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Programme de formation des acteurs de l’électrification rurale

en Afrique francophone
CDER – Marrakech du 19 au 28 Novembre 2007

Histoire de l’électrification rurale en France


D’après une étude de René Massé pour le Gret

René MASSE

Rene.masse@free.fr
Au début, l’électrification des zones
rurales n’intéresse personne,…
• A la fin du XIXème siècle, malgré le
développement économique, les villages
restent dans l’obscurité.
• Les notables ruraux comprennent que le
marché de l’ER n’attirera pas les capitaux
privés. Ils vont donc prendre l’initiative
d’engager les communes dans l’ER, d’abord
dans l’éclairage public, puis pour les familles.
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Au XIXème siècle, l’électrification des
zones rurales n’intéresse personne,…
• A la fin du XIXème siècle, malgré le
développement économique, les villages
restent dans l’obscurité.
• Les notables ruraux comprennent que le
marché de l’ER n’attirera pas les capitaux
privés. Ils vont donc prendre l’initiative
d’engager les communes dans l’ER, d’abord
dans l’éclairage public, puis pour les familles.
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Jusqu’en août 1923, l’Etat suit…
• L’Etat légifère, régule et contrôle, mais ne
s’engage pas de façon décisive
– en 1900, le Conseil d’Etat admet la création de
« Régies municipales d’électricité », sur le
modèle de celles qui existaient déjà
– en 1920, une loi crée les « Sociétés d’intérêt
collectif agricole d’électricité » SICAE pour
donner un statut aux coopératives électriques
que les fermiers avaient créées spontanément
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Jusqu’en août 1923, l’Etat suit…
• L’Etat légifère, régule et contrôle, mais ne
s’engage pas de façon décisive
– en 1900, le Conseil d’Etat admet la création de
« Régies municipales d’électricité », sur le
modèle de celles qui existaient déjà
– en 1920, une loi crée les « Sociétés d’intérêt
collectif agricole d’électricité » SICAE pour
donner un statut aux coopératives électriques
que les fermiers avaient créées spontanément
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Jusqu’en août 1923, l’Etat suit…
– Au début du XXème siècle, les institutions
financières publiques (Caisse des dépôts et
consignations et le Crédit agricole) accordent des
avances aux Collectivités locales pour financer
leurs investissements d’ER. Mais ces emprunts
sont garantis sur le budget communal. Les CL
peuvent répercuter les frais financiers sur les tarifs,
voire appliquer un impôt local.
– En contrepartie, en1906 les CL se voient
reconnaitre l’Autorité concédante.
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Jusqu’en août 1923, l’Etat suit…
– Au début du XXème siècle, les institutions
financières publiques (Caisse des dépôts et
consignations et le Crédit agricole) accordent des
avances aux Collectivités locales pour financer
leurs investissements d’ER. Mais ces emprunts
sont garantis sur le budget communal. Les CL
peuvent répercuter les frais financiers sur les tarifs,
voire appliquer un impôt local.
– En contrepartie, en 1906, les CL se voient
reconnaitre l’Autorité concédante.
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La loi du 2 août 1923 définit les modalités de
subvention de l’ER par l’Etat

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La loi du 2 août 1923 définit les modalités de
subvention de l’ER par l’Etat

• De 1923 à 1940, l’Etat ne cessera


d’augmenter ses subventions à l’ER.
• Sur les 8 milliards de francs engagés pour
l’ER sur ces vingt années, l’Etat en
apportera 3,372 au titre de la subvention et
700 millions à titre d’avance à taux réduit.
• Cela représente une subvention globale de
l’ordre de 50%, pendant vingt ans.
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La loi du 2 août 1923 définit les modalités de
subvention de l’ER par l’Etat

• De 1923 à 1940, l’Etat ne cessera


d’augmenter ses subventions à l’ER.
• Sur les 8 milliards de francs engagés pour
l’ER sur ces vingt années, l’Etat en
apportera 3,372 au titre de la subvention et
700 millions à titre d’avance à taux réduit.
• Cela représente une subvention globale de
l’ordre de 50%, pendant vingt ans.
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De 1923 à 1940, l’Etat français s’engage de façon
continue dans le financement de l’ER

• De 1923 à 1940, l’Etat ne cessera


d’augmenter ses subventions à l’ER.
• Sur les 8 milliards de francs engagés pour
l’ER sur ces vingt années, l’Etat en
apportera 3,372 au titre de la subvention et
700 millions à titre d’avance à taux réduit.
• Cela représente une subvention globale de
l’ordre de 50%, pendant vingt ans.
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Le Crédit agricole accorde aussi des prêts à taux
bonifiés

