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MODERNE

ÉDITO

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D ÉC E M B R E

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MODERNE

Couverture • Cité des arts
à Rio de Janeiro au Brésil, par
l’architecte Christian de Portzamparc
Photo : © Hufton+Crow

Les architectures du quotidien ou de l’exceptionnel présentées dans
ce numéro de Construction Moderne sont également servies par un
matériau polymorphe qui enrichit et donne sa singularité à chaque
projet. À Échenoz-la-Méline, le béton confère une dimension
intemporelle à un édifice qui affiche sa dimension institutionnelle
tout en étant accueillant au quotidien. L’école de La Plage à SaintJean-de-Monts articule « l’ancré » et « le soulevé » à travers le jeu des
porte-à-faux et des plans de béton qui donne toute sa force
d’expression à la géométrie composée. Illustrant le dialogue des
cultures, Christian de Portzamparc rend hommage à l’architecture
brésilienne avec la Cité des arts de Rio, qui met en scène le lyrisme
des volumes et des courbes dans une véritable symphonie de
béton. Sous le regard de la Cité Radieuse de Le Corbusier, à laquelle
il rend hommage, l’immeuble-villas « Le Greenwich » propose une
cité-jardin verticale, où vie individuelle et vie collective se conjuguent
harmonieusement.

Solutions béton présente l’ensemble des bétons et des traitements

7, place de la Défense • 92974 Paris-la-Défense Cedex
Té l . : 0 1 5 5 2 3 0 1 0 0 • F a x : 0 1 5 5 2 3 0 1 1 0
• E-mail : centrinfo@cimbeton.net •
• internet : www.infociments.fr •

disponibles pour l’aménagement urbain et paysager. Un focus sur
les bétons intelligents permet de découvrir des solutions innovantes
adaptées aux exigences environnementales.
Judith Hardy
Directrice de la rédaction

SOMMAIRE

Directeur de la publication : François Redron • Directrice de la rédaction : Judith Hardy •
Rédacteur en chef : Norbert Laurent • Rédacteur en chef adjoint : Clothilde Laute •
Conseillers techniques : Laurent Truchon, Serge Horvath, Claire Barbou – Bétocib •
Conception, rédaction et réalisation : Two & Two Paris • Directrice artistique : Sylvie
Conchon • Pour tout renseignement concernant la rédaction, tél. : 01.55.23.01.00 • La revue
Construction Moderne est consultable sur www.infociments.fr • Pour les abonnements, envoyer
un fax au 01.55.23.01.10 ou un e-mail à centrinfo@cimbeton.net

n° 143

béton
Les bétons décoratifs :
des solutions constructives entre
écologie et technologie

P. 16

Lisibilité et sécurité
des espaces urbains et paysagers
Des bétons innovants au service
de l’aménagement durable
des territoires

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P. 17

Rabat

a

Le béton
dans la ville et le paysage
La qualité du cadre de vie est primordiale pour le bien-être de tous. Le traitement et l’ambiance de
l’espace public, des voiries, des aménagements paysagers ont en cela un rôle fondamental. Faciles
d’entretien, durables et pérennes par nature, les bétons savent répondre aux enjeux esthétiques des
projets des urbanistes, des architectes et des paysagistes. Ils offrent aussi un large choix de solutions
innovantes au service de la préservation de l’environnement et répondent aux exigences les plus fortes
en terme de confort, de sécurité, de réduction des nuisances...

Texte : Marie Blanchelande

Crédits photos : Agilis, BGL, Cabinet de paysage, Folius, CIMbéton, Minéral Service, Sols, Fenêtre sur cour, MB Constructions, Holcim, Provence Impressions, SPECBEA.

Construction Moderne n° 143 - 15

Mairie – Échenoz-la-Méline (70) École – Saint-Jean-de-Monts (85) Logements – Marseille (13)
Architecte : BQ+A
Architecte : Pascal QuintardArchitectes : MKA Architecture
Hofstein
et Associés

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Cité des arts – Rio de
Janeiro, Brésil – Architecte :
Christian de Portzamparc

27

Centre d’accueil – Paris (75)
Architectes : Marjan Hessamfar
& Joe Vérons

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Salle de spectacles – Antibes
(06) – Architecte : Archidev

Maison individuelle –
Le Beaucet (13) – Architecte :
Jean-Paul Bonnemaison

35

Maison individuelle –
Corenc (38) – Architecte :
Guy Depollier

15

Le béton
dans la ville et le paysage

Présence et permanence
de l’institution communale
Échenoz-la-Méline, bourgade franc-comtoise située au sud de Vesoul, fait office, depuis quelques
décennies, de banlieue pavillonnaire. Elle a ainsi vu sa population augmenter progressivement, posant
alors, comme souvent, la question de ses équipements, de leur adéquation aux besoins des habitants
et de leur vétusté. Ce fut le cas pour la mairie. Aujourd’hui, un nouveau bâtiment remplace l’ancien.
L’édifice, volume de béton brut aux lignes acérées, affirme avec fierté son rôle d’institution, par ses
formes, sa sobriété et sa matérialité.

Texte : Béatrice Houzelle

Construction Moderne n° 143 - 1

créent un ensem- de la rue et s’ouvrent vers la vallée. la commune deux niveaux décalés en plan. par sa présence. de faire Côté extérieurs. À tourner Face à ce contexte manquant de autour de ce bâtiment. le coteau d’une vallée nord-sud assez étroite. Monolithes de de réflexions déjà menées. face à la vallée. inscrit sur la même parcelle. le bâtiment dévoile un intérieur bien plus enveloppant et accueillant. ble pouvant rappeler l’élégance et la Une bonne raison à cela. se déploie au creux Le juste dosage du plein mettant en explique que « l’idée d’un bâtiment festives. outre ce passage Les architectes ont pourtant choisi béton dont les façades lisses et les partager au plus grand nombre ces astucieux. sur le bas du d’afficher. avantageu- sobriété. le terrain dédié aux boulistes. Il n’est pas question ici ils profitent. scène les vides est savamment cal- accueille un amphithéâtre cerné de cernée par deux coteaux à forte culé – une géométrie. situé en ment à la fois la mairie. à la d’Échenoz-la-Méline prit la décision manière de terrasses plantées dans de se doter d’une nouvelle mairie – la continuité du dénivelé. caractérisée par une topogra- fronton à la population. un passage public exté- 2 . a été apportée au traitement des dif- et le parvis se détournent désormais fenêtres et piliers. La com- de se construire un équipement férents espaces. mise en valeur par la lumière partie l’absence de centre urbain. son statut d’institution Valerio Olgiati. offre sa surface géné- pelouse. et ses ombres associées. les archi- penser à d’autres édifices exprimant traversé par une circulation extérieure publique est tirée du projet de James Stirling pour le musée de Stuttgart ». actuel. La mairie étant constituée de plusieurs volumes et entités fonctionnelles. que et des locaux associatifs. des vues sur les sement remplacée par l’édifice publique. révélateur de son enga- teurs de cette mairie évoquent avec partie haute. En gravissant les marches. sans avoir à pénétrer ou périscolaire. Après avoir commandité une étude tectes ont choisi d’adapter leur projet de faisabilité arrivant à la conclusion à la topographie du lieu et d’ancrer le qu’il était impossible de restructurer bâtiment dans la pente par un jeu de les bâtiments existants. est démolie.Échenoz-la-Méline (70) à haute tige. . passion leurs sources d’inspiration à contourner le reste du bâtiment. alternant avancées. coteau est. Le bâtiment se devait rence aux œuvres d’architectes leurs enfants depuis le bas de la de l’agglomération. Intimidant par son extérieur. par son échelle et sa qu’ils admirent. 2 • Le parvis de l’accueil périscolaire se situe en partie haute. surtout. le parvis. Il marque indéniablement de copier. notamment celles de commune. une bibliothèque publi- gement en matière d’architecture. Au sud. mais bien de se nourrir activités qui se déroulent à l’intérieur. Sans oublier. nourrie de pente. Cette géographie explique en rigueur. pavé et planté d’arbres force d’un temple romain. Avec humilité. alors qu’à l’ouest. offrant son DES EXTÉRIEURS STRUCTURANTS mune. le le même type de vocabulaire archi- rieur la traverse. À juste titre. créant un accès mettant de réunir dans un seul bâti- parti pris de l’agence Quirot & Asso- tectural. quelle que soit l’échelle d’une et dévoilent faire leur projet en réfé- Les parents peuvent venir chercher L’ancienne mairie.1 2 a 1 • Les deux volumes composant le bâtiment sont décalés pour s’inscrire au mieux dans la pente. un accueil ciés est fort. Dans le même esprit. Les concep- direct à l’accueil périscolaire. per- D’un point de vue architectural. située au centre construction. une attention particulière de l’orienter différemment. on se met à structure et peu dense. l’occasion pour l’équipe municipale répondant aux nouvelles exigences UNE ARCHITECTURE AFFIRMÉE environnementales et. Bernard Quirot reuse aux différentes manifestations phie particulière. L’entrée compositions rythmées. en outre.Mairie . à l’est.

pace s’ajoute la volonté d’une ils ont pris le parti de réaliser des expression par la tectonique. térieur comme à l’intérieur. pour eux. Une parois composées de deux voiles phrase de Bernard Quirot résume béton prenant en sandwich l’isolant. par le dessin des coffrages. Autre point fort. en réponse au contexte paysager. créer des parois monolithiques de Déambuler dans la mairie s’appa- béton. 4 • L’escalier extérieur permettant d’accéder à l’accueil périscolaire sans avoir à contourner. c’est d’abord faire le choix d’un système constructif. Ce trio de matières qui permet au corps s’y promenant gamment aux surfaces de béton brut crée à la fois une unité spatiale et une de s’y sentir bien et de respirer. 1 10 6 N a Plan d’étage. d’une lumière naturelle panneaux de chêne parfaitement notamment pour les hauteurs sous parfaitement maîtrisée et abondante. en souhaitant intimes et lieux baignés de lumière. l’irrégularité du parement.3 . à l’instar larges ouvertures en façade sont 9 8 4 3 2 7 5 de projets réalisés par Tadao Andô. Par ailleurs. l’idéal eût été de dérons que l’architecture est d’abord l’art de la construction. nous préférons le béton coulé en place plutôt que la maçonnerie enduite. La sobriété y est toujours de rigueur mises en valeur par l’habillage de la chaque espace. Ceci au parement soigné. » cieuse de la lumière naturelle. les architectes ont jour. la répartition judi- trer le projet dans la pente. constitué de l’objet d’un dimensionnement précis. Faire un projet. les reprises de coulage. La texture et la ambiance chaleureuse dans l’en- est d’autant plus vrai pour la salle des teinte claire des parois grises sont semble du bâtiment. car il est alors possible d’exprimer les « forces de la construction ». mariages et celle du conseil municipal. voire d’ouvertures en second Dans cet esprit. voire à À cette approche sensible de l’es- sons techniques et réglementaires. assez bien les choses : « Nous consi- Même si. 1 Bureau du maire – 2 Salle de réunion – 3 Bureau des élus – 4 Hall périscolaire – 5 Salle d’activité/motricité – 6 Espace administratif – 7 Salle d’activité/aide à la restauration – 8 Restauration – 9 Préparation repas – 10 Patio. dont les volumes inspirent un sentiment de sérénité. Les complétées de puits de lumière zéni- UNITÉ DE MATIÈRE ENTRE INTÉRIEUR ET EXTÉRIEUR thale. chaque salle a fait mais mise au service de volumes partie basse des murs. L’idée d’encas- pouvoir mettre en œuvre une paroi l’impossibilité de le faire pour des rai- monolithe en béton isolant – un système constructif repéré dans un bâtiment dessiné par Valerio Olgiati à Construction Moderne n° 143 . généreux.3 4 a 3 • Le parvis de l’hôtel de ville est abrité par un porte-à-faux. Pour un bâtiment public. De larges dalles de pierre plafond – un travail de proportions de matériaux nobles s’associant élé- recouvrent le sol. UNE PEAU DE BÉTON ULTRA PROTECTRICE Face à la grande difficulté. permettant de moduler la lumi- cherché une unité matérielle entre le nosité et d’alterner espaces plus dedans et le dehors. ni entrer dans la mairie. menuisés. a rendu évident le choix d’un principe constructif en maçonnerie. qui seraient apparentes à l’ex- rente à un parcours sensoriel.

