvement Redevance assainissement sur la pollution

149 k€

1 k€

0 k€

18 483 k€ 5 503 k€ 42 625 k€

18 025 k€ 6 035 k€ 43 144 k€

18 024 k€ 6 483 k€ 45 631 k€

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3 - L’ANALYSE DU CONTRAT
3.1 Analyse juridique du contrat
3.1.1 Historique contractuel
Convention Date : 29/06/1960 Objet : Délégation qualifiée de concession du service de production et de distribution publique d’eau du périmètre dit du Canal de Marseille à la Société des Eaux de Marseille (SEM). La SEM exploite à ses risques et périls le service et réalise à ses frais les travaux qui lui sont confiés (principalement le gros entretien renouvellement). La présente analyse est basée sur l’avenant 9, qui, au vu des réserves émises par le préfet, après consultation de la DDCCRF, reprises dans le rapport de la CRC en date du 16 juin 2000, constitue un nouveau contrat. Avenant 9 Date : 29/11/1991 applicable au 1er janvier 1992 Objet : Modification du mécanisme de prise en charge et de répartition des travaux de gros entretien renouvellement. Clarification des relations entre la SEM et la Ville sur le partage des responsabilités en matière de travaux Participation du délégataire à l’allégement de la dette de la ville de Marseille et des Communes du périmètre relative au service de l’eau par le versement de 230 MF et prise en charge des annuités d’emprunts des communes. Définition de la notion d’assistance à la maîtrise d’ouvrage Précisions relatives aux responsabilités respectives des communes du périmètre en matière d’investissement Nouveau bordereau des prix permettant de refacturer à MPM ou à des tiers les travaux réalisés pour leur compte, sur le réseau d’eau du périmètre de Marseille. Amendement et refonte du cahier des charges de la concession initiale. Avenant 10 Avenant 11 Date : 19/05/1995 Objet : corrections typographiques Date : 11/05/1999 Objet : prise en charge par le concessionnaire de l’entretien courant et de l’exploitation des bornes fontaines et des fontaines publiques dans le périmètre de distribution. Cette prestation fait l’objet d’un nouveau tarif m) Abonnement fontaines et bornes fontaines publiques, dont l’entretien est assuré par le concessionnaire à la demande de la commune du périmètre concerné.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

Avenant 12

Date : 30/10/2000 applicable au 01/01/2001 Objet : Modifications dans l’objet de la concession Modifications des conditions d’utilisation accessoire des ouvrages et canalisations hors du périmètre de la concession. Modification de l’article 4 du cahier des charges de l’avenant 9, relatif à la remise des installations, qui précise que les biens remis à la SEM restent propriété de la Ville. De plus, les installations nouvelles du service sont remises à la SEM, qui en assurera le bon fonctionnement. Quel que soit leur mode de financement, la mise en exploitation des installations entraine le transfert immédiat de propriété au profit de la collectivité, à l’exception des compteurs qui restent propriété de la SEM. Modification des obligations contractuelles en matière de gros entretien renouvellement et notamment : rehaussement du minimum de travaux de gros entretien des ouvrages à 29,5 MF, en valeur 2000 ; renouvellement des branchements (3 000 par an) ; nouvelle limite pour les travaux d’entretien des bâtiments réservoirs, stations de traitement, canaux (670 000 F en valeur 2000). Modification de plusieurs conditions d’exploitation du s ervice relative à la provenance, la quantité et la qualité de l’eau ; à la mise à jour des plans de canalisations ; à l’obligation de consentir des abonnements ; aux conditions de branchements particuliers ; à la vérification et aux relevés de compteurs. Révision des tarifs de vente d’eau aux particuliers et de la formule d’indexation : le coefficient K est calculé quatre fois par an : au 1er janvier pour le premier trimestre, au 1er avril pour le second trimestre, au 1er juillet pour le 3ème trimestre, au 1er octobre pour le 4ème trimestre. Modification des modalités de calcul du coefficient K permettant l’indexation. Un coefficient Kv a été créé dans le but de prendre en compte l’évolution des volumes, dans l’indexation des tarifs. Modification du coefficient d’indexation K’ permettant de faire évoluer la redevance pour mise à disposition des biens d’équipement appartenant à la Ville Modification des dispositions relatives aux comptes rendus annuels, techniques et financiers du délégataire et des modalités de contrôle exercées par la Ville Ajout d’une annexe VIII classant les différents travaux d’entretien et de gros entretien

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

Avenant 13 Avenant 14

Date : ??? Objet : corrections typographiques de l’avenant 12 Date : ??? Objet : définition des modalités techniques et financières de l’exportation d’eau par voie maritime

Avenant 15

Date : 12/09/2003 Objet : intégration du service public d’eau potable de la commune d’Allauch dans le périmètre de distribution du service du Canal de Marseille

Avenant 16

Date : 04/08/2004 Objet : individualisation du contrat de fourniture en eau potable (prise en compte de la loi SRU). La prise en compte de la loi SRU entraine dans le cadre de cet avenant, la création d’un complément de prix facturé au 1 er juillet de chaque année. Par ailleurs, un coefficient Ki est introduit afin de tenir compte de la hausse des impayés dans l’évolution des tarifs.

Avenant 17 Avenant 18

Date : 17/02/2005 Objet : Mise en conformité des indices permettant le calcul du coefficient K. Date : 14/04/2006 Objet : Le coefficient K est calculé deux fois par an, à partir de la valeur des paramètres correspondant à une application au 1 er janvier pour le tarif du premier semestre et au 1er juillet pour le 2ème semestre. Application semestrielle de la formule corrective pour l’évolution des tarifs Modification des modalités des coefficients Kv et K’

Avenant 19

Date : 17/04/2007 Objet : mise en place d’une participation financière du délégataire aux investissements liés au plan quinquennal Eau 2006-2010, à hauteur de 17,6 M€. Modification des modalités de renouvellement : programme de travaux de renouvellement 2007-2013 annexé. Suppression des dépôts de garantie et remboursement des dépôts de garantie encaissés par la SEM à la date de prise d’effet du contrat. L a souscription d’un nouvel abonnement donne lieu à la facturation d’un droit d’accès au service (42€ HT en valeur de base, soit 47 € HT au 1 er juillet 2006). Instauration d’une Redevance d’Occupation du Domaine Public

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 3.1.2 Analyse contractuelle

La présente analyse juridique du contrat de DSP de l’eau potable de la Ville de Marseille a pour objet de mettre en évidence les difficultés qu’il pourrait receler afin de permettre à la communauté urbaine soit de procéder à son amélioration, soit de préparer le renouvellement de la délégation à compter du 31 décembre 2013. 3.1.2.1 Historique du contrat

Le contrat de délégation du service d’adduction et de distribution d’eau dit du « Canal de Marseille » a été conclu le 29 juin 1960 par la commune de Marseille avec la Société des Eaux de Marseille. La communauté urbaine Marseille Provence Métropole (ci-après MPM) a succédé de plein droit à la commune de Marseille le 1er janvier 2001. La convention de DSP a fait l’objet depuis le 29 juin 1960 de nombreux avenants (19 au 17 avril 2007) dont l’avenant n°12 du 30 octobre 2000 qui a procédé à une consolidation du texte de la convention. Pour les avenants intervenus après cette date, il faut systématiquement se référer à leur contenu pour l’application des stipulations qu’ils ont modifié. Il convient de noter que la délégation en cours prendra fin le 31 décembre 2013, soit dans un peu moins de cinq ans. Par ailleurs, par souci de clarté mais aussi de sécurité juridique, il conviendrait d’éditer une version consolidée de la convention de DSP ainsi que du règlement du service de distribution d’eau (sauf erreur, la version actuelle n’a pas été consolidée depuis le 30 octobre 2000).

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 3.1.2.2 Répartition des missions et des responsabilités

La communauté urbaine Marseille Provence Métropole (MPM) est titulaire de la compétence « eau potable » sur l’ensemble de son territoire. En effet, l’article L. 5215-20.I.5° du code général des collectivités territoriales dispose que : « I. – La communauté urbaine exerce de plein droit, au lieu et place des communes membres, les compétences suivantes : (…) 5° En matière de gestion des services d’intérêt collectif : a) assainissement et eau (…) ». Pour la présente analyse, il est possible de distinguer l’organisation et l’exploitation du service.

3.1.2.2.1

L’organisation du service

L’organisation du service concerne le contrôle exercé par MPM sur les conditions d’exécution du service par le délégataire, dans le cadre de la convention de DSP et sur les moyens de MPM pour remédier aux éventuelles carences de ce dernier.

3.1.2.2.1.1

Contrôle de l’exécution du service (contrôle technique, comptable et financier

Le contrôle de l’exécution du service est prévu par les articles 49, 50, 51 et 53 de la convention telle qu’elle a été modifiée par l’avenant n°12 du 30 octobre 200 0. Les articles 49 à 51 définissent le contenu des comptes rendus annuels, techniques et financiers. Ils n’ont cependant pas été mis à jour de la réglementation depuis le 30 octobre 2000, et notamment de l’article R. 1411-7 du code général des collectivités territoriales modifié par le décret n°2005-236 du 14 mars 2005.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Les articles devront donc être modifiés en reprenant les dispositions suivantes : « Le rapport mentionné à l'article L. 1411-3 tient compte des spécificités du secteur d'activité concerné, respecte les principes comptables d'indépendance des exercices et de permanence des méthodes retenues pour l'élaboration de chacune de ses parties, tout en permettant la comparaison entre l'année en cours et la précédente. Toutes les pièces justificatives des éléments de ce rapport sont tenues par le délégataire à la disposition du délégant dans le cadre de son droit de contrôle. Ce rapport comprend : I.-Les données comptables suivantes : a) Le compte annuel de résultat de l'exploitation de la délégation rappelant les données présentées l'année précédente au titre du contrat en cours. Pour l'établissement de ce compte, l'imputation des charges s'effectue par affectation directe pour les charges directes et selon des critères internes issus de la comptabilité analytique ou selon une clé de répartition dont les modalités sont précisées dans le rapport pour les charges indirectes, notamment les charges de structure ; b) Une présentation des méthodes et des éléments de calcul économique annuel et pluriannuel retenus pour la détermination des produits et charges directs et indirects imputés au compte de résultat de l'exploitation, les méthodes étant identiques d'une année sur l'autre sauf modification exceptionnelle et dûment motivée ; c) Un état des variations du patrimoine immobilier intervenues dans le cadre du contrat ; d) Un compte rendu de la situation des biens et immobilisations nécessaires à l'exploitation du service public délégué, comportant notamment une description des biens et le cas échéant le programme d'investissement, y compris au regard des normes environnementales et de sécurité ;

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille e) Un état du suivi du programme contractuel d'investissements en premier établissement et du renouvellement des biens et immobilisations nécessaires à l'exploitation du service public délégué ainsi qu'une présentation de la méthode de calcul de la charge économique imputée au compte annuel de résultat d'exploitation de la délégation ; f) Un état des autres dépenses de renouvellement réalisées dans l'année conformément aux obligations contractuelles ; g) Un inventaire des biens désignés au contrat comme biens de retour et de reprise du service délégué ; h) Les engagements à incidences financières, y compris en matière de personnel, liés à la délégation de service public et nécessaires à la continuité du service public. II.-L'analyse de la qualité du service mentionnée à l'article L. 1411-3 comportant tout élément permettant d'apprécier la qualité du service rendu et les mesures proposées par le délégataire pour une meilleure satisfaction des usagers. La qualité du service est notamment appréciée à partir d'indicateurs proposés par le délégataire ou demandés par le délégant et définis par voie contractuelle. III.-L'annexe mentionnée à l'article L. 1411-3 qui comprend un compte rendu technique et financier comportant les informations utiles relatives à l'exécution du service et notamment les tarifs pratiqués, leur mode de détermination et leur évolution, ainsi que les autres recettes d'exploitation ». L’article 53 détermine quant à lui les modalités de contrôle par la communauté urbaine de l’exécution du contrat. Il pourrait cependant être opportun de prévoir chaque année une réunion à date fixe au cours de laquelle l’ensemble des points du rapport d’exploitation serait présenté par le délégataire non seulement au service opérationnel mais également à des représentants des élus, la communauté urbaine pouvant solliciter des explications sur les points qu’elle souhaite. La contrainte d’une telle réunion pourrait ainsi permettre d’éviter que le rapport annuel ne soit qu’un « exercice de style », mais plutôt une véritable analyse autocritique du service par le délégataire. 22

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 3.1.2.2.1.2 Sanctions pour défaut d’exécution par le délégataire de ses obligations

 Pénalités L’article 44 du contrat prévoit des pénalités en cas de carence dans la distribution d’eau. Il ne prévoit cependant aucune pénalité en cas de manquements dans l’exécution des autres obligations qui sont à la charge du délégataire comme les obligations d’entretien ou d’établissement du rapport annuel. Il convient de rappeler que les pénalités ne peu vent être appliquées en l’absence de stipulations en prévoyant le principe et le montant (CE, 17 avril 1985, OPHLM de la Meuse, RDP 1985 page 1706 – CE, 23 février 2004, Région Réunion, req. n°246622) . En effet la sanction consistant dans l’application d e pénalités a un caractère financier qui nécessite l’intervention du comptable public. Or ce dernier ne peut accepter la prise en compte de telles pénalités sans disposer d’une justification légale qui est constituée, ici, par le contrat et les stipulations qu’il comporte. Ainsi l’article 11 du décret n°62-1587 du 29 décembre 1962 portant règlement général sur la comptabilité publique dispose que : « Les comptables publics sont seuls chargés : De la prise en charge et du recouvrement des ordres de recettes qui leur sont remis par les ordonnateurs, des créances constatées par un contrat, un titre de propriété ou tout autre titre dont ils assurent la conservation ainsi que l’encaissement des droits au comptant et des recettes de toute nature que les organismes publics sont habilités à recevoir (…) ». Il pourrait donc être opportun de sanctionner, outre une mauvaise exécution de l’obligation de distribution d’eau, une mauvaise exécution d’autres obligations importantes.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille  Mise en régie L’article 41.1 du contrat stipule que : « En cas de faute grave du concessionnaire, notamment si la qualité de l’eau, l’hygiène ou la sécurité publique viennent à être compromises ou si le service n’est exécuté que partiellement, la ville pourra prendre toutes les mesures nécessaires, aux frais et risques du concessionnaire. Cette mise en régie provisoire sera précédée d’une mise en demeure, sauf circonstances exceptionnelles ». Le champ d’application de cet article manque de clarté. D’abord, son articulation avec l’article 44 relatif à l’application de pénalités n’est pas claire ; ce dernier prévoit par exemple l’application de pénalités en cas d’interruption générale non justifiée. Dans une telle hypothèse, à partir de combien de temps d’interruption totale l’application de l’article 41.1 doit-elle être envisagée ? De la même manière, une interruption partielle de plus de 96 heures justifie l’application de pénalités. Mais à partir de combien de temps la mise en régie provisoire peut elle être envisagée ? Il conviendrait donc soit de prévoir des seuils de déclenchement de la mise en régie provisoire, soit d’indiquer clairement que l’application des pénalités est indépendante de la mise en régie provisoire, soit d’exclure l’application de pénalités pour les problèmes dont le règlement ne souffre d’aucun délai et de les réserver à d’autres types de violations du contrat. Ensuite les circonstances exceptionnelles ne sont pas définies ; il conviendrait d’y procéder, de manière non exclusives, afin d’éviter toute contestation du délégataire, du moins pour les cas les plus flagrants (par exemple interruption de la distribution d’eau en été ou en période de canicule…). Enfin il convient de noter que l’article 10 du contrat, relatif à l’exécution d’office des travaux d’entretien est un bon exemple de définition précise des conditions d’une mise en régie provisoire. Cet article pourrait cependant soit renvoyer à l’article 41.1, soit être intégré au sein de ce dernier pour une meilleure lisibilité des stipulations relatives à la mise en régie provisoire.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille  Déchéance L’article 41.2 du contrat stipule que : « En cas de faute d’une particulière gravité, notamment si le concessionnaire n’a pas mis la distribution en service dans les conditions fixées par le cahier des charges, ou encore en cas d’interruption totale prolongée du service, la ville pourra prononcer elle-même la déchéance du concessionnaire. Cette mesure devra être précédée d’une mise en demeure restée sans effets dans le délai imparti. Les suites de la déchéance seront mises au compte du concessionnaire ». L’application de cet article pose les mêmes difficultés que celui relatif à la mise en régie. En effet, l’application de pénalités, la mise en régie provisoire et la déchéance correspondent à trois stades de sanctions, gradués, dont il conviendrait de définir les causes ou les seuils d’applications. Ainsi en cas de mise en régie provisoire, à partir de quel délai MPM peut elle considérer que l’interruption du service ou la non réalisation d’une autre obligation devient grave au point d’entraîner la déchéance du concessionnaire ? Il pourrait donc être opportun de redéfinir le champ d’application des sanctions applicables dans un ensemble cohérent avec notamment une précision sur la nature des obligations susceptibles d’entraîner l’application de la sanction et les conditions de cette application.

3.1.2.2.1.3

Absence d’exigence de cautionnement ou de garantie bancaire à première demande

Il est habituel de solliciter des délégataires de service public la constitution d’un cautionnement ou la production d’une garantie bancaire à première demande ; ces mécanismes ayant pour objet de garantir les sommes susceptibles d’être mises à la charge du délégataire et notamment les dépenses engagée par la communauté urbaine en cas de mise en régie provisoire, les pénalités ou le paiement des dépenses que pourrait être amenée à engager MPM en fin de contrat si les biens ne lui étaient pas remis en état normal d’entretien. 25

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Dans l’ensemble de ces cas, la collectivité doit être autorisée à prélever su r le cautionnement ou à faire appel à la garantie à première demande chaque fois que le délégataire ne remplit pas ses obligations. La convention analysée ne prévoit ni cautionnement ni garantie bancaire. Cela pourrait préjudicier à MPM en réduisant tout à la fois la portée des engagements du délégataire et la capacité de la communauté urbaine à les faire respecter. Un cautionnement ou une garantie bancaire pourraient donc utilement être exigés pour garantir la bonne exécution du contrat, sinon d’ici la f in de la délégation, du moins dans le cadre de son renouvellement le 31 décembre 2013.

3.1.2.2.1.4

Capacité de MPM à mettre fin au contrat

 Résiliation pour motif d’intérêt général Le contrat ne prévoit aucune stipulation en ce sens. Cependant, dès lors qu’il constitue un contrat administratif (l’adduction et la distribution d’eau potable constituent en effet un service public en application des articles L. 2224 -7 et suivants du CGCT), il peut être résilié (CE, 20 avril 1956, Bertin, req. n°98637) même sans qu’une stipulation le prévoit (CE, 2 mai 1958, distillerie de Magnac-Laval, Rec. page 246), pour tout motif d’intérêt général (CE, 2 février 1987, société TV6, req. n°81131) , sous réserve d’indemniser le cocontractant. Il serait néanmoins opportun de prévoir une telle clause afin de fixer les conditions de l’indemnisation due au délégataire dans une telle hypothèse afin qu’il ne puisse prétendre à plus que ne le prévoit le contrat (CAA Marseille, 2 octobre 2001, société immobilière Port de Miramar, req. n°00MA02080).

