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L'oral en pratique (second volet) :


Prendre la parole !
Parlez-vous… français, anglais, chinois ? Voilà ce que demandent ceux qui cherchent à communiquer. Parmi les
quatre compétences (expression orale, expression écrite, compréhension orale, compréhension écrite), savoir
s’exprimer à l’oral est une aptitude primordiale. On constate cependant que la production orale n’est pas toujours
privilégiée en classe de langue étrangère. Tradition didactique, sureffectif ou encore déficit de matériel
pédagogique, les raisons ne manquent malheureusement pas. Pouvoir s’exprimer conditionne pourtant les aptitudes
communicatives du locuteur en langue-cible. Il doit en effet être capable de gérer les situations où il produit de
l’oral.
Ce dossier consacré à l’expression orale vous propose donc d’explorer différentes dimensions de l’oralité. Vous y
trouverez des techniques pour la promotion de l’oral en classe, des jeux pour réemployer du lexique ou de la
grammaire, des articles et des témoignages de professionnels.

Activités orales
Avec les méthodes traditionnelles, l’expression orale reste souvent limitée à l’apprentissage par cœur et à la
répétition de phrases figées qui, en général, ne permettent guère aux apprenants de dialoguer de manière naturelle
avec des locuteurs de la langue cible. Dans les années 1970, en réaction à ces méthodes, des didacticiens ont élaboré
l’approche communicative, qui est aujourd’hui toujours d’actualité.
Dans l’approche communicative, acquérir une langue étrangère consiste à faire l’apprentissage d’un ensemble de
compétences linguistiques, discursives et socioculturelles. Dans cette perspective, l’expression orale est placée au
cœur de l’enseignement de la langue cible et l’entraînement à l’interaction verbale est un exercice introduit dès le
début de la formation.
La connaissance des règles, du vocabulaire et des structures grammaticales est une condition nécessaire mais non
suffisante pour la communication. Pour communiquer efficacement en L2 il faut, en plus, connaître les règles
d’emploi de cette langue. Cela signifie savoir quelles formes linguistiques employer dans telle ou telle situation,
avec telle ou telle personne, compte tenu de l’intention de communication (persuader, donner des ordres, faire une
demande, etc.)1.
L’approche communicative a donc pour objectif de communiquer efficacement, ce qui signifie que l’apprenant-
locuteur devra savoir prendre en compte "la situation de communication (statut de l’interlocuteur, âge, rang social,
lieu physique, etc.)" ainsi que "l’intention de communication (ou fonction langagière : demander d’identifier un
objet, demander une permission, donner des ordres…)".
Voici la description par niveau des compétences générales en production orale selon le Cadre européen commun de
référence pour les langues :

A1 Peut produire des expressions simples isolées sur les gens et les choses.
A2 Peut décrire ou présenter simplement des gens, des conditions de vie, des activités quotidiennes, ce qu’on aime ou
pas, par de courtes séries d’expressions ou de phrases non articulées.
B1 Peut assez aisément mener à bien une description directe et non compliquée de sujets variés dans son domaine en la
présentant comme une succession linéaire de points.
B2 Peut méthodiquement développer une présentation ou une description soulignant les points importants et les détails
pertinents.

Peut faire une description et une présentation détaillées sur une gamme étendue de sujets relatifs à son domaine
d’intérêt en développant et justifiant les idées par des points secondaires et des exemples pertinents.
C1 Peut faire une présentation ou une description d’un sujet complexe en intégrant des arguments secondaires et en
développant des points particuliers pour parvenir à une conclusion appropriée.
C2 Peut produire un discours élaboré, limpide et fluide, avec une structure logique efficace qui aide le destinataire à
remarquer les points importants et à s’en souvenir.

Dans cette perspective, voici des activités entraînant à divers aspects de l’oral.

1
GERMAIN, Claude, Évolution de l’enseignement des langues : 5000 ans d’histoire, Paris : CLE International, 1993, p. 203 (352 p.).