■ métalliques. un parti pris qu’ex- l’ajout d’adjuvants habituels pour du de doubles murs. la mise en place de l’isolant maintenu par le ferraillage – l’étape la plus délicate. utilisé sous la forme ou des piliers.40 m de hauteur. le coulage du voile extérieur de façade. pour la plupart. certains voiles atteignant 9. Le ment qui va à l’essentiel. de ventilation double flux dans les locaux. faux-plafonds. l’agence Quirot & Associés nombreux détails correspondant aux défend une position précise quant à jonctions des différents éléments. avec une chaufferie structure – un béton laissé brut et L’idée semble simple et logique.5 6 a 5 • Le hall. ce type d’approche… « Nous ne vou- PRISE EN COMPTE ENVIRONNEMENTALE Selon les volontés du maître d’ouvrage.Mairie . notamment lorsque la technique mise en œuvre n’est pas encore habituelle. 6 • La salle des mariages fait aussi office de salle des conseils municipaux. puis. toute la difficulté du ment à la très bonne inertie ther- tons de recourir à la préfabrication qui altère la continuité des surfaces. sur la hau- équipée d’une chaudière bois à gra- apparent à l’intérieur. participe pleine- plique Bernard Quirot : « Nous évi- béton laissé brut. nulés et une isolation particulière- tout dégagement de composés ble des ouvrages en béton a été Et même si le béton employé est ment soignée. Ses performances t La mise en œuvre des doubles murs a demandé méthode et minutie. suivie par le coulage du voile intérieur. Leur réalisation s’est faite en trois étapes : en premier. Pour le de ces doubles murs. et du béton pour la être réalisé comme tel. Au final. aventure. Car les coulages ont été BBC-Effinergie. comme les faux-planchers. en Suisse mais qui n’a pu s’est totalement investie dans cette énergétiques sont celles du label pour les sols. par exemple. etc. l’ensemble des matériaux employés peuvent être qualifiés de durables. Pour nous. notamment dans l’éli- organiques volatils. de la pierre de Bourgogne Photos : Luc Boegly Maître d’ouvrage : commune d’Échenoz-la-Méline Maître d’œuvre : BQ+A – Alexandre Lenoble. sans prescription particu- mination des ponts thermiques. évitant ainsi concrétisation l’est moins. l’entreprise chargée du gros œuvre chantier a résidé dans la confection mique de la construction. doublages.Échenoz-la-Méline (70) lons pas d’une démarche environnementale « techniciste » qui entraîne des coûts de maintenance importants. Heureusement. Sa effectués. sert également de lieu d’exposition. baigné d’une douce lumière naturelle. celle de l’édifice au total. Bernard Quirot et Olivier Vichard BET structure : FDI BET thermique : Henry Entreprise de gros œuvre : Campenon Bernard Régions Surface : 1 200 m2 SHON Coût : 2. » En cela. Zernez. après décoffrage de ce voile. qu’il s’agisse des voiles lière outre le dosage du ciment et choix du béton. à savoir du chêne pour les parements intérieurs et les éléments de mobilier sur mesure. l’architecte exprime la difficulté à maîtriser en cours de chantier la réalisation des moindres détails. mais c’est peut-être une erreur dans certains cas. donc bien construit avec le moins de finitions et le moins d’équipements motorisés. 4 . » En suivant cette logique.3 M€ HT . le bâtiment ne contient pas d’éléments superflus et « faux ». En revanche. y compris les reste. Francesca Patrono. L’ensem- teur totale de l’édifice (voir encadré). le projet a fait l’objet d’une démarche HQE®. un bâtiment durable est d’abord un bâtiment qui dure. un bâti- coulé en place dans des coffrages classique. Il n’y a pas.

offre son élégante silhouette de béton. blanche et allongée. Cette bourgade est composée de deux villes.. Entre les deux.. le groupe scolaire de la Plage. au cœur d’un quartier résidentiel composé de pavillons dotés de petits jardins. le centre ancien. le front de mer constitué de barres d’immeubles devant une immense plage de sable. dont les maisons typiques de Vendée sont petites et basses et. réalisé par l’architecte Pascal Quintard-Hofstein. Texte : Clotilde Foussard Construction Moderne n° 143 . une pinède plus loin.À l’école de la géométrie et des lumières Saint-Jean-de-Monts est un nom connu de tous : la station balnéaire populaire par excellence.5 .

et donner « des choses à voir ». Pascal Quintard-Hofstein se tectes portugais fondent la concep- familiarise avec le petit bâtiment et tion de ce bâtiment. mais bien du programme scolaire habituel : GÉNÉROSITÉ SPATIALE l’accès. un jeu de boules. Une paroi de béton les relie en façade sur rue.Saint-Jean-de-Monts (85) contre laquelle vient s’installer le . le réfectoire (il y Le terrain sur lequel se situe le en a deux. 2 • La dilatation du rez-de-chaussée crée de l’espace « offert ». Les espaces parta- l’aire sablonneuse de l’actuelle cour de récréation conservée et. D’une part la présence des pinèdes nouvel édifice. en fond de parcelle. et dans l’étalement du rez-de-chaussée. 6 . ainsi qu’une position d’éléments hétéroclites. Certes. salles de classe. « L’idée pour moi s’en fait un allié.1 2 3 a 1 • Le volume horizontal s’inspire des maisons vendéennes. blanches du marais vendéen. d’autre elle n’est pas neutre dans le site. Les deux établissements s’ouvrent sur le même parvis et une circulation établit le lien entre eux. des pavillons. se trouve la galerie qui permet aux enfants de l’école maternelle de rejoindre la cantine. située dans le nouveau bâtiment. c’est aussi l’occasion et le lieu de me rapprocher de Siza et de Da Graça. il ne l’intègre est de rester ouvert aux éléments caractéristiques du site pour créer du paysage et une nouvelle ligne d’horizon. le CDI et les douze gymnase en tôle. les bureaux. sans tomber dans l’imitation ni la fusion avec l’environnement. un grande cuisine). part l’admiration de Pascal Quintard- D’abord interloqué par cette étrange Hofstein pour le travail des archi- voisine. la contrainte essentielle du projet provenait non pas de ces données diverses. « Je me suis appliqué à diffuser la densité du programme dans des jeux de volumes variés et surprenants pour les élèves et les enseignants. Pour l’architecte. À cela s’ajoute l’école maternelle existante a Axonométrie.École . Du fait des similitudes existantes entre le paysage vendéen et celui de certaines régions du Portugal. » pas dans sa conception. pour faire naître de la matière urbaine en géométrisant. un pour la maternelle groupe scolaire présente une juxta- et l’autre pour la primaire. Conçue sur un plan en bordure de mer et l’architecture circulaire et couverte d’une toiture des longues maisons basses et constituée d’une série de triangles. 3 • Le béton engendre la pureté de l’expression architecturale. Derrière. mais il ne lui tourne pas le dos.

prendre le soleil. des baies verticales intégrées dans la structure béton poteau-poutres. l’architecte multiplie les présence. qui font de cet établissement un Les toitures sont végétalisées et les inhabituelles. De même. Dans les classes.7 . Il conçoit ainsi un grand préau et deux halls. Il utilise également l’inertie du béton en laissant brute la sous-face des plafonds. Naturellement. Celui-ci est mis en scène sur deux niveaux pour l’usage. toutes ces singulari- tion double flux avec détection de Maître d’ouvrage : commune de Saint-Jean-de-Monts Maître d’œuvre : Pascal Quintard-Hofstein BET-HQE®: Cap Ingelec BET structure : Intégrale 4 Entreprise de gros œuvre : BGCV Surface : 3 103 m2 SHON Coût : 4. la fonction. Le bâtiment est classé BBC avec une consommation conventionnelle d’énergie primaire de 50 kWhep/ m2/an (RT 2005). Dans le prolongement des salles de classe. ce désir de Pascal Quintard-Hofstein d’offrir des espaces « gratuits » et amples. ni enduits. permet une ventilation naturelle croi- en décaissant les plafonds du CDI. tant dans ici intimement dans une simplicité et ces classes. L’architecte pense aux sa rigueur géométrique que dans les une puissance d’expression mar- élèves d’abord. sée. pas la fenêtre ! » plaisante l’architecte. « Ici le principe architectural pour contenir le dispositif lumineux répond à un principe de ventilation. C’est d’ailleurs une constante dans ce bâtiment. on a parfois besoin de rêvasser en regardant dehors ! ». abrite l’escalier menant aux salles de cours. un patio en porte-à-faux. apports de lumière naturelle. 5 • Les classes bénéficient d’un double système lumineux. conçu en triple hauteur. et les douze salles d’enseignement ont des proportions tés. et inversement pour celles situées au sud. les quées par l’unité du béton. mais en réalité sur trois niveaux dans ses dimensions. « parce qu’à l’école. ni recouverts. Il élabore un singulier jeux des voiles blancs en façade. qui organise créant des failles comme celle du les vitrages des classes en diagonale. et l’autre. L’architecte profite de cette obligation pour créer un lieu accessible où les élèves peuvent s’attarder. ■ système de diffusion de la lumière en jeux de volumes intérieurs et les jeux ouvrant des baies vitrées au sol et en de lumière. les circulations sont larges. Les classes situées au nord reçoivent la lumière du sud en hauteur par des allèges hautes et la lumière du nord en partie basse.60 m bles par la souplesse de l’emploi du Comme une évidence. « Ici.4 5 a 4 • Dans l’escalier à triple hauteur. au sol et en plafond selon l’orientation. Un soin particu- béton – qui fut un choix délibéré de l’économie et la forme se rejoignent lier est apporté à la conception de Pascal Quintard-Hofstein –. Photos : Sandro di Carlo Darsa hauteur. dit-il. l’un constitue le hall d’entrée principal. gés et ceux de l’école maternelle se développent au rez-de-chaussée. précise l’architecte. La coupe résout la circulation de l’air ». sont rendues possi- eaux de pluie récupérées. L’escalier est pris dans un espace généreux et vaste. au point culminant). m2) et hautes sous plafond (4. Elles sont vastes (60 vrai lieu de vie.73 M€ HT Construction Moderne n° 143 . c’est l’opacité qui illumine. la lumière naturelle sculpte l’espace. explique l’architecte. créant des vues sur le quartier et vers le ciel. puisque la cage se prolonge en hauteur avec une ouverture sur l’extérieur pour y laisser pénétrer la lumière naturelle. L’étage est principalement composé des douze classes élémentaires et des locaux pour les enseignants ». en Le principe en coupe. une perspective qui l’ouvre et le dilate. le chauffage se fait par le plancher avec DIVERSITÉ DES APPORTS DE LUMIÈRE NATURELLE régulation d’ambiance et une ventila- Partout. est créé pour recevoir l’escalier de secours extérieur. pris dans des voiles de béton. CONFORTABLE ET PERFORMANT Le projet s’inscrit dans une démarche HQE® portant sur différents points. préau (une brèche dans le plafond).

