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Conférence sur le droit international du travail sur le role du parquet general pres la

cour

ALLOCUTION DU PRESIDENT DE LA COUR SUPREME A L’OUVERTURE DES CONFERENCES SUR LE


DROIT INTERNATIONAL DU TRAVAIL SUR LE ROLE DU PARQUET GENERAL PRES LA COUR DE CASSATION ET
L’ELABORATION DES RAPPORTS ANNUELS DE LA COUR DE CASSATION. Accor Alédjo, le 20 juillet 2005
Mesdames et Messieurs,
Chers Invités
Le droit de travail en tant que droit social régissant les rapports entre employeurs et travailleurs, fait l’objet
d’une réglementation tant au plan national qu’international. Le Bénin qui s’est résolument engagé
dans le concert des Etats de droit a ratifié la plupart des conventions internationales en matière de travail.
Qu’il s’agisse de :
- la convention de l’OIT n ° 29 du 28 juin 1930 relative au travail forcé ;
- la convention de l’OIT n °87 du 09 juillet 1948 concernant la liberté syndicale et la protection du droit syndical ;
- la convention de l’OIT n °98 du 1er juillet 1949 concernant l’application des principes du droit
d’organisation et de négociation collective ;
- la convention de l’OIT n °100 du 29 juillet 1951 concernant l’égalité de rémunération entre la main-
d’œuvre masculine et la main-d’œuvre féminine pour un travail de valeur égale ;
- la convention de l’OIT n °105 du 25 juin 1957 relative à l’abolition du travail forcé ;
- la convention de l’OIT n °111 du 25 juin 1958 concernant la discrimination en matière d’emploi et de
profession.
Je pourrai en oublier……..
- la convention de l’OIT n °143 du 24 juin 1975 sur les migrations dans des conditions abusives et sur la promotion
de l’égalité de chance et de traitement des travailleurs migrants ;
Si la législation nationale en matière du travail est généralement connue et plus fréquemment appliquée par les
juridictions, il en va autrement de cette panoplie de normes internationales auxquelles le Bénin a souscrit mais qui sont
malheureusement méconnues ou peu connues ou encore peu maîtrisées tant par les acteurs sociaux : employeurs et
employés, que par les personnes chargées de régler les conflits.
Comment les acteurs sociaux, notamment ceux qui sont chargés de la défense des intérêts des travailleurs peuvent-
ils assurer efficacement cette mission s’ils ne connaissent pas les règles qui les régissent ?
Comment les juges peuvent-ils assurer convenablement leurs fonctions dans la méconnaissance de la réglementation
internationale applicable aux conflits sociaux qu’ils sont appelés à trancher ?
Comme vous vous en doutez, la mise en œuvre et le respect des normes internationales passent par une meilleure
appropriation de ces textes.
Vous comprenez dès lors les raisons pour lesquelles j’ai jugé utile d’organiser ces échanges au profit des
principaux acteurs de la justice en associant les représentants de certaines centrales syndicales.
Au cours de ces échanges trois thèmes se rapportant au droit international du travail seront abordés, à savoir :
- les principes fondamentaux régissant les rapports entre employeurs et employés d’après les normes
internationales : particularités dans les secteurs étatique et privé ;
- le contrôle de l’application des conventions de l’OIT ;
- l’application du droit international du travail par la juridiction nationale.
Mon souhait est que cet atelier soit l’occasion d’un échange fructueux qui débouchera, je l’espère,
sur une parfaite maîtrise des normes internationales en matière de travail afin qu’aguerris vous puissiez
développer une jurisprudence féconde.

Mesdames et messieurs, après vos échanges sur le droit international du travail, certaines informations relatives au
fonctionnement de la justice française vous seront fournies.
Demain, les animateurs de la Cour suprême vont poursuivre les travaux sur des questions qui touchent directement au
fonctionnement de la Cour suprême.
En effet, vous allez échanger demain sur certains sujets relatifs :
- au rôle du parquet général près la Cour de cassation ;
- à l’élaboration des rapports annuels de la Cour de cassation.
Sur tous ces points, l’apport de notre hôte, Monsieur LYON-CAEN qui est un consultant du Bureau International du
Travail (BIT) et qui a acquis une longue et riche expérience de la pratique judiciaire sera très profitable.
En effet, comme vous le savez, Mesdames et Messieurs, le parquet joue un rôle essentiel dans le fonctionnement de la
Cour suprême. Aux termes de l’ordonnance n° 21/PR régissant la Haute Juridiction, toutes les affaires soumises à
la Cour lui sont obligatoirement communiquées. Le nouveau projet de loi en examen à l’Assemblée Nationale
permettra de la rendre plus fonctionnel et plus opérationnel. C’est pourquoi l’expérience du Parquet de la
Cour de Cassation française dont nous entretiendra Monsieur LYON - CAEN sera pour nous d’un grand intérêt
dans la réforme du Parquet Général qui sera intégrée dans la nouvelle loi d’organisation de la Cour suprême.
Par ailleurs, dans les réformes introduites dans la nouvelle loi, il est prévu qu’un rapport sera dressé chaque
année des activités de la Cour. Là encore, la pratique à la Cour de Cassation française en ce domaine et dont Monsieur
LYON-CAEN nous fera part pourra être exploitée par la Cour suprême pour l’élaboration de ces rapports une
fois la nouvelle loi d’organisation judiciaire promulguée.
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Enfin, il est prévu au code du travail que les responsables syndicaux pourront représenter les parties en matière de
règlement des différends du travail.
Mais comment ces responsables pourront efficacement jouer leur rôle s’ils ne sont pas bien formés, s’ils
ignorent la réglementation en ce domaine notamment les conventions internationales régissant la matière ?
C’est pour éviter ces écueils que certains d’entre eux ont été invités à participer à la présente rencontre.
Aussi l’utilité de la présence de Monsieur LYON-CAEN parmi nous se justifie pleinement.
En conséquence, je vous invite à suivre avec intérêt les différentes conférences qu’il donnera afin que vous, les
animateurs de notre justice, soient encore mieux que par le passé, à même de donner une image dynamique et
innovante de l’institution.
Quant à vous, cadres du Ministère du Travail et responsables syndicaux ici présents, j’espère que vous tirerez un
grand profit des présentes assises en vue de l’amélioration de votre rendement dans votre secteur
d’activité, ce pour le plus grand bien des travailleurs de notre pays.
Je ne saurais conclure mes propos sans dire mes remerciements à monsieur Lyon-Caen à qui je renouvelle mes
sentiments de profonde gratitude pour avoir accepté d’animer cette rencontre.
C’est sur ces mots que je déclare ouverte la présente rencontre et souhaite à vous tous Chers collègues,
Mesdames et Messieurs de riches et fructueux débats.

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