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille  Modalité de reprise des équipements et installations Les articles 39 et 40 du contrat prévoient, en fin de délégation, une reprise en l’état normal d’entretien de tous les ouvrages et équipements qui font partie intégrante de la délégation et une reprise contre indemnité des biens financés par le délégataire. Les stipulations contractuelles ne distinguent cependant pas précisément les biens suivant qu’ils sont des biens de retour, des biens de reprise ou des biens propres. Une telle distinction est cependant essentielle. On distingue en effet classiquement trois types de biens : les biens de retour sont ceux considérés comme indispensables au service public. Ils appartiennent ab initio à l’autorité délégante, même s’ils sont financés par le d élégataire en cours de contrat. Dès lors, lorsque la délégation prend fin, ils doivent être restitués à la collectivité délégante. Il est traditionnellement considéré que cette restitution doit s’opérer à titre gratuit, ce qu’a confirmé le Conseil d’Etat dans un avis du 19 avril 2005 (n°371234) où il a considéré que les biens de retour, c’est-à-dire « l’ensemble des biens nécessaires au fonctionnement du service » doivent « nécessairement faire retour gratuitement à l’expiration de la convention ». Toutefois rien ne s’oppose à ce que le contrat prévoit que les biens de retour financés par le délégataire soient remis à la collectivité moyennant indemnité s’il devait s’avérer que ces biens n’étaient pas amortis en fin de contrat. Les biens de reprise, qui sont les biens simplement utiles au service public, ne reviennent à l’autorité délégante en fin de contrat que si cette dernière en exprime le souhait et moyennant indemnité. Enfin les biens propres qui sont ceux qui ne sont utilisés qu’accessoirement pour les besoins du service, restent la propriété du délégataire.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille La liste de ces biens doit être dressée lors de l’établissement obligatoire et préalable à la reprise des biens d’un inventaire, conformément aux dispositions de l’article L. 2224 -11 du CGCT : « Le contrat de délégation de service public d'eau ou d'assainissement impose au délégataire, d'une part, l'établissement en fin de contrat d'un inventaire détaillé du patrimoine du délégant, d'autre part, sans préjudice des autres sanctions prévues au contrat, le versement au budget de l'eau potable ou de l'assainissement du délégant d'une somme correspondant au montant des travaux stipulés au programme prévisionnel mentionné à l'article L. 2224-11-3 et non exécutés (…) ». Cet inventaire a ainsi pour objet de classer les biens de la délégation parmi les biens de retour, biens de reprise et biens propres. Les articles 39 et 40 du contrat pourraient donc être revus en conséquence. Cela est d’autant plus important qu’à l’occasion du renouvellement de l a délégation en 2013, les candidats auront besoin pour formuler leur offre d’un inventaire exhaustif des biens de retour, de reprise et des biens propres.

 Continuité du service à l’issue du contrat Le contrat ne prévoit aucune stipulation particulière relative à la continuité du service au terme du contrat. Une telle stipulation serait cependant nécessaire afin de garantir la continuité du service public par l’anticipation des opérations liées à la reprise du service par un éventuel nouvel exploitant. Cette anticipation nécessite avant tout de recenser et de collecter les informations dont la maîtrise sera nécessaire à la continuité du service public. A ce titre le contrat devrait déterminer quelles sont les informations nécessaires à assurer la continuité du service public, mettre au point avec le délégataire un planning de mise à disposition de ces obligations et prévoir un dispositif de contestation des retards et des refus de communication (cf. observations relatives aux pénalités) .

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Dans l’hypothèse d’un renouvellement de délégation, ce mécanisme permettrait ainsi à MPM de prendre toutes les mesures et les précautions utiles pour réduire au maximum l’asymétrie d’informations qui existe naturellement entre l’exploitant sortant et les autres candidats, sans toutefois porter atteinte au secret des affaires dont pourrait de prévaloir le délégataire. En effet, il en va de la régularité de la procédure de renouvellement de la délégation. Ainsi l’analyse de la jurisprudence et de la doctrine permet de constater que l’égalité de traitement des candidats passe nécessairement par leur information sur les caractéristiques essentielles du contrat. Il en va ainsi par exemple de l’étendue du personnel à reprendre en application de l’article L. 1224-1 du code du travail. Cette obligation d’information sur le personnel a été clairement affirmée par le juge administratif (voir CE, 13 mars 1998, Transports Galiéro, req. n°165238 – CAA Paris, 23 mai 2000, société industrielle de nettoyage, req. n°97PA01569 – TA Amiens, Ord. 12 avril 2006, société SEPUR). Mais l’obligation d’information nécessaire pour préserver une égale concurrence entre les concurrents ne concerne pas seulement les éléments concernant le personnel à reprendre mais également toutes les caractéristiques essentielles et spécifiques du contrat de délégation. Ainsi en est-il de la « sinistralité » (factures impayées, pannes récurrentes, interventions dégâts matériels sur les équipements, dommages aux tiers…) du service qui constitue une donnée à part entière à prendre en compte pour l’élaboration des offres, notamment afin de permettre aux candidats de prévoir la souscription de polices d’assurance adaptées et/ou la constitution de provisions pour risques suffisantes. Plus généralement, c’est le cas de toute information qui serait susceptible d’avantager le délégataire sortant et les autres candidats (voir en ce sens CE, 29 juillet 1998, ministre de la justice, req. n°177952). Le contrat pourrait donc être modifié en ce sens.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 3.1.2.2.2 3.1.2.2.2.1 Exploitation du service Les missions attribuées au délégataire

L’article 1er du contrat stipule que la distribution publique d’eau du Canal de Marseille est déléguée au cocontractant. Il s’agit de l’obligation principale du délégataire. Mais ce n’est pas la seule. Et le contrat ne comporte pas de chapitre général sur les obligations du délégataire, qui sont réparties dans les différentes stipulations du contrat. Un tel regroupement, quand bien même il ne serait pas exhaustif, permettrait cependant de mettre en évidence les obligations essentielles mises à la charge du délégataire et de faciliter le contrôle de leur exécution par ce dernier. Ainsi pourrait y figurer l’obligation de continuité du service, les obligations en matière de travaux, d’entretien, en matière sanitaire, en matière de relations contractuelles avec les abonnés etc… Par ailleurs, il convient de formuler une observation relative à la mission d’assistance à maîtrise d’ouvrage stipulée à l’article 6 du contrat ; en effet, si dès lors que cette mission est mise en concurrence au même titre que la distribution d’eau lors de la passation du contrat, il ne semble pas qu’elle soit irrégulière, encore faut -il qu’elle soit suffisamment clairement et suffisamment mentionnée dans le contrat ayant donné lieu à la mise en concurrence (ce qui ne semble pas être le cas en l’espèce). Ainsi, lors du renouvellement de la délégation fin 2013, il conviendra de revoir la rédaction de cette clause afin que les candidats soient pleinement informés de sa portée.

3.1.2.2.2.2

Responsabilité du délégataire dans le cadre de l’exploitation du service

L’article 4 de la convention impose au délégataire, à peine de sanction, de contracter une police d’assurance couvrant sa responsabilité civile. La clause n’est cependant pas suffisamment précise. Elle devrait ainsi indiquer que le fermier est responsable des dommages qui pourraient être causés à son personnel, aux tiers, aux usagers, aux biens de la collectivité, des tiers et aux installations dont il assure l’exploitation.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille A cette précision devrait être ajoutée celle relative aux types de risques de dommages aux ouvrages que le fermier doit prendre en compte : incendie, explosions, implosions, dommages électriques, dégâts des eaux, foudre, vol, tempêtes, bris de glace, vandalisme, attentats, chocs de véhicules, fumées, catastrophes naturelles… Le contrat devrait également réserver le cas de la responsabilité civile résultant de l’existence des ouvrages dont MPM est propriétaire. La jurisprudence dissocie en effet traditionnellement les dommages imputables aux seules conséquences de l’exploitation de l’ouvrage (mauvais entretien, mauvais fonctionnement) des dommages imputables à l’ouvrage lui-même, c’est-à-dire à son existence, sa nature et son dimensionnement, seuls ces derniers ayant vocation à directement engager la responsabilité de la collectivité délégante (voir en ce sens : CE, 26 novembre 2007, Migliore, req. n°279302 – CE, 25 novembre 1987, SITOM de l’agglomération caennaise, req. n°50179) . Le maintien de la responsabilité, au moins partielle, du délégataire pourrait néanmoins être prévu dans cette hypothèse lorsque le dommage résulte d’un défaut de conception ou de réalisation imputable au fermier si ce dernier est intervenu à ce stade ou lorsque le fermier a manqué à son devoir de conseil ; à cet égard on relève que la responsabilité de la collectivité délégante à raison de l’existence des ouvrages délégués s’entend traditionnellement réserve faite de l’obligation pour le délégataire de signaler d’éventuels défauts de conception (voir en ce sens CAA Bordeaux, 25 juin 2001, compagnie d’assurances AXA, req. n°97BX00485). La notion de dommages résultant de l’existence d’ouvrages devrait faire l’objet d’une définition contractuelle afin de délimiter la responsabilité de MPM. De plus, quand bien même un dommage serait causé par la présence de l’ouvrage, la responsabilité de MPM ne aurait être engagée, si ce dommage résulte d’un défaut de conception ou de réalisation imputable au fermier si ce dernier est intervenu à ce stade.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 3.1.2.3 3.1.2.3.1 Financement et réalisation des investissements Répartition des travaux

L’article 9.A du contrat dans sa version modifiée par l’avenant n°12 stipule que « tous les ouvrages de la concession seront entretenus en bon état de fonctionnement, dans le cadre du gros entretien ou de l’entretien courant tels que définis dans la nouvelle annexe VIII ». Cette stipulation semble claire et n’apporte pas d’observations particulières. L’article 9.B distingue précisément les travaux de renouvellement qui sont à la charge du délégataire et ceux qui sont à la charge de MPM. Cette répartition semble claire et n’apporte pas d’observations particulières.

3.1.2.3.2

Travaux de premier établissement, de renforcement et d’extension

L’article 5 du contrat confie en principe ces travaux à MPM, qui en est le maître d’ouvrage. Cela ne lui interdit pas de confier tout ou partie des missions de maîtrise d’œuvre au délégataire, « conformément à la législation en vigueur ». Cela implique donc le respect des dispositions du code des marchés publics ainsi que de la loi MOP. Le concessionnaire pourra également se voir confier tout ou partie de l’exécution des travaux. Ici encore, il faut préciser que, conformément au code des marchés publics et dès lors que le concessionnaire n’est pas maître d’ouvrage, MPM devra pro céder à une publicité et à une mise en concurrence préalable à l’attribution des marchés. La qualité de délégataire, dès lors qu’il n’est pas maître d’ouvrage, ne permet en effet pas à MPM de déroger au code des marchés publics pour l’attribution des diff érentes missions de maîtrise d’œuvre ou de réalisation de travaux. Rien n’interdit par contre de prévoir la possibilité de signer avec le délégataire des avenants concessifs qui lui confieront la maîtrise d’ouvrage des travaux de renforcement ou d’extension.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille La rédaction de l’article 5 pourrait donc être revue afin de clarifier les rôles et les conditions de recours par MPM au délégataire ou à des tiers pour l’extension ou l’amélioration des ouvrages. Il convient cependant de préciser que si MPM devait confier au délégataire la réalisation sous la maîtrise d’ouvrage de ce dernier de travaux non prévus au contrat initial, des avenants devraient être signés dans les conditions fixées par le Conseil d’Etat dans un avis du 19 avril 2005 (n°371234). A l’occasion de cet avis, le Conseil d’Etat a décidé, en matière de DSP (et plus particulièrement de concessions), de faire primer (dans une certaine mesure) la règle de mutabilité des services publics (et donc des conventions support), sur celle de la mise en concurrence. Le Conseil d’Etat précise ainsi qu’un avenant « ne peut modifier l’objet de la délégation ». Il en conclut qu’il « n’est donc pas possible de recourir à un avenant pour mettre à la charge du délégataire la réalisation d’investissements conduisant à la réalisation d’un ouvrage dissociable des ouvrages déjà construits, en raison de sa dimension, de son coût et de son autonomie fonctionnelle ». La passation d’avenants par lesquels MPM confierait au délégataire la réalisation de travaux non prévus au contrat initial et sous la maîtrise d’ouvrage de ce dernier devrait donc être faite avec précaution.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 3.1.2.3.3 Définition et programmation des investissements

Conformément à la répartition de la maîtrise d’ouvrage des travaux, chaque partie au contrat procède pour les travaux qui lui sont confiés à la définition et à la programmation des investissements. Un programme prévisionnel des travaux à entreprendre par le délégataire doit cependant être annexé au contrat conformément à l’article L. 2224 -11-3 du CGCT qui dispose que : « Lorsque le contrat de délégation d’un service public d’eau ou d’assainissement met à la charge de délégataire des renouvellements ou des grosses réparations à caractère patrimonial, programme prévisionnel de travaux lui est annexé. Ce programme comporte une estimation des dépenses. Le délégataire rend compte chaque année de son exécution dans le rapport prévu à l’article L. 1411 -3 du CGCT ». A ce titre, l’annexe VI relative aux objectifs en matière de renouvellement du réseau devrait être précisée.

3.1.2.4 3.1.2.4.1

Les clauses financières du contrat La tarification du service

Les tarifs du service de distribution d’eau potable sont fixés par l’article 28 de la convention dans sa rédaction telle qu’elle résulte de l’avenant n°12 du 30 octobre 2000. L’article 28 prévoit 11 catégories de tarifs pour lesquels un montant au mètre cube est déterminé. L’article prévoit en plus le paiement d’une surtaxe. Les modalités de facturation du service de fourniture d’eau potable sont déterminées par la loi. L’article L. 2224-12-3 du code général des collectivités territoriales dispose que : « Les redevances d'eau potable et d'assainissement couvrent les charges consécutives aux investissements, au fonctionnement et aux renouvellements nécessaires à la fourniture des services, ainsi que les charges et les impositions de toute nature afférentes à leur exécution ».

34

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Et l’article L. 2224-12-4 dispose que : « I.-Toute facture d'eau comprend un montant calculé en fonction du volume réellement consommé par l'abonné et peut, en outre, comprendre un montant calculé indépendamment de ce volume en fonction des charges fixes du service et des caractéristiques du branchement, notamment du nombre de logements desservis. Ce montant ne peut excéder un plafond dont les modalités de calcul sont définies par arrêté des ministres chargés de l'intérieur, de l'environnement et de la consommation, après avis du Comité national de l'eau et du Conseil national de la consommation. Le conseil municipal ou l'assemblée délibérante du groupement de collectivités territoriales modifie, s'il y a lieu, la tarification dans un délai de deux ans suivant la date de publication de cet arrêté. Le présent alinéa n'est pas applicable aux communes touristiques visées à l'article L. 133-11 du code du tourisme (…) ». La part variable de la facture correspond donc au volume réellement consommé par l’abonné et l’éventuelle part fixe aux charges fixes du service et aux caractéristiques du branchement. Or il ressort des différentes stipulations relatives aux tari fs que leur composition n’est pas si claire au regard des dispositions précitées. Il conviendrait donc, pour plus de transparence, de préciser la composition du tarif de l’eau fixée à l’article 28 du contrat. Par ailleurs, les exigences tirées du principe d’égalité devant les services publics imposent normalement le respect d’une égalité tarifaire. Néanmoins le Conseil d’Etat a posé le principe selon lequel : « La fixation de tarifs différents applicables pour un même service rendu à diverses catégories d’usagers d’un service public ou d’un ouvrage public implique, à moins qu’elle ne soit la conséquence nécessaire d’une loi, soit qu’il existe entre les usagers des différences de situations appréciables, soit d’une nécessité d’intérêt général en rapport avec les conditions d’exploitation du service ou de l’ouvrage commande cette mesure » (CE, 10 mai 1974, Denoyez et Chorques, Rec. page 274).

35

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Il en résulte que, hors les cas prévus par la loi, des discriminations tarifaires peuvent être instituées entre les usagers d’un même service soit en cas de « différences de situation appréciables » au regard du service sous réserve toutefois que ces discriminations soient proportionnées aux différences constatées, soit en cas de nécessités d’intérêt général en rapport avec les conditions d’exploitation du service qui peuvent alors justifier l’application de tarifs différents aux usagers d’un même service (voir par exemple CE Ass. 24 juin 1993, avis n°353605 – CE, 13 mars 2002, UFC, req. n°177509 et 180544). C’est à l’aune de ces principes que les différents tarifs d’eau doivent être analysés en l’espèce. Or si la différence appréciable de situation entre les usagers domestiques et les usagers industriels est compréhensible, d’autres tarifs devront être justifiés (tempor aires, espaces verts, agricoles...). Si l’on se réfère à l’état de la jurisprudence, l’instauration de différenciations tarifaires ne saurait être admise que si elle est fonction d’exigences concrètes différentes pour la collectivité organisatrice ou l’exploitant (CE, 6 janvier 1967, commune d’Elbeuf Rec. page 11 – TA Pau, 19 mars 2002, commune de Saligos, Gaz. Pal. 2002 jurisp. 1750) et qu’elle demeure raisonnable par rapport à la différence d’exigences (CE, 25 juin 2003, communauté de communes de Chartreuse Guiers, Rec. page 288 – TA Saint-Denis, commune de Cilaos, Rec. page 608).

3.1.2.4.2

La redevance d’occupation et/ou d’utilisation du domaine public

Le service public de distribution d’eau potable implique l’occupation et l’utilisation de dépendances du domaine public. Cette situation doit être analysée au regard des principales règles qui régissent l’occupation du domaine public par un délégataire de service public. Ces règles sont désormais pour l’essentiel codifiées au sein du code général de la propriété des personnes publiques. Il en résulte principalement l’obligation pour tout occupant du domaine public de disposer d’un titre l’habilitant à occuper la dépendance domaniale concernée, et celle de s’acquitter d’une redevance envers la collectivité propriétaire ou gestionnaire du domaine.

36

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille L’article 45 de la convention tel que modifié par l’avenant n°19 du 17 avril 2007 fixe une redevance pour l’occupation du domaine public de la communauté urbaine et des communes de son périmètre de 635.000 €. Il convient de rappeler les dispositions de l’article L. 2125 -3 du CGPPP qui dispose que : « La redevance due pour l'occupation ou l'utilisation du domaine public tient compte des avantages de toute nature procurés au titulaire de l'autorisation ». Le juge s’assure, dans son contrôle de la légalité du montant des redevances d’occupation domaniale, que ce dernier est bien en corrélation avec les av antages procurés au titulaire de l’autorisation (voir par ex. pour un rejet du moyen tiré de l’erreur d’appréciation dans l’établissement du tarif de la redevance : CAA Versailles, 12 juin 2008, société France Télécom, req. n°06VE02675). Les personnes publiques doivent donc, lorsqu’elles fixent un tarif de redevance d’occupation domaniale, justifier les éléments concrets et précis pris en compte pour son calcul (voir par exemple CAA Marseille, 24 avril 2008, société Leader Racing, req. n°06MA03254). Au cas d’espèce, il conviendra de justifier le montant de la redevance fixé par le contrat, et s’il s’avérait trop faible par exemple au regard des avantages procurés au délégataire, il devrait être réévalué.