les logements sont pensés comme de véritables petites villas. Dans cet édifice résidentiel collectif à l’ambiance méditerranéenne.Logements . Célèbre dans le monde entier et emblématique du Mouvement moderne. et sont desservis par des circulations collectives traitées comme des promenades architecturales.Marseille (13) Texte : Norbert Laurent . voire plusieurs. l’ensemble résidentiel « Le Greenwich » se dresse à proximité de l’unité d’habitation de Le Corbusier. L’agence MKA Architecture et Associés a conçu ici une véritable « cité-jardin verticale » contemporaine de 86 logements avec des typologies d’appartements traversants qui possèdent tous au moins une généreuse terrasse.Cité-jardin verticale Dans le quartier Sainte-Anne à Marseille (8e arrondissement). qui est aujourd’hui classée monument historique. 8 .

comme Le décès de Michel Kagan survient port au niveau de l’avenue. de plus. nous souhaitons affirmer une réelle frontalité urbaine et instaurer une relation de vis-à-vis avec l’unité d’habitation. fortement caractérisé par la silhouette monumentale de la « Cité Radieuse» de Le Corbusier. cette œuvre de Le Corbusier. Si sa présence constitue un marquage fort du territoire et un point de repère du quartier. réglée par une géométrie orthogonale clairement affirmée. qualifie aussi architecturalement et symboliquement le lieu. Il est.1 2 a 1 et 2 • Le patio central est aménagé en jardin. mais de créer une véritable « cité-jardin verticale » contemporaine avec des typologies de logements traversants qui possèdent tous au moins une généreuse ter- plages du Prado. Si le tissu est disparate. De là. tout en s’inscrivant dans le tissu existant. lieu de tranquillité mis à la disposition de tous. L’ensemble se compose de deux quis de concepts et pose les prin- rasse. Construction Moderne n° 143 . ate- lie Régnier-Kagan. Il ne s’agit pas de reproduire le modèle corbuséen. dans le proche 7 niveaux (R+6) parallèles à l’avenue de Mazargues. immeubles cipes fondateurs du projet. Le « bâtiment Mazargues » se dresse à l’est du terrain le long de l’avenue. poursuit le projet jusqu’à son abou- Le volume bâti ainsi dessiné encadre tissement. L’objectif est de fabriquer ainsi une pièce urbaine qui établit un dialogue et un lien avec l’unité d’habitation. Enfin. aujourd’hui classée monument historique. à l’ouest et en léger contrebas par rap- N tier est plutôt résidentiel et bénéficie corps de bâtiment linéaires de Avenue de Mazargues a Plan d’étage R+3. Ici. et sont desservis par des circulations collectives traitées comme des promenades architecturales.9 . et articulée autour d’un patio central. et qui se dresse à proximité de l’opération. Lorsqu’il s’est vu confier la conception de ce projet par Sifer Promotion. Le « bâtiment Méditerranée » vient en fond de parcelle. se côtoient maisons indivi- liers. Il prend place dans un pour découvrir le site du projet dans paysage urbain assez hétérogène. qui plus est. un patio central rectangulaire de Le nouvel ensemble de 86 loge- voisinage de l’unité d’habitation. le paysage marseillais et dans son typique de l’urbanisation qui s’est rapport avec l’œuvre de Le Corbu- développée à partir des années sier. Nathalie Régnier-Kagan basses (R+3) au nord et au sud. Ils sont collectifs petits ou grands. l’architecte Michel Kagan fut enthousiasmé par le fait de construire à Marseille et. célèbre dans le monde entier et emblématique du Mouvement moderne. Dès ments et commerces « Le Greenwich » sa première visite. le quar- UNE PIÈCE URBAINE de la proximité du parc Borely et des « Nous avons inscrit la volumétrie générale de l’ensemble dans une figure simple. » duelles avec leurs jardins. voire plusieurs. construire. avec la façade sur l’avenue de Mazargues. nous avons pensé et conçu cet ensemble résidentiel sur le thème de l’immeuble-villas en écho à la « Cité Radieuse ». stations-service. il se rend sur le se situe dans le 8e arrondissement toit-terrasse de l’unité d’habitation de Marseille. emprises nous le précise son associée Natha- peu après l’obtention du permis de reliés l’un à l’autre par deux ailes plus commerciales. il dessine les premiers cro- 50/60. Autre point très important.

Marseille (13) tecte de trouver un juste équilibre . Ses plantations. Un jeu de ticaux viennent en encorbellement le ouverte à l’air libre. poussette de marché. on accède à la conduit à 4 appartements. garde-corps métalliques. Au 5e étage. opacité et transparence. L’une massifs de l’arrière-pays. dont la double hauteur permet aux Dans chaque porche. Il est percé par deux porches. espace collectif partagé et véhicules des pompiers d’accéder au circulation verticale. les boîtes cubiques 4e étages. affirme sa présence dans le paysage depuis l’avenue. Les balcons des logements du Au premier étage. un vélo d’en- e e UN JARDIN AU CŒUR Les habitants du « bâtiment Méditerranée » ou de l’une des deux ailes traversent un des porches et passent par le patio central aménagé au cœur de l’édifice en jardin. sont regroupés des tion. 10 . qui relie les deux Chaque personne qui rentre chez saillies vient rythmer et ordonner l’en- ponctuer dans un rythme régulier. ces alvéo- attique. Elle offre aussi aux passants. façade du côté de l’avenue. La transparence de ces veaux dessert tout ou partie des coursives. circulations verticales.Logements . socle – corps central – qui peuvent être utilisées par les résidents pour ranger un landau. Le socle est essentiellement Enfin. premier étage marquent un retrait en ment conserve l’épaisseur. les volumes en saillies sur Le projet affiche sur l’avenue de porches révèle la profondeur de l’en- logements du bâtiment Mazargues. Cet espace généreusement ouvert sur le ciel témoigne de la volonté de l’archi- a Coupe transversale. une sur le jardin/patio au cœur de l’édi- DE LA DIVERSITÉ DANS L’UNITÉ fice. chaque circulation verti- menade en hauteur avec des vues constitué par les locaux commer- des duplex dessinent une silhouette cale donne sur une coursive en sur la ville. le corps de bâti- fant. la façade aménagent des alvéoles Mazargues une façade urbaine qui semble. Aux 2 . qui selon les ni- Quand ils sont placés devant les de référence au cœur de l’opération.. l’autre à 3. Ce dernier s’ordonne sur appartements de types T2 desservis unique qui parcourt le bâtiment et en bois. c’est une coursive béton blanc. Sur une trame orthogonale. de villas en toiture dans le ciel d’azur... dans une chambre ou une circula- sin compose lignes et parois de entre le socle et le corps principal de Ainsi à ce niveau. en attique. 4 • Jeux de retraits sur le patio. trois niveaux et 7 volumes blancs ver- par une rue intérieure centrale conduit à tous les duplex. Dans les logements. Elle décline une composition tripartite.3 4 a 3 • Façade ouest du « bâtiment Mazargues » et vue sur la Cité Radieuse. le jeu d’ombres et de lumières qui l’anime. patio central. persiennes coulissantes la façade. de généreuses vues urbain. 3 et elle bénéficie ici d’une véritable pro- semble. due à la les offrent un espace d’extension aux proportions équilibrées. son des- creux qui vient comme une césure profondeur du socle des commerces. 16 x 32 m. la Cité Radieuse et les ciaux.. en font un havre de tranquillité à l’écart du tumulte de la ville et un lieu de fraîcheur mis à la disposition de tous.

l’usage quotidien. Ils se prolongent dents comme des jardins suspen- par une vaste terrasse qui est. les tour.11 . Leur application souligne position des formes et des volumes. Maître d’ouvrage : Sifer Promotion Maître d’œuvre : MKA Architecture et Associés. la partie maison à R+3 offrant un espace à de la façade sur l’avenue pour les Sous le regard de l’unité d’habitation. L’inertie côté du jardin central. À l’extrémité nord-ouest Des éléments préfabriqués en béton le plaisir de vivre dans une architec- l’épaisseur des commerces et des de la parcelle. le plaisir d’habiter. Une partie de la façade Ici. tiale entre terrasses et jardins. Les deux ailes parement. les ments sont desservis par des cour- L’opération est entièrement réalisée voiles structurels en béton présen- sives à l’air libre. ■ nue. cher.5 6 7 a 5 • Façade ouest du « bâtiment Méditerranée ». Dans les logements. La produc- en gradins du côté ouest. de vivre dans un site. tou- pose une cinquième façade végétale jours orientée à l’ouest. à dus. L’ensemble de ces toitures com- HABITER UN IMMEUBLE-VILLAS quelques rares exceptions près. pour qu’une telle opération résiden- sées de maisons-ateliers en partie les volumes. Toutes les toitures-terrasses jet de « vivre ensemble » dans l’esprit Dans le même esprit que sur l’ave- Tous les logements possèdent un sont végétalisées avec une végéta- du temps et du lieu. La tent un parement brut lasuré. l’esthétique des bateaux et à l’am- de 7. Elles sont compo- tés de gris. Les visibles depuis les coursives ou les 1. dans tout le bâtiment. sur le jardin. biance méditerranéenne. Ainsi celles qui sont Photos : Olivier Wogenscky . 2. 6 • Rue intérieure au 1 er étage du « bâtiment Mazargues ». leur découpe. Les duplex ouest du « bâtiment Méditerranée » l’agence MKA Architecture et Asso- viennent ici aussi couronner le est en béton matricé. comme dans tous ses projets.26 m. supérieure du « bâtiment Mazargues » habiter d’une grande richesse spa- volumes en saillies et les nez de plan- cet immeuble-villas propose un pro- vient en retrait et ouvre l’espace. au-dessus de ments flats. toutes situées du en béton armé coulé en place. Ainsi. Le motif de ciés s’inscrit dans la continuité de la volume. Les façades en béton sont l’architecture au service des hommes latérales nord et sud s’élèvent sur peintes en blanc ou dans deux tonali- et de leur épanouissement. basse. logements du 1er étage. de type voiles du matériau participe ainsi pleine- sinées dans un esprit qui renvoie à et planchers porteurs sur une trame ment au confort thermique. Le bâtiment respecte la RT ranée » présente une configuration terrasses et la façon dont elles sont 2005 équivalent THPE. Michel Kagan et Nathalie Régnier-Kagan Architectes Bureau d’études TCE. la stratifi- l’espace et la lumière accompagnent tielle puisse être dense et aérée. Les loge- collectif. Elles sont des- structure est classique. la façade est ici rythmée par la caractère de véritables petites villas tion « 4 saisons ». surmontées par des loge- cation des parois de l’enveloppe. comme des maisons indivi- planchette vient ainsi en animer le modernité comme façon de penser duelles en attique. et 7 – Jean-Marie Landecy qui correspondent aux terrasses pro- séjours traversants bénéficient d’une logements sont perçues par les rési- longeant les séjours. De façon visible depuis les points hauts alen- La volumétrie du « bâtiment Méditer- générale. exécution : ITE Partenaires Entreprise de gros œuvre : Dumez Méditerranée Surface : 9 365 m2 SHON Coût : 11. double orientation. dans le res- traitées donnent une dimension indi- tion de chauffage et de rafraîchisse- pect des règles de gabarit du PLU et viduelle à ces logements qui appar- ment est assurée par deux pompes à afin de limiter son impact face à l’en- tiennent à un ensemble résidentiel chaleur réversibles hautes perfor- vironnement pavillonnaire. composition des pleins et des creux de plain-pied ou d’un étage. mances.5 M€ HT Construction Moderne n° 143 . se développe une blanc sont mis en œuvre au niveau ture affirmée. 7 • Le voile structurel en béton présente un parement brut lasuré. La com- 4 niveaux (R+3).