1
 Avec la lecture interprétative, transformez un exercice de prononciation classique en une activité ludique et
motivante faisant travailler plusieurs des paramètres de la communication : intonation, gestuelle,
mimiques…
 La vente aux enchères est une activité dynamique destinée aux classes débutantes pour réemployer les
nombres, le lexique des objets du quotidien ainsi que l’expression de la description et de la caractérisation.
 Le jeu des phrases à placer sert à réemployer des actes de parole : cette activité peut servir de préparation
guidée (niveaux A1 et A2) ou d’alternative créative (niveaux B1 à C1) au jeu de rôles.
 Faites créer un spot de publicité à vos étudiants pour travailler l’argumentation en exploitant un support très
familier.
 Que diraient les élèves d’une chronique musicale ou cinématographique en classe ? Ces exposés leur feront
joindre l’utile à l’agréable.
 Avec l’activité du plateau de télévision, les élèves jouent les stars et racontent leur vie "en direct" ou bien
présentent les actualités !

1 - Lecture interprétative
La plupart des manuels d’enseignement du français proposent des dialogues. Aventures suivies comme dans
Reflets 1, qui raconte un an de la vie de trois jeunes Parisiens, ou bien situations isolées à la manière de Taxi, ces
textes se prêtent souvent à la lecture en classe. Cet exercice est un classique bien
connu des élèves qui permet de travailler la prononciation.
Niveaux concernés Dès A1 / A2 et avec des adaptations pour les niveaux suivants.
Type d’exercice Lecture prenant en compte un maximum des paramètres de la communication.
Objectifs Travailler sa prononciation et son expressivité en français de manière motivante.
À connaître Le dialogue et ses caractéristiques (verbales et si possible extraverbales).
Préparation D’un cours à l’autre, entraînement personnel à la lecture interprétative et coordination de la
"mise en scène" par les groupes d’élèves.
Connexions Cette activité permet de préparer les apprenants à l’interprétation de saynètes apprises par
pédagogiques cœur ou improvisées.

Préparer la lecture interprétative


Les manuels utilisés couramment sont presque toujours doublés d’un support audio, voire d’un support vidéo. Cela
permet aux étudiants d’entendre le dialogue avant de le lire, puis dans un second temps de lier le texte écrit à sa
version orale et ainsi d’observer les liens graphie / phonie (écriture / prononciation).
Au-delà des questions de prononciation, il est important d’attirer l’attention des élèves sur les intonations
expressives (déception, surprise, interrogation, colère, joie…) et les accents de phrase (allongement des finales,
restructuration syllabique, équilibre rythmique et découpage des propositions, etc.).
Si vous disposez d’un support vidéo, vous pouvez aussi demander aux élèves quels sont les gestes et les mimiques
liés au dialogue.
Lire en se détachant du texte
Ce travail permet de faire dans un second temps une lecture interprétative du texte. De quoi s’agit-il ?
Cette activité consiste à lire les dialogues en essayant d’imiter au plus près les enregistrements étudiés en cours. En
plus du travail de prononciation, les élèves doivent donc s’efforcer de reproduire les intonations et, si possible, la
gestuelle des personnages afin de s’approprier une manière de parler "à la française".
Pour rendre cette activité aussi ludique et efficace que possible, les apprenants peuvent interpréter la scène devant le
reste de la classe, avec l’appui de leur livre, afin de rendre compte le mieux possible de l’enregistrement. Si votre
manuel ne propose pas de support vidéo, à charge aux élèves d’imaginer un contexte, des déplacements et une
gestuelle réalistes. Cela vous permet de vérifier que tous les points du texte ont bien été compris.
Optimiser l’activité
Cette activité permet de détourner un exercice classique et parfois ennuyeux tout en conservant ses apports
pédagogiques en matière d’entraînement à la prononciation.
Pour que le résultat soit intéressant, il est préférable de laisser du temps aux apprenants pour qu’ils s’entraînent et se
coordonnent entre eux dans la "mise en scène" (par exemple en étudiant le dialogue lors d’un cours et en donnant la
lecture interprétative à travailler pour le cours suivant).