• Taux bonifiés de 2,30%


• Amortissement sur 30 ans, puis 40
• Au début, ces prêts ne peuvent couvrir que
70 à 80% du capital versé par les CL.
• A partir de 1928, ils pourront représenter
deux fois le capital versé par les CL

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Le Crédit agricole a eu un rôle modeste dans
l’ER… mais l’ER a joué un rôle déterminant pour
le Crédit agricole
• Malgré un crédit d’engagement de 900
millions de francs, le CA n’engagera sur
fonds propres que 778 millions en vingt
années. Il contribuera par ses prêts à 7,8%
seulement au financement de l’ER.
• Par contre, cette activité représentera 45%
des prêts à long terme du CA et aura
vivement concouru à la croissance de cette
jeune institution.
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Le Crédit agricole a eu un rôle modeste dans
l’ER… mais l’ER a joué un rôle déterminant pour
le Crédit agricole
• Malgré un crédit d’engagement de 900
millions de francs, le CA n’engagera sur
fonds propres que 778 millions en vingt
années. Il contribuera par ses prêts à 7,8%
seulement au financement de l’ER.
• Par contre, cette activité représentera 45%
des prêts à long terme du CA et aura
vivement concouru à la croissance de cette
jeune institution.
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En absence d’un véritable mécanisme de
financement public de l’ER, les Collectivités
locales disposaient
• D’emprunts locaux auprès des populations
• De prêts d’autres établissements bancaires
• De subventions et avances des départements, qui
bénéficiaient aussi d’un système d’avance pour
l’ER de la CDC
• De fonds propres des maitres d’ouvrages
provenant de surtaxes sur le tarif de vente de
l’électricité
• De participations des concessionnaires
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En absence d’un véritable mécanisme de
financement public de l’ER, les Collectivités
locales disposaient
• D’emprunts locaux auprès des populations
• De prêts d’autres établissements bancaires
• De subventions et avances des départements, qui
bénéficiaient aussi d’un système d’avance pour
l’ER de la CDC
• De fonds propres des maitres d’ouvrages
provenant de surtaxes sur le tarif de vente de
l’électricité
• De participations des concessionnaires
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En absence d’un véritable mécanisme de
financement public de l’ER, les Collectivités
locales disposaient
• D’emprunts locaux auprès des populations
• De prêts d’autres établissements bancaires
• De subventions et avances des départements, qui
bénéficiaient aussi d’un système d’avance pour
l’ER de la Caisse des dépôts et consignations
• De fonds propres des maitres d’ouvrages
provenant de surtaxes sur le tarif de vente de
l’électricité
• De participations des concessionnaires
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En absence d’un véritable mécanisme de
financement public de l’ER, les Collectivités
locales disposaient
• D’emprunts locaux auprès des populations
• De prêts d’autres établissements bancaires
• De subventions et avances des départements, qui
bénéficiaient aussi d’un système d’avance pour
l’ER de la CDC
• De fonds propres des maitres d’ouvrages
provenant de surtaxes sur le tarif de vente de
l’électricité
• De participations des concessionnaires
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En absence d’un véritable mécanisme de
financement public de l’ER, les Collectivités
locales disposaient
• D’emprunts locaux auprès des populations
• De prêts d’autres établissements bancaires
• De subventions et avances des départements, qui
bénéficiaient aussi d’un système d’avance pour
l’ER de la CDC
• De fonds propres des maitres d’ouvrages
provenant de surtaxes sur le tarif de vente de
l’électricité
• De participations des concessionnaires
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Les résultats sont éloquents

• En 1932, on dénombre 1 163 régies municipales et


1 600 SICAE. 80% des communes sont électrifiées.
• En 1936, 96% des communes et près de 90% de la
population ont l’électricité.

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1936, le Front populaire crée le FACE, Fonds
d’amortissement des charges d’électrification

Reprenant une proposition des Collectivités locales, le


FACE allégera les charges communales et départementales
d’électrification ; mais il ne se substituera pas à ces
financements publics locaux. Il assure :
– 50 à 80% des charges d’intérêts et d’amortissements des emprunts,
quelque soient leur nature et leur durée
– 20 à 30% des charges annuelles des départements résultants des
subventions qu’elles allouaient aux CL pour l’ER

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1936, le Front populaire crée le FACE, Fonds
d’amortissement des charges d’électrification