Le Beaucet (84) Texte : Soveig Orth .Une maison mur enchâssée dans le paysage Avec ses trois volumes purs qui s’adossent à une des falaises calcaires qui émergent d’une des collines du Lubéron. Offrant sa massivité et la puissance de sa simplicité. Dans cette architecture riche de détails soignés et de sobriété. est lisible en filigrane un dialogue ouvert et permanent entre une propriétaire résolue à réaliser un projet contemporain et un architecte savamment expérimenté. l’architecte Jean-Paul Bonnemaison signe sa dernière réalisation. le béton a constitué le matériau idéal pour inscrire le bâtiment dans l’environnement sensible de ce site remarquable. 12 .Maison individuelle .

la présence de la belle falaise et la géométrie induite par la culture des oliviers ont porté les lignes directrices du projet. a Plan d’étage. 6 1 2 5 1 1 3 1 4 UN SITE OCCUPÉ ET CULTIVÉ minéralité. la perle rare est enfin tement confrontée à la falaise. elle rents entre ceux de la maison et les clair de l’émergence calcaire d’une successifs reliés par des patios reçoit la piscine ainsi qu’une cuisine pressions exercées par l’eau de la falaise. direc- démarches. falaise. les efforts et les avec un joint antisismique de 4 cm. le En écho à cette falaise et aux abris terrain est structuré par 9 terrasses des premiers hommes. Deux structures indépen- somptueux paysage de Provence. en ouest. Depuis les fondations. au nord-ouest. avec le calcaire de la Marqué par une très forte déclivité. le fait d’implanter la les deux structures en béton armé de Ventoux et. les den- nord et en émergent au sud pour piscine en toiture a eu des répercu- 20 cm d’épaisseur sont dissociées. De là. L’implantation a fait l’objet d’un travail Restait à trouver un terrain et ceci a particulier pour que la dalle la plus encore nécessité quelques mois haute de la toiture soit calée à la supplémentaires. présence d’un béton sablé qui entre en mimétisme.1 2 a 1 • Le béton. 1 Chambres – 2 Bureau – 3 Mezzanine – 4 Vide sur salon – 5 Piscine – 6 Lingerie/buanderie. parallèles à la falaise. Construction Moderne n° 143 . avec sa tonalité naturelle et sa finition sablée. s’ouvrir au soleil et à la vue. reprend l’idée des habitats troglody- Dernière particularité. est chaleureux. Ces principales de cette maison de dantes l’une de l’autre ont dû être une mer de pins et de chênes verts. mises en place. tions importantes. avec au loin. le mont pures s’enchâssent dans le terrain au Structurellement. le site se confronte à un ouverts s’égrènent en longueur d’est d’été et devient l’une des pièces piscine. vers le nord. 1 Entrée principale – 2 Hall/entrée – 3 Salon – 4 Cuisine – 5 Entrée de service – 6 Local technique – 7 Garage – 8 Portail. 2 • Le toit est habité. il y a de lité de façon contemporaine l’ancien a Plan de rez-de-chaussée. telles de Montmirail. les visiteurs profitent de vues d’exception. tout en haut. 7 6 6 4 1 2 5 3 Jean-Paul Bonnemaison avait réhabi- UN PROJET INSCRIT DANS SON SITE cela une bonne quinzaine d’années. Elle désirait construire une villa contemporaine dans un contexte où il n’y en a pratiquement pas. par la tras dans le Comtat Venaissin. La topographie. Après bien des limite de la zone constructible. Le dénichée : 6 000 m2 à flanc de projet architectural dans son expres- coteaux. dans la plaine de Carpen- sion va chercher à y faire écho. pour reprendre les mots de l’architecte. L’architecte « Le site a fait la maison ». la tiques et se développe autour du La toiture avec sa vue d’exception charges étant nécessairement diffé- ligne de ciel est soulignée par le trait concept du mur habité. le parti successives plantées d’oliviers. Trois volumes prend toute son importance. C’est une démarche très volontariste qui a conduit Corinne Prouvost vers l’architecte de sa future villa. par sa couleur et sa 8 N moulin d’un village voisin. Depuis la piscine. trois corps de bâti aux formes très vacances.13 .

La continuité visuelle et alti- ment dans la colline. essentiel et primordial qui lie intimePhotos : Jérôme Fleurier Maître d’ouvrage : privé Maître d’œuvre : Jean-Paul Bonnemaison BET structure : Beccamel Coût : non communiqué . pièces de jour de la maison. L’architecture. la présence des baies solaires l’hiver par les vitrages sont les Cette disposition. de plancher confère une inertie double hauteur et bénéficie d’une qui a su marier fonctionnalité et mise importante au bâtiment qui participe lumière particulière du fait de la pré- en valeur de la parcelle. la présence du béton conforte la La maison s’organise autour de ces cuisine prend place à l’autre extré- trois volumes avec. À l’ouest. au centre. Au l’ouest. il est proposé une « écriture hiver ou la fraîcheur en été par l’iner- Surface : 298 m2 SHON en hauteur par une mezzanine qui architecturale de la disparition qui emploie le principe mimétique du tie des dalles de béton assurant à minimise la volumétrie générale. La 14 . Les détails au bon confort thermique d’été. quant à elle. Au parcours intérieur se Vaucluse. l’entrée est cadrée d’œuvre. semble des rangements ont été des- Le corps orienté à l’est. caméléon ». même nu. Avec son volume et réduite reçoivent les chambres et sa lumière. Les murs en béton coulé en place ont fait l’objet d’une recherche avec la centrale de BPE. L’isolation est traitée par pan- de la villa. un plancher basse température qui la course du soleil tout au long de la Pour reprendre un terme du maître restitue en douceur la chaleur en Entreprise gros œuvre : Moretti journée. est indépendant pour que les chambres forcée par l’effacement des limites L’orientation principale au sud et à ment l’intérieur et l’extérieur. Cette impression de fluidité est ren- SAVOIR-VIVRE ARCHITECTURAL que dehors en retrouvant ce lien rieure .Maison individuelle . Ici.Le Beaucet (84) sensibilité environnementale du maître d’œuvre et de son client en permettant d’économiser l’énergie et d’insérer parfaitement le projet dans un site sensible.3 4 a 3 • La pièce de vie est baignée de lumière. Le sence de la paroi vitrée de la piscine. ■ puissent éventuellement fonctionner entre l’intérieur et l’extérieur. 4 • Des espaces sobres animés de jeux d’ombres et de lumières inspirés des tableaux de Soulage. permettant d’obtenir la couleur précise du calcaire constitutif du site. les apports IMBRICATIONS métrique. en revanche. le mité en contact direct avec un des corps principal qui correspond aux patios extérieurs. la flexibilité d’usage et neau semi-rigide de laine de roche. offrant une son site constituent les points forts répondre à la RT 2012. Le béton mis grande liberté d’usage. en témoigne le traite- chauffage couple une PAC air/eau à Les baies sont disposées pour suivre ment des toitures. Ici. la protection et l’isolation ren- en chambres d’hôtes. du projet. avec son plan fluide et ses parcours divers. l’autre. est relié aux sinés sur mesure et intégrés pour pièces de vie par une circulation inté- limiter l’impact du mobilier. engen- entre un intérieur et un extérieur tel- de contrôle des dépenses énergé- dre des fonctionnements multiples lement agréable et praticable dans le tiques. où intérieur et exté- vitrées pliantes renforcent la relation éléments principaux d’une démarche rieur s’imbriquent intimement. coulées en place. substituent divers parcours exté- le rapport intime de la maison avec l’épaisseur mise en place permet de rieurs et alternatifs. sans ostentation. c’est une grande fluidité bénéficient volontairement d’une qui se dégage de la maison où l’en- certaine indépendance. afin de retrouver un aspect volontairement moins lisse que celui d’un béton banché. Le béton a autorisé une en œuvre dans les voiles et les dalles La pièce de vie se développe en architecture juste. Ils ont ensuite été sablés. De part À la clarté du plan répond la préci- et d’autre. les volumes d’échelle plus sion des détails. permet de vivre aussi bien dedans l’ensemble un confort optimal. les sols sont traités en forcées par l’enchâssement du bâti- béton. sont précis.

en béton brut. sous des latitudes où l’on recherche l’ombre. fait écho au grand paysage. aménagé sur un territoire de plaine sillonné par un nœud routier à proximité d’un héliport. cette architecture à la monumentalité fédératrice fascine. Riche en prouesses techniques et constructives. l’architecture. Ici.23 .La Cité des arts sculpturale et lyrique À Rio. Texte : Christine Desmoulins Construction Moderne n° 143 . Par sa fonction et sa structure en béton. la Cidade das Artes fut couronnée par le Grand Prix de l’ingénierie du Brésil et le Grand Prix Afex de l’architecture française dans le monde. de la mer et des montagnes. elle devient l’emblème du quartier de Barra da Ticuja.