2
Adapter l’activité à une classe nombreuse
Si vous avez une classe nombreuse, mieux vaut-il peut-être éviter de donner le même texte à chaque petit groupe car
le rendu en classe risque d’être très long et assez rébarbatif. Vous pouvez à la place faire un travail de lecture plus
habituel avec l’ensemble des élèves pour chacun des dialogues et en parallèle faire intervenir en lecture
interprétative un petit groupe par texte. Ainsi, les élèves interprètent des dialogues différents. Cette organisation
devrait donner lieu à une émulation plus saine qu’une concurrence directe entre étudiants sur le même texte.
Adapter l’activité au public avancé ou adulte
Si vous avez des apprenants de niveau intermédiaire ou avancé ou bien d’âge grand adolescent ou adulte, il est
possible d’adapter cette activité en leur proposant dans un premier temps d’imiter le dialogue puis d’approfondir le
travail en détournant le texte de son style initial.
Ainsi, un dialogue un peu plat pourrait être surjoué en forçant les exclamations, les allongements de finale ou
encore les mimiques et la gestuelle. Autre exemple : une situation amusante ou heureuse peut être rendue dans un
style tragique (et inversement, une scène triste ou tendue serait détournée en comédie). Cela passe notamment par
un travail de l’extraverbal, qui permet de rendre antagonistes les paroles et les actes : un discours heureux servi par
un personnage complètement abattu, de mauvaises nouvelles annoncées avec hilarité…
Ce travail de décalage permet de se détacher du simple niveau de l’imitation et de faire des élèves les auteurs de
leur interprétation. Cela permet aussi de prendre de la distance avec des textes auxquels les étudiants ont parfois du
mal à s’identifier.
Des variantes
 Travailler à partir d’un autre manuel.
 Étudier une séquence de film ou de pièce de théâtre et travailler à partir du scénario ou de la pièce.

2 - La vente aux enchères


Cette activité consiste à organiser dans la classe une simulation de vente aux enchères. Cet exercice permet de
réemployer dans un cadre ludique et dynamique les nombres et le vocabulaire des objets du quotidien, en particulier
les vêtements et les accessoires. Au cours de cette activité, les élèves sont également amenés à utiliser le lexique de
la description et de l’opinion.

Niveaux concernés A1 - A2
Type d’exercice Mise en vente et achat virtuels d’objets amenés par les élèves.
Objectifs Réemploi des nombres et de champs lexicaux usuels (vêtements, objets quotidiens,
nourriture…).
À connaître Système de la vente aux enchères, acteurs (commissaire-priseur, renchérisseurs…), ressorts
(mise à prix, enchères…) et lexique ("Adjugé… vendu !").
Préparation Pour les élèves : choisir et amener les objets mis en vente. Pour le professeur : trouver ou
créer une monnaie fictive.

Préparer la vente aux enchères


Après une séquence pédagogique consacrée à la vente aux enchères (de quoi s’agit-il, qui y participe, quels sont les
rôles et les mécanismes de la vente, quelles sont les expressions employées), l’enseignant annonce que tel jour
chacun doit apporter l’objet de son choix, si possible une chose dont les autres élèves auront envie ou bien qui les
surprendra.
Mise en place de l’activité
Le jour de la vente, les objets sont recueillis de manière anonyme dans un sac puis redistribués aux étudiants. Cela
évite que les futurs acquéreurs achètent l’objet de quelqu’un plutôt que l’objet pour lui-même !
Une fois les objets redistribués, les élèves disposent d’un temps de préparation pour imaginer la description de ce
qu’ils ont reçu. Cette présentation doit être aussi attrayante que possible. On peut bien sûr parler de sa forme, de sa
taille, de sa couleur, de son poids, mais on peut également lui imaginer des fonctions inattendues, un passé
glorieux… C’est le moment d’être créatif et original pour donner envie aux autres d’acquérir l’objet qu’on propose !
Pendant ce temps de préparation, l’enseignant distribue une monnaie imaginaire aux élèves, par exemple des billets
du jeu Monopoly ou bien des coupures fictives préparées à l’avance.
Animation de l’activité
3
Une fois ces présentations terminées, à tour de rôle, les élèves présentent leur objet devant les autres, annoncent la
mise à prix (le prix initial doit être suffisamment bas pour que les élèves puissent renchérir !) et gèrent les enchères
à la manière d’un commissaire-priseur.
Les élèves peuvent renchérir dans la limite de la somme qui leur a été allouée. Une fois qu’ils ont "dépensé" leur
budget, ils ne peuvent plus participer aux enchères. Les objets "achetés" peuvent être gardés pendant un certain
temps (au professeur de décider) puis remis à leur propriétaire qui se sera entre-temps démasqué.

3 - Le jeu des phrases à placer


Dans l’approche communicative, le réemploi des actes de langage étudiés pendant le cours est un passage obligé de
l’apprentissage de la langue étrangère. Voici une version assez ludique de cet exercice, qui se décline en deux
possibilités.