Reprenant une proposition des Collectivités locales, le


FACE allégera les charges communales et départementales
d’électrification ; mais il ne se substituera pas à ces
financements publics locaux. Il assure :
– 50 à 80% des charges d’intérêts et d’amortissements des
emprunts, quelque soient leur nature et leur durée
– 20 à 30% des charges annuelles des départements
résultants des subventions qu’elles allouaient aux CL
pour l’ER
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Le Fonds d’amortissement des charges
d’électrification est alimenté par…

• Une contribution annuelle perçue sur les recettes


de distribution d’électricité. Elles est de 2,80%
en zones urbaines, mais de 0,56% seulement
dans les zones rurales (péréquation)
• Une subvention d’un montant égal, qui ne sera
versé que les quatre premières années (guerre).
Pendant la guerre, et jusqu’à la création de EDF,
le FACE n’interviendra que de façon restreinte.
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Le Fonds d’amortissement des charges
d’électrification est alimenté par…

• Une contribution annuelle perçue sur les recettes


de distribution d’électricité. Elles est de 2,80%
en zones urbaines, mais de 0,56% seulement
dans les zones rurales (péréquation)
• Une subvention d’un montant égal, qui ne sera
versé que les quatre premières années (guerre).
Pendant la guerre, et jusqu’à la création de EDF,
le FACE n’interviendra que de façon restreinte.
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Le Fonds d’amortissement des charges
d’électrification est alimenté par…

• Une contribution annuelle perçue sur les recettes


de distribution d’électricité. Elles est de 2,80%
en zones urbaines, mais de 0,56% seulement
dans les zones rurales (péréquation)
• Une subvention d’un montant égal, qui ne sera
versé que les quatre premières années (guerre).
Pendant la guerre, et jusqu’à la création de EDF,
le FACE n’interviendra que de façon restreinte.
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Après la guerre de 39 – 45, l’ER est à refaire

• Quand éclate la guerre, 96% de la population a


l’électricité en France.
• Au sortir de la guerre, 17,5% des foyers ruraux
et 5,7% des urbains n’ont plus l’électricité.
• La concentration industrielle et financière s’est
renforcée : 10 groupes privés produisent 90% de
l’énergie et 34 des 1 150 distributeurs
approvisionnent 60% des clients.
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Après la guerre de 39 – 45, l’ER est à refaire

• Quand éclate la guerre, 96% de la population a


l’électricité en France.
• Au sortir de la guerre, 17,5% des foyers ruraux
et 5,7% des urbains n’ont plus l’électricité.
• La concentration industrielle et financière s’est
renforcée : 10 groupes privés produisent 90% de
l’énergie et 34 des 1 150 distributeurs
approvisionnent 60% des clients.
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L’Etat est face à une tache de reconstruction et,
surtout, d’harmonisation

• Harmonisation des techniques (5 à Paris),


optimisation du système global électrique,
baisse et harmonisation des tarifs…
• Pour reprendre la main de l’économie, il fallait
nationaliser les secteurs stratégiques…
• La Loi de nationalisation de l’électricité de 1946
n’a de surprise que l’exception accordée aux
régies et aux SICAE.
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Cacophonie technique

A Paris, il existait à la fin de la seconde guerre mondiale pas moins de cinq


types de distribution :
– Au centre et au nord-ouest, un réseau à courant continu cinq fils, les abonnés
recevaient du 115, du 230 ou du 460 V ;
– Sur la rive droite, un réseau à courant continu trois fils, les abonnés recevaient du
115 ou du 230 V ;
– Sur un tiers de cette même rive droite, se développait un réseau à courant alternatif
complémentaire ;
– Rive droite toujours, à la périphérie nord, nord-est et est existait un réseau alternatif
diphasé (115 ou 230 V) ; et
– Rive gauche et sur une partie des 16ème et 17ème arrondissements, un réseau à
courant alternatif monophasé (115 ou 230 V).
L'élimination du courant continu dans la capitale, commencée en 1924, durera
plus de quarante années !

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Distorsion des tarifs BT en 1934
La situation des tarifs pratiqués par les distributeurs à la
clientèle basse tension en 1934, en francs de 1934 par kWh :
Zones urbaines Zones rurales

Tarif maximum 3,19 4,50


Tarif minimum 0,30 0,22

Source : rapport de M. Genissieu, juillet 1935.