Visible au-delà d’un signal urbain embléma- d’orchestre. Il publique somptueuse et une prome- construction des salles de musique faudra finalement douze ans pour nade architecturale qui distribue les consiste à les isoler de l’extérieur en UN PROGRAMME EMBLÉMATIQUE parachever l’ouvrage qui reprend la divers éléments du programme. Au tenant compte du bruit inhérent à la technique de la double coque utili- fil de cette promenade. places transformable en opéra. la prouesse proximité des autoroutes et de l’héli- C’est en 2002. les grands voiles lienne..Rio de Janeiro . une Edouardo Paes rebaptisera « Cité des sur l’un d’eux. tion au théâtre et à d’autres disci- d’eau.. En 2008. 2 et 3 • Le béton façonne une architecture sculpturale et lyrique qui fait écho à la fonction de la Cidade das Artes. la laissent glisser la lumière. siège une salle philharmonique de 1 800 l’équipement que son successeur et à l’escalier décollé sur sol greffé de l’Unesco dans la Cité des Doges. là où la vue happe le de béton contenant les salles de montagnes et à l’horizon marin et Christian de Portzamparc en vertu de paysage et la puissance des grands spectacles s’élèvent dans un rythme s’apparente à une immense maison ses références sur la Cité de la axes autoroutiers. César Maia inaugure emphase à des porte-à-faux de 35 m protection acoustique. au niveau du dans le cadre de la 14e Biennale salle de musique de chambre de arts ». 24 . Souhaitant à l’origine de loin. trois Par sa situation géographique. un jardin où les voiles de béton zamparc a reçu le Grand Prix Afex un restaurant. le programme élaboré par le chef veau quartier du Grand Rio. Tout l’enjeu de la ville ». la Cidade « rend qu’études et travaux soient parache- parente elle-même à une petite ville Entre les deux plans horizontaux du hommage à l’architecture brési- vés en deux ans.10 salles de répétition. C’est à Venise au palais Zorzi. Telles plines. l’esplanade abrite un plan d’architecture. pour étendre sa programma- sol naturel. lance le projet d’une chambre de la Cité de la musique à architecturale en donnant toute leur culièrement pertinent pour assurer la Cité de la musique vouée à réunir Paris. triangulaires qui supportent les salles des mains de la ministre de la Culture trois petites notes de musique. Cette terrasse de pleins et de vides au service et à une grande véranda face à la musique de Paris (1995) et la Phil- suspendue lui offre une esplanade de l’acoustique. Elle fait écho à la courbe des commande directe au Pritzker Prize 10 m du sol. Plus bas. et de la Communication pour la petites feuilles de papier résument Cidade devient le cœur d’un nou- Cidade das Artes.1 2 3 a 1. César Maia. Le choix du béton s’avère parti- Rio. elle flotte sur la plaine et s’ap- LE BÉTON JOUE SA SYMPHONIE tique du Grand Rio. le maire passe une hissée sur une terrasse magistrale à toit et de la terrasse. que Christian de Port- 500 places. que l’ancien maire de sée pour la salle de musique de technique contribue à la symphonie port.Cité des arts . Pour optimi- a Coupe. harmonie de Luxembourg (2005). des cinémas. Pour l’architecte.

lourde (le second voile) permettent du béton orchestre une spatialité qui autoplaçant brut de décoffrage adé- c’est une façon d’optimiser la mise en d’arrêter le son intérieur ou extérieur. puis un couloir piège piètement en angle des voiles qui matière de béton coulé en place. le res- Portzamparc s’est adjoint les compé- tique très efficace tout en assumant Au fil du parcours. Au quat sous le climat de Rio où il n’est œuvre du béton. met assez systématiquement en à son dont les murs et le plafond sont portent les salles…. 5. magnifie l’ombre et la lumière. Courbes et contre- sur l´horizon. Grâce à l’essentiel de l’architecture réside cipe consiste à créer des obstacles performances acoustiques requises.5 4 6 a 4. port à son environnement. percée de l’esplanade. l’intérieur et l’ex- taurant instille une tout autre atmo- tences de Bruno Contarini et Carlos une double fonction puisqu’ils ser- térieur s’entrelacent dans un jeu sphère d’un bel espace vitré ouvert Fragelli. Pour lui et son équipe. du moule au traite- Le béton – matériau très dense et cœur de l’édifice. la structure en béton donne une ampleur décisive à l’architecture et le matériau sert aussi un traitement savant de l’acoustique et de la lumière. Un premier lévitation. d’équilibres.25 . le prin- toute son évidence pour atteindre les ses murs de béton peints. Habi- cons. qui œuvrèrent dans leur jeunesse les parterres. les galeries et les bal- courbes. et 6 • Dans cet ouvrage. pilastres inclinés. des loges amovibles. partout la monu- Christian de Portzamparc tenait à place sur ses chantiers une démar- isolés et. Plus loin. La technique de la double épaisseur des voilures. ser l’isolement d’une salle par rap- coulé en place – s’impose dans nique en est le point d’orgue avec Le mur de structure devenant façade. elle peut se dans la mise en œuvre extrêmement muer en une salle d´opéra. lui-même voile de béton. ingénieurs de grand renom vent aussi de desserte vers les salles. ment du matériau après décoffrage et des parois lourdes séparées par des « couloirs pièges à son ». puis dans la toire entourera l´orchestre. la salle philharmo- pas nécessaire d’isoler les bâtiments. Ces Construction Moderne n° 143 . escaliers en et des performances des ingénieurs tué à mobiliser le béton dans ses coque est donc parfaite. ou en précision du calepinage. Christian de derniers forment un bouclier acous- QUAND LA STRUCTURE DEVIENT FAÇADE théâtre à l´italienne. enfin. élans et Parfaitement au fait des savoir-faire aux côtés d’Oscar Niemeyer. et des entrepreneurs brésiliens en architectures sculpturales. une seconde paroi mentalité règne et l’omniprésence mettre en œuvre avec eux un béton che qualité. 12 13 14 15 1 6 5 16 2 17 6 2 2 11 7 4 8 9 11 10 a Plan de niveau 1. où l´audi- soignée du matériau. 1 Terrasse – 2 Salle de répétition/Vestiaires – 3 Cafétéria – 4 Bibliothèque – 5 Scène – 6 Foyer – 7 Accueil et billetterie – 8 Salle multifonction – 9 Salle de répétition d’orchestre – 10 Salle de percussions – 11 Salle de répétition – 12 Salle électro-acoustique – 13 Boutique – 14 Galerie – 15 Café – 16 Coulisses – 17 Hall.

l’édifice d’une trop forte réverbéra- et les lignes horizontales et verticales De nuit. Pour optimiser le fini du pare- guent ici avec une exploitation judi- Constituants du béton.7 8 9 a 7 et 8 • Jeux d’ombres et de lumières entre les niveaux. ces moules cieuse des alizés pour le rafraîchisse- sable et des granulats. ce qui COULAGE ET CALEPINAGE remarquable avec des planchers cais- nécessitait d’autant plus de précau- Si de telles surfaces et ces grandes sons de 1. Elle s’est ensuite imposée dans métalliques et au respect d’un certain ce sont les propriétés thermiques toutes les procédures de chantier de nombre de précautions incontourna- liées à l’inertie du béton qui se conju- la centrale jusqu’aux camion-toupies. 9 • Enveloppée par les voiles de béton. Cette démarche prend atteignent jusqu’à 80 à 90 m dans et d’y former les 350 ouvriers du un sens particulier à la Cidade où le leur plus grande largeur. choix et net- doivent être parfaitement propres et ment du foyer des grandes salles. Les coffrages et la trame des des banches. le prestige et la beauté de rante dans le bâtiment en France. Rangel Arquitetos Acousticien : XU acoustique (France) et Acustica & Sônica (Brésil) Scénographe : Jacques Dubreuil (France) et Solé & Associados (Brésil) BET structure : Beton Engenharia : Bruno Contarini – Carlos Fragelli Entreprises : Consortium Andrade Gutierrez SA et Carioca Surface : 46 000 m2 SHON totale 90 000 m2 SHOB Coût : 106 M€ HT . Peu cou- La démarche qualité mise en place d’art.Rio de Janeiro Maître d’ouvrage : mairie de Rio de Janeiro Maître d’œuvre : Atelier Christian de Portzamparc. rafraîchissent à son contact avant de attentive. sélection du ment brut de décoffrage. Couler 4 et 6 – Hufton et Crow 26 . le plan d’eau du pont au coulage et au décoffrage. Les deux dalles de 200 x 90 m présentent un autre aspect béton coulé en place sur des surfaces immenses reste visible.Cité des arts . la grande salle de spectacle et son atmosphère chaleureuse. Pour réaliser les essais ver la fraîcheur ainsi apportée aux joints horizontaux étaient deux autres grandeur fondamentaux pour vérifier gigantesques volumes des foyers. le béton clair des joints sachant que ce sont la Sous l’ombre de la toiture. La même précision prévaut dans le remonter vers l’esplanade par le D’une teinte légèrement ocrée « belle calepinage des trous de banches et grand vide central percé dans la dalle. on laisse entrer l’alizé et la tion les jours où le soleil se fait aveu- des joints qui dessinent le calepinage masse du béton permet de conser- glant. chantier. d’épiderme satinée et une teinte uni- béton enterrés des parkings. le trans- forme en coulant les immenses voiles la structure des infrastructures permit port. le coulage et la formation des d’une trentaine de mètres de haut qui ainsi de valider les procédures qualité compagnons. tous ces bien distinct des autres afin. ■ aspects fondamentaux à prendre en l’écartement de ces banches. 2. en passant par la fabrication. 7. 3 et 5 – Hervé Abbadie . d’éviter inférieur reste frais et les vents se points ont fait l’objet d’une réflexion toute pollution.A. compte pour préserver une qualité profité du coulage des voiles de Ouverture. par tous les temps ». toyage des moules. architecte Architecte d’opération : L. de mise en œuvre des ouvrages contraintes par post-tension. appliquée au choix des moules rigide. soin à apporter le secteur du chantier où l’on opère Dans la journée. 8 et 9 – Nelson Kon . avec l’entreprise a d’abord été élabo- l’architecture de la Cité des arts cette technique favorise les grandes rée et expérimentée avec une petite reposent sur la vigilance méthodique portées par une poutraison très équipe d’une dizaine de personnes.50 m d’épaisseur intégrant tions pour atteindre la qualité de hauteurs rappellent les technologies des poutres croisées latérales pré- parement souhaitée. Sur le plan environnemental. bles. on laisse autoplaçant de la Cidade préserve trame entre les écarteurs de banches alors les portes des foyers ouvertes. on a Photos : 1.

Texte : Hervé Cividino Construction Moderne n° 143 . Il abrite un programme dédié à l’accueil de mineurs placés sous protection judiciaire. les espaces se prolongent en cœur d’îlot par des terrasses extérieures végétalisées avec des plantes en pots afin de créer une ambiance propice à la détente. le centre d’accueil de l’enfance Eleanor Roosevelt. Largement exposés à la lumière naturelle et protégés des chaleurs estivales par des persiennes.27 . Préfabriquées en béton blanc autonettoyant et dépolluant. livré par Marjan Hessamfar & Joe Vérons. précisément étudié du point de vue environnemental. Cet équipement est un édifice durable. ses façades soulignent chacun des niveaux. se dresse sur un terrain exigu de la frange parisienne.Accueillir et protéger Graphique dans l’expression et convivial dans l’ambiance.