3.1.2.5

Situation juridique du personnel affecté à l’exécu tion de la délégation

L’article 47 du contrat mentionne l’existence de deux catégories d’agents : les agents de la communauté urbaine détachés auprès du concessionnaire et les agents du concessionnaire. Le sort des agents de MPM en détachement est réglé selon l’acte de détachement et la réglementation en vigueur. Il convient de préciser qu’au jour du présent rapport, aucun personnel de la communauté urbaine n’est plus détaché auprès du service. Le sort du personnel de droit privé affecté à l’exécution du service a vocation à se trouver régi par les dispositions légales applicables en matière de transfert de contrats de travail,

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille à savoir les dispositions de l’article L. 1224-1 du code du travail et/ou le cas échéant par les dispositions de la convention collective qui serait applicable. L’article L. 1224-1 du code du travail dispose que : « S’il survient une modification dans la situation juridique de l’employeur (…) tous les contrats de travail en cours au jour de la modification subsistent entre le nouvel employeur et le personnel de l’entreprise ». Ces dispositions imposent une obligation légale de transfert des contrats de travail entre employeurs successifs. L’application de l’article L. 1224 -1 du code du travail emporte le transfert du contrat de travail, en tous ces éléments, du cédant au cessionnaire de l’entité économique cédée. Les avantages particuliers consentis aux salariés en vertu de leur contrat de travail ne sont toutefois quant à eux pas toujours obligatoirement transférés.

3.1.2.6

Régularité du contrat au regard de la présence de communes situées hors périmètre de la communauté urbaine

Les périmètres d’Aubagne, la Penne sur Huveaune et les Pennes Mirabeau 2 ème section sont situés en dehors du périmètre de spécialité géographique de la communauté urbaine. La régularité de la distribution d’eau dans les trois périmètres précités dépend notamment des conditions et de l’étendue de cette distribution : le service distribue-t-il l’eau à l’ensemble des usagers des périmètres, ou bien seulement à titre accessoire à ceux qui sont voisins du réseau d’adduction d’eau ou bien encore aux communes concernées ? La régularité de cette situation dépend également des modalités selon lesquelles la communauté urbaine a reçu, ou non d’ailleurs, compétence pour organi ser un service de distribution d’eau potable sur son territoire. En fonction des situations, l’intégration dans le périmètre de la DSP des trois zones géographiques en cause sera ou non régulière. La question de la régularité du périmètre de la DSP devra faire l’objet d’une étude distincte approfondie dans la mesure où elle mêle des sujets de compétence institutionnelle, de droit des contrats, des difficultés techniques pratiques etc…

38

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

3.2 Analyse financière des dispositions contractuelles
3.2.1 Identité du délégataire

Le 27 juin 1960, la Ville de Marseille a confié l’exploitation du service dit du « Canal de Marseille » à la Société des Eaux de Marseille (SEM) dans le cadre d’un contrat de concession, approuvé par décret ministériel en date du 29 octobre 1960.  La SEM n’est pas contractuellement dédiée à l’exécution du service (55,8% de son activité) : La taille de la DSP justifierait la constitution d’une société dédiée au service qui permettrait à MPM une meilleure lisibilité de l’économie du contrat iso lé dans une entité juridique identifiée. L’absence de société dédiée implique :  Un manque de visibilité patrimoniale et des moyens de financement associés du fait de l’absence de bilan (actif/passif)  L’absence de comptabilité sociale certifiée propre à la DSP.

 La SEM appartient à parts égales à la Lyonnaise des Eaux et à la Compagnie Générale des Eaux sur la période étudiée. La SEM devrait toutefois appartenir à 100% à la Générale des Eaux au terme de l’exercice 2009 , dans des conditions financières de décroisement non connues à ce jour. Une analyse financière de la SEM est annexée au présent rapport (cf. Annexe 1).

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

3.2.2 Périmètre géographique du contrat

Le périmètre géographique du contrat de distribution d’eau dit du Canal de Marseille est défini dans le cadre de l’annexe II à l’avenant 9 du contrat. Initialement le périmètre du contrat comprenait les communes suivantes : Marseille (dans le périmètre de MPM) Septèmes les Vallons (dans le périmètre de MPM) Aubagne (hors du périmètre de MPM) La Penne sur Huveaune (hors du périmètre de MPM) Les Pennes Mirabeau 2ème section dites Des Cadeneaux (hors du périmètre de MPM) L’avenant 15, en date du 12 septembre 2003, intègre la commune d’Allauch (intégré au périmètre de MPM) dans le périmètre du contrat de distri bution d’eau du Canal de Marseille. Selon la facture 120 m3, la surtaxe collectée par la SEM est identique sur toutes les communes du périmètre du Canal de Marseille.

40

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

3.2.3 Répartition des missions

L’objet du contrat concerne la gestion, aux risques et périls de la SEM, du service concédé de distribution publique d’eau dit du Canal de Marseille. Le tableau suivant permet de récapituler la répartition des missions relatives au service dit du Canal de Marseille, entre le délégant (MPM) et le délégataire (SEM) : Tableau 1 : Répartition des missions
MPM Investissements / Premier établissement Reprise d'une part de la dette du service de l'eau de la Ville de Marseille, ayant permis le financement des installations d'intérêt général du service dit du Canal de Marseille (avenant 9) Participation au financement des études et travaux du Plan quinquénal 2006-2010 (avenant 19) Installations d'intérêt général Installations d'intérêt local Installations et outillages mobiles - à l'exception des groupes électrogènes de secours - à l'exception des groupes de chloration relais Travaux financés par le concessionnaire Extension du réseau de canalisations Gros entretien renouvellement Renouvellement du réseau secondaire et des feeders Dilatation du réseau secondaire et des feeders Branchements Robinets - Vannes Renouvellement des matériels tournants, équipements électromécaniques, pompes, accessoires hydrauliques, appareils de stérilisation et de filtration, équipements électroniques et logiciels Renouvellement des bâtiments, réservoirs, stations de traitement, canaux (branche-mère, dérivation, rigoles et leurs A l'exception du gros entretien défini à dépendances et vantellerie, ainsi que l'ensemble des l'annexe VIII de l'avenant 12 installations non comprises dans les autres catégories Exploitation Exploitation et entretien courant Assistance à maîtrise d'ouvrage Modalités définies par voies d'avenant : ex : Avenant 14 - Avenant 19 Financé par les usagers (CC article.13, 32 et 33) SEM

230 MF 35 063 274 € 17,6 M€ CC art. 26-B-1 Possibilité de conventions de participation avec les communes concernées (CC art. 26-A-2)

L’annexe 2 au présent rapport détaille la répartition des missions qui incombent à la SEM d’une part et à MPM d’autre part, en termes : d’investissement, d’entretien, de gros entretien, de renouvellement et d’exploitation.

41

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 3.2.4 Dispositions de fin de contrat

3.2.4.1

Personnel (L1224-1 CT)

Ce point a été traité au 3.1.2.5 du présent rapport. Il convient de préciser que la SEM ne communique pas le nombre d’équivalents temps plein affecté au service. Ce point devra faire l’objet d’une attention particulière de la part de MPM.

3.2.4.2

Eau en compteur

L’article V de l’avenant 12 complète les modalités de remise des installations au terme de la concession. Il est ainsi prévu qu’en l’absence d’accord particulier avec MPM, le concessionnaire procédera à un relevé des compteurs dans les derniers jours du contrat et une facturation spécifique sera effectuée comme suit : Les redevances liées aux volumes d’eau consommés seront facturées sur la base de ce dernier relevé. Les redevances non liées aux volumes seront facturées au prorata temporis par rapport à la date de dernière facturation, en tenant compte de l’éventuelle indexation différée qui aurait dû être régularisée au cours de l’exercice suivant . Ce point constitue un enjeu majeur de fin de contrat et devra faire l’objet d’une attention particulière de MPM.

3.2.4.3

Solde de renouvellement

Aucun plan de gros entretien renouvellement valorisé n’est annexé au contrat. Aucune disposition contractuelle n’est prévue quant à une éventuelle restitution du stock de provisions constituées au titre du GER au terme du contrat.

42

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 3.2.7.1 Sort des biens selon leur qualification

Le sort des biens au terme du contrat est régi par les articles 39 et 40 du contrat comme indiqué au 3.1.2.2.1.4. du présent rapport. Ces dispositions contractuelles prévoient la remise par la SEM, en état normal d’entretien, de tous les ouvrages et équipements qui font partie intégrante de la concession, avec les éléments de cartographie nécessaires. Cette remise sera gratuite pour les ouvrages et équipements financés par la Ville. L’article 40 précise qu’à l’époque fixée pour l’expiration du contrat, toutes les installations et tous les ouvrages établis conformément aux dispositions des articles 5, 9, 13, 16 et 17 faisant partie de la concession lui seront remis gratuitement ou contre indemnité, dans les conditions prévues à l’article 39. Dans son complément d’information, la SEM précise que les biens qui sont susceptibles de faire l’objet d’une indemnisation, ne concernent pas les biens suivants : Article 5 : travaux de premier établissement, de renforcement, d’amélioration et d’extension Article 9 : travaux d’entretien et de renouvellement des ouvrages, couvrant : (1) le renouvellement des réseaux, des branchements, des robinets, des vannes ; (2) les équipements électromécaniques, appareils pompes, de matériels et tournant, filtration, accessoires hydrauliques, stérilisation

équipements électroniques et logiciels ; (3) les bâtiments, réservoirs, stations de traitement, canaux et toutes autres installations non comprises dans les catégories (1) et (2). Article 13 : extensions de réseau de canalisation Article 16 : branchements particuliers Article 17 : compteurs

La SEM précise qu’en l’état, il n’est ni possible d’énumérer exhaustivement les biens susceptibles de faire l’objet d’une indemnisation, ni de les valoriser. Toutefois, la SEM indique avoir engagé une étude détaillée visant à proposer une classification juridique des biens du service à MPM. Les résultats de cette étude devraient être disponibles en 2010 et communiqués dans le cadre des RAD relatif à l’exercice 2009. 43

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

4 - ANALYSE DES COMPTES RENDUS FINANCIERS

4.1 Analyse des produits d’exploitation

4.1.1 Analyse des produits de distribution d’eau

4.1.1.1. 4.1.1.1.1.

Analyse des tarifs contractuels et de la formule d’indexation des tarifs Tarif contractuel de base applicable

La grille des tarifs de vente d’eau aux usagers est établie dans le cadre de l’article 28 du cahier des charges de l’avenant 9. Cette grille a été modifiée et complétée par : l’article 4 de l’avenant 10 : o suppression du minimum de facturation trimestriel des abonnements industriels (tarifs b et c) o o modification du tarif « spécial agriculteurs » (tarif f) modification des intitulés des tarifs g), h) et k). Création d’un tarif m) « Abonnement fontaines et bornes fontaines

l’article 2 de l’avenant 11 : o publiques, dont l’entretien est assuré par le concessionnaire à la demande de la commune du périmètre concédé »

-

l’article IV-3 de l’avenant 12 : o Redéfinition de la grille tarifaire initiale avec intégration des modifications des avenants 10 et 11. Les nouveaux tarifs de base présentés dans l’avenant 12 sont indiqués en valeur au 1er janvier 2001. o La nouvelle grille tarifaire modifie le tarif « j) Concession d’eau continue aux communes et organismes divers eau brute » en « j) Abonnements espaces verts, eau filtrée ou eau brute » o La nouvelle grille tarifaire supprime les tarifs « j) Concession d’eau continue aux communes et organismes divers eau brute » et « k) Concession d’eau continue aux communes et organismes divers eau filtrée ». Le tarif « l) Abonnement espaces verts, eau filtrée ou eau brute » devient le tarif j) de la nouvelle grille tarifaire et le tarif m) défini dans l’avenant 11 devient le tarif k).

44

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille l’article 3 de l’avenant 14 : o Création d’un tarif « l) Abonnement exportation eau filtrée » Suppression du tarif « k) Abonnement fontaines et bornes fontaines publiques, dont l’entretien est assuré par le concessionnaire à la demande de la commune du périmètre concédé ». Cette disposition contractuelle s’applique à compter de l’exercice 2008. La grille tarifaire est composée de 12 tarifs différents (avant suppression du tarif k à compter de l’exercice 2008) ce qui rend complexe l’analyse des produits générés par le service. Le nombre de tarifs contractuels génère un risque de non respect du principe d’égalité des usagers devant le service public d’adduction et de distribution d’eau sur le périmètre du Canal de Marseille. En effet, la mise en place de différenciations tarifaires doit être justifiée par des différences de situations ou par des nécessités d’intérêt général en rapport avec les conditions d’exploitation du service. La majorité des abonnés dispose d’un abonnement « tous usages au l’article 6 de l’avenant 19 o

compteur » (81% des abonnements). Il correspond à l’abonnement normal que doit souscrire tout abonné désirant être alimenté en eau (Abonnement de type A et A’ dans le règlement des abonnements). Le tarif de l’abonnement « tous usages au compteur » est composé uniquement d’une part variable proportionnelle à la consommation d’eau, sans autre élément accessoire (à l’exception de toutes taxes, surtaxes ou redevances perçue au profit de l’Etat ou des collectivités) La part fermière de ce tarif (tarif e) de la grille tarifaire) est fixée contractuellement dans le cadre de l’avenant 12 et s’établit à 1,3720 € HT / m3 en valeur 2001.

45

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 4.1.1.1.2. Formule d’évolution des tarifs

L’indexation des tarifs est prévue à l’article 29 du cahier des charges et dans son annexe IV. L’avenant 12 modifie les modalités d’indexation de l’article 29 et l’avenant 17 substitue : l’indice TP10a à l’indice TP10-4 un indice composite (EBI et TCH) à l’indice PSDA.

Après prise en compte de ces évolutions, K est calculé selon la formule suivante :
S
K = 0,38

ICHTTS1 + 0,05 + 0,35
ICHTTS10

TP10a TP10-40

x

522,3

EBI

TCH

S0

+ 0,10
100

0,79 EBI0

+ 0,21 TCH0

x

PSDA juillet 2004

+ 0,12

PSDA0

Où :
S le salaire horaire d’un groupe type de fonctionnaires de la Ville de Marseille ; ICHTTS1 l’indice du coût horaire du travail ; TP10-4 la valeur de l’indice canalisations, égouts, assainissement et adduction ; d’eau avec fourniture de tuyaux ; EBI l’indice agrégé Equipements et Biens Intermédiaires ; TCH l’indice agrégé Transports, Communication, Hôtellerie.

La part fixe de la formule d’indexation K est pondérée à hauteur de 12%, tandis que la pratique du secteur se situe à 15% pour tenir généralement compte des gains de productivité générés par le délégataire sur la durée de la délégation. Dans le compte d’exploitation présenté par la SEM, les charges relatives aux investissements représentent 10% de la structure de charges. La pondération relative aux charges de personnel appliquée dans la formule d’indexation est de 43%, tandis que ces charges représentent 34% de la structure de charges du service. Les indices S et ICHTTS1 semblent un peu trop influent sur l’indexation des prix au regard de l’exploitation du service. L’indice S n’est pas publié mais émane d’un calcul détaillé dans l’article VI-1 de l’avenant 12, dont les composantes sont difficilement vérifiables. Par ailleurs, au regard des échanges entre MPM et la SEM, il semblerait que les statuts et les grades Ville de Marseille, datant de 1991, auxquels se rapportent le calcul du coefficient S, ne soient plus en vigueur. Ainsi, le coefficient ne serait plus économiquement pertinent. La pondération appliquée à l’indice TP10-4 relatif au service d’adduction et de distribution d’eau et aux travaux spécifiques semble cohérente avec la structure de charges.

46

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille La substitution de l’indice composite (EBI et TCH) à l’indice PSDA est conforme aux préconisations de l’INSEE. Cet indice aurait également pu être remplacé par le FSD1. La pondération appliquée pourrait être revue à la hausse au regard de la structure de charges. L’avenant 12 introduit un coefficient correctif Kv permettant de rendre une partie de la recette indépendante des volumes consommés. Kv est calculé selon la formule suivante :
Kvn = 0,75 + 0,25 V0 Vn-1 x Vnp Vap

Où :
Vn-1 : le volume vendu au compteur et à la jauge, calculé sur 365 jours, (abonnements tous usages, hors industriels et agricoles), dans le périmètre de distribution au cours de l’année précédant l’exercice n considéré. Les consommations à la jauge sont calculées sur la base d’un équivalent en m3 : 1/10 de module = 162,3 m3/an résultant des constatations faites sur les jauges passées au compteur. Vap : le volume pour l’année 2004 au titre du périmètre de Marseille, hors Allauch, calculé sur l’exercice 2003, soit 60 917 968 m3 Vnp : est le volume pour l’année 2004 au titre du périmètre Marseille + Allauch, calculé sur l’exercice 2003, soit 62 398 198 m3 V0 : la valeur pour l’année 2000 calculée sur l’exercice 1999, soit 58 836 387 m3

En l’absence de tarifs binômes (intégrant un abonnement fixe), le coefficient kv a pour objet de prendre en compte l’évolution des volumes dans l’évolution des tarifs. La structure de ce coefficient correctif permet : de limiter l’évolution des tarifs en cas de hausse des volumes consommés au-delà du volume de référence défini en 2003 après l’intégration d’Allauch d’ajuster à la hausse l’évolution des tarifs en cas de baisse des volumes consommés en-deçà du même volume de référence. Ce coefficient correctif trouve une justification économique car les charges d’un service d’eau sont principalement fixes par rapport aux volumes consommés, tandis que la rémunération du délégataire est uniquement proportionnelle. Cependant, cette disposition limite les risques du concessionnaire, inhérents à l’exploitation du service.

47

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Par ailleurs, la structure de cette formule d’ajustement n’est pas symétrique comme le montre le graphique suivant : Graphique 1: Evolution du Kv en fonction des volumes

Le coefficient Kv n’a aucun effet sur l’évolution tarifaire si le volume vendu calculé sur 365 jours s’établit à 60 266 037,2 m3. L’évolution de ce volume à la hausse entraine une évolution du coefficient Kv à tendance asymptotique, tandis qu’une évolution à la baisse impliquerait une progression exponentielle du coefficient Kv. Selon les courriers de la SEM communiqués à MPM détaillant le calcul des coefficients K au 1er janvier 2007, 2008 et 2009, les volumes utilisés sont les suivants : Vn-1 2006 = 61 516 025 m3 Vn-1 2007 = 60 914 771 m3 Vn-1 2008 = 59 592 851 m3

Jusqu’en 2007, le coefficient Kv semble avoir permis de minorer l’évolution tarifaire. Cependant, la tendance baissière des volumes vendus risque d’entrainer une progression des tarifs plus importante que celle qui aurait été constatée avec une formule d’indexation classique.

48

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

L’article 7 de l’avenant 16 introduit un coefficient Ki ayant pour objet de tenir compte de la hausse des impayés engendrée par l’individualisation des contrats d’abonnement (suite à la loi du 13 décembre 2000 relative à la Solidarité et au Renouvellement Urbain dite SRU). Le coefficient Ki est calculé comme suit :

Ki = 1 + (Tin-1 – Tin-1) x (Fin-1 / Ftn-1)
Où :
Tin-1 est le taux des impayés des abonnés individualisés de l’année n-1 Tn-1 est le taux des impayés des abonnés non individualisés de l’année n-1 Tin-1 est les recettes des abonnés individualisés de l’année n-1 (part Fermier, redevance de prélèvement et surtaxe) Ftn-1 est la recette totale des abonnés de l’année n-1 (part Fermier, redevance de prélèvement et surtaxe)

Les paramètres de cette formule sont difficilement contrôlables par l’autorité délégante. Seul le délégataire dispose des données clientèles permettant de déterminer ces paramètres. Le recouvrement des sommes dues est à la charge de la SEM et fait partie intégrante des risques qu’un concessionnaire doit supporter dans le cadre de la gestion d’un service public. Le coefficient Ki vient limiter ce risque par une augmentation des tarifs applicables aux usagers, lorsque le taux des impayés des abonnés individualisés progresse ou lorsque le nombre des abonnés individualisés augmente.