Niveaux concernés Pour tous les niveaux, en adaptant les phrases à placer.
Type d’exercice Création de dialogues à partir d’éléments imposés.
Objectifs Savoir contextualiser à bon escient des éléments lexicaux et discursifs.
Prérequis Étude des actes de parole distribués par le professeur aux élèves.
Préparation Pour le professeur : préparation de petits papiers précisant les phrases à placer. Pour les élèves :
par petits groupes, réflexion autour des éléments, création de la trame du dialogue et répartition
des rôles.
Connexions Cette activité permet de travailler le réemploi d’actes de parole de manière guidée tout en
pédagogiques laissant aux élèves une certaine liberté dans la conception de leur saynète.

À chacun sa variante ! (niveaux A1 / A2)


Les situations discursives étudiées en cours de langue telles que "se saluer et se présenter", "faire un achat",
"demander son chemin", "donner son opinion" ou encore "demander et donner une autorisation" montrent qu’il
existe toujours plusieurs manières de dire les choses. Courtes ou longues, polies ou plus familières, ces variantes
sont les outils qui permettront aux apprenants de s’adapter aux situations de communication auxquelles ils seront
confrontés.
Ainsi, dans une situation commerciale, la demande du prix peut s’effectuer de diverses façons : "C’est combien ?" ;
"Combien ça coûte ?" ; "Quel est le prix ?", etc. De même, plusieurs réponses sont possibles : "5 euros" ; "Ça fait 5
euros" ; "Ça coûte 5 euros", etc. Ces phrases sont des variantes. Revoir et réemployer à l’oral les variantes étudiées
en cours permet de les fixer dans la mémoire des étudiants.
L’activité consiste donc à faire réemployer à vos étudiants autant de variantes que possible d’un ou de plusieurs
actes de parole. Pour cela, inscrivez les phrases sur des feuilles et répartissez-les entre les groupes. Chaque groupe
doit disposer d’une variante pour chacun des actes de parole à employer.
Exemple
Vous avez fait travailler vos élèves sur une situation commerciale et vous souhaitez leur faire réemployer les actes
de parole suivants : demande d’opinion, expression de l’opinion, demande du prix.
Le groupe 1 reçoit les phrases : "Tu aimes cette robe ?" ; "Elle est très jolie." ; "Combien elle coûte ?" Groupe 2 :
"Comment tu trouves le pantalon ?" ; "Il est cool" ; "Quel est son prix ?" Groupe 3 : "J’adore ce sac, et toi ?" ;
"C’est un beau sac" ; "C’est combien ?" Et ainsi de suite s’il y a d’autres groupes.
Le travail des élèves consiste à créer une saynète incluant ces phrases. Ils doivent par exemple imaginer l’arrivée
dans le magasin, la demande et l’expression de plusieurs opinions, éventuellement la discussion du prix, les
formules de politesse en quittant la boutique.
Après le passage de chacun des groupes devant la classe, le professeur peut demander aux étudiants de rappeler les
phrases employées par les autres groupes, qu’il note au fur et à mesure au tableau. Ainsi il construit une
récapitulation des diverses variantes des actes de parole étudiés qui permettra de bien fixer les actes de paroles
étudiés et employés en contexte.
Pour les élèves, l’étape suivante consiste à réemployer ces actes de paroles de manière spontanée au cours de
saynètes non guidées par le professeur.

La même chose pour tous… mais tout est différent ! (A1 / C2)

4
Pour mettre un peu de piment dans cette activité, vous pouvez distribuer à vos étudiants des phrases identiques. Ces
phrases doivent être cependant suffisamment vagues pour que les élèves puissent broder dessus des histoires
différentes.
Ainsi, la question "Combien ça coûte ?" débouche immanquablement sur une classique situation d’achat. En
revanche, la réponse "Ça coûte une chanson" peut donner lieu à des saynètes bien plus variées et très intéressantes.
Les phrases destinées à vos élèves doivent prendre en compte leur niveau de langue.
Pendant le temps de préparation, les élèves conviennent entre eux du contenu du sketch (trame, rôles) sans rédiger
les dialogues afin de produire un dialogue naturel et spontané.

4 - Le spot de publicité
Dans la plupart des pays, la publicité fait partie du quotidien des élèves, notamment sous sa forme télévisuelle.
L’activité du spot de publicité permet donc d’introduire en classe un support de travail familier stimulant la
motivation des élèves, et ce sans restreindre les apports pédagogiques (travail de l’argumentation, de l’organisation
du discours, du regard et de la voix).

Niveaux concernés À partir de A2.


Type d’exercice Faire la publicité d’un objet connu ou inconnu des élèves.
Objectifs Employer le lexique de la description et de l’argumentation, structurer son discours.
Prérequis Connaître le lexique mentionné ci-dessus.
Préparation Pour le professeur : trouver et amener en classe des objets déclencheurs d’idées.
Pour les élèves : en petits groupes, trouver des vertus originales et amusantes à leur produit et
construire un spot publicitaire.

Préparer l’activité
Avec des publicités
Les étudiants connaissent le monde de la publicité mais l’ont-ils déjà abordé avec un regard plus aiguisé que celui
du consommateur ? Avant de passer à la phase de création des spots publicitaires, il serait très intéressant de faire
travailler vos élèves sur quelques exemples de publicités afin de les analyser et d’en démonter quelques rouages.
Qu’il s’agisse d’affiches placardées dans les rues, d’encarts dans les magazines ou encore de spots diffusés à la
télévision ou à la radio, la publicité est un message programmé par des professionnels du marketing et de la
communication pour faire acheter des produits. Autrement dit, rien n’est laissé au hasard !
Pour des apprenants jeunes ou encore débutants, ce travail de préparation peut être une simple sensibilisation aux
mécanismes de la publicité. Avec un public plus adéquat, une séance de comparaison et d’analyse de "pubs" pourrait
être très fructueuse.

Quels supports employer ? Où les trouver ?


Publicités issues de magazines : si vous ne disposez pas de magazines français, le site http://www.ma-collection-de-
pubs.com/ répertorie de très nombreuses pages de publicité scannées et classées par marques.

Spots publicitaires : si vous pouvez travaillez avec la vidéo, consultez les ressources proposées par la fiche "Des
ressources authentiques audio et vidéo".

Pour en savoir plus sur le travail en classe avec la publicité, consultez les articles "La Pub à la télé : art, marketing
et pédagogie", de Maria Filomena Capucho (http://www.francparler.org/articles/interculturel_filomena.htm), "La
dimension interculturelle dans l’enseignement du français langue de spécialité", de Marie-Thérèse Claes
(http://www.francparler.org/articles/interculturel_claes.htm), ainsi que ces liens issus du parcours de Franc-parler
consacré à l’interculturel (http://www.francparler.org/dossiers/interculturel.htm) :
 analyse de publicités http://www.laits.utexas.edu/sp/activities.html
 TV5 : activités pédagogiques autour de la publicité
http://www.tv5.org/TV5Site/upload_image/enseignants/lettres/20/pub.pdf

Avec le film "France Boutique"

5
Cette comédie réalisée par Tonie Marshall en 2003 raconte les hauts et les bas d’une
entreprise de téléachat dont les fondateurs, France et Olivier, mariés à la ville, sont aussi
les présentateurs vedettes à l’écran. Ce film est inspiré des émissions de téléachat,
probablement aussi universelles que la publicité. Ces programmes montrent des
animateurs mettant en scène des produits aussi divers que des aiguiseurs multiples, des
coussins masseurs, des claquettes amincissantes et autres produits "miracles", que les
téléspectateurs peuvent acheter en téléphonant au numéro de téléphone indiqué sur
l’écran de leur télévision.
Boniment des temps modernes ou alternative aux marées de consommateurs le week-
end, le thème du téléachat a en tous cas inspiré à Tonie Marshall un film intéressant dont
certains passages peuvent être étudiés en classe. Plusieurs séquences montrent par
exemple comment les personnages vantent les mérites des produits qu’ils proposent (pas
évident de rendre désirable une plaque de décongélation !). Les dialogues correspondant
à ces scènes peuvent faire l’objet d’un exercice de compréhension orale et d’une reprise en commun car ils peuvent
ensuite servir aux élèves dans la conception de leur sketch. Le visionnage et l’étude de ces séquences vidéo
permettent de démonter l’argumentation mise en place, d’observer la hiérarchisation des arguments ainsi que de
noter les articulateurs du discours voire quelques expressions à replacer ("Récapitulons les points forts…").
Pour en savoir plus sur ce film, consultez son site officiel http://www.pyramidefilms.com/france-boutique/, qui
présente plusieurs bandes-annonces, des extraits ainsi qu’une interview de la réalisatrice et d’autres ressources.
Mettre en place l’activité
Une fois le thème introduit en classe, divisez la classe en petits groupes (trois à cinq élèves en fonction du niveau et
de leur nombre total) et donnez à chacun des groupes un objet identique. Cet objet doit être si possible un peu
mystérieux ou bien très basique. L’exercice consiste à réaliser le sketch publicitaire le plus convaincant possible.
Plusieurs paramètres doivent être travaillés : le discours bien sûr, mais aussi le type de publicité : qui parle ? À qui ?
S’agit-il d’une scène de la vie quotidienne imitant la réalité à la manière des spots TV ou bien d’un argumentaire
commercial comme dans le téléachat ? Les apprenants devront donc imaginer une mise en scène et travailler leur
gestuelle, leur regard et le ton de leur voix de sorte que tous les élèves entendent bien les acteurs en herbe.

5 - L'exposé
Il existe plusieurs modes d’expression orale. Dans le cadre de l’approche communicative, on travaille surtout les
interactions verbales, c’est-à-dire les discussions qui rassemblent deux personnes ou plus. Le Cadre européen
commun de référence pour les langues désigne cette compétence par "Prendre part à une conversation".
La production orale recouvre cependant un autre type de discours : "S’exprimer oralement en continu." Cela
équivaut par exemple aux exposés, un exercice classique qui permet de travailler la forme du discours mais aussi le
fond. La timidité et le manque d’aisance en langue étrangère freinent souvent les élèves : leur faire travailler cette
compétence dès que possible permet de lever peu à peu leurs inhibitions et les entraîne à prendre la parole en public,
une compétence utile tant à l’école que dans la vie quotidienne ou professionnelle.

Niveaux concernés À partir de A2 - B1.


Type d’exercice Seul ou à plusieurs, faire la présentation structurée d’un sujet (film, chanson, thème,
fait de société…).
Objectifs Produire un discours construit sur un thème déterminé à l’avance et être capable de
répondre à des questions improvisées.
Prérequis En fonction du niveau, étude des articulateurs et de l’organisation du discours.
Préparation Recherches et construction de l’exposé à la maison.
Connexions pédagogiques Préparation des arguments pour une activité de débat.

De quoi s’agit-il ?
Un exposé consiste à faire la présentation d’un thème devant la classe. Il ne s’agit pas d’une improvisation. Le
thème de l’exposé est communiqué ou choisi à l’avance et l’élève doit bien préparer son intervention. L’exposé
commence par une introduction : l’élève explique de quoi il va parler. Puis il développe son sujet (par exemple, un
exposé sur l’Arc de Triomphe aborderait : 1. au XIXe siècle, Napoléon décide de célébrer la bataille d’Austerlitz par
un monument à la gloire de l’armée impériale ; 2. l’Arc aujourd’hui : une vue fameuse sur le carrefour de l’Étoile et
les Champs Élysées, la flamme du Soldat inconnu et les célébrations du 14 juillet ; 3. un autre arc à Paris : l’Arche
6
de la Défense, dans le prolongement de la Concorde et des Champs Élysées). Enfin, l’étudiant termine par une
synthèse qui récapitule les principales informations.
Quels thèmes aborder ?
Cela dépend étroitement des questions étudiées pendant les cours, du niveau des élèves et si possible de leurs
centres d’intérêt. En effet, les étudiants trouveront davantage de motivation à faire des recherches sur un sujet qui
les attire plutôt que sur un domaine qui ne croise en rien leur expérience personnelle. À cet égard, la musique, le
cinéma, le sport ou les voyages fournissent des dizaines de thèmes d’exposés.
Musique : la chronique des élèves
Un élève présente en quelques minutes la chanson francophone de son choix et aborde les questions suivantes :
l’interprète (style, origine, influences, discographie…), la chanson (sujet, extrait signifiant des paroles, par exemple
le refrain, raisons du choix), et éventuellement l’album, la pochette du CD, le vidéo-clip… Il fait ensuite écouter la
chanson à ses camarades.
Si vous avez le temps d’intégrer un exposé à chacun de vos cours ou bien à intervalles réguliers, ces quelques
minutes de français "autrement" peuvent être une introduction agréable et moins scolaire à la leçon de français. Cela
permet aussi de rendre les élèves acteurs du cours : ils sont collectivement responsables d’une petite partie de la
séance. Autre avantage : les apprenants élargissent leur approche de la langue et de son apprentissage : au-delà
d’une discipline scolaire, le français devient quelque chose de vivant.
Où trouver des chansons françaises pour les exposés ?
- le parcours de Franc-parler sur la chanson d’expression française http://www.francparler.org/dossiers/chanson.htm
- Le Hall de la musique http://www.lehall.com/ répertorie de très nombreuses chansons, classées par thèmes, par
époques, par interprètes… Pour savoir ce qui se fait aujourd’hui en France, consultez "20 ans de chansons actuelles"
http://www.lehall.com/galerie/chansonsactuelles/index.html. Ce panorama, très bien organisé, vous permet de
naviguer parmi cinquante groupes et personnalités majeures de la scène française en fonction de leur style de
musique. Pour chacun de ces artistes, retrouvez des photos, des extraits musicaux, une biographie et une
discographie, des adresses de sites web et même une interview à écouter !
Sur le même site, retrouvez d’autres ressources sur des artistes classés par "familles" (les Orientaux, les Africains,
Marseille…) ou par thématiques (la mer, le cinéma, le travail, les femmes, la politique…).
- Les sites commerciaux permettent de suivre au plus près l’actualité musicale et de connaître les titres plébiscités
par le public.
Sur le site http://www.fnac.com/, sélectionnez l’onglet "Disques" : vous trouverez alors sur la droite de l’écran un
encart "Actualités Disques" qui propose de découvrir les "Nouveautés" (que vous pouvez classer par styles), les
"Meilleures ventes" (idem), ainsi que la rubrique "Attention Talent", une sélection de la FNAC de jeunes artistes
prometteurs. Les fiches des artistes présentent leur parcours et donnent des extraits à écouter. Le site
http://www.amazon.fr fournit à peu près les mêmes ressources : l’onglet "Musique" mène vers un menu de couleur
bleue qui propose les "Meilleures ventes" et les "Nouveautés et à paraître".
- Le site RFI Musique http://www.rfimusique.com/musiquefr/statiques/accueil.asp propose de nombreuses
ressources sur les chanteurs francophones : notices biographiques, discographie, actualités…
Cinéma : la chronique des élèves
Dans le même registre, au lieu de parler de musique, les exposés peuvent présenter des films francophones. Si cette
thématique est très enrichissante pour la classe, elle est cependant plus complexe à aborder. Les élèves doivent en
effet disposer d’une offre de DVD ou de cassettes pour choisir leur film, et le travail qu’ils doivent effectuer exige
un certain niveau de langue car la durée d’un film est plus longue que celle d’une chanson et l’intrigue autrement
plus complexe.
Comment parer ces problèmes ?
Pour vous procurer des films en français, renseignez-vous sur la présence d’une Alliance française ou d’un institut
culturel dans votre ville. Ces établissements disposent en effet souvent d’une médiathèque proposant des DVD.
Autre source, le ministère français des Affaires étrangère met à disposition des enseignants des films de fiction.
http://www.alliancefr.org/rubrique.php3?id_rubrique=131
http://www.diplomatie.gouv.fr/annuaire/
http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/actions-france_830/cinema_886/index.html
Cinéma : des critiques entrent dans la polémique
Ce thème permet de travailler de manière ludique le discours argumentatif. Une fois que les élèves ont étudié
différentes manières d’exprimer leurs opinions ("je pense que...", "pour moi il est évident que…", "je crois que…",
etc.), la structuration du discours (introduction du thème, exposition de chaque argument, synthèse) et quelques
termes articulateurs ("en plus", "par ailleurs", "mais", "cependant", "d’autre part", "enfin"…), les films constituent
de bons supports d’entraînement au discours critique.

7
Pour organiser une série d’exposés utilisant les notions citées ci-dessus, vous pouvez établir une liste de films
connus de vos étudiants (des œuvres pas forcément françaises). Cette liste doit être aussi diversifiée que possible
afin qu’il y ait parmi les élèves des amateurs et des adversaires des mêmes films. Idéalement, il faut trouver pour
chaque film un partisan et un opposant (ou plusieurs). Les exposés proposés à la classe présenteront donc des
positions adverses : un même film sera montré sous un aspect positif par ceux qui l’ont aimé et sous un angle
négatif par ceux qui ne l’ont pas apprécié.
La présentation de films recouvre les questions suivantes : récit de l’intrigue, petite biographie et filmographie des
acteurs principaux et du réalisateur, raisons du choix et arguments en faveur ou contre le film.
Pour aller plus loin : cette activité peut servir d’introduction au débat.
Thèmes de société
Avec des apprenants intermédiaires ou avancés, il est plus intéressant d’aborder des thèmes originaux. Les manuels
proposent fréquemment des pages de civilisation : ces approches culturelles sont autant d’accès à des informations
nouvelles et parfois étonnantes. Dans le cadre d’une série d’exposés, il serait intéressant que l’enseignant relève à
l’avance les thèmes qui seront abordés pendant la formation et qu’il les propose à ses étudiants.
Afin d’éviter une simple reprise des données du manuel, vous pouvez proposer aux élèves de faire une comparaison
entre la situation décrite dans le livre et son équivalent dans votre pays. Ainsi, une page sur la pollution dans les
grandes villes françaises et les recours employés (transports en commun, carburant "vert") pourrait donner lieu à
une petite enquête et une comparaison avec les politiques mises en place dans votre ville ou dans votre région. Autre
exemple, une présentation des repas typiques français peuvent faire l’objet d’un petit sondage dans l’entourage des
étudiants : à votre avis, que mange-t-on en France et à quelle heure ? L’exposé montrerait les écarts ou la pertinence
des résultats du sondage avec les informations données par le livre.
Une autre manière de procéder consisterait à comparer les éléments de civilisation française présentés par le livre à
des faits culturels issus d’autres régions francophones. Ainsi, quels sont les fêtes traditionnelles au Québec ? Quels
plats mange-t-on au Cameroun ? Quel est le patrimoine historique au Cambodge ?

Voici des sites proposant des ressources culturelles et civilisationnelles :


 la présentation multimédia des Cités du monde de TV5 http://www.cites.tv/citesdumonde/accueil.php
 le passionnant site canadien "Projet des profils culturels" http://www.cp-pc.ca/

Le plateau télé
L’activité du plateau de télévision permet de construire un exercice d’expression orale sur un modèle bien connu des
élèves. Ce thème est particulièrement pertinent lorsqu’il s’agit d’introduire un thème nouveau dans la classe ou de
faire la présentation d’une personne ou d’un objet (ex. : un assistant de langue, un stagiaire, un film que la classe va
étudier…).

Niveaux concernés À partir du niveau A2 - B1.


Type d’exercice Simuler les échanges d’un animateur et de ses invités lors d’une émission télévisuelle.
Objectifs Incarner le rôle d’un animateur ou d’un invité à la télévision et prendre part à une discussion
préparée à l’avance.
Préparation Faire des recherches d’informations en fonction du thème abordé et préparer des échanges
entre les différents protagonistes de l’émission.

Comment organiser cette activité ?


Prenons l’exemple de la diffusion d’un film francophone dans votre établissement : il serait
intéressant, avant la projection, de mettre les spectateurs en contexte en simulant un plateau
de télévision consacré à l’œuvre. Un peu comme dans la réalité lors de la sortie du film, ce
plateau réunit un animateur ainsi que le réalisateur et les acteurs principaux. On peut y
ajouter d’autres intervenants, par exemple l’auteur si le film est tiré d’un roman.
Au cours de l’exposé, les élèves qui incarnent le réalisateur vont par exemple parler du film
et de ses origines tandis que ceux qui représentent les acteurs et les actrices vont évoquer
leur expérience sur le tournage, leurs motivations pour le personnage ou encore leur
filmographie.
Ainsi, avant la projection du film « L’auberge espagnole », des étudiants d’une Alliance française en Chine ont
simulé une émission réunissant le réalisateur, Cédric Klapisch, trois acteurs principaux (Romain Duris, Audrey
Tautou et Cécile de France) et deux jeunes vivant la même expérience que les personnages du film : des études à
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l’étranger via le programme européen Erasmus. Ainsi, le "faux" Cédric Klapisch a présenté l’histoire du film (les
aventures d’une dizaine d’étudiants issus de toute l’Europe vivant dans le même appartement à Barcelone) puis il a
évoqué les origines de la trame (un séjour chez sa sœur qui a réellement vécu dans une colocation à Barcelone). Les
"faux" acteurs ont raconté leur expérience du tournage : Romain Duris a dû apprendre l’espagnol et se faire couper
les cheveux, etc.

Un autre type d’exploitation : le "flash info"


Si vos étudiants ont un niveau intermédiaire ou avancé, organisez dans votre classe une chronique d’actualité ! Ces
flashs d’actualité présenteraient les dernières nouvelles de l’établissement ou de la ville. Selon les moyens dont
vous disposez, l’engagement de vos étudiants et leur niveau, vous pouvez proposer soit des interventions de type
"radio" : les étudiants s’enregistrent et le flash est diffusé à la classe, soit de type "télé", c’est-à-dire que les élèves
présentent le flash en direct aux autres étudiants (c’est plus intimidant !).