mais terrain en multipliant des espaces des salles de jeux. de sport. posé au sud sur la rue Paul Meurisse vis-à-vis en filtrant les regards indis- ments sanitaires et sociaux. mais aussi intérieurs. L’ensemble. Le choix naux. une figure en L. un cinéma forteresse fermée mais accueillante. En façade. L’équipement est situé à proximité tant sur la mise au point de l’ouvrage directe du périphérique parisien sur que sur la finalisation du programme. et le jardin public Serge Gainsbourg. s’ouvre en gradins sur le partition verticale différencie les combine des espaces confortables complexe. sont tural combinant le paradoxe d’une déjà implantés un cirque. d’un ouvrage protecteur mais ouvert. Une cadre de la protection de l’enfance. ENSOLEILLEMENT avec les services de la ville de Paris. les protections doit assurer un rôle de cocon protec- en aluminium dorés disposés entre de vues dégagées. permettant de profi- d’hébergement d’urgence et de tran- 28 . éducatif et psychologique à tectes de l’agence bordelaise Marjan des enfants et des adolescents sépa- Hessamfar & Joe Vérons lors de la rés de leurs parents. conception de cet établissement sition s’est déroulée en lien étroit LUMIÈRE. Destiné à des mineurs placés mobilier sur mesure et à une signalé- carrés conduisant la lumière jusqu’au ment. la ZAC Porte des Lilas. S’il est un secteur où l’architecture Dissimulés derrière un jeu de volets ter d’un ensoleillement maximum et dus…). c’est bien celui des établisse- des éléments filants en béton blanc. Dans ce quar- Elle s’est fondée sur un parti architec- tier aménagé par la Semavip. Le cen- les espaces de vie sont construits de se retourne côté ouest afin de maxi- crets depuis la rue. tre d’accueil de l’enfance Eleanor manière à ce que les locataires se maliser les apports solaires hiver- Roosevelt répond à cette vocation sentent totalement à l’aise. Il en résulte une ambiance cœur d’îlot par de généreuses ter- étages tout en offrant aux résidents et lumineux ouverts sur des jardins sereine et reposante facilitant la rasses qui pallient la faible surface du des espaces personnels. en veillant à ce que les liens sous protection judiciaire dans le tique ludique permettant une orien- cœur du programme. 2 • La figure en L du bâtiment permet un ensoleillement maximum. jardins suspen- classe ainsi que des espaces de res- PROTECTEUR MAIS OUVERT mission est d’apporter un soutien La démarche menée par les archi- matériel. VUE.Centre d’accueil . de aussi le travail du personnel dont la extérieurs (terrasses. L’exiguïté de la parcelle et son orien- à même d’accompagner des usagers tation au nord ont dicté l’implantation fragilisés par les aléas de l’existence et l’organisation des masses selon dans leur reconstruction.Paris (75) a Vue axonométrique. vie quotidienne des résidents. . les UNE PARTITION VERTICALE malgré sa construction dans un site d’une palette de matériaux chaleu- volumes s’organisent autour de deux Soixante-dix personnes encadrent urbain et contraint de la frange pari- reux se combine au confort d’un patios de près de cinquante mètres les mineurs au sein de l’établisse- sienne.1 2 a 1 • Des persiennes disposées entre les nez de plancher en béton blanc protègent les espaces intérieurs. Le front bâti dis- solaires empêchent également les teur. familiaux ne soient pas rompus. il tation aisée au sein d’un programme compact. Dans le même objectif.

ces cours suspendues sont salle d’auscultation. éclairé par un système poteaux-poutre contre- une large cour anglaise. Elles sont 10 9 N 5 végétalisées par des plantes en pots À CHAQUE ÉTAGE. Les une trentaine d’adolescents âgés de paliers desservent de larges couloirs 12 à 18 ans. C’est dualisées. un jardin d’enfants. Le premier niveau accueille la manière d’un hôtel particulier. une teur. tout quinze mois. Cette dispo- qu’un véritable temps de préparation sont aménagés en terrasse. les distribuant des chambres indivi- étages supérieurs sont destinés aux duelles ou collectives selon les âges. tauration. propice à la détente.3 4 a 3 • Vue sur la cour intérieure. 4 • Chaque niveau se prolonge par une terrasse dédiée. deur. 6/12 ans et aux 3/6 ans. Construction Moderne n° 143 . Un outil a été déve- de mouvement des pensionnaires a dalle de compression d’une ving- en promettant une certaine flexibilité loppé pour réaliser les poteaux de conduit à une organisation articulée taine de centimètres d’épaisseur.60 m de hau- d’accueil. consacré aux bébés meuble permet à chaque niveau de jusqu’a l’âge de 3 ans. est fonctionnement. Elle supporte des planchers sition a généré un plan libre facilitant de chantier ont permis à l’entreprise Centrale dans la conception fonc- composés de prédalles précontrain- les aménagements intérieurs au de livrer l’ouvrage dans un délai de tionnelle de l’établissement. On y distingue également des pluie par les terrasses supérieures. infirmerie – 8 Salle de réunion – 9 Bureaux direction et administration – 10 Bureaux responsables de service.29 . 1 Hall d’accueil – 2 Bureau d’accueil – 3 Bureau équipe éducative – 4 Salle d’attente – 5 Salles de visite parents-enfants – 6 Bureau service social – familles. Le qua- La disposition en espalier de l’im- trième niveau. tallés sur des sols souples. Ces dernières ouvrent sur PLAN LIBRE l’extérieur par des terrasses indivi- La structure est en béton armé. des bureaux et équipées de mobilier et de jeux ins- des espaces de soin. à maintenir un échafaudage sur la 7 Médecins. TERRASSES DE JEUX EXTÉRIEURES de manière à créer une ambiance Le rez-de-chaussée. en s’élevant. abrite les venté par les noyaux des circulations la nécessité de superposer des enti- Les solutions de préfabrication en cuisines et les locaux techniques tan- verticales. Le sous-sol. la liberté tes sur lesquelles est coulée une cours des douze mois d’étude. configuration proche de celle d’une Sécurisées par des garde-corps bar- crèche en différenciant les unités reaudés en acier de 1. Le de l’équipement dans son exploita- structure coulés en place sans avoir autour d’un vaste escalier central. à choix d’une trame régulière répond à tion future. Puis. les nombreuses jar- réservé à l’accueil et à l’administra- dinières sont alimentées en eau de tion. présente une profiter de terrasses extérieures. Elle est fondée sur des tés fonctionnelles variées dans une structure comme en façade ainsi dis que trois logements de fonction pieux forés de 20 à 30 m de profon- enveloppe homogène. quant à lui. Dans le cadre 7 d’une recherche d’économie de pièces destinées à la réception des 3 1 4 6 2 4 8 a Plan de rez-de-chaussée.

dernier emmagasine la chaleur du nocturnes en hiver. ■ briquées sur chantier. Par Au final. Ces de conserver la teinte et la qualité de Paris. durant les périodes estivales. importants. le béton est apparu comme éléments opaques en béton blanc confère au béton un caractère auto- un matériau privilégié pour atteindre isolés par 25 cm d’isolant et des nettoyant et dépolluant permettant les objectifs « plan climat » de la Ville surfaces de vitrage limitées. totalité de la façade. et des tablettes filantes ries l’hiver et les frigories l’été.60 m de large pour les plus décalée et au bon moment les calo- d’eau chaude.60 m) per- ture par des bretelles ou des rails d’évacuer les calories accumulées résultats d’exploitation pour répon- mettait de mettre en œuvre les métalliques ancrés dans l’épaisseur pendant la journée tandis que le dre parfaitement aux attentes en poteaux tout en soutenant et en cla- des dalles en porte-à-faux ou dans système double flux souffle dans le termes d’usage et de développe- vetant les poutres de plancher préfa- l’épaisseur des poutres. la mise en rieures et dissimulent l’isolation par béton. les revêtements de Photos : Vincent Fillon étaient disponibles sur le site. 6 • La structure poteaux-poutre en béton armé facilite les aménagements intérieurs et leurs évolutions. 5 211 m² SU Coût : 16. trois filants. UN ÉDIFICE ÉCONOME EN ÉNERGIE INERTIE THERMIQUE DU BÉTON La conception de l’enveloppe asso- port de bardages métalliques. les éléments en béton blanc préfabriqué De par son inertie thermique élevée équipements énergétiques écono- sont élaborés avec un ciment blanc à facilement mobilisable et écono- mes en énergie. atteignant 4 m de haut ture étant lente.5 6 a 5 • Deux patios conduisent la lumière jusqu’au cœur du programme. Ainsi. Cette qualité mique. Elle combine des effet photocatalytique. La panneaux solaires thermiques. niveau bâtiment basse consomma- réalisation des étages supérieurs. il relâche de manière pée pour fournir 50 % des besoins pour 4. Ce lants pour minimiser les déperditions Porte des Lilas. bâtiment un air plus frais que l’air ment durable du maître d’ouvrage.Centre d’accueil . des prédalles architecto- plafond ont été optimisés afin de identiques pour les travées cou- niques en béton blanc forment les libérer les dalles et de profiter pleine- rantes et une spécifique pour la réali- faux plafonds des terrasses exté- ment de la masse thermique du sation des angles.Paris (75) cie performance des matériaux et Maître d’ouvrage : Ville de Paris Maître d’œuvre : Marjan Hessamfar & Joe Vérons Architectes associés mandataires . Ils sont suspendus à la struc- la surventilation nocturne permet tion qui devra être confirmé par les d’une hauteur d’étage (3. la en béton blanc sont combinés : des vitesse de diffusion de la tempéra- toiture des logements est ainsi équi- panneaux. mobilier créé en collaboration avec Ludovic Renson Entreprise générale : Dumez Éléments béton préfabriqué : Jousselin Surface : 6 225 m2 SHON. Quatre unités Dans la continuité des éléments extérieur. dernières sont toutes équipées de esthétique initiales au fil du temps – En effet. Combinés à une ossature bois sup- 30 . la masse des planchers protections solaires matérialisées par un enjeu primordial du fait de la bétons assure le rafraîchissement du des volets aluminium pour limiter la BET structure : OTCE proximité du boulevard périphérique bâtiment en été sans avoir à recourir surchauffe en été et de volets rou- BE HQE® : Inddigo et de l’anneau routier au centre de la à un système de climatisation.5 M€ HT . Ainsi. Recouverte de Deux types d’éléments de façades jour et la fraîcheur de la nuit. Ce coffrage de long. le projet vise à atteindre un de 40 cm de profondeur par 4 à 7 m ailleurs. place des façades préfabriquées put l’extérieur en sous-face des plan- débuter pendant que se déroulait la chers d’étages.

L’agence Archidev. une rampe en béton se déroule autour d’un vaste atrium central. À l’intérieur. signe la réalisation de ce lieu ambitieux : la plus grande scène en terme de taille dédiée au spectacle vivant des Alpes-Maritimes.Amarré au fort Carré et à la Méditerranée Avec ses lignes de béton en lié et délié.31 . Texte : Solveig Orth Construction Moderne n° 143 . le nouveau théâtre d’Antibes se détache clairement de son ciel d’azur. Les façades en béton gris mettent en scène les divers aspects de surface du matériau à l’extérieur autant que dans un intérieur atypique où la volumétrie et la luminosité sont à couper le souffle. spécialisée dans les équipements culturels.