Les modalités d’indexation des tarifs sont complexes du fait de l’influence de trois coefficients différents, composés de nombreux paramètres dont certains ne sont pas maîtrisés par l’autorité délégante. Les coefficients Kv et Ki ont pour objet de limiter le risque supporté par la SEM. En tant que concessionnaire, la SEM devrait toutefois assurer lesdits risques : Le risque lié à une baisse des volumes est prévisible dans le cadre de l’exploitation d’un service de distribution d’eau potable. Le recouvrement des recettes est à la charge du concessionnaire qui dispose de moyens contractuels pour obtenir le règlement des sommes dues (cf. article 37 du cahier des charges et articles 23-3 et 24 du règlement des abonnements).

49

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 4.1.1.1.3. Périodicité de relève et de facturation

Le contrat renvoie au règlement (article 23 du chapitre IV) des abonnements pour fixer les périodes de facturation et de relève. Le règlement des abonnements permet de dissocier le rythme de facturation du rythme de relève, et de fixer la périodicité des facturations en fonction de la catégorie d’abonnement et de l’importance de la consommation. A compter du 1er janvier 1992, le concessionnaire est autorisé à facturer trimestriellement, sur consommation estimée. Deux relevés de compteurs par an sont organisés, répartis en 6 tournées mensuelles (conformément à l’article III-6 de l’avenant 12), correspondant à un découpage du périmètre en 6 zones. Les gros consommateurs industriels et tous usages sont relevés 4 fois par an : en mars, juin, septembre et décembre. Conformément à l’article III – 6) de l’avenant 12, la SEM se doit de proposer des modalités de « paiements mensuels » aux abonnés qui le souhaiteront. Dans ce cas, la SEM pourra ne procéder à l’envoi que d’une seule facture par an. Dans le cas général, 4 factures par an sont émises en fonction des tournées : Deux factures intermédiaires sont basées sur des consommations estimées Deux factures en fonction des volumes relevés.

Les gros consommateurs sont facturés 4 fois par an sur la base des relevés correspondants. Les consommations municipales sont facturées une fois par an. Sauf disposition contraire, le montant des fournitures d’eau et des redevances doit être acquitté dans un délai maximum de 15 jours suivants la réception de la facture. La SEM précise que les facturations intermédiaires (sur volumes estimés), émises au cours du dernier trimestre de l’exercice sont comptabilisé es en acompte de l’année de leur émission et réintégrées dans le chiffre d’affaires de l’année suivante (lorsque la relève correspondante a lieu).

50

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 4.1.1.1.4. Tarifs applicables sur la période d’observation

Les tarifs suivants correspondent au tarif e) Abonnements tous usages au compteur », indexés par l’application du coefficient (k x kv x Ki) : Tableau 2 : Tarifs contractuels et évolution sur la période d'observation
Abonnement tous usages Facture établie sur la base d'une consommation 120 m Part fermière Surtaxe communale Redevance par m3 Total part fermière
3

Tarifs contractuels au 01/07/1991 1,0548 € 1,0548 € 0,0667 € 0,0667 € 1,1215 € n.s. n.s.

Tarifs contractuels 2001 1,3720 € 1,3720 € n.c. n.c. n.c. n.s. n.s.

Tarifs 2005 1,4819 € 1,4819 € 0,0423 € 0,0423 € 1,5243 € 0,3583 € 1,8826 €

Tarifs 2006 1,4987 € 1,4987 € 0,0433 € 0,0433 € 1,5420 € 0,3843 € 1,9263 €

Tarifs 2007 1,5623 € 1,5623 € 0,0440 € 0,0440 € 1,6063 € 0,3907 € 1,9970 €

Evolution moyenne annuelle 2005/07 2,68% 2,68% 1,95% 1,95% 2,66% 4,41% 2,99%

Redevance par m3 Total surtaxe communale Tarifs du service public de l'eau potable Agence de l'eau Redevance agence de l'eau Tarifs du service public de l'eau potable

Le graphique suivant représente l’évolution de la part fermière depuis l’avenant 9 : Graphique 2 : Evolution de la part fermière depuis 1992

Selon ce graphique, la progression de la part fermière semble s’accélérer sur la période d’observation. La part fermière augmente de 4,2% entre 2006 et 2007, tandis que l’évolution moyenne depuis 2001 (avenant 12) s’établit à 2,2%.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Le graphique suivant permet de comparer le tarif tous usage au compteur appliqué sur le périmètre du Canal de Marseille aux tarifs appliqués sur les autres communes de MPM : Graphique 3 : comparaison des tarifs avec les pratiques des autres communes MPM

Tarifs du service public de distribution d'eau potable par m3, au 1er janvier 2007
2,5000 € 2,0000 €
1,5000 €

1,0000 € 0,5000 € - € Agence de Bassin Part MPM: consommation Part MPM: abonnement part Délégataire: consommation Part Délégataire: abonnement Marignane 0,4153 € 0,0473 € - € 1,1663 € - € Cassis 0,2623 € 0,2463 € - € 1,1637 € - € Géménos Z.I. Roquefort 0,1635 € 0,2900 € 0,7733 € - € 0,7872 € - € 0,2653 € 0,0173 € 1,1267 € 0,0527 € Ceyreste 0,2320 € 0,3487 € 0,0197 € 1,1087 € 0,0727 € Gignac Carry le Rouet 0,3413 € 0,2940 € 0,1652 € 0,0788 € 1,2233 € - € 0,3567 € - € 1,0420 € 0,1463 € Sausset 0,3251 € 0,1119 € 0,0213 € 0,9909 € 0,4467 € Saint Victoret Marseille 0,4740 € 0,3907 € 0,0736 € - € 1,2059 € 0,1662 € 0,0440 € - € 1,5623 € - € Châteauneuf 0,4200 € 0,1653 € 0,0287 € 1,1907 € 0,2547 € Ensues 0,3093 € 0,4180 € 0,1167 € 0,9917 € 0,2780 € La Ciotat 0,3913 € 0,0407 € - € 1,7647 € - € Carnoux 0,3133 € 0,4327 € 0,0720 € 1,1657 € 0,2373 € Le Rove 0,3180 € 0,4020 € 0,2818 € 1,0347 € 0,2173 €

 Les tarifs de l’eau appliqués sur le périmètre du Canal de Marseille se situent dans la moyenne des pratiques des communes de MPM.  Tant la part SEM que la part revenant à MPM sont uniquement composées d’u ne part variable. La répartition entre les parties est la suivante :

Prix eau 01/01/2007 Part fermier 1,5623 € Part collectivité 0,0440 € Total 1,6063 €

Structure 97,3% 2,7% 100,0%

 La part revenant à MPM s’élève à 0,0440 € HT par m3 sur l’exercice 2007, soit 2,7% du tarif facturé aux usagers hors Agence de l’eau. Cette part paraît particulièrement faible au regard des missions qui incombent à MPM : investissements de premier établissement (à l’exception des installations mobiles) et renouvellement s des bâtiments, réservoirs, station de traitement, canaux.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille L’ensemble des tarifs définis contractuellement et actualisés au 1 er janvier 2007 et au 1er juillet 2007 sont indiqués en annexe 2 du présent rapport. L’information communiquée amène les remarques suivantes : Les tarifs a) et i), ainsi que la part abonnement du tarif f) semblent actualisés annuellement et non semestriellement. Ces tarifs ont donc progressé dans une moindre mesure que les autres tarifs. Les tranches définies contractuellement à l’avenant 12 pour les abonnements industriels au compteur eau filtrée et eau brute ne sont pas respectées.

4.1.1.2.

Evolution des produits de la distribution d’eau potable

 Les abonnés du service Dans son rapport annuel, la SEM identifie 3 groupes d’abonnés : Groupe 1 : usagers situés dans le périmètre de distribution Groupe 2 : usagers situés à l'extérieur du "périmètre de distribution". Ils sont alimentés directement ou par l'intermédiaire d'ouvrages de tiers, sur le Canal et ses dépendances, la commune où s'effectue la livraison étant informée de cette situation. Ils ne sont pas abonnés (du moins pour les mêmes usages) au service de distribution d'eau de leur commune. Ils sont situés à l'intérieur ou à l'extérieur du "périmètre concédé". Dans ses compléments d’information, la SEM précise que ces usagers ne sont pas des abonnés au service de distribution d’eau de leur commune, du moins pour les mêmes usages. Dans la pratique, ces usagers disposent du même type d’abonnements que les usagers du groupe 1. En 2007, 306 usagers du groupe 2 disposent d’un abonnement.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Groupe 3 : collectivités ayant obtenu des dotations en litre par seconde (l/s) sur les ouvrages concédés qu'elles prélèvent directement ou par l'intermédiaire d'ouvrages de tiers, pour alimenter leur réseau local de distribution et desservir leurs propres usagers. La liste des abonnés du 3ème groupe est jointe en annexe de l'avenant 9 au contrat de concession. Il s’agit des 32 communes alimentées en totalité ou partiellement par le Canal de Marseille : La Roque d’Antheron, Charleval, Lançon, Cornillon, Coudoux, La Fare les Oliviers, Velaux, Berre, Rognac, Vitrolles, Ventabren, Cabriès, Bouc-Bel-Air, Gardanne, Plan de Cuques, Carnoux, Roquefort la Bedoule, La Ciotat, Ceyreste, Cassis, St Cyr, Les Pennes Mirabeau, St Victoret, Gignac la Nerthe, Marignane, Le Rove, Chateauneuf les Martigues, Ensues la Redonne, Carry le Rouet, Sausset les Pins, Martigues. Le tableau suivant identifie les différents types d’abonnés du périmètre (Groupe 1) et indique leur évolution sur la période d’observation : Tableau 3 : Abonnés du service
Consolidé des détails abonnement du Groupe 1 Jauges - Domestiques Compteurs - Tous usages Abonnements Domestiques Jauges - Vannes Forfait - Industriels Forfait - Tous usages Forfait - Asst privé Forfait - Agricole Compteurs - industriels Compteurs - Tous usages Compteurs - Espaces verts Compteurs - Agricoles Compteurs - Incendie Appareils publics avec et sans compteur Communaux Abonnements Industriels et autres Total abonnements Total abonnés du service 2005 Eau Brute Eau Filtrée 14 1 329 114 807 14 116 136 156 0 7 31 0 1 0 280 18 1 4 114 8 13 4 833 7 217 0 2 367 0 15 366 16 3 327 229 26 537 243 142 673 142 916 Evolution 2005/2006 -7,6% 3,6% 3,5% -13,5% -18,4% 0,0% -5,4% -5,3% -12,7% 0,0% 8,6% 2,2% -39,9% 0,2% -0,8% -2,1% 2,5% 2006 Eau Brute Eau Filtrée 13 1 228 118 982 13 120 210 135 0 7 24 0 1 0 265 18 0 4 99 8 13 5 251 7 222 0 1 422 1 15 403 16 3 301 209 25 988 222 146 198 146 420 Evolution 2006/2007 -7,0% 1,4% 1,3% -24,4% -3,2% 0,0% -4,9% -5,6% -8,7% -12,5% 6,3% 3,5% 0,8% 0,8% 2,4% 1,9% 1,4% 2007 Eau Brute Eau Filtrée 13 1 141 120 626 13 121 767 102 0 7 23 0 1 0 252 17 0 2 92 7 13 5 583 6 231 0 1 434 0 15 533 15 3 381 169 26 530 182 148 297 148 479

 Le service compte 148 297 abonnés en 2007, dont plus de 81% sont des abonnés « Tous usages au compteur ».  Le nombre d’abonnement progresse sur la période d’observation (+1,9% par an en moyenne) du fait de l’évolution des abonnements « Tous usages au compteur ».

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Le graphique suivant représente la répartition des abonnés sur le périmètre de distribution du contrat fin 2007 : Graphique 4 : Répartition des abonnés sur le périmètre

Répartition des abonnés sur le périmètre en 2007
6 875
9 498

3 854 2 983 1 900

Marseille Aubagne Allauch

123 369

Les Pennes Mirabeau (quartier Gavotte) Septêmes Les Vallons La Penne sur Huveaune

La Ville de Marseille regroupe 83% des abonnés du service.

 Les volumes facturés Le tableau suivant présente les volumes facturés et leur évolution sur la période : Tableau 4 : Synthèse des volumes facturés
Volumes facturés bruts
dont Tous usages au compteur domestique eau filtrée

2005 Evolution 128 252 288 m3 -0,9%
n.c. n.s.

2006 Evolution 127 157 610 m3 -2,8%
n.c. n.s.

2007 123 599 895 m3
52 210 476 m3

Non valeurs Volumes vendus nets
dont Tous usages au compteur domestique eau filtrée

1 138 972 m3 127 113 316 m3
n.c.

20,5% -1,0%
n.s.

1 372 351 m3 125 785 259 m3
n.c.

-18,8% -2,6%
n.s.

1 114 550 m3 122 485 345 m3
51 261 966 m3

Nombre d'abonnés
dont Tous usages au compteur domestique eau filtrée

142 916
114 807

2,5%
3,6%

146 420
118 982

1,4%
1,4%

148 479
120 626

Volumes facturés brute / abonnés
dont Tous usages au compteur domestique eau filtrée

897,40 m3

-3,2%

868,44 m3

-4,1%

832,44 m3
432,83 m3

 Les volumes facturés sont en baisse sur la période d’observation , malgré la progression du nombre d’abonnés.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Dans le cadre du chapitre « Relève et tarification du service de l’eau » du rapport annuel du délégataire, la SEM détaille les consommations d’eau qui ont été facturées comme le montre le tableau suivant : Tableau 5 : Détail des volumes facturés
Volumes facturés entre relève Ventes aux municipalités (bâtiments et services municipaux) A la jauge Au compteur Fontaines (toutes catégories confondues) Total des volumes fournis Volumes gratuits Total vente aux municipalités du périmètre (volumes n-1 VdM - cf art.31) Tous usages à la Jauges Tous usages au compteur Industriels au forfait Industriels réservoir de chasse Industriels au compteur Total de la vente tous usages et industrielles Agricole au forfait Agricole à la vanne Agricole au compteur Total de la vente agricole Vente en gros à d'autres services d'eau (dotation en l/s) Total des volumes facturés 1/10ème m3 663 210 m3 6 021 008 m3 1 126 714 m3 7 810 932 m3 3 728 117 m3 3 540 574 m3 792 202 m3 61 439 685 m3 65 818 m3 183 960 m3 2 155 047 m3 64 636 712 m3 28 447 m3 5 420 337 m3 922 138 m3 6 370 922 m3 53 462 983 m3 128 011 191 m3 348 390 m3 5 976 316 m3 1 126 714 m3 7 451 420 m3 3 368 605 m3 3 540 574 m3 769 837 m3 61 424 587 m3 57 817 m3 183 960 m3 1 817 014 m3 64 253 215 m3 3 600 m3 0 m3 845 201 m3 848 801 m3 0 m3 68 642 590 m3 314 820 m3 44 692 m3 0 m3 359 512 m3 359 512 m3 0 m3 22 365 m3 15 098 m3 8 001 m3 0 m3 338 033 m3 383 497 m3 24 847 m3 5 420 337 m3 76 937 m3 5 522 121 m3 53 462 983 m3 59 368 601 m3 547 624 m3 5 394 972 m3 1 401 792 m3 7 344 388 m3 3 728 117 m3 4 091 730 m3 711 486 m3 59 984 864 m3 67 793 m3 180 810 m3 2 156 086 m3 63 101 039 m3 26 688 m3 5 126 413 m3 993 399 m3 6 146 500 m3 53 592 280 m3 126 931 549 m3 336 203 m3 5 318 880 m3 1 401 792 m3 7 056 875 m3 3 440 604 m3 4 091 730 m3 689 436 m3 59 968 110 m3 60 192 m3 180 810 m3 1 823 321 m3 62 721 869 m3 3 600 m3 0 m3 919 145 m3 922 745 m3 0 m3 67 736 344 m3 211 421 m3 76 092 m3 0 m3 287 513 m3 287 513 m3 0 m3 22 050 m3 16 754 m3 7 601 m3 0 m3 332 765 m3 379 170 m3 23 088 m3 5 126 413 m3 74 254 m3 5 223 755 m3 53 592 280 m3 59 195 205 m3 6 890 533 m3 6 430 753 m3 0 m3 13 321 286 m3 3 728 117 m3 3 575 453 m3 647 351 m3 58 757 219 m3 18 689 m3 175 140 m3 2 087 624 m3 61 686 023 m3 27 978 m3 4 895 088 m3 1 103 619 m3 6 026 685 m3 52 066 566 m3 123 354 727 m3 6 708 535 m3 6 366 551 m3 0 m3 13 075 086 m3 3 481 917 m3 3 575 453 m3 626 848 m3 58 744 804 m3 10 988 m3 175 140 m3 1 771 206 m3 61 328 986 m3 3 600 m3 0 m3 1 030 697 m3 1 034 297 m3 0 m3 65 938 736 m3 181 998 m3 64 202 m3 0 m3 246 200 m3 246 200 m3 0 m3 20 503 m3 12 415 m3 7 701 m3 0 m3 316 418 m3 357 037 m3 24 378 m3 4 895 088 m3 72 922 m3 4 992 388 m3 52 066 566 m3 57 415 991 m3 Unité de facturation Total Situation au 31/12/2005 Dont EF Dont EB Total Situation au 31/12/2006 Dont EF Dont EB Total Situation au 31/12/2007 Dont EF Dont EB

1/10ème m3 m3 1/10ème m3 m3 l/s m3 l/s

La SEM précise que les bases de la facturation ne sont pas toutes exprimées à partir des volumes effectivement prélevés (jauge, arrosage à la vanne, dotations…). La SEM utilise les équivalents théoriques suivants afin de mesurer les volumes facturés : 1 l/s = 31 536 m3 /an 1/10ème de module = 1/100 l/s = 315 m3/an ½ l/s à la vanne = 15 750 m3/an

Les volumes bruts affichés dans le tableau ci-dessus diffèrent des volumes réellement facturés. La SEM précise que le détail ci-dessus n’intègre pas : Les volumes incendies = 157 959 m3 Les volumes abonnement SEM = 87 209 m3

Après réintégration de ces volumes, le volume brut réellement facturé s’établit à 123 599 895 m3, en 2007, comme indiqué dans la partie « Produits facturés » du compte rendu annuel.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille  Produits facturés au cours de l’exercice – Part fermière

Le tableau suivant représente les produits (hors redevance de prélèvement) tels que présentés dans les rapports annuels du délégataire, propre au service de distribution d’eau potable du périmètre du Canal de Marseille : Tableau 6 : Produits d'exploitation du service

Compte de résultat
1- exploitation du service
1.1- Part fermier proprement dite 1.2- Les frais de recouvrement 1.4- Production correspondant aux volumes consommés non relevé au 31/12