Les mesures incitatives pour harmoniser les tarifs réduisent


les écarts entre maxima-minima et entre zones urbaines et
rurales entre 1934 et 1962 (résultat étude FACE en 1962 ci-
dessous) : Zones urbaines Zones rurales

Tarif maximum 0,313 0,342


Tarif minimum 0,196 0,209

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L’Etat est face à une tache de reconstruction et,
surtout, d’harmonisation

• Harmonisation des techniques (5 à Paris),


optimisation du système global électrique,
baisse et harmonisation des tarifs…
• Pour reprendre la main de l’économie, il fallait
nationaliser les secteurs stratégiques…
• La Loi de nationalisation de l’électricité de 1946
n’a de surprise que l’exception accordée aux
régies et aux SICAE.
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La loi de nationalisation de 1946 est la réponse
institutionnelle trouvée

• Les régies et SICAE gardent le droit de produire


et de distribuer l’électricité
• Les Collectivités locales conservent l’Autorité
concédante
• Un établissement public est créé, EDF, qui
• Reprendra les 1 200 concessions privées de
distribution
• gérera les comptes du FACE. Mais ce fonds
conservera son autonomie
rene.masse@free.fr pour garantir 32

l’investissement dans les zones rurales les moins


Pour conduire l’harmonisation du secteur, EDF se
voit confier deux grandes missions

• Reprendre les 1 200 concessions privées de


distribution. En 2002, subsistent encore aux
cotés de EDF 170 "Entreprises Locales de
Distribution" (ELD), régies ou SICAE
• Gérer les comptes du FACE. Mais ce fonds
conservera son autonomie pour garantir
l’investissement dans les zones rurales les moins
profitables sans fragiliser l’équilibre
d’exploitation de EDF.
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Pour conduire l’harmonisation du secteur, EDF se
voit confier deux grandes missions

• Reprendre les 1 200 concessions privées de


distribution. En 2002, subsistent encore aux
cotés de EDF 170 "Entreprises Locales de
Distribution" (ELD), régies ou SICAE.
• Gérer les comptes du FACE. Mais ce fonds
conservera son autonomie pour garantir
l’investissement dans les zones rurales les moins
profitables sans fragiliser l’équilibre
d’exploitation de EDF.
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Le FACE de 1946 à 1968
• Depuis 1958, le FACE n’accorde plus que des
aides en capital aux CL
• Dès 1963, le Fonds est excédentaire (recettes
supérieures aux dépenses). L’Etat suspend ses
subventions en 1964.
• A partir de 1968, les excédents sont affectés à
un Fonds spécial géré par le Ministère de
l’Agriculture, pour compléter les crédits dédiés
à l’ER.
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Le FACE de 1946 à 1968
• Depuis 1958, le FACE n’accorde plus que des
aides en capital aux CL
• Dès 1963, le Fonds est excédentaire (recettes
supérieures aux dépenses). L’Etat suspend ses
subventions en 1964.
• A partir de 1968, les excédents sont affectés à
un Fonds spécial géré par le Ministère de
l’Agriculture, pour compléter les crédits dédiés
à l’ER.
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Le FACE de 1946 à 1968
• Depuis 1958, le FACE n’accorde plus que des
aides en capital aux CL
• Dès 1963, le Fonds est excédentaire (recettes
supérieures aux dépenses). L’Etat suspend ses
subventions en 1964.
• A partir de 1968, les excédents sont affectés à
un Fonds spécial géré par le Ministère de
l’Agriculture, pour compléter les crédits dédiés
à l’ER.
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Le rôle de l’Etat et des Collectivités locales
• Avant 1923, l’Etat a surtout créé un
environnement juridique, institutionnel et
réglementaire favorable à la mobilisation de
financements publics et privés locaux. Le rôle
des Collectivités locales a été déterminant.
• Entre 1923 et 1936, le budget de l’Etat a
beaucoup contribué (50%) au financement de
l’ER

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Le rôle de l’Etat et des Collectivités locales
• Avant 1923, l’Etat a surtout créé un
environnement juridique, institutionnel et
réglementaire favorable à la mobilisation de
financements publics et privés locaux. Le rôle
des Collectivités locales a été déterminant.
• Entre 1923 et 1936, le budget de l’Etat a
beaucoup contribué (50%) au financement de
l’ER

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Qui a financé finalement l’électrification rurale ?

• Finalement, probablement la majorité des


ressources financières est provenue des clients
de l’électricité, et pas des contribuables :
– Apports en capital (emprunts locaux)
– Contributions sur les kWh consommés
• Les subventions du FACE n’ont été versées que
de 1936 à 1942, puis à nouveau de 1957 à 1964.

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Évolution des
subventions de
l'État pour
l'électrification
Rurale en France
de 1919 à 1931

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Quels enseignements retenir de cette histoire ?

Cette histoire de l’ER est liée à celle de la


France, pendant cette période :
– Longue période de stabilité politique
– Réel consensus politique pendant plus de 40 ans
– Pouvoir politique local fort est structuré

Donc, pas transférable à un autre contexte


national… Ceci dit, quelques points méritent
réflexion
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Quels enseignements retenir de cette histoire ?