volumétriquement. Construit Cage de scène (non accessible) Terrasse plantée (non accessible) par Vauban au Terrasse bois (accessible) Toiture nef et brasserie (accessible) XVIe siècle. qui jouent en souplesse de la ville. L’insertion d’un tel équipement dans cet environnement était un des enjeux principaux du projet. la vision s’inverse. l’équipement bénéficie d’une béton. brillant ou mat. ils créent des redans pour animer Très exposé aux regards depuis les la façade d’ombres changeantes en hauteurs des collines voisines habi- fonction du moment de la journée. le long du boulevard. En lien direct avec le port. inscrire le théâtre en continuité avec l’espace public en aménageant un vaste parvis le long du boulevard révèle réellement. s’ajoute un auditorium de 200 places. À l’inverse. le béton rasses bénéficient d’une vue d’ex- joue avec ses différents aspects de ception : le port. » Accès à la terrasse DÉAMBULATION DU PUBLIC Cage de scène Salle Atelier auditorium Ascenseur public Nef Parvis DISPOSITION DES ENTITÉS 32 . Le théâtre s’anime. côté ville. Ici.1 2 a 1 • Les strates de béton se superposent et tracent des courbes et des déliés. Aussi. expliquent : « Avec suggère sa fonction plus qu’il ne la les locaux destinés à l’administration ses 9 600 m2 de surface et ses deux niveaux de parking souterrain. CINQUIÈME FAÇADE là. Jules Grec et. Ces ter- Ces voiles sont texturés. à l’ouest. image contemporaine forte. ce bel ouvrage défensif protégeait la ville qui était autrefois le dernier port français avant la frontière des ducs de Savoie. tantôt Méditerranée et les Alpes majes- matricé ou structuré. l’équipement à fait l’objet d’une Lasuré transparent. le bâtiment est imposant. regards et l’inscrit dans un dialogue superposées. ou aux loges des artistes. En fonction des niveaux. tées. le nouveau théâtre cherche à réinterpréter de façon contemporaine l’emblème local qu’est l’œuvre de Vauban en s’inspirant de ses formes et de sa morphologie. mité qu’a été construit le nouveau dimension festive s’affiche comme chons qui referment les trous de banches s’alignent au nu des voiles . Débarrassées .Antibes (06) perpétuel mouvement. Antibes est connue pour sa vieille ville que domine la silhouette du fort Carré posé sur sa colline. et compte tenu de son échelle impo- Regroupé derrière de longs voiles de une balise culturelle dans l’espace de sante. Côté ville. le projet diffuse une les voiles se décalent et créent un direct avec le fort Carré. côté mer. À une salle principale de plus de 1 200 places. côté port. vue d’exception. Patrick Fagnoni et gante modernité plastique qui dessinent autant de terrasses pour Blandine Roche. une élé- jeu de redans et de surplombs qui Les architectes. 2 • Les voiles béton multiplient les textures et les lasures. aussi avons-nous cherché à induire un « paradoxe positif » pour. les reflets rougeoyants du crépuscule s’effacent et laissent place à une éclatante lumière intérieure qui fuse au travers d’une grande « lame vitrée » pour reprendre le terme du maître C’est aujourd’hui sur un site à proxiTOITURE VÉGÉTALE du jour et offre des perceptions en TEXTURES ET PERCEPTIONS VARIÉES d’œuvre.Salle de spectacles . De nuit. la attention particulière de la part des perception du matériau varie au gré architectes pour offrir à la vue un de la lumière plus ou moins rasante ensemble de qualité. sa théâtre. engager un ree ́ l dialogue avec le fort Carré. cette courbes et de déliés comme des Au nord-ouest. les cabo- tueuses en arrière-plan. la façade situation expose l’édifice à tous les tentures de théâtre qui se seraient s’épaissit. le fort Carré. la surface et s’affiche tantôt lisse.

l’intégration jusqu’à leur siège devienne un des équipements au sein du bâti ren- moment de représentation. changeants en fonction de l’heure de Le hall est surprenant et s’ouvre sur la la journée qui révèlent le dessin totalité des niveaux intérieurs comme affiné de ces belles courbures autori- 9 a Plan de rez-de-chaussée. orchestre – 2 Atrium – 3 Salle 200 places – 4 Brasserie – 5 Scène – 6 Rangement décors – 7 Aire de déchargement – 8 Quai de déchargement – 9 Parvis. 8 7 6 3 5 Salle Pierre Vaneck Salle Jacques Audiberti 1 2 4 on échange dans ces lieux – l’es- INTÉRIORITÉ pace de distribution devient un Si l’échelle du bâtiment est imposante espace de convivialité. D’un pour créer un parcours qui reprend côté. au dernier de la brasserie au dernier niveau. N a 3 et 4 • L’atrium est atypique. un belvédère sur la Méditerra- cette rampe se déhanchent en fonc- née où le public peut profiter de la tion des différents niveaux dessinant vue lors des entractes. Entre ces niveaux et qui sont intégrés dans la volumétrie autour d’un vaste atrium central. avec sa volumétrie aty- Éclairé en toiture par une large ver- pique qui évoque par certains côtés rière. c’est du bâtiment. L’ascen- force leur pérennité et limite forte- sion devient attractive. enfin. le lieu bénéficie d’une lumière celle d’un vaisseau amarré au port. lieux d’exposition. ce bois accueille la magistrale terrasse vaste espace dessert. ce sont des dalles sur plots de Les spectateurs se voient entre les béton qui finalisent la perception soi- niveaux. c’est à leur tour d’être mis gnée de l’ensemble. Les courbures de tion. On se rencontre.3 4 de tous les équipements techniques une haute nef. la brasserie et sa terrasse Cette terrasse est un lieu d’excep- panoramique. rythmée par ment les nuisances acoustiques pour des surlargeurs qui accueillent des le voisinage. c’est un complexe végétalisé le jeu des courbures déstructurées qui participe avec le béton à la ges- de l’extérieur. de l’autre. un mouvement ascendant continu. Au plus haut. la naturelle de grande qualité. les toitures s’étagent une rampe en béton qui se déroule suivant l’épure volumétrique. un platelage tre et donnant accès aux balcons. à l’extérieur. marqué par une rampe qui se déhanche en fonction des différents niveaux. 1 Salle 1 226 places. tion thermique et acoustique passive Reliant les différents niveaux du théâ- du bâtiment . Les véritable échelle de l’équipement se ombres projetées créent des jeux dévoile une fois pénétré à l’intérieur. niveau. Construction Moderne n° 143 . en scène pour que leur parcours Outre la qualité visuelle.33 .

. . . . . . pour s’assurer de la qualité de parement. . . 34 . Seul le béton offrait l’aspect plastique recherché. . . . . d’abord mis en œuvre « ce matériau. . . . . gommer les aspects techniques pour faire place à la magie du spectacle et offrir l’image Surface : 11 000 m2 SHON Coût : 32 M€ HT . . . . . . 3. . . . Pari réussi ! ■ clair-obscur qui l’accompagne de la rapport particulier. . . . . 4 et 6 – Milène Servelle lement. . où la dalle poncée remet en valeur les granulats ». Blandine Roche. . . ses bureaux. . le public perçoit qui tisse un lien particulier et une Côté ville. . . son quai de déchargement. . c’est un béton autoplaçant qui a été mis en place. . en clin d’œil à la massivité et aux formes du fort Carré. . . Le bâtiment réussit à merveille cette particularité. . . . . . Ici. ses 37 perches motorisées. . . . il est lissé en dalle industrielle. . . . Vincent Brochier. . . . . . une sorte de « vis- coursive périphérique jusqu’aux bal- à-vis » entre le public et les acteurs LA MAGIE DU SPECTACLE cons ou au parterre. L’agencement particulier fosse d’orchestre posée sur 8 vérins le théâtre est classé en première teintes allant du rouge sombre au des 1 226 places. . . . . .Antibes (06) donne accès à l’atrium et sa grande nef de circulation. . . . Pour le reste. . . du département. . . Patrick Fagnoni et Arnaud Hualde chef de projet loges et ses sous-sols. . . . . . ses Maître d’ouvrage : communauté d’agglomération de Sophia Antipolis Maître d’œuvre : Archidev. . en revanche. . . La scène constitue en effet une frontière entre le monde des spectateurs et l’arrière-scène caractérisée par sa technicité. . notamment sur les sols. . . . confirme la réus- L’entrée dans la salle principale est générale de la salle et ordonne le flux fond de salle ou par la mobilité de la site de l’opération : en moins d’un an. . Et dans monochromie des gris du béton. . . . . . . . le projet s’appréhende faci- Photos : Franck Follet . Patrick Fagnoni et Blandine Roche ont. . » . . . . . . . . . . le projet se révèle beaucoup plus complexe. . moucharabieh. . . Au long claustra de bois qui. . Côté mer. . . d’abord les couleurs chaudes.5 6 a 5 • Vue sur le foyer au niveau 3. . le parvis dessert l’entrée qui La présence du béton Grands amateurs de béton et des possibilités plastiques que ce matériau offre. . le béton est utilisé également pour les fondations spéciales nécessaires compte tenu de la nature du sol et de la proximité de la mer. .Salle de spectacles . retarde la perception par la mise en place d’un rideau en tre. Cette recherche s’est poursuivie y compris à l’intérieur. . balcon ou galerie engendre un tent de l’escamoter totalement. . . . . . . . . . . . . . . L’accueil du public est complété par un auditorium de 200 places qui occupe l’autre côté de la nef. . . . . . . . . . . . . . . le secrétaire général du théâ- sol. . . . . . . . . . la contrainte sismique a induit des ferraillages particuliers ainsi que des joints de dilatation élargis. . . Outre ses qualités plastiques. c’est le monde BET structure : Egis Méditerranée des coulisses techniques que l’on Entreprise gros œuvre : Spada découvre. . équipement culturel majeur. . . . . . . Guidé par un jeu de terre. sées par le béton coulé en place. . . . . . . . . . . . . . Le jeu sur les aspects plastiques s’est poursuivi au travers du choix des lasures qui redonnent de la brillance ou au contraire un aspect mat. . comme un La flexibilité offre des jauges variées les faits. La salle principale s’implante latéralement. . pour le théâtre d’Antibes. . . « Le choix du béton s’est également révélé intéressant pour assurer la protection acoustique des riverains par rapport aux bruits induits par l’équipement. Le bâtiment et ses deux niveaux de parking en soussol sont posés sur un radier d’une soixantaine de centimètres d’épaisseur. . . . réparties en par- hydrauliques motorisés qui permet- place en terme de nombre d’abonnés jaune orangé. . . tout à l’inverse une explosion de du public. . . . . 6 • La salle de théâtre est volontairement flexible et chaleureuse pour mettre le public et les acteurs dans une relation de proximité. L’en- ambiance conviviale comme dans volontairement majestueuse d’un L’ambiance est marquée par la trée dans la salle est filtrée par un des salles de capacité plus réduite. . . . . . . . . . . . . . . Avec son gril. . . . . .

intégrant le chauf- vrir un immense paysage. Le sol maison répond aussi à la volonté de fermeture totale de la façade arrière chauffe. 1 Cuisine/salon – 2 Chambre – 3 Piscine. quelquefois glacial. La maison s’installe sur le terrain de façade principale. Maître d’ouvrage : privé Maître d’œuvre : Guy Depollier prévu à cet effet. L’espace de vie. pendant la période au tableau qu’est le paysage. par l’architecte Guy Depollier fait longueur pour que le programme cée de 1 m de la toiture et des murs qui de l’intérieur fabrique un cadre écho au grand paysage. Les voiles des façades sont recouverts d’un enduit minéral. L’attention au touchent quasiment pas le vitrage béton. qui bénéficie alors d’un apport fage.1 2 3 4 5 a 1 • La maison s’étire en longueur. garder de l’adhérence en cas de pluie. Elle se protège de mais avec une finition différente pour LA MAISON CADRE LE PAYSAGE COMME UN TABLEAU La maison possède quatre chambres. grande. Le plafond est en béton brut vis dans le lointain.35 . à l’arrivée. voire son. Le dallage extérieur et le bassin au bout du chemin d’accès. la de chaleur gratuit. 4 • Continuité entre intérieur et extérieur. 2 et 5 • Côté sud. ■ Photos : Guy Depollier La pièce de vie principale. est un généreux espace de 82 m2 pensé dans la plus grande continuité possible avec l’extérieur. En hiver. la cuisine/ salon. À l’opposé. laissé apparent. un vent dominant assez froid. 2 2 2 2 1 Les baies vitrées peuvent se replier et disparaître dans un emplacement N a 3 Plan de rez-de-chaussée. 3 • Fermée au nord. Elle s’étire au maximum en manière très efficace avec une avan- sante essentielle de cette maison. BET structure : JCA Ingénierie cuisine/salon. tout particu- puisse s’organiser sur un seul niveau. La vue SHON : 185 m2 offerte aux habitants est une compo- Construction Moderne n° 143 . les rayons hauts du soleil ne Elle est entièrement construite en montagnes qui se trouvent en vis-à- plus basse possible. En écho au grand paysage L’horizontalité de la maison conçue nisme. ses rayons pénètrent dans la mai- surfacé au quartz. Ainsi. est exposée au sud et donne autorisées par le règlement d’urba- sur le paysage. lièrement aux lignes des chaînes de et que la construction soit ainsi la d’été. le soleil étant plus est constitué par un dallage en béton ne pas altérer la sensation de décou- orientée au nord. mêlant intérieur et exté- Entreprise gros œuvre : Entreprise Goncalves rieur dans une même unité. La forme de cette milieu existant se manifeste par une évitant tout phénomène de sur- de décoffrage. latéraux. ouverte et manière optimale dans les limites vitrée. la maison s’ouvre sur le paysage. se prolonge alors vers la terrasse. sont traités avec la même technique. qui est exposée à bas.

Parc des expositions. ingénieurs. maîtres d’œuvre. Pascale Guigou. ■ Contact : centrinfo@cimbeton.fr RENCONTRES BÉTONS ! Le jeudi 16 octobre à la Maison de l’architecture en Île-de-France. enseignante STA à l’INSA de Strasbourg : une vingtaine d’étudiants ont expérimenté les potentialités du matériau et réalisé leurs échantillons de béton. Carme Pinos. Renseignements. se déroulaient les « Rencontres bétons » organisées par les associations BÉTOCIB. ■ Paris. architectes. rubrique événements. entreprises. Le béton. Karine Herman. artistes. techniques et environnementales du matériau béton. CIMbéton et la fondation École française du béton. ENS…) se poursuivent au second semestre et s’enrichissent de nouvelles propositions. une revue disponible sur simple demande. ■ 1 conférence dialogue : 1 ingénieur/2 architectes Franck Boutté. maîtres d’ouvrage. La remise des prix de la session 2014-2015 se déroulera le 8 janvier 2015 à 18 h 30 à la Maison de l’architecture en Île-de-France. Retrouvez toute l’actualité du concours et les thèmes des conférences proposées tout au long de l’année à la Maison de l’architecture en Île-de-France sur www. Marc Barani. SESSION 2013-2014 dans les écoles d’architecture et d’ingénieurs Organisé par les associations BÉTOCIB. Polytechnique. Retour d’expérience sur les aménagements et les réalisations architecturales en béton préfabriqué par les acteurs régionaux. Gilles Davoine. 28 et 29 janvier 2015 Sculptures : Drane MATINALES DU CERIB Les Matinales du CERIB continuent. Réunie sur le stand « le béton. et sont organisées en 3 cycles : 1 – Découverte de l’architecture en béton . avec des mots souvent poétiques. le concours Trophée béton invite les jeunes diplômés des écoles d’architecture françaises à s’interroger sur les qualités esthétiques. Frédéric Chartier et Pascale Dalix. – 2e atelier animé par Nicolas Roussel. Paul Chemetov.Actualités CONFÉRENCES CIMBÉTON – EFB TROPHÉE BÉTON.cerib.trophee-beton. 2 – Techniques. CIMbéton était présent lors de la dernière édition du Salon des maires et des collectivités territoriales. sur leur stand et à travers un programme de conférences thématiques. construire en béton . département Matériaux et Structures. 26. bureaux d’études. Béton pluriel donne la parole à ces créateurs qui expliquent. INSA. elles sont élaborées et dispensées par des architectes et/ou ingénieurs enseignants. ont répondu à la question : « Comment construire en béton en respectant les exigences environnementales et sociétales d’aujourd’hui et de demain ? » CARREFOUR DES GESTIONS LOCALES DE L’EAU Rennes. de vivre et de préserver la planète. à l’IFSTTAR : le public a pu assister à la réalisation d’échantillons de bétons pour expliciter les propriétés du matériau. CIMbéton et la fondation École française du béton (EFB). Un événement pour échanger avec tous les acteurs de la filière : architectes. sous le haut patronage du ministère de la Culture. entreprises. Il présentait les composants des bétons traditionnels et innovants.com. sous la présidence de Nasrine Seraji et en présence des membres du jury : Agnès Vince. durable et modelable à l’envi.net 36 Dans le cadre de la « gestion responsable de l’eau » tous les acteurs de la filière béton impliqués présenteront des solutions béton d’avenir pour l’ensemble de ces problématiques. 27 novembre 2014 En partenariat avec la FIB et le SNBPE. les différents traitements de ce matériau et des prototypes de systèmes constructifs avec la participation de 43 exposants.com.infociments. Karine Louilot. artistes… ■ 2 ateliers – 1er atelier animé par Christelle Gress. Michel Perrot. Annabelle Datry. atout cœur de nos territoires ». la filière béton présentait les innovations et atouts offerts par le matériau dans l’aménagement du cadre de vie pour une ville durable et des équipements pérennes à destination des générations futures. Les conférences proposées par CIMbéton et l’École française du béton (EFB) dans les écoles d’architecture et d’ingénieurs (ENSA. étudiants… POLLUTEC Lyon du 2 au 5 décembre 2014 Autour de la FIB Assainissement. de CIMbéton et du CERIB. Antoine Janicot. ■ SALON DES MAIRES 2014 Publications Béton pluriel Le Syndicat Français de l’Industrie Cimentière (SFIC) vient de publier Béton pluriel. IUT. l’utilisation qu’ils font des multiples qualités du béton pour donner corps au fruit de leur imagination. directeur de recherche. ingénieur environnement. Charlez-Henri Tachon. Porte de Versailles 25.hardy@cimbeton. 3 – Béton et environnement. industriels.net Programme et fascicules des conférences sur : www. fournit aux bâtisseurs les moyens d’une nouvelle façon d’habiter. Judith Hardy : j. centres de recherche. Gratuites. dans la recherche constante de l’intérêt général. illustrant la contribution pérenne du béton à l’harmonie et à l’équilibre des territoires. tous les acteurs de la filière impliqués dans la gestion de l’eau présentaient les solutions béton pour une gestion responsable de l’eau. industriels. ■ . ■ Cet événement pluridisciplinaire s’organisait autour de 3 rendez-vous : ■ Showroom béton pour voir et manipuler des bétons. Olivier Rigal. Retrouvez le programme détaillé sur : www.

. Si Marcel Breuer imagine un modèle urbain rapidement interrogé par les exigences de la montagne. le choix des entreprises Par le biais d’une conversation. Stanislas Fiszer. les auteurs les interpellent sur la notion de vérité constructive. Cette exposition offre une lecture globale de son travail. le progrès technique et l’industrialisation comme contraintes ou moteurs. la prédilection pour certains matériaux. parlent de leur pratique de la construction. Cleveland Clinic Lou Ruvo Center for Brain Health. en HauteSavoie (1960-1976). les stratégies lors des négociations avec les partenaires extérieurs. ■ Éditions Parenthèses LES ARCHITECTES ET LA CONSTRUCTION Entretiens avec Paul Chemetov. Face à la crise environnementale. Le dispositif scénique de l’exposition. les problèmes rencontrés sur le chantier. comme par le choix d’une anthologie de textes. des liens entre bâti et paysage. Pour la première fois en Europe. Colin Rowe s’appuie sur une approche visuelle des édifices. ■ Édité par le CAUE de Haute-Savoie Éditions Arléa Exposition FRANK GEHRY Frank Gehry. pensées sur l’architecture et le paysage Tadao Andô. souligne Claude Massu dans son avant-propos. Yann Nussaume donne à lire dans cet ouvrage l’œuvre de Tadao Andô. 2005. Yann Nussaume Virginie Picon-Lefebvre. la valeur attribuée au détail architectural. les relations avec les ingénieurs. Guggenheim à Bilbao (1997). le Centre Pompidou présente une rétrospective complète de l’œuvre de Frank Gehry. à travers une soixantaine de ses grands projets : le Vitra Design Museum en Allemagne (1989). Henri Ciriani. paru en 1976. aux profils contrastés. Flaine prend une place singulière dans le paysage des stations de sports d’hiver de l’après-guerre. Michel Kagan et Nathalie Régnier-Kagan Architectes • Photo : Olivier Wogenscky a Notre engagement environnemental : la revue est imprimée sur du Satimat Green (60 % de fibres recyclées. l’eau rendue abstraite. ou la station de ski de Flaine. Georges Maurios. il y développe surtout une approche plastique personnelle. il procède à des analyses formelles subtiles de plans et d’élévations qui mettent en évidence des problèmes généraux de conception architecturale. il élève les consciences en proposant de confronter ses contemporains à ce qu’il appelle une nature rendue abstraite : la lumière rendue abstraite. le vent rendu abstrait. lauréat du prestigieux prix Pritzker en 1995. la fonction de la trace manufacturière. des années 1960 à aujourd’hui. ISO 14001. URGA n° 041. réalisé en étroite collaboration avec Frank Gehry Partners. au signe technique. de l’habiter... la Fondation Louis Vuitton à Paris (2014). est le titre d’un recueil de neuf articles écrits entre 1947 et 1961. Guidés par un questionnaire aussi précis qu’ouvert.Bibliographie de gros œuvre. Cyrille Simonnet Huit grands architectes. . comme le siège de l’Unesco à Paris en collaboration avec Bernard Zehrfuss (1958). FSC. le Concert Hall pour Walt Disney (2003). MATHÉMATIQUES DE LA VILLA IDÉALE et autres textes Colin Rowe Mathématiques de la villa idéale et autres textes. la rationalisation des processus de construction. Christian Hauvette. galerie sud niveau 1 – Exposition ouverte de 11 h à 21 h tous les jours. Elle s’attache à décrire l’évolution du langage plastique de l’architecte américain tout au long des différentes périodes qui jalonnent son parcours. Cet architecte développe une réflexion essentielle sur le sens de l’être au monde. l’organisation au sein de l’agence. MKA Architecture et Associés. « À partir de cette lecture des sensations créées par l’architecture. Inscrite dans le fort désir d’architecture de son maître d’ouvrage. sauf le mardi. L’expérience visuelle fait surgir des concepts formels ». Roland Simounet MARCEL BREUER À FLAINE Bénédicte Chaljub TADAO ANDÔ. l’un des grands maîtres de l’architecture japonaise. Jean Nouvel. Éric Boissonnas. ■ Exposition du 8 octobre 2014 au 26 janvier 2015 – Centre Georges Pompidou. Gilles Perraudin. PEFC. ■ Éditions Parenthèses En 4e de couverture : Immeuble de logements à Marseille. ■ L’architecte américain Marcel Breuer (19021981) a réalisé en France plusieurs opérations importantes. 40 % de fibres FSC) par l’imprimerie Frazier qui est certifiée Imprim’vert.. révèle deux aspects qui traversent son œuvre : urbanisme et mise en place de nouvelles procédures de conception et de fabrication numériques.