Exercice 2005 99 418k€
98 850k€ 517k€ 51k€

Evolution 7,6%
1,0% 14,7% 788,2%

Exercice 2006 106 945k€
99 864k€ 593k€ 453k€

Evolution 1,4%
1,2% 10,1% -49,9%

Exercice 2007 108 434k€
101 070k€ 653k€ 227k€

Les produits du service progressent sur la période d’observation malgré la baisse des volumes facturés. L’évolution des tarifs compense cette baisse des volumes. Dans son complément d’information, la SEM détaille les produits facturés comme suit : Tableau 7 : Détail des produits de la vente d'eau facturés

Volumes consommés bruts Jauges Tous usages Jauges Tous usages Jauges Arrosage agricoles Jauges Arrosage non agricoles Industriels Industriels Tous usages - Domestiques Tous usages - Domestiques Tous usages - Collectifs Tous usages - Espaces verts Tous usages - Espaces verts Incendie Agricoles Agricoles Forfait - réservoir de chasse Forfait - divers Forfait - divers Forfait - arrosage Forfait - arrosage Abonnements SEM Fourniture en gros Municipaux Total 2007 Eau brute Eau filtrée Eau brute Eau brute Eau brute Eau filtrée Eau brute Eau filtrée Eau filtrée Eau brute Eau filtrée Eau filtrée Eau brute Eau filtrée n.c. Eau brute Eau filtrée Eau brute Eau filtrée n.c. Eau brute Eau filtrée 20 503 m3 628 069 m3 1 664 764 m3 3 232 663 m3 316 418 m3 1 882 870 m3 10 042 m3 52 761 439 m3 3 441 191 m3 2 384 m3 3 124 643 m3 158 460 m3 51 922 m3 535 585 m3 175 146 m3 7 701 m3 10 990 m3 24 378 m3 3 600 m3 87 209 m3 52 066 566 m3 13 321 286 m3 133 527 829 m3

Volumes facturés bruts 20 503 m3 626 848 m3 1 664 531 m3 3 230 557 m3 316 418 m3 1 771 206 m3 10 222 m3 52 210 476 m3 3 435 356 m3 2 193 m3 3 098 972 m3 157 959 m3 72 922 m3 1 030 697 m3 175 140 m3 7 701 m3 10 988 m3 24 378 m3 3 600 m3 87 209 m3 52 066 566 m3 3 575 453 m3 123 599 895 m3

Non valeur

Volumes facturés nets 20 474 m3 588 019 m3 1 625 648 m3 3 183 901 m3 316 418 m3 1 770 982 m3 9 878 m3 51 261 966 m3 3 426 189 m3 2 193 m3 3 091 938 m3 152 736 m3 72 922 m3 1 016 416 m3 170 485 m3 7 701 m3 10 273 m3 24 378 m3 3 600 m3 87 209 m3 52 066 566 m3 3 575 453 m3 122 485 345 m3

Consommation facturée 9 156 € 325 227 € 62 281 € 121 733 € 236 933 € 1 626 079 € 15 554 € 80 777 235 € 5 398 059 € 4 043 € 4 887 122 € 244 300 € 21 213 € 167 548 € 94 553 € 9 540 € 12 672 € 9 736 € 1 437 € 726 128 € 5 312 734 € 471 872 € 100 535 154 €

29 m3 38 829 m3 38 883 m3 46 656 m3 0 m3 224 m3 344 m3 948 510 m3 9 167 m3 0 m3 7 034 m3 5 223 m3 0 m3 14 281 m3 4 655 m3 0 m3 715 m3 0 m3 0 m3 0 m3 0 m3 0 m3 1 114 550 m3
57

Tarif moyen 2007 Abonnement Tarif au Entretien/location (consommation/ 01/01/2007 volumes nets) communiqué 3 583 € 0,4472 € 0,4472 € 134 009 € 0,5531 € 0,5546 € 3 697 € 0,0383 € Pas de tarifs 7 619 € 0,0382 € 2 219 € 0,7488 € Par tranches 31 387 € 0,9182 € 0€ 1,5746 € 21 818 € 1,5758 € 0€ 1,5755 € 1,5623 € 2 100 € 1,8436 € 340 303 € 1,5806 € 518 759 € 1,5995 € 1,6203 € 2 832 € 0,2909 € Abonnement + 21 213 € 0,1648 € tranches 28 732 € 0,5546 € Pas de tarifs 0€ 1,2389 € 1,2386 € 0€ 1,2335 € 0€ 0,3994 € 0,3991 € 0€ 0,3991 € 0€ 8,3263 € Pas de tarifs 0€ 0,1020 € 228 299 € 0,1320 € Pas de tarifs 1 346 570 €

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Dans ses compléments d’information, la SEM a communiqué un détail de ses produits propres relatifs à la vente d’eau mais ne les a pas identifiés selon les abonnements définis contractuellement. Ainsi, certaines recettes n’ont pas pu être rapprochées d’un tarif contractuel. Les recettes rapportées aux volumes facturés semblent cohérentes avec les tarifs contractuels actualisés. Par ailleurs, la SEM communique le détail des recettes perçues au titre de

l’entretien/location qui s’établit à 1,3 M€ en 2007. Des écarts apparaissent entre les recettes identifiées dans le détail ci-dessus et les recettes affichées au CARE : Part fermier proprement dite (CARE) = 101 071 k€ Produits détaillés = 101 883 k€

La SEM justifie cet écart de la manière suivante : Acompte émis en 2006 concernant 2007 Acompte émis en 2007 concernant 2008 Créances irrécouvrables (inclus dans le CARE) Permis d’occupation des sols Factures de prestations diverses comprises à tort :
SNCM vente Klearsep – traitement d’eau mazouteuse SNCM carnet de suivi sanitaire SERAM Centre Service clients CUMPM Marché ANC Ville de Marseille – Poste relevage eaux usées Stade Vélodrome SIBELL Divers autres

10 503 043 € - 10 720 323 € 96 516 € 29 513 € - 740 396 €
- 485 161 € - 9 690 € - 147 798 € - 11 414 € - 14 350 € - 33 714 € - 38 269 €

-

Non valeurs sur prestations diverses comprises à tort Non justifié Total

17 639 € 1 308 € - 812 700 €

Selon ces informations 812 k€ sont intégrés dans le détail des produits de vente d’eau détaillé dans le compte rendu technique mais ne sont pas intégrés au CARE. Cet écart est notamment du : à un décalage lié au respect de l’indépendance des exercices comptables qui ne semble pas pris en compte dans le CARE à l’intégration de prestations ne faisant pas partie de l’exploitation du service dans le rapport technique mais exclues des recettes indiquées au CARE. 58

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 4.1.2 Analyse des autres produits du service

4.1.2.1.

Subventions

Aucune subvention n’est prévue au contrat. L’article 2 de l’avenant 19, en date du 17 avril 2007, prévoit qu’à l’initiative de MPM, des subventions pourront être apportées dans le cadre du programme de renouvellement 2007-2013.

4.1.2.2.

Travaux attribués à titre exclusif

Conformément à l’avenant 9 du traité de concession, la SEM peut réaliser des travaux pour le compte de MPM ou de tiers, qu’elle facture sur la base du bordereau des prix annexé au contrat (cf. 2.2.5.2 du présent rapport). Sauf urgences techniques liées à la sécurité, les travaux réalisés sur bordereau des prix doivent être inférieurs à 500 000 F HT (76 225 €) hors coefficient (majoration par tranche et site / difficulté), en valeur 1999. Le bordereau des prix devrait faire l’objet d’une étude technique approfondie afin de comparer les prix pratiqués par la SEM dans le cadre du bordereau des prix et les prix du marché. Cette étude permettrait d’estimer les éventuelles marges réalisées par la SEM sur les travaux réalisés à titre exclusif. Le tableau suivant représente les recettes réalisées par la SEM, au titre des travaux attribués à titre exclusif : Tableau 8 : Travaux attribués à titre exclusif
3- travaux attribués à titre exclusif Evolution Part des travaux attribués à titre exclusif dans les produits de la SEM
(hors Produits perçus pour compte de tiers)

Exercice 2005 3 958 k€ 3,8%

Exercice 2006 4 292 k€ 8,44% 4,1%

Exercice 2007 6 802 k€ 58,48% 6,2%

Les travaux attribués à titre exclusifs représentent 4% des produits du service (hors produits perçus pour compte de tiers) en 2005 et 2006. En 2007, ce poste a progressé de manière significative : + 58,5%.

59

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille La SEM justifie cette évolution (+2 510 k€) par l’exécution des travaux suivants : 1 578,0 k€ : au titre des travaux réalisés dans le cadre du chantier de la Cerisaie (casse de la canalisation d’alimentation en eau brute de l’usine de filtration de Sainte Marthe) 343,5 k€ : 59,7 k€ : 50,7k€ : 146,9 k€ : au titre d’une forte activité en extension de réseau pour les groupes de logements au titre des travaux de sécurité du Canal contre les risques de noyade au titre des travaux d’individualisation au titre des travaux réalisés sur les branchements par le service réseau

4.1.2.3.

Vente d’énergie

La SEM vend l’énergie électrique qu’elle produit à partir des turbines de Sainte Marthe et de la Batarelle, conformément à l’article 8 du cahier des charges de l’avenant 9. Le tableau suivant représente les recettes réalisées par la SEM, au titre de la vente d’énergie électrique sur la période d’observation : Tableau 9 : Vente d'énergie
Vente d'énergie Evolution Part des ventes d'énergie dans les produits de la SEM (hors Produits perçus
pour compte de tiers)

Exercice 2005 216 k€ 0,2%

Exercice 2006 162 k€ -25,00% 0,2%

Exercice 2007 117 k€ -27,78% 0,1%

Ces prestations sont régies par deux conventions conclues entre la SEM et EDF. Le contrat d’achat d’électricité de la turbine de la Batarelle a été convenu en date du 1er décembre 2006, pour une durée de 2 ans. Les recettes générées en 2007, au titre de ce contrat, sont indiquées dans le tableau suivant :

kWh vendus sur l'exercice 2007 Recette générée en 2007 Tarif moyen de vente / kWh

560 MWh 29 700 € 53,04 €

Le contrat de la turbine de Sainte Marthe est un contrat avec obligation d’achat EDF, conclu en date du 26 avril 2004 pour une durée de 20 ans (date d’échéance 25/04/2024). La durée de ce contrat dépasse le terme du contrat de concession 60

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille d’adduction et de distribution d’eau du périmètre du Canal de Marseille dont le terme est fixé au 31/12/2013. Les recettes générées en 2007, au titre de ce contrat, sont indiquées dans le tableau suivant :

kWh vendus sur l'exercice 2007 Recette générée en 2007 Tarif moyen de vente / kWh

1 596 MWh 87 300 € 54,70 €

Les recettes moyennes par MWh vendus correspondent aux conditions observées sur d’autres contrats. Les recettes de vente d’électricité demeurent négligeables dans l’activité du service. Elles sont en baisse sur la période d’observation.

4.1.2.4.

Rémunération sur redevance assainissement

La SEM effectue la relève, la facturation et le recouvrement des produits des gestionnaires du service assainissement des communes du périmètre de distribution du Canal de Marseille. En contrepartie de ces prestations, la SEM perçoit une rémunération comme indiquée dans le tableau suivant : Tableau 10 : Rémunération sur redevance assainissement
Rémunération sur redevance assainissement Evolution Redevance assainissement perçus pour compte de tiers Part des Rémunérations sur redevance assainissement sur les Redevances assainissement perçues Part des Rémunérations sur redevance assainissement dans les produits de la SEM (hors Produits perçus pour compte de tiers) Exercice 2005 n.c. 42 625 k€ n.c. n.c. Exercice 2006 453 k€ 43 144 k€ 1,050% 0,4% Exercice 2007 479 k€ 5,74% 45 631 k€ 1,050% 0,4%

Cette rémunération est négligeable au regard des recettes globales du service. Elle représente 1,050 % des Redevances assainissement perçues pour le compte des sociétés gestionnaires du service d’assainissement. Selon le détail communiqué par la SEM au titre de l’exercice 2007, cette rémunération semble perçue uniquement sur les abonnés de la SERAM , gestionnaire du service d’assainissement des communes de Marseille et Allauch, et non sur l’ensemble des abonnés du territoire du périmètre du Canal de Marseille. 61

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille La recette générée est détaillée dans le tableau suivant : Tableau 11 : Détail de la redevance assainissement sur 2007

Rémunération sur la redevance assainissement 1er trimestre 2 3 4
ème ème ème

Nb abonnements 101 556 102 256 102 587 103 259

Tarif HT 1,16 € 1,16 € 1,18 € 1,18 €

Recettes HT 117 804,96 € 118 616,96 € 121 052,66 € 121 845,62 € 479 320,20 €

trimestre trimestre trimestre

Total facturé en 2007

Cette disposition semble rompre l’égalité de traitement des usagers selon que le service d’assainissement soit assuré par la SERAM ou un autre exploitant. La SEM ne répercute aucune rémunération relative à la redevance d’assainissement sur les usagers des services d’assainissement qu’elle gère, tandis que les usagers de Marseille / Allauch se voient appliquer un tarif devant intégrer cette rémunération. Cette rémunération représente 4,64 € HT/an et par abonné (sur la base du nombre d’abonnés au 4ème trimestre 2007) ou 0,0093 € HT / m3 facturé par la SEM au titre de l’assainissement en 2007 (Cf. RAD 2007 SERAM - Volume assainissement facturé sur les communes de Marseille et Allauch = 51 671 124 m3).

4.1.2.5.

Frais d’accès au service

Les frais d’accès au service ont été instaurés par l’avenant 19, en date du 17 avril 2007. La SEM précise que 4 063 accès au service ont été facturés sur l’exercice 2007, selon un tarif unique. Les recettes générées et imputées au CARE sont les suivantes : Tableau 12 : Détail de la recette relative au frais d'accès au service

Domestique Eau Filtrée Domestique Eau Brute Collectif (immeubles) Eau Filtrée Espaces vertsEau Filtrée Incendie Eau Filtrée Agricoles Eau Filtrée Total Nombre d'accès au service Tarif

Recettes nettes 177 628,05 € 194,32 € 47,80 € 13 433,70 € 1 252,16 € 430,98 € 192 987,01 € 4 063 47,50 €

62

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 4.1.2.6. Autres recettes du service et recettes exceptionnelles

Le compte annuel de résultat d’exploitation ne fait apparaître aucune autre recette éventuellement générée par le service. Dans ses compléments d’information, la SEM précise que les produits exceptionnels , qui peuvent être imputés au service, sont inclus dans la rubrique 9 du CARE, intitulée « Contribution des services centraux et recherche ». Les remboursements d’assurance sur dégâts des eaux sont imputés au crédit du compte de charge « Dégâts des eaux ». L’ensemble de ces charges et produits sont répartis à 90% sur Marseille et 10% sur les autres contrats. Ils figurent dans le CARE au poste « 6.6 Autres dépenses d’exploitation ». Selon ces justifications, la SEM intègre les divers produits du service (assurance fuite, recettes pour occupation du domaine concédé (opérateurs téléphoniques, panneaux publicitaires, fibres optiques…)) en minorant certains postes charges, sans toutefois communiquer de détail. Cette présentation économique ne permet pas d’identifier l’ensemble des produits du service.

4.1.2.7.

Produits financiers

Le CARE ne fait pas apparaître de produits financiers. Or les comptes de la SEM font apparaître 8 531 k€ de produits financiers (hors différences positives de change et reprises sur provisions financières) se décomposant comme suit : Produits financiers de participation : 4 053 k€ Autres produits financiers : 2 859 k€ Produits nets sur cession de valeurs mobilières de placements : 1 619 k€

La SEM dispose de conventions de trésorerie avec ses sociétés mères (Compagnie Général des Eaux et Lyonnaise des eaux). Ces conventions ont toutes deux pour objet la mise à disposition de la SEM d’une ligne de crédit court terme.

63

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Les conditions de rémunération de ces comptes courants sont les suivantes : Dépôts reçus de la SEM par la maison mère (soldes créditeurs) : TMP (EONIA moyen de la période) - 0,20% Avances de la maison mère à la SEM (soldes débiteur) : TMP (EONIA moyen de la période) + 1,10% La SEM précise que ces placements ont généré 2 411,8 k€ de produits financiers au titre de l’exercice 2007 mais n’indique pas s’ils sont propres au contrat de concession du Canal de Marseille. Par ailleurs, lors de la rencontre avec les délégataires, il a été précisé que les services de la SEM géraient en interne la trésorerie. Selon la structure financière de la SEM (cf. annexe 1), la trésorerie disponible (139,7 M€ au 31/12/2007) émane principalement du stock de provisions pour renouvellement (75,3 M€ au 31/12/2007) et des bénéfices cumulés (41,6 M€ au 31/12/2007). Au 31/12/2007, le stock de provisions pour renouvellement s’élevait à 75,3 M€ dont 86% étaient identifiés pour le contrat du Canal de Marseille. Le tableau suivant permet de mesurer la part du résultat réalisé sur le contrat dans le résultat de la SEM : Tableau 13 : Part du contrat du Canal de Marseille dans le chiffre d'affaires de la SEM

Résultat Canal de Marseille Résultat net comptable SEM Part du Canal de Marseille dans le résultat de la SEM

2005 11,5 M€ 16,9 M€ 68%

2006 13,4 M€ 16,5 M€ 81%

2007 9,5 M€ 17,2 M€ 55%

Selon ces indications, 70% à 80% des produits financiers comptabilisés dans les comptes de la SEM (8,5 M€) pourraient être affectés à au contrat de concession du Canal de Marseille.

64

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

4.1.3 Analyse des produits perçus pour le compte de tiers Le tableau suivant représente les différents produits perçus pour compte de

tiers identifiés dans le CARE : Tableau 14 : Produits perçus pour compte de tiers
Volumes facturés Surtaxe communale Redevance prélèvement Fonds National pour le développement des adductions d'eau Redevance sur la pollution domestique Redevance d'assainissement Total des produits perçus pour comptes de tiers Exercice 2005 128 252 288 m3 8 034 k€ 5 503 k€ 149 k€ 18 483 k€ 42 625 k€ 74 794 k€ Exercice 2006 127 157 610 m3 8 256 k€ 6 035 k€ 1 k€ 18 025 k€ 43 144 k€ 75 461 k€ Exercice 2007 123 599 895 m3 7 781 k€ 6 483 k€ 0 k€ 18 024 k€ 45 631 k€ 77 919 k€

Ces produits sont comptabilisés à l’euro l’euro en produits et en charge s dans le CARE. Ces flux représentent 77,9 M€ en 2007. Si ces produits sont perçus au rythme des encaissements de la facturation, nous ne disposons d’aucune information quant aux délais de reversement aux différents tiers. Ces décalages de trésorerie créent de la trésorerie disponible pour le service et génèrent des produits financiers qui ne sont pas réaffectés à l’économie de la délégation. Dans ses compléments d’information, la SEM communique un détail des produits perçus pour compte de tiers. La SEM distingue Marseille et les autres communes. Cependant, le périmètre du Canal de Marseille intègre d’autres communes. Le détail communiqué ne peut pas être rapproché de l’information indiquée dans les CARE. Le détail communiqué par la SEM est annexé au présent rapport. La SEM ne communique aucune information relative à l’audit de l’Agence de l’eau ou des problématiques de déclarations/versements de redevance.

65

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

4.2 Analyse des charges de l’exploitation

Les CARE communiqués par la SEM dans ses rapports annuels font état des dépenses suivantes (hors comptes de tiers et redevance prélèvement qui apparaît pour le même montant en produits et en charges) : Tableau 15 : Détail des charges

Compte de résultat
CHARGES 1- personnel 2- charges de production
2.1- énergie électrique 2.2- achats d'eau 2.3- produits de traitement

Exercice 2005 Valeur 86 298k€ 33 223k€ 1 878k€
762k€ 871k€ 245k€

Evolution 2005/06 -0,5% -0,9% 2,5%
1,4% 3,1% 3,7%

Exercice 2006 Valeur 85 848k€ 32 930k€ 1 925k€
773k€ 898k€ 254k€

Evolution 2006/07 10,1% -1,8% -1,1%
-2,3% 1,9% -8,3%

Exercice 2007 Valeur 94 542k€ 32 331k€ 1 903k€
755k€ 915k€ 233k€

Structure 100% 38% 2%

Structure 99% 38% 2%

Structure 100% 34% 2%

3- analyse 4- sous-traitance, matières et fournitures
4.1- Charges d'entretien courant 4.2- Gros entretien 4.3- Dépenses pour travaux exécutés pour le compte des abonnés

266k€ 10 970k€
5 110k€ 2 685k€ 3 175k€

0% 13%

5,3% -0,2%
0,2% 2,4% -3,2%

280k€ 10 946k€
5 122k€ 2 750k€ 3 074k€

0% 13%

14,3% 27,4%
4,1% 23,8% 69,5%

320k€ 13 948k€
5 332k€ 3 405k€ 5 211k€

0% 15%

5-impôts locaux et taxes (1)
5.2- Impôts et taxes assis sur les salaires 5.3- Autres impôts et taxes 5.4- Taxe sur l'électricité

2 873k€

3%

5,5%

3 031k€
851k€ 2 163k€ 17k€

4%

42,7%
-2,7% 60,8% 5,9%

4 324k€
828k€ 3 478k€ 18k€

5%

6- autres dépenses d'exploitation
6.1- télécommunications, postes, fournitures 6.2- engins, véhicules, et déplacements 6.3- informatique 6.4- assurances 6.5- locaux 6.6- autres

10 081k€
1 047k€ 392k€ 2 935k€ 410k€ 2 335k€ 2 962k€

12%

0,8%
3,2% -6,9% -11,1% 9,5% 2,8% 10,1%

10 164k€
1 081k€ 365k€ 2 608k€ 449k€ 2 401k€ 3 260k€

12%

3,6%
-3,1% 6,8% 8,9% -4,5% 2,7% 2,9%

10 525k€
1 047k€ 390k€ 2 839k€ 429k€ 2 466k€ 3 354k€

11%

7- frais de contrôle 8- redevances contractuelles (2) 9- contribution des services centraux et recherches 11- charges relatives au renouvellement
11.1- garantie de continuité 11.2- programme contractuel 11.3- fonds contractuel

3 970k€ 4 055k€ 12 024k€
1 849k€ 10 175k€

5% 5% 14%

2,8% -37,0% 7,0%
6,7% 7,0%

4 083k€ 2 554k€ 12 861k€
1 972k€ 10 889k€

5% 3% 15%

15,3% 58,9% 3,7%
-4,0% 5,1%

4 709k€ 4 058k€ 13 339k€
1 893k€ 11 446k€

5% 4% 14%

12- charges relatives aux investissements
12.1- compteurs 12.2- investissements contractuels 12.3- annuités d'emprunt de la Collectivité prises en charge 12.4- investissements du domaine privé

6 958k€
543k€ 4 403k€ 435k€ 1 577k€

8%

1,7%
6,8% 1,5% 1,6% 0,4%

7 074k€
580k€ 4 469k€ 442k€ 1 583k€

8%

27,1%
5,3% 39,0% 1,4% 8,5%

8 988k€
611k€ 6 212k€ 448k€ 1 717k€

10%

13- pertes sur créances irrecouvrables et contentieux recouvrement
66

97k€

0% 0k€

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Les charges imputées dans le CARE du service du Canal de Marseille sont de trois types : Les charges directes propres au service et imputées sans retraitement Les charges réparties qui correspondent aux charges mutualisées au niveau de la SEM et réparties selon la Valeur Ajoutée mais également selon des clés de répartition propres à la comptabilité analytique de la SEM. Ces clés de répartition sont soit arbitraires (pourcentage imputé sur le Canal de Marseille), soit fonction de paramètres en cohérence avec la charge à répartir (Salaires bruts, km parcourus, coefficient d’activité, nombre de factures…) Les charges calculées censées refléter les charges économiques supportées par le service (charges relatives aux investissements et aux renouvellements). Ces charges économiques peuvent différer des charges comptabilisées dans les comptes sociaux de la SEM.

4.2.1 Analyse des charges d’exploitation hors charges calculées

4.2.1.1.

Personnel

La rubrique « Personnel » constitue le principal poste de charge du service. Elle s’élève à 32,3 M€, soit 34% des charges du service en 2007. Les charges de personnel diminuent sur la période d’observation. Selon les informations communiquées par la SEM dans son compte rendu annuel, les charges de personnel enregistrées dans les CARE correspondent aux salaires et charges du personnel de l’Agence de Marseille, gestionnaire du contrat concerné, ainsi que d’une quote-part des salaires et charges de personnel des services fonctionnels. Par ailleurs, ces charges de personnel intègrent la participation des salariés. Le détail des charges de personnel communiqué par la SEM dans ses compléments d’information est indiqué en annexe 4 du présent rapport. Les charges de personnel relatives à l’agence de Marseille sont imputées directement au service du Canal de Marseille. Elles s’élèvent à 10,7 M€.

67

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Les autres charges de personnel sont des charges réparties en fonction de nombreuses clés de répartition communiquées par la SEM et annexées au présent rapport. Ces clés semblent dépendre des prestations assurées par le personnel. Les modalités de répartition des charges de personnel sont complexes. Les charges de personnel 2007 peuvent être décomposées comme suit : Agence de Marseille (charges directes) Direction Clientèle Laboratoire Direction Technique Fonctions transversales Direction Marseille Provence Direction de l’Ingénierie Total Participation des salariés 10,7 M€ 2,9 M€ 0,2 M€ 3,5 M€ 10,4 M€ 0,5 M€ 1,5 M€ 29,7 M€ 2,6 M€

Les frais de personnel relatifs à la Direction Générale, à la Direction Financière et à la Communication (8,0 M€ intégrés dans les fonctions transversales dans le tableau cidessus) sont affectés à 80% au contrat de DSP du Canal du Marseille, tandis que ce contrat représente 56% du chiffre d’affaires de la SEM . Cette clé de répartition semble critiquable. Les autres charges de personnel sont réparties en fonction de la valeur ajoutée. A noter que cette pratique est courante dans les délégations de service public de l’eau. Le calcul de la valeur ajoutée du contrat pratiqué par la SEM n’a pu être vérifié. Ce point nécessiterait des compléments d’information.

Aucun organigramme propre au service du périmètre du Canal de Marseille n’est communiqué. La SEM mutualise le personnel pour la gestion de l’ensemble de ces activités et ne semble pas en mesure d’identifier le personnel affecté au service . Afin de déterminer un nombre d’équivalent temps plein affecté au service, la SEM a procédé par ratio : Nombre d’ETP de la SEM = 805,14 Charges de personnel de la SEM (hors participation) = 57 099 551 € Charges de personnel du service (hors participation) = 29 699 959 €

Selon ces données, la SEM détermine le nombre d’ETP affecté au service à 418,8.

68

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Le tableau suivant permet de comparer les charges de personnel affectées au contrat aux charges de personnel globales de la SEM : Tableau 16 : Charges de personnel
Charges de personnel affectées au service Charges de personnel de la SEM (dont participation) Part du contrat du périmètre du Canal de Marsielle Exercice 2005 33 223k€ 60 421k€ 55% Exercice 2006 32 930k€ 61 147k€ 54% Exercice 2007 32 331 k€ 61 642 k€ 52%

La part des charges de personnel affectée au contrat semble cohérente par rapport au niveau d’activité que représente le contrat dans le chiffre d’affaires de la SEM (55,8% en 2007).

4.2.1.2.

Charges de production

Les charges de production sont relativement négligeables au regard de la structure de charges du service (2% des charges).  Energie électrique Les dépenses d’énergie électrique se répartissent selo n les unités de production suivantes : Tableau 17 : Achats d'énergie électrique

Charges d'énergie électrique Station canal Usines Station réseau Total

2005 39 860 € 397 392 € 324 416 € 761 668 €

2006 28 413 € 389 733 € 354 698 € 772 844 €

2007 24 610 € 383 227 € 346 719 € 754 556 €

La SEM dispose de 115 contrats d’électricité qui se répartissent selon les tarifs suivants : Tableau 18 : Tarifs d'électricité

Tarifs Bleu - tarifs non régulés Jaune - tarifs régulés Vert - tarifs régulés

Nb de contrat 87 16 12

% dépenses 12% 20% 68%

Dépense 2007 2 953 € 76 645 € 235 769 €

La SEM précise que le suivi des consommations d’énergie se fait à l’aide d’une application dédiée EDF, via internet (PANORAMA). Ce suivi est possible pour les tarifs Jaunes et Verts mais n’est pas disponible pour les tarifs Bleus, qui sont des tarifs dérégulés. 69

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Le détail des dépenses d’énergie électrique est annexé au présent rapport pour les tarifs Jaunes et Verts de l’exercice 2007.

 Achats d’eau Les achats d’eau imputés à la DSP du Canal de Marseille concernent : Objet Droit d’accès à la Galerie à la mer au titre de la convention SEM – Houillère Entretien de la réserve de Vallon Dol au titre de la convention SCP - SEM - VDM Redevance pour l’alimentation en eau de l’usine des Barjaquets par le Canal de Provence Les conventions mentionnées n’ont pas été remises par la SEM. En l’état des informations disponibles, ces charges et leur évolution n’appellent pas de remarque particulière. 152 125 € Société du Canal de Provence Charge 2007 26 801 € 735 615 € Au profit de : Charbonnage de France Société du Canal de Provence

 Produits de traitement Ce poste comporte exclusivement les produits de traitement nécessaires au

fonctionnement des usines de production d’eau potable, imputés directement au contrat, dans la comptabilité analytique de la société. Les dépenses relatives aux produits de traitement sont négligeables au regard de la structure de charges du service (<1% des charges directes). Le détail de ces charges par nature de produit utilisé n’est pas communiqué par le concessionnaire dans son compte rendu annuel.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 4.2.1.3. Sous-traitance, matières et fournitures

Ce poste comprend les charges d’entretien courant, de gros entretien et les dépenses pour travaux exécutés pour le compte des abonnés répartis comme suit : Charges 2007 Charge d’entretien courant Gros entretien Dépenses pour travaux exécutés pour le compte des abonnés Total Le détail de ces charges est annexé au présent rapport. Selon l’information communiquée, 86% de ces charges sont directement affec tées au service. Les charges indirectes imputées au service concernent principalement : L’entretien courant des bâtiments pour 0,5 M€ : Cette charge semble concerner l’entretien des bâtiments de la SEM non affectés au service (Services centraux…). Cette charge est répercutée sur l’ensemble des activités de la SEM au prorata de la valeur ajoutée (valeur ajoutée Marseille / valeur ajoutée société). Ainsi, sur 0,8 M€ supportés par la SEM, la charge imputée au service du Canal de Marseille s’élève à 0,5 M€, soit 63% de la charge totale. Les coûts de la Direction Technique pour 1,3 M€ : Cette charge semble correspondre aux coûts mutualisés de la Direction Technique (inspection des réseaux, télégestion, mécanique…), dont les prestations assurées en interne par la Direction Technique Mécanique. L’imputation de ces charges au service du Canal de Marseille est réalisée directement (chloration, prestations assurées en interne par la Direction Technique Mécanique hors coûts de personnel intégrés dans les charges de personnel vu précédemment) ou via différentes clés de répartition : valeur ajoutée et clés relatives à l’activité (non précisées). Le détail de la répartition des charges indirectes de sous-traitance, matières et fournitures est annexé au présent rapport. L’information communiquée précise que le coût relatif aux travaux exécutés pour le compte des abonnés s’établit à 5 211 k€ en 2007 mais ne semble pas intégrer les frais de personnel. Pour mémoire, le produit correspondant aux travaux attribués à titre exclusif s’élève à 6 802 k€. Les tarifs indiqués dans le bordereau des prix semblent donc permettre la couverture des charges relatives aux travaux réalisés à titre exclusif. 71 5 332 k€ 3 405 k€ 5 211 k€ 13 948 k€

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille La SEM a communiqué la liste des principaux sous-traitants réalisant des prestations d’entretien courant, de gros entretien ou de travaux. Elle identifie une charge de sous traitance s’élevant à 10 817 k€ : dont 1 322 k€ sont des prestations assurées par des sociétés du Groupe SEM dont 7 429 k€ sont des prestations assurées par des soci étés du Groupe VEOLIA

En l’état des informations disponibles, il n’est pas possible d’estimer les éventuelles marges réalisées sur ces prestations. Le prix facturé pour chaque type de prestations devrait être rapporté aux prix de marché observés. Le poste de charges « Sous-traitance, matières et fournitures » a progressé de manière significative en 2007. La SEM justifie cette évolution par la réalisation des prestations suivantes: Travaux attribués à titre exclusif (+2 137 k€) : en raison essentiellement du chantier de la Cerisaie (il convient de rappeler que les produits correspondant ont été imputés dans les recettes du service) et de l’augmentation de l’activité sur les groupes de logements. Dépenses de gros entretien (+655 k€) : intégrant la réparation des fuites sur l’alimentation en eau brute de Sainte Marthe et les frais relatifs au chômage du Canal de Marseille pour la sécurité et la protection des accès et l’entretien de la dérivation et des berges en aval du canal.

4.2.1.4.

Frais d’analyse

Ce poste de charges correspond aux contrôles et analyses de la qualité de l’eau réalisés par les Directions Départementales des Affaires Sanitaires et Sociales (DDASS) et le Laboratoire Départemental de Santé Publique.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 4.2.1.5. Impôts et taxes

La « Redevance de prélèvement », payée à l’agence de bassin ou facturé par un tiers (Canal de Marseille, S.C.P.,…) a été neutralisée. Après retraitement, le poste impôts et taxes s’élève à 4,3 M€, soit 5% des charges du service. Ce poste comprend une quote-part des impôts et taxes suivantes : taxe professionnelle, taxes foncières, impôts assis sur les salaires (formation professionnelle continue, taxe d’apprentissage, versement transport, participation construction), autres impôts et taxes (taxes sur l’électricité, contribution sociale de solidarité, droits d’enregistrement et de timbres…) Le poste impôts et taxes a progressé de manièr e significative, du fait d’un contrôle fiscal, qui fait peser un risque de rappel de taxe professionnelle. Ce risque a fait l’objet d’une provision à hauteur de 1 243 k€. Dans le cadre du contrôle fiscal qui a débuté le 27 septembre 2007, l’administration a remis en cause la taxation des ouvrages par application du barème de 1976. Elle a pratiqué une taxation suivant la méthode de l’appréciation direc te suite aux quatre arrêts du Conseil d’Etat, en date du 28 février 2007. Elle a en outre taxé par application du barème les réservoirs précédemment omis. Le risque maximum pour la SEM est estimé à 1 970 k€, détaillé dans une note annexée au présent rapport. Ce risque a fait l’objet d’une provision dans les comptes de la SEM qui est affectée à chaque contrat selon une répartition à la valeur ajoutée.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 4.2.1.6. Frais de structure

Le compte d’exploitation fait apparaître un poste de charges intitulé « Contribution des services centraux et recherche ». Le tableau suivant indique les montants de la contribution des services centraux et recherche sur la période d’observation et les rapporte aux produits et aux charges du service (hors produits perçus pour compte de tiers) : Tableau 19 : Frais de structure
Contribution des services centraux et recherches Evolution Total des charges (hors produits perçus pour compte de tiers) Total des produits (hors produits perçus pour compte de tiers) Contribution des services centraux et recherche / produits Contribution des services centraux et recherche / charges Exercice 2005 4 055 k€ 86 304 k€ 104 034 k€ 3,9% 4,7% Exercice 2006 2 554 k€ -37,02% 85 848 k€ 105 822 k€ 2,4% 3,0% Exercice 2007 4 058 k€ 58,89% 94 542 k€ 109 541 k€ 3,7% 4,3%

L’évolution de ce poste de charge n’est pas linéaire sur la période d’observation. Cette évolution peut s’expliquer par l’intégration de quotes-parts de dotations et de reprises sur provisions pour risques et charges. Le détail du calcul de la « Contribution des services centraux et recherche » pour l’exercice 2007 est détaillé en annexe. La SEM précise les modalités d’affectation des frais de structure sur le contrat du Canal de Marseille. Cette affectation appelle les remarques suivantes : Les charges de la Direction Générale et des locaux et assurances du Secrétariat Général (3,8 M€ sur l’ensemble de la société) sont imputées à 80% sur le contrat du Canal de Marseille, tandis que ce contrat représente 56% du chiffre d’affaires de la SEM et 64% de la Valeur Ajoutée (selon les informations de la SEM). Cette répartition semble arbitraire et injustifiée. En répartissant les coûts de la Direction Générale au prorata de la Valeur Ajoutée (hypothèse pessimiste), la charge qui devrait être imputée au service s’élèverait à 2,4 M€, au lieu de 3,1 M€, soit une marge de manœuvre de 0,7 M€ par an. Les charges de la Direction Générale intègrent 2,0 M€ au titre des prestations facturées par les maisons mères. En l’état des informations disponibles, il n’est pas possible d’identifier d’éventuelles marges de manœuvre sur ces charges.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Le poste « Contribution des services centraux et recherche » est censé imputer au service : les charges mutualisées de la SEM minorées des produits mutualisés. Or les produits financiers émanant d’une gestion de trésorerie mutualisée ne sont pas intégrés dans le calcul (cf. 4.1.2.7. Produits financiers). La SEM impute directement au service du Canal de Marseille 1,6 M€ de provisions diverses (provisions sur créances clients, pour frais de facturation, sur travaux, sur l’agence de Marseille…) sans justifier ni les risques ou les charges correspondants, ni les modalités d’affectation au contrat de Marseille. Ces dotations sont minorées par des reprises sur provisions portant sur les mêmes types de risques et charges. La SEM ne communique aucun détail des stocks de provisions pour risques et charges constitués reprises. par la comptabilisation des dotations et

4.2.2 Analyse des charges contractuelles

Redevance d’occupation du domaine public (RODP)

Jusqu’à l’avenant 19, en date du 17 avril 2007, aucune redevance pour occupation du domaine public n’était prévue. L’article 9 de l’avenant 19 prévoit le versement par la SEM d’une redevance d’occupation du domaine public s’élevant à 635 000 €, en valeur 1er janvier 2007. MPM fera son affaire du reversement aux communes du périmètre. La RODP sera indexée selon l’indice K’, défini à l’article 45 du cahier des charges et indiqué en annexe 5 du présent rapport. Le niveau de la RODP devra être mis en regard des barèmes plafonds prévus au décret d’application qui reste à ce jour en attente de parution.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille  Redevance de mise à disposition des biens et équipements

appartenant à la Ville L’article V-3 de l’avenant 12 (entré en vigueur au 1er janvier 2001), modifiant l’article 45 du cahier des charges, établit le niveau de la redevance de mise à disposition des biens et équipements appartenant à la MPM à 26 963 087 FF, soit 4 110 496 € en valeur 1er janvier 2001. Ce montant est indexé par le coefficient K’. Le concessionnaire participe au financement des travaux de couverture et de mise en galerie du Canal de Marseille, réalisés au cours du VIIème Plan d’Equipement entre 1982 et 1985 et financés par des emprunts dont la dernière échéance se situe le 25 mai 2014. La SEM verse la redevance correspondante selon l’échéancier indiqué à l’article 45-3 du cahier des charges. Il convient de noter que les sommes versées, au titre de la couverture du Canal de Marseille, sont déduites de l’objectif de gros entretien des ouvrages , conformément aux dispositions contractuelles. Nous ne disposons pas des modalités d’indexation des redevances dues aux collectivités. Cependant, l’indice K’ dépend de 2 paramètres : K = coefficient d’indexation des tarifs C = consommation en m3 par an par abonné tous usage et par km de réseau d’eau filtrée. Les paramètres composant K’ ne sont pas publiés et sont maîtrisés par la SEM. Si le coefficient K a tendance à progresser, le coefficient C devrait diminuer à l’avenir, conformément à l’évolution observée au 4.1.1.2.. Le tableau suivant permet de comparer les sommes comptabilisées dans le compte d’exploitation aux redevances contractuelles non actualisées : Tableau 20 : Redevances versées
Exercice 2005 Contractuel - RODP Contractuel - Redevance de mise à disposition des biens et équipements appartenant à MPM Contractuel - Redevance pour la couverture et la mise en galerie du Canal de Marseille Redevances contractuelles Redevances comptabilisées au CARE 4 110 k€ 127 k€ 4 237 k€ 3 970 k€ 4 110 k€ 127 k€ 4 237 k€ 4 083 k€ Exercice 2006 Exercice 2007 635 k€ 4 110 k€ 104 k€ 4 849 k€ 4 709 k€

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Les charges de redevance comptabilisées au CARE ne semblent pas conformes aux dispositions contractuelles. Le détail communiqué par la SEM est le suivant pour l’exercice 2007 : Participation à la couverture et à la mise en galerie du Canal de Marseille Redevance pour la mise à disposition des ouvrages RODP Total 2007 La SEM n’a pas justifié ces écarts. Le tableau suivant permet de comparer l’évolution du montant des redevances contractuelles aux produits perçus part la SEM : Tableau 21 : Evolution des redevances
Produits d'exploitation - Part fermier proprement dite Redevance contractuelle Ratio - Redevance hors RODP / Part fermier Ratio - Redevance / Part fermier Exercice 2005 98 850 k€ 3 970 k€ 4,02% 4,02% Exercice 2006 99 864 k€ 4 083 k€ 4,09% 4,09% Exercice 2007 101 070 k€ 4 709 k€ 4,03% 4,66%

104 k€ 3 970 k€ 635 k€ 4 709 k€

Le ratio est relativement stable sur la période. Il convient de noter un infléchissement des redevances hors RODP en 2007 par rapport aux recettes du fermier. L’avenant 19 de 2007 met en place une RODP qui fait progresser les flux versés à la Ville.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

4.2.3 Analyse des charges patrimoniales

4.2.3.1.

Charges liées au Gros Entretien Renouvellement

 Gros entretien En matière de gros entretien, la SEM a une obligation financière basée sur un minimum annuel moyen avec des modalités de calcul et d’évolution, précisées à l’article 9 section A du cahier des charges du contrat de concession et l’annexe VIII intégrée dans le cadre de l’avenant 12. Cette annexe répartit les prestations réalisée entre entretien courant et gros entretien. Ces charges ont été étudiées ci-dessus au 4.2.1.3.. Le tableau ci-dessous présente les informations communiquées par la SEM dans le cadre de ses rapports annuels : Tableau 22 : Charges d'entretien et de gros entretien

Ouvrage

1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013

Montant de base Avenant 9 art. 9 modifié par l'avenant 12 art.III-1 22 000 000 FF 3 353 878 € 22 000 000 FF 3 353 878 € 22 000 000 FF 3 353 878 € 22 000 000 FF 3 353 878 € 22 000 000 FF 3 353 878 € 22 000 000 FF 3 353 878 € 22 000 000 FF 3 353 878 € 22 000 000 FF 3 353 878 € 22 000 000 FF 3 353 878 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 € 29 500 000 FF 4 497 246 €

Contractuel Avenant 9 art. 45-3 991 582 FF 991 582 FF 991 582 FF 991 582 FF 991 582 FF 991 582 FF 991 582 FF 991 582 FF 959 231 FF 862 180 FF 862 180 FF 862 180 FF 852 859 FF 834 217 FF 834 217 FF 684 810 FF 635 009 FF 635 009 FF 635 009 FF 635 009 FF 572 902 FF 500 295 FF

K

Contractuel actualisé 1,0309 1,0726 1,1139 1,1524 1,2055 1,2453 1,2694 1,3029 1,3258 1,0121 1,0275 1,0485 1,0666 1,0928 1,1294 1,1605 3 306 348 € 3 446 204 € 3 584 719 € 3 713 844 € 3 891 935 € 4 025 419 € 4 106 248 € 4 218 602 € 4 300 338 € 4 420 224 € 4 489 482 € 4 583 924 € 4 666 745 € 4 787 415 € 4 952 014 € 5 114 655 €

Réalisé

Contractuel cumulé 3 306 348 € 6 752 552 € 10 337 271 € 14 051 115 € 17 943 050 € 4 025 419 € 8 131 667 € 12 350 269 € 16 650 607 € 21 070 831 € 4 489 482 € 9 073 406 € 13 740 151 € 18 527 566 € 23 479 580 € 5 114 655 € 5 114 655 € 5 114 655 € 5 114 655 € 5 114 655 € 5 114 655 € 5 114 655 €

Réalisé cumulé

151 166 € 151 166 € 151 166 € 151 166 € 151 166 € 151 166 € 151 166 € 151 166 € 146 234 € 131 438 € 131 438 € 131 438 € 130 018 € 127 176 € 127 176 € 104 399 € 96 806 € 96 806 € 96 806 € 96 806 € 87 338 € 76 269 €
78

6 271 997 € 6 766 697 € 6 962 268 € 6 806 921 € 6 467 638 € 6 378 682 € 5 708 474 € 7 150 839 € 7 935 936 € 7 461 707 € 6 923 712 € 9 019 364 € 8 302 368 € 7 948 438 € 7 606 799 € 8 317 545 €

6 271 997 € 13 038 694 € 20 000 962 € 26 807 883 € 33 275 521 € 6 378 682 € 12 087 156 € 19 237 995 € 27 173 931 € 34 635 638 € 6 923 712 € 15 943 076 € 24 245 444 € 32 193 882 € 39 800 681 € 8 317 545 €

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Ces informations doivent être interprétées avec une très grande précaution. En effet, la SEM présente un solde négatif d’opérations réalisées au titre du Gros Entretien alors que sa politique de provisionnement lui permet de disposer d’un excédent s’élevant à 64 M€ au 31/12/2007. Toutefois, les dépenses d’entretien courant et de gros entretien ne font pas l’objet d’un mécanisme de provisionnement, comme le précise la SEM dans son complément d’information. Les informations comptables de la SEM affichent des provisions pour renouvellement mais pas pour gros entretien. Dans les CARE, la rubrique « Sous-traitance, matière et fourniture » intègre les charges décaissées. Sous réserve d’un contrôle approfondie des opérations considérées par la SEM comme du Gros Entretien, les obligations minimales contractuelles semblent à ce jour respectées.

 Renouvellement des canalisations du réseau secondaire et des feeders Le renouvellement du réseau est régi par l’article 9 section B du cahier des charge s du contrat de concession et annexe VI-2, modifié par l’avenant 15 au contrat de concession. Ces dispositions contractuelles imposent à la SEM des obligations de renouvellement de nature patrimoniale basée sur une durée de vie statistique moyenne et d’un programme de travaux. Ces obligations techniques ne sont pas valorisées financièrement.

 Renouvellement des branchements Le renouvellement des branchements est régi par l’article 9 section B du cahier des charges du contrat de concession et par l’annexe VI-2, modifiés par l’avenant 15 au contrat de concession. Ces dispositions contractuelles imposent à la SEM des obligations de renouvellement de nature patrimoniale fixant pour objectif le remplacement de 3 200 branchements par an en moyenne. Ces obligations techniques ne sont pas valorisées financièrement. Aucune information n’est communiquée sur l’état des branchements plomb sur le périmètre du contrat ni sur leur renouvellement. Cette information s’avère essentielle au regard de la directive européenne du 3 novembre 1998 obligeant le renouvellement des 79

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille branchements plomb avant fin 2013. Lors de la réunion en présence des délégataires, en date du 31 mars 2009, il a été signalé qu e l’état des branchements plomb n’était pas problématique sur le territoire de MPM. Cette information devrait être précisée et confirmée par le délégataire.

 Renouvellement des équipements électromécaniques Le renouvellement des équipements électromécaniques relève d’une obligation de renouvellement de nature fonctionnelle basée, depuis l’avenant 19 en date du 17 avril 2007, sur un plan prévisionnel indicatif.

 Charges de renouvellement Le compte d’exploitation communiqué dans le cadre du rapport annuel du délégataire fait apparaître les lignes globales suivantes : Charges relatives au renouvellement – Garantie de continuité Charges relatives au renouvellement – Programme contractuel

Les charges de renouvellement imputées au service sont les suivantes sur la période d’observation : Tableau 23 : Charges de renouvellement
Charges relatives au renouvellement dans les Comptes Annuel de Résultat d'Exploitation 11.1 Garantie de continuité 11.2 Programme contractuel Total Renouvellement 2005 1 849 k€ 10 175 k€ 12 024 k€ 2006 1 972 k€ 10 889 k€ 12 861 k€ 2007 1 893 k€ 11 446 k€ 13 339 k€

Le détail du calcul des charges de renouvellement est annexé au présent rapport pour l’exercice 2007.

80

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille La méthodologie est la suivante : Les renouvellements effectivement décaissés dans le passé sont actualisés en valeur 2007, selon l’indice TP01. La SEM valorise le renouvellement futur selon un plan de renouvellement non communiqué. La somme des renouvellements passés actualisés et des renouvellements futurs est alors divisée par la durée observée (terme du contrat – année du premier décaissement). Cette méthode correspond aux pratiques du Groupe VEOLIA, observées sur d’autres contrats. Le rapport ORFIS, communiqué par MPM, identifie l’utilisation de différentes méthodes de calcul des charges de renouvellement sur depuis 1992 : 1992-1994 : utilisation des montants figurant dans les comptes sociaux de la SEM (dotation fiscale 1995-1997 : utilisation de la méthode des annuités de croisière 1998-2007 : utilisation de la méthode des annuités lissées, préconisée par l’Ordre des experts comptables. Cette méthodologie trouve une logique économique en l’absence de plan de

renouvellement valorisé. Elle est cependant déconnectée des charges réellement comptabilisées par la société délégataire pour le compte du service. Dans ses compléments d’informations la SEM communique un historique des dotations, des reprises et des charges décaissées depuis 1992 sur le contrat du Canal de Marseille. Cette reconstitution affiche : pour les dotations aux provisions : les charges calculées imputées au service au titre de la garantie de continuité ou du programme contractuel et non de la provision comptable ; pour les reprises sur provisions : les charges réellement décaissées ; la SEM ne communique pas de stock de provisions antérieur à 1994.

81

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Le détail communiqué par la SEM est le suivant : Tableau 24 : Détail des dotations et des dépenses de renouvellement
Années Stocks de provisions au 01/01/aaaa 0,0 k€ 0,0 k€ 0,0 k€ 0,0 k€ 3 395,1 k€ 6 802,4 k€ 10 465,1 k€ 11 762,3 k€ 12 096,8 k€ 11 606,3 k€ 10 298,6 k€ 9 798,2 k€ 10 734,1 k€ 10 768,4 k€ 9 463,5 k€ 9 167,2 k€ 5 804,6 k€ Dotations aux Reprises sur provisions provisions renouvellement renouvellement Stocks de provisions au 31/12/aaaa Charges décaissées au titre du renouvellement 6 354,6 k€ 6 544,5 k€ 6 590,9 k€ 6 919,7 k€ 6 826,6 k€ 9 443,6 k€ 10 543,6 k€ 11 041,4 k€ 11 187,5 k€ 11 026,4 k€ 9 695,1 k€ 11 067,7 k€ 13 014,9 k€ 12 320,3 k€ 16 223,6 k€ 16 027,5 k€

Antérieur à 1992 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007

9 986,0 k€ 10 327,0 k€ 10 489,3 k€ 10 740,8 k€ 10 878,1 k€ 10 550,9 k€ 9 879,8 k€ 10 526,0 k€ 10 631,0 k€ 11 102,0 k€ 11 710,0 k€ 12 024,0 k€ 12 861,0 k€ 13 339,0 k€

6 590,9 k€ 6 919,7 k€ 6 826,6 k€ 9 443,6 k€ 10 543,6 k€ 11 041,4 k€ 11 187,5 k€ 11 026,4 k€ 9 695,1 k€ 11 067,7 k€ 13 014,9 k€ 12 320,3 k€ 16 223,6 k€ 16 027,5 k€

0,0 k€ 3 395,1 k€ 6 802,4 k€ 10 465,1 k€ 11 762,3 k€ 12 096,8 k€ 11 606,3 k€ 10 298,6 k€ 9 798,2 k€ 10 734,1 k€ 10 768,4 k€ 9 463,5 k€ 9 167,2 k€ 5 804,6 k€ 3 116,1 k€

Un détail des dépenses réellement décaissées, par type de renouvellement, est annexé au présent rapport. Selon l’information communiquée par la SEM, le stock de provisions au 31/12/2007 s’élèverait à 3 116,1 k€ décomposés de la manière suivante : Tableau 25 : Stock de provisions communiqué par la SEM

Matériel et équipements Canalisations (feeders et réseau secondaire Branchements Installations électromaniétiques Total du stock de provisions

Stocks de provision au 31/12/2007 -4 732,0 k€ 5 726,7 k€ 2 121,4 k€ 3 116,1 k€

L’information communiquée ne correspond pas à l’information comptable de la SEM. Selon la documentation comptable déposée auprès de Greffe du Tribunal de commerce, reprise en annexe 1 du présent rapport, les stocks de provisions sont les suivants : Stock de provisions pour le renouvellement des canalisations : 32,0 M€ (dont 30,6 M€ pour le contrat de concession de Marseille) Stock de provisions pour le renouvellement des branchements : 25,5 M€ (dont 23,8 M€ pour le contrat de concession de Marseille) Stock de provisions pour le renouvellement des installations : 17,8 M€ (dont 10,5 M€ pour le contrat de concession de Marseille)

82

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille L’information comptable de la SEM affiche donc un stock de provisions de 64,9 M€ pour le seul contrat du périmètre du Canal de Marseille. Aucune disposition contractuelle ne prévoyant le retour des stocks de

provisions, ce point devra faire l’objet d’une attention particulière de la part de MPM. Un détail comptable semble exister mais la SEM ne l’a pas communiqué en complément d’information. Les charges qui ont permis la constitution de cette réserve de trésorerie ont été supportées par le service dans le passé. Cette trésorerie est en théorie disponible pour la réalisation de travaux de renouvellement sur le périmètre du Canal de Marseille. Cette réserve de trésorerie devrait être mise au regard d’un plan de

renouvellement valorisé financièrement, réalisé dans le cadre d’un audit technique. Si le stock de provisions s’avérait trop important par rapport au montant des travaux de renouvellement à réaliser jusqu’au terme du contrat : MPM pourrait élargir les obligations contractuelles de la SEM, en matière de renouvellement ; MPM pourrait négocier le retour de tout ou partie du stock de provisions pour renouvellement au terme du contrat MPM pourrait envisager une diminution tarifaire justifiée par un allègement des charges de renouvellement imputées au service sur la durée restante à courir du contrat.

Par ailleurs, comme pour les dépenses d’entretien courant et de gros entretien, la SEM sous-traite une partie des travaux de renouvellement. Selon le détail communiqué par la SEM, le montant des prestations sous-traitées au titre du renouvellement s’élève à 14 347 k€ dont : 3 541 k€ à des sociétés filiales de la SEM 3 846 k€ à des sociétés filiales de VEOLIA 2 862 k€ à des sociétés filiales de SUEZ

En l’état des informations disponibles, il n’est pas possible d’estimer les éventuelles marges réalisées sur ces prestations. Le prix facturé pour chaque type de prestations devrait être rapporté aux prix de marché observés. 83

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille 4.2.3.2. Charges liées aux investissements

 Compteurs La rubrique « Compteurs » du CARE affiche les charges suivantes : Tableau 26 : Dépenses d'investissement - Compteurs

2005 Compteurs 543 k€

Evolution 6,8%

2006 580 k€

Evolution 5,3%

2007 611 k€

Cette charge correspond au calcul d’une annuité financière basée sur investis chaque année (comptabilisé au 1
er

les montants

juillet correspondant à la date moyenne

d’acquisition) financés au taux moyen des emprunts d’Etat sur le marché secondaire (TME), majoré de 0,5 point, comme indiqué dans le tableau suivant :
Date moyenne d'acquisition 01/07/1995 01/07/1996 01/07/1997 01/07/1998 01/07/1999 01/07/2000 01/07/2001 01/07/2002 01/07/2003 01/07/2004 01/07/2005 01/07/2006 01/07/2007 Valeur d'acquisition 185 012,32 320 458,09 354 566,84 393 307,40 480 978,86 425 003,02 422 083,27 426 999,55 604 422,20 682 343,10 725 613,79 409 346,23 551 652,39 Taux % 8,09 6,89 6,13 5,22 5,19 5,95 5,55 5,44 4,68 4,65 3,96 4,36 4,86

La durée utilisée pour le calcul de cette annuité est de 12 ans, conformément à la durée d’amortissement comptable appliquée pour les compteurs, par la SEM. La SEM utilise un taux de progressivité de 1,5% annuel et une périodicité mensuelle. La charge imputée au service en 2007 s’élève à 611 k€, tandis que la dotation aux amortissements sur la même période s’établit à 468 k€. La méthodologie de calcul de ces charges appelle les remarques suivantes : La redevance compteurs comprend des frais financiers, ce qui est très discutable au regard du traitement comptable de ces derniers dans les comptes de la SEM (production immobilisée – autofinancement par le service) Le taux de progressivité appliqué induit un renchérissement théorique des frais financiers. 84

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Les TME utilisés pour le calcul de cette charge ne font jamais fait l’objet de révision, ce qui accroît les risques de décrochage avec la réalité économique du service La valeur nette comptable du parc compteur s’élève à 3 184 k€ au 31/12/2007 mais cette valeur risque d’évoluer jusqu’au terme du contrat car les compteurs sont posés ou renouvelés tous les ans. Nous attirons l’attention de MPM sur le fait qu’au terme du c ontrat, le parc de compteurs aura une valeur résiduelle financière et une valeur nette comptable puisqu’il n’est pas amorti sur la durée restant à courir mais sur une durée fixe de 12 ans. Selon les informations complémentaires communiquées par la SEM, rappelant les dispositions de l’article 40 du cahier des charges, les compteurs (art. 17) font partie intégrante de la concession et devront être remis gratuitement à la collectivité.

 Investissements contractuels La rubrique « Investissements contractuels » du CARE affiche les charges suivantes : Tableau 27 : Charges d'investissements contractuels

2005 Investissements contractuels 4 403 k€

Evolution 1,5%

2006 4 469 k€

Evolution 39,0%

2007 6 212 k€

Cette rubrique concerne les investissements suivants : Avenant 9 de la convention : versement de 230 MF (35 063 k€) relatifs à la prise en charge de la dette du service de l’eau par la SEM, ayant permis de financer les installations d’intérêt général du service du Canal de Marseille (notamment la station de traitement de Vallon Dol). Avenant 9 de la convention : remboursement des emprunts GOBTP de la Ville de Marseille et CFCMM de la commune d’Aubagne. Le montant à financer communiqué par la SEM s’établit à 4 327 k€, correspondant au capital restant dû au 1er janvier 1992, selon les échéanciers annexés au contrat. Avenant 19 de la convention : versement de 17 600 k€ relatifs à la participation au financement des études et travaux du Plan Quinquénal. La SEM précise que la somme n’ayant pas été versée à la clôture de l’exercice 2007, le montant retenu pour le calcul de la charge d’investissement imputée au CARE s’élève à 14 968 k€, sans toutefois justifier ce montant. 85

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Trois investissements antérieurs à l’avenant 9, dont les montants à financer à compter du 1er janvier 1992 sont les suivants : o o o Chute de Sainte Marthe : 15 k€ Complexe de la Batarelle : 94 k€ Station de pompage des Bastides : 42 k€

Les annuités financières relatives à ces investissements et imputées au service sont calculées selon les paramètres suivants : Durée : durée restant à courir jusqu’au terme du contrat, à compter de la date de réalisation des investissements. A noter que le versement de 17,6 M€ est amorti à compter que 1er mai 2007. Cette dernière date est critiquable puisque la SEM prévoit le versement de cette somme selon l’échéancier suivant : o o o 2 000 k€ au 01/12/2008 7 000 k€ au 01/07/2010 8 600 k€ au 01/01/2011

Selon cet échéancier, aucun versement n’a été réalisé par la SEM en 2007. Aucune charge n’aurait dû venir grever le compte d’exploitation 2007, notamment les charges financières intégrées dans l’annuité . Taux de financement : la SEM utilise le taux moyen des emprunts d’Etat sur le marché secondaire (TME) historique, majoré de 0,5 point pour tenir compte du risque supplémentaire appliqué aux entreprises par les organismes financiers. Ainsi, à l’exception du versement de 17,6 M€ régi par des dispositions contractuelles plus récentes, le taux de financement imputé au service s’élève à 9,1% (TME = 8,60%). L’utilisation de ce taux historique est critiquable. Il est très supérieur aux conditions actuelles du marché (TME février 2009, publié par la Banque de France = 3,74%). Si ces investissements avaient été financés par dette, il ne fait aucun doute que les conditions de financement auraient été renégociées depuis 1992. La progressivité appliquée implique un renchérissement du coût de financement.

86

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille La simulation suivante permet de comparer trois méthodologies de calcul économique permettant d’imputer les charges d’investissement au service : la méthode utilisée par la SEM ; la méthode utilisée par la SEM sans progressivité ; la méthode utilisée par la SEM sans progressivité et en ajustant le TME chaque année, afin d’imputer un coût de financement actualisé. Nous l’appellerons méthode FINANCE CONSULT par la suite. Le graphique suivant représente les résultats de ces trois méthodes de calcul et intègre un quatrième élément de comparaison : l’amortissement industriel pratiqué (qui n’intègre aucun coût de financement) : Graphique 5 : Charges d'investissements contractuels

Charges d'investissement
7 000 000,00 €
6 000 000,00 €

5 000 000,00 € 4 000 000,00 €
3 000 000,00 €

2 000 000,00 € 1 000 000,00 € 0,00 € 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007

Charges d'investissement - Méthode SEM Charges d'investissement - Méthode FINANCE CONSULT

Charges d'investissement - Méthode SEM sans progressivité Amortissements industriels

Il apparaît que la méthodologie employée par la SEM est défavorable au service et dégrade artificiellement sa rentabilité. D’après les résultats de cette simulation, les frais financiers imputés au service de 1992 à 2007 sont les suivants selon les trois méthodes étudiées : Méthode SEM : 48,1 M€ Méthode SEM sans progressivité : 44,6 M€ Méthode FINANCE CONSULT : 29,7 M€

Selon cette analyse, nous estimons une marge de manœuvre de 18,4 M€ sur 16 ans, soit 1,15 M€ par an. 87

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

Par ailleurs, il convient de noter qu’aucune dette financière n’apparaît dans la comptabilité sociale de la SEM et que les frais financiers sont négligeables en 2007. Ainsi, les charges imputées au service ne reflètent pas les charges comptabilisées par la SEM. Il n’est cependant anormal qu’un coût de financement rémunère l’autofinancement. Le versement des 230 MF prévu à l’avenant 9 est comptabilisé en immobilisation incorporelle dans les comptes de la SEM (poste 205200) pour une valeur brute de 35 063 k€. Il est amorti linéairement sur 22 ans et sa valeur nette comptable au 31/12/2007 s’élève à 11 156 k€. Le versement des 17,6 M€ prévu à l’avenant 19 est comptabilisé en immobilisation incorporelle dans les comptes de la SEM (poste 205200), en contrepartie d’une dette auprès de MPM. Elle est amortie sur la durée restante à courir du contrat à compter de la signature du contrat, soit 6 ans et 8 mois. Cette immobilisation a été amortie à hauteur de 1 800 k€ au 31/12/2007. Les emprunts GOBTP et CFCMM (4 327 k€) repris par la SEM sont comptabilisés en immobilisation incorporelle dans les comptes de la SEM (poste 205200). A la signature de l’avenant 9, il avait été décidé d’amortir cet investissement selon le rythme d’amortissement des emprunts correspondant. Au cours de l’exercice 1993, il a été décidé d’amortir le capital restant dû de façon linéaire jusqu’au terme du contrat. La SEM n’indique pas la valeur nette comptable de cette immobilisation.

88

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille  « Annuités d’emprunts de la Collectivité prises en charge » du CARE La rubrique « Annuités d’emprunts de la Collectivité prises en charge » du CARE affiche les charges suivantes : Tableau 28 : Charges d'annuités d'emprunt prises en charge

2005 Annuités d'emprunts de la collectivité prises en charge 435 k€

Evolution 1,6%

2006 442 k€

Evolution 1,4%

2007 448 k€

Cette rubrique concerne les investissements suivants : La reprise des emprunts de la commune de Septèmes-les-Vallons, conformément aux dispositions de l’avenant 9 et des échéanciers annexés : le capital restant dû au 1er janvier 1992, retenu par la SEM s’élève à 383 k€ (un écart négligeable est constaté : 12 k€ en faveur du service). La reprise des emprunts de la commune de La Pennes sur Huveaune, conformément aux dispositions de l’avenant 9 et des échéanciers annexés : le capital restant dû au 1er janvier 1992, retenu par la SEM s’élève à 408 k€ (un écart négligeable est constaté : 48 k€ en défaveur du service). La reprise des emprunts de la commune des Pennes Mirabeau, conformément aux dispositions de l’avenant 9 et des échéanciers annexés : le capital restant dû au 1er janvier 1992, retenu par la SEM s’élève à 983 k€ (un écart négligeable est constaté : 130 k€ en défaveur du service). La reprise des emprunts de la commune d’Aubagne, conformément aux dispositions de l’avenant 9 et des échéanciers annexés : le capital restant dû au 1er janvier 1992, retenu par la SEM s’élève à 2 135 k€ (un écart négligeable est constaté : 157 k€ en défaveur du service). Les modalités de calcul des charges imputées au service sont identiques à celles utilisées pour les charges de la rubrique « Investissements contractuels » et les critiques également. Conformément au paragraphe précédent, la simulation suivante permet de comparer trois méthodologies de calcul économique permettant d’imputer les charges d’investissement au service : la méthode utilisée par la SEM ; la méthode utilisée par la SEM sans progressivité ; la méthode utilisée par la SEM sans progressivité et en ajustant le TME chaque année, afin d’imputer un coût de financement actualisé. Nous l’appellerons méthode FINANCE CONSULT par la suite. 89

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Le graphique suivant représente les résultats de ces trois méthodes de calcul et intègre un quatrième élément de comparaison : l’amortissement industriel pratiqué (qui n’intègre aucun coût de financement) : Graphique 6 : Charges d'investissement - Reprise des emprunts

Charges d'investissement - Reprise des emprunts
500 000,00 €
450 000,00 €

400 000,00 €
350 000,00 €

300 000,00 € 250 000,00 € 200 000,00 € 150 000,00 € 100 000,00 € 50 000,00 € 0,00 € 1992 1993 1994 1995 1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007

Charges d'investissement - Méthode SEM Charges d'investissement - Méthode FINANCE CONSULT

Charges d'investissement - Méthode SEM sans progressivité Amortissements industriels

Il apparaît que la méthodologie employée par la SEM est défavorable au service et dégrade artificiellement sa rentabilité. D’après les résultats de cette simulation, les frais financiers imputés au service de 1992 à 2007 sont les suivants selon les trois méthodes étudiées : Méthode SEM : 4,7 M€ Méthode SEM sans progressivité : 4,4 M€ Méthode FINANCE CONSULT : 2,9 M€

Selon cette analyse, nous estimons une marge de manœuvre de 1 ,8 M€ sur 16 ans, soit 0,1 M€ par an. La reprise des annuités d’emprunt représente à investissement moindre que les investissements contractuels.

90

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille  Investissements du domaine privé La rubrique « Investissements du domaine privé » du CARE affiche les charges suivantes : Tableau 29 : Investissement du domaine privé

2005 Investissements du domaine privé 1 577 k€

Evolution 0,4%

2006 1 583 k€

Evolution 8,5%

2007 1 717 k€

La SEM détaille ces investissements sur l’exercice 2007 comme suit : Le matériel de transport Le matériel informatique Les agencements Les matériels industriels, le mobilier et le matériel de bureau Total Ces dépenses d’investissement sont mutualisées 306 k€ 693 k€ 279 k€ 439 k€ 1 717 k€ (à l’exception de certains postes

imputables directement) au niveau de la SEM. Elles sont amorties selon un calcul actuariel dont la méthodologie est comparable aux calculs actuariels étudiés dans les paragraphes précédents. La durée de financement ne dépend pas du terme du contrat. Les biens sont amortis selon leur durée de vie économique. Ces dépenses mutualisées sont ensuite réparties selon différentes clés de répartition (km parcourus, coefficient d’activité non précisé, valeur ajoutée) adaptée au centre de coût de la comptabilité analytique, comme indiqué en annexe du présent rapport.

4.2.4 Les charges financières

Aucune charge financière n’est identifiée dans les comptes d’exploitation, à l’exception de celles identifiées au 4.2.3.2., relatives au financement des investissements. Dans ses compléments d’information, la SEM a communiqué les éléments du cycle d’exploitation de la société mais ne les identifie pas pour le service d’adduction et de distribution d’eau du Canal de Marseille.

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

4.3 Analyse de la structure financière du contrat

La SEM précise que le financement du service n’est pas assuré par des moyens financiers dédiés. Aussi, pour traduire le coût économique des investissements, la SEM a retenu un taux de référence, comme le préconise l’Ordre des Experts Comptables dans l’ouvrage intitulé « Le rapport annuel du délégataire de service public », publié en novembre 2005 au Courrier des maires et des élus locaux. Selon cette source citée par la SEM, le coût de financement peut légitimement être imputé au service et calculé selon un calcul actuariel sur la base d’un taux de référence. Le taux de financement retenu par la SEM est le taux moyen des emprunts d’Etat sur le marché secondaire (TME), majoré de 0,5 point pour tenir compte du risque supplémentaire appliqué aux entreprises par les organismes financiers. La SEM ne communique pas davantage d’information sur sa stru cture de financement et sur l’origine de ces financements. Selon les comptes de la SEM, les investissements réalisés semblent entièrement autofinancés. La SEM ne fait apparaître aucun emprunt bancaire dans ses comptes et ne bénéficie d’aucune subvention d’investissement. La SEM a cumulé des résultats bénéficiaires, maintenus en partie en réserves ou en report à nouveau, constituant une ressource en fonds propres. Par ailleurs, la SEM dispose d’un stock de provisions pour renouvellement de 75,3 M€ comme indiqué au 4.2.3.1. du présent rapport. Ce stock constitue une ressource de trésorerie permettant de supporter des investissements.

92

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

4.4 Analyse de la rentabilité apparente

Le tableau suivant rapporte le résultat du service aux recettes propres du fermier hors compte de tiers : Tableau 30 : Rentabilité du service
Produits du service (hors produi ts perçus pour comptes de ti ers ) Résultat avant impôt Taux de rentabilité du service avant impôt Impôts Taux d'imposition constaté Résultat net du service Taux de rentabilité du service (résultat / recettes propres) Exercice 2005 évolution Exercice 2006 évolution Exercice 2007 104 034k€ 1,72% 105 822 k€ 3,51% 109 541 k€ 17 730k€ 12,66% 19 974 k€ -24,91% 14 999 k€ 17,0% 6 239k€ 35,19% 11 491k€ 11,05%
5,08% 16,77%

18,9% 6 556 k€ 32,82% 13 418 k€ 12,68%
-15,65% -29,43%

13,7% 5 530 k€ 36,87% 9 469 k€ 8,64%

Les taux d’imposition constatés dans le tableau ci -dessus ne semblent pas incohérents au regard du taux légal en vigueur en France (33%). Des écarts apparaissent probablement du fait : de l’intégration fiscale pratiquée au niveau du Groupe SEM. En effet, certaines sociétés du Groupe peuvent être déficitaires et donc minorer le résultat imposable ; de l’intégration de la participation des salariés dans les charges de pers onnel.

L’équilibre du service est assuré avec des résultats nets bénéficiaires sur la période d’observation. Les taux de rentabilité affichés sont satisfaisants, d’autant que, comme vu précédemment, aucun produit financier, relatif aux placements de trésorerie, n’est affecté au service et que les mécanismes de calcul des charges relatives aux investissements permettent de masquer une partie de cette rentabilité en affichant des charges financières, en décalage avec les règles de la comptabilité. Il convient de noter une baisse de la rentabilité en 2007, du fait notamment de l’impact de l’avenant 19 et la comptabilisation d’une charge s’élevant à 1 677 k€. Au regard du calendrier de versement de la contribution prévue à l’avenant 19 (17,6 M€), dont le premier versement est prévu au 1er janvier 2008, aucune charge n’aurait dû impacter l’exercice 2007.

93

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

5 - L’ANALYSE DE LA DOCUMENTATION FINANCIERE
DISPONIBLE

Le décret (art. R.1411-7 du CGCT) en date du 14 mars 2005 relatif à la gestion des services publics délégués précise les conditions de contrôle des DSP. Il convient de rappeler que "la collectivité ne peut pas se désintéresser du

fonctionnement du service public délégué" et "qu’elle demeure garante de la bonne exécution du service délégué à l’égard des usagers". Pour une collectivité, l’évaluation des conditions d’exécution d'un service délégué suppose une information suffisante, cohérente et la possibilité de l'exploiter. Le tableau suivant recense l’information communiquée par le délégataire du service d’adduction et de distribution d’eau du Canal de Marseille. Récapitulatif de la complétude de l’information : Cadre En vert : information satisfaisante En orange : information lacunaire En rouge : absence d’information Information Compte annuel de résultat de l'exploitation (N-1 et N) Modalité d’affectation des charges directes et indirectes Présentation des méthodes comptables pour la détermination des produits et des charges directes et indirectes Modifications exceptionnelles et dûment motivée des méthodes comptables Légal Inventaire de la situation des biens et immobilisations nécessaires à l'exploitation du service public délégué Etat du suivi du programme contractuel d'investissements en premier établissement et du renouvellement des biens et Une étude est en cours 94 immobilisations Inventaire des biens désignés au contrat comme biens de retour et de reprise n.s. Une étude est en cours Etat de l’information

Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille Engagements à incidences financières Tarifs pratiqués, mode de détermination et détail des calculs d’indexation Autres recettes d’exploitation Autres informations relatives à l’exécution du service Informations utiles du rapport technique et financier Contexte contractuel Organisation du service Eléments descriptifs du patrimoine Evénements importants de la vie du service au cours de l’année Chiffres clés de l’exploitation (techniques et administratifs) Données relatives à la qualité de l’eau distribuée et notamment le résultat des analyses de l’eau distribuée Programme de travaux permettant de mettre les ouvrages en état de satisfaire les besoins et en conformité avec la réglementation Contractuel Analyse de la qualité du service Effectifs du concessionnaire Ratios de rendement Indices de consommation et de pertes sur réseau Ratio de facturation Situation en termes qualitatifs et quantitatifs, des ouvrages Situation du réseau du périmètre par matériau et par diamètre, au titre du renouvellement et au titre des travaux Comptes retraçant la totalité des opérations afférentes à la DSP, respectant le principe d’indépendance des exercices et la permanence des méthodes Comptes de l’année N-1 Méthodes de présentation des comptes Produits de gestion, comportant la rémunération du concessionnaire au titre des divers postes de facturation et les recettes accessoires Contractuel (travaux attribués à titre exclusif, prestations de transit d’eau des installations du service…) Dépenses directes Dépenses imputées au moyen d’un système de répartition analytique, en fournissant les méthodes utilisées Montants globaux Pas de produits financiers ni exceptionnels Pas personnel dédié Tarifs de vente d’eau uniquement Pas indexation

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Contrat SEM – Eau – Périmètre Canal de Marseille

Charges calculées correspondant d’une part aux obligations de renouvellement et d’autre part aux investissements contractuels Redevances versées à MPM, à la Ville, aux communes, et aux tiers Décomposition des dépenses de fonctionnement courant : Personnel et charges sociales Produits de traitement et réactifs Achats d’eau Energie électrique Laboratoire et analyses Sous-traitance, matières et fournitures Impôts et taxes et redevances de prélèvement Transports et déplacements Informatique Postes et télécommunications Locaux et assurances Autres dépenses de fonctionnement Frais de siège l’analyse des recettes l’analyse des dépenses l’analyse du solde l’analyse du compte de la surtaxe l’analyse du de TVA au titre du transfert du droit à déduction l’analyse du compte redevance assainissement Compte global pas de détail

L’information communiquée par la SEM est satisfaisante au regard des obligations légales et contractuelles. Elle est toutefois lacunaire sur le plan patrimonial. Le détail des modalités d’indexation des tarifs et/ou des redevances n’est pas communiqué dans les rapports annuels du délégataire. Les effectifs dédiés au service ne sont pas précisés. Les modalités de détermination des charges calculées (amortissements financiers des mises de fonds) ne sont pas détaillées dans les RAD mais ont été communiquées en complément. Aucun produit financier, ni exceptionnel n’est affecté au service, tandis que le contrat fait ressortir des excédents de trésorerie.

96