• La totale liberté d’entreprendre sur


financements propres permet de mobiliser les
énergies et des financements locaux

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Quels enseignements retenir de cette histoire ?

• Mais par défaut de régulation, on risque de créer


des situations inextricables concernant :
– La standardisation des techniques des réseaux
rendant impossible leur interconnexion
– L’harmonisation et la réduction des tarifs
– Le sous-dimensionnement des premiers réseaux
induisant un cercle pervers : freine les
consommations, donc la rentabilité, donc la capacité
à investir
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Evolution des consommations BT
Même si les consommations annuelles basse tension des ménages
augmentent de 150% entre 1946 et 1962, tant en milieu urbain
qu'en zone rurale, le rapport de 1 à 2 entre les consommations
unitaires des deux zones est resté constant comme l'illustre le
tableau ci-dessous :
Évolution des consommations annuelles B.T. par familles dans les
communes urbaines et rurales

1946 1954 1962

Communes rurales (kWh/famille.an) 265 388 628

Communes urbaines (kWh/famille.an) 513 760 1 250

[1] Source : Histoire de l'Electricité en France". Tome 3. 1946-1987. Sous la direction de M. H. Morsel. Fayard, 1996. Page 173.

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Quels enseignements retenir de cette histoire ?

• Le réseau interconnecté français ne s’est pas


construit d’un centre vers les périphéries, par
extensions successives du réseau
• Le financement d’un Fonds par prélèvement sur
les kWh n’a été efficient que parce que le
pourcentage de familles déjà raccordées étaient
élevé (à sa mise en œuvre en 1935, près de 90%
de la population a déjà l’électricité)

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Evolution du réseaux de transport de l’électricité
entre 1946 et 2002

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Quels enseignements retenir de cette histoire ?

• Le réseau interconnecté français ne s’est pas


construit d’un centre vers les périphéries, par
extension successives du réseau
• Le financement d’un Fonds par prélèvement sur
les kWh n’a été efficient que parce que le
pourcentage de familles déjà raccordées étaient
élevé (à sa mise en œuvre en 1935, près de 90%
de la population a déjà l’électricité)

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Quels enseignements retenir de cette histoire ?
• L’ER ne s’est pas définie de façon convenue,
dans des cercles d’experts…penser aux débats
sur le labourage électrique, ou encore
l’électroculture (alimentation du végétal par électricité uniquement)
• La population française est restée stable en
valeur absolue… pas ce qu’on observe en PED
• Pas d’interférence du pouvoir politique dans la
gestion des entreprises d’ER. Mais il n’existait
pas de Société unique
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Le labourage électrique

Le premier modèle est exposé au concours général de Paris en


1903, quinze autres le seront en 1912.
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La balayeuse électrique

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Quels enseignements retenir de cette histoire ?
• L’ER ne s’est pas définie de façon convenue,
dans des cercles d’experts…penser aux débats
sur le labourage électrique, ou encore
l’électroculture (alimentation du végétal par électricité uniquement)
• La population française est restée stable en
valeur absolue… pas ce qu’on observe en PED
• Pas d’interférence du pouvoir politique dans la
gestion des entreprises d’ER. Mais il n’existait
pas de Société unique
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Quels enseignements retenir de cette histoire ?
• L’ER ne s’est pas définie de façon convenue,
dans des cercles d’experts…penser aux débats
sur le labourage électrique, ou encore
l’électroculture (alimentation du végétal par électricité uniquement)
• La population française est restée stable en
valeur absolue… pas ce qu’on observe en PED
• Pas d’interférence du pouvoir politique dans la
gestion des entreprises d’ER. Mais il n’existait
pas de Société unique
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Quels enseignements retenir de cette histoire ?
• Le règlement des consommations et le
remboursement des prêts se sont effectués sans
défaillance. Eléments d’explication :
– Implication des CL dans le processus d’ER
– Appartenance des clients à une même communauté
rurale
– La proximité des distributeurs d’électricité
– La structure des tarifs prévoyaient le remboursement
– Les communes pouvaient lever un impôt en cas…
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Quels enseignements retenir de cette histoire ?

• Une forte et constante volonté politique ! Celle


des élus locaux d’abord, mais soutenue puis
relayée efficacement par l’Etat.

rene.masse@free.fr 55
Je vous remercie de votre attention

Et vous suggère de lire l’étude réalisée pour


le GRET par René Massé. Elle est
téléchargeable sur le blogue de la session,
sur http://www.riaed.net

rene.masse@free.